La Plume d'Aliocha

31/12/2008

Vol de corbeaux au-dessus de la presse en ligne

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 12:34

Eolas qui décidément n’a pas chômé tandis que je faisais des acrobaties sur les pistes de ski – et que je forçais surtout les autres skieurs à en faire pour m’éviter – vient de me recommander le blog d’un confrère, Hugues Serraf que j’inscris immédiatement, et hop, d’un tour de main malhabile (c’est fou ce que les doigts se rouillent quand on ne tape pas sur un clavier durant 5 jours) que j’inscris donc dans ma blogroll. Allez-y, ses billets sont passionnants !

A propos une fois encore de l’anonymat

Le dernier en date traite des commentaires sur les sites de la presse en ligne. Comme il a raison de ne pas les aimer, dans bien des cas, l’agressivité stérile le dispute au propos de comptoir, ce qui incite à se demander si au fond le fin du fin de la liberté d’expression aux yeux de certains ne serait pas de pouvoir éructer anonymement,  par écrit et en public. Hugues Serraf fait remarquer que les commentateurs sur le web ressemblent parfois à s’y méprendre aux corbeaux qui écrivent des lettres anonymes. Il n’est pas le seul à penser ainsi,  rappelez-vous, c’était le thème du discours du deuxième secrétaire de la conférence du stage, il y a un mois, lors de la rentrée du barreau de Paris. Et de souligner qu’en tant que journaliste, au fond, il se moque de l’opinion des lecteurs. Il y a un brin de provocation dans son discours qui pourra éventuellement choquer, mais je crois qu’il faut le comprendre comme une marque de professionnalisme, car ce qu’il entend signifier, c’est que le journaliste ne doit pas écrire pour flatter son public. En ce sens, il a raison d’exprimer son indifférence à l’opinion des lecteurs. Mais il soulève au passage une question intéressante. Car si le journaliste se doit de délivrer une information objective sans se soucier de savoir si cela plaira ou non, l’organe pour lequel il écrit en revanche doit peut-être apprendre à tenir davantage compte de son public.

Quelle place pour les lecteurs dans la presse ?

C’est en tout cas la thèse du journaliste Jean-Luc Martin-Lagardette dans son essai  « L’information responsable, un défi démocratique » que je viens de lire lors de mon escapade au pays de l’or blanc. Je reviendrai sur ce livre car il défend un modèle de journalisme éthique tout à fait pertinent. Parmi les évolutions espérées par l’auteur figure celle de voir la presse s’ouvrir au public,  lui donner la parole,  lui permettre de ne plus se sentir le témoin passif de l’information.  Il salue en ce sens l’initiative de Marianne qui consacre 4 pages entières au courrier des lecteurs chaque semaine ou encore l’action du médiateur du Guardian qui traite systématiquement toutes les demandes des lecteurs, les représente dans les conférences de rédaction et complète les articles publiés sur le site par les précisions, corrections, clarifications ou excuses de la rédaction suite aux observations qu’il reçoit. Ce qui nous ramène au billet de mon confrère. Car les commentaires sur les sites des journaux posent la question de la pertinence de ce journalisme participatif. Est-il si important de permettre au public de s’exprimer si c’est pour aboutir à des invectives sans intérêt ou à des commentaires de comptoir ? Certainement,  il ne faudrait pas refuser une évolution en raison des dérives de quelques mal élevés, mais alors, propose Hugues Serraf, qu’on supprime l’anonymat pour éradiquer les corbeaux. Pas bête comme idée.

Cela m’intéresserait au passage de savoir si vous avez le sentiment d’être exclus du débat public quand vous lisez un journal. Ce n’est pas la première fois que j’entend cette critique des médias. Il me semble qu’elle s’enracine dans l’idée que la presse est aux mains des puissants qui l’utilisent pour manipuler les masses. C’est, vous l’aurez compris, une conviction de gauche. Elle me parait un peu caricaturale, mais ce n’est que mon avis.

Rumeur

Et tant qu’on y est, voilà qui repose accessoirement la question de l’information sur le web. Je vous ai déjà dit que je me méfiais des dérives individualistes des blogs et de la confusion qu’ils entretenaient entre information et opinion. L’affaire des commentaires sur les sites des journaux illustre un autre danger, l’émancipation des règles de conduite en société qui se pare des attributs de la liberté d’expression quand il ne s’agit au fond que de la libération des plus bas instincts et qui alimente un terrible fléau : la rumeur. Les fanatiques du web répondront sans doute que leur univers est celui de la liberté et qu’il faut les laisser tranquille, que les lois du monde réel ne s’appliquent pas à leur joyeuse virtualité. Entre nous, dans le monde réel justement, on n’a jamais vu de corbeaux plaider la liberté d’expression pour se justifier d’avoir écrit des lettres anonymes…Mais, me direz-vous je suis moi-même anonyme. Je m’en suis déjà expliquée ici.  Au fond, la vraie question est de savoir comment on utilise l’anonymat. En tant que journaliste formée à l’école du droit, je sais que les écrits restent, qu’ils ne sont pas anodins et qu’il arrive toujours un moment où l’on doit s’en justifier. L’anonymat m’offre un confort, il me permet de séparer mon activité de blogueuse de mon univers professionnel, mais il ne me protège de rien d’autre et surtout pas de la responsabilité de ce que j’écris. Dès lors, je conçois aisément que nombre de commentateurs partagent ce souci légitime et ne conçoivent pas un instant leur pseudonyme comme un moyen de violer les règles. Qui sait si on ne pourrait pas préserver ce confort sur les sites de presse en ligne simplement en rappelant les principes juridiques de base gouvernant la liberté d’expression et quelques règles élémentaires de courtoisie….

Sur ce, je vous souhaite à tous un excellent réveillon !

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20 commentaires »

  1. Bonjour Aliocha,

    Cette réflexion touche, je crois, à l’un des principaux problèmes de la démocratie, qui est le moins mauvais système politique avant d’être le meilleur.

    Si la démocratie signifie que l’on favorise l’avis de la majorité, elle signifie aussi qu’une décision stupide mais majoritaire aura le dessus sur une position intelligente, mais minoritaire. D’où l’importance de l’éducation, mais je m’égare.

    En ce qui concerne les commentaires des lecteurs sur l’actualité, cela pose le problème que vous évoquez : faut-il donner la parole à tous, et risquer fatalement d’entrer dans des échanges absurdes et immatures, voire violents ; ou faut-il modérer et filtrer les commentaires, et ne publier ou ne prendre en compte que ceux qui apportent quelque chose au débat ?
    Dans le premier cas, ledit débat s’étouffe vite faute d’intelligence.
    Dans le second, il exclura forcément ceux qui auront été jugé indignes d’y participer, à tort ou à raison, par ceux qui le dirigent, créant ainsi un sentiment d’éviction du débat public et alimentant la frustration de gens qui, pour s’être fait rejeter ainsi, devaient déjà en être remplis.

    A titre personnel, et pour répondre à la question posée dans le billet, je ne me sens pas évincé du débat public à la lecture de la presse, mais simplement agacé, parfois, par certaines logiques et certaines façons de raisonner que j’estime peu intéressantes. A mon sens, le lectorat fidèle d’un journal ne se sentira pas exclu à partir du moment où son canard favori correspond plus ou moins à son point de vue.

    Je crois donc que le problème du débat public sur quelque support qu’il soit est résumé par les paradoxes de la démocratie, que l’on cherche à travailler depuis des dizaines d’années.

    Il faut modérer et exclure, ou il faut supporter le bazar. La fin de l’anonymat sur les débats de lecteurs rendrait peut être moins délicates à gérer les discussions sur les blogs ou les sites, mais si ceux qui pervertissent le débat s’auto-censurent au lieu d’être censurés, j’ai le sentiment que la frustration résultante sera la même.
    J’espère me tromper. Apprendre aux enfants à débattre dès l’école serait encore une piste, la seule que je vois, pour tenter de résoudre en partie le problème. Mais ce n’est absolument pas le cas, et nous sommes malheureusement loin d’en prendre le chemin.

    Excellent réveillon à vous aussi !

    Aliocha : je suis d’accord avec vous, là encore le journalisme interroge plus profondément notre conception de la démocratie, comme le souligne Muhlmann dans « journalisme et démocratie ». Est-on favorable au débat public ? Alors on défend un journalisme apte à le favoriser qui doit pouvoir accéder aux lieux de pouvoirs et de savoir. Ici se pose la question de déterminer si le public doit passer d’un rôle passif de consommateur de l’information à un rôle plus actif lui permettant de commenter, critiquer, voire réfuter l’information. Théoriquement, on ne peut qu’y être favorable, mais en pratique je viens de lire quelques commentaires sur les sites du Monde et du Figaro, beaucoup d’âneries, quelques évidences sans intérêt…cela n’apporte pas grand chose. Peut-être comme vous le soulignez parce que nous ne sommes guère formés au débat en France…

    Commentaire par Léo — 31/12/2008 @ 13:40

  2. C’est vrai que les commentaires sur lemonde.fr par exemple sont engagés, particulièrement niais et régulièrement désagréables (pour le lecteur et le journaliste). Plutôt que des gens qui « passaient par là », je me suis toujours dit que c’étaient des activistes politiques qui profitaient du fait que le premier commentaire est remonté au niveau de l’article pour faire entendre leur opinion.

    Commentaire par mauhiz — 31/12/2008 @ 14:45

  3. Bonsoir Aliocha,

    Une réponse à votre questionnement: quand je lis la presse sur un sujet qui ne relève pas de ma spécialité, je ne me sens pas exclus, n’ayant pas grand chose à dire sur le sujet (moi, les tenants et les aboutissants de la guerre en Irak, je ne les connais pas bien, j’attends qu’on me les explique, justement). Par contre, je me sens très souvent agacé, avec un sentiment très fort qu’on ne m’a donné que la moitié de l’information, que tout ça semble bien biaisé (ces gens qui ont tué Machin, ou Truc, ils devaient bien avoir une raison, ils ne peuvent pas être totalement inhumain, qui a cherché à comprendre leur point de vue et me l’expliquer?).

    Ensuite, sur les questions d’anonymat, de web, et d’Internet, j’ai quelques précisions à apporter en commentaire à votre papier, simplement parce que, pour le coup, ça se rapproche de ma spécialité.

    1. Il n’y a rien de moins anonyme qu’Internet. Quoi qu’on fasse sur Internet, en y mettant les bons moyens, on a toujours moyen de retrouver une masse considérable d’informations sur celui qui l’a fait (son adresse IP, la date, donc la connexion d’où ça vient, tracer les sites qu’il a visité, etc). Ce sentiment d’anonymat impuni est donc essentiellement faux, et entretenu par des gens qui ne connaissent pas le réseau. Quand vous postez un commentaire « anonyme » sur le net, on peut assez rapidement remonter tout près de vous. Quand vous postez une lettre anonyme en papier dans une boite jaune, au mieux, on retrouvera le quartier d’envoi dans la ville.

    Donc cette idée est fausse: Internet est moins anonyme que la moyenne.

    Aliocha : techniquement, en effet. Mais il n’en demeure pas moins que les pseudos dissimulent l’identité réelle tant qu’on ne les lève pas et qu’ainsi en pratique, on lit, on débat le plus souvent avec des gens dont on ignore l’identité.

    2. Il y a une différence entre le fait d’assumer sa schizophrénie et l’anonymat. Vous écrivez sous un pseudonyme, mais toujours le même, qui contribue à créer une identité. Qui n’est pas tout à fait la même que celle de la journaliste dans son activité professionnelle. Ce n’est pas de l’anonymat, c’est simplement un autre nom, pour une autre activité. Les anciens du net pratiquent ça depuis très longtemps. Certains d’entre nous, comme moi, viennent sous leur vrai nom. À tel point qu’en cherchant mon vrai nom, vous trouverez sur le net toute mon activité en ligne, mais très peu de mon activité pro. D’autres ont décidé d’être sur le net sous un pseudonyme, à tel point qu’on peut même en oublier leur vrai nom. Ce n’est pas forcément par envie de se cacher de l’autorité ou de passer à la résistance armée pour faire la révolution, ça peut être pour des raisons plus simples, ou même parfois sans raison. Comme un surnom dans un groupe d’amis.

    Je ne considère donc pas que vous publiez de manière anonyme, mais sous un pseudo, ce qui me semble sensiblement différent.

    Aliocha : il est vrai que l’on devient vite responsable de son pseudo comme on l’est de son identité réelle. Cela étant, je ne suis pas d’accord avec vous quand vous dites qu’un pseudo n’est pas de l’anonymat. C’est une forme d’anonymat qui empêche précisément de savoir à qui l’on a affaire, un masque, une personnalité virtuelle qui peut n’avoir rien à voir avec la réalité. Dans la première affaire de corbeau en France au début du siècle, l’auteur des lettres signait « l’oeil de tigre », le recours à un pseudo était l’expression de l’anonymat. Indépendamment des affaires de corbeaux, quand Romain Gary écrit sous pseudo, c’est bien pour dissimuler son identité et faire croire que l’auteur est un autre, un écrivain inconnu, un anonyme…

    3. Sur le foutoir quand on laisse n’importe qui commenter. C’est très vrai. Mais si on forçait les gens à assumer une identité (fut-elle imaginaire, comme la votre), ça ne changerai pas grand chose. Le pénible crétin acariâtre qui vient déverser sa bile en commentaire en est généralement fort fier, et accepterait volontiers qu’on mette son identité à côté.

    Aliocha : pas impossible en effet 😉

    Alors, du coup, ça complique la question, parce qu’on en vient vite à « comment faire taire les cons qui n’ont rien à dire? ». Et, sur le net comme ailleurs, il n’y a pas de bonne solution. Il y a des solutions fortes et contraignantes, comme dans la presse (nommer un responsable, exclure a priori, faire taire ceux qui n’ont pas une autorisation de parler, etc), mais elles mènent à une situation qu’on connaît bien, qui supprime une partie des commentateurs de qualité, et qui fait dire à tout le monde qu’il y a complot. Une autre est de faire de la notation, un peu comme sur agoravox (ou sur linuxfr.org, pour ceux qui connaissent), et en-dessous d’une certaine note, le commentaire n’est plus affiché a priori. Sauf qu’on va se rendre compte que les commentaires haineux ou agressifs sont plébiscités par tous les autres haineux ou agressifs, qui ne sont pas rares.

    Typiquement, une remarque, même intelligente, pro-sarkozy, sur le site de Libé, se retrouvera très vite avec une note négative, donc invisible. Comme il a déjà été dit, si une majorité est d’un avis, ça ne le rend pas valable, ça le rend juste majoritaire. Comment il disait déjà? Ah oui: 50 milliards de mouches ne peuvent pas se tromper, mangeons de la merde. Ou, plus proprement: Si cinquante millions de gens disent une sottise, ça n’en reste pas moins une sottise. (Anatole France)

    Il me semble que la seule solution contre ce genre de phénomène est de savoir garder des distances, savoir différencier les commentaires constructifs des commentaires épidermiques. Il me semble que la notion même de commentaire sur les sites de presse grand public est idiote. Que voulez-vous apporter comme commentaire à un papier du Monde ou du Figaro? Que vous êtes d’accord, ou pas? C’est valable pour un papier d’opinion, par pour un papier d’info.

    Aliocha : c’est aussi la conclusion provisoire à laquelle je suis arrivée et que suggère d’ailleurs Hugues Serraf quand il dit qu’en tant que journaliste il se fout de l’opinion des lecteurs, il relate des faits, c’est tout.

    Donc, étape 1: limiter les commentaires aux billets d’opinion, qui finalement auraient tout aussi bien pu être sur un blog.

    Ensuite, il va rester le papier avec une imprécision, qui à force d’être imprécise, pourra devenir un contre-sens, qu’un spécialiste pourra souhaiter corriger, par exemple Eolas commentant certains articles de presse. Pour ça, il y a des formes plus voisines du droit de réponse ou du courrier des lecteurs, qui pourraient utilement être pris en compte de manière plus systématique, au moins en ligne. Un droit de réponse qui ne serait pas réservé aux personnes citées dans un article, mais ouvert aux vérités égratignées, voire niées.

    Donc, étape 2: permettre l’envoi d’une « réponse » ou « précision » à l’auteur, et charge à lui de décider quand il est nécessaire de la publier, ou d’y donner une suite quelconque. Et ne pas confondre cette possibilité avec celle de publier un commentaire public.

    Enfin, il restera à savoir comment on traite l’auteur qui, ayant reçu une montagne de messages indiquant toutes ses erreurs aura décidé de ne pas les publier, et de s’auto-congratuler sur le thème « personne n’a rien à redire à mes papiers ». Pour lui, le système de notation est efficace. Si les « précisions » refusées sont publiées (avec ou sans motif du refus), mais affichés comme moins importants que les « réponses » acceptées, la supercherie sera vite levée. Et un système de notation peut aider à classer. On peut même imaginer de laisser ces réponses comme les commentaires actuels, mais indiqués différemment.

    Donc, étape 3: garder une tribune semi-ouverte, mais sans la sur-évaluer, qui puisse servir de défouloir souvent, et d’alerte sur des dérives, parfois.

    Sur ce, bonne année à vous et vos lecteurs.

    Aliocha : Tous mes voeux également et merci pour ce commentaire à l’opposé des dérives dont nous débattons 😉

    Commentaire par Benjamin Bayart — 31/12/2008 @ 20:22

  4. Bonne année à tous. Et avec un cadeau en prime :

    http://www.dailymotion.com/video/x7vwxi_sgolne-dnude-bandeannonce-du-site-f_fun

    Commentaire par Yann — 31/12/2008 @ 20:26

  5. Il me semble au contraire que les journalistes qui intègrent le concept de commentaire de lecteurs (genre Rue89) s’en sortent plutôt bien…. les commentaires étant souvent moins insipides que dans le reste de la Presse en ligne.

    Commentaire par Vonric — 01/01/2009 @ 15:46

  6. Cette réflexion me fait aussi réaliser que le blog La Plume d’Aliocha ne s’en sort pas si mal non plus en terme de pertinence des commentaires, d’après ce que j’ai pu lire 🙂
    Et ce n’est pas le seul.

    Peut être alors que jouer sur une plus grande interactivité des rédacteurs et des lecteurs serait une solution pour améliorer la pertinence globale des commentaires ? C’est une piste.
    De façon générale, j’ai tendance à croire qu’un site/blog de qualité amène des commentaires de qualité, et vice versa. Cela dit, lorsque l’on dépasse un certain nombre de lecteurs ou de participants, il semble difficile de préserver la qualité, ce qui est une constante malheureusement valable un peu partout.

    Combien peut-on attribuer de lecteurs réguliers de Rue89, par exemple ? Y a-t-il un moyen de le savoir ? Ce serait intéressant de vérifier.

    Aliocha : il est clair que le ton des billets et les sujets abordés influencent largement les réactions des commentateurs sur un blog. C’est étonnant à quel point l’écriture révèle une personnalité et donc attire ou repousse les lecteurs selon l’accord qui peut se créer entre l’auteur du blog et ses visiteurs. Il me semble que pour les sites de presse en ligne la problématique est différente. Les commentateurs s’y comportent comme il le feraient chez eux ou au bistrot et laissent libre cours à l’irritation naturelle que suscite l’actualité et que les journalistes connaissent bien car elle se dirige souvent à tort contre eux, le fameux sort réservé aux messagers de mauvaises nouvelles. A cela s’ajoute la fausse impression d’impunité de l’anonymat ainsi que la croyance erronée qu’Internet échapperait aux règles juridiques encadrant la liberté d’expression. Ajoutons la spontanéité quasi-orale du commentaire qui contrairement au courrier ne prend que quelques minutes à rédiger et à poster, ainsi que la profusion de réactions qui désacralise l’écrit et on aboutit à un sentiment de liberté et d’impunité propre à tous les dérapages. C’est pourquoi au fond je pense qu’un rappel à la loi sur les pages d’accueil, voire une petite charte, pourrait sans doute élever le niveau des commentaires. Pour les lecteurs réguliers de Rue89, je n’ai pas de réponse mais quelqu’un est peut-être au courant ici ?

    Commentaire par Léo — 01/01/2009 @ 16:25

  7. Tout d’abord, bonne et heureuse année à tous.

    Une pensée particulière pour les chômeurs de plus en plus nombreux, qui aimeraient bien travailler plus, comme n’a pu s’empêcher de le rappeler le Président dans ses voeux.

    Je souscris entièrement au commentaire de Benjamin Bayart et j’apprécie la liberté de ton d’Aliocha et de ses lecteurs.

    Espérons que de nouvelles Lois ne viennent pas encadrer ces espaces de dialogue que sont les blogs.

    Commentaire par ramses — 01/01/2009 @ 18:15

  8. On est parti pour un préambule « obligatoire » : Tous mes meilleurs voeux à l’éditrice de ce site, et à ces commentateurs respectueux de la Netiquette » qui prévaut ici.

    Ceci dit (un peu sèchement, mais sincèrement), ALIOCHA écrit :
    « je sais que les écrits restent, qu’ils ne sont pas anodins et qu’il arrive toujours un moment où l’on doit s’en justifier. L’anonymat m’offre un confort, il me permet de séparer mon activité de blogueuse de mon univers professionnel, mais il ne me protège de rien d’autre et surtout pas de la responsabilité de ce que j’écris. »

    Si un jour je me mets aussi à « faire du Blog », il est clair que je mettrai ce même texte (mais au masculin) dans la page « A propos de l’auteur » …
    Il y a un (c) ou on peut en faire un « copier/coller » (en citant sa source) ?

    Commentaire par Yves D — 02/01/2009 @ 00:56

  9. Ah, et j’oubliais : Bon anniversaire (avec qqs heures de retard) … moi c’est dans 2 jours, alors …

    Aliocha : Bon anniversaire !

    Commentaire par Yves D — 02/01/2009 @ 00:57

  10. Bon anniversaire Aliocha et Bonne année à tous.

    J’aime bien tous les commentaires sur les grands quotidiens,
    s’ils sont intelligents, on apprend quelque chose,
    s’ils sont haineux on se souvient que l’aigle est toujours tapis dans l’ombre
    et s’ils sont bêtes on se sent plus intelligent.

    Bien sur que certains profitent de l’anonymat pour montrer leur vrai nature, mais même ça, ça fait progresser dans la connaissance de nos contemporains.

    Enfin je pense qu’il faut quand même une certaine censure des Trolls, sans quoi les gens venu débattre intelligemment sont découragés par des excités.

    Sur les blogs normaux, ce que j’adore, c’est quand l’auteur remets en place les déclamateurs de bêtises comme chez vous ou chez Eolas.

    Commentaire par Humaniste — 02/01/2009 @ 11:22

  11. Bien que ce commentaire ne concerne pas les lecteurs et les commentateurs je tenais à vous faire part d’un article que je trouve fort intéressant.

    Alors qu’en France « certains » journalistes paranoïaques montrent du doigt les blogueurs en les dénigrant, et je sais que vous n’en faites pas partie, d’autres outre-Atlantique ont une approche plus constructive :

    « Ce que les blogueurs peuvent apprendre des journaliste » : http://www.chrisbrogan.com/guest-post-what-bloggers-can-learn-from-journalists/

    Et sinon, bon anniversaire (en retard) et bonne année 🙂

    Commentaire par Keskidi — 02/01/2009 @ 11:50

  12. Merci pour l’intérêt que vous portez à ce point de vue. Mais je voudrais juste préciser une ou deux petites choses qui ne semblent pas toujours claires pour les gens qui ont lu mon papier. Je n’ai absolument rien contre les commentaires d’une façon générale, au contraire : ils permettent de prolonger la vie d’un article, de le compléter, de présenter des points de vue différents, etc.

    J’ai juste un problème avec la manière dont certains commentateurs anonymes sabotent ultimement ce processus participatif. Je dis bien, certains, pas tous, mais ils sont malheureusement en nombre suffisant pour prendre le contrôle des fils de discussion sous de très nombreux papiers — et plus particulièrement sous les papiers perçus comme « sensibles ». Si un fil est pollué par une poignée de vociférateurs, il devient impossible d’entrer dedans et de poursuivre un débat intelligible. Et même si l’on a pas mal de sang froid, on finit toujours par répondre à une insulte et tout part en vrille. D’où la suppression pure et simple des commentaires à Libé pour parler de Gaza ou de Dieudonné.

    Ne plus accepter de commentaires anonymes n’éliminera pas les cas pathologiques, mais civilisera certainement le débat pour la grande majorité des lecteurs (et assurera même qu’il puisse se poursuivre si l’alternative est l’arrêt des commentaires). Et peu importe que l’on puisse repérer les adresses IP : il ne s’agit pas de technique, mais d’assumer publiquement ce que l’on dit.

    On peut présumer que l’on réfléchira davantage à un propos que l’on est prêt à signer. On peut voir ça comme une privation de liberté, mais ce n’est pas mon cas : insultez qui vous voulez tant que vous voulez, mais faites-le sans vous cacher si vous n’êtes pas un corbeau distribuant les invectives depuis son clavier.

    Enfin, il s’agit d’un point de vue concernant les sites de presse, mais pas nécessairement les blogs. Sur les blogs, les commentaires sont généralement moins nombreux et tendent à ressembler dans leur ton aux papiers qui les provoquent, même en cas de désaccord. Et ils ne font pas courir le risque de faire glisser la politique éditoriale dans la direction des vociférateurs pour des raisons d’audience. Dans mon papier, je dis la chose suivante : si les sites d’info évoluent pour complaire aux chapelles extrémistes ou, au contraire, pour ne plus vexer personne, la presse sur le web n’aura plus le choix qu’entre Rouge.fr (ou Minute.fr) et Yahoo News (ou Google infos). Tu parles d’un victoire de la liberté…

    Commentaire par Hugues — 02/01/2009 @ 14:07

  13. À Aliocha,

    Pour faire suite à vos remarques dans mon commentaire…

    Sur l’anonymat, un point qui me semble important. Vous dites que quand on lit les commentaires de quelqu’un qui ne met pas son nom, on ne sait pas à qui on parle… Quelle importance? Si je commentais chez vous sous le nom « Gros Tagazou », au lieu de « Benjamin Bayart », du moment que ce pseudo soit récurrent, et corresponde donc à un personnage soutenu sur le réseau, quelle importance? Les commentaires de ramses vous semblent plus farfelus que les miens?

    C’est important de bien différencier ces points, parce qu’il mènent souvent à des amalgames. On est moins anonyme sur le net que partout ailleurs. Ceci dit, quand on discute à une table, avec des gens, on ne présente pas ses papiers, du coup, tout ce que je sais de mon voisin de table, c’est que tous les autres à la table l’ont appelé « Dédé ». Pour moi, Eolas n’est pas anonyme. Et si quelqu’un se faisait appeler Eolas, qui ne soit pas lui, maintenant, ce serait une usurpation d’identité.

    L’oeil du Tigre? Ici, on est face à une question toute autre. Le monsieur bien brave, qui signe son commentaire « un citoyen offusqué » (ou de ce tonneau là), il ne le fait pas pour échapper à la police. Et ce n’est pas parce qu’il sera forcé de dire comment il s’appelle qu’il dira moins de bêtises, ou qu’il les dira poliment.

    Je pense que le commentaire anonyme n’est pas un problème.

    Encore une fois, ce qui plombe les discussions, ce sont les commentaires des gens qui n’ont rien à dire, ou qui viennent jouer au porte étendard et propager la bonne parole, plutôt que de participer intelligemment à une discussion, pas leur anonymat.

    La difficulté de gestion des commentaires sur de gros volumes est réelle, et n’est pas nouvelle. Nous la connaissions déjà il y a 15 ans, sur les forums de discussion usenet. Et on gérait ça avec des outils simples: apprendre à reconnaître les pénibles, et ne plus lire ce qu’ils écrivent. Les outils de lecture des forums nous y aidaient.

    C’est un des points où Internet a reculé depuis. Les commentaires sont affichés par votre moteur de blog, et pas par mon outil de lecture. Ce n’est pas mon outil qui choisi quels commentaires afficher, mais votre outil de publication. Ce qui m’empêche de faire un filtrage efficace du bruit de fond. Je n’ai plus la possibilité de dire à mon outil « lui, définitivement, il est trop con », et hop, il disparaît corps et biens de l’ensemble des commentaires de l’ensemble des billets.

    Aliocha : je comprends et vous avez raison de corriger une croyance trompeuse sur le web et l’anonymat. Cela étant, quand je rencontre des gens dans le monde réel d’abord ils sont réels justement, ensuite je dispose de plusieurs éléments pour avoir une assurance raisonnable que la manière dont ils se présentent est fidèle à la réalité (sauf à passer son temps à rencontrer des gens de passage dans des bistrots 😉 ), éléments qui sont précisément absents du web. Exemple, je vous dis ici que je suis une femme, que j’habite Paris et que je suis journaliste. Vous me croyez sur parole, fort bien, mais avez-vous les moyens de vous assurer que tout ceci est exact comme vous pourriez le faire dans le monde réel si nous nous croisions dans un univers professionnel ou amical et si vous connaissiez mon identité réelle, ne serait-ce que pour me googliser ?

    Commentaire par Benjamin Bayart — 02/01/2009 @ 15:14

  14. Chère Aliocha,

    Je m’étonne que vous accordiez une telle faveur à Hugues Serraf. Ma réponse à ce journaliste se trouve sous son article (ici : http://www.rue89.com/tribune-vaticinateur/2008/12/30/sites-dinfos-pour-la-mort-du-corbeau-version-20?page=0#comment-623129), réponse à laquelle il a à son tour apporté un élément correctif, qui me semble bien maigre. La plupart des commentateurs ont souligné l’incurie de ses arguments, qui se sont vite tous réfugiés derrière un seul : « l’anonymat, c’est le mal ».
    Face auquel argument ultime, il convient de rappeler que, anonyme ou nous, un commentaire n’a d’autre légitimité que ce qu’il est, un texte sous-textuel parmi d’autres, et que souvent, les deux premières lignes passées, on sait si l’on a affaire à un commentaire intéressant ou à « zapper ».
    Comme l’ont rappelé de nombreux lecteurs, les sujets très sensibles, et susceptibles d’attirer le plus d’extrémistes (Israël-Palestine, le FN, les militants très durs d’extrême-gauche, etc.) se voient parfois dépourvus de commentaires, ou au contraire tellement pourvus de ceux-ci que, noyés par leur flot, tous les mauvais commentaires s’annulent en quelque sorte. Le système de commentaires sur Rue89 a en plus un avantage, celui de faire surgir certains commentaires jugés, par l’auteur ou l’équipe de rédaction, dignes d’intérêt, qu’ils aient ou non plu aux autres commentateurs.

    M. Serraf voudrait, quoi qu’il en dise, pouvoir se tenir au-dessus de la mêlée grouillante. Il voudrait que sa parole de journaliste « vaticinateur » soit définitivement non-contestable, par de stupides étudiants ou professuers qui maîtrisent bêtement leur sujet plutôt que de relayer une pensée simple ; ou par des experts qui font leur métier du sujet traité par le journaliste. Pour ce faire, il les réunit sous le vocable pluriel de « commentaires », et ainsi selon lui, ou bien il n’y a pas de commentaire, ou bien il y en a trop, et les sites d’information deviennent sectaires.
    Rue 89, ou votre blog, Aliocha, comme beaucoup d’autres plate-formes de communication, sont l’éclatante démonstration de l’inanité du propos de M. Serraf.
    M. Serraf se pique d’être journaliste, mais sur Rue89, il ne publie presque que des billets d’humeur, parlant de lui, ou sans recul sur le sujet qu’il traite (les émeutes grecques par exemple). Il s’offusque qu’on puisse trouver que cela n’est que d’une qualité médiocre, parfois bien inférieure à celle d’un vulgaire commentaire, et assurément bien indigne d’un journaliste. Pourtant, M. Serraf peut mieux faire, il l’a montré, et on le sait. Mais qu’il se remette à sa place, et au travail, plutôt que de donner dans la provoc’ inutile de pseudo-bobo-gauchistes-sectaires-déconnectés-du-réel. Il sera peut-être de nouveau journaliste…

    Thibaud L.
    (Puisque Hugues n’aime pas s’adresser à un pseudonyme – mais Aliocha n’en est-elle pas un ?! Zut alors. Et pourtant, Aliocha, elle, connaît mon prénom et mon nom, et peut me contacter par mail… Anonyme, Serraf ?)

    Quoi qu’il en soit, bonne année Aliocha, et continuez à nous écrire des billets instructifs et agréables à lire, appelant les lecteurs à y répondre de façon argumentée, puis à suivre les réponses, c’est extrêmement intéressant. Vous qui n’aimez pas la « guerre » entre blogs et journalistes, détestez plus encore l’attaque de « journalistes » à l’encontre des lecteurs quand ceux-ci sont supposés ne pas les comprendre, car en fait ils sont simplement déçus d’avoir perdu du temps à les lire.
    Désolé du long commentaire, peut-être un peu agressif, alors que je n’avais pas laissé de trace de ma présence ici depuis longtemps.
    Je vous souhaite le meilleur pour 2009, sur votre blog, dans votre travail, votre famille, et votre république =). Continuez à être l’intelligente mouche du coche, et à pointer du doigt les errements des politiques et de leurs thuriféraires, mais aussi de ceux qui se trompent de cibles…

    Aliocha : je vous sens en colère en effet, mais à lire le billet d’Hugues Serraf et votre réponse, je crois qu’il y a un malentendu entre vous. Quand on est journaliste, on subit les critiques toute la journée, ceux qui ne sont pas dans nos articles voudraient y figurer, ceux dont on parle considèrent toujours qu’on ne fait pas assez bien, sans compter les contestataires professionnels, les pinailleurs de vocabulaire, ceux qui nous accusent de nous tromper alors que ce sont eux qui font erreur, et puis ceux qui ont raison de contester un article (très minoritaires). C’est à un point tel que lorsqu’on me félicite d’un article, j’en déduis que j’ai du passer à côté du sujet et, à l’inverse, lorsqu’on s’indigne, c’est souvent que j’ai dérangé et donc bien fait mon travail. Je vous promets que je ne caricature pas. Il faut toujours conserver cela à l’esprit quand on juge le comportement d’un journaliste face aux critiques. Bien sûr, il y a une poignée d’arrogants chez nous qui se prennent pour l’élite et pensent qu’ils détiennent la vérité, ceux-là refusent toute critique et ceux-là sont critiquables. Mais pour tous les autres dont je suis, la critique du lecteur est observée avec méfiance car nous savons que notre métier dérange et que par définition on sera attaqués. Quand ça m’arrive, je vérifie ce qu’on me dit et 9 fois sur 10 c’est une ânerie, un argument de mauvaise foi ou une tentative de pression….

    Commentaire par Irfan — 02/01/2009 @ 15:20

  15. @ Benjamin Bayart et Irfan

    Personnellement, ça ne me gènerait pas du tout de commenter sous mon nom, si je ne craignais pas d’être importuné au téléphone par de vilains corbeaux… Il est en effet assez facile de se procurer un N° de téléphone, quand on connaît l’identité d’une personne (y compris en liste rouge).

    Les journalistes ont les moyens de se « blinder » de ce côté là et publient d’ailleurs souvent sous un pseudo, y compris dans la presse papier.

    Quand on voit le nombre de « spams » qui arrivent dans les BAL, il y a de quoi se méfier…

    Commentaire par ramses — 02/01/2009 @ 16:51

  16. bonjour Aliocha bonjour à tous
    et tous mes voeux

    je me suis toujours demandé quelle finalité poursuit la presse en donnant la possibilité aux lecteurs de s’exprimer.
    et au fur et à mesure de mes reflexions j’en ai conclu que la finalité pour les patrons de presse n’est pas la liberté d’expression mais de mesurer les tendances pour mieux ajuster les sujets des articles qui feront la une
    en fait pour mieux vendre
    je peux me tromper lourdement n’étant pas du milieu journalistique et votre avis sur le sujet m’intéresserait vivement chère Aliocha

    quant à certains sites de médias de citoyens n’ont- ils pas été inventé pour donner l’illusion de l’influence du citoyen dans la cité
    car si on regarde de plus près les commentaires pour la plupart du temps virulents et à la limite de l’indécence et de l’insulte sont un exutoire .
    ils évitent l’action en donnant l’illusion qu’en postant un commentaire c’est agir

    n’est ce pas un moyen de calmer le bon peuple???

    Aliocha : la finalité de l’ouverture aux commentaires ? Entre nous, je l’ignore. Spontanément, je dirais qu’ils tentent de rattraper leur retard, de fidéliser les lecteurs…

    Commentaire par artemis — 02/01/2009 @ 18:19

  17. Ca m’intéresse beaucoup de lire les commentaires car l’opinion des anonymes est riche d’une information qui n’existait pas avant l’explosion d’internet. Même les opinions de comptoir, car jusqu’à récemment, ce mode d’expression était injustement réservé aux alcooliques. Internet est un grande invention car elle permet à beaucoup d’apprendre à débattre, à écrire en public, et au final à se forger une pensée. Quand vous dites que l’impression d’être exclus du débat public viendrai de l’idée caricaturale que les médias appartiennent aux puissants, je ne suis pas sur que ce soit la principale raison. Mais simplement qu’avec les moyens classiques du débat public, il est impossible pour la plupart des gens de s’exprimer et, que la presse appartienne ou non aux puissants, il n’est que le débat d’une minorité représentative ou non (à mon avis le champ des idées s’est considérablement élargi depuis internet, que les médias classiques veuillent ou non le reconnaitre). Nous ne sommes qu’au début de cette nouvelle manière de s’exprimer, en pleine période d’émancipation pour la plupart d’entre nous. Et l’anonymat permet de ne pas craindre le ridicule, pour faire ces premiers pas, car pour beaucoup de gens, exprimer des idées par écrit de manière publique est comme se mettre à nu. Je crois qu’un journaliste, quand il fait son métier est habillé de son cadre professionnel.
    Je n’aime pas cette allusion aux corbeaux, je ne crois pas qu’il y ai souvent ce sentiment de lâcheté malsaine derrière les anonymes d’internet.
    Pendant très longtemps (et toujours) j’ai eu beaucoup de plaisir à lire des journaux de papier, avec cette distance entre les journalistes et moi qui me plaisait beaucoup, dont j’ai bu les écrits souvent avec délectation, sans besoin de critiquer.
    Mais internet n’est pas du tout le même outil physique.
    Je me pose la question aussi de savoir pourquoi les journaux sur internet permettent de laisser des commentaires.

    Commentaire par ali — 02/01/2009 @ 22:12

  18. mais de quoi parlez-vous ? en ce qui concerne les journaux qui ont leur édition en ligne : qui lit les commentaires, c’est à dire : qui rrecueille la parole,même pauvre, insultante mais aussi laudatrice, critique, intéressante des commentateurs. mais personne ! personne ne vous répond. donc l’anonyme n’est pas celui que l’on croit. d’ailleurs les gens s’en sont évidemment très vite aperçus et c’est certainement pour cela que croissent les commentaires agressifs , foutages de gueule et compagnie.ils s’invectivent ou s’adressent des compliments entre eux. et puis s’en vont…donc , bonne question plus haut pourquoi laissent-ils les commentaires ouverts ? c’est comme l’audimat ? ça fait démocratie participative ? c’est pour rassurer les annonceurs ? je ne sais…je m’en fous.

    ensuite pour ce qui est des blogs, c’est autre chose. qd vous commencez , vous espérez de toute votre moelle ne pas hurler dans la jungle sans qu’on vous entende. et les premiers commentaires, même idiots sont toujours bienvenus. ma parole existe ! elle s’incarne dans celui qui me lit. je ne suis plus anonyme. et celui qui me répond, même sans que je le connaisse, non plus ne l’est pas. j’étais loin, il me semblait que personne ne trouverait un tant soi peu lisible ce que je mets en ligne et miracle ! on me répond . on leur demande vite aux anonymes de de se pseudoïser mais bon, on est content, on a des lecteurs.
    c’est bien, c’est la vie. ça stimule.
    par contre comment fait éolas par exemple. plus de 100 com’ en moyenne à chaque billet ! il répond au coup par coup, il trie, mais comment s’y prend-il ? beaucoup de demandes, d’interpellations, de colères, de louanges aussi sont laissées de côté. il les « anonymisent » aussi de fait. par contre il peut choisir d’avoir des relations priviégiées avec certains qui lui smblent pertinents et ce dans la récurrence de leurs propos, c’est sûr. mais perso, en tant qu’utilisateur de ce blog, je ne me vois pas lire plus de 100 com’ . et encore moins d’en ajouter. si moi je ne les lis pas, qui va me lire ? on pourrait dire qu’au delà de 10 , 15, 20 interventions on passe les suivantes. je m’arrête juste quand je vois une réponse. c’est donc la massification qui rend anonyme. pas le pseudo.pas le commentaire.
    enfin, seraf voit des corbeaux. mais un corbeau accuse, insinue, dénonce. sous vichy un service spécial ouvrait tous les jours de telles missives. patiemment, inexorablement. et l’anonyme réitérait sa dénonciation si les conséquences tardaient. certains ont même du se désolidariser du régime parce qu’ils trouvaient que le service marchait mal. alors,comparer ses lecteurs à ce genre de personnages , c’est douteux. quant à celui de clouzot, il est seul, incarné par ses lettres qui elles , sont anonymes. lui ne l’est pas. il incarne ce mal collectif qui ronge. si seraf avait un seul commentateur, même avec un pseudo ( d’ailleurs le corbeau c’en est pas un de pseudo ?) et qu’il se comportait comme celui du grand henri-georges, alors là le billet tiendrait. mais là…
    je vous salue.

    ludovic pautier (des fois je signe luis )

    Commentaire par ludo — 03/01/2009 @ 02:05

  19. « Ce n’est pas la première fois que j’entends cette critique des médias. Il me semble qu’elle s’enracine dans l’idée que la presse est aux mains des puissants qui l’utilisent pour manipuler les masses. C’est, vous l’aurez compris, une conviction de gauche ».

    Ah bon ?

    Que « la presse soit aux mains des puissants », c’est vrai la plupart du temps non ?
    Et que « ces puissants l’utilisent » pour favoriser leurs intérêts semble naturel non ?

    C’est une conviction de gauche ça ? Même Bayrou dit ce genre de choses ! Un peu de lucidité tout au plus.

    Quant à la suppression de l’anonymat, bonne idée. On commence par Aliocha ?

    JR

    Commentaire par rosselin — 04/01/2009 @ 15:59

  20. A Aliocha,

    Donc, pour poursuivre votre parallèle avec le monde réel, ce qui vous rend un peu moins anonyme, dans le monde réel, ce n’est pas d’avoir donné votre vrai nom, ce sont les faits vérifiables au fil des rencontres. Effectivement, si vous voulez passer pour une femme sans l’être, il faut faire de gros efforts. Si ces gros efforts sont quotidiennement répétés, finalement, vous êtes peut-être une femme, quoi qu’en dise la biologie.

    Mais… cette logique se transpose très bien dans le monde virtuel. Si vous voulez vous faire passer ici pour journaliste, sans montrer votre carte de presse, il faut faire preuve d’une certaine régularité dans vos dires. Or, même si vous n’étiez pas journaliste, produire cette régularité dans le faux vous rendrait « presque vrai », vous forcerait à avoir au quotidien les préoccupations des journalistes, à pratiquer tout ou partie de leur métier, et donc, en quelque sorte, à le devenir.

    Ce qui compte, au final, pour définir qui vous êtes, c’est une certaine constance dans votre personnalité. Que ce soit une constance physique, ou simplement dans le verbe. C’est d’ailleurs cette constance qui fait que quand je rencontre « en vrai » des gens que j’ai côtoyé en ligne très longtemps, on se « reconnaît » facilement, sans avoir besoin de preuve directe. Pour moi, justement par ce qu’on écrit, on montre au moins autant de son identité en ligne qu’en réel.

    Mais, visiblement, sur le fond, nous sommes d’accord: la question centrale ce n’est pas l’anonymat d’un commentaire. C’est sa pertinence. Et à mon sens, il faudra, sur le web, autour des outils de publication qu’il propose, faire tout doucement marche arrière. Oh, pas revenir au papier, hein. Mais revenir à des outils qui fonctionnaient très bien il y a 15 ans, quand Internet était affaire de spécialistes, et les faire ré-émerger sous forme d’outils pour béotiens.

    Commentaire par Benjamin Bayart — 05/01/2009 @ 21:28


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