La Plume d'Aliocha

05/12/2008

Novlangue blues

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 10:30

Je viens d’assister à une conférence de presse donnée par un grand groupe international de conseil dans un lieu branché du 8 ème arrondissement de Paris. Des experts mondialement renommés qui proposent de l’audit, des services juridiques et tout un tas d’autres conseils sophistiqués. La crème de la crème, leur signature vaut de l’or. La séance aurait sans doute été intéressante, si mon amie la communication n’y avait mis son grain de sel. J’avais en face de moi une dizaine de quinquagénaires en costumes sombres, mine sévère et cravate discrète. Ce ne sont pas des drôles les auditeurs, la com’ aurait dû les entraîner à s’exprimer, elle a préféré les briefer pour qu’ils s’expriment en novlangue, autrement dit qu’ils se taisent. C’est le fin du fin pour la com’, convoquer des journalistes pour occuper l’espace médiatique tout en ne disant absolument rien.

L’objet de la réunion ? Présenter les résultats annuels du réseau. Ces firmes clôturent au 30 juin, d’où le décalage de leur communication financière. Si vous saviez, mes amis, cette langue de bois qu’on nous a servie. C’est la crise ? Mais non bien sûr. Les résultats de la firme sont en croissance dans toutes les branches d’activité. Vous ne me croyez pas ? Je vous explique donc la mécanique.

De la com’ à la réalité

Bien sûr que c’est la crise. Mais en communication, on apprend à brouiller les messages. Ici, il s’agissait de faire passer en douceur l’idée que la grande entreprise continuait de prospérer. C’est ainsi que chaque associé de département a annoncé des progressions de chiffre d’affaires comprises entre 4% et 18% ! Ce faisant, on signifie : « les autres vont mal, nous ça va ! » Et on nous explique que c’est parce qu’on est meilleurs que les autres.

Décryptage  de cette incroyable bonne santé : ce cabinet repose à 45% sur l’audit, lequel relève quasiment de la vente forcée, c’est une obligation légale et les acteurs du marché capables d’auditer les comptes des grands groupes cotés ne sont que 4 . Bien sûr, la rentabilité est modeste, mais les mandats qui les lient aux entreprises durent six ans, donc c’est un confort proche du fonctionnariat en terme de business. Songez donc, ils ont facturé plus de 600 millions d’euros d’honoraires aux sociétés du CAC 40 en 2007 rien que pour contrôler leurs comptes !

Ce qui met du beurre dans les épinards ? Le conseil, 55%. Celui-là aussi se porte bien, pour l’instant. Je vous explique pourquoi : d’abord parce que les compte sont arrêtés au 30 juin alors que la situation a dérapé franchement en septembre. Ensuite, parce que les effets d’une crise se répercutent en un ou deux ans sur le secteur du conseil. Il faut laisser le temps aux entreprises de tailler dans leurs budgets, de finir de boucler leurs opérations et de payer les factures. Cela étant, c’est moi qui souligne, car évidemment, on ne nous l’a pas précisé.

Autre signe de bonne santé ? Les recrutements. Il y en a eu plus de 1000. Traduction de la com’: nous sommes en pleine santé. Vérité : l’audit est la valeur refuge des jeunes diplômés en période de crise. Ces cabinets qui sont fortement concurrencés en temps normal par les banques d’affaires peuvent en ce moment faire leur marché tranquillement, ils en profitent. Quitte à trier ensuite pour ne garder que les meilleurs qu’ils auront embauchés sans doute à prix cassés compte-tenu du contexte.

Ah ! la novlangue

Pour le reste, on m’a servi un discours auquel je n’ai rien compris malgré dix ans de pratique intensive de l’exercice. Il faut dire que je développe une allergie violente à la novlangue. Je vous cite quelques uns de ces mots creux :

– organisation en silo : très à la mode aussi dans les banques, incompréhensible bien qu’imagé,

– niche de proximité : n’ayant ni jardin ni chien, je ne comprends pas,

– matriciel : ésotérique appliqué à une organisation d’entreprise, j’ai interrogé un ami ingénieur spécialisé en management, il a éclaté de rire, le mot n’a aucun sens, c’est bien ce que je pensais !

– approche communautariste des clients : là je peux vous expliquer, en fait c’est du conseil mais le conseil n’est plus différent de vous, il devient votre double, votre jumeau, il est Vous, n’est-ce pas que c’est innovant ? Vous avez aussi, si vous le souhaitez, la version plus sophistiquée : approche de partage réel communautaire. La juriste que je suis ne peut s’empêcher de songer sadiquement : et si la boite conseillée fait faillite, le conseil par approche communautaire s’associe spontanément au règlement du passif en puisant sur sa cassette personnelle, je présume ?

Chaque directeur de département a fait le bilan de son activité en ces termes. J’avais mal pour eux. Et lorsqu’ils ne s’exprimaient pas assez fort, la dir’com, qui s’ennuyait un peu dans sa mini-jupe,  les rappelait à l’ordre, histoire de mettre en valeur son immense science de la communication : pour être entendu par une assemblée, il faut parler à haute et intelligible voix ! Avouez que je vous ouvre des perspectives infinies en vous révélant pareil scoop. Eh oui, c’est une vraie science la communication. Entre nous, ces mots-là, ils auraient bien pu les hurler façon Johnny à Bercy en duo avec Lara Fabian, je ne les aurais pas mieux compris, ils n’ont aucun sens.

Du coup, nous les journalistes en face on a eu bien du mal à poser des questions. Et c’est çà, la grande force de la communication : paralyser les esprits. Comment voulez-vous penser sans mots, raisonner sur des concepts creux, réagir en posant des questions si on ne vous a rien dit ? Personne ne comprend de quoi on parle, même les chiffres n’ont plus de sens. Quel dommage, nous traversons une période difficile, certes, mais passionnante. Et ces gens, dont le métier est d’être au chevet des entreprises, qui sont implantés dans le monde entier,  avaient sans doute plein de choses passionnantes à dire. Mon amie la com’ en a décidé autrement. Elle les a obligés à exprimer en novlangue le fait qu’ils étaient les meilleurs et que la crise n’avait aucune incidence sur eux. Comme ils nous auraient intéressés pourtant s’ils avaient parlé franchement. Comme nous aurions aimé, nous les journalistes, débattre avec eux pour vous expliquer ensuite, amis lecteurs, la manière dont ces spécialistes analysaient les effets de la crise et les conséquences sur leur activité de conseil. Et le mieux, c’est que ça les aurait vraiment valorisés. 

En sortant sous la pluie glacée, j’avais le blues, ce n’est pas pour assister à de telles pitreries que je suis devenue journaliste…Je n’écrirai pas d’article, pour dire quoi d’ailleurs, le communiqué de presse est en ligne sur le site de la boite, c’est amplement suffisant.

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39 commentaires »

  1. Aliocha, avec tout le respect que j’ai pour vous, ne pratiquez-vous pas également la langue de bois en ne nous dommant pas le nom de cette entreprise ? Après tout, si vous avez été à cette conférence de presse, c’est bien pour parler d’eux, quel que soit votre avis… non ? je dois avoir plein d’illusions sur le métier de journaliste.

    Aliocha : le nom n’a guère d’importance dès lors que ces pratiques sont généralisées. A quoi bon stigmatiser une boite plutôt qu’une autre ? C’est la communication que je vise, pas ces professionnels qui sont excellents. J’ajoute que je dois cette liberté de ton à mon pseudo et à l’anonymisation des infos.

    Commentaire par Mc — 05/12/2008 @ 11:12

  2. Bonjour Aliocha,

    Ne serait-il pourtant pas intéressant d’écrire un article retraçant à peu de choses près l’analyse que vous faites de cette conférence de presse ? Si les journaux sont moins lus, c’est probablement aussi parce qu’ils souffrent, qu’ils le veuillent ou non, de cette novlangue à laquelle tout esprit critique est allergique.

    Je ne sais pas si un reportage de cette teneur serait acheté par un journal ou un groupe de presse, quel qu’il soit. Cela dit, si la possibilité existe, ce que vous tirez de la conférence par ce billet me semble bien assez intéressant et légitime pour intéresser les lecteurs d’un journal. Si tout le monde se contrefiche en effet des résultats manipulés de la conférence, le décryptage de la communication utilisée est utile pour comprendre d’autres situations.
    Une sorte de bouffée de franchise, en somme, qui soulage tout le monde quand quelqu’un ose prendre le risque de l’assumer.

    Est-ce donc par manque de motivation ou par certitude qu’il serait invendable que vous décidez de ne pas écrire d’article ?

    Aliocha : je ne vous cache pas que les journalistes économiques sont pris d’une certaine lassitude et flirtent avec le renoncement. Le sujet dont je parle ici n’intéresse que la presse économique, or celle-ci ne peut pas écrire ce genre d’article. D’abord, elle est persuadée, avec raison je crois que les lecteurs viennent chercher des données factuelles, pas une critique de l’emprise de la com’. Ensuite, ça pourrirait les relations entre les journalistes et la com’, or la com’ est le passage obligé pour accéder à ces spécialistes. En l’état. Car je suis persuadée en effet que, compte-tenu des progrès technologiques qui mettent ces infos à la disposition de tous, nous allons devoir développer une approche d’analyse critique de l’info qui pourrait bien se substituer à notre rôle traditionnel de relais de l’information.

    Commentaire par Léo — 05/12/2008 @ 11:14

  3. Vous n’êtes pas aller chercher très loin…

    L’organisation matricielle, ça veut dire que l’on a plusieurs chefs, que l’on dépend de plusieurs services. Ca permet de partager des compétences rares entres plusieurs services.

    Les silos, c’est quand un petit chef décide de faire son propre sous-service dans le service, où il règne en dictateur local. Il y en a plein dans l’administration où je bosse.

    Ces deux là sont classiques en organisation du travail. Je ne connais pas les deux autres. L’approche communautaire, c’est certainement une variation sur le thème du « Nos clients sont notre première préoccupation ».

    Aliocha : je ne doute pas un instant que quelqu’un ait songé à définir ces mots là, ce que je dénonce c’est l’utilisation qui en est faite par les spécialistes de communication pour dire Rien avec beaucoup de mots apparemment savants. Jusqu’à rendre le discours inepte. Cela s’appelle occuper le temps de parole pour éviter les vrais sujets. C’est la nouvelle forme de censure.

    Commentaire par stephane — 05/12/2008 @ 11:27

  4. Quand la Com’ vient brouiller le message, que la langue de bois s’exprime avec franchise ou que la conférence commence à sentir cette vieille odeur du discours avarié au relent d’orgueil et de prétention, il n’y a qu’une technique prouvée et approuvée pour sortir de cette ambiance nauséabonde, d’autant plus si vous avez à faire à la crème de la crème : c’est la tarte à la crème justement !
    Eventuellement un petit choux à la crème peut aussi convenir, c’est plus discret mais il faut viser plus juste. Résultat garanti !

    Commentaire par Oeildusage — 05/12/2008 @ 11:30

  5. @stephane: Sauf que ca n’est pas la seule definition de l’organisation matricielle (sans parler du fait que l’emploi du mot matriciel est très mal venu mais bon, mon shampoing est renforçateur des cheveux alors je suppose que c’est un moindre mal)

    Commentaire par Fes — 05/12/2008 @ 11:40

  6. Je comprends parfaitement votre lassitude, il y a là du verbiage pour faire « in » et une volonté manifeste d’hypnotiser l’auditoire.
    Cependant, Aliocha, ne fallait-il pas faire acte de bravoure et d’insoumission en expliquant à haute voix : « et à part jargonner et montrer des chiffres qui n’ont pas de sens parce qu’ils ne sont pas mis en perspective, quoi de neuf chez vous ? ».
    En demandant ouvertement l’envoi d’un glossaire ou la présence d’un traducteur.
    Croyez-moi, quand on sait que vous êtes journaliste et que l’on vous a invité, on attend que vous compreniez bien ce qui est dit (après, vous en faites ce que vous voulez) car sinon on sait que l’on s’expose à un mauvais papier. Ce n’est pas une terrible sanction, mais la frilosité du moment aidant, voilà un argument de poids.
    L’autre optique consisterait à les prendre au mot pour montrer l’inutilité de ce qu’ils avancent : on ne comprend toujours pas…
    La méthode britannique du pittbull façon « why is this guy f*ckin’ lying to me » est rude mais au moins donne une leçon…

    Commentaire par [Enikao] — 05/12/2008 @ 11:47

  7. @Aliocha

    Il y a deux points que j’aimerai vous soumettre.

    Le premier, c’est un livre de Terry Pratchett, un des derniers de la série des annales du disque monde, « Timbré ». Ça ne se veut pas sérieux, bien entendu, mais il me semble que ça décrit, avec des mots bien choisis, ce que vous reprochez à la com’, le fait que ça « vrille la tête des gens », que ça empêche la réflexion. Et, lui, dans son récit humoristique, il en fait l’arme des escrocs, pas l’arme des communiquants. Et il me semble bien qu’il a raison…

    Le second a été en partie exprimé par Léo. Bon, un papier qui dise tout le mal que vous pensez de la com’ de cette entreprise, ce n’est pas vendeur. Soit. Mais un papier plus assassin? Après tout, vous avez assisté à la conférence de presse. Vous pouvez en faire un compte rendu. De quoi rendre compte? De ce que vous avez compris et retenu, puisque c’est votre métier. Quelques phrases pour vous aider: « Le cabinet Machin n’a rien à dire sur la crise, puisqu’il n’en parle pas en conférence de presse », et de délayer sur le fait que soit ils sont hors-jeux, soit ils servent de la langue de bois; « Fort logiquement, les cabinets d’audit étant impacté avec deux ans de retard, la crise n’a pas encore touché le cabinet Machin », et d’expliquer qu’ils s’en félicitent sans raison.

    Bref, vous êtes de revenue de cette conférence de presse avec des informations: d’une part celles qu’on vous a donné, mais surtout celles qu’on ne vous a pas donné. Cette lecture en creux a de la valeur, il me semble.

    J’essaye, quand je peux, de faire ça. Quand un communiquant (ministériel, souvent) essaye de m’enfumer sur mon terrain (technique et informatique), c’est toujours en ne parlant pas d’une partie du sujet. Parce que c’est la partie qui est glissante, celle où on voit qu’il n’a pas assez réfléchi, et donc pour ne pas passer pour un âne, il n’en parle pas. C’est important de bien souligner ce qui ne s’est pas dit, il me semble.

    Ça demande de connaître les dossiers, et de passer du temps à essayer de comprendre le salmigondi qu’on vous déverse. Mais, après tout, ça ne fait pas partie du boulot de journaliste? Si l’information était claire et lisible à la source, il n’y aurait pas de journaliste. Elle est opaque, absente, et brouillée, aidez à déchiffrer!

    Commentaire par Benjamin Bayart — 05/12/2008 @ 12:03

  8. Bonjour Aliocha,

    Je vous aime bien et j’ai eu une idée pour vous détendre, et pourquoi pas, vous permettre de devenir la journaliste économique la plus en vogue.
    Vous devez faire un billet pointu, ou mieux encore, organiser une conférence où seront décortiqués les mécanismes de la crise sous des angles inédits, originaux et révolutionnaires.

    C’est pas compliqué, pour cela il vous faut pendre exemple sur la communication en politique et concevoir un outils extrêmement performant : le générateur de discours économiques. Prenez exemple là dessus : http://g.langue.de.bois.free.fr

    Avec votre expérience et votre culture en la matière, ce travail est à la portée d’un âne… Choisissez un pseudo fort, dans le même esprit que celui de Boronali. Vous constaterez d’ailleurs qu’il y a beaucoup de similitudes entre votre réflexion et celle de Boronali : http://fr.wikipedia.org/wiki/Boronali

    Commentaire par Ali Borhon — 05/12/2008 @ 12:06

  9. Aliocha bonjour

    je lis régulièrement vos billets et quelquefois je ne suis pas toujours d’accord avec vous et je l’exprime

    en revanche j’adhère entièrement à votre billet et particulièrement à votre réponse faite à un de vos lecteurs « c’est l’utilisation qui en est faite par les spécialistes de communication pour dire Rien avec beaucoup de mots apparemment savants. Jusqu’à rendre le discours inepte. Cela s’appelle occuper le temps de parole pour éviter les vrais sujets. C’est la nouvelle forme de censure.

    aussi je propose à votre sagacité le thème suivant : » le discours du président sur la relance  » ce fut un langage direct fort et vigoureux compréhensible pour l’ensemble des auditeurs »
    j’ai entièrement écouté son discours et mis un résumé en reprenant ses mots sur mon blog
    et croyez mois je ne suis pas sarkoziste pour un sou mais apres le discours j’étais épatée n’est-ce pas là aussi le véritable tour de force ?
    JE SUIS CERTAINE QUE POUR UN BON BOUT DE TEMPS IL VA REMONTER DANS LES SONDAGES…
    Mais si ce langage n’est qu’un leurre que de la poudre de perlinpinpin et que rien de sérieux n’est fait alors je pense que le réveil sera douloureux pour tous

    la communication devient un art je l’apparente au billard tirer sur les bandes pour arriver au but…

    Commentaire par artemis — 05/12/2008 @ 12:10

  10. L’élan cumulatif prend le chemin d’une régulation, notamment dans de nombreux secteurs économiques et bancaires, mais reste en dessous des prévisions d’une régulation qui sera, à terme, c’est certain, d’avantage contrôlée.
    Aujourd’hui, la graduation effective doit consentir à des mutations du système bancaire relatant le motif économique allégué d’un compromis pour lequel il faut une issue favorable pour tous les partenaires. Il faut prendre des risques en se disant que le long processus de mutation bancaire permet de conserver la nécessité d’une dimension économique nouvelle pour le développement d’actions alternatives efficaces. D’un autre côté, la situation réelle doit compenser l’insuffisance financière inhérent à la nécessité de mutations technologiques d’une gestion des profits pour laquelle il devient de plus en plus difficile de démêler les tenants et les aboutissants.

    Pour plus de précisions sur cette analyse économique, cliquez su le lien du pseudo

    Commentaire par Economiste — 05/12/2008 @ 12:51

  11. Désolé le lien n’a pas fonctionné.
    Le revoici : http://g.langue.de.bois.free.fr/patronal/discours_patronal.php
    Bon, j’arrête de venir polluer votre blog.
    Mille excuses Aliocha.

    Aliocha : n’arrêtez surtout pas, c’est un monument ce discours !

    Commentaire par Economiste — 05/12/2008 @ 12:55

  12. Aliocha,

    Je comptais sur vous pour avoir une vision de la bande déroulante des dettes vérolées, grande banque par grande banque, sur les 24 prochains mois!

    Et meeeerde!

    Comment je vais savoir, moi, si les banques « digèrent » bien ou pas? Hein?

    Aliocha : Désolée Tschok, mais cette info là elle n’est pas cachée, elle n’existe pas. Personne n’en sait rien. Ni les apprentis sorciers qui ont conçu les produits de titrisation, ni les rigolos qui se les ont refilé en spéculant, ni les dirigeants des banques, ni les régulateurs, ni les politiques et encore moins les auditeurs. En revanche, le travail de mon amie la com’ sur ce délicat sujet consiste à limiter la casse en minimisant l’étendue de l’ignorance et surtout son caractère inacceptable ! Sa grande chance, c’est que tout le monde est dans le même bain, donc c’est la faute à la fatalité, le fonctionnement normal du marché , les crises inéluctables du capitalisme etc.

    Commentaire par tschok — 05/12/2008 @ 13:30

  13. @tschok

    Mais il n’y a qu’à leur demander voyons!! Ok, je sors…

    Commentaire par adrien — 05/12/2008 @ 14:12

  14. Moi j’ai tout compris de ce langage la preuve :

    A la rue Saint Denis ,elle fait de l’approche communautariste des clients .Sous l’œil vigilant ‎de son matriciel ,elle entre dans une niche de proximité faisant mine de ne rien remarquer de ‎l’organisation en silo.‎

    Commentaire par salah — 05/12/2008 @ 14:58

  15. Chère Aliocha,

    Vous m’avez rappelé le bon vieux temps !

    En fait, la « novlangue » existe depuis que les « communiquants » ont appris dans les Grandes Ecoles de Management l’art de noyer le poisson (en gros le milieu des années 70). Celui qui avouerait ne rien comprendre serait forcément un primate !

    Les Sociétés de Conseil et d’Audit sont passées maîtres dans le genre et parviennent à persuader leurs Clients que sans elles, la Terre s’arrêterait de tourner…

    Elles adorent les « niches », ces nids douillets où les profits prospèrent (même en temps de crise). « Matriciel » fait référence à « Matrix », cette culture d’Entreprise qui formate les esprits (très en ligne avec « La fabrique de l’opinion publique » de Chomsky, je sais que vous n’y croyez pas, mais je ne désespère pas de vous convaincre !)

    Bien que vous n’y fassiez pas allusion, je suppose que ce grand raoût était avant tout destiné à leurs Clients, les Journalistes invités étant l' »habillage » destiné à donner du crédit à leur opération de communication.

    J’ai fait personnellement les frais de ces méthodes de désinformation, il y a quelques années, où une Société de Conseil réputée, cotée au CAC 40, avait littéralement grugé ses actionnaires par des informations mensongères… Vous voyez sûrement de qui je veux parler (je ne la cite pas, car il pourrait bien leur prendre l’idée de me traiter comme M. de Filippis, ce qui me déplairait profondément !) J’ai constaté que ce sont les individus au passé judiciaire chargé qui se montrent les plus acharnés à se refaire une virginité.

    Les Sociétés de Conseil et d’Audit sont la version moderne de « Merlin l’enchanteur » 🙂

    Et leurs Clients deviennent de plus en plus accros des prédictions de ces oracles (et en même temps très fiers de faire partie du Club).

    Le plus choquant, c’est que le Pouvoir utilise maintenant les mêmes méthodes de communication :

    1) on sonde
    2) on délivre un message adapté
    3) on re-sonde
    4) on affinne le message… etc…

    Le but du jeu étant d’avoir au minimum 50% de « satisfaits »…

    Ce « baromètre » est devenu l’instrument essentiel de ceux qui détiennent le Pouvoir.

    Commentaire par ramses — 05/12/2008 @ 15:06

  16. Chère Aliocha,

    Vous m’avez rappelé le bon vieux temps !

    En fait, la « novlangue » existe depuis que les « communiquants » ont appris dans les Grandes Ecoles de Management l’art de noyer le poisson (en gros le milieu des années 70). Celui qui avouerait ne rien comprendre serait forcément un primate !

    Les Sociétés de Conseil et d’Audit sont passées maîtres dans le genre et parviennent à persuader leurs Clients que sans elles, la Terre s’arrêterait de tourner…

    Elles adorent les « niches », ces nids douillets où les profits prospèrent (même en temps de crise). « Matriciel » fait référence à « Matrix », cette culture d’Entreprise qui formate les esprits (très en ligne avec « La fabrique de l’opinion publique » de Chomsky, je sais que vous n’y croyez pas, mais je ne désespère pas de vous convaincre !)

    Bien que vous n’y fassiez pas allusion, je suppose que ce grand raoût était avant tout destiné à leurs Clients, les Journalistes invités étant l' »habillage » destiné à donner du crédit à leur opération de communication.

    J’ai fait personnellement les frais de ces méthodes de désinformation, il y a quelques années, où une Société de Conseil réputée, cotée au CAC 40, avait littéralement grugé ses actionnaires par des informations mensongères… Vous voyez sûrement de qui je veux parler (je ne la cite pas, car il pourrait bien leur prendre l’idée de me traiter comme M. de Filippis, ce qui me déplairait profondément !) J’ai constaté que ce sont les individus au passé judiciaire chargé qui se montrent les plus acharnés à se refaire une virginité.

    Les Sociétés de Conseil et d’Audit sont la version moderne de « Merlin l’enchanteur » 🙂

    Et leurs Clients deviennent de plus en plus accros des prédictions de ces oracles (et en même temps très fiers de faire partie du Club).

    Le plus choquant, c’est que le Pouvoir utilise maintenant les mêmes méthodes de communication :

    1) on sonde
    2) on délivre un message adapté
    3) on re-sonde
    4) on affinne le message… etc…

    Le but du jeu étant d’avoir au minimum 50% de « satisfaits »…

    Ce « baromètre » est devenu l’instrument essentiel de ceux qui détiennent le Pouvoir.

    Aliocha : le plus triste c’est que le pouvoir au lieu d’aller où sa science de la gestion de la société devrait le mener va où le public le porte. Je ne suis pas sûre que ce soit un progrès en matière de démocratie.

    Commentaire par ramses — 05/12/2008 @ 15:08

  17. Un peu d’anti langue de bois :

    «Nous, on est dans le conseil ;
    et c’est la crise.
    Hors, plus nos clients sont dans la merde, plus ils ont besoin de conseils.
    On va se faire des couilles en or massif !»

    Le tout dit avec la gueule du croque-mort avant un méga duel, dans les albums de Lucky Luke.

    Commentaire par Pilou — 05/12/2008 @ 15:12

  18. Alliocha, au moment d’ENRON et de la crise irakienne, les confrères racontaient cette petite blague:

    Saddam Hussein consent à ce qu’on vienne inspecter ses installations militaires. Une condition: que les inspecteurs viennent de Arthur Andersen.

    Commentaire par araok — 05/12/2008 @ 15:59

  19. Huh?

    L’info n’existe pas? Ils n’ont même pas une petite idée? Même en raisonnant par gros paquets?

    C’est fou ça.

    Attendez, attendez. Ils ont filialisé les risques quand même. Chaque filiale détient son lot de capsules de risques. Ils peuvent donc faire remonter l’info depuis la compta de chaque entité.

    Ou bien ils ont procédé complètement autrement.

    Le hors bilan?

    C’est dans le hors bilan?

    Commentaire par tschok — 05/12/2008 @ 16:00

  20. Sûr que ce serait délicat de tenir ces propos dans un article d’une publication économique.

    On lit parfois ce type de papier sous forme de « billet d’humeur », bien sûr ne visant personne en particulier, ou sous la plume d’un rédacteur en chef en « Editorial »… (suis pas journaliste mais il me semble que ce sont les termes).

    J’avoue bien aimer ces billets qui, à partir de l’actualité, s’efforcent de tirer des leçons plus générales.

    Commentaire par Maraudeur — 05/12/2008 @ 16:09

  21. ca rejoint ce que m’avait jadis raconté un de mes boss.

    régulièrement il dépensait des fortunes dans des audits pour recevoir des analyses de marché et des conseils en management…

    Ces rapports étaient, dans le meilleur des cas, remplis de conseils et analyse absolument creuses et inutiles voire carrément ridicules compte tenu de notre contexte économique. Disons que la seule info factuelle que l’on pouvait extraire de ces rapports est qu’ils ne comprenaient rien à notre marché.

    Alors pourquoi se faire auditer et éventuellement prendre des décision stupides?

    a cause des actionnaires. supposons que les choix faient par mon boss s’avèrent catastrophique pour l’entreprise… ben il aura toujours la possibilité d’exhiber un rapport d’un des ces Big Four. Oui je me suis trompé, oui j’ai pris des décisions qu’un gamin de 5 ans n’aurai pas pris.
    Mais j’y peux rien. Il y a un an la situation était très différente. La preuve regardez comment la société machin, qui conseille aussi tous nos concurrents (message subliminal) analysait notre marché… C’est des gens sérieux.

    Ben oui, un parapluie, un vrai de vrai, pour ne pas avoir à prendre des décisions là où les faits sont incertains et risquer certes d’avoir raison, mais aussi parfois de se tromper. De faire son job d’entrepreneur quoi!

    Comme souvent c’est par la peur que ces sociétés prospères bien souvent et réussissent à faire croire qu’elles sont indispensables.

    Inutile de dire que dans ces « analyses » tout et son contraire était dit. Suffisait juste de sortir le chapitre qui vous intéresse!

    Alors aux chefs d’entreprise désargentés je dirai bien ceci: allez voir une voyante. C’est pas plus sérieux, mais c’est moins cher!

    Commentaire par Fred — 05/12/2008 @ 16:09

  22. Pourquoi ne pas demander (puisque vous dites « nous les journalistes en face on a eu bien du mal à poser des questions »), à celui qui utilise des concepts comme « organisation en silo » de bien vouloir, s’il vous plait, définir ce qu’il entend très précisément par là ?

    Ainsi la nullité de sa « pensée » se dévoilera d’elle même lorsqu’il devra la reformuler, en français et de manière claire.

    Lorsque quelqu’un dit n’importe quoi, il ne faut surtout pas perdre l’occasion de l’interroger (je rêve d’u journaliste qui jouerait les accoucheurs socratiques face à un politique, ça nous changerait…)

    Commentaire par Marko — 05/12/2008 @ 16:26

  23. L’organisation matricielle consiste à casser la chaine hiérarchique (verticale) à coup de missions transversales et de projets qui ne le sont pas moins (horizontale). Horizontale+verticale=matrice comme en maths ou en broderie. Ça a des côtés sympas, d’autres beaucoup moins (l’isolement par exemple). Ça rend la structure plus adaptable, ça maximise la possibilité d’ouvrir les parapluies et de faire sauter des fusibles. Bref, se déresponsabiliser en « responsabilisant » ses subordonnés que l’on peu récupérer ou renier au gré des circonstances. La matrice est une belle invention.
    J’oubliais son principal avantage : La matrice se prête à de très beaux diaporamas sous PowerPoint.

    Commentaire par Lindir — 05/12/2008 @ 16:43

  24. niche de proximité : n’ayant ni jardin ni chien, je ne comprends pas,

    Moi non plus pourtant j’ai :

    * Un jardin
    * un chien
    * le même Diplôme que les « Men in black »
    * J' »audite » aussi (plutôt l’épicier du coin)

    Ceci dit je n’ai pas forcément envie qu’on m’explique puisque le temps que je comprenne on sera probablement passé à l’organisation séquentielle et au silo de proximité

    Un Expert comptable qui s’habille coloré et sans cravate…

    Aliocha : surtout ne changez pas 😉

    Commentaire par Gibb — 05/12/2008 @ 17:06

  25. @Lindir

    Merci, c’était très clair!!! Vous illustrez très bien le propos d’Aliocha. « casser la chaîne hierarchique », « mission transversale » qui rendent bien sûr la « structure adaptable ».
    Le tout balancé sur l’air de l’évidence. C’est ça la com’, l’art de dire des trucs abscons, tout en faisant genre que c’est simple à mourir et s’étonner de ce que les gens ne comprennent pas. Pour finir par « Vous y en a faire comme moi dire, point »

    Oui ça ressemble à un tableau. Vous êtes une entreprise, mettons d’aéronautique. Vous avez plusieurs services différent ( pour l’exemple : aérodynamique, structure, motorisation, automatique, habillage commercial, communication) et plusieurs programme en cours. En gros vous vendez plus d’un modèle d’avion (C001, C002, C003, C004) Ben vous fêtes le tableau suivant :

    département aéro, structure, motorisation, autom, habillage commercial, comm’
    programme

    C001 . . . . . . . .
    C002 . . . . . . . .

    C003 . . . . . . . .

    C004 . . . . . .

    Dans chaque case (ici les points) vous avez un nom, celui du responsable de la tâche, et voilà, vous avez une organisation de type matriciel.

    En vrai, c’est vrai que ça à pas l’air si compliqué, mais plutôt que prendre la peine d’expliquer les choses, on balance l’info comme ça. Ça fait savant, ça fait mystérieux. C’est la classe.

    Commentaire par adrien — 05/12/2008 @ 17:32

  26. Les vraies questions dans tout ça, c’est :

    – combien de journalistes présents cette année, et combien l’année prochaine (vous y retournerez, vous, Alliocha ?) ?

    – combien de papiers passés sur eux après la conférence de presse ?

    Et comment la Dir Com’ va vendre ces résultats là en interne.

    Commentaire par Hapax — 05/12/2008 @ 17:41

  27. @ Marko 22

    Je puis vous assurer par expérience que quiconque, dans ces circonstances, s’aviserait de demander un éclaircissement, se retrouverait nu comme un ver, avec des centaines d’yeux réprobateurs fixés sur lui… A déconseiller absolument, sauf à ceux qui n’ont rien à perdre (dans ce genre réunions, c’est très rare).

    @ Gibb

    C’est pourtant pas compliqué, la « niche de proximité » est un endroit proche où l’on peut se faire un max de blé, là où personne n’y avait pensé auparavant. Ne pas confondre avec la « niche fiscale », aménagée par le Fisc dans des endroits généralement éloignés, style DOM-TOM, où le contribuable fortuné pense qu’il va pouvoir économiser des impôts. Il s’agit souvent d’un « leurre fiscal », le retour sur investissement étant très inférieur au montant des impôts soustraits.

    @ tschok

    Les banquiers ont tellement bien encapsulé les risques qu’ils ne savent plus où ils se trouvent… C’est comme demander à un soldat de rapporter la clé du champ de tir ou « combien de temps met le fût du canon à se refroidir ». Réponse d’un connaisseur (Fernand Raynaud) : « Un certain temps ». Pour la crise, c’est pareil.

    Commentaire par ramses — 05/12/2008 @ 17:45

  28. Un petit cadeau pour garder l’esprit vif 😉

    [url]http://www.presidentielle-2007.net/generateur-de-langue-de-bois.php[/url]

    PS : en recherchant « Générateur lange de bois » on en trouve plein d’autre adapté aux situation.
    On trouve aussi de quoi fabriquer les sien, el mettre en ligne, etc.

    Commentaire par furax — 05/12/2008 @ 18:29

  29. @adrien
    Je m’essayais à l’ironie du vendredi après-midi, visiblement c’est raté. J’ai pourtant fait soft, j’aurais dû parler de missions transverses et de structure ad hoc. Dans votre exemple, le matriciel ressemble à quelque chose. Dans une entreprise de conseil et assimilé, c’est beaucoup plus drôle.
    Ah, tout de même, le Powerpoint était un indice…

    Commentaire par Lindir — 05/12/2008 @ 18:31

  30. Ah, et sinon, pour la piqûre de rappel sur les stats :

    « Statistiques – Méfiez-vous » de Nicolas Gauvrit

    (Chez amazon : [url]http://www.amazon.fr/Statistiques-Méfiez-vous-Nicolas-Gauvrit/dp/2729830707/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1228498435&sr=8-1[/url])

    où comment, avec les mêmes chiffres, « prouver » tout et son contraire de façons tout à fait convaincantes (parfois en toute bonne foi !)…

    Un très bon complément à la langue de bois pour les conf’ de presse 😉

    Commentaire par furax — 05/12/2008 @ 18:44

  31. A ca me rappelle l’histoire du consultant qui vous explique comment faire votre travail… toujours aussi drole…

    Commentaire par Vonric — 05/12/2008 @ 19:37

  32. @Lindir

    Désolé je suis étudiant et je sortais justement d’un cours de pipeau… j’étais moins récéptif. C’est vrai que j’ai loupé le gros indice…. sans rancune? 😉

    Commentaire par adrien — 05/12/2008 @ 19:58

  33. J’ai quitté votre blog pendant qq jours. Je viens de lire ce billet et le précédent : de vrais sujets, bien amenés et je vois que je ne suis pas la seule à le penser.

    Le plus grave dans tout ce que vous racontez, c’est finalement le mutisme des médias; et pourquoi on ne peut lire cela que sur un blog ?

    Commentaire par Phedra — 05/12/2008 @ 20:18

  34. A quand la publication du verbatim de cette conférence de presse (à défaut d’avoir une vidéo) ? J’avoue qu’on pourrait y prendre un grand plaisir grâce aux tartufferies de la com’, déjà que les extraits cités m’ont bien fait rire ! J’imagine que j’en demande trop et qu’il faut peut-être être volontairement décalé pour en rire de la sorte…

    Commentaire par Bardamu — 05/12/2008 @ 22:31

  35. Je découvre votre blog avec ce papier, excellent !

    Commentaire par J.K. — 05/12/2008 @ 23:20

  36. Matriciel… Hum… Vous savez ma chère Aliocha, je déteste quand des gens réutilisent un mot en lui changeant son sen, uniquement pour faire « branché »… Qu’on utilise un mot anglais à la place de son français me paraissait le pire que l’on puisse faire jusqu’à il y a peu, mais ça j’aime encore moins… Mais parler « d’organisation matriciel » fait et branché et scientifique (donc rigoureux et exact), quand bien même ça ne veut pas dire grand chose…

    Commentaire par Triskael — 05/12/2008 @ 23:53

  37. La novlangue a un double sens, tandis que là, on a l’impression que c’est destiné à donner à une expression à sens restreint une connotation technique… Enfin, les dérives de la communication se retrouvent partout.

    Commentaire par Philonous — 06/12/2008 @ 03:21

  38. @Philonous

    Il faut relire vos classiques, la novlangue n’a pas de double sens, justement. Elle se caractérise par le fait qu’on enlève les mots qui fâchent pour les remplacer par des mots plus flous.

    Ce n’est pas une tendance isolée dans les hautes sphères de la Phynance. Ça se retrouve partout, ça envahi même la vie de tous les jours. Il y a quelques jours encore, dans un document technique, purement interne, expliquant un détail de conception du soft sur lequel on bosse, un des gars de mon équipe avait écrit « personnes âgées », quand je lui ait dit que dans un document technique, il aurait mieux fait d’écrire « vieux », il a été choqué. Alors que j’avais raison: ce point n’a pas beaucoup d’importance dans le contexte, autant utiliser un mot court et clair.

    Quand on se met à devoir utiliser deux mots neutres à la place d’un mot fort, on empêche les gens de réfléchir, parce qu’on les force à manipuler deux concepts au lieu d’un, parce qu’on force à faire des phrases plus longues. Les gens qui font des maths le savent bien, une fois qu’on est arrivé à une expression trop complexe, on cherche comment écrire la même avec moins de symboles, mais plus forts (par exemple, là où il y avait « l x L », largeur fois longueur, on va écrire « S »). Si on le traduit sur du langage, ça veut dire qu’on a plus de mots (on a toujours longueur et largeur, mais aussi surface) dans le vocabulaire, ce qui permet de faire des phrases courtes et ayant du sens. Ce qui permet surtout de réfléchir, essayez de dire la surface habitable de votre maison avec seulement des longueurs et des largeurs, vous allez rigoler 🙂

    Commentaire par Benjamin Bayart — 06/12/2008 @ 10:09

  39. « organisation en silo : très à la mode aussi dans les banques, incompréhensible bien qu’imagé, »
    Pour moi, un silo, c’est un contenant dans lequel on entasse des « trucs », façon sardine, sans leur laisser la possibilité de respirer de peur que ça n’explose.
    Mais j’ai comme l’impression que ce n’est pas trop ce que ce monsieur voulait dire…

    Commentaire par Xavier — 08/12/2008 @ 10:01


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