La Plume d'Aliocha

29/01/2009

On ne pose pas ces questions-là….

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 10:08

Avez-vous vu les Infiltrés hier soir sur France 2 ? L’émission était consacrée  au travail précaire. Une journaliste a tenté l’expérience chez un hard-discounter, puis dans une société de télémarketing et enfin dans une grande surface. Cette dernière infiltration était la plus intéressante. Embauchée en CDI pour installer les rayons entre 6h du matin et 13h (en continu avec pause de 20 minutes), au bout d’une semaine elle demande à la DRH :

« – qu’en est-il des heures supplémentaires ?

– elles ne sont payées que si votre chef vous le demande, sinon on ne les règle pas. Vous imaginez, certains discutent dans les rayons et ensuite viennent dire qu’ils sont restés plus longtemps, ce n’est pas possible.

– mais si on reste plus longtemps pour finir ?

– vous n’avez pas à rester plus longtemps.

– et les syndicats, il y en a dans l’entreprise ?

– non, pourquoi demandez-vous cela ? »

Quelques heures plus tard dans le bureau d’un « chef » :

« – Votre contrat s’arrête ici, ça ne va pas le faire.

– Ah bon, mais hier on était content de moi, que se passe-t-il ?

– c’est vos questions.

– quelles questions ?

– sur les heures supplémentaires et les syndicats, on ne pose pas ces questions-là, ça déplait à la direction. Il ne faut pas demander des choses comme ça ».

Ah ! la belle réflexion que voilà, « on ne pose pas ces questions là ». Non bien sûr, c’est totalement indécent de se renseigner sur ses droits, c’est le signe d’un tempérament hautement subversif ! A dégager la révolutionnaire, le grand soir c’est pas chez nous que ça se fera.

Cela méritait d’être entendu, non ? Maintenant, à l’attention des détracteurs de l’émission, que ce serait-il passé si la rédaction avait réalisé un reportage classique avec demande officielle d’interview ? Je vais vous le dire, les journalistes auraient dû mener des négociations serrées durant des jours, voire des semaines, avec les services communication des groupes de distribution (laisser traîner le dossier permet d’espérer que le journaliste se décourage ou trouve quelqu’un d’autre à ennuyer) pour aboutir soit à un refus (ces enseignes préfèrent « communiquer » en ce moment sur le pouvoir d’achat et la baisse des prix que sur le traitement de leurs salariés), soit à une visite officielle en grandes pompes du fleuron social du groupe, à supposer qu’il existe.

Il est évident que la caméra cachée et la dissimulation d’identité ne doivent pas être utilisées à tort et à travers, mais ici ce n’était pas le cas. Ce qui me ramène toujours à la même conclusion : notre métier consiste à prendre des risques pour dépasser l’information officielle, le tout est de le faire avec une vigilance extrême pour servir l’information en évitant les dérapages. C’est plus compliqué que de s’abstenir, mais tellement plus utile.

 

Note : j’ai reconstitué les dialogues de mémoire, c’est la substance des entretiens à défaut d’être les mots exacts. Il y a sur le site de l’émission un extrait vidéo de l’enquête, je n’ai pas eu le temps de le visionner. Allez voir, s’ils ont choisi cet épisode, vous constaterez que c’est édifiant…

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45 commentaires »

  1. Une question pour ceux qui ont regardé l’émission : Le nom de la grande surface en question est il donné?
    Cela changerait de cette complète hypocrisie qui veut que l’on ne cite pas les noms des marques.

    Commentaire par LordPhoenix — 29/01/2009 @ 10:32

  2. Non, les noms ne sont pas donnés.
    A propos du dialogue, je rajoute l’interrogation de la supérieure (de mémoire…):
    -Ça vous avance à quoi de poser ces questions ?!

    Ben oui, à quoi ça peut servir de s’interroger sur ses propres droits ? On se le demande !

    La conclusion que je tire de ce reportage, c’est qu’un boulot sans qualification officielle est précaire.

    Je suis surpris qu’il soit dit que les entreprises ne peuvent pas payer plus que le smic, pour les TPE, certes ce ne doit pas être simple, mais dans les exemples que j’aie vu hier, on n’entre pas dans ces cas là.
    Les grandes enseignes agrandissent leurs marges au dépend de leurs fournisseurs, et de leur clientèle, car certaines ont beau jeu de nous parler des prix bas, ce n’est pas ce que je constate, si on s’amuse à comparer sur quelques mois.
    Donc les marges vont où ? Visiblement pas chez les salariés, euh, les cdd ou cdi (c’est vrai que salarié on se représente bien une personne, alors qu’avec les termes commençant par eds cd, on se représente plus facilement une abstraction…).

    Une autre chose qui me revient à l’esprit :
    on a l’exemple de la personne qui est parvenue à grimper l’échelle, en courbant l’échine, et qui demande aux autres de faire de même. J’imagine bien que cette personne est aussi dans un esprit précaire.
    Au final, ces entreprises ont un mode de fonctionnement digne d’une secte, où seul le(s) gourou(s) tirent tous les bénéfices réels.

    Commentaire par DePassage — 29/01/2009 @ 10:49

  3. Quand on voit l’attitude de certains syndicats, quelqu’un dont la première question dans la boîte est de demander où est leur bureau est probablement quelqu’un qui ne cherchera jamais à faire son travail correctement.
    Le principe de l’embauche, c’est trouver quelqu’un qui convient au poste. Il n’y a rien de plus destructeur pour un service que quelqu’un qui glande (suscite la rancoeur des collègues en plus de la baisse de productivité).

    Aliocha : je suppose que vous n’avez pas vu le reportage. Nous avons tous en tête en effet les abus de certains syndicats (réels ou fantasmés, je n’ai jamais été témoin direct de tels abus). Mais en l’état, la journaliste était là depuis une semaine, on voyait bien que soit les salariés dépassaient leurs horaires trop serrés pour finir le boulot soit ils étaient virés pour insuffisance. Elle s’est contentée de poser calmement des questions, sans plainte, ni contestation, aucun climat de conflit, une simple demande de renseignements qui paraissait parfaitement légitime quand on intègre une entreprise. Je ne suis pas syndiquée, ne l’ai jamais été et appartient plutôt à la catégorie des bêtes de somme qui bossent et se taisent, mais là franchement, je vous assure qu’il y avait un problème.

    Commentaire par Paul — 29/01/2009 @ 10:56

  4. Je n’ai pas vu l’émission, mais cet extrait que vous rapportez me semble surréaliste et ne plaide pas pour sa qualité : quel salarié ayant une once de bon sens poserait-il ce genre de question à son supérieur hiérarchique quelques jours après son embauche ? Demander si les heures sup. sont payées, à la rigueur. Faire suivre cette question de celle sur les syndicats, c’est soit de la pure provocation, soit… du journalisme de bas niveau.

    On sait déjà que la plupart des grosses boîtes n’aiment pas les syndicalistes. Qu’elles essaient par tous les moyens possibles, souvent à la limite de la légalité, de se débarrasser de ceux qui sont trop virulents. La journaliste annonce au bout d’une semaine (donc en période d’essai, elle est virable sans préavis ni explication, rien de scandaleux) qu’elle va emmerder (désolé) sa patronne autant qu’elle le peut. Comment s’étonner que l’employeur réagisse comme il le fait ? Ou est l’information ??? Qu’est-ce que cela montre qu’on ne sache déjà ?

    Aliocha : allons Hub sortons de nos logiques de cadres et mettons-nous dans la peau d’un salarié payé au SMIC qui pointe en entrant, pointe en sortant et dont les horaires sont donc observés au millimètre. Moins d’heures de travail que convenu ? Viré. Plus ? Pas payé, ça pose un problème non ? Donc la question n’était pas justifiée « à la rigueur » à mon sens, elle était justifiée tout court. Et la question du syndicat venait naturellement. Faut-il éviter d’offenser les gens qui n’ont pas les fesses propres ? Evidemment que ce n’était pas diplomatique, mais il s’agissait justement de casser ce climat de chantage. Qui, si ce n’est une journaliste, pouvait oser le faire ?

    Commentaire par Hub — 29/01/2009 @ 11:05

  5. Je ne sais trop que penser de cet exemple Aliocha dans la mesure où je peux comprendre la réaction spontanée de l’employeur.

    Certains recruteurs ont bien trop peur de tomber sur le salarié-type, tire-au-flanc, qui pointe à la minute près, qui ne vient que pour encaisser un salaire, qui gangrène l’esprit des autres salariés avec son attitude peu constructive, qui vous oppose constamment un « c’est pas dans mon contrat de travail », bref, un salarié qui ne s’épanouit pas dans son travail mais qui pour plusieurs raisons (dont certaines sûrement très bonnes) ne souhaite pas en changer.

    Le salarié quant à lui se sent démuni face à la puissance de l’employeur et ne veut pas s’engouffrer dans un poste (dont on ne démissionne pas du jour au lendemain) où l’on exigera implicitement de lui de travailler plus, d’être flexible au possible sur ses journées de travail avec un minimum de préavis, de ne pas faire privilégier sa vie personnelle, de devoir faire du « politique » pour postuler à une promotion et de n’espérer toucher qu’un salaire des plus modestes.

    Certes, un certain équilibre est à trouver et je crois que le problème fondamental en France est qu’une méfiance spontanée s’est installée entre « employés » et « employeurs », ce qui n’est pas prompt à permettre à la relation de travail de se développer idéalement…

    Notons que cet équilibre n’est certainement pas atteint dans le domaine de la grande distribution où comme beaucoup de juristes le savent, connait dans la réalité une application du droit du travail la moins saine et intelligente.

    C’est malheureux à dire mais personnellement, j’ai toujours conseillé à ceux que je cotoie de refuser les postes dans la grande distribution car de la caissière au cadre supérieur, le plus souvent, tout est question de « presser le citron jusqu’à le vider de son jus »…et ça m’a été malheureusement confirmé par nombre de proches.

    De mémoire, Canal+, dans son émission 24h avait il y a de ça plusieurs années, diffusé un brillant reportage sur les pratiques au sein du groupe Auchan, qui ne compte certainement pas parmi les meilleurs élèves…

    Commentaire par Nemo — 29/01/2009 @ 11:20

  6. Aliocha,

    Suite à votre réponse sous le commentaire n°3, je comprends mieux votre billet mais les précisions que vous apportez mériteraient d’être intégrées dans votre texte (car personnellement je n’ai pas vu le documentaire et vais me renseigner si je puis le visionner depuis l’étranger).

    Aliocha : à l’évidence, vous avez raison, c’est toute la difficulté de relater un fait en sélectionnant l’essentiel sans oublier ce que le contexte peut avoir d’indispensable pour en comprendre le sens 😉

    Commentaire par Nemo — 29/01/2009 @ 11:22

  7. On peut comprendre le recours à la caméra cachée dans ce type d’enquêtes pour lesquelles les entreprises ne souhaitent sans doute pas communiquer « officiellement » (ou à leur manière).

    J’ai récemment regardé un reportage d’envoyé spécial sur la culture des fleurs au Kenya. Une seule des entreprises travaillant dans ce domaine a accepté d’ouvrir ses portes aux journalistes.

    Même si cette entreprise n’est pas en tout point exemplaire, elle semble faire des efforts, beaucoup plus sans doute que celles qui n’ont pas accepté de communiquer.

    Et pourtant en fin d’émission j’ai eu le sentiment que les propos du journaliste donnait de l’entreprise une image pire que celles qui avait refusé de les laisser entrer et filmer leur exploitation.

    Je crains qu’à l’avenir cette entreprise, au vu de reportage, adopte le même comportement que ses concurrentes.

    Tous les reportages devront-ils se faire bientôt en caméra cachée ?

    Commentaire par Bibasse — 29/01/2009 @ 11:47

  8. Ce qui est extraordinaire, c’est que l’on ait besoin d’une émission comme celle là (qui est vraiment très bien foutu) pour mettre en avant des problèmes qu’une grande majorité de français rencontrent!
    Précarité, maltraitance dans les maisons de retraite, travail au noir etc…

    ce que je trouve hallucinant, c’est que même si cette émission fait parler (la preuve), ca ne va pas changer pour autant ! Je me demande a quoi sert la presse au final? un pouvoir???? ben non, juste mettre en avant des problemes que personne ne veut prendre à bras le corps. Le reportage d’hier sera toujours d’actualité dans 6 mois, un an, deux ans….

    Et pourtant, en regardant l’émission hier, je me disais « mais pourquoi ne pas proposer un sujet sur les pigistes qui sont sous payés, n’ont pas de droits véritables, n’ont pas de filet de sécurité en cas de non commande ou encore de non paiement etc… ». et la réponse m’a sauté aux yeux
    – primo parce que cette même emission fait appel a des pigistes
    – secundo, ca ne fera rien changer du tout

    Donc, je réitère (et je sais ca tourne en rond), il est bien dommage d’avoir une émission d’une telle qualité sans que cela ne fasse changer les choses.

    Aliocha : le droit de suite en début d’émission montre que leur travail n’est pas tout à fait inutile. Ensuite, c’est vrai que nous avons encore beaucoup à faire ce qui m’incite à cultiver une vision courageuse du journalisme ;)…

    Commentaire par Misty — 29/01/2009 @ 11:53

  9. Aliocha : « Evidemment que ce n’était pas diplomatique, mais il s’agissait justement de casser ce climat de chantage. Qui, si ce n’est une journaliste, pouvait oser le faire ? »

    Je suis bien d’accord avec vous ; nous avons donc appris que la grande distribution n’a pas besoin de journalistes pour remplir ses rayons. Quel scoop !

    En fait, cela se rapproche du problème des communicants que vous dénoncez régulièrement : on ne vous dit pas la vérité (ou on l’édulcore) parce que vous êtes journalistes. L’information est donc déformée quand elle vous arrive. Ici, c’est le problème symétrique : la journaliste a un comportement qui n’est pas « dans la vérité », parce qu’elle est journaliste et qu’elle cherche à démontrer quelque chose ; du coup l’information qu’elle recueille n’a pas grande valeur : une journaliste qui se comporte comme une journaliste cherchant à se faire passer pour un salarié de base n’a pas sa place dans la grande distribution. C’est une peu le principe d’incertitude de Heisenberg appliqué au journalisme 😉

    Par ailleurs, je ne pense pas être dans une « logique de cadre » en pensant que les salariés payés au SMIC peuvent avoir envie de garder leur travail et savoir parfaitement ce qu’ils doivent faire pour cela. La distribution est réputée pour offrir des opportunités réelles de progression à des gens entrés « à la base » ; cela entraine des abus de la part des employeurs qui font miroiter ces perspectives, et c’est regrettable. Encore une fois, ce n’est pas un scoop…

    Aliocha : vous savez quoi cher Hub ? Je crois qu’il va falloir créer un « délit de provocation au dérapage patronal », ça serait pas mal comme idée ça, non ? Si vous aviez vu l’émission, vous auriez constaté que le problème fondamental du travail précaire c’est « tu bosses et tu te tais, sinon, des comme toi, j’ai même pas besoin de taper dans un réverbère pour qu’il m’en tombe 100 dans les bras ». Ce n’est ni plus ni moins du chantage visant à empêcher ces salariés de faire valoir le minimum de leurs droits. Pas celui d’avoir une plante verte à la cafet’ et une machine à bonbon, juste un contrat en bonne et due forme et des heures de travail payées. Alors voyez-vous, savoir ensuite si la journaliste a eu tort ou raison de demander gentiment si on payait les heures sup’ et s’il y avait un représentant syndical dans l’entreprise….

    Commentaire par Hub — 29/01/2009 @ 12:06

  10. Au fait, à propos des interviews, que pensez-vous de la pratique (constatée par plusieurs personnes de mon entourage) d’interroger longuement une personne, pour ne tirer que 30 secondes sorties de leur contexte et les faire passer pour leur message principal?

    Aliocha : ce sont les étudiants en journalisme de sciences po qui vous préoccupent à ce point ? moi j’ai trouvé leur travail intéressant.

    Commentaire par DM — 29/01/2009 @ 12:25

  11. Je comprends mieux maintenant chère Aliocha, merci. En fait, j’avais dans l’idée que votre blog traitait de la presse, et je viens de réaliser que ce billet traitait du travail précaire 😉

    Plus sérieusement, je crois que je vais arrêter de commenter des billets traitant d’émissions que je n’ai pas vues, cela arrangera tout le monde. Ceci n’est pas une promesse 😉

    Aliocha : allons, j’espère que vous n’êtes pas contrarié, on discute et vos observations sont intéressantes, simplement en effet dans le contexte de l’émission, ce problème paraissait secondaire. Sinon, c’est quoi l’incertitude de Heisenberg ?

    Commentaire par Hub — 29/01/2009 @ 12:50

  12. Brève du Canard enchaîné de la semaine : outre-manche, 4 membres de la Chambre des Lords ont été piégés par des journalistes du Sunday Times, qui se sont fait passer pour des salariés d’une puissante société étrangère. En proposant des enveloppes de 25 500 à 127 700 euros, les journalistes ont obtenu que les parlementaires s’engagent à défendre la cause de « leur société » auprès de leurs collègues. Bien ou pas ?

    Aliocha : quoi ? le comportement des membres de la chambre des Lords ? Je plaisante. Grave question qui pose le problème de la provocation, déjà effleuré sous ce billet en commentaire. Dans Les Infiltrés on voyait bien que la journaliste ne faisait que révéler la mentalité de la direction, elle n’a pas fabriqué de conflit justifiant une réaction naturelle de licenciement. Mais dans l’affaire que vous évoquez, on manque d’éléments pour raisonner. Il est tout à fait évident que si on provoque un événement de toutes pièces on n’informe pas sur la réalité, on fabrique l’information, ce qui est condamnable. C’est l’odieux principe de ces videos d’agression filmées par des jeunes et mises en ligne. Maintenant combien a-t-on vu de reportages de journalistes s’infiltrant dans des réseaux de drogue ou de prostitution en se faisant passer pour des clients sans que cela ne choque personne…C’est un vrai problème, je n’ai pas de réponse toute faite à donner sur les seuls éléments que vous me soumettez.

    Commentaire par 2&2 — 29/01/2009 @ 12:51

  13. @4: »Je n’ai pas vu l’émission, mais cet extrait que vous rapportez me semble surréaliste et ne plaide pas pour sa qualité : quel salarié ayant une once de bon sens poserait-il ce genre de question à son supérieur hiérarchique quelques jours après son embauche ? Demander si les heures sup. sont payées, à la rigueur. Faire suivre cette question de celle sur les syndicats, c’est soit de la pure provocation, soit… du journalisme de bas niveau. »

    Le problème n’est-il pas justement qu’évoquer heures sup’ et syndicats passe pour de la provocation? Ca devrait être tout à fait normal… Il n’y a rien de destructeur à se renseigner sur ses droits et ses moyens d’être payé à la hauteur des heures travaillées. Bien sûr, si comme Paul, on considère que les syndicats ont pour but d’empêcher les employés de travailler et donc l’entreprise de fonctionner, on risque fort de voir une personne se renseignant sur les syndicats comme un futur saboteur… Si c’était le cas, il serait urgent de supprimer tous les syndicats. Mais n’est-ce pas une vision assez déformée du rôle des dits syndicats?

    Commentaire par Philonous — 29/01/2009 @ 13:07

  14. Bonjour

    je n’ai pas vu l’émission, et ce n’est pas sur elle que je souhaite discuter mais sur un petit détail.
    Vous dites que la journaliste a été engagée en CDI. Donc elle doit bénéficier d’une procédure de licenciement dans ce cas, ou au moins d’un recours devant les prud’homme.
    Comment cela se passe-t’il dans ces cas la?
    d’après ce que vous en dite le reportage avait l’air interessant, mais pourquoi ne pas aller au fond du fond et montrer (ou au moins expliquer) les procédures possibles? Si chaque salarié de grande distribution viré ainsi faisait un procès, peut être les managers reflechiraient-ils un peu plus. un licenciement sans cause réelle et sérieuse et sans procédure coutant cher…

    merci

    Commentaire par rutrapio — 29/01/2009 @ 14:13

  15. @Aliocha : merci pour votre sollicitude, tout va bien. C’est juste que, n’ayant pas vu l’émission, je ne suis pas au même niveau que vous, et donc pas à même d’interpréter correctement ce que vous écrivez.

    @Philonous 13 : « Le problème n’est-il pas justement qu’évoquer heures sup’ et syndicats passe pour de la provocation? Ca devrait être tout à fait normal ». Oui, bien sûr que cela devrait être tout à fait normal. Mais il est de notoriété publique que les relations employeurs syndicats ne sont pas saines en France, et ça ne date pas d’hier, et c’est probablement la responsabilité partagée des syndicats et des employeurs. Ne pas en tenir compte relève de l’angélisme ou du journalisme infiltré uniquement.

    @rutrapio 14 : en CDI depuis une semaine, pas besoin de procédure de licenciement, on est encore dans la période d’essai.

    Commentaire par Hub — 29/01/2009 @ 14:25

  16. Ca me rappelle mon premier boulot d’été, dans une grande surface… Lors de l’entretien avant l’embauche, la patronne m’avait mis en garde contre « certaines personnes » dans le rayon ou j’allais travailler avec qui il fallait que j’évite de frayer. Pas encore majeur mais pas demeuré pour autant, j’avais compris qu’il devait s’agir de syndicalistes, ou même, tout simplement, de personnes qui l’ouvraient de temps en temps.

    Bien évidemment, je m’étais récrié que ça ne me viendrait pas à l’esprit, allons, vous pensez bien. Après tout, y’a pas de raison pour que les patrons aient le monopole de la duplicité.

    Commentaire par Setebos — 29/01/2009 @ 15:39

  17. Sur le problème du travail précaire. Je tiens à rappeler à tous ceux qui se plaignent du « salarié type qui vient pour gagner un salaire » et de ces « syndicalistes », « tire au flan » etc, que quand on se lève à cinq heure du mat’ pour aligner des pots de confiture bonne maman dans un rayon pendant sept heures de suite, ont le fait pas pour la considération sociale qu’apporte un tel travail, pas pour la gloire, on le fait parce qu’on à faim, qu’on à un loyer à payer et des factures d’électricité. Tout le monde n’a pas eu la chance de réussir ses études ou de trouver sa voie. C’est pas une raison pour exploiter ces personnes, et les empêcher de se renseigner sur leur droit. Je n’ose parler de les faire valoir.

    Quand au travail du journaliste. Je rejoint Aliocha. S’il est vrai qu’un journaliste infiltré est plus libre de poser ce genre de question, parce que lui quand il sera viré il aura encore une source de revenu (décente?). Je trouve encore plus scandaleux que seul lui le soit. En tout cas, pour moi trouver scandaleux qu’un journaliste pose ce genre de question aux patron au prétexte qu’un vrai employé n’oserai pas car lui finirait vraiment à la rue, je trouve ça ignoble, et inexcusable. Et je reste poli.

    Commentaire par adrien — 29/01/2009 @ 16:30

  18. Je n’ai pas vu ce reportage .

    Permettez à un ancien dirigeant de donner ici modestement un avis.

    En propos liminaire ,je dirait pour reprendre ce que m’a enseigné un de mes ainés:

    Une entreprise qui n’est pas capable de rémunérer correctement ses collaborateurs ne mérite pas le nom d’entreprise.

    Je trouve donc indécent, inacceptable que des heures supplémentaires effectuées ne soient pas prises en compte.
    Comme je trouve inadmisible que l’encadrement puisse dire : ils trainent .. pour pouvoir présenter des heures sup aussi je ne le prendrais pas en considération.
    A quoi sert il alors? L’encadrement doit encadrer, motiver…et contrôler.Ainsi la tricherie ne peut être avancée,si le cadre remplit correctement sa tâche.

    Sur la question des syndicats:

    La loi prévoit que des panneaux d’affichage soient mis à la disposition et reservés à la représentation syndicale.Je ne peux douter que l’enseigne concernée n’ai fait le nécessaire.

    Sur les questions de la journaliste:

    La demande sur les heures supplémentaires bien que légitime était peut être prématurée et a pu être mal interprétée surtout si elle était suivie par celle concernant les syndicats.
    S’agissait il d’une provocation?
    Aucun salarié,lorqu’il intégre une entreprise ne peut ignorer le tableau cité plus haut, sans parler du livret d’accueil que remet souvent la DRH au nouvel entrant.

    Il en demeure pas moins que les cadres n’étaient pas à leur place et c’est sur eux que doivent porter les commentaires.

    C’est le premier qui devait organiser ses équipes de telles façons qu’il n’ y ai pas d’heures supplémentaires ou dans le cas contraire , il devait les assumer.
    Quant au second qui se retranche derrière une direction, quel courage!

    Ceci posé, j’ignore quelle est la pression soumise à l’ensemble de la hierarchie.

    Chacun recherche aussi un résultat,un avancement, un bonus, un dividende.
    En fait tout le monde est responsable.

    C’est par contre au chef d’entreprise à veiller que la loi soit respectée, que les salaires soient décents,que les collaborateurs soient respectés .
    Sinon le retour de bâton est proche.
    Et l’on de doit pas se plaindre en ce cas du comportement de certains collaborateurs.

    Comme disait l’aîné que j’évoquais plus haut
    L’entreprise a les collaborateurs qu’elle mérite.

    Un dernier mot
    Pour avoir souvent été interrogé par des journalistes corporate je n’ai toujours pas compris comment une interview d’une heure pouvait se limiter à un extrait de deux minutes à la télévison ou à la radio.
    On a le sentiment que tout est sorti de son contexte et ne traduit en rien la pensée que l’on a voulu exprimer.
    Mais étais je sans doute trop bavard.

    Commentaire par noel — 29/01/2009 @ 17:46

  19. Je viens de me relire : que de fautes d’orthographe!
    c’est sans doute le clavier de mon ordi

    Commentaire par noel — 29/01/2009 @ 17:47

  20. @Aliocha
    Le principe d’incertitude d’Heisenberg vient de la physique quantique, c’est à dire matière et onde à très petite échelle (Atome et bien plus petit). Pour résumer: si une particule à deux paramètres (au hasard vitesse et position dans l’espace), plus on connait l’un, moins on connait l’autre à partir d’un certain seuil. Plus on connait la vitesse, moins on connait la position et inversement. Par extension (ce n’est pas une généralisation mais une conséquence démontrée), observer un phénomène modifie ce que l’on veut voir: l’observateur perturbe l’expérience, par son existence même.
    Ceci est vrai à très petite échelle (oui on peut connaitre la vitesse et la position d’un balle de tennis à peu près correctement: mais pas celles d’un électron)
    N’étant pas vulgarisateur ni même scientifique, je laisse les autres posteurs completer/affiner l’explication.
    Pour en revenir au journaliste, l’analogie serait la suivante: Les évènements dont il rend compte sont modifiés par sa présence (caricature: provocation au crime, terrorisme misant sur l’information comme amplificateur… voire denoncer un scandale fait « apparaître » des poursuites judiciaires). Cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien dire ou faire (les scientifiques n’ont pas renoncé à faire des expériences!), il faut seulement intégrer ce fait dans la démarche. Ce qui est déjà le cas : vous vous interrogez sur les motivations de vos sources par exemple…

    Aliocha : Fichtre, c’est passionnant merci, et en plus cela s’applique à bien des questions liées à la presse, voilà une idée que je vais explorer avec attention 😉

    Commentaire par Aegor — 29/01/2009 @ 18:27

  21. Je n’ai pas lu l’ensemble des commentaires, donc mon propos peut être redondant…
    La question que je me pose à la suite de ce billet est : Pourquoi, les « patrons » ont-ils peur des syndicats et syndicalistes??? Pour avoir été représentant syndical (dans la fonction publique… c’est plus facile je vous l’accorde), j’ai rencontré les 2 sortes d' »employeurs », ceux qui ont « peur » et ceux qui n’ont pas « peur » des syndicalistes… or, je me suis aperçu que sous la « législature » de celui (celle) qui n’avait pas « peur », le travail effectué par les employés était largement plus important et de meilleure qualité…

    Aliocha : voyez les commentaires 5 et 18.
    Quant à l’entreprise montrée dans l’émission, elle n’avait clairement pas intérêt à ouvrir ses portes aux syndicalistes….

    Commentaire par Olivier — 29/01/2009 @ 19:41

  22. @Aliocha: Non, je pensais à d’autres personnes. Vous savez, des travaux d’étudiants, j’en vois tellement passer (il faut dire que la plupart n’ont pas de maître de stage avec le bras long)…

    Non, je pensais par exemple à ces « journalistes » qui ont longuement interrogé un collègue sur la sûreté informatique, et ont coupé 30 secondes hors contexte, qu’ils ont mis dans un documentaire sur la princesse Diana pour lui faire dire qu’elle avait peut-être été tuée par un bug.

    Mais je vois qu’à votre habitude, vous considérez que toute critique à l’égard de votre profession est mal fondée, ou le fait de grincheux velléitaires. Pas grave, c’est le lectorat qui décide, et je remarque que les ventes sont médiocres.

    (Au fait, vous travaillez bien dans la presse économique? _Les Échos_ c’est pas mal.)

    Aliocha : si vous me lisiez plus attentivement, vous verriez que je ne refuse pas les critiques loin de là, en revanche j’aime les discussions franches et j’ai horreur des pièges. Comment voulez-vous que je réponde à votre précédente question ? Oui, il faut faire une heure d’interview pour en tirer quelques lignes ou quelques secondes d’antenne, c’est le métier, savoir ensuite si c’est bien fait, ça se juge sur pièces, pas en l’air et vous le savez bien. De même que je sais que vous utilisez mes réponses pour illustrer vos billets contre la presse, en en faisant une interprétation plus ou moins libre. Alors ne venez pas me faire de leçons. Quand vous voudrez parler franchement, vous serez le bienvenu.

    Commentaire par DM — 29/01/2009 @ 20:02

  23. bonsoir

    j’ai regardé l’émission qui retrace malheureusement la réalité quotidienne de la vie au travail de millions de salariés.( les conditions de travail des salariés saisonniers dans le secteur agricole dans les landes par exemple secteur que je connais bien sont encore plus choquantes)

    non paiement ou récupération des heures supplémentaires, pressions psychologiques pour faire partir le salarié, surcharge de travail, management par le stress tout ceci est bien connu dans le monde du travail

    c’est la logique du toujours plus plus de travail pour plus de rentabilité travailleurs corvéables car interchangeables.
    En revanche ce qui m’a le plus inquiétée c’est la passivité des salariés leur silence prêts à tout supporter pour garder leur travail
    je ne porte aucun jugement sur cette passivité qui à mon sens est plus de la résignation .
    vous avez du remarquer que le personnel était essentiellement féminin et à temps partiel temps partiel subi et non choisi qui ne cesse de progresser depuis des années avec les aides octroyées pour ce type d’embauche et qui a créer une paupérisation d’une grande partie du personnel féminin peu ou pas qualifié.

    en fin d’émission j’ai admiré cette petite femme au soutire triste mère de famille de 3 enfants qui pour s’en sortir cumule deux jobs à temps partiel
    une vie d’enfer pour moins de 1400 euros
    honte honte à tous ceux qui profitent d’un système dans lequel l’entreprise est devenue maltraitante de son personnel

    Commentaire par artemis — 29/01/2009 @ 23:04

  24. Je sais pas si je dois mépriser les commentateurs qui associent syndicats et fauteurs de troubles/glandeurs, ou les admirer de leur lucidité quand à la mentalité des patrons.

    Merci de m’avoir montré par l’exemple que cette émission a un intérêt journalistique réel. On vit dans une société formidable, non?

    Commentaire par Kemmei — 29/01/2009 @ 23:38

  25. Je rejoins totalement le commentaire de Hub : ces questions étaient de la naïveté troublante ou de la provocation patentée.

    Cela dit, il n’y a pas que la grande distribution qui a ce type de méthodes. La preuve : http://editions.negatif.online.fr/onenparle/onenparle.htm

    Commentaire par Didier SCHNEIDER — 30/01/2009 @ 09:49

  26. Je suis vraiment attristé par le contenu de l’émission certes, mais surtout par certains commentaires.

    Qu’on trouve provocant qu’un citoyen, salarié, se renseigne sur la rémunération des heures supplémentaires, alors même que l’on a élu un président sur la base du « travailler plus pour gagner plus », cela me révolte. Alors quoi, c’est quoi le message là ?

    Quand on le creuse on est pas loin de la botte qui piétine la tête pour l’éternité. Heureusement quand même qu’il y a des gens (encore) qui luttent contre cela. Mais on serait ou si il n’y avait pas ces personnages provoquant, ces poils à gratter, qui sortent du rang, qui posent les questions qui fâchent? Nous (dont vous, là, oui, vous qui êtes choqué par le comportement de cette journaliste); nous aurions quel genre de vie ?

    Vous devriez plutôt être reconnaissant envers ces aiguillons. Il vous permettent d’avoir encore une vie « vivable », et vous autorisent à avoir vos opinions bien tranchés, bien pépère, bien « comme il faut »…

    Profitez en, avant que votre « comme il faut » devienne à son tours choquant. Avant que vos petits privilèges soient grignotés un par un. Que vous deveniez vous aussi la chair a canon. Que les petits compromis que vous faites de bonne grâce ne deviennent finalement la norme… Il n’y a pas de limite tracée dans le sable de ce coté là.

    Commentaire par Guillaume — 30/01/2009 @ 09:51

  27. @Aegor 20 : merci d’avoir répondu à Aliocha sur le principe de Heisenberg, j’avais la flemme de répondre moi-même, et vous l’avez fait beaucoup mieux que je n’aurais pu le faire.

    Commentaire par Hub — 30/01/2009 @ 11:35

  28. Le lendemain de la diffusion de ce reportage, Mme Morano, envoyée spéciale de Sarkozy sur le plateau de « A vous de juger », émission diffusée sur la même chaîne et à la même heure, expliquait que l’action du gouvernement en faveur du pouvoir d’achat c’est la « libération des heures supplémentaires ».

    Et elle ajoutait que que – quel bonheur ! – grâce au Guide Suprême les Français qui ont l’immense bonheur et l’honneur de faire des heures sup’ ne sont pas taxés ! Quelle chance ils ont de ne pas payer d’impôts sur des heures qui ne leur sont pas payées !

    Les travailleurs qui, contrairement à la journaliste qui a fait ce reportage, ne font pas qu’un bref passage dans le secteur de la grande distribution, et qui, comme elle l’a fait quelques jours, se lèvent à 4 heures du mat’ (à quelle heure il arrive au bureau , Sarko-qui-se-lève-tôt ?) pour aller gagner un salaire de misère en faisant minimum 1 heure, voire 2, non rémunérée chaque jour, n’ont même plus assez d’énergie pour contester leur condition.

    Par comparaison l’esclavage avait ceci de bon que, contrairement à ce qu’on croit souvent, le maître était responsable de la survie de l’esclave et que (sauf aux Etas-Unis, qui on inauguré l’esclavage sur base raciale) on n’était pas forcément esclave tout sa vie. C’est un état dont il était possible de sortir. Les esclaves de la grande distribution (et d’autres secteurs de grande exploitation) non seulement n’ont aucune chance de s’en sortir, mais leur petit chef peut les jeter comme des Kleenex usagés pour avoir juste eu l’audace de poser une question désagréable.

    Commentaire par Grizzly — 30/01/2009 @ 11:57

  29. Pour avoir bossé en grande surface pendant mes études. Je confirme en tout points ce qui a été diffusé dans le reportage des Infiltrés. Les heures sup. n’étaient pas payées (au mieux récupérées en jour de congé … avec de la chance).

    Nous avions interdiction formelle de dépasser notre quota hebdomadaire d’heures sur la pointeuse, malgré les coups de bourre inévitables dans ce type d’emploi. Pas facile de concilier le rush de travail dû à période de rentrée des classes avec le respect strict des horaires hebdo. Le travail devait être fait, donc on faisait des heures sup. dont on ne voyait pas la couleur.

    Quand la direction demandait d’être souple sur les horaires, il fallait comprendre: recevoir un coup de fil chez soi à 13h, un jour de congé, pour prendre son poste le jour même à 14h parceque « on a besoin de toi, là tu-vois »).

    L’enseigne, c’était Carrefour. Mais c’est pareil dans toutes les enseignes de la grande distribution.

    Commentaire par Blackstone — 30/01/2009 @ 13:10

  30. ce qui est surprenant, c’est le procédé « camera caché » , ça fait fantasmer le chaland qui croit qu’il va devenir un initié. il suffit de se procurer quelques contact dans le monde syndical, le vrai, pas le siège parisien et ses pro,et en moins de trois jours, le journaliste va disposer de dizaines de cas de gens mis dehors pour une broutille, de salariés harcelés et de petits ou grands arrangements avec le code du travail. ça fait vingt ans qu’on nous répète qu’il n’est pas possible d’employer les français comme ailleurs, qu’on nous cite Wall Mart comme l’exemple à suivre, et le pire c’est que ça continue: à votre avis, il faut une camera cachée pour connaitre la réalité du travail le dimanche, je ne crois pas, passez une heure le dimanche soir avec ceux qui vont boire un café avant de rentrer chez eux et vous pourrez écrire ou diffuser plein de beaux reportages sur les « demandes » de l’employeur ou de ses cadres. j’ajoute que celui ci n’est pas un salaud, il fait juste son boulot et essaye de gagner sa vie, tiens, je vous donne un sujet de scoop: vous vous mettez devant un hôpital public , le dimanche vers 12h, et vous demandez aux femmes qui bossent en horaire coupé ce jour là ,6h-12h et 17-19h, ce qu’elles en pensent… pas besoin de se cacher, et ensuite vous rencontrez la direction et sa chargée de com . juste pour mettre les deux discours en parallèle .

    Aliocha : en effet, c’est même ainsi qu’on procède habituellement, mais je trouve que la caméra cachée a le mérite de montrer directement ce qui se passe au lieu de passer par le filtre du témoin, ce qui donne beaucoup plus de force au propos. Et s’agissant du sujet qui nous occupe, c’est particulièrement utile. Voyez les réactions ci-dessus de tous ceux qui n’ont pas vu le reportage, ils se crispent à la simple évocation du mot syndicat. Et surgit l’image du syndicaliste qui gueule pour gueuler, parce que c’est son rôle et qui revendique tout et n’importe quoi rien que pour ennuyer le monde et paralyser l’entreprise. Sauf que lorsqu’on voit ce qui se passe réellement, on ne peut plus penser ainsi. C’est toute la différence.

    Commentaire par didier — 30/01/2009 @ 13:45

  31. Je n’ai pas vu l’émission mais ce que vous rapportez ne m’étonne (hélas) pas.
    Les commentaires non plus d’ailleurs …
    Ceux qui voient dans les syndicats des empêcheurs de travailler ou d’employer correctement sont bien représentatifs de la population française qui ne cherche pas à bien intégrer le discours des gouvernants depuis de nombreuses années : il faut faire des efforts pour sortir de la crise.
    Seulement, c’est toujours les mêmes qui font les efforts : les salariés des grandes entreprises, les patrons et salariés des TPE et PME. Ce ne sont jamais les banquiers, les grands patrons, les gros actionnaires.
    Même la classe politique de gauche a abandonné le discours sur la lutte des classes (lire à ce propos « La guerre des classes » de François Ruffin).
    Pour ce qui est de la politique de gestion du personnel, écoutez l’émission de Daniel Mermet (Les james bond positifs http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=847 et http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=848) sur cet ancien agent de sécurité de Carrefour qui a fait licencier des salariés avant d’être licencié à son tour.
    Alors oui, je l’avoue, je suis syndiqué et syndicaliste. Mais quand je constate que mes collègues n’en ont rien à faire de notre travail de défense de leurs droits, je désespère un peu. Bon d’accord, je suis dans un établissement public à caractère industriel et commercial, ce n’est pas la grande distribution.

    Commentaire par Guillaume — 30/01/2009 @ 15:44

  32. Le principe d’indétermination de Heisenberg signifie que:
    – L’état observé du système correspond à ce que l’on observe.
    – Les états observables dépendent du type d’observation (ou observable): vitesse, position, durée, énergie &c.
    – Précédant l’observation, le système est dans une superposition d’états représentant chacun la probabilité d’obtenir une mesure selon l’observable invoquée.
    – Les observations conjointes d’un même phénomène selon une observable ou selon une autre ne peuvent être compatibles que si lesdites observables le permettent. On parle alors d’observables commutatives. Si deux observables ne le sont pas alors l’état observé selon la première observable sera une superposition d’états pour la seconde et vice-versa.
    – La probabilité d’occuper un état dépend d’une loi déterministe non linéaire (l’équation de Schrödinger).

    Ainsi, position et vitesse, énergie et durée respectivement ne sont pas des observables commutatives. On ne peut donc pas connaître parfaitement l’une et l’autre à la fois. De là vient l’idée que « l’observation perturbe le système. » En fait, selon l’interprétation classique, l’énergie consommée par le dispositif d’observation pendant un certain temps altère l’état du système observé, et donc l’information.

    Par analogie, on peut dire que lorsqu’on observe un sujet de société sous un angle particulier ou selon une méthodologie spécifique, on laisse forcément à côté une partie des informations. Dans la gestion de projet, plus on essaie de courir après le temps, moins on peut maîtriser les effets collatéraux des décisions et inversement. Il faut aussi ajouter plus classiquement que la simple présence d’un appareil d’enregistrement, ne serait-ce qu’un papier et un stylo, est une interaction qui réagit peu ou prou avec une information généralement dialogique.

    Commentaire par PEB — 30/01/2009 @ 16:04

  33. @aliocha
    Suite à votre commentaire en 30

    C’est une certaine partie de la classe politique, probablement n’ayant que très peu de contact avec le monde de l’entreprise, qui croit devoir donner des syndicats l’image de râleurs et de perturbateurs.

    Cette classe n’a hélas rien compris.

    Il est normal qu’un syndicat représente les intérêts de ceux qui les ont mandatés.Il est normal qu’il le fasse quelque fois avec apreté.

    Va t on reproché aux lobbyistes d’ harceler les parlementaires afin qu’ils intégrent les intérêts qu’ils défendent à un projet de loi?

    Ce que nous devons admettre, c’est que souvent l’entreprise ne sait pas écouter.
    Et c’est cette absence d’écoute qui crée les crispations.

    Le chef d’entreprise a besoin de représentants du personnel.
    C’est par eux souvent et grâce à eux que les collaborateurs s’emparent du projet commun.

    Non les syndicats ne sont pas que des râleurs, ils peuvent être aussi force de proposition.

    C’est en les stigmatisant que l’on obtient ce qui est dénoncé.
    ou en proclamant comme notre président: écouter et ne pas tenir compte

    Il faut NEGOCIER sans désemparer … même si c’est dur!

    Petit apparté qui n’a rien à voir
    J’ai vu hier N MORRANO.
    Quelle absence d’ecoute! Quelle certitude!

    Et elle se trompe sur les heures sup; les chiffres atteints sont de 25% inférieurs aux prévisions.
    Et sans activité , où seront les heures suppléméntaires?

    Dieu merci tout les chefs d’entreprises ne sont pas comme elle sinon ce serait la révolution!

    Commentaire par noel — 30/01/2009 @ 16:19

  34. juste une remarque, après y avoir réfléchi cette après midi, la camera cachée me semble le contraire du journalisme, c’est du « peep show » non sexuel mais ça a pas mal à voir avec la pornographie, en gros montrer de l’interdit excitant, ça joue sur l’émotion, le pulsionnel, l’identification; l’exemple que vous citez est révélateur : le ou la journaliste ,en posture héroïque , nous joue la scène du salarié qui va au clash; sauf que c’est tout sauf réel,c’est une fiction, une mise en scène ,qui n’a rien à voir avec une enquête , qui reposerait ,par exemple ,sur ce qui se dit aux prud’hommes.

    alors c’est surement moins vendeur, ça ressemblerait trop à un article sans couleurs ni photos, mais ça éviterait de confondre le monde du travail avec un reportage à Gaza ou en Colombie ,deux situations ou je peux comprendre que le journaliste se dissimule pour ne pas devenir une cible .

    par contre , se prendre pour A.Londres en coinçant un petit chefaillon de hard discount, c’est se tromper d’époque, lui ,il est vraiment allé à Cayenne ou à Biribi au milieu des vrais bourreaux,

    je crois que le vrai risque, aujourd’hui, ce serait de coincer les responsables de la communication ou de la pub d’Auchan ou Leclerc, en leur mettant sous le nez leurs relation avec leurs salariés ou leurs fournisseurs.

    Aliocha : Qui a parlé de risque ? Qui a parlé de se prendre pour Albert Londres ? Et d’ailleurs avez-vous vu l’émission ? C’est l’éternelle rengaine dès que les journalistes font leur boulot, allez savoir pourquoi, le public au lieu d’être satisfait ou simplement intéressé, estime que ça ne va pas, qu’il fallait faire ceci, ou cela ou bien se pique de leçons de morale. Un journaliste ramène des photos de talibans : c’est mal, trop choquant. Un autre publie les confidences de Kerviel : horreur, il a trahi le gentil trader qui lui parlait pour ne surtout pas qu’on publie ses propos (apprécions au passage la cohérence de l’argument). Un troisième publie la note de Tracfin sur Dray et là c’est la révolte, misère on attente à sa vie privée ! Je ne vois qu’une solution, on va s’en tenir aux communiqués de presse, comme ça nous, on n’aura plus d’ennuis avec les pouvoirs qu’on dérange et le public n’aura plus de raisons de nous critiquer. Tout le monde sera content. Il ne vous vient pas à l’esprit que le journalisme est en péril (difficultés économiques, mutation du web, tentative de prise en main par les politiques et les milieux économiques, pollution de la com’) et qu’il vaudrait mieux l’encourager que le descendre ? Ah non ! Soit on fait un travail médiocre et on nous traite d’imbéciles et de valets du pouvoir, soit on se bouge et on est accusés de raccoler. De toutes façons on a tort, n’est-ce pas ? Allons, je ne vous en veux pas, tout le monde raisonne comme vous et ce, depuis que la presse existe. Nous souffrons d’un expectation gap comme disent les anglo-saxons entre ce qu’attend le public et ce que nous devons ou pouvons faire. Mais il se trouve qu’en ce moment on aurait besoin d’être soutenus ou, à défaut, de ne pas être critiqués à tort. Tiens, la nouvelle du jour puisque vous vous intéressez au social : 140 licenciements à Nice matin. J’en reçois plusieurs par semaines des nouvelles comme ça.

    Commentaire par didier — 30/01/2009 @ 17:39

  35. je suis véritablement ravie des commentaires citant Le principe d’incertitude d’Heisenberg
    merci pour cette merveilleuse leçon qui nous permettra de ne pas mourir de sottise
    il serait judicieux d’appliquer ce principe à la fiche de paie des salariés qui ne perçoivent aucun paiement pour leurs heures supplémentaires

    boudu comme on dit chez moi dans le sud ouest il est vrai que si c’est l’employeur qui regarde la fiche de paie ou si c’est le salarié les points de vue sont différents comme dans la théorie de la relativité

    Commentaire par artemis — 30/01/2009 @ 20:01

  36. J’imagine Monsieur Aphatie vous répondre en citant des paroles de Michel Gaillard « Est-il bien conforme à l’éthique universitaire de s’introduire dans un groupe au moyen d’un mensonge et en dissimulant le véritable objet du travail en cours? » et de remplacer « universitaire » par « journalistique » pour se demander s’il ne s’agit pas là d' »un procédé indigne ». Je dois dire que de prime abord je suis d’accord avec lui, ainsi comment, si de telles méthodes devenaient usuelles, faire la différence entre la pratique légitime et à bon escient, de celle d’un journaliste peu scrupuleux qui chercherait à sous tirer des informations et ce, par n’importe quel moyen? Ce que j’essaye de dire de façon assez maladroite c’est que si ce mode de fonctionnement rentre dans les moeurs cela ne risque t-il pas rapidement de dégénérer vers une société où le privé n’existe plus et où ses moindres paroles seront brimées et faussées par la crainte d’être filmé, interrogé, interviewé, sans même le savoir? Et pourtant dans un cas comme celui que vous évoquez on sent la portée bénéfique de cette « arnaque », car pour moi, malgré tout cela en reste une…
    Cependant une petite question me taraude comme dirait l’autre : ce reportage a t-il aidé de quel que façon que ce soit la personne concernée? Ou était-il juste destiné à dénoncer les procédés d’une entreprise dont le nom restera pourtant secret? Ce ne sont pas des questions rhétoriques et je sens qu’ici quelque chose m’échappe.
    En tout cas merci pour ce blog que je trouve très intéressant, je repasserai (et je vais peut-être même le reprendre du début ;).

    Aliocha : vos interrogations sont légitimes et je comprends la position de JMA même si je ne la partage pas. Mais quand on pratique le métier comme je le fais depuis 13 ans, on sait que la communication est devenue si perfectionnée, si puissante, qu’il faut d’une manière ou d’une autre parvenir à la contourner pour informer. Et je vais vous dire pourquoi, parce que si on ne la contourne pas, nous les journalistes, on vous ment et en plus on vous ment dans un confort extraordinaire parce qu’on fait apparemment notre métier, à peu de frais, en faisant plaisir à tout le monde et sans prendre aucun risque. Eh oui, on vous donne de l’information, mais frelatée et vous n’avez souvent aucun moyen de vous en apercevoir. Quant aux gens dont on vous parle, ils ont fait passer leur message bien lisse, ils sont contents. Alors à choisir entre mentir au public ou prendre le risque d’utiliser des méthodes à première vue discutables, et je dis bien « à première vue », je choisis sans hésiter la deuxième solution. Je n’aime pas l’idée de dissimuler une identité, je n’aime pas davantage celle d’enregistrer les gens à leur insu, mais si c’est le prix à payer pour montrer l’état des maisons de retraite ou le traitement des salariés précaires, je trouve franchement que ça vaut le coup. Le métier de journaliste est un métier dérangeant, autant que peut paraître dérangeant celui d’avocat qui consiste à « défendre des coupables », c’est compliqué à comprendre et à expliquer, ça choque, mais c’est nécessaire. Maintenant, l’infiltration doit en effet être utilisée avec déontologie, elle ne doit pas donner lieu à des montages, ni à de la provocation ni à du grand spectacle. Je trouve que l’émission de France 2 s’en tire fort bien.
    Et pour répondre à votre dernière question, l’objet de l’émission est d’informer, pas de servir les intérêts de quelqu’un en particulier. Cela étant, les émissions précédentes ont aidé par ricochet plusieurs personnes qui avaient participé aux reportages

    Commentaire par Camelote — 30/01/2009 @ 20:25

  37. Je suis d’accord avec vous. Si cela sert à dénoncer l’état des maisons de retraite ou le traitement des salariés précaires… Ce qui m’inquiète, comme vous l’avez noté, c’est le devenir du système une fois acquis comme légitime et, éventuellement, utilisé par des personnes mal intentionnées. Quelque chose me gêne encore mais je comprends bien votre avis et le partage sous certains angles. Peut-être une fois journaliste ma perception et mon point de vu différeront.. Mais je m’égare! Merci de votre rapide réponse (:

    Commentaire par Camelote — 30/01/2009 @ 21:33

  38. @Nemo (5) : « Certains recruteurs ont bien trop peur de tomber sur le salarié-type, tire-au-flanc, qui pointe à la minute près, qui ne vient que pour encaisser un salaire, qui gangrène l’esprit des autres salariés avec son attitude peu constructive, qui vous oppose constamment un “c’est pas dans mon contrat de travail”, bref, un salarié qui ne s’épanouit pas dans son travail mais qui pour plusieurs raisons (dont certaines sûrement très bonnes) ne souhaite pas en changer. »

    Des salariés, j’en ai vu des tas. Des super bosseurs, des moins bosseurs, des bosseurs démotivés par leur encadrement. Et bien, jamais je n’ai ai vu un seul qui ressemble à cette description qui n’a a mon sens rien de « type ». Qu’ils soient non syndiqués, syndiqués ou même syndicalistes.

    J’ai vu des gens qui avaient moins de 8 doigts en moyenne, ils travaillaient sur presse… De plus, le RH les arnaquait (et arnaquait la sécu) quand ils avaient un accident du travail, pour avoir de bonnes stats.

    J’ai vu des gens qui, alors que je gagnais le triple d’eux (je n’ai jamais osé leur dire) et que j’étais tous frais payés me proposaient spontanément de m’héberger gratuitement pour me faire faire des économies quand je bossais dans la même usine qu’eux.

    J’ai vu des gens rogner systématiquement sur les rares minutes de pause quand un imprévu (qui n’était pas de leur fait) demandait à être rattrapé.

    Les seules fois où j’ai vu des gens lire leur contrat de travail, c’est quand on leur refusait des vacances en juin après leur avoir refusé celles de Noël (tout en leur reprochant d’avoir trop de stocks de congé).

    Et pour ce qui est de l’épanouissement, désolé, mais c’est un luxe qui n’existe pas dans nombre de métiers. Il n’y a pas de sot métiers. Celui qui a dit ça ne ramassait pas les poubelles. Bosser, ce n’est pas s’épanouir, c’est manger.

    Commentaire par Gathar — 30/01/2009 @ 22:36

  39. holà, du calme,

    je ne crois pas avoir hurlé avec les loups, simplement exprimé ma grande réticence devant le procédé de la camera caché, lorsqu’il s’agit de  » montrer » le monde du travail .

    pour ce qui est du « risque », c’était une des accroches de l’émission  » les infiltrés » : le journaliste se cache , prend des risques, lesquels ? au service du public et de la révélation de la vérité .

    bof, bof et rebof, je considère que c’est juste un truc , qui d’ailleurs ne fonctionne pas, parce que s’il faut utiliser une camera cachée pour nous apprendre qu’évoquer le payement des heures sup avec son cadre risque de déboucher sur la sortie ,c’est juste du temps perdu .

    et pour tout le monde , ceux qui le vivent et ceux qui pensent que c’est la manière normale de gérer pour une drh moderne . il suffit de lire les commentaires .

    alors, je ne fais pas de leçons de morale, j’apprécie la presse , mais je trouve pour reprendre vos termes que cette émission était médiocre et racoleuse, et je ne crois pas enfoncer un clou supplémentaire sur le cercueil de la presse en général en donnant un vague avis dont personne n’a rien à faire …

    ce n’était pas nécessaire de crier dés que l’on vous arrache un œil

    Commentaire par didier — 31/01/2009 @ 10:53

  40. C’est étonnant de voir comment ceux qui dénoncent les « excés » du syndicalisme ne remettent jamais en cause les acquis obtenus.
    C’est étonnant de constater que ceux qui râlent contre les défauts de la presse ne modifient jamais la vision du monde qu’ils se sont forgée sur son travail.
    C’est un peu comme si l’on se reprochait à soit même la part de confort et de liberté qu’on n’a pas su se procurer seul.
    Il y a toujours eu ceux qui agissent et se trompent et ceux qui attendent en commentant.
    Chacun de nous, au grès des sujets, sont dans un groupe ou dans l’autre.

    Commentaire par Denis Ducroz — 31/01/2009 @ 12:04

  41. Aliocha,

    Quelle abnégation, ce métier, ‘trouver de l’information’, la mettre en forme, poser des problèmes et se trouver face à des facheux qui ne veulent pas comprendre, ne veulent pas sortir de leur petit carcan, de la finitude de leur esprit soumis en échange de petits avantages médiocres.

    En fait, les bons journalistes (il y en a !), je les plains, sincèrement.

    hervé 🙂

    Commentaire par herve_02 — 31/01/2009 @ 21:37

  42. Ca devient agaçant cette habitude de critiquer la forme quand le fond est choquant. Chaque fois qu’un journaliste rapporte une information qui dénonce un travers ou un abus de notre société, on va vite oublier le sujet pour ne débattre que sur la déontologie et le bienfondé des méthodes utilisées.
    Tiens, pour voir, ce serait amusant que des journalistes aillent infiltrer une entreprise humaine, espionner de bons patrons…

    Commentaire par OeilduSage — 01/02/2009 @ 23:57

  43. Ce qui serait amusant, surtout, c’est que des journalistes aillent infiltrer, en caméra cachée, les locaux d’une rédaction afin de montrer comment le travail journalistique se passe en pratique 😉

    Aliocha : ils l’ont fait pour la presse people, c’était assez dénué d’intérêt et ne justifiait pas à mon avis l’usage d’une caméra cachée. L’intérêt public de savoir ce qui se passe dans une rédaction qui publie des culs de star à la piscine me parait très limité. Il est heureux que l’émission n’ait pas choisi d’autres sujets contestables de cet acabit.

    Commentaire par Blackstone — 02/02/2009 @ 10:57

  44. J’ai beau lire votre billet, j’ai du mal à voir où est le scandale.

    Quand la DRH indique que le personnel n’a pas à faire d’heures supplémentaires si le management ne le demande pas, elle ne fait que rappeler le droit du travail. A noter d’ailleurs qu’à l’inverse un salarié ne peut pas refuser des heures supplémentaires qui lui sont demandées.

    Quand la journaliste demande s’il y a des syndicats, alors qu’elle est en période d’essai, après avoir évoqué les heures supplémentaires, elle donne évidemment une image revendicatrice. L’employeur respecte alors parfaitement le droit du travail en mettant fin à sa période d’essai.

    Cette brillante journaliste aurait pu filmer aussi un entretien d’embauche pendant lequel elle aurait demandé successivement ce qu’on mange à la cantine, s’il y a une salle de sport et si le travail n’est pas trop fatigant. Et montrer ainsi comment les employeurs sont attachés à recruter des salariés serviles.

    Qu’on ne se méprenne pas : il est anormal que des employeurs obligent à faire des heures supplémentaires sans les payer et il est anormal qu’ils discriminent les syndicalistes. Mais il faudra un autre reportage pour montrer ce genre de problèmes, ici rien à signaler.

    Aliocha : tiens, ça faisait longtemps, bon retour ! En effet, mon billet ne rend pas compte de la réalité, ce qui démontre une chose en tout cas pour ceux qui ont vu l’émission, c’est qu’il était indispensable de le montrer 😉

    Commentaire par Augustissime — 02/02/2009 @ 21:47

  45. Augustissime, vous dites :

    « Quand la journaliste demande s’il y a des syndicats, alors qu’elle est en période d’essai, après avoir évoqué les heures supplémentaires, elle donne évidemment une image revendicatrice. L’employeur respecte alors parfaitement le droit du travail en mettant fin à sa période d’essai. »

    Rompre une période d’essai pour une telle raison vous êtes bien sûr que c’est conforme au droit du travail ? Vraiment sûr ?

    MDR

    Commentaire par glouglou — 09/02/2009 @ 18:01


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