La Plume d'Aliocha

01/04/2009

Un doux parfum de rébellion

Filed under: Droits et libertés — laplumedaliocha @ 08:28

rsf_120_600Deux journaliste de Rue 89 sont convoqués aujourd’hui par la police judiciaire. Vont-ils devoir s’expliquer sur un scoop mettant en cause la réputation d’un homme politique ou bien encore sur un dossier économique brûlant ? Ont-ils injurié ou diffamé quelqu’un d’important ? Pas du tout, il se sont contentés de diffuser une vidéo du Président de la République tournée hors antenne, quelques minutes avant le début d’une interview sur France 3. J’espère que vous prenez la mesure de la gravité du sujet. Au cas où vous feriez partie des rares internautes à n’avoir pas vu ce document, la merveille est ici.

Mais l’affaire remonte au 30 juin 2008, me direz-vous. En effet. Quelques jours plus tard, France 3 somme Rue89 de détruire la vidéo et de révéler ses sources, en d’autres termes, de dire qui a fuité dans les rangs de de la chaîne publique. Comme Rue89 refuse, la chaîne décide de porter plainte contre X pour vol, recel et contrefaçon.  L’ennui c’est qu’une conversation surprise par hasard et relatée par Rue 89 ici tendrait à démontrer que la chaîne publique a été encouragée à saisir la justice par l’Elysée. Du coup, il ne s’agit plus d’un conflit entre journalistes, mais d’une affaire politique qui soulève une fois de plus la question de l’audiovisuel public.

La ligue des droits de l’homme a pris fait et cause pour Rue89, de même que Reporters sans frontières,ainsi que plusieurs personnalités politiques, sans compter Michel Onfray, Eric Halphen, Henri Leclerc et bien d’autres. Dans une interview accordée au Monde, le président de la société des journalistes de France 3, (deux journalistes de la chaîne sont également convoqués par la police), estime que : « la décision de confier l’enquête à la police judiciaire est disproportionnée » avant de lancer ce message  : « nous appelons la profession et les salariés de France Télévisions à manifester leur soutien aux journalistes de France 3 et de Rue89, et à se rassembler sur les lieux de leur audition le 1er avril. Ensuite, nous avons décidé de mettre sur la place publique toutes les atteintes à la liberté des journalistes que nous relèverons dans l’avenir. Il en va de la liberté de la presse ». En effet, c’est une question de liberté, celle de ne pas se laisser enfermer dans la communication officielle. Comme le souligne Florence Aubenas dans son message de soutien à Rue89 : « On avait bien ri en voyant sur Rue89 la petite vidéo de Nicolas Sarkozy dans les coulisses de France3  il y a quelques mois. Le deuxième épisode du feuilleton est encore plus délirant :  les journalistes qui ont « osé » montrer ces images non officielles sont attaqués en justice. Comme si ce n’était pas justement leur métier :  à quoi ça sert, la presse, si ce n’est -aussi- à dévoiler ce qui ne se voit pas, à sortir de la communication institutionnelle, à montrer l’envers du décor ? ». En acceptant des simulacres d’interviews à l’Elysée, en ne faisant pas front commun lorsque le Chef de l’Etat brocarde l’un d’entre nous en conférence de presse, nous avons tellement abandonné de terrain que nous avons laissé penser qu’on pouvait nous marcher dessus en toute impunité. Il était temps que souffle le vent de la rébellion.

 

 

Mise à jour 12h55 : le premier compte-rendu de l’AFP.

Mise à jour 14h07 : le feed back des journalistes entendus par la police ce matin sur Rue89 où l’on découvre que les journalistes de France2 et France3 sont sous vidéosurveillance et que les enregistrements ont été gentiment transmis à la police.

Publicités

19 commentaires »

  1. « à quoi ça sert, la presse, si ce n’est -aussi- à dévoiler ce qui ne se voit pas, à sortir de la communication institutionnelle, à montrer l’envers du décor ? »

    Pourquoi alors taire un rapport dont vous reconnaissez, vous et d’autres journalistes, connaître la teneur (rapport Darrois)? Doit-on en déduire que le journalisme serait à géométrie variable?

    Aliocha : la remise du rapport prévue hier soir a été reportée d’une semaine, pour autant, tous les journaux ont déjà révélé ce qu’il y avait dedans, au point que Sarkozy est le dernier au courant. Vous appelez ça taire le contenu d’un rapport vous ? J’ai dit que moi je me taisais, pour la simple raison que j’avais donné ma parole, ça ne regarde que moi.

    Ne me faîtes cependant pas dire ce que je ne dis et ne pense pas. Je trouve très sain de se démarquer de la communication officielle et les poursuites engagées en cette occasion sont effectivement dangereuses. Remarquez, discréditer à longueur de page l’institution judiciaire (en violant à la première occasion venue le secret de l’instruction) ne m’apparaît pas très sain également pour la démocratie (A ce propos, communiquez donc à JM Aphatie -sans faute- les adresses de blogs excessivement intéressant sur ce domaine que nous lisons vous et moi. Outre le fait d’y découvrir que cette institution est loin d’être le bloc qu’il croît être, il y trouvera une bonne partie des réponses aux questions qu’il se pose, questions dont il déplore que votre profession semble incapable de se poser – http://blogs.rtl.fr/aphatie/index.php/post/2009/04/01/La-magistrature-francaise-un-monde-secret-01/04 -).

    Commentaire par H. — 01/04/2009 @ 10:28

  2. Chère, très chère Aliocha,

    J’adore les blagues du 1er avril mais je trouve la vôtre moins drôle que celles d’Eolas ou de Mô, je ne saurais vous dire pourquoi…

    Aliocha : c’est que vous n’êtes pas sensible à l’humour politico-judiciaire, les journalistes non plus 😉

    Commentaire par Mussipont — 01/04/2009 @ 10:57

  3. N’est-ce pas ce que veulent les gens ? Ils n’achètent pas les journaux, élisent (et avant, suscitent la candidature) de personnages de ce genre… je ne voudrais pas désespérer Billancourt mais l’attachement à la liberté et à la démocratie n’est pas prégnant.

    Commentaire par unread — 01/04/2009 @ 12:00

  4. Bonjour Aliocha,

    A propos de parfum de rébellion, j’ai en main le Canard déchaîné du jour, qui me donne à lire des journalistes que je trouve dans une forme particulièrement féroce, cette semaine.

    Aliocha : ah ? Je vais aller voir cela. Entre nous, l’ère Sarkozy pourrait bien créer une prise de conscience salutaire dans la presse, c’est tout l’intérêt d’une affaire comme celle de Rue89. Il est urgent de sortir de ce consensus mou 😉

    Commentaire par tschok — 01/04/2009 @ 12:34

  5. Aliocha : « Il est urgent de sortir de ce consensus mou »

    Remarquez qu’un « consensus dur » ça fait bizarre comme expression, non?

    (je profite qu’on soit le 1er avril pour faire des blagues idiotes mais dès demain j’arrête, c’est promis) 😉

    Commentaire par Mussipont — 01/04/2009 @ 14:23

  6. Oui, je suis d’accord avec Mussipont: cela fait un peu sofa, consensus mou. Et consensus dur, ça fait tabouret de bar.

    Entre le bar et le sofa, j’hésite.

    Commentaire par tschok — 01/04/2009 @ 16:18

  7. Peut être avec le terme de consensus light? (attention ce consensus contient des édulcorants intenses)

    Commentaire par bleu horizon — 01/04/2009 @ 17:39

  8. Consensus élastique? (souple et solide)

    Aliocha : l’attention que tout le monde porte sous ce billet à la liberté de la presse dans notre pays est proprement émouvante 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 01/04/2009 @ 18:25

  9. @ Aliocha en 8

    Nous sommes mercredi (le jour des enfants), un 1er avril de surcroit et enfin l’oeuvre dont nous honore votre dessinateur préféré nous prouve que la presse est plutôt libérée, non?

    Sur l’affaire, mon sentiment est double. L’inquiétude d’abord : non que le pouvoir politique tente de contrôler/museler la presse, ce qui n’a rien d’étonnant, mais qu’un organe de presse (France 3) sacrifie de lui-même avec tant de facilité ce qui garantit l’indépendance de ses journalistes.

    Mon autre sentiment? Le pouvoir ne craint pas le ridicule et nous le prouve avec ferveur!

    Aliocha : je crois que c’est pire, notre président régit tout et croit pouvoir mettre la presse à sa botte comme le reste. L’idée de ridicule à mon sens ne l’effleure même pas, il est sûr de son bon droit.

    Commentaire par Ferdydurke — 01/04/2009 @ 21:33

  10. Vous savez, ce n’est pas parce qu’on ne réagit pas par écrit au billet qu’on ne le lit pas et qu’on ne le trouve pas important…

    Aliocha : merci de me réconforter, je commençais à me dire que j’avais mal servi le journalisme en n’adoptant pas un ton suffisamment violent. Tout est toujours dans la présentation des choses…

    Commentaire par Philonous — 01/04/2009 @ 23:38

  11. Plusieurs choses me chiffonnent, et m’empêchent d’entonner l’air de « luttons pour l’indépendance menacée de la presse » (air populaire)

    D’abord, il me semble que France 3 est fondé à pouvoir reprocher à des collaborateurs d’avoir diffusé ce « document » sans son accord.

    Ensuite, l’information selon laquelle « un conseiller de l’Élysée » reconnaîtrait à demi-mot des pressions sur France 3 tombe un peu trop bien… Jusqu’ici, on était entre journalistes : difficile donc d’en appeler à la défense du journaliste opprimé.

    Et surtout, ce document était entaché d’un grave problème technique : on entendait Sarkozy mais pratiquement pas ses interlocuteurs. De sorte que Rue89 – et toute la blogosphère à sa suite – a pu allègrement broder sur le sens supposé des paroles du président. D’un point de vue journalistique, c’était nul. Il aurait fallu au minimum contacter les protagonistes du plateau pour débrouiller l’affaire. D’autres que Rue89 l’ont fait par la suite, mais ce travail de recoupement est passé inaperçu. En substance, les journalistes présents sur le plateau n’ont pas trouvé l’ambiance glaciale, et ont infirmé les interprétations de Rue89.
    L’opération de Rue89 reste donc exemplaire de ce que la blogosphère a de plus vil : le règne du subjectif et de la rumeur.
    On aurait pu trouver mieux comme étendard de la cause journalistique.

    Aliocha : trouvez moi une seule cause parfaitement pure et je vous offre des chocolats. Plus sérieusement, vos objections sont intéressantes, j’ai moi-même attendu avant de me faire un avis. Il n’en demeure pas moins que nous avons un morceau de off où l’on voit un président naturel, pas forcément scandaleux d’ailleurs, mais naturel. Vous dites que les journalistes du plateau ne trouvaient pas l’ambiance tendue, certes, vous ne croyez pas qu’ils ont été gênés par la connivence entre le président et l’ancien journaliste au placard ? Le moment qui me heurte le plus est celui où NS dit qu’il s’était opposé à cette placardisation. Voilà qui nuance sérieusement l’objectivité des témoignages que vous avancez. Maintenant, sur la procédure. Demander à des journalistes de balancer leurs sources, c’est inadmissible, les faire convoquer par la police pour un document pareil, c’est ridicule, découvrir au passage que des caméras de surveillance filment les gens qui viennent rencontrer des journalistes à la rédaction, c’est contraire au secret des sources dès lors que ça peut se retrouver entre les mains des flics. Au fond, c’est une plus grande cause que vous ne l’imaginez en ce sens que c’est une illustration flagrante du conflit entre communication officielle et liberté de la presse, c’est aussi une illustration de la tentation du pouvoir de museler les journalistes, rien que pour cela et même si l’affaire est ridicule, ça vaut le coup. J’ajoute que ce climat de mépris et d’autoritarisme à l’égard des médias, je l’observe chaque jour avec des gens moins importants que le président, il me parait urgent d’endiguer cette dérive. Là encore, cette affaire a du sens.

    Commentaire par Tocquevil — 01/04/2009 @ 23:46

  12. Sur la connivence affichée (plus que réelle) je crois qu’elle n’a pas surpris les journalistes du plateau : tout le monde sait bien que notre président aime établir d’emblée ce genre de relation de pseudo-connivence. Personnellement, je n’ai pas été surpris. C’est un des travers du personnage que je déplore, et je le trouve d’autant plus déplorable s’agissant de sa relation avec des journalistes. Je maintiens donc le peu d’intérêt journalistique de ce scoop.

    Sur le reste, je suis bien d’accord avec vous : c’est ridicule. Je suis moins convaincu qu’il s’agit d’une « illustration de la tentation du pouvoir de museler les journalistes ». Si c’est tout ce qu’on en a en magasin…

    Sur la dérive générale vis à vis du métier de journaliste (mépris d’une bonne partie de la blogosphère et de l’opinion en général) je vous suis en tous points. J’adhère en particulier à 100% à votre post concernant Eolas.

    Commentaire par Tocquevil — 02/04/2009 @ 00:17

  13. @Tocquevil: il y a quand même quelque chose qui me dérange dans votre analyse. On ne reproche pas à Rue89 la subjectivité des commentaires des journalistes (qui restaient, à mon sens, peu nombreux et relativement neutres, au sens où, dans l’article initial, ils ne font qu’isoler certains propos du Président: en terme d’interprétation, de rumeur et de propos brodés, j’ai connu pire). Même si on aurait justement pu s’attendre à quelque chose de plus fouillé et de plus objectif, il y a pire, comme travail de journaliste.
    On leur reproche la diffusion du document. Et la façon dont s’expriment ces reproches (dépôt de plainte et tout ce qui va avec) ne va pas dans le sens d’un très grand respect de la presse, alors que le document lui-même ne portait pas particulièrement atteinte à la dignité du chef de l’Etat (enfin, je trouve). Au final, ça fait beaucoup de bruit pour une vidéo dont le contenu est quand même très très loin de produire un « watergate ». Donc, qu’il y ait une enquête interne, soit, mais faut-il vraiment mettre une telle pression sur Rue89? C’est quand même pour le moins maladroit dans le contexte actuel…

    Je me rends compte que je rejoins finalement, pour l’essentiel, l’avis d’Aliocha. Mais bon, comme ça, elle ne pourra pas se plaindre qu’on ne réagit pas à ce billet. 😉

    Commentaire par Philonous — 02/04/2009 @ 05:34

  14. @ Aliocha en 9

    J’ai peur de devoir vous donner raison. Mince alors… Cela signifierait qu’àprès avoir été roi, Ubu est président. J’en veux pour preuve qu’Ubu envisage à la fin de la pièce de devenir le Maître des Finances à Paris (Bercy…) 😉

    Au moins, ses objectifs sont connus : «Avec ce système, j’aurai vite fait fortune, alors je tuerai tout le monde et je m’en irai.» (Acte III)

    Comme j’aimerais que ses petits camarades du G20 lui lancent un « casse-toi, pov’ *** » en réponse à sa menace (capricieuse?) de quitter le sommet! Je me régalerais.

    Commentaire par Ferdydurke — 02/04/2009 @ 08:41

  15. Tout à fait d’accord, notamment avec votre réponse en 11. On pourrait effectivement objecter que le scoop d’origine n’en était pas un. Mais les suites qui lui sont données dépassent franchement toute mesure. La PJ n’a-t-elle donc aucun autre chat à fouetter ? Des policiers de cette qualité n’ont-ils pas d’enquête plus intéressante sur le feu que celle qui consiste à démasquer le vilain petit canard qui a fait passer une cassette en douce ? Misère…

    Commentaire par Obi-Wan Kenobi — 02/04/2009 @ 13:29

  16. Indépendamment que ce post à bien moins de commentaires que sont homologue du même jour … (on retrouve là peut être, une des causes de la dérive de cerains médias…)
    Je souscris à votre position et même plus « personne ne devrait avoir LE pouvoir d’empêcher un journaliste (ou tout citoyen) de s’exprimer

    Commentaire par bleu horizon — 02/04/2009 @ 17:22

  17. Si moi, qui ne suis pas journaliste, je vole une cassette vidéo à France 3. Ou bien si je recèle une cassette vidéo qui m’a été remise par un employé de France 3…
    Et si ensuite je diffuse cette cassette.
    Je suis condamnable.
    Un « journaliste », non… Pourquoi ?…
    Pourquoi un journaliste aurait-il des droits que moi je n’ai pas ?
    Si j’ai connaissance d’un délit ou de son auteur et que je refuse de le dénoncer, je suis coupable de non dénonciation de crime, voire de recel de malfaiteur.
    Un « journaliste », non… Pourquoi ?…
    Pourquoi un journaliste aurait-il des droits que moi je n’ai pas ?

    Parce que la mission d’un journaliste est d’informer les citoyens.

    Or dans cette affaire, l’information du citoyen était bien la dernière des préoccupations de Rue89.
    Il fallait faire du spectaculaire, inventer les propos que les micros n’avaient pas captés, imaginer le contexte, « rumeuriser » tout ça…

    Ces individus ne se sont pas comportés comme des journalistes (ce sont des habitués vous me direz), ils doivent donc avoir les mêmes droits que le citoyen lambda. Ni plus, ni moins.
    J’ai du mal à ressentir la moindre compassion pour eux.

    Commentaire par Arnaud — 06/04/2009 @ 18:21

  18. ben moi je me demande simplement pourquoi ce blog se nomme la plume d’Aliocha et se retrouve illustré par un stylo… ce n’est pas cohérent !

    car pour le fonds du billet, rien à redire. L’affaire a été suffisamment commentée pour que je m’en abstienne… Effectivement, la liberté de la presse est menacée. Mais également la liberté d’expression tout cours ! On pourrait multiplier les exemples à l’envi.

    Résistance !

    Commentaire par gauchedecombat — 13/04/2009 @ 20:27

  19. […] Sarkozy. C’est le journaliste de France3 convoqué demain par la police au sujet de la vidéo du président filmé avant son interview sur la chaîne publique et diffusée par Rue89. Je n’aime pas le […]

    Ping par A plat ventre ou debout ? « La Plume d’Aliocha — 01/07/2009 @ 14:50


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :