La Plume d'Aliocha

09/11/2008

Paroles de reporter de guerre

Filed under: Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 14:40

Jean-Paul Mari est grand reporter depuis 30 ans. Il a reçu de nombreuses récompenses dont le prestigieux Prix Albert Londres en 1987. Aujourd’hui, il travaille au Nouvel Observateur. Dans un ouvrage intitulé « Sans blessures apparentes » qui vient tout juste de sortir, il s’interroge sur « ce mal étrange, aussi terrible que tabou » qu’est la guerre. Autant vous le dire tout de suite, il y a tant de douleur dans ce livre, tant de questions graves, tant de récits difficilement soutenables que sa lecture n’est pas anodine. Tout commence à Bagdad en avril 2003 lorsqu’un obus frappe l’hotel où réside la presse et que Jean-Paul Mari découvre un jeune cameraman allongé dans sa chambre  :« le souffle lui a ouvert le ventre du pubis au sternum, écartant la peau et les muscles, découvrant les viscères, flaque blanche et nacrée ». Le cameraman ne survivra pas à ses blessures. C’est le point de départ d’une enquête pour rencontrer celui qui a tiré. Mais, plus profondément, Jean-Paul Mari, hanté par l’image de son confrère éventré,  veut comprendre pourquoi certains encaissent les horreurs de la guerre sans devenir fous, quand d’autres se font happer par l’horreur de ce qu’ils ont vu. Tout au long du livre, il évoque les témoignages de confrères mais aussi de militaires pour tenter de cerner le moment où tout bascule, l’image de trop qui se mue en un insurmontable cauchemar et brise une vie, l’instant irréparable où les grands traumatisés confient « avoir vu la mort en face ». Il interroge aussi un psychiatre de l’armée qui finira par lui apporter un début de réponse et un espoir aussi : il est possible de guérir. C’est un livre dur qui lève le voile sur la vraie guerre. Pas celle des frappes chirurgicales retransmises aseptisées sur nos écrans de télévision. Non, la vraie, celle qui tue des civils, brise des militaires de carrière et détruit les reporters qui s’en approchent de trop près. Il fallait que ce livre soit écrit, ne serait-ce que pour rendre hommage aux journalistes qui risquent leur vie pour dénoncer au monde cette barabarie. Il fallait que ce livre soit écrit car bien souvent ces journalistes ne rencontrent que l’indifférence générale. C’est si loin la guerre, et si peu vendeur. Je me souviens d’avoir vu il y a quelques années une exposition sur le travail d’une photographe de guerre. On y présentait notamment deux portraits, ou deux auto-portraits je ne sais plus,  l’un de la journaliste sur le théâtre des opérations, l’autre de cette même journaliste de retour en France. Le deuxième était celui d’une femme ordinaire. Le premier était insupportable. Il représentait une femme maigre au visage grave, le regard fixe, les cheveux coupés ras, debout devant l’objectif. La photo avait ceci d’extraordinaire qu’elle parvenait à montrer une réalité aussi inexplicable qu’évidente : son corps entier s’était transformé en pellicule photographique, il exprimait de manière sidérante toute l’horreur de ce qu’elle avait vu. Le livre de Jean-Paul Mari résonne en écho de ces photos et plonge au coeur des blessures invisibles de ceux qui ont croisé la mort, ces hommes et ces femmes sans blessures apparentes qui tentent de survivre à leur épouvante. 

 

« Sans blessures apparentes » par Jean-Paul Mari – Robert Laffont 2008 – 296 pages, 20 euros.

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33 commentaires »

  1. Il existe très peu de témoignages de reporters de la guerre d’Algérie, cette sale guerre qui n’a osé dire son nom qu’il y a… 9 ans. Le site « grands-reporters.com » en a fait une synthèse intéressante et largement documentée :

    http://www.grands-reporters.com/Guerre-d-Algerie-Les-derniers.html

    Entre 1952 et 1962 ce sont 1.343.000 appelés ou rappelés et 407.000 militaires d’active (soit 1.750.000 militaires) qui participeront « au maintien de l’ordre en Afrique du Nord », opérations qui seront reconnues « Guerre d’Algérie » le 5 octobre 1999. Ce sont plus de 25.000 militaires tués aux combats en A.F.N. (Algérie, Maroc et Tunisie), soit 13.000 appelés ou rappelés et presque autant de militaires d’active ; et aussi 70.000 militaires blessés ; sans oublier les 400.000 victimes civiles d’origine européenne ou africaine (source : Wikipedia)

    Personne ne parle jamais des traumatismes subis par ces 1.725.000 Français qui ont combattu, des 95.000 militaires tués ou blessés au combat… Tant de sacrifices pour si peu de reconnaissance (la retraite d’Ancien Combattant est actuellement de 500 € par an pour tous ces jeunes appelés du contingent… Une misère).

    Commentaire par ramses — 09/11/2008 @ 15:49

  2. > C’est si loin la guerre, et si peu vendeur.

    Ça dépend comment elle est vendu quand je regarde le nombre de films de guerre et le suivi dans les média de masse. C’est malheureusement trop vendeur. Malheureusement pour 2 raisons car 1.ça reflète la souffrance et mal réel de nos sociétés humaines et 2. ça nous habitue et conditionne petit à petit à ces horreurs avec cette exposition médiatique continuelle sans nous donner les moyens de stopper cela.

    Comme les militaires de retour, les reporter de guerre doivent avoir des troubles psychologiques suite à cette exposition. Dépendant du mental, certains s’en sortent mieux que d’autre avec le temps.

    Ça me fait penser que je dois écrire un article sur le dernier film de Monicelli qui montre l’absurdité de la guerre et cette fourmilière humaine qui s’agite en tout sens.
    Le Rose del deserto

    Commentaire par paul2canada — 09/11/2008 @ 16:51

  3. Sur un sujet connexe, je serai justement curieuse d’avoir l’opinion d’Aliocha, opinion éclairée je présume, pour l’avoir suivie depuis ses commentaires chez Eolas jusqu’à ce « chez elle » qu’elle a créé.
    Chère Aliocha, que pensez-vous de ce débat sur le reportage « de guerre » effectué par Claire Billet, qui a fait fortement débat ici : http://www.infoguerre.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=1287&Itemid=2 (il faut cliquer sur le premier lien pour lire le premier article).

    Pour revenir plus directement à votre billet, le genre d’ouvrage que vous décrivez est effectivement nécessaire, voire salutaire. Si en plus tout cela est fait avec sincérité et compétence …

    Aliocha : Je ne suis pas reporter de guerre. Par ailleurs, je n’ai pas vu les reportages concernés. Cela étant précisé, je doute qu’aller à la rencontre des talibans soit une promenade de santé. Or, nous savons que certains soi-disant grands reporters se contentent de rester à l’abri dans leur hôtel en attendant un debriefing des autorités officielles. J’ai donc tendance à saluer ceux qui sortent sur le terrain et prennent des risques. Ensuite, il est évident qu’une guerre se joue toujours sur le terrain de la communication. Toutes les parties prenantes tentent de faire triompher leur cause dans les médias et ce que l’on prend, du côté occidental, pour une vérité parce que c’est la nôtre, n’est jamais que de la communication officielle. La journaliste a rencontré des talibans et les a fait parler, ils ont dit ce qui les arrangeaient, je crois que c’est aux téléspectateurs de se faire leur opinion. Cette affaire me remet en mémoire un passage du livre de Jean-Paul Mari où il raconte comment un de ses amis est mort lors de la tentative de putsch à Moscou en 93. le cameraman en question venait de lire que quelque critique parisien bien confortablement installé dans son fauteuil avait critiqué son précédent reportage filmé, soi-disant, de trop loin. Alors, au moment de l’assaut du Parlement, il est allé plus près, juste derrière le commando qui allait attaquer les assiégés. Il a été fauché par une rafale de kalachnikov. Il était allé trop près.

    Commentaire par Caroline — 09/11/2008 @ 17:14

  4. Merci pour cet excellent billet et l’info : c’est noté.

    Commentaire par Ardalia — 09/11/2008 @ 18:10

  5. Merci de cette réponse.
    Je me demande si l’alternative trop loin / trop près n’est pas un faux débat. Trop près, bien sûr, et le journaliste y laisse sa vie. Je reconnais sans l’ombre d’un doute la prise de risque et l’engagement total qui peut être le leur. Mais ne sont-ce pas justement les seuls « critiques parisiens bien confortablement installés dans leur fauteuil » qui réclament cette proximité ? La question de la distance ne serait-elle que physique ?
    Je ne crois pas. Je crois au contraire qu’elle doit être avant tout, et surtout, dans la capacité à mettre en perspective des événements, en les replaçant dans leur contexte (historique, géopolitique). C’est la plus grande richesse du journaliste, sa « valeur ajoutée » dans la société. Et confondre engagement physique sur le terrain et excellente connaissance du sujet, c’est, je trouve, faire trop de grâce à certains intellos-bobos dont finalement, cela sert la cause, car ils reprennent à leur compte, et sans grand effort, des conclusions de terrain, pour les passer à la moulinette de leur interprétation.

    Commentaire par Caroline — 09/11/2008 @ 19:29

  6. Claire Billet est une journaliste de « scoop », pas un reporter de guerre.

    L’article d’Infoguerre, soumis par Caroline le souligne :

    « Un journaliste occidental qui paie un intermédiaire pour filmer les talibans ne peut que filmer dans un cadre de propagande et non pas filmer en journaliste libre de ses mouvements et de ses choix. Le jour où les journalistes présents à Kaboul reconnaîtront cette évidence, on commencera enfin à aborder les questions de fond et à rendre compte de la réalité. »

    Commentaire par ramses — 09/11/2008 @ 19:52

  7. Ce doit être un livre passionnant. « La guerre rend fou »: c’est une vérité bien moins commune que de dire que la « folie des hommes » engendre la guerre, et elle est bien moins commode. Je me demande si les traumatismes dont parle Mari ont toujours existé.

    Autant que je sache, c’est au cours de la première guerre mondiale qu’on a observé en grand nombre des cas de troubles psychologiques graves. Il semble que des milliers et des milliers de soldats aient été internés, à la fin du conflit, sans qu’on en parle jamais: on était en plein mythe de la Grande Guerre, et il n’y avait que des héros. Les mutilés ont vu leur souffrance reconnue — dérisoire compensation, certes, mais enfin… Mais comment accepter la réalité immense de ces morts-vivants « sans blessures apparentes »?

    Durant la seconde guerre, il y avait des psychiatres employés par l’armée américaine pour faire face à ces traumatismes et les traiter au mieux: ce fut le cas d’Erik Erickson (disciple de Anna Freud), notamment, qui s’occupa de soldats revenant de la guerre dans le Pacifique. (Cette expérience fut décisive dans l’invention par Erikson du concept de « crise d’identité », aujourd’hui entré dans le langage courant).

    J’ai hâte de lire ce livre pour tâcher de mieux comprendre. Merci de partager ainsi avec nous ces lectures — et de nous faire découvrir un reporter de guerre d’aujourd’hui: j’en suis resté à Yves Courrière, ça commence à dater, même s’il est sûrement un des « grands » (@ Ramses n° 1: Courrière fait partie de ceux qui ont « couvert » la guerre d’Algérie, et il a quand même fait un boulot extraordinaire).

    Commentaire par Philarete — 09/11/2008 @ 23:59

  8. Je viens de visionner l’émission « Reporters » sur France 24 :

    http://www.france24.com/fr/20080912-reporters-afghanistan-taliban-combat-attaque-insurges-kaboul-wardak-coalition-france&navi=MONDE

    Que Claire Billet ne se réjouisse pas trop vite des « victoires » des Talibans sur la coalition. Barack Obama a clairement indiqué qu’il allait porter l’effort militaire sur l’Afghanistan et le Pakistan. Nous verrons bien si les « vieux tromblons » de ces terroristes sont en mesure d’affronter une armée organisée (ce qui est loin d’être le cas actuellement).

    Cette situation ressemble étrangement à la guerre d’Algérie. Au début, les fellaghas ont remporté quelques victoires. Puis le Général Challe a déployé l’Armée Française sur l’ensemble du territoire, infligeant des pertes sévères à l’ennemi. A la signature des « accords d’Evian », le FLN était en miettes. Ce fut, je pense, dans l’histoire, la seule fois où une armée victorieuse a été obligée de battre en retraite.

    Quand à Claire Billet, elle est blacklistée par la coalition, ce qui paraît la moindre des choses. Si elle éait afghane, en train de filmer la coalition au combat, elle serait déjà lapidée.

    Chère Aliocha, je suis peiné que vous apportiez votre soutien à cette opération de communication.

    Aliocha : je n’apporte pas de soutien à de la communication mais je salue le travail d’un journaliste qui prend des risques pour ramener de l’info. Vous êtes libre de préférer les communiqués officiels des « gentils », c’est-à-dire de notre camp et de n’y voir, car ils vous plaisent, que vérité quand l’opinion adverse ne serait que mensonge. Mais tâchez alors de distinguer clairement ce qui vous dérange. Il me semble que ce sont les talibans, pas la journaliste.

    Commentaire par ramses — 10/11/2008 @ 00:26

  9. @ Philarete 7

    Yves Courrière est un écrivain et un cinéaste, pas un reporter de guerre. J’ai lu l’ensemble de ses ouvrages, fort bien documentés.

    Son film « La guerre d’Algérie », sorti en 1972, est un montage de documents, 10 ans après la fin du conflit.

    Ne confondons pas « historien » et « reporter de guerre », s’il vous plaît.

    Aliocha : Il a été le plus jeune journaliste à recevoir le prix Albert Londres pour avoir couvert la guerre d’Algérie. Qu’ils soit devenu ensuite quelque chose d’autre et de plus important qu’un journaliste ne change rien au fait qu’il a débuté sa carrière comme journaliste et a été récompensé comme tel.

    Commentaire par ramses — 10/11/2008 @ 00:37

  10. Sur la couverture des guerres, l’article initial et les différents commentaires me poussent à me demander quel doit être la rôle des médias face à cela. On veut des images (ou des récits de près, ce qui revient au même du point de vue « exposition au danger du journaliste ») détaillées, mais en même temps le pré-supposé de base de nos civilisations modernes est que la guerre est l’affaire d’une catégorie de personnes spécialisées qui sont les seules supposées supporter le poids physique et moral des combats. La dernière manifestation de cet esprit, c’est la suppression du service militaire — et la démonstration par l’exemple, ce sont des pays comme Israël où non seulement le service militaire est obligatoire, mais où tout citoyen est considéré comme pouvant prendre part à un combat à n’importe quel moment de sa vie.

    N’y a-t-il pas une contradiction entre réserver les combats à un groupe, que la société « sacrifie » volontairement, et vouloir ensuite tout voir et tout savoir des combats ? En mettant de côté pour l’instant l’aspect sensationnel, quel est l’intérêt pour le lecteur (téléspectateur, auditeur…) de voir un soldat éventré, un char en train de tirer ? Que les journalistes aillent analyser le conflit, indiquer quelles sont les tendances (schématiquement et pour autant que ça aie un sens, qui gagne et qui perd…), oui, mais j’ai l’impression qu’en matière de guerre on exige des médias une couverture bien plus détaillée que pour les autres événements. Quand on parle de la discussion d’un texte de loi à l’Assemblée Nationale, par exemple, on ne nous montre pas les amendements individuels, ni les discours des députés pour ou contre. On a des résumés, quelques avis de synthèse des politiciens et des analyses : c’est ce qu’il nous faut pour comprendre le sens global de la discussion et ce qui est en jeu. Et quand il s’agit de guerre, ça ne suffit plus, il faut qu’on voie les détails des combats. C’en est au point qu’on accorde bien plus de volume à un conflit mineur à l’autre bout du monde qu’à des sujets locaux qui auront sans doute plus d’impact sur notre vie quotidienne.

    Alors est-ce que c’est dû à la nature particulière des conflits, d’une part l’aspect sanglant et violent (c’est sûr qu’un récit de combat est plus facile à lire que les discours des parlementaires…), d’autre part le fait que ça touche à un autre pilier de notre société (le respect de la vie de chaque individu) ? Est-ce que quelque chose auquel je ne pense pas justifie fondamentalement que les conflits aient une couverture plus détaillée que d’autres événements ? Ou est-ce que je me fais de fausses idées et que tout mon raisonnement est faux ?

    Commentaire par Rémi — 10/11/2008 @ 11:54

  11. Sur le précédent commentaire : cette évolution d’Yves Courrière est particulièrement intéressante dans le contexte de notre discussion : elle montre de quelle manière il a progressivement augmenté la distance entre lui et les événements, sans jamais perdre sa capacité critique et d’analyse, et donc son apport à la réflexion.
    Concernant Claire Billet, puisqu’elle a PAYE les talibans pour rentrer en contact, je ne crois pas qu’elle prenait des risques véritables. Le besoin de financement de ces groupes armés est tel qu’ils auraient tort de tuer la poule aux oeufs d’or : un journaliste occidental, qui va rapporter leur parole, et en plus qui finance leur action. C’est une bénédiction, pour eux …
    Le boulot d’un Daniel Pearl était autrement plus risqué. On sait ce qu’il lui en a coûté, à lui.
    Et je n’ai pas la sensation que Ramses se satisfasse pour autant du discours de la coalition.
    Nous sommes en réalité sur la même ligne : nous souhaitons tous une information véritable et objective, documenté par un travail de terrain, et qui ne tombe pas dans les facilités de la communication officielle, qu’elle soit d’un côté ou de l’autre.

    Aliocha : J’entends bien, cela étant, j’ai précisé dès le départ que je n’avais pas plus d’infos que vous sur ce sujet. Ni même les compétences nécessaires pour en parler en tant que spécialiste. Je suis à peu près aussi pertinente sur le reportage de guerre qu’un médecin de campagne sur une nouvelle maladie tropicale. Simplement, je crois que nous pouvons tenter d’accorder aux reporters qui sont dans des pays en guerre une présomption de bonne foi. Jusqu’à preuve du contraire, je m’en tiens à considérer qu’elle prend des risques pour ramener de l’info. Et la seule preuve pertinente du contraire que je trouverais admissible serait celle de ses confrères reporters de guerre qui viendraient nous expliquer qu’elle ne travaille pas dans les règles. Se retrouver dans le camp adverse avec des hommes armés qui peuvent à n’importe quel moment considérer qu’ils vaut mieux vous tuer ou vous enlever plutôt que de répondre à vos questions reste à mes yeux un exercice difficile, dangereux et respectable. Que d’autres aient pris plus de risques, mieux travaillé ou je ne sais quoi ne change rien à l’affaire. J’ai cité l’exemple de cameraman tué parce que le public parisien trouvait sa prise de risque insuffisante, je crois que c’est une leçon à garder en mémoire. Etant personnellement assise dans mon bureau bien au chaud à discuter de cela, j’estime n’avoir aucune qualité pour émettre le moindre début de critique. Et ce n’est pas du corporatisme, simplement une méfiance innée à l’égard des condamnations injustes.

    Commentaire par Caroline — 10/11/2008 @ 11:59

  12. @Rémi
    Parce que la guerre est aussi, et tristement, un spectacle, et des plus entraînant. Il n’y a qu’à regarder les très nombreux films de guerre ou se souvenir du premier conflit du Golfe. Il y avait dans certains journaux, si pacifique qu’ils se proclament, un ton de véritable exaltation. (Souvenez-vous de ces cartes où des avions jouets déversaient des bombes propres et gentilles, avec des dessins d’explosion où ne manquait qu’un « BOUM » à l’encre grasse pour qu’on se croit dans Buck Danny…)

    Commentaire par Toto_SRàRien — 10/11/2008 @ 12:47

  13. L’essentiel sur Yves Courrière a été rappelé par Aliocha et Caroline. Sa vocation d’écrivain était inscrite dans sa conception du métier de reporter, qui devait beaucoup à son ami Kessel: la passion de Courrière est de raconter des histoires (au sens propre!), c’est un homme de récit. Lorsqu’il était reporter, il s’est toujours efforcé de se tenir au plus près des événements et des hommes, comme ce fut le cas en Algérie.

    Commentaire par Philarete — 10/11/2008 @ 13:11

  14. Les réflexions et questions engendrées par ce billets sont très intéressantes, et j’essaye de vous apporter ma petite pierre:

     » Je me demande si les traumatismes dont parle Mari ont toujours existé?
    comme Philarète le dit les première constatations des « névroses de guerre » (désormais classées -par la psychiatrie US, avant tout-comme trouble post traumatique) datent de la WWI et notamment par Freud, Breuer, Charcot.
    cg http://www.aph-metaphore.com.fr/infirmier/traumatique.html

    le concept de névrose traumatique « doit son existence à l’invention des chemins de fer puisque c’est pour désigner les états apparaissant à la suite des accidents ferroviaires qu’Oppenheim en 1884 composa cette locution » http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/Encyclopedie/Traumatique.html

    La guerre a -t-telle toujours traumatisée ? :on peut envisager que les mêmes causes produisent les mêmes effets mais pour avoir une réponse précise il faudrait relire les decriptions d’époques des nombreux épisodes guerriers de l’histoire humaine.
    Il faut aussi garder en mémoire que les méthodes de guerre, la place et l’image de la mort dans la psyché,etc. peuvent jouer un rôle dans l’apparition du trouble :
    http://www.psychiatrie.com.fr/articles/art497.html
    voir aussi ici :
    http://www.puk-west.uzh.ch/fzkwp/index.fr.html

    Commentaire par entonnoir — 10/11/2008 @ 13:27

  15. @ Toto_SRàRien (12) :
    Oui, l’aspect spectacle est évidemment la première raison qui m’est venue à l’esprit pour justifier cette sur-représentation des détails. Mais… est-ce la seule raison ? Je m’interroge sérieusement, quand un journaliste prend tant de risques pour ramener un récit ou des images de guerre, est-ce uniquement pour satisfaire notre goût du spectacle ? J’aimerais croire qu’il y a une meilleure raison pour pousser des gens à mettre leur vie en danger…

    Aliocha : Je crois qu’il faut être journaliste pour le comprendre Toto_SRàrien parle à juste titre d’adrénaline. C’est une drogue dure surtout quand on a pour mission de raconter. Imaginez que vous êtes sur l’autoroute et qu’un accident se produit, vous allez regarder, nous le faisons tous, c’est du voyeurisme. Je crois qu’un journaliste ne regarde pas ainsi, il regarde au plus près, porté par l’adrénaline de ce qui se passe et le désir de transmettre ensuite cette émotion dans son article. Il ne regarde plus en spectateur mais en témoin responsable de ce qu’il devra raconter. A l’adrénaline s’ajoute à mon sens cette obsession de dire le mieux possible et donc d’aller au plus près, c’est le passage du spectateur au témoin, du passif à l’actif, de la contemplation indiscrète et un brin malsaine au besoin de savoir et de comprendre pour raconter et transmettre. Il m’est arrivée à mon modeste niveau d’être réquisitionnée comme photogrpahe lorsque j’étais étudiante pour assister à une manifestation. Celle-ci a dégénéré en bataille rangée et voitures brûlées. Je n’ai pas cessé de photographier avec l’obsession de garder une trace. Lorsqu’un manifestant s’est effondré à mes pieds, je photographiais encore jusqu’à ce qu’une alerte s’allume dans mon esprit et que je me dise « mais que fais-tu, un homme est blessé et tu photographies au lieu de lui porter secours ? ». C’est ce jour-là que j’ai compris, je crois, jusqu’où pouvait mener l’obsession journalistique de voir pour témoigner et la manière dont cette obsession pouvait lever la peur du danger, mais aussi bien d’autres réflexes humains de base. Si je n’avais pas eu cet appareil en mains, je ne serais pas restée au beau milieu d’une bataille rangée entre étudiants et forces de l’ordre, au milieu des lacrymos et des cocktails molotov, sous le jet des canons à eau, je n’aurais pas été à quelques mètres de voitures en flammes et je n’aurais pas tardé à porter secours à un blessé. C’est une expérience étrange.

    Commentaire par Rémi — 10/11/2008 @ 13:36

  16. @Rémi
    L’adrénaline peut-être. Cela peut être une drogue dure.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 10/11/2008 @ 14:00

  17. @RAMSES. Vous planez au sujet l’Afghanistan (et surement pas au dessus). Yapaka y envoyer la grosse et belle armée pour y gagner la guerre. PATTON avait dit (l’avait-il emprunté à encore plus illustre): on ne fait pas la guerre avec l’armée que l’on aimerait avoir mais avec celle que l’on a. Et les premiers à dire que c’est un foutoir dont il ne sortira rien de bien pour nous (occidentaux au sens large), même si on augmente de « x » milliers les contingents sur place et que l’on coordonne mieux la chaine de commandement sont les chefs des états majors actuels! Quelques américains s’y sont hasardés il y a quelques temps (avant de se faire remettre sur les rails par les penseurs officiels US) et un chef britannique il y a peu (voyez canard enchainé d’il y a environ 15 jours).

    Il est passé récemment sur C+ deux films très bien sur deux guerres sans faire de réclame pour ce type d’affrontement, qui en ont dit autant que bien des documentaires diffusés ou pas: L’ennemi intime avec Dupontel et Magimel, et Résolution 819 (avec Magimel encore).
    Sinon sur les ravages de l’après opération extérieure dans la tête d’un officier britannique (de retour d’un des premiers mandats ONU en ex-Yougoslavie), voir Warriors (ne pas se méprendre sur le titre: c’est le nom d’un petit blindé britannique; pas de Seagall, Norris, Stalone etc).

    Commentaire par GRANTUMU — 10/11/2008 @ 15:48

  18. Merci pour ce vibrant plaidoyer pour les témoins de l’ombre.
    Considéré comme le père des photographes de guerre, je vous renvoie à Robert Capa, au magazine Life et à l’agence Magnum (coopérative internationale de photographes autonomes).
    Robert Capa disait que pour qu’une photo soit bonne, elle doit être prise au plus près de l’Homme et de l’action. Capa s’intéressait à l’éphémère de la vie, aux instants fragiles de l’existence. Il essayait de saisir le moment où l’homme fait face au danger et parfois, à la mort.
    Malgré sa formule célèbre « If your pictures aren’t good enough, you aren’t close enough. », lorsqu’il se rendit compte que les photos des people et de mode se vendaient beaucoup plus cher et sans le moindre risque, que les photos de guerre, il interdira aux reporters de l’agence Magnum de couvrir les guerres…
    A lire : « Robert Capa, L’homme qui jouait avec la vie », de A. Kershaw, Lattès, 2003

    Commentaire par Aphrodite — 10/11/2008 @ 16:00

  19. Aliocha,

    Yves Courrière a réalisé un travail d’historien sur la guerre d’Algérie. Son ouvrage en 4 tomes « La guerre d’Algérie » est paru entre 1968 et 1971.

    Ceci n’enlève rien à ses grandes qualités journalistiques, mais on ne peut le qualifier de « reporter de guerre ». Le seul évènement dramatique auquel il a assisté est la fusillade de la rue d’Isly, le 26 mars 1962, après la signature des accords d’Evian. Encore en fournit-il une version tendancieuse, voulant accréditer la thèse de premiers tirs d’éléments de l’OAS postés sur des balcons, alors que de nombreux témoignages font état de gendarmes mobiles, envoyés en renfort de Métropole pour mater l’OAS :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fusillade_de_la_rue_d'Isly

    Son attachement au Général de Gaulle, dont il a suivi les voyages en Afrique dès 1958, explique sans doute son travestissement de cette tragique fusillade.

    Figurez-vous que mon Unité, repliée à Alger, après avoir mené des combats quotidiens en Grande Kabylie contre la guérilla FLN, a été désignée ce soir-là pour relever les cadavres, après le couvre-feu. Je sais donc de quoi je parle.

    La plupart des reportages de guerre sont « bidonnés ». Souvenez-vous de ces scènes soi-disant tournées en Bosnie, dont on apprit plus tard qu’elles avaient été réalisées en studio à Hollywood…

    Ceci n’exclut pas que certains journalistes-reporters prennent de grands risques pour couvrir l’actualité, notamment en Irak. Mais ils restent souvent anonymes, pour leur propre sécurité.

    Tout le contraire de Claire Billet, qui s’est livrée à une opération « marketing » au profit des talibans.

    Commentaire par ramses — 10/11/2008 @ 16:11

  20. Aliocha, merci pour votre réponse sur l’adrénaline et la compulsion que peut subir le journaliste. Pour avoir vécu des choses totalement différentes, mais où les réflexes « normaux » étaient aussi effacés par une sorte de passion, ou de nécessité contre laquelle on ne peut pas lutter, j’imagine ce que les journalistes peuvent ressentir.

    Pour en revenir à mon interrogation (oui, je sais, je ne lache pas le morceau 😉 ), faut-il en conclure que la grande place accordée à des détails relativement insignifiants des conflits et guerre est le produit du voyeurisme des lecteurs et de l’obsession des journalistes ? Tourné comme cela, ça n’est pas joli-joli, mais ça montre bien que le journalisme réel (et non pas les grands principes) n’est que le reflet de nos sociétés…

    Commentaire par Rémi — 10/11/2008 @ 16:18

  21. Ouaip, mais tous les journalistes ne comprennent pas l’adrénaline. Moi, par exemple, je suis un « journaliste du siège » et c’est pas trop ma came.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 10/11/2008 @ 16:23

  22. Un lien pour comprendre ce qui s’est réellement passé rue d’Isly à Alger le 26 mars 1962 :

    http://pagesperso-orange.fr/isly/main.htm

    Commentaire par ramses — 10/11/2008 @ 16:30

  23. @ Grantumu

    Vous écoutez trop le « french Doctor », le Général David Petraeus, promu récemment Centcom (Commandant en chef des Forces Américaines au Moyen-Orient), n’est pas de cet avis :

    http://www.lefigaro.fr/international/2008/09/09/01003-20080909ARTFIG00006-le-general-petraeus-stratege-en-chef-au-moyen-orient-.php

    Commentaire par ramses — 10/11/2008 @ 17:07

  24. Aliocha : « Mais tâchez alors de distinguer clairement ce qui vous dérange. Il me semble que ce sont les talibans, pas la journaliste. »

    Oui, les talibans me dérangent, ou plutôt m’inquiètent, pas vous ?

    Et que la journaliste fasse leur promotion me révolte, pas vous ?

    Commentaire par ramses — 10/11/2008 @ 17:15

  25. On dirait que c’est difficile de se comprendre 🙂 ou en tout cas, de bien comprendre ce qui fait l’essence même du métier de journaliste. (Aliocha, cet échange me rappelle certains « dessous de billets » de chez Eolas … mais c’est plus un compliment qu’autre chose !)
    Pour les journalistes (les sincères, la plus grande partie j’imagine) leur volonté est d’être au plus près, pour rapporter l’événement le plus fidèlement, sans trahir ni travestir. J’ai cru comprendre que l’inquiétude de se faire manipuler est présente aussi.
    Pour les lecteurs (les sincères, la plus grande partie j’imagine) leur souhait est d’être informés, le plus précisément, avec « objectivité » dirait-on.
    Mais le journaliste est un sujet, par nature. Donc l’objectivité est-elle possible ? Elle ne peut-être que reconstituée.
    Et craignant de se faire manipuler par la communication officielle de la coalition, Claire Billet s’est finalement faite manipuler par les talibans. La démarche qui était sans doute saine au départ a été pervertie.
    La solution ne serait-elle pas alors dans une plus grande distance ?

    Commentaire par Caroline — 10/11/2008 @ 18:18

  26. @ Ramses

    Merci pour votre éclairage et votre témoignage. Je ne veux pas défendre Courrière à outrance, mais je me souviens l’avoir lu parlant de son travail en Algérie, et notamment de la fusillade de la rue d’Isly. Il était (devenu?) conscient du fait que son travail, à l’époque, était totalement dépendant du verrouillage de l’information mis en place par De Gaulle, et me semblait lucide sur les difficultés que cela avait créé pour son travail: évidemment, l’ALN était moins soucieuse de communication que les talibans d’aujourd’hui…
    Cela permet d’ailleurs d’envisager les difficultés propres du travail des journalistes en temps de guerre (j’évite à dessein l’expression « reporters de guerre »…). Dès 14-18, en fait, les Etats ont compris l’intérêt pour eux de contrôler de très près l’information: parfois pour des raisons tactiques (cela se comprend), parfois pour des raisons de propagande pure et simple. Durant la Première guerre, cela a donné la presse la plus servile qui ait jamais été. Les choses ont évolué par la suite, mais il est clair que le travail de la presse durant les conflits est très particulier: pas question pour un reporter, même le plus audacieux, d’être « infiltré » là où bon lui semble. Il dépend des circuits militaires, il va là où on le laisse aller, il voit ce qu’on veut bien lui laisser voir, sinon lui montrer.
    Je suppose que la présence « sur le terrain », sur un théâtre d’opérations, fournira toujours la matière à des articles passionnants, d’une densité humaine peut-être insurpassable; mais évidemment cela ne dispense pas les rédactions du nécessaire travail de recoupement, de mise en perspective, de réflexion globale sur le sens du conflit ou les éventuelles instrumentalisations de la presse que pourrait tenter un Etat belligérant.
    J’ai trouvé cet aspect bien évoqué, d’ailleurs, sans manichéisme ni bonne conscience facile, dans le film de Robert Redford, Lions et Agneaux, où l’on voit un jeune loup du parti républicain (Tom Cruise) tentant de manipuler une journaliste chevronnée (Meryl Streep) à propos de l’Afghanistan.

    Commentaire par Philarete — 10/11/2008 @ 18:56

  27. je n’aurais pas été à quelques mètres de voitures en flammes et je n’aurais pas tardé à porter secours à un blessé.

    Aliocha, si vous n’aviez pas eu un appareil photo dans les mains, vous eussiez quitté depuis longtemps ce champ de bataille, je crois (j’espère!)… Je comprends que ce soit une « expérience étrange », mais pour avoir vécu de telles fins de manif (les mêmes, peut-être), je sais qu’il faut une motivation bien spéciale pour rester sur place quand ça dégénère. La violence, la furie, les gaz lacrymo et les cavalcades, c’est vraiment très flippant pour quelqu’un de normal…

    Rémi s’interroge sur l’aspect « sensationnel » que certains journaux peuvent vouloir donner au reportage de guerre. C’est vrai qu’il y a toujours cette tentation du voyeurisme ignoble: personnellement, je n’arrive toujours pas à supporter les images violentes montrées (parfois) à la tv, et j’éteins dès qu’apparaît le premier cadavre filmé de trop près ou le corps démembré qu’on laisse voir.

    D’un autre côté, je m’interroge. Quand l’opinion publique peut-elle savoir à quoi ressemble la vraie guerre? Des décennies de reportages soigneusement filtrés finissent par nous faire croire que la guerre peut être propre, que tous les soldats meurent avec panache en prenant une balle dans le front. On croit qu’une blessure par balle fait un joli trou bien propre, « un trou rouge au côté droit », comme dans le poème de Rimbaud. Alors est-il inutile d’apprendre enfin qu’une balle de mitrailleuse ou de fusil de précision déchiquette, éventre, arrache un membre, fait un trou de 10 ou 15 cm? que la guerre n’est pas belle à voir, que la trouille laisse derrière elle une puanteur fécale, que les exactions les plus ignobles sont souvent la récompense des troupes victorieuses, et que la victoire est, comme le disait je ne sais plus qui (mais qui s’y connaissait), ce qu’il y a de plus triste à la guerre après la défaite?

    Entre voyeurisme sordide et devoir d’informer, la frontière est décidément difficile à tracer, et je suppose que cela engendre bien des tourments chez ceux dont c’est le métier.

    Commentaire par Philarete — 10/11/2008 @ 19:23

  28. Sans être casuiste, je ne pense vraiment pas que la discussion puisse aboutir concernant la bonne distance ou l’aspect du « sensationalisme » .

    Il semble que le rôle des journalistes américains pendant la guerre du Viet Nam n’est pas été sans conséquences sur l’opinion publique U.S. et donc sur la conduite de la guerre.

    Il me semble aussi que la 1ere guerre contre l’Irak a montré l’intérêt commercial d’une TV type CNN (seule chaine d’info continu à l’époque, et depuis modèle sur-copié) dont l’aspect sensationaliste de certaines images est indéniable

    il y a aussi le contre exemple des opérations de pacification/contre-insurrection au Cameroun en 1956/1958, qui restent aujourd’hui encore largement ignoré du public (sauf au Cameroun).

    Il est à noter que ces opérations, contrairement à celles d’Algérie n’ont pas nécessité le recours aux appelés du contingent et n’ont donc pas connu le même echo médiatique (je ne suis même pas sur que la presse de l’époque a pu fournir des informations fiables si tant est qu’elle en ai fourni)

    sinon l’expérience racontée par Aliocha me fait souvenir d’une photo (prix Pulitzer) et dont le photographe fut critiqué car la photo montre un vautour à coté d’une fillette mourante
    (je ne mets pas de lien vers ce genre de photo, débrouillez vous si cela vous chante à quelques degrés que ce soit)

    @Philarète (puisque vous semblez vous intéresser aux névroses de guerre)

    « la guerre n’est pas belle à voir, que la trouille laisse derrière elle une puanteur fécale, que les exactions les plus ignobles sont souvent la récompense des troupes victorieuses, »
    Il est aussi avéré que l’excitation guerrière ou la peur (conséquence du shell shock) peuvent provoquer tant chez les hommes que chez les femmes une certaine excitation sexuelle, avec ou sans passage à l’acte ( je vous renvoie à certains témoignages univoques rapportés par Patrick Buisson in « 1940-1945 : années érotiques : Vichy ou les infortunes de la vertu »)

    Cela dit la guerre n’est pas belle à voir, OUI je confirme pour avoir vu ses conséquences à Beyrouth et au sud Liban en 1993.
    PS: le meilleur bouquin (selon moi) sur et contre la guerre : Catch 22 Joseph Heller

    Commentaire par entonnoir — 11/11/2008 @ 02:15

  29. Voilà une référence que je vais noter.

    Je commence la lecture d’un ouvrage sur un thème voisin « Irak, les Armées du Chaos » de Michel Goya.

    Commentaire par tschok — 11/11/2008 @ 15:30

  30. […] Mari, “Sans blessures apparentes”. Celui-là, je lui avais consacré un billet. C’est un livre violent mais magnifique sur les […]

    Ping par Plaisir de lire (4) Le journalisme « La Plume d’Aliocha — 28/08/2009 @ 10:43

  31. […] des portraits de quelques grands reporters, dont Jean-Paul Mari, l’auteur du très beau livre « Sans blessures apparentes », des vidéos, des reportages photos etc. Surtout, vous verrez que le journalisme n’est rien […]

    Ping par Regards de grands reporters « La Plume d'Aliocha — 05/02/2011 @ 13:06

  32. […] à ses blessures. Il avait 38 ans. Je laisse le grand reporter Jean-Paul Mari, auteur notamment d’un très beau livre sur les traumatismes de la guerre,  raconter en quelques phrases combien il est dur de vivre de ce métier et comment on peut en […]

    Ping par Il s’appelait Olivier Voisin | La Plume d'Aliocha — 25/02/2013 @ 19:44

  33. […] les migrants. J’ai déjà parlé ici de lui, c’était à l’occasion de la sortie d’un livre poignant intitulé « Sans blessures apparentes » dans lequel l’auteur, frappé par un symptôme post-traumatique pour avoir vu l’horreur […]

    Ping par Les bateaux ivres | La Plume d'Aliocha — 13/12/2015 @ 13:08


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