La Plume d'Aliocha

14/11/2008

Respectons les jolis mots

Filed under: détente — laplumedaliocha @ 12:32

Allons, le week-end approche, je vous ai infligé toute la semaine des billets trop longs et remplis de vrais coups de gueule à l’intérieur, tout ceci est fatiguant et, qui sait, peut-être un peu vain. Passons aux choses sérieuses.

On reproche souvent aux journalistes de faire un mauvais usage des mots. Nous ne sommes pas les seuls. Tenez par exemple le mot « pardon » vous ne trouvez pas qu’il est galvaudé ? Moi si. J’étais ce matin comme tous les jours dans le métro et je l’ai entendu au moins 3 fois en quelques minutes, ce mot « pardon ». Etrangement, il semblait signifier à chaque fois bien autre chose que pardon. Mais avant tout, puisqu’on ne se connait pas, voici quelques éléments de contexte. Je suis d’un petit gabarit assez peu encombrant. Presque une femme de poche, quoique, en prenant de l’âge je m’étoffe, mais raisonnablement. Par ailleurs, mon esprit est toujours en état de vigilance dans le métro. D’abord parce qu’il y a plein de choses passionnantes à observer, ensuite parce que ce mode de transport soulève souvent des difficultés de circulation et de rangement des passagers, enfin parce qu’il arrive qu’il faille se garder des pickpockets ou de quelque clochard le litron à la main qui pourrait, sous l’effet du mouvement un peu brusque de la machine, vous arroser de son précieux breuvage. Bref, je suis alerte. Il n’empêche, j’ai eu droit à mon premier pardon dès l’entrée dans la machine, de la part d’une jeune homme encombré d’un gros sac et qui voulait que je me pousse pour qu’il soit à l’aise. L’affreux. Personne ne lui a dit que dans le métro on retire son sac à dos pour des questions de rationnalisation de l’espace de rangement ? Bref, deuxième station, voici que les portes s’ouvrent et que deux femmes venant en sens contraire tentent de sortir. « Pardon ! » claironne l’une à mon oreille droite, « pardon ! » lance en écho la deuxième à mon oreille gauche. L’effet stéréo était impressionnant. Et la situation délicate quand on sait qu’on a que quelques secondes pour sortir et que j’étais sensible à leur inquiétude de timing. Bref, me voici le nez collé à la barre et le corps rétréci façon sardine vue de profil, essayant, merci le yoga, de réduire mon anatomie à l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette.  Croyez-vous que j’eus droit à un sourire pour prix de mes vaillants et dévoués efforts ? Du tout, elles trainaient sur leurs pas toutes les deux un sillage de fureur épais comme une fumée d’usine. Leur « pardon » agressif » a résonné longtemps dans mes oreilles…

Quelle étrange habitude avons-nous en France de dire « pardon » à tout bout de champ. Allons mes amis, nous savons tous que ce « pardon » lancé sur un mode pressé et un tantinet agressif ne signifie en rien « je vous demande pardon de vous déranger, mais j’aimerais que vous vous décaliez légèrement afin de me permettre de passer ». Du tout. Ce pardon signifie en réalité à peu près ceci : « dégage triple imbécile, tu ne vois pas que tu me bouches le passage de ta présence superfétatoire, que tu nuis à ma liberté d’aller et venir ? Que tu es l’Autre sartrien, mon enfer fugace, ma plaie du moment ! ». Hein, c’est plus çà ? Du coup,  je me suis dit qu’il était peut-être temps d’arrêter d’utiliser un si beau mot pour exprimer de si vilains sentiments. Vous n’êtes pas d’accord ?

Evidemment, ceci pose ensuite la question de son remplacement. On pourrait opter pour le légendaire « casse toi pauv’con » de notre président qui a le mérite de l’efficacité et de la franchise, mais j’ai peur que l’ambiance dans les lieux de foule ne tourne vite au pugilat. Ou bien s’obliger à accompagner ce « pardon » d’un sourire, ce qui lui rendrait tout son sens. Le débat est ouvert, j’attends vos propositions !

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58 commentaires »

  1. Plusieurs fois j’ai emprunté le métro parisien. Entre autre chaque fois que je reviens des cours pour rentrer chez moi, où je passe via le métro de Montparnasse à gare de Lyon. Souvent, je suis encombré de 3 voire 4 sacs de voyage. Dans la mesure du possible j’essaie d’être poli, cependant il est des cas où c’est difficile, malheureusement.

    Aliocha : C’était donc vous ? 😉

    Commentaire par Triskael — 14/11/2008 @ 12:46

  2. Méfions nous du « cass’toi pauve’con », il parait que c’est trente euros dans la boite à gros mots….

    Aliocha : Oui mais ça soulage, donc dans certains cas, ce n’est pas trop cher payé !

    Commentaire par adrien — 14/11/2008 @ 12:55

  3. Parisien depuis peu, je suis stupéfait de l’absence totale de politesse que semble susciter chez les gens cet entassement biquotidien du métro. Quand à moi, quand il m’est réellement nécessaire de bouger quelqu’un de mon chemin (et, très franchement, dans la plupart des cas cela ne ce justifie que très peu – pourquoi donc vouloir à toute force gagner trois secondes dans un escalator ?), j’essaie d’accompagner le « pardon » d’un sourire et de regarder mon interlocuteur. Cela me paraît la moindre des politesse – mais au fond, ça doit être un truc de bouseux eud’la campâgne.

    Aliocha : Du tout, ne changez rien, si on s’y met à plusieurs, on y arrivera. Je ne sais pas vous, mais moi, un sourire, ça change ma journée.

    Commentaire par pKp — 14/11/2008 @ 13:02

  4. « Quelle étrange habitude avons-nous en France […] » : les Anglais restent imbattables, avec leur « sorry » sorti à tout bout de champ, y compris pour des erreurs inexcusables ou quand ils sont manifestement grossiers, auxquels cas ça devient « terribly sorry »…

    Commentaire par Korrigan — 14/11/2008 @ 13:10

  5. je trouve que « pardon » est souvent l’expression d’une timidité qui est exprimée par un simple mot, ou deux: « excusez-moi ». bien souvent, en bon provincial que je suis, dans le metro parisien, j’ai du dire « pardon » parce que balloté au fond de la rame avant d’arriver à la gare de lyon ou tous les parisiens pressés s’engoufrent avant qu’on ai pu sortir. et « pardon » veut bien dire « désolé, il faut que je sorte », désolé, j’ai mon sac à dos, mais je n’ai pas l’habitude du métro, et je ne sais pas qu’il faut le poser », « désolé, je suis timide, mais j’me soigne ». meme si certains « pardon!!!! » sont virulents. « mal baisé(e) » pensé-je.
    car, j’ai vu souvent des bons parisiens habitués sortir sans autre forme de procès, en poussant, en se dégageant de la masse, sans un mot, l’ipod collé aux oreilles, coupés du monde et de la civilité.
    alors un simple « pardon », c’est un début de communication, une marque de politesse.
    alors, parisiens ou autres, continuez à dire un simple « pardon », j’aurais toujours l’impression qu’il se passe un échange dans ccette masse anonyme et personnelle.
    j’ai toujours le souvenir de ce RER resté en rade et qui avait permis que toutes les personnes présentes dans la rame engagent un dialogue, comme si nous étions perdus sur une ile deserte.
    communiquons, que diable, meme avec un seul mot!

    Commentaire par leinad — 14/11/2008 @ 13:39

  6. @ Aliocha :

    Peut-être, si c’était en juin, et que le jeune en question est pas tellement plus grand que vous, bien que plus (beaucoup plus) large… ^^

    Commentaire par Triskael — 14/11/2008 @ 13:54

  7. “Dégage triple imbécile, tu ne vois pas que tu me bouches le passage de ta présence superfétatoire, que tu nuis à ma liberté d’aller et venir ? Que tu es l’Autre sartrien, mon enfer fugace, ma plaie du moment !”.
    Juste « Dégage connard » ou « Casse-toi pauvre con ». Ici Sartre est inutile. La brièveté a ses mérites.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 14/11/2008 @ 14:07

  8. Tiens, un concours : « Dégage connard » n’est pas mal. Je cherche mieux : bref, efficace, « jeté. Des idées ?

    Commentaire par Toto_SRàRien — 14/11/2008 @ 14:09

  9. « Casse-toi pauvre con » est hors concours. Evidemment.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 14/11/2008 @ 14:09

  10. Il y a pire que le « Pardon ! » qui a le mérite, bien que parfois un peu abrupt, d’être de la communication directe. Il y a le cas classique des deux mamies (oui, c’est souvent le cas, je suis désolé) qui voyagent ensemble et qui sortent à voix haute bien que s’adressant l’une à l’autre des phrases du style : « Il y en a qui ne se gênent vraiment pas et qui prennent toute la place ». Je sais pourquoi, j’ai toujours trouvé ça bien plus désagréable.

    Commentaire par Hugo — 14/11/2008 @ 14:39

  11. C’est l’usage du « il » qui est drôle. Le côté « dépersonnalisation ». C’est un truc classique dans les hôpitaux : « Alors, qu’est-ce qu’il a ? » Ou dans les boulangeries : « Qu’est-ce qu’il veut le jeune homme ? » (à moi qui ai 42 ans, encore ce matin!)

    Commentaire par Toto_SRàRien — 14/11/2008 @ 15:03

  12. pardon, mais ce post était-il vraiment nécessaire 😉

    Commentaire par Phedra — 14/11/2008 @ 15:06

  13. Non. Et alors ?

    Commentaire par Toto_SRàRien — 14/11/2008 @ 15:11

  14. @ toto_SRàRien

    Ben… qu’avez-vous fait de votre humour ?

    Commentaire par Phedra — 14/11/2008 @ 15:25

  15. @Phedra
    Je n’en ai pas. Je pense m’en acheter un jour.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 14/11/2008 @ 15:32

  16. Le « pardon » est de rigueur dans le métro. J’use systématiquement du « excusez-moi » et une fois sur deux on me regarde l’air de se demander quelle langue je parle. Sans doute ne suis-je pas parisien depuis suffisamment longtemps pour avoir compris le prix de la demi-seconde, et donc de deux syllabes supplémentaires, dans le coin.
    Commentaire du vendredi…

    Aliocha : aïe, malheureux, on ne dit jamais « excusez-moi » à Paris, sauf pour demander son chemin, et encore cela vous place de facto en situation d’infériorité, vous allez vous faire piétiner. Alors que les sonorités impérieuses du PARDON, avec cette attaque en « p » suivie d’une dentale, vous positionne immédiatement dans le rapport de force, le destinataire est assimilé au coupable, vous triomphez. Et puis il est vrai que c’est plus court, or à Paris le temps….

    Commentaire par Lindir — 14/11/2008 @ 15:49

  17. C’est sûr que ces « pardons » doivent interpeller les Pimpolais en visite à la capitale 😉

    Commentaire par furax — 14/11/2008 @ 16:38

  18. Venez prendre le métro à Toulouse, ici « pardon » a la première signification 🙂

    Commentaire par Léna — 14/11/2008 @ 16:45

  19. Y’a un métro à Toulouse ????!!!!!

    Pardon…. Je n’ai pas pu résister. 😉

    Commentaire par Hub — 14/11/2008 @ 16:55

  20. Je ne comprends rien a vôtre billet.

    Personne ne m’a jamais dit « Pardon » de façon agressive.

    Aliocha : tiens, vous me faites penser à un texte que des amis journalistes avaient donné à traduire à un traducteur anglais pour un magazine bilingue. Le professionnel, qui avait dû faire son boulot un peu par-dessus la jambe, avait traduit tout le texte y compris les noms propres. Pour David Douillet ça donnait « comfortable David » j’en ris encore. Total HS, mais c’est un petit cadeau 😉

    Commentaire par David Douillet — 14/11/2008 @ 16:59

  21. “Quelle étrange habitude avons-nous en France […]”

    On reproche souvent aux journalistes d’être focalisés sur le bout de leur nez, en voici un exemple !
    On emploie pardon pour ce même usage dans la plupart des pays du monde, les champions parmi ceux que j’ai expérimentés sont les Japonais.
    Pourquoi partir de l’a priori systématique que quelque chose est typiquement français sous prétexte que cela arrive en France ?

    Cela me fait penser un peu aux grèves, à l’amour de la nourriture ou autres clichés du genre qui selon les statistiques sont bien moins idiosyncrasiques que ce que l’on colporte habituellement sans réfléchir.

    /) (\
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    Commentaire par La Vache — 14/11/2008 @ 17:02

  22. Dans un manuel de conversation française à l’usage des Chinois, j’ai trouvé cette information qui a réjoui le Parisien que je suis (bon, que j’étais alors, que je reste de cœur) : lorsque vous êtes dans le métro et que vous souhaitez vous frayer un chemin vers la porte, la formule consacrée est « Vous descendez? »
    Je me suis souvenu que c’est en effet cela que j’entendais toujours, jusqu’à récemment. Cette manière indirecte, brève et qui peut fort bien être accompagnée d’un sourire, de faire savoir que vous, vous avez bel et bien l’intention de descendre, me semble très conforme à l’essence de la politesse.

    Elle a en effet pour principe que l’on prête a priori à la personne qui est entre vous et la porte l’intention de descendre aussi, ce qui explique bien sûr qu’elle se trouve sur votre passage. C’est un mode de communication de vos propres intentions qui est subtil et évite de traiter d’emblée l’autre comme un obstacle et un ennemi potentiel.

    L’usage du « pardon » doit, dans le métro, être réservé à la situation elle aussi fort courante où l’on écrase par mégarde le pied de son voisin, ou qu’on le bouscule sous l’effet d’un cahot imprévisible.

    Quant à l’ignoble sac au dos, il doit évidemment être proscrit, ne serait-ce que pour faire de la place aux poussettes qui, de nos jours, ont acquis des dimensions de chars d’assaut.

    Aliocha : Ah ! Philarete, la poussette, ce fléau. Non seulement comme vous le relevez justement elle prend des allures de chars d’assaut, mais ceux qui la manient se comportent comme des Attila, vous êtes prié de vous pousser instantanément, de céder la place, dans le métro, le bus mais aussi sur les trottoirs si vous tenez à votre intégrité physique. La poussette charge et dévaste tout sur son passage. Elle est devenue plus dangereuse que le chariot à course. Elle vous entrave le mollet dans le métro, vous voilà coincé et en même temps empli de terreur à l’idée que vous pourriez vous effondrer sur le gentil bout de chou qui y loge (enfin gentil, je passe sur celui qui vous balance à la tête ses jouets baveux tandis que vous lui souriez bêtement, ou bien encore celui qui s’agite comme un ver pour se libérer de sa sangle et vous frappe de ses jolis petits souliers aussi minuscules que ravageurs). Autant que je m’arrête là, je vais m’attirer la haine de tous les jeunes parents. Allons, au fond je vous comprends, aimables possesseurs de poussettes, c’est pas facile à manier ces engins, je ne faisais que plaisanter un peu 😉

    Commentaire par Philarete — 14/11/2008 @ 17:09

  23. Il m’arrive de trouver que la personne devant moi lambine franchement (oui 3s dans un escalator ça peut faire gagner 5mn pour un RER), ou que la seule personne qui n’a pas pensé a se ranger a gauche dans l’escalator bloque pleins de monde, dans ce cas j’hésite quand même une seconde ou deux avant de dire « pardon », en fait je m’attends toujours a ce que la personne devant moi comprenne l’ignominie de son comportement (;)), mais ce n’est hélas, pas courant, (je ne pratique paris que depuis quelques mois).

    Dans mon cas par contre je fait toujours de mon mieu pour ne géner ou ne faire perdre de temps a personne, et ayant un physique tout sauf ‘de poche’, c’est pas franchement toujours évident… le moindre pied heurté/écrasé a droit a mes excuses (pardon, avec un petit geste d’excuse en général), j’attends juste des autres une considération égale…

    Commentaire par tshirtman — 14/11/2008 @ 17:13

  24. @je fait toujours de mon mieux pour ne géner ou ne faire perdre de temps à personne

    Waouu ne pas faire perdre de temps …. dans un transport _en commun_, ce qui impliquerait une notion de communauté, donc de lien social … j’en reste pantois. Ne trouvez-vous pas (même si cela peut sembler idiot) que de discuter 30 secondes avec un(e) inconnu(e) (pas forcement besoin d’impulse) n’est pas une perte de temps ?

    Je ne regrette pas d’avoir abandonné la fourmillière capitale. Quelle peine !

    Commentaire par herve_02 — 14/11/2008 @ 17:30

  25. Je comprend que l’usage agressif du pardon puisse être considéré comme désagréable mais il faut bien reconnaître que le peu d’empressement que mette certaine personne à s’écarter du passage son usage devient malheureusement nécessaire. Par contre je reconnais que cela puisse irriter quand on est soi même en train d’essayer de libérer le passage.
    Et je ne parle même pas des personnes qui essayent de monter alors qu’il y a encore des gens en train de descendre. C’est dans ce cas la que j’apprécie quand j’ai une valise… (les genoux des personnes concernés beaucoup moins en général)

    Mais il est vrai que le métro pourrait être bien plus agréable si les gens faisaient plus attention à ceux qui les entourent.

    Commentaire par LordPhoenix — 14/11/2008 @ 17:31

  26. @herve_02: je suis pour les transport en communs pour pleins de raisons, mais dans la vie de tous les jours je ne suis pas un grand communiquant, et adresser la paroles a des inconnus dans le métro, si je n’ai rien contre, me parait franchement difficile, surtout que, globalement, personne ne le fait… enfin si j’ai l’occasion, je la saisie parfois.

    Cela dit, je parlais principalement des déplacements a pieds entre les métros et RER, il est évident qu’on a pas franchement la possibilité de gagner du temps une fois dedans ;).

    Par contre a la sortie ou a l’entré, oui, j’ai déjà vu des gens faire rater une rame du 14 a 10 personnes derrière eux, parce qu’ils rentrait d’un pas franchement mollasson, quand on comprends qu’on va pas entrer, on a un poil envie de bousculer quand même…

    Commentaire par tshirtman — 14/11/2008 @ 17:39

  27. > »…je passe sur celui qui vous balance à la tête ses jouets baveux tandis que vous lui souriez bêtement… »

    Vous êtes « une femme de poche » pas plus grande qu’une poussette ?? 😉

    Commentaire par Yves D — 14/11/2008 @ 17:40

  28. @ La Vache

    Il y a tout de même quelques idiosyncrasies parisiennes. Par exemple — c’est tshirtman qui m’y fait songer — dans les escaliers mécaniques, le Parisien ignore superbement l’usage de tenir sa droite. S’il est en compagnie, il joint sa masse à celle de son voisin pour obstruer totalement le passage, le fin du fin consistant à se déplacer en bande compacte pour décourager toute tentative de débordement.

    J’avoue qu’en de telles circonstances, j’use volontiers du « pardon! » agressif réprouvé par Aliocha, comme claire manifestation de mon mécontentement, si d’aventure je suis pressé. Car enfin, dire « Vous descendez? » dans un escalier qui monte, c’est assez peu clair, et potentiellement contreproductif.

    Aliocha : Là vous me faites tellement rire que je vais essayer votre formule « peu claire » dès que l’occasion s’en présentera, juste pour admirer la tête de mon interlocuteur. Et tester son sens de l’humour. J’en salive déjà !

    J’ai observé récemment qu’à Londres, dans les escaliers mécaniques du métro, tout le monde tient sagement sa droite — un paradoxe dans un pays où l’on roule à gauche. Et qui n’a pas vu un Punk bardé de clous, percé à tous les sourcils, de noir vêtu, avec les bretelles sous les fesses, tenir gentiment une rampe d’escalator en serrant sa droite, qui n’a pas vu cela n’a pas idée de la sociabilité naturelle de l’être humain.

    Commentaire par Philarete — 14/11/2008 @ 17:42

  29. Moi, c’est pire, j’ai le réflexe idiot de m’excuser quand on me marche sur les pieds. Je connais les grandes lignes de ce que ça peut dire sur ma personnalité.

    Mais justement, et pour en revenir aux transports, dans le but d’être un peu moins pathétique, j’ai pris une décision il y a quelques années : quand je descends d’un métro (ou d’un tram, à Nantes), si quelqu’un dehors est en travers de mon chemin devant la porte, à attendre pour monter, je m’efforce de faire comme s’il n’y avait personne, et je fonce dans le tas sans rien dire, et certainement sans m’excuser. Enfin, je fais ça uniquement s’il m’apparaît évident que la personne en face peut s’écarter rapidement, au quel cas elle n’a rien a foutre devant la porte à la base, et ça n’est pas à moi de maneuvrer pour l’éviter. Ça me demande de prendre sur moi pour surmonter ma tendace à une civilité absurdement excessive.

    Commentaire par Schmorgluck — 14/11/2008 @ 17:42

  30. @ David Douillet, ce propos plein de sagesse lu il y a quelque jours dans Le Progrès (de Lyon), dans la bouche d’un restaurateur à la carrure considérable: « quand vous pesez 120 kilos, les gens qui en pèsent 60 ont tendance à vous écouter ».

    Ça doit s’appliquer au métro…

    Commentaire par Philarete — 14/11/2008 @ 17:44

  31. peut-on sourire dans le métro? A part le yoga, je ne vois pas.

    Commentaire par pahdoc — 14/11/2008 @ 18:31

  32. Chère Aliocha,

    J’apprécie la formule anglo-saxonne « I beg your pardon »… C’est un sésame pour qui veut obtenir de l’aide dans tous les domaines (« pourriez-vous répéter », « auriez-vous l’obligeance de me laisser passer »…)

    En France, on utilise peu sa traduction « je vous demande pardon ».

    Pourtant, accompagnée d’un sourire, c’est aussi la formule magique.

    « Pardon » tout seul s’analyse comme un ordre.

    « Je vous demande pardon » sollicite une collaboration, exprime une demande d’excuse.

    Ca devrait s’apprendre à l’école.

    « Je vous demande de vous arrêter » de Balladur est plus efficace que « Taisez-vous »… Ca va dans le même sens.

    Commentaire par ramses — 14/11/2008 @ 18:38

  33. Excusez-moi de vous demander pardon, pour ma part, je demande « pardon » par simple réflexe à tous ceux que je bouscule, et qui me bousculent – puisque par définition, il faut être deux pour se bousculer – quand bien même l’un de ces êtres qui me bousculent est tout à fait dépourvu d’anima, ce qui est le cas quand il s’agit par exemple d’une porte, d’un réverbère, ou d’un poteau. Ce n’est pas le cas lorsqu’il s’agit de mon chat, venu sur terre doté d’une âme bien trempé, mais qui, pour sa part, ne s’excuse jamais de bousculer personne, mais partira plutôt se cacher dans un arbre en vociférant et blasphémant. Je crois qu’il est de peu d’importance de dire « pardon » sans le penser vraiment – voire sans le penser du tout – car la réalité du sentiment qui vous lie à autrui – je pense à autrui qui vous barre la route du simple fait qu’il s’y tient en travers – est en réalité à la fois mince et complexe. Dans l’immédiat il est une gêne, et s’il disparaissait comme par magie, il ne vous manquerait nullement. Vous en concevriez peut-être même un discret mais réel soulagement. Pour autant, auriez-vous à disposition un fusil à neutron vous permettant effectivement d’arriver à ce résultat, que, probablement, vous n’en useriez pas. Autrement dit, votre sentiment à l’endroit d’autrui flotte vaguement entre une hostilité floue et une tolérance non dénuée d’ambiguité. « Pardon » rend hommage à votre relative bienveillance qui lui vaut de sauver sa peau, votre ton rogue lui indique néanmoins qu’il est l’élément perturbateur. Ainsi, l’apparent paradoxe qui consiste à demander agressivement « pardon » rend en réalité concret et presque palpable cet autre apparent paradoxe du rapport bref et ambigue qui se noue en une courte seconde, au pied de l’escalator ou à la sortie du RER, entre deux individus civilisés et que pourtant tout oppose (puisque l’un veut sortir et l’autre entrer). Rien d’hypocrite, rien d’insensé dans cet échange futile, mais humain. Je poursuivrai donc dans mon habitude, sans rien y changer.

    Aliocha : Très jolie intervention Fantômette, je reconnais bien là votre style admirable. Cela étant, j’évoquais le pardon non pas d’excuse en cas de bousculade mais le pardon impérieux avant tout contact et qui signifie « pousse-toi de là que je passe ». Il est fréquent aussi dans les magasins. Pour le reste je suis d’accord avec vous, sauf que je trouve votre chat un peu arrogant et que j’ai une vision moins optimiste que vous du « rapport bref et ambigu entre individus ». « Pardon » me tourne les sangs, un sourire en revanche me transforme en agneau. A croire que j’ai un tempérament plus nerveux que je ne l’imagine, mais là je ne vous surprend pas 😉

    Commentaire par Fantômette — 14/11/2008 @ 18:44

  34. Ma foi, je me souviens m’être excusée -non pas d’un plat « pardon », mais d’un joli « excusez-moi »- ici même, sans que cela soulève la moindre réaction chez vous. Vous aviez sans doute de meilleures raisons que les malpolis du métro.

    Commentaire par Ardalia — 14/11/2008 @ 18:46

  35. J’ai le « pardon » évolutif. Gentils avec sourire pour les premiers, suivis assez rapidement de « PARDONNNN » appuyés et ça se termine en fin de parcour par  » ‘….DONNNNNNNN ! ». Pour des parcours plus longs j’envisage la corne de brume.
    Quand au véritable sens, je l’avoue, le « casse toi pov’con » ne serait qu’un succédané bien pâle et trop peu imagé.
    Certes, « la vérité vous rendra libre », mais je ne cours pas assez vite pour mettre systématiquement mes propos en accord avec ma pensé et mes petits muscles ne me permettraient pas de soutenir un débat philosophique sur la nécessité de changer de vocabulaire.
    Heureusement,je ne peux pas prendre le métro, mais je reconnais être une engeance pire que la poussette avec ma tête à hauteur des fesses de mes congénères et mon fauteuil roulant électrique.
    Et à propos d’autres jolis mots…bonjour, au revoir ? Je crois que parfois je dois être un peu faux cul aussi !

    Commentaire par Albireo — 14/11/2008 @ 18:50

  36. Hier, dans un bus parisien, le 62, au lieu de dire : « Vous descendez », j’ai dit, sans y songer : « Vous descendrez ». Il ne faut pas le faire, surtout pas à une fille : j’ai cru que j’allais finir au poste (racolage actif).
    Après j’ai dit : « Excusez-moi », mais visiblement ce n’était pas assez.
    Pardon…

    Commentaire par Toto_SRàRien — 14/11/2008 @ 19:03

  37. @Albireo
    On peut le faire en sens inverse : PArdon. C’est plus autoritaire encore.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 14/11/2008 @ 19:06

  38. Pardon est logique.

    Dans le « pardon », il y a la grâce, façon un peu désespérée de demander en réalité « s’il vous plait ».

    L’ennui du « s’il vous plait » c’est qu’il est terriblement risqué, puisque la condition qui subordonne l’acceptation de ce qui est demandé c’est le « bon plaisir » de celui à qui on le demande.

    Si on tombe sur un pervers, ça peut mal finir cette histoire!

    Alors il vaut mieux conserver le message et remplacer son emballage par cet élégant « pardon » qui recèle en outre une menace voilée: on demande pardon pour une offense. Celle-ci n’ayant pas encore été commise au moment où on prononce le mot, on laisse entendre sans être menaçant qu’elle pourrait bien l’être si la demande que sous tend le pardon n’était pas satisfaite.

    En réalité, ce « pardon » très urbain est une arme de dissuasion.

    Comme la bombe nucléaire, il est bien évidemment destiné à ne jamais vraiment servir.

    Aliocha : amusant comme les avocats ici présents n’aperçoivent pas un instant l’agressivité du « pardon » que je dénonce, l’habitude des contentieux sans doute ? Au fond, tout est relatif…

    Commentaire par tschok — 14/11/2008 @ 19:16

  39. @Aliocha
    « P » est « bilabial », faites-en ce que vous voulez. Ce qui est intéressant c’est la finale « on » : une nasale, un truc qu’on peut faire durer autant qu’on veut, avec le nez.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 14/11/2008 @ 19:35

  40. @Fantomette
    Vous avez des précisions sur le fusil à neutrons ? Je voudrais investir aux USA.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 14/11/2008 @ 19:42

  41. @ aliocha

    Vu le succès de ce post, vous devriez créer une rubrique  » Le mot du week-end ». Effectivement après tout ce qu’on a vécu cette semaine, ça détend…

    Commentaire par Phedra — 14/11/2008 @ 20:57

  42. Prenant RER et Métro tous les jours, je dis le plus souvent « je vous prie de m’excuser », ou sinon « pardon » ou « excusez-moi », toujours avec le sourire, même quand je suis énervé.
    En fait, c’est de la psychologie inverse : je suis un jeune à capuche qui habite en banlieue, alors ça m’amuse d’être poli vis-à-vis des cadres supérieurs dynamiques parisiens, qui eux se bousculent à qui mieux-mieux.

    J’en profite pour enfin écrire noir sur blanc, et lu par quelques webpassants, quelque chose qui me tient à coeur : mesdames, vos sacs à main sont très énervants ! Nous, jeunes gens, ôtons généralement (c’est toujours mon cas) nos sacs à dos quand nous entrons dans un véhicule de transport en commun, surtout bondé. Faites de même. Combien désagréable est-il de sentir la pression d’un sac rigide, à hauteur de hanche ou de côte ! Les sacs à dos, au moins, sont mous. Les sacs à main sont pernicieux, agaçants, et ils vous poussent souvent à vous contorsionner pour vous raccrocher à la barre.
    Mettez-le à terre, entre vos gambettes, et il n’embêtera personne : ni vous, ni nous (le petit chat).

    Autre chose : les écouteurs – le mp3. J’avoue y avoir souvent recours, selon les périodes : surtout en hiver. Mais il m’agace : il donne cette impression d’individualisme croissant, comme une bande originale du film de chacun. J’observe le monde, comme si je lui étais supérieur, et mon fond sonore m’en protège, et me place en surplomb de lui.
    Bon, parfois, c’est juste que ça détend, et évite d’entendre les conversations des autres passagers.
    Le baladeur trop fort, acte incivique également – et les conversations à tue-tête, notamment par portable.
    Le baladeur, aussi l’arme anti-pardons-qui-veulent-dire-dégage, car on ne les entend pas. D’où bousculades.

    Ah, les transports en commun…

    Commentaire par Irfan — 14/11/2008 @ 22:15

  43. > “casse toi pauv’con” a le mérite de l’efficacité et de la franchise, j’ai peur que l’ambiance dans les lieux de foule ne tourne vite au pugilat.

    hum plutôt l’engueulade parisienne.
    C’est plutôt à conseiller pour le gorille ou le nain courageux accompagné de gorilles.

    Y a t’il un lien entre le métro parisien et ces differents titres ?
    Paroles de reporter de guerre – Debout la presse ! – Le joyeux monde de la communication – Respectons les jolis mots

    Drôle de « détente », je vous le dis. 😀

    Les mots ne sont pas jolis en soi mais dépendent du contexte, du ton utilisé et de la physionomie de l’auteur et les jolies filles en abusent. D’ailleurs les très jeunes enfants ne comprennent que le ton utilisé. C’est ce qui fait cruellement défaut dans l’écrit. C’est un handicap et une perte de temps de lire tout ses propos écrits sans entendre le timbre de voix. Serait il ironique, arrogant, hésitant, péremptoire, agressif, doux etc… Tout ces petits détails qu’un bon acteur arrive a retransmettre en étant fidèle à la psychologie de son personnage.

    Sinon quand je circulais à pied dans les rues de Montréal en hiver, les gens s’écartaient de moi d’un bon mètre quand je portais une cagoule noire avec juste une ouverture pour les yeux. Aucun risque qu’on me bouscule. 😀

    Commentaire par paul2canada — 15/11/2008 @ 01:33

  44. Je me coucherai moins sot ce soir, j’ai appris que le « excusez moi » que m’a appris ma maman faisait provincial. Je crois que je vais quand même continuer à l’utiliser, par esprit de contradiction, avec de la chance ça passera pour de l’amabilité. Et en plus, ca me permettra de consacrer deux syllabes de plus par interlocuteurs.
    J’avais déjà constaté que ça me mettais en situation d’infériorité, met je mettais ça sur le compte du ton gentil. Je vais pouvoir arreter de m’entrainer devant la glace pour trouver une expression plus appropriée.
    De toute façon je m’en accomodais déjà. La loi de la jungle du métro étant ce qu’elle est, il y a des problèmes auxquels on est moins sujet au dessus d’un mètre quatre-vingt dix.

    Commentaire par vivien — 15/11/2008 @ 09:27

  45. @43 paul2canada s’est exprimé ainsi :

    > Les mots ne sont pas jolis en soi mais dépendent du contexte, du ton utilisé et de la physionomie de l’auteur et les jolies filles en abusent. D’ailleurs les très jeunes
    > enfants ne comprennent que le ton utilisé. C’est ce qui fait cruellement défaut dans l’écrit. (…) »

    D’où la naissance précoce, lors des premiers mails et newsgroups, des « smileys » destinés à pallier cette carence et introduire de l’émotionnel dans le parlé écrit…

    Commentaire par furax — 15/11/2008 @ 13:33

  46. Mine de rien, vivien, « faire provincial » à Paris est un moyen très efficace pour filtrer une proportion appréciable d’abrutis. C’est même radical. On peut sans le moindre risque d’erreur significative partir du principe que les gens qui refuseront de vous parler parce que vous « faites trop provincial » sont des cons. À ce titre, j’enjoins tous les nouveaux Parisiens ou visiteurs de passage à dire « aux Champs-Élysée » plutôt que « sur les Champs ». De cette manière, vous filtrerez efficacement les imbéciles, qui refuseront tout simplement de vous parler, ce en quoi vous ne perdez rien, et gagnez pas mal de temps.

    Commentaire par Schmorgluck — 16/11/2008 @ 06:16

  47. Je suis Parisien depuis 34 ans, je dis « excusez-moi » et « aux Champs-Élysées », je crois que je suis simplement ringard. Merci de me l’apprendre.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 16/11/2008 @ 10:26

  48. Le « pardon » devenu agressif, je le connais, pour l’entendre régulièrement et l’utiliser parfois. Cependant, je lui trouve tous les attraits de la diplomatie en temps de guerre. Nous avions deux options, l’une animale et simple, qu’Arthur résume bien dans Kaamelot: décarre tes troupes de mes terres, ou j’crame ton pays. Bref, le physique, pousser ce qui encombre.

    L’autre branche de l’alternative, c’est de ne pas avoir recours à la violence physique, en usant du verbe pour éviter la confrontation. Il peut y avoir la forme brutale du verbe (casse toi), ou une forme plus faux-cul, plus civilisée aussi, qui est ce pardon agressif.

    Parce que, finalement, le problème reste entier: je veux sortir de ce p… de métro pour attraper le train qui partira exceptionnellement à l’heure si je suis en retard de 10 secondes (y’a des théorèmes de mathématiques là-dessus). Et je n’ai pas l’intention de faire demi-tour à la station suivante. Donc il faudra bien que les gens se poussent.

    J’essaye, comme visiblement nombre de vos commentateurs, d’être un minimum courtois dans le métro. Quand par exemple l’encombrant, entre moi et la porte, semble faire des efforts pour laisser passer les gens, je ne dis rien, j’attend. Par contre, je deviens sans pitié pour les discourtois. Quand les pressés de rentrer, sur le quai, n’envisagent pas qu’on sorte pour leur laisser de la place, par exemple. Là, je n’ai plus de pardon. Je vais tout droit, si possible au bord de la porte, par bien au milieu, et j’avance, plaçant devant moi tout ce que je pourrais avoir d’objets contondants (valise, courses, que sais-je). Si j’en viens à dire quelque chose, ce qui est rare (ça va assez vite tout de même), ce sera « vous encombrez ». Et c’est beaucoup plus dangereux, en risque de départ de feu, qu’un « pardon » si agressif soit-il.

    Finalement, le pardon agressif dont vous parlez, Aliocha, n’est-ce pas une preuve de civilisation?

    Commentaire par Benjamin Bayart — 16/11/2008 @ 14:39

  49. @aliocha dans son commentaire du 22

    Appliquant les règles régissant la circulation maritime dans le flot des personnes (à savoir: c’est l’embarcation la moins manoeuvrable qui a la priorité), je ne dévie pas de mes trajectoires quand je pilote ma poussette, sauf quand je croise un fauteuil roulant… Je ne pousse quand même pas le vice jusqu’à me demander si je suis sous le vent quand je croise une autre poussette.

    Et s’il faut positiver, il faut se dire que contrairement aux petits vieux qui se positionnent exactement dans l’axe de la porte du métro², les bambins braillards des poussettes paieront un jour nos retraites (enfin s’il en reste, mais c’est un autre débat)… Heu pardon 😀

    Regards,
    Skro

    ²ce ne sont pas les seuls et leur mobilité parfois réduite leur donne une excuse, mais il fallait bien que je vende ma deuxième partie de phrase…

    Commentaire par Skro — 16/11/2008 @ 21:31

  50. Bonjour Aliocha,

    Non, non, je mettais ce sens là dans ma cible: Si pour vous une bombe nucléaire n’est pas agressive, au moins potentiellement (c’est vrai, c’est une question discutée en stratégie militaire), alors je désespère du sens des mots!

    TE;,vpiyp ergb!

    Humpf!

    Commentaire par tschok — 17/11/2008 @ 15:08

  51. Mon commentaire est hors sujet mais comme le titre de votre billet concerne les « jolis mots » je me permets de vous le soumettre et de vous proposer 2 « jolis mots ».

    Avez-vous entendu l’émission du 15 novembre dernier sur France Inter avec l’ancienne juge Eva Joly ? Le thème : L’économie grise est-elle intouchable ? Les paradis fiscaux.

    Comme vous le savez, Eva Joly est aujourd’hui conseillère spéciale du gouvernement Norvégien et se bat contre la corruption internationale.

    A la question : « A combien estime-t-on l’économie souterraine qui se perd et s’évapore dans les paradis fiscaux et autres nébuleuses financières ? », elle a répondu : « les spécialistes évaluent cette économie à 1,6 trillion ou trilliard de dollars » !
    Selon que vous utilisez un langage francophone ou anglophone c’est trillion ou trilliard… j’ai pas bien compris lequel mot était francophone car les 2 existent en français.
    D’après wiki :
    1 trillion = 10 puissance 18, soit 1 000 000 000 000 000 000
    1 trilliard = 10 puissance 21, soit 1 000 000 000 000 000 000 000
    Certes, l’un ou l’autre, ça fait quand même beaucoup d’argent !

    « Trillion » et « trilliard », c’est pas des jolis mots ça ?

    Commentaire par Oeildusage — 17/11/2008 @ 15:32

  52. Et un billard c’est combien de boules?

    Commentaire par tschok — 17/11/2008 @ 17:20

  53. @ Tschok

    Ca dépend du billard…

    Le Français 3
    L’Américain jusqu’à 15 plus la boule du joueur
    Le Snooker jusqu’à 22 plus la boule du joueur

    Sinon, pour les noms des grandes puissances de 10 (rien à voir avec le G20/2), ça va jusqu’au centilion (1 million avec 100 zéros derrière)… Espérons que la crise financière n’atteindra pas ces sommets 🙂

    Commentaire par ramses — 18/11/2008 @ 03:58

  54. @Ramses & Tschok

    Merci pour ces précisions fortes utiles. D’ailleurs je pense qu’il faut être prévoyant et commencer à se familiariser dès maintenant avec les grands maux et les grands mots. Donc le centillion c’est 10^106 (10 puissance 106, soit 10 suivi de 106 zéros).
    Et le centilliard, ça existe ?

    (Pour l’instant on commence juste à reconnaitre qu’il existe une économie mondiale sous-terraine, mais quand on s’attachera à en évaluer l’ampleur, c’est pas impossible que les estimations viennent friser le centilliard !)

    Commentaire par Oeildusage — 18/11/2008 @ 10:31

  55. Après ces quelques considérations économiques d’actualité, mais néanmoins hors sujet, je vais revenir au débat initial : les jolis mots (de politesse).

    Comme vous Aliocha, ma corpulence se rapproche plus du jockey que du sumotori. Comme vous aussi mes capacités physiques me permettent en 2 temps 3 mouvements (je suis ancien sportif professionnel) de me sortir prestement d’une situation oppressante. En général, quand j’effectue un saut de cabris ou quelques élégants petits pas chassés pour esquiver une écrasante proximité humaine, afin de ne pas inquiéter outre mesure le proche entourage concerné de mes énergiques capacités physiques, j’agrémente un « pardon » par quelques petits mots dédramatisant et rassurants tels que : « hooope là… pardon », ou « aaaat’… tention… pardon », ou encore « paaaaaarrrr… don » (le « paaaarrr » pour être plus efficace doit commencer grave et se terminer aiguë, ou inversement, et insister plus fortement sur le « don » pour surprendre et accentuer encore l’effet).

    Avant j’étais plus classique et j’employais plus volontiers un lapidaire « Je m’excuse… », ce à quoi les puristes offensés me reprenaient par : « – Je m’excuse – n’est pas français, ce n’est pas poli car ce n’est pas à vous de vous auto-excuser ! ». S’en suivait un conflit linguistique supplémentaire. De pus demander des excuses me donnait un sentiment de culpabilité pour une situation dont je n’étais pas forcément responsable.

    Après de longues recherches et une profonde réflexion, j’ai fini par abandonner le « je m’excuse » car il pouvait semble-t-il offenser encore plus la personne à laquelle s’adressaient les excuses. Pourtant, étymologiquement « excuser » veut dit « se mettre » hors de cause ce qui correspond bien à la situation : je gêne, mais j’explique que la cause initiale n’est pas de mon fait.

    Bref, dorénavant, je ne m’excuse plus. Voilà c’est tout ce que j’avais à dire… et paaaaaarrrr… don d’avoir été si long !

    Commentaire par Oeildusage — 18/11/2008 @ 11:43

  56. M. Oeuildusage, je trouve que vous avez bien raison (de ne pas/plus vous excuser), encore faut-il savoir compenser. Je m’explique: espagnol et d’origine et dans l’âme et le passeport, j’ai toujours trouvé l’hypocrisie insupportable, et les formules de politesse galvaudées (dont ce « pardon » mis en cause ici) en sont les porte-paroles les plus haut gradés. Si vous me le permettez je dirais même qu’il sont une spécialité des parisiens et des londoniens (comme cela à été répété ici), ces villes où justement on est pressés et où « les manières » sont une priorité, contrairement à la gentillesse.
    Je me permets donc ici, et suite à votre demande, Aliocha, de vous inviter à renverser cette habitude et, comme souvent dans les pays latins, mettre en avant la gentillesse et délaisser quelque peu les bonnes manières.

    En effet, dans le metro Madrilène ou Barcelonais, vous entendrez très rarement des « pardon » ou « excusez-moi ». En revanche vous verrez des regards empathiques, des sourires de remerciement plus ou moins pétillants, plus ou moins en coin, des sourcils arc-boutés accompagnés de gestuelles des mains signalant l’envie de passer sans trop vous déranger.
    Malheureusement, autant ce manque de formules permet une maximisation du langage corporel et des contacts visuels parfois très cocasses, autant lorsque la gentillesse n’y est pas à la base (ne vous méprenez pas, des abrutis il y en a partout et ce dans un même pourcentage universel), alors cela devient carrément grossier.
    Pourtant, à choisir les extrêmes ou une moyenne hypocrite je préfère encore un bon coup de gueule non refoulé de temps en temps et quelques sourires charmants pour compenser.

    P.S: Aliocha, vous n’aviez pas commencé par dire que celui-ci n’allait pas être un coup de gueule? Il m’en avait tout l’air pourtant…vous voyez que vous êtes en manque de sourires dans le métro !!

    Pedrock (www.opiniatre.net)

    Commentaire par pedrock — 18/11/2008 @ 12:29

  57. Bonsoir Aliocha,
    un billet tout à fait intéressant et à propos.

    Je ne le nierai pas, l’utilisation de la langue française parfois m’horripile.
    Remarquons que ce billet pourrait s’accompagner d’autres similaires traitant par exemple du « s’il vous plait » (comme nous le faisait remarquer un commentateur précédent), du « merci », ou encore des traditionnels « bonjour », « bonsoir », … plus souvent prononcés par tradition que pour leur sémantique.
    Terminons enfin (the last but not the least) par la « forme de politesse », le vouvoiement, qui malheureusement cette fois-ci respecte stricto-sensu la sémantique du terme. À savoir qu’il s’agit d’une forme et non d’un fond : la politesse n’est ici que décoration ignorante de la réalité des choses.

    Si seulement chaque personne pensait vraiment ce qu’elle dit si naturellement ne serait-ce qu’une fois sur deux… le monde en serait transformé.

    Commentaire par M'vy — 20/11/2008 @ 17:26

  58. Il me semble qu’il y a une méprise sur l’orthographe du mot, en réalité quand vous entendez « pardon » on vous dit « pars donc ». Cela pourrait expliquer pas mal de choses…

    Aliocha : Joli !

    Commentaire par Une sorcière comme les autres — 23/11/2008 @ 20:30


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