La Plume d'Aliocha

23/04/2009

La tentation d’exister

Filed under: questions d'avenir — laplumedaliocha @ 09:38

La fermeture du blog d’Eric Revel, après celle de Laurent Bazin sur i-télé repose la question du journalisme et du blog. Bien sûr, la première réaction est l’indignation au nom de la sacro-sainte liberté d’expression, particulièrement sensible chez le journaliste. Mais l’affaire mérite sans doute de dépasser cette approche pour réfléchir un peu plus avant. Ecartons d’entrée de jeu tout ce que l’affaire peut comporter de dimensions stratégique, politique et économique pour la chaîne de télévision concernée, même si je vous accorde que c’est important, et concentrons-nous sur la question du journaliste blogueur.

Un blog pour dire « le reste »

Les deux blogs fermés appartenaient à des journalistes TV. Ils leur servaient à émettre des opinions personnelles et à livrer le « dessous des cartes » dans un exercice de transparence et de proximité vis à vis du public, à mon sens, assez bienvenuLeur exemple, comme celui de beaucoup d’autres journalistes blogueurs, illustre le fait que le blog est devenu pour nous  le réceptacle de tout ce qui reste lorsque nous passons nos informations et nos analyses au fil du rasoir afin de ne laisser que le fait brut, ainsi que le commandent les principes du moment en matière de journalisme. Ajoutez à cela un tendance nette à la réduction de format, à la télévision comme dans la presse écrite, et vous augmentez d’autant « les chutes ». Glissez une pointe de frustration à s’exprimer tout le temps sans jamais rien livrer de personnel, saupoudrez de progrès technologique, et vous avez un journaliste blogueur.

Les journalistes s’émancipent

En réalité, il est bien possible qu’Internet permette aux journalistes de se redécouvrir eux-mêmes, de s’émanciper de la tutelle de leurs employeurs et de se mettre à penser leur métier. Cette émancipation est sans doute accrue par la crise que traverse la presse et qui pousse chacun à regarder son avenir avec interrogation. Si l’entreprise de presse ne sait plus faire face, alors c’est aux journalistes de se réapproprier leur métier et de s’emparer de leur destin. C’est l’une des grandes mutations auxquelles nous assistons. Elle est plus importante qu’il n’y parait car jusqu’à présent, le journaliste se « contentait » de faire son travail pour des entreprises qui géraient à sa place la vente de sa production, le rapport aux annonceurs et celui avec le public. En même temps que nos employeurs se mettent à douter de notre devenir, voici que tombent les murs qui nous séparaient de nos lecteurs.  Internet a créé un lien direct entre le public et le journaliste, lien qui a suscité la curiosité de ce-dernier et lui a donné envie d’approfondir cette relation nouvelle en discutant avec ses lecteurs. C’est une évolution à haut risque comme en témoigne l’affaire du Monde ou encore la légendaire médiocrité des commentaires sur les sites de presse. S’il est indiscutable que nous devons entendre et écouter le public dès lors que c’est pour lui que nous travaillons, nous devons également nous préserver de son influence autant que de la tentation de lui plaire.

L’opinion personnelle, ce fantasme absolu !

Une autre difficulté de cet exercice nouveau, c’est que blog, c’est tout sauf du journalisme, au sens où c’est le contraire d’une information recueillie sur le terrain, présentée selon des règles strictes au terme d’un travail d’équipe, dans une perspective salariale pour le journaliste, économique pour celui qui l’emploie. Voici que l’on découvre la liberté,  la gratuité et la capacité d’émettre une opinion personnelle. Le fantasme absolu né d’une frustration aussi longue que profonde devient réalité. On écrit ce qu’on veut, quand on veut, en dehors de toutes les contraintes habituelles et en particulier celle de gommer ce que l’on est et ce que l’on pense dans un souci d’universalité autrement appelé « objectivité ». Eh oui, là où l’opinion divise, le fait objectif rassemble, c’était la grande idée de l’inventeur de la presse moderne. Au fil du temps, on  a obligé les journalistes à s’effacer toujours plus devant les faits et à remplacer leurs analyses par des déclarations de tiers, politiques, experts divers et variés, représentants officiels etc. Au point que le journaliste a fini par disparaître pour n’être plus qu’un vecteur simplement traversé par l’information. Avec le blog, l’individu qui dormait au fond de chacun de nous renaît et s’affirme. Le journaliste blogueur  cesse de décrire le monde de façon « pure », ou objective,  pour livrer un regard personnel.  Il n’est pas étonnant dans ces conditions que l’exercice suscite des heurts entre l’entreprise et le journaliste, c’est-à-dire entre l’universalité qu’on attend de lui et l’individualité qu’il se plaît à enfin exprimer. 

Faut-il être pour ou contre la fermeture du blog de Revel ? Je n’en sais fichtre rien. La réponse à cette question suppose de déterminer jusqu’où va la liberté d’expression d’un journaliste par ailleurs salarié et où commence le droit pour l’entreprise de considérer qu’une initiative individuelle la met en péril.

Prémisses d’une évolution

Toujours est-il que des journalistes chaque jour plus nombreux sont en train d’attrapper un étrange virus via les blogs : la tentation d’exister et de livrer leur regard sur le monde. Là pourrait se nicher l’amorce d’une révolution salutaire pour le journalisme tout entier.  Il est possible en effet que nous assistions à la fin non pas de l’objectivité, mais de sa dérive extrême qui est la disparition totale du journaliste dans sa dimension pourtant fondamentale d’observateur professionnel de l’actualité. Car il me semble que lorsqu’on a choisi le métier d’observer et de raconter le monde, on a une certaine légitimité à exprimer une analyse. L’analyse ne suppose-t-elle pas nécessairement la subjectivité, me direz-vous, cette subjectivité précisément bannie par nos règles professionnelles ? Je ne le crois pas. Mais accordons-nous d’abord sur les termes que l’on emploie. L’objectivité, comme la justice par exemple et bien d’autres choses humaines, constitue un objectif à atteindre. Ceux qui nient l’existence de l’objectivité se situent sur un terrain idéal où aucune activité humaine ne trouverait grâce dès lors qu’aucune ne peut prétendre à l’absolue perfection. Il est évident que tout récit comporte une part de subjectivité, même s’il se cantonne aux faits bruts. La question n’est pas suis-je objectif, mais ai-je fait tout ce qui était en mon pouvoir pour l’être ? Ai-je relaté avec précision et exactitude les faits et procédé à une présentation contradictoire de mon sujet ? Dans l’affirmative, alors l’article est objectif, non pas d’une objectivité parfaite et inaccessible mais d’une objectivité susceptible de permettre au lecteur de se faire une opinion dans de bonnes conditions. David, journaliste blogueur, cite dans l’un de ses billets Philippe Tesson pour qui le journaliste doit être honnête et sincère. C’est une autre façon de dire « objectif », elle est plus intéressante , mais je crois aussi plus difficile à démontrer plus délicate à manier car emprunte des jugements de valeurs attachés aux concepts moraux.

Le temps est sans doute venu de nous autoriser à renouer avec l’analyse. L’analyse, au sens où je l’entend, c’est la capacité de synthétiser tout ce qu’on a observé et entendu pour en dégager le sens et le mettre en perspective. A l’heure actuelle, on nous impose de nous réfugier derrière les opinions de Pierre, Paul ou Jacques, ce sont eux qui fournissent l’analyse à notre place. Voyez avec le Pape, ce ne sont pas les journalistes qui ont protesté, mais ceux qu’ils ont interviewés et ce sont ceux-là qui ont déclenché la polémique. Si on nous rendait notre liberté d’analyse, je gage que les papiers sur des sujets similaires seraient beaucoup plus équilibrés, car les journalistes seraient tenus de réfléchir par eux-mêmes, de synthétiser ce qu’ils ont entendu et de tenter d’en extraire un sens qui se situerait forcément à un niveau plus intéressant que la simple compilation de déclarations à l’emporte-pièce. 

Il me parait évident que le public ne veut plus de ce journalisme désengagé et même dépersonnalisé au point d’en être totalement standardisé et surtout exsangue. Je me demande d’ailleurs si le succès jamais démenti du Canard enchaîné ou plus récent de XXI ne repose pas précisément en partie sur ce journalisme très emprunt d’analyse, et d’engagement, non pas politique mais intellectuel. 

Demain le journalisme

Au fond, je crois qu’il faut en finir avec cette acception de l’objectivité dont nous sommes aujourd’hui en train de toucher les plus extrêmes limites et qui, curieusement, rejoint volontairement ou non les préoccupations de ceux qui entendent économiser sur le contenu des journaux. Rendons la parole aux journalistes et nous ressuciterons le métier. A ce stade de la réflexion, l’affaire Revel est peut-être un mal pour un bien. Si les journalistes ne peuvent pas se « libérer » sur leur blogs, ils seront bien obligés, ayant goûté l’enivrant plaisir d’exister,  de forcer l’évolution de notre métier vers quelque chose d’autre et de plus intelligent que ce que nous faisons en ce moment.  Le blog n’est qu’une solution illusoire, un pis aller, on ne soignera pas le journalisme en faisant autre chose que du journalisme pour se défouler, mais bien en attrappant le problème à bras le corps. Au demeurant, il est absurde économiquement de livrer contre rémunération ce qui n’intéresse plus et d’offrir pour rien notre valeur ajoutée.

Dès lors, la question au coeur de notre évolution est peut-être celle-ci : allons nous continuer à dériver dans le low cost et le décérébré ou bien opérer un virage radical et remettre l’analyse, et avec elle le journaliste, au coeur du journalisme ? Je crois que les lecteurs nous pardonneraient plus facilement de nous tromper en prenant le risque d’un regard critique que de leur servir une soupe insipide comme nous le faisons actuellement.

Face à la complexité du monde et à la profusion d’information, l’analyse n’a jamais été aussi nécessaire. Il est fort probable d’ailleurs que le succès des blogs repose sur cette quête  à laquelle la presse n’a pas songé à répondre, frustrant le public autant que les journalistes. Aujourd’hui, la profession se réveille et tout redevient possible. En particulier un journalisme qui se situerait à l’exact milieu entre l’assèchement absurde que nos employeurs exigent de nous et l’excessive subjectivité du blog.

Publicités

8 commentaires »

  1. Une petite précision, je ne suis pas d’accord lorsque vous dites « leur blog » dans les 2 cas les journalistes étaient édités sur la plate forme de leur employeur d’ou une ambiguïté et des limites dans ce qu’ils pouvaient se permettre de dire.

    Si un journaliste veux avoir une parole libre il doit à mon sens commencer par s’émanciper de son employeur et prendre à sa charge l’hébergement et la maintenance de son blog, ce qui de nos jours n’est pas très compliqué.

    Aliocha : ces ambiguïtés et limites sont à mon sens les mêmes que le blog soit dans le giron du journal ou ailleurs, en particulier si le journaliste est célèbre et clairement rattaché à son média. Je n’entre pas dans cette catégorie, mais quand j’ai créé ce blog, j’ai immédiatement aperçu le risque important de conflit avec mes employeurs.

    Commentaire par JEAN — 23/04/2009 @ 10:29

  2. > »Il me parait évident que le public ne veut plus de ce journalisme désengagé et même dépersonnalisé au point d’en être totalement standardisé et surtout exsangue. Je me demande d’ailleurs si le succès jamais démenti du Canard enchaîné ou plus récent de XXI ne repose pas précisément en partie sur ce journalisme très emprunt d’analyse, et d’engagement, non pas politique mais intellectuel.  »

    Oui. Même si je le dirais autrement: dans le deuxième cas la position du journaliste est explicite et assumé, et l’engage personnellement, quand dans le premier il peut se cacher derrière une supposé objectivité (dont j’aurais effectivement tendance a dire qu’elle n’existe pas, plus par réalisme que par idéalisme d’ailleurs). Cela peut peut être amener plus d’honnêteté et de sincérité, en le forçant a ne dire que des propos qu’ils sait pouvoir assumer, en l’empêchant de pourvoir se cacher derrière les communiqués des un et des autres (je pense évidemment aux problèmes Le Monde/chercheurs).

    Pour ce qui est de l’info factuelle, le web est plein de source qui sont plus rapide, plus simple et moins chère, tout en étant pas moins fiable, que le papier. Amha, la seul issue du papier c’est effectivement l’analyse et la mise en perspective. Il me semble que libe fait de plus en plus ca: certain jour une thématique sur plusieurs page, lié a l’actualité mais qui reviens sur le un peu long terme sur le problème au dela du fait du jour. Truc qui, j’ai l’impression, ne se retrouve pas toujours sur le web…

    Commentaire par PetitPiteux — 23/04/2009 @ 10:32

  3. « du low cost décérébré » Excellent cette formule moi qui cherchait depuis longtemps comment expliquer simplement mon ressentie face au journalisme actuel (ben oui la réduction des formats ne concernent pas que les journalistes) je vais la garder dans un coin.

    Commentaire par LordPhoenix — 23/04/2009 @ 11:12

  4. Excellent billet, qui donne matière à réfléchir 🙂

    Juste une remarque, sur la question de l’objectivité.

    A mon sens, se qui constitue un journaliste c’est avant tout deux yeux et deux oreilles. Par la nature même de son travail, le journaliste livre un point de vue, ce qui est le contraire de l’objectivité. En revanche, il est tenu de relater les faits qu’il observe fidèlement et sans parti pris : c’est en ça que la définition de Philippe Tesson ma parait plus juste. On pourrait parler aussi d’impartialité.

    On peut ainsi opposer la démarche scientifique à la démarche journalistique : le scientifique livre une réalité objective car il dispose des outils théoriques et surtout du temps de le faire. Le journaliste, dont le rôle est de travailler dans une temporalité beaucoup plus courte, livre un point de vue qui doit être le plus sincère et le moins partial possible. A l’inverse, le scientifique est tenu de rendre une conclusion, certes nuancée mais définitive. Le journaliste, lui, laisse le soin au lecteur de se faire sa propre opinion.

    Commentaire par Morm — 23/04/2009 @ 11:48

  5. Merci pour cette citation Aliocha, mais je pense que pour être tout à fait « objectif », il convient d’aller lire le Tesson dans le texte :
    http://www.lefigaro.fr/livres/2009/04/09/03005-20090409ARTFIG00428-le-journalisme-tout-un-art-.php

    Commentaire par david — 23/04/2009 @ 12:15

  6. vaste question, semble-t-il, que la fermeture du blog d’Eric Revel. si je comprends bien, le problème a été pour TF1 l’expression par l’un de ses journalistes d’appréciations peu amènes à l’égard de Ségolène Royal. La chaîne explique que le journaliste « ne pouvait s’exprimer comme un simple citoyen ». je ne crois pas qu’elle ait tellement tort pour ce qui concerne CE blog, Eric Revel étant directeur de la rédaction de LCI. (ouvrons un tiroir : se pose là le problème de la permanence de l’écrit et de son accès plus large à un plus grand nombre dans le temps, car je ne crois pas qu’Eric Revel se cache tellement de ses opinions à l’antenne. il me semble avoir le souvenir d’un papier faisant mention de la réputation du journaliste pour sa franchise).

    Maintenant, Eric Revel pourrait sans doute bloguer de son côté (hors plateforme TF1). Mais la déontologie « absolue » voudrait qu’il le fasse avec du matériel récoltée hors de ses fonctions de directeur de la rédaction de LCI. question : quand n’est-il pas directeur de la rédaction de LCI ?

    J’ai tendance à penser qu’un journaliste s’il a des informations qu’il veut divulguer, ou des analyses à avancer, doit le faire autant que possible dans le cadre de son métier (on pourrait ouvrir ici un nouveau tiroir livres de journalistes). et s’il veut bloguer, il peut le faire sur d’autres sujets ou d’autres aspects de son métier (l’avenir du journalisme par exemple). recaser ailleurs un surplus de matière, c’est en quelque sorte comme un aveux d’échec.

    Aliocha : il y a évidemment beaucoup plus dans ce dossier que le point que j’ai développé déjà trop longuement et je vous remercie de soulever ces questions. Je pense en effet qu’il est toujours directeur de la rédaction de LCI, c’est tout le problème.

    Commentaire par david — 23/04/2009 @ 13:02

  7. C’est scandaleux de considérer qu’un journaliste, en dehors de son boulot, ne puisse exercer ses droits de citoyen librement. D’ailleurs la justice est claire sur le sujet. À partir du moment où vous ne livrez pas les secrets de fabrication de votre entreprise, les arguments patronaux qui sont repris ici, du genre « ce qu’a fait Revel va à l’encontre des intérêts de l’entreprise » sont nuls et non avenus.
    Un exemple, si j’ose dire exemplaire, c’est le licenciement de Daniel Schneidermann du Monde, qui avait osé dire que Le Monde aurait dû répondre sur le fond à Péan et Cohen plutôt que se draper dans sa dignité outragée. Scheidermann a été viré mais a ensuite gagné aux Prudhommes (le Problème, c’est que les Prud’hommes ne réintègrent que les salariés protégés, Délégué syndical, délégué du personnel…) Le Tribunal avait conclu au droit inaliénable à la liberté d’expression.

    Commentaire par Duquesnoy — 23/04/2009 @ 14:22

  8. Bonjour Aliocha
    Tout à fait d’accord avec le retour de l’analyse des journalistes en sachant séparer l’information de l’analyse comme cela se fait dans certains journaux anglo-saxons et comme cela se faisait dans « Le Monde » il y a 50 ans.
    Mais pas d’accord pour citer le « Canard Enchainé » comme référence d’analyse,ce qu’il n’est plus depuis les années 70 ( cf « Le vrai Canard » de Karl LASKE et de Laurent VALDIGUIÉ ).
    Lambda

    Aliocha : Peut-être, je n’ai pas lu le Vrai canard car je vous avoue être lasse de ce grand lavage de linge sale en public, nous voudrions nous saborder collectivement que nous ne ferions pas autrement 😉 Cela étant, ce qui demeure dans le Canard, c’est un engagement intellectuel et de l’opinion critique. Il me semble que c’est avec cela que nous devons renouer.

    Commentaire par Lambda — 23/04/2009 @ 16:03


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :