La Plume d'Aliocha

07/04/2009

Pas…ou pas assez ?

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 12:06

Jean-Michel Aphatie évoque ce matin avec émotion le discours de Ségolène Royal à Dakar.  Il est vrai qu’elle y convoque les grandes figures de Martin Luther King à Léopold Sedar Senghor, alors forcément, on ne peut qu’adhérer, le coeur palpitant d’émotion et l’esprit emporté sur les ailes de l’espoir (fichtre, c’est contagieux le lyrisme, excusez-moi). Sauf qu’il y a, au milieu de ce joli texte, une vilaine « petite phrase ». Voici l’extrait : 

« Honneur aux historiens de l’Afrique qui ont rappelé au monde l’existence des grands royaumes et des grands empires de l’Afrique. Honneur aux historiens de l’Afrique qui ont retracé les mille et une relations nouées bien avant la conquête, en des temps où le Sahara, la Méditerranée et l’Océan Indien n’étaient pas des frontières mais des points de passage et de mise en contact.

Quelqu’un est venu ici vous dire que « l’Homme africain n’est pas entré dans l’Histoire ».

Pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et qui n’engagent pas la France. Car vous aussi, vous avez fait l’histoire, vous l’avez faite bien avant la colonisation, vous l’avez faite pendant, et vous la faites depuis ».

Je passe sur la pertinence de la démarche,  pour m’appesantir sur la citation et en particulier sur ce que Jean-Michel Aphatie, tout à son élan, n’a pas analysé suffisamment, à mon sens. Nicolas Sarkozy n’avait pas dit « l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire » mais « l’homme africain n’est pas ASSEZ entré dans l’histoire ». 

Il me semble que lorsqu’on prend la responsabilité – contestée – de s’excuser au nom de la France pour les propos tenus par le Président de la République, que l’on désigne au passage par le terme assez discourtois de « quelqu’un », encore faut-il le citer correctement. Sinon, on joue au jeu dangereux du pompier pyromane.  Un discours politique est toujours écouté avec la plus grande attention, analysé mot à mot, évalué et soupesé par ceux à qui il est destiné. A fortiori quand il est prononcé par un Chef de l’Etat en visite à l’étranger. Dès lors, la différence entre « pas » et « pas assez » est loin d’être anodine. Erreur de plume ? A chacun de se faire son opinion.

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