La Plume d'Aliocha

06/04/2009

Les bras m’en tombent

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 10:23

Les enseignants-chercheurs sont en colère contre Le Monde. Alors ils ont pondu une « charte de bonne conduite » vis à vis du journal. C’est Bakchich qui l’évoque sur son site. En voici le texte : 

« 1) Ne jamais acheter d’exemplaire papier d’une production provenant du quotidien Le Monde ;

2) Se désabonner de tout service payant, papier ou numérique, du quotidien ;

3) En cas de passage sur le site web ne jamais cliquer sur les liens commerciaux ;

4) Se désabonner de sa lettre de diffusion gratuite pour réduire l’argument commercial du nombre d’abonnés à cette lettre ;

 

5) Eviter de visiter le site web, afin de faire chuter les statistiques de visites dont dépend en partie la valeur des encarts publicitaires sur le site. »

Entre nous, je ne décolère pas depuis que j’ai lu ça.

Il y a plusieurs choses qui me choquent dans cette démarche. D’abord, on retrouve ici le réflexe classique consistant à s’approprier un sujet et à exiger que le traitement qu’en fait la presse reflète très exactement ce qu’en pensent les principaux concernés. Manque de bol, c’est un sujet de société et il se trouve que le Monde ne souscrit pas à la thèse du complot étatique contre l’université. Ah l’impudent, comment ose-t-il ?  

Ensuite, je vois cette démarche comme une négation de la liberté d’expression et d’opinion. Le Monde ne pense pas comme eux ? Il n’est pas leur Tribune officielle dans ce conflit, voir leur organe militant? Qu’à cela ne tienne, il sera puni ! A la botte les journalistes. C’est curieux comme cette réaction me rappelle ce que j’ai vécu à l’université, les jeux de pouvoir, les jalousies, le totalitarisme intellectuel, bref, tous ces mauvais réflexes qui sont à mille lieues de l’enseignement et de la recherche justement.

Enfin, je trouve ce texte et la démarche qui en est à l’origine d’une niaiserie consternante. Venant d’universitaires, on pouvait s’attendre à une réaction d’une autre envergure tout de même, à une vraie bataille idéologique puisque visiblement c’est ça le coeur du conflit. Pas à cette mesure de rétorsion stupide et immature.  Vilain journal, il sera privé  de goûter et collons-lui un bonnet d’âne tant qu’on y est, et puis mettons-le au coin. 

Ridicule.

 

Mise à jour 20h47 : je viens de trouver l’intégralité de la charte, elle est en commentaire 32, assortie du lien vers les explications de son auteur. 

 

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92 commentaires »

  1. oufff le syndicat du Livre n’a pas pris Le Monde en otage ( mode ironique )

    Commentaire par lelongtarin — 06/04/2009 @ 10:31

  2. le plus drôle dans tout ça c’est quand même qu’il est question d’enseignant… Avec un peu de chance il doit y en avoir un ou deux qui sont au département de recherche de droit public section droit et liberté fondamental…

    Commentaire par tank — 06/04/2009 @ 10:56

  3. oui enfin le conflit ne repose pas que sur une théorie du complot mais sur des revendications biens réelles (donc ne fait pas partie l’abrogation de la LRU). Et comme le montrait le lien de Mathieu P. sur le précédent billet consacré à cette question il y a bien un questionnement du Monde sur le traitement de ce sujet.
    Même si c’est un article Acrimed il pointe certains faits intéressants : http://www.acrimed.org/article3102.html

    Et concernant les moyens d’actions des Universitaires, cette charte qui vient après 9 semaines de conflit est un épiphénomène. Personnellement je n’en avais pas entendu parlé avant l’article de Bakchich. Et vous oubliez quand même toutes les manifestations hebdomadaires,les communiqués de presse,la tonne de textes d’analyse disponible sir internet, les cours et conférence en destination du grand public, les portes ouvertes des laboratoires qui sont justement les moments où se déploient la « bataille idéologique »

    Aliocha : je vais vous dire, cette affaire me rappelle celle de la réforme de la carte judiciaire. Officiellement, tout le monde était vent debout contre la réforme, en particulier les avocats. Et puis Dati s’y est collée. Les représentants de la profession d’avocat ont protesté, il y a eu des manifs, sauf que ces même représentants confiaient en off qu’ils étaient favorables à la réforme. Alors pourquoi criaient-ils ? Pour soutenir leurs troupes. Parce que dans une réforme, il y a toujours une poignée de gens contrariés que l’on sacrifiera à une certaine idée du bien commun. Du coup, les journalistes se retrouvent confrontés à un double discours, l’un officiel qui va dans le sens de la « base », l’autre officieux. Demandez-vous si ce n’est pas ce qui se passe en ce moment avec la réforme de l’université. Voilà qui expliquerait la position du Monde. Sans compter bien sûr un problème très particulier à l’université qui est la protestation systématique dès qu’on touche au sujet et qui justifie une certaine distanciation. Surtout que cette agitation qui dure depuis des décennies ne nous a pas donné un résultat exemplaire.

    Commentaire par Duncan — 06/04/2009 @ 10:57

  4. La France est malade du dogmatisme et des postures idéologiques.
    Il est impossible de mener une discussion dépassionnée et objective en ce que tout acteur sera supposé un adversaire plutôt qu’un partenaire.
    On cherche à détruire le camp adverse plutôt qu’à bâtir des ponts.
    En l’occurrence, cette affirmation vaut aussi bien du côté du gouvernement que du côté des enseignants-chercheurs.

    Commentaire par Nemo — 06/04/2009 @ 11:29

  5. Chère Aliocha,

    Pour une fois, je suis en désaccord avec vous. Les enseignants-chercheurs ne portent aucunement atteinte à la liberté d’expression ou d’opinion. Ils n’empêchent pas Le Monde d’écrire ce qu’il veut, ils ne l’empêchent pas d’exercer son activité, ils n’empêchent pas sa diffusion non plus. Ils s’opposent par des moyens licites à la thèse d’un journal en opposition avec leur propre discours (selon eux). Le boycott est-il interdit?

    Ils sont en cela bien plus respectueux (et rusés) que ceux qui ont accablé ce même quotidien de mails et de commentaires aussi injurieux qu’autoritaires après la parution d’un dessin de Plantu.

    Auriez-vous reproché à Lysistrata d’appeler à la grève du sexe, chère Aliocha? http://remacle.org/bloodwolf/comediens/Aristophane/Lysistrata.htm

    N’oubliez pas de ramasser vos bras, chère Aliocha, faute de quoi votre dessinateur favori devra mettre à jour son dessin et cela porterait gravement atteinte à mon imaginaire. 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 06/04/2009 @ 11:34

  6. D’ailleurs, on peut aussi lire dans l’article de Bakchich que les chercheurs ont renoncé à l’occupation des locaux du journal, envisagée jeudi soir après la manifestation, action qui, elle, aurait empêché le journal d’exercer son activité.

    Une fois la colère exprimée, entendue et retombée, le dialogue renaitra. Reprenez un chocolat, chère Aliocha.

    Aliocha : ce que j’aperçois en filigrane dans cette querelle m’inquiète d’un point de vue démocratique car c’est le signe d’une appropriation, en quelque sorte d’une privatisation, du débat public. Or, le rôle du journaliste est précisément d’alimenter ce débat et de s’opposer à cette privatisation. A partir du moment où on lui en conteste le droit, on laisse la place aux intérêts catégoriels. Ce phénomène est amplifié par Internet et aboutit à « le journaliste a tort puisqu’il ne me donne pas raison ». Le spécialiste va donc lui opposer sa science au nom du « moi je sais de quoi je parle et je suis par conséquent le seul à avoir autorité pour en parler ». Le débat n’est plus organisé, le contradictoire disparaît au profit de la cacophonie des intérêts particuliers. Je crois que c’est cela qui se joue dans ce conflit entre les enseignants-chercheurs et le journal.

    Commentaire par Ferdydurke — 06/04/2009 @ 11:45

  7. Aliocha, je comprends que vous soyez émue par cette réaction, mais elle est pourtant logique. C’est la classique rétorsion contre un média ne tenant pas le discours attendu. Quand il s’agit d’un annonceur, la rétorsion est financière. Quand il s’agit de groupes de lecteurs, elle prend la forme d’un boycott. Dans les deux cas, la protection du journal est la même: diversifier. Ses ressources, pour être à l’abris de la colère d’une entreprise trop importante pour le journal. A cet titre, les groupe de presse devrait être indépendant, ou a minima voire leur actionnariat particulièrement dilué/capé (type personne à plus de 10%…). Pour les lecteurs, c’est la même chose. Plus les lecteurs sont variés (sociologiquement, politiquement…) moins un sous ensemble peut prendre la totalité en otage. La crise de la presse actuelle pousse des jouranaus dans le mauvais sens (chouchouter des lecteurs suposés sur pour ne pas les perdre, demanader toujours plus aux entreprises amies…) Rien n’est gratuit et le prix à payer à moyen terme sera l’indépendance. C’est pour cela qu’il faut de grands quotidient généralistes forts. Mais cela supose une volonté d’indépendance vis-à-vis des annonceurs commme des lecteurs. Sans compter qu’être indépendant, c’est mériter et obtenir le respect tant des lecteurs que des annonceurs.
    Il faut simplement mettre les intervenants devant leurs responsabilités. Les lecteurs ont droit de boycotter un journal (même si une raison mystique fait que l’appel au boycott ne soit pas en France très légal). Mais un journal n’a pas à céder à n’importe quelle revendication par principe. A chacun de faire la part des choses.

    Commentaire par Aegor — 06/04/2009 @ 11:47

  8. @Aegor : La classique rétorsion ? Vous en avez beaucoup, vous, des exemples de boycott de la part de groupes de lecteurs ? Non seulement c’est loin d’être fréquent, mais surtout, venant d’un groupe d’enseignants, c’est très préoccupant sur le respect du contradictoire et du pluralisme censés être défendus par l’Université.
    Mon soutien va au journal Le Monde – et à Aliocha.

    Commentaire par Tocquevil — 06/04/2009 @ 13:01

  9. Quelle solution les chercheurs auraient-ils pu proposer à ceux qui leur disaient : Le Monde m’énerve dans sa manière de couvrir l’événement, que puis-je faire ?
    Peut-être me répondrez-vous qu’ils n’auraient dû rien proposer du tout. Donc afficher un silence méprisant…
    Que l’un appelle au boycott de l’autre n’est-il pas précisément l’expression de la liberté… d’expression ?
    Et j’ai pour ma part trouvé à la lecture de certains articles que Le Monde avait pris le parti du Ministère (certainement pour d’excellentes raisons que je n’ai pas à juger), mais sans le dire clairement, plutôt en prétendant (comme à son habitude, je crois) à une distance critique objective, sereine, et dépassionnée.

    Aliocha : c’est infiniment compliqué pour un journaliste de se faire une opinion objective, il y a même je vous l’accorde, une sorte d’incompatibilité dans les termes. Disons que nous confrontons les « pour » et les « contre ». Luc Cédelle a très bien expliqué ici pourquoi il ne pouvait « prendre le parti » des enseignants chercheurs. Vous êtes libre d’en penser ce que vous voulez, mais ses arguments méritent d’être entendus.

    Commentaire par Lully — 06/04/2009 @ 13:35

  10. « Les représentants de la profession d’avocat ont protesté, il y a eu des manifs, sauf que ces même représentants confiaient en off qu’ils étaient favorables à la réforme. Alors pourquoi criaient-ils ? Pour soutenir leurs troupes. Parce que dans une réforme, il y a toujours une poignée de gens contrariés que l’on sacrifiera à une certaine idée du bien commun. Du coup, les journalistes se retrouvent confrontés à un double discours, l’un officiel qui va dans le sens de la “base”, l’autre officieux. Demandez-vous si ce n’est pas ce qui se passe en ce moment avec la réforme de l’université. »

    Je ne crois pas que ce soit ce qui se passe : les personnels les plus intéressés par la réforme sont ceux qui peuvent en tirer avantage (les présidents d’université qui ne cessent de faire marche avant/marche arrière en fonction des concessions en pouvoir/emoluments, les petits chefs qui voient la le moyen de faire leur chemin). L’université, comme le reste du système scolaire français, n’a pas grand chose à gagner à se transformer progressivement en entreprise. Il n’y a pas de « rentabilité » dans l’enseignement. Une entreprise ne fait pas de différence entre ses clients : un s’en va un autre vient, la balance est nulle. Nous, nous avons à traiter chaque étudiant individuellement.

    Aliocha : pas de « rentabilité » dans l’enseignement ? Bon sang de bonsoir, dites-moi tout mais pas ça ! D’abord il y a une efficacité dans l’enseignement qui se mesure notamment à la cohérence entre l’enseignement et le marché de l’emploi, cohérence qui à mon humble avis est à revoir en France intégralement. Ensuite, combien de profs de droit (je m’en tiens à ce que je connais) se font payer des centaines de milliers d’euros pour des consultations privées dans des affaires judiciaires ou des actions de lobbying, alors s’il vous plaît, arrêtons de nous présenter l’université comme le dernier refuge des bisounours, je ne marche pas. Cette méfiance vis à vis de l’argent que je partage, vaut collectivement, mais à titre individuel, c’est de la franche rigolade et en définive sur le mode collectif une gabégie et un échec total. Avec à la clef, des générations d’étudiants sacrifiés sur l’autel du mythe de la pureté universitaire

    Indépendament du fond, et sur la forme, le boycott était un appel à l’origine destiné à une certaine population : les enseignants/chercheurs en lutte ; à ce titre, il n’était pas un appel « au public » mais une forme d’action proposée dans le cadre de la « lutte ». De l’avis même de son auteur J. Valluy, cet appel a dépassé le cadre pour lequel il était prévu; je me permet de le citer :

    « ‘Cette Charte de bonne de conduite à l’encontre du journal Le Monde est une initiative individuelle mais qui connaît un succès d’audience auquel je ne m’attendais pas. En l’espace de 24 h ce texte a circulé sur l’Internet (listes et sites) à une vitesse très supérieure à celles que j’ai pu observer antérieurement pour d’autres messages. Le nombre de collègues qui s’en sont emparés, parfois en lui ajoutant une introduction explicative pour la diffuser à leurs listes de discussion et carnets d’adresses est impressionnant. Je ne vois pas d’autre explication à cela que l’existence, dans l’enseignement supérieur et à la recherche, d’un climat d’opinion de profonde hostilité à l’égard de votre journal, le signe d’un fossé qui s’est creusé peut être depuis longtemps mais surtout ces derniers mois au vu de votre traitement de nos sujets de préoccupation. Je ne suis ni un leader ni un porte parole de ce monde et ne peut répondre à vos interrogations qu’à titre personnel : dans mon esprit, la Charte de bonne de conduite à l’encontre du journal Le Monde n’est pas un « levier de lobbying » comme le suppose à tord Monsieur Greilsamer dans son message. ‘ »

    Tocquevil : »c’est très préoccupant sur le respect du contradictoire et du pluralisme censés être défendus par l’Université. » –> c’est justement ce que réclament les Universitaires, le pluralisme et le contradictoire ; il ne sont pas opposés aux articles publiés séparément (même s’ils ne sont pas d’accord avec), c’est le fait qu’un seul aspect soit systématiquement décrit qui les inquiète.

    Vous trouverez plus d’information sur ce Boycott (entre autres) sur la mailing liste « collectifintercomposantes@univ-nantes.fr » et sur le mouvement en général sur http://sciences.blogs.liberation.fr/ (tiens, un journaliste ?).

    Didier

    Commentaire par Didier Robbes — 06/04/2009 @ 13:38

  11. @ Aliocha en 6

    Sans jouer sur les mots, il n’y a pas de privatisation du débat public tant que celui se déroule sur la place publique : le boycott est public, tout comme l’article de Bakchich, etc. Je ne vois pas non plus dans la démarche des chercheurs la moindre contestation du droit journalistique à alimenter le débat, mais leur opposition au contenu journalistique proposé par Le Monde.

    Là où je vous rejoins, c’est quand vous dites que l’affaire a tourné à  » “le journaliste a tort puisqu’il ne me donne pas raison”. Le spécialiste va donc lui opposer sa science au nom du “moi je sais de quoi je parle et je suis par conséquent le seul à avoir autorité pour en parler”. »

    En effet, le débat a pris fin du fait des enseignants-chercheurs. Je n’y vois pourtant aucune cacophonie mais le basculement classique dans le contradictoire (je ne dialogue plus avec l’autre partie pour trouver un accord, je ne fais que l’attaquer et m’opposer à l’autre partie pour imposer mes vues). C’est une attitude qui vise à étaler sa puissance de feu et présenter Le Monde comme « le méchant de l’histoire » afin de faire pression sur le journal.

    Il s’agit désormais pour Le Monde de « passer dans le camp » des enseignants-chercheurs en leur ouvrant ses colonnes et en profiter pour leur annoncer qu’il faudra désormais laisser s’exprimer les journalistes autant que Le Monde aura laissé s’exprimer les enseignants-chercheurs. Ainsi, le boycott n’aura plus de raison d’être et les enseignants-chercheurs se discréditeraient s’ils persévéraient dans leur tactique d’opposition et d’obstruction systématiques puisqu’ils ont eu la parole.

    Aliocha : à ma connaissance, le Monde a donné la parole aux enseignants, via sa rubrique opinion. Mais justement, ils prétendaient à l’objectivité d’un article de journaliste et pas seulement à cette rubrique, autrement dit, ils voulaient que non seulement les journalistes leur donnent la parole, ce qui a été fait, mais qu’ils se rallient à leur cause, c’est là que ça devient « facho » et contraire à la liberté d’expression.

    Commentaire par Ferdydurke — 06/04/2009 @ 14:11

  12. à première vue, la réaction des enseignants paraît idiote. mais après tout, pourquoi pas (tant qu’ils en restent à ne pas lire le journal et ne pas se rendre sur son site – ou s’ils s’y rendent à ne pas cliquer sur des liens commerciaux, ou s’ils cliquent sur des liens commerciaux, à ne rien acheter, ou s’ils achètent, à payer par chèque, ou s’ils paient par carte bleue, alors à débit différé… – on parle pas là de foutre le feu à des kiosques ou agresser les lecteurs, pour leur piquer leur M). (d’ailleurs, j’avais moi même cessé un temps de lire Le Monde, déçu par sa ligne éditoriale). Le Monde devrait être assez grand pour continuer à publier ce qu’il pense devoir publier. non, ce que je trouve le plus intéressant (le plus signifiant) dans cette affaire, c’est le rôle joué par Bakchich. j’irai pas jusqu’à dire qu’il met de l’huile sur le feu mais certaines situations paraissent bien exagérées et quelques mots bien choisis qui ne devraient pas atténuer le couroux des critiques du Monde. il y a quand même beaucoup d’aigreur et de détestation entre journalistes (quand le plus simple serait de se foutre la paix : cette divergence entre Le Monde et les enseignants chercheurs est pour l’instant – au regard des revendications des enseignants chercheurs et de la grève qui durent et perdurent dans l’université – une non-information parce qu’un non-événement).

    Commentaire par david — 06/04/2009 @ 14:26

  13. Les bras m’en poussent. Ainsi, il serait contre-démocratique de ne pas acheter un journal qui ne tient strictement aucun compte de ce que l’on peut exprimer ou faire ?
    Vous avez sans doute raison. Aussi, pour nourrir la démocratie, je cours à mon kiosque acheter Minute et Rivarol.

    Commentaire par Fleuryval — 06/04/2009 @ 14:35

  14. Comme vous Aliocha je trouve ça quelque peu désobligeant. Et qui plus est peu intelligent. C’est se priver d’une source d’information, surtout si elle va à l’encontre de son point de vue. Il est toujours plus intéressant de savoir ce que dit l’adversaire de soi, plutôt que ce que racontent ses supporters !
    La seule mesure acceptable est celle qui demande de ne pas cliquer sur les liens pub.

    @ Ferdydurke Oui, Le Monde devrait leur ouvrir ses colonnes, et aurait même dû le faire plus tôt s’il ne l’a pas effectivement fait !

    Commentaire par Mister Cham — 06/04/2009 @ 14:36

  15. Je trouve que c’est maladroit, c’est une manière de faire ce qu’on reproche , à savoir ne pas vouloir entendre, c’est très dommage.

    En ce qui concerne la réforme de la carte judiciaire, j’avais cru comprendre que la manifestation était contre celle proposée, mais pas l’idée d’une réforme en tant que telle.
    J’avais mal compris ?

    Aliocha : dans l’esprit de mes interlocuteurs, les deux se rejoignaient. Certes, il auraient rêvé d’un meilleur projet, mais en tout état de cause ils adhéraient à celui-ci malgré la « casse ». En fait, ce qui est passionnant c’est la distinction entre la « base », victime à un moment donné d’une réforme, et les instances représentatives qui voient plus loin et acceptent cette « casse » au nom de l’intérêt général de leur profession à long terme. Le discours de ces instances devient alors très vite schyzophrène entre le message officiel de soutien aux troupes et donc de contestation, et la conviction profonde et silencieuse que la réforme va dans le bon sens. Les journalistes sont témoins de cette dichotomie et doivent se débrouiller avec, de même que les politiques d’ailleurs. Si l’on approfondit, cela nous éclaire sur la politique en général : faut-il faire du poupulisme à court terme en vue d’une élection ou affirmer une vision qui fera des mécontents et vous vaudra un échec lors de la prochaine échéance électorale ? Je crains que la plupart des politiques à l’heure actuelle n’optent pour la première solution.

    Commentaire par DePassage — 06/04/2009 @ 15:04

  16. Pour information, d’où viennent-ils ces universitaires ?

    Commentaire par Nick Carraway — 06/04/2009 @ 15:17

  17. Pour une fois (n’est pas coutume) je ne puis souscrire sur le fond de votre Post. En l’espèce, la raison s’efface derrière votre passion. « Je vois cette démarche comme une négation de la liberté d’expression et d’opinion » mais cette démarche (sans préjuger de sa pertinence) fait partie de la liberté d’expression des universitaires.

    Sur coup là, à vouloir défendre la liberté d’expression du journal, vous oubliez la totale liberté d’expression des universitaires. Je peux comprendre votre position puisque vous êtes vous-même journaliste, cela vous touche particulièrement, mais probablement comme les universitaires qui ont été particulièrement touchés par l’article du monde.

    « C’est curieux comme cette réaction me rappelle ce que j’ai vécu à l’université, les jeux de pouvoir, les jalousies, le totalitarisme intellectuel, bref, tous ces mauvais réflexes qui sont à mille lieues de l’enseignement et de la recherche justement »

    Attention là aussi aux préjugées car « tous les journalistes sont des crétins, ils ne comprennent rien. Ils sont à la botte des politiques et des grand patrons de groupe de presse, après on s’étonne que plus personne n’achète des journaux, alors qu’ils devraient être un des piliers de la démocratie »

    Ce n’est pas agréable à entendre, probablement faux comme pour les universitaires. Rien n’est simple.

    Pour faire simple, je ne vous dénie pas le droit d’écrire votre post et je pense même que vous avez raison de vous exprimer à ce sujet.

    Commentaire par bleu horizon — 06/04/2009 @ 15:22

  18. @ bleu horizon :
    Il y a tout de même une différence fondamentale entre dire : »je ne suis pas d’accord avec ce que relate le média » et « j’encourage toutes et tous à boycotter par tous les moyens le média ».

    C’est comme si on voulait imposer la démocratie …

    Commentaire par DePassage — 06/04/2009 @ 15:51

  19. @ Mister Cham

    La rédaction du Monde reste quand même la seule entité à être en droit de décider du contenu du journal et ce serait attenter à la liberté de la presse que lui dicter sa conduite (ce que je ne vous accuse pas de faire).

    D’ailleurs, Backchich dit que « Le Monde, qui a eu connaissance de cette Charte, avait commencé à amorcer un dialogue avec certaines figures de proue du mouvement. Et devait donc faire paraitre un article qui relatait le désamour dont il est l’objet dans la communauté universitaire ».

    Il semble donc que Le Monde n’était pas opposé au débat, au contraire. On peut donc reprocher aux chercheurs que leur boycott est inopportun.

    Toutefois, je maintiens ce que je disais en 5, à savoir que les enseignants-chercheurs adoptent une tactique, sans aucun doute déplaisante et à double tranchant, mais plus intelligente (et rusée) que les mails et commentaires aussi injurieux qu’autoritaires adressés au Monde après la parution d’un dessin de Plantu.

    Commentaire par Ferdydurke — 06/04/2009 @ 15:57

  20. Ah zut, du coup j’ai oublié de répondre à la réponse de ma réponse ^^

    Il me semble que c’est le souci majeur de tout être politique :
    pour mettre en action ses idées, qui sont forcément impopulaires pour une part de la population, il doit tenir un discours qui décevra une partie de ceux qu’il a convaincu dans un premier temps, et ensuite il lui sera très difficile de concrétiser ses projets.
    Au final il est souvent amené à consacrer énormément d’énergie au politicisme, bien sûr au détriment de la politique.

    La démocratie serait-elle une utopie au fond ? Après tout elle postule (je crois) que chacun est prêt à se soumettre aux décisions favorisant le bien de la société – tout en respectant son individualité certes – hors ce qui est souvent constaté c’est que chaque « catégorie (quel que soit le type) » considère son point de vue comme le plus essentiel.

    Personnellement j’en suis venu à m’interroger sur ce système, où l’on demande à des gens de voter pour des projets dont même les spécialistes ne s’entendent pas.
    Il m’est apparu à un moment donné que le meilleur modèle semble en fait être la « dictature éclairée », mais c’est là aussi une utopie.

    Bon, eh bien la démocratie doit peut-être encore évoluer.

    Euh, je tiens à préciser que je ne suis pas un fana de politique, je me pose juste des questions 🙂

    Commentaire par DePassage — 06/04/2009 @ 16:00

  21. @ Aliocha en 11

    « ils voulaient que non seulement les journalistes leur donnent la parole, ce qui a été fait, mais qu’ils se rallient à leur cause, c’est là que ça devient “facho” et contraire à la liberté d’expression. »

    Si c’est avéré, je vous rejoins.

    Aliocha : « Plutôt que d’informer sur les revendications collectives portées par les syndicats et les associations qui contestent la réforme, Le Monde renvoie aux « tribunes libres » qu’il publie » (extrait de l’article critique d’acrimed cité par Duncan au post 3)

    Commentaire par Ferdydurke — 06/04/2009 @ 16:36

  22. bonjour Aliocha bonjour tous

    je suis entièrement d’accord avec votre « révolte » enfin votre colère
    si tous ceux qui ne sont pas ok avec un média devaient en appeler au boycott où allons nous?
    je suis également ok avec

    Commentaire par artemis — 06/04/2009 @ 17:13

  23. ( suite).Némo lorsqu’il indique que La France est malade du dogmatisme et des postures idéologiques.

    quant à vous Ferdydurke je ne suis pas du tout d’accord avec vos propos étant un peu fatiguée aujourd’hui je vous répondrais par une boutade
    vous devriez être satisfait de la plastique d’Aliocha car maintenant c’est la Vénus de Milo

    Commentaire par artemis — 06/04/2009 @ 17:17

  24. @ de passage

    « Il y a tout de même une différence fondamentale entre dire :”je ne suis pas d’accord avec ce que relate le média” et “j’encourage toutes et tous à boycotter par tous les moyens le média” »

    Je ne discuterai pas sur le fond, je n’ai même pas lu l’article du monde ou l’appel des universitaires.

    Je suis d’accords avec vous, il y a une différence fondamentale, mais dans notre démocratie, ils ont le droit de faire un « appel au boycott ».

    Aliocha a même le droit de ne pas être d’accords avec cet appel et de le dire.

    Si les gens, au vu de cet appel boycotte le journal, c’est qu’il y a une réalité sous jacente (pas une réalité sur ce a été écrit) mais comment a été perçu cette information

    Mais je me refuse à dire que les universitaires n’avaient pas le droit de faire cet appel

    Ils sont en désaccords avec le monde, la ligne éditoriale ne leur plait pas, dont acte, ils font pression avec leur moyen sur le quatrième pouvoir pour faire pression sur le Pouvoir dont acte. Maintenant le Monde est libre de répondre (ou pas) et les citoyens de suivre cet appel ou pas ou bien de s’exprimer eux-mêmes.

    -« le bien de la société » j’avoue mon inintelligence, je ne sais pas bien ce que c’est.

    -« Chaque catégorie (quel que soit le type)” considère son point de vue comme le plus essentiel. » Voilà ce qu’on appelle un biais de perception, c’est humain. Difficile de faire abstraction de son environnement et de ses connaissances.

    -« Il m’est apparu à un moment donné que le meilleur modèle semble en fait être la “dictature éclairée” »

    Que dieu nous préserve de gens comme vous, cela fini toujours en catastrophe

    Commentaire par bleu horizon — 06/04/2009 @ 18:07

  25. Fichtre, en voilà encore un, un sujet polémique et multiforme !

    Sur la forme, il s’agit bien d’une critique du « métier de journaliste », tels que le défendent (assez bien selon moi) Aliocha et Luc Cédelle (journaliste du Monde).

    D’ailleurs, Aliocha, permettez que je remette le lien que vous indiquiez en #9, car je trouve sa lecture, ainsi que celle des 4 commentaires qui le suivent, très instructive : http://education.blog.lemonde.fr/2009/03/02/nos-chers-chercheurs/

    Sur le fond, le sujet est évidemment polémique.

    Souvenons-nous des immenses manifestations « pour l’école libre » lors du premier septennat de Miterrand, puis celles « contre la réforme Devaquet » en 1986 (rest in peace Malik), etc…

    Avant la « révélation » de la crise, notre Président entonnait souvent l’air du libéralisme pur et dur, même s’il le teintait de références à Jean Jaurès …
    Or, si je suis d’accord pour une réforme en profondeur de notre système éducatif, je suis contre l’approche « pur libérale » de ce point de vue.
    Pour moi, l’Etat doit continuer à s’occuper de l’éducation, et doit toujours en faire sa priorité (et ne pas se limiter au « maintien de l’ordre, de la Justice, et de l’armée »).

    Et, comme à son habitude, Nicolas Sarkosy y est allé à la provoc’ avec les enseignants-chercheurs … bref, il les a cherchés 😉
    Même si après, il s’en défend face à Elkabbach (c’est parce que c’était le 1er Avril que JP E a tenu tête à NS ??), voir ici (et entendre en suivant le lien) : http://www.le-pave.com/?p=1224

    Quel est le rapport avec le Monde ?

    Prenez un sujet hautement sensible, ajoutez-y de la provocation et des projets multiples (LRU, mastérisation et suppression des IUFM, etc.) et souvent incompréhensibles pour le commun de nos citoyens (qui sont loin d’avoir tous BAC+2 et au delà … ce n’est pas une critique, mais juste pour appuyer l’aspect incompréhensible de ces réformes qui concernent avant tout des personnes au delà de BAC + 2) … et vous obtenez des gens sur les nerfs, qui ne supporteront plus la moindre critique, surtout si elle vient d’un journal censé être « ami ».

    L’appel au Boycott en est une conséquence.

    Faut-il en avoir les bras qui tombent ? Peut-être pas.
    Faut-il en profiter pour rappeler ce qu’est un journalisme « indépendant » ? Oui, assurément.

    Commentaire par Yves D — 06/04/2009 @ 18:16

  26. Cette initiative des profs est effectivement très conne. Mais il convient de rappeler qu’en 96, lorsqu’il était question de supprimer les abattements fiscaux de tout un tas de professions, les journalistes se sont comportés de la même manière en menaçant de boycotter les parlementaires qui voteraient pour.

    L’idée était de faire le black out sur les déplacements, initiatives, etc. des députés, ce qui posait naturellement un gros problème de déontologie et, disons-le, de respect de la démocratie.

    Rappelons également qu’à la fin, ce sont les journalistes qui ont gagné : ils ont préservé (partiellement mais tout de même) cet avantage totalement anachronique alors que la majorité des professions concernées le perdaient.

    Le corporatisme bas-de-plafond est la chose du monde la mieux partagée par les Français, quelles que soient leurs raisons de se prendre pour le sel de la terre : http://hugues.blogs.com/commvat/2005/09/fiscalit_les_ch.html

    Commentaire par Hugues — 06/04/2009 @ 18:25

  27. […] Luc Cédelle (nom de Zeus, qu’il est long ce billet), et comme le montre plus brèvement Aliocha, cela s’apparente à un caprice d’enfant gâté. Et curieusement, la métaphore […]

    Ping par Le Monde : les enseignants-chercheurs vont au clash « Les Jeunes Plumes — 06/04/2009 @ 18:32

  28. En complément à mon message en #25 , vous pouvez écouter en PodCast un extrait de l’émission « politiquement incorrect » d’Europe 1 qui revient sur l’interview de Nicolas Sarkozy par JPE :
    http://www.europe1.fr/popup/reecoute/(idconducteur)/103284/(idemission)/1362

    Déplacer le curseur à « 1h14 minutes » (ou à « 1h10 minutes », si vous voulez aussi en savoir plus sur « DreamNext » 😉 )

    Commentaire par Yves D — 06/04/2009 @ 19:07

  29. @tous : je signale que @si consacre un dossier très complet au litige opposant les enseignant-chercheurs et le Monde, dossier accessible gratuitement ici : http://www.arretsurimages.net/dossier.php?id=144

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/04/2009 @ 20:01

  30. Bonjour,

    Je trouve que votre réaction manque totalement d’esprit critique.
    La couverture par Le Monde du conflit gouvernement-chercheurs est indigente et mensongère comme le prouve cet article d’Acrimed:

    http://www.acrimed.org/article3102.html

    Que vous trouviez la réaction des chercheurs « ridicule » (sic), pourquoi pas ; mais de là à présenter le quotidien comme un exemple d’indépendance d’esprit, il ne faudrait quand même pas pousser.

    C’est dommage, à part cela je trouvais votre blog plutôt intéressant.
    WS

    Aliocha : Ah ? Un article co-rédigé par un maître de conférence et publié sur un site contestataire est une preuve irréfutable que Le Monde se trompe ? A chacun son esprit critique.

    Commentaire par Winston Smith — 06/04/2009 @ 20:02

  31. @Aliocha (en réponse à mon 1er commentaire) : vous avez tout à fait raison, je n’aurais pas soupçonné Le Monde de manque d’objectivité s’il s’était montré plus favorable aux chercheurs.
    La seule objectivité est (spontanément) celle qui conduit à ma propre opinion… Merci de me l’avoir signalé 😉
    Merci aussi pour le lien, l’article est effectivement intéressant.

    Cela dit, si je suis plutôt perplexe quant à l’intelligence et la pertinence de la charte en question, je réfute qu’elle soit une contestation de la liberté d’expression.
    En outre, à y regarder de plus près, je me demande qui sont « les » enseignants-chercheurs qui ont publié cette charte, tellement reprise sur le web qu’il est difficile d’en trouver la source.
    En tout cas je n’en ai trouvé le texte ni sur le site Sauvons la recherche, ni sur Sauvons l’université.
    Donc dans quelle mesure ses auteurs (je n’ai pas cherché plus loin pour les retrouver : quand on cherche par citation du texte, on ne tombe que sur des références aux « enseignants chercheurs ») sont-ils représentatifs de l’ensemble du corps ?

    N’y a-t-il pas un vrai problème (en termes de méthode journalistique) de la part de Bakchich de ne pas définir quels sont ses auteurs et ce qu’ils représentent exactement ?

    Tiens, pour vous titiller, je vais dire que ça ressemble aux traitements réservés par la presse aux propos de l’évêque d’Orléans, et l’absence de traitement des autres membres de l’épiscopat français (Mgr Vingt-Trois en tête) [ceci est de la pure provocation de ma part et je vous invite à n’y pas réagir]

    Commentaire par Lully — 06/04/2009 @ 20:28

  32. @Lully : vous avez raison de me titiller, il faut toujours revenir à la source. Pour l’origine de l’affaire et notamment de cette charte, voir l’excellent dossier d’@si qui, comme toujours est aussi exhaustif qu’objectif (observez d’ailleurs à quel point les journalistes de ce site cultivent cette fameuse objectivité dont on me dit qu’elle n’existe pas, notamment en se focalisant sur une présentation détaillée et sourcée des faits, c’est un modèle à mon sens de journalisme) ici

    Sinon, en fouinant j’ai trouvé le texte d’origine, le voici en entier, ça mérite :

    « Charte de bonne conduite vis à vis du journal Le Monde

    1) Ne jamais acheter d’exemplaire papier d’une production provenant du quotidien Le Monde ;
    2) Se désabonner de tout service payant, papier ou numérique, du quotidien ;
    3) En cas de passage sur le site web ne jamais cliquer sur les liens commerciaux ;
    4) Se désabonner de sa lettre de diffusion gratuite pour réduire l’argument commercial du nombre d’abonnés à cette lettre ;
    5) Eviter de visiter le site web, afin de faire chuter les statistiques de visites dont dépend en partie la valeur des encarts publicitaires sur le site.
    6) Ne pas diffuser sur les blogs, les forums et les listes de diffusion ou de discussions des liens hypertextes ou d’adresses d’URL conduisant au site web (rediffuser, si nécessaire, les articles par copier-coller intégral mais sans liens ou adresses) ;
    7) Ne dupliquer aucun article provenant du quotidien Le Monde dans les instruments pédagogiques ; éviter de conseiller ces références aux élèves et étudiants.
    8) Eviter de citer les articles du quotidien Le Monde en références bibliographiques dans les travaux de recherche ;
    9) Multiplier les analyses sociologiques critiques des choix d’agenda, de cadrage et de couverture qui fassent apparaître la partialité du journal. A défaut, lire par exemple celles de l’observatoire des médias Acrimed : http://www.acrimed.org/article3102.html
    10) Corriger systématiquement, dans les écrits et les paroles, cette croyances encore présente sur la page de Wikipedia – « D’une façon générale, sa ligne éditoriale lorgne plutôt vers le centre-gauche. » – en expliquant que cette impression provient d’un léger strabisme mais que la ligne aujourd’hui regarde franchement à droite.
    11) En raison des risques de confusion liés à ce strabisme, rechercher les sources ou les exemples de positions conservatrices ou réactionnaires, lorsque cela est nécessaire pour une analyse, une illustration ou une présentation contradictoire, plutôt dans Le Figaro (qui ne trompe personne) que dans Le Monde.
    12) Eviter d’envoyer des propositions de tribunes pleines de raison, d’humanisme et de bon sens à ce journal ; essayer d’abord dans les autres quotidiens.
    13) Soutenir systématiquement les quotidiens Libération, Médiapart, Rue89, L’Humanité : * acheter ces journaux ; * s’y abonner ; * s’abonner à leurs lettres de diffusion gratuite ; * visiter fréquemment leurs sites web ; * cliquer le plus souvent possible sur les encarts publicitaires ; * rediffuser sur les listes des diffusion/discussion leurs articles avec les liens pointant vers leurs sites ; * insérer systématiquement des liens hypertextes dans les blogs en direction de ces journaux ; * multiplier leur présentation aux élèves et étudiants et les faire travailler sur ces articles ; * multiplier les références bibliographiques à ces journaux ; etc… »

    La première partie m’avait fait bondir, la deuxième n’est plus stupide, elle est carrément honteuse.

    Et pour en savoir plus sur la démarche de son auteur : http://cgt-universite-de-provence.over-blog.fr/article-29913952.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/04/2009 @ 20:42

  33. @ Aliocha (30)

    Dois-je comprendre qu’il suffit d’être maître de conférence et d’écrire sur un site dit contestataire pour se voir déposséder de son esprit critique ? Voilà qui est intéressant.

    Je trouve pourtant le poids de ses arguments bien plus lourd que les vôtres quant au traitement du quotidien du soir de ce « sujet de société ».

    Au plaisir de vous lire,
    WS

    Commentaire par Winston Smith — 06/04/2009 @ 20:52

  34. @Aliocha : je confirme, la fin est dramatique.
    Je suis tout de même rassuré de lire dans ce billet qu’il s’agit d’une initiative individuelle (je n’ai pas pris le temps de lire le reste du billet).

    Le point 8 (« Eviter de citer les articles du quotidien Le Monde en références bibliographiques dans les travaux de recherche ») est incompatible avec la déontologie de n’importe quel chercheur.

    Sinon, j’aime bien l’idée d’avoir rangé dans la catégorie « Coup de griffe » un billet intitulé « Les bras m’en tombent » : vous avez tout de même gardé les griffes, après avoir perdu le reste ?

    Commentaire par Lully — 06/04/2009 @ 21:07

  35. @ Artemis

    Je ne vous boycotterai pas malgré votre désaccord (même si vous vous en fichez ce qui est votre droit). En attendant de m’expliquer pourquoi, reposez-vous bien. Cependant, n’êtes-vous pas gênée de comparer Aliocha à une vieille pierre d’un autre âge? 😉

    @ Aliocha

    En effet, c’est indubitable. A lire l’article d’Acrimed, Le Monde aurait quand même choisi une présentation qui penchait plus d’un côté que de l’autre. Les universitaires doivent être hypersensibles…

    L’action des chercheurs est en effet « conne » parce qu’en plus d’avoir des motivations douteuses comme vous le montrez, elle est engagée au moment où Le Monde fait des efforts de dialogue.
    Un boycott n’est pas pour autant un attentat et les enseignants-chercheurs ont eu l’intelligence de ne pas recourir à une action plus violente (occupation, etcetera) nettement plus préjudiciable. D’ailleurs, si cela se trouve, il sera complètement inopérant et dans quelques jours Le Monde publiera les chiffres avant/après le boycott (au risque de jeter de l’huile sur le feu) qui montreront que… ben… rien. Aucun impact ou pire pour les chercheurs : un accroissement des ventes en raison d’un « contre-boycott ». Qui sait?

    Commentaire par Ferdydurke — 06/04/2009 @ 21:08

  36. Désolé, mais suis en désaccord avec vous: je trouve que faire cet appel n’est pas une atteinte à la libre expression du Monde -j’encourage d’ailleurs ce dernier à tenir la ligne éditoriale qui lui chante- et, pas plus que la lecture du Monde ne guide mes actions, la lecture de cet appel ne me forcera à acheter (ou non) tel ou tel quotidien.

    Autrement dit, je trouve normal, naturel et sain que des personnes qui ne souhaitent pas lire un journal le fasse et le dise, de même que je trouve normal naturel et sain que ledit journal décide lui même de sa ligne éditoriale. Je rejoins le commentaire plus haut qui encourageait les patrons de presse à mener une politique d’équilibre des ressources financières, comme le fait je crois le canard enchainé.

    Commentaire par javi — 06/04/2009 @ 21:15

  37. @ Aliocha

    Je viens de lire votre commentaire #32. Reconnaissez que l’attaque est bien organisée. On sent qu’il y a de la méthode scientifique derrière. Cela change des commentaires et mails injurieux, non? Allez, dites-le… cela ne remettra pas en cause votre opinion pour autant :-p

    Commentaire par Ferdydurke — 06/04/2009 @ 21:18

  38. @ Lully en 34

    Bien vu pour le coup de griffe… Pauvre Aliocha, déjà qu’elle nous fut dévoilée, voilà qu’on nous la démembre maintenant. Manquerait plus qu’on nous la musèle…

    Commentaire par Ferdydurke — 06/04/2009 @ 21:25

  39. @Javi : Ah ? Vous trouvez qu’organiser un boycotte universitaire total, jusque dans les travaux de recherche, contre un journal qui refuse d’adhérer aux thèses de grévistes, autrement dit lui infliger une rétorsion économique, c’est un signe de respect de la liberté d’expression et de l’indépendance d’un titre de presse vous ? Sur votre comparaison avec le Canard, je ne vois pas où vous voulez en venir. Faudrait-il qu’après avoir perdu ses lecteurs (merci les universitaires), Le Monde renonce à la pub ? Drôle de modèle économique vous ne trouvez pas ? J’en profite pour souligner que les habitudes de lecture d’un quotidien se prennent souvent à la fac, par conséquent, cette charte témoigne d’une volonté délibérée de nuire gravement au journal. Nous sommes très loin du désaveu spontané, individuel et souvent momentané que peut susciter un titre de presse qui déplaît à ses lecteurs.

    @ferdydurke : je n’éprouve qu’une admiration limitée pour les méthodes trotskistes 😉 à tout prendre, je préfère l’avalanche plus ou moins spontanée de mails qui là, du coup, me parait relever de la liberté d’expression. Plus sérieusement, ceci nous montre que les conflits dans ce pays sont en train de se radicaliser. Il ne faut jamais sous estimer le rôle de thermomètre de la presse.

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/04/2009 @ 22:00

  40. D’une part, que vous qualifiez ces méthodes de trotkistes ne me surprend pas de la part d’un suppôt capitaliste (voir ici) 😉

    D’autre part, si la presse est un thermomètre, n’en seriez-vous pas le mercure (qui monte plus il chauffe)? 😀

    Bonne nuit!

    Commentaire par Ferdydurke — 06/04/2009 @ 22:10

  41. Chère Aliocha,

    permettez-moi ces quelques remarques d’un enseignant-chercheur. Tout d’abord, il me semble abusif de dire que « les » enseignants-chercheurs dans leur ensemble appellent à ce boycott. Personnellement, cela fait longtemps que je ne lis plus Le Monde, bien avant que nous nous mettions en grève: je trouve depuis des années que ce journal fait de moins en moins le travail de journaliste qu’on peut attendre de lui. Par curiosité, cela dit, je suis allé voir leur manière de couvrir le mouvement qui touche les universités et les établissements de recherche, et je trouve que le papier d’acrimed rend très bien compte des problèmes, même s’il est forcément biaisé parce que co-écrit par un maître de conférences, alors que seul un journaliste peut faire preuve d’objectivité et d’esprit critique.

    Je trouve également un peu facile le réflexe d’opposer une « base » abandonnée à ses passions et des représentants qui verraient à plus long terme. Certes, les syndicalistes ont souvent des positions différentes des gens qui s’engagent dans les mouvements contre les réformes que veut imposer le présent gouvernement. Il est probablement plus intéressant de remarquer la baisse de représentativité des syndicats, de leur déconnexion de ce type de mouvements, plutôt de suggérer qu’ils ont vu la lumière mais qu’ils sont otages de leur « base ».

    Je l’ai dit, je ne rejoins pas l’appel au boycott. Permettez-moi de souligner cependant que son côté affectif vient probablement du fait que les universitaires sont probablement le groupe social à être resté le plus longtemps attaché au Monde comme un journal de référence. La déception sentimentale est toujours cruelle.

    Il me semble que la situation est cependant plus compliquée que de simplement dire que les gens s’opposent aux journalistes quand simplement ils ne sont pas d’accord avec ce qu’ils écrivent. Au-delà des divergences politiques, je crois savoir faire la différence entre un article bien informé et équilibré, même s’il ne me plaît pas, d’un article mal informé et visiblement biaisé.

    La tâche est ardue. Nous avons besoin d’une presse forte et libre. Mais pour cela, elle doit d’abord être crédible. Et cette crédibilité ne peut être construite uniquement sur les protestations d’objectivité des journalistes. On ne peut les croire que sur des actes. Malheureusement, dans le cas du Monde, ma suspicion (je ne parle qu’en mon nom ici) s’est accumulée sur trop de mois, voire d’années, pour que je leur donne encore le bénéfice du doute. Je crains ne pas être seul dans ce cas.

    Voilà pourquoi, comme je l’expliquais sous un autre de vos billets, je suis depuis longtemps à la recherche d’autres journaux qui font ce que le Monde, à mes yeux, ne fait plus. Parce que la foi en la presse ne peut être aveugle. Et que, malheureusement, certains journaux ne la méritent plus.

    Cordialement,

    Commentaire par Nicolas — 06/04/2009 @ 23:43

  42. Quand on traite l’information comme n’importe quel produit à vendre, il n’est pas surprenant de finir par avoir des clients déçus qui boycottent et incitent les autres à faire de même.

    Commentaire par Ben — 06/04/2009 @ 23:59

  43. @nicolas : merci pour votre intervention, j’avais souvenir en effet que vous n’adhériez plus au Monde.

    Sur la base aveuglée par ses passions et qui serait pilotée par des syndicalistes éclairés, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Je songeais plutôt à des divergences d’opinion au sein même de la communauté universitaire. Est-ce si choquant de confier aux présidents d’université le soin de piloter leurs effectifs en fonction des besoins des universités et des qualités des enseignants-chercheurs ? Idéologie libérale me direz-vous ! L’enseignement sera la « punition » du chercheur peu productif ou peu inventif, ai-je lu. Ah bon ? Ainsi donc, certains entreraient dans la carrière universitaire en caressant l’espoir d’enseigner le moins possible et en considérant que la recherche est noble tandis que l’enseignement serait vil…J’espère avoir mal compris. Il y a autre chose qui me préoccupe, à bientôt 40 ans, je ne dénombre même plus les grèves qui ont agité l’enseignement, le nombre de mois et si on les met bout à bout sans doute d’années durant lesquelles il n’y a pas eu de cours parce que des enseignants étaient froissés par des projets de réforme de droite comme de gauche. Vu de l’extérieur, cela donne le curieux sentiment que l’université serait la chose des universitaires, un pré-carré intouchable où le respect de l’étudiant n’aurait guère sa place. Est-il judicieux en pleine crise économique de s’abstenir d’enseigner depuis des semaines ? Est-ce un comportement responsable ? Depuis plus de 12 ans que j’observe la justice, j’ai toujours vu les avocats comme les magistrats s’interdire de bloquer le système judiciaire plus de quelques heures ou de quelques jours par respect pour les justiciables. Je vous avoue préférer largement ce comportement.

    Et pour en revenir au Monde, vous avez tout à fait le droit de penser que sa qualité a baissé et je ne suis pas loin de vous croire. Il se trouve que ce journal comme tous les titres de presse a traversé des périodes très difficiles et n’est pas au mieux de sa forme. Le critiquer est sain et l’aidera sans doute à trouver sa voie dans un secteur particulièrement chahuté. En revanche, lancer une opération comme celle dont nous parlons ici n’est rien d’autre que du terrorisme intellectuel parfaitement en ligne avec les méthodes de la gauche révolutionnaire.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/04/2009 @ 09:06

  44. que les universitaires se rassurent : ils conservent tout le soutien de Télérama (groupe Le Monde).

    Commentaire par david — 07/04/2009 @ 11:38

  45. >Est-ce si choquant de confier aux présidents d’université le soin de piloter leurs effectifs en fonction des besoins des universités et des qualités des >enseignants-chercheurs ?

    Une réponse à cette question dans ce texte : http://www.laviedesidees.fr/Pour-des-universites-plus-justes.html paru en version courte dans lemonde

    >Ainsi donc, certains entreraient dans la carrière universitaire en caressant l’espoir d’enseigner le moins possible et en considérant que la recherche est >noble tandis que l’enseignement serait vil…J’espère avoir mal compris

    Oui vous avez mal compris. J’ai l’impression que vous avez sur les universitaires les même apriori que d’autres ont sur les journalistes.
    Il ne s’agit pas de préférer enseignement ou recherche. Il s’agit de trouver un bon compromis. Or il se trouve juste que concrètement avec les 192 heures par an d’enseignement,les enseigants chercheurs sont débordés et ont très peu de temps de faire de la recherche. Le decret autorise un rallongement des heures couplés avec une baisse des effectifs et des financements. En période de disette budgétaire, la question ne sera même pas moins d’heures pour les « bons chercheurs » et plus pour les « mauvais ».
    J’ajouterai que cette subordination de l’enseignement à la recherche n’est pas le fait des enseignants-chercheurs. Le decret n’a pas proposé plus de recherche pour les mauvais enseignants par exemple. Et plus généralement un enseignant chercheur est évalué sur sa recherche, pas sur son enseignement.

    >Vu de l’extérieur, cela donne le curieux sentiment que l’université serait la chose des universitaires, un pré-carré intouchable où le respect de >l’étudiant n’aurait guère sa place.

    Oui là c’est aussi clairement vu de l’extérieur. Pour avoir assister à des AG de laboratoire, la première des réflexions étaient de savoir comment ne pas pénaliser les étudiants. Donc vos a priori ne sont pas en accord avec la réalité.

    Et je finirais par dire que contrairement à ce que vous pensez, ce n’est pas une protestation réduite aux seuls enseignants-chercheurs pour protéger leur propre intérêt mais une protestation de l’ensemble de la communauté universitaire et scientifique, présidents d’université inclus. Dans mon laboratoire, même les chercheurs modérés qui ne prennent pas par d’habitude aux protestations sont impliqués dans le mouvement.

    Commentaire par Duncan — 07/04/2009 @ 12:30

  46. @aliocha: Il me semble que vous vous méprenez sur l’envergure et l’importance du mouvement… D’une part les grèves d’enseignant chercheur des universités sont rares, celles rassemblant un aussi vaste panel pendant aussi longtemps encore plus: ne confondez pas educ nat et fac, ni enseignant-chercheur et étudiants. D’autre part c’est plus que la corporation des maitres de conf qui défend son beefsteak (même si il y évidement de ca), c’est l’ensemble de la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche qui fait un baroud d’honneur pour essayer d’infléchir l’orientation idéologique profonde qui préside aux reformes de la recherche depuis quelques années. Le sentiment est peut-être un peu « parlez maintenant ou taisez vous à jamais »… Le conflit dure depuis deux mois, le gouvernement n’a, dans le fond, cédé sur rien; un certain désespoir peux commencer a s’installer, propice à des réactions plus extrême et plus discutable.

    Le Monde est resté droit dans ses bottes de voix du système, sans chercher à voir les causes profondes au delà des demandes précises, un peu épiphenoménale. Il (via Luc Cédelle) se retranche derrière une supposée paranoïa, une théorie du complot de la part des chercheurs. Or on le sait, l’apparition de la « théorie du complot » est un autre point Godwin dans la discussion: elle annonce un discrédit complet ce celui qui soutient ces thèses, son exclusion de la communauté des gens rationnels avec lesquelles la discussion est possible. Et dès que les discussions s’arrête, la bagarre commence…

    Commentaire par PetitPiteux — 07/04/2009 @ 12:43

  47. @ Duncan (45) & Aliocha :

    Sur la valeur relative de l’enseignement par rapport à la recherche, il faut bien reconnaître qu’il n’y a pas vraiment de consensus au sein de la communauté. Bien sûr, en façade, tout le monde proclame l’importance de l’enseignement et personne ne dit que l’enseignement est en dessous de la recherche. Il n’empêche que, dans les faits, c’est quand même comme ça que c’est vécu. C’est en partie la faute de « en haut » (l’administration, le gouvernement…) qui n’ont jamais valorisé réellement l’enseignement (dans les statuts, les rémunérations, les évaluations…), mais quand on discute avec des enseignants-chercheurs ou des chercheurs, ça vient aussi d’en bas, de chercheurs qui se définissent avant tout par leur recherche, qui ne parlent de leur part d’enseignement que comme d’une charge dont il faut s’acquitter parce qu’il faut bien que quelqu’un le fasse, qui sont tout à fait pour moduler la part d’enseignement de certains, mais à condition que leur part à eux n’augmente pas, etc.

    Ça se retrouve à tous les niveaux de discussion, d’ailleurs. Des coordinations comme SLR, dans ses débats internes, a énormément de mal à dégager une opinion qui soit plus qu’un consensus mou à base de yaka-fokon (alors que sur d’autres sujets ils proposent des mesures très concrètes). Ou encore, quand on parle d’évaluation (de l’enseignement), on est très loin d’un consensus sur l’évaluation (en partie) par les élèves, alors que ça devrait être une évidence si on veut vraiment valoriser l’enseignement. Etc, etc.

    Évidemment, le Monde (ou d’autres) ont beau jeu de ne sélectionner que les propos qui vont dans le sens de l’image qu’ils veulent donner. Mais d’ici à dire que ça ne reflète pas du tout ce qui se passe ou se dit à l’intérieur de la communauté, je ne suis pas d’accord. Ça n’est pas l’avis de tous (et c’est rarement dit de manière si tranchée), mais il serait hypocrite de dire que tout le monde pense le contraire.

    Commentaire par Rémi — 07/04/2009 @ 13:31

  48. Bonjour Aliocha,

    Votre réponse au #30;

    Je sens que vous n’allez pas tellement apprécier mon commentaire, mais tant pis, cette remarque me titille (et je suis chatouilleuse).

    Cela fait plusieurs fois que je vous vois céder à une tentation à laquelle je souhaiterais ne pas vous voir céder, surtout au vu de votre profession : cataloguer les gens, leurs opinions, et une fois ce travail fait, une fois vérifiée l’adéquation entre l’étiquette et le contenu, vous abstenir d’aller creuser plus avant.

    A peu près n’importe quel débat, même vif, même polémique, se construit à partir des matériaux suivants : des faits et des valeurs. Autrement dit, si l’on aborde la chose sur un plan subjectif, des savoirs et des opinions.

    Moi qui apprécie les débats, même empreints, le cas échéant, d’une pointe de mauvaise foi (libre à vous d’y voir une déformation professionnelle), j’ai toujours eu une sainte horreur de ces personnes qui, lorsque je les contredisais (peu importe l’objet de la discussion) brisaient là d’un simple : « après tout, c’est votre opinion, j’ai la mienne ».

    Oui. Mais non.

    Parce qu’il est tout de même possible d’essayer de faire le tri, dans tout discours, dans tout débat, entre ce qui relève du fait (au sens large, le fait, l’information, le factuel) et ce qui relève de la valeur.

    Que les valeurs soient subjectives et que ce soit vraiment très très mal et très très très irrespecteux de vouloir faire changer quelqu’un d’avis, soit. Mais quand une opinion est partiellement fondée sur ou justifiée par un savoir erroné, l’erreur peut tout de même être rectifiée.

    Donc, venir dire : attention, c’est un avocat/magistrat/greffier qui s’exprime sur un projet de réforme juridique, il manque d’objectivité et d’indépendance ; venir dire : attention c’est un enseignant-chercheur qui s’exprime sur un projet qu’il conteste, il est subjectif, voire, victime de ses émotions – sans s’intéresser à ce qui, dans les contestations, relèverait non plus de la partialité du sujet, mais de sa compétence, c’est réducteur.

    Ça ne veut pas dire que c’est faux. Mais cela n’empêche pas que cela soit réducteur.

    Après tout, on peut être partial et avoir raison.

    Aliocha : je sais que c’est votre obsession ça, mais comprenez bien que pour expliquer le journalisme et surtout son intérêt par rapport à la parole de l’expert, je suis obligée d’expliquer que ce qui nous fait défaut en terme de science, nous le compensons par l’indépendance. C’est de la pure théorie de régulation économique, je n’en suis pas l’inventeur. Tous les régulateurs sont conçus sur un soigneux panachage de sachants et d’indépendants. Voyez à ce sujet les travaux de la chaire de régulation de sciences Po. Par ailleurs, qui croyez-vous que l’on interviewe sur tous ces sujets, nous, les journalistes ? Eh bien les spécialistes justement. Sauf qu’on essaie d’en entendre plusieurs et puis d’entendre aussi d’autres personnes concernées pour avoir une vision globale du sujet. Cela donne un article de journaliste par opposition à une opinion d’expert. Si on ne comprend pas cela, on ne comprend rien à l’intérêt du journalisme dans une démocratie. Et sur Acrimed maintenant, je vais être plus claire : un maitre de conférence de gauche, voire d’extrême gauche qui écrit sur la grève pour un site un tantinet gauche révolutionnaire, fait un travail tout à fait respectable et digne d’intérêt mais qui ne saurait être élevé au rang de preuve que Le Monde a tort comme tentait de le prétendre le commentateur qui l’a cité. Ce n’est qu’une opinion parmi d’autre que j’ai lue avec intérêt pour me forger une opinion. Est-ce si difficile à comprendre ?

    Commentaire par Fantômette — 07/04/2009 @ 16:17

  49. Les journalistes sont-ils des privilégiés ? Je ne vois pas en quoi cet appel au boycott est pire ou moins légitime que le boycott de Danone ou de Nestlé.

    Un groupe d’enseignants-chercheurs veut boycotter un journal car il n’est pas satisfait de la qualité de ce journal. Ils n’en n’ont pas le droit ? Ils n’obligent personne à suivre ce boycott, ils ne séquestrent pas les journalistes, ils ne brûlent pas les kiosques.

    De plus, vous faites deux erreurs:

    1) ce que ce groupe d’enseignants-chercheurs reproche au journal, c’est de caricaturer leurs positions, autrement dit de faire de la désinformation. Ils ne demandent pas au Monde de se transformer en tract syndical, par contre ils estiment qu’ils ont droit à une présentation factuelle, aussi fidèle que possible, des raisons qui les poussent à faire grève. Est-ce trop exiger du « journal de référence » ? Vous qui vous battez pour un journalisme de qualité, qui ne se contente pas de reprendre béatement les communiqués officiels, pourquoi condamnez-vous a priori une initiative qui déplore la mauvaise qualité d’un journal ?

    2) sur les réformes-que-les-responsables-syndicaux-soutiennent-en-off-mais-dénoncent-en-public: je doute que ces responsables existent. Je pense plutôt que les responsables reconnaissent « en off » que tout n’est pas mauvais dans la réforme mais qu’ils doivent simplifier leur discours pour se faire comprendre du grand public et aussi des journalistes. Je voudrais donner un exemple. En 2005, à l’occasion d’une petite manifestation de chercheurs, je discutais avec un journaliste (d’un journal local) de la réforme à laquelle je m’opposais. Je lui expliquais que je n’étais pas contre toute réforme de l’enseignement supérieur, mais que la réforme du gouvernement était mauvaise pour telle et telle raison. Je lui expliquais que les chercheurs proposaient eux-même une réforme, et que le gouvernement avait pris certaines exigences des chercheurs pour mais en les déformant, en les vidant de leur substance. Vous savez ce que le journaliste me sortit alors? « Au fond, cette réforme, vous êtes pour même si vous manifestez contre. » No comment.

    Pour finir, je précise que je suis contre ce boycott et que j’ai trouvé la couverture du Monde relativement bonne et factuelle, à part 2-3 articles qui étaient clairemet pro-gouvernement. Je ne suivrai pas les consignes de boycott.

    Aliocha : euh, si je comprends bien, j’ai tort parce que vous êtes d’accord avec moi 😉 Je ne revendique aucun privilège pour la presse, j’estime juste avoir le droit de trouver que l’attaque menée contre elle dans ce dossier est stupide, ça s’appelle la liberté d’opinion. J’observe au passage que vous n’avez pas trouvé le traitement de l’affaire par Le Monde aussi mauvais que certains le prétendent et je vous remercie de le dire ici.

    Commentaire par Tristan — 07/04/2009 @ 17:38

  50. Je n’étais pas au courant de cette démarche des enseignants-chercheurs. La « charte » que vous reproduisez en 32 est honteuse, il s’agit carrément de revendiquer la malhonnêteté intellectuelle pour régler un conflit idéologique entre deux groupes sociaux qui ont été longtemps liés, c’est vraiment triste ; surtout que ces engagements sont à l’exact opposé de ce que doit faire, au mieux, un chercheur.
    Je ne lis pas Le Monde, autant par parti-pris idéologique (Paris vs. banlieue ; quadras contre jeunes ; CSP++ contre moyens => tous ces schémas affectifs qui structurent un garçon de 20 ans), que par manque de temps. Mais les articles que ma professeur de géographie (monstre sacré de l’Université enseignant en prépa) nous a, pendant trois ans, photocopiés du Monde, nous ont souvent été utiles. Elle en a aussi tiré du Figaro, de Libération, voire d’autres journaux ou revues ; mais Le Monde a vraiment sorti les papiers les mieux faits sur le vin, les friches industrielles ou autres. Alors un chercheur « en lutte contre Le Monde » ne citera que les journaux à gauche de Libération, voire de L’Humanité ; et un chercheur « en lutte pour la Réforme », au moins Le Figaro ?!
    C’est néfaste, et d’abord pour les étudiants.

    Par contre, je ne vous suis pas dans la dénonciation des enseignants-chercheurs. Beaucoup redoutent l’âge de la mise en retraite parce qu’ils ne pourront plus que chercher, et que le contact, le passage de savoirs à des jeunes de 18 à 25 ans leur manquera énormément, avec toutes les joies, les surprises, les peines qu’il apporte. C’est un élément de vie incommensurable, moins glorieux que telle ou telle découverte utile à un microcosme universitaire, mais sans doute au moins autant gratifiant, et plus durablement.
    J’ai connu, directement par mes professeurs de prépa -donc pas chercheurs-, ou indirectement lors de colloques, conférences, ou par ouï-dire, des professeurs de tous âges, tous chercheurs, en sciences humaines, en médecine, ou en sciences physiques et mathématiques, des enseignants merveilleux à l’Université ; et parmi eux, un certain nombre opposés à cette réforme. Il serait dommage de leur supposer une position comparable à celle de cette « charte ».

    D’ailleurs la charte : qui, quoi, quand, où, quelle diffusion ?
    Ce serait vraiment inadmissible que des universitaires français se mettent à avoir ce genre de comportements.

    Commentaire par Irfan — 08/04/2009 @ 00:24

  51. Pfou! Merci à Aliocha pour sa capacité de réplique, la mienne est en panne.

    Bravo à la meute: j’en suis au stade de la suffocation. Même pas pu parler de tout cela sur mon propre blog… J’ai même lu ici, plus haut, qu’un type me reprochait de faire mienne la théorie du complot, qui est ma véritable bête noire depuis quelques années. J’ai lu que j’avais écrit des articles « clairement pro-gouvernement » (une évidence pour cet internaute, un véritable mystère pour moi, tout journaliste non-militant pouvant être amené à tel ou tel constat qui « arrange » momentanément un camp contre un autre, ce n’est pas pour cela qu’il est lui-même partisan). J’ai lu que des gens éduqués considèrent comme une « preuve » le poulet indigeste produit par l’Acrimed, où un enfant de 10 ans remarquerait d’abord la volonté de démolir.

    J’ai lu que mon travail avait toutes sortes de défauts, désignés dans les termes les plus blessants possibles (« désinformation ») et je ne peux m’empêcher de remarquer et de faire remarquer ceci: après une carrière jusque là irréprochable le mauvais journaliste qui sommeillait en moi s’est subitement éveillé à la seconde précise où j’ai omis de manifester mon accord entier avec les « enseignants chercheurs en lutte ». J’ai publié un livre au Seuil à la dernière rentrée et personne, aucun chercheur, aucun Acrimed, aucun Pierre Jourde (lui aussi, il s’y est mis, ça s’appelle « Cédelle et Rollot sont sur un bateau ») n’avait alors repéré ma profonde nocivité. Curieux, n’est-ce pas?

    Jusqu’à présent, c’est-à-dire jusqu’à mon malheureux contact avec l’actuel mouvement universitaire, j’avais toujours eu l’estime de mes interlocuteurs, même les plus éloignés idéologiquement.

    Bizarre, non?

    Je suis très en colère, vraiment, et pas disposé à me laisser faire. Pour l’instant, j’encaisse. Mais ceux qui cherchent à me déconsidérer professionnellement ne perdent rien pour attendre. Je sais, ça fait matamore… Mais, comme journaliste, j’ai toujours suspecté ceux qui ne répliquaient pas aux accusations de les mériter.
    Luc Cédelle

    Commentaire par Luc Cédelle — 08/04/2009 @ 01:46

  52. Oui, pardon : le « clairement pro-gouvernement » était dans un commentaire pas du tout excité et en rien assimilable à la « meute » dont je parle. N’empêche. Même isolée, cette expression me fait bondir.

    Commentaire par Luc Cédelle — 08/04/2009 @ 01:53

  53. « comprenez bien que pour expliquer le journalisme et surtout son intérêt par rapport à la parole de l’expert, je suis obligée d’expliquer que ce qui nous fait défaut en terme de science, nous le compensons par l’indépendance ».

    Mais je le comprends parfaitement, aliocha. Et c’est l’attitude que j’adopte à propos de votre blog, ou des journalistes lorsqu’ils parlent du journalisme. Ce qui ME fait défaut en terme de science, sur le journalisme, je le compense par l’extériorité de mon regard.

    Vous parlez d’expliquer le journalisme. Fort bien, je suis preneuse, j’aime apprendre – pour comprendre. Parce que je me sens capable, précisément, de faire le tri entre ce qui, dans vos billets, relève de votre compétence et ce qui relève de votre partialité.

    A certains moments, vous apportez des explications pour lesquelles je vous fais crédit de savoir bien mieux que moi ce dont il retourne. Ce sont des moments où vous apportez des explications factuelles, par exemple, ou des moments où vous développez un raisonnement dans lequel ne se discerne aucune faille. Je prends sans hésiter. Et puis, il y a des billets qui, en tout ou partie, ne relèvent que du billet d’humeur. Ils sont la manifestation de votre propre manque d’indépendance lorsque vous parlez de la presse. A cet endroit, mon regard est donc plus objectif que le vôtre. Je ne dis donc pas autre chose que vous.

    Maintenant, prenons Acrimed, puisque vous y revenez.

    J’ai été voir le billet en question. Contrairement à ce que vous semblez indiquer, il ne me semble pas qu’il y soit affirmé que « le Monde se trompe ». On lui reproche (à tort ou à raison) d’avoir failli à la mission que vous fixez vous-même aux journalistes puisqu’on lui reproche de n’avoir pas été suffisamment impartial et indépendant.

    Je crois que vous-même avez une définition plutôt fonctionnelle de l’indépendance.

    Il s’agit de limiter tout ce qui, de près ou de loin, évoque l’existence d’une connivence, ou pire encore, un lien d’intérêt entre les autorités (au sens large, j’y inscris également les grands acteurs économiques et sociaux, syndicats compris) et les journalistes. Vous parlez, à très juste titre, d’éviter la confusion des genres, de maintenir une distance – ce qui est éminemment difficile puisque vous n’accédez également aux experts que dans la mesure où il faut aussi faire exister un climat de confiance… bref, il s’agit d’être en permanence sur un fil, suffisamment proche pour établir et maintenir le lien, suffisamment distant pour permettre une parole libre.

    Vous voyez, je crois donc avoir bien compris tout cela.

    Mais l’indépendance et l’impartialité ne s’expriment pas uniquement fonctionnellement. Et de cette difficulté, peut-être encore plus vive, vous vous êtes également fait parfois l’écho.

    Ce n’est pas le tout d’être indépendant, encore faut-il aussi, EN PLUS, en donner l’apparence. On pourrait appliquer aux journalistes, après tout, la fameuse et exigeante théorie de l’apparence, que la CEDH élabore pour les magistrats, fréquemment résumée sous la forme de la citation classique : « la femme de César ne doit pas pouvoir être soupçonnée ». Le Monde (et plus généralement, l’ensemble des journalistes qui écrivent ailleurs que dans le Monde) ne devraient pas plus pouvoir être soupçonnés.

    Cet article (dont je ne nie pas qu’il est extrêmement critique vis-à-vis du Monde) propose, notamment dans sa première partie, une analyse des champs lexicaux utilisés par le journal sur plusieurs semaines pour rendre compte du mouvement des EC.

    Voilà une démarche que j’ai trouvé extrêmement intéressante.

    Qui plus est, littéralement, scientifique. J’ai plusieurs fois rêvé, figurez-vous, trouver ce genre d’analyse dans la presse. Parce qu’à vrai dire, à l’estime, je me suis souvent fait cette réflexion sur le discours politique, en y voyant ce que je qualifierai subjectivement de « dérive ».

    Dès qu’un gouvernement (quel qu’il soit) fait face à une contestation, le champs lexical utilisé pour qualifier ce mouvement et ceux qui l’animent est une champs lexical relevant quasi-exclusivement du domaine de l’émotionnel et de l’affectif. Je trouve cette tendance à infantiliser (au moins dans le discours) ses interlocuteurs très déroutante, et irritante.

    Combien de fois pour évoquer des contestations allez-vous trouver dans le discours des autorités de tutelle (et le mot me frappe soudain, le tuteur étant naturellement avant tout chargé de veiller aux intérêts des INCAPABLES confiés à sa bienveillante protection) les mots suivants : désarroi, inquiétude, crainte, grogne, mauvaise humeur ?

    Alors que du côté des autorités, on va rester dans le rationnel, le pondéré, le raisonnable : « j’entends les inquiétudes qui s’expriment », « il s’agit de rassurer et d’expliquer », on fait des « propositions qui vont dans le sens d’un apaisement », on parle d’une « nécessaire pédagogie », de « concessions », « d’arrondir les angles ».

    Ne dirait-on pas un parent qui se maitrise efficacement, face à la grosse colère d’un enfant capricieux, mais auquel on pardonne, car « il exprime une angoisse qu’il faut savoir écouter » ?

    Vous n’imaginez pas le nombre de fois où j’ai rêvé d’entendre qui que ce soit, n’importe qui, un journaliste peut-être, s’adresser à un ministre qui s’agace des contestations dont il ferait l’objet en lui disant d’un air apaisant : « allez-y, exprimez-vous, je comprends votre désarroi. »

    C’est exactement ce travers que le billet d’acrimed dénonce, en mettant sur le dos des journalistes une manie qu’en ce qui me concerne, j’avais surtout discerné dans le discours politique, mais peu importe en réalité.

    Maintenant, une mise au point, que je fais plus objectivement que vous, puisque je ne suis ni enseignant-chercheur, ni journaliste.

    Sur toute la première partie de l’article, l’analyse faite est intéressante, et me semble fondée. C’est une critique faite aux journalistes du Monde dans leur ensemble, mais qui pourrait être fait à tous les autres également. Attention à vos champs lexicaux. C’est une saine critique, et l’effort d’analyse fait par les auteurs est convaincant.

    Pour ma part, j’y ajouterai la raison suivante d’y prêter attention : j’y vois un manque de recul dans la reprise faite du discours officiel. Les grèvistes sont angoissés ? Peut-être bien oui. Je suppose que cette situation stresse également Valérie Pécresse. Alors, soit on propose un week-end en thalasso à tout le monde, soit on renvoit à tout un chacun le soin de prendre soin de sa santé personnelle, et on tente de voir s’il n’est pas possible de distinguer ce qui, dans le discours des uns et des autres, relèverait de l’intelligible, pour voir si une discussion digne de ce nom est possible.

    Pour que les choses soient claires, en ce qui me concerne (je sens aliocha, que vous avez besoin de cette information pour vous faire une idée de ce que vaut ce commentaire), je suis plutôt favorable à la réforme Pécresse dans les grandes lignes (sauf à vérifier la possibilité de leur mise en pratique sur certains aspects, par ex. concernant l’obligation de publication), qui ne fait que revenir à des réformes et projets de réforme qui sont dans l’air du temps depuis la IIIème République (oui, parce que j’aime pouvoir me faire une idée de l’évolution d’une situation avant de me faire une opinion sur des réformes. Je recommande d’ailleurs à ceux que le sujet intéresse d’aller fureter sur internet à la recherche, par exemple, des travaux d’une Emmanuelle Picard, universitaire et historienne, qui travaille précisément sur l’histoire de l’Université et qui est la seule plume que j’ai vu capable de réinscrire cette réforme dans une perspective historique.)

    Je trouve par ailleurs la défense présentée par L. Cédelle sur son blog non seulement digne d’intérêt, mais excellente et convaincante.

    Je suis d’accord avec lui sur la possibe maladresse qu’il y a eu dans le défaut de définition précise du terme de « buzz ». Et je souscris parfaitement à son analyse lorsqu’il écrit :

    « le buzz désigne tout ce qui circule de bouche à oreille ou d’une boîte de messagerie à l’autre et … ce flux peut charrier des choses vraies comme de bonnes vieilles rumeurs. La nouveauté et la complexité, c’est justement que les deux catégories étant désormais véhiculées par le même canal, il devient de plus en plus difficile de les distinguer. La validation par un ou plusieurs médias « honorables » en est une, mais cette honorabilité est de plus en plus en contestée… par ceux qui trouvent leur intérêt dans les rumeurs. »

    J’applaudis vigoureusement, parce que c’est précisément ce que j’entendais par l’idée de faire le tri, dans le discours, entre ce qui relève de l’expression d’une partialité, et ce qui relève de l’expression d’une expertise. C’est devenu difficile, et qui plus est, visiblement, risqué.

    Mais que cela fasse partie du travail d’un journaliste me semble être une évidence.

    Commentaire par Fantômette — 08/04/2009 @ 11:26

  54. @ Luc Cédelle

    Pourquoi vous justifier? Vous n’avez pas à le faire. Même d’écrire un article pro-gouvernement si tel est le cas! Nul n’a le droit de vous reprocher d’avoir une opinion ou un positionnement politique ni de l’exprimer.

    Je me rappelle (corrigez-moi si je me trompe, c’est loin) qu’à l’époque du gouvernement Balladur (1993-1995), des lecteurs reprochèrent au Monde d’être « pro-gouvernement ». Si je me souviens bien, la réponse du journal fut que si la rédaction était de tendance générale balladurienne, chaque lecteur pouvait constater que les articles et points de vue critiques envers le gouvernement étaient loin d’être absents du journal.

    J’avais, à l’époque, beaucoup apprécié la justesse et l’honnêteté de la réponse du Monde, assumant clairement sa position et remettant les pendules à l’heure.

    Commentaire par Ferdydurke — 08/04/2009 @ 11:32

  55. @ fantômette

    1) Merci. Même si ce n’est pas leur but, vos propos m’apportent un précieux, bien que provisoire, réconfort.

    2 ) Je vous cite: « Dès qu’un gouvernement (quel qu’il soit) fait face à une contestation, le champ lexical utilisé pour qualifier ce mouvement et ceux qui l’animent est un champ lexical relevant quasi-exclusivement du domaine de l’émotionnel et de l’affectif. »

    C’est exact, et c’est effectivement « irritant ». Mais vous oubliez que ce n’est pas à sens unique. Par exemple, dès qu’une parole gouvernementale semble hésiter ou en contredire une autre, les médias s’emparent automatiquement du champ lexical de la discorde: cafouillage, cacophonie, zizanie,etc. Dès qu’un gouvernement change d’avis ou simplement ajuste un projet aux circonstances, c’est un « recul », un « désaveu », voire une « déroute » ou une « Bérézina »… Et dès qu’une épreuve se profile, c’est « la journée de tous les dangers »… Bref, les clichés journalistiques sont nombreux, inusables et désolants mais ne sont nullement réservés aux mouvements sociaux ni destinés à leur seule infantilisation. L’infantilisation des ministres eux-mêmes est également très pratiquée.

    3) La véritable cabale montée par nos détracteurs à partir du mot « grogne », que l’Acrimed met particulièrement en valeur, est tout simplement insensée. Personnellement, je n’utilise jamais ce mot, que je n’aime pas. Si ma collègue l’a utilisé, je n »ai pas d’autre critique à formuler que cette réserve, essentiellement esthétique, vis-à-vis d’un cliché. L’Acrimed se déchaîne là-dessus, comme elle se déchaîne sur d’autres éléments ou fragments de nos articles. Le procédé utilisé, car c’en est un à mes yeux, est typique des techniques pamphlétaires: faire tomber une telle pluie d’accusations que l’accusé ne peut plus, physiquement, y faire face.

    Commentaire par Luc Cédelle — 08/04/2009 @ 12:14

  56. Bon, ma réponse à votre réponse sera perdue dans la masse, mais bon… vu qu’on est en désaccord, ça purra toujours être intéressant.

    Je pense que votre perception de la censure potentielle d’un titre par un groupe de personnes (non identifié mais probablement anecdotique) est déraisonnable. Vous ne devriez pas y attacher autant d’importance. CE n’est pas parce qu’un groupe ou un autre appelle au boycott qu’il y a censure. La censure demande une violence physique, une obligation (légale ou non) qui n’existe pas ici. M.Cedelle ne craindra pas pour sa vie suite à ce message, et ne changera (probablement) pas son stylo d’épaule.

    Le Monde s’en remettra: il a d’ailleurs l’expérience de ce type de comportement, puisque labellisé « journal bourgeois » pendant trente ans entre sa fondation et la chute de l’URSS, sa lecture était interdite dans la grande famille du PCF (20% de l’électorat d’alors, autrement plus significatif que les trois clampins signataires du texte de Bakchich, ou même que les quelques milliers de chercheurs français).

    Ce que votre réaction, un peu excessive à mon sens, révèle, c’est l’insécurité collective que vous percevez en tant que journaliste, du fait de la crise de la presse.

    Mon conseil est donc celui de l’indifférence pour vous, et du commentaire ironisant pour M.Cedelle. ça suffit bien largement comme réponse à ce texte qui n’a pas d’importance autre que comme symptôme.

    Aliocha : mais non votre réponse n’est pas perdue dans la masse (je suis encore loin des 300 commentaires d’Eolas, c’est intime ici ;)). Objectivement, ce n’est peut-être pas important, encore qu’on ne sait pas où tout ça va mener Le Monde dans un contexte de crise en général et de crise de la presse en particulier, mais l’affaire a plusieurs mérites. D’abord montrer que les journalistes ne sont pas insensibles à leurs lecteurs, loin de là. Ensuite que ces lecteurs peuvent avoir des réactions contestables. Pour comprendre pourquoi ça me heurte même si contrairement à Luc Cédelle je ne suis pas en cause, il ne faut pas aller chercher du côté d’une forme de corporatisme ou de militantisme chez moi, mais plutôt dans l’expérience du métier au quotidien. Le journalisme est une lutte permanente, lutte pour obtenir l’information, lutte pour comprendre l’actualité, lutte encore pour obtenir des interviews, lutte toujours pour se faire une opinion au milieu des divergences de vues, d’intérêts et même des mensonges que nous trouvons sur notre route, lutte parfois pour faire passer notre sujet, lutte encore contre les formats trop étroits, les contraintes diverses et variées, contre le temps qui nous presse, l’actualité qui nous bouscule. Au terme de cette lutte, il y a l’article dont nous sommes parfois satisfaits, parfois moins mais dont nous savons ce qu’il nous a coûté d’efforts pour faire au mieux sans jamais être sûr d’y parvenir. Et après l’article, les réactions individuelles des lecteurs, l’un croyant relever une faute, l’autre heurté par un mot, le troisième estimant que nous ne sommes pas objectifs et ainsi de suite. Nous ne connaissons jamais de répit, nous écrivons en sachant qu’il y aura des critiques mais aussi en caressant l’espoir secret d’une reconnaissance qui ne vient jamais ou si rarement. Au final, on se reconnait bien mal dans le mythe du journaliste tout-puissant et arrogant, dictant sa loi à ses interlocuteurs, méprisant leur opinion, travestissant leurs propos, écrivant à la va-vite des papiers à moitié bâclés, imprécis, truffés d’âneries etc. Voyez-vous, une de mes amies patronne de presse qui a piloté à peu près tout ce que nous comptons aujourd’hui de grands titres me disait un jour : « un journaliste c’est fragile, il faut le protéger ». Sa phrase m’a d’autant plus surprise qu’elle est la première à nous reprocher notre incapacité à comprendre les contraintes économiques d’un journal, notre mépris de la pub, notre méfiance à l’égard des attentes des lecteurs au nom de notre indépendance. Mais ça ne l’empêche pas de reconnaître aussi que nous faisons un métier exposé, le plus souvent par passion, que nous sommes sans arrêt en risque et que tout ça nous rend fragiles en effet. J’ai parfois l’impression que la violence des lecteurs est proportionnelle à l’idée qu’ils se font de notre pouvoir et de l’arrogance que nous sommes censés en retirer, il faut en finir avec ce malentendu. Quand il m’arrive de rencontrer des stars de ma profession, je suis la première surprise de leur simplicité et de leur humilité. Il y a sans doute chez nous une poignée de connards prétentieux mais croyez-moi, ce n’est pas la majorité. Loin de là.

    Commentaire par Javi — 08/04/2009 @ 14:28

  57. @ Luc Cédelle

    Vous avez raison : l’utilisation instrumentalisée de tel ou tel champs lexical n’est certes pas l’apanage exclusif du gouvernement. Vous pourriez du reste rajouter que, les victimes de cette sur-utilisation du lexique affectif ont tendance à l’employer pour se décrire elles-mêmes – ce qui est le comble, et ce qui m’irrite tout autant. Cette tendance est notamment perceptible dans l’exercice du micro-trottoir. Cette instrumentalisation du langage passe quasiment inaperçue des concernés eux-mêmes, qui, dans le contexte actuel d’une perpétuelle quête d’innocence (comme l’analyse Bruckner) sautent au contraire sur l’occasion pour prétendre susciter une compassion dont ils devraient se rendre compte tout seuls qu’ils n’ont rien à attendre.

    Par contre, je ne crois pas que le champs lexical instrumentalisé autour des idées de « cafouillages », « valse-hésitations », « silences embarassés », « désaveux », « volte-face » etc soient infantilisants. Honnêtement, non. A mon avis, l’idée pivôt qui s’y manifeste est celle de l’incompétence, de l’indécision, et donc d’une forme de faiblesse, mais je n’y discerne pas une infantilisation, comme lorsque l’on mobilise au contraire le champs de l’affectif.

    La position que j’ai plusieurs fois exprimée sur ce blog (raison pour laquelle notre hôtesse y voit une « obsession », mais je sais qu’elle utilise ce terme avec une certaine affection, assortie d’une pointe d’agacement) est que l’expertise particulière du journaliste doit résider primordialement dans sa capacité à n’être pas la dupe des discours qu’on lui tient, dans sa capacité à les analyser, à les comprendre, à les décortiquer, à en comprendre les rouages les plus secrets, les plus discrets, ET à en rendre compte.

    Tout en produisant lui-même un discours, évidemment, un discours qui produira nécessairement ses propres clichés, et aura sa propre technicité. C’est inévitable. Mais, je ne pense pas qu’il s’agisse de cela ici. Ce ne sont pas VOS clichés, et c’est précisément là le problème. Ce sont les clichés des ministres d’un côté, et de leurs opposants de l’autre.

    Enfin, à propos du billet chez Acrimed, je ne vous suis que partiellement. L’article est frontalement critique vis-à-vis de votre article, mais pas uniquement, c’est tout le traitement réservé par le journal dans son ensemble au mouvement de contestation des universités qui y est vivement critiqué. Le mot « grogne » n’est pas le seul à être repris, toute la première partie du billet est essentiellement composé de larges et nombreuses citations d’articles du Monde, et elle est destinée à servir la démonstration de la récurrence d’un champs lexical précis, utilisé pour rendre compte des protestations émises par les EC.

    Je n’y vois pas le « déchaînement » que vous y lisez – le terme m’évoquant une absence de maitrise, d’articulation, et donc, d’intelligibilité que je n’y retrouve pas. J’y vois une critique extrêmement virulente, certes, mais qui offre encore suffisamment d’arguments pour que vous y rétorquiez – ce que vous avez commencé de faire sur votre blog, d’ailleurs, et tant mieux. Le billet publié chez acrimed n’est pas un tract. Ce n’est pas une série de slogans. C’est violent, mais c’est articulé. Très franchement, tout cela reste dans le domaine du « débatable ».

    Rentrez-leur donc dedans, mais par pitié, contre-argumentez. Se contenter de dire : vous êtes doublement partial car 1- enseignant-chercheur, et 2- vous publiez sur une plate-forme d’extrême gauche, c’est leur offrir sur un plateau la preuve de ce qu’ils avançaient dans leur billet. C’est résumer votre discussion en deux phrases :

    – Oui, d’abord au Monde les journalistes sont partiaux – et pro-gouvernement;
    – oui, eh bien, chez acrimed, vous êtes partiaux et anti-gouvernement.

    Le débat démocratique mérite mieux que ça.

    Commentaire par Fantômette — 08/04/2009 @ 14:37

  58. Sur le principe, tout à fait d’accord, vous avez bien raison, c’est complètement puéril.

    Par contre, pour le Monde, je ne vais pas pleurer. Bon, je me marre parce que je suis en train de parcourir la Face Cachée du Monde. Je pensais être sévère envers les journalistes, je suis en fait un grand bisounours, je suis très très loin de la réalité.

    Va falloir que j’écrive un article pour résumer ce bouquin (qui est certainement un peu parti pris, c’est clair), il y en a tant à dire.

    PS: Rien de mieux que des journaleux pour cogner sur des journaleux, et faire un peu de lumière… 🙂

    Commentaire par Polydamas — 08/04/2009 @ 15:17

  59. J’avoue ne pas comprendre votre réaction. En fait, ce qui me gêne surtout, c’est l’absence de réponse de la part des journalistes directement mis en cause comme de la rédaction du Monde, au reproche principal, celui d’avoir agrémenté tous les articles donnant la parole aux enseignants-chercheurs d’un volet critique, alors que les articles reprenant les communiqués ministériels étaient livrés tels quels, sans analyse du contenu de ces communiqués.

    Si cela est exact, et je pense que ça l’est, alors la démarche de boycott est une simple sanction, par un mécanisme de marché, de journalistes et d’une rédaction qui n’ont pas fait leur travail. C’est le minimum qu’on peut espérer d’un environnement tant soit peu concurrentiel.

    Après, que cela s’exprime dans des termes peu mesurés, je le reconnais volontiers : manifestement, le manque de professionnalisme du Monde (qui fait l’objet de blagues récurrentes dans à peu près tous les départements d’économie de France) tombe comme une nouvelle pour de nombreux universitaires dont les champs de compétences étaient rarement traités dans ses colonnes. Du coup, ils se sentent trompés dans la confiance qu’ils accordaient à ce quotidien sur les sujets qu’ils connaissaient moins.

    C’est sans doute ce dernier point qui est le plus inquiétant pour la presse française : l’existence de bases de lecteurs profondément enracinées empêche la concurrence entre journaux de jouer son rôle de discipline, obligeant journalistes et rédactions à fournir une information de qualité.

    Aliocha : faites comme le recommande la charte et lisez l’Humanité, recommandez-le aux étudiants et citez-le dans les travaux de recherche. Ah, j’oubliais, l’Huma c’est un peu comme Le Figaro n’est-ce pas, plus idéologique qu’autre chose. Tandis que Le monde est un journal sérieux où les faits ne sont pas tronqués par les interprétations idéologiques. Ben oui, justement 😉

    Commentaire par Mathieu P. — 08/04/2009 @ 18:00

  60. Bien qu’un peu à côté de la question, votre réponse met en évidence ma gêne : je ne saurais pas trop où me tourner. J’ai reçu une offre d’essai pour Médiapart, je vais peut-être aller voir de ce côté-là, le reste de la presse française ne valant pas, à ma connaissance, mieux que Le Monde (qui du coup doit son statut de quotidien de référence par défaut).

    Quand je veux m’informer sur l’actualité générale, je lis The Economist, parfois le New York Times et le plus souvent le journal du matin de France Culture.

    Quant à mes étudiants, j’ai la chance de pouvoir les faire plutôt travailler sur INSEE Première, qui est un peu en-dehors du débat.

    Commentaire par Mathieu P. — 08/04/2009 @ 18:27

  61. Chère Aliocha,

    merci de votre réponse, que je lis seulement ce matin. Vous voyez, cependant, que je lis parfois les commentaires sous billets…

    Je ne vais pas faire long cette fois-ci. Je rejoins parfaitement la lecture de Fantômette, que je remercie au passage. Et je me permets de vous signaler ce billet d’André Gunthert, très engagé dans le mouvement des enseignants-chercheurs mais donc le billet est très mesuré et reflète sa pratique d’observateur des médias. Il y mentionne deux choses qui reviennent quand je parle avec mes collègues: d’une part, la relation affective des enseignants et des enseignants-chercheurs au journal Le Monde; d’autre part, une méfiance réciproque de plus en plus grande entre les journaux/journalistes et les mouvements sociaux qu’ils couvrent (et qui se multiplient, en France comme ailleurs).
    http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2009/04/08/969-adieu-monde-cruel

    Très cordialement,

    Aliocha : merci pour ce lien dans lequel on retrouve tous les ingrédients classiques du divorce entre les lecteurs et la presse. D’abord et avant tout le lien émotionnel, c’est lui qui fidélise le lecteur dès lors que celui-ci se reconnaît dans la ligne éditoriale. Sauf que en l’espèce, cet « amour » devient ici passion exclusive et tyrannique. Le Monde n’appartient pas aux universitaires, ne traite pas que de l’université, ne s’adresse pas qu’aux universitaires, il parle de tout et s’adresse à tous. Par conséquent, il a le droit et surtout le devoir de ne pas se plier à la vision des universitaires, même si son intérêt économique bien compris pourrait l’inciter à flatter son lectorat. Au fond, cette indépendance est tout à son honneur et je regrette que des universitaires, aveuglés par leur combat du moment, n’aient pas l’honnêteté intellectuelle de le reconnaître. Ensuite, on voit bien quelque chose que j’évoque ici régulièrement, c’est-à-dire la prétention des gens concernés par une actualité à imposer leur vision de cette actualité. Or le conflit des universitaires n’appartient pas aux universitaires mais au débat public. Par conséquent l’analyse journalistique ne peut se cantonner à leur donner raison.

    Sur le reste. L’auteur se plaint que les grèves soient toujours traitées avec un « regard distant » par la presse. Je disconviens respectueusement. La presse adore l’actualité quand elle bouge et s’il y a bien des choses qui bougent, ce sont les conflits sociaux. Il évoque aussi le fait que la presse n’accepterait d’être critiquée que par la presse. Faux. D’abord les journaliste qui critiquent les journalistes en prennent régulièrement pour leur matricule. Ensuite, permettez-moi en tant que juriste de faire une précision à ce sujet : quand on juge un professionnel, il faut le faire à l’aune de ses règles à lui et non pas de ce qu’on rêve de lui faire faire. Or, le grand problème du journalisme, c’est que tout le monde croit savoir ce que c’est, à tort. Luc Cédelle a parfaitement expliqué nos contraintes sur ce sujet, de même que j’essaie ici de faire comprendre les impératifs de notre métier.

    Et pour finir, l’auteur se plaint de l’indifférence du Monde vis à vis d’un mouvement social qui sans doute va faire bouger le paysage. Sans doute….ou sans doute pas. Le journaliste s’en tient aux faits et fuit les fantasmes et autres prédictions à la Nostradamus. Nous avons tous bien compris que la crise sans précédent traversée par le capitalisme, ajoutée à la rage anti-sarkozy, incitait certains à rêver du grand soir, ce qui passe notamment par une révolte des universités et suppose l’adhésion des médias. Je laisse mes amis trotskistes à leurs responsabilités. Ils réussiront, ou pas.

    Commentaire par Nicolas — 09/04/2009 @ 09:07

  62. « ‘Aliocha : pas de “rentabilité” dans l’enseignement ? Bon sang de bonsoir, dites-moi tout mais pas ça ! D’abord il y a une efficacité dans l’enseignement qui se mesure notamment à la cohérence entre l’enseignement et le marché de l’emploi, cohérence qui à mon humble avis est à revoir en France intégralement.' »

    Bien sûr, la vocation du système scolaire est de former des travailleurs (au passage : former pour dans 5 ans les travailleurs nécessaires aujourd’hui ^_^) ?? Lisez les statuts de l’université …

    Nous sommes peut-être bisounours, mais nous ne voyons pas en la société une immense entreprise, il y a mieux à faire.

    « ‘les instances représentatives qui voient plus loin et acceptent cette “casse” au nom de l’intérêt général de leur profession à long terme »

    Si les universitaires ne sont pas à même de voir à long terme, qui le sera ? Les journalistes ?

    Commentaire par Didier Robbes — 09/04/2009 @ 11:07

  63. Mlle Alliocha,

    Luc Cédelle qualifie sur son blog les commentaires suivant votre billet de « haute tenue ». J’ai peur de faire baisser le niveau en vous soumettant mon appréciation de ce triste sire qui est tellement peu sûr de ses arguments qu’il censure ses contradicteurs (heureusement, il ne peut pas le faire ici).

    Voici donc la modeste réponse que j’avais faite à ses mises en causes non argumentées, sur un ton certes acide, mais pas moins correct que le sien lorsqu’il lance des accusations gratuites en se drapant dans sa dignité de journaliste honnête offensé :

    « Toujours la même suffisance, comme à l’époque de la sortie du bouquin de Péan et Cohen. Jamais la moindre remise en cause : “on a raison, et ceux qui ne sont pas d’accord avec nous ou qui contestent nos écrits sont des haineux”.

    Étonnez-vous après de perdre des lecteurs !

    Concernant, par exemple Acrimed, qui fait des articles extrèmement documentés, hasardez-vous, si vous l’osez, à mettre en cause les démonstrations avec des vrais arguments. Dire ce qui est vrai, ce qui est faux, ce qui relève des attaques gratuites. Ce sera certainement plus difficile que d’affirmer, comme le ferait un gamin de cinq ans (c’est çui qui l’dit qui l’est, nananè-re) :” Un enfant de 10 ans remarquerait d’abord la volonté de démolir, mais il existe des universitaires qui jugent scientifique la démarche de l’acrimed”.
    Acrimed n’a jamais prétendu faire un travail scientifique (ce qui ne disqualifie pas pour autant sont propos) pas plus que vous ne prétendez être objectif (dire que l’objectivité journalistique n’existe pas, c’est un lieu commun. par contre, l’honnêteté, ça existe !)

    Pour que les lecteurs se rendent comptent par eux-mêmes, deux liens sur les derniers articles d’Acrimed sur le sujet. Pour ma part, j’y vois davantage une volonté d’aider (les mouvements sociaux cocufiés par les médias dominants) que de nuire (sauf peut-être à certaines pratiques journalistiques dont les journalistes ne sont sans doute pas les premiers responsables ; encore faudrait-il qu’ils se posent des question sur les conditions d’exercice de leur profession pour être exonérés de toute responsabilité) :

    http://www.acrimed.org/article3115.html
    http://www.acrimed.org/article3118.html  »

    Aliocha : il y est et même en double votre commentaire sur son blog. La modération préalable, les outils anti-spams (dont vous avez été victime ici je viens de vous débloquer des griffes de mon traqueur de spams), vous connaissez ? J’ai moi-même laissé un commentaire sympathique chez lui, toujours pas en ligne, je n’en fais pas un fromage, mais vous me direz, comme tout bon journaliste, je me méfie de la thèse du complot et de toutes les formes de paranoïa.

    Commentaire par Gilbert — 09/04/2009 @ 16:50

  64. Oui, je vois qu’il est maintenant en double. Tant mieux. Vous croyez vraiment que j’aurais remis le texte s’il n’avait pas été enlevé ? Il ne s’agit pas de modération préalable puisque le texte était en ligne avant d’être enlevé.

    Aliocha : le mien aussi était en ligne ou apparaissait comme tel et puis il a disparu plusieurs heures, son blog fonctionne comme ça, c’est tout.

    Commentaire par Gilbert — 09/04/2009 @ 21:38

  65. Ah, la thèse du complot, toujours pratique pour discréditer son interlocuteur plutôt que discuter du fond !

    Aliocha : rappelez-moi qui a commencé sur le thème du complot ? Ce sont les universitaires. Luc Cedelle vous a répondu sur le fond dans un billet remarquable, mais il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Alors ne venez pas me donner des leçons de débat.

    Commentaire par Gilbert — 09/04/2009 @ 21:39

  66. Merci pour votre longue réponse à mon commentaire (très) rapide ci-dessus.

    Je reconnais -je pense- les difficultés que vous avez à obtenir des informations exactes, fiables et néanmoins intéressantes. Je m’y suis parfois confronté quand je devais faire des biblios sur un thème scientifique lors de mes études. Il existe une masse d’informations, à peu près exactes, à peu près exhaustives, approximativement complète, et vous devez en tirer une donnée parfaitement exacte, totalement exhaustive, et précisément délimitée avant de poursuivre vos expériences.

    J’ai le sentiment que le travail du journaliste eut s’en rapprocher, avec un article comme but au lieu d’une expérimentation.

    Dans le cas de la pétition qui nous occupe, j’ai simplement trouvé que vous surréagissiez en parlant de censure. S’il y a des formes de censures aujourd’hui en France, je ne pense pas qu’elles viennent du lectorat, et je crois qu’il est peut-être même possible au journaliste d’utiliser la réaction d’un groupe de lecteurs pour enfoncer une porte gouvernementale, en admettant que ledit gouvernement soit sensible au besoin de convaincre ses opposants plutôt que de les vaincre, évidemment.

    Commentaire par javi — 09/04/2009 @ 22:11

  67. Ben… A observer l’évolution de l’argumentaire des universitaires (un peu ici et surtout ailleurs) depuis mon premier commentaire dans lequel j’exprimais mon désaccord sur l’atteinte à la liberté d’expression que vous voyiez dans ce boycott, il m’est devenu impossible de penser qu’il y a autre chose qu’une volonté de soumettre derrière cette manoeuvre.

    Victimisation à l’outrance, propos à la limite de l’insulte, analogies douteuses, attaques ad hominem (haine populiste, La Pravda), mauvaise foi, j’en passe… Tout y est. C’est du lynchage! Bon courage, Monsieur Cédelle! Comme le dit Fantômette « Rentrez-leur donc dedans, mais par pitié, contre-argumentez »!

    Cela me rappelle ces CA d’université où j’ai siégé en tant qu’étudiant sans autres étiquettes que celles de mes vêtements et où j’observais qu’entre ces enseignants dont j’aimais les cours et moi-même, je n’étais visiblement pas pas le plus gamin malgré tous mes efforts pour rester à niveau… 😉

    Nemo a très bien résumé la situation dans son commentaire #4 « La France est malade du dogmatisme et des postures idéologiques. Il est impossible de mener une discussion dépassionnée et objective en ce que tout acteur sera supposé un adversaire plutôt qu’un partenaire. On cherche à détruire le camp adverse plutôt qu’à bâtir des ponts. En l’occurrence, cette affirmation vaut aussi bien du côté du gouvernement que du côté des enseignants-chercheurs. »

    Force est de constater qu’on ne change pas une tactique qui ne paie pas…

    Aliocha : il faut toujours se méfier des gens qui veulent faire taire les journalistes ou leur imposer une manière de voir 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 09/04/2009 @ 22:12

  68. Décryptage du traitement du Journal Le Monde sur les mobilisations anti-réformes Pécresse : http://www.acrimed.org/article3118.html

    Aliocha : n’oubliez pas de préciser à mes lecteurs qu’Acrimed critique l’action des universitaires. Il faut apprendre à être exhaustif.

    Télécharger l’affiche « Le Monde ment ! boycott ! » au format pdf pour la diffuser : http://boutros.oxyhost.com/LeMonde.pdf

    Aliocha : euh, c’est une initiative d’enseignant chercheur ou d’ado pré-pupère ?

    « on retrouve ici le réflexe classique » (chez qui ? chez vous ?)
    « consistant à s’approprier un sujet et à exiger que le traitement qu’en fait la presse reflète très exactement ce qu’en pensent les principaux concernés » (croyez-vous que c’est-ce le but d’un tel appel à l’initiative d’un citoyen ex-client du journal ? Vous lui prêtez une capacité digne d’un demi-dieu ! et pourquoi donc ? La surprise sera révélée plus tard). « Manque de bol, c’est un sujet de société » (lapalissade mobilisée par le sophiste pour entamer et clore la réflexion qu’il n’a jamais ouverte !)
    « et il se trouve que le Monde ne souscrit pas à la thèse du complot étatique contre l’université » (qui parle de complot ? Argutie de sophiste. Jamais le mot n’a été prononcé à part par vous même !).

    Aliocha : vous êtes si ennuyeux que ça en devient embarrassant, j’ose espérer que vous n’êtes ni chercheur, ni surtout enseignant. Vous éteindrez la lumière en sortant, moi je vais me coucher.

    « je vois cette démarche comme une négation de la liberté d’expression et d’opinion » (de nouveau de la rhétorique de sophiste qui consiste à dénoncer chez l’autre ce que l’on pratique ! Car en quoi ce citoyen ex client ne pourrait pas exprimer son mécontentement de manière argumenter et appeler au boycott ? Cela vous dérange ? Le débat qu’il risque d’initier vous perturbe t-il ? N’a-t-il pas le droit d’exprimer un point de vue, qui n’est pas celui du bréviaire dont vous semblez vous délecter ?).
    « Le Monde ne pense pas comme eux ?  » (idem lapalissade …)
    « Il n’est pas leur Tribune officielle dans ce conflit, voir leur organe militant?  » (L’étude du champ lexical mobilisé, « Tribune », « officielle », « conflit », « organe » et « militant » prouve sans défaut les années de stage que vous avez passé à la Pravda !)
    « Qu’à cela ne tienne, il sera puni ! » (Là encore vous prêtez à ce citoyen ex-client du journal des capacités dignes des résidents l’Olympe ! Procédé classique qui consiste indirectement à survaloriser une personne pour la délégitimer de suite !)
    « A la botte les journalistes » (passerait-on de la Pravda au Völkischer Beobachter ?).
    « C’est curieux comme cette réaction me rappelle ce que j’ai vécu à l’université, les jeux de pouvoir, les jalousies » (RAS, c’est en effet, une expérience que j’ai vécu et que je vie encore, parfois, trop souvent c’est certain) , le totalitarisme intellectuel (ineptie ! ou alors à la marge. Pensez-vous vraiment qu’un tel totalitarisme puisse mener à des résultats scientifiques ?)

    « Enfin, je trouve ce texte et la démarche qui en est à l’origine d’une niaiserie consternante » (Nouveau paragraphe, nouvelle idée ? Même pas ! Gargarismes et soliloques).
    « Venant d’universitaires, on pouvait s’attendre à une réaction d’une autre envergure tout de même » (à condition d’avoir accès à la scène du débat public ! Maintenant que la porte est ouverte, on va peut-être pouvoir enfin débattre à arme égale, c’est à dire à surface médiatique égale ?! Trouvez-vous que j’exige beaucoup en demandant un semblant d’équité ?! A oui, j’oubliais, nous sommes les ignobles dictateurs),
    « à une vraie bataille idéologique puisque visiblement c’est ça le cœur du conflit ». (Oui, c’est en partie le cœur du débat, mais pas uniquement. Je vous conseille une lecture très orientée mais qui peut-être vous procura quelques billes : « Le cauchemar de Humboldt » par Bernard Gensane, 2008)
    « Pas à cette mesure de rétorsion stupide et immature. » (Vous semblez disposer de tant de raison et de maturité, que je me garderai bien de contredire ce déploiement d’autorité fondée sur ce si prodigieux raisonnement !)
    « Vilain journal, il sera privé de goûter et collons-lui un bonnet d’âne tant qu’on y est, et puis mettons-le au coin. » (Le « vilain » renvoie au petit carnard et avec l’âne, on est au milieu de la ferme découverte pour les enfants. Est-ce l’expression d’un refoulé, le filage de la figure de style de l’immaturité entamée plus haut, ou encore une volonté de décrédibiliser une question aussi essentielle pour toute une société que celle des réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche ? Il est vrai que décrédibiliser c’est mieux inviter à gober la mouture du gavage issu de Bologne et bientôt à Louvain ?! Mystère et boule de gomme ! Si cela ne vous dit rien ou vaguement, on peut en discuter)

    Ravi de vous avoir lu ! L’enseignement universitaire qui compte parmi ses objectifs majeurs de parvenir à ce que chacun puisse « penser par soi-même » à encore de beau jour devant lui, tant l’obscurantisme semble règne ici ! A vrai dire si vous biberonnez au Monde chaque jour, ce n’est pas très étonnant.

    Pour conclure, je citerai une grande penseuse dont j’ai oublié le nom (désolé) : « Ridicule ! »

    Meilleures salutations
    Pierrot

    Commentaire par Pierrot — 09/04/2009 @ 22:43

  69. @ Pierrot

    Narvic, sors de ce corps!

    Commentaire par Ferdydurke — 10/04/2009 @ 07:42

  70. A propos de critique de l’angle du « Monde », voici un article de blog sur le (mal)traitement des données d’effectifs des universités en grève par Catherine C.

    Quoique un peu ironique, j’en recommande la lecture, car il s’y trouve de réels conseils sur la façon d’aborder un chiffre et de l’utiliser (ou non) dans une démonstration argumentative.

    En résumé: un seul chiffre ne sert à rien, sans analyse de son contexte.

    http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/le-monde-nest-plus-ce-quil-etait.html

    Commentaire par javi — 10/04/2009 @ 09:53

  71. @Alliocha (votre réponse au commentaire 56)

    Bien entendu, c’est toujours le lecteur qui n’a rien compris des difficultés du journaliste. Je crois que vous êtes à côté lorsqu’en réponse aux reproches des clients des journaux, vous parlez de votre cas à vous. Vous montrez votre grande conscience professionnelle, en faisant part de vos doutes, en expliquant que vous êtes rigoureuse, etc. Mais le problème, ce n’est pas vous, personnellement. Je ne doute pas de vos qualités, mais si on interroge chaque journaliste ayant participé à ce qu’on appelle un emballement médiatique (Outreau, le petit Grégory, le faux charnier de Timisoara…), chacun dira comme vous : « je fais mon travail le plus honnêtement du monde ». Et on continuera comme avant.

    Prenez de la hauteur, essayez de comprendre pourquoi le Monde, qui était considéré comme le journal de référence, ne l’est plus aujourd’hui, quelle que soit sa bonne qualité (personnellement, et je ne suis pas le seul, je pense qu’elle s’est fortement dégradée sous la houlette des malfaisants Minc, Colombani et Plenel).

    Posez-vous la question des conditions d’exercice de la profession. Il y a de plus en plus de précaires aujourd’hui parmi les rédactions. Vérifiez auprès de la Commission de la carte d’identité des journalistes profesionnels. Avant, il fallait gagner au moins le SMIC pour avoir la carte de presse, aujourd’hui la commission est beaucoup plus coulante sinon elle refoulerait de nombreux postulants. Vous ne croyez pas que l’abus de CDD ou de « pigistes permanents » (une aberration parce que lorsqu’on est permanent on est en CDI en droit) a une incidence sur la qualité ?
    Vous ne croyez pas, par ailleurs, que la concentration des journaux dans les mains d’industriels, de banquiers ou de marchands d’armes a aussi une incidence ? J’entends déjà la pauvre réponse du rédacteur en chef de n’importe lequel des journaux possédés par ces grands groupes : « Dassault (ou Bouygues, ou Rotschild) ne nous appelle pas tous les matins pour nous dire ce qu’il faut écrire ». Bien évidemment, andouille. Personne n’a jamais dit que ça se passait comme ça (il faut le préciser parce qu’un cornichon comme Laurent Joffrin croit discréditer indistinctement tous les critiques des médias en prétendant que c’est ce qu’ils disent). Il suffit de nommer les bonnes personnes aux bons endroits et chacun sait ce qu’il doit faire, ce qui peut s’écrire ou qu’il vaut mieux éviter.
    Pour avoir travaillé dans la PQR, je peux vous dire que les journalistes ont, individuellement, beaucoup plus de liberté qu’on imagine, mais que la plupart ont un flic dans la tête et se retiennent tout seuls (« ça passera jamais »). Bref, il n’est pas besoin de censurer outre mesure, il y a suffisamment d’auto-censure.

    Pour terminer, il y a mille raisons, économiques avant tout, qui font que les journalistes ont de moins en moins le temps de faire des enquêtes fouillées, approfondies. Parce que de telles enquêtes, ça coûte toujours plus cher que la glose des éditorialistes pontifiants et multi cartes, que l’on voit se répandre dans tous les journaux.
    Au passage, vous n’avez pas fait ce constat que ce sont les mêmes, qui défendaient hier le libéralisme échevelé, qui tartinent aujourd’hui sur le capitalisme qu’il faudrait moraliser ?

    Écoutez les lecteurs, bordel, ils ont des bonnes raisons de se plaindre, quand bien même vous, Alliocha, vous seriez une journaliste d’élite.

    Aliocha : si je me considérais comme une journaliste d’élite, autrement dit une exception, je n’aurais pas ouvert ce blog ou bien je l’aurait fait pour pondre la énième critique des médias, autrement dit, pour hurler avec les loups. Seulement voilà, des gens comme moi qui aiment leur boulot et qui le font le mieux possible, il y en a plein, c’est en leur nom que je parle ici. Le fait est que je ne crois pas que c’est en critiquant que l’on avancera. Le temps de la critique est passé, tout a été dit et redit jusqu’à l’écoeurement. Il me parait préférable d’aller de l’avant, ce qui suppose de faire comprendre aux lecteurs notre métier, de casser le mythe du journaliste imbécile manipulé ou manipulateur, d’expliquer ce qu’on fait et comment on travaille pour que les critiques du public soient éclairées et ne se résument pas à un boycotte généralisé. Parce que sans le public, nous ne sommes rien. Rien économiquement et surtout rien démocratiquement. Pour le reste, c’est-à-dire s’agissant de notre avenir, il est entre nos mains. J’aimerais voir plus de réflexions prospectives sur l’éthique, la qualité, les nouveaux modèles économiques plutôt que cette sempiternelle rengaine sur nos fautes, nos erreurs et nos insuffisances qui a un parfum d’auto-complaisance parfaitement insupportable. Les lamentations c’est pas mon truc. Quant à la lucidité dont se targuent certains critiques, elle sent surtout l’impuissance.

    Commentaire par Duquesnoy — 10/04/2009 @ 13:43

  72. Mais c’est pas d’éthique qu’on a besoin. Les codes de déontologie, il y en a tant et plus. Prenez la charte des Devoirs des journalistes professionnels ( http://www.snj.fr/article.php3?id_article=65 ) ou la Charte de Munich ( http://www.snj.fr/article.php3?id_article=65 ), par exemple. L’éthique, la déontologie, les directeurs de journaux n’avaient que ces mots à la bouche lors des États Généraux des patrons de presse initiés par Sarkozy. C’est pas cher et c’est pas contraignant. C’est d’actions collectives qu’on a besoin pour changer les conditions d’exercice de la profession. C’est la seule façon d’imposer de respecter les règles de déontologie. Allez parler de déontologie à un précaire qui ne verra pas son CDD renouvelé s’il refuse de faire un publi-reportage. C’est ça, la réalité. Et c’est un exemple entre mille !
    Surtout, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. J’ai une très haute idée du métier de journaliste. Mais je maintiens que les principes déontologiques ne peuvent pas s’appliquer au mieux dans une situation déséquilibrée.
    Un exemple pour terminer : Christine Ockrent est la reine des ménages (elle gagne 18 000 € la demi-journée pour ses animations de cercles patronaux ou débats divers), en infraction totale des règles de la profession.
    À qui fera-t-on croire qu’elle est restée indépendante ? Il n’est que de voir le traitement différencié lorsqu’elle interviewe Laurence Parisot ou un syndicaliste de la CGT.

    Personne ne trouve rien à redire à cette situation parce qu’elle est en position de pouvoir. Quelle serait l’utilité d’un code de déontologie supplémentaire dès lors qu’elle ne respecte même pas les conventions collectives ?

    Aliocha : c’est que vous n’envisagez pas l’éthique sur le même terrain que moi. D’abord je pense que cela contribuerait à bâtir l’identité collective qui nous fait cruellement défaut (et sans laquelle entre nous il n’y a pas d’action syndicale possible). Quand j’observe l’utilisation politique que font les professions réglementées de l’éthique, de l’avocat au médecin, je mesure la force de l’argument qui les rassemble et à quel point cela nous fait défaut. Je parle bien sûr d’une éthique imposée et sanctionnée ou d’une déontologie si vous préférez. Ensuite, je pense que l’éthique sera la valeur économique de demain, non seulement « en creux » pour éviter le risque d’image, mais aussi en positif comme une marque distinctive de valeur. Par conséquent, je crois qu’il faut se féliciter que les éditeurs le comprennent enfin. Sans doute parce qu’ils commencent à raisonner en terme de marque, ce qui suppose d’intégrer les notions de qualité et donc d’éthique. Enfin, je pense aussi que l’éthique est un élément parmi d’autres susceptible de distinguer l’information journalistique de tout le reste et en particulier de la communication.

    Commentaire par Duquesnoy — 10/04/2009 @ 15:36

  73. Je suis sidérée par les mélanges qu je lis ici.
    – La confusion entre l’appel au boycott, du Monde et les critiques d’Acrimed (qui n’a jamais appelé à un quelconque boycott);
    – la confusions entre la critique des parti-pris du Monde et la critique de ses pratiques journalistiques. Comme le dit précisément Acrimed :  » […] dans le cas du Monde, quotidien d’opinion quoi qu’il en dise, le moins acceptable, du point de vue de la critique des médias, ce n’est pas son parti-pris (pour peu qu’il soit réservé à des commentaires), mais la tromperie sur la marchandise, car Le Monde est aussi une marchandise. Quelle tromperie ? « Des informations biaisées par des omissions flagrantes et des commentaires latéraux ; des analyses partisanes qui confirment et aggravent les biais de l’information […] ». Ou encore : « Sans doute serait-il souhaitable de démêler dans cette contestation les critiques du parti-pris du Monde (libre exercice de son droit d’opiner…) et les critiques des biais de l’information (bricolages d’un journalisme qui se veut « professionnel »). Mais pour cela, encore faudrait-il que Le Monde lui-même distingue si peu que ce soit la fabrique de l’opinion et la production de l’information. » http://www.acrimed.org/article3118.html
    – La confusion entre les articles d’infomation et les « tribunes libres ». Comme si l’infromation sur lers arguments en présnce devait être réservée aux « tribunes libre ».
    Bref on peut être de parti pris et fournir des informations exactes et contrastées, non?

    Commentaire par Anna — 11/04/2009 @ 15:48

  74. Oups! Désolée pour les fautes de frappe…

    Commentaire par Anna — 11/04/2009 @ 15:49

  75. (pas le courage de lire les commentaires qui précèdent)

    Je pense que vous avez bien tort. Le Monde n’est pas n’importe quel journal, c’est un support de presse qui se fait passer pour (et s’imagine peut-être) particulièrement impartial, bien sourcé, exact,… alors le poids des erreurs qu’on y trouve est d’autant plus important, et la responsabilité des journalistes d’autant plus grande. Le fait que vous soyez choquée d’une idée de boycott prouve avant tout que vous êtes dupe de la mythologie du Monde : réagiriez-vous pareil face à une grogne du même ordre qui concernerait le JT de TF1, Le Parisien, Libé, l’Humanité ou les Échos ?
    Sans discuter le fond (je considère Le Monde comme assez indulgent avec le pouvoir actuel mais à vrai dire je ne l’ai pas lu depuis le début du mouvement universitaire), je pense que les journalistes ne sont pas des vaches sacrées, et qu’on a le droit de contester leurs informations.

    Cependant, les faits vous donneront bien entendu raison : on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre et s’en prendre frontalement au « journal de référence » fait courir le risque d’y voir son point de vue encore plus maltraité.

    Commentaire par Jean-no — 12/04/2009 @ 18:22

  76. « Eviter de citer les articles du quotidien Le Monde en références bibliographiques dans les travaux de recherche ; »

    C’est courant, en sciences humaines? Pour ma part, je ne m’imagine pas citer un quotidien généraliste, à part à titre de documentation sur l’impact médiatique d’un fait. Mais en tant que source?

    Commentaire par DM — 14/04/2009 @ 12:53

  77. «Ce phénomène est amplifié par Internet et aboutit à “le journaliste a tort puisqu’il ne me donne pas raison”.»

    De la même façon qu’on s’aperçoit que derrière un bon nombre des critiques de Wikipédia, qui affectent de parler de problèmes généraux, on trouve des problèmes particuliers, du type «on a supprimé l’article qui parlait de moi» ou encore «on a altéré ma prose géniale» ou encore «l’article ne présente pas mon opinion comme la meilleure».

    Le problème est plus vaste. Un ami qui était dans le staff de Jospin en 2002 m’a dit avoir traité nombre de courriers du type «Jospin a changé , je voterai donc contre lui.», bref, un refus global basé sur un point particulier.

    Commentaire par DM — 14/04/2009 @ 13:09

  78. Bonjour,

    j’ai ete surpris de lire sous votre plume : « Sans compter bien sûr un problème très particulier à l’université qui est la protestation systématique dès qu’on touche au sujet et qui justifie une certaine distanciation. Surtout que cette agitation qui dure depuis des décennies ne nous a pas donné un résultat exemplaire. »

    Il me semble que vous ne faites la qu’enoncer un prejuge fort repandu. Pour votre information, en 2004 ont eu lieu les etats generaux de la recherche. Ces etats generaux ont ete l’occasion pour la communaute universitaire d’un reel effort de remise en question, et ont debouche sur des propositions concretes : http://cip-etats-generaux.apinc.org/IMG/pdf/synthese-finale-EG.pdf

    J’insiste sur le fait qu’il s’agit de propositions, et non de revendications. Le texte donne en lien est le fruit d’un compromis (apres moultes discussions).

    Apres ce rapport des etats generaux, nous avons eu droit a la loi LRU, dont tout le monde (y comrpis ses partisans les plus farouches, dont certains presidents d’universites a qui la dite loi accorde une prime annuel allant de 16000 a 40000 euros) s’accorde a dire qu’elle est mal faite (mode d’election absurde, absence de contre-pouvoirs, absence de procedure de destitution d’un president (sic), systeme unique au monde ou le pouvoir gestionnaire et le pouvoir scientifique ne sont pas separes, etc …). La plupart des universitaires ont dit : « tres bien, mieux vaut une mauvaise loi que le statut quo ; laissons le benefice du doute au gouvernement ». Il se trouve qu’aujourd’hui la plupart des mises en garde des rares cassandres de l’epoque se realisent dans les divers decrets proposes par la ministre. Nous avions obtenu un texte de compromis et le gouvernement revient a sa position de depart en pretendant que ce sont les enseingant-chercheurs qui sont conservateurs.

    Avant de dire que la communaute universitaire proteste systematiquement, faites l’inventaire de toutes les reformes qu’elle a accepte d’accompagner en esperant (demarche constructive) les inflechir dans une direction la moins nefaste possible pour les etudiants. U3M, LMD, LRU, plan Licence, …

    Quant a l’agitation qui n’a pas donne de resultat exemplaire, pouvez-vous preciser de quoi il s’agit ? Recherche ou enseignement ? A quels resultats faites-vous reference ? Il me semble que les resultats obtenus par les universite francaises sont largement honorable en regard de leurs ressources.

    Bien cordialement,

    Professeur Tournesol

    PS : pour votre information, ce sont les jeunes chercheurs qui sont les plus mobilises aujourd’hui. Ce sont precisement ceux qui voient la retraite arriver et qui ne font plus de sience et n’enseignent plus depuis longtemps (il est vrai que les luttes pour le pouvoir au sein de l’administration universitaire leur prend du temps) qui soutiennent les projets de reforme.

    Commentaire par professeurtournesol — 15/04/2009 @ 17:36

  79. Toutes mes excuses pour ce message un peu trop virulent. :S

    Je souhaitais simplement preciser que, dans leur grande majorite, les universitaires ne sont pas contre les reformes a priori.

    Par ailleurs, il y a un aspect generationnel important dans le conflit a l’universite ; je suis surpris que personne n’en parle (y compris chez les grevistes : les responsables syndicaux, que je classe comme les presidents d’universites dans la categorie -caricaturale- de ceux qui se batent pour le pouvoir ne sont pas non plus tous jeunes). Il y a beaucoup de jeunes chercheurs fraichement recrutes, non syndiques, et pas particulierement gauchistes, qui sont impliques dans le mouvement des enseignat-chercheurs. Il est vrai que nous ne sommes pas organises au sein de structures politiques ou syndicales (et on ne le souhaite pas particulierement) : c’est peut-etre ce qui explique le fait que nous ne soyons pas tres audibles et visibles mediatiquement.

    Bonne soiree.

    Professeur Tournesol

    Commentaire par professeurtournesol — 15/04/2009 @ 18:17

  80. @Professeur tournesol: En effet, contrairement à ce qui est parfois raconté ici ou là, les enseignants-chercheurs ne refusent pas l’évaluation, mais refusent une évaluation opaque, confiée à des potentats locaux dont le pouvoir tient plus à leur capacité à se montrer dans les bonnes commissions et les bons cocktails qu’à leur excellence scientifique.

    Commentaire par DM — 16/04/2009 @ 13:02

  81. Cher « Devoir Maison » 😉

    je partage votre sentiment sur l’evaluation (et plus generalement les qualites de ceux aqui ont aujourd’hui le pouvoir dans nos universites). Si vous trouvez le temps d’y faire un tour, j’ai tente de synthetiser ce que je pense et comprends des enjeux de l’evaluation a l’adresse suivante : http://professeurtournesol.wordpress.com/ .

    Scientifiquement votre.

    Tryphon

    Commentaire par professeurtournesol — 16/04/2009 @ 13:48

  82. @Tournesol: Attention, je n’en fais pas une généralité. Il y a des gens qui mènent de front une carrière de recherche brillante et des responsabilités universitaires élevées — ce sont des gens ayant une capacité de travail hors du commun (je connais un exemple célèbre localement pour son faible temps de sommeil).

    Mais, oui, il existe dans l’enseignement supérieur et la recherche des gens dont on a peine à savoir au juste en quoi ils sont scientifiquement compétents, mais qui évaluent les autres et décident.

    Commentaire par DM — 16/04/2009 @ 21:15

  83. Cher DM,

    vous avez raison, ne généralisons pas. Je connais également un cas (montpellierain) de chercheur brillant qui est très actif dans le conseil d’administration de son université (il a en plus refusé toutes les décharges de service auxquelles il avait droit, et fait ses 192 heures par an … également célèbre pour ses besoins quasi-inexistant en sommeil).

    Cependant on peut regretter que ces exemples soient si rares.

    Cryptographiquement votre 😉

    Tryphon Tournesol

    Commentaire par professeurtournesol — 17/04/2009 @ 10:13

  84. @aliocha

    Bonjour,

    en reponse a un post vous ecrivez : « je vais vous dire, cette affaire me rappelle celle de la réforme de la carte judiciaire. Officiellement, tout le monde était vent debout contre la réforme, en particulier les avocats. Et puis Dati s’y est collée. Les représentants de la profession d’avocat ont protesté, il y a eu des manifs, sauf que ces même représentants confiaient en off qu’ils étaient favorables à la réforme. Alors pourquoi criaient-ils ? Pour soutenir leurs troupes. »

    Je ne sais pas ce qu’il en est des avocats, mais les representants des universitaires ne sont pas tres representatifs. C’est le fruit de plusieurs problemes :
    – il y a un probleme global de manque de representativite des syndicats en France
    – les syndicats de l’education nationale et de l’enseignement superieur cogerent depuis lnongtemps le « systeme » avec le ministere …
    – le syndicat majoritaire (la FSU) a aujourd’hui une strategie de parti (et s’inquiete de justifier son existence et de maintenir sa position AVANT le reste).

    Si vous voulez vous faire une idee de ce que pensent les scientifiques, il est plus judicieux de consulter les societes savantes comme la SMF, la SFP ou la SFC. Celles-ci sont bien plus representatives, font regulierement des propositions constructives au gouvernement … mais devinez qui la ministre recoit dans son bureau ? Les fameux syndicats dits « representatifs ».

    Bien a vous

    Professeur Tournesol

    http://professeurtournesol.wordpress.com/

    Commentaire par professeurtournesol — 20/04/2009 @ 10:59

  85. Imaginons :
    « l’UMP appelle au boycott de Libération et de l’Humanité »
    Imaginons qui va réagir en criant au fascisme rampant, imaginons les récations d’Acrimed et d’ARHV.
    Votre post et votre gestion des comms sont remarquables.

    Au fait, je n’ai vu nulle part de réponse à cete question : Dans le système actuel, comment l’enseignement des ECs est-il évalué ? Seule leur activité de chercheurs est (plus ou moins bine) évaluée, il me semble.

    Commentaire par ml — 22/04/2009 @ 15:43

  86. bravo Aliocha, votre billet ne manque pas de courage et pointe -mais en est il vraiment besoin?- cette intolérance innée de pas mal d’universitaires. Rappelez vous, les étudiants de Normale Sup avaient refusé de recevoir De Gaulle, rue d’Ulm, parce que « facho », alors que ces mêmes -futurs- universitaires chantaient alors les vertus de Mao Tsé Toung et les mérites du fameux « petit livre rouge »…. allez comprendre… et je ne parle pas du « il faut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron »… Le temps passe, pas les attitudes!!

    Commentaire par claude b. — 22/04/2009 @ 16:25

  87. @ml : « Au fait, je n’ai vu nulle part de réponse à cete question : Dans le système actuel, comment l’enseignement des ECs est-il évalué ? Seule leur activité de chercheurs est (plus ou moins bine) évaluée, il me semble. »

    L’enseignement n’est malheureusement pas évaluée, mais le décret ne remédie pas à cette carrence.
    L’activité de recherche est dans l’ensemble plutôt bien évalué (je parle pour les sciences dites « dures »… je ne sais pas comment les choses se passent en Lettres et Sciences Humaines).

    Si vous êtes intéressé par ce sujet vous pouvez lire ceci : http://professeurtournesol.wordpress.com/2009/04/15/hello-world/

    @claude b. : « cette intolérance innée de pas mal d’universitaires ».

    C’est fou cette manie de mettre tout le monde dans le même sac …

    Bien à vous

    Professeur Tournesol

    Commentaire par professeurtournesol — 22/04/2009 @ 17:04

  88. @professeur Tournesol:
    j’ai bien pris soin d’écrire « pas mal d’universitaires »….
    comme aujourd’hui, il y a « pas mal » d’universitaires et d’étudiants » qui font grève.. Cela ne veut pas dire que tous les étudiants et tous les universitaires font grève… n’est il pas?
    bien à vous, cher Tryphon

    Commentaire par claude b. — 22/04/2009 @ 17:29

  89. Merci Aliocha pour votre réaction saine à cette sinistre campagne de boycott. Tout chercheur que je suis, je trouve que Le Monde a fait dans cette affaire du meilleur travail journalistique que par exemple le journaliste de Libé Sylvestre Huet qui s’est ridiculement transformé – il est vrai dans un simple blog tout de même repris sur le site du journal – en porte-parole sans le moindre recul du « mouvement »… ses textes étant ensuite largement diffusés par le même mouvement comme autant de témoignages de soutien… C’est de toute façon toute l’ambiguïté d’un mouvement qui prétend défendre la liberté de pensée de l’universitaire tout en stigmatisant tous ceux qui ont le tort de ne pas être dans une ligne dont le caractère majoritaire reste pourtant à démontrer… le fait même qu’elle puisse être majoritaire d’ailleurs ne suffisant d’ailleurs pas à donner tort aux opinions dissidentes…

    Commentaire par Hervé — 22/04/2009 @ 22:01

  90. @claude.b : « j’ai bien pris soin d’écrire “pas mal d’universitaires”…. »

    C’est vrai, mais je crois que « quelques » eut ete plus proche de la realite (« pas mal », c’est deja beaucoup 😉 ). Mais je me trompe peut-etre sur mes collegues :).

    « comme aujourd’hui, il y a “pas mal” d’universitaires et d’étudiants qui font grève.. Cela ne veut pas dire que tous les étudiants et tous les universitaires font grève… n’est il pas? »

    Vous avez entierement raison. J’ajoute que ceux qui sont intolerants et ceux qui manifestent sont deux groupes differents (qui peuvent se recouper). Je pense (j’espere !) appartenir au second sans appartenir au premier 🙂

    Bien a vous

    Tryphon

    @ Herve : « C’est de toute façon toute l’ambiguïté d’un mouvement qui prétend défendre la liberté de pensée de l’universitaire tout en stigmatisant tous ceux qui ont le tort de ne pas être dans une ligne dont le caractère majoritaire reste pourtant à démontrer… le fait même qu’elle puisse être majoritaire d’ailleurs ne suffisant d’ailleurs pas à donner tort aux opinions dissidentes… »

    Je suis d’accord avec le dernire point : etre majoritaire et avoir raison, ce sont deux choses differentes. Mais je crois que votre condamnation des critiques adressees au Monde confond deux choses : d’un cote le boycott (je partage votre opinion sur ce point) et de l’autre le bien-fonde des critiques. Il me semble que le texte d’Henri Carayol sur cette question est difficilement contestable (http://www.lemonde.fr/opinions/article_interactif/2009/04/10/la-crise-universitaire-dans-le-courrier-des-lecteurs-du-monde_1179379_3232_6.html).

    En revanche le Monde a publie hier un dossier complet sur la situation dans les universites qui est plutot equilibre (et penche d’ailleurs un peu trop dans le sens des grevistes … le journal n’a-t-il pas la essaye de rectifier le tir d’une maniere un peu maladroite ?).

    Bien a vous

    Tournesol

    Commentaire par professeurtournesol — 23/04/2009 @ 17:49

  91. la flemme de lire tous les commentaires tellement l’arrogance journalistique est affligeante :

    « Mise à jour 20h47 : je viens de trouver l’intégralité de la charte, elle est en commentaire 32, assortie du lien vers les explications de son auteur. » –> Donc vous dégainez votre corporatisme sans même savoir de quoi il est question (miam-miam)

    « d’une appropriation, en quelque sorte d’une privatisation, du débat public » –> car Le Monde® est un service public dont les principaux usagers sont les citoyens ? (j’y vois plutôt une entreprise privée dont les usagers sont les actionnaires et les clients les annonceurs ; le lecteur n’est qu’un argument commercial pour l’annonceur).

    « Or, le rôle du journaliste est précisément d’alimenter ce débat et de s’opposer à cette privatisation. » –> Pour l’instant il est plutôt occupé à garder le monopole sur la marchandise qu’il a créé et à s’opposer à toute forme de concurrence en des discours si creux qu’ils sont discrédités par leur simple contenu (votre mise à jour est de ce point de vue « savoureuse »).

    Ce qu’on attend d’un journal comme le monde, ce n’est certainement pas un parti pris (pro-Anti ou pro-Pro), mais de l’information. Ce qu’on déteste de la part d’un journal de « référence », c’est qu’il joue de la désinformation en nous prenant pour des C.

    Etienne Chouard Power

    Commentaire par uju — 10/06/2009 @ 17:30

  92. je ne lis plus le monde , déjà avant de moins en moins et puis de plus en plus de moins en moins jusqu’à carrément plus en 2005, je crois, vers le référendum du traité constitutionnel européen …
    quand par hasard, je croise un monde, je fais les jeux, ni plus , ni moins ,qu’exactement comme lorsque je croise des journaux gratuits …

    Commentaire par Cécile — 06/10/2009 @ 00:29


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