La Plume d'Aliocha

03/12/2008

Les banquiers se rebellent

Filed under: Eclairage — laplumedaliocha @ 16:18

Je bavardais ce matin avec un confrère qui a eu la joie récemment de dîner avec les cadres d’une grande banque française. C’est un dîner annuel traditionnel dédié aux journalistes où l’on y parle de joyeusetés bancaires. Vous voyez le personnage de Sylvestre dans les Guignols de l’info ? C’est cela, en moins drôle et sans doute aussi en plus inquiétant.

Croyez-vous que cette année les banquiers en question aient décidé de faire profil bas ? Du tout. Croyez-vous qu’ils se soient interrogés sur leur rôle et leur avenir ? Pas davantage. D’après mon ami, et je le crois sur parole, ils ont surtout pleuré sur le sort de leurs copains en faillite. Vous ne compatissez pas ? C’est que vous n’avez pas de coeur.

Ils ont eu aussi le bon goût de s’en prendre au gouvernement. Vous savez bien sûr que Nicolas Sarkozy leur a prêté de l’argent pour qu’à leur tour ils puissent prêter aux entreprises ? Ceci est surveillé par un médiateur du crédit dont l’action est relayée dans les département par les préfets. Le système fonctionne sans doute puisque c’est devenu le grand sujet d’agacement du jour dans les banques. On n’hésite pas à qualifier les préfets de « soviets » (sic!) et à s’indigner de devoir déférer à leurs convocations pour s’expliquer sur les crédits aux entreprises !  

Voilà qui fait frémir n’est-ce pas ? Vous aimeriez connaître le nom de la banque, je ne vous le dirai pas, je n’ai pas envie de me retrouver nue dans les caves d’un tribunal, il fait un peu trop froid en ce moment. Et puis au fond c’est sans importance, elles pensent toutes de la même façon.

Et les journalistes me direz-vous, pourquoi n’ont-ils rien raconté ? Allez savoir. Dans la presse économique, ils ne peuvent pas, quant aux autres, je l’ignore. Il y aurait sans doute beaucoup à dire, mais ces sauteries sont traditionnellement en off, et puis on y glane généralement rien de factuel, or, nous sommes tenus dans nos articles de raconter des faits, pas des impressions d’ambiance. Entre nous, il serait temps qu’on se rebelle contre ces séances à  vocation d’endoctrinement pur, lors desquelles on nous fait gober n’importe quoi en nous suggérant de nous taire, tandis qu’en face on ne s’interdit nullemment de se foutre de notre gueule. En l’état, nous gardons pour nous ces petites confidences entre amis et nous concentrons sur les faits bruts, chiffres d’affaires, pertes éventuelles, stratégie, mais je commence à me demander si nous ne devrions pas vous raconter les coulisses, car ici on voit bien que la dimension psychologique est essentielle à la compréhension de l’actualité. Cela étant, à supposer que l’un d’entre nous ose le faire, ils serait instantanément boycotté et si on s’y mettait à plusieurs, on nous bloquerait l’accès à l’information. Par conséquent, que faire ? Un blog peut-être, en attendant !

Mais revenons aux banques. On dit que Nicolas Sarkozy n’est pas dupe un instant de cet état d’esprit, qu’il est d’ailleurs depuis longtemps foncièrement allergique aux banques. On dit aussi, du côté des « proches du dossier » que la première qui dérapera risque de regretter le jour de son immatriculation au registre du commerce. Il parait qu’on n’attend que ça à l’Elysée. Libération n’y croit pas. Le journal a raison et tort à la fois. Raison parce que les hésitations dans les discours des uns et des autres permettent de douter. Tort parce que ces démentis auraient, dit-on, pour but d’éviter d’attirer l’attention des spéculateurs sur les banques concernées. Je vous laisse juge.

Mais voilà un état d’esprit qui m’inquiète pour la suite. Car au fond que révèlent les banquiers en confiant leurs pensées intimes ? A peu près ceci :

– qu’ils restent convaincus que la crise actuelle fait partie du fonctionnement normal d’un système capitaliste,

– qu’ils ne sont pas fautifs et ont d’ailleurs eux-mêmes beaucoup perdu,

– qu’il faut continuer de rémunérer de manière indécente les traders pour éviter de se les faire chiper par la concurrence,

– qu’ils n’entendent pas se concentrer de nouveau sur leur coeur de métier, à savoir dispensateurs de crédit, et qu’ils vont faire en sorte de pouvoir poursuivre leurs activités de marché beaucoup plus juteuses (pas en ce moment c’est vrai, mais c’est la faute aux marchés, pardon, c’est le fonctionnement normal du marché),

– que rien ni personne ne les empêchera de continuer à vendre des produits financiers toujours plus sophistiqués, ceux-là même que leurs concepteurs sont les seuls à comprendre,

– que tous ceux qui s’indignent de la situation sont des imbéciles qui n’ont rien compris au capitalisme,

– que les politiques sont esclaves de l’opinion publique et vont encore leur asséner des réglementations imbéciles qui au fond ne feront que provoquer la prochaine crise.

Le pire, c’est qu’ils sont profondément persuadés d’avoir raison. Et que même amoindris par la crise, ils conservent suffisamment de pouvoir pour se faire entendre.

Voilà en quelques mots l’état des lieux. Vous aurez compris que les hauts cadres bancaires français ne font que relayer les convictions de la finance internationale. Les contre-pouvoirs vont donc devoir être sacrément puissants et unis pour mettre en place une régulation mondiale et encadrer le système…

Et pendant ce temps, l’Etat français se bat avec Bruxelles pour faire admettre que l’aide de 10,5 milliards versée à 6 de ses banques n’est pas anti-concurrentielle. Y’a pas de justice.

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60 commentaires »

  1. Je dis peut-être une bêtise, mais… Ne vaudrait-il mieux pas annuler cette aide et laisser ces banques se casser la gueule, pour apprendre l’humilité à ces gens ?…

    Aliocha : et les entreprises, qui les financent ensuite ?

    Commentaire par Triskael — 03/12/2008 @ 16:47

  2. @Aliocha :
    Oui, je sais, c’est le problème… Mais d’un autre côté, je ne vois pas d’autre chose pour leur donner la gifle qui pourront les remettre en place…

    Commentaire par Triskael — 03/12/2008 @ 16:51

  3. N’y aurait il pas une trop forte concentration du même profil ENA/Inspecteur des finances à la tête et dans les états major des banques françaises? Cela pourrait être un facteur de cette « croyance unique » dans le capitalisme bancaire.

    Aliocha : possible et cela expliquerait aussi une certaine arrogance 😉 mais je connais aussi des non énarques qui ont le même état d’esprit, je crois qu’il est attaché au fond à la finance

    Commentaire par Albireo — 03/12/2008 @ 17:17

  4. Malheureusement, les banques sont au coeur du fonctionnement d’une économie qui est mondialisée depuis un petit bout de temps, donc ces personnes savent que leur situation, malgré la crise et tous les abus qui ont été mis en évidence récemment, est plutôt assurée. Et ils se plaignent du pouvoir de l’Etat… C’est pourtant le seul espoir pour un citoyen de voir son opinion entendue dans le fonctionnement des affaires économiques. Bref, on a l’impression que les banquiers se plaignent pratiquement de la démocratie et n’ont aucune crainte pour leurs prérogatives, qui pourtant ont un impact sur la vie de tous… Tout cela n’augure rien de bon.
    En tout cas, merci Aliocha pour ces informations fort intéressantes.

    Commentaire par Philonous — 03/12/2008 @ 17:26

  5. « Aliocha : et les entreprises, qui les financent ensuite ? »
    et bien l’état pourrait utiliser cet argent pour le prêter aux entreprises ou pour racheter les banques par exemple. C’est ce que font ces bocheviks d’anglo-saxons.

    Commentaire par prof — 03/12/2008 @ 17:39

  6. Bravo pour ce post sidérant.

    Commentaire par Mazarinet — 03/12/2008 @ 17:39

  7. Bonjour juste pour signaler mon cas perso (patron de TPE) vis a vis des banques, j’ai publié un article sur rue89 (désolé pour la pub ce n’est pas volontaire) voir le lien : http://eco.rue89.com/2008/12/02/comment-une-tpe-a-ete-prise-en-traitre-par-le-credit-a-la-conso

    merci.

    Commentaire par sébastien — 03/12/2008 @ 18:41

  8. Bonsoir Aliocha,

    J’ai du coeur! Tenez, la preuve, je compatis:

    « – qu’ils restent convaincus que la crise actuelle fait partie du fonctionnement normal d’un système capitaliste, »

    Tout à fait. Il y a des catastrophes aériennes, non? Ca vous empêche de prendre l’avion?

    Aliocha : quand ils seront dans l’état des banques, j’arrêterai….

    « – qu’ils ne sont pas fautifs et ont d’ailleurs eux-mêmes beaucoup perdu, »

    C’est vrai: la crise a démarré aux states à cause de ces courtiers en crédits hypothécaires que nous on connait pas dans notre beau pays de Froooonce.

    « – qu’il faut continuer de rémunérer de manière indécente les traders pour éviter de se les faire chiper par la concurrence, »

    C’est tellement vrai que les traders, avides, se tirent avec la caisse.

    Aliocha : au moins, ceux-là sont cohérents

    « – qu’ils n’entendent pas se concentrer de nouveau sur leur coeur de métier, à savoir dispensateurs de crédit, et qu’ils vont faire en sorte de pouvoir poursuivre leurs activités de marché beaucoup plus juteuses (pas en ce moment c’est vrai, mais c’est la faute aux marchés, pardon, c’est le fonctionnement normal du marché), »

    Depuis quand un banquier doit il prêter de l’argent, je vous le demande??

    Aliocha : bah, une idée folle de journaliste ignorante 😉

    « – que rien ni personne ne les empêchera de continuer à vendre des produits financiers toujours plus sophistiqués, ceux-là même que leurs concepteurs sont les seuls à comprendre, »

    Je ne comprends rien au fonctionnement de mon four à micro ondes, ça ne m’empêche pas de m’en servir, que je sache.

    Aliocha : en effet, mais ce n’est pas vous qui le fabriquez, si c’était le cas, ce serait ennuyeux que vous ne sachiez pas comment il fonctionne et en particulier quels risques il présente.

    « – que tous ceux qui s’indignent de la situation sont des imbéciles qui n’ont rien compris au capitalisme, »

    L’indignation est un indice sérieux d’imbécilité, raison pour laquelle de tous temps le banquer ne s’indigne de rien.

    Aliocha : sauf de devoir rendre des comptes à l’Etat pour l’utilisation de l’argent qu’on lui a prêté

    « – que les politiques sont esclaves de l’opinion publique et vont encore leur asséner des réglementations imbéciles qui au fond ne feront que provoquer la prochaine crise. »

    Tout le monde devrait savoir que la crise actuelle a été provoquée par un excès de réglementation! M’enfin quoi!

    Aliocha : ne plaisantez pas, nous avons déjà eu la visite ici de commentateurs soutenant cet argument.

    PS: dites donc, ils sont marrants vos banquiers! Pas besoin de clown d’entreprise chez eux, ils assument la fonction en interne.

    Commentaire par tschok — 03/12/2008 @ 18:51

  9. Au fait?

    C’est quoi cette histoire de vous, nue dans une cave?

    D’un tribunal en plus!

    (avec des chaînes et des cadenas… brrrrrr!)

    Aliocha : une simple allusion à la mésaventure de mon pauvre confrère de Libé, qu’allez-vous donc imaginer Tschok, enfin, allons, voyons, voudriez-vous être sage. C’est Fantômette qui vous manque, elle va venir, détendez-vous 😉

    Commentaire par tschok — 03/12/2008 @ 18:55

  10. « Vous voyez le personnage de Sylvestre dans les Guignols de l’info ? C’est cela, en moins drôle et sans doute aussi en plus inquiétant. »

    Parce que, comme beaucoup, vous y voyez un caricature amusante ?

    Depuis ses début à la « World Company », j’y ai toujours vu une réalité bien crue : je reste persuadé qu’il s’agit bien plus de la réalité que les informations qu’on peut en avoir par ailleurs !

    En plus, vous confirmez la chose en disant qu’« ils ont surtout pleuré sur le sort de leurs copains en faillite. »

    Avez vous vu les guignols ces derniers temps ? On voit Arlette téléphonner aux copains (Besancenot et Hue) pour partager avec eux le fait qu’ils avaient raison, que le grand capital s’écroulait, qu’ils étaient des visionnaires, la larme à l’œil, s’apprêtant à fêter ça dignement avec une bouteille de Préfontaine pour arroser ses coquillettes avec son poisson rouge (bubulle)… pour enchaîner sur deux Sylvestres en limousine qui se racontent EXACTEMENT ce que vous nous dites : « ouais, ya des hauts, ya des bas, on peut pas gagner à tous les coups, hein ? Au fait, t’as vu Machin ? Il a paumé 200 M$ dans l’histoire ! Oh, le pauvre ! ».

    Ce n’est pas de l’humour : c’est du cynisme-réalité !

    Référence : Émission du 27/11/2008, 3’40 », à http://www.canalplus.fr/index.php?pid=1784

    Brrrr…

    Aliocha : j’ai vu en effet et au fond vous avez raison, il n’est pas drôle Sylvestre, et le pire, c’est qu’il n’est pas caricatural non plus.

    Commentaire par furax — 03/12/2008 @ 21:02

  11. bonsoir Aliocha

    merci pour ce billet
    pour avoir travaillé dans une boite internationale de renom qui a ses entrées dans tous les ministères du monde ou presque je connais bien ce genre de « party « clownesque dans lesquelles sont conviées certains journalistes pour leur faire gober tout et n’importe quoi et surtout qu’ils informent selon les axes stratégiques de communication fixés par les actionnaires.

    en fait j’aurais intitulé votre billet non pas les banquiers se rebellent mais les journalistes se rebiffent
    cela me fait penser aux dialogues d’Audiard dans un bon vieux film …

    Commentaire par artemis — 03/12/2008 @ 22:33

  12. pour ce qui est de votre mise à nue et d’une fouille à corps je vous ai posté dans le billet précédant un document fort intéressant concernant la fouille corporelle

    sinon ne vous inquiétez pas je vous apporterai une couverture

    Commentaire par artemis — 03/12/2008 @ 22:37

  13. Il suffirait de nationaliser le secteur bancaire. Juste le secteur bancaire. Toute l’économie dépendant de ce secteur, il est irresponsable d’en laisser la gestion à des intérêts privés qui ne pensent qu’a la prochaine voiture de kéké qu’ils vont pouvoir s’acheter avec le prochain bonus.

    Aliocha : parce que vous trouvez que l’Etat est brillant en banquier vous ? Moi pas. Je penche plutôt pour une régulation bien pensée, et ferme, mais cela, j’ignore si on saura le faire.

    Commentaire par sad panda — 03/12/2008 @ 22:40

  14. Le premier reflexe d’un noyé est de s’aggripper en noyant celui qui tente de le sauver .On ne ‎s’attend pas à mieux comme réflexe de la part des institutions bancaires. ‎Celles-là même,les six principales banques en France et qui vont percevoir 10,5 milliards de ‎fonds propres. Pourquoi ? Pour éviter le Krach des banques disait le Président Sarkozy .‎Etait-il naïf en leur accordant crédit au sens propre et au sens figuré,quand on sait que pour une ‎banque ,l’économie réelle ,celle des petites et moyennes entreprises c’est pas sa tasse de thé c’est du has been bancaire ? ‎
    Il n’est pas naïf ! Il sait que le premier qui serait touché c’est l’Etat et l’ensemble de ses fonctionnaires ‎si les banques n’ont pas les moyens d’assurer les paies de ses agents,des dépenses courantes de ‎fonctionnement avec des sous que l’Etat ne possède même pas .‎
    Que doit-il faire donc ? Ménager le noyé et tant pis s’il étrangle au passage des contribuables .
    Pour que la farce soit plausible ,il faut surtout ne pas oublier de dire dans les médias ,cette aide n’est que pour permettre aux entreprises à investir et à relancer l’économie avec de l’argent non retiré par les actionnaires dans les banques. Si vous connaissez quelqu’un qui a obtenu un crédit pour investissement dans les derniers mois ,qu’il se dénonce ,il fera la une de tous les journaux .

    Commentaire par salah — 03/12/2008 @ 22:59

  15. Tiens ce soir il y avait votre émission favorite, Aliocha : les infiltrés.

    En parlant de dîner, il me vient une idée…
    Vous nous avez souvent raconté vos petits dîners privés avec banquiers, économistes ou je ne sais quels autres technocrates de la finance. La prochaine fois, équipez vous d’un micro et d’une mini caméra, faites vous servir une bonne bouteille et faite parler votre interlocuteur pour qu’il confie ses pensées intimes (je parle de la crise bien sûr). Ensuite vous nous mettez tout ça sur votre blog !
    C’est un nouveau concept : « le reportage par infiltration individualisée ».

    Commentaire par Oeildusage — 04/12/2008 @ 02:00

  16. Que les Banquiers soient dans l’état d’esprit que vous décrivez ne m’étonne pas du tout…

    Mais que l’Etat leur prête de l’argent pour leur éviter de faire faillite, c’est plus discutable, d’autant qu’au lieu de le redistribuer en crédits aux Entreprises, ils s’en servent pour continuer à spéculer (comme Natixis et les Caisses d’Epargne, dont ce n’est pas la vocation).

    Le « fonds souverain » de 20 milliards fait rigoler les spécialistes… C’est bien sûr notoirement insuffisant pour relancer l’Economie, aussi l’Etat a t’il eu l’idée géniale de ponctionner le Livret A et la CDC (là, ça devient franchement inquiétant pour les petits épargnants et les Collectivités locales).

    Et dites-vous bien que la crise est encore devant nous… On n’a encore rien vu et les mesures prises sont surtout destinées à effacer les erreurs des Banques.

    Pour vous donner une idée, il y a un million de voitures neuves sur les parcs des constructeurs et ce n’est pas la prime de 1000€ (une aubaine pour les possesseurs d’épaves) qui va relancer les achats, pour la simple raison que le robinet du crédit aux particuliers est fermé.

    2009 va révéler une hécatombe d’Entreprises et le chômage augmentera dans des proportions considérables.

    On en est à favoriser l’implantation en France de Banques islamiques, qui proposeront des prêts conformes à la charia (qu’en pensent vos amis Banquiers, à propos ?)

    Quand on voit le plan financier colossal que Barack Obama va mettre en oeuvre aux profit des Entreprises, on ne peut qu’être choqués d’entendre que la crise, telle le nuage de Tchernobyl, épargnera la France.

    C’est un discours pour les gogos, qui ne comprennent rien à l’Economie et s’extasient des paroles rassurantes du Pouvoir… En fait, le peuple adore l’histoire de Don Quichotte et de « Bonne nuit les petits » 🙂

    Commentaire par ramses — 04/12/2008 @ 02:29

  17. « […] la crise actuelle fait partie du fonctionnement normal d’un système capitaliste »: La vision des crises comme « mode de régulation » du capitalisme (et donc quelque part comme un mal nécessaire mais positif) appartient -elle au discours habituel de tous nos économistes?
    Les crises n’existaient -elles pas dans les systèmes communistes? Si elles existaient dans les systèmes communistes pourquoi n’avaient – elles alors pas la même valeur « salvatrice » que nos économistes attribuent aux crises dans les systèmes capitalistes?

    Commentaire par Novice en éco — 04/12/2008 @ 09:27

  18. Tout le monde sait que le banquier est un homme secourable : « Il vous prête un parapluie par beau temps et vous le réclame dès qu’il commence à pleuvoir ».

    Ils sont alors capables de prende des risques inconsidérés pour se manger les uns les autres, mais pas pour financer des parapluies surtout…lorsqu’il pleut !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/12/2008 @ 10:10

  19. Triskael> La solution est de faire ce que fait Brown en Grande Bretagne: la nationalisation avec un paquet de mesures qui font qu’au final, la crise passée, le contribuable britannique pourrait bien être gagnant.

    L’aide de l’Etat français est une rigolade: un paquet d’argent donné aux banques, sans contrepartie… et après on se demande pourquoi Bruxelles y trouve a redire.

    Aliocha: « à supposer que l’un d’entre nous ose le faire, ils serait instantanément boycotté et si on s’y mettait à plusieurs, on nous bloquerait l’accès à l’information »> même si tout le monde s’y met ? Si La Tribune et Les Echos se mettent a faire des articles d’ambiance, avec le Monde, Libé et le Figaro, les milieux de la finance boycotteraient ? Je n’y crois pas, il faudra bien communiquer d’une façon ou d’une autre…

    Commentaire par Vonric — 04/12/2008 @ 10:18

  20. Je dois dire que dans cet article, j’ai du mal à en vouloir aux banquiers : ils sont à l’intérieur du système, ils en vivent, ils ont été selectionné depuis le début de leur carrière pour croire dur comme fer à toutes ces choses. Ce qui serait étonnant, c’est qu’il changent si facilement d’avis ! Oh, il y en a certainement quelques uns qui changent (si j’étais méchant, je dirais que ce sont ceux qui ne sont pas imbéciles, suivant l’adage bien connu…), mais la majorité s’accroche à leurs positions précédentes. Et finalement, ils n’ont sans doute pas tort, de leur point de vue : les gouvernements font des efforts pour lisser les plus gros dégats de la crise et à long terme, il semble assez raisonnable de penser que dans quelques années ils recommenceront à faire des profits. Bien sûr, d’autre gens auront souffert entre temps, mais… c’est dans la nature du capitalisme, rien n’est jamais acquis, donc ils ne voient rien de choquant là-dedans (on peut même aller jusqu’à dire que, dans un certain darwinisme social un peu passé de mode, une crise de ce style « purge » la société de ses éléments qui ne sont pas efficaces !).

    Ce qui me gène plus, c’est effectivement l’impact sur les journalistes et, indirectement, le public. Alors que leurs comportements ont, actuellement, des effets sur tout le monde, on n’a du monde de la finance quasiment que la vue biaisée des financiers eux-mêmes, via des communiqués ou interviews ronflants. Sans aller jusqu’à dénoncer aggressivement les réunions comme celle que vous décrivez, je pense que pas mal de gens verraient d’un bon oeil des articles montrants en quoi les banquiers ont forcément un avis non neutre. Pas forcément dans le but de dévaloriser leurs avis (après tout, ce sont toujours eux les mieux à même de comprendre ce qui se passe !), mais plutôt pour relativiser et permettre de prendre un peu de recul.

    Commentaire par Rémi — 04/12/2008 @ 10:47

  21. « Aliocha : une simple allusion à la mésaventure de mon pauvre confrère de Libé, qu’allez-vous donc imaginer Tschok, enfin, allons, voyons, voudriez-vous être sage. »

    Ah tiens, on vous entend tous gueuler aujourd’hui, mais il fut un temps, quand il s’agissait d’autres journalistes, moins connotés à gauche, on n’a pas entendu une seule protestation devant les mêmes traitements infligés à un de vos confrères…

    L’indignation à géométrie variable des journalistes est à vomir.

    Aliocha : mes lecteurs savent trois choses de moi parce que je ne les ai pas cachées, d’abord je suis de droite, ensuite j’ai horreur des débordements verbaux, enfin, de déteste franchement les préjugés lorsqu’ils servent à condamner quelqu’un dont on ignore tout. Ce blog n’a pas vocation à devenir un vomitoire, c’est un lieu de discussion. Et vous venez de démontrer que les jugements à l’emporte pièce n’ont au fond que peu d’intérêt.

    Commentaire par Polydamas — 04/12/2008 @ 11:11

  22. @ Vonric,

    La nationalisation des banques, par principe, ne me dérange pas. Mais il ne faut pas oublier qu’elle a un coût: l’indemnisation de l’actionnaire, droit constitutionnellement garanti – et surtout un risque: devoir assumer le paiement des créances vérolées.

    On peut toujours les mettre dans une structure de défaisance, type CDR, pour nettoyer le bilan de la banque cible, mais ces opérations sont complexes, longues, coûteuse, et peuvent se révéler au bout du compte humiliantes pour l’Etat (affaire Executive life, affaire Tapie).

    Une fois le bilan de la banque cible bien nettoyé et une fois les pots cassés payés par le contribuable, que voulez vous qu’on fasse d’une banque rentable, à part la privatiser?

    Se pose alors la question du prix de l’action de la banque privatisable et à la clé la question très complexe de savoir si, au final, le contribuable a fait une bonne affaire, ou s’il s’est simplement fait plumer avec la complicité active ou passive du gouvernement.

    Compte tenu des précédents – et je pense en particulier au renflouage du Crédit Lyonnais – je vous laisse juge de la réponse à apporter à cette douloureuse question.

    Pour ma part je suis favorable à une nationalisation mais à la condition d’avoir une visibilité sur ce qu’on achète (la visibilité est proche de 0) et d’avoir un projet sur ce qu’on veut faire d’une banque nationalisée (vous le voyez où le projet?).

    En l’état, la réponse à la question de la nationalisation me paraît devoir être négative.

    Faut donc se démerder autrement.

    Commentaire par tschok — 04/12/2008 @ 11:51

  23. @ Polydamas,

    Vous voulez une bassine?

    Blague à part, faites moi participer à votre sentiment de scandale: de quel journaliste – de droite donc, si j’ai bien compris – parlez vous?

    PS: Aliocha est DE DROITE. Si, si, je vous assure.

    Commentaire par tschok — 04/12/2008 @ 11:55

  24. Précisons quand meme que ce genre de « party » n’est pas fait pour enfumer les journaliste ou s’épencher sur la vie économique et financière de notre cher pays meme en off…. mais tout simplement de faire des risettes aux journalistes en esperant avoir des beaux papiers a l’avenir
    Mais tout de meme, ca ne vaut pas les invitations a des concerts ou autres spectacles ou expo, ou le journaliste sort avec un cadeau tel que l’on peut se demander d’ou sort l’argent, lorsque le cadeau en question est un ipod et que la banque en question n’est pas des plus en forme
    Mais tout le monde le sait… il est tellement plus facile d’acheter un journaliste que d’aider les TPE-PME

    Commentaire par marlag — 04/12/2008 @ 11:57

  25. @ tschok:

    Je parle de Serge de Beketch qui a subi le même traitement il y a une dizaine d’années, et encore, lui avait un cancer. Mais oui, pour une certaine droite, il n’y a pas de souci, les mesures spécifiques seront toujours de mise. Dans le même style, on pourrait aussi parler des subventions que reçoit la majorité des journaux, là encore interdit à certains à droite. Etc, etc.

    Donc, effectivement, quand cela se retourne contre les bien-pensants, je rigole, c’est vrai.

    @ Aliocha:

    Je n’ai pas dit que vous n’étiez pas de droite, mais je vous vois mal afficher votre soutien à certains journaux classés un peu plus à droite que vous…

    Aliocha : Beketch, un peu plus à droite ? Vous avez le sens de l’euphémisme ! Je viens de me rafaichir les idées sur wikipedia, c’est édifiant. Quand je parle de droite, j’évoque le gaullisme et encore par souci de transparence, c’est plus un héritage familial qu’un engagement personnel. Au fond je suis apolitique par horreur des idéologies et de l’enfermement inéluctable qu’elles entraînent. Cela étant précisé, je n’ai aucune sympathie pour le monsieur que vous évoquez, et c’est à mon tour de jouer l’euphémisme.

    Commentaire par Polydamas — 04/12/2008 @ 13:44

  26. « Cela étant précisé, je n’ai aucune sympathie pour le monsieur que vous évoquez, et c’est à mon tour de jouer l’euphémisme. »

    Et alors ? En quoi était-il moins journaliste que vous ? Donc, si je vous suis bien, dans son cas, c’est légitime, mais dans les autres, ça ne le serait pas ?

    « Quand je parle de droite, j’évoque le gaullisme et encore par souci de transparence, c’est plus un héritage familial qu’un engagement personnel.  »

    Effectivement, ça c’est de la conviction, de l’engagement impliquant… 🙂

    Commentaire par Polydamas — 04/12/2008 @ 14:35

  27. >  » que les politiques sont esclaves de l’opinion publique et vont encore leur asséner des réglementations imbéciles qui au fond ne feront que provoquer la prochaine crise. »

    Parce que ça n’est pas la réalité ? Le secteur bancaire n’est il pas hyper règlementé et les politiques ne suivent-ils pas l’opinion publque ?

    Aliocha : si, en effet, mais les torts sont partagés dès lors qu’à chaque nouvelle réglementation, les banques s’emploient à la contourner avec les effets que l’on sait. Par exemple en utilisant le hors bilan pour contourner les règles prudentielles.

    Commentaire par toto — 04/12/2008 @ 14:44

  28. @ Aliocha

    Eh bien à vous lire il ne sert donc à rien de règlementer toujours plus. Ou bien alors il faudra en venir à mettre en place un système type soviétique.

    Si l’hyper-règlementation se sert à rien (ou tout juste à retarder la catastrophe finale) où est la solution, quelle est-elle ?

    Commentaire par toto — 04/12/2008 @ 15:43

  29. « ils ont surtout pleuré sur le sort de leurs copains en faillite »
    Le vrai scoop de votre post, c’est quand même d’apprendre que mêmes ces ***** de banquiers ont des amis !

    Commentaire par FB — 04/12/2008 @ 15:51

  30. @ Polydamas,

    Pffiouuu! Dix ans! Excusez du peu, mais j’ai une mémoire immédiate un peu plus courte.

    Je veux dire par là que je veux bien m’indigner là tout de suite de ce qu’a subi ce monsieur, indépendamment de son appartenance politique, puisque vous m’apprenez son existence que j’ai dû tout simplement oublier, mais qu’il ne faut pas non plus subordonner le droit de se scandaliser légitimement d’un fait actuel à l’obligation de dresser un inventaire de tous les faits similaires qui l’ont précédé.

    Comprenez?

    On ne va pas vivre totalement dans le passé non plus.

    Du coup, je ne comprends pas bien votre reproche à Aliocha???

    Dites moi, Polydamas, ne seriez vous pas en train de lui reprocher de ne pas être d’extrême droite?

    Commentaire par tschok — 04/12/2008 @ 16:37

  31. @ Polydamas :

    Eh oh, t’as pas fini t’emmerder ton monde ? Le blog de Laurent ne te suffit plus ? 🙂

    Je signale quand même à tout le monde que Polydamas n’est pas un troll, il a une grande gueule, il est parfois très space mais il n’a pas son pareil pour mettre de l’ambiance dans les débats.

    Je me souviens encore de discussions sur l’euthanasie, c’était chaud…

    Commentaire par GreG — 04/12/2008 @ 16:44

  32. A tous, désolé pour le HS…

    @ GreG:

    Merci, c’est un bel hommage, je dois avouer.

    Mais que veux-tu, Laurent lui-même a diminué le rythme, j’ai été déçu, lors de sa visite, il n’a quasiment rien dit sur le pape, comment veux-tu qu’à ce compte, je fasse mon numero ? Faut que je me trouve d’autres cibles… 😛

    @ Tschok:

    Oui, ça s’est passé il y a pas mal de temps, et alors ?

    Les règles d’indignation à géométrie variable sont toujours les mêmes et toujours d’usage dans le monde de la presse. Quant c’est pour la droite de la droite, c’est normal, c’est des fachos, ils sont pas humains, pour les autres, c’est scandaleux et la loi devrait être changée, ce que vient d’ailleurs confirmer le silence éloquent d’Aliocha à mon dernier commentaire ou d’Eolas que j’avais coincé sur le même sujet (voir le financement des journaux par les subventions de l’Etat, là encore à géométrie super-variable, et là, ça ne fait pas dix ans). Car malgré l’image que les journaleux se donnent, ils n’ont rien de rebelles, il n’y a rien de plus commun et de plus inoffensif que de se lever pour Vittorio.

    Ces belles âmes sont les premières à se dire pour les droits de la défense sauf quand elle a le malheur de leur déplaire. D’où ma répugnance. Ils se lèvent tous pour Vittorio, mais quand Présent se fait ratiboiser, quand le Libre Journal essuie des refus de distribution par la poste « citoyenne », il n’y a plus personne, voire même c’est normal, les gens ont une conscience contre laquelle on ne peut aller, il est normal qu’ils n’accomplissent pas leur devoir d’état et leur devoir de service public, avec les fafs, on peut tout se permettre…

    Et après, ils parlent de liberté d’expression ? D’oppression du pouvoir politique ? La bonne blague. La liberté d’expression, elle est pour tous, ou pour personne, point à la ligne.

    Je ne reproche pas grand-chose à Aliocha si ce n’est d’être aussi grégaire et conformiste avec son milieu professionnel que les banquiers qu’elle vient pourtant critiquer.

    Aliocha : Moi grégaire et conformiste, chic alors, ça va me reposer un peu 😉 autant qu’un banquier ? Encore mieux, je vais devenir riche !

    Commentaire par Polydamas — 04/12/2008 @ 17:07

  33. Je me souviens avoir assisté à l’audience de l’affaire de de Beketch, qui était poursuivi pour incitation à la haine raciale devant la 17ème correctionnelle de Paris.

    Si ma mémoire est bonne, il ne s’était pas rendu à la convocation du juge d’instruction, et disait s’être justifié de cette absence auprès du greffe par téléphone.

    Je me rappelle de l’avocat qui s’indignait de la « fouille intime » qu’avait subi son client, et il est vrai que ce traitement semblait être très proche, voire identique, à celui qu’avait subi l’ex-directeur de publication de libération.

    Bien qu’en désaccord à peu près total sur le plan idéologique avec Polydamas, je tends à penser que nous sommes effectivement en présence d’une indignation sélective. Si le traitement infligé à un directeur de publication de libération est indigne, celui infligé au directeur de publication d’un journal d’extrême droite l’est tout autant (c’était à ce titre qu’était poursuivi de Beketch dans mon souvenir, il y avait eu un débat sur le point de savoir s’il était l’auteur sous pseudonyme de l’article).

    Cela dit, s’il était fautif de ne pas s’être indigné du traitement d’un journaliste d’extrême droite, faut-il se plaindre que ce traitement soit aujourd’hui dénoncé sous prétexte qu’il ne l’a pas été il y a 10 ans? Les futurs écrivains des revues d’extrême droite confidentielles disponibles uniquement par correspondance bénéficieront tout autant que leurs confrères de gauche d’une éventuelle dépénalisation de la diffamation. Même s’il n’est pas garanti que celle de l’incitation à la haine raciale suive.

    Aliocha : non en effet, l’incitation à la haine raciale ne suivra pas et c’est tant mieux. Vous pouvez lire le rapport en lien sous le précédent billet à ce sujet, c’est aux alentours de la page 250 de mémoire.

    Commentaire par thedarkdreamer — 04/12/2008 @ 17:20

  34. Je présente au passage mes excuses à Aliocha pour ce hors-sujet auquel je contribue, le sujet initial ne méritant pas d’être enseveli sous une discussion déjà très suivie ailleurs. La réaction de Polydamas a fait echo à une réflexion que je me suis faite, à ce souvenir qu’a évoqué chez moi l’actualité.

    Merci au passage pour ce blog qui me permet, de même que vos interventions chez Eolas et Jules, de comprendre les contraintes de votre métier, et de porter sur le journalisme et les journalistes un autre regard.

    Commentaire par thedarkdreamer — 04/12/2008 @ 17:30

  35. Bravo, très bon post, pertinant et compréhensible.

    Cela me conforte dans l’idée que les banques continuent à faire ce qu’elles veulent avec l’argent d’autrui même celui de l’Etat.

    C’est d’une injustice incroyable et lamentable; on croit avoir affaire à des enfants gâtés pourris à qui personne ne peut faire la morale.

    Je suis curieux de voir si Sarkozy sera aussi ferme qu’il le prétend.

    Aliocha : Espérons, mais lui, comme Lagarde et comme René Ricol (le médiateur) semblent férocement déterminés.

    Commentaire par Steph — 04/12/2008 @ 18:40

  36. Aaaah Okéééé!

    Merci thedarkdreamer (je ne suis pas le seul à avoir un blaze à coucher dehors on dirait) pour ce rappel historique.

    Polydams: méfiez vous des silences éloquents, ils disent n’importe quoi (en fait tout ce qu’on veut leur faire dire). Personnellement, je ne rangerais pas Aliocha dans le camp des conformistes et des grégaires, même sous le rapport de son appartenance réelle ou supposée au groupe des journalistes et de ce qu’il est censé engendrer comme comportements de type ethnocentrique, selon vous.

    Vous semblez vouloir imposer un monopole de l’indignation légitime (la vôtre, ou en tout cas celle que vous jugez juste) au détriment de celle des autres. Ce n’est pas très original.

    Mais vous avez je crois un peu raison: l’indignation est précisément un sentiment à géométrie variable. C’est un truc totalement humain. Les uns s’indignent, les autres s’en foutent, les mêmes qui ont pu s’indigner pour ceci se foutront de cela et réciproquement, en fonction du temps, des circonstances, de la météo ou de leur contrariété du jour,ou que sais-je encore.

    Maintenant, on peut souhaiter en faire une science exacte, voire seulement une technique: comme une montre à quartz qui donne l’heure précise tant que sa pile a du jus, fidèlement, sous l’eau, et même de nuit.

    En clair, de l’indignation millimétrée, scientifique.

    Mais franchement je vois pas ce qu’on y gagne.

    On peut aussi souhaiter en faire une morale, mais là, ce sont les dangers de la bien pensance qui nous guettent.

    Ou encore une religion: la religion de l’indignation. J’imagine qu’il y aura des prêtres et donc que cette religion ne sera pas plus libre que toutes les autres.

    J’aurais donc plutôt tendance à préférer le joyeux désordre du scandale qui provoque notre indignation, bonne ou mauvaise, légitime ou non, parce que ce désordre est créatif, ce que j’apprécie au delà de tout.

    Pas vous?

    Aliocha : si vous plaidez pour moi en prônant le joyeux désordre, nous allons nous entendre Mon Cher Maître, et d’ailleurs hop, je vous embauche tout de suite, c’est mon credo, le joyeux désordre !

    Commentaire par tschok — 04/12/2008 @ 19:01

  37. @ tschok

    L’indignation ne doit pas, effectivement, être à géométrie variable. Elle ne doit pas non plus être posthume, à moins de vouloir faire un travail d’historien.

    Ici, ce qui est en cause, c’est une atteinte aux libertés fondamentales (affaire de Filippis) et une posture autiste des Banquiers, qu’Aliocha dénonce parfaitement.

    Puisqu’on parle d’Eolas, je suis très surpris de sa position juridique « droit dans ses bottes », proche de celle de Rachida Dati et MAM (le Droit a été respecté…) Il s’en prend même à son Bâtonnier… Bizarre, de la part de quelqu’un de si sourcilleux, dès que l’on malmène un étranger en situation irrégulière… Peut-être parce qu’il s’agit cette fois d’un journaliste (clin d’oeil à Aliocha) ?

    L’indignation n’est pas de droite ou de gauche, elle est une simple réponse à l’injustice. Le Président et le Premier Ministre ont opportunément recentré le débat.

    Si un jour (on peut rêver) un journaliste du Figaro est traité comme M. de Filippis, je ne manquerai pas de m’indigner. Pourtant, les propos diffamatoires des commentateurs de leur blog ne manquent pas, mais il ne s’est pas encore trouvé un « offensé » pour mettre la Justice en mouvement… Vous avez dit « bizarre » ?

    Commentaire par ramses — 04/12/2008 @ 19:46

  38. @ ramsès

    Désolée de revêtir ma casquette de traducteur officiel de la pensée tschokienne pour un élément de rectification aussi trivial, mais lorsque tschok écrit :

    « je crois [que vous avez] un peu raison: l’indignation est précisément un sentiment à géométrie variable »,

    Et, plus loin :

    « J’aurais donc plutôt tendance à préférer le joyeux désordre du scandale qui provoque notre indignation, bonne ou mauvaise, légitime ou non, parce que ce désordre est créatif, ce que j’apprécie au delà de tout. »

    Je pense qu’il ne s’indigne pas, précisément, de ce que l’indignation puisse être à géométrie variable. Peut-être sans précisément s’en féiciter non plus, du moins en prend-il acte, non sans plaisir.

    Dans la mesure où je ne dispose d’aucune compétence particulière pour discuter des banques et des banquiers, j’en profite pour attraper au vol le joli mot « d’indignation ».

    C’est un mot que j’aime beaucoup, car je crois qu’il donne une clé de compréhension à un autre mot, dont je n’oserai pas dire que je l’aime beaucoup, car c’est un mot trop important, un mot néanmoins que je salue avec respect à chaque fois que je le croise : c’est le mot de « dignité ».

    Les juristes comme les philosophes tournent autour de l’idée depuis si longtemps qu’ils ont fini par donner l’impression qu’on avait réussi à la cerner, mais ce n’est pas si vrai qu’on veut bien le dire.

    Difficile à définir, la dignité.

    Sauf à passer par l’indignation.

    Je sais qu’il est question de dignité quand il est question d’indignation.

    Commentaire par Fantômette — 04/12/2008 @ 20:42

  39. « J’aurais donc plutôt tendance à préférer le joyeux désordre du scandale qui provoque notre indignation, bonne ou mauvaise, légitime ou non, parce que ce désordre est créatif, ce que j’apprécie au delà de tout. »

    Vous croyez vraiment ce que vous dites ? Si c’était vraiment un joyeux bazar, tantôt pour l’un, tantôt pour l’autre, ok, je n’aurais rien à dire.

    Mais quand on voit que ça va toujours dans le même sens, que l’extrême-gauche bénéficie quasiment toujours d’un a priori favorable, que JFK affirme tranquillement que durant l’entre-deux tours de 2002, on a assisté à du véritable stalinisme médiatique (qui était selon lui, nécessaire) ou ailleurs lorsqu’il a clairement évoqué le fait que le milieu des journalistes était globalement à gauche, et ce, même dans les journaux de droite (ce que j’ai pu constater de visu, ayant eu l’occasion de faire un stage dans un hebdo, les gens à droite étaient mal vus et largement minoritaires), qu’il y a toujours un doute sur les gens ayant passé leur jeunesse à l’extrême droite, alors que le passé trosko ne pose guère de problèmes (sauf quand on cherche à le cacher comme Jospin), etc, votre bazar, j’ai arrêté d’y croire depuis longtemps, pour voir que finalement, les seuls qui s’indignent et hurlent le plus fort sont les copains des journalistes, et généralement toujours assez orientés dans la même direction. Et encore, je ne parle pas de la présidentielle américaine qui fut une véritable caricature de journalisme, mais là, ce serait trop facile…

    Je ne veux imposer aucune indignation. Perso, qu’un journaliste soit fouillé au corps, je m’en fous, qu’il soit de mon bord ou pas, c’est comme ça que ça marche, il suffit d’entendre ce que disent les flics, pas la peine d’aller plus loin, on n’est pas dans une dictature (justement contrairement à ce que disent certains journalistes), les flics sont à peu près dignes de confiance. Par contre, oui, ça me dérange qu’on fasse toujours deux poids, deux mesures, dans les médias, qu’une barrière sanitaire dans un cas, se transforme en une super indignation collective dans l’autre, tout simplement parce que dans le second cas, le mec est bien placé dans l’opinion publique à gauche, ça me dérange lorsque les journalistes s’inventent un rôle de sauveur du monde/gardien de la démocratie avec leurs petits bras défendant le bon peuple contre les racistes/policiers/libéraux/patrons/réacs (rayer la mention inutile), lorsqu’ils se font juges des droits de l’homme dans tel ou tel pays, ça me dérange lorsqu’ils affichent clairement une posture « d’hussard noir » venant apporter la vérité au peuple ignorant et abruti (à croire que leur devise pourrait être celle des Inconnus: Ne jamais prendre les gens pour des cons mais ne pas oublier qu’ils le sont.)

    Mais p…, QUI ILS SONT ? C’est quoi leur légitimité pour dire ce qu’il faut accepter ou pas, ce qui est juste de ce qui ne l’est pas, de ce qu’il faut accepter ou pas ?

    Alors, oui, quand un de leur potes se fait fouiller au corps, je rigole, quand ils menacent de mourir à cause des privilégiés gauchistes qu’ils ont eux-même soutenus (les NMPP : très bon édito dernièrement de Joffrin à ce sujet, d’ailleurs, j’ai cru lire un facho), oui, je me marre, quand ils sont écoutés, quand ils sont mis au pas, je me gausse, etc. Un joyeux désordre me conviendrait bien, force est de constater qu’il n’existe pas. Parce qu’un joyeux bazar suppose du hasard, ce dont je suis obligé de remarquer qu’il n’existe pas dans l’indignation collective. Et tout cela se reproduit constamment.

    Allez prenons un exemple concret qu’on rigole, essayez de vous rappeler d’un type français d’extrême-droite condamné/emprisonné ayant fait l’objet d’une campagne médiatique similaire à celle de Pétrella, Battisti, Rouillan, Ménigon, Aubry pour être libéré/gracié. Vous allez chercher TRES longtemps, et pourtant j’ai au moins un nom en tête d’un gars qui a effectivement déconné étant jeune mais pour qui seul certains à l’extreme-droite se sont battus, dans le silence le plus total. Vous appelez toujours ça du désordre ?

    Sur Aliocha, oui, je peux reconnaitre son originalité, pas de souci, au niveau du style notamment. Pour le reste, je sais pas encore.
    Après, on est toujours le conformiste de quelqu’un, même dans mes positions, on n’y échappe pas, c’est vrai…

    @ Fantomette:

    Voyons, voyons, la dignité serait une valeur uniquement réservée à la gauche ? Vous en avez d’autres comme ça ?

    Commentaire par Polydamas — 04/12/2008 @ 20:45

  40. Bonsoir,

    En faisant une lecture diagonale des commentaires laissés, une chose m’apparaît comme évidente : la crise que nous connaissons actuellement n’est pas, à proprement parlé, la crise du capitalisme.

    Tout système économique, quel qu’il soit, connaît des crises lorsqu’il est poussé à son paroxysme.

    La crise actuelle n’est donc pas la conséquence d’un système économique délétère, mais la crise d’un état d’esprit et d’un comportement : celui de ceux qui en sont justement aux commandes, et il est d’ailleurs fort probable que si nous avions les mêmes individus dans un mécanisme économique et financier très différent, les résultats seraient les mêmes.

    Ça paraît idiot de dire cela sauf que, tant que certains s’évertueront à coller des rustines sur cette bulle en tentant de la regonfler,en même temps que d’autres s’obstineront à la crever et à la dégonfler, les choses ne changeront pas.

    Le remède serait donc d’abord de soigner le mal là où il commence, à savoir dans la tête de ceux qui en sont les responsables, et ça c’est plus facile à dire qu’à faire.

    Soigner l’économie à coups de milliards, c’est finalement comme soigner un cancer avec des sparadraps !

    Aliocha : vous voulez soigner psychologiquement les banquiers, en faire des moines dévoués à la cause humanitaire, voilà qui ne manque pas d’ambition ! Il y a plus simple : réguler les banquiers en observant leur comportement in concreto et en taillant les règles sur mesure pour corriger leur tendance à déraper. Il y a des économistes qui s’y collent et des juristes aussi. Le problème est le suivant : les gouvernements vont-ils s’inspirer de leurs travaux et légiférer intelligemment ou, comme d’habitude, adopter en urgence des lois médiatiques. C’est l’enjeu du moment. Dans le premier cas on aura avancé, dans le second, on posera les prémisses d’une crise encore plus grave, et on donnera raison aux ultra-libéraux pour qui c’est l’injection de la réglementation dans le jeu du marché qui crée les catastrophes.

    Commentaire par Oeildusage — 04/12/2008 @ 20:52

  41. Vous parlez des banquiers comme s’il s’agissait de dangereux psychopathes… et c’est bien ce que j’ai voulu dire aussi !
    Pourtant un banquier c’est comme un épicier, à la base ce n’est qu’un commerçant qui vend de l’argent. Du reste, que ça soit dans un contexte économique capitaliste, socialiste, communiste ou autre, les banquiers seront toujours là et à chaque fois que le système sera fragilisé, déréglé et présentera la moindre petite faille, ceux qui détiennent le pouvoir de l’argent s’y engouffreront sans vergogne.

    Je suis prêt à parier que même si le gouvernement met en place des règles et des mesures de contrôle, en l’état actuel de l’état d’esprit de ceux qui détiennent le pouvoir de l’argent, il y en aura toujours qui utiliseront leur génie pour trouver des astuces et des faiblesses pour pervertir le système.

    C’est un peu comme un gamin mal élevé, égoïste et insupportable, vous pourrez toujours essayer de le surveiller, il trouvera toujours le moyen de vous feinter. La seule solution : reprendre son éducation, lui réapprendre la moralité, le civisme, l’éthique,… vous savez tous ces vieux concepts poussiéreux qui ne sont plus à la mode ! 😉

    Commentaire par Oeildusage — 05/12/2008 @ 00:13

  42. @ Fantômette et Tschok

    Je ne suis pas certain non plus qu’on ait fini par cerner la dignité, mais ce dont je suis sûr, c’est qu’on est cernés par des c…

    Il n’aura pas fallu 9 semaines et demi pour que la France bascule dans un univers kafkaïen. Est-ce la « crise », qui provoque ce défouloir ? J’ai l’impression de faire un mauvais rêve, je ne retrouve plus mes repères (sauf ici et chez moi…)

    Heureusement, il existe encore certaines personnes qui gardent la tête froide, mais une majorité sombre dans la schizophrénie et la tentation de l’Etat de régler les problèmes dans le tout répresif n’est pas de bon augure.

    Les clans s’affrontent (les riches contre les pauvres, les jeunes contre les vieux, les bien-portants contre les malades, les forts contre les faibles, les obtus contre les libre-penseurs, la Justice et la Police contre les Journalistes, les athées contre les croyants…

    L’avenir d’un peuple passe par sa cohésion sociale ; elle est en phase de désintégration et le Pouvoir semble s’en désintéresser.

    Il ne nous restera qu’à nous en indigner.

    Commentaire par ramses — 05/12/2008 @ 01:42

  43. Ce soir, « Envoyé spécial » a fait très fort pour nous remonter le moral…

    D’abord un sujet sur Facebook, où parait-il, 150 millions de personnes auraient confié leur vie privée, ce qui en fait une source de renseignements inégalée sur la planète. (Accessoirement, le PDG qui a 22 ans, est multi-milliardaire en $).

    Ensuite, le marché inquiétant des « cellules souches » et, pour finir, une enquête sur le massacre de Srebrenica par un policier Français… On réalise l’ampleur du carnage dans l’image finale des milliers de cercueils verts côte à côte dans un gymnase.

    C’est peut-être subliminal… « Voyez, ailleurs c’est pire… »

    Commentaire par ramses — 05/12/2008 @ 02:04

  44. @ Polydamas,

    Euh… Vous savez, mes connaissances en matières d’extrême droite sont assez limitées. A part Maurras et son souffle mystique, je suis assez peu intéressé par les personnalités d’extrême droite et leur vision du monde me semble la plupart du temps assez navrante.

    Donc, évitez de jouer au jeu du chat et de la souris avec mon pauvre cerveau: vous seriez bien déçu. Je n’ai ainsi aucune idée de la personne que vous évoquez et de ce qu’il ou elle a pu subir.

    Maintenant, l’idée que l’extrême droite fait l’objet d’un traitement défavorable par rapport à l’extrême gauche est une idée d’extrême droite, sans surprise…

    Réciproquement, en face, à l’extrême gauche, ils pensent la même chose en ce qui les concerne. Sans surprise non plus.

    Moi, je suis au milieu et je ne vais pas faire l’arbitre. S’il fallait élaborer un système de répartition, je dirais que l’extrême droite est bien représentée dans les élites de hardpower (élites économiques, élites administratives, police, armées, église, etc) et l’extrême gauche bien représentée dans les élites de softpower (élites littéraires, monde de la com, presse, mode, show bizz, etc). Et je n’irais pas plus loin que ça, car dans le fond je n’en ai qu’une très vague idée.

    Là dessus, si cette hypothèse est la bonne, cela signifie qu’il y a une répartition des leviers de pouvoir entre les deux camps et que le jeu est ouvert.

    Par ailleurs, je vous ferais remarquer que jamais Fantômette n’a affirmé ni même seulement suggéré que la dignité serait une valeur exclusivement de gauche. J’ai beau relire son com 38, je ne vois rien qui puisse vous le faire penser et je crois que c’est quelque chose que votre esprit à rajouté à la lecture et qui ne se trouve pas dans le texte.

    Sinon, sur le fond, je pense que le désordre créatif dérive du hasard et de la spontanéité. Il peut être organisé, structuré en contre culture, mais dès qu’il se répand sous cette forme, il devient culture ou sous culture.

    Il y a effectivement des théories qui prétendent expliquer ou seulement décrire le phénomène dont vous parlez, à savoir que rien n’est dû au hasard et qu’en réalité les événements et leur médiatisation sont organisés ar une « main invisible » qui règnerait sur nos existences.

    La plus connue de ces théories est la théorie du complot,qui forme en réalité une vaste famille.

    Plus intéressante est la théorie de l’agenda qui postule qu’un événement doit trouver sa fenêtre de lancement pour connaitre un succès médiatique. Mais cette théorie n’explique pas la survenance d’un événement, elle explique seulement de quelle façon on peut le médiatiser avec succès en choisissant un bon créneau.

    Donc, au final, oui, je pense ce que j’ai dit sur le joyeux désordre créatif et l’indignation.

    Quelques observations, en conclusion:

    « votre bazar, j’ai arrêté d’y croire depuis longtemps » dites vous.

    Vous m’annoncez ça comme si c’était la perte d’une illusion ou la perte de l’innocence. Mais mon « bazar » comme vous dites consiste essentiellement à réfléchir sur ce que j’observe. Si vous ne croyez plus en votre propre réflexion, en votre propre capacité cognitive, vous n’avez pas fini de voir des caricatures partout sauf dans ce qui reste de votre propre pensée.

    « il suffit d’entendre ce que disent les flics, pas la peine d’aller plus loin, on n’est pas dans une dictature (justement contrairement à ce que disent certains journalistes) »

    Dans la droite ligne de ce que j’écris plus haut, vous voilà à limiter volontairement votre pensée à ce que dit une seule voix (radio police) pour aussitôt invalider une autre voix (celles des journalistes) que vous n’avez même pas pris la peine d’écouter. Si vous l’aviez fait, vous auriez saisi ce que dit Aliocha sur ce blog, précisément à propos des journalistes.

    Et pour finir:

    « Perso, qu’un journaliste soit fouillé au corps, je m’en fous, qu’il soit de mon bord ou pas »

    Là c’est l’apothéose, le bouquet final: vous étiez le premier à reprocher aux autres leur indignation sélective et voilà qu’en fin de course vous avouez que vous vous en foutez complètement. Le tout enveloppé dans une soi disant neutralité (« de mon bord ou pas »).

    Personne ne vous reprochera d’appartenir à un camp ou un autre, voire aucun. Mais au moins, défendez votre bout de gras, quoi! Ne le lâchez pas en cours de route en disant « dans le fond je m’en fous » parce que vous vous entendrez dire que vous n’êtes pas sérieux.

    Commentaire par tschok — 05/12/2008 @ 11:28

  45. @ Bonjour Ramses,

    Dire que l’indignation ne doit pas être à géométrie variable, c’est déjà se poser en maître de sa propre indignation et certainement,en juge de l’indignation des autres.

    L’indignation est un sentiment.

    Ou si vous préférez c’est une émotion construite.

    En clair, ça se pense, mais ça ne se commande pas. On est indigné parce que quelque chose nous vient des tréfonds et qu’on le conceptualise, même à minima.

    Tous les gens indignés sont capables de nommer, de désigner ce qui les indigne, même de façon sommaire.

    A partir de là, l’indignation n’est pas la même chez M. Dupont et chez Mme Durand.

    Vu qu’on partage à peu près tous des valeurs communes, il y a une certaine unité, mais dès qu’on se barre à l’étranger, mettons au Pakistan, ce qui indigne, là bas, c’est la femme adultère, sur qui on jette la pierre, alors que ce qui indigne ici, c’est qu’on lui jette la pierre.

    Commentaire par tschok — 05/12/2008 @ 11:38

  46. Cher Tschok,

    En ce qui me concerne, je n’ai pas d’indignation sélective.

    Je suis autant révolté des conditions de l’arrestation de M. de Filippis que de la fouille dans la classe de Marciac ou de la récupération d’enfants albanais dans une école par des policiers en civil.

    Et bien d’autres choses me révoltent en ce moment, comme le débat sur le PAF à l’Assemblée, par exemple, ou l’incarcération de gosses dès 12 ans.

    Comme vous, sans doute, je suis de plus en plus indigné par ce qui se passe en France, qui tend globalement vers une restriction des libertés individuelles.

    Bien à vous.

    Commentaire par ramses — 05/12/2008 @ 13:05

  47. […] Source : La plume d’Aliocha, Les banquiers se rebellent […]

    Ping par Les banquiers se rebellent, Sarkozy y serait allergique | Le Buzz Immobilier — 05/12/2008 @ 15:18

  48. @ Polydamas,

    Pour la bonne forme, je vous confirme que j’admets très volontiers que la dignité fait partie de ces concepts qui transcendent le clivage droite-gauche.

    Sans vouloir vous imposer une réflexion qui impliquerait que vous changiez radicalement de grille de lecture du monde qui vous entoure, sachez que le concept de dignité, quoique n’étant pas défini précisément, ni philosophiquement, ni juridiquement, se voit néanmoins suffisamment reconnu dans une acception que l’on attache généralement à la qualité de personne pour que l’on puisse induire une série de caractéristiques qui finiront par caractériser ce que recouvre le concept. Il y a donc moyen d’utiliser le concept, mais à l’envers, c’est-à-dire, qu’on l’utilise sans le définir, ce qui permet de comprendre ce qu’il désigne, et d’en déduire ce qu’il signifie.

    Ce n’est pas si original que cela, mais j’avais dans l’idée que l’on pouvait remettre le concept à l’endroit d’une autre façon.

    Vous n’êtes pas sans avoir remarqué que « dignité » et « indignation » ont une racine commune.

    Il n’est donc pas absurde de voir un lien logique entre ces deux idées. Mais l’un est un concept, l’autre est une émotion.

    Je trouve intéressant de chercher à comprendre comment les deux inter-agissent, parce que je trouve généralement intéressant de faire interagir – ou plutôt, et plus modestement, d’observer l’interaction – d’évènements radicalement différents. Encore une fois, la notion de « dignité » est une notion juridique, c’est-à-dire que des effets juridiques, des droits, des obligations y sont attachés. Elle est, très littéralement, fondamentale, c’est-à-dire que juridiquement, elle est d’une immense valeur, supérieure à la vie (figurez-vous), et en même temps, elle est très imprécise. Peut-être est-ce un bien. Reconnaissons qu’au-delà de la difficulté qu’il y aurait à vouloir trop définir cette notion, il y aurait un risque à en enfermer les effets. Mais le risque inverse existe, c’est-à-dire qu’à ne pas savoir où la dignité de l’autre commence, on peut aussi bien empiéter dessus sans le mesurer, et sans vouloir l’assumer.

    Pas de définition, mais je vois un genre de boussole, ou peut-être plutôt, une genre de compteur geiger dans l’indignation qui nous anime. Là où vous et moi (ça vaut pour vous-même, vos indignations sélectives , vos propres indignations à géométrie variable) nous indignons, là nous avons approché, franchi peut-être, la limite qui matérialise la dignité, la nôtre, ou celle d’un autre.

    Commentaire par fantômette — 05/12/2008 @ 15:20

  49. Bonjour cher Aliocha,

    Je suis une fidèle lectrice et même si j’ai disparu du top 4 😉 de wordpress, où nous étions souvent en bonne compagnie avec changement de société ou Kameroon Scoop…, je n’ai pas disparu de la toile. J’ai monté mon site.

    Merci pour ce billet fort instructif : http://www.le-buzz-immobilier.com/2008/12/les-banquiers-se-rebellent-sarkozy-y-serait-allergique/ que je me suis permis de citer.

    Bonne continuation et merci pour ce vent de liberté.

    Commentaire par Marie Phoenix — 05/12/2008 @ 16:03

  50. @ Ramses,

    J’ai vu que la thèse des réduction des libertés individuelles était à la mode en ce moment (sur agoravox par exemple).

    Personnellement, je trouve que ce modèle est trop simpliste notamment parce qu’il ne répond pas à une question centrale: le pouvoir d’aujourd’hui est un pouvoir émietté, atomisé, souvent impuissant. Comment un pouvoir atomisé peut il réduire les libertés individuelles puisqu’il ne jouit même pas de sa propre liberté?

    Du coup, j’ai inventé un autre concept!

    Le TNL: le totalitarisme non liberticide.

    Le totalitarisme de grand papa voulait tout dominer, donc les libertés individuelles le dérangeait. Le totalitarisme moderne veut tout contrôler, sans se soucier des libertés individuelles. Au contraire, il s’en sert comme justification du contrôle.

    L’âme de ce système est le CAG (prononcez « cage ») pour contrôle actif généralisé. Contrôle, c’est le contrôle (voir, vérifier, palper, mater, sonder, analyser, écouter, espionner, dénoncer, etc). Actif: on participe nous mêmes et activement à notre propre contrôle, dans la joie et la bonne humeur. Généralisé: on contrôle tout. Tout, absolument tout: la bouffe, le sexe, les idées, le courant électrique, le taux d’alcool dans le sang, le taux de sel dans la mer, la qualité de l’air, la façon dont les internautes réalisent des copie privées, avec ou sans Wizzgo, le corps des passagers d’un avion avec zoom sur les parties suspectes, tout quoi, vraiment tout.

    Vous m’excuserez de ne pas en dire plus, alors que j’ai déjà été bavard, le TNL et le CAG sont ma grande lubie (avec la danette à la vanille en pot d’un demi libre, bien sûr).

    A temps nouveaux il faut des idées nouvelles! les vieux modèles orweliens sont dépassés. Elaborons de nouvelles grilles d’analyses.

    Moi j’ai mis au point ça. Ca marche assez bien. Je peaufine. Quand je serai à la retraite, je ferai une thèse.

    Commentaire par tschok — 05/12/2008 @ 16:21

  51. @ tschok

    Impuissant, le Pouvoir ? Il cache bien son jeu alors, vu les libertés qu’il prend avec les libertés individuelles, justement.

    Assez d’accord avec votre concept TNL. C’est plus subtil que le totalitarisme, mais ça peut avoir un effet plus liberticide. Faire croire aux gens que c’est pour protéger leurs libertés que l’on met en place des systèmes de coercition, c’est effectivement très fort (j’ai remarqué que cette Présidence s’était dotée d’une armée de Conseillers de haut niveau, c’est sans doute pour ça que le quidam de base n’y trouve rien à redire).

    Quand au CAG, il nous manque encore l’équivalent d’un Facebook à la française et l’analyse des gènes avant la naissance, mais ça ne saurait tarder.

    Vous avez raison, il vaut mieux rester discrets sur ces sujets, Orwel faisait de la science-fiction, maintenant on est dans la réalité. A votre place, je me méfierais de la Danette, son slogan « on se lève tous… » pouvant être considéré comme révolutionnaire et source de trouble à l’ordre public.

    Yes, he can 🙂

    Commentaire par ramses — 05/12/2008 @ 19:21

  52. Ben non justement, il le montre son jeu et moi j’y vois le signe de l’impuissance, ou en tous cas d’une atomisation de l’imperium.

    Quand toute votre politique tient dans le softpower, c’est qu’il ne vous reste plus beaucoup de hardpower.

    Et puis le plus important à comprendre c’est que dans le modèle TNL, les totalitaires, c’est nous. Pas l’Etat.

    Au contraire, l’Etat intervient pour modérer les pulsions sécuritaires de la société civile, ou s’en servir en les canalisant.

    Par exemple, qui va voir un psy quand son gosse a de mauvaise notes à l’école ou passe pour un hyper actif? C’est nous. Personne ne nous y force. Arrivé là, pour répondre à une pulsion d’anxiété qui s’exprime spontanément dans la société civile, l’Etat se met à réfléchir à un projet d’organisation du dépistage des enfants à problèmes. mais il ne fait que répondre à une demande de la société civile.

    Monsieur Sarkozy n’a aucune envie de mettre les gosses à problèmes dans des camps de rééducation. Mais si nous le voulons vraiment, il fera voter la loi qui encadrera ça.

    C’est Yes WE can.

    Commentaire par tschok — 05/12/2008 @ 19:48

  53. @ tschok

    Je maintiens, « Yes, HE can »

    On est en France, quand même… Le pays où « tout est possible ». IL PEUT LE FAIRE (sans moi).

    Commentaire par ramses — 06/12/2008 @ 01:08

  54. Après avoir écrit ce papier (et notamment l’extrait qui suit), où Aliocha trouve-t-elle encore le courage et les arguments pour défendre sa profession ? Relisez plutôt :

    « Et les journalistes me direz-vous, pourquoi n’ont-ils rien raconté ? Allez savoir. Dans la presse économique, ils ne peuvent pas, quant aux autres, je l’ignore ». Entre nous, il serait temps qu’on se rebelle contre ces séances à vocation d’endoctrinement pur, lors desquelles on nous fait gober n’importe quoi en nous suggérant de nous taire, tandis qu’en face on ne s’interdit nullemment de se foutre de notre gueule. En l’état, nous gardons pour nous ces petites confidences entre amis et nous concentrons sur les faits bruts, chiffres d’affaires, pertes éventuelles, stratégie, mais je commence à me demander si nous ne devrions pas vous raconter les coulisses, car ici on voit bien que la dimension psychologique est essentielle à la compréhension de l’actualité. Cela étant, à supposer que l’un d’entre nous ose le faire, ils serait instantanément boycotté et si on s’y mettait à plusieurs, on nous bloquerait l’accès à l’information. Par conséquent, que faire ? Un blog peut-être, en attendant !

    Donc, j’essaie de comprendre ce que veut nous dire Aliocha depuis quelque temps sur son blog. Mieux vaut lire les blogs ? Ou les journaux ?

    JR

    Commentaire par Rosselin — 07/12/2008 @ 15:26

  55. […] Libération m’a demandé l’autorisation de reproduire dans son édition papier du jour ce billet, ce que j’ai fait bien volontiers.  Je ne vous cache pas que cela me fait plaisir. Non pas […]

    Ping par Aliocha dans Libé ! « La Plume d’Aliocha — 09/12/2008 @ 11:45

  56. Quel bonheur que ce billet : pour une fois que le banquier n’est pas… suisse, ça me change ! Mais le banquier suisse et français ont (au moins) un point commun, ils se plaignent.

    En revanche, j’ose croire qu’en Suisse, si je ne puis exclure « les caves d’un tribunal », ça ne serait pas « nue » !

    Commentaire par Madame Poppins — 10/12/2008 @ 00:13

  57. « Dans la droite ligne de ce que j’écris plus haut, vous voilà à limiter volontairement votre pensée à ce que dit une seule voix (radio police) pour aussitôt invalider une autre voix (celles des journalistes) que vous n’avez même pas pris la peine d’écouter. »

    Oui, d’expérience, les policiers sont plus fiables que les journalistes, comme les pros sont généralement plus fiables que les amateurs. Il est plus intéressant de se renseigner à la source qu’au médium.

    « Là c’est l’apothéose, le bouquet final: vous étiez le premier à reprocher aux autres leur indignation sélective et voilà qu’en fin de course vous avouez que vous vous en foutez complètement. Le tout enveloppé dans une soi disant neutralité (”de mon bord ou pas”). »

    Non, je ne me fous pas de l’indignation, je me fous de la fouille au corps, cf l’entretien d’Aliocha avec le flic. Par contre, oui, qu’on réagisse en fonction des appartenances des uns et des autres me choque. Et là, c’est visiblement le cas.

    « S’il fallait élaborer un système de répartition, je dirais que l’extrême droite est bien représentée dans les élites de hardpower (élites économiques, élites administratives, police, armées, église, etc) et l’extrême gauche bien représentée dans les élites de softpower (élites littéraires, monde de la com, presse, mode, show bizz, etc). Et je n’irais pas plus loin que ça, car dans le fond je n’en ai qu’une très vague idée. »
    Schéma auquel je ne crois pas une seconde, il suffit de compter les anciens maoïstes et troskistes, à comparer aux anciens d’Occident. La comparaison parle d’elle-même. Et en outre, il me semble que le vrai pouvoir est beaucoup plus du côté de ce que vous appelez le soft power, qui est loin d’être aussi soft que vous le pensiez, que du côté du hard. Avant on martyrisait, on condamnait à mort, aujourd’hui on humilie, on ravale plus bas que terre, et on fait en sorte que tout le monde soit au courant. Pas sûr que ce soit si « soft ». On pourrait même faire le lien avec le propos de Fantomette qui considère que la dignité est supérieure à la vie.

    « Là dessus, si cette hypothèse est la bonne, cela signifie qu’il y a une répartition des leviers de pouvoir entre les deux camps et que le jeu est ouvert. »
    Il faudrait être bien naïf pour le croire.

    Je ne crois pas en la théorie du complot parce que les choses sont bien plus simples que cela, il y a tout simplement un ensemble de valeurs communes, sorte de prêt à penser de base, qui forge la reconnaissance dans toutes les élites. Les gens qui n’y participent pas sont bien repérés et surveillés en fonction de ce qu’ils pensent, pas besoin de complot, la barrière sanitaire agissant au premier geste perçu comme hostile envers la survie du groupe. Il ne s’agit rien d’autre que d’une dynamique d’appartenance au groupe, rien que du très classique.

    « Maintenant, l’idée que l’extrême droite fait l’objet d’un traitement défavorable par rapport à l’extrême gauche est une idée d’extrême droite, sans surprise… »
    Je ne savais pas que Jean-François Kahn était d’extreme-drouaate.

    « Personne ne vous reprochera d’appartenir à un camp ou un autre, voire aucun »
    Oulalala, alors ça, c’est la meilleure. Vous n’aviez pas vu que je défends mordicus un point de vue contre vents et marées, et vous me dites que j’abandonne tout en cours de route ?

    Sinon, sur le PAF, depuis quand l’audiovisuel public devrait-il être une enceinte sacrée, preservée des atteintes néfastes de l’Etat ? Au contraire, je trouve plutôt honnête que l’actionnaire prenne ses responsabilités clairement et officiellement. Il devrait faire la même chose avec l’Education Nationale que l’on devrait d’ailleurs détruire pierre après pierre…

    Commentaire par Polydamas — 10/12/2008 @ 17:07

  58. Polydams,

    Euh… quel PAF? Cette partie de votre com s’adresse t’elle à moi?

    Bon, sur le fond, je vous répète que je ne connais rien au monde des anciens d’orient, d’occident ou d’ailleurs dont je dois vous dire que je me fiche à peu près complètement, qu’ils soient pétainistes, lepénistes, maoïstes, trotskistes, pianistes ou autres.

    Pour vous faire plaisir je veux bien avoir un intérêt de nature historique pour ces franges extrêmes de la société politique, mais ma curiosité n’ira pas au delà.

    J’ai bien vu que vous défendiez mordicus un point de vue. Il faudrait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte.

    A ce propos, écouter même ceux qu’on ne juge pas fiables est un excellent exercice pour l’esprit.

    PS: la naïveté n’a rien à voir avec les hypothèses.

    Commentaire par tschok — 10/12/2008 @ 18:59

  59. mouai, pas tout a fait d’accord

    Commentaire par chris — 09/12/2009 @ 17:56

  60. […] prendre un exemple parlant, il est infiniment plus intéressant de lire les articles concernant le monde financier de la journaliste-blogueuse Aliocha que ceux des grands quotidiens, tout simplement parce que la […]

    Ping par [12-2008] Crise du journalisme et des médias : 2 - Regagner la confiance | Miscellanée de réflexions — 08/06/2011 @ 17:29


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