La Plume d'Aliocha

24/02/2009

Internaute infidèle

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 10:59

Je sors d’une petite visite sur @si et l’irritation qui transparaissait de certains commentaires m’a donné à réfléchir. « Puisque c’est ainsi je me désabonne » disait l’un, invoquant son désaccord avec l’un des articles de Daniel Schneidermann, « de toutes façons, ce n’est plus ce que c’était » rétorquait l’autre, tandis qu’une poignée de fidèles, plus calme, tentait d’expliquer qu’on pouvait être en désaccord sans immédiatement tourner les talons. Pour moi qui découvre @si, un peu tard il est vrai, le site fait du bon travail. Et même si je n’ai pas suivi DS dans son obstination à cuisiner Péan au sujet de l’antisémitisme, je n’ai pas l’intention de me désabonner. Je suis une fidèle dans l’âme.

Mais j’ai songé à l’infidélité des internautes, elle est réelle. Voyez ici, par exemple, j’ignore si mes lecteurs ont changé,leur nombre demeure à peu près le même, ce que je sais, c’est que quelques commentateurs ont déjà disparus. Suis-je en cause ? Sans doute, mais il n’y a pas que cela. J’en ai interrogé certains par mail parce qu’on se connaissait depuis longtemps chez Eolas, l’un m’a répondu qu’il n’avait plus le temps, que les blogs l’avaient lassé, trop chronophages, un autre qu’il n’avait pas le moral et préférait fuir les sujets sérieux pour se rabattre sur les blogs littéraires, un troisième s’est pris de passion pour un autre blog, un quatrième est absorbé par ses activités professionnelles…Ce petit sondage qui a le double défaut d’être un sondage (j’ai horreur de cela) et en plus de n’être pas fait dans les règles (ce qui lui ôte le peu de fiabilité quasi-scientifique d’un vrai sondage) illustre néanmoins un phénomène que les éditeurs de presse ont bien identifié et qui les inquiète : l’internaute est infidèle, terriblement infidèle. Sans doute faut-il y voir une conséquence de la profusion réelle ou supposée du web. Cet incroyable foisonnement qui, ajouté à la gratuité, transforme n’importe qui en être volage, capricieux, brûlant ce qu’il avait adoré hier pour encenser de nouvelles idoles qui le lasseront demain ou dans une semaine.

Il y a sans doute bien des raisons qui expliquent ce comportement. Je vous propose d’en explorer une : l’individualisme. Dans un de ses livres Géraldine Muhlmann, philosophe et journaliste, évoque le rôle rassembleur du journal. Pendant longtemps, acheter son journal, c’était partager avec l’ensemble des lecteurs un savoir commun, c’était adhérer à une grand’messe démocratique de communion à l’information. Et cette information était diffusée certes par un journal avec une ligne éditoriale, c’est-à-dire une personnalité, mais aussi plusieurs dizaines de signatures, donc une oeuvre collective où chacun pouvait découvrir une signature qui lui plaisait, un éditorialiste favori et, à supposer que cet éditorialiste ne soit pas en forme, mille autres choses qui finalement le retenaient et le poussaient le lendemain ou la semaine suivante à racheter son quotidien ou son hebdomadaire favori.

Mais face à son écran, chacun est seul, façonne sa propre information et part en quête de ce qui lui ressemble. On ne cherche plus un miroir du monde proposé par des professionnels à un large public rassemblé au sein d’une communauté de lecteurs, mais un miroir de soi, de ses préoccupations, centres d’intérêts, orientations politiques, philosophiques etc. La consultation de blogs s’inscrit dans cette démarche et se traduit essentiellement par l’adhésion à une personnalité. On aime ou pas Eolas, Bilger, Auhteuil, Aphatie puis on continue ou pas de les aimer. Au moindre dérapage, à la moindre contrariété, l’internaute rompt la relation et s’en va flâner ailleurs. Ainsi vont les relations humaines, un jour on s’aime, l’autre pas. Il est plus facile de quitter un individu qu’une communauté. Qu’importe pour le blogueur, il séduira d’autres lecteurs, si toutefois le contenu qu’il offre présente un quelconque intérêt. 

Le plus étonnant, c’est qu’Internet cultive un fort communautarisme, apparemment en opposition avec cet individualisme, mais un communautarisme mouvant, anonyme qui se traduit davantage par l’adhésion à l’outil et à la culture web  qu’aux acteurs présents sur la toile. Face à cette difficulté, je pense qu’il faut, là comme dans le monde réel, faire le pari de la qualité et de la valeur ajoutée, et parvenir à inventer une ligne éditoriale forte capable de prendre le pas sur les signatures et de créer un esprit communautaire. Qui sait s’il ne faut pas aussi faire le pari du payant ?

Car au fond, passé la première révolte contre le monde réel sur laquelle s’est bâtie Internet, opposant à la vénalité de la réalité le mythe de la gratuité, au collectif l’individuel, au hiérarchisé l’aplani et ainsi de suite, il faudra bien revenir aux fondamentaux. Un chef d’entreprise particulièrement inspiré me faisait observer récemment que ce que je lui décrivais du web n’était autre que les traits caractéristiques d’un univers au stade de l’adolescence, rébellion contre l’existant, certitude d’avoir raison contre les dinosaures de la vie réelle, autisme relatif d’un monde qui s’auto-référence…. Et si l’on y réfléchit en effet, comment prétendre que le web serait différent du monde réel, dès lors qu’il est oeuvre humaine ? Je crois de plus en plus qu’il est simplement à un stade d’évolution différent. D’ailleurs, on y retrouve les mêmes réflexes à l’état embryonnaire. Une hiérarchie se recrée entre les anciens du web, ceux qui connaissent et constituent une aristocratie et les autres, la plèbe, qui ne comprend rien, ne maîtrise pas l’outil ni le vocabulaire. La culture du réseau tant décriée dans le monde réel, les amitiés  que l’on reproche tant aux journalistes sont elles absentes du web ? Bien au contraire, elles en sont le fondement. Quant à la gratuité, elle commence à embarrasser tout le monde, car passé l’adolescence, il faut bien se décider à vivre et donc à gagner sa vie. Alors, bientôt l’âge de la maturité ?

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32 commentaires »

  1. Billet condensé,Paragraphes courts et phrase de lancement en gras (presque un chapô ?) : Voici un découpage qui rend le billet plus agréable à lire.

    Farfouillant sur Internet depuis plus de quinze ans, je partage l’analyse du dernier paragraphe sur ce que « je lui décrivais du web ».

    Un phénomène identique a frappé les dinosaures d’Internet de la fin des années 80 (apparition du web proprement dit). Ces dinosaures voyant débarquer les nouveaux utilisateurs du milieu des années 90 déploraient leur méconnaissance de la netiquette et la perte de qualité (réelle ou supposée) des contenus, on parlait alors d’un « endless septembre » en évoquant la rentrée des classes durant laquelle il faut tout expliquer aux nouveaux. Finalement, les pionniers -pour les quels on peut gagner de l’argent en fabriquant et vendant du matériel, pas en concevant des logiciels, et encore moins en vendant des services et du contenu- sont devenus adultes ou ont disparus pour notre malheur et notre bonheur.

    Une nouvelle génération a poussé sur la précédente (qui a imposé le web au détriment d’autres protocoles), et une nouvelle encore (celle du 20., des blogs, des facebook…) qui devrait bientôt sortir d’une adolescence collective avant d’être rattrapée par la suivante.

    Aliocha : est-ce à dire que l’innovation technologique permanente condamne le web à la jeunesse éternelle ?

    Commentaire par Lindir — 24/02/2009 @ 11:23

  2. Bonjour Aliocha,

    Quelques remarques sur votre description, ainsi que sur la réponse de Lindir, d’ailleurs.

    Je me situe, bien que ma barbe ne soit pas encore blanche, dans les dinosaures qui ont connu, et peu apprécié, le « endless september » du milieu des années 90.

    Ce phénomène, qui ressemble à de l’adolescence, s’explique assez facilement: nous n’étions pas 50.000 internautes en France au milieu des années 90, c’est-à-dire il y a 15 ans. Nous n’étions pas 1 million il y a 10 ans. Nous sommes maintenant plus de 20 millions à avoir un accès régulier au réseau.

    Forcément, comme pour tout outil, il y a un cycle d’apprentissage. Il faut du temps pour se faire à l’outil, pour y trouver ses marques et repères. Faites, encore une fois, le parallèle avec le monde réel: on vous a laissé toute votre vie pour vous habituer à la télévision et à la radio, et pour y faire vos choix. Et ces choix évoluent régulièrement.

    Maintenant, ajoutons là-dessus le supplément de complexité du web (et je ne parle que du web, pas encore d’Internet, qui est plus vaste), c’est-à-dire son foisonnement, le fait que tout le monde peut émettre, et pas seulement se contenter de recevoir. Rien que dans son rôle de média, le web est plus complexe que ce qu’on a connu avant. Bien entendu, on retrouver certaines règles: pourquoi je ne lis pas tous les blogs tous les jours? Mais pour la même raison que je ne lis pas tous les journaux. Je n’ai pas le temps. Pour ceux auquels je suis le plus attaché, je suis abonné. Et même ceux-là, souvent, je n’ai pas le temps de les lires. Notez les deux dernières phrases. Elles marchent pour les blogs et pour les journaux. Pareil.

    Après, il y a des usages qui naissent. Je crois qu’un type de support, presque indépendament de ce qu’on met dedans, modèle la société, la culture commune, des gens qui y accèdent. La presse écrite, du temps où elle était seule, à modelé un monde. La presse radio/télé, quand elle a pris du poids, a modifié le monde pour en créer un nouveau. Le réseau, par son mode de fonctionnement, est en train lui aussi de modifier ca. Pour aller où? Je n’en sais rien. Je me dis, naïvement, que ce monde nouveau peut ressembler un peu à ce qu’on connait entre anciens du réseau, et il est intéressant ce monde.

    Sur votre blog, vous vous intéressez surtout à l’information, et donc aux médias/journaux. Mais il est simple à voir que le réseau change plus que celà (il suffit de constater qu’il touche à tout, pas seulement à la diffusion de l’information). Et des conséquences comme celles que vous décrivez pour la diffusion de l’information, il y en a bien entendu dans tous les domaines.

    Il faut aussi y intégrer les changements qui ne viennent pas que du réseau. Notre société évolue vers une infantilisation des gens, une dé-responsabilisation. Je suis trop con pour savoir que le tabac c’est pas bon, alors on l’écrit dessus. Je suis trop bête pour être responsable de mes écrits, alors on veut que ce soit l’hébergeur de mon site web qui le soit. Je suis trop bête pour choisir moi-même mes lectures, alors on veut que ce soit mon fournisseur d’accès qui filtre. Je suis trop bête pour savoir quel film mes enfants peuvent regarder, alors on l’écrit dessus. Etc. La liste est infinie.

    Je ne suis pas sociologue, mais je plains ceux qui le sont. Cette évolution va être compliquée à lire et à comprendre, surtout tant qu’on est le nez dedans. Il faut faire la part:
    – de ce qui est du comportement usuel, mais transposé au réseau (pas le temps, lecteur occasionel, etc)
    – de ce qui est lié à l’évolution de la société indépendament du réseau
    – de ce qui est lié au réseau lui même

    Le lecteur de blog plus volage que le lecteur de presse écrite? Je ne crois pas. Mais cette volatilité se voit. Quand je hurle contre un article débile dans un journal, personne ne m’entend (sauf mes voisins dans le train). Et personne ne sait que pendant des mois je refuserait d’acheter un journal suffisament mauvais pour publier ca. Sur un blog, ca se voit, c’est tout.

    Pour un quotidien ou un hebdo, dont les ventes sont pourtant relativement stables, hors scoop, combien d’abonnés pour combien de lecteurs? Quelle est la part de lectorat stable? Est-ce si différent sur le net?

    Aliocha : merci pour cette analyse détaillée, nous ne serons jamais trop nombreux pour tenter d’y voir clair 😉 Je ne prétends pas ici inventer la poudre, je me contente de réfléchir tout haut. Il est possible en effet que le web ne fasse que rendre plus visible l’infidélité naturelle du consommateur, il faudrait sans doute recueillir l’avis d’un spécialiste du marketing sur ce sujet-là. Je pense aussi que l’offre sur le web n’est pas mâture et que c’est peut-être là que l’on peut trouver une explication à l’infidélité. Les blogs ne sont que des efforts amateurs qui ne déploient aucune des tactiques sophistiquées pour fidéliser leurs lecteurs, même s’ils en emploient d’autres propres au web pour faire leur place. Quant aux sites de presse, ils se cherchent encore sur un support qui lui-même s’interroge.

    Commentaire par Benjamin Bayart — 24/02/2009 @ 11:46

  3. Je me sens visé, alors je promets un beau commentaire… dès que j’aurais juste un peu le temps 😉

    Aliocha : je vous attendais sur l’individualisme, mais qui sait si ce blog existera encore lorsque vous émergerez de vos travaux herculéens 😉

    Commentaire par Philarête — 24/02/2009 @ 12:00

  4. ne nous leurrons pas, l’internaute est un consommateur comme les autres, avec une zone commerciale plus etendue que dans la vie réelle. alors, aller de carrefourà auchan ne lui pose aucun probleme. cette multiplication implique forcément de la navigation de ports en ports.
    internet reste (un microcosme?) représentatif d’une société, avec ses regles, ses codes, ses communautés et autres affinités. ce n’est que le reflet de la vie réelle, et la période bisounours est révolue.
    n’oublions pas aussi la multiplication des internautes, et surtout leur méconnaissance totale des outils de communication.
    combien d’internautes se servent des fils RSS pour suivre un site (et etre ainsi fidèles à ce site)?
    l’internaute est un consomateur, qui a acheté ce que le vendeur a bien voulu lui vendre.

    Commentaire par leinad — 24/02/2009 @ 12:03

  5. Aliocha : je vous fais part de ce témoignage de lecteur ayant songé à retirer votre blog de son aggrégateur.

    J’ai découvert votre blog par l’intermédiaire d’Eolas.

    Sur le fond d’abord. Ce que j’apprécie chez lui et que je cherche chez vous dans un domaine distinct, le journalisme : des billets qui revèlent des facettes multiples d’un métier et d’un secteur. Je n’ai trouvé, à l’exception de quelques billets, que fulminations contre les « wébeux » qui s’en prennent au journalisme, le vrai le beau, et réflexions sur l’éthique et la crise du journalisme. Bref, un contenu trop loin de la réalité quotidienne pour m’intéresser vraiment.

    Peut-être est-il plus facile de parler du droit, celui-ci faisant l’actualité tous les jours. Pourquoi pas un prix équivalent au Busiris ? (« prix Rita Skeeter » ??)

    Sur la forme ensuite. Les billets peuvent être longs, ce n’est pas un problème. Mais la typographie et la disposition rendent le truc assez indigeste, notamment à cause des paragraphes énormes.

    Le web-lecteur est je crois aussi fidèle que le lecteur réel, simplement il réagit moins avec du feedback sur la forme (type ‘courrier des lecteurs’) mais plus sur le fond des articles. Par exemple, j’ai décidé d’accorder à ce blog un répit sur mon aggrégateur pour lui laisser le temps d’atteindre sa maturité.

    Aliocha : sachez cher ancien lecteur qu’une indépendance d’esprit extrême, un certain esprit bravache, et une sincérité forcenée me poussent souvent à provoquer ce genre d’attaques. Il est alors passionnant d’observer ceux qui volent à votre secours, ceux qui ignorent la provocation pour se concentrer sur le fond et ceux qui mordent. Je vous remercie d’avoir participé à cette passionnante expérience psychologique sur la dureté des relations sur Internet.

    Commentaire par Paul — 24/02/2009 @ 12:23

  6. Aliocha : est-ce à dire que l’innovation technologique permanente condamne le web à la jeunesse éternelle ?
    D’une certaine façon, je dirais oui. L’innovation technologique, le marketing, la concurrence.
    Mais qu’est-ce que l’éternelle jeunesse ? L’éternelle fraicheur des grands classiques de l’art, de la littérature ? L’éternelle quête de découverte ? L’éternel besoin d’énergie pour affronter le monde ? Ou d’éternels balbutiements adolescents ?
    J’en profite pour préciser que j’ai une certaine affection pour ce que j’ai appelé les « dinosaures » d’Internet, et d’excellents souvenirs d’Internet d’avant 1995/96, sans nostalgie cependant.

    Commentaire par Lindir — 24/02/2009 @ 12:40

  7. j’ai aussi découvert votre blog depuis le site d’Eolas et je le lis chaque jour avec plaisir, et peut être serai vous contente de savoir qu’il a réellement changé ma vision du journalisme. Je suis aussi critique, mais moins sceptique. En tout cas je comprends mieux certaines choses.

    Si je me penche sur mon passé d’internaute j’ai lu et abandonné de nombreux blogs. Dans l’ensemble le facteur déclenchant est souvent la façon dont il évolue.
    J’ai découvert votre blog au moment où je commençais à me lasser du blog d’Eolas que je trouve moins bon aujourd’hui qu’à l’époque où il était moins connu. Moins bon au sens de l’effet grosse tête et cheville qui enfle.

    Ce qui m’attire dans les blogs c’est surtout ce que l’on ne trouve pas dans la presse traditionnelle: une fraîcheur, une spontanéité. Et quelle importance s’il y a parfois quelques fautes de grammaires ou autres imprécisions.

    Il est normal qu’un blog évolue à la mesure de son lectorat. On ne publie peut être pas de la même façon pour 1000 personnes que pour 100000. Ou pas les même sujet. Donc ce n’est pas une critique en soi que je fais, le niveau du blog Eolas est de tote façon au dessus de la moyenne, juste un constat de mes propres pérégrinations.

    Le deuxième point qui me fait quitter un blog c’est le moment où j’ai l’impression d’une forme de censure.
    Entendons nous bien, il est normal de faire le ménage sur les post purement publicitaires ou qui sont de nature à se terminer devant un tribunal. C’est un travail que fait généralement très bien Eolas… sauf une fois. Une seule où il a fermé les posts d’un article, a mon sens, ouvertement raciste, après avoir lancé une bordée du niveau d’un « cass toi pauv’r con » à ses lecteurs. Depuis je retourne très rarement sur ce blog.

    Le troisième point est plus subtil: la différence entre un blog et un article.
    Au temps je peux comprendre qu’un site qui ne publie que des articles d’opinion ne propose pas de zone de commentaires. Dans le cas des blogs je ne comprends même pas la logique. L’exemple typique est le blog Econoclaste dans lequel il n’est autorisé QUE d’être d’accord avec l’auteur sous peine de voir son post disparaître dans la minute au prétexte d’un hors sujet!

    Ben ce n’est pas un blog ça, c’est de la propagande et je ne vois même pas l’intérêt d’y passer du temps.

    je ne sais trop si je fais avancer le débat, mais bon

    Commentaire par fred — 24/02/2009 @ 13:29

  8. Je ne partage pas votre sentiment sur l’infidélité des internautes. Je constate ce que je fais et ne crains pas trop de généraliser, étant un internaute très ordinaire. Je suis très fidèle aux sites et blogs que j’ai retenus, les ayant retenus pour leurs qualités et leurs gentils défauts, tant qu’ils se maintiennent à un niveau minimum de qualité. Comme pour mon charcutier.
    Maintenant il est vrai que les articles sont souvent un peu long sur les sites de qualités, les commentateurs souvent intéressants, et que cela prend un temps fou quand vous n’êtes pas dactylo-encodeur ni Aragon (comprenez, avoir la faculté d’écrire bien, beaucoup et intelligent en un seul jet)de prendre connaissance et participer.
    Il serait catastrophique et détestable que les endroits très fréquentables deviennent nécessairement payants.

    Commentaire par GRANTUMU — 24/02/2009 @ 14:12

  9. « La consultation de blogs s’inscrit dans cette démarche et se traduit essentiellement par l’adhésion à une personnalité. […] Il est plus facile de quitter un individu qu’une communauté. »

    Peut être n’y a-t-il pas que cet aspect-là. On consulte un blog pour la personnalité du blogueur, oui ; mais le blogueur lui-même fait aussi partie d’une communauté de blogs, qui se lisent, s’influencent, et se répondent les uns aux autres. Eolas lit Aliocha, lue par Narvic, qui lit lui-même Aphatie, lequel lit Eolas, etc.
    Et pour certains billets, si on ne se représente pas cette communauté de blogs, on est perdu.

    Finalement, les blogs tendent vers l’individualisme en apparence, mais de même qu’on philosophe difficilement tout seul, une discussion s’éteint toujours quand elle manque de participants.
    Sans communauté, point de débat.
    Et « quitter » un blog, c’est d’une certaine façon quitter – au moins en partie – cette communauté. Et il ne me semble pas avoir jamais croisé de blog n’ayant strictement aucune relation avec d’autres blogs, ne serait-ce que parce que l’activité et la notoriété ne vient que comme ça, ou presque.
    Et si l’on ne rentre pas dans une communauté quelconque, forum, blog ou autre, notre signature reste anonyme.

    Mais ce n’est qu’une idée, de la part d’un « petit con » qui se revendique comme tel et qui vient de comprendre comment indiquer son site en signature – merci, au passage 😉 Comme quoi, la « génération internet », c’est relatif.

    Aliocha : vous avez raison d’affiner dès lors en effet que se recréent de nouvelles communautés, mais je les trouve néanmoins bien plus fragiles et volatiles que celles du réel, peut-être (et hop, rebondissons) parce qu’elles sont virtuelles précisément et que rien de concret ne nous y attache, sauf peut-être une addiction proche de celle qu’on entretient avec les drogues licites ou illicites. Et pardon pour mon insolence d’hier, elle n’était pas dirigée contre vous et n’était pas méchante, c’était plutôt un clin d’oeil à Narvic sur les nouvelles générations entièrement axées sur le web et l’éternel argument de la disparition programmée du papier, du journalisme, des journalistes de l’information, de l’actualité, du livre etc.

    Commentaire par LéoGuirlet — 24/02/2009 @ 14:47

  10. Je vais faire un total hors sujet, pour mieux répondre.

    Depuis les 35 heures et les RTT, le nombre annuel de semaines de congés avoisine les dix.Cinq ou six fois par an, avec mon épouse, nous partons découvrir la France, en louant un gîte.
    Mais JAMAIS nous n’allons dans le même coin ; tout au plus à l’autre bout d’un département visité dix ans avant.

    Ce n’est pas de l’infidélité. C’est qu’il existe quelques centaines de lieus qui méritent l’attention ; je n’en ais pas trouvé de révulsifs. Il faudra une vie pour les voir tous.

    Les blogs de qualité ne sont pas différents, et sans doute pas moins nombreux. Chacun a quelque chose a nous apprendre. Mais quand nous l’avons appris, leur intérêt diminue.

    Un jour, je me dirais :
    «Tiens, Aliocha est encore à s’énerver contre les blogueurs qui se la pète et la langue de bois des chargés de comm.»
    Et mes visites se ferront de plus en plus rares.

    Heureusement, d’autres viendront, pour un temps …

    C’est comme pour les romans, on aime bien en lire de nouveaux ; et même de nouveaux auteurs.

    Commentaire par Pilou — 24/02/2009 @ 16:05

  11. @Aliocha [HS suite et fin] : rassurez-vous je ne l’ai pas mal pris du tout, je plaisantais aussi, vos excuses n’ont pas lieu d’être.
    C’est le risque de s’être habitué aux émoticones : quand on essaye de ne pas en mettre tous les deux mots, le ton de la plaisanterie n’est plus aussi visible. Rien que pour ça, l’époque des lettres devait avoir un côté sympa…

    Pour rebondir sur ce que dit Pilou (com. 10), je pose la question : comment conserver ses lecteurs ? En évoluant soi-même quitte à perdre ceux qui ne retrouveraient plus ce qu’ils ont perdu dans la bataille ? Ou en restant campé sur thèmes et points de vue favoris et connus, quitte à lasser ?

    Le problème est intéressant, et mériterait étude. Cela dit, ça me paraît limité par un fait bassement matériel : faire un blog n’a d’intérêt que si l’on parle de ce que l’on connait bien, et on ne peut donc par définition le faire que sur un petit nombre de sujets.
    Après, ça lasse le lecteur, ou non… La difficulté étant à mon sens de se renouveler et de faire toujours neuf et original sur le même axe ou la même ligne éditoriale.
    Tiens, ne serait-ce pas également un problème de magazine ? Comme le monde est petit.

    Commentaire par LéoGuirlet — 24/02/2009 @ 16:30

  12. Je trouve cet article absolument scandaleux, et insultant pour les internautes ! Je me désabonne dans l’instant. Enfin, quand vous serez passé au payant. 😉

    L’un des inconvénients du système payant dans ce cas précis que vous citez, c’est que sous prétexte que les @sinautes sont aussi des « clients », certains d’entre eux considèrent qu’ils sont « actionnaires » du site, en quelque sorte. J’ai peut-être une vision « ringarde » de la presse, mais j’ai du mal à imaginer le lecteur d’un quotidien papier s’adresser sur le même ton à un rédacteur en chef, brandissant le chantage au désabonnement avec une telle véhémence.

    D’un autre côté, nous savons que les forums ont tendance à radicaliser les positions. Je ne suis pas sûr que les @sinautes soient plus infidèles sur Internet que dans la vie réelle, peut-être profitent-ils simplement plus des occasions qu’ils ont d’exprimer leur mécontentement. Quoique ne suivant pas Daniel S. sur toute la polémique, je trouve que la pression que cherchent à créer ceux qui ne sont finalement que des commentateurs est énorme. Et je ne suis pas sûr que ça contribue toujours à enrichir le contenu (toutes les remarques venant d’un internaute, même abonné, ne sont pas bonnes à prendre).

    Rien à voir, mais attention à ne pas confondre lecture et commentaires (c’est une erreur que DS a tendance à commettre également il me semble). Beaucoup de gens restent des lecteurs fidèles sans prendre le temps de commenter, et ceux qui commentent ne sont pas forcément représentatifs de la majorité de ceux qui lisent. Euh… même moi. 🙂

    Commentaire par Kemmei — 24/02/2009 @ 17:32

  13. Un peu bizarre votre billet, vous partez du constat «d’infidélité» sur un site d’info (plus ou moins) payant à tendance communautaire, puis cherchez des raisons de cette «infidélité» dans les blogs d’info (plus ou moins aussi), pour en arriver à la conclusion qu’il faudrait peut être passer au système payant à tendance communautaire…

    Là où je vous rejoint c’est là dessus: « je pense qu’il faut […] faire le pari de la qualité et de la valeur ajoutée, et parvenir à inventer une ligne éditoriale forte capable de prendre le pas sur les signatures et de créer un esprit communautaire. »
    Mais, selon moi, c’est sur ce point là justement qu’est venu le «clash» entre les lecteurs d’@si et Daniel Schneidermann avec l’histoire de monsieur Péan. La qualité journalistique et la valeur ajouté qu’est sensé proposer @si n’ayant pas été au rendez vous dans cette histoire, et vous expliqué en partie pourquoi dans un de vos billets plus bas sur cette affaire. A partir du moment ou on se met à douter d’avoir cette qualité qu’on recherche, il est normal qu’on finisse par aller voir ailleurs si on ne pense pas qu’on finira par l’avoir.
    Après tout dépends de l’exigence de l’attente de chacun, personnellement et pour @si (ensemble de la ligne éditorial + esprit communautaire), j’attends encore un peu car je crois en leurs capacités à se développer et faire mieux, même si j’ai des doutes sur la capacité de Daniel Schneidermann (signature) à se remettre personnellement en question au niveau de ses erreurs journalistiques (contrairement à vous 2 billets plus bas ;).

    Votre fin est aussi étrange, vous semblez restreindre votre vision du web en généralisant à partir de ce que vous connaissez sans doute le mieux, c-à-d des sites d’info et des blogs que je qualifierais « d’info » ou « d’actu » (je mets entre guillement, car c’est juste histoire de réussir à les nommer). Le web ce n’est pas que ça, et votre réflexion sur le gratuit/ payant, l’adolescence et l’âge adulte me semble inapproprié pour englober tout le web et son fonctionnement.

    Aliocha : merci de montrer dans votre commentaire qu’on peut critiquer tranquillement et sans agressivité l’auteur d’un billet. Vous avez raison, ce billet comporte des incohérences, c’est que le web m’inspire des réflexions très contradictoires. Je serais recalée à Sciences Po avec une copie pareille. Mais ici je profite de la liberté relative qu’offre le blog pour partager des idées brutes et des observations en vrac. D’ailleurs, les commentateurs qui ont remis en cause l’infidélité de l’internaute ont fait vaciller une de mes rares certitudes 😉 Sur DS, lisez son livre, je crois qu’il est capable de se remettre en cause, disons que cette capacité doit toujours trouver une limite sinon, on n’est plus qu’une girouette entre les mains des autres. La question est : où placer le curseur ? Sur le web, disons que je me concentre en effet sur l’actualité parce que c’est ce que je connais et c’est ce qui m’interpelle.

    Commentaire par Jo — 24/02/2009 @ 17:48

  14. Bonjour.

    Pour ce qui est du 1er paragraphe, je pense que les 2 points de vue se défendent :

    – la personne n’est pas d’accord, donc elle se désabonne. Elle paie, donc si elle veut mettre son argent ailleurs, c’est légitime.
    – les plus pondérés tentent de faire comprendre qu’on ne se désabonne pas dès les 1ers désaccords. Ca se défend également puisque c’est en confrontant des divergences d’opinion que nait & avance le débat. Et puis, on n’est pas censé satisfaire tout le monde tout le temps.

    Personnellement, je me situe plutôt du côté « pondéré », même s’il m’est arrivé de me désabonner de divers médias par le passé (principalement par manque de qualité de service, je le reconnais…)

    Ensuite, pour expliquer la soi-disante infidélité de l’internaute, plusieurs points peuvent être mis en avant (et, pardon par avance, je prendrai ma situation personnelle pour illustrer ceci) :

    1. Le manque de temps. J’ai, au jour d’aujourd’hui, un emploi qui m’autorise un emploi du temps en forme de montagnes Russes. Du coup, j’ai de belles heures devant moi pour décortiquer nombres d’articles de ci de là. Mais dans mon précédent emploi, je commençais à 8h15, tambour battant pour terminer aux alentours de 18-19h. Donc quand je rentrais chez moi, hormis les tâches ménagères, je préfèrais infiniment passer du temps avec ma famille plutôt que de m’isoler devant mon écran de pc. Et c’est encore le cas maintenant…

    2. La qualité de « service ». Comme dit précédemment, il m’est arrivé de me désabonner de divers médias par le passé. Quand une ligne éditoriale change, le lecteur le voit. Et ça rejoint le 1er paragraphe : soit on sanctionne de suite (le désabonnement), soit on laisse du temps & on voit si la « qualité » des productions évoluent. Ayant été « élevé » au canard local (i.e. Le Républicain Lorrain), je peux certifier que sur les 10 dernières années, la qualité de l’ensemble avait nettement diminué. Un changement de propriétaire, impliquant entre autres un changement de formule, a clairement apporté un vent de fraîcheur pour ce journal qui est de bien meilleure facture. Même certains, dont les textes finissaient par être franchement minables, se sont retrouvés à pondre des éditos & des articles qui redonnent plaisir à lire mon journal régional.

    A l’opposé, depuis maintenant 5 années que je vis en Ile de France, autant la presse nationale (le Monde aka QVM, le Fig, Libé version July ou version Mouchard, etc etc) que la presse gratuite ne m’ont amené qu’une seule conclusion : journaux au ras des pâquerettes ! Je suis sans concession, certes. Et comparer 20 ans de lecture régionale à 5 ans de lecture nationale est peut-être mal venu. Mais la qualité, ou l’absence de celle-ci, n’est pas bien difficile à repérer.

    3. L’interactivité. Le temps réel, le direct. Pour un journal papier, l’interactivité se situe au niveau du courrier des lecteurs. Vous avouerez que ce n’est pas ce qui se fait de plus spontané.
    La télé & la radio, avec le direct, amèn(ai)ent à vivre l’évènement, à y participer, de manière passive. Hormis quand certaines émissions donnaient la parole aux auditeurs…
    Internet lui, permet l’interaction en direct de tous les acteurs : bloggeur/euse ET lectorat ! Non seulement nous vivons l’évènement, mais nous en sommes aussi les acteurs. Et nous nous habituons à ce contact direct. Le côté « néfaste » pour le bloggeur(euse) passionné(e), c’est que les réprimandes paraissent plus abruptes. Quel journal oserait publier, dans son courrier des lecteurs, la lettre de Mme Michu qui, correcte mais fort mécontente à la suite de nombreux articles lui ayant déplu, a décidé de rendre son abonnement ! Alors que sur un blog ou un site, cette même réaction de Mme Michu, laissée en commentaire, sera vue par tous les lecteurs (sauf en cas de modération que je qualifierai dans ce cas-là d’abusive). Et ça, ça peut faire mal & démotiver fortement.

    L’individualisme, exploré dans l’article, peut s’appliquer aussi bien pour le lecteur que pour le rédacteur/bloggeur ! Et toutes les combinaisons sont possibles :

    – on peut avoir 1 blog avec 1 seul(e) rédacteur(trice), pour un seul sujet.
    – on peut avoir 1 blog mais avec plusieurs rédacteurs, également pour un seul sujet.

    Selon moi, les difficultés arrivent quand on a les combinaisons suivantes :

    – on peut avoir 1 blog avec 1 seul(e) rédacteur(trice), amenant « mille autres choses ». Autrement dit, cette personne se doit d’être volontairement éclectique, pour « satisfaire » le plus grand nombre de lecteurs. Sous peine de « lasser » son lectorat.
    – on peut avoir 1 blog avec plusieurs rédacteurs, amenant « mille autres choses ». Mais à quel moment, les rédacteurs se diront « mais pourquoi ne pas avoir mon blog à moi (& aborder les thèmes que je veux, quand je veux) ? » Ben oui, le collectif, c’est bien, mais à un moment, chacun aspire (ou est forcé, n’est-ce pas Siné ?) à voler de ses propres ailes…

    Pour conclure, dire que la gratuité embarrasse tout le monde, c’est vite dit à mon humble avis. Elle gêne ceux qui veulent faire du pognon, c’est tout ! Bien qu’il doit y avoir des frais pour la maintenance de ce site, il est pourtant gratuit en accès & de qualité. Comme quoi, les 2 ne sont pas incompatibles (cf ma référence précédente à la presse gratuite). Et pour faire rentrer cette état de fait dans la tête de certains, ça ne va pas être facile…

    Oui, Internet (en son état actuel) est jeune. Mais pour la télé, il y a 10 ans, c’étaient 30 chaines maximum (dont une seule chaîne d’informations). Et les journaux papiers vivent des temps difficiles depuis un bail maintenant. Un nouveau média est apparu (Internet), bousculant les « anciens » médias & ses habitudes. Il est donc normal que l’attention se porte sur lui & ses utilisateurs, avec le positif & le négatif que cela implique…

    PS : Si vous êtes arrivés au bout de tout ceci, je ne peux que vous remercier de m’avoir lu 🙂

    Commentaire par Vieux Séb — 24/02/2009 @ 18:00

  15. Pratique sans couture, je lis papier et écran le plus souvent en silence, sans trop savoir ce que la bouteille à l’encre-électron de l’individualisme décrit une écume ou un mouvement de fond. Au risque de fâcher, je lis rarement les commentaires sauf les réponses de l’éditeur-en-chef qu’il soit avocat, journaliste ou pas d’ailleurs.

    Je retourne la question, Aliocha : est-ce que le rédacteur en ligne a plus besoin de retour que le journaliste traditionnel ?

    Aliocha : les « retours » des journalistes traditionnels sont rares et se divisent en 2 catégories, les menaces venant de ceux qu’on dérange et les flatteries émanant de ceux qui tentent de nous séduire, dans les deux cas, ça ne présente guère d’intérêt. J’ai ouvert ce blog notamment pour me tester : est-ce que ce que j’exprime en tant que pro de l’écriture vers un public est intelligible en d’autres termes est-ce que je parviens à faire coincider ce que j’entends communiquer avec ce que je communique effectivement. Les commentaires sont donc essentiels, ils le sont d’autant plus que le débat avec les lecteurs dans mon métier fait cruellement défaut. Or, j’ai la conviction que le journalisme doit être au service du public, pas à ses ordres, pas destiné à le flatter ou à lui plaire, mais à son service. Cette évolution là que permet le web me parait excellente même si elle est destabilisante, voire dangereuse car elle porte en elle une tentation très forte de racolage.

    Commentaire par WebOL — 24/02/2009 @ 18:12

  16. Bonjour Aliocha,

    Ecrivez-vous pour vos commentateurs, ou pour vos lecteurs?

    Ce que j’aime dans votre blog: votre vision du journalisme (que je ne partage pas), votre esprit vif et caustique. Ce que j’aime moins: votre monomanie contre la comm et votre tendance à ramener Internet au web, le web aux blogs, les blogueurs aux antijournalistes…

    Et pourtant, je reviens, je reviens et je lis vos billets, je reviens et je lis même les commentaires!

    Fidèle, je vous dis.
    Fidèle, mais silencieux.
    Même sans commenter (ou avec ce commentaire insignifiant), je reste un fidèle lecteur de votre blog.

    Commentaire par Zythom — 24/02/2009 @ 19:09

  17. Bonsoir Aliocha,

    Cette infidélité est peut-être liée à plusieurs facteurs se complétant/s’amplifiant mutuellement:

    1/ La culture Web (Gratuit/Anonymat/Facilité)
    On visite un site en cliquant. On s’y abonne (favoris, RSS…) en cliquant. Action rapide simple réflexe et donc pas obligatoirement un choix (au sens réflexion, recul, avantage inconvénient). De fait il n’y a pas de « pacte » entre lecteur et rédacteur. On vient et on part facilement, sur un coup de tête. Ce non-engagement, n’est ni bien ni mal, mais simplement la conséquence de ce mode « réflexe ». C’est aussi un non-engagement symétrique. Un blog peut cesser sans préavis, sans avertissement ou mot d’adieu. Vous ne nous devez rien. C’est moins vrai dans le cadre d’@SI, puisqu’il y a abonnement, du moins en théorie. Mais la pratique quotidienne de ce mode « sans engagement » créer un comportement que l’on reproduit, même une fois cet engagement pris.

    2/ Les commentaires
    Outre qu’ils exacerbent les positions, les radicalisent, ils contribuent aussi à les montrer. Je ne me suis jamais « désabonné » d’une revue. Je ne me suis pas réabonné. C’est assez subtilement différent. Cela induit un rapport au temps différent. J’étais abonné pour un an. Le magasine change au bout de 3 mois. Je peut-être déçu, mais j’ai encore 9 mois pour « apprécier » ce changement, et finalement prendre du recul. Si j’agis instantanément, il y a une charge émotive immédiate. Que je peut rendre publique avec les commentaires. D’autres peuvent y rebondir (pour/contre) et donc créer un mouvement afflux/départ. Qui à jamais su que mon abonnement à un magazine cessait?
    Les blogs génèrent leurs commentateurs vedettes. On les voit souvent, ils donnent une couleur au blog. Mais ils sont peu nombreux. Ils ne disent rien, et pour cause, des lecteurs. Combien de lecteurs pour combien de commentateurs?

    Simplement un point de vue d’un commentateur très épisodique 🙂

    Commentaire par Aegor — 24/02/2009 @ 20:56

  18. Bonsoir ma chère,

    Si vous pensiez entre autres à moi, qui dans les début commentait beaucoup et ne le fait plus, je vous prie de m’en excuser. 🙂

    Commentaire par Triskael — 24/02/2009 @ 21:01

  19. Aliocha, même si je commente peu je reste un fidèle et je lis tous vos billets, les commentaires et vos réponses. Vous aurez toujours une place bien au chaud dans mes blogs favoris. 🙂

    Mais c’est vrai que ramses nous manque… 😦

    Aliocha : Triskael et vous me rappelez que j’ai oublié un élément important : le blogueur s’attache à ses commentateurs, du coup, il est toujours un peu triste de les voir disparaître. Et en effet, Ramses nous manque Mussipont, je suis d’accord 😉

    Commentaire par Mussipont — 24/02/2009 @ 21:29

  20. Votre sondage indique qu’une seule personne s’est prise de passion pour un autre blog, les autres ayant invoqué des raisons (moral en baisse, manque de temps, trop de travail, etc.) qui ne les rendent pas infidèles mais indisponibles. Ils ne font donc qu’adapter leurs lectures à leurs situations et leurs contraintes. Est-ce être infidèle? Diriez-vous d’un(e) ami(e) qui ne peut pas être là pour vous à un instant t, en raison de sa situation, qu’il/elle vous est infidèle?

    Ne pensez-vous d’ailleurs pas qu’il y a un communautarisme des lecteurs du Monde, de Libération, de l’Humanité ou d’un autre journal papier? Ne pensez-vous pas non plus que l’internaute reproduit le même comportement que vous décrivez chez le lecteur de la presse papier, qu’il recherche la même chose que ce dernier, la différence étant que ce n’est plus le média qui compose la ligne éditoriale et décide des signatures qu’il lira mais l’internaute, lequel comme vous le notez « façonne sa propre information »?

    Peut-être que ce que vous appelez infidélité de l’internaute est cette possibilité de composer ses lectures dont il ne disposait pas avant que l’Internet existe. Auparavant, pour lire la chronique de Daniel Schneidermann, il me fallait acheter le Monde. Aujourd’hui je peux lire Daniel Schneidermann sans acheter Libération et lire tel article de tel journaliste sans en acheter le quotidien où il travaille. Je compose mon propre menu, ayant cette opportunité (et cela pèse moins lourd, autant sur mon budget que sur mes pauvres bras!)

    N’appelleriez-vous pas « infidélité » le fait que l’internaute profite du choix qui lui est offert? Etes-vous contre la logique concurrentielle, Aliocha? Possessive, peut-être? :-p (Aïe, pas taper!)

    Aliocha : aïe, touchée. Plus sérieusement, je m’inquiète de l’accélération de l’existence et du papillonnage qu’elle entraîne, quel était donc le sociologue qui paralit il y a longtemps déjà de la « civilisation du prêt à jeter » ?

    Donc, ce qu’on dit être de l’individualisme est, selon moi, cette démarche d’individualisation du contenu qu’effectue l’internaute. Quant au communautarisme sur l’Internet, il s’apparente à une structure en réseaux (au pluriel) ouverts, ce qui en explique l’aspect mouvant que vous observez, les liens formant cette construction se faisant et se défaisant en permanence. Le communautarisme sur l’Internet correspond en fin de compte à une des définitions de l’Internet communément admises : des réseaux interconnectés (INTERconnected NETworks). C’est d’ailleurs une approche communautariste que je crois beaucoup moins sectaire que certaines communautés, outrageusement partisanes, de lecteurs de journaux papier… Illustration concrète : les lecteurs du blog d’Eolas continuent de fréquenter les lecteurs du blog d’Aliocha, même quand cette dernière est très fâchée… ^_^

    Enfin, l’Internet est déjà (et toujours) payant même quand on squatte la connexion non sécurisée d’un tiers… Tout accès à l’Internet implique que quelqu’un paie un abonnement (y compris le gérant du bistrot qui offre un accès gratuit à ses clients lesquels devront de plus s’acquitter du montant d’une consommation), ne serait-ce que celui de la ligne téléphonique pour les accès dits gratuits.
    Donc, le pari du payant… Seriez-vous d’accord pour qu’une fois votre journal préféré acheté dans votre kiosque préféré, on vous demande de payer pour accéder aux articles qui vous intéressent, chère Aliocha?

    Aliocha : sauf que le prix du journal inclut celui du papier mais aussi celui du travail réalisé….tandis que celui de l’accès Internet ne vaut que pour le support. Mais me direz-vous, la télé…

    En conclusion, les femmes d’antan étaient assurément fidèles à leurs époux (du moins officiellement…). Difficile pour elles de faire autrement : elles ne pouvaient pas divorcer. De plus, elles devaient accepter leur mari comme un lecteur doit accepter le journal qu’il achète : avec ses bons et mauvais côtés, avec ses bons et mauvais jours… (sans même pouvoir dire : Ca suffit! Je m’tire en week-end!)

    Depuis que les femmes peuvent divorcer (et que le concubinage n’est plus une infamie), qu’elles disposent d’une réelle autonomie, elles ont le choix d’organiser leur vie en fonction de leurs désirs, de leurs sentiments, de leur disponibilité, de leurs convictions, de leurs projets, (de leurs colères aussi), etc. Elles ont même le choix de leur conjoint(e). Me direz-vous qu’une femme qui dispose et profite de ces choix est un « être volage, capricieux, brûlant ce qu’il avait adoré hier pour encenser de nouvelles idoles qui le lasseront demain ou dans une semaine », chère Aliocha? Ou plutôt un être qui dispose d’une véritable faculté d’exercer sa volonté en toute autonomie et d’un réel pouvoir de choisir?

    Aliocha : allez savoir, moi la seule idée que je puisse partir me suffit à rester 😉

    Enfin, a contrario, la fidélité serait-elle seulement possible sans la possibilité de l’infidélité? N’est-ce d’ailleurs pas une belle récompense que la fidélité quand le choix et les tentations existent? Autant pour le journal/l’être qui a su valoir plus que tout autre aux yeux de son conjoint/lecteur que pour le conjoint/lecteur qui a su rester fidèle en dépit de la concurrence du marché.

    Aliocha : bigre, vous m’avez vaincue 😉 me voilà obligée d’aller enquêter très sérieusement sur l’infidélité de l’internaute.

    Commentaire par Ferdydurke — 24/02/2009 @ 22:18

  21. Quand vous parlez de communautarisme mouvant et anonyme, je ne vous suis pas. Il est des sites (pas des blogs, des sites) communautaires où on retrouve les mêmes personnes depuis des années. Ces sites ont des fora, et s’ils traitent en général d’un sujet principal, il y a presque toujours un forum « Off-topic » qui regroupe la majorité des posts et qui est une vraie communauté. Ou alors le sujet est tellement vaste et vague que rien n’est off-topic (par exemple slashdot). Les gens qui les fréquentent les abandonnent parfois pour cause de désintérêt pour le sujet principal, pour cause de « vie réelle » (travail, maladie, famille, mort…) ou parce qu’un autre site est devenu plus attirant (e.g. les joueurs de Civilization ont eu tendance à moins frequenter apolyton et davantage civfanatics parceque le premier site offrait moins de contenu que le second, ce qui a conduit à un effet boule de neige). Sur plus de dix ans d’existence, on retrouve dans ces sites les mêmes individus, même si certains ont disparu. @si n’a pas deux ans, votre blog n’a que quelques mois. La fidélité se juge-t-elle sur des périodes si courtes?
    Quant à l’arrivée à maturité, Benjamin Bayart en 2 a je crois fort bien répondu. Les internautes de 80 ont muri de force en 95 quand le web leur a imposé nombre de nouveaux venus. Ceux de 95 ont muri de même dix and plus tard. Ceux d’aujourd’hui n’auront pas à subir un afflux massif de nouveaux français dans des proportions comparables, je m’attends donc à ce que le réseau puisse enfin se stabiliser. Concernant le payant, les sites web payants existent depuis longtemps, et les sites gratuits ont bien muté (voir l’histoire de mygale par exemple ici: http://traroth.blogspot.com/2009/01/mygaleorg-fin-de-partie.html).

    Commentaire par LDiCesare — 25/02/2009 @ 01:13

  22. On se détourne de certaines lectures pour plusieurs raisons, et ce n’est pas seulement une question d’infidélité. Il y a par exemple la lassitude : certains tournent en rond autour de quelques idées phares, que l’on commence à connaître. Il y a aussi l’épuisement, au sens de « gisement épuisé », je prendrai pour exemple personnel Francis Pisani qui m’a fait beaucoup réfléchir et évoluer, et que je lis moins car ayant assimilé cet apprentissage (il est très pédagogue dans ses billets) j’y trouve moins de pertinence.

    Il n’y a pas que du caprice dans les habitudes de lecture, il y a aussi le ronronnement ou l’élève qui lâche la main du professeur, si je peux me permettre cette métaphore.

    Quant au rôle rassembleur du journal, c’était aussi vrai pour la télévision ou la radio, et désormais pour Internet. Mais l’audience se morcelle et ce commun à partager socialement est plus difficile à trouver. J’avais d’ailleurs réfléchi à l’information comme monnaie sociale : http://enikao.wordpress.com/2008/10/01/linformation-comme-monnaie-sociale/

    Commentaire par [Enikao] — 25/02/2009 @ 11:11

  23. Plusieurs remarques sur ce thème, dont la plupart ont déjà été évoquées, je crois (je manque d’originalité… et je suis prolixe, en plus !) :

    – Sur l’individualisme, il ne touche pas que les lecteurs, mais aussi les auteurs eux-mêmes. Quand je lis un journal, je lis effectivement une équipe de rédaction. Quand je lis votre blog, je lis Aliocha uniquement : n’est-ce pas là aussi un individualisme de l’auteur de vouloir être le seul à fournir du contenu ? Évidemment, il y a quelques blogs collectifs, mais ça n’est pas la majorité (et les commentaires apportent aussi un autre avis, mais ils restent toujours secondaires face aux articles eux-mêmes).

    Après, on peut se demander si cet individualisme, lecteur comme auteur, est un mal. Si il permet aux lecteurs d’être plus critiques au lieu de laisser la « communauté » penser pour eux, si il permet aux auteurs de parler librement sans craindre de sortir du cadre que leur « communauté » veut construire, pourquoi pas ?

    Aussi, cet individualisme des auteurs explique une partie de la volatilité des lecteurs. Sur un blog, il suffit qu’un auteur (le seul !) me déplaise pour que je ne vienne plus lire. Et cet auteur unique, comme tous les auteurs, connaitra des baisses de régime temporaires (ou permanentes…), mais contrairement à un groupe, je ne pourrais pas me rabattre sur d’autres auteurs du même support, en attendant que mon auteur favori remonte à son niveau habituel (ou qui me plait).

    – Il y a aussi un aspect technique intrinsèque au web, ce sont (au sens large) les liens. Sur un blog, j’ai toujours à un clic de souris une liste d’autres blogs ou sites. Parfois dans les articles eux-mêmes, souvent à côté. Et quand bien même un site ne mettrait aucun lien pour que je ne puisse pas partir, les moteurs de recherche sont toujours là. Fondamentalement, cela incite les lecteurs à aller voir ailleurs : il ne faut pas s’étonner après que tous ne reviennent pas ! D’autant plus que si le nombre de sites et blogs est quasiment infini, le temps disponible pour les lire, lui, ne change pas…

    Ajoutons à ça le fait que la facilité de navigation incite les gens à abandonner des sites pour des raisons de formes, et non pas de fond : le texte de ce blog est d’une couleur que j’ai du mal à lire ? Je laisse tomber. Oui, je pourrais configurer mon navigateur pour changer ça, mais d’une part quel pourcentage des utilisateurs saurait le faire et d’autre part, j’ai des dizaines d’autres sites qui se battent pour mon attention, qui m’offrent du contenu aussi intéressant ailleurs. Pas exactement la même chose, mais aussi sur des thèmes qui m’intéressent, alors pourquoi rester là ? Pour ceux qui ont du temps à perdre, j’invite à aller voir le site de N. Nielsen (www.useit.com), plein d’articles techniques (en anglais) sur « l’usabilité » des sites web, la philosophie sous-jacente est intéressante.

    – Il faut aussi distinguer entre lecteurs et commentateurs. Ce que la plupart des bloggueurs voient (bon, c’est faux pour des sites à abonnement comme Arrêt sur Image), c’est le nombre de commentateurs, pas le nombre de lecteurs (ou plutôt, ils voient à peu près le nombre de lecteurs, mais ne peuvent pas les identifier, savoir si ce sont des lecteurs fidèles ou occasionnels). Or il est bien connu (là encore, N. Nielsen l’illustre dans plusieurs articles) que très peu de lecteurs font le pas vers une participation plus active, et même parmi ceux-là, peu de commentateurs participent très fréquemment et les autres très peu.

    Ce qui ne veut pas dire que la disparition d’un commentateur abondant ne soit pas visible, mais la question est, pour l’auteur, de savoir si c’est grave ou pas : veut-il beaucoup de lecteurs, ou beaucoup de commentateurs (ou encore des commentateurs de qualité) ? Ce sont des objectifs légèrement différents, et c’est un problème que n’ont pas les médias traditionnels (encore que, les jeux reposent parfois sur le fait que les lecteurs/auditeurs doivent appeler/écrire… disons que ça ne concerne pas vraiment les journalistes non-web).

    – Enfin, le rythme de publication sur un blog est en général irrégulier, contrairement à un journal qu’on trouvera tous les matins, tous les jeudis, ou je-ne-sais quand. C’est un détail, mais additionné à la volatilité naturelle du web (via les liens et moteurs de recherche), à l’unicité de l’auteur, etc., il peut suffire qu’un bloggeur ne publie rien pendant quelques jours pour que certains lecteurs aillent voir ailleurs, d’abord temporairement, puis définitivement. Ou inversement, une avalanche de messages (et c’est pire si ils sont longs) va pousser un lecteur à se dire « y’en a trop, je lirais quand j’aurais le temps » et laisser tout ça dans la pile « à faire » sans jamais y toucher et sans jamais lire les articles plus récents parce qu’on a le sentiment qu’on manquerait des choses en ne lisant pas tout (ça dépend aussi des blogs, certains ont des billets fortement liés de l’un à l’autre).

    Au final, j’aurais tendance à dire que l’infidélité des lecteurs est peut-être autant due à des particularités intrinsèques à ce média qu’à un comportement psychologique différent (différent de « avant » ou de la Vraie Vie)…

    Commentaire par Rémi — 25/02/2009 @ 11:38

  24. laplumedaliocha : Internaute infidèle…

    Une réflexion intéressante d’Aliocha qui publie des articles très intéressants et réfléchis….

    Rétrolien par SansFiltre — 25/02/2009 @ 12:51

  25. @ Aliocha : Au moindre dérapage, à la moindre contrariété, l’internaute rompt la relation et s’en va flâner ailleurs.

    votre billet est à mon sens biaisé au moins sur ce point.
    Si un billet de blog engage à ce qu’il soit commenté, il n’y a pas obligation à systématiquement commenter. Pour être un lecteur régulier et de temps en temps commentateur de votre blog, je m’applique ici (par définition pas pour ce billet) et ailleurs cette règle: lorsqu’il n’y a rien ( d’utile) à dire, il n’est pas nécessaire de le faire savoir !
    La lecture suffit très souvent pour simplement apprécier la substance d’un article.
    Si la quantité du tirage et/ou la qualité du lectorat supposée devait être synonyme d’excellence, cela se saurait depuis longtemps.
    L’article ultime bien rédigé ne serait il pas finalement celui qui ne génère aucun commentaire ? 😉

    Aliocha : c’est la réflexion que je me faisais en lisant les commentaires très intéressants sous ce billet : quand je parle de mon métier que je prétends connaître un peu, pas de discussion, quand je m’aventure sur le web, que je découvre, un vrai débat comme je les aime. Me voici condamnée à écrire sur ce que je ne connais pas si je veux de vrais débats, avouez que c’est ballot !

    Commentaire par draftbold — 25/02/2009 @ 15:26

  26. Aliocha, suite réponse 25

    AU contraire, parlez-nous du journalisme! Simplement, n’étant pas du métier, nous sommes condamnés (volontaires, ils ne faut rien exagérer) à vous lire et à apprendre. Dans d’autres domaines ou notre expérience est moins ténue, notre opinion/analyse est plus précise et nous permet davantage d’argumenter.
    Lorsque vous parlez journalisme, je me sens capable: de parler pour ne rien dire (bof!), de poser des questions (mais en essayant de ne pas déraper hors sujet vis à vis du billet) ou de me taire.
    C’est tous les problème avec les ignorants, il faut les instruire 🙂

    Commentaire par Aegor — 25/02/2009 @ 23:05

  27. Après tous ces savants & intéressants commentaires, mon petit coup de gueule à deux balles.

    « un autre qu’il n’avait pas le moral et préférait fuir les sujets sérieux pour se rabattre sur les blogs littéraires » : merci à votre ancien lecteur de nous rappeler par votre intermédiaire que les blogs littéraires traitent d’un sujet pas sérieux…

    Aliocha : allons, j’aurais dû écrire en effet « anxiogène », la disparition dont je parle a eu lieu peu après le billet d’Eolas publié ici sur l’assassinat d’un journaliste tandis qu’Eolas chez lui évoquait l’assassinat d’un avocat et d’une journaliste russe. Ce lecteur a préféré se replier sur l’art et je le comprends. Maintenant loin de moi l’idée de dire que la littérature n’est pas sérieuse. Elle m’a entièrement construite et m’a par ailleurs évité bien des déboires durant mon adolescence. Aujourd’hui, elle est ma principale occupation en dehors du travail. Je suis pardonnée ?

    Commentaire par Yepok — 26/02/2009 @ 10:06

  28. Vous remarquerez que le reproche s’adressait à votre ancien lecteur, je n’imaginais même pas que la formulation fût de vous : il me semble que votre amour de la littérature transparaît à la lecture de votre blog. (Ceci dit, ce n’est pas parce qu’on aime quelque chose qu’on l’estime sérieux, eh eh) Bref. Il manquait un « smiley » à mon mesquin coup de gueule !

    Commentaire par Yepok — 26/02/2009 @ 15:23

  29. Pas si facile, finalement, de le trouver, ce temps pour commenter…

    Comme d’autres l’ont dit (Zythom notamment), il faut quand même distinguer lecteurs et commentateurs. Je fais partie de ceux qui, je crois, lisent presque tous vos billets. Commenter est une autre affaire : il faut (en général) avoir quelque chose à dire, quelque chose de pertinent, qui soit en rapport avec le billet ET soit susceptible d’intéresser aussi l’auteur et les autres lecteurs… Cela demande de l’inspiration et du temps. Parfois, vos billets sont « parfaits » et je ne trouve rien à y ajouter. Parfois, j’aimerais ajouter mon grain de sel, mais le temps manque cruellement. Ce n’est pas de « l’infidélité » pour autant, je crois…

    En ce qui me concerne, en tous cas, je ne crois pas que l’internet ait renforcé mon « individualisme » de lecteur, bien au contraire. Je me frotte à bien plus de journaux : sur ma page d’accueil, grâce à Netvibes, j’accède à la « Une » de cinq ou six quotidiens – français, anglais, américains et italiens; sur un autre onglet, j’ai le sommaire d’une dizaine de magazines, hebdomadaires ou mensuels, de droite et de gauche, étrangers pour la plupart. Bien sûr, je ne lis que des articles qui m’attirent et, en ce sens, je fais mon marché en picorant ce qui m’intéresse, en réservant souvent pour plus tard la lecture. Et un autre onglet me donne aussi accès à une dizaine de blogs, pour suivre les mises à jour et les nouveaux billets… Bref, je passe vraiment beaucoup plus de temps à lire ce qu’écrivent des journalistes de talents (ou des blogueurs talentueux) qu’il y a seulement cinq ou six ans. Et j’apprécie mieux qu’avant la richesse et la diversité de la presse, heureux surtout de toujours trouver, dans ce choix abondant et inédit, quelque chose d’intéressant à lire.

    Mon contact avec le « papier » s’est assurément restreint. Mais c’est davantage pour d’autres raisons qu’à cause de l’internet. Quand j’habitais Paris (heureux temps), je pouvais lire le Parisien presque chaque jour au troquet, et Le Monde tous les jours. Cela ne m’arrive plus qu’une ou deux fois par semaine (et Le Progrès remplace généralement Aujourd’hui en France, culture locale oblige…).

    Je ne sais si cet aperçu de mes nouvelles habitudes est « pertinent », mais je me promets d’y réfléchir davantage… à la prochaine occasion. En attendant, j’ai marqué comme « à lire » cet article de The New Republic (merci le Net) au titre bien alléchant : « Adieu l’époque des journaux (et bienvenue dans une nouvelle ère de corruption) » (http://www.tnr.com/story_print.html?id=a4e2aafc-cc92-4e79-90d1-db3946a6d119).

    Bises.

    Commentaire par Philarête — 26/02/2009 @ 17:50

  30. @ Aliocha

    Tout d’abord, merci d’avoir été clémente avec moi, suite à mes analogies tirées par les cheveux (féminins bien sûr)… en particulier celui de l’accès internet déjà payant, lequel a reçu la réponse qu’il méritait. Je m’incline, sans même évoquer le travail de câblage, la maintenance du réseau, etc… Quoique… 😉

    aliocha : le gentil machisme m’inspire généralement une bienveillance amusée 😉

    « moi la seule idée que je puisse partir me suffit à rester ». Alors là, vous m’avez plongé dans un abîme de perplexité… Pour conclure que vous êtes une possessive possédée o_O (Aucun rapport avec Dostoievski, ne me faites pas dire que je vous tiens pour démoniaque, je ne suis pas narvic!)

    Aliocha : Ce mystère apparent se résout très simplement, c’est une certaine idée de la liberté

    « enquêter très sérieusement sur l’infidélité de l’internaute. » Hmmm… Vaste programme, il y a du monde… En infiltrée?

    Plus sérieusement, c’est le terme de volatilité qu’emploie Rémi dans son commentaire, toujours aussi précis et utile que d’habitude, qui me semble le mieux définir le comportement que vous décrivez, ce papillonnage qui, en effet, n’est pas du qu’à un choix accru et à la possibilité de « composer son menu » mais aussi à l’ « accélération de l’existence » et un de ses travers « le prêt-à-jeter » que vous évoquez. C’est sans doute lié à la culture hédoniste ainsi qu’au culte de l’instant présent et de l’immédiateté, à l’impatience des générations actuelles, à la prépondérance de la gestion et du profit à court terme qui font vivre à crédit autant les individus que les banques, quitte à hypothéquer leur avenir. Il est pourtant si bon de s’arrêter quelques instants.

    Aliocha : « au culte de l’instant présent » certes, mais un instant présent dont au fond on ne profite pas dès lors qu’on est déjà projeté dans un nouveau désir et ainsi de suite jusqu’à l’épuisement, j’adhère plus à l’immédiateté que vous évoquez ensuite.

    PS : Je n’ai pas le nom du sociologue.

    Commentaire par Ferdydurke — 28/02/2009 @ 17:04

  31. « Gentil machisme »? Gloups. C’est pour moi, ça? Re-gloups. Heureusement que vous précisez « gentil »… Cela me console.

    Vous avez raison : l’expression « instant présent » est inappropriée. Cet instant n’a en soi rien de mauvais dès qu’on prend le temps de le savourer.

    Commentaire par Ferdydurke — 28/02/2009 @ 20:02

  32. Aujourd’hui, seuls les agrégateurs comme rezo ou aaaliens peuvent prétendre fidéliser leurs visiteurs (mais il ne s’agit plus de lecteurs, puisque la lecture se passe ailleurs!). En fait, c’est ce que faisaient les journaux, « agréger » les meilleurs plumes…
    Et tant que j’y suis, puis-je avoir la référence du livre de Géraldine Muhlmann cité dans l’article?
    D’avance merci!

    Aliocha : c’est ici

    Commentaire par La Ligne — 10/03/2009 @ 23:27


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