La Plume d'Aliocha

16/12/2008

Pourquoi tant de haine ?

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 15:50

Et voilà, c’est reparti. Tandis que se poursuivent les Etats généraux de la presse, une poignée de blogueurs attendant impatiemment la mort de la presse écrite et du journalisme, pour des raisons que je peine encore à m’expliquer, s’agite pour démontrer je ne sais trop quoi. Ce qui les a énervés ? Que la presse observe avec circonspection leur idole, j’ai nommé St Google, le Grand, l’Unique, le Seul maître-étalon du web. La référence absolue, celui devant qui il convient de s’incliner et dont les règles sont les nouvelles tables de la loi. Voui. Reprenons quelques uns de leurs arguments :

– Internet va tuer la presse écrite : absolument faux. On disait déjà cela de la radio, puis de la télévision. Surtout de la télévision. Imaginez-vous, elle venait concurrencer avec les images, du son, puis de la couleur les journaux gris et fastidieux. C’était couru d’avance, la presse écrite allait disparaître. En fait de disparition, on sait que l’ouverture à la concurrence d’un marché, ici celui de l’information, a pour effet de dynamiser la demande. En d’autres termes, plus on consomme d’information et plus on en réclame. Les phases de transition peuvent s’avérer difficiles, la mutation peut entrainer des disparitions d’acteurs, mais au final, l’opération est toujours gagnante.

les éditeurs de presse se braquent contre Internet. Faux, ils cherchent un modèle économique et sont absolument tous positionnés sur le web. Vous avouerez qu’il y a des façons de se braquer contre un outil qui sont plus évidentes. Ah j’oubliais, ils s’interrogent sur le fait de devoir se soumettre aux lois d’un moteur de recherche américain dominant sur le marché. Et les blogueurs hurlent à l’ignorance. Vous êtes sûrs que ces interrogations sont absurdes ? C’est que vous êtes déjà formatés, nous pas. Alors on réfléchit. C’est fou non ?

les éditeurs de presse n’ont pas trouvé de modèle économique viable sur Internet. Vrai. Mais cela appelle une réserve et une précision. La réserve ? Arrêt-sur-image et d’autres expériences en cours. La précision ? Ceux qui accusent sans rire les groupes de presse d’ignorance et d’imbécillité crasse n’ont pas trouvé non plus de modèle rentable et pour cause, la gratuité d’Internet pose un vrai problème. Certains blogueurs décident-ils de vivre de leur art et d’accepter la pub ? Les voici plongés dans des tourments sans fin au moment où ils s’aperçoivent qu’ils sont en train de polluer la relation de confiance qui les unissait à leurs lecteurs. Car les lecteurs veulent du pur, du gratuit, de l’au-dessus de tout soupçon. Et ils ont raison, Internet s’est bâti sur cette réputation, les blogueurs se sont parés de cette fameuse indépendance d’esprit pour se mettre en valeur, auourd’hui elle les dérange, dommage, ils ne peuvent plus revenir en arrière.

Internet a permis l’accès gratuit à des nouveaux canaux d’information plus riches et plus intéressants que les groupes de presse traditionnels : vaste fumisterie. D’abord, l’information évoquée est produite par les canaux traditionnels, c’est-à-dire les agences de presse et les titres de presse. Autrement dit, par ces fameux journalistes de presse écrite dont ces blogueurs attendent impatiemment la disparition. Et qui vous informera mes pauvres amis quand les professionnels auront disparu ? Vos agrégateurs, ils agrégeront quoi ? Vous irez sur les sites consommer l’information concoctée pour vous par la communication, vous la recouperez et la critiquerez entre vous ? Magnifique, on va rigoler. Ensuite, l’information n’est pas si riche que ça sur Internet, elle est volumineuse, c’est différent. Et sujette à caution quand elle n’émane pas des professionnels, ce que vous vous empressez de passer sous silence. 

Il faut supprimer la presse. Pourquoi tant de rage ? Entre nous, je n’ai guère d’estime pour les gens qui tirent sur les ambulances. Mais me direz-vous, l’élégance morale, si elle était cotée, ferait sans doute des performances boursières auprès desquelles Natixis deviendrait un modèle de placement juteux. En réalité, ces gens ont une fâcheuse tendance à tout mélanger :  le journalisme et les vecteurs de diffusion de celui-ci, leurs rêves et la réalité. Que cela vous plaise ou non le journalisme est un métier.  Il consiste à se colleter aux événements et aux gens sur le terrain, pas à tripatouiller le mulot bien assis dans son fauteuil en se prenant pour Albert Londres.

Au fond, je vais vous dire quelle est la logique qui soutend ce combat, à mon avis. Ces gens observent les difficultés de la presse et se disent « nous ferions de bien meilleurs journalistes, à nous le pouvoir ». L’information circule désormais en partie sur le web, nous écrivons sur le web, donc nous sommes journalistes. J’ai connu des syllogismes plus convaincants.

Amis blogueurs, vos rêves de voir mourir la presse sont aberrants et je dirais même dangereux pour notre société. Je vais vous confier au fond ce qui me choque le plus : la manière dont vous niez absolument et totalement le rôle démocratique de la presse pour limiter vos analyses à des questions de plomberie. Parlons-nous de déontologie, vous hurlez au corporatisme, de fiabilité de l’information, et là vous ricanez. Entre nous, il faut être vachement gonflé pour s’opposer le plus sérieusement du monde aux tentatives actuelles d’imposer une déontologie dans l’information. Voilà qui me laisse rêveuse quant à la nature de vos motivations. Mais peu vous importe, n’est-ce pas, obsédés par la technologie de diffusion de l’information, vous en oubliez le contenu. Au surplus, je serais vous, je la mettrais en veilleuse car vos fantasmes sont en train de prendre du plomb dans l’aile. La communication est passée à l’attaque, le web déjà fragile en raison du formidable potentiel de manipulation et de désinformation qu’il porte en germe, ne va pas tarder à être pollué par les marchands de soupe. Conclusion, nous n’avons jamais eu autant besoin de professionnels de l’information et de déontologie. Ne vous en déplaise.

Personnellement, je n’ai absolument rien contre une redéfinition du journalisme intégrant les blogueurs au sein d’une déontologie et de règles de traitement de l’information communes. Je l’ai déjà proposé, ça n’a interessé personne. Dont acte. En revanche, j’ai tout contre les harangueurs de foule qui ricanent quand les journalistes réfléchissent à leur avenir et qui se délectent des malheurs de la presse en croyant qu’ils préparent leur prochain triomphe. L’inconséquence du discours le dispute à la sottise. A ce jeu là, tout le monde sera perdant.

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34 commentaires »

  1. Internet propose un accès à des analyses pointues et variées sur l’actualité. Votre blog en fait partie. Ceux de maitre Eolas, Philippe Bilger, également, et il existe des milliers d’autres. Couvrant tous les domaines: économie, politique, sciences, justice, médecine, police, jardinage, etc.

    Tous ces blogs sont des sources d’information tenues par des spécialistes dans un domaine particulier (ce qui néanmoins ne doit pas dispenser chacun de son esprit critique)

    C’est ce qui fait la force d’Internet devant la presse papier: se procurer une analyse éclairée, détaillée, et explicative sur des sujets divers là où dans la presse papier la communication seule est reine …

    Aliocha : je ne peux pas vous laisser écrire cela. Lisez-vous Le Monde ? Lisez-vous Marianne ? Courrier International ? Libé ? L’obs ? Si c’était le cas, vous ne diriez pas des choses pareilles. Dites plutôt que pour l’instant vous préférez le web, vous voulez choisir, zapper, chercher des informations qui vous semblent alternatives. C’est votre choix, je le comprends. Mais ne me dites pas que les journaux que j’évoque ne contiennent que de la com’, ce n’est pas vrai.

    Commentaire par Blackstone — 16/12/2008 @ 16:00

  2. Bonjour Aliocha,

    C’est bien la première fois que l’on me suspecte aussi ouvertement de vouloir tuer la presse, et encore pire les journalistes. Ayant moi-même une carte de presse en bonne et due forme et travaillant au quotidien dans une rédaction de plus de 270 journalistes radio/télé, il s’agirait là d’un suicide doublé d’un appel au meurtre, à moins que ce ne soit l’inverse. Je ne souhaite bien sûr la disparition de personne. Mais oui, je finis par devenir un brin cynique, à force d’observer la manière dont les « boss » tentent de dealer avec Google (et, de manière plus abstraite, avec le web en général). Cela fait plus de trois ans que j’en fais mon sujet d’analyse favori, parce que je n’ai pas envie de me retrouver au bord du chemin à 35 balais à cause d’un patron qui m’aurait raconté des salades pour me faire trimer alors que lui se payait des oeillères en molton.

    Ceci étant dit, je te rejoins entièrement lorsque tu dis « Conclusion, nous n’avons jamais eu autant besoin de professionnels de l’information et de déontologie. » A condition qu’ils soient capables de venir sur le web, prendre le pouls de ces échanges et de ce partage de l’information que leurs aînés (les « vrais » journalistes) leur ont toujours présentés comme « la mort du métier ». Il ne s’agit en fait que de la mort de leur façon de procéder, de ce contrôle au maximum du flux d’informations afin de s’assurer de participer au goulot d’étranglement par lequel celui-ci devait passer pour arriver aux masses.

    Commentaire par damien — 16/12/2008 @ 16:07

  3. J’adhère, même en tant que non-journaliste, à la volonté de Dame Aliocha de débusquer les faux débats sur le journalisme.

    Et puis l’opposition papier & web est spécieuse : voyons XXI (http://www.leblogde21.com), le tout récent Books (http://www.booksmag.fr) et tant d’autres exemples, le Guardian (http://www.guardian.co.uk) ou Prospect (http://www.prospect-magazine.co.uk) parmi les intégrations les plus réussies des deux supports ; n’oublions pas non plus que les titres traditionnels sont aujourd’hui très actifs en ligne.

    Comme dirait l’anthropologue Jack Goody, fi de ce Grand Partage…

    Commentaire par WebOL — 16/12/2008 @ 17:17

  4. @Blackstone.

    Oui, la force du web est de permettre l’accès à des analyse pointu faites par d’authentique « pro », sans délayer l’information par ce maillon supplémentaire qu’est le journaliste. Au final l’information ça reste le téléphone arabe, et moins il y a d’intermédiaire, moins il y a d’erreur à la fin. D’où l’idée de supprimer le journaliste.

    MAIS le journaliste est pour nous simple mortels le seul moyen d’accéder à une information dans 90% des cas. Sans journaliste, il y aurait-il eu une chance qu’on apprenne que de la matière radioactive avait été relâché dans la nature? A part la famille et les proche, qui aurait su pour les morts dans une embuscade en Afghanistan? Qui entendrait parler (enfin murmurer) de l’affaire Maddox?

    Les journalistes ont un impact sur les faits et sur notre perception de ces fait. (On pourrait d’ailleurs s’amuser à y voir une amusante transposition des inégalités d’Heisenberg au monde humain). Mais sans lui nous sommes condamnés à chercher nous même l’information.

    Pour un blog de qualité, on en trouve au moins de désinformation pure, et avec l’arrivée des boîtes de com’, ça va pas s’améliorer. Alors n’y a-t-il vraiment pas de place à des professionnel de l’information, soumis par la loi à un devoir d’exactitude? J’en doute…

    Commentaire par adrien — 16/12/2008 @ 17:24

  5. Une presentation sur la strategie de Google m’a semble interessante: http://www.slideshare.net/misteroo/all-about-google-presentation
    Je precise que :
    1- je n’ai rien a voir de pres comme de loin avec faberNovel (mais evidemment si c’etait le cas je dirai pareil)
    2- Aliocha peut supprimer le lien et mon post s’il contrevient a une quelconque regle regissant le blog – genre sur la pub deguisee – sans que je ne lui en tienne aucune rigueur.

    Concernant la relation journalisme/blogueur, je crois fondamentalement a la superiorite du journaliste sur le blogueur, mais attention, dans la definition stricte – deontologique, dirai-je – du journaliste : verification, objectivite, integrite, etc.
    Quiconque ecrit avec ces qualites fait selon moi du journalisme, quel que soit le support (presse comme blog).
    L’arrivee des blogs a mis en lumiere deux choses, je crois :
    1. ceux qu’on croyait etre des journalistes parce qu’ils ecrivaient dans la presse ecrite n’en etaient pas ou n’en etaient plus car n’etant interpeles sur la qualite de leur journalisme, celui-ci en souffrit. Aliocha, pointerez-vous avec moi un « laisser-aller » dans la pratique du journalisme car plus personne ne venait leur dire qu’ils etaient des vendus ou des incompetents ?
    2. les excellents journalistes, les irreprochables, ne montrent pas assez qu’ils le sont, car ils supposent que la qualite de leur article/reportage devrait suffire a montrer comment qu’ils sont forts. Or je crois que la saveur de la production d’un excellent journaliste doit aussi venir de la description des efforts qu’il a fournis pour produire un travail d’une telle qualite. Eh oui, je crois que le journaliste d’exception devrait davantage (mais legerement hein) communiquer.

    En conclusion, les blogs, c’est pourquoi le journalisme sera sauve, la comm’, c’est comment.

    Commentaire par Humstel — 16/12/2008 @ 17:39

  6. Aliocha: ma plus grande critique contre la presse est la flemme dont elle fait preuve lorsqu’il s’agit d’aller chercher des sources de réflexion. On peut admettre que le journaliste ne sache pas tout et qu’il ne rentre pas dans son rôle de proposer des solutions, mais simplement de dire l’info.

    Seulement, la rubrique « Tribunes » des jounaux est toujours d’une pauvreté effarante.
    – Soit le journal joue carrément le gros poil dans la main, et invite un chroniqueur à faire une tribune d’opinion générale. Et là franchement, le jour où on n’aura plus BHL dans Le Point, et autres consorts, et que Christophe Barbier et JF Kahn arrêteront de penser avoir réponse à tout, on sera mieux.
    – Soit il s’alimente auprès de sources externes (parfois de qualité) mais en nombre tellement restreint (ex. Piketty en économie), toujours franco-français, et surtout sans arriver à instaurer un dialogue entre ceux-ci.

    Enfin ?! Prenons un exemple : la crise. Ca dure depuis 3 mois. Plutôt que de répéter des banalités, quel journal a fait l’effort d’aller voir plus de 3 économistes, leur demander leur avis et les faire DIALOGUER (quitte à avoir un résumé – concis et non déformé – de la pensée des intervenants précédents pour que le lecteur suive…)

    A l’heure actuelle, un journal est constitué à plus de 60% de dépêches AFP dont la sélection n’est pas assimilable à un travail éditorial (en tout cas pas plus qu’un simple filtre sur un flux RSS). Comme vous le dites : le problème est la masse d’info et la communication ? Faites le choix de ne PAS traiter tel ou tel sujet, peu essentiel à vos yeux, et ASSUMEZ et DEFENDEZ ce choix devant vos lecteurs. J’attends autre chose d’un journal qu’un flux RSS.

    Commentaire par Paul — 16/12/2008 @ 17:40

  7. Je ne me sens pas concerné par cette guerre…

    J’aime puiser l’info à toutes les sources et suis mon propre agrégateur.

    Chaque pièce du puzzle est importante, plus les sources sont nombreuses, meilleure est la synthèse.

    La problématique tient sans doute au fait qu’il est de plus en plus difficile d’opérer cette synthèse en éliminant les redondances.

    La presse écrite de qualité et les bons journalistes sont plus que jamais indispensables, dans ce monde de plus en plus agité.

    Commentaire par ramses — 16/12/2008 @ 17:41

  8. « Lisez-vous Le Monde ? Lisez-vous Marianne ? Courrier International ? Libé ? L’obs ?  »
    Pour ma part oui assez régulièrement. Vous avez oublié le JDD que vous aimez beaucoup aussi. J’ai du mal à comprendre que vous les trouviiez si bons. Je lis des réflexions beaucoup plus intéressantes sur le web que dans ces canards qui tournent en boucle avec quelques sujets (l’immobilier à Paris, les milliardaires, la jet set, l’industrie du sexe…). Même les sujets « de fond » sont souvent très faibles, particulièrement les sujets sociétaux qui restent souvent dans le descriptif sans pratiquement d’analyse. Je ne crois pas cependant que les journalistes soient fautifs: les actionnaires/directions/rédactions oui. C’est pourtant les journalistes les mieux placés pour inverser la tendance, non?

    Commentaire par prof — 16/12/2008 @ 17:48

  9. Bah, je préfère lire sur un écran (scroller, rechercher, bookmarker…), et puis c’est gratuit! Il faut en vouloir pour aller payer un bout de papier ensuite.

    Le contenu payant sur le web, je suis pas contre, mais y’aura toujours une autre source gratuite.

    Au final, il faut séparer 3 financements possibles (et combinables)
    – communication : article sponsorisé par l’entreprise, l’organisme ou l’état qui communique. Cela n’empêche pas d’avoir un intermédiaire de confiance (le journaliste) qui saura dire lorsqu’il n’est pas d’accord.
    – publicité : le modèle dominant actuellement. Les contraintes sont les mêmes que pour la communication (ne rien dire de méchant contre les groupes qui placent les pubs) et les faibles revenus générés ne permettent pas un contenu très riche (ou alors, les publications sont espacées)
    – abonnement : les lecteurs payent pour voir.

    Il y a des marchés et des publics pour tous les genres : réflexion, brèves, information… il me semble que la « mort annoncée » de la presse écrite sous-estime la quantité de gens qui sont prêts à payer pour avoir une info fiable avec son commentaire réfléchi.

    Commentaire par mauhiz — 16/12/2008 @ 17:56

  10. Je trouve que l’un des symptômes de la relation de la presse avec le web est la position de Le monde (évoqué à @si lors des pb du monde il y a quelque temps, pour ce que je m’en souvient et si ca n’a pas changé): deux rédactions séparées, deux entreprises séparées et des modèles économique différent, l’un se contentant d’utiliser la marque et reprendre les articles de l’autre. Dans le genre symbiose on a fait mieux…

    Et le risque est que la place des journaux papier actuels soit pris par les gratuits (dépêches brutes pour le metro), ce qui n’est pas une perspective réjouissante…

    Finalement, tout cela pourrait se résoudre avec la convergence numérique: quand on auras des telephone/pda qui feront (bien!) lecteurs de journaux ou du « papier éléctronique » sous une forme ou une autre, la différence web/papier deviendra de fait subliminale…

    Commentaire par PetitPiteux — 16/12/2008 @ 18:05

  11. @Paul(3)

    Gros consommateur de blogs, de flux RSS, d’éditions en ligne et papier de la presse, je pense avoir une petite idée de ce dont nous parlons et je suis surpris par vos propos (« un journal est constitué à plus de 60% de dépêches AFP » ou encore votre exemple du traitement de la crise).

    1/ Ce sont aussi des journalistes qui rédigent les dépêches AFP.

    2/ Sur les sujets spécialisés, il existe aussi des agences de presse spécialisées, avec des vrais morceaux de journalistes dedans. Généralement, cela nous libère singulièrement de la communication.

    3/ Si votre journal est composé à 60% de dépêches, il faut en changer, j’ai plein de titres à vous proposer.

    4/ Si je suis chaque jour effaré par le manque de mémoire de « la presse » (surtout généraliste), et son manque de culture ; je n’ai encore jamais vu de blogueur un peu sérieux aborder les sujets qu’il maîtrise sans s’appuyer régulièrement sur elle.

    5/ Il existe des dialogues entre spécialistes, dans la presse écrite, à la radio, et probablement aussi à la télévision.

    6/ Lisant la presse, je sais que la crise n’est pas apparue il y a trois mois. Et je peux même vous dire que la presse économique parlait -un peu- de la crise avant qu’elle n’arrive. Avant les fameux subprimes. Mais voilà, tant que ça n’est pas arrivé, ça n’intéresse personne.

    Commentaire par Lindir — 16/12/2008 @ 18:06

  12. @Lindir:

    sur votre 1/ oui il y a des journalistes à l’AFP. Mais je peux trouver leurs articles sur n’importe quel site web. Dans mon journal payant, je veux une plus-value.

    sur votre 2/ oui, mais il me semble que nous parlons de la presse généraliste et de la presse économique généraliste.

    sur votre 3/ Je suis preneur, dans la presse généraliste quotidienne.

    sur votre 4/ Vrai, surtout parce que le journalist-bashing que critique Aliocha est toujours axé contre les généralistes ; et parce que leur marque a encore de l’importance : on parle plus de ce dont Libé parle que de la dépêche AFP reprise sur Yahoo news (peut être aussi parce qu’on n’attend pas le même travail éditorial de Yahoo News)

    sur votre 5/ j’ai dit trois mois pour dire « au moins 90 numéros de quotidiens » et souligner l’absence d’amélioration qualitative après un délai si long, sur un sujet donné. Ensuite, sur les précurseurs, oui. Mais qui dans la presse valorise ces gens là ? ont-ils été promus ? genre chef de service économique ? au nom de l’indépendance, ne tue pas la démarche qualité ?

    Commentaire par Paul — 16/12/2008 @ 18:45

  13. Je crois que cette « guerre » n’est pas la notre colonel…

    Il est étonnant de voir que la presse française se braque contre google et qu’en même temps elle réfléchit à mieux se faire référencer, quitte à écrire spécialement pour cela. Quel est le but de la manoeuvre ? être mieux référencée et demander plus d’argent pour leur sacro-sainte propriété intellectuelle ? n’est-ce pas un peu … je cherche mes mots … un truc de pute ?

    Il suffit de demander explicitement de ne pas référencer les sites : c’est 2 balises dans la page d’acceuil, un no-robot et no-follow. voila problème réglée.

    Mais le problème est bien ailleurs, et la bataille presse écrite internet n’est que l’arbre qui cache la forêt, le doigt de l’idiot qui se montre le nombril.

    La problématique majeure de la presse française est la perte de son lectorat.
    – Journaux gratuits distribués dans le métro ou ailleurs.
    – Manque d’argent pour acheter régulièrement des titres de presses dont les qualités éditoriales ne sont pas toujours à la hauteur des attentes.
    – Manque de vrai journalisme dans nombre de titres ou impossibilité pour les journalistes d’écrire ce qu’ils voudraient.
    – Désaffection de la ‘population’ pour une information réfléchie, argumenté et mise en perspective. On veut tellement faire de temps de cerveau disponibles pour coca-cola alors qu’on ne s’étonne pas ensuite de ne pas en avoir pour le monde ou le diplo.
    – manipulation des lecteurs (il suffit de retracer l’histoire des ‘terroristes’ du larzac), silence sur quelques affaires (stups avec chiens dans les lycées …). La presse à une image de vendue. L’est-elle ?
    – perte de la manne publicitaire qui se tourne vers d’autres supports.

    Voila le premier pillier de la problématique.

    Voyons ensuite le second.
    La france semble être le royaume du moinde effort. Il y a perte de revenu sur la vente des cd, on tape sur le téléchargement, on crée une taxe qui « compense », on imagine des rafales de procès et amendes pour punir, mais surtout pour « se goinfrer » sans travail suplémentaire. Les gens consomment différement, achète des sonneries pour mobiles (1.5 euros le SMS, 2 sms maxi par sonnerie = 3 euros la sonnerie ! ! !), des dvd musicaux, des jeux sur mobile, des jeux payant sur internet… Mais non, on veut continuer à se goinfrer sur le cd. Ben non ca marche pas. Plutôt que de chercher à évoluer on ferraille. W.O.W : 15 euros par mois + achat des cd : 11 millions d’abonnées payant ! qui dit que le problème du net c’est la gratuité ?

    Pour la presse c’est identique. Plutôt que d’essayer de s’adapter, on ferraille et on essaye de prendre un peu de fric à gogol, il en a tellement, on arriverait bien à vivre sans trop bosser, juste en se faisant entretenir par gogol, ben, il veut pas le gogol.

    Les blogs attirent un lectorat et ne sont pas aussi dociles avec le pouvoir, on cherche à créer une « commission de déontologie » qui « labéliserait les sites » et en même temps les laisseraient passer les logiciels de filtrage, les autres … On pense à la possibilité de « blacklister » certains sites au niveau législatifs… Cela excite, à juste titre, la ‘blogosphère’ qui en garde une animosité contre la presse écrite qui est plutôt partante pour brider les blogs. Comment aimer celui qui nous mort la main ?

    Je ne souhaite pas la mort de la presse écrite, mais je ne pleurerais pas les titres [qui se rachètent entre eux et manipulent le rédactionnel] qui se retrouvent face à plus gros qu’eux. Elle est là, la vrai frustration de la presse française : elle ne peut pas dicter sa volonté à l’autre et est obligée de faire avec.

    Je serais de gogol, je déréférencerais immédiatement toutes les pages de tous les titres de presse (y compris en cache) qui font partie de cette association juste destiné à se battre contre gogol. Et ce du jour au lendemain, de gogol news et de gogol tout court : ils en ont le droit, ce sont leurs serveurs.

    Ils feraient moins les fiers ces baronnets. Je crois que ce qui énerve les bloggeurs, c’est cette propension de la presse écrite à se sentir au dessus des autres. Comme si on leur devait « naturellement » un respect pour des raisons que l’on ne connait pas, que l’on ne peut pas comprendre mais que l’on doit accepter comme des axiomes.

    Lorsque la presse aura réglé ces problématiques propres, elle pourra commencer à réfléchir sur sa position sur internet. Mais il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs : d’abord on règle ses problèmes, ensuite on parle d’évoluer. Courrir en avant ne laisse pas les problèmes en arrière, s’ils ne sont pas vissés sur le dos, ils sont attachés aux bretelles, le « retour sur investissement » est assez douloureux.

    Aliocha : il n’y a pas de guerre entre la presse et google, il y a des interrogations, légitimes, des réflexions. Qu’on nous permette quand même d’exercer notre science de l’information sans se mettre immédiatement à hurler que nous sommes des imbéciles qui ne comprenons rien. Seulement voilà, dès qu’on s’interroge on a une poignée de génies du net qui ricanent « ah, ah, ah, ils n’ont rien compris les débiles de la presse papier ». Faut arrêter 5 minutes. C’est intéressant Internet mais on ne va pas en faire une divinité non plus. Et puis effectivement on a d’autre sproblèmes à régler, mais personne dans la presse n’a dit que nos maux venaient du web

    Commentaire par herve_02 — 16/12/2008 @ 18:59

  14. 1/ Sur internet, moi je consomme surtout de la presse écrite (et je passe pas par Google). Je pense qu’il faut distinguer plusieurs sous-questions derrière cet argument provocateur :
    – va-t-on vers la disparition des entreprises de presse traditionnelles ? Je trouve pas personnellement ça souhaitable, mais c’est une hypothèse qui a pris une certaine consistance.
    – va-t-on vers la disparition du format papier ? Moi ça ne me dérange pas plus que cela, je ne lis plus que le canard au format papier, et pas toutes les semaines, et c’est parce qu’on est obligé. Les autres titres je les achète en kiosque très occasionnellement en vacances, c’est du dépannage quand l’autre mode de distribution est moins accessible ou bien plus cher.
    Par ailleurs, il me semble que la télévision a quand même fait des dégats sur la presse écrite, mais ça c’est surtout de la faute des lecteurs/téléspectateurs à mon avis.

    2/ Les éditeurs ne sont probablement pas braqués « contre » internet (si c’était possible ou si ça avait un sens…), mais si google (et d’autres, tout le monde se focalise sur google, mais c’est pas google qui a chippé le marché des petites annonces) est parti avec la caisse, c’est aussi et beaucoup parce que les vénérables et bien établies entreprises de presse ne sont hatées trèèès lentement pour faire leur mutation et offrir de nouveaux outils à leurs lecteurs. En outre on observera tristement que les dites entreprises ont tendance à externaliser la collecte de leurs statistiques de fréquentation, en particuler chez google, alors que rien ne les y obligent (et en plus moi je filtre les stats de google, donc elles sont fausses d’au minimum un lecteur et probablement beaucoup plus).

    3/ Il y a rien qui interdit de faire payer sur internet. De toute façon la presse gratuite ça n’existe pas il y a de la pub partout, c’est un attrape-nigaux. Le problème c’est que pour faire payer les gens, il faut être sûr de la valeur ajoutée de son produit, et que des fois c’est pas évident. Personnellement je suis abonné au monde.fr, mais il y a des jours où je me dis que c’est à la limite de l’acte militant. (Et la pub que je la filtre avec adblock).

    4/ Les canaux d’information : alors oui ça a diversifié l’offre, mais c’est plus sensible par rapport à la radio et la télévision qui sont concernés au premier chef, davantage que la presse écrite, par les problèmes de népotisme et de non renouvellement du même petit monde clos d’éditorialistes consensuels et courtisants (ou faussement polémiques pour quelques uns qui se complaisent dans un rôle de composition) et d’experts accrédités « mass-média ».

    D’une manière générale c’est l’argument que je trouve le plus pertinent, et le contre argument qui m’accroche le moins car je trouve que c’est trop centré sur la presse généraliste. Sur la presse technique par exemple un certain nombre de publications en ligne ont développé une activité qui est totalement journalistique dans le sens tradionnel du terme (personnel dédié, accréditation presse pour aller aux exercices de communication des acteurs du secteur, enquêtes, etc) mais qui fait l’impasse sur le papier et qui ont probablement fait du mal à des titres traditionnels qui avaient des problèmes de qualité (expertise technique superficielle, problème d’indépendance vis à vis des annonceurs, de qualité d’écriture, capacité a ne pas être un relais bête des services de com’ etc.)
    La presse a deux rôles traditionnels : une médiation physique, le transport de l’information vers le citoyen a travers sa distribution (le dit citoyen n’étant pas présent physiquement à chaque fois que le président Sarkozy fait une blague ratée sur le travail dominical) et une médiation du sens : rendre accessible à son public la complexité des sujets d’actualité et vérifier la véracité des faits rapportés. Elle a beaucoup reposée sur le premier au moment où il s’est considérablement dévalué : les barrières à l’entrée sur la capacité à diffuser à l’échelle industrielle ont énormément baissé. Les contraintes de format (nombre de signes, durée d’intervention) ont été gaiement exportés sur des supports qui n’était pas particulièrement concernés. Sa manière s’assurer le second rôle qui devrait concentrer une grande part de ses efforts convainc de moins en moins.

    … sur le reste je suis assez d’accord, de toute façon les bloggeurs que vous citez et qui semblent s’être fait une spécialité de tirer sur « la presse » ne sont pas des gens que je lis ou que j’ai trouvé intéressants (je ne met pas Eolas dans le lot).

    ps : toutes les nouvelles ne sont pas mauvaises, vous avez eu une promotion ce week-end : vous êtes rentrée dans mon aggrégateur 😉

    Aliocha : j’en suis ravie !

    Commentaire par OuvreBoîte — 16/12/2008 @ 19:20

  15. « WASHINGTON (AFP) — Avec des tirages au plus bas, des revenus publicitaires qui s’effondrent et des lecteurs de plus en plus accaparés par l’internet, la presse américaine est au plus mal et de grands titres de l’histoire du journalisme sont désormais en péril… »

    l’article de l’AFP est titré Etats-Unis: la presse craint pour sa survie

    Naturellement libre à vous de croire qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter et que ce ne sont qu’affabulations de blogueurs malveillants.

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hgh4vIHmxUJ9oal4TB23utIuSJ5A

    Aliocha : merci mais je sais que ça va mal, ce qui me heurte c’est la joie sadique avec laquelle certains observent le phénomène et tentent de démontrer que leur modèle non rémunérateur est drôlement plus malin que le modèle en difficultés de la presse. Vous saisissez la nuance du problème ? J’ajoute que si ça va mal aux US, ça va bien dans nombre de pays européens. En tout état de cause nous sommes en pleine révolution, c’est clair et je ne crois pas que les rois du web soient plus malins que les autres

    Commentaire par louis — 16/12/2008 @ 20:19

  16. @ OuvreBoite
    sur votre 3/ : dans votre « gratuité », vous confondez prix et coût.

    Cordialement.

    Commentaire par Paul — 17/12/2008 @ 00:03

  17. Je n’ai pas encore lu les commentaires, et je suis en train de lire votre papier, mais je veux discuter quelques points qui m’ennuient.

    1. Sur l’idée « concurrence amène augmentation de la consommation », je la crois fausse. L’observation est vraie, mais pas l’interprétation. C’est la variété de l’offre qui fait que les diverses envies des consommateurs sont mieux couvertes, et donc que la consommation augmente d’autant (tant qu’il n’y a pas de presse spécialisée en XYZ, je ne risque pas de la lire, même si le sujet m’intéresse).

    2. Sur la soumission à google, je suis d’accord, et plus encore. Google représente un risque colossal, il représente un point d’entrée ultra dominant, donc, un point de filtrage et de centralisation. Donc, le contraire de ce qu’est Internet (je ne veux pas me lancer dans un cours théorique ici, mais, en gros, Internet c’est acentré, et Google, créant un centre, transforme le net en une sorte de Minitel en couleur).

    Aliocha : voilà qui m’intéresse, si vous voulez développer n’hésitez pas. Je n’ai jamais caché que ma connaissance du web était encore embryonnaire, je lis, j’apprends, mais l’univers est un peu nouveau pour moi. Pas parce que je suis journaliste papier et anti-web comme pourraient le prétendre certains, mais parce que c’est comme tout, il faut travailler. Cela étant, la plupart des activités humaines répondent à une logique commune. En l’espèce, qui dit acteur dominant sur un marché dit pouvoir exorbitant et donc méfiance, mais si vous pouvez nous en dire un peu plus…

    3. Sur l’origine du net (gratuit, pur, etc), vous avez historiquement parfaitement raison. Et pourtant, curieusement, beaucoup d’articles de beaucoup de journaux, y compris spécialisés dans le domaine, ne le comprennent pas, et disent le contraire… Ce n’est que depuis 1-2 ans qu’on voit des journalistes parler intelligemment du net. Je vous tire mon chapeau.

    Aliocha : si je suis nulle en technologie, en revanche la psychologie me passionne et j’ai été très vite surprise par le comportement des spécialistes du web, la gratuité n’est pas si courante 😉

    4. Il me semble, mais je peux me tromper, que vous vous emportez sur le forme. Il ne faut pas s’attarder à l’écume des choses, surtout sur le web des blogs 2.0. Il ne faut s’intéresser qu’aux fondamentaux. Certaines critiques émanant du monde du net à propos de la presse sont valables. Par exemple, quand on dit que la petite information (l’ongle incarné de Carla) encombre, par exemple quand on regrette le manque de place et d’explications. Il me semble qu’avec un peu de détachement, on peut laisser hurler les loups, et regarder lesquels de leurs arguments sont pertinents. Et simplement mépriser les sottises.

    Aliocha : j’aimerais bien mais il se trouve que le journalisme a toujours souffert de nombreux malentendus, voir aujourd’hui des gens porter des attaques absurdes alors que la presse n’est pas au mieux me fait bondir. A fortiori lorsque ces attaques viennent de gens qui se positionnent en spécialistes des médias 😉

    Commentaire par Benjamin Bayart — 17/12/2008 @ 00:55

  18. Plus sur la réflexion de fond, maintenant que j’ai pu survoler un peu les commentaires.

    Il me semble qu’il y a beaucoup de mélange. Quand les pro-net disent qu’il n’y a jamais d’analyse de fond dans la presse, ils se trompent: cette analyse est dans les revues, pas dans les quotidiens, et c’est normal. Le dossier de 10 pages qui explique clairement les mécanismes de la crise, même si mon quotidien le fait, est-ce que ça tombera le jour où j’ai envie de le lire? Et ce n’est pas très compatible avec un rythme de quotidien. Quand vous dites que les blogeurs tirent leurs infos de la presse, ce n’est pas vrai non plus. C’est vrai pour les blogs qui commentent l’actu. Mais, par exemple, quand Éolas nous donne un cours de droit, ou quand un flic nous raconte les procédures au quotidien, ça ne vient pas de la presse.

    Aliocha : en effet, mais si vous observez la masse d’information, vous verrez qu’elle provient essentiellement des journalistes, même Eolas commente une info presse dans la majorité des cas. En revanche, quand il a sorti la plainte de l’assistante sociale, quand il a recueilli les témoignages des juges, ou quand il raconte des affaires qu’il a vécues lui-même, ce sont ses propres infos. Il faudrait faire des statistiques précises mais je pense que nombre de ces billets s’inspirent de l’actualité.

    Si on arrête de tout mélanger, on arrive probablement à un constat assez simple: la crise de la presse papier n’est probablement pas liée au web, mais à des facteurs plus profonds. Je crois que la place prédominante de la com’ joue un rôle, cette croyance étant en partie basée sur ce que je lis chez vous. J’ai une opinion sur le sujet, bien entendu, et je sais qu’elle est infondée, ce n’est pas on domaine de spécialité.

    Aliocha : c’est ma théorie, elle ne résume sans doute pas l’ensemble de la crise, mais je suis persuadée qu’elle participe du désintérêt des lecteurs et surtout je pense qu’elle peut nous servir de tremplin pour revaloriser notre rôle, car nous sommes les mieux placés pour en faire la critique. Mon raisonnement est le suivant : jusqu’à récemment, nous étions le passage obligé entre le savoir détenu par quelques uns et le public. Désormais, l’info nous parvient remâchée par la com’ et surtout elle nous déborde, notamment grâce au web. Mais cette info n’est pas une info, ou presque pas, c’est un message publicitaire, à nous donc qui connaissons la mécanique et dont c’est le rôle d’aller chercher l’information, de critiquer cette info-com. Par ailleurs, je crois qu’Internet devrait fortement s’en inquiéter car les techniques de communication sont extrêmement sophistiquées…

    Pareillement, quand j’entend dire que les journalistes sont des copieurs de dépêches, ce n’est pas (toujours) vrai. Récemment, j’ai été interviouvé par un journaliste. Une heure au téléphone. Visiblement, il avait passé avant près de trois heures à creuser ce que j’avais déjà dit sur le sujet. Au final, il a fait un papier de 2000 signes (il me semble), c’est-à-dire l’équivalent de 5 minutes d’interviouve. Alors, oui, bien entendu, son papier déforme mes propos, et les phrases ne sont pas les miennes. Mais d’un autre côté, il a fait passer ce qu’il jugeait important de mes propos. Ce que moi je jugeait important? Ça, c’est de la comm. Ce que lui jugeait important, c’est du journalisme. Par contre, visiblement, il avait envie d’en écrire plus, beaucoup plus. C’est triste qu’il n’ait pas pu le faire sur le site web du journal en question. Et ça supprime une partie de la valeur de son travail, un renvoie vers le site, où le papier serait beaucoup plus long, ça aurait eu du sens.

    Aliocha : eh, oui, comme je l’ai dit, on nous raccourcit les formats sous prétexte que les lecteurs n’ont pas le temps de lire. Je ne désespère pas, la vie fonctionnant souvent en balancier, que l’on revienne sur cette idée un jour ;). Cela étant, s’il a bossé trois heures et passé une heure au téléphone avec vous pour rédiger 2000 signes, il a bien bossé. Votre exemple montre bien le décalage entre le travail que l’on fournit et le résultat qui fait penser à certains qu’on y a passé 5 minutes en buvant un café et dans la plus grande désinvolture.

    C’est curieux, quand j’y pense. Un type, qui me prête des phrases qui ne sont pas les miennes, et sous une forme ultra-simplificatrice, et je ne suis pas en rogne. Juste parce que j’ai repensé à ce que vous nous expliquez, et que je me suis rendu compte que toutes les contraintes ne sont pas de son fait… Permettre aux journalistes de faire long sur le web, ça ne serait peut-être pas bête, même si anti-intuitif (lire court sur écran et long sur papier, ça semble plus logique).

    Aliocha : anti-intuitif certes, notamment parce que la lecture sur écran est plus fatigante et aussi parce qu’on dit l’internaute impatient. Je le croyais aussi, c’était même ma première idée quand je commençais à m’interroger sur l’écriture web il y a 5 ou 6 ans et puis j’ai découvert Eolas dont le format moyen d’article correspond à une pleine page du monde 😉

    Commentaire par Benjamin Bayart — 17/12/2008 @ 01:15

  19. Aliocha, vous avez oubliez le Canard, un des rares titres papier à gagner de l’argent.

    Le model financier du web reste à trouver, mais n’oublions pas 2 grandes qualité:
    – pas de cout d’impression
    – pas de limite de taille pour les articles

    Enfin certains sites comme rue89 semble gagner de l’argent.

    J’aime les blogs, mais j’ai le plus grand respect pour les journalistes: ils sont à l’origine de la plupart des informations qui sont commentées, analysées et débattues sur le net. On ne peut parler du procès de Machin, de l’arrestation de Truc ou du scandale concernant Urluberlu que si la presse à fournie l’info et qu’un journaliste s’est donc déplacé sur place.

    Les blogs ne font qu’exploiter cette matière première, en cela ils servent la presse car donne envie de la lire.

    Enfin n’oublions pas que les journaux sont les seuls à pouvoir prendre sciemment le risque de publier une info qui mènera au procès: le blogeur de base jettera l’éponge après le premier procès.

    Le seul blogeur qui fait un travail de journaliste, c’est celui qui se rend sur le terrain et investigue, comme MonPuteau. Les autres ne font souvent que des billets d’humeur sur la presse.

    Alors ne vous inquiétez, ceux qui critiques le journalisme ne font ni plus ni moins que scier la branche sur laquelle il sont assis.

    Aliocha : en effet, d’ailleurs je ne suis pas inquiète, je suis ulcérée par les erreurs de raisonnements, la mauvaise foi et l’ignorance qui sont à la base de cette guerre.

    Commentaire par Humaniste — 17/12/2008 @ 09:36

  20. Je suis allé lire les blogs que vous citez en référence.
    Dont un: plus court, plus vite, plus simple. Argument à charge contre Mediapart par exemple. Si l’appréhension de la réalité était soumise à ces principes étroits, ce serait l’aller simple assuré pour NOVLANG.
    La prétention à produire de l’information via un moteur de recherche est vaine. A fortiori quand elle imagine se substituer ce qui constitue la méthode journalistique.
    Pour autant, on ne peut pas dire que les journalistes en général, pas tous bien sur, sont dans une période où eux-mêmes respectent toujours et pleinement leurs propres méthodes. La première vient de ce qu’en croyant s’adapter à une nouvelle donne financière et une modification des usages, ils délaissent en chemin ce qui fait d’eux des journalistes.
    Facile ensuite pour un roitelet du mulot d’en faire tâche d’huile et d’imaginer qu’il est interchangeable avec un journaliste du Monde, sur le thème de la faculté d’adaptation à un nouvel environnement.
    Aujourd’hui, notre geek se fait payer ses pots de Nutella en en faisant la promotion sur son blog. On saura séparer le grain de l’ivraie, ayez confiance, surtout quand on lit le niveau d’analyse d’un Narvic sur les problèmes de la presse écrite… Le contenu s’adresse à des collégiens.
    Le 4ème pouvoir connait des dérives de n’être plus un contre pouvoir mais vassal de la communication politique et financière. Ajoutant la mutation des usages dans le paradigme numérique, ça coince, c’est normal.
    Plus les journalistes sacrifieront à leur méthode professionnelle, plus ils se plieront aux exigences de l’efficace, de la consommation et de l’audience, plus ils se rapprocheront du no life qui fonce sur son « google analytic » avant d’avoir bu son café. Et moins on fera la différence.

    Les modes hiérarchique, de distribution des valeurs, (Bourdieu), allaient de la presse écrite à la radio et de la radio à la TV, point d’orgue d’une carrière. Là où il y a encore à évoluer, c’est qu’un Plenel ou un Schneidermann ont tenté le numérique parce qu’ils ont été exclus, (plus qu’ils ne se sont exclus eux-mêmes), du circuit classique. Dans le même temps, c’est tout un groupe de journalistes qui se sont mis en opposition de la dérive papier pour exploiter le numérique. Sur la durée et dans la forme, c’était plus impulsif qu’une véritable stratégie, une aventure plus que l’exécution d’un plan d’adaptation.

    On devrait bientôt définitivement évoluer vers une véritable synthèse. Les solutions techniques et financières se trouvent toujours.
    Et si j’était Sarkozy, face à la menace que représente le journalisme numérique en terme de contre pouvoir, je continuerais d’offrir pleins de pots de Nutella aux geeks qui revendiquent le tire et entretiennent la confusion des genres.

    Ayez confiance et gardez courage

    Aliocha : Merci, mais la mauvaise foi me vrille les nerfs, j’ignore si je vais y survivre 😉 Tenez, ce matin Narvic explique sans rire que le rôle démocratique de la presse a été inventé par les journalistes pour défendre leur corporation. Franchement, les bras vous en tombent, non ? Cela étant, on a du génie parce que leurrer autant de juristes, de politiques, de constitutionnalistes, de philosophes, de peuples, de juges sur une aussi longue période, ça laisse rêveur !

    Commentaire par Barbecane — 17/12/2008 @ 10:40

  21. plusieurs remarques,
    1) le dieu google des blogueurs… Allez lire Affordance, googlewatch (depuis 1999… vous etiez ou en 1999?), Aixtal, et des dizaines d’autres blogs qui n’ont jamais interessés le petit monde dont vous venez.

    2) j’ai beau regarder dans mon agregateur, il a moins de 10% des fils qui proviennent d’agences journalistiques

    3) Arret sur image, dont je suis abonné, est un très bel exemple de gens qui ont bien voulu évoluer…

    C’est un contre exemple a votre démonstration.
    Cordialement,

    Aliocha : je cite ASI comme un exemple du fait qu’il y en a qui ont peut-être trouvé un modèle économique et vous, vous lisez le contraire, c’est désespérant. Mais c’est aussi une belle illustration de la mauvaise foi que j’essaie de démontrer. De cela je vous remercie.

    Commentaire par loran — 17/12/2008 @ 10:51

  22. Bonjour,

    cette analyse n’engage tout naturellement que moi mais je pense que ce débat ne peut déboucher sur rien.
    En effet, il me semble que le mal est nettement plus profond. Internet n’est pas une évolution, mais une révolution : Elle se nomme « la dématérialisation. »
    Auparavant la presse vendait son contenu via son conteneur (le papier). Aujourd’hui, vous souhaitez lire un article de presse (papier ou pas), « gogoliser » son titre, son auteur, en 10 minutes il est sur votre écran.

    Extrapolons un peu et appelons un journaliste un artiste, un journal un label et un groupe de presse une major, Avouez que le parallèle n’est pas dénué de sens.

    Et même si nos PDAs, iphones & cie n’offrent pas encore le confort nécessaire, je suis persuadé que dans 2 à 5 ans, nous aurons le même débat avec les écrivains, éditeurs et libraires.

    Il y a un nouveau modèle économique à trouver. De nouveaux acteurs à intégrer, certains à l’inverse sont menacés de disparaître. Je ne pense pas que les journalistes soient en danger. Après tout, pourquoi un article d’Aliocha serait meilleur sur Marianne plutôt que sur leblogdesnouvellesdumondesanscom.fr ? Pensez vous pas que les lecteurs ne vous suivrons pas sur un support ? L’information et les journalistes sont liés indépendamment du support, tout comme la chanson et les artistes. Croire qu’on peut faire sans et n’offrir que du mashup (GirlTalk) est une hérésie.

    Cependant, j’avoue que le problème sera nettement plus délicat pour la presse parce que ce sont des denrées périssables, parce que lire un commentaire sur un article peut suffire et être satisfaisant pour avoir une idée de ce qui se passe dans ce bas-monde alors que je doute que lire mon commentaire composée de la condition humaine puisse aider à se faire une idée sur le style de Malraux ou ma version karaoké de stranger in the night celui de Sinatra.

    Trouver comment justement rétribuer les bonnes personnes est selon moi le vrai challenge et dépasse largement le périmètre de la presse. La suite découlera tout naturellement.

    Commentaire par Stephane — 17/12/2008 @ 11:09

  23. Bonjour Aliocha

    Malheureusement, il y a des « bons » et des « mauvais » partout, sur le papier et sur les électrons. Et on risque de faire confiance à tort, soit que l’on pense comme l’auteur qui nous conforte dans nos erreurs, soit qu’il écrive dans un média « solide ».
    Les « créationistes », qui ne lisent que des créationistes, ne risquent pas de changer d’avis.
    Et Le Monde peut publier des bêtises (même si parfois il rectifie après) :
    1) je ne me suis pas encore remis des stupidités qu’il m’a fait dire dans les années 70 sur le Cambodge, sa magnifique révolution, et les diffamations des royalistes en exil (de même que je vitupérais dans les années 60 contre les abominables calomnies rapportées par Minute, lu par mon père, sur des soi-disant bagnes en URSS)
    2) et « econoclaste » citait hier un cas relevé le 10 par « Emeline » dans le même Monde où des chiffres visiblement faux sont recopiés tels quels.

    Commentaire par Le Bavard — 17/12/2008 @ 12:11

  24. – La presse ne vaut plus rien, cela vous irrite mais c’est ainsi. Cela n’a rien à voir avec les personnes, ie la qualité plus ou moins grande des journalistes. Le problème n’est pas individuel mais structurel. La presse aujourd’hui est soumise à l’impératif de la concurrence, comme n’importe quel bien; voilà la nouveauté, et les conséquences en sont connues. Lisez Chomsky, Manufacturing consent. Lorsque la presse devient une marchandise comme une autre, elle s’ouvre à la propagande, ce qu’on appelle aujourd’hui la communication, qu’elle soit commerciale, financière ou politique.

    Aliocha : attention à ne pas confondre la publicité, qui co-finance la presse avec les abonnements depuis la moitié du 19ème siècle avec la communication qui elle pervertit l’information à sa source. Les journalistes luttent contre la communication, mais le travail est énorme car ses moyens sont beaucoup plus importants que les nôtres.

    – L’explosion des blogs et des sites d’information contrebalance ce phénomène. Ils tentent de corriger les biais de la propagande par le recoupement, l’analyse, la critique, bref, ce qui ne se fait plus dans la presse. Vous avez raison de dire qu’ils restent tributaires de la presse, mais de quelle presse parle-t-on ? Ils restent tributaires de la parole officielle et de la centralisation des témoignages locaux, puisque c’est la matière de leur travail. Autrement dit, ils restent tributaires des agences de presse type afp, reuters, et bien sûr des communiqués officiels, mais pas de la presse de deuxième rang, télévisions, quotidiens, etc. Du point de vue opposé au vôtre, ce sont des lieux qui restent à investir et dans le futur, on peut imaginer l’avènement d’une information totalement soustraite au marché.

    – Le point commun de l’information sur le raison est qu’elle est en très grande partie gratuite. Et c’est là que passe la ligne de démarcation : elle sépare la presse traditionnelle dévorée par le marché et le modèle obsolète de l’information protégée par le droit de propriété d’une part et l’émergence d’une presse « alternative », fondée sur la gratuité et l’idée que l’information doit demeurer un bien public.

    Aliocha : désolée mais je ne vous suis pas. Je sais que le grand mythe de la gratuité fait rêver sur Internet, mais il faudrait quand même comprendre qu’une prestation intellectuelle, artistique etc. est supposée faire vivre son auteur de la même façon qu’une autre. Vous ne refuseriez pas de payer votre plonbier ou votre boulanger, pourquoi exiger que l’information diffusée par un professionnel qui a fait un travail pour la rechercher soit gratuite ? A ce jeu là, les seuls qui vous fourniront du gratuit, ce sont les professionels de la com’.

    Commentaire par Fred L. — 17/12/2008 @ 15:18

  25. Pardon pour mon lapsus 🙂 Lire « réseau » et non « raison » dans le dernier paragraphe…

    Commentaire par Fred L. — 17/12/2008 @ 15:20

  26. Bonjour,

    L’opposition que font certains entre blogs et presse me paraît totalement stérile pour des raisons, au fond, assez triviales.

    Outre le fait que rien n’oblige le lecteur à choisir entre les deux, il suffit de se demander combien, parmi les blogs aujourd’hui vivaces, seront encore là dans dix ans.

    Vu que les blogs reposent en général essentiellement sur l’implication de leur auteur – à la différence des titres presse qui sont des productions collectives – il me semble que pèse sur les blogs une fragilité essentiel : qu’un blogueur soit pris par d’autres impératifs (privés ou professionnels) et son site va rapidement s’étioler…

    Aliocha : j’ai toujours pensé qu’ils se complétaient fort bien en effet, mais quelques blogueurs ne jugent pas cela suffisant, ils ne veulent pas être à côté de nous mais ils veulent être nous.

    Commentaire par Sébastien — 17/12/2008 @ 16:18

  27. Il me semble qu’un examen objectif de la presse écrite et d’internet ne permet pas de formuler des avis aussi tranchés tels que « internet c’est bien, la presse écrite, c’est nul »…

    La fronde menée par les bloggers contre la presse écrite relève en grande partie d’un phénomène de constitution identitaire par la désignation d’un ennemi commun… d’autant plus facile à désigner que la figure du « journaliste touche à tout mais expert en rien » était un stéréotype déjà disponible…

    Aliocha : bien vu. Je songe souvent que cette jacquerie permise par Internet n’est jamais qu’un très ancien fantasme enraciné dans la fascination répulsion que suscite le journalisme. Le métier attire, beaucoup voudraient l’exercer, en même temps il suscite depuis toujours l’agacement parce qu’il dérange, parce qu’il n’est jamais à la hauteur de l’idée qu’on s’en fait…

    J’apprécie beaucoup vos analyses et votre style.

    Commentaire par holden — 17/12/2008 @ 16:59

  28. bien sur, je n’ai pas lu tous les commentaires. ni même tout votre papier, Aliocha. J’en suis désolé. Je suis français, j’ai un gros poil dans la main.
    forcément, je ne vais répondre que partiellement. c’est marrant, parce qu’étant aussi un peu journaliste – même si je pige de moins en moins, je ne me suis jamais pris pour un journaliste quand je blogue. ça m’a toujours paru être deux moi différents. pourtant, les règles du journalisme, et la déontologie, je les connais. mais blogueur, je me sens plus écritureur qu’autre chose : je vérifie un peu mes infos mais je ne me casse pas la nénette à aller chercher des infos contradictoires ; si j’ai personne pour donner son avis, expert, spécialiste ou clown, m’en fiche complètement ; avoir des angles torturés, ou pas du tout, me gêne pas pour deux sous ; construire des papiers à l’envers, sans queue ni tête, parfait ! Mieux, ne pas avoir de sujet et broder, j’adore.
    tout ça est un peu personnel. mais pour dire que blog et presse écrite sont quand même deux mondes différents qui ne répondent pas aux mêmes impératifs, même si on trouve de l’info dans l’un et l’autre. mais de l’info, j’en trouve aussi au bistrot, à la fin de la nuit quand je roule sous le comptoir et que je retrouve mes copains de beuveries, égaillés au sol. ah, on en apprend de belles ! est-ce que ça m’empêche pour autant de lire la presse ?
    fausse guerre menée par des gens qui voudraient bien avoir le statut et les avantages de (tiens, Authueil parle d’une expérience initiée par L’Express. Vous allez sur le blog du journal, vous lisez le compte-rendu de la réunion et que demandent certains des blogueurs qui vont participer à l’opération ? s’ils peuvent rentrer gratuitement au musée ! s’ils peuvent avoir une recommandation pour avoir accès à un tel ou un tel !) et les autres qui tiennent à rester pas trop nombreux pour pouvoir toujours bénéficier de ces avantages et garder leur emploi, aussi…

    Aliocha : il me semblait bien que leurs motivations manquaient de noblesse 😉 Ah les rigolos, s’ils savaient à quel point le métier est dur, ingrat, épuisant, ils continueraient de payer leur entrée au musée. Ce ne sont pas les journalistes globalement qui sont privilégiés c’est une poignée d’entre eux qui, comme dans toutes les activités humaines, est parvenue à s’installer au sommet et bénéficient des avantages de « l’élite » pas de ceux de la presse.

    Commentaire par david — 17/12/2008 @ 18:04

  29. faudrait que je précise deux ou trois trucs pour pas avoir l’air naze quand je fais le malin.
    un tel, c’est évidemment untel (on se relit pas dans ces petits carrés pour écrire son commentaire).
    les journalistes sont quand même vachement nombreux. j’écrivais pas trop nombreux parce que je pensais aux quelques uns qui travaillent dans les grands journaux – me semble pas qu’au Courrier de l’Ouest, on se sente très menacé par les blogs.
    un biais du blog, à mon sens, c’est qui se ressemble s’assemble, c’est à dire que la tendance est plutôt à fréquenter des blofs qui confortent chacun dans son opinion plus que d’aller chercher la contradiction ici ou là (ce que devrait apporter tout bon journal).

    Commentaire par david — 17/12/2008 @ 18:13

  30. Lorsque des « bloggueurs » inconnus viennent faire la leçon aux journalistes, avec un pseudo-mépris de vainqueurs virtuels, on peut en sourire ou s’énerver. Mais lorsque c’est Alain Joannes, journaliste, qui crucifie l' »aveuglement » de la presse, son incapacité chronique à se réinventer et à évoluer, vous en pensez quoi ?

    La crise des quotidiens est parfaitement logique:
    http://www.journalistiques.fr/post/2008/12/17/La-crise-de-la-presse-est-parfaitement-logique

    Aliocha : la même chose, comment vous expliquer, je retrouve le même ton que je n’aime pas, le même esprit négatif, la même inexplicable rage. Soit on a des idées, on monte un projet et on n’a pas le temps de taper sur les autres, soit on se désintéresse du sujet, mais je ne m’explique pas cette agitation stérile et agressive. Franchement. Cela étant, je crois que je vais purement et simplement m’en désintéresser.

    Commentaire par FPM — 18/12/2008 @ 21:58

  31. Aliocha,

    Je suis globalement d’accord avec vous. Mais ce qui m’intéresserait c’est que vous nous gratifiez d’un billet sur ce qui selon vous, ne fonctionne pas bien dans le journalisme.
    Oui, c’est un exercice qui consiste un peu à donner le bâton pour vous faire battre, mais qui nous sortirait un peu de l’opposition stérile entre pros et antis.

    Cordialement,

    PS : Remarquez que vous l’avez sans doute déjà fait, auquel cas je vous saurais gré de m’en indiquer le lien.

    Aliocha : disons qu’il y a tant de critiques de la presse que j’ai opté pour une stratégie de niche : la défense de la presse 😉 Entre nous, je ne vois guère l’intérêt d’en ajouter aux horreurs que je lis sur mon métier et mon idée sur ce blog est plutôt d’en expliquer les contraintes pour évacuer au moins les attaques injustifiées liées à une méconnaissance du journalisme. Cela étant, j’ai écrit de mémoire au moins trois billets critiques « un sourire de diamant » https://laplumedaliocha.wordpress.com/2008/09/11/un-sourire-de-diamant/ et celui-ci sur la crise des subprimes : https://laplumedaliocha.wordpress.com/category/mea-culpa/ et aussi celui-là sur la presse féminine : https://laplumedaliocha.wordpress.com/2008/10/14/et-la-deontologie-bon-sang/.
    J’en écrirais sans doute plus, car comme tout un chacun je consomme moi aussi de l’information et je m’irrite de ce que j’y trouve, mais ces derniers temps j’ai été tellement ulcérée par les attaque que j’ai lues qu’elles m’ont incité à me demander s’il était vraiment judicieux que j’en rajoute. C’est une vraie question pour moi. Je n’ai pas encore trouvé la réponse.

    Commentaire par Nemo — 19/12/2008 @ 17:34

  32. encore ce débat ! L’une des différences, à mon sens, est dans l’approche des faits. Globalement, il y a les informations qui viennent du terrain, sur lequel un journaliste est allé, physiquement, sur lequel il a rencontré des vrais gens, dans des atmosphères qu’il a pu humer, puis il a recoupé les faits, vérifié les propos des uns et des autres etc. Puis, il y a les analyses, faites d’un bureau, à Paris ou ailleurs. A titre personnel, je ne vois guère de différence entre 99 % des bloggueurs, qui racontent leur vie et font partager leurs analyses, parfois brillamment, et les éditorialistes, qui ne passent que rarement le périph…
    Surtout, rappelons-nous que les plus gros tirages sont en provinces. Ouest-France, 800 000 exemplaires… Et je ne suis pas sûr que la grand-mère au fin fond de la forêt de Brocéliande soit une fan du surf sur mediapart ou backchich…
    Tout cela fait partie d’un système global d’informations, où chacun apporte sa pierre. Le web, les blogs, c’est très bien, c’est complémentaire. Mais ça ne remplace absolument en rien le job du journaliste « classique ».

    Commentaire par katjusha — 22/12/2008 @ 12:26

  33. Un « vite dit et gratuit » de @rrêt sur images à propos de ce billet : http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=2902

    Commentaire par Ancilevien — 06/01/2009 @ 15:28

  34. […] les blogueurs sur ce point, la défense des journalistes est bien discrète. Pour information, ce billet, consacré au même sujet, est reproduit aujourd’hui dans Libération et mentionné sur ASI, […]

    Ping par Des statistiques, des blogs et des salades « La Plume d’Aliocha — 06/01/2009 @ 17:23


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