La Plume d'Aliocha

20/04/2009

Ségolène, ou le pardon hautement inflammable !

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 10:36

Vous n’avez pas pu passer à côté de cette nouvelle ce week-end, sauf à avoir renoncé aux « bienfaits » de la société moderne durant deux jours. Ségolène Royal s’est de nouveau excusée des propos tenus par Nicolas Sarkozy. Petit rattrapage pour ceux qui n’ont pas suivi. Lors d’un déjeuner le 15 avril avec des parlementaires de droite et de gauche, le président est interpellé par Henri Emmanuelli :

Extrait de l’article de Libération qui a mis le feu aux poudres

« Au moment du dessert, Nicolas Sarkozy se fait servir «une compote de pomme comme un enfant», s’étonne le député (Verts) François de Rugy. En guise de douceur, le président de la République ne résiste pas à informer ses convives que «le gouvernement espagnol vient d’annoncer la suppression de la publicité sur les chaînes publiques. Et vous savez qui ils ont cité en exemple ?» «On peut dire beaucoup de choses sur Zapatero», remarque Emmanuelli. «Il n’est peut-être pas très intelligent. Moi j’en connais qui étaient très intelligents et qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle»,s’amuse Sarkozy en allusion à Lionel Jospin ».

 

L’article de Libération a immédiatement déclenché un cirque médiatique européen d’envergure.  

Et devinez quoi ?

« Hé, Hé…Ségolène est a-rri-vée-ée-ée », mais contrairement au Zorro de la chanson d’Henri Salvador, elle n’a pas traînée. A en croire Désirs d’avenir, elle a immédiatement écrit à Zapatero :

Le communiqué de presse

« 18 avril 2009 – 14:54

Elle lui a assuré que ces propos n’engageaient ni la France, ni les Français. Elle a également assuré Jose Luis Zapatero de toute sa considération, en partie pour les réformes courageuses conduites en Espagne et surtout pour son attachement à réaliser ses promesses de campagne électorale, avec un comportement éthique qui devrait servir de modèle.

Ségolène Royal estime qu’exercer le mandat de Président de la République impose un devoir de maîtrise de son langage et de son comportement afin de ne pas porter atteinte aux intérêts de la France ».

S’en est suivi un concert de réactions tragico-drôlatiques dont certaines sont dignes d’Audiard (voir celle d’Estrosi ainsi que Jego qui invente une très savoureuse « ridiculitude »).

Edwy Plenel, dans Marianne édition papier (téléchargeable ici) estime que « l’avocate de la démocratie participative » est légitime pour s’exprimer au nom de la France, tout comme vous et moi, car « la France  ne se résume pas à l’occupant provisoire de son palais élyséen ». Vous noterez, puisqu’il est d’usage de se concentrer actuellement sur le vocabulaire, à quel point le terme « occupant » est lourdement chargé. 

Je ne suis pas une spécialiste de droit constitutionnel, mais il me semble que le Président de la République ou éventuellement celui à qui il délègue son pouvoir dans un cas précis, est le seul à pouvoir s’exprimer au nom de la France  à l’étranger. Par ailleurs, je ne vois rien dans la Constitution de 1958 sur une éventuelle fonction « d’avocat de la démocratie participative » qui serait attribuée au candidat malheureux à une élection présidentielle. A moins qu’il ne s’agisse d’un positionnement intéressant les psychanalystes sur la douceur féminine opposée aux valeurs masculines. Nous aurions alors un exemple inédit, de « couple exécutif », droite/gauche, homme/femme, brutalité/douceur, offense/pardon, assez amusant à observer. 

Mais il y a quelque chose de plus gênant dans cette affaire. Comme le souligne Daniel Schneidermann sur @si, la phrase rapportée par Libération peut être interprétée comme Zapatero « n’est pas très intelligent« , mais aussi à l’inverse comme une ironie, sur le mode « vous pouvez le trouver pas intelligent mais lui, il a gagné ». En s’excusant, Ségolène Royal  valide l’interprétation la plus offensante du propos. Il me semble que cela pose un vrai problème en terme de diplomatie. Il est heureux que l’Espagne soit un pays ami, mais jusqu’où risque-t-elle d’aller dans sa volonté de transformer une querelle de politique interne en un combat médiatique et politique international ? 

Au surplus, elle invente le « pardon » guerrier, celui qui, loin d’apaiser un conflit, a l’étrange caractéristique de l’enflammer. Intéressant.

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29 commentaires »

  1. Que je sache la constitution ne prévoit pas qu’il soit interdit de s’exprimer même pour les’connerietudes’ .

    Ce qui est grave en l’espèce, c’est que notre Président ne sache tenir sa langue et qu’ainsi il ouvre la porte à tout les commentaires et interprétations.

    SG que l’on approuve ou pas est dans son rôle d’opposante forcenée et ne lui laissera rien passer.

    Même en se prenant les pieds dans le tapis.

    Commentaire par noel — 20/04/2009 @ 10:48

  2. « Par ailleurs, je ne vois rien dans la Constitution de 1958 sur une éventuelle fonction “d’avocat de la démocratie participative” qui serait attribuée au candidat malheureux à une élection présidentielle. A moins qu’il ne s’agisse d’un positionnement intéressant les psychanalystes sur la douceur féminine opposée aux valeurs masculines. Nous aurions alors un exemple inédit, de “couple exécutif”, droite/gauche, homme/femme, brutalité/douceur, offense/pardon, assez amusant à observer. »

    Désfois je trouve vos propos aussi malheureux que ceux d’autres… là vous me faites pensez à la petite phrase de MAM, en fin de campagne présidentielle, un propos sexistes envers les femmes, dans la bouche d’une femme, je ne comprends pas… pourquoi?

    Pour le reste, tout le monde peut en tant que citoyen écrire a un chef d’état et lui dire que ce que son président dis ne l’engage pas non? Je ne vois pas pourquoi on l’embête avec ça, elle dis que ça ne l’engage pas, et donc pas tous les français, qui ne sont pas tous des mêmes courants de pensés, il n’est pas bête et il le sait, mais on peut avoir envie de le rappeler quand même.

    Aliocha : Vous permettez que j’envoie sur le champ une lettre à MAM pour m’excuser au nom des internautes de l’avoir traitée que vous l’ayez traitée d’imbécile misogyne ?

    Commentaire par tshirtman — 20/04/2009 @ 10:56

  3. Chère Aliocha,

    Je précise que je ne suis ni ségoléniste, ni sarkozyste… Ni quoi que ce soit sinon « anarcho-capitaliste autonome » (si, si, pour de vrai).

    Mme Royal dispose de sa liberté d’expression comme elle l’entend et elle est aussi une élue de la République. Je rejoins donc le point de vue d’Edwy Plenel sur sa légitimité à parler. De plus, elle ne parle pas au nom de la France mais en son nom à elle. En outre, les propos de N. Sarkozy ne furent pas prononcés dans le cadre d’une mission de représentation à l’étranger mais lors d’un dîner franco-français… Enfin, bien que n’étant pas moi-même spécialiste en droit constitutionnel, je ne suis pas certain que le « Président de la République ou éventuellement celui à qui il délègue son pouvoir dans un cas précis, (soit) le SEUL à pouvoir s’exprimer au nom de la France à l’étranger« . S’il n’est pas explicitement indiqué qu’il (où celui/celle qu’il délègue) est le seul à pouvoir s’exprimer au nom de la France, d’autres en ont le droit.

    Ceci étant, pourquoi ce pardon? Comme vous le dites « En s’excusant, Ségolène Royal valide l’interprétation la plus offensante du propos. »
    Peut-être un de ses objectifs est-il de souffler un vent médiatique sur les braises… vous voilà devenue sa complice 😉

    Aliocha : tiens, c’est amusant, je me qualifierais sans doute de la même façon si je devais me qualifier, c’est-à-dire accepter de me réduire à une étiquette. Le problème, c’est que nous ne sommes pas d’accord ici, par conséquent, je fais scission et crée à l’instant (soyez attentif, c’est historique) le NACA, autrement dit le mouvement Neo-anarcho-capitaliste moderne. Elle est pas belle la vie politique française ? N’Aviez-Ca pas m’embêter 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 20/04/2009 @ 11:29

  4. “En s’excusant, Ségolène Royal valide l’interprétation la plus offensante du propos.”

    Ce qui valide un double objectif pour elle: faire savoir à l’Europe toute entière (si elle l’ignorais encore) à quel point notre président est méprisant et incontrôlable, tout en démontrant qu’elle représente son opposé. L’antagonisme homme/femme, brutalité/douceur, offense/pardon semble être le point de vue qu’elle revendique.

    Peut être faudrait-il lui expliquer que Monsieur Zapatero ne peut remettre en cause son échec aux présidentielles, et qu’elle doit reposer l’opinion des français là où elle l’a trouvé, car elle n’a rien à faire ici.

    Commentaire par Léna la Rousse — 20/04/2009 @ 12:15

  5. J’ajoute à la liste une bourde diplomatique. Les propos de Nicolas Sarkozy ont été tenus en France, dans un contexte sinon privé, du moins non officiel. Le président du gouvernement espagnol (presidente del gobierno, c’est son titre officiel, il n’y a pas de primer ministro en Espagne) pouvait donc feindre de ne pas avoir entendu, ou de ne pas prêter attention à ces lointains échos, colportés indirectement par la presse espagnole qui peut toujours se tromper quand ça arrange. Avec sa lettre, Ségolène Royal notifie l’outrage à l’intéressé (et comme vous le relevez de la façon la plus outrageante qui est vraisemblablement la mauvaise : il est très probable que Sarkozy apprécie Zapatero qui d’une part d’est fait réélire dans un contexte difficile et d’autre part ne peut pas lui faire de l’ombre au plan international, étant trop falot pour ça) et confirme donc les propos relayés par la presse. Mais il ne peut y rétorquer sous peine de se fâcher avec Sarkozy qui a encore une certaine influence en Europe, dont l’Espagne a grand besoin vu sa situation économique catastrophique. Zapatero a perdu la face, à cause de Ségolène Royal.

    Sans compter l’effet de redite évident avec le discours de Dakar, qui était plus fin politiquement. On pouvait le critiquer, mais il avait du sens. Tout l’effet est gâché, comme si Ségolène Royal était épatée d’avoir eu une bonne idée et décidait donc de la décliner systématiquement.

    Ce qui confirme mon diagnostic très pessimiste du système politique français. Il ne sert plus à repérer et promouvoir les élites, ceux qui ont l’envergure nécessaire pour être président, mais protège les médiocres hommes d’appareil et les clientélistes.

    Zapatero ne peut plus feindre l’ignorance : il a perdu la face, non du fait de Nicolas Sarkozy mais de Ségolène Royal, qui est censée être dans son propre camp.

    Aliocha : Ah ! Je reconnais bien là le fin stratège que vous êtes et je m’en veux d’être passée à côté de cette bourde autant que je vous remercie de l’avoir signalée ici, enrichissant d’autant le contenu de mon billet. Dites, Mon Cher Maître, la prochaine fois que vous agresserez injustement des journalistes, ça vous ennuie si je m’excuse à leur endroit au nom de tous les blogueurs en précisant que vous ne les représentez pas et qu’en outre quand on a votre influence, on se doit d’être respecteux vis à vis de la presse ? Je trouve que je ferais une remarquable Ségolène douce et apaisante, tandis que vous incarneriez à merveille un Nicolas triomphant, impatient et brutal, non 😉 Mieux, je crois que je vais écrire de ce pas à Rachida pour m’excuser à propos des Busiris que vous lui avez attribués, toujours au nom des blogueurs. Et hop, à moi la gloire !

    Commentaire par Eolas — 20/04/2009 @ 12:23

  6. cher Aliocha

    votre plume est toujours excellente
    hier j’ai consacré sur mon blog un petit commentaire sur ce sujet
    sous forme de boutade le mot de Cambronne repris parl’UPM

    @ Ferdydurke
    anarcho-capitaliste autonome” (si, si, pour de vrai). pouvez vous nous dire à quoi ressemble cette bête là mon cher Ferdydurke?

    Commentaire par artemis — 20/04/2009 @ 12:27

  7. @ aliocha

    j’avais oublié de vous dire que j’étais d’accord avec vous sur le problème que pose l’attitude de Ségolène Royal en terme de diplomatie
    si chaque élu se permettait de faire de même quel cirque !
    quelle image donnerions nous de la France sur la scène internationale?
    N’étant pas spécialiste en droit constitutionnel il faudrait demander à notre ami Eolas son avis sur le sujet

    Commentaire par artemis — 20/04/2009 @ 12:36

  8. Aliocha : « Elle invente le pardon guerrier, celui qui, loin d’apaiser un conflit, a l’étrange caractéristique de l’enflammer. »

    Bien vu. C’est d’ailleurs certainement voulu de sa part, son objectif étant de se mettre en avant comme l’opposante numéro 1.

    Eolas: « Zapatero a perdu la face, à cause de Ségolène Royal.  »

    +1. Cette façon de se faire mousser en politique intérieure, en se fichant pas mal de pourrir les relations internationales de la France, est minable de la part de quelqu’un qui aspire à diriger.

    Commentaire par Gwynfrid — 20/04/2009 @ 13:04

  9. Ferdyduke et Aliocha, je vous invite à rejoindre mon parti : le MOUvement du REnouveau BOUlangiste, le MOUREBOU, qui embrasse sans vergogne l’éventail politique de la gauche à la droite, car ce qui est important c’est de se faire élire, n’est ce pas m’dame Chabot?

    Sérieusement, je crois que le but de Mme Royal est de faire parler d’elle, d’occuper le terrain (elle est où la direction du PS?) quitte à dire n’importe quoi, l’important c’est de le faire avec aplomb et là il faut reconnaître qu’elle est très très forte.

    Votez Boulanger !

    Aliocha : aïe, je serais vous, avant de convoquer une conférence de presse pour lancer votre mouvement, je chercherais un nouveau nom. Je vois déjà la Une du Canard Enchaîné : Le Mourebou bourre le mou aux électeurs !

    Commentaire par Mussipont — 20/04/2009 @ 13:09

  10. La plupart des bons comiques fonctionnent en duo. Avec Sarkozy et Royal, on n’a pas fini de rire

    Commentaire par Blogueur influent — 20/04/2009 @ 13:28

  11. @aliocha : « Le Mourebou bourre le mou aux électeurs ! » à défaut d’être électoralement payant, ça aurait le mérite de la franchise, non?

    Commentaire par Mussipont — 20/04/2009 @ 13:39

  12. […] c’est elle qui s’excuse […]

    Ping par Blogueur influent · Sarkozy - Royal, travail d’équipe — 20/04/2009 @ 13:56

  13. Communication nouvelle, règles nouvelles, quand plus personne ne respecte les institutions et l’esprit de ces institutions (du genre traiter un ancien président de Roi fainéant ou bien de demander à la cour de cassation comment passer outre une décision du conseil constitutionnel), on se retrouve avec des retours de bâton, eh bien, je trouve normal que certaines personnes dans l’opposition font leur communication avec les mêmes techniques (mais elles aussi devront subir le retour de bâton).

    Il faudrait un peu (beaucoup) de rigueur de part et d’autre.

    Mais attention, si plus personnes ne respectent les institutions pourquoi le citoyen lui devrait les respectés.
    Par ailleurs, je ne rejoins pas l’analyse d’Eolas sur Zappatero car je pense que c’est nous, les français qui passont pour des C… mais je le rejoins tout à fait sur « son diagnostic très pessimiste du système politique français. Il ne sert plus à repérer et promouvoir les élites, ceux qui ont l’envergure nécessaire pour être président, mais protège les médiocres hommes d’appareil et les clientélistes. »

    Commentaire par bleu horizon — 20/04/2009 @ 14:33

  14. Deux choses:
    Ce n’est pas SR qui a lancé la polémique: c’est un contexte national propre à l’Espagne qui a enflammé l’affaire, car la droite espagnole s’est ruée, (et ruer est le terme adéquat) sur les propos de NS comme une mouche sur du miel pour mettre Zapatero en difficulté. El Mundo en particulier a sciemment tronqué la citation pour ne retenir que le sens le plus mauvais pour ZP.

    La presse anglosaxonne est folle de joie de pouvoir se payer une tranche de french bashing, qui reste un exercice populaire outre-manche et outre-atlantique pour des raisons culturelles. Elle en profite donc pour relier cette bourde à la rivalité de gamins qu’elle suppose exister entre NS et Obabama.

    SR a tenté le bis de Dakar, ce qui à mon avis et comme vous l’avez pointé, affaibli sa réponse à Dakar (trop d’excuses tuent l’excuse) mais en même temps force NS à démentir -alors que plusieurs personnes de gauche et de droite présentes au diner ont, d’après El Mundo, lâché l’info-. Elle joue sur l’explosion à l’international pour faire parler d’elle, et l’UMP se retrouve dans la situation de lâcher petite phrase sur petite phrase pour rattraper le coup. J’en profite pour dire que je trouve la réaction de Lefebvre (qui crie à la folle) indigne.

    Au final, NS se retrouve dans la peau de Berlusconi, SR est lynchée par les médias nationaux comme d’habitude, la droite se livre à une surenchère vulgaire et misogyne et la gauche est obligée de soutenir SR, donc d’effacer Aubry.

    Commentaire par Javi — 20/04/2009 @ 14:36

  15. Javi
    la polémique c’est donc la faute des autres (les espagnols, les anglos saxons, les russes , les chinois et les martiens etc…) mais pas les français.
    j’en reviens à mon post précédent de la rigueur (voire beaucoup plus que de la rigueur)pour les deux protagonistes et nos politiques (je ne me fais aucune illusion) .

    Commentaire par bleu horizon — 20/04/2009 @ 15:42

  16. @ TOUS

    jack lang s’est excusé pour les paroles de Ségolène
    on nage dans la bêtise…..

    Commentaire par artemis — 20/04/2009 @ 16:20

  17. Ha ben justement, j’attendais un billet d’ALIOCHA sur ce sujet … vu qu’elle en avait fait un sur les « excuses précédentes ».

    Mais si je trouvais que le billet d’Aliocha sur les « excuses de Dakar » (pour faire court) allait chercher la polémique (« assez » ou pas « assez ») là où d’autres cherchent la petite bête, je n’aurai pas ce genre de critique ici, au contraire.

    En effet, ici, pas de vrai « verbatim » !

    Or je lit ici et là, des « interprétations » (sur le coté infamant ou rigolo) de ce qu’aurait dit Sarkosy …

    Mais pour se livrer à ce genre d’exercie, ne faudrait-il pas avoir la transcription EXACTE non seulement de la fameuse phrase, mais encore de son contexte ?

    Prenez une phrase dans un sketch de Coluche, et elle sera vraiment infâmante pour … les arabes par exemple …

    Là où j’attends Aliocha, c’est qu’elle nous en dise plus sur ces points :

    – Qui, de Libération ou des services com’ de l’Elysée, est le plus dans le vrai ?

    – Quelles sont les sources des autres journaux internationaux (El mundo, the NYT, The Guardian, etc) cités par Le Point, Libé ou sont-ils allés demander directement aux parlementaires présents à ce déjeuner ?

    Aliocha : vous observerez que mon précédent billet n’était pas si sot. Il s’agissait déjà de tronquer une citation pour justifier les excuses, dans l’affaire qui nous occupe, c’est devenu une question d’interprétation. Pour répondre à vos questions, je ne fais pas de journalisme ici, en d’autres termes, je donne des opinions, mais je n’enquête pas auprès de mes confrères. C’est Arrêt sur image qu’il faut aller voir pour les enquêtes, ils font cela très bien et de façon impartiale (contrairement à Acrimed). Je puis tout au plus vous donner un avis. Je crois que les journalistes de Libé ont reproduit fidèlement les propos, avec ce seul bémol du problème de contexte (bavardages à table) qui ensuite soulève logiquement des querelles d’interprétation dans lesquelles l’Elysée peut facilement s’engouffrer. Quant aux journaux étrangers, je n’en sais strictement rien. Ils ont des correspondants à Paris qui peuvent entrer en contact avec ces députés, l’ont-ils fait, c’est une autre histoire. Il faudrait lire tous les papiers pour vérifier.

    Commentaire par Yves D — 20/04/2009 @ 16:49

  18. Dans cette histoire:

    – Sarkozy est un (censuré)

    – Royal une (censuré)

    – l’UMP et son porte-parole (censuré).

    Ce qui est surprenant c’est qu’il n’y a que Royal qui en prend pour son grade. Comme toujours.

    Aliocha : désolée, mais les injures n’ont pas le droit de cité ici.

    Commentaire par sad Panda — 20/04/2009 @ 17:08

  19. @ Aliocha (pour compléter mon commentaire #17 ci-dessus)

    Que penser de cet article de « réponse » de Libé:
    http://www.liberation.fr/politiques/0101562912-l-ump-perd-ses-nerfs-libe-persiste-et-signe

    Sinon, personnellement, je trouve que si « l’excuse de Dakar » était justifiable, celle à Zapatero me semble une « erreur stratégique » de la part de Royal.

    Même si, tactiquement, ça la remet sous les projecteurs médiatiques. Je rejoins en partie l’analyse d’Eolas : les propos avaient été tenus dans un cadre « non officiel » d’un point de vue diplomatie étrangère, même si c’était bien le Président de la RF qui s’exprimait.

    Libé et les autres journaux ont « sorti » cette affaire … Fallait-il l’accentuer par un courrier de Mme Royal ? Je ne pense pas.

    Car encore faut-il que Libé ait bien raison …

    Aliocha : je pense que Libé a raison de sortir cela, vous connaissez ma rage contre la com’ officielle. Mais si je voulais être dure avec eux, et avec nous tous d’ailleurs, je dirais que c’est plus simple de rapporter des propos racontés par d’autres que d’avoir le courage en tant que journaliste de refuser le « off » quand on a été soi-même témoin lors d’un déjeûner par exemple. Parce que là, on risque d’être blacklisté des déjeuners suivants. Dans le premier cas, c’est l’invité qui « balance » et le journaliste ne fait que relater, dans le second, c’est le journaliste qui est en première ligne. Elle est là, la vraie révolution, et je crois qu’elle reste à faire 😉

    Commentaire par Yves D — 20/04/2009 @ 17:14

  20. « Aliocha : désolée, mais les injures n’ont pas le droit de cité ici. »

    Oui je comprends. Tati et sa pipe vous disent merci.

    Commentaire par sad Panda — 20/04/2009 @ 17:29

  21. @bleu horizon: ce n’est pas un problème de se défausser sur les autres, mais en l’occurrence, les premiers à avoir tiré, chronologiquement, ce sont les espagnols.

    CE que je veux dire dans mon message précédent, c’est que jamais ce débat n’aurait pris forme à ce point s’il n’était pas tombé à pic pour un parti espagnol dans sa lutte en Espagne contre le gouvernement espagnol. Ce n’est pas une affaire franco-française, bien qu’évidemment nous soyons toujours et partout le nombril et les meilleurs du monde.

    Commentaire par Javi — 20/04/2009 @ 18:27

  22. J’ajoute: dans l’article de Libé (cité par aliocha), l’ironie de NS est parfaitement visible et n’a pas été coupée. Dans l’article de El Mundo, il a été tronqué dans le titre de l’article (« Puede que Zapatero no sea muy inteligente… »), et rétabli dans le texte: un exemple typique d’objectivité journalistique où le lecteur est tenu à faire l’exégèse de son quotidien pour le comprendre.

    Le journal de droite espagnol ajoute ensuite, de sa propre plume: « Dos veces, en cambio, ha sido elegido Zapatero, aunque el presidente español aparecía en la comida de ayer *en los términos de un hermano menor*. Sarkozy no lo considera muy inteligente.  »
    http://www.elmundo.es/elmundo/2009/04/16/espana/1239870572.html

    La droite espagnole a réagi aussitôt, via Luis Herrero, (EU MEP): El eurodiputado del PP Luis Herrero confesó que las « opiniones » de Nicolas Sarkozy le « traen bastante sin cuidado » y aseguró que cuando le vea le mirará « con bastante desprecio » y le espetará: « ¿Y tú enano de qué vas? »
    http://www.elmundo.es/elmundo/2009/04/17/espana/1239967029.html

    Ce sont donc bien les espagnols qui ont lancé le bouzin. Il ne faut pas les sous-estimer: ils sont parfaitement capables de déformer tout seuls comme des grands une citation pour lui faire dire le contraire de ce qui est dit pour le plaisir de casser du sucre sur le PSOE.

    Ce qui me rend totalement hilare dans l’affaire, c’est qu’un parti de droite conservateur rance, fortement Bushiste et très proche de l’UMP, le PP, tire dans les pattes de Sarko, lui-aussi conservateur rance et fortement Bushiste (polémique inside), pour le plaisir de faire passer leur adversaire (Zapatero) pour un neuneu, comme l’UMP et Sarko se sont délectés à le faire vis-à-vis de SR depuis 3 ans.

    Je trouve que l’arroseur arrosé est un vieux gag, qui ne perd pas de sa force malgré son classicisme.

    Commentaire par Javi — 20/04/2009 @ 19:12

  23. Est-ce que Ségolène Royal ne devrait pas commencer par présenter des excuses pour chaque occasion qu’elle offre à Frédéric Lefebvre d’ouvrir la bouche, avec la classe et la dignité qu’on lui connaît désormais ?

    Commentaire par Dadouche — 21/04/2009 @ 16:03

  24. Moi je pense qu’il faudrait inventer un swap d’excuses, c’est à dire un produit dérivé qui nous permettrait d’échanger nos excuses entre nous, ce qui suppose un marché de l’excuse avec une cotation.

    Commentaire par tschok — 21/04/2009 @ 16:48

  25. Heuuu, si je dis que Ségolène ne cherche qu’à faire parler d’elle et ce à n’importe quel prix, j’ai tort ?

    Commentaire par kakaleputois — 22/04/2009 @ 00:45

  26. Tschok est en grande forme… Je suis pour sa proposition : avec tout ce que j’ai à me faire pardonner, que cela soit fondé ou non, cela me fera un portefeuille de titres bien fourni 😉

    Je soutiens également la proposition de Dadouche. A défaut de fermer le claque-merdepet de Lefèbvre par respect de la liberté d’expression…

    @ artemis

    Je reviens vers vous dès que j’ai un peu plus de temps pour vous apporter des précisions sur « la bête ». Ceci dit, je ne crois pas qu’il ait fallu attendre SR pour que la France se ridiculise à l’étranger. Outre cette vieille habitude de french-bashing qu’ont nos amis d’outre-Manche et d’outre-Atlantique (que nous leur rendons bien, soyons honnêtes), l’Elysée et sa cour s’en charge très bien. Ce n’est pourtant pas le pire, les comportements commerciaux et touristiques de beaucoup de nos concitoyens sont certainement bien plus nocifs en terme d’image. Il est d’ailleurs étonnant de voir à quels points les reproches formulés sont les mêmes quelle que soit l’origine de leur auteur. Les formations en management et communication interculturels ont de beaux jours devant elles…

    @ Aliocha

    Please, ne scissez (?) pas. Il n’y a pas lieu de le faire : L’anarchisme n’étant pas dogmatique, nous pouvons être l’un contre l’autre (sans aucune référence à un mot de Guitry) au sein du même mouvement. Ne dit-on pas qu’il y a autant d’anarchismes que d’anarchistes? C’est d’ailleurs cet absence de dogmatisme qui est à la source des nombreux débats qui anime ce mouvement et en fait toute la force et la complexité, d’autant plus que les désaccords doivent être dépassés par la voie du consensus et non par une décision d’autorité, voire autoritaire.
    Sinon, est-ce juste pour la com’ que vous employez les termes « néo » et « moderne » ou insinuez-vous que je suis vieillissant? Jeune effrontée, va 😉

    Aliocha : eh si, je scinde, je sécessionne, je scissionne et même je saucissonne bref au nom de l’auto-détermination de l’anarchiste qui ne saurait être soumis à aucun pouvoir, pas même celui du consensus, je m’indépendantise. Quant à vous imaginer vieillissant, grands dieux, voyons que je réfléchisse. Vous écoutiez donc « être une femme » de Sardou à l’âge du collège. La chanson est sortie en 81, vous êtes donc probablement né à la fin des années 60 ou au début des années 70. Sauf que vous m’interpelez sur le mode « jeune effrontée » et que savez par ailleurs l’âge que j’ai, je dirais donc que vous êtes né en 67 ou 68…à moins bien sûr que vous n’ayez brouillé les cartes à un moment ou à un autre 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 22/04/2009 @ 09:24

  27. […] — laplumedaliocha @ 10:45 Je vous avoue qu’ignorer le contenu précis de la fameuse lettre de Ségolène Royal à Zapatero suscitait chez moi une effroyable frustration. Jean-Michel Aphatie en publie le fac simile ce matin […]

    Ping par Un document important « La Plume d’Aliocha — 23/04/2009 @ 10:45

  28. @ Aliocha en 26

    Vous êtes donc une anarchiste autonome de la plus dangereuse espèce! Comme disait un ami, reprenant un célèbre slogan : « ni Dieu ni Maitre sauf Maitre Kanter »… 😉

    Vous avez presque bon. Vous saviez déjà que nous avons à peu près du même âge suite à un commentaire que je ne retrouve plus mais j’ai brouillé les cartes, le « jeune effrontée » étant ironique. Je suis né en 1971.
    « Etre une femme » c’était à l’époque du lycée pour moi et du collège pour mon frère, ma mère assurant les livraisons matinales. Quant aux années collège et dernières années du primaire, je les vécus ici d’où ma passion pour ce pays auquel je fais souvent référence.

    Tschüss!

    Aliocha : Faussaire, comme dirait un gauchiste extrême de mes ennemis 😉 Souffrez donc qu’à l’avenir je vous appelle mon jeune ami (et non pas mon jaune ami comme le héros de la Panthère rose à son fameux Kato) à moins que je ne préfère « mon petit camarade » comme Lino Ventura s’adressant à Patrick Dewaere dans l’inoubliable « Adieu poulet ».

    Commentaire par Ferdydurke — 24/04/2009 @ 08:01

  29. @ Aliocha en 28

    Je veux bien souffrir d’être appelé « jeune ami » ou « petit camarade » et je ne suis même pas étonné pas que vous citiez Adieu Poulet et La Panthère Rose en référence! Si vous aimez Peter Sellers, vous avez sûrement du voir le succulent The Party et le déjanté What’s new, Pussycat? dont la palette d’acteurs fait merveille (Peter Sellers, Peter O’Toole, Romy Schneider, Richard Burton, Françoise Hardy, Woody Allen entre autres…)

    Commentaire par Ferdydurke — 26/04/2009 @ 12:20


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