La Plume d'Aliocha

03/03/2009

Bravo confrères !

Filed under: Brèves — laplumedaliocha @ 16:50

Un commentateur de ce blog, Javi, vient de m’alerter sur la création d’un nouveau magazine par une poignée de jeunes journalistes qui en sont déjà à leur deuxième titre, malgré la crise de la presse, du journalisme, de la finance, la concurrence du web etc, etc. C’est à lire ici. Et vous pouvez aller voir leur site . Bravo et longue vie !

Touche pas à ma com’

Filed under: Eclairage — laplumedaliocha @ 10:09

On dit que Ségolène Royal a lancé un référé contre Paris-Match et qu’elle réclame 50 000 euros de dommages intérêts. Etonnante action en justice. A voir les photos publiées, on doute qu’elles aient été volées, franchement.

Mais supposons que ce soit le cas, pour la commodité du raisonnement. Il faut lire ou relire un article de l’excellente revue Médias de cet hiver pour y voir plus clair. Il s’agit d’une interview de Dominique Besnehard, vous savez, le conseiller des stars, Isabelle Adjani, Laetitia Casta, Sylvie Vartan etc. Enfin, il refuse le terme de conseiller et préfère se qualifier « d’indicateur d’opinion et d’émotion ». Allez comprendre, c’est le genre de formule que prisent les spécialistes de communication et que j’ai du mal à saisir. C’est lui qui  a conseillé à Ségolène Royal de changer de style. Lui aussi qui l’a emmenée voir des spectacles et rencontrer des artistes comme Jeanne Moreau: « ces gens-là lui ont parlé simplement et elle a senti qu’il fallait qu’elle libère quelque chose ». Le spectacle où elle est apparue métamorphosée, en tunique bleue sur scène, c’est encore lui. « La soirée du Zénith n’était pas politique » explique-t-il « c’était un discours sur la fraternité, sur l’homme ». Possible, mais c’était surtout un show avec des chanteurs. Résultat ? « Les médias ont réduit ces 4 heures a : elle a changé de look. C’est vraiment dégueulasse » s’indigne l’indicateur d’opinion et d’émotion. Et celui-ci de se plaindre des journalistes qui durant la campagne trouvaient qu’elle avait « l’air d’une bonne soeur » et pensent aujourd’hui qu’elle semble « sortir de Katmandou ». En effet, on s’énerverait à moins.

Reste à savoir si ce sont les journalistes qui ne comprennent rien ou le conseiller qui s’est planté.  Personnellement, les rares images que j’ai vues de ce show m’ont fait sourire, j’ai trouvé qu’elle ressemblait à Chantal Goya et je m’attendais à chaque instant à voir sortir des coulisses un gigantesque Sarkozy en peluche sous les huées de la foule. Je comprends mes confrères qui n’ont pas marché, que voulez-vous que des journalistes politiques écrivent sur un sujet pareil ? On leur propose un changement de look, ils décrivent un changement de look, ce qui a le mérite d’être exact. Ensuite, qu’ils aient été étanches au grand spectacle d’humanisme et ne soient pas rentrés les yeux plein de larmes d’émotion écrire des articles dégoulinant d’adoration, c’est non seulement leur droit mais surtout leur devoir. La politique c’est pas du cinéma, même si ça consiste aussi parfois à rêver ensemble.

Pour en revenir au procès contre Match, il montre un réel embarras de Ségolène Royal vis à vis de son image bien plus qu’une volonté de protéger sa vie privée. D’ailleurs, elle l’avoue elle-même en se plaignant qu’on publie des photos de son couple pendant les événements en Guadeloupe. Au fond, elle aurait préféré que Match s’en tienne à son action sur l’île, quitte à mettre en vignette une petite photo de son escapade amoureuse : beaucoup de politique et un peu de glamour. L’humanisme en une et la tendresse en pied de page, pour achever de conquérir le lecteur.  C’est ça, à mon sens, le coeur du sujet. La femme politique libre qui tente de briser son image de bonne soeur ne lui plaît plus. L’effort de transformation accompli n’a pas eu les résultats escomptés. L’épisode Katmandou est clos ou, à tout le moins, en stand by. Le problème, c’est que les journalistes ne sont pas des relais de communication. Même quand ils donnent dans le People, ils continuent de décrire ce qu’ils voient, ce qui les intéresse et pas ce qu’on veut leur faire dire. Ils en seront quitte pour un procès, et c’est un moindre mal. Tout le monde n’a pas les moyens de réclamer la tête d’un rédacteur en chef.

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