La Plume d'Aliocha

06/01/2009

Des statistiques, des blogs et des salades

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 17:23

Allons, puisqu’il neige, il faut que je m’échauffe un peu la plume. D’abord, j’ai les doigts gourds, ce qui m’empêche d’écrire. Ensuite, les vacances m’ont détendue, je souris aux anges et aux passants tant j’ai amassé de bonne humeur ces derniers jours, voilà qui ne convient guère à l’exercice du journalisme. Nous devons avoir l’esprit aiguisé, douter de tout ce qu’on nous dit, apprendre à froncer le sourcil en écoutant nos interlocuteurs, à penser et écrire avec circonspection et même à tremper parfois nos plumes dans le vitriol. Fort heureusement mon ami Narvic, que j’ai pris au départ pour un classique spécialiste des médias et qui est en réalité un spécialiste de la mort des médias traditionnels, Narvic donc vient de m’offrir sur un plateau de quoi m’entraîner en vue de cette rentrée.

Additionnons des choux et des carottes et donnons le résultat en pommes de terre frite

Car le bougre n’y va pas de mainmorte. Que nous explique-t-il en effet dans son  remarquable billet ?  Que l’audience du Monde.fr n’est guère honorable au regard de celle des meilleurs blogueurs français, ce qui lui donne une occasion de plus de suggérer que la presse est décidément un repaire d’incompétents qui échoue sur le web comme ailleurs et va disparaître d’ici peu au profit d’une poignée de blogueurs qui nous informeront des dernières nouvelles de leur vie, de leur immeuble, voire, pour les plus aventureux, de leur quartier. Si, si. Mais certains commentent l’actualité me direz-vous ? Pour l’instant oui, celle qu’on leur fournit nous les vétustes survivances du passé, mais quand nous aurons disparu comme ils le souhaitent, ils commenteront quoi ? La vie de leur immeuble, vous dis-je. Et nous passerons ainsi joyeusement de l’information générale et objective sur les événements importants du monde délivrée par des professionnels,  à une opinion subjective et microscopique de gentils amateurs bénévoles (quand ils en auront le temps) sur les humeurs de chacun d’entre eux. J’ai hâte d’y être, si vous saviez.

Quand les statistiques dessinent un avenir sur-mesure à celui qui les utilise

D’ailleurs nous y sommes déjà puisque nous découvrons que le blogueur intéresse presque autant les internautes que le journaliste. Les chiffres d’audience sont sans appel, enfin, d’après les blogueurs. Je vous résume, mais le mieux est encore d’aller lire le billet :  les 375 journalistes à temps plein du monde ne font que 253 fois plus d’audience qu’un blogueur (Narvic en l’espèce) à temps partiel. Bon, il y a juste un petit problème, c’est que Le monde.fr, c’est d’après une commentatrice, 25 journalistes pas 375, ce chiffre là, c’est celui de la version papier-préhistorique et encore, il y a eu des licenciements. Je n’ai pas le chiffre exact, ce qui est clair, c’est qu’ils ne sont pas plus d’une poignée sur le site du Monde. Poursuivons néanmoins le raisonnement même s’il commence à battre de l’aile : ces données statistiques approximatives, par un effet de transitivité syllogistique à triple piston inversé, nous permettent d’affirmer que le blogueur est un bien meilleur journaliste que le journaliste. Vous doutez de la méthode ? C’est que vous cultivez un attachement réactionnaire envers la rigueur intellectuelle, allez donc chez mon petit camarade, il vous expliquera tout cela fort bien. Je consens néanmoins à faire un ultime effort pour que vous saisissiez. Les mémoires d’Hervé Villard se vendent mieux en librairie cette année que les écrits de Kant, c’est donc que l’inoubliable auteur de « Capri, c’est fini » est un meilleur philosophe. Vous y êtes ? Fort bien.

Comparons ce qui n’est pas comparable puisqu’au fond comparaison n’est pas raison…

« Mais » se défendra pudiquement Narvic, toujours prêt à faire machine arrière ou à prétendre qu’il faisait de l’humour quand on pointe les failles de ses drôles de raisonnements « je n’ai jamais tiré cette conclusion ! ». Exact, il suggère, c’est pire. Et continue d’alimenter une fâcheuse et stérile confusion entre journalisme et blogs par le biais d’une présentation récurrente des difficultés des uns comparées au succès des autres. La logique est : puisque je me compare à toi, c’est donc que nous sommes comparables. Et puisque tu as des problèmes et moi pas, c’est donc que je suis meilleur que toi. Mais je sens que vous butez là encore sur le raisonnement, donc je vous aide : si on vend plus de paquets de bonbons dans les grandes surfaces que de salades, c’est que les producteurs de salades n’ont rien compris aux goûts des consommateurs et doivent céder la place aux confiseurs qui sont bien plus malins. A bas les salades, ces vieilles choses millénaires qui n’ont pas su s’adapter aux goûts de notre époque. Pas comparable me répondrez-vous ? Il y a de l’indispensable et du superflu, de l’agriculture et de la confiserie industrielle, du salé et du sucré, du bon pour la santé et pour la ligne et du contraire, je trouve aussi, mais on doit se tromper ou s’accrocher à un vieux monde en voie de disparition. Après tout, puisqu’Internet nous libère de tout, commençons par nous émanciper de la pesante raison, on se sentira plus léger.

Droit d’humour

Allons Narvic, ne vous fâchez surtout pas. Je vous taquine. Vous lancez des ballons d’essai, vous réfléchissez tout haut, vous faites des expériences, j’ai compris, mais souffrez que je réagisse car étrangement, je ne vois jamais rien de favorable aux journalistes dans vos écrits alors que vous dites pourtant travailler sur les médias. Voilà qui finit par me chagriner, vraiment.  Lors d’un précédent billet dans lequel vous vous éleviez contre, je cite :  « la fiction du journalisme de mission au service de la démocratie, agent désintéressé de l’intérêt général, quatrième pouvoir pilier de l’équilibre institutionnel, et tout et tout, un discours de nature purement idéologique produit par les journalistes eux-mêmes au service de la défense bien comprise de leur intérêt corporatiste, de leur statut personnel et de leur prestige social »,vous avez répondu à une commentatrice que tout ceci n’était que de l’anthrax, en d’autres termes, si je vous ai bien compris, du terrorisme intellectuel. Au passage amis lecteurs, vous conviendrez que les blogueurs n’y vont pas avec le dos de la cuillère quand ils nous attaquent, et que la philosophie politique ne les empêche pas de dormir; pensez donc, elle date d’avant le web, encore une vieille chose poussiéreuse ! Vous voyez Narvic, au fond j’ai enfin saisi que vous faisiez de l’humour ! Entre nous, j’espère que vos lecteurs aussi car cela ne saute pas aux yeux à la première lecture, mais puisque vous le dites, je vous crois sur parole. Du coup, j’en fais aussi, on s’amuse toujours beaucoup mieux à plusieurs, vous ne trouvez pas ?

Et si nous redevenions sérieux ?

Trêve de plaisanterie. J’adore les blogs, je vous assure, même si certains blogueurs ne rendent pas cette politesse à la journaliste que j’ai l’infortune d’être. D’abord, je l’ai déjà dit, les blogs permettent à des talents de se faire connaître sans avoir à supplier je ne sais quelle puissance de les repérer, ça c’est formidable. Moi qui place le mérite au-dessus de tout, je dois dire que je vois plein d’espoir dans le web en général et les blogs en particulier.

En outre, je trouve qu’ils ont un rôle démocratique fondamental à jouer. La mission de la presse consiste à alimenter le débat public en allant chercher l’information et en la diffusant  largement  à tous. Mais au fond quand on y pense, ce débat n’avait que bien peu de lieux où s’exprimer jusqu’à l’arrivée des blogs. Voici qu’internet offre de véritables plateformes d’expression à tous les citoyens pour discuter, réfléchir ensemble, confronter leurs opinions, rechercher des informations, exprimer des opinions dissidentes ou simplement personnelles. Le journalisme trouve enfin du répondant, nous ne travaillons plus dans le vide, l’information circule, fait du bruit, suscite des réactions ! Des réactions que nous écoutons, que nous répercutons à notre tour qui ont une influence bénéfique sur notre travail. C’est un formidable progrès démocratique.  C’est pourquoi j’en veux beaucoup à tous ceux qui opposent des activités complémentaires en alimentant une fausse guerre dans un but que je ne m’explique toujours pas. Après tout on s’en fiche. Les journalistes continueront à ramener de l’information pour que les citoyens via les blogs puissent en débattre, c’est ça, l’essentiel et c’est formidable.

Pardon à ceux de mes lecteurs que ce débat ennuie. Vous avez raison, il est inepte, mais malheureusement il existe et je trouve que si l’on entend beaucoup les blogueurs sur ce point, la défense des journalistes est bien discrète. Pour information, ce billet, consacré au même sujet, est reproduit aujourd’hui dans Libération et mentionné sur ASI, ce qui signifie qu’il n’est sans doute pas inutile de rééquilibrer le débat pour y voir plus clair et pour que blogueurs et journalistes avancent ensemble plutôt que de se battre. Nous avons tant de chemins à explorer, tant de travail à accomplir pour faire progresser la démocratie …

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19 commentaires »

  1. Juste un lien pour entretenir ce débat inepte & indispensable, l’interview de Bruno Patino (ex-Le Monde.fr) dans l’Express :

    http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/internet-peut-il-tuer-la-presse_729807.html

    Aliocha : la presse & internet est un vrai sujet, la solution du problème n’est pas dans les blogs.

    Commentaire par WebOL — 06/01/2009 @ 18:32

  2. Mais où allez vous pêcher tous ces billets sur les journalistes? Je n’avais vu AUCUN blog sur le sujet avant de lire le vôtre, et s’il m’arrive de récriminer contre vos collègues, c’est plus pour leur reprocher de ne pas assez travailler que le contraire (marre de lire des articles repris des dépêches AFP ou des articles à l’angle trop idéologique, et encouragements à tous ceux qui prennent du temps pour faire des articles de fond, argumentés et renseignés).

    J’espère que vous ne me sauterez pas à la gorge pour autant: je vous rassure, je ne communique pas cette opinion sur un blog.

    Aliocha : rassurez-vous, je ne saute pas à la gorge des gens qui critiquent la presse, comme toute activité humaine elle est critiquable et comme tout pouvoir elle doit rendre des comptes. Quant à la question des blogs, voyez cet article, notamment au paragraphe Pecquerie :http://www.place-publique.fr/article1307.html

    Commentaire par Javi — 06/01/2009 @ 19:42

  3. bonsoir Aliocha

    blogueurs et journalistes sont complémentaires dans le débat démocratique et les échanges d’idées
    mutuellement ils s’obligeront à devenir meilleurs pour continuer à exercer pour les journalistes et à exister pour les blogueurs

    personnellement je ne peux plus me passer des uns et des autres
    je lis la presse en ligne étant abonnée à plusieurs quotidiens et ensuite je vais sur certains blogs lire les réactions commentaires et articles

    c’est une véritable richesse culturelle à chacun d’en tirerez la « sub stantifique moelle » comme disait mon prof de français.

    par exemple aujourd’hui je viens de lire un article sur l’autoréduction
    d’abord dans les journaux, ensuite sur certains blogs j’en suis sortie plus  » éclairée »
    la diversité crée la richesse et non le contraire….

    merci Aliocha pour vos billets

    Aliocha : c’est aussi mon avis 😉

    Commentaire par artemis — 07/01/2009 @ 01:13

  4. Bonjour Aliocha

    Tout à fait d’accord avec votre billet et les commentaires précédent.

    En complément une plaisanterie attribuée à Wiston CHURCHILL, à peu prés :

     » Je ne fais confiance qu’aux chiffrs que j’ai traffiqué »

    Lamda

    Commentaire par Lambda — 07/01/2009 @ 09:46

  5. chiffrs = chiffres

    Lambda

    Commentaire par Lambda — 07/01/2009 @ 09:48

  6. Ce qu’il y a peut-être dans l’idée de Narvic, et qui n’est peut-être pas assez explicite, c’est le rapport entre média et média en ligne.
    Je m’explique : lemonde.fr a un assez beau visitorat (l’audience, c’est plus complexe : elle mêle fidélié et crédit / respect apporté à ce que l’on lit), mais au regard de la puissance de la marque média (c’est quand même Le Monde !) et des moyens développés pour alimenter en contenu (personnel, inclusion dans les actualités Google et j’en passe), peut-être n’est-ce que tout juste honorable.
    Or si certains blogs ont un taux de visite plus élevé, la question que cela pose c’est : pourquoi les versions en ligne des médias traditionnels ne font-ils pas mieux ? Sont-ils noyés dans la masse ? Tout est accessible et gratuit : trop de source tue l’attention. Ou bien tout simplement : ce qu’ils produisent ne « ressort » pas suffisamment, car pas différencié d’autres formes de traitement de l’information.
    Or c’est bien là que les blogs tirent leur épingle du jeu, en apportant un regard différent, qui n’est pas journalistique. Et quand on est sur le web, peut-être que l’on cherche autre chose que ce que l’on trouve offline, justement. D’où l’incongruité du projet de Rosselin avec « Vendredi » : mettre en kiosque le web, qui ça intéresse ?

    A ce titre, je signale que l’expérience de l’Express : « 3001, l’Odyssée de l’info » pilotée par Mettout va dans le sens d’une comparaison et d’un apprentissage mutuel des pratiques et du type de traitement entre journalistes et blogueurs.

    A suivre…

    Aliocha : toutes les questions sont bonnes à poser, dès lors qu’elles sont …..sincères et objectives. En l’espèce, la présentation me heurte car je n’adhère pas à la thèse qui soutend le raisonnement.

    Commentaire par [Enikao] — 07/01/2009 @ 14:26

  7. d’ailleurs, il tire à combien Vendredi ?
    comme le souligne Aliocha, comparer la fréquentation du site internet d’un quotidien avec celle d’un blog n’a pas de sens. si l’on voulait être mesquin et de mauvaise foi, et tiens je vais l’être, on pourrait tout aussi bien dire que la version papier du blog de Narvic, qui n’existe pas j’en conviens, ne rassemble aucun lecteur. ce qui est une performance particulièrement minable, même pour un seul rédacteur. sur ce point, Le Monde le bat à plate coûture.
    j’y pense, Siné Hebdo doit tirer à 60000 exemplaires (au moins, si j’en crois ce que j’entends). Pourtant, ils doivent être 5, 6, peut-être 7 à le faire tourner plus quelques pigistes-chroniqueurs-intervenants. Tablons sur 20 à 25 personnes. Eclaté Le Monde ! On se demande pourquoi il existe encore.
    Quoi, c’est pas du tout la même offre rédactionnelle ni le même lectorat ?

    Aliocha : allons on va être encore plus de mauvaise foi, je gage que les sites de charme font bien plus d’audience que tout ce petit monde réuni, font-ils de l’information pour autant….

    Commentaire par david — 07/01/2009 @ 14:43

  8. Comme le disait feu Versac, la blogosphère n’existe pas en tant que telle… Internet & Presse est un vrai débat -tout à fait d’accord, Dame Aliocha (@1)-, l’opposition Journalistes-Blogueurs le plus souvent spécieuse elle.

    So what ? Regarder ce qui se tente, se plante et parfois réussi (Rue89, The Guardian, etc.) ; pour moi, être à la fois abonné papier et lecteur en ligne payant ou gratuit selon la valeur ajoutée… tout comme Artemis (@3), semble-t’il.

    Bref, je fais partie des lecteurs de passage pas du tout lassé par ces questions ineptes.

    Commentaire par WebOL — 07/01/2009 @ 18:30

  9. On peut même ajouter que le flot de commentateurs sur les éditions papiers, et même télévisées est d’un débit infinitésimal comparé à celui rencontré sur les blogs, si ce n’est pas une preuve de la supériorité de l’un des médias sur les autres !
    A bas la presse écrite (sauf celle des blogs, bien entendu), à bas la presse radio, à bas la presse télévisée !

    Commentaire par DePassage — 07/01/2009 @ 19:23

  10. «C’est pourquoi j’en veux beaucoup à tous ceux qui opposent des activités complémentaires en alimentant une fausse guerre dans un but que je ne m’explique toujours pas. Après tout on s’en fiche»

    C’est peut être tout simplement qu’on (pas seulement du point de vue de bloggueurs, je n’en suis pas un) attends beaucoup plus des journaux, et que l’on n’en trouve pas qui nous conviennent à peu près? Et à force de déceptions la critique se fait plus facile, peut être dans l’espoir qu’en face ça réagisse un peu?

    Aliocha : vous connaissez beaucoup de gens qui se rallient à votre avis quand vous les agressez ?

    Commentaire par Jo — 07/01/2009 @ 20:23

  11. Les réactions parfois agressives des bloggers à l’encontre du journalisme traditionnel tiennent peut-être à l’attitude souvent autaine et méprisante dont font preuves certains de vos collègues (je ne me pernettrais pas, bien sûr, de penser pareille chose de vous).
    Pour le reste, ne commenter que ce qui se passe dans son quartier existe déjà, cela s’appelle la PQR. Il s’agit de la seule presse quotidienne qui gagne encore de l’argent et qui ne risque pas de mettre la clef sous la porte dans les années à venir. Je n’oserais pas aller jusqu’à insinuer qu’un certain aveuglement corporatiste puisse vous empêcher de discerner pareille poutre dans votre oeil.

    Bonne année quand même 🙂

    Aliocha : PQR comme presse quotidienne Régionale, donc ça dépasse le quartier, c’est fait par des pros, c’est très loin de l’opinion personnelle à titre amateur sur l’air du temps et la couleur des choses. Ce n’est donc pas avec votre poutre que nous construirons l’avenir de la presse, trop fragile, désolée 😉

    Commentaire par Vincent Joly — 07/01/2009 @ 21:19

  12. Petit témoignage d’un gagnant des avantages démocratiques du journalisme et du Blogging :

    je suis assez frustré je dois dire.
    Je ne fais jamais partie des premiers à répondre à vos billets.
    Mais en lisant les commentaires ainsi que vos réponses, je me retrouve plus éclairé et quelque peu rassuré de ne pas avoir écrit la « bêtise » euhm…commentaire creux que j’aurais exprimé.
    Un jour put être…
    La bonne nouvelle, c’est que ça me motive à m’informer, à creuser, à tordre l’info jusquèà en épuiser le jus. Une victoire quand on connait la torpeur qui sévit chez pas mal de mes felow étudiants.
    C’est, en fin de compte, bon signe. Preuve que ça marche : le journaliste délivre l’information, la met en perspective et ajoute des analyses et les Blogers (oui je préfère à « bloggueur »)l’enrichissent en l’éclairant sous des angles différentes.

    Merci donc pour ce post 😀

    Commentaire par lilsaint8701 — 07/01/2009 @ 22:47

  13. 1- Toutes ces comparaisons n’ont de sens que si on passe à la question de la « rentabilité ». Or que je sache, ni paul, ni narvic, ni les autres blogueurs à succès ne sont passés à la comptabilité analytique…
    2- une audience forte n’est pas un signe de qualité mais juste une condition de survie dès lors qu’on est une entreprise commerciale.

    Aliocha : une autre des multiples différences, celle opposant une activité bénévole pratiquée en amateur et une autre industrielle exercée par des pros.

    Commentaire par Phedra — 07/01/2009 @ 22:49

  14. Bonjour Aliocha, très bon billet très juste et plein d’humour, vous êtes en verve, j’adore quend vous « mordez » comme ça !

    Vincent Joly : la PQR ne va pas si bien que ça, elle perd elle aussi des lecteurs chaque jour et de nombreuses agences locales ferment petit à petit. Et on s’y pose aussi beaucoup de questions sur le modèle économique à adopter pour survivre.

    Aliocha : c’est fou chez vous ce goût du bins, ne me poussez pas trop mon subversif ami, je m’emploie au contraire à brider mon caractère naturellement agité….

    Commentaire par Mussipont — 07/01/2009 @ 23:16

  15. Chère Aliocha,

    La guerre fait rage, pas seulement à Gaza…

    Ces combats de Titans me donnent envie de me réfugier à l’abri de quelques blogs littéraires, très anonymes et peu fréquentés, un peu comme on part aux Marquises, au lieu de Palavas Les Flots…

    Pour vivre heureux, vivons cachés !

    Aliocha : vous avez entièrement raison, mais ne partez pas trop longtemps quand même 😉

    Commentaire par ramses — 08/01/2009 @ 02:12

  16. «Aliocha : vous connaissez beaucoup de gens qui se rallient à votre avis quand vous les agressez ?»

    Ben oui, rien que ce matin, j’ai dis à une personne que ce serait normal qu’elle me donne son portefeuille, elle n’était absolument pas du même avis jusqu’à ce que je lui foute mon poing dans la tronche, après elle était d’accord avec moi. (:
    Et dans une relation commercial, un client qui râle jusqu’à passer pour agressif devrait au minimum faire réfléchir, à moins d’avoir des œillères ou d’être trop susceptible.

    Aliocha : généralement le client qui râle revendique aussi des choses concrètes susceptibles de l’apaiser, il ne se cantonne pas à traiter tous les commerçants d’abrutis et à prédire leur disparition 😉

    Commentaire par Jo — 08/01/2009 @ 12:21

  17. Pitié Aliocha, épargnez vous/nous les articles de Narvic.
    Quelque chose l’a conduit à s’interroger en ces termes: audience-visiteurs = performance-journalisme.
    Narvic, son blog, c’est une thérapie. Le reste n’a pas d’importance, pas tant que ça, encore moins son manque élémentaire de logique.

    Aliocha : je regrette mais il se trouve que j’accorde une certaine valeur à l’écrit dès lors qu’il est public, réflexe de juriste et réflexe de journaliste. Par conséquent, j’ai beaucoup de mal à plaisanter sur certains sujets. Narvic analyse l’évolution des médias, son blog, son ton, ses articles sont tout sauf présentés comme des plaisanteries. J’ajoute que les idées qu’il défend ne sont pas non plus des farces mais répondent en écho à certaines évolutions constatées aux Etats-Unis et reprises en France. La presse traverse une crise, ce n’est pas un scoop, elle souffre par ailleurs d’une méconnaissance grave de son fonctionnement par le public, sans compter que rares sont les penseurs et les philosophes qui se sont penchés sur sa définition, son rôle et son évolution. Par conséquent, je trouve dangereux que les rares personnes qui s’y penchent, Narvic notamment, cultivent des théories qui, au lieu d’éclairer le débat (définition de la presse par rapport à d’autres activités, du journalisme, etc, rôle démocratique, évolution possible) ne font que l’obscurcir davantage. On pense ce qu’on veut de la presse, mais je vous assure que sa simple existence constitue en soi un contre-pouvoir, fut-il loin de ce qu’on espérerait. Se féliciter de ses difficultés, refuser de s’intéresser à son avenir, voilà qui est suicidaire. Et prétendre que chacun va devenir son propre journaliste ce qui remplacera avantageusement la presse est absurde. A titre personnel, je m’en fiche, je peux reprendre le métier d’avocat et je gagnerai sans doute beaucoup mieux ma vie, malheureusement il se trouve que j’aime encore trop la presse et que par ailleurs je la juge sincèrement indispensable.

    Commentaire par Barbecane — 08/01/2009 @ 14:55

  18. Aliocha, vous ne pouvez pas rire de tout. Je comprends.
    Votre billet démontre qu’il ne s’agit en rien d’une analyse, mais empilement d’amalgames. Et je pense que vous avez raison.
    Alors pourquoi vous contredire en réponse à mon commentaire?
    Ce n’est pas parce que ses articles se veulent sérieux qu’ils ne sont pas risibles et par là qu’ils ne font pas rire.
    Narvic ne se penche pas sur la problématique de la presse en général, il partage ses problèmes et ses ambitions, cela n’a rien à voir.
    Ce n’est pas moi qu’il faut convaincre de l’importance de la presse et du journalisme. Ce n’est pas à moi que vous pouvez écrire cela. Le PPCM entre un journal et journal de bord, c’est le texte, impliquant un temps de lecture et un nombre de lectures. Stop, ça s’arrête là. Il y a débat en raison d’un état de faiblesse du journalisme en vis-à-vis avec la nouvelle opportunité de pouvoir faire lire son journal de bord à qui possède une connexion internet. Et après?
    Depuis quand faudrait-il comparer sur un pied d’égalité Florence Aubenas et Narvic? Et pourquoi pas Britney Spears et Léonard de Vinci, Kug Fu Panda et Citizen Kane?
    Si vous voulez rentrez dans ce jeu là et vous mettre en colère… Mais merci pour votre colère.
    Ben quoi, c’est la crise, c’est la merde. Pas que dans le journalisme. C’est une phase où le pouvoir exécutif se prend à empêcher les autres de fonctionner normalement, (politique, justice, journalisme) c’est-à-dire à l’équilibrer. Ce n’est pas une résignation, c’est une phase, un cycle.
    Merci de contribuer à ne pas se le masquer. Mais tant que cela n’aura pas fait un tour complet, le manège continuera de tourner.

    Aliocha : désolée, je réponds spontanément, or votre commentaire a ivolontairement ouvert la boite de Pandore de mon indignation 😉 (carpaccio journalistique). Ce n’était pas dirigé contre vous. Par ailleurs, sachez que lorsque je manie la dérision, c’est que la situation est particulièrement grave et que la moindre étincelle peut me faire entrer dans des rages proprement telluriques…Je ne conçois pas que l’on puisse écrire sur un sujet pour servir son intérêt et réfléchir délibérément de manière biaisée, a fortiori quand on le fait à titre amateur. Il me semblait d’ailleurs que le grand argument des blogueurs contre les journalistes c’était qu’étant indépendants de tout intérêt financiers ils étaient nécessairement honnêtes, m’aurait-on trompée ?

    Commentaire par Barbecane — 08/01/2009 @ 16:08


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