La Plume d'Aliocha

14/04/2009

Affaire Le Monde : les raisons de la frustration

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 14:21

Arrêt sur image a consacré vendredi une émission à la querelle entre le journal Le Monde et les enseignants chercheurs en invitant sur son plateau Jérôme Valluy, l’enseignant à l’origine de la « Charte de bonne conduite » visant à organiser le boycott du Monde, mais aussi l’universitaire « attachée de presse » du mouvement, Valérie Robert. Les journalistes du Monde ont malheureusement décliné l’invitation. Je vous recommande d’aller voir l’émission. C’est ici. Personnellement, c’est sans surprise aucune que j’ai entendu les universitaires concernés développer leur argumentation.

La première observation qui m’a interpellée est celle-ci : « les universitaires détestent se voir déposséder du débat public » a expliqué Valérie Robert. Ah ! Combien de fois ai-je mis en garde ici contre la captation du savoir par ceux qui le détiennent et estiment ainsi être les seuls dont le discours soit légitime.  Jérôme Valluy surenchérit d’ailleurs sur ce thème en déclarant quelques minutes après sa collègue :« Je suis spécialiste de politique publique depuis 15 ans ». Que signifie cette petite phrase ? Qu’en tant que spécialiste, s’il dit que la loi est mauvaise et s’il en dévoile les possibles intentions cachées, alors le journaliste n’a pas d’autre solution que de suivre puisque le spécialiste a parlé. Qu’importe s’il n’existe aucun fait de nature à corroborer cette inquiétude, puisque l’universitaire  le dit, c’est que c’est vrai.  Je comprends la position des universitaires, mais j’aperçois aussi à quel point ils ignorent les contraintes du métier de journaliste. Voyez à ce sujet les observations de Luc Cedelle.

Au passage, Valérie Robert indique qu’elle aimerait connaître le parcours professionnel des journalistes du Monde qu’elle subodore être d’anciens enseignants. Pourquoi ? Parce qu’elle retrouve chez eux la condescendance traditionnelle…des enseignants justement ! Amusant.

Mais voyons le fond du sujet. Vous l’aurez compris, les enseignants regrettent que le journal Le Monde n’embrasse pas leur cause, attitude qu’ils qualifient de « manque d’objectivité ». Cette critique nous la connaissons par coeur. Tous ceux qui veulent faire pression sur nous avancent que nous n’avons rien compris ou que nous sommes mal intentionnés. Je ne fais pas ici un procès particulier aux universitaires, c’est un réflexe classique. Et Jérôme Valluy d’observer avec regret « nous avons perdu la bataille des médias ». Qu’entend-il par là ? Que les médias qui influencent à son avis les décideurs, comprenez essentiellement Le monde, n’ont pas adhéré au mouvement. Puis il admet « nous nous sommes trop enfermés sur Internet et nous avons perdu notre capacité à influencer cette configuration », comprendre à influencer le Monde et, à travers lui, les politiques. Vous noterez que nous sommes bien dans une querelle d’influence et donc dans une volonté délibérée de rallier Le Monde à la cause universitaire, ce qui me parait contradictoire avec l’exigence d’objectivité que ces mêmes universitaires font peser sur le titre. Mais, me direz-vous, c’est que le journal est accusé d’être la voix du gouvernement, là se niche son manque d’objectivité. Peut-être, le problème c’est que ceux qui disent cela sont en guerre contre le gouvernement, ce qui oblige à relativiser leur discours. Accessoirement, j’avoue avoir du mal à imaginer Le Monde en suppôt du sarkozysme quand la plupart des titres ont au contraire transformé la critique de Sarkozy en un juteux fond de commerce. A l’exception notable du Figaro, bien sûr.

Mais penchons-nous sur l’argument lié à Internet car il est extrêmement intéressant. Ainsi donc, si j’ai bien compris, Jérôme Valluy relativise le succès de la mobilisation du mouvement universitaire via le web en estimant que cette énergie aurait pu être dirigée plus efficacement vers les médias traditionnels. Permettez-moi d’en tirer quelques observations qui n’engagent que moi.  Décidés à affronter le gouvernement, les enseignants se sont tout naturellement tournés vers le média démocratique par excellence, le média gratuit, à la capacité de diffusion illimitée et surtout émancipé du filtre journalistique.   Sauf qu’ils s’aperçoivent que le bruit « virtuel » n’a finalement que peu d’incidence sur la réalité. Et qu’on peut bien tonitruer sur le web, tant que les journalistes ne vous entendent pas, ça ne sert pas à grand chose. Ce pourrait même être contre-productif car les discours crédibles et construits voisinnent avec les diatribes les plus ineptes, la profusion rend le message inaudible sans compter le nivellement des déclarations qui empêche d’en mesurer la représentativité réelle. « Les journalistes n’ont rien compris au web et le méprisent » me répondront quelques ultras d’Internet. Je crois plutôt que les journalistes par nature sont ancrés dans le monde réel, celui qu’on observe en trois dimensions. Or l’agitation sur le web peut bien être grande, elle demeure difficilement quantifiable et vérifiable. C’est cela je crois que les universitaires viennent de comprendre et qui les met en rogne. Il n’y a qu’à voir l’embarras de Jérôme Valluy lorsque Daniel Schneidermann lui demande s’il est en mesure d’estimer le retentissement de sa charte auprès de ses collègues. L’universitaire n’en sait rien et avoue au passage que lui-même n’était pas abonné au Monde. Convenez que c’est piquant ! A chacun de tirer de cet échec les conclusions qu’il veut. On peut imaginer que cela tient au fait qu’Internet n’est pas encore parvenu au stade de la maturité, ou bien encore que son usage n’est pas entré suffisamment dans les moeurs. On peut aussi se demander si l’on a pas crié un peu trop vite à la mort des médias traditionnels et du journalisme. A mon sens, cette affaire illustre magistralement le fait que l’information émanant d’un organe de presse reconnu, papier ou web, continue à avoir plus de valeur, de retentissement et de crédibilité que les opinions diverses et variées alimentant le web, fussent-elles en provenance de l’université. Je serais bien en peine de vous dire si c’est une survivance du passé ou la traduction d’un besoin profond que le web ne fera pas disparaître. Disons que je penche nettement pour la deuxième solution, ce qui ne vous surprendra pas. J’ai du mal à imaginer en effet un monde privé d’observateurs professionnels où chacun devrait s’informer directement auprès d’un nombre infini de sources dans un brouhaha permanent privé de hiérachie, de vérification, de distanciation et de contradictoire.

Je me demande au fond si, à trop s’observer dans le miroir grossissant et non contradictoire du web, les universitaires  n’ont pas perdu contact avec le monde réel. Du coup, le décalage entre l’illusion d’optique suscitée par la mobilisation virtuelle et les répercussions médiatiques alimentées par l’observation de terrain leur est apparu insupportable. D’où la violence de la réaction contre Le Monde, laquelle s’enracine également dans le lien très puissant unissant le quotidien et l’université. « Ce sont ses sources de financement qu’il faut attaquer » a déclaré Jérôme Valluy pour justifier sa charte contre Le Monde. Oui, vous avez bien lu,  la bataille d’influence perdue, il ne reste plus que la guerre économique, comme ultime espoir d’inverser la tendance, fut-ce au risque de mettre en difficultés un journal dont nul n’ignore la situation financière délicate.  Cette guerre économique, la presse la connait bien, c’est celle que lui mènent tous ceux qu’elle dérange : menaces de désabonnement, chantage des annonceurs etc. Cela étant, il est assez inédit à ma connaissance qu’un journal soit l’objet d’un boycott concerté affichant avec autant de décontraction son objectif de pression, voire de rétorsion. Habituellement, ces menaces s’entourent de la plus extrême discrétion car leurs auteurs sont bien conscients de ce qu’elles peuvent avoir de contestables au regard de la liberté de la presse. Il faut croire que les universitaires ont trop aimé le Monde pour ne le point haïr et que cette haine  les a égarés sur des chemins douteux.

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66 commentaires »

  1. Une petite observation: il serait bon de ne pas dire « les universitaires » en général pour parler d’une proposition de boycott émanant d’un universitaire donné.

    Vous avez raison de souligner avec Internet, il est difficile de distinguer l’« astroturfing » (pseudo-mobilisation de masse, artificielle) et vraie mobilisation. Sauf que le problème n’est pas propre à Internet :
    * Avec quelques gusses et une photocopieuse, on peut couvrir une université d’affiches
    * Et combien d’articles dans les médias sur de supposées « nouvelles tendances » plus ou moins montées en épingle? C’est la méthode « micro trottoir », quel que soit le point de vue que l’on veut présenter, on finira bien par trouver quelqu’un qui y adhère. Il suffit de présenter cette personne comme représentative.

    Un sujet à mon avis pas assez évoqué : l’appartenance disciplinaire de ceux qui soutiennent ou maudissent la loi, et les raisons de le faire. J’ai entendu des collègues scientifiques se réjouir d’une loi qui permettra par exemple de faire travailler plus les enseignants en droit, sciences de gestion etc. qui ne font pas de recherche parce qu’ils sont trop occupés à faire tourner leur cabinet libéral (ah, ces profs de droit d’universités de province, qui n’y mettent les pieds que pour faire cours et sinon vivent et ont un cabinet à Paris…).

    Commentaire par DM — 14/04/2009 @ 14:47

  2. Bonjour Aliocha

    Peut-être avez-vous raison.

    Mais quand même, quand on suit le lien ci-dessous, on a l’impression que « Le Monde » a choisi son camp depuis longtemps (à moins qu’il n’existe d’autres articles, non cités, où les termes péjoratifs seraient appliqués au projet de loi et à ses inspirateurs plutôt qu’à ceux qui vont en être victimes)

    http://www.acrimed.org/article3102.html

    Quoiqu’il en soit, continuez à écrire…

    Aliocha : j’ai lu cet article, au moins 5 fois tant il a été cité, il est même l’argument majeur des universitaires. Pensez donc, des journalistes qui critiquent d’autres journalistes. Qu’on me permette juste d’observer que ce site est, sauf erreur de ma part, très à gauche de l’échiquier voire à l’extrême gauche et qu’il développe la dialectique ultra classique des minorités qui s’estiment insuffisamment représentées dans les médias. Cela ne retire rien à l’intérêt de leur analyse mais incite tout au plus à une saine distanciation.

    Commentaire par Le Bavard — 14/04/2009 @ 15:37

  3. C’est marrant (ou pas) comment les gens peuvent manquer de cohérence voir être complètement hypocrite (je ne suis même pas sur que ça soit volontaire içi et c’est d’autant plus inquiétant)…

    reprocher au Monde de ne pas être objectif car il n’adhère pas à leur vision et en même temps affirmer vouloir influencer le journal… Ce sont trois positions contradictoires mais qui n’ont pas l’air de les gêner…

    Peut-être est-ce votre façon de décrire le débat qui met ces contradictions en avant (je n’ai pas eu le temps de voir la vidéo) mais dans tout les cas c’est affligeant (d’autant plus venant d’universitaires)…

    Aliocha : Jérôme Valluy a bien parlé d’influence. Cela étant, on peut comprendre l’influence comme une volonté de contrebalancer l’influence réelle ou supposée du gouvernement sur le Monde afin de parvenir à une présentation objective des choses. Sauf que, dans une querelle comme celle-ci, entre celui qui réforme et celui qui subit la réforme, il y a toujours la tentation de part et d’autre de gagner le journaliste à sa cause et l’éternel sentiment que l’autre partie a été privilégiée.

    Commentaire par broshing — 14/04/2009 @ 15:47

  4. Le problème d’internet, pour ce genre de sujet en tout cas, c’est qu’on se retrouve très facilement « entre nous ».
    Il y a des sites de gauche, il y a des sites de droite, dans lesquels celui qui émet la moindre opinion discordante se retrouve immédiatement insulté, ostracisé.
    Ne restent donc que ceux qui partagent les mêmes idées, et passent leurs commentaires à s’auto-congratuler sur le thème du: « vous êtes intelligent, la preuve, vous pensez comme moi… ».
    Ces gens là (quelle que soit leur couleur politique), sont donc convaincus que leurs idées sont partagées par une large majorité de leurs contemporains. Ainsi, quand ils éteignent leur ordinateur et s’ouvrent à d’autres sources d’infos, ils sont indignés de constater que certains ne pensent pas comme eux, et crient illico à la manipulation, au complot.

    Commentaire par Arnaud — 14/04/2009 @ 16:07

  5. Je me permets d’ajouter un point concernant votre évaluation d’ACRIMED comme, je cite, « un site très à gauche ».

    Une question si vous me le permettez. Ne seriez vous pas très à droite ?

    Une seconde question. La critique radicale doit-t-elle irrémédiablement souffrir d’une dénonciation stigmatisante visant la délégitimation ou, au contraire, est-elle une épreuve nécessaire à la progression de la pensée ?

    Aliocha : j’ai dit à plusieurs reprises sur ce blog que je me revendiquais de droite. Ce n’est un scoop pour aucun de mes lecteurs ici. Cela étant, je suis tellement à droite que mes billets sont repris par Marianne et par Libération. C’est la preuve en effet que je suis très à droite. Sans compter quelques uns de mes amis qui me surnomment désormais « la journaliste de gauche » et n’ont sans doute pas tout à fait tort. Comme je me sens néanmoins plus proche de la droite que de la gauche par éducation et par habitude, je l’ai dit. J’aurais apprécié qu’Acrimed fasse de même. Par ailleurs, je vous ferais observer que je ne dénigre pas leur travail, je me contente de le contextualiser. On ne peut pas comprendre Acrimed si on n’a pas à l’esprit cette dialectique des minorités insuffisamment représentées dans la presse.

    Commentaire par Pierrot — 14/04/2009 @ 16:19

  6. Tiens, revoila le fameux monde virtuel où vivent les universitaires/chercheurs. Heureusement qu’il n’est pas complètement hermétique, cela me permet d’acheter du pain… Celui des pubards qui vendent des produits inutiles a des gens qui n’en veulent pas, des banquiers/financiers (je développe?), du showbiz (par exemple…) sont évidement infiniment plus réel.

    Et dans le genre monde réel (quoi que cela puisse vouloir dire), je ne suis pas sur que les journalistes soit tellement mieux loti que les autres. La différence est qu’ils ont (collectivement) le pouvoir de décider ce qu’est le réel. Ce n’est pas l’objectivité du journaliste contre la subjectivité du chercheur, mais bien la caisse de résonance médiatique qui penche, selon un savant mélange de rapport des puissances d’influence brute, pertinence des arguments respectifs, subjectivité du journaliste/du journal, ce que l’opinion publique est sensé en penser, etc… d’un coté ou de l’autre. La revu de presse des éditoriaux du matin de 9h15 de DS sur @si est très instructive a ce propos… Ce que regrette les chercheurs, c’est de ne pas avoir gagné cette bataille là. Et comme l’histoire est écrite par les vainqueurs…

    Parce que entre nous, dans le fond, le face à face gouvernement intraitable/SLU-SLR est extrêmement stérile et rien de bon ne peut en sortir. Et le rôle des journalistes, dont on peut argumenter qu’il n’est pas tellement mieux joué par S Huet (malgré le plaisir que j’ai à lire son blog, et la compréhension réel qu’il a des problèmes de la communauté scientifique) que par Le Monde est de prendre un putain de recul, de ne pas reprendre les putains de communiqués tel quel, de se mettre dans une putain de perspective historique/mondiale le bouzin, etc. (sans vouloir être grossier). Peut-être que XXI, dans un an ou deux?…

    Aliocha : ou peut-être jamais si on ajoute à la lente érosion de la publicité dans la presse (qui s’accélère d’ailleurs avec la crise), la désaffection des lecteurs orchestrée par les contestataires de tout poil. C’est un cercle vicieux, moins il y de lecteurs, moins il y a d’argent, moins il y a d’argent, moins il y de qualité et moins il y a de lecteurs. Le problème, c’est que la presse est beaucoup moins nulle qu’on le dit et que je trouverais citoyen de la part du public de choisir un titre de qualité et de lui être fidèle au lieu de cultiver le mythe de l’information gratuite et de se complaire dans la critique généralisée. Je ne parle évidemment pas pour vous puisque vous citez XXI 😉

    Commentaire par PetitPiteux — 14/04/2009 @ 16:24

  7. Tout d’abord en préambule je dois dire que je n’adhère pas au discours de Jérôme Valluy ni au boycott du Monde.
    Je trouve également vos réflexions sur internet intéressantes.

    Je ne suis cependant pas d’accord avec votre paragraphe sur :

    Mais voyons le fond du sujet. Vous l’aurez compris, les enseignants regrettent que le journal Le Monde n’embrasse pas leur cause, attitude qu’ils qualifient de “manque d’objectivité

    Votre interprétation est démentie par la réponse de Valerie Robert à l’acte 3 14min35 :
    « Je ne demande pas un traitement de faveur pour le mouvement mais juste un traitement équilibré c’est à dire que les arguments des deux parties soient présentés de la même manière »

    Je n’ai pas assez pratiqué les articles du Monde ces dernières semaines pour prendre une position définitive sur le fait que le Monde traite équitablement ou non le conflit.
    Par contre il me semble que vous balayez un peu trop rapidement les arguments pour prendre la défense du traitement de ce conflit par le journal.

    Au début de l’acte 3 , le commentaire de l’article sur la baisse des effectifs en fac montre bien un problème de méthodologie. La critique a peut être été portée par des gens qui n’étaient pas d’accord avec la thèse défendue mais les objections soulevées restent valides.
    La question des champs lexicaux (6m14 de l’acte 13) utilisées pose également question (comme le soulignait Fantomette dans un précédent commentaire).
    Sur la question de la masterisation de l’ensignement (Acte 3 12m10) et la crainte de suppression du CAPES , et toujours en n’ayant pas tout les articles du Monde pour vérifier si l’assertion est vraie, il me semble que le reproche et de ne pas avoir présenté également l’argumentation des enseignants-chercheur à côté du démenti du ministère.

    Commentaire par Duncan — 14/04/2009 @ 16:34

  8. Aliocha, je pense gentiment que vous vous êtes trouvé un nouveau cheval de bataille après Eolas, et vous voilà lancée…

    Bref, vous allez m’incendier, mais il me semble que vous surréagissez à cette histoire, comme aux critiques d’Eolas sur le traitement de certaines affaires judiciaires dans les médias. Si je rapproche çà de votre commentaire de l’autre jour (c’était chez vous?) sur les journalistes qui sont « fragiles », j’en viens à conclure que ce qu’il faut avant tout aux journalistes, c’est une bonne calinothérapie.

    Des différents débats avec les intervenants ici et ailleurs, je comprends ceci:

    Les journaux sont en position de faiblesse extrême depuis dix ans au moins (on parle de la crise de la presse depuis que je suis en âge de lire le journal). Avec le recul, il me semble que le rôle du syndicat du livre dans cette crise est fortement sous-estimé.

    Concernant les relations avec tel ou tel groupe de lecteurs, et les problèmes de qualité supposée des articles, je crois que les économies motivées par les coûts dudit syndicat ont conduit à trancher dans les dépenses de recherche de l’information (qui se trouve ailleurs que dans les communiqués de presse). Les groupes de lecteurs ne possédant pas d’accès à un service de com’ se trouvent donc marginalisés dans le traitement des affaires, car ils n’ont pas la possibilité d’influencer la fenêtre médiatique: c’était le boulot du journaliste « qui a le temps ».

    Tout ce qui se trouve en dehors de la fenêtre médiatique est disqualifié d’avance (phénomène classique de rejet des extrêmes, qui permet -entre autre- de ne pas avoir à redémontrer chaque jour des thèses fumeuses: créationnisme, complots des templiers et autre billevesées, sorties à jamais de ladite fenêtre).
    Sauf que les groupes de com’ institutionnels (ie, ceux qui ont des sous pour recruter comme chargés de com’ les diplômés de l’ESJ Lille) ont parfaitement compris le phénomène et s’en servent pour jouer à leur avantage, en centrant la « fenêtre » sur leurs thèses. Tout ce qui est en dehors est donc oublié dans les communiqués.
    Comme, faute de temps et d’argent, les journaux se basent un peu trop sur ces communiqués -surtout pour leurs sites en ligne-, ça finit par intoxiquer les articles, et disqualifier le journaliste, dont le discours est perçu -à son corps défendant- comme orienté en faveur du lobby au pouvoir.

    Aliocha : c’est un lieu de débat ici, il n’est pas dans mes intentions d’incendier les lecteurs qui ne sont pas d’accord, du moment que ce désaccord s’exprime avec correction. Sur ma surréaction, votre observation est tout fait pertinente vue de l’extérieur. Disons que ce qui me choque est moins la colère d’Eolas contre un confrère ou le boycott du Monde que la méconnaissance du journalisme que traduisent ces réactions, méconnaissance du métier, méconnaissance également de son pouvoir (nous paraissons « puissants » aux yeux du public, nous nous sentons bien faibles et démunis face au politique ou au monde économique), méconnaissance enfin de la crise grave que traverse la presse. Ceux qui l’attaquent ne se rendent souvent pas compte qu’ils jouent contre eux-mêmes d’un point de vue démocratique et font le jeu de ceux qui ont intérêt à nous affaiblir. Je l’ai dit et redit ici, la presse est loin d’être au-dessus de toute critique, j’aimerais juste que ces critiques soient faites à bon escient. Quant à la com’, il me sembe avoir beaucoup écris ici ce que j’en pensais et le danger qu’elle me paraissait représenter pour le journalisme. Nous sommes d’accord. Enfin, sur la charte, je suis intraitable, ce procédé est condamnable.

    Commentaire par Javi — 14/04/2009 @ 16:36

  9. Bien que ne connaissant pas très bien le milieu de la com’, mais ayant été un peu instruit par Aliocha (-:, l’analyse de Javi (commentaire n°8) me semble fort juste.

    Les journalistes ont beaucoup perdu de leur indépendance. Si le Web permet à certain de dire sans contraintes, le Web ne permet pas encore de toucher une large cible de population. Quant à pouvoir vivre du Web en toute indépendance, cela reste encore une tâche bien ardue et fort incertaine pour le journalisme…

    Commentaire par Morne Butor — 14/04/2009 @ 16:47

  10. Je ne rentrerai pas dans des débats de thuriféraires, le débat qui m’intéresse étant : quel enseignement supérieur et quelle recherche pour le futur de notre société ?
    Aliocha, puisque plus rien ne vous étonne concernant les réactions et propos des chercheurs et enseignants chercheurs, voici quelques références variées, mais non exhaustives, pour permettre à chacun d’approfondir la question :
    – Pour un état des lieux de l’enseignement supérieur et de la recherche, vous pouvez consulter : http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/Evaluation_statistiques/56/2/etat_du_sup_web_41562.pdf

    Ainsi que le site du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche : http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/

    – Pour ce qui a trait à la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (loi LRU), une synthèse plutôt bien réalisée est consultable sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_sur_l%27autonomie_des_universit%C3%A9s

    De cette page, vous pourrez rebondir grâce à différents liens et à quelques données bibliographiques.

    – Deux sites sur lesquels vous trouverez des éléments de débats :

    Sauvons la recherche : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1513

    Sauvons l’université : http://www.sauvonsluniversite.com/

    – Une référence bibliographique qui offre un certain point de vue des enjeux. Personnellement, j’ai trouvé l’ouvrage fort intéressant : Schultheis F., Escoda M. R. et Cousin P. F. dir., 2008, Le cauchemar de Humboldt. Les réformes de l’enseignement supérieur européen, Ed. Raisons d’agir, coll. « Cours et Travaux », 231 p.

    Une recension de l’ouvrage est consultable à l’adresse : http://www.liens-socio.org/article.php3?id_article=4226

    Puisque cet ouvrage traite des effets du processus de Bologne et puisqu’un nouvelle étape se tiendra prochainement à Louvain, j’indique un site, non neutre certes, mais qui permet de se tenir pour partie informé de ce qui va s’y jouer : http://www.louvain2009.com/

    Enfin, ce matin (mardi 14 avril 2009) sur la radio France Culture, le sujet des matins de France Culture était cette fameuse réforme. Vous pouvez donc écouter les débats en ligne (via realplayer) ou en podcast (via iTunes) à l’adresse suivante :
    http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins/

    Commentaire par Pierrot — 14/04/2009 @ 17:01

  11. « Les groupes de lecteurs ne possédant pas d’accès à un service de com’ se trouvent donc marginalisés dans le traitement des affaires »

    En effet, il est clair que ceux qui ont les moyens de se payer un attaché voire un service de com’ qui produit des communiqués prêts-à-recopier, invite les journalistes et bloggueurs à des sauteries, et est disponible à toute heure ouvrable (ou non) pour répondre sont avantagés par rapport à ceux (par exemple les associations sans permanents ou les collectifs non syndicaux) qui ne disposent pas de ces moyens.

    En d’autres termes, on ne prête qu’aux riches, dans ce domaine comme dans d’autres.

    Commentaire par DM — 14/04/2009 @ 17:04

  12. Voilà ce que l’on peut lire dans la rubrique « objectif » du site d’ACRIMED, donc facilement accessible à condition de s’en donner la peine :
    « Née du mouvement social de 1995, dans la foulée de l’Appel à la solidarité avec les grévistes, notre association, pour remplir les fonctions d’un observatoire des médias s’est constituée, depuis sa création en 1996, comme une association-carrefour. Elle réunit des journalistes et salariés des médias, des chercheurs et universitaires, des acteurs du mouvement social et des « usagers » des médias. Elle cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d’une critique indépendante, radicale et intransigeante ».
    Avancent-ils cachés comme vous avez l’air de le soutenir ?!
    Par ailleurs, cette association comportent des adhérents d’opinion politiques diverses.
    Enfin, vu la grande richesse des archives proposées en ligne et vu le nombre de réunions publiques organisées tout au long de l’année par l’association, il ne me semble pas qu’il soit difficile à chacun de se faire une idée sur ACRIMED.
    Dernier point, je me trompe ou mon premier billet n’est pas passé ?!

    Commentaire par Pierrot — 14/04/2009 @ 17:12

  13. intéressant de constater que ce qui est en jeu n’est pas le mouvement lui-même mais sa représentation médiatique. penser que les articles du Monde vont à eux seuls permettre 1. d’entretenir la mobilisation sur le terrain 2. d’influencer l’opinion publique 3. et celle de la classe dirigeante… me semble un peu léger en matière de stratégie. il y aurait à ce propos beaucoup plus de gain à travailler Le Parisien Aujourd’hui en France (dont le sommaire fait aussi ceux de RTL ou TF1 par exemple) et envahir les performances des élus.

    l’impression également que cette polémique entre des universitaires et Le Monde n’a d’écho que sur internet. je ne sais si j’en ai lu deux lignes ailleurs. est-ce une nouvelle forme d’attaque du net contre les médias traditionnels ? une tentative de revanche contre un journal perçu comme celui qui aurait fait perdre la bataille des médias (j’imagine que Le Figaro devait être autrement partial dans ses compte-rendus de la mobilisation) ? ou bien une sorte d’excuse : voyez les gars si on n’a pas réussi, c’est à cause d’eux qui ne nous ont pas soutenu ! ce qui serait accorder beaucoup d’importance aux journalistes en général et au Monde en particulier ? une tentative de déporter le débat du conflit lui-même vers sa représentation ?

    Commentaire par david — 14/04/2009 @ 17:12

  14. Désolé pour ma dernière question. Il semble être passé, mais avec un temps de latence plus long.

    Aliocha : sachez qu’un commentaire contenant plus d’un certain nombre de liens est considéré par mon filtre anti-spam comme un spam et bloqué dans l’attente de mon accord ou carrément envoyé à la poubelle. Il faut me laisser le temps de m’en apercevoir et de publier le commentaire 😉

    Commentaire par Pierrot — 14/04/2009 @ 17:14

  15. Ce qui est rigolo, c’est que le même genre de reproches est fait aux sondages.
    J’en parle parce que c’est mon métier…

    Il y a une constante remarquable, c’est que lorsque les résultats du sondage vont dans votre sens (celui du lecteur), alors c’est un bon sondage, bien fait, impartial et tout.
    Mais si les résultats du sondage vous déplaisent, alors le sondage est manipulé, orienté, irrégulier.

    Ca marche à tous les coups.

    Commentaire par Arnaud — 14/04/2009 @ 17:14

  16. Preambule: j’ai vu l’emission d’@si mais je n’ai pas lu les articles qu’ils ont evoques. Aussi petite question – non rhetorique ! – a la professionnelle que vous etes: trouvez-vous ces articles bien argumentes et equilibres ?

    Commentaire par Humstel — 14/04/2009 @ 17:18

  17. « les permanences des élus ».

    Commentaire par david — 14/04/2009 @ 17:18

  18. Aliocha:

    Mais voyons le fond du sujet. Vous l’aurez compris, les enseignants regrettent que le journal Le Monde n’embrasse pas leur cause, attitude qu’ils qualifient de “manque d’objectivité”.
    ________________________________________________________________

    J’ai vu l’émission d’@SI, émission que je recommande pour permettre de comprendre les raisons de l’appel au boycott. Les deux universitaires développent leur argumentation de façon convaincante et modérée, contrairement à ce que vous semblez croire. Et surtout, c’est dit clairement dans ce débat, ils demandent au Monde non de prendre partie pour leur cause, mais de donner à la fois le point de vue du gouvernement et le point de vue des chercheurs. Sans caricaturer ni l’un ni l’autre. Bref d’être objectif, ce que Le Monde n’est pas selon eux. Et je dois avouer que leur démonstration, du moins sur les deux aticles examinés durant l’émission, est convaincante.

    Aliocha : vous émettez vous-même les réserves d’usages en écrivant « selon eux » et je vous ferais observer que les journalistes du Monde n’étaient pas là pour se défendre (bien qu’ils aient été invités). Il y deux sujets dans mon billet. Le premier, récurrent, c’est l’indignation que suscite chez moi l’appel au boycott. Le deuxième, c’est un volonté d’expliquer en quoi les critiques contre le journal doivent être examinées de manière éclairée, c’est-à-dire en tenant compte de l’irritation naturelle que suscite dans la presse le traitement d’un conflit chez les parties en cause. Quelque chose me dit que le gouvernement lui-même n’est pas satisfait des journalistes du Monde 😉 Cette irritation prend ici des proportions inhabituelles en raison du lien unissant le monde et les enseignants. Maintenant, n’étant pas journaliste spécialisée en éducation, je ne peux pas aller plus loin que cet éclairage sur les mécanismes classiques de la critique envers les journalistes. Je laisse chacun se faire son opinion.

    Je vous avais déjà signalé cette erreur, et vous n’en tenez pas compte. Pourquoi? Pourquoi écrivez-vous une telle contre-vérité? Pourquoi déformez-vous vous aussi la parole des chercheurs? Les deux universitaires expliquent qu’à plusieurs reprises, ils ont fait parvenir au Monde des explications détaillées de ce qui pose problème dans les articles du journal, explications que Le Monde n’a pas relayé alors qu’il relaie la parole du gouvernement.

    Aliocha : vous oubliez de dire qu eces deux universitaires n’étaient pas d’accord et vous oubliez aussi le fait que Valluy ne veut plus parler au Monde.

    C’est d’ailleurs intéressant de constater que, dans votre billet, vous ne répondez pas aux arguments des chercheurs développés dans cette émission mais préférez vous intéresser à l’attitude des chercheurs, comme si la forme primait sur le fond. Pour ma part, face à une telle argumentation, je me demande plutôt si ce qu’ils affirment est vrai plutôt que de me demander si ces deux chercheurs sont antisarkozistes.

    Aliocha : je n’ai pas les moyens d’enquêter, ceci est un blog, pas un organe de presse. J’y livre un avis de journaliste et propose de faire partager ma lecture de ce conflit à l’aune de mon expérience des conflits avec les lecteurs. Le seul point où j’ai clairement dit que j’étais en désaccord, c’est sur la charte. Pour le reste, j’invite à relativiser ces attaques. Au passage, les rares universitaires que j’ai interrogés trouvaient la réaction abusive et les différents commentaires d’universitaires sur les sites et les blogs me semblaient très partagés sur le traitement du conflit par Le Monde.

    Commentaire par Tristan — 14/04/2009 @ 17:55

  19. C’est vrai qu’un journaliste assez âgé comme moi ne peut qu’être frappé par une constante: de plus en plus souvent, notamment dans les milieux militants, le journaliste est critiqué très fermement par des gens qui ne lisent jamais le journal. Ou alors, s’ils le lisent, c’est uniquement à travers un seul article photocopié.

    Dans ces conditions, je doute qu’un appel à ne pas acheter le Monde ait beaucoup d’efficacité. Evidemment, il est inutile d’expliquer à ces « lecteurs » qu’une information coûte forcèment quelque part. Ces « lecteurs » sont, en fait, pour que la presse sont entièrement financée par la publicité.

    Le site Acrimed est certes intéressant. Mais, là encore, il s’agit de critiques a posteriori. Acrimed, par exemple, a produit un travail de critique des journalistes sur l’affaire d’Outreau en compilant quelques coupures de presse. Mais, pendant les trois ans qui se situent entre les arrestations à Outreau et le premier procès aux assises de Saint-Omer, Acrimed n’a rien vu et rien dénoncé…

    Commentaire par didier specq — 14/04/2009 @ 23:00

  20. Bonsoir,
    J’ai peut-être raté quelque chose (ce qui est fort possible), mais il me semble que le vrai problème n’est pas le manque d’objectivité du Monde (en règle général, il vaudrait mieux parler d’impartialité), mais plutôt le fait que ce quotidien ait choisi « son camp », sans le dire clairement. Il s’agirait d’ailleurs d’un travers fréquent du Monde. Puisqu’il se prétend « quotidien de référence », il ne peut sans doute pas annoncer ses intentions, à la différence des autres quotidiens.

    C’est là, il me semble, le vrai problème. Lorsque je lis Libération ou le Figaro, je connais la ligne éditoriale. Pour le Monde, c’est plus difficile, sous couvert d’objectivité.

    Commentaire par pollicarpe — 15/04/2009 @ 00:33

  21. @ DM
    Lorsque vous écrivez « ces profs de droit d’universités de province, qui n’y mettent les pieds que pour faire cours et sinon vivent et ont un cabinet à Paris », vous commettez une généralisation abusive. Dans ma faculté (pourtant provinciale), deux enseignants (sur plus de quarante) sont inscrits au barreau.

    Commentaire par pollicarpe — 15/04/2009 @ 00:42

  22. @ Didier Specq (19) et Alliocha

    Il semble que, tout comme Alliocha (pour d’autres raisons en ce qui la concerne), vous n’avez pas compris le rôle d’Acrimed. Ce n’est pas un journal de contre-information, vous ne trouverez donc pas de contre-enquête sur son site. C’est une association loi de 1901 avec des militants qui observent la production des médias, qui analysent ce qu’ils pensent être des dysfonctionnements (vous n’êtes pas obligé d’être d’accord avec eux), qui font cela le plus rigoureusement possible. Ces mêmes militants, contrairement à ce qui a été affirmé par la tenancière du lieu, n’avancent pas masqués (pierrot a répondu à ce propos). Par ailleurs, ils donnent la parole à d’autres (par exemple, une vidéo comme celle de Serge Regourd, à propos du démantèlement de l’audiovisuel public : http://www.acrimed.org/article2995.html ), organisent des débats publics (comme ici avec Frédéric Lordon : http://www.acrimed.org/article3075.html , pour info prochain débat le 14 mai à Paris avec Stéphane Mazurier, sur la presse satirique), font des propositions qui, contrairement à ce qu’affirme Alliocha, n’ont rien à voir avec ce qu’elle appelle « la dialectique ultra classique des minorités qui s’estiment insuffisamment représentées dans les médias » (ou alors il faut dire franchement qu’il n’y a pas besoin de davantage de pluralisme, dans ce cas, ce patient travail de Mathias Reymond à propos de la diversité des économistes invités sur France Culture est nul est non avenu : http://www.acrimed.org/article3110.html )

    Bien entendu, on peut comprendre Alliocha (qui a l’honnêteté d’évoquer l’intérêt de l’analyse d’Acrimed), femme de droite assumée, lorsqu’elle incite « à une saine distanciation ». Il est toujours bon de savoir d’où les gens parlent. Mais il ne faudrait pas pour autant se servir de l’étiquette « extrême-gauche » comme d’un repoussoir, comme le font les politiques pour disqualifier un adversaire. Il me semble qu’Acrimed est tout bonnement de gauche, et pour ce que j’en connais, comprend des électeurs de tout l’éventail de la gauche. C’est la critique des médias, qui est radicale, faut pas confondre. Peut-être bien que la situation de la presse, l’état de déliquescence que l’on peut constater (qui peut nier, par exemple, que Le Monde est beaucoup moins rigoureux qu’il y a 20 ou 30 ans ? Que le Nouvel Obs’ est devenu « un Gala pour riches », comme l’avouait Laurent Joffrin quand il le dirigeait ?), réclame une critique radicale plutôt qu’une forme de chantage du genre « ménagez-nous, vous voyez bien que notre situation est dramatique ».
    La faute à qui, si le Monde, Libération et autres sont dans cette situation ? Certainement pas de la faute des lecteurs (sinon comment expliquer que le Parisien se porte bien ?) Dans le système libéral que vous revendiquez, le client a toujours raison. Si Le Monde veut changer de clientèle, libre à lui. Et libre à ses clients de se faire la malle.

    Aliocha : je vous remercie pour vos précisions. Cela étant, je vous rappelle ne serait-ce que le chapô de l’article : « Cela ne fait aucun doute : si vous voulez bénéficier de l’attention des grands médias, il vaut mieux être enseignants-chercheurs que salariés de la SNCF ». J’y vois personnellement une pétition de principe non argumentée et je pourrais, si j’en avais le temps (tiens d’ailleurs, je le ferai peut-être) décrypter cet article comme lui-même a décrypté celui du Monde. S’agissant de l’orientation politique d’Acrimed, je souris en songeant que si un site de droite faisait le même travail avec des équipes composées en partie de gens du FN comme il y a chez Acrimed pour ce que j’ai pu voir des gens de l’ex LCR on hurlerait à l’extrémisme et la critique s’en trouverait immédiatement dévalorisée. La question de la qualité de la presse est un vrai sujet, mais précisément, il doit être traité avec sérieux pour distinguer la critique fondée de celle qui ne l’est pas et éviter d’aggraver le divorce avec les lecteurs pour de mauvaises raisons ou pire pour des raisons partisanes. Je ne peut m’empêcher de voir l’ombre de Chomsky planer sur les écrits d’Acrimed. La crise de la presse n’empêche évidemment pas la critique mais je ne peux adhérer à votre dernière phrase qui sous-entend que pour garder ses lecteurs Le Monde devrait songer à leur faire plaisir. On ne fait pas plaisir au lecteur, on l’informe. Toute autre préoccupation que l’information pour un journaliste ouvre la porte aux dérives.

    Commentaire par Duquesnoy — 15/04/2009 @ 02:06

  23. @policarpe: Je n’ai nullement prétendu qu’il s’agit d’un cas général, mais je connais des exemples, et des collègues de droit se sont également émus de ce genre de comportements.

    @didier specq: À la décharge d’ACRIMED et de tous ceux qui se sont réveillés a posteriori, il est extrêmement difficile de s’exprimer sur le sujet de la perception judiciaire, médiatique et sociale de la pédophilie, sous peine de se voir accuser de sympathie pour les pervers et les criminels. Le terrain est totalement miné.

    Commentaire par DM — 15/04/2009 @ 07:30

  24. @ Alliocha

    « La crise de la presse n’empêche évidemment pas la critique mais je ne peux adhérer à votre dernière phrase qui sous-entend que pour garder ses lecteurs Le Monde devrait songer à leur faire plaisir. On ne fait pas plaisir au lecteur, on l’informe. Toute autre préoccupation que l’information pour un journaliste ouvre la porte aux dérives ».

    Informer ses lecteurs plutôt que chercher à leur faire plaisir, OK, mais vous m’accorderez que même un journal dit de référence comme Le Monde a une orientation, un positionnement, et qu’il choisit de s’adresser à tel type de lectorat plutôt que tel autre. Il me semble que Le Monde était vu comme un journal plutôt haut de gamme, centriste (de centre gauche pour certains). S’il a choisi de devenir porte-parole du gouvernement sur certains sujets (c’est ce que pensent les enseigants chercheurs, peut-être à tort) ou – s’il l’on remonte à sa prise de contrôle par le trio maudit (Minc, Colombani, Plenel) de faire l’apologie du libéralisme économique (ah, les chroniques de Le Boucher !), allant même jusqu’à perdre son indépendance avec sa volonté forcenée de devenir un groupe (avec quel résultat ! Aujourd’hui Le Monde est au bord du gouffre et Lagardère est à deux doigts d’en prendre le contrôle) et vouloir s’introduire en bourse (peut-être considérez-vous que la composition du capital d’un journal n’a aucune incidence sur la ligne rédactionnelle ?) – ça n’a rien d’étonnant qu’il perde des lecteurs qui ne se reconnaissent plus dans leur journal. Au passage, d’après Valérie Robert, sur ASI, plus que les choix éditoriaux, ce qui ne passe pas non plus c’est que Le Monde n’assume pas son nouveau positionnement.
    Mais bon, peut-^tre que ce nouveau positionnement va faire venir en nombre des nouveaux lecteurs.

    C’est la même chose pour un hebdo comme Charlie-Hebdo. La nature ayant horreur du vide, ceux qui ne supportent plus les leçons de morale à deux balles de Philippe Val, les retournements de vestes de certains chroniqueurs (un exemple flagrant ici : http://www.acrimed.org/article3116.html ) achètent désormais Siné-Hebdo. S’il continue comme ça, Charlie devrait, à terme, gagner une partie de la clientèle de Télérama…
    Pour terminer, la question du boycott ne me gène pas. Nous sommes ici dans le cadre d’une lutte politique et j’ai remarqué que l’arme économique est l’une des plus efficaces qui soit.

    Aliocha : Ah nous y voilà enfin ! « Nous sommes ici dans une lutte politique et j’ai remarqué que l’arme économique est l’une des plus efficaces qui soit ». Comme quoi, plutôt que d’attaquer son interlocuteur, il suffit généralement de le laisser se dévoiler tout seul. Et hop le Monde, tu te rallies à la cause ou tu meurs ! Ben dites-moi, il nous a fallu des jours pour parvenir à cet aveu mais ça valait le coup.

    Commentaire par Duquesnoy — 15/04/2009 @ 11:26

  25. Permettez-moi d’intervenir sur ce sujet :

    Tout d’abord, j’ai lu également l’article du site Acrimed. Dès le premier paragraphe, on voit clairement quel est son orientation : « clergé médiatique ».
    Il est sur qu’en opposant les « chercheurs » a un « clergé », on est totalement impartial avant même de critiquer les articles du « Monde ». Je passe outre les commentaires entre parenthèse qui sont totalement partiaux et subjectif (qui n’ont rien de digne d’une ’étude approfondit des orientations journalistiques’, pour en arriver aux articles traités.
    En opposant des articles informant les lecteurs sur le projet de réforme (ce qui en fait une tribune gouvernementale), aux réactions des enseignants-chercheurs suivie de prêt par les étudiants, qui soutiennent le statut des « chercheurs », (j’ai pas encore compris pourquoi… peut etre aurais-je des explications ici sur le pourquoi les étudiants sont contre les évaluations de leur enseignants…) pour le retrait de la réforme (notez qu’ils veulent le retrait, ce qui est opposable aux déclarations faites aux journalistes caméra où ils déclarent vouloir une réforme…)

    Bref, Acrimed après 3 lignes est au bord de l’insulte contre les journalistes (perso, j’aurai été journaliste, je m’arrêtais à « clergé »), et énonce dans la totalité de l’article clairement son positionnement politique (contre le gouvernement).
    Difficile, même en restant super objectif de conclure que cette analyse est impartiale à la fin de l’article.

    Si on en revient plus à la chartre, je suis désolé pour Aliocha, mais, au-delà de la censure du « Monde », ce qui me fait exploser (interieurement), ce sont les clause 7 et 8 et 13 :
    7) Ne dupliquer aucun article provenant du quotidien Le Monde dans les instruments pédagogiques ; éviter de conseiller ces références aux élèves et étudiants.
    8 )Eviter de citer les articles du quotidien Le Monde en références bibliographiques dans les travaux de recherche ;
    13) Soutenir systématiquement les quotidiens Libération, Médiapart, Rue89, L’Humanité : * acheter ces journaux ; * s’y abonner ; * s’abonner à leurs lettres de diffusion gratuite ; * visiter fréquemment leurs sites web ; * cliquer le plus souvent possible sur les encarts publicitaires ; * rediffuser sur les listes des diffusion/discussion leurs articles avec les liens pointant vers leurs sites ; * insérer systématiquement des liens hypertextes dans les blogs en direction de ces journaux ; * multiplier leur présentation aux élèves et étudiants et les faire travailler sur ces articles ; * multiplier les références bibliographiques à ces journaux ; etc…”

    J’y vois une censure plus que condamnable, une tentative de vouloir manipuler les étudiants idéologiquement et un rejet d’une forme de pluralisme intellectuel.
    C’est non seulement dangereux, mais condamnable.
    Quelles sont les positions des syndicats d’enseignants-chercheurs et étudiants vis-à-vis de cette chartre ?

    Commentaire par Testatio — 15/04/2009 @ 12:00

  26. @Testatio: Vous ne croyez pas qu’avec les incertitudes sur le futur du CNRS, sur le statut des enseignants-chercheurs, sur le « Plan Campus » etc., sans parler des recrutements « nouvelle méthode jamais testée » cette année, les enseignants-chercheurs et les chercheurs ont autre chose à faire que de s’occuper de cette tempête dans une tasse de thé?

    Tiens, déjà, rien qu’une question: qui cite des journaux comme _Le Monde_ dans des travaux de recherche, à part pour souligner la couverture médiatique d’un évènement?

    Aliocha : beaucoup d’universitaires en sciences sociales. Ils citent principalement Le Monde mais pas seulement, j’ai eu l’occasion de figurer en référence dans des ouvrages universitaires pour des articles publiés dans la presse économique. Sans compter les générations d’étudiants qui ont planché sur mes papiers pour préparer l’examen d’entrée à l’école d’avocats.

    Commentaire par DM — 15/04/2009 @ 13:36

  27. Petite remarque: il y a une certaine tendance ici ou là à confondre « chercheurs / universitaires » et « chercheurs / universitaires en lettres et sciences sociales », qui ne représentent qu’environ 40% des universitaires et 16% du CNRS…

    Aliocha : je parlais me concernant de professeurs agrégés de droit.

    Commentaire par DM — 15/04/2009 @ 14:03

  28. @ Alliocha

    « Ah nous y voilà enfin ! “Nous sommes ici dans une lutte politique et j’ai remarqué que l’arme économique est l’une des plus efficaces qui soit”. Comme quoi, plutôt que d’attaquer son interlocuteur, il suffit généralement de le laisser se dévoiler tout seul. Et hop le Monde, tu te rallies à la cause ou tu meurs ! Ben dites-moi, il nous a fallu des jours pour parvenir à cet aveu mais ça valait le coup ».

    Décidément, vous réagissez toujours trop vite. Je crois que vous vous méprenez sur mon rôle. Je n’avoue rien vu que je ne suis pas partie prenante à ce conflit. Je ne suis ni enseignant, ni chercheur, ni enseignant-chercheur, ni journaliste. Je suis un simple chômeur (demandeur d’emploi, plutôt, même si je demande timidement) qui regarde ce qui se passe. Et en tant que militant qui se bat pour d’autres causes (aux côté de chômeurs et précaires), je sais d’expérience que contre le système marchand, taper au tiroir caisse est une bonne façon de faire.

    Commentaire par Duquesnoy — 15/04/2009 @ 14:19

  29. Et cela aurait franchement un impact concret sur les finances du _Monde_ si une petite part des (< 1000) professeurs de droit cessaient de citer ce journal? 🙂

    Pour moi, tout ceci est une tempête dans une tasse de thé: les uns font mousser leur mouvement, les autres crient à la liberté d’expression bafouée, et au passage, on ne parle pas du sujet vraiment important, à savoir la réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche en France.

    Commentaire par DM — 15/04/2009 @ 14:21

  30. Cher Acrimed, vous ne répondez pas à ma critique.

    Vous expliquez que vous n’êtes pas un organe d’information mais de critique des médias. Fort bien, j’étais d’ailleurs au courant, merci.

    Simplement, à aucun moment, pendant l’énorme production journaliste sur l’affaire d’Outreau (trois ans entre la révélation des « faits » et, après de multiples rebondissements,le premier procès aux assises de Saint-Omer), vous n’avez, vous les valeureux critiques des médias, émis le moindre doute sur, par exemple, l’atteinte à la présomption d’innocence, l’unanimisme suspect de la presse, les noms des enfants révélés au mépris de la législation, que sais-je encore.

    En revanche, après coup, vous avez compilé des articles de presse en oubliant d’ailleurs les trop rares journalistes qui, très isolés, avaient émis des doutes. C’est vrai que prédire le passé est plus confortable…

    Commentaire par didier specq — 15/04/2009 @ 14:40

  31. @ didier specq

    Je ne suis pas Acrimed. J’apprécie et je suis régulièrement le site de cette association, mais je ne vais pas répondre pas à sa place. Ce que je sais, pour l’avoir lu, c’est qu’Acrimed, plutôt que s’arrêter sur tel ou tel dérapage particulier (il faudrait une armée d’observateurs, que ne possède pas une petite association) préfère s’intéresser aux raisons qui font que la qualité de l’information n’est pas ce qu’elle devrait être (ça c’est mon avis, et je le partage) : concurrence effrénée, qui fait qu’il faut sortir l’info de plus en plus vite, sans parfois prendre le temps de la vérifier, circulation circulaire de l’information (qu’est-ce qui justifie que la plupart des journaux tartinent sur le chien d’Obama ?), concentration des journaux aux mains de banquiers, marchands d’armes ou constructeurs immobiliers, etc.
    En ce qui concerne les atteintes à la présomption d’innocence, bien évidemment qu’Acrimed les dénonce quand elle en a connaissance. Mais encore une fois, ce n’est qu’une association qui ne saurait faire le travail qui devrait être fait par ailleurs, d’abord par les premiers concernés, les journalistes (mais il est vrai que c’est jamais leur faute et qu’on ignore dans quelles conditions ils font leur boulot, comme diraient certains et plus particulièrement certaine). Sur Outreau, jetez un œil sur ces articles et osez dire que ce n’est pas salutaire :
    http://www.acrimed.org/article2221.html
    http://www.acrimed.org/article2259.html

    Acrimed, par ailleurs, fait des propositions, avec d’autres (syndicats de journalistes, médias du tiers secteur, associations d’usagers des médias, acteurs du mouvement social…). Ainsi, elle a été à l’origine des États généraux pour des médias pluralistes ( http://www.acrimed.org/article2825.html ) qui n’ont pas eu, hélas, suffisamment de prolongements, ce qui a laissé l’opportunité à Sarkozy d’organiser ses propres États généraux… des patrons de presse.
    On peut ne pas être d’accord avec les propositions, mais qu’est-ce qui se fait d’autre de constructif à côté ?
    Qu’est-ce que vous voulez que ces bénévoles fassent de plus ? Qu’ils vous fassent le café ?

    Commentaire par Duquesnoy — 15/04/2009 @ 16:30

  32. Bonjour,

    vous ecrivez <>

    Je crois pour ma part me souvenir d’un article de Marianne2.fr (tout de meme moins a gauche qu’acrimed) qui faisait une analyse similaire : http://www.marianne2.fr/Universites-les-medias-a-cote-du-mouvement_a177738.html

    Je pense que l’on peut tomber d’accord sur le constat suivant :

    – le monde universitaire n’est pas facile a comprendre pour qui ne le connais pas, et les analyses de la reforme actuelle peuvent s’averer techniques (j’ai recemment ete interviewe par un journaliste d’une radio locale qui me disait « c’est complique votre histoire » lorsque je lui parlais des chaires d’excellence – par ailleurs, il voulait absolument me faire dire que le probleme etait les suppressionde poste, car c’est un message simple). C’est vrai de tout sujet d’actualite, mais je pense que c’est encore plus criant pour les universites.

    – il y a une grande difference entre la presse locale et la presse nationale. La presse locale relaye assez bien ce qui se passe aujourd’hui dans les universites, mais le relais national a du mal a passer. A l’occasion d’une occupation de locaux universitaires, le journaliste de france Info que j;ai eu au telephone m’a clairement fait comprendre que si on se sequestrait pas le president de l’universite, et tant que la police ne nous mettait pas dehors, l’info n’etait pas des plus interessante. La presse nationale radio et tele a tendance a faire dans le pathos, l’emotion, et le sensationnel. Elle est de plus assez suiviste.

    – pour ce qui concerne Le Monde. je crois que les articles de Catherine Rollot ont particulierement provoque des crispations : ceux-ci (contrairement aux rares articles d’autres redacteurs) reprennent souvent sans distance les communiques des differents ministeres en jeu. Un exemple : un des premiers gros titres du Monde sur le sujet (en janvier je crois) etait « Valerie Pecresse veut evaluer les enseignant-chercheurs ». Ol se trouve que ce n’est absolument pas l’objet de la reforme, ni ce qui mobilise aujourd’hui les enseignants et etudiants … mais V.Pecresse a tente de faire croire que les universitaires ne voulaient pas etre evalues et Le Monde s’est fait le relais de ce mensonge sans rectifier (d’autres journaux l’ont fait a sa place). Il me semble que, meme si on peut comprendre un certqin nombre d’imperatifs economiques de la presse, on ne peut pas accepter qu’un journal generaliste et serieux comme Le Monde se rabaisse a etre le relais d’un plan com’ (que ce soit celui du gouvernement, ou celui des universitaires – la n’est pas la question).
    Cela etant, je dois dire que l’idee d’un boycott me parait totalement farfelue … mais de votre cote vous ne pouvez pas perpetuellement repondre que ceux qui critiquent le manque de partialite d’un journaliste sont forcement d’affreux nombrilistes qui ne comprennent pas ce qu’est le vrai journalisme.

    – enfin, il me semble qu’au-dela du traitement reserve a un theme d’actualite, on devrait deja parle du temps qui lui est accorde. Combien d’emissions tele consacree a des debats sur la reforme des universites, combien d’analyse serieuses dans la presse ecrite (qui depassent les questions du genre « les jours de greve sont-ils peyes »). Je crains que les medias consacrent moins de temps a parler de l’universite que des problemes de garde d’enfants pour les couples binationnaux. Je vous accorde volontier que le lecteur/auditeur partage la responsabilite de cet etat de fait.

    Bien cordialement.

    Professeur Tournesol

    Aliocha : merci pour ce témoignage, surtout sous le pseudo d’un personnage qui m’est particulièrement cher. Si les universitaires étaient aussi drôles que Tournesol dans Objectif Lune lorsqu’il lance son fameux « ah je fais le zouave moi ! », je suis sûre qu’ils feraient un tabac médiatique. Toute plaisanterie mise à part, je commencerai par préciser ma pensée. Ce billet n’entend pas fournir une défense systématique contre toute critique de la presse qui s’appuirait sur l’argument que vous qualifiez de « nombriliste ». Il n’entend pas non plus soutenir que c’est le cas s’agissant de la querelle qui nous occupe. Je partage seulement avec les lecteurs ma vision de professionnelle, forcément distanciée parce que je connais le dessous des cartes de mon métier. L’idée est de dire « attention, toute critique contre les journalistes n’est pas forcément fondée mais peut aussi s’enraciner dans d’autres mécanismes plus complexes ». C’est tout. S’agissant de la différence de traitement entre la PQR et la presse nationale, elle ne me surprend pas. Permettez-moi une explication qui, là encore, ne sera qu’une tentative d’éclairage. Ce qui constitue un événement pour la presse régionale ne l’est pas forcément pour la presse nationale, d’où l’existence des deux, l’une de proximité, l’autre avec un spectre d’intérêt plus large. Je me permets de rappeler que nous traversons une crise financière et économique sans précédent et que, depuis 13 ans que je fais ce métier, je n’ai jamais vu une actualité aussi chargée, c’est infernal. Par conséquent, et je ne serais pas surprise que ce soit une des raisons de l’irritation des enseignants et du malentendu avec la presse, une grève universitaire, si importante soit-elle, a forcément moins d’impact aujourd’hui qu’elle n’en n’aurait eu il y a trois ans.
    Enfin, s’agissant de la complexité de votre sujet, il se trouve que je rédige actuellement un article qui me pose exactement ce problème. Non seulement je n’ai pas l’habitude de fuire la complexité mais je dirais que rien ne me passionne plus que de décrypter un montage financier incompréhensible. Sauf que la complexité devient pesante lorsqu’on s’attend, parfois à tort je vous l’accorde, à entendre des réponses simples et que l’on s’embourbe dans des explications compliquées. C’est parfois la faute de notre interlocuteur qui connait trop bien son dossier et ne sait pas se mettre à notre niveau, c’est aussi parfois notre faute. Peut-être que chacun devrait essayer de se mettre à la portée de l’autre 😉

    Commentaire par professeurtournesol — 15/04/2009 @ 16:51

  33. je viens de faire une très rapide (j’insiste) recherche sur Google autour des mots clés « Le Monde », « boycott », « fronde » et « universitaires » dans les rubriques web, actualités et blogs. les résultats m’ont renvoyé vers des papiers de Slate, Arrêt sur Image, Mediapart, Rue 89, Bakchich, Acrimed et quelques blogs, plus nombreux mais sans les compter non plus par dizaines.

    je trouve intéressant de noter (sans vouloir disqualifier mais pour l’avoir en tête) qu’à Slate il y a Colombani, à @si Daniel Schneidermann, à Mediapart Edwy Plenel et Laurent Mauduit, qui tous ont été pour une raison ou une autre plus ou moins en conflit avec Le Monde. évidemment, leurs sites ont le droit – et même le devoir – d’écrire sur Le Monde. Mais ils sont quand même un peu les seuls…

    Commentaire par david — 15/04/2009 @ 17:44

  34. Chere Aliocha,

    merci pour votre reponse. Je ne voulais pas avoir l’air de renvoyer la faute sur les journalistes : je suis convaincu que les universitaires gagneraient a se faire plus pedagogues (c’est un comble que nous ne le soyons pas pour des enseignants !) : c’est le sens de certaines actions comme les cours hors-les-murs, qui rencontrent un echo tres favorable dans la population (mais qui ne pesent pas beaucoup sur le gouvernement 🙂 ).

    Par ailleurs, les reactions irrites (et parfois irrationnelles) de certains enseignant-chercheurs sont aussi dues a la fatigue accumulee pendant toutes ces semaines de conflit (contrairement a ce que beaucoup pensent, faire la greve n’est pas une chose reposante et agreable – j’ai passe la semaine derniere a l’etranger pour assister a une conference ; ce fut pour moi un bonheur total de sortir de l’ambiance conflictuelle qui pese sur les campus et de pouvoir enfin consacrer a nouveau un peu de temps a ma passion : mon travail !!).

    A ce propos, je vous prie de m’excuser d’avoir laisse un message un peu sec sur l’autre fil de discussion consacre a ce sujet.

    Concernant la pedagogie, j’espere trouver le temps de creer un blog a l’image du votre, qui permette de faire connaitre le quotidien des enseingant-chercheurs (si vous avez des conseils, je suis preneur !).

    Bonne soiree a vous ; je retourne faire le zouave 😉

    Professeur Tournesol

    Commentaire par professeurtournesol — 15/04/2009 @ 18:04

  35. @DM
    Au contraire, si certains enseignants-chercheurs se permettent d’établir une chartre de censure (parce que c’est de la censure pour moi : voir mon post précédent, pas un boycott !) et de la diffuser, le minimum est de savoir ce qu’en pensent leurs représentants.

    @Professeur Tournesol
    Vos propos sont très intéressants ! Je ne suis pas du tout opposé à vos propos, j’apporte juste des ‘compléments’ qui Me paraissent pertinent… En me relisant, ce n’est pas le sentiment que dégage ce texte, alors, ne m’en veuillez pas trop 😉

    1/ Il est vrai que les journalistes cherchent à établir des raccourcis (simplifications) pour leur sujet. Il est plus facile d’écrire sur « contre la suppression des posts » que sur les « chaires d’excellence ».

    2/Votre distinguo presse nationale/presse locale me parait moins justifié. L’espace réservé à chaque sujet n’est pas le même. Quand la presse locale peut consacrer 3 ou 4 pages, la presse nationale ne peut consacrer que ½ page. Réclamer la même approche au détriment des sujets internationaux n’est pas ‘logique’ pour un quotidien national il me semble. La séquestration ou occupation ou affrontement avec la police permet aux ‘universitaires’ d’agir sur des faits de sociétés différent, qui peuvent être traité par un quotidien national sur les abus policiers (sujet continuellement à la mode) et dans l’article, de parler des revendications ‘universitaires’. Et pourtant, le sujet n’a rien à voir avec le monde universitaire à la base. Bref, je sens une critique sur la gestion de la mise en page des journaux, et je pense que nous nous éloignons du sujet.

    3/Les crispations contre le Monde concernent principalement le vocabulaire utiliser par cette journaliste. En gros, les ‘universitaires’ lui reproche d’utiliser « grogne » et la « fronde » qu’ils n’estiment pas assez ‘fort’. C’est leur point de vue.
    Il ne faut pas confondre ensuite certains sujet d’information sur une réforme : “Valerie Pecresse veut évaluer les enseignants-chercheurs”, et certains sujet d’actualité ou les ‘universitaires’ s’oppose à cette réforme sans que l’on sache vraiment quels sont leurs arguments saufs : contre la réduction des effectifs, pour la suppression de la réforme ou autres (les arguments sont très peu clair, car les échos fait sont des revendications d’opposition idéologiques aux politiques du gouvernements et pas des arguments sur la situation des ‘universitaires’. Par exemple, que sont devenus les 3 milliards de ventes d’action EDF qui devaient profiter aux universités ? )

    Bref, les universitaires n’ont eu qu’une stratégie de communication : opposition au gouvernement. Ils pensaient que l’opinion publique les suivrait avec cet argumentaire. Ils se sont trompé et veulent faire porter le chapeau de leur échec au ‘Monde’.

    4/Le temps accorder à quelques milliers de personnes au détriment de millions d’autres
    (Excusez les autres personnes de subir une crise mondiale sans précédent, que certaines décisions politiques Iranienne ou Koréenne risquent de nous plonger dans une nouvelle guerre mondiale ou que Marseille viens de passer devant Lyon au Classement de Ligue 1…) (Allez l’OM ^^)
    Dans une presse généraliste, on donne une information, quand ya des nouveautés ou des changements, on en reparle. C’est tout. Par contre, je doute que la presse spécialiste du sujet ne parle pas exclusivement de ce sujet depuis plus de 6 mois.
    Pour faire une comparaison, on ne peut réclamer d’un amateur cycliste de faire le même tour de France que les professionnels tout en ayant la même exigence pour tous.

    Testatio

    Commentaire par Testatio — 15/04/2009 @ 18:09

  36. @ David réponse 33.
    Vos mots-clefs sont mal choisis. Par ailleurs, le fait que de nombreux médias ne parlent pas de cette charte de bonne conduite peut laisser justement penser qu’il y a bien un certain problème d’information.
    Car si vous consultez les forums de chercheurs, d’enseignants chercheurs l’affaire fait grand bruit. La seule affiche « Le Monde ment ! Boycott ! » a été téléchargée plus de 1100 fois en 5 jours. Et pourtant cette affiche c’est vraiment pas le fait principal.

    @ tous mes (ex)concitoyens
    Et ce qui devait arriver, arriva. La bonne (?) nouvelle du jour, que je me suis empressé de délivrer à nos députés UMP qui s’intéressent un peu à la question de l’enseignement supérieur et de la recherche, c’est que j’émigre !
    Ça fait trois ans que l’on me propose, chaque année une place d’enseignant-chercheur à l’étranger. Mais, service public, liberté, égalité, fraternité, signifiaient suffisamment pour motiver mes refus. Or, ce matin quelque j’ai dit OUI ! Donc, au mois d’août prochain, bye-bye. Se battre contre des moulins à vent, c’est fini, je considère que j’ai assez donné.
    Je pense que les prochains mois et les prochaines années, l’exode des enseignants et des chercheurs s’amplifiera !
    A force de trop tirer sur la corde, elle casse, et je me casse !
    Ciao

    Commentaire par Pierrot — 15/04/2009 @ 18:26

  37. Cher Testatio,

    « Les crispations contre le Monde concernent principalement le vocabulaire utiliser par cette journaliste. En gros, les ‘universitaires’ lui reproche d’utiliser « grogne » et la « fronde » qu’ils n’estiment pas assez ‘fort’. C’est leur point de vue. »

    En fait j’ai decouvert sur ce blog (que je suis de maniere passive depuis quelques temps – sans lien avec le conflit dans les universites) cette histoire de boycott. mais il est vrai qu’avec quelques collegues nous nous etions fait la reflexions concernant cette journaliste.
    Concernant le vocabulaire cel me semble annecdotique (si ce n’est que le terme de grogne n’est pas tres flatteur : je ne me considere par comme un grogneur 🙂 ).
    Le sentiment concernant certains article etait vraiment que le message du gouvernement etait relaye, mais pas celui des « universitaires en lutte ». mais je reconnais que, n’etant pas forcement tres organises, nous n’avons pas necessairement un message tres clair (d’autant que les critiques d’une association elitistes comme « Qualite de la Science Francaise » et celles de la FSU ne sont pas forcement les memes …).

    « les arguments sont très peu clair, car les échos fait sont des revendications d’opposition idéologiques aux politiques du gouvernements et pas des arguments sur la situation des ‘universitaires’. »

    Sur cette question de la clarete, il y a l’explication que je mentionnais plus haut. Il y a aussi le fait que le gouvernement a une strategie assez efficace : mener toutes les reformes de front. Il y a tellement de points de tension et de sujet de desaccord avec le gouvernement que parfois les messages passent mal (car trop charges en ionformation)> Enfin, nous nous trainons des syndicats qui se preoccupent plus de la justification de leur existence que de l’interet general. ce sont eux qui reduisent les revendication a « plus de sous », « plus de postes », etc … (c’est un aspect qui compte, mais qui est loin d’etre le principal).

    « Par exemple, que sont devenus les 3 milliards de ventes d’action EDF qui devaient profiter aux universités ? »

    Je peux vous le dire : c’est la Caisse des Depots qui les a recuperes pour les placer. Ce sont les interets que generent cet argent qui seront affectes aux universites (le gouvernement entretient volontairement l’ambiguite sur le sujet et annonce qu’il a « donne 3 milliards aux universites » … mais bon, je ne vais pas me scandaliser de si peu, on dira que c’est de bonne guerre 🙂 ).

    Bien cordialement.

    Professeur Tournesol

    Commentaire par professeurtournesol — 15/04/2009 @ 18:30

  38. @ Pierrot, qu’une affaire fasse grand bruit localement ou au sein d’une population donnée ne signifie pas que cette affaire est d’importance nationale (cf distinction entre presse régionale et presse nationale – et puis vous me citez un forum spécialisé. quant à mes mots clés, conseillez m’en mais j’ai visé super large au contraire). à ce propos, même les éditions régionales de France 3 ne laissent désormais plus qu’une faible place au conflit à l’université, bien moindre que celle accordée aux nombreux et spectaculaires plans sociaux.
    c’est évidemment un grave problème pour le enseignants chercheurs de voir qu’après des semaines de mobilisation, leur mouvement n’est quasiment plus relayé dans les médias nationaux et d’imaginer que lorsqu’il l’est, c’est déformé à leur détriment. je le conçois très bien. c’est probablement qu’il faut relancer la machine autrement plutôt que s’en prendre à un journal, ce qui au passage n’arrange rien quant à l’image des enseignants chercheurs mobilisés.
    je conserve mon sentiment d’une affaire (l’opposition entre le monde et certains enseignants – je ne parle pas du conflit lui-même entre les enseignants chercheurs et leurs ministres) montée en épingle sur internet.

    Commentaire par david — 15/04/2009 @ 18:38

  39. Les mots clés « Jérôme Valluy », « Valérie Robert » ou « Charte de bonne conduite » – ce dernier associé à « Le Monde » – ne donnent pas de meilleurs résultats, désolé Pierrot. Probablement que Google pratique la censure puisqu’il ne recense pas les articles consacrés à cette brouille.

    Commentaire par david — 15/04/2009 @ 18:48

  40. Je rebondis en passant sur une des remarques du professeur Tournesol, pour un commentaire légèrement en marge. Effectivement, tant que les étudiants ne se lancent pas dans des actions illégales, avec une part de violence physique (en premier lieu, des blocages), il est extrêmement difficile d’être audible.

    Je trouve que c’est en soi un problème.

    Exemple typique : dans mon université, la partie « lettres » est boquée depuis longtemps, mais voici que les étudiants d’une fac de sciences votent le blocage eux aussi. Voici que la télé régionale rapplique, et que plusieurs universitaires passent quelques minutes au journal, pour expliquer leur point de vue, notamment sur la masterisation. Ce que dix semaines de manifestations quasi hebdomadaires, AG, « cours hors-les-murs », actions légales diverses n’ont pas obtenu, voici que deux jours de blocage le donnent (et je confirme Tournesol : la grève, les manifs etc, c’est épuisant).

    Je demeure foncièrement opposé aux actions illégales, que je juge injustifiables quoi qu’il en soit dans ce conflit.

    Mais constater que sans elles, on n’existe presque pas, médiatiquement, est pénible. J’ignore si la situation est la même dans d’autre pays. Et je n’accuse ici pas spécifiquement les journalistes. C’est la conséquence d’un état d’esprit général.

    Commentaire par Charles — 15/04/2009 @ 19:22

  41. Ah Charles! Tu as parfaitement raison.

    Et on peut donner bien des exemples. Casser quelques vitrines en marge d’une manifestation qui compte quelques dizaines ou centaines de milliers de personnes par ailleurs, c’est l’assurance qu’on ne parlera que des vitrines cassées…

    Même Olivier Besancenot, lors de la rencontre des chefs de l’OTAN à Strasbourg et des manifestations assorties, n’a pas réussi à crever l’écran, c’est dire.

    En revanche, de nombreux médias, la police et les militants « extrèmes » s’en donnèrent à coeur joie uniquement avec les castagnes et les dégradations… A qui la faute exactement?

    Commentaire par didier specq — 15/04/2009 @ 21:06

  42. Cher « acrimed ».

    Je sais bien que vous n’êtes pas Acrimed, j’ironise.

    Toutefois, vous ne répondez toujours pas à ma question: Acrimed est une petite association mais, sur cette énorme affaire d’Outreau qui a défrayé la chronique pendant trois ans avant le premier procès à Saint-Omer, Acrimed n’a rien vu. Pourtant, les dérapages étaient nombreux. Tels par exemple ces atteintes répétées à la présomption d’innocence alors que chacun savait qu’une bonne partie des mis en examen (jamais condamnés et quinquagénaires par ailleurs) niaient mordicus.

    Je le dis à Acrimed car Acrimed se donne pour fonction de juger les médias, ce qui est, par ailleurs, parfaitement honorable.

    Vous m’indiquez la « compile » des articles collectés après coup par Acrimed. C’est gentil, je la connais. Mais, que voulez-vous, dans l’affaire Dreyfus (ou autres) comme dans l’affaire d’Outreau, je préfère ceux qui ont douté AVANT! Encore une fois, je ne critique pas spécialement Acrimed (« Libération » a fait pareil) mais il ne trouve qu’Acrimed a pour but social de critiquer les médias.

    Commentaire par didier specq — 15/04/2009 @ 21:23

  43. @ didier specq

    Je ne suis pas l’avocat d’Acrimed, mais encore une fois, je crois que vous n’avez pas compris son rôle. Acrimed n’a pas les moyens de faire des contre-enquêtes en même temps que les enquêtes des journaux. Je vous l’ai déjà dit, des dysfonctionnements, il y en a tout le temps. Pourquoi vous focalisez-vous sur Outreau ? Pourquoi accuser Acrimed de n’avoir rien vu alors que les journalistes qui traitaient le dossier étaient les mieux placés pour voir ? Pourquoi voudriez-vous que les militants d’Acrimed soient plus malins que tout le monde, alors que les éléments du dossier n »étaient pas en leur possession. Qui a dénoncé en temps réel la mise en cause de la présomption d’innocence dans cette affaire ? Vous, peut-être ? Je ne doute pas que vous l’avez signalé à qui de droit puisque les militants d’Acrimed étaient aux abonnés absents.
    Des « affaires » dans lesquelles la présomption d’innocence est bafouée, il y en a 100 par jour. Tenez, en ce moment, la presse tartine sur un fait divers à base d’enlèvement d’enfant par un des deux parents. Qui est présenté comme la victime alors qu’on ne sait rien des relations du couple ? Encore une fois, Acrimed est une petite association qui fait ce qu’elle peut mais qui ne peut tout « couvrir ». Elle fait des choix. Est-ce sa faute s’il n’y a pas d’autres associations de même nature ? Au fait, puisqu’on reproche à Acrimed d’être orientée (Au secours, les gauchisses !), pourquoi n’y a-t-il pas des Acrimed de droite qui auraient, sans nul doute, puisqu’alertées par vous, dénoncé le non-respect de la présomption d’innocence dès le début de l’affaire d’Outreau ? Mais peut-être que pour la droite, la question du pluralisme n’est pas une question politique ?

    Et si les atteintes à la présomption d’innocence vous préoccupent particulièrement, pourquoi ne fondez-vous pas une association spécialisée sur ce sujet ? Julien Dray et ses toccantes, le maire de Vence accusé d’avoir violé son petit fils, Jean Tibéri et Jean-Paul Alduy, accusés d’avoir bourré les urnes n’attendent que vous.

    Commentaire par Duquesnoy — 16/04/2009 @ 02:36

  44. @ Aliocha

    Vous annonciez que vous avez lu 5 fois l’article d’Acrimed, mais vous n’en avez retenu qu’une phrase sortie de son contexte… et que l’occasion de multiplier les procès d’intention. Vous ne cessez de répéter que vous n’avez pas le temps de décrypter leurs articles, alors que vous prenez le temps d’essayer de disqualifier ce qu’ils disent… sans dire un mot de leur argumentation.

    @ Didier Specq. Reprocher à la critique des médias, quelle qu’elle soit, d’arriver après la bataille, c’est rendre impossible toute critque des médias. Comme voulez-vous décrypter ce qu’ils disent avant qu’ils l’aient dit? Vous citez « l’affaire d’Outreau » en exemple, mais vous vous gardez bien de rappeler ce qu’Acrimed à écrit. Trop peu, trop tard? Admettons. Et alors? Mais vous auriez pu aussi bien donner l’exemple de l’affaire du RER D, avec un « dossier » de 15 articles : http://www.acrimed.org/rubrique273.html, présenté ici : http://www.acrimed.org/article1707.html. Un dossier dont la rédaction a commencé dix jours après les faits.

    Je suis souvent en désaccord avec ce qu’ils écrivent et, encore plus souvent, agacée. Mais je suis bien obligée de constater qu’il est très intéressant d’être en désaccord avec eux, du moins si on s’intéresse aux arguments et pas seulement à leurs présupposés politiques (qui valent bien ceux de n’importe qui) … et à quelques bouts de phrase.

    Commentaire par Anna — 17/04/2009 @ 00:13

  45. « Enfin, sur la charte, je suis intraitable, ce procédé est condamnable. »

    Le juge a parlé. L’accusé est condamné. Amen !

    Entre nous, heureusement que vous avez raté le concours d’entrée à l’École Nationale de la Magistrature, sinon qu’est-ce que nous aurions pris !

    Aliocha : Ben voyons, on condamne le Monde en jouant la carte du chantage économique et ceux qui ont l’audace de le défendre et, à travers lui la liberté d’expression et la liberté de la presse, passent pour les Torquemada. A qui voulez-vous faire croire cela à part à vous-même ?

    Commentaire par Moïse — 17/04/2009 @ 10:02

  46. Un boycott n’est chantage économique

    définition de boycott : fait de ne plus commercer avec une société, un groupe, un pays, afin d’exercer une pression sur lui
    chantage : pression exercée sur une personne en lui faisant peur

    Entre les deux, vous remarquerez le mot peur. Mais de quoi avez vous peur ? Que les gens ne fasse pas la part des choses et qu’ils se laissent manipuler par une affreuse campagne de dénigrement à l’encontre le meilleur journal de la planète. Si c’est cela, vous les prenez vraiment pour des ânes !

    A part ce petit point, il me semble que deux de mes commentaires postés hier n’ont pas été publiés. Pouvez-vous regarder ce qui ce passe ?
    Merci

    Aliocha : s’il s’agissait de pubs pour je ne sais quelle mesure de rétorsion contre Le Monde, mon chasseur de spam les a mises à la poubelle et j’ai approuvé sa décision. Pas de pub ici, et encore moins pour des actions que je désapprouve. Eh oui, c’est désolant, je sais, mais je suis chez moi.

    Commentaire par Moïse — 17/04/2009 @ 14:14

  47. Au fait, non !

    Torquemada, c’est trop d’honneur ! Faut pas charrier quand même.

    Commentaire par Moïse — 17/04/2009 @ 14:24

  48. Désolé pour cette réponse tardive:

    Aliocha : vous émettez vous-même les réserves d’usages en écrivant “selon eux” et je vous ferais observer que les journalistes du Monde n’étaient pas là pour se défendre (bien qu’ils aient été invités). Il y deux sujets dans mon billet. Le premier, récurrent, c’est l’indignation que suscite chez moi l’appel au boycott. Le deuxième, c’est un volonté d’expliquer en quoi les critiques contre le journal doivent être examinées de manière éclairée, c’est-à-dire en tenant compte de l’irritation naturelle que suscite dans la presse le traitement d’un conflit chez les parties en cause.
    _______________________________________________________________

    Je mets « selon eux » car je ne partage pas entièrement leur avis. Mais ça ne veut pas dire pour autant que ce qu’affirme Jérôme Valluy est infondé. Au contraire, il a raison de critiquer Le Monde, dont la couverture du mouvement a été partiale et partielle. Comme l’a dit « professeur tournesol », ce journal a repris la com’ gouvernementale tandis que de l’autre côté il ne tenait aucunement compte de ce que disaient les chercheurs. Il y a là un déséquilibre intolérable. En revanche, ce journal a aussi ouvert des tribunes a des chercheurs, à des prix nobel, qui ont pu exposer des arguments intéressants, ce qui a mes yeux sauve un peu le journal plombé par la médiocrité des articles des journalistes. C’est pour cette raison que je ne m’associe pas au boycott.

    Ah oui, c’est amusant de voir que pour vous « examiner de manières éclairées » les critiques contre le journal, c’est tenir compte de l’opinion de celui qui émet la critique. Pour moi, examiner de manière éclairée une critique, c’est de la confronter aux faits, savoir si oui ou non elle est fondée. L’opinion de celui qui émet la critique ne joue que sur la forme (sur laquelle vous vous focalisez une fois de plus) et non sur le fond.

    Vous pouvez reprendre les articles du Monde depuis janvier dernier, et vous verrez que tout ce que disent Jérôme Valluy et Valérie Robert dans l’émission d’@SI est exact. Et c’est une petite enquête que vous avez les moyens de mener :). Notez au passage que la seule chose sur laquelle les deux n’étaient pas d’accord, c’est sur la réaction qu’il faut adopter vis à vis du journal. Sur le diagnostic, sur la partialité du journal, ils sont d’accord et je partage leur avis.

    Dernière chose: je ne partage pas votre indignation, et je la trouve même déplacée. Vous êtes plus indignée par la décision de quelques enseignants-chercheurs que par la partialité et la médiocrité des articles du journal Le Monde. Pourtant, vous voulez savoir comment améliorer la qualité de la presse. Une première piste serait que la presse arrête de reprendre sans aucune analyse, sans aucun recul, les plans com’ du gouvernement.

    Aliocha : ne renversez pas la situation voulez-vous. L’appel au boycott d’un journal dans les termes qui ont été utilisés par une fraction d’extrémistes qui préparent le Grand Soir est une démarche stupide et scandaleuse. Je sais que ce genre de méthodes est très prisée par la gauche révolutionnaire, seulement justement, je commence à en avoir ma claque de cette gauche là. Et vous savez pourquoi ? Parce que je suis attachée à la démocratie, aussi imparfaite soit-elle. Vous oubliez un peu facilement que si on tolère ce genre de procédé de la part de gens qui vous plaisent et défendent un combat auquel vous adhérez, il faudra l’admettre pour tout le monde. N’est-ce pas que c’est tout de suite moins drôle ?

    Commentaire par Tristan — 17/04/2009 @ 15:51

  49. @ Moïse
    Cette charte est un appel à la censure, pas un boycott simple ni du chantage. Venant d’enseignant-chercheur, c’est plus que critiquable !
    Imaginez un chercheur qui réfute l’existence du ‘0’ parce que ces théories ne fonctionnent pas avec. On voit de suite vers quel progrès nous allons… Si, si, je vous assure que la Terre tourne bien autour du soleil !

    Pour ce qui est d’Acrimed, le rôle qu’ils se sont donnés est de juger les médias et ce qu’ils publient/communiquent. Leur rôle s’arrête donc au point final et pas à ce que les médias n’ont pas su décelé.
    Que Acrimed n’est pas critiqué la présomption d’innocence ? Non, leur rôle est de critiquer les médias qui ont condamné ces personnes sans même attendre le jugement/l’appel/la cassation ? le débat n’a donc pas lieu d’être ! A moins d’inciter à ce que les journalistes ne parlent que d’affaires judiciaires définitives. Mais, là, les nouvelles ne seraient plus de toute première fraicheur 😉

    @Professeur Tournesol.
    Merci pour les précisions. Rien d’autre à ajouter 🙂

    Commentaire par Testatio — 17/04/2009 @ 16:07

  50. @ Aliocha,

    Sous com 48 de Tristan,

    Vous oubliez qu’il nous reste le droit d’être complètement partial et de ne tolérer de comportements border line que de la part de ceux avec qui l’on est en accord, en éliminant soigneusement les autres.

    Du reste, la « lutte politique » ne tend t’elle pas à l’élimination de l’adversaire?

    Et dans le cadre de cette « lutte », il n’est pas inutile d’accuser l’autre de partialité.

    D’ailleurs, et dans l’unique souci de vous donner une illustration de ce type de manip, je vous trouve extrêmement partiale. Objectivement. Et pour la simple et bonne raison que vous n’avez pas pris le parti de votre contradicteur, Tristan, qui a on ne peut plus raison de dire que Le Monde a fait preuve de partialité, puisque le journal n’a pas pris parti pour le camp qu’il défend. On ne peut pas faire mieux en matière de partialité, non?

    J’ajouterais, à titre personnel, que j’ai horreur de la partialité, surtout chez les autres.

    Aliocha : ce qui nous donne, par application de la transitivité à triple piston inversé, le résultat suivant : puisque je suis partiale avec Tristan qui est lui-même partial avec Le Monde alors je suis impartiale avec Le Monde. Ou j’ai pas compris ? 😉

    Commentaire par tschok — 17/04/2009 @ 16:34

  51. Allons bon. Voici venir le procès politique pour disqualifier la critique. Sachez que je n’appartiens pas à cette gauche révolutionnaire. Quant à Jérôme Valluy, qui est je crois au NPA, ses opinions ne regardent que lui. Dans l’émission d’@SI, il tient un discours modéré et argumenté qui n’a rien à voir avec les slogans politiques de l’extrême gauche.

    Aliocha : nous y voilà, il s’agit donc bien de méthodes révolutionnaires.

    Le journal Le Monde a relayé sans analyse le plan com’ de Valérie Précresse. Je sais bien que la parole d’un ministre est une information qu’il faut relayer. Je sais bien que les journalistes ont des contraintes de place et doivent réagir à l’actualité. Mais quand par exemple la ministre dit qu’elle veut évaluer les enseignants-chercheurs (comme s’ils ne l’étaient pas déjà), j’attends d’un journal comme Le Monde qu’il mettent cette parole en perspective avec ce qui existe déjà: évaluation tous les 2 à 4 ans de chaque équipe de recherche, évaluation implicite à chaque promotion que demande un enseignant chercheur, évaluation par les pairs de chaque article scientifique publié. Ce travail d’analyse, de mise en perspective, il est absent de quasiment tous les articles des journalistes du Monde. Faut-il s’en réjouir ou faire comme si ce n’était pas grave ? Faut-il considérer ce genre d’article de propagande comme du bon journalisme ?

    Aliocha : je ne juge un dossier au fond que lorsque j’ai le fond du dossier en main. Or, ici, personne ne l’a ce dossier, j’entends tous les articles du Monde PLUS une connaissance intime du terrain et la capacité de confronter objectivement les deux. Par conséquent, je m’en tiens depuis le départ à dénoncer des méthodes douteuses et à éclairer les lecteurs sur la typologie des conflits opposants les journalistes à ceux dont ils parlent. C’est tout.

    Or, et c’est ce qu’expliquaient Jérôme Valluy et Valérie Robert dans l’émission d’@SI, les journalistes du Monde n’ont absolument pas parlé des arguments des enseignants-chercheurs, si ce n’est qu’en des termes vagues et infantilisants. Prenons par exemple les « rumeurs », comme dit Luc Cedelle, de disparition du Capes. Ce que Valérie Robert a très bien expliqué, c’est qu’avec la réforme, les jeunes qui auront un master d’enseignement mais pas le Capes pourront être employés par l’éducation nationale comme vacataires. Autrement dit ils feront le même boulot que les profs, mais avec un statut précaire. Deux statuts pour un même métier: il y a des risques pour que le gouvernement, dans quelques années, « aligne vers le bas » et supprime le Capes.

    C’est un raisonnement qui se tient, mais je lui oppose un contre-exemple: il existe déjà deux statuts pour le métier de professeur, et deux concours: capes et agrégation. De fait, les professeurs agrégés sont privilégiés tant au niveau du salaire que des conditions de travail. Or depuis le temps que cette situation perdure, l’agrégation existe toujours, il n’y a pas eu « d’alignement vers le bas ». Ce que j’aurais aimé, c’est que Luc Cedelle relaie cette réflexion sur une possible suppression du Capes, y compris en mettant les choses en perspectives en citant l’existence de l’agrégation, plutôt que de dire: « le ministre dément la suppression du Capes, circulez y a rien à voir ».

    Aliocha, est-ce vraiment trop vous demander de reprendre les articles du Monde et de voir si les critiques sont fondées plutôt que de vous indigner à tort et à travers? Si je constate que les céréales MissFormeLight sont dégueulasses et pleins de matière grasse, et que j’invite sur un blog les enseignants chercheurs à ne plus acheter MissFormeLight mais de privilégier les autres marques, crieriez-vous aussi au scandale et à l’attente à la démocratie ? Remplacez cette marque fictive de céréales par Le Monde et vous aurez votre « appel au boycott » tant dénoncé.

    Aliocha : si vous comparez un quotidien de référence et un paquet de céréales…Admettons qu’on lance un boycott contre vos céréales parce qu’elles sont mauvaises, le fabricant va les adapter à votre goût ou couler. Mais si on transpose l’exercice à un journal cela donne : soit vous écrivez que j’ai raison, soit vous disparaissez. C’est excatement la tentation de tous ceux sur lesquels on écrit, les politiques et les hommes d’affaires en difficultés avec la justice, les banques en mauvaise santé, le gouvernement, les lobbys divers et variés, les partis politiques, les syndicats, les sociétés cotées et même l’amicale des joueurs de boules de Pétanque-la-joyeuse. Les céréales doivent plaire, un journal doit informer, ce qui l’oblige à déplaire à un nombre incroyable de gens. Vous voyez le problème ou toujours pas ?

    Commentaire par Tristan — 17/04/2009 @ 17:59

  52. @ Tristan,

    Sur votre dernier paragraphe: céréales ou pas, ce que vous décrivez est effectivement un appel au boycott.

    Vous pensiez que c’était quoi? De la démocratie participative?

    Aliocha : vous devriez être avocat, vous. En une phrase, répondre à tant d’arguments, moi je dis, chapeau bas ! 😉

    Commentaire par tschok — 17/04/2009 @ 18:35

  53. Aliocha,

    la suppression de mes deux messages est une censure ! Ce n’était pas du tout de la pub, mais une réponse avec une référence musicale !

    Une journaliste ou une juriste qui ne regarde pas de quoi est constitué un dossier et le vire sans autre forme d’intérêt, en voilà qui en dit long sur vos pratiques et votre mentalité !

    Puisque la preuve est faite ici que certains confondent ici censure et boycott (cf la réponse 49) et puisque par contre certains de mes posts font l’objet d’une mise à l’index, je quitte jusqu’à nouvel ordre cet espace qui est indigne d’être tenu par quelqu’un qui se prétend « journaliste » !

    Je vous laisse méditer sur Saint Luc 6, 39-42

    Aliocha : Caramel, bonbon et chocolat….

    Commentaire par Moïse — 17/04/2009 @ 19:14

  54. Oui, je devrais.

    Mais j’ai choisi une autre voie: motoriste, spécialiste du triple piston inversé.

    Je travaille justement sur une nouvelle version, à soupape magnétique.

    Je m’explique: vous savez que le mouvement de la soupape opère un prélèvement d’énergie sur le mouvement du piston au moyen de bielles et d’engrenages compliqués et fragiles, ce qui génère un frottement non négligeable.

    Le mouvement de ma nouvelle soupape est, lui, provoqué par le champ magnétique d’un aimant à l’ouverture de la soupape, puis, à la fermeture de la soupape, par un ressort.

    Tout simple. Le tout est plus léger, plus fiable et plus rapide (je peux monter facile jusqu’à 30 obturations par seconde, sans forcer). Et surtout, plus de prélèvement d’énergie mécanique.

    Il y a un léger surplus de frottement au niveau de l’alternateur, puisque c’est lui qui alimente les aimants, mais ce surplus n’absorbe pas le gain réalisé au niveau mécanique.

    Chouette, non?

    Aliocha : super en effet, mais je me demande si vous ne réduiriez pas le frottement en inversant tout simplement l’aimant et le ressort et là du coup, vous auriez un gain bien supérieur au niveau mécanique. Non ? Enfin moi, c’est ce que j’ai fait avec mon aspirateur et ça marche.

    Commentaire par tschok — 17/04/2009 @ 19:22

  55. Ah!

    J’ai aussi oublié de vous dire: il va de soi que la régulation électronique de la combustion des gaz dans le cylindre s’en trouve bien évidemment facilitée.

    Commentaire par tschok — 17/04/2009 @ 19:24

  56. Réponse 51 : « Quant à Jérôme Valluy, qui est je crois au NPA, ses opinions ne regardent que lui. Dans l’émission d’@SI, il tient un discours modéré et argumenté qui n’a rien à voir avec les slogans politiques de l’extrême gauche.

    Aliocha : nous y voilà, il s’agit donc bien de méthodes révolutionnaires. »

    Attention ! 0n nage en plein délire.

    Premièrement, ce n’est qu’une croyance et je mets au défi, ici quiconque de prouver l’appartenance de Valluy au NPA puisqu’il n’en est rien !
    Alors Aliocha, reprendre un ragot sans le vérifier, cela s’appelle faire du Outreau ! Instruire un procès à charge !

    Voilà déjà quelques données de base pour quelqu’un qui se donne au minimum la peine de regarder sur le net !
    Et je n’appelle pas ça faire du journalisme, il va s’en dire, mais c’est déjà un filet pour éviter d’accoucher d’une co***** ! Après place à l’enquête et à loa recherche d’un angle si vous le désirez !

    sur le site @si
    « Beaucoup de simplismes (« procureur », « ultragauche », « quelques minutes sur le web », « nom était souvent associé », « mouvances »…) dans ces remarques, mais aussi une question légitime sur le « d’où il parle ? »: en ce qui me concerne, le seul parti auquel j’ai adhéré a été le « Parti socialiste » entre 1986 et 1988 (j’ai décroché ensuite pour des raisons personnelles liées aux longues études que je m’apprêtais à faire pour devenir enseignant-chercheur). Sans reprendre ma carte au PS, j’ai fait parti, entre janvier et mai 2001, des fondateurs, derrière Arnaud Montebourg, de la Convention pour la 6ème République (C6R) dont j’ai secrétaire général adjoint jusqu’en septembre 2001 : je m’en suis retiré assez vite en raison de divergences politiques, plaidant alors pour un encrage de la C6R au « centre de la gauche » (et non au centre gauche) c’est à dire, pour le dire en termes actuels, comme un pont entre la gauche gouvernante et la gauche critique. Pas d’autres engagement dans un parti depuis lors, faute d’en trouver un satisfaisant (mais tout en considérant qu’il faut plus que jamais s’engager ou se réengager dans les partis, les syndicats, les associations, etc). Et mon positionnement politique actuel me semble correspondre à celui d’une sociale démocratie fidèle à ses valeurs historiques, telle qu’elle s’est exprimée dans le sillage de la philosophie des Lumières à travers les diverses sensibilités socialistes du 19ème siècle, mais aussi dans les pays du nord de l’Europe au cours du 20ème siècle et encore en France dans le programme commun de la gauche au cours des années 1970… A partir de là, j’observe aujourd’hui l’arrivée de Martine Aubry à la tête du PS avec une certaine espérance bienveillante de le voir suivre une stratégie similaire à cette du PS dans les années 70 de coalition improbable avec la « gauche de la gauche » et j’observe également la montée en puissance d’Olivier Besancenot à la tête du NPA avec une certaines espérance de le voir suivre une stratégie plus subtile que celle du PC en 72 et 81… qui consisterait sans participer à un programme commun (qui l’affaiblirait comme il a affaiblit le PC) à préparer les conditions d’un retour de la gauche gouvernante au pouvoir, mais sous sa dépendance électorale et sans participation au futur gouvernement (contrairement au choix du PC en 81) de manière à conserver une position de contrôle, pression et menace sur la gauche gouvernante et réduire ses dévoiements, historiquement récurrents, dans l’exercice du pouvoir. Bref, rien de très facile…

    Voilà pour lever l’anonymat de mon identité politique.
    Bien cordialement,
    J.Valluy »

    Alors, lorsque je constate ceci et si j’en crois par ailleurs un débatteur qui se plaint d’avoir été censuré par deux fois, pour moi également la coupe est pleine et le ridicule de vos comportements semble déjà à son paroxisme !

    Oui, je n’ai pas peur de vous le dire, et censurez moi si cela vous dit, vous êtes bouffis de certitudes et de condescendances et c’est bien pour cela que la défense du journal Le Monde est, pour vous, une question de principe. Cela vous évite de devoir vous remettre en question !

    Asinus, asinum fricat !

    Aliocha : mes pauvres amis, si vous n’êtes pas d’accord entre vous sur le parcours politique de vos leaders, qu’y puis-je ? Hein, franchement. Dites-moi, ça doit pas être simple pour les confrères spécialisés en éducation de s’y retrouver avec vous. Un dernier petit mot en vous raccompagnant à la grille, comme dirait Eolas, c’est fou ce que vous êtes sensible à votre propre liberté d’expression et totalement autiste dès qu’on vous parle de celle des autres, non ?

    Commentaire par Pierrot — 17/04/2009 @ 19:51

  57. Aliocha,

    Vous êtes terriblement partiale.

    Au nom de quoi refusez vous de prendre parti pour vos contradicteurs?!

    Hein? On se le demande.

    Commentaire par tschok — 17/04/2009 @ 20:35

  58. Déclaration des devoirs et des droits des journalistes

    Préambule

    Le droit à l’information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de tout être humain.

    Ce droit du public de connaître les faits et les opinions procède l’ensemble des devoirs et des droits des journalistes.

    La responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime toute autre responsabilité, en particulier à l’égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics.

    La mission d’information comporte nécessairement des limites que les journalistes eux-mêmes s’imposent spontanément. Tel est l’objet de la déclaration des devoirs formulés ici.

    Mais ces devoirs ne peuvent être effectivement respectés dans l’exercice de la profession de journaliste que si les conditions concrètes de l’indépendance et de la dignité professionnelle sont réalisées. Tel est l’objet de la déclaration des droits qui suit.
    Déclaration des devoirs

    Les devoirs essentiels du journaliste, dans la recherche, la rédaction et le commentaire des événements, sont :

    1) respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître ;

    2) défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique ;

    3) publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents ;

    4) ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents ;

    5) s’obliger à respecter la vie privée des personnes ;

    6) rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte ;

    7) garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement ;

    8) s’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information ;

    9) ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs ;

    10) refuser toute pression et n’accepter de directives rédactionnelles que des responsables de la rédaction.

    Tout journaliste digne de ce nom se fait un devoir d’observer strictement les principes énoncés ci-dessus ; reconnaissant le droit en vigueur dans chaque pays, le journaliste n’accepte, en matière d’honneur professionnel, que la juridiction de ses pairs, à l’exclusion de toute ingérence gouvernementale ou autre.
    Déclaration des droits

    1) Les journalistes revendiquent le libre accès à toutes les sources d’information et le droit d’enquêter librement sur tous les faits qui conditionnent la vie publique. Le secret des affaires publiques ou privées ne peut en ce cas être opposé au journaliste que par exception en vertu de motifs clairement exprimés.

    2) Le journaliste a le droit de refuser toute subordination qui serait contraire à la ligne générale de son entreprise, telle qu’elle est déterminée par écrit dans son contrat d’engagement, de même que toute subordination qui ne serait pas clairement impliquée par cette ligne générale.

    3) Le journaliste ne peut être contraint à accomplir un acte professionnel ou à exprimer une opinion qui serait contraire à sa conviction ou sa conscience.

    4) L’équipe rédactionnelle doit être obligatoirement informée de toute décision importante de nature à affecter la vie de l’entreprise.

    Elle doit être au moins consultée, avant décision définitive, sur toute mesure intéressant la composition de la rédaction : embauche, licenciement, mutation et promotion de journaliste.

    5) En considération de sa fonction et de ses responsabilités, le journaliste a droit non seulement au bénéfice des conventions collectives, mais aussi à un contrat personnel assurant sa sécurité matérielle et morale ainsi qu’une rémunération correspondant au rôle social qui est le sien et suffisante pour garantir son indépendance économique.

    Munich, 1971

    Commentaire par Pierrot — 17/04/2009 @ 20:46

  59. Aliocha : je ne juge un dossier au fond que lorsque j’ai le fond du dossier en main. Or, ici, personne ne l’a ce dossier, j’entends tous les articles du Monde PLUS une connaissance intime du terrain et la capacité de confronter objectivement les deux.
    _____________________________________________________________________________________________________
    Personne ? Si, moi et sans doute quelques autres lecteurs de votre blog. J’ai lu tous les articles du Monde sur le sujet (et je peux les relire, étant abonné au journal) et une connaissance intime du terrain en question. Vous croyiez que je parlais sur un ton péremptoire d’un sujet que j’ignorais complètement ? Allons, je ne suis pas journaliste 🙂

    Et si vous n’avez pas confiance en moi, rien ne vous empêche de refaire la mini-enquête que j’ai faite: prendre les article du Monde, regarder en quel termes est relayée la parole du gouvernement et celle des chercheurs. Comparez, étudiez, concluez.

    Aliocha : si vous comparez un quotidien de référence et un paquet de céréales…Admettons qu’on lance un boycott contre vos céréales parce qu’elles sont mauvaises, le fabricant va les adapter à votre goût ou couler. Mais si on transpose l’exercice à un journal cela donne : soit vous écrivez que j’ai raison, soit vous disparaissez.
    _______________________________________________________________________

    Pour la n-ième fois, personne de demande au Monde d’écrire « les chercheurs ont raison ». On lui demande juste de ne pas écrire « le gouvernement a raison ». Ou alors, s’il choisit de soutenir la politique du gouvernement (ce qui est son droit), qu’il affiche la couleur et ne prétende plus à l’objectivité, plus au titre officieux de « journal de référence ».

    Je comprends bien qu’un journal doit prendre partie, doit dire la vérité au risque de déplaire à certains. Mais ce n’est pas ce que fait Le Monde, ou ce qu’il ne fait plus guère. De fait, si je reste abonné au journal, c’est pour les analyses, les tribunes invitées et pour la rubrique « enquête » qui creuse vraiment son sujet. Tous les autres articles sont d’une superficialité et d’une banalité affligeante. Et le pire, c’est que les autres journaux français ne font pas mieux.

    Je sais que vous n’aimez pas les critiques contre la presse, mais plutôt que de foudroyer du regard celui qui émet une critique, cherchez plutôt à savoir si la critique est fondée. ce que vous ne faites pas.

    Dernière chose, pour tschok et vous: moquez-vous de moi si ça vous chante, je n’ai ai rien à cirer. Je constate que vous reproduisez sur votre blog ce que vous reprochiez à Eolas: le peu de respect pour ses contradicteurs et la moquerie facile.

    Aliocha : si vous étiez à ma place, vous feriez de même dès lors que les commentateurs transportent ici leur conflit et sont pour certains d’entre eux plus que discourtois. Ici par exemple.

    Commentaire par Tristan — 17/04/2009 @ 20:49

  60. « Aliocha : mes pauvres amis, si vous n’êtes pas d’accord entre vous sur le parcours politique de vos leaders, qu’y puis-je ? Hein, franchement. Dites-moi, ça doit pas être simple pour les confrères spécialisés en éducation de s’y retrouver avec vous. »

    ——————-

    Quel mépris pour vos contradicteurs ! Comme si vous aviez affaire aux membres d’une même secte, dont les membres devraient penser tous pareillement.
    Ce sont des individus à qui vous avez affaire. Et ce que vous ne supportez pas, c’est que des arguments différents, des avis différents, aboutissent presque tous à vous mettre le nez dans votre caca en soulignant votre narcissisme, votre suffisance et surtout, le comble pour quelqu’un qui défend votre corporation, votre manque de rigueur.

    Aliocha : Mais oui bien sûr. Il me suffirait d’un clic pour que les commentaires comme le vôtre passent à la trappe et que leurs adresses mail soient classées indésirables. De quoi vous plaignez-vous ? Du fait que je vous accorde une liberté que vous refusez au Monde, celle de vous exprimer ?

    Commentaire par Duquesnoy — 17/04/2009 @ 21:12

  61. Qui refuse au Monde de s’exprimer ? Est-ce que l’achat et la lecture du Monde seraient devenus obligatoires ? Comment peut-on imaginer qu’il suffirait de demander aux acheteurs du Monde de ne plus l’acheter pour qu’ils ne l’achètent plus ? La liberté de la presse a bon dos. Ceux qui ne lisent plus Le Monde, boycott ou pas boycott, ont de bonnes raisons pour faire ce choix. Encore une fois, dans le système économique libéral que vous appréciez tant, le client a toujours raison.

    Commentaire par Duquesnoy — 17/04/2009 @ 23:05

  62. « Du fait que je vous accorde une liberté que vous refusez au Monde, celle de vous exprimer ?  »
    Le Monde, je l’achète si je veux ! Ok ?! Et pour l’instant c’est niet !!!!!
    Après si la rédaction veut remplir du papier et le placer à l’étalage, peu m’importe ! Je ne suis pas un censeur !
    Visiblement le stade de l’œdipe vis-à-vis d’Eolas n’est pas encore surpassé (cf. votre réponse à la réponse 56). Une petite séance chez un psy semble plus indiquée dans votre cas que des tentatives de soin via ce blog. Ça c’est pour justifier votre censure ex-post et vous donner un exemple de réponse discourtoise, puisque celle à laquelle vous renvoyez ci-dessus me semble parfaitement courtoise !
    Enfin, si vos papiers de journaliste économique sont du même tonneau que ceux que l’on peut lire ici sous votre plume, et bien, voyez-vous, cela ne m’étonne pas que nos sociétés soient actuellement dans la panade jusqu’au coup !
    Gardez le cap, un BFM Award est en vue, même pour les pigistes du magazine Capital.
    Ce blog est nul et je ne reviendrai pas (oh, zut, je vais encore passer pour un censeur !)

    Commentaire par Davidov — 18/04/2009 @ 11:25

  63. Bonjour,

    sur cette histoire de boycott, est dans l’esprit du « va, lis, et reviens » des bas-de-page de Marianne2.fr, je vous conseille de jeter un oeil à la position de DM sur son blog :

    http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/2009/04/17/419-de-la-critique-et-de-l-acces-aux-medias

    Je partage son point de vue sur la disymétrie qui existe entre ceux qui ont accès aux médias (dont les journalistes eux-même) et ceux qui n’y ont pas acès. Je donnerai un exemple : une JRI de france3 me disait qu’elle comprenait la colère des enseignants-chercheurs contre le gouvernement car eux (les journalistes du service public audiovisuel) avaient eu à subir le même genre de réforme non concertée … je crois que ce serait un exercice instructif de comparer la couverture médiatique des deux conflits (réforme de l’audiovisuel et réforme des universités) !

    Sur le manque d’effort de la part d’une certaine journaliste du Monde pour remetre en perspective les communiqués du gouvernement, il y a eu une récidive récente :

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/04/17/le-grand-saut-perilleux-dans-l-autonomie_1147266_3224.html#ens_id=1151237

    Dans cet article intitulé « Universités : le grand saut périlleux de l’autonomie » elle écrit que à propos de l’éffort budgétaire du gouvernement pour les universités (no comment) que « s’est ajoutée l’annonce en décembre 2007, par M. Sarkozy, en pleine mobilisation étudiante, d’une nouvelle rallonge de 5 milliards d’euros, prise sur le produit de la vente de 3 % du capital d’EDF. » Honnêtement, il n’est pas très compliqué de se renseigner un peu … et de constater (come je l’ai dit dans un précédent comentaire) que ce sont les INTERETS de la vente de ce capital qui iront aux universités, le capital étant confié à la Caisse des Dépôts qui doit le faire fructifier (again, no comment). C’est d’autant plus génant de la part d’une journaliste que semble être LA spécialiste, au Monde, des universités.

    Cela étant, je persiste à penser que cette histoire de boycott est une bien mauvaise idée (DM a déjà donné tous les arguments qui me semblent pertinents), mais qu’il s’agit d’une tempête dans un verre d’eau (et je dois dire que je trouve l’indignation d’aliocha un poil disproprtionnée, bien que justifiée).

    Bien à vous.

    Professeur Tournesol (qui a retrouvé ses accents)

    http://professeurtournesol.wordpress.com/

    Commentaire par professeurtournesol — 18/04/2009 @ 11:49

  64. @anna

    J’avais pris l’exemple de l’affaire d’Outreau (comme je l’ai déjà dit) car, entre la révélation des présumés faits, et le procès d’assises à Saint-Omer (où la version officielle a commencé à être violemment contestée), il y a TROIS années, trois années où le moins que l’on puisse dire est que cette affaire défrayait la chronique.

    Donc, Acrimed avait largement le temps de critiquer les médias. Or, ses animateurs n’ont rien vu. Pourtant, il y avait des atteintes à la présomption d’innocence particulièrement carabinées, des noms d’enfants cités alors que c’est interdit, quelques avocats qui protestaient et demandaient le dépaysement du dossier, quelques rares journalistes qui émettaient des doutes, des gens qui parlaient de cadavres dans les avoir vus, etc…

    Quand vous dîtes (à peu près) qu’on ne peut reprocher à Acrimed d’arriver après la bataille et donc de critiquer les médias après coup, là, c’est faux puisqu’il y avait trois ans de battement.

    Quand Acrimed fait sa petite compile des articles scandaleux sur Outreau (sans citer ceux des journalistes qui avaient écrit leurs doutes AVANT les assises de Saint-Omer), c’est un peu facile…

    Commentaire par didier specq — 18/04/2009 @ 21:21

  65. Bonjour,

    sur Le Monde, dans le courrier des lecteurs
    http://www.lemonde.fr/opinions/article_interactif/2009/04/10/la-crise-universitaire-dans-le-courrier-des-lecteurs-du-monde_1179379_3232_6.html
    on peut lire une intervention qui me semble pertinente (et ponderee) de Henri Carayol. Mr Carayol est un mathematicien strasbourgeois de renommee internationale (il fait parti des gens dont les travaux ont aide a la demonstration par Andrew Wiles du dernier theoreme de Fermat : http://en.wikipedia.org/wiki/Wiles's_proof_of_Fermat's_Last_Theorem).

    Voici ce qu’il ecrit :

    « Nous sommes un certain nombre d’universitaires (dont des « modérés » parmi lesquels je pense me trouver) à trouver partiale votre couverture des événements actuels. La politique actuelle du gouvernement bénéficie de soutiens : celle des présidents d’université (dans leur ensemble et avec quelques réserves). Celles d’universitaires dont certains jouissent d’une estime générale. J’ai le plus grand respect pour leur point de vue. Il n’en reste pas moins que de très nombreuses personnalités prestigieuses (dont de jeunes scientifiques de tout premier plan international, des académiciens et des membres de l’Institut universitaire de France, et des Nobel donc…) se sont exprimées de façon tout autre et ont manifesté une opinion qui varie entre la vive inquiétude et la complète opposition aux orientations actuelles. De cela, les lecteurs de votre journal, qui ne sont pas en contact avec la vie des campus, ne sont pas informés. Il n’est pas illégitime qu’un journal comme Le Monde soit favorable à telle ou telle orientation politique. Mais n’y a-t-il pas d’autre façon de faire passer ce message que de ne livrer qu’un seul des deux points de vue en présence ? Vos lecteurs ne sont-ils pas capables de confronter deux opinions opposées ? »

    Bien a vous

    Professeur Tournesol

    Commentaire par professeurtournesol — 20/04/2009 @ 11:53

  66. La couverture du mouvement universitaire n’est pas le seul exemple de la partialité énorme dont font preuve les journalistes du monde. La loi sur HADOPI est elle-meme l’objet d’un éclairage on ne peut plus soumis à l’argumentaire gouvernemental… Le monde se décrédibilise vite et bien.

    Commentaire par antoine — 22/04/2009 @ 14:08


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