La Plume d'Aliocha

18/02/2009

Sécurité, sécurité chérie !

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 11:28

Ah ! Comme elle était révélatrice du climat entretenu par la politique pénale du gouvernement, l’émission « Faites entrer l’accusé » diffusée hier soir sur le jugement des fous. Christophe Hondelatte a fait ce qu’il pouvait et il l’a fait plutôt bien, mais le résultat était couru d’avance. Les invités ? L’excellentissime avocat Eric Dupont-Moretti, le psychiatre Daniel Zagury, le politique Georges Fenech (ancien magistrat), le juge Christophe Regnard et des victimes.

Silence, on pleure !

Que s’est-il passé ? D’un côté, le politique, n’écoutant que son instinct médiatique, s’est rangé du côté des victimes, soutenant leur douleur, appuyant leurs arguments, étalant sous leurs yeux rougis de larmes l’immense travail du gouvernement pour leur faire justice. De l’autre côté, un avocat si bouillant de colère que j’ai cru qu’il allait quitter le plateau. Mais qu’est-ce qui l’énervait tant Eric Dupont-Moretti ? Je vais vous le dire. L’idée qu’il allait encore entendre le même discours victimaire et qu’il ne pourrait rien y faire. C’est exactement ce qui s’est produit. Il faut dire que les professionnels sur le plateau n’avaient aucune chance de convaincre qui que ce soit. Et ils l’ont dit, à plusieurs reprises. Face à la douleur de la victime, il n’y a rien à répondre, rien à défendre et surtout pas la raison. C’est le pari impossible. Surtout quand le politique pèse de tout son poids sur le terrain favorable de l’émotion et de l’empathie. Mais les spécialistes partaient avec un autre handicap, la complexité de la justice et de la psychiatrie et les préjugés qui les accompagnent. L’avocat ? Il défend les coupables donc forcément, il est contre les victimes. Rappelons au passage que l’avocat défend les « coupables » comme les victimes et qu’il se trouve que les « coupables » ne le sont pas toujours comme l’a montré l’affaire Outreau, mais ça, tout le monde l’a déjà oublié. De même qu’on oublie que nous avons choisi de vivre en démocratie et qu’en démocratie on ne lynche pas, on juge, et on le fait selon des principes tels que le droit à un procès équitable, lequel vaut pour tout le monde. Le juge ? Ce notable corporatiste qui parle une langue que personne ne comprend et applique des règles ésotériques qui font toujours au moins un mécontent ? Pas crédible non plus. Et le psychiatre, ah ! parlons-en du psychiatre, celui-là même qui conseille de relâcher ces fous qui tuent les gens ? Allons soyons sérieux, tous ces gens ne savent pas ce qu’ils font. En fait, ils manient des disciplines complexes, dont l’explication ne peut pas se résumer en une phrase choc façon slogan publicitaire, alors personne ne veut les entendre. D’ailleurs, si c’est compliqué, c’est forcément douteux, n’est-ce pas ?

Le goût des choses simples

En revanche, le politique, lui, il sait. Il comprend quand on lui dit qu’on n’est pas content. Il est d’accord, il dit des choses simples et même, il change le nom des choses quand on lui dit qu’on ne les aime pas ces noms-là. Par exemple ce non-lieu insupportable qui signifie que les choses atroces n’ont pas eu lieu. Hop, on fait une réforme, c’est tellement plus populaire que de se fendre d’une explication sur le fait que non-lieu ne signifie pas que les faits n’ont pas existé mais qu’il n’y a pas lieu à statuer parce qu’on ne peut pas juger un fou. Pendant ce temps, on détricotte tranquillement nos droits et libertés au profit de la sécurité dans l’indifférence générale. Il est heureux que la peine de mort ait été abolie, sinon, dans le contexte actuel, je gage qu’on aurait rétabli le supplice de la roue. Un groupe de travail planche actuellement à la Chancellerie sur la réforme de la procédure pénale. Il est rempli d’experts, quelle erreur ! Organisons une belle émission de télé-réalité et faisons voter les réformes par les téléspectateurs comme à la Star’ac: vous êtes pour les criminels, tapez 1, vous êtes contre, tapez 2. Vous pensez que je caricature ? Même pas. Présenté par le politique, le traitement pénal des malades mentaux se résume ainsi : vous êtes pour ou contre les fous dangereux dans la nature ? Et le public répond contre, forcément. Moi aussi je réponds contre, tout le monde est contre. A question simpliste, réponse simpliste. Du coup, quand les spécialistes disent : « attention, c’est plus compliqué, prenons garde, ne faisons pas n’importe quoi », ils ont le mauvais rôle et personne ne les écoute.  Et si c’était vous demain, qu’on accusait injustement, ou bien l’un des vos proches qu’on enfermait à vie dans un hôpital psychiatrique ? Tout le monde peut un jour être victime d’un acte criminel, mais tout le monde peut aussi se retrouver en position d’accusé, on l’oublie, ça. Dommage. Imaginez-vous accusé de pédophilie par un de vos voisins et placé en détention provisoire. Vous y êtes ? Fort bien, maintenant répondez à ces questions : vous êtes pour la protection des droits fondamentaux ? Tapez 1, contre ? tapez : 2. Vous êtes pour l’avocat-qui-défend-les-coupables ? Tapez 1, contre : tapez 2. Vous êtes pour l’amélioration des conditions de détention ? Tapez 1, contre, tapez 2. La justice est un équilibre subtile entre des forces opposées. Il est parfaitement légitime d’évaluer et de débattre de cet équilibre. Il est tout aussi légitime de vouloir faire évoluer ses règles, elles n’ont cessé de se transformer au fil des âges. Encore faut-il le faire avec un minimum d’objectivité et de profondeur, pas dans l’urgence et sous le coup de l’émotion. Les professionnels de la justice ne disent pas autre chose. Il serait sans doute temps de les écouter, je crois.

Publicités

29 commentaires »

  1. J’avais regardé l’un de ces débats, fin 2008. Déjà intervenant à l’époque, Fenech m’avait horrifié par le manque de pertinence de ces propos, d’autant que l’affaire était encore de celles qui suscite des larmes, mais j’étais bien placée pour savoir qu’être victime ne signifie pas forcement vouloir la tête du coupable…

    N’ayant pas pu suivre l’émission d’hier, je suis quelque part rassurée de n’avoir pas eu à revoir une énième fois la même mise en scène, les mêmes familles de victimes renvoyées chaque fois à leur douleur pour mieux les aveugler.
    Dommage que sur un sujet aussi important, Hondelatte et France 2 fassent le choix d’un débat au ras des pâquerettes…

    Commentaire par Tania — 18/02/2009 @ 11:51

  2. Dans une émission de la Radio suisse romande (Histoire vivante, en octobre), j’ai entendu Antoine Garapon citer un juge américain qui disais que la peine de mort, c’était terrible. Parce que tout le monde comprenait. Alors que dans un débat public, si on est contre, il faut expliquer pourquoi, cela prend du temps, et le public peut « décrocher »

    Il en va de même pour toute les idées un peu complexes, difficiles à exprimer dans ce format d’émission, qui reste le plus accessible. Les politiques ne font, souvent, qu’aller dans le sens du public, de confirmer ses a priori.

    Question : on fait quoi contre ça ?

    Commentaire par pollicarpe — 18/02/2009 @ 11:56

  3. « Présenté par le politique, le traitement pénal des malades mentaux se résume ainsi : vous êtes pour ou contre les fous dangereux dans la nature ? »
    Je n’ai pas regardé l’émission car je savais d’avance que le débat de 2è partie serait stérile et que ça allait m’énerver.
    Mais il me semble que les malades mentaux reconnus coupables de crimes ne sont pas relâchés, mais internés non ?
    Pourquoi on ne le dit pas ça ? Pourquoi on fait croire aux gens qu’ils sont relâchés ?

    « Il est tout aussi légitime de vouloir faire évoluer ses règles, elles n’ont cessé de se transformer au fil des âges. Encore faut-il le faire avec un minimum d’objectivité et de profondeur, pas dans l’urgence et sous le coup de l’émotion. »
    En effet, mais c’est malheureusement la façon de faire du législateur actuel.
    Un fait divers malheureux le fait bondir sur le code pénal ou sur le code de procédure pénal et il le remanie. C’est désolant, à tel point qu’il s’emmêle les pinceaux parfois, voir ici:
    http://www.maitre-eolas.fr/2009/01/30/1303-liberes-par-une-faute-de-frappe-le-retour

    Commentaire par GeoTrouvetout — 18/02/2009 @ 11:56

  4. Moi ce qui me sidère c’est la malhonnêteté intellectuelle sous-jacente à ces prises de position. J’ai du mal à croire qu’on ait pu en arriver là même si l’exemple vient de très haut actuellement. Qu’il y ait quelques fruits pourris dans le pommier cela n’a rien de surprenant chaque groupe de population contient ses propres parasites mais je n’arrive pas à comprendre que ce soit aussi généralisé.

    Commentaire par lordphoenix — 18/02/2009 @ 12:34

  5. Fenech n’est pas « un politique », non plus, c’est un des pires représentants de la démagogie malhonnête, auteur de quelques amendements scandaleux et déjà remis en cause dans sa position de député pour ses comptes de campagnes.

    Les coupables dans cette vaste consternation sont les journalistes qui l’invitent : il est facile de le présenter comme député / ex-magistrat / spécialiste du droit des victimes, en occultant tout le coté scandaleux du personnage.

    (et pourtant, en tant que descendant de maltais, M. Fenech aurait plutôt eu tendance à attirer ma sympathie immédiate de compatriote, mais bon il pousse vraiment le bouchon un peu trop loin, Georges).

    Commentaire par Emmanuel — 18/02/2009 @ 13:53

  6. Désolé Aliocha mais Emmanuel a raison: « Les coupables dans cette vaste consternation sont les journalistes qui l’invitent… ». C’est volontairement que je ne finis pas la phrase car « cette vaste consternation » dépasse de loin la personnalité qu’Emmanuel évoque par la suite. Je reste persuadé qu’il est possible, même à Christophe Hondelatte, de faire une émission de qualité sur ce type de sujet. Ce dernier, à son corps défendant probablement, contribue par de telles pantalonnades à discréditer un peu plus votre profession. En cédant une fois de plus (de trop) aux sirènes de la communication (tu vas voir coco, en mettant face à face sur le plateau un politique, des pauvres victimes, un psychiatre, un avocat* et un juge, ça va faire des étincelles et l’audimat va grimper), la montagne a accouché d’une souris (en très mauvais état).

    Aliocha : ah ! les procès d’intention ! Fenech était le rapporteur de la loi sur l’irresponsabilité pénale, ce n’était donc pas idiot de l’inviter. Face à lui, il y avait Dupont-Moretti, parfaitement de taille à l’affronter, l’USM dont n’importe quel journaliste justice sait que le syndicat est à la fois le plus représentatif, le plus modéré et néanmoins hostile à la politique du gouvernement et, enfin, un psychiatre qui m’a semblé de grande qualité et un contradicteur de poids. Par conséquent, le casting est professionnel et, à mon sens, irréprochable. Par ailleurs, il n’était pas illogique de convier des victimes, sauf que, justement, il s’est produit sur la plateau ce qui arrive dans les prétoires, les victimes hurlent et compliquent les débats. C’est aussi ennuyeux qu’inéluctable.

    La démagogie ne mène à rien et la plupart des commentaires de ce blog montre qu’il existe un public souhaitant voir le journaliste et/ou animateur d’une telle émission faire preuve de pédagogie et de mise en perspective. Yves Calvi, dans son émission « C dans l’air », semble mieux réussir l’exercice en règle générale. Je vous rejoints donc complètement lorsque vous déclarez plus haut: « La justice est un équilibre subtile entre des forces opposées. Il est parfaitement légitime d’évaluer et de débattre de cet équilibre. Il est tout aussi légitime de vouloir faire évoluer ses règles, elles n’ont cessé de se transformer au fil des âges. Encore faut-il le faire avec un minimum d’objectivité et de profondeur, pas dans l’urgence et sous le coup de l’émotion. Les professionnels de la justice ne disent pas autre chose. Il serait sans doute temps de les écouter, je crois. ». Malheureusement, le 4ème pouvoir montre trop rarement l’exemple.

    Aliocha : Je maintiens que Faites entrer l’accusé est une excellente émission, le sujet était difficile, c’est tout.

    Commentaire par H. — 18/02/2009 @ 14:41

  7. Les professionnels de la justice seront écoutés le jour où, comme nos politiques actuels de la majorité, ils sauront faire de la pédagogie en termes simples : sujet – verbe – complément !
    Rajoutez une subordonnée & le péquin moyen décrochera inéluctablement.

    C’est symbolique & symptomatique de ce que j’appelle « la société TVTV (tout va très vite) » : phrase choc, simplification des problématiques (très bien résumée par pollicarpe, post 2 : « Question : on fait quoi contre ça ? »), public acquis ou décroché…

    Aliocha : Ce n’est pas si simple. Vous avez d’un côté un gouvernement qui dispose d’énormes moyens de communication, de beaucoup de pouvoir et qui, en plus joue sur du velours en agitant le spectre de l’insécurité. De l’autre, des magistrats sans moyens de communication (ni argent, ni temps, ni personnel dédié) et qui doivent expliquer des choses infiniment plus subtiles que : mettons les méchants en prison et les fous aussi. Quant aux avocats, personne ne les écoute pour le sraisons que j’ai exposées dans ce billet. Quand on vit dans une société de communication, il ne faut pas s’étonner que ce soit ceux qui ont le plus de moyens de communiquer qui gagnent. Et c’est bien la raison pour laquelle ici je mets si souvent en garde contre le danger de voir disparaître la presse.

    Commentaire par Vieux Séb — 18/02/2009 @ 14:45

  8. Je ne suis pas journaliste, ni spécialiste en droit, juste une citoyenne, d’autres diront de moi que je suis une ménagère de moins de 50 ans….

    J’ai suivi cette émission, je n’ai aucune connaissance du droit, mais il m’a suffit d’écouter attentivement les différents invités pour comprendre la douleur des victimes et le sens exact du non lieu. Comprendre que les politiques, mais aussi les journalistes, ont la facheuse tendance à prendre les gens pour des  »pékins moyens »

    Commentaire par la JD — 18/02/2009 @ 14:55

  9. j’ai regardé, je me suis aussi transformée en cocote minute comme eric DM, bref, cela ne servait pas à grand chose. Je suis depuis longtemps favorable à une réforme du jury populaire et du fonctionnement de la cour d’assises, mais en ce cas précis, on voit encore plus la nécessité d’une professionnalisation. Les jurés écoutent leur conscience et leur bon cœur et malheureusement, cela ne suffit pas.
    Comme ce fut répété encore aujourd’hui, lors du magazine de la santé, les malades mentaux sont bien plus souvent victimes que coupables.
    Le système carcéral ne fonctionne pas pour ces malades, encore moins que pour les prisonniers dits sains (suicides en augmentation…).
    Chaque personne est un cas, un seul, individuel, on est obligé de légiférer sur le général, mais on ne peut traiter qu’au cas par cas
    etc

    Commentaire par martine silber — 18/02/2009 @ 15:55

  10. la sécurité, aliocha, est nécessaire, pour pas se faire piquer sa rolex.

    Commentaire par david — 18/02/2009 @ 15:57

  11. @ david : moi je ne risque rien, j’ai raté ma vie, je n’ai pas de Rolex!

    Heureusement qu’il existe au niveau de l’Europe quelques textes « garde-fous » qui empêchent nos politiques de faire vraiment n’importe quoi en matière de Justice, car je crois bien que nous irions actuellement, avec des G. Fenech, tout droit vers le rétablissement de la peine de mort…y compris pour les malades mentaux.

    Contre la démagogie et le populisme, une seule arme Aliocha, une presse indépendante, capable d’expliquer, de nuancer, de rendre lisible la complexité des choses.

    Commentaire par mussipont — 18/02/2009 @ 16:24

  12. à GeoTrouveTout:

    « Mais il me semble que les malades mentaux reconnus coupables de crimes ne sont pas relâchés, mais internés non ?
    Pourquoi on ne le dit pas ça ? Pourquoi on fait croire aux gens qu’ils sont relâchés ? »

    Je suis très ignorante en droit, mais je suis psychiatre, alors il faut que je vous dise: en fait, non, ce n’est pas comme vous pensez. Soyons très concret: on a donc demandé à un expert psychiatre si les faits ont été commis sous l’empire de la démence. Il a dit oui. Non lieu. Direction l’hôpital? OUi, il y a des chance si monsieur ou madame va mal, très mal, mal au point d’être hospitalisé. Pour combien de temps? Eh bien le temps que les médecin estiment qu’il va mieux, qu’il peut sortir. L’hôpital n’est pas une peine. D’ailleurs de peine , il n’y a en a pas eu de prononcé, alors le psychiatre, on imagine qu’il pourrait dire par exemple: « Ce crime (ou ce délit) , n’aurait pas été commis sous l’empire de la folie, celà lui aurait valu quoi? 10 ans? 15ans? (un psychiatre n’a pas plus que tout un chacun étranger au monde judiciaire de notion là-dessus, mais je continues:)Et il serait resté combien de temps en prison? Bon, nous allons donc le « garder  » tant de temps. » Les conditions d’une hospitalisation ne sont pas des conditions carcérales, loin s’en faut, et un médecin n’est pas un juge. Ca, c’est pour l’aspect punitif. Quant à l’aspect préventif, c’est encore une autre question, on peut en parler si vous voulez.

    Tout ça, c’est l’état actuel de choses, il est fortement question que ça change, et des psychiatres ont expliqué les risques graves que comporte le projet tel qu’il était exposé.Ils avaient raison, je crois. C’est que ça demande réflexion, car pour l’émotion, c’est autre chose. Je me souviens avoir été témoin d’une histoire qui m’avait choquée: une jeune mère de famille morte de façon horrible. Conclusion:Abolition du jugement au moment des faits. Attention, cela ne signifie pas simplement que le type est fou, qu’il est connu est soigné pour telle maladie psichiatrique par exemple, non, c’est « au moment des faits ». Direction , l’hôpital psy où j’étais interne à l’époque. Deux ans plus tard: sorties ponctuelles de l’hôpital autorisées . Une hospitalisation d’un an sans aucune sortie de l’hôpital, c’est rarissime, c’est très long. Comme l’ont déjà rappelé certains commentateur, les fous dans leur immense majorité ne sont pas plus dangereux que les autres. Plus étranges, pour nous: oui, plus difficile à comprendre et plus imprévisibles, oui, surtout quand on n’est pas averti, et à vrai dire même quand on l’est. Les meurtres commis par des fous (des vrais, pas par ces gens que l’on pense fous parce que leurs actes nous semblent monstrueux, mais qui ne le sont pas forcément) quand ils sont médiatisés frappent par leur caractère surprenant, incompréhensible, mais ils ne sont pas fréquents pour autant.
    Bref, les malades mentaux et psychiatriques, eux aussi, comme vous et moi, ils peuvent avoir envie de passer noël en famille , d’aller s’acheter une glace en ville, ou de voir des amis. Nous ne sommes plus au temps de Camille Claudel. La psychiatrie a changé, il y a eu les neuroleptiques, des méthodes d’accompagnement et de soin différent.
    Mais l’idée que ce type pouvait croiser le chemin du mari et de l’enfant de sa victime me bouleversait. Seulement, je n’ai pas de réponse à ça.

    Commentaire par Doc — 18/02/2009 @ 17:55

  13. Pardon pour les fautes d’orthographe, je croyais pouvoir afficher.

    Moi, j’aurais tendance à penser que du coup, mieux vaudrait être restrictif au maximum sur cette question de la démence au moment des faits, de façon à ce que il n’y ait pas de lecture « large  » faite par l’expert. Car franchement, c’est difficile une expertise, ce n’est pas de la science mathématique, et elle a là un aspect rétrospectif qui complique encore les choses. Sans parler bien-sûr de l’intérêt d’une simulation.

    Mais garder cette notion d’irresponsabilité, qui me semble valable dans notre société. Et en revanche, ne pas transformer le soin en punition .

    Bien des confrères pensent différemment, et s’indignent, peut-être ont-ils raison, en tous les cas ils sont très véhéments, du nombre de malades psychiatriques qui sont incarcérés.

    Vraiment, question difficile qui mérite plus que de seulement agiter des peurs et des douleurs, vous avez raison, Aliocha.

    Commentaire par Doc — 18/02/2009 @ 18:07

  14. Je vous prie de m’excuser, Aliocha, mais si j’ai à votre égard beaucoup de respect et vous soutiens totalement dans votre volonté d’assainir votre profession, ne soyez pas naïve. Si un animateur imagine un seul instant qu’avec un tel plateau, il va obtenir une émission susceptible d’améliorer la connaissance de tous sur cette problématique, je m’interroge vivement sur sa santé mentale. A titre personnel, j’attends quelque chose de mieux qu’une bagarre en direct et caresse encore l’idée (naïve?) qu’un journaliste doit être autre chose qu’un tambour offert à celui qui tape le plus fort. Si je me souviens bien, Eolas en a fait l’amère expérience l’année dernière dans une émission (France Info) où les rares questions qui lui étaient posées étaient toutes fermées alors que son contradicteur avait tout loisir de se répandre… Vous vous voudriez après cela que je pense qu’il n’y a pas d’intérêt partagé et que le ou les journalistes présents n’étaient que d’innocents oisillons?

    Aliocha : et je ne suis toujours pas d’accord. D’abord Hondelatte fait du bon boulot et son traitement des affaires judiciaires est excellent, ce qui signifie qu’il a parfaitement saisi les pièges de l’exercice. Ensuite, il fallait un politique dans cette émission pour expliquer les raisons de ces choix gouvernementaux, ça ne pouvait pas être Rachida Dati n’est-ce pas ? Donc Fenech n’était pas un mauvais choix journalistiquement parlant, ni un choix racoleur, c’était un choix logique : on parle du jugement des fous, on fait venir celui qui a suivi le texte. Et on invite aussi un avocat, un juge et un psychiatre. Autrement dit, toutes les parties concernées par la loi et son application. Imaginons un instant que le politique n’ait pas été représenté, l’émission aurait été entièrement à charge contre le politique justement. Je n’adhère pas à cette politique mais en tant que juriste comme en tant que journaliste, j’estime qu’il fallait entendre tous les points de vue. Dans mon ancien métier, on appelle ça le respect du contradictoire, dans mon métier actuel, la présentation la plus objective et complète possible d’un sujet

    Commentaire par H. — 18/02/2009 @ 19:03

  15. bonsoir

    j’ai regardé l’émission et je trouve que Hondelatte s’en est bien sorti il a mené les débats correctement et évité trop de débordements
    je ne suis pas d’accord avec les lecteurs qui pensent que les coupables sont les journalistes qui invitent sur les plateaux des personnes comme Fenech

    tout citoyen a droit à la parole nous sommes en démocratie ( enfin je pense que oui encore!!!!)

    le sujet est fort complexe et les gens aiment la simplicité la rapidité la les raisonnements carrés à l’emporte pièce ….
    c’est l’

    Commentaire par artemis — 18/02/2009 @ 19:04

  16. désolée suite du billet fausse manoeuvre

    malheureusement les décisions prises actuellement par notre gouvernement et nos assemblées surfent sur cette vague et plongent dans la démagogie la plus populiste.
    tout se fait dans la précipitation au gré des évènements c’est dangereux et irresponsable

    recul, réflexion,maturation des idées voilà le crédo de tout citoyen responsable
    en tout cas c’est le mien mais croyez moi ce n’est pas facile dans cette agitation générale

    Commentaire par artemis — 18/02/2009 @ 19:12

  17. je reprends les propos d’un lecteur qui me dérangent

    Je reste persuadé qu’il est possible, même à Christophe Hondelatte, de faire une émission de qualité sur ce type de sujet. Ce dernier, à son corps défendant probablement, contribue par de telles pantalonnades à discréditer un peu plus votre profession. En cédant une fois de plus (de trop) aux sirènes de la communication (tu vas voir coco, en mettant face à face sur le plateau un politique, des pauvres victimes, un psychiatre, un avocat* et un juge, ça va faire des étincelles et l’audimat va grimper), la montagne a accouché d’une souris (en très mauvais état).

    je crois qu’il ne faut pas exagérer car cette émission n’a pas été une pantalonnade le sujet était plus que délicat
    et puis il faut se poser la question de la finalité de ce type d’émission

    informer sans déformer, permettre à chacun d’exposer son point de vue dans un laps de temps restreint, sans oublier le souci d’intéresser le spectateur pour qu’il ne zappe pas …
    exercice délicat et difficile pour un journaliste .

    alors il faut arrêter de taper sur les mêmes les journalistes , les magistrats, la police etc…
    il y a les bons et il y a les mauvais comme dans toute profession

    mais il faut que les gens arrêtent de hurler avec les loups.. ce n’est jamais bon

    Commentaire par artemis — 18/02/2009 @ 19:36

  18. l’émission d’hier soir était intéressante, mais pourquoi inviter des « victimes » , c’est un choix journalistique et, je suis désolé, c’était une ânerie .

    Aliocha : il me parait difficile d’évacuer les victimes du débat compte-tenu de la place qu’elles occupent en ce moment. Cela étant, nous n’allons pas résoudre ce débat sur ce blog, il agite la justice depuis des décennies. Certains trouvent que la victime prend trop de place dans le procès pénal, d’autres au contraire qu’elle n’a pas encore la place qu’elle mérite. Si les avocats, les universitaires et les juges se querellent sur ce sujet, je ne pense pas qu’on puisse raisonnablement accuser un journaliste de faire une ânerie en prenant le parti de convier des victimes sur un plateau. Surtout si vous songez que c’est sous leur pression qu’a été adoptée la loi sur l’irresponsabilité pénale qui était au coeur des débats. En revanche, il est certain que c’était prendre un risque parce que naturellement la victime fait du bruit et que sa cause est acquise d’avance. Je trouve qu’Hondelatte s’est bien débrouillé. Le vrai problème, c’est que Fenech est d’une habileté diabolique et ce n’est pas la première fois que je l’observe.

    à mettre ensemble des experts et des victimes, ou des témoins, on finit en micro trottoir ; c’est sympa, ça fait proche des « gens » mais c’est le contraire de l’information traitée par un journaliste, c’est du fait brut ,du « Morietti » contre X ou Y ou « G.Fenech » fraichement décoffré ; c’est du spectacle et du pire, de la pornographie émotionnelle qui va exciter les pulsions contre qui: les « élites « , les « experts » .

    un homme politique est un tueur, il veut être élu, c’est normal, et qui vote ? pas les malades psy ,pas les condamnés, alors le choix est vite fait . pour un Badinter qui a vu un de ses clients être coupé en deux ,des dizaines de Fenech, Lefevre et d’autres ,y compris au PS, qui n’oseront jamais revenir à la raison de peur de perdre des voix .

    et pareil pour les journalistes , il faut vendre et gagner sa vie .

    c’est vraiment dommage, et même rageant, car il y avait de bons professionnels experts qui osaient renvoyer Mr Fenech à ses approximations , par exemple un malade qui sort de l’hôpital n’est pas libéré ,il est guéri ou traité et stabilisé ,que ce soit pour un cancer ou une schizophrénie, même si ça parait difficile à admettre , et que c’est inadmissible pour les victimes .

    ces politiques incultes sont en train de remettre en cause deux siècles de progrès : on ne juge pas les fous, on les soigne; et quoiqu’il en pense, juges, médecins et avocats ne sont pas des pitres comme lui ,ils essayent et souvent réussissent à faire leur boulot.

    mais pour C.Hondelatte,un bon débat c’est comme l’a dit W.Allen : un quart d’heure d’antenne pour les juifs , un quart d’heure pour Hitler ; (oui, je sais, point goodwinn atteint).

    Aliocha : vous tombez dans la caricature, un bon débat pour un journaliste comme pour un juriste, c’est un débat où toutes les positions peuvent s’exprimer. Si certaines dérangent, c’est regrettable. En fait journalistes, juges, psychiatres, on est tous dans le même bain : on a toujours tort.

    Commentaire par didier — 18/02/2009 @ 19:40

  19. rien à voir avec le sujet, juste pour vous signaler que depuis quelques temps le blog « pipeautique » indiqué dans vos liens n’est plus accessible sauf mot de passe. J’espère que son auteur n’a pas eu d’ennuis…

    Merci pour vos billets

    Commentaire par chiara — 18/02/2009 @ 20:48

  20. Pour certains il ne fallait pas faire venir les victimes, pour d’autres Monsieur Fenech etc….

    drôle de conception d’un débat démocratique

    j’ai une idée lumineuse il fallait faire venir personne au moins pas de débat et tout le monde aurait été satisfait de zapper sur une émission hautement intellectuelle comme gagner des millions……

    Chère Aliocha on ne fait pas boire les ânes qui n’ont pas soif
    vous etes encore bien gentille de répondre

    Aliocha : disons que cette émission peut être l’occasion d’expliquer que le journalisme n’est pas aussi sot et racoleur que certains le supposent. En tout cas, j’observe avec plaisir que la juriste que vous êtes conclut comme moi que les règles du débat ont été respectées et votre soutien me fait chaud au coeur 😉

    Commentaire par artemis — 18/02/2009 @ 21:24

  21. Quitte à mettre des victimes sur le plateau, l’idéal eut été d’avoir à la fois une victime de fou et une victime d’enfermement abusif: ça doit bien pouvoir se trouver…

    Les victimes se seraient écharpées entre elles, et le débat, rééquilibré, aurait été à son terme.

    Aliocha : et c’est précisément ce qu’on n’a pas fait. C’est amusant, si l’émission s’était cantonnée à ne réunir que des experts, je gage qu’on aurait entendu des critiques sur l’élite qui se moque des citoyens ou bien encore sur les spécialistes qui ne comprennent rien aux attentes des justiciables. Mais bon.

    Commentaire par javi — 18/02/2009 @ 22:18

  22. Aliocha,
    Vous ne pouvez pas dire que l’émission n’a pas pris comme angle de vue principal celui des victimes (je viens seulement de visionner l’émission). C’est un chois journalistique raccoleur qui éloigne de la réflexion. Faisons donc un débat sur la peine de mort en invitant les parents de petites victimes suppliciées, que pourrait-on en attendre?

    Aliocha : on n’a pas invité les victimes, on a invité :
    le politique rapporteur de la loi,
    un avocat
    un juge
    un psychiatre
    deux victimes, l’une avant la nouvelle loi, l’autre après,
    une représentante des gardiens de prison
    Soit : 2 victimes sur 7 invités

    Commentaire par prof — 19/02/2009 @ 09:13

  23. je crois qu’il y a confusion et amalgame, pas caricature …

    cette émission portait sur les conséquences de la loi  » Fenech », c’était lui qui aurait du être face aux victimes ou aux parents , et aussi face aux professionnels experts chargés d’appliquer cette loi.

    j’ai plutôt vu Maitre Moretti se contorsionner pour essayer de mettre Fenech devant les incohérences et les dérives de son texte tout en essayant de ne pas se faire interrompre par les victimes .

    de plus, il lui fallait rappeler qu’il lui était arrivé d’être avec elles lorsqu’il plaide pour les parties civiles ,

    pareil pour le juge et le psy , un débat à front renversé , en quelque sorte ,car les experts sont neutres contrairement à Fenech qui prône une justice au service des victimes ,et remet en question le système actuel beaucoup plus équilibré.

    c’est là qu’il y a confusion entre les uns et les autres;

    de même,l’amalgame que vous faites :juges,psy, journalistes;sur ce coup là, le journaliste organise et met en scène cette confrontation impossible .il n’est pas du tout dans la situation des autres;

    C.Hondelatte, sans lui faire de procès d’intention ,savait ce qui se passerait entre ses invités et les victimes, et je crois qu’il a participé, peut être malgré lui ,à la « communication « de Mr Fenech plus qu’à nous éclairer .

    quant au concept de « débat démocratique » manié par un juriste en 20, hum, hum, j’ai une petite idée « caricaturale » de ce que ça donnerait dans un tribunal .

    Aliocha : et vous êtes bien le seul car je ne comprends pas votre dernière phrase.

    Commentaire par didier — 19/02/2009 @ 10:18

  24. on devrait diffuser « 12 hommes en colère » tous les soirs et sur toutes les chaînes (en alternance avec « Un coupable idéal ») jusqu’à ce que ça rentre (disons, jusqu’à ce que les certitudes soient durablement ébranlées).

    Commentaire par david — 19/02/2009 @ 13:00

  25. @ Aliocha
    le politique Georges Fenech (ancien magistrat)

    G. Fenech (comme R.Dati) entre autres sont souvent presentés par la presse (et les blogs) comme des anciens magistrats, alors qu’ils le sont toujours et encore.
    R.Dati est magistrat détachée, G Fenech magistrat nommé à une présidence de mission.
    —-
    Par décret du Président de la République en date du 19 septembre 2008, M. Georges Fenech, premier substitut à l’administration centrale du ministère de la justice, est nommé président de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires à compter du 1er octobre 2008.

    —-
    Par décret du Président de la République en date du 21 août 2007, vu l’avis du Conseil supérieur de la magistrature, Mme Rachida Dati, magistrate du premier grade, est placée en position de détachement à compter du 18 mai 2007 pour exercer les fonctions de garde des sceaux, ministre de la justice.

    Commentaire par draftbold — 19/02/2009 @ 13:07

  26. Quand on pense qu’il « suffirait » d’un pouvoir politique responsable pour éviter ces dérives de l’institution judiciaire vers la « protection des victimes ». Trop de démagogie, c’est fatiguant à la longue, je regrette pas de pas avoir pu visionner cette émission.

    Scoop : bientôt, le garde des sceaux se verra renommé « Superjuge », pour mieux coller à ses nouvelles attributions.

    Commentaire par Kemmei — 19/02/2009 @ 20:23

  27. Difficile dans une actualité parfois trop submergée par l’émotion et l’immédiateté de faire apparaître que le rôle dépassionné du juge est de replacer à l’équilibre le fléau de la balance, et non de créer, en posant sur le plateau du coupable un poids aussi lourd que celui supporté ou ressenti par la victime, un nouveau déséquilibre qui aura pour seul effet un nouveau retour de balancier.

    Commentaire par Lyrielle — 20/02/2009 @ 00:51

  28. J’ai emmêlé mes phrases à cette heure tardive… Il fallait lire :

    Difficile dans une actualité parfois trop submergée par l’émotion et l’immédiateté de faire apparaître que le rôle dépassionné du juge est de replacer à l’équilibre le fléau de la balance, et non de poser sur le plateau du coupable un poids assez lourd pour lui faire ressentir la même souffrance que la victime, ce qui ne créerait qu’un nouveau déséquilibre qui aurait pour seul effet un futur retour de balancier.

    Commentaire par Lyrielle — 20/02/2009 @ 01:59

  29. dites ce Monsieur M.FENECH qui lui a droit de parler à la télévision, n’a t’il pas bénéficié d’une décision du conseil constitutionnel

    voici une de ses déclarations « …La tolérance zéro est une nouvelle approche du crime et de la violence, déjà en vigueur dans d’autres démocraties et prônée par des voix de plus en plus nombreuses dans notre pays. Elle ne prétend pas être une doctrine. Elle fait appel au bon sens. Elle est une attitude claire de la société face au délinquant d’habitude, qui consiste à lui demander d’assumer ses actes en lui appliquant très tôt la sanction qu’il mérite… ».

    voilà la Décision n° 2007-4359 du 27 mars 2008 conseil constitutionnel
    D É C I D E :
    Article premier.- M. Georges FENECH est déclaré inéligible pour une durée d’un an à compter du 27 mars 2008.
    Article 2.- M. FENECH est déclaré démissionnaire d’office.
    Article 3.- La présente décision sera notifiée à M. FENECH et au président de l’Assemblée nationale et publiée au Journal officiel de la République française.

    et voila une autre déclaration car celui-ci n’étant pas content,il s’estime « victime d’une procédure discriminante et sans appel », et « en appelle » au président Nicolas Sarkozy et au président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer à propos d’une « intolérable atteinte au suffrage universel ».

    Alors pour le débat démocratique, je veux bien mais il faut d’abords inviter des politiciens digne de ce nom.

    Commentaire par bleu horizon — 20/02/2009 @ 13:59


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :