La Plume d'Aliocha

13/11/2008

Parlez-moi de corporatisme, j’adore…

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 11:16

Et voilà, c’était couru d’avance. Je buvais tranquillement mon café en lisant le dernier exemplaire de CB NEWS (10 novembre) me parlant des blogueurs sponsorisés. Et je m’affligeais que le ver de la pub et de la com’ soit déjà dans le fruit très pur des blogs. Que voulez-vous je débarque moi, dans ce petit monde, et ne supportant aucune forme de communautarisme, eh bien je suis sur la blogosphère comme dans la vraie vie, une étrangère qui observe, le plus objectivement possible. Une journaliste quoi, hors jeu, cantonnée à l’analyse, obsédée par l’idée de se tenir éloignée de toutes les influences et de toutes les compromissions. Je n’y arrive pas toujours, je suis loin d’être parfaite, mais j’essaie. Et ce que je vois de ma position d’observateur est édifiant.

Le ver est dans le fruit vous dis-je…

Commençons par la pub et la blogosphère. La pub a déjà fait son entrée sur les blogs, non pas sous forme de bandeau publicitaire ou de fenêtres intempestives, non, non. En  téléguidant des billets aux blogueurs les plus influents (tous n’acceptent pas bien sûr) et en leur demandant assez cyniquement de conserver le même style (pensez donc, faut que ça fasse vrai !).

CB News nous explique que les agences de com’ imposent de préciser que l’article est sponsorisé en haut, ou bien en bas du billet. Ils imposent ! Evidemment, ils paient ! D’ailleurs, certains blogueurs disent que ça les ennuie de préciser qu’ils sont sponsorisés, qu’ils n’ont pas de comptes à rendre à leurs lecteurs. Ils ont raison, à quoi bon distinguer ce qu’on écrit spontanément de ce qu’on a été payé pour écrire ? Inutile mes bons amis.  C’est une idée passéiste de journaliste corporatiste, ça, une fumisterie, bienvenue la pub, dicte-moi mes articles, ça m’évitera de chercher un sujet et paie-moi grassement, ma belle, j’en ai un peu assez de livrer mes pensées profondes au public sans jamais rien en tirer qu’un succès d’estime qu’on appelle reconnaissance. La grande différence entre information et publicité, quand je vous dis qu’elle disparaît et que c’est très, très grave, eh bien voilà, ça va encore plus vite sur la blogosphère que dans la presse.

Et puis on m’explique que certaines agences dictent le contenu du billet et exigent des modifications. Forcément, elles paient. Je découvre aussi que certains blogueurs n’y voient pas de problème, qu’ils démarchent même directement les annonceurs, en leur demandant au passage des produits…pour les tester disent-ils ! 

Arrêtons de tirer à vue sur les journalistes

Enfin, tout cela ne serait rien, si Narvic dans son billet du jour n’avait lancé un gigantesque bidon d’essence sur le départ de feu déontologique qui commençait à m’agiter de bon matin. Car Narvic s’énerve, non pas de l’article de CB News mais de celui du Monde. Et non pas que la pub arrive sur les blogs avec son cortège de mensonges, mais de ce qu’un journaliste en ait parlé de la mauvaise façon.  

Motif ? Le journaliste a omis de citer le premier blogueur français, Presse-Citron alors qu’il l’avait interviewé, (crime de lèse-majesté) et soi-disant mal compris les informations données par une blogueuse dénommée Deedee (crime d’inexactitude). Il aurait écrit que Marie-Claire avait voulu acheter son blog puis, face à son refus, transformé leurs relations en partenariat. En fait, Marie-Claire n’aurait jamais eu de telles intentions.

Deux observations sur ce sujet. D’abord, les journalistes du Monde ont toujours eu la réputation d’être arrogants. J’ignore ce qu’il en est de celui-là, mais je sais qu’ils ont une tendance à agacer. Ensuite, il arrive souvent que l’on conteste un article en l’accusant d’être faux parce qu’on regrette ce qu’on a dit. Je vous dis cela pour que vous relativisiez. Les observations contre le journaliste sont peut-être fondées, peut-être pas. Gare aux jugements hâtifs.

Et puis je rappelle au passage qu’un journaliste est libre de choisir de qui il parle. Etre une star dans son métier ne garantit pas la Une, on nous reproche assez souvent de faire parler les mêmes. Si le profil de Presse-Citron ne correspondait pas au travail que voulait faire le journaliste, celui-ci était libre de l’écarter. Et si le blogueur a perdu trois heures à lui parler, sans avoir son nom dans le journal, c’est le risque. Au nom de quoi devrions-nous être à la botte des gens qu’on interroge ? Personnellement, je ne dérange jamais un expert sans avoir l’assurance raisonnable que je pourrai le remercier de son temps en le citant, mais parfois c’est impossible et je ne vais pas écrire n’importe quoi pour faire plaisir. C’est aussi cela l’indépendance, elle n’est pas seulement économique, elle est aussi intellectuelle.

Vous avez dit corporatisme ? Laissez-moi rire.

Mais le pire, c’est que Narvic visiblement choqué que l’on attaque sa chère blogosphère sort à l’encontre du journaliste le pire des arguments que l’on pouvait trouver. Celui-ci n’aurait pas eu le droit de révéler les dérives publicitaires des blogs, sauf à préciser que la presse écrite subissait les mêmes et que les journalistes n’étaient pas plus blanc-bleu que les blogueurs.

Allons Narvic, j’estime votre blog, j’admire votre immense connaissance de la presse et je m’intéresse à vos réflexions sur son avenir. Pour autant, je ne peux pas vous laisser écrire des choses pareilles sans réagir. J’ai le sentiment à vous lire qu’au fond, vous souhaitez que la presse traditionnelle disparaisse vite pour laisser émerger le nouveau monde que vous appelez de vos voeux, et qui, au passage pourrit plus vite que l’ancien, il faudra que vous m’expliquiez…

Non le journaliste du Monde n’avait pas à faire cela car le sujet était les blogs, pas la presse. Bon sang, vous êtes journaliste ou non ? Vous savez ce qu’est un sujet, vous savez qu’on n’a jamais assez de place pour écrire et vous savez aussi que quand on se penche sur une question on n’a pas à aborder toutes les autres, sinon il faudrait pondre des annuaires téléphoniques tous les jours. Vous me rappelez un cabinet d’une profession libérale classé 11ème en France qui me reprochait de ne pas avoir parlé de lui dans un article où j’évoquais les 10 premiers ! Et la directrice de com’ de s’indigner de mon incompétence, la gourde.

Mais le plus grave, c’est que vous omettez, puisque vous abordez le sujet, de rappeler que le journaliste est protégé par la muraille de Chine qui sépare, dans un journal, la rédaction de la pub. Et pour les non-journalistes, je précise que ce n’est pas une fantaisie de quelques titres mais une organisation structurelle. Vous avez d’un côté la rédaction, pilotée par un directeur de la rédaction, de l’autre les services de diffusion (vente au numéro, abonnements, diffusion en kiosque) et de pub. Parfois même, la pub est isolée dans un régie, c’est-à-dire une structure juridique distincte.

Cette frontière s’effrite me direz-vous, elle a disparu dans la presse féminine, elle n’empêche pas les voyages de presse et autres cadeaux inacceptables. Bien sûr, on le sait tous et pour ce qui me concerne, je ne cesse de me battre avec mes pauvres moyens pour que la profession remonte le courant sinon elle va en mourir de ça. Mais excusez-moi, il reste une chose dans la presse et dans l’esprit de chaque journaliste, c’est la conscience très nette de la valeur de l’indépendance. Voilà qui me parait beaucoup moins clair dans l’esprit des blogueurs quand certains vont à la pêche aux annonceurs et considèrent ne même pas devoir signaler à leurs lecteurs qu’ils ont été payés pour écrire des choses qu’ils ne pensent absolument pas. On ne saurait leur en vouloir au fond, ils ne sont pas journalistes et n’ont donc ni cette sensibilité à l’indépendance, ni même le devoir de la respecter. Encore faut-il le rappeler et même le souligner clairement. Ils ne sont pas fautifs à condition, et à condition seulement, d’éviter toute confusion avec un travail journalistique.

Et c’est là qu’on se sépare vous et moi. Jusque là, je n’étais pas opposée par principe à ce que les blogueurs soient assimilés aux journalistes, voire deviennent les journalistes de demain. J’observe, le plus objectivement possible et toutes les solutions me paraissent intéressantes et dignes d’être prises en compte. Pourquoi pas ? Je ne suis pas corporatiste, je n’entend protéger aucune privilège. D’ailleurs en tant que free lance pour la presse technique et économique, je n’ai droit à aucun privilège. Que pourrais-je craindre de perdre ? Rien, sauf l’idée que je me fais de mon métier et l’attachement profond que j’ai à la déontologie. En fait tout. Du coup, je commence à me méfier des tentations journalistiques de la blogosphère. Si votre idée de l’information de demain, c’est de soumettre la production de l’information d’où qu’elle provienne et quelque soit la qualité de celui qui la diffuse à une même déontologie, alors nous sommes d’accord. Si au contraire vous refusez qu’on se choque de l’invasion de la pub sur les blogs au motif que la presse traditionnelle subirait le même sort, alors pardonnez-moi mais l’alignement par le bas, c’est pas ma tasse de thé. Je crois que votre idée est la première, mais j’aimerais en être sûre et votre dernier article n’est pas clair sur ce sujet.

On dit que la presse traditionnelle va disparaître ? Peut-être, je me pose aussi des questions, je cherche, si le web est l’avenir j’y serai. Mais si la presse doit mourir pour laisser la place à des blogs vérolés par la pub, si c’est cela le nouveau modèle, l’eldorado du journalisme de demain, alors je préfère encore rester sur le navire en plein naufrage de la presse traditionnelle. Ah, j’oubliais, qu’on ne me parle plus jamais du corporatisme des journalistes, à supposer qu’il existe, face à celui des blogueurs, c’est un nain ! Je sais que je ne vais pas me faire des amis avec ce billet. Mais je ne parle pas pour me faire des amis non plus. Le juge Montgolfier a écrit récemment un livre où il explique que les juges ont « le devoir de déplaire », les journalistes aussi. On appelle cela l’indépendance.

 

Note de 17h43 : A la demande générale, j’ai mis quelques sauts de ligne pour faciliter la lecture. Et j’ai bien entendu le message pour l’avenir, je tâcherai d’aérer !

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25 commentaires »

  1. Bravo. Je sais c’est pas productif. Mais je n’ai rien de plus intelligent à ajouter. Mais merci de ce que vous dites.Bonne journée.

    Commentaire par sophie L.L — 13/11/2008 @ 11:32

  2. Que vous êtes belle lorsque vous êtes en colère. 😉

    Sinon, ce WE, j’ai lu un magnifique « livre » de …. Peyo, le « schtroumpf reporter » – je ne sais pas si cela va faire avancer le débat sur la presse, (ok, j’avoue j’ai la réponse), mais c’était une super expérience, avec toutes les problématiques exposées…

    Commentaire par herve_02 — 13/11/2008 @ 13:02

  3. Une remarque sur la forme d’abord. Par pitié Aliocha, ceci est uen supplication: pourriez vous sauter des lignes dnas les textes, faire des paragraphes, bref mettre en forme. Evidemment le contenant ne doit jamais effacer le contenu, mais mettre a l’aise le lecteur dans le cheminement de sa pensée peut etre tenté, non ? Il semble que plus vous vous énervez, plus le discours est serré, comme dans les bulles de BD…

    Sur le fond maintenant. Concernant Presse-Citron, j’ai lu avec interet l’article sur le sujet d’Eric Dupin. Il a donné son point de vue. Dans votre note, vous auriez pu y faire référence car la réaction d’Eric me semble mesurée et il vaut mieux prend son info a la source, que via Narvic pour traiter du pourquoi Press-Citron …

    Concernant le modele blogueur/journaliste, la distinction peut se faire, a mon sens, au niveau bénévole/payé. J’explique:

    Le blogueur est bénévole (globalement):
    -positif: il serait plus indépendant (noter l’emploi du conditionel – mais on peut espérer qu’il est au moin a løabri des mésaventures de Genestar)
    -négatif: comme il ne doit rien a personne, il peut tout se permettre, y compris la rumeur et la désinformation.

    Le journaliste est payé (globalement – et plus ou moins bien):
    -positif: Il se doit de respecter un code de conduite vis a vis de son « client »
    -négatif: Il serait plus fragile aux pressions.

    Commentaire par Vonric — 13/11/2008 @ 13:08

  4. @Vonric:
    A tout prendre, je préfère un journaliste qui blogue bénévolement sur internet à un globeur qui serait payé.

    @Aliocha:
    J’aimerais faire le parallèle avec les blogs-BD: des dessinateurs souvent inconnus, qui se font connaître par leur talent grâce à leur blog… et qui trouvent ensuite des éditeurs pour publier leurs oeuvres (à moindre risque puisqu’ils ont déjà un public). Et les gros égos incompétents se discréditent tout seul…

    Le problème que vous soulevez est important, mais l’internaute n’est pas dupe. Vous imaginez l’impact d’un billet « suggéré » chez Eolas vantant les mérites du Dalloz? Ou un article dithyrambique d’Aliocha téléguidée sur un ouvrage médiocre d’un confrère?

    A propos, je viens de recevoir ce matin le livre de Jean-Paul Mari « Sans blessures apparentes ». J’espère que vous êtes une bonne conseillère 😉

    Commentaire par Zythom — 13/11/2008 @ 13:27

  5. Aliocha,

    Je suis votre blog avec intérêt depuis sa création. Je l’ai connu par un de vos coreligionnaires électroniques, un avocat vous vous en doutez. Au delà de ce qui vous sépare et j’ai lu vos textes déçus voire un brin énervés sur le sujet, vous vous retrouvez autour d’un même défaut. Par pitié: Mettez des espaces! Des titres, des sous-titres, des alinéas, des renvois, du gras et du moins gras, des sous-lignages, des sur-lignages, et même votre lignage si vous y tenez, ce que vous voulez mais espacez!

    S’il vous plait. Non?

    Je rejoins Vonric, dès que la passion vous emporte la forme se contracte, l’envol de votre plume s’alourdit d’un pavé qui l’enlaidit inutilement. Et pourtant je me plais entre vos lignes.

    Au plaisir de vous lire encore

    Aliocha : Vous allez rire, je faisais souvent le même reproche à Eolas. A croire au fond que ce qui nous a séparé n’est pas la différence de nos métiers mais l’étonnante similitude de nos deux caractères 😉

    Commentaire par Mith — 13/11/2008 @ 14:50

  6. il y a du vrai, Bien sur un blogeur est maitre de son site, et ne doit pas être confondu avec un journaliste, surtout s’il ne prétends pas l’être. On peut bien faire des billets pleins d’anneries non? un blogeur respecte son public… ou pas, le public feras la différence a la longue, il est possible que sa marche si les billets téléguidés ne sont pas trop nombreux, et s’il réussis a dire les choses comme s’il les pensaient, ce qui suppose soit de les penser partiellement, soit d’être capable d’une profonde malhonetteté intellectuelle, hors dans le premier cas, le public ne seras pas franchement trompé, puisque l’opinion est proche de celui qu’il aurais pus avoir sans qu’il y ait financement, dans l’autre, un blogeure profondément malhonete ne feras pas long feu, ou grande audience selon moi (ou avec une méchante réputation).

    Certes, je suis heureux que la presse soit obligé de séparer info et pub clairement (quoi qu’on voyent parfois des « coup de pouces » et autres (auto)promos, que ce soit a la tv ou sur papier), et certes appliquer une telle obligation aux blogeurs relève du fantasme, mais le ‘mode de distriburion’ des blogs est clairement différent de celui des journaux, et la réputation y a un role bien plus important que l’argent. Je pense que cette différence peut nous sauver, cela implique qu’il faut rester critique envers la communication, sans doutes plus qu’avec un journal, mais l’accès a des opinions bien plus variés ayant la place de leurs argumentairs est, d’une autre cotés, un formidable avantage, a condition, toujours de garder son esprit critique, en alerte.

    Internet demande une éducation différente que la presse, pour l’apréhender, le comprendre et y faire le tris, bien sûr cela fait peur a ceux qui connaissent les quelques pièges du second, et découvrent avec effrois les chausses-trappes du premier.

    Alors oui je suis d’accord pour dire que la déontologie est un problème chez certains blogeurs, mais je pense que étant en concurence pure et parfaite (les cours d’entrés sont nulls si on veut, le tirage quasi illimité à la demande, seul la qualité des articles peut faire la réputation, Eolas est un bon exemple, il ne paye quasi rien, fait de bons articles, et ne demande rien en retour, ni par pub, ni autrement, voyez sa réputation! Prenez morandini de l’autre coté… certes, il tourne, mais on vois bien qu’on est pas dans le même monde).

    Enfin je n’ai jamais prétendus que le web était parfait ^^ (on avancerait plus sinon), mais je pense que c’est une base plus solide pour une vrais pluralité de l’info, et pour des débats validant ou non les idées, par rapport a la presse.

    Commentaire par tshirtman — 13/11/2008 @ 14:55

  7. Bonjour Aliocha,

    J’avoue que je comprends mal : un journaliste blogueur reproche aux journalistes leur corporatisme. Soit.

    Sur ce, une journaliste lui réplique sur son blog que le corporatisme des journalistes n’est rien à côté de celui des blogueurs. :^

    Finalement, qui est corporatiste ?
    Vonric-journaliste ?
    Vonric-blogueur ?
    Aliocha-journaliste ?
    Aliocha-blogueuse ?
    Vonric dans tous les cas ?
    Les Papous à poux ?
    Tout le monde en général mais personne en particulier ?

    HS : pour ‘blogueuse’, mon correcteur d’orthographe me propose ‘blagueuse’, ‘bourlingueuse’, ‘fougueuse’, ‘fongueuse’, ‘ligueuse’ – que de belles qualités pour une blogueuse ! – fin du HS

    Aliocha : Méfiez-vous insolent ami que je n’attrappe pas demain le même coup de sang contre les ingénieurs et la finance 😉 à propos, je crois que vous voulez parler de Narvic pas de Vonric 😉

    Commentaire par Hub — 13/11/2008 @ 15:10

  8. Oups, pardon à ceux dont j’ai confondu les pseudos, et merci à vous, Aliocha, d’avoir rectifié mon étourderie…

    Aliocha : you’re welcome, votre étourderie montre que l’on peut être aussi savant qu’intelligent et comettre ce type d’erreur tant décriée dans la presse. Cela ne décrédibilise en rien votre message à mes yeux et j’en avais parfaitement compris le sens. Dieu fasse qu’un jour on accorde la même mansuétude aux journalistes 😉

    Commentaire par Hub — 13/11/2008 @ 15:58

  9. Le texte est franchement illisible, il faut se forcer pour lire/décrypter

    un autre point de vue … http://fr.readwriteweb.com/2008/11/12/a-la-une/journalistes-bloggeurs-guerre-monetisation/

    comme quoi tout n’est pas si simple

    Commentaire par JEAN — 13/11/2008 @ 17:14

  10. Même si je partage en grande partie votre opinion je me dois de constater que vous avez le même genre de réaction à propos des blogueurs que celle que vous reprochez à maitre éolas à propos des journalistes : vous généralisez à toute la blogesphére le comportement d’un seul. C’est un peu facile et très réducteur.

    Aliocha : Ce n’était pas mon intention, je ne parle ici que de ceux qui acceptent la pub et encore, ça ne me choque qu’à partir du moment où l’on s’appuit sur cet exemple pour attaquer le journaliste du Monde qui en parle. Par ailleurs, mon vrai problème c’est la pub, bien plus que ceux qui l’acceptent. Je n’ai rien contre les blogueurs, j’en suis une. J’ai tout contre la guerre blogueurs contre journalistes.

    Commentaire par LordPhoenix — 13/11/2008 @ 17:36

  11. Ce que je reproche le plus à cet article du Monde, c’est de présenter les blogueurs « pourris » par la pub sans préciser ce qu’il représentent réellement par rapport à l’ensemble des blogueurs.

    Comme si on faisait un papier sur la presse féminine sans préciser que ce n’est qu’une partie de la profession, très spéciale, et qu’il ne faut surtout pas juger l’ensemble de la profession à partir de cet exemple là.

    Le journaliste du monde à oublier de faire prendre ce recul à ses lecteurs, qui la plupart, n’y connaissent rien en blogs, et repartent avec l’idée que tous les blogs sont remplis de publi-reportages et de billets sponsorisés !

    Aliocha : je comprends votre agacement mais ce n’est jamais que celui, classique, de qui lit dans le journal un article qui le concerne et le trouve forcément insuffisant. Entre nous, je ne crois pas un instant que les lecteurs en tirent cette conclusion. Soit ils connaissent les blogs et ils comprennent qu’on ne parle que d’une partie d’entre eux, soit ils ne connaissent pas et à mon avis ils zappent l’article ou bien en tirent une vigilance de bon aloi. Mais je ne crois pas qu’en allant chez vous, chez Eolas ou chez moi ils auront le sentiment de tomber sur de la pub. Et vous non plus, vous ne le pensez pas 😉 Je m’étonne davantage des ricanements de Narvic dont j’avais cru comprendre, sans doute à tort, qu’ils se préoccupait de l’avenir de la presse. Ou bien je n’ai pas encore compris de quelle presse il parle…c’est possible aussi ça.

    Commentaire par authueil — 13/11/2008 @ 17:40

  12. Bonjour Aliocha,

    Il faut croire que ce sujet nous énerve un peu tous les deux. 😉

    Si le journaliste professionnel, quand il mène une enquête d’une page entière dans Le Monde (un page entière tout de même ! Ce n’est pas un entrefilet. Et il y travaillait, semble-t-il, depuis plusieurs mois !) n’est plus en mesure de garantir l’exactitude de ses propos, à quoi sert-il ? Comment peut-on prétendre mener une enquête sur les blogueurs professionnels et mettant de côté le principal d’entre eux ? Mèneriez-vous vous-même une enquête sur les dirigeants syndicaux français sans contacter Thibault et Chérèque ? Vous mèneriez un enquête sur les Prix Nobel de littérature français sans parler de Le Clezio ?

    Si l’angle de cette enquête démontre l’existence dans sa démarche d’un préjugé (ce qui est mon opinion), en quoi est-ce une enquête, en quoi est-ce un travail journalistique, en quoi a-t-il cherché à se dégager de sa subjectivité, à se départir de ses idées reçues, selon les canons du journalisme que vous défendez ?

    Sur la pub : son traitement dans cet article manifeste clairement un biais, et ce biais est désagréable. La Muraille de Chine journalistique entre publicité et information est malheureusement tombée depuis bien des lustres. C’est un mythe de prétendre qu’elle existe encore, hors de quelques très rares espaces préservés du journalisme, des sortes de réserves d’indiens qui servent de caution à toute une profession. Ailleurs, c’est le mélange des genres généralisé : le traitement de quasi toute l’actualité culturelle est fait sous l’angle de la « promotion » des artistes qui ont quelque chose à vendre, la presse féminine dans son ensemble et la presse High-Tech dans sa majorité ne sont que de vastes catalogues de produits en promotion. Le traitement des voyages et du tourisme, de l’automobile, du jardinage, du bricolage et de la décoration, etc., etc. est fait sur le même principe. Tous les journalistes le savent et ne pipent mot. Le discours sur la muraille de Chine relève du coup lui aussi du discours promotionnel et certainement plus d’une réalité.

    Mais à lire cette enquête, la pub est le problème des blogs ! Je maintiens que ce journaliste se place vis à vis des blogs professionnels dans une posture qui est en réalité intenable. C’est pourquoi je l’invite à balayer devant sa porte. Je ne lui dénie aucun droit de quoi que ce soit, mais j’affirme que son enquête aurait été bien plus crédible s’il l’avait traitée sous cet angle :

    Tiens, finalement, les blogs professionnels sont confrontés exactement au même problème que les journalistes professionnels et ils ne s’en sortent pas mieux.

    Sur mon regard sur le journalisme traditionnel : croyez bien que je suis désolé de voir que la majorité des journalistes persistent à considérer internet comme une menace et refusent d’y mettre réellement les pieds. Alors qu’une part de plus en plus importante des gens ne s’informent plus que par ce moyen technologique là (et plus par l’ancienne technologie du papier), surtout pour ce qui concerne la jeunesse, ce qui laisse présager qu’à l’avenir interne sera le moyen principal d’information de la majorité de la population. Et les « professionnels de l’information » ne sont pas tous massés aujourd’hui à ces avant-postes de l’information, pour réfléchir aux nouveaux enjeux et aux nouveaux défis que pose cette technologie, et surtout pour tenter d’y répondre en innovant, en expérimentant ? Ils sont tous bonnement en train de regarder le train passer plutôt que de monter dedans. En effet, non seulement ça me désole, mais ça m’énerve.

    Aliocha : Ah ! merci d’être venu m’éclairer, je comprends mieux. Personnellement, je n’ai pas vu ce parti-pris dans l’article mais la simple dénonciation d’une situation regrettable. Idem pour le papier de CB News. Je me méfie toujours des procès d’intention aux auteurs, même si au fond, je vous en ai sans doute fait un. Il faut croire que lire un article sur un sujet qui tient à coeur mène toujours à en attaquer l’auteur. Voilà qui m’éclaire sur la psychologie des lecteurs et me servira de leçon à titre personnel puisque je partage à l’évidence les mêmes travers.

    Cela étant à vous lire on a le sentiment que vous partez de l’hypothèse que le journaliste a forcément commis une erreur et cela me choque venant de vous. Sauf à avoir assisté aux deux entretiens téléphoniques, comment être sûr que Deedee ne s’est pas mal exprimée et que Presse-Citron avait raison de renâcler à redire ce qu’il avait dit deux mois avant. Entre nous, un sujet débuté avant l’été nécessite souvent une mise à jour à la rentrée. D’abord parce qu’on a perdu le fil, ensuite parce que les choses ont pu changer, non ?

    Sur la muraille de Chine, elle tient me semble-t-il, même difficilement dans la majorité de la presse, les secteurs que vous évoquez sont loin d’être la presse et loin d’être celle qui m’inquiète le plus. Celle à laquelle je tiens c’est la PQ, la PQR et la presse magazine d’information. Le reste…

    Sur la haine des blogueurs et du web chez les journalistes, vous êtes sûr ? Je n’ai vu ça nulle part. Il est vrai que dans les rédactions les journalistes web sont encore traités comme des sous-journalistes, mais ça va changer, laissez aux journaux le temps de trouver une formule économique viable. Moi aussi il y a encore un an je pensais aimer trop le papier pour aller sur le web, une sorte de romantisme idiot et qui n’avait rien d’agressif vis à vis d’Internet. Au contraire, je me sentais juste un peu réac, c’est tout. Je ne suis pas certaine que les articles sur les blogueurs soient téléguidés par une volonté de tuer le web pour sauver le papier, et si c’était le cas, ce serait d’une aflligeante sottise. En tout cas, une telle idée m’est totalement étrangère et je préfère l’ignorer. Il faut conserver un part d’innocence pour défendre ce qu’on aime, sinon, on s’assoit et on se met à pleurer 😉

    Quant à votre observation sur les blogueurs professionnels aussi embêtés que les journalistes par la pub, voilà qui me fait plaisir. Quand je dis qu’il est là, l’ennemi. Faisons donc une déontologie pour les journalistes et les blogueurs qui commencerait par : « Toute personne diffusant de l’information ou des opinions, à titre professionnel ou amateur, quelque soit le support considéré s’engage à respecter les engagements suivants …. ». Pas mal non ? Et avec ensuite des dispositions particulières pour les journalistes qui seraient tenus à des exigences encore plus fortes et sanctionnées.

    Commentaire par narvic — 13/11/2008 @ 17:46

  13. Internet/Info/Exprérience personnelle

    Ce qui fait une des vertu des blogs, pour moi, et ce, quels qu’ils soient, est la possibilité de commenter. Cela permet assez rapidement de ce faire une idée du lectorat et ainsi de la qualité du contenu (ce qui est totalement impossible avec la presse écrite, soit dit en passant)… Mais cela prend un temps inimaginable.

    Ainsi que la pluralité des sources (voire, parfois, leurs origines !). La publicité ? Je l’ignore, purement et simplement. Et qu’elle influe ou non sur le contenu, cela saute au yeux assez rapidement, ce qui ne veut pas dire que le contenu soit inintéressant, loin de là ! La lecture de Ria Novosti ou de la Pravda sont aussi intéressant que celles du Monde ou du Herald Tribune.

    Ma méthode d’information préférée est de trouver un blog de dépêches non français (genre Le Matin de Genève), pour y piocher les informations susceptibles de m’intéresser et ensuite creuser dans les différentes « tendances » des sites que j’ai pu bookmarquer pour l’intérêt de leur contenu (et qui ne sont pas forcement des site journalistiques, mais aussi des site d’analyses faites par des particuliers spécialiste de tel ou tel domaine). Globalement, ça marche assez bien à mon goût, même si c’est très chronophage, ce qui m’oblige à limiter ma couverture, ce qui, dans le fond, n’est pas forcement une mauvaise chose, soit dit en passant :-).

    Voilà, en gros, comment fonctionne ma « quête » de l’actualité. Celle-ci est, bien entendu, basée sur la gratuité de l’accès : si je devais m’abonner à tous les sites que je consulte, j’éliminerais (ou remplacerais) d’emblée ceux qui veulent me faire payer (je n’en aurais pas les moyens). C’est, je le reconnais tout à fait, un problème de pérennité pour ceux qui en vivent…

    J’aime aussi beaucoup les sites comme le vôtre où, de plus, il est possible d’avoir un semblant de dialogue avec le bloggeur (quand celui-ci répond aux commentaire qu’il juge pertinent) car cela m’apporte souvent beaucoup en terme de compréhension de la part de l’auteur et de convivialité.

    Aliocha : Si des patrons de presse vous lisent, ils vont avoir des idées….car il me semble que le métier va évoluer notamment dans le sens du tri et de l’agrégation….Comme vous le dites, ça vous prend beaucoup de temps, or le temps c’est de l’argent, si quelqu’un vous proposait un abonnement à un flux intelligent et bien choisi, je gage que vous vous laisseriez tenter par un abonnement, non ?

    Commentaire par furax — 13/11/2008 @ 19:49

  14. Pas vraiment, car ce qui, pour moi, me garantie la « valeur » de cette agrégation est justement que je la fasse moi même. En gros, c’est justement le temps que j’y consacre qui lui donne sa valeur…

    Il est vrai qu’il fût une époque où le recoupement n’était pas possible, faute de moyens, et là, les journalistes jouaient un rôle primordial, car les grands journaux et eux seuls avaient les moyens de se permettre d’avoir des envoyés spéciaux, des telex, etc.

    Ce qui est beaucoup moins vrai aujourd’hui : j’ai pu, par exemple, avoir des discussions en direct avec des chinois de Hong-Kong lors des derniers jours de leur indépendance et constater, par moi même, la montée des craintes et l’arrivée de la censure.

    Une page est définitivement tournée, mais ce qui est écrit de l’autre côté n’est pas encore lisible…

    « Payer pour voir » tient du poker, et je ne suis pas joueur. Le côté pécuniaire ajoute pour moi un doûte quant à la véracité de la chose (à moin qu’elle ne rétribue effectivement les auteurs, dans un modèle plutôt de collectif (il y en a aussi) et non hiérarchique.

    Ce qui, en revanche, pourrait-être intéressant (et existe déjà, mais trop peu), sont des pages de liens. Je tiens à me faire mes opinions par moi même et non par les autres, en qui je n’ai – a priori – aucune confiance, que ce soit de la désinformation ou simplement de l’erreur pure et simple (que je peut moi aussi commettre, bien entendu. Et comme le dit le dériver de la loi Murphy : « ne jamais attribuer à la malchance ce qui peut l’être à la bêtise »).

    En y réfléchissant, l’unicité des sources d’information me pose les mêmes problèmes que le bipartisme (enfin, théorique, hein 😉 français : je suis d’accord sur certains points avec les uns pour certaines choses, mais opposé pour d’autres. C’est comme si je devais lire les page « Actu » dans tel journal, les pages « Éco » dans tel autre, etc. Et j’aime bien pouvoir confronter mes idées avec les points de vue « adverses », qui parfois me font justement changer d’idées. Par exemple, suivre l’affaire Géorgienne du point de vue Russe m’a beaucoup appris…

    La stricte neutralité d’un article n’est, en soi, pas suffisante. Il me manque, dans le traitement de l’information, le fameux triplet [thèse, antithèse, synthèse], que seul un professionnel pourrait m’apporter (je ne parle pas d’un philosophe, vous l’aurez compris…).

    Voilà, je parle toujours à la première personne car c’est, bien sûr, très personnel (!), mais j’espère vous apporter quelques idées en me disant que je ne pense pas être « le seul » à être dans ce cas.

    Commentaire par furax — 13/11/2008 @ 22:00

  15. Grrrrrrr :

    Lire « (…) le dérivé de la loi Murphy (…) » et non « le dériver ».

    Commentaire par furax — 13/11/2008 @ 22:06

  16. Dire qu’il existe en presse papier une « muraille de Chine » entre le service pub et les rédactions est exagéré.
    J’en veux pour preuve dans la presse magazine spécialisée (ou non) la montée en puissance des « suppléments » : ceux ci sont souvent pré-payés par un groupe ( ils sont donc des clients). La plupart du temps cela ne se voit pas : ce sont des journalistes ( pigistes ou non) qui écrivent les articles sur le même ton que le magazine qui édite le supplément. Il n’y a pas marqué  » publi-reportage » pourtant c’en est ! Mieux : les journalistes prennent des pseudos pour qu’on ne les reconnaissent pas…Cette pratique est fréquente dans la presse papier et rapporte de l’argent, donc « on ferme sa gueule ». Pourtant, sur le plan de la déontologie, c’est pas terrible.
    Je n’ai rien contre ces « suppléments » – ils ne sont pas tous mauvais, au contraire – simplement, je dénonce le maquillage.
    Le lecteur a le droit de savoir que ce qu’il lit a été payé par Danone ou la SNCF. Cette information doit figurer dans l’Edito et pas en tout petit en bas à droite, à la fin du numéro.

    Aliocha : ce qui nous ramène inéluctablement à l’urgence d’une déontologie….

    Commentaire par Phedra — 13/11/2008 @ 22:34

  17. « Mais le plus grave, c’est que vous omettez (…) de rappeler que le journaliste est protégé par la muraille de Chine qui sépare, dans un journal, la rédaction de la pub ».

    La muraille de Chine. Il fallait oser. Aliocha l’a fait. La colère peut rendre lyrique. Mais à ce point…

    JR

    Aliocha : qu’elle soit fragile dans certaines rédactions, attaquée dans d’autres voire détruite ne change rien au fait que la presse est architecturée ainsi et qu’elle doit continuer de l’être ou le redevenir selon les cas. Je veux bien qu’on patauge dans la désespérance totale et qu’on ricane cyniquement, mais ça se fera sans moi. On l’a fait le diagnostique, on peut passer à autre chose non ? Ou alors y aller franchement, c’est-à-dire avancer des faits précis donner des noms, faire éclater le problème.

    Commentaire par Rosselin — 13/11/2008 @ 22:38

  18. Aliocha, vous écrivez : « Faisons donc une déontologie pour les journalistes et les blogueurs qui commencerait par : “Toute personne diffusant de l’information ou des opinions, à titre professionnel ou amateur, quelque soit le support considéré s’engage à respecter les engagements suivants ….” »

    Pour faire une déontologie avec l’espoir raisonnable qu’elle soit suivie, il faut que son non respect implique une sanction. Pour le journaliste, je vois bien : retrait de la carte de presse. Pour le blogueur ? Coupure de l’accès internet ? Imposition d’un bandeau « blogueur déontologiquement douteux » sur son site ?

    Je peux sembler faire du mauvais esprit, mais je pense que le journaliste doit garder une position « à part » – en l’occurrence un privilège (la carte de presse) : cela « garantit » (ou devrait garantir) sa déontologie et cela me permet, à moi qui ne suis pas journaliste, (et au blogueur qui ne l’est pas non plus, il y en a ;-)), de raconter n’importe quoi si je veux (dans les limites de la diffamation, de l’injure, etc.) sans qu’autre chose que ma réputation ne soit en danger. En bref il faut une frontière nette, car si le droit de la presse doit s’appliquer à tout ce qui s’écrit sur le web, il faudra bientôt qu’il s’applique à tout ce qui se raconte au comptoir, et alors là…

    Aliocha : Certes Hub, mais quand j’avance cet argument, on me soupçonne de corporatisme anti-blogueur, ce qui est faux. Donc je ne veux pas bloquer la discussion sur un détail. Vous aurez observé que je proposais une charte générale et un régime plus strict et sanctionné pour les journalistes. Je fais confiance à l’intelligence humaine. Si on établissait une charte englobant les blogueurs on aurait très vite des gens proposant un label qualité. D’ailleurs en vous répondant, je me dis qu’il n’est sans doute même pas besoin de charte car le web sait s’auto-réguler. Il le fera lui-même quand il en ressentira le besoin, si ce n’est déjà fait d’ailleurs. On en revient donc à l’urgence pour la presse en revanche de le faire. L’ennui, c’est que ce genre de décision naît lors de la création d’une profession, soit lors d’un gros dérapage qui montre l’urgence d’une réaction éthique. J’ai peur que les ingrédients ne soient pas réunis. Sauf à ce que les Etats Généraux de la presse débouchent sur cette conclusion, mais alors, il resterait à convaincre la profession….c’est pas gagné !
    Sur vos inquiétudes, le dispositif pénal de la loi de 1881 s’applique déjà au web. Par ailleurs, quand je parle déontologie appliquée aux blogs je songe surtout à la transparence sur les questions d’indépendance, et sur l’exactitude contre la rumeur. Mais au fond, les blogueurs le souhaitent-ils ? Vous avez sans doute raison, il faut s’en tenir aux journalistes de métier et je dois assumer les accusations de corporatisme, à vouloir les éviter pour ne pas heurter, je raisonne probablement à faux. C’est bien là qu’on s’aperçoit qu’il y a une différence de nature, quoiqu’on en pense entre blogueurs et journalistes de métier à moins que quelque chose m’échappe. Si Narvic est quelque part, son intervention sera la bienvenue 😉

    Commentaire par Hub — 13/11/2008 @ 23:01

  19. @ aliocha 16, 17

    Vous écrivez « il reste une chose dans la presse et dans l’esprit de chaque journaliste, c’est la conscience très nette de la valeur de l’indépendance »

    oui, je suis d’accord avec vous, le journaliste de base a cette conscience, seulement voilà : il doit aussi gagner sa vie. Son maigre salaire à la fin du mois, ça compte. C’est pourquoi se pose le problème que j’ai soulevé plus haut. Si les journalistes auxquels on propose d’écrire dans ces suppléments disaient tous « Non parce que ma déontologie me l’interdit », alors ces suppléments seraient écrits par des communicants, et cela se verrait tout de suite. Le problème c’est que les journalistes – pigistes ou non – sont en général assez mal payés et doivent bouffer, comme tout le monde…Donc ils acceptent.

    Commentaire par Phedra — 13/11/2008 @ 23:12

  20. Entièrement d’accord avec Furax.

    De mon côté, je mixe également la recherche de dépêches en ligne (Le Monde.fr, Yahoo, AOL et CNN), une fréquentation assidue de quelques blogs (Aliocha, Eolas et Bilger), plusieurs abonnements d’hebdomadaires papier (Nouvel’ Obs, Le Point et Micro-Hebdo) et des infos TV (BFM, LCI et I>TELE le matin et le 20h de TF1). Le tout me prend environ 6 heures par jour ! Je suis retraité, donc j’ai du temps libre, mais j’imagine que c’est réservé à ceux qui ne travaillent plus… Ou aux chômeurs, hélas.

    J’essaie d’être le plus imperméable possible à la pub, mais personne, je pense, n’en sort indemne. J’adore celles de Nespresso avec George Clooney !

    http://www.dailymotion.com/video/x3awp6_nespresso-2008-george-who

    J’admire ceux qui, en plus de leur job et de leur vie de famille, arrivent à dégager du temps pour tenir un blog. J’assimile celà à un sacerdoce, une volonté de défendre ses convictions. Vous le faites très bien, Aliocha. Eolas et Bilger également.

    J’espère que ces espaces de liberté ne disparaîtront pas, mais je n’en suis pas certain… Beaucoup s’inquiètent en « haut lieu » (et pas seulement en France) de cette nouvelle forme de communication qui leur échappe. Les blogs seront de plus en plus surveillés et je n’exclue pas une situation à la Chinoise ou un Univers décrit par Orwell…

    Commentaire par ramses — 14/11/2008 @ 02:47

  21. intéressante votre réaction,mais bof et rebof…

    le journal, papier ou écran,écrit par des pro, avec une déontologie ( mot compliqué pour dire qu’il vaut mieux ne pas faire n’importe quoi sous peine d’y laisser ses plumes ),n’a pas grand chose à perdre face aux blogs sauf que le modèle du blog est plus adapté: un émetteur, un récepteur; et s’il y a erreur, hop je change, lorsque L.Ferrari doit convaincre x millions de téléspectateurs de s’intéresser au Darfour , elle est moins bien équipée que machin sur son site qui va concerner les 17 français prêts à passer une heure à tout lire parce qu’il lui faut, à la toute belle Lolo , condenser en 31 secondes, rester zen et si possible convaincre de rester pour suivre l’écran de pub qui lui permet de gagner sa vie.

    et puis, le journalisme s’est aussi un peu galvaudé, surtout lorsque l’on met dans le même sac, l’information politique, la gastronomie, les finances personnelles, et les cosmétiques, enfin le sac c’est le support papier assemblé en magazine ou quotidien , et là aussi, l’écran a un gros avantage, on n’est pas obligé de tout lire et c’est ecolo, même si c’est dur de le garder sur les genoux aux toilettes .

    à mon tout petit avis de vieux lecteur de presse passé à l’écran, il y a trop de journaux papiers et ils sont trop gros avec trop de pub et de com , mais ce qui peut les sauver, c’est leur crédibilité, leur marque, s’ils réussissent à passer sans trop de casse sociale au modèle numérique , le client est prêt à payer le sérieux, la rigueur et l’indépendance ainsi que ce savoir faire qui rend la lecture agreable et rend envieux de ne pas arriver à écrire aussi lisiblement et heureux d’être membre du groupe des lecteurs de ce si brillant journaliste qui écrit des articles tellement bien fait sur ce sujet tellement bien traité…

    bref, je suis plutôt optimiste sur votre devenir professionnel et les blogueurs soit deviendront des journalistes, soit resteront de sympathiques copains de comptoir virtuel.

    Commentaire par didier — 14/11/2008 @ 08:13

  22. Certes, certes, vous apportez des argument de poids au camp (le terme n’est pas terrible) des journalistes.
    Ils ont un sens de l’indépendance. Certains, tout du moins.

    Je suis ravi, comme je le souligne de mon coté, de voir une journaliste constater (amèrement) que du coté de la presse féminine, il n’y a plus la moindre limite aux cadeaux et compromissions (tout comme du coté des ‘blogs de filles’, pardon pour cette qualification qui reste à affiner).
    Du coté des journalistes sérieux, cette conscience est claire, et elle est défendue comme un ultime rempart aux barbares.

    Oui, mais voilà, tout n’est pas si simple.

    Tout comme il existe un groupe d’irréductibles journalistes qui refusent toute corruption, il existe un groupe similaire chez les bloggeurs. J’en fais parti. Mes revenus sont ailleurs, et confortables, qui plus est. Du coup, me corrompre à coup de Nokia ou de Week end n’est pas gagné. Loin de là. Au contraire. J’aime trop user de ma liberté d’expression pour la vendre (il se pourrait que ce soit une question de prix, avec un million d’euro, on peut en reparler, mais avec une bouteille de vin ou un week end à Deauville, c’est hors de question)

    Alors, du coup, que faire. Fédérer bloggeurs et journalistes ‘intègres’, ou tout du moins, refusant toute compromission avec la ‘com’, ou fédérer, chacun de son coté bloggeurs et journalistes dans une logique corporatiste ? Chaque groupe étant composé d’individus dont le niveau d’intégrité va de l’intégriste convaincu au dernier des pourris.

    Pas facile, car dans un camp comme dans l’autre, cela revient à faire le ménage…

    Du coté des bloggeurs, une charte de déontologie, un comité, ou un truc dans le genre s’impose, cela arrive en Italie, il est urgent de faire quelque chose en France. Ce n’est pas moi avec mes prises de position qui vais le faire, mais j’y apporterais mon soutien (et mon influence, niark, niark).

    Du coté des journalistes, un grand ménage s’impose également, non ?

    Commentaire par Fabrice Epelboin — 14/11/2008 @ 11:35

  23. […] Aliocha qui ne déconne pas avec Noro addthis_url = ‘http%3A%2F%2Fcitizenl.hors-sujet.com%2F%3Fp%3D561’; addthis_title = ‘Les+enseignements+de+Jerry+Maguire+sur+la+n%C3%A9cessaire+libert%C3%A9+de+parole+du+blogueur’; addthis_pub =  »; […]

    Ping par Les enseignements de Jerry Maguire sur la nécessaire liberté de parole du blogueur | CiTiZeN L. aka Laurent Francois — 14/11/2008 @ 18:44

  24. […] Le Monde et dans CB News sur l’arrivée de la pub sur les blogs. Nous en avons déjà parlé ici. Et ces blogueurs de prétendre qu’il s’agit d’un complot des journalistes pour […]

    Ping par Halte à la paranoïa bloguesque ! « La Plume d’Aliocha — 17/11/2008 @ 10:24

  25. J’aurais du venir ici avant de pondre ma petite enquête… (en ligne en ce moment, je serais d’ailleurs ravie d’avoir ton avis dessus…) Joli coup de gueule en tout cas et des questions qui un an après, me semblent toujours d’actualité… A un détail près: j’ai cru lire sur le Figaro.fr une évolution vers une transparence imposée concernant les billets sponsorisés… aux Etats-Unis!

    Commentaire par Ficelle — 16/10/2009 @ 13:10


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