La Plume d'Aliocha

11/11/2008

Debout la presse !

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 13:48

Il s’en faudrait de peu pour que les cassandres prédisant la mort du journalisme ne finissent par m’atteindre. Dieu qu’ils sont tristes à nous expliquer sentencieusement que tout est perdu, que les annonceurs foutent le camp, que les lecteurs désertent, que la confiance est définitivement rompue, qu’Internet est en train de clouer notre cercueil, que c’est ainsi dans le monde entier, que les jours du papier sont comptés, j’en passe et des meilleurs, ou des pires, c’est au choix. Il est quand même piquant d’entendre qu’à l’heure de la société de l’information, ceux qui font précisément métier d’informer seraient devenus une sorte de prolétariat en passe de disparaître. Il y a comme une légère contradiction, vous ne trouvez pas ? Allons, il est vrai que dans notre très estimé pays, le cynisme est toujours considéré comme une preuve d’intelligence quand l’optimisme n’attire que des sourires condescendants. Ceux qui annoncent les pires fléaux sont salués pour leur lucidité. Les autres moqués pour leur naïveté. Qu’importe, moi je continue de croire au Journalisme, envers et contre tout. Encore faut-il qu’on lui donne enfin ses lettres de noblesse et qu’on le laisse s’exprimer. 

L’urgence déontologique

On nous dit que la confiance est rompue, qu’on ne distingue plus bien la communication de la presse, que les lecteurs ne nous croient plus, pire, qu’on ne les intéresse plus ? Qu’attendons-nous pour nous doter d’un code de déontologie. Il existe me répondra-t-on. Bien sûr, un vieux texte poussiéreux que 90% des journalistes ignorent, plus quelques déclarations d’intention à l’échelon international qui ont autant de valeur en pratique que des règles monastiques dans une maison close. Cette situation est d’autant plus étonnante que l’éthique se répand partout comme une nécessité incontournable. Les grands groupes internationaux ont bien compris qu’ils devaient se ranger à ces règles pour valoriser leur image. Il n’y a pas d’établissement bancaire qui n’ait son déontologue et ses règles éthiques, pas de nouvelle profession qui n’apparaisse sans immédiatement se doter de règles de comportement destinées à attirer la confiance de ses futurs clients. Sans compter bien sûr toutes les grandes professions d’avocats, de notaires ou de commissaires aux comptes qui depuis longtemps cultivent l’indépendance, le secret, et tout un tas de règles d’exercice et de déontologie qui font la valeur de leur prestation et assurent dans le même temps leur légitimité. Veut-on leur imposer une activité contraire à leurs valeurs et ils se dressent, brandissent leur déontologie avec fierté et rappellent à l’ordre les contrevenants. Quelle incroyable force puisent-ils dans ce qui fait leur identité et leur colonne vertébrale ! Et les journalistes dans tout cela ? Rien. Silence radio. Ils ne sont pas une profession organisée, ne sont soumis à aucune déontologie obligatoire, n’encourent aucune sanction en cas de dérapage. Quand allons-nous comprendre que face à l’offensive de la communication, il ne nous reste plus que la déontologie pour nous distinguer ? Quand allons-nous comprendre qu’une proclamation solennelle de ce que nous sommes ajoutée à la création d’un système de sanction nous permettra de redresser la tête et de dire fièrement : je suis journaliste, voilà quel est mon métier, voilà les obligations auxquelles je suis astreint et voilà la qualité du travail que je m’impose pour vous servir amis lecteurs ? Sincèrement, j’espère que cette conclusion fera partie des principales recommandations des Etats généraux de la presse, sinon ils n’auront servi à rien. Qui ferait confiance à un avocat non soumis à l’indépendance et au secret professionnel ? Qui irait le voir sachant qu’il risque de l’entendre raconter dans les dîners en ville les secrets confiés quelques heures plus tôt dans le cabinet. Personne. Nous avons, nous journalistes, le même problème. Sauf que plus personne ne nous croit, parce que nous n’avons aucune raison à avancer pour justifier de notre crédibilité.

Des journalistes au service exclusif des lecteurs

Quand nous aurons fait cela, si nous y parvenons, alors il sera temps de dire aux journaux qui nous emploient, libérez-nous de vos contraintes passéistes, de toutes ces vieilles règles surannées qui nous empêchent de nous adresser aux lecteurs comme nous le devrions. Regardez le web, observez les blogs qui attirent les lecteurs, analysez le ton qui séduit, les informations qui intéressent et repensez vos titres en conséquence. Vos modèles sont dépassés et engendrent une confusion malheureuse dans l’esprit des journalistes. Ils pensent que leur métier est mort quand ce ne sont que les lieux où il s’exerce qui s’acheminent vers le cimetière. Je crois à un nouveau pacte de confiance avec le lecteur fondé sur un journalisme critique qui dévoile désormais les mécanismes de la communication, moque les travers de la langue de bois, révèle les mensonges et les approximations. Tout cela nous le cachons à l’heure actuelle, nous livrons aux lecteurs le produit fini après avoir dégagé avec peine l’information sous le tombereau d’âneries qui la recouvrait. Il est sans doute temps de montrer ce travail. Non seulement nous restaurerons la confiance mais nous tiendrons en respect les communiquants. Car je trouve qu’ils se sentent si à l’aise en ce moment qu’ils en perdent toute pudeur et ne font même plus semblant de nous craindre ou de nous respecter. La seule façon de faire cesser cela, c’est de révéler au public la manière dont fonctionne réellement le système. Il me semble qu’il est là le grand tournant que nous devons amorcer et je crois bien que c’est une question de survie. Rassurez-vous, amis patrons de presse, ceci ne nécessite aucun investissement, les modifications à apporter son mineures, c’est juste une question de ton, de style et de courage. Mais les annonceurs songerez-vous, cette journaliste est folle, ils vont nous lâcher ! Allons, nous savons bien qu’ils ont besoin de nous. Si nous menons cette révolution tous ensemble et qu’ils n’ont plus le choix qu’entre un titre indépendant et…un titre indépendant, ils resteront. Et l’actionnaire ? Eh bien l’actionnaire est avant tout un investisseur qui a tout intérêt à gagner de l’argent, c’est son métier et c’est sa raison de vivre. Or, en l’état, la presse papier ne cesse d’en perdre. Je rêve songez-vous ? Et si c’était vous qui rêviez ? Il ne me semble pas que la déontologie empêche les avocats de travailler, bien au contraire, il ne me semble pas que les groupes du CAC 40 investiraient dans des programmes de compliance s’ils n’espéraient à terme éviter la destruction de valeur via la survenance d’un risque éthique. Or, nous n’en sommes plus dans la presse à un risque de perte de valeur, nous l’avons déjà perdue. Notre travail n’est qu’une longue série de compromissions pour tenter d’accorder autant que faire se peut nos règles éthiques et professionnelles avec les impératifs de survie économique. On peut continuer ainsi à perdre un peu plus de terrain chaque jour et l’on peut en mourir. Ou bien organiser un gigantesque sursaut et réinstituer la déontologie au coeur de notre métier. En faire une valeur hautement rentable car elle correspond exactement à l’attente des lecteurs de même que le secret professionnel de l’avocat correspond à l’exigence de base de celui qui vient le consulter. Non, je ne rêve pas. C’est même tout le contraire. Il me semble qu’il faut être totalement hors des réalités pour croire que nous pouvons continuer de revendiquer le statut de quatrième pouvoir sans être en mesure de justifier d’une vraie déontologie. Et il faut aussi être totalement hors des réalités pour espérer faire revenir les lecteurs en continuant de leur servir la soupe indigeste que nous leur proposons. Un peu d’imagination et de courage, un peu de vraie lucidité, que diable, et nous triompherons !

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57 commentaires »

  1. Bonjour Aliocha, plusieurs questions me viennent en lisant votre billet.

    Associé à une déontologie ne faudrait-il pas aussi instituer une sorte de Conseil de l’ordre?
    Concrètement, comment l’instauration de cette déontologie est-elle censée se dérouler? Qui en seraient les acteurs? Et surtout, pensez-vous être la seule qui le désire dans votre profession, ou tout au contraire est-ce un souhait d’une grande majorité de journalistes?
    Et enfin, y a-t-il déjà des réflexions en ce sens ou tout est-il à faire?

    Bon courage

    Commentaire par Caroline — 11/11/2008 @ 14:47

  2. Désolé pour cette question idiote :

    Qu’entendez-vous par « programmes de compliance » en « full français » ?

    Aliocha : Pardon pour ce jargonnage, en bon français on dit « conformité », pour désigner la conformité aux réglementations diverses et variées entourant l’entreprise mais aussi aux règles éthiques liées à son activité et/ou dont elle décide elle-même de se doter. Evidemment, ces démarches sont loin d’avoir pour objectif de cultiver la vertu pour la vertu mais plutôt d’éviter les risques liés à la violation des règles juridiques ou éthiques, corruption, harcèlement, travail des enfants etc. Toujours est-il que l’éthique est devenue une valeur dans nombre d’activités humaines et qu’il me semble temps de la replacer au coeur du journalisme.

    Sinon, bravo pour votre optimisme forcené : comme d’habitude, il me laisse espérer que du meilleurs est un jour possible…

    Une idée, aussi, très importantes : citer les références de l’article pour pouvoir en avoir une idée critique (comme les publications scientifiques). Sinon, il ne s’agit que d’arguments d’autorité qui n’ont, en terme de fiabilité, que la valeur que l’on veut bien y apporter. Et pas de « d’après une source AFP » mais bien « AFP, date, heure, reférences complètes » ou « M. X, de l’AFP ».

    Il y a aussi le fait que beaucoup de lecteurs potentiels ne veulent lire que ce qui va dans le sens de leurs idées (crédulités ?) et qui ont surtout besoin d’être « rassurés ».

    Je ne suis pas journaliste, mais le problème me semble vraiment très vaste et les solutions multiples, voire complémentaires…

    Aliocha : Bien sûr que les problèmes sont nombreux, mais on ne les résoudra pas tant qu’on n’aura pas posé la pierre fondatrice. Les avocats par exemple ont des tas de problèmes, la concurrence des autres professions sur le terrain du droit, la qualité du service, la baisse de l’activité contentieuse qui les oblige à se repositionner, mais ils ont un socle qui fonde leur profession, définit leur identité, assure leur légitimité et les rassemble : la déontologie.

    Commentaire par furax — 11/11/2008 @ 15:13

  3. Bonjour Aliocha,

    J’ai pas bien compris le passage sur l’actionnaire.

    Vous lui proposez quoi, à lui, pour ne pas perdre de l’argent?

    Aliocha : Je fais le pari que pour restaurer la confiance, et donc renouer avec le lectorat, et donc avec les ventes, et donc avec la rentabilité, il faut placer l’éthique au coeur du journalisme. Je lui propose donc à l’actionnaire de gagner de l’argent en renouant avec la raison d’être du journalisme plutôt que de tenter d’en perdre un minimum en violant un peu plus chaque jour ces règles-là jusqu’à mener la presse à sa perte. Il faut vraiment être has been pour ne pas avoir compris la place que l’éthique était en train de prendre dans l’économie. Je m’étonne que les actionnaires des journaux français qui sont aussi malheureusement des pontes du capitalisme n’aient pas aperçu cette évidence….

    J’ai ensuite une autre question: le grand tournant, c’est de révéler au public la façon dont fonctionne réellement le système. Une sorte d’opération vérité.

    Aliocha : Pas tout à fait, il ne s’agit pas d’un grand déballage qui ne saurait être autre chose que ponctuel et n’intéresserait que 5 minutes. Il s’agit de changer la manière d’écrire et de présenter l’information. Pour reprendre l’exemple de la conférence de presse de Dati sur le budget, au lieu de s’en tenir au message : augmentation du budget, affectation des crédits, priorités pour 2009, attaquer franco sur la salle vide, la ministre mal à l’aise, l’emprise du dir’com sur la parole politique, ce qui nous ménerait naturellement à mesurer le poids politique réel du garde des Sceaux etc…ça ne change pas grand chose à première vue, en réalité, ce serait une révolution.

    Etes vous vraiment sure que là soit le problème? Ou en tout cas que ce soit une solution aux problèmes de la presse?

    Je me faisais cette réflexion en vous lisant car je crois peu aux vérités cachées. Sinon, il serait simple de les révéler pour éclairer le public. Or la vérité me semble un concept à la fois abstrait et complexe qui bien souvent ne gagne rien au jeu de la transparence.

    Aliocha : Au fait, vous êtes le 2000ème commentaire, ça se fête non ? !

    Commentaire par tschok — 11/11/2008 @ 15:25

  4. Comme j’aimerai que cela soit possible. Une vraie (re)prise en main du secteur par les journalistes eux-mêmes, faisant ce qu’ils sont censés faire le mieux : leur métier.
    Vous avez vu « good night and good luck » … ?
    Cela me remplit de bonheur de voir qu’il y a encore des gens pour y croire.

    Commentaire par Caroline — 11/11/2008 @ 15:32

  5. Ciel, nous sommes 2 Caroline … celle de 14h47 et moi !
    Il va falloir faire quelque chose 🙂

    Commentaire par Caroline — 11/11/2008 @ 15:33

  6. Voir aussi : Association de Préfiguration d’un Conseil de Presse… 😉

    http://apcp.unblog.fr/

    Aliocha : Merci, je n’avais pas vu cela. Et merci de donner du contenu tangible à mes emballements enflammés 😉

    Commentaire par narvic — 11/11/2008 @ 15:42

  7. Bonjour Aliocha,

    Il me semble que vous confondez Journalisme et Presse écrite.

    La presse écrite décline effectivement sous les assauts des nouveaux moyens de communication: d’abord la radio, puis la télévision et aujourd’hui internet. Pour autant, les journalistes ont toujours su adopter ces nouveaux médias: il y a des journalistes radios, des journalistes de télévision et des journalistes sur internet.

    Et puis déclin ne veut pas dire extinction. Il y aura toujours de la presse écrite. Moins qu’aujourd’hui, mais toujours et de qualité. Je pense que le lecteur sait reconnaître la qualité. [A titre personnel, j’ai arrêté mon abonnement à Paris Match quelques temps après le limogeage de Genestar, uniquement parce que je constatais un plongeon de la qualité du journal.]

    Le métier de journaliste est en train de vivre une révolution avec Internet (depuis 10 ans) et cherche à se redéfinir. Et comme toute révolution, cela fait mal à certain et libère les autres.

    Et le lecteur dispose toujours de journalistes à son service exclusif, avec une quantité qui explose et une simplicité d’accès inouïe et sans frontière. Un bon exemple reste pour moi Rue89.

    Le métier d’informer ne disparaîtra pas. Au contraire, il se libère.

    Aliocha : Raison de plus pour qu’il se dote d’une déontologie, je ne connais pas de liberté sans règles, n’en déplaisent à certains libéraux extrémistes. J’ajoute que ce que vit à l’heure actuelle la presse écrite pourrait bien atteindre plus vite qu’on ne pense les autres supports. L’incidence des évolutions techniques sur la presse n’est au fond qu’un leurre, le problème est bien plus grave qu’une simple bascule technologique d’un support à un autre.

    Commentaire par Zythom — 11/11/2008 @ 18:08

  8.  » il est vrai que dans notre très estimé pays, le cynisme est toujours considéré comme une preuve d’intelligence quand l’optimisme n’attire que des sourires condescendants. » Comme vous avez raison… 🙂

    Il y a un an François Bonnet, Gérard Desportes, Laurent Mauduit et Edwy Plenel ont créé Mediapart en partant de votre même idée : retrouver une véritable info de qualité (avec du vrai journalisme « debout ») et une véritable indépendance (fini la pression des actionnaires). Ils ont fait le pari que si les gens achetaient sans rechigner leur journaux dans les kiosques pour finalement lire une info plus ou moins formatée ils n’hésiteraient pas à payer un abonnement en ligne pour lire un vrai journal digne de ce nom.

    Je me souviens qu’à l’époque cela a fait beaucoup de bruit dans la blogosphère, si tout le monde saluait l’initiative, beaucoup l’ont trouvée utopique et ont misé sur l’échec de ce journal en ligne « payant », avec en plus des commentaires qui ne seraient réservés qu’aux seuls abonnés et qui plus est modérés pour tirer les débats vers le haut.

    Je serai très intéressé de connaître le bilan des courses après un an : ont-ils atteints leurs objectifs ? les ont-ils dépassés ou sont-ils en train de se casser la gueule ? Si quelqu’un a des infos je suis preneur.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Mediapart

    Aliocha : J’ignore si leur modèle fonctionne, je leur souhaite. Mais j’ai peur que seuls ils n’aillent pas très loin, c’est tout le système qu’il faut revoir.

    Commentaire par Keskidi — 11/11/2008 @ 18:24

  9. 2.000 ième com?

    Champagne!

    Commentaire par tschok — 11/11/2008 @ 18:30

  10. Mais il existe déjà des règles juridiques qui encadrent la profession de journaliste, elle n’est pas « sans règles ».

    Et je ne comprends pas le besoin de règles déontologique (avec le conseil de l’ordre qui ira avec).

    Bon, je me tais et je vais en lire un peu plus sur le sujet pour essayer de comprendre 🙂

    Commentaire par Zythom — 11/11/2008 @ 18:31

  11. Le lien proposé par Narvic m’a incité à lire in-extenso le « Rapport Giazzi », intitulé « Les médias et le numérique »…

    Ca fait froid dans le dos 🙂

    Tout d’abord, au niveau des personnes auditionnées… Pas moins de 11 représentants du Groupe Lagardère.

    Ensuite, l’idée générale : « Sortir de la béatitude numérique », « Réguler le web », « Concentrer les médias ».

    1) « Favoriser l’éclosion de grands groupes plurimedia mondiaux, entraînant avec eux tout le secteur des industries culturelles » (Conclusion iv)

    2) « Autoriser un groupe de médias à posséder 3 médias au lieu de 2 actuellement » (Recomm. 23)

    3) « Supprimer les seuils de détention capitalistique » (Recomm. 26)

    4) « Résoudre la question des droits d’auteur des journalistes de la presse écrite » (Recomm. 27)

    5) « Assainir le marché des petits titres sans lectorat suffisant » (Recomm. 12)

    6) « Susciter des formations marketing dans les écoles de journalisme et de communication (Recomm. 17)

    7) « Encadrer les blogs et le partage d’opinions au profit d’authentiques journalistes » (Recomm.7)

    8) « Limiter la captation de la ressource publicitaire par Internet (Recomm. 30)…

    Un univers de presse à la Berlusconi, en somme…

    Au profit de Lagardère/Bouygues ?

    Commentaire par ramses — 11/11/2008 @ 19:15

  12. J’aimerais assez connaître le contenu réel du code de déontologie que vous appelez de vos vœux, ce que seront les sanctions qu’il prévoit et pour quels types de dérives. En existe-t-il des préfigurations ?

    Aliocha : Vous êtes journaliste aussi me semble-t-il…..allez voir. Je me contente en tant qu’observateur des professions réglementées mais aussi des fonctions déontologie en entreprise d’attirer l’attention sur le fait que l’éthique se développe non comme un fantasme mais comme une réalité désormais incontournable du monde économique et que, par ailleurs, la déontologie fait la force de nombre de professions ayant une mission d’utilité publique. Il me semble que c’est une source de comparaison et d’inspiration non négligeable alors que l’on s’interroge sur le sort de la presse. L’économie a compris que demain elle serait éthique ou ne serait pas. Voilà qui mérite réflexion au sein d’un des rares secteurs industriels qui continue de ne pas s’en préoccuper alors qu’il devrait être le premier à le faire. On refuse à présent l’idée qu’une industrie pollue un fleuve, au nom de quoi la presse espérerait-elle survivre en risquant de polluer les esprits ?

    Commentaire par Toto_SRàRien — 11/11/2008 @ 19:24

  13. Commentaire « 2010 : Odyssey Two », c’est moi!
    Ok, je sors…

    Commentaire par Zythom — 11/11/2008 @ 19:26

  14. Aliocha
    Je participe à un débat public sur le blog d’Eolas et je suis censuré.
    je n’aurais rien dit si Lulu ne me prêtait pas l’intention de refuser de répondre .
    Ma réponse qui est ceci a été cnsurée :

    @ Lulu ‎
    ‎ »Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge ! » ‎
    ‎ Voltaire

    Aliocha : aïe, et c’est moi que vous appelez ô secours, ciel ! Vous savez qu’il est brutal, si vous voulez continuer à le fréquenter et à mon avis il le mérite, il faut vous faire une raison. Voilà que je vais devoir réendosser mon habit de Jiminy Aliocha Cricket ici maintenant, manquait plus que cela et accueillir les réponses censurées chez Eolas, sacré Salah 😉

    Commentaire par salah — 11/11/2008 @ 19:45

  15. Narvic relaie ce post (http://novovision.fr/?Journalisme-un-nouveau-pacte-de) et le contredit avec des arguments forts. Je livre uniquement la conclusion. Vous irez voir vous-même :

    « Les journalistes ont peut-être un rôle à jouer dans ce nouveau monde, mais ils ne le trouveront, à mon avis, que dans l’ouverture totale de cette profession et la remise en cause fondamentale par elle-même de sa propre utilité, des fonctions sociales qu’elle peut remplir, du service à la communauté qu’elle peut apporter… et pas dans une fermeture corporatiste autour d’une définition du métier qui est dépassée. »

    Je le rejoins entièrement sur ce point.

    Aliocha : j’ai vu, Narvic a toujours d’excellents arguments et connaît bien mieux les sujets que moi d’un point de vue technique et en plus international. Disons que ma force réside peut-être dans une relative fraîcheur, je refuse que mon esprit tue mon coeur, même s’il en est tenté le bougre. Plus sérieusement, il n’y a rien de corporatiste dans la déontologie. Pour prendre une métaphore physique, c’est notre colonne vertébrale qui nous tient debout, mais elle a le grand mérite aussi d’être d’une incroyable souplesse, je le sais, je sors de mon cours de yoga 😉 Narvic ne partage pas ma haine de la communication, j’ignore pourquoi, mais personne ne m’empêchera de croire que c’est elle et la pub qui nous tuent. Partant de là, le seul remède est la déontologie.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 11/11/2008 @ 19:50

  16. Bonsoir Aliocha,

    Je reviens du site du SNJ où j’ai pu lire la charte des devoirs professionnels des journalistes français (Paris, Juillet 1918 – révisée en janvier 1938) et la déclaration des devoirs et des droits des journalistes (Munich, 1971).

    Bon, ces deux textes sont clairs et donnent des règles fondamentales.

    Pouvez-vous m’expliquer maintenant comment vous souhaitez que ces règles soient appliquées? Un Ordre des journalistes, avec Conseil de l’Ordre?

    Aliocha : Fichtre, là comme ça, d’un claquement de doigt, vous réorganiser la profession. Je n’y ai pas pensé dans le détail. Plusieurs schémas sont possibles. Le plus léger consisterait à confier à la commission d’attribution de la carte professionnelle de journaliste un rôle disciplinaire avec le pouvoir de prononcer des blâmes, des suspensions, voir un retrait provisoire ou définitif de la carte de presse. Et puis insérer la charte dans le règlement intérieur des entreprises de presse et prévoir que leur violation constituera une faute professionnelle, passible également de sanctions disciplinaires. Un Ordre ? Ce n’est plus à la mode et ça ne me parait pas nécessaire. En revanche, lors de la création récente des conseils en investissement financier, le régulateur boursier a demandé aux professionnels qui prétendaient exercer le métier de se rassembler au sein d’associations professionnelles de leur choix, de se doter d’une déontologie et d’un système de contrôle qualité. Cette formule souple me parait prendre le pas sur les ordres, elle n’est pas si bête. Cela étant, je ne suis pas certaine qu’elle soit nécessaire chez nous puisque nous fonctionnons au sein d’entreprises industrielles et non pas en professionnels libéraux. Et qu’on ne me parle pas de corporatisme, nous avons une carte professionnelle délivrée par un organe constitué à cet effet, lui accorder une compétence disciplinaire en plus n’aurait rien de corporatiste. bien au contraire. le vrai corporatisme c’est de refuser de rendre des comptes à qui que ce soit en matière d’éthique, c’est au fond assez critiquable quand on y pense.

    Commentaire par Zythom — 11/11/2008 @ 19:50

  17. @Zythom :

    http://apcp.unblog.fr/un-conseil-de-presse-en-france/

    Est-ce cela ?

    Commentaire par Anonyme — 11/11/2008 @ 20:13

  18. @Aliocha
    Ce qui m’embête, c’est la posture défensive, et tout de même l’idée qu’il y ait quelque chose à sauver. Le métier doit évoluer, changer, et je voudrais trouver des verbes plus forts encore, à la mesure des révolutions à la fois techniques et capitalistiques dont il n’est qu’un seul des objets. Il y a une remise en cause à faire, elle doit être générale. Elle passera bien entendu par des moyens éthiques, sinon la profession (au sens large) disparaîtra au profit de la com (d’ailleurs je ne le crois pas, il y a pour l’honnêteté une « niche écologique »). Néanmoins je ne crois pas beaucoup à l’efficacité des « codes », des « chartes », des ordres professionnels, des sanctions. Tout cela est inscrit dans un ordre ancien. Cet ordre change, quoi qu’on fasse: Gutenberg, c’est fini. Prenez garde à n’être pas piégée dans une attitude conservatrice, rétrograde, et prenez garde aussi aux alibis de la morale, du métier et du professionnalisme. La morale reste, les codes la figent indument. La profession change, c’est un mouvement qu’on accompagne, ou bien on disparaît.

    Aliocha : Mais bon sang qu’y a-t-il de défensif à viser l’excellence ? La déontologie ne protège pas ceux qui y sont assujettis, c’est un effroyable fardeau, elle les renforce tout simplement, elle donne une valeur toute particulière à leur métier. Croyez-moi, ça fait 12 ans que j’observe les professions libérales, elles n’en peuvent plus parfois de la déontologie mais pour rien au monde elles ne demanderaient à en être dispensées parce qu’elles savent que c’est là et nulle part ailleurs que réside la valeur de leur prestation. Ne confondons pas déontologie et monopole, s’il vous plaît. Par ailleurs, je maintiens que tous les métiers ayant une dimension d’utilité publique (or c’est notre cas dès lors qu’on admet être les chiens de garde de la démocratie) toutes ces professions donc ont une déontologie. Par conséquent je pose la question : pourquoi pas nous ? Au nom de quoi ?

    Commentaire par Toto_SRàRien — 11/11/2008 @ 20:23

  19. Merci Aliocha pour votre réponse,

    Je suis allé sur le site de la commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (http://www.ccijp.net) et effectivement, je trouve votre idée de lui ajouter la compétence disciplinaire très séduisante, d’autant que les décisions actuelles (l’attribution ou non de la carte d’identité de journaliste professionnel) peuvent être contestées devant la Commission Supérieure, puis le Conseil d’Etat.

    J’en ai profité pour aller voir sur Acrimed quelques billets récents sur les Etats généraux pour le pluralisme, les Etats généraux de la presse et enfin le site conseillé par Anonyme sur le conseil de presse…

    Ca bouge dans votre métier en ce moment, non?
    Bonne chance 🙂

    Commentaire par Zythom — 11/11/2008 @ 20:32

  20. Aliocha j’ai fait appel à vous pour que sachent ceux qui fréquentent les deux blogs ,le votre et ‎le sien que si ma réponse n’est pas apparue ne signifie pas forcément que je n’avais rien à ‎répondre.‎
    J’espère ne pas déranger le débat .Comme il est question de la Presse ,la censure dont je viens d’y goûter il y a une heure dans le blog d’Eolas me procure paradoxalement un léger sentiment de puissance.

    Mais ce qui est bizarre est qu’une simple citation de Voltaire pas un mot de plus et voilà qu’il ‎m’empêche de la faire passer.‎
    Pourtant Voltaire n’est pas une lecture interdite. ‎

    Aliocha : décidément, vous me faites rire et je vous en remercie (nulle moquerie de ma part), le rattachement de votre différend chez Eolas avec mon billet sur le thème de la censure est osé !
    Vous êtes sûr que le commentaire n’est pas simplement bloqué ?

    Commentaire par salah — 11/11/2008 @ 20:37

  21. Ne m’en veuillez pas, mais pour moi internet a réduis la presse à un gros gaspillage de papier, les deux derniers magasines (j’achete très rarement j’ai tellement a lire sur le net), que j’ai acheté, m’ont une fois lus, sauté au yeux de leur quasi inutilité, et de la somme d’énergie, en production et en recycage, qu’ils avaient coutés/couterais…

    Bien sur, le contenu est interressant, mais un article a rarement le temps de traiter un sujet en profondeur, les magasines parlent un peu de tout, parfois de rien, c’est interressant mais, comparé a internet, « Whao… » le décalage est assez violent… et si on ajoute une fibre écolo, et/ou une fibre radin (pas irrécupérable, je suis abonné @SI), les journeaux ne font pas le poids.

    Je suis désolé que ça signifie une mutation profonde de votre métier, mais, encore une fois, certains y arrivent, je crois que médiapart s’en sort, et je suis sûr qu’@si s’en sort bien, voir très bien. Mais je suis un peu contre les statu-quo de confort, si l’on peut faire mieux, plus rapide, moins cher, plus propre, et sans limtes de tailles/format/niche léctorale, franchement, je n’ai pas de regrêts…

    Les problèmes de déontologie et de partie pris des journalistes sont pour moi bien secondaire dans la chute d’intérêt du journalisme papier. Mais encore une fois, s’il faut toujours faire le trie (bien sur) on trouve bien plus de recoupement d’infos, de droits de réponses, de « fact checking », de débats d’opinions, sur internet, par ce que l’indépendance financière et politique, y est nettement plus présente.

    Aliocha : Vous croyez qu’Internet est plus indépendant. En réalité, la fiabilité des informations y est inférieure voire nulle à celles de la presse et la pollution de mon amie la communication ne va pas tarder et il n’y aura même pas la maigre garantie d’une entreprise de presse pour vous en protéger.

    Commentaire par tshirtman — 11/11/2008 @ 20:39

  22. Je ne résiste pas, pour vous remonter le moral, à citer ici un extrait toujours d’actualité du discours de Victor Hugo devant l’assemblée nationale lors de la séance du lundi 11 septembre 1848 (http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/7eo.asp#P271_37301):

    Permettez-moi, messieurs, en terminant ce peu de paroles, de vous dire, de déposer dans vos consciences une pensée qui, je le déclare, devrait, selon moi, dominer cette discussion : c’est que le principe de la liberté de la presse n’est pas moins essentiel, n’est pas moins sacré que le principe du suffrage universel. Ce sont les deux côtés du même fait. (Oui ! Oui !). Ces deux principes s’appellent et se complètent réciproquement. La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c’est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l’une c’est attenter à l’autre. (Vive approbation à gauche).

    Eh bien, toutes les fois que ce grand principe sera menacé, il ne manquera pas, sur tous ces bancs, d’orateurs de tous les partis pour se lever et pour protester comme je le fais aujourd’hui. La liberté de la presse, c’est la raison de tous cherchant à guider le pouvoir dans les voies de la justice et de la vérité. (Sensations diverses). Favorisez, messieurs, favorisez cette grande liberté, ne lui faites pas obstacle ; songez que le jour où, après trente années de développement intellectuel et d’initiative par la pensée, on verrait ce principe sacré, ce principe lumineux, la liberté de la presse, s’amoindrir au milieu de nous, ce serait en France, ce serait en Europe, ce serait dans la civilisation tout entière l’effet d’un flambeau qui s’éteint ! (Sensation). Messieurs, vous avez le plus beau de tous les titres pour être les amis de la liberté de la presse, c’est que vous êtes les élus du suffrage universel !(Très bien ! très bien !).

    Commentaire par Zythom — 11/11/2008 @ 20:42

  23. Pourquoi pas nous ? Parce que la marchandise que nous vendons n’est pas la même, parce que la marchandise que nous vendons, contrairement à celle que vendent les avocats et les notaires, est et doit être du domaine public, parce que tout le monde est en droit, non seulement de la recevoir, mais aussi de la livrer, et c’est ce qui se produit, de fait. Nous avons tous droit, comme citoyens, à recevoir, mais aussi à livrer l’information. Je ne vois pas quels devraient être dans ce ce domaine les privilèges, les devoirs ou les servitudes qui s’attacheraient à une profession particulière. Surtout pas maintenant que l’Internet à ouvert toutes les écoutilles. Il faut renoncer à la fois aux privilèges et aux contraintes, admettre que nous sommes entrés, et on n’y pourra rien, dans une situation de « marché libre » de l’information. Comme tel, et parce qu’on ne pourra rien y faire, il ne sera pas régulé. Du moins je n’y crois pas une seconde. Donc je ne ne crois pas à la régulation, je crois aux compétences. Et je fais confiance au lecteur, à la « renommée », pour faire la différence.
    Par ailleurs je ne vous parle pas de ce qu’il faut faire, mais de ce qui s’est déjà produit.

    Aliocha : Je crois que vous ne comprenez pas ce qu’est la déontologie. Et je crois que vous ne comprenez pas non plus que certaines activités économiques sont plus sensibles que d’autres et nécessitent un peu plus de prudence et de règles dans leur production. Qu’est-ce qui vous fait donc si peur dans l’idée d’adopter des règles éthiques ? Votre colère m’étonne.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 11/11/2008 @ 20:50

  24. @ Salah # 20 : Je pense également que vous avez dû faire une fausse manip’ ou que votre commentaire chez Eolas est parti dans les spams. En l’espèce, il n’avait aucune raison de vous censurer (il faut pousser jusqu’à l’insulte) et si il l’avait fait, vous auriez eu droit à une belle image de « Troll Detector » à la place de votre citation de Voltaire.

    Commentaire par Keskidi — 11/11/2008 @ 21:00

  25. @aliochat: sur internet comme dans la presse, il faut se servir de son cerveau, internet n’est pas « fiable/indépendant » les gens qui produisent l’info le sont… ou pas, comme dans un journal en fait… La pollution de la communication existe depuis longtemps, le spam en est une forme, et on se bat contre. Si l’entreprise de presse vous parais trop maigre comme garantie, pourquoi est elle necessaire? Si je vais sur un blog engagé politiquement, et que je trouve que sur les sujet que je connais, il est franchement faiblar, je vais rapidement penser qu’il n’a pas de raison de faire authorité sur les sujets que je connais mal, si les gens qui font autorité se réfère a lui il gagne des points dans ma tête, la réputation est très importante sur internet, c’est a peu près tout ce qu’on as (et la punition pour une réputation détruite est assez violente, de l’ignorance au bloquage pur est simple).

    internet c’est un peu la jungle, mais ou la loi du plus fort serait plutot la loi du plus solide intellectuellement, celui dont les arguments sont irréfutables, dont les articles ne contiennent pas d’attaques fallacieuse, mais des argumentations construites, avec des points de logiques solides, et indémontable, le grand nombre de personnes ayant accés (et possibilité de réponses) aux articles, fait que mécaniquement, tout peut être détruit par le moindre manque de rigeure. Un article papier sans tireras en général a meilleur compte…

    Commentaire par tshirtman — 11/11/2008 @ 21:01

  26. Le commentaire n’est pas bloqué par moi .J’ai fait plusieurs tentatives pour le faire passer et il ‎s’affiche : « votre commentaire sera en ligne prochainement » .Pourtant les commentaires de ‎Lulu qui dit qu’elle est d’accord avec lui ,passent mieux qu’une lettre à la poste.Avant ce dernier ,tous mes commentaires sont ‎passés sans le coup des ciseaux .Je pense que son comité de censure s’est réuni après mon ‎avant dernier commentaire à 17 :44 lorsqu’il avait terminé sa réponse par :Bonsoir ,bonne nuit ! ‎

    Jiminy Aliocha Cricket : allons, allons, ça m’est arrivé souvent ça chez lui, c’est juste qu’il y a un embouteillage, ne vous contrariez pas si vite, parfois mes commentaires mettaient plusieurs heures à s’afficher alors que nous n’avions aucun contentieux.

    Commentaire par salah — 11/11/2008 @ 21:07

  27. Je crois comprendre ce qu’est la déontologie, du moins à peu près. J’essaie de l’appliquer moi-même, et je ne suis pas le moins du monde en colère, ou pas contre vous. En revanche, je crois que la presse, le journalisme comme institution, se trouve face à une une concurrence contre laquelle il n’a pas les moyens de lutter, non seulement la concurrence des blogueurs, qu’on s’exagère souvent, mais aussi celle, omniprésente, de l’internet, d’une brume, d’une bruine omniprésente d’information. Cette information n’est pas la même partout, elle n’a pas la même qualité, j’en conviens, et les journalistes ont encore, quoi qu’en pensent les blogueurs qui sont intéressés, un avantage qualitatif. Ils sont en revanche noyés sous le nombre, et ça ne s’arrangera pas. Les idées de chartes ou de codes ne feront que les réduire, nous réduire, plus encore à une survivance. C’est ce que vous voudriez : un îlot d’information fiable dans un océan de communication. C’est une idée louable, je la crois fausse, comme je ne crois pas au Label rouge sur les poulets. Je crois que les journalistes vont se voir contraints de rentrer dans cette arène de l’information généralisée. A mon sens, qu’ils aient un Label rouge officiel, professionnel, ne changera rien au problème. S’il faut des garanties de sérieux et de professionnalisme, elles ont encore à trouver, et je ne crois pas qu’elles puissent passer par des réflexes conservateurs. Et si en revanche je crois comme vous que ces évolutions doivent être portées par les journalistes, je crois que ce n’est pas au nom d’un statut qu’il pourront le faire, mais au nom de leurs compétences, non pas par un label, mais, comme dit Narvic, par une « ouverture totale » du métier.

    Aliocha : quand je parle de communication, visiblement personne ne comprend à quoi je fais allusion. Serais-je ici la seule à faire du journalisme tous les jours ? C’est-à-dire à affronter tous les jours des attachées de presse qui n’ont que leur joli minois pour diplôme et qui déblatèrent des âneries plus grosses que leur derrière ? Des directeurs de la communication qui me mentent effrontément en niant l’existence d’un fait qui sera avéré 1 mois plus tard ? Des entreprises qui tentent de me faire avaler des couleuvres, par exemple la Générale au moment où elle a voulu faire passer les pertes survenues en janvier 2008 sur l’exercice 2007 alors que tous les comptables de France disaient que c’était impossible ? Des communiqués de presse dont je me demande si leurs auteurs ont eu un cerveau un jour et qui me présentent une info qui ressemblent à un film de Disney en plus niais et en plus joyeux ? Mon problème, ce n’est pas les blogs ou les nouveaux supports d’information, ce n’est pas non plus la concurrence de je ne sais qui, mon problème et celui de tous ceux qui exercent leur métier au moins dans la presse économique et sans doute dans la presse politique, c’est la mainmise de la communication sur l’information, c’est le gouvernement niant la guerre en Afghanistan jusqu’à ce qu’une journaliste ramène des photos de l’ennemi, c’est la crise financière débutée en juillet 2007 officiellement et dont on a continué de nous dire jusqu’en septembre dernier qu’elle ne toucherait pas la France, c’est l’assemblée nationale qui dépense plus que tous nos homologues européens et nous affirme sans rire qu’il n’y a pas d’enrichissement personnel et donc pas de problème. C’est Rachida Dati arrivant à séduire les journaliste du Point pour leur faire écrire un dossier d’une niaiserie absolue sur elle et qui n’aborde à aucun moment le sujet de la justice. La communication que je vise, c’est celle-là et croyez-moi, c’est l’ennemi de la presse, des blogueurs, d’Internet, de tout le monde. Suis-je la seule à le voir, suis-je la seule à comprendre qu’on en a marre de cette langue de bois, de ces niaiseries et de ces mensonges ? Suis-je la seule à apercevoir que la presse est en train d’en mourir parce qu’elle n’a plus les moyens de lutte contre ce tombereau de sottises ? Bien sûr que non, les lecteurs aussi, seulement ils n’en sont pas conscients, ils savent juste que les journaux ne les intéressent plus. Eh bien moi je prétends que c’est à cause de cela, que cette communication, disons cette réclame ou cette publicité pour être plus clair a tout pourri et que pour lutter contre cela, la seule solution c’est doter les journalistes d’une déontologie qui leur permette de se démarquer. La révolte des blogs contre l’information officielle n’est rien d’autre qu’une révolte contre une presse polluée par la communication, la pub et le marketing.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 11/11/2008 @ 21:26

  28. Non, j’ai bien compris ça. Et je travaille en magazine, donc la com, je la vois particulièrement, quotidiennement. Elle ne touche pas que la presse, et le papier du monde d’hier sur les blogs, d’ailleurs particulièrement creux, le montre bien (http://abonnes.lemonde.fr/technologies/article/2008/11/10/profession-blogueur_1116906_651865.html). J’en conviens, j’ai un peu changé de sujet.
    Pour en revenir aux codes de déontologie, je ne vois pas comment ils pourraient réussir à lutter contre le phénomène que vous dénoncez, ni comment un système de sanction pourrait être établi. Je ne vois pas comment on pourrait DOTER les journalistes d’une déontologie : la morale, pour simplifier, ce n’est pas un truc qu’on peut coller du dehors. Au fond, je pense comme vous que le système est passablement pourri par la com, mais je ne pense qu’on ne le changera pas, et qu’il faut développer des voies alternatives.

    Aliocha : les journalistes, les vrais, ont l’instinct de la déontologie, ils la sentent, surtout par défaut, en creux, quand ils voient qu’elle est attaquée ou quand un communiquant moins habile que les autres les choque, mais ils seraient plus forts et plus sûrs d’eux si ces règles étaient écrites en annexe de leur contrat de travail, si les entreprises qui les emploient y veillaient et s’ils pouvaient en conséquence les revendiquer haut et fort. Voilà pour le côté individuel, ensuite, collectivement, ça nous donnerait une force extraordinaire et ça redorerait notre blason aux yeux des lecteurs. Pour l’instant, et vous le savez bien, tout le monde invoque la déontologie journalistique mais celle-ci dépend de chaque rédaction et dans chaque rédaction de chaque journaliste. Arrêtons cette hypocrisie et ces pitreries de Tartuffe. De deux choses l’une, soit il y a une déontologie journalistique, ce que l’on prétend et ce que je crois, dans ce cas il est urgent d’aller jusqu’au bout, soit il n’y en a pas et alors je donne pas cher de notre avenir

    Commentaire par Toto_SRàRien — 11/11/2008 @ 22:21

  29. Et c’est bien maintenant que l’opportunité se présente.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 11/11/2008 @ 22:22

  30. D’acoord à 90% avec les points de vue de Narvic et Toto_SRà Rien.
    Je crois qu’on ne peut nager longtemps à contre courant contre la révolution numérique. Et surtout ( même si dans l’absolu je suis pour l’idée d’une déontologie : les 10% restant) je ne vois pas comment fonctionnerait un code avec des règles et des sanctions.

    – Aliocha, au lieu de parler de façon générale, please donnez nous un exemple où la sanction serait méritée contre un journaliste. (Et comment mettre en place cette sanction sans que s’élèvent derrière tous les syndicats.)

    – Vous prenez l’exemple des avocats mais le parallèle ne fonctionne pas totalement. Le journaliste ne mène pas sa barque tout seul, il travaille pour un média qui a des actionnaires privés, et sous les ordres d’un redac chef payé par cet actionnaire : ce n’est pas le cas de l’ avocat, ni du médecin, ni du scientifique…Donc à qui il faut appliquer la sanction, au journaliste seul ? à son rédac chef ? à l’actionnaire ?

    – Au fait, ça existe ailleurs dans le monde cet organisme de régulation pour les médias ?

    Aliocha : Narvic répond à côté, sans doute parce que je n’ai pas été claire. Je ne dis pas que la déontologie sauvera le journal papier de la révolution numérique, je m’en moque, s’il faut aller sur le web j’irai, d’ailleurs j’y suis déjà, non seulement sur ce blog mais aussi ailleurs. Je dis que la déontologie sauvera le journalisme tout court de la disparition et je prends l’exemple du papier parce qu’il est le premier à souffrir, il ne sera pas le seul. La crédibilité des journalistes TV ou radio est encore plus dévalorisée que la nôtre. Sinon, au moins en Italie il y a un ordre des journalistes créé en 45 j’ignore comment il fonctionne. Pour le reste, voyez mes réponses précédentes, il est tard et j’ai encore un article à écrire 😉

    Commentaire par Phedra — 11/11/2008 @ 22:26

  31. 🙂

    nous sommes d’accords sur la « communication », et c’est vrai que le phénomène touche internet aussi, la nuance, que vous ne semblez pas voir, c’est que cette communication imbécile, se démonte assez aisément, a une crédibilité toute relative, et sur internet, aucun moyen de s’imposer face aux articles intelligents, la presse, il suffit de l’acheter ou de l’assomer, pour tromper le journaliste et tirer les anneries a des dizaines de millions d’éxemplaires, (bel exemple du points, mais il y en as tous les jours), il y a justement qu’internet est non pas immunisé a cette communication, mais bien plus difficile a cibler par elle. Repousser un message imbécile reproduit a des millions d’exemplaire on commence a savoir faire, entre le spam et les chainletters débiles, on a eu notre lot. Bien sur que le lecteur idiot continue de se faire avoir, mais tout le monde peut devenir le briseur d’imbécilité, alors que la presse, si le jounaliste failli, laisse la désinformation se déroulé jusque dans les presses.

    Je crois fermement que le modèle coloboratif, ou émèrge régulièrement de vrai penseurs, honnetes et talentueux (qui prennent quand même des critiques), donne une meilleure chance a l’information de qualité.

    mais bon, seul l’avenir le dira…

    Aliocha : sans doute, mais ne vous inquiétez pas, la com’ arrive sur Internet et va faire des ravages et la bonne com’ est indécelable. Elle ne se résume pas aux spams et aux mails publicitaires, c’est bien plus sophistiqué. Par ailleurs, ne croyez pas trop à la gratuité, elle a ses limites, c’est tout le problème d’Internet. Je ne suis pas une femme d’argent loin de là, mais comme tout le monde j’ai besoin de manger et d’avoir un toit. Or, Internet ne vit qu’avec des gens qui font autre chose pour se nourrir, ou alors qui cèdent à la pub comme certains blogueurs, voir l’article du monde cité plus haut par un commentateur, et tout recommence…

    Commentaire par tshirtman — 11/11/2008 @ 22:35

  32. @aliocha,

    Votre réponse me laisse – hélas – sur ma faim. Mais sans surprise : Je crains que nous ne sachions comment établir un système de règles déontologiques et surtout comment l’appliquer ( jusqu’aux sanctions : cf. mon message précédent).

    En revanche, une idée toute simple : inscrire aux programmes scolaires un enseignement sur ce 4eme pouvoir dont vous parlez.
    Amener les jeunes ( ce sont eux qu’il faut viser) à acquérir un esprit critique vis à vis de la télé, de la presse, d’internet, etc. C’est pas si difficile à mettre sur pied et je ne vois pas qui pourrait s’opposer à cette mesure. Il reste à trouver un titre à ce cours … Monsieur Darcos, vous avez une idée ? 🙂

    Aliocha : Allons, vous vous souvenez de la journaliste qui a annoncé à tort la mort d’un enfant au journal TV ? voilà un exemple de sanction méritée. Mais la déontologie a aussi un effet préventif. Elle empêcherait les voyages de presse, les cadeaux, le smille et une compromissions qui existent actuellement faute de règles.

    Commentaire par Phedra — 11/11/2008 @ 23:05

  33. Aliocha, comm. 29

    Avez-vous lu le rapport Giazzi ?

    http://www.lepoint2.com/sons/pdf/rapport-giazzi-medias-numerique.pdf

    C’est affligeant, vous ne trouvez pas ?

    Si on l’associe à l’appel d’offres sur la « veille des blogs », c’est carrément inquiétant.

    Aliocha : pas en entier mais j’ai lu votre résumé, suis en plein boulot, je regarderai demain 😉

    Commentaire par ramses — 11/11/2008 @ 23:09

  34. @ aliocha
    @ ramses

    En voilà, une bonne idée : à la manière d’Eolas, lancer un débat sur votre blog en demandant aux journalistes, lecteurs, professionnels de la presse, etc. de lire attentivement les 34 mesures du rapport GIAZZI et de réagir. Vous publieriez ces réactions sur votre blog un jour donné comme l’a fait Maître Eolas pour les magistrats.

    Commentaire par Phedra — 11/11/2008 @ 23:35

  35. Aliocha,

    Vous, vous travaillez plus pour gagner plus ? Et en plus vous faites partie de la France qui se lève tôt ? Bravo:)

    Mon rappel avait en fait un rapport avec votre comm. 29, pas 27. J’y adhère à 150%.

    HS Je viens de voir « Président » sur Ciné Premier… Dîtes-moi comment Lionel Deplanque, en 2006, pouvait deviner que Nicolas Sarkozy serait élu ? Albert Dupontel l’incarne parfaitement (tics compris), quand à Claude Rich, il m’a fait penser à Edouard Baladur…

    Commentaire par ramses — 11/11/2008 @ 23:39

  36. @ Phedra 34

    Et en bonus, vous avez la dédicace du Président sur le rapport, ça ne se refuse pas !

    Commentaire par ramses — 11/11/2008 @ 23:45

  37. Aliocha, voici une analyse du rapport Giazzi, qui me semble pertinente :

    http://www.photojournalisme.fr/?p=145

    Et c’est bien avec votre comm. 27 que je suis d’accord à 150% (particulièrement avec l’incidence fiscale de la « perte Kerviel » imputée en 2007, alors que le débouclage des positions par la SG a eu lieu en 2008).

    Commentaire par ramses — 12/11/2008 @ 00:06

  38. Lire aussi cela :

    http://novovision.fr/?Entre-les-lignes-du-rapport-Giazzi

    Bonne nuit !

    Commentaire par Phedra — 12/11/2008 @ 00:39

  39. @aliocha: oui internet avance aussi avec des non journalistes, des gens qui ont un métier a coté, mais c’est aussi qu’on les a attendu un peu les journalistes ;), je pense qu’ils ont leur place, et je ne vois pas le problème a payer des sources d’infos, matérialisé ou non, que ceux qui veulent l’info a sa source, payent, les autres aurons quelque chose de plus digéré, de différent, mais je pense que nombre de personnes paierons, la pub est une source de revenue un peu spéciale sur internet (j’ai tendance a réver qu’elle vas nous mener au tout gratuit, perdre subitement du coup son intéret, et qu’on vas se réveiller utopiquement communiste, mais bon je digresse…) certains en vivent très bien, en faisant du contenu de qualité, que trouver a redire si les gens qui viennent chercher l’info sont réellement interressé par les produits affichés contextuellemnts (on peu facilement imaginer un blog de cuisine, de bricolage, de cyclisme ou je ne sais quoi, avec des pubs interressant réellement le public qui fréquente). Pour l’info me direz vous? N’oublions alors pas trop vite combien d’hebdo ou de quotidiens d’informations survivrais sans leur précieuse pub (n’est-ce justement pas un bon morceau de la crise?), enlevez les quelques libertairs comme le canard et… charlie? (je ne sais plus) il reste qui sans pubs?

    Après tout blanc tout noir, je ne sais pas ;), on peut sur internet comme ailleur, trouver des formules intermédiaires, mais le prix payé n’est comme d’habitude, pas un indicateur très pertinent sur la qualité de ce que l’on obtient.

    Commentaire par tshirtman — 12/11/2008 @ 01:27

  40. @Aliocha
    Bien compris :
    Journalisme vs com est différent de papier vs numérique. Pour autant c’est sur le net qu’on peut espérer sortir de la com. Du moins je l’espère.
    En attendant, je pars faire du pseudo-journalisme : c’est l’heure.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 12/11/2008 @ 07:01

  41. Déontologie certes et notamment déontologie de responsabilité plus que de conviction pour reprendre la distinction de Weber! Mais plus encore « compétence »…Le journaliste peut-il continuer à être un généraliste des spécialités?

    Aliocha : Les journalistes sont de plus en plus spécialisés. Rien qu’en droit il existe maintenant au moins un DESS de journalisme juridique. J’joute qu’à force de traiter une sujet, on finit par le connaître, enfin je crois. Mais il se trouve que l’intelligence humaine court plus vite que les journalistes. Quand vous songez que le sproduits financiers sont si complexes que les administrateurs des banques eux-mêmes n’y comprennent rien, vous comprenez facilement la difficulté que peut rencontrer un journaliste à comprendre et expliquer 😉

    Commentaire par Parayre — 12/11/2008 @ 10:30

  42. Ok pourquoi pas un code de déonto propre aux journalistes.
    mais quid des lecteurs et de leurs intérêts?

    je ne suis pas d’accord si les journalistes (ou les media) décident seuls de son contenu, ni qu’ils puissent seuls juger de sont respect et des sanction car alors la profession se trouvent alors en plein conflit d’intérêt et en position de juge et partie (ce qui peut nourrir, à juste titre, le soupçon de corporatisme)

    Aliocha : je n’ai rien contre une régulation partagée au sein d’une instance qui comprendait des journalistes et des non-journalistes.

    je pense aussi que l’adhésion à un tel code (et tout « processus disciplinaire ») doit être volontaire (soit au niveau du journaliste, soit au niveau du support)

    par ailleurs l’autorégulation trouve vite certaines limites même si : cf la pratique de l’ombudsman/médiateur de presse

    @ aliocha : Sinon, au moins en Italie il y a un ordre des journalistes créé en 45 j’ignore comment il fonctionne
    de l’avis d’une amie journaliste italienne : l’ordre italien n’améliore en rien la pratique ( mais bon je ne me suis pas penché outre mesure sur le sujet)

    PS : pour rire un peu
    extrait d’un « code de déonto » (d’un syndicat professionnel, hors presse)

    « Le professionnel adhérent exerce sa profession dans le strict respect des lois, décrets et textes réglementaire »

    « Les professionnels adhérant à ***** et leurs collaborateurs justifient d’une formation professionnelle au moins égale aux seules obligations légales. »

    « Dans le respect des obligations légales, (…) donne au public une information fidèle, complète et valorisante de ses activités professionnelles, (…)

    « L’information pédagogique relative aux sanctions prononcées:
    Des publications non nominatives des sanctions prononcées dans les supports de communication de ***** (bref du dit syndicat professionnel), sont envisageables dans des cas exemplaires, à des fins pédagogiques et dissuasives. Les motifs justifiant ces sanctions sont précisés dans ces publications. »

    Aliocha : Et là, la marmotte, elle met le chocolat dans le papier 😉

    Commentaire par antisthène — 12/11/2008 @ 11:41

  43. Je pense que plus qu’un code de déontologie c’est surtout un changement profond dans la façon d’écrire qui pourra faire revenir le lecteur. Dans quel mesure le second nécessite le premier ou le premier facilitera le second je ne sais pas mais il est probable que ce sont deux aspect différent du même problème.

    Ce n’est pas la première fois que je vois ce sujet abordé de cette manière mais c’est la première fois que je le lis de la plume d’un journaliste. Est-ce le signe d’un changement de mentalité ou est-ce plutôt vous qui vous retrouvez dans la position de don quichotte face aux moulins?

    PS : À votre avis que penserait maître éolas d’une telle presse?

    Aliocha : Eolas penserait « c’est bien, mais c’est pas suffisant » mais c’est Eolas, on ne le changera pas 😉

    Commentaire par LordPhoenix — 12/11/2008 @ 11:59

  44. Dans la suite de mes propositions, une peut-être complètement folle mais pas tant que ça : aider à la création d’une mega-association de citoyens-lecteurs avec des comités locaux. Cette association serait partie prenante dans les directions éditoriales, de même que certaines associations de patients ont leur mot à dire dans la prise en charge de certaines maladies et dans les directions de la recherche scientifique.
    Après tout qui est d’abord concerné, qui achète et qui se plaint ? Le lecteur !

    Commentaire par Phedra — 12/11/2008 @ 15:57

  45. @ aliocha (#18)

    [irrépressibles quintes de toux] kof kof kof… viser l’excellence…kof kof kof… déjà entendu ça… kof kof kof…

    Vous MESUREZ les progrès que j’ai fait ? Hein ? Depuis hier que je me retiens de venir tousser en commentaire. Et d’ailleurs, je m’arrête là.

    Et là ça compte pas, c’est juste pour vérifier que percevez mes progrès.

    Commentaire par Fantômette — 12/11/2008 @ 18:09

  46. Chère Aliocha,
    je viens de lire votre réponse au commentaire 27 et je pense vous vous méprenez lorsque vous mettez en opposition communication et information. Sur le fond vous avez raison et j’aime bien vos touchantes colères, mais votre réflexion sur la dérive du journalisme me paraît fausse et je ne suis pas sûr qu’une « urgence déontologique » soit le remède.

    C’est un peu comme si vous mettiez en opposition escroquerie et commerce. C’est vrai qu’il y a de plus en plus de communication qui tente de faire croire à de l’information, comme il y a de plus en plus d’escrocs qui tentent de faire croire à du commerce, de discours qui font croire à de la politique, de lois qui font croire à de la justice, de découvertes scientifiques qui font croire à du progrès, de chiffres qui font croire à de l’économie, d’apparentes bienveillances qui font croire à de l’humanité,…

    Le journalisme est à l’image de la dérive généralisée de notre époque et de notre société toute entière : tout n’est plus qu’illusion, que virtuel. L’essentiel et d’émouvoir, de capter l’attention, de choquer, de séduire, de convaincre dans le but de s’accaparer le pouvoir et accroître l’intérêt financier final ; cette fin justifie tous les moyens fallacieux. Ce qui est nouveau par contre, c’est qu’il y a maintenant une émergence de spécialistes de ce détournement, des professionnels encensés qui savent bien que les beaux discours trompeurs sont plus efficaces que les déclarations sincères.

    Comme toujours et dans tous les domaines, une belle grande gueule qui dit une connerie ou un mensonge avec conviction sera plus écoutée, plus éloquente et plus applaudie qu’une voix juste qui dit une vérité avec simplicité et modestie. Mais ça, c’est le propre de la nature humaine et je crains que de simples règles déontologiques ne changent rien à l’affaire, le mal est trop profond et trop généralisé, ce serait comme soigner un cancer avec un sparadrap !

    Commentaire par Oeildusage — 12/11/2008 @ 23:15

  47. @oeildusage
    Evitez les arguments tirés de la « nature humaine ». Ou alors dites ce que vous en savez, qu’on rigole.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 13/11/2008 @ 00:18

  48. @Aliocha
    J’ai dans mon cartable les 60 pages du rapport Giazzi. Je ferme ma gueule, je lis. J’aurai fini demain, courage…

    Commentaire par Toto_SRàRien — 13/11/2008 @ 00:23

  49. Sur la charte déontologique, en direct des Etats Généraux :

    http://etatsgenerauxdelapresseecrite.fr/pole4/?lang=fr&mode=seance

    Commentaire par Phedra — 13/11/2008 @ 01:23

  50. @Toto_SRàRien, 47 : J’avoue. Je ne sais pas grand chose sur la nature humaine à part que j’en suis et de ce que je peux en voir tous les jours… et c’est pas top.
    Je vous assure, j’ai eu des chevaux, des chiens, des chats, des lapins, des chèvres, des poules et bien d’autres espèces d’êtres vivants, et chez eux la communication est bien plus simple et plus sincère, et sans aucune règle déontologique.

    Commentaire par Oeildusage — 13/11/2008 @ 01:45

  51. Je suis mille fois d’accord avec vous. La déontologie est partout aujourd’hui, pourquoi pas chez les journalistes? Oui, il y moyen d’avoir des journaux qui informent; ici en Italie, les journaux papiers sont bien plus épais que leurs homologues français, et il y a une vraie valeur ajoutée par rapport aux communiqués des communiquants…

    Commentaire par Stéphane — 13/11/2008 @ 14:38

  52. Je réfléchis depuis 3 jours — à temps partiel, je l’admets — sur cette idée d’un code de déontologie de la profession de journaliste. Aliocha présente de bons arguments en sa faveur, et pourtant je reste hésitant. Il y a certes depuis toujours une déontologie des avocats et des médecins, qui sont organisés en ordre. Mais l’apparition, puis la prolifération des « chartes éthiques » et autres codes au sein des grandes entreprises m’est toujours apparue comme répondant à deux finalités.

    D’une part, on met au point des « procédures » et des codes, auxquels on fait souscrire les « employés », dans le but de se prémunir contre d’éventuelles querelles judiciaires. Le but est alors, en liant les employés par contrat à certaines normes, de pouvoir dégager la responsabilité de l’employeur dès qu’il peut être prouvé qu’un employé peu scrupuleux a manqué à un engagement contractuel. Il me semble que ce modèle de management « à l’anglo-saxonne » — procédurier, contractuel, hanté par le spectre des avocats inquisiteurs… — n’a pas que des vertus, et qu’il risque facilement d’être perçu par les journalistes comme un déni de leur autonomie et de leur propre sens des responsabilités.

    D’autre part, lorsque l’éthique est devenue à la mode chez nous — dans les années 1990, il me semble — il était clair que ces chartes adoptées à coups de clairon répondaient largement à une logique de… communication. Ce qui comptait était de faire savoir « à l’extérieur » que « nous, on est des gens bien, des gens éthiques ». Je me souviens qu’à l’époque, le personnel du groupe Casino avait protesté avec véhémence contre l’obligation de souscrire à une charte explicite leur enjoignant d’observer des règles de base qu’ils respectaient spontanément, au nom de la « culture maison ». Il est vrai que le groupe était en train de perdre son caractère familial et que les nouveaux « managers » voulaient surtout rendre leur nouveau joujou vendable au plus vite.

    Ces remarques ne sont que le baromètre de ma perplexité, et non des objections proprement dites. Au fond, la question est pour moi de savoir si un code déontologique de la presse traduirait l’alignement de celle-ci sur les standards prévalant pour de simples entreprises commerciales, ce qui me semblerait une logique assez risquée, ou si l’on veut plutôt se rapprocher — comme le suggère plutôt le billet d’Aliocha — d’un « ordre » à la façon des médecins et des avocats.

    Tout ce débat, en tous cas, montre bien l’ampleur de la remise en question de la presse aujourd’hui. C’était plus simple (façon de parler, bien sûr) à l’époque « héroïque » où la presse n’avait pas besoin de charte éthique, car elle était elle-même une idée éthique: elle incarnait l’une des libertés fondamentales d’un ordre démocratique, et se justifiait par la nécessité de contribuer à former l’opinion publique, rempart contre la tyrannie. C’était simple, car il était évident que la démocratie ne requérait pas seulement le respect de certaines formes politiques (comme le droit de vote) — les fondateurs de la République, en France, étaient parfaitement avertis du fait que le suffrage universel pouvait porter au pouvoir un dictateur. On a vu des tyrans respecter le suffrage universel, ou l’abolir avec le consentement général, on en a vu maintenir des fictions d’assemblées, mais jamais un tyran ne peut respecter la liberté de la presse.

    Maintenant, je me dis que si des mesures telles que celles préconisées par Aliocha peuvent contribuer à redonner à la presse son prestige, pourquoi pas? Après tout, le danger désormais est beaucoup moins dans les pouvoirs institués, bien incapables de museler la presse, que dans la tyrannie insaisissable et diffuse des grands groupes industriels, qui peuvent se payer des journaux bien plus facilement que ne le rêverait un despote oriental — en respectant toutes les apparences de la liberté.

    Aliocha : Voilà une observation hautement pertinente dont je vous remercie car elle m’incite à approfondir ma réflexion. Il est exact que la mode anglo-saxonne des codes d’éthique n’est pas forcément à suivre. Je relativiserai sa valeur, il est possible qu’elle soit adaptée à la psychologie anglo-saxonne, mais elle est plus difficile à imaginer dans nos pays latins assez rebelles à l’organisation. Nous préférons la dureté de la loi et de la sanction aux engagements volontaires, enfin je crois. Certains y verront sans doute un attachement historique à l’Etat et l’héritage de notre tradition catholique. Toujours est-il que leur transposition en France dans certains milieux économiques prend des allures de communication voire de marketing. Je suis la première à me méfier quand on me parle de développement durable et autres belles valeurs dans les grands groupes cotés. Néanmoins, on ne peut pas nier que ces idées fassent leur chemin, même pour de fort mauvaises raisons (risques d’images, risques de procès etc…). Bon an, mal an, sous diverses pressions de l’opinion publique, ce qui n’était que pur marketing devient doucement une réalité. Timide, fragile, incertaine, mais réelle. Et je crois que c’est le sens de l’histoire, à condition que les régulateurs et les gouvernements appuient un peu sur l’accélérateur.
    Il est vrai aussi que le danger de ces process est de déresponsabiliser les acteurs qui n’obéissent plus à un sens des valeurs mais respectent formellement des procédures écrites sans toujours les comprendre et même y adhérer. C’est d’ailleurs l’une des raisons de la fraude qui a couté 4,5 milliards à la Générale. Par ailleurs, nous savons qu’Enron était un modèle de gouvernance.
    Faut-il en conclure que l’éthique est inutile en matière économique ? Impossible. Mais alors que faire ? Le plus difficile qui soit, penser une éthique et une régulation en tenant compte des risques de marketing et d’excessive formalisation, en s’appuyant sur une vision concrète de l’humain et en s’appuyant sur ses défauts. Certains le font notamment à Sciences Po sous la direction de Marie-Anne Frison-Roche.
    Et dans la presse, me direz-vous ? Eh bien dans la presse il va falloir refondre totalement la déontologie en observant quels sont les risques concrets et en déduisant de ces risques des règles éthiques. C’est ainsi qu’ont procédé récemment les commissaires aux comptes à la suite de l’affaire Enron. Ils ont recherché toutes les activités qui pouvaient nuire à leur indépendance et ils les ont soit interdites, soit entourées de garde-fous. En matière de presse, on les connait les risques, il suffit donc de les énumérer et de mettre en regard les dispositions susceptibles de les contrer.
    Evidemment, cela ne tient pas sans un régime de sanction.
    L’intérêt ? D’abord chacun saura clairement ce qu’il peut et ce qu’il ne peut pas faire. Aujourd’hui la déontologie n’est souvent qu’un sentiment diffus, une obligation à géométrie variable. Ensuite, chaque journaliste se sentira porté par des règles communes qu’il pourra opposer à ceux qui exigeraient de lui des activités contraires à l’éthique. Le public saura que cette éthique existe et pourra critiquer avec de vrais arguments les dérapages. Ce qui sera toujours préférable à la méfiance générale et diffuse que nous suscitons actuellement. Et en cas de faute, il y aura sanction. Je vois là de quoi amorcer un cercle vertueux et restaurer la confiance. Mais ce n’est que mon avis.

    Commentaire par Philarete — 13/11/2008 @ 16:01

  53. Déontologie , Ethique, Morale, … Décidément, c’est la mode aux grands mots qui sont à l’image de ce vœu pieu qu’on entend en ce moment dans tous les discours : la « Moralisation du Monde de la Finance » !

    Ça me rappelle la lessive de Coluche : elle prend la saleté, elle lave la saleté, et elle remet la saleté propre à sa place !

    Aliocha : Voilà une position qui va faire avancer le schmilblick, je suppose ?

    Commentaire par Oeildusage — 14/11/2008 @ 11:36

  54. N’y aurait-il pas un probleme egalement dans la formation des journalistes ? La deontologie peut-elle s’inculquer ?
    A ce propos, puis-je vous suggerer un post sur la (les ?) formation(s) de journaliste, avec votre avis sur les points forts et lacunes ?
    Au plaisir de vous lire.

    Commentaire par Humstel — 14/11/2008 @ 13:43

  55. […] ces derniers temps et notamment le 11 novembre à l’occasion d’un billet intitulé “Debout la presse”. En réponse à un commentaire de Zythom (com 16) sur la manière dont nous pourrions renforcer nos […]

    Ping par Déontologie journalistique, on avance enfin…un peu ! « La Plume d’Aliocha — 20/11/2008 @ 11:11

  56. […] décisions, de statuer, d’être saisi, d’avoir une voix ; me semble indispensable dans l’objectif d’une déontologie qui se voudrait servir un objectif de qualité, et do… Le tout avec un caractère totalement public – y compris dans la possibilité de saisie […]

    Ping par [12-2008] Crise du journalisme et des médias : 2 - Regagner la confiance | Miscellanée de réflexions — 08/06/2011 @ 17:17

  57. […] déontologie actuelle et de son usage permanent par la gent journalistique. Mais contrairement à ce que ses joutes avec Aliocha pourraient laisser penser, narvic ne prédit pas plus la mort de l’information et du journalisme que celle de la […]

    Ping par [01-2009] Aaaliens, le laboratoire | Miscellanée de réflexions — 08/06/2011 @ 17:49


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