La Plume d'Aliocha

14/01/2009

Vérifions nos sources

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 10:28

Je surfais hier sur le web, de blogs en blogs, ce qui a été l’occasion de lire des choses intéressantes, parfois drôles, parfois sérieuses, mais aussi de temps en temps parfaitement absurdes, voire totalement erronées. Entre nous, le pouvoir de manipulation du web est proprement vertigineux. Comprenons-nous bien, je ne qualifie pas de faux ce qui heurte mes convictions, mais bien des erreurs factuelles ou de raisonnement graves, sans compter la mauvaise foi dont certains font preuve dans leurs écrits et qui aboutit à une présentation tronquée de la réalité destinée à servir leurs intérêts ou convictions. J’épargnerais ici les auteurs de ces propos en m’abstenant de les citer. Mais cela m’a donné l’idée de vous dire quelques mots des sources des journalistes. Les sources, c’est essentiel dans notre métier, plus nous en avons, plus nous sommes informés. Encore faut-il qu’elles soient fiables, c’est fondamental. Voyons cela de plus près :

les dépêches : tous les journaux ou presque sont abonnés aux dépêches AFP et Reuters. Cela nous permet d’être informés de tout ce qui se passe et d’avoir la matière première nécessaire pour éventuellement rebondir sur une information et la creuser pour rédiger un article. La valeur de cette source est de haut niveau car ces agences font un travail extrêmement sérieux. Il faut néanmoins vérifier les informations car personne n’est à l’abri d’une erreur de date, de chiffre, ou autre.

– les communiqués de presse : ce sont nos spams à nous. On en reçoit toute la journée, sur tous les sujets imaginables. Ils sont rédigés par des professionnels de la communication qui tentent d’attirer l’attention des journalistes sur un nouveau projet, une opération, etc. Il arrive que les informations qu’ils contiennent soient intéressantes, c’est le cas par exemple des communiqués annonçant les résultats trimestriels, semestriels ou annuels d’une société cotée. Mais ces documents doivent toujours être analysés avec circonspection car par définition ils présentent une vision simplifiée et positive de l’information concernée.

– la conférence de presse : C’est une réunion organisée par ceux qui ont une annonce à faire à destination des journalistes. La présentation est suivie d’une séance de questions réponses avec les journalistes. Là encore cela nécessite un travail complémentaire pour vérifier, recouper mettre en perspective l’information. Imaginons que Rachida Dati nous présente la réforme du juge d’instruction, elle nous dira que c’est une avancée fondamentale, que le juge d’instruction ne pouvait demeurer seul face à de telles responsabilité et qu’il fallait mettre fin au mythe de  l’instruction à charge et à décharge. Les journalistes arrivent généralement à de tels événements en ayant au préalable interrogé leurs propres sources et experts pour avoir une vision critique de l’annonce qui va être faite, à moins qu’ils ne le fassent ensuite. Toujours est-il qu’on ne peut se contenter généralement des informations recueillies en conférence de presse.

– les colloques, séminaires et manifestations diverses et variées :  nous sommes souvent invités à ce genre d’événements qui nous permettent d’approfondir nos connaissances sur un sujet, de rencontrer des experts, mais aussi de trouver des idées de sujets.

– les voyages de presse : là on nous invite dans un pays étranger pour nous présenter une nouveauté. Enfin, on nous invite oui, mais en principe on doit refuser. Le problème ici est double. D’une part les rédactions n’ont plus beaucoup de moyens et ont du mal à faire ce qu’elles devraient faire en pratique, à savoir refuser l’invitation et payer elles-mêmes le déplacement s’il le mérite. D’autre part, il faut bien avouer que certains journalistes à la moralité douteuse sont à l’affût de ces invitations qu’ils considèrent comme un complément de salaire. Evidemment la pratique est à bannir pour des raisons d’indépendance.

– les sources personnelles : c’est le fameux carnet d’adresse qui fait la valeur d’un journaliste et lui permet d’avoir ses propres informations en dehors des annonces officielles, voire des scoops. Par exemple, le rapport confidentiel qui fuite…Les sources personnelles, c’est aussi les interviews, les livres que nous lisons, les enquêtes, reportages que nous réalisons etc. 

Quelques observations complémentaires

Mais venons-en à la raison profonde pour laquelle j’ai rédigé ce billet. La première question que doit se poser un journaliste quand on lui donne une information, c’est d’où vient-elle, quelle est la légitimité de la source et quel est le but poursuivi ? Car nous sommes par définition manipulés et je dis cela sans paranoïa aucune. Celui qui nous donne une information a toujours un intérêt à le faire, c’est en identifiant cet intérêt que nous sommes en mesure d’apprécier l’information avec un esprit critique. Le gouvernement annonce une réforme ? Il entend donner au public le sentiment qu’il agit et prend de bonnes décisions. Il est légitime pour faire cette annonce puisque c’est l’auteur lui-même, mais il faut aller du côté de l’opposition et/ou des spécialistes concernés pour apprécier le plus objectivement possible l’annonce qui est faite. On nous fait cadeau d’un scoop ? Là les choses se compliquent. Pourquoi l’auteur de la révélation a-t-il intérêt à ce qu’elle soit portée sur la place publique ? L’intention devient très difficile à saisir. C’est en répondant à cette question que l’on est en mesure de déterminer le niveau de crédibilité que l’on peut lui accorder. Certains viennent nous voir dans une démarche citoyenne pour nous alerter sur quelque chose qui les choque. Mais le plus souvent, nous ne sommes qu’un pion parmi d’autres sur l’échiquier d’une stratégie politique, économique, judiciaire, ce qui incite à la plus grande prudence. 

Voilà. Et le rapport avec les blogs et Internet me direz-vous ? Il est ici : prenez garde à ce que vous lisez sur Internet. Sous prétexte de faire de la contre-information et de résister à l’intoxication des médias ou encore à la pensée unique, quelques petits malins qui croient plus ou moins à ce qu’ils disent jouent sur la corde de la « vérité vraie » pour soutenir des théories fumeuses,  voire de franches énormités. Pensez donc à évaluer les sources : qui vous parle, quelle est sa légitimité à s’exprimer sur un sujet, les propos tenus sont-ils cohérents, vérifiables, contiennent-ils des références  ? Ces références sont-elles utilisées objectivement ou détournées de leur sens ? Voilà quelques réflexes journalistiques de base à mon avis utiles pour s’informer sur le web en évitant l’intoxication. Mais, me direz-vous, voilà qui milite pour la pensée officielle ! Du tout. Personne ne vous empêche de penser différemment, le tout est de de partir d’une base factuellement exacte, c’est pour cela qu’on nous impose à nous journalistes de vous présenter les faits d’actualité le plus objectivement possible et qu’on nous oblige à distinguer clairement les faits de l’analyse. Or, c’est souvent le contraire qu’on vous propose sur les blogs, à savoir des opinions plus ou moins séduisantes sur la base de faits approximatifs, non vérifiables, voire carrément inexistants (avec des exceptions remarquables comme Eolas ou Autheuil par exemple).

Je vous laisse avec cette phrase de Hannah Arendt citée par mon confrère Jean-luc Martin-Lagardette dans « L’information responsable, un défi démocratique ». Editions Charles Leopold Mayer 2008.

« Les faits sont la matière des opinions, et les opinions, inspirées par différents intérêts et différentes passions, peuvent différer largement et demeurer légitimes aussi longtemps qu’elles respectent la vérité de fait. La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat ».

in « La Crise de la culture, vérité et politique ».

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23 commentaires »

  1. Petit illustration, le fait divers suivant : http://news.google.com/news?q=Mika%20Anna-Bell
    Comment s’appellent les amoureux et quel âge ont-il ?
    En Allemagne, leur pays d’origine, Mika (6 ans) aime Anna-Bell (5 ans). D’après l’AFP, il aime Anna-Lena (7 ans).

    Commentaire par Jerome — 14/01/2009 @ 10:48

  2. Et bien justement, on tombe dans le mille aujourd’hui avec bakchich.info:
    Quand Reuters ne vérifie plus ses infos
    http://www.bakchich.info/article6332.html

    Aliocha : où l’on retrouve les questions de moyens qui impactent sur la qualité et la déontologie….un de mes rédacteurs en chef m’a dit un jour « arrêtez d’appeler plusieurs personnes pour écrire un article, vous perdez votre temps, un coup de fil = un papier ». Il occupe à l’heure actuelle un très beau poste dans un grand quotidien national. Quand on aura compris qu’il faut faire un virage à 180° et parier sur la qualité et la déontologie, on aura une petite chance de voir le bout de la crise…

    Commentaire par Vonric — 14/01/2009 @ 11:46

  3. Bonjour Aliocha,

    Je plussois avec quelques réserves.

    J’organise au sein de mes cours un petit travail sur la recherche d’informations sur internet (en langage enseignement supérieur, cela s’appelle: « recherche bibliographique »). 100% de mes étudiants effectuent aujourd’hui la recherche d’information que je leur demande de faire à l’aide du moteur de recherche Google. 99% tapent quelques mots clefs, obtiennent un million de réponse et commencent à lire les 10 ou 20 premières, sans se poser la question de savoir comment cette information leur est remontée et triée.

    Je travaille ensuite avec eux sur ces questions, pour les faire réfléchir et les obliger à analyser la qualité des « auteurs d’information ».

    Vous avez raison de critiquer vertement (avec une légère monomanie) certains blogueurs qui souhaitent faire du journalisme sans en avoir les compétences. Mais vous décrivez de l’autre côté un monde journalistique qui me semble un peu trop pur. D’aucuns qui auront fait l’expérience d’acheter tous les journaux (Humanité, Marianne, Libération, Le Canard Enchaîné, Le Monde, Le Figaro par exemple) constateront les exercices très différents (sur des sujets identiques) effectués par les membres d’une même profession: les journalistes.

    Internet apporte une masse colossale d’informations en direct dans les foyers, et chacun doit apprendre à faire le tri.

    Aliocha : ce n’est pas une attaque contre les blogs, je commence à distancier les délires de quelques agités que leurs lecteurs d’ailleurs ne suivent même pas. Au demeurant, ils ne sont qu’une poignée et ont au moins le mérite de m’obliger à réfléchir sur la différence blog/presse. Non, le fond du sujet pour moi dans ce billet est ailleurs. On accuse la presse d’être manipulée, de ne présenter que des vérités officielles etc. A l’inverse, on positionne le web comme un lieu de pureté absolue. Les deux approches sont caricatrurales et donc forcément erronées. Mais je trouve, en tant que journaliste, que même si la fiabilité des journaux est loin d’être absolue, ils présentent cependant plus de garanties que le web, pour de multiples raisons : identité des auteurs vérifiable, contenu vérifiable et contestable même si on ne peut nier une part d’interprétation et donc de déformation potentielle, effet largement corrigé par le pluralisme et, par ailleurs, on connait le positionnement des titres ce qui permet une lecture critique, application de règles et techniques professionnelles garantissant un minimum de crédibilité et de sérieux. A l’inverse, les blogs et je vise ici davantage l’outil que tel ou tel blogueur, sont des véhicules privilégiés pour faire passer des informations et des opinions à vocation manipulatrice (je songe en particulier aux extrémismes politiques, sectes, communication et marketing etc.). Au fond, l’une des questions que cela pose est celle de la transparence : qui écrit, quelles sont ses motivations, ses convictions etc. Rien n’empêche, et c’est déjà le cas, des sociétés commerciales d’ouvrir des blogs pour faire de la communication masquée. Arrêtons-nous d’ailleurs pour démontrer la sincérité de ma réflexion à mon propre cas. Qui vous dit que je suis journaliste ? Qu’est-ce qui vous assure que ce que j’écris ici est exact ? Que je suis bien transparente sur mes motivations ? Que je ne suis pas payée par je ne sais qui dans je ne sais quel objectif ? Je remercie les lecteurs de leur confiance, mais il y a une part de risque précisément dans cette confiance. Vous me répondrez que mes propos sont cohérents (en tout cas j’espère), que j’ai l’air de bonne foi (j’espère aussi), et que je semble connaître mon sujet.Vous me direz aussi peut-être que si j’écrivais des âneries les lecteurs rectifieraient. Rien n’est moins sûr, personnellement, je rectifie chez les gens sérieux et quand j’ai le temps, mais je me contente de quitter les blogs qui sont à l’évidence orientés, manipulateurs, etc…Je pense que ce sont de vraies questions qui n’ont rien à voir avec une quelconque guerre journalistes / blogueurs pour le coup, mais relèvent plus simplement de mes réflexes de professionnelle de l’information.

    Commentaire par Zythom — 14/01/2009 @ 12:30

  4. « prenez garde à ce que vous lisez sur Internet. (…) Pensez donc à évaluer les sources : qui vous parle, quelle est sa légitimité à s’exprimer sur un sujet (…)? »

    c’est en partie pour cette raison que la question de l’anonymat du blogueur me pose problème. qui me parle et quelle est sa légitimité ? je suis bien en peine de le dire. comment puis-je savoir qu’anonyme 1 n’est pas non plus anonyme 2 dont la position est sujet à controverse ?

    Aliocha : l’anonymat est le principal problème, il n’est pas le seul. Après tout Eolas nous montre que bien qu’anonyme on peut conquérir une vraie légitimité liée chez lui à la qualité intrinsèque de son travail, son ancienneté sur le web, le fait qu’il est désormais certain qu’il est bien avocat, sa reconnaissance médiatique qui en a fait une source officielle et légitime etc. Quelques blogueurs agissant sous leur propre identité sont largement plus sujets à caution. Que sait-on de leur parcours, de leurs intérêts, de leur motivations ? Que nous apporte au fond de savoir leur nom si on n’a pas la curiosité d’aller cherche plus loin, voire si ce sont d’illustres anonymes au sens où les moteurs de recherche ne nous en apprennent pas plus sur eux ? Quand on lit les Echos, on a le droit de douter de l’impartialité de l’information en ce qui concerne LVMH dès lors que c’est leur actionnaire, mais on ne peut exercer cette faculté critique que grâce à la transparence qui règne sur la détention du capital du journal. Au fond ce qui m’interpelle, c’est que le jugement critique porté à l’encontre des médias dits « traditionnels » est exacerbé dans notre pays jusqu’à son paroxysme et curieusement très modeste à l’inverse en ce qui concerne le web.

    Commentaire par david — 14/01/2009 @ 12:42

  5. Votre plume est leste et habile, vos arguments forts solides et l’ensemble est convainquant. Pourtant, quelque chose me met mal à l’aise en vous lisant. Peut-être le fait que ce n’est pas la premère fois que vous défendez cette position et que l’on sent un tel désir de justification…
    Ne le prenez surtout pas mal, mais je préfère quand votre sagacité s’exerce sur d’autres sujets, et ce ne sont pas ceux-ci qui manquent.

    Cordialement.

    Commentaire par Charles Swann — 14/01/2009 @ 13:47

  6. A propos des sources, que pensez vous de la polémique, soulevée notamment par Philippe Cohen de Marianne, sur l’origine du scoop révélé par l’Est Républicain sur le rapport Tracfin concernant Julien Dray.

    Pour ceux qui ne seraient pas au courant de la polémique : Cohen accuse le journaliste en question de bénéficier de fuites organisées par une magistrate avec qui il entretient des « relations privées privilégiées » pour reprendre le terme de Cohen

    Aliocha : je n’ai pas suivi, vais voir…un lien peut-être ?

    Commentaire par Astre Noir — 14/01/2009 @ 14:39

  7. @Réponse d’Aliocha du commentaire #3

    Rebonjour Aliocha,

    J’apprécie beaucoup votre réponse, claire et cohérente (et de bonne foi;). Je trouve votre position saine.

    Je voudrais faire néanmoins deux remarques:
    – « je songe en particulier aux extrémismes politiques, sectes, communication et marketing »
    Les quatre exemples, mis dans la même phrase, montrent bien le niveau de mise en garde que vous souhaitez apporter contre la communication et le marketing (et vous nous avez plusieurs fois alerté contre ce type de manipulation).

    Aliocha : oui mais je m’en voudrais de prendre une position caricaturale, tous ont en commun d’avancer le plus souvent masqués, c’est le seul lien que j’entendais évoquer. Pour le reste, je me garderais bien de comparer extrémismes politiques, sectes et communication 😉

    – « je me contente de quitter les blogs qui sont à l’évidence orientés, manipulateurs, etc… »
    C’est là, à mon avis, la solution aux dangers que vous mettez en avant: les internautes peuvent facilement s’échapper comme vous d’un site trop manifestement manipulateur.

    Aliocha : « trop manifestement manipulateur » en effet, mais plus finement manipulateur ? L’une des tendances que j’ai observées, c’est l’incroyable soin que met par exemple l’extrême-droite à se parer de sérieux, (belle présentation, discours policé – sans mauvais jeu de mot – mélange d’analyses justes et à peu près objective par exemple sur l’économie et de discours beaucoup plus douteux etc) il faut vraiment lire plusieurs billets et être un peu sensibilisé à cette dialectique pour l’identifier. On ne peut pas exclure que certains se fassent piéger, en particulier chez les jeunes.

    C’est le niveau de confiance que l’on accorde aux propos du blogueur qui fait que l’on restera sur son blog. Peu importe finalement si vous êtes vraiment une journaliste, ou si Eolas est vraiment avocat.

    Enfin, je crois que les journalistes ne disparaîtront bien évidemment pas. Leur nombre va sans doute diminuer, mais de gros sites journalistiques de référence vont émerger sur internet, avec de l’information de qualité.

    Tout le reste ne sera qu’un gigantesque nombre de sites « courrier des lecteurs ».

    Ou pas.

    Commentaire par Zythom — 14/01/2009 @ 14:39

  8. petit exercice de réécriture de la première phrase
    « Je lisais hier la presse, de titre en titre, ce qui a été l’occasion de lire des choses intéressantes, parfois drôles, parfois sérieuses, mais aussi de temps en temps parfaitement absurdes, voire totalement erronées. Entre nous, le pouvoir de manipulation de la presse est proprement vertigineux. »
    Est-ce plus faux ou plus choquant que la phrase initiale ? bof.

    Aliocha : il me semblait avoir pourtant été claire sur l’idée qu’Internet exigeait au moins autant d’analyse critique que la presse, en tout cas c’était mon idée. Je suis sensible au charme des paradoxes, naturellement encline à douter des pouvoirs constitués, mais un peu de bon sens ne nuit pas…or, il me semble de bon sens d’affirmer qu’un information délivrée par des professionnels est globalement plus fiable que celle délivrée par on ne sait qui. Ce qui ne remet en rien en cause la faculté d’Internet de jouer les contre pouvoirs.

    Il existe maintenant des sources non étiquetées « presse » qui s’avèrent plus fiables dans la durée que des entreprises de presse centenaires ; mais a qui la faute si ces vénérables institutions ont dilué un avoir important, la rigueur et la confiance ? ça a commencé avant l’obsolescence accélérée du support papier (et encore une fois, c’est dix fois pire sur l’audiovisuel, en mettant en scène une dualité papier-presse vs web, on oublie un maillon essentiel, qui est aujourd’hui un canal d’information « traditionnel », comme la presse papier et qui commet dix fois plus de pêchés).
    Il y a essentiellement deux types de sources sur le web ; des sites d’informations typés « presse » que ça soit de la presse en ligne ou du pur web (ce derniers cas concernant majoritairement des sites d’information sévissant sur le domaine « technologique » au sens large) et des sites « personnels » reposant souvent sur un auteur unique qui construit sa crédibilité sur son nom (ou son pseudo) et généralement, une position professionnelle identifiée en dehors du journalisme.

    Je trouve que l’énumération des sources fait très – trop – traditionnelle. Je ne sais si c’est mon biais de lecteur ou un réel problème, mais il me semble qu’on devrait voir apparaître explicitement ou en tout cas différemment l’exploitation de sources d’information qui sont publiques sans être forcément des communiqués de presses. Où, là dedans, sont les rapports commandés à la tonne (de papier) par le gouvernement ; les lires et constater qu’ils contiennent généralement rien ou peu de ce que la communication du gouvernement leur fait dire, n’est-ce pas un élément important du traitement de l’actualité politique ? De même éplucher les compte-rendus de séance de l’assemblée, du parlement européen, ou du conseil municipal du bled d’à côté …
    C’est peut-être moins valorisant que dire qu’on tape les favoris de son navigateur et qu’on corrobore des infos publiés par d’autres sur de vulgaires blogs que de dire qu’on a fait son carnet d’adresse _personnel_ pour rechercher des infos _exclusives_ qu’on voit nulle part ailleurs (et que personne d’autre n’auraient pu sortir parce qu’ils ont pas le super carnet d’adresses secretes) mais est-ce que la valeur de l’information est moins grande pour le lecteur…

    Aliocha : vous tombez mal sur ce coup-là, je passe une bonne partie de mes journées à lire des rapports, des compte-rendus de débat parlementaire et autres joyeusetés du genre, et ce n’est qu’après les avoir lus et forgé ma propre opinion que j’appelle des experts, lesquels parfois ont l’outrecuidance de commenter avant d’avoir lu ces fichus rapports. Les opinions superficielles ne sont pas le propre des journalistes, croyez-moi. Souvenez-vous des réactions politiques autour de l’affaire de l’annulation du mariage pour erreur de consentement liée à la virginité…

    Commentaire par OuvreBoîte — 14/01/2009 @ 14:56

  9. @david : à la différence d’un communiquant d’entreprise ou à une information « coup de poing » tombée par dépèche, le blogueur anonyme bâtit sa réputation (et donc sa potentielle fiabilité) dans le temps. Aliocha rappelle bien, avec le cas idoine, que la durée et la qualité effacent les soupçons : la continuité et la constance font aussi bien que la profession.
    Qui plus est, si l’anonyme n’est pas neutre dans ses intentions, qui peut en toute bonne foi prétendre l’être ? Personne, à mon sens. L’angle d’un sujet, les informations montrées ou non d’un journaliste sont autant de choix, or choisir c’est renoncer et correspond toujours à une démarche qui a de mutliples influences externes : autres informations, contexte, humeur personnelle, affect et historique personnel avec le sujet traité… Cela ne doit pas entrer en compte ? A la bonne heure ! Nous ne vivons pas dans le monde des Idées de Platon, désincarné et fait de raison pure et froide, mais dans un monde réel.
    Je parle en connaissance de cause : mon anonymat est ma protection, ma persévérance est la démonstration de ma bonne foi.

    Aliocha : que je l’aime cette « bonne foi » et comme elle est rare 😉 j’ai bien aimé votre compte-rendu de l’expérience à l’Express qui m’est apparue factuelle et objective.

    Commentaire par [Enikao] — 14/01/2009 @ 15:35

  10. C’est particulièrement la phrase suivante qui me fait réagir ici :
    « […], mais je me contente de quitter les blogs qui sont à l’évidence orientés, manipulateurs, etc »

    Cela concoure à une question plus générale que je me pose :
    Diffuse-t-on réellement hors de son cercle ?
    C’est-à dire que, par exemple, dans les manifestations socialistes, ce sont les militants socialistes qui y participent, lorsqu’un site scientifique parle d’un sujet en particulier, seules les personnes intéressées s’attardent réellement sur ce sujet.
    (Raccourci) Lorsqu’un auteur ne nous convient pas, on ne le fréquente plus.

    Ça implique qu’une « entité manipulatrice » devra se diffuser dans des milieux hétéroclites, sinon elle ne « prêchera » que des convaincu(e)s.
    Avez-vous pu remarquer alors comment opèrent les groupes qui souhaitent atteindre de nouvelles cibles, car c’est cela qui doit être difficile à réaliser, étendre les sympathisants.

    Commentaire par DePassage — 14/01/2009 @ 15:51

  11. @ Aliocha et Enikao, j’admets sans réserves vos remarques. à vrai dire, tout comme je pensais à vous deux ainsi qu’Eolas et Authueil ou que monsieur Serraf pour cerner les limites de mon raisonnement, je les avais à l’esprit quand j’ai commencé mon commentaire mais, en cours de route, la flemme, vous savez, de développer et préciser ma pensée. nuancer m’est apparu comme une montagne que je n’ai plus eu à coeur d’escalader. vous faites donc bien de compléter mon propos, voire le contredire.
    (au moins, je ne suis pas chiant).

    Commentaire par david — 14/01/2009 @ 16:49

  12. @Aliocha : Concernant la bonne foi, je ne peux que l’affirmer, on me croit ou non. Une réputation chute au premier dérapage, comme vous le devinez / savez.
    A propos de l’expérience Odyssée de l’Info, la suite se passe sur RFI avec Eric Mettout ce seek-end, dans l’Atelier des Médias (Philippe Couve). A vos questions 😉

    @david : mais la question méritait d’être posée. Mon identité numérique est une de mes identités, parmi d’autres strates. J’avais abordé ce sujet dans un billet à propos des propositions de l’eurodéputée Mariane Mikko – http://enikao.wordpress.com/2008/07/02/eklektik-union-europeenne-mikko-jette-un-froid-sur-les-blogs/ (désolé pour l’autopromo)
    Car qui te dit que je ne suis pas en même temps Eolas, Autheuil, Versac, Michel-Edouard Leclerc et Apathie ? 😀

    Commentaire par [ Enikao ] — 14/01/2009 @ 17:57

  13. Bonjour,

    « La première question que doit se poser un journaliste quand on lui donne une information, c’est d’où vient-elle, quelle est la légitimité de la source et quel est le but poursuivi ? »

    Pour ma part, la première question que je me pose en lisant un article de presse ou écoutant un journal d’info à la radio *, c’est : « quel est l’intéret du des personnes qui dirrige ce titre à me faire savoir cela et à me le faire savoir sous cette forme et avec cette présentation ?  » Je me pose les mes questions sur internet d’alleurs.

    Car ne soyons pas naïf, les grandes fortunes, marchands de canons et de béton n’ont pas investis dans la presse pour ce que ça rapporte en monnaie sonnante et trébuchante. En france ça rapporte peu.

    Sur le net comme sur le papier ou sur les ondes ceux qui s’expriment le font pour influencer l’opinion.

    Il est vrai que c’est ballot, la droite « libérale » avait réussis à s’arroger le quasi monopole des media et donc le rôle de maitre à penser. Et patatra voila un nouveau moyen de communication qui permet à permet à quasi tout un chacun de donner son opinion sur tout et n’importe quoi.

    On comprend que cela gène !

    * je n’ai pas de télé donc je n’en parle pas

    Aliocha : ne sombrons pas dans la caricature non plus. Il est vrai que de tous temps la presse a fait rêver les grands patrons. C’est avant tout de l’ordre du fantasme, un peu comme une maîtresse ou une belle voiture.Il leur faut un journal pour se sentir pleinement heureux. Evidemment, c’est aussi potentiellement un outil de pouvoir, à mon sens plus théorique que pratique. N’oubliez pas que les journalistes sont jaloux de leur indépendance, tous, les bons comme les mauvais, les célèbres comme les anonymes, c’est instinctif, épidermique et très chiant à gérer pour les éditeurs. Par conséquent, les manipulations, si manipulations il y a restent marginales. J’entend par là le coup de fil de l’actionnaire qui commande un article ou au contraire s’oppose à la parution d’un sujet. En revanche, ce qui existe, c’est l’auto-censure pour ne pas déplaire à l’actionnaire, auto-censure de la direction mais aussi parfois des journalistes. La vraie question n’est donc pas pourquoi on me donne telle information, mais plutôt pourquoi on ne me dit pas telle chose. Le patron le plus intrusif à l’heure actuelle est sans doute Dassault au Figaro, ce qui suscite des rébellions ponctuelles au journal, mais son comportement est assez inédit.

    Commentaire par bertrand — 14/01/2009 @ 18:14

  14. Chère Aliocha
    J’ai créé un groupe qui fut ensuite coté à la Bourse de Paris.Eh bien j’ai suivi la formation d’un coach qui m’a enseigné comment m’adresser aux journalistes, comment passer mes messages et qui critiquait souvent ma trop
    grande transparence.Vous avez donc raison,le journaliste doit être très prudent et très critique car derrière chaque communiqué,chaque conférence, il y la volonté de faire passer un message particulier.
    Mais je sais également que le journaliste doit aussi résister, mais resiste t il, à des pressions internes afin de produire des articles « vendeurs »ou conformes à la ligne du journal.
    J’aime vous lire,et d’autres blog et…
    je lis, je lis , je lis et enfin je me forge une opinion

    Aliocha : délicat sujet que celui de la communication financière…cela étant, la transparence est une obligation légale en la matière 😉 je comprends bien qu’il faille être prudent, de là à ne rien dire….Quant aux articles « vendeurs », disons qu’il y a souvent un malentendu à ce sujet. Un journal a une ligne éditoriale, c’est son identité, ce qui justifie son existence et fidélise son lectorat, il doit la respecter, ce qui guide le choix et le traitement des sujets. Si demain Cheval magazine fait un article sur le dernier modèle de berline de chez Renault (exemple caricatural bien sûr) il trahit le contrat avec son lecteur qui achète Cheval magazine pour être informé sur le monde équestre et pas sur celui de l’automobile. En revanche, un article sur les vans aura toute sa place 😉

    Commentaire par noel — 14/01/2009 @ 18:28

  15. Alliocha, excusez moi d’être un peu (quoique finalement pas trop : différemment) hors sujet.

    Avez-vous lu cet article sur le figaro.fr ?

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/01/14/01016-20090114ARTFIG00489-relaxe-generale-au-proces-de-l-hormone-de-croissance-.php

    J’ai rarement vu un article aussi orienté (au sens démagogique du terme) : il est très peu factuel et extrêmement émotionnel. Hors il est bien sensé être écrit par un journaliste, non ?
    Il me paraît, hélas, tout au plus du niveau d’un bloggueur aux idées biens arrêtées sur la présentation du contenu et, bien sûr, encensé par l’opinion publique : justice à deux vitesses, « que vous soyez riche ou pauvre », juges sous influence (si, si !), etc. En plus, il commence par une énorme faute de grammaire (qui ne commet pas de fautes d’orthographe, soit, mais de grammaire et de niveau vraiment basique…) sur le verbe « pallier », utilisé de manière intransitive.

    J’en arrive même à me poser la question : est-ce vraiment un journaliste qui a écrit cet article au nom du figaro.fr ?

    Ne voit on pas ici un risque que la presse professionnelle ait la tentation de se mettre au niveau du bloggueur du dimanche, pour justifier de son existence… j’en frémis d’avance.

    Je suis désolé de vous prendre à parti sur cette actualité précise, mais vous me semblez la seule « journaliste-conseil » que je considère digne de foi. Ce qui me ramène au sujet de l’anonymat…

    Il me semble que l’anonymat ne soit pas, en lui-même, un véritable problème. Je m’explique.
    J’ai beau ne pas savoir qui vous êtes, il n’empêche que j’apporte un certain crédit à vos assertions, parce qu’elles me paraissent pertinentes, ou encore que je les aient, durant un certain temps, vérifiées/validées. Que vous soyez journaliste ou non, peu me chaut !

    Tout comme un article scentifique : que ce soit le professeur Machin ou le docteur Bidulle qui l’ait rédigé, rien ne me permet de dire, a priori, qu’ils ne racontent pas n’importe quoi (on a même récemment vu des prix Nobel sortir des imbécilités, c’est pour dire !). Il me semble bien plus important de juger la qualité des dires d’une personne sur leur contenu que sur son CV. Éolas pourrait très bien ne pas être avocat, mais manifestement, il fait partie du monde judiciaire, et ce qui m’intéresse n’est pas de connaître son barreau ni son identité, mais bien plus ses analyses juridiques et la qualité de sa vulgarisation. Que j’adhère ou non à ses conclusions, ou que j’apprécie ou non l’humour ou la verdeur de ses réparties, est une autre affaire (je suis bien trop « kesskidi » pour pouvoir me permettre d’en juger, mais rien ne m’empêche de consulter d’autres sources ou de me poser des question).

    La « véracité » d’une information ou d’une théorie (qui est une forme d’information en soi, amha) ne tient pas uniquement à la confiance que l’on porte à celui qui la diffuse, mais à ses qualités de validation. Comme on dit en zététique : « à théorie extraordinaire, preuves hors du commun ». Ce qui signifie qu’une théorie banale peut être jugée sur les assertions d’une seule source en laquelle on a confiance, alors qu’une théorie qui remet en cause un certain nombre d’acquis fondamentaux ne peut, par principe, reposer sur le seul témoignage d’un seul individu, quelle que soit la confiance et le crédit que vous lui apportez. Une des grandes difficultés de l’esprit critique est de savoir on placer cette limite…

    D’ailleurs, l’anonymat existe déjà, mes dans la presse écrite et imprimée : dites moi si je me trompe (vous avez, il me semble, déjà évoqué la question), mais il arrive qu’un article réalisé par un membre d’une rédaction ne soit pas signé personnellement, mais soit publié au nom de la rédaction. Me trompè-je ?

    Enfin, quant à l’usurpation d’identité (on pourrait s’en prémunir informatiquement, mais ce serait un peu lourd pour les « kesskidi » de l’informatique) elle n’a pas vraiment à inquiéter : si vous, ou Me Mô ou Me Éolas n’étiez pas les auteurs de vos proses respectives, bien des détails (à commencer par le style, puis les tendances étiques et morales) permettrait rapidement des les percer… et de vous en avertir, ou du moins vous poser la question !

    Voilà, j’arrête ici ma modeste contribution à deux eurocentimes et vous souhaites bon courage pour cette reprise qui s’annonce, je crois, riche en rebondissements (je ressens une tendance étrange et désagréable en ce début 2009 que je n’arrive pas encore à qualifier sur les contenu informatifs — amateurs comme professionnels —, mais c’est juste une opinion personnelle qui n’engage que moi).

    Cordialement

    Commentaire par furax — 14/01/2009 @ 19:02

  16. Chère Aliocha,
    Le carnet d’adresse d’un journaliste fait partie de son capital, sa valeur ajoutée. N’étant pas très social, et encore moins journaliste, je suppose que se carnet s’enrichit progressivement au fil du temps, des différentes enquêtes, d’une carrière. Mais dans quelle mesure se capital n’est-il pas paradoxal? Si vous l’utilisez, vous risquez d’exposer vos sources, quelqu’un très au fait de l’information pouvant deviner d’où elle vient ou de vous coupez vous même de votre source, qui ne souhaite pas forcément que vous publiiez tout ce que vous savez. Comment pouvez vous « gérer » votre carnet?

    Aliocha : en fait, nous ne passons pas notre temps à sortir des scoops ou mener des enquêtes sulfureuses, par conséquent nos contacts sont souvent sollicités pour de l’information ordinaire, soit pour l’obtenir, soit pour la vérifier, soit encore pour la commenter. Ce qui n’expose guère. Sur des sujets plus sensibles, c’est alors en effet tout un art de protéger sa source. Personnellement, je fonctionne avec un carnet modeste de gens avec qui j’entretiens des relations de confiance depuis des années. Je suis plus bosseuse que mondaine et mes contacts me ressemblent 😉 par conséquent, on travaille dans de bonnes conditions. Ils savent par exemple que je préférerais ne pas sortir une info plutôt que de les mettre en danger.

    La proximité d’une source vous expose obligatoirement à la tentation de collusion. Les gens que l’on fréquente, connait ou apprécie ne sont pas les premiers que l’on souhaite mettre dans l’embarras. Comment contrôler cette distance? Mettez-vous une barrière absolue entre vie privée, qui ne sera jamais sujet d’article même si un jour… et vie professionnelle où toute information potentielle pourra être utilisée?

    Aliocha : la distance est en effet un vrai problème. Jusqu’à présent, je n’ai jamais été confrontée à la nécessité de dénoncer les agissements d’une source, en revanche, il m’est arrivé de devoir rappeler que je ne suis pas « une journaliste amie » à qui l’on fait écrire ce qu’on veut sous prétexte qu’on s’entend bien professionnellement. Cela étant, je crois que si c’était le cas, je ne ferais pas de différence avec le traitement réservé à des inconnus. Et au fond, je pense qu’ils seraient heureux que je traite le sujet parce qu’ils savent que j’écris toujours avec retenue et le plus objectivement possible. Quant à la vie privée, c’est hors de mon champ de compétence, en tout état de cause, je ne me vois pas aborder des sujets pareils.

    Et comment vérifier une information? Si vous considérez (valeur arbitraire) qu’il faut trois sources indépendantes pour valider une information, cela veut dire beaucoup de contacts dans un milieu restreint, que tous les journalistes partageant la même spécialité que vous cultivent. Avec le risque que ce que vous allez publier soit déjà partiellement connu, peu différenciant de vos collègues.

    Aliocha : le monde n’est pas si petit quand même, tenez pas exemple, les avocats sont 20 000 à Paris, ça laisse le choix non ?

    Sur la fiabilité des agences, je comprends votre position, mais vu de l’extérieur, elle ne fait que repousser la difficulté sans vraiment la traiter. Si l’agence est fiable, c’est que l’information a été bien vérifiée. Mais comment l’agence fait-elle? Elle aussi est constituée in fine de femmes et d’hommes.

    Aliocha : la vérification n’est pas si compliquée, si 2 ou 3 personnes fiables vous disent la même chose, vous avez une assurance raisonnable que c’est juste. Une information n’est jamais connue que d’une seule personne

    Une question un peu hors sujet. Quelle est la proportion d’informations que vous « produisez », par opposition à celle que vous collectez? Par produire, je veux dire « made in Aliocha ». Quelque chose qui pourrait ressembler à: être la première à voir-comprendre le rapport entre deux évènements distincts, ce qui permet d’induire un mécanisme sous jacent qu’en suite bien entendu il faut étayer. C’est juste pour avoir un ordre de grandeur, type 99% collecte-filtre-vérification, l’inspiration étant aussi géniale que rare, ou plutôt de type 70% collecte et 30% personnel, brasser de grandes quantité d’informations vous mettant en position privilégiée pour repérer ce qui peut ne pas être une coïncidence?

    Aliocha : à vue de nez, je dirais 50/50, certains journaux me demandent de traiter l’actualité, d’autres de trouver des sujets originaux.
    Cordialement

    Commentaire par Aegor — 14/01/2009 @ 20:21

  17. @ DePassage

    « Avez-vous pu remarquer alors comment opèrent les groupes qui souhaitent atteindre de nouvelles cibles, car c’est cela qui doit être difficile à réaliser, étendre les sympathisants. »

    Frédéric Lefebvre, un moment pressenti pour le Secrétariat d’Etat à l’Economie numérique, révèle, dans son interview-plantage sur le web 2.0, l’intention pour l’UMP de « lancer plusieurs « grosses » opérations sur Facebook »…

    http://www.politique.net/2009010601-frederic-lefebvre-et-le-web-2-0.htm

    Je suis personnellement très réservé sur la finalité de Facebook, qui représente actuellement la plus grosse base de données mondiale relatives aux individus. 65 millions de personnes recensées dans le monde, 1,3 million en France…

    Il s’agit, à mon sens, d’un phénomène beaucoup plus inquiétant que les blogs, dont les plus actifs ne représentent que quelques milliers de lecteurs uniques.

    Quel est le but de l’UMP dans cette opération ?

    @ Astre Noir

    Il est effectivement troublant que l’Est Républicain ait pu se procurer et publier l’intégralité du rapport Tracfin concernant Julien Dray (téléchargeable en .pdf) :

    http://www.estrepublicain.fr/une/exclusivite/art_984429.php

    En l’état actuel de l’enquête, il me semble que l’Est Républicain outrepasse ses prérogatives d’information, puisque l’intéressé n’a pas encore été entendu et n’a pas accès au dossier.

    Bavure ou recherche de scoop ?

    Commentaire par ramses — 15/01/2009 @ 02:17

  18. Aliocha :

    Sur l’affaire Dray et le journaliste qui entretient une « relation privée provilégiée » avec une magistrate, c’est ici :
    http://www.marianne2.fr/Affaire-Dray-quand-le-journalisme-devient-nauseabond_a173760.html?PHPSESSID=06d97c970af0d16314d2ae0643983bf0

    Commentaire par Astre Noir — 15/01/2009 @ 08:18

  19. Le web 2.0 et les atteintes à la vie privée, c’est ici et c’est inquiétant :

    http://www.lepost.fr/article/2009/01/14/1386577_merci-le-web-2-la-vie-d-un-internaurte-devoile-au-grand-jour.html

    Commentaire par ramses — 15/01/2009 @ 16:51

  20. Aliocha, suite à votre réponse #15
    Je crains de m’être mal exprimé. Par vie privée, je ne pensais pas à faire un article sur vous, votre famille… Je pensais plutôt à une confidence que vous aurais fait votre beau-frère (si vous en avez un) entre la poire et le fromage lors d’un repas de famille. Du type: ils sont bien gentils avec leurs contrôles SOX, mais tout ça ces de la paperasse pour se faire bien voir. Les vrais trucs, ils ne les voient pas passer. Tiens, un truc aussi énorme que…., et bien en faisant ça…., puis ça…., ni vu ni connu.
    Là d’un point de vue du journaliste vous tenez un sujet potentiel. D’un autre coté, d’un point de vue « privé », c’est une confidence.

    Aliocha : c’est assez simple à résoudre, je demande franchement si je peux en parler, si c’est oui j’y vais, si c’est non je me tais.

    Commentaire par Aegor — 15/01/2009 @ 20:06

  21. @Aliocha, à propos de la réponse sous 7,
    je tombe mal, je tombe mal, c’est de l’esquive ça, c’est pas une réponse. Je ne m’interrogeais pas tellement sur votre pratique professionnelle (qui est probablement très à même de satisfaire mes critères draconiens, en tout cas je vous donne volontiers le bénéfice du doute) mais plutôt sur la manière dont vous avez choisi d’énumérer ici les types de sources ; où suis-je sensé voir dans la liste, la lecture des fameux rapports, voire des archives des organes de presse qui permettent de rapprocher les déclarations du jour d’un homme politique de celles qu’il tenait avant-hier ou peut-être même les recherche de témoignages de gens qui sont pas dans le fameux carnet d’adresse… ? Est-ce que c’est hors-sujet (mais à ce moment là je cerne pas bien les critères) ? Est-ce que c’est implicite (je vais peut-être avoir besoin d’un décodeur) ?
    Bref, cette liste m’interpelle.

    Aliocha : en la rédigeant je me disais qu’elle laissait peu de place au travail personnel dans sa présentation en effet. Vous pouvez classer dans le travail personnel tout ce qui est rapport, recherches d’archives, interviews diverses et variées etc.

    Commentaire par OuvreBoîte — 16/01/2009 @ 02:53

  22. […] même combat : celui de l’info ! chez Adscriptor versus La plume d’alliocha verifions nos sources. Au départ l’article d’Alliocha est vraiment très bien fait, il résume un peu le […]

    Aliocha : je précise à ceux de mes lecteurs qui iront lire cet article, et par conséquent celui d’Adsciptor, que ce-dernier est un spécialiste du e-marketing et qu’il en est à son quatrième billet d’attaque à mon endroit depuis décembre. Je vous ai épargné cette polémique, mais sachez que le marketing et le journalisme sont deux activités incompatibles et que généralement les pros de la com’ et du marketing méprisent et haissent les journalistes. Notre déontologie les dérange tout particulièrement. Qu’Adscriptor soit ici remercié de ses attaques, je les reçois comme un hommage. Quant à sa volonté de confondre blog et journalisme, elle répond à des préoccupations évidentes liées à son métier que je comprends fort bien et que je respecte mais auxquelles je ne saurais adhérer.

    Ping par Couteau Suisse N°17 la série des trouvailles — 16/01/2009 @ 14:55

  23. Pour ma part, je pense que vous avez absolumment raison de faire trés attention à internet et ce, même dans le domaine de la science. Tout est ecrit sur internet et même son contraire, il faut extremement critique et avoir un minimum de connaissance pour faire la part des choses. Je pense que votre reflextion va bien au delà de la sphère politique ou economique ou du journalisme. Tous les domaines sont touchés.

    Commentaire par BLEU HORIZON — 14/01/2010 @ 13:45


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