La Plume d'Aliocha

07/11/2008

Quand les politiques draguent les blogueurs

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 16:30

Dans son numéro de cette semaine, Vendredi, l’hebdomadaire dédié à l’actualité traitée sur le web (1), évoque à la rubrique « Ping-Pong » en page 6 un nouvel épisode du match « Blogueurs contre journalistes ». L’auteur de l’article, qui se dénomme joliment « Le blogueur masqué » raconte qu’en France une délégation de blogueurs de gauche a été reçue par le député socialiste Julien Dray tandis qu’au Canada le Parti conservateur accrédite les blogueurs en vue de son prochain congrès en leur donnant les mêmes avantages qu’à des journalistes. Il faudra au passage que l’on m’explique quels sont ces avantages. S’il s’agit d’avoir accès gratuitement à l’événement que l’on doit couvrir, cela me parait la base. S’il s’agit également d’avoir des places devant pour bien entendre et ne pas écrire d’âneries, je trouve que le terme « avantage » est un peu abusif. Au fond, peu importe. Nous avons compris l’essentiel : le blogueur est reconnu, ou en passe d’être reconnu, comme un journaliste à part entière. Et c’est là que l’affaire se corse pour la journaliste blogueuse que je suis. Comment expliquer à mes amis blogueurs non-journalistes qu’ils sont en danger sans être immédiatement taxée de corporatisme ? Tant pis, je me lance et comprenne qui voudra.

Gare à la manipulation

Je ne saurais trop mettre en garde les blogueurs contre la jolie danse du ventre qu’on est en train de leur faire. Nous savons que le SIG, c’est-à-dire le service d’information du gouvernement, a lancé un appel d’offre récemment pour trouver un prestataire en mesure de lui rendre compte chaque semaine de ce qui est écrit sur les sites Internet des journaux et les blogs des journalistes. Certains, dont Narvic s’en sont émus. Avec raison, mais non sans une pointe de naïveté, il faut bien le dire. Car il faut être un brin naïf pour croire que le pouvoir découvre seulement aujourd’hui Internet et commence à peine à se soucier des opinions qui s’y développent, alors que nous savons bien que les politiques sont esclaves depuis longtemps de leur tyrannique maîtresse, l’opinion publique. Et qu’ils n’ont de cesse d’analyser ses désirs profonds pour y répondre au mieux. Cet appel d’offre est donc à mon sens l’arbre officiel qui cache la forêt obscure de la surveillance du web. J’en veux pour preuve que le jour où Eolas a publié les contributions des magistrats en colère, il a dénombré 255 connexions de la Chancellerie sur son blog…Et cette surveillance, croyez-moi, n’est certainement pas le fait exclusif de l’actuelle majorité.

Et ça marche….

Bref, le blogueur masqué nous raconte que les blogueurs de gauche, au début réticents, ont finalement été conquis à l’idée que Julien Dray s’avoue prêt à jouer la carte des blogueurs contre le monde médiatique. Pensez donc ! Quand on est journaliste et qu’on entend cela, les bras vous en tombent. C’est tellement énorme qu’on a envie d’éclater d’un rire magistral et salvateur. Voici donc qu’un politique, lassé de se fatiguer à convaincre les médias, sans doute trop critiques à son goût, a décidé de séduire les blogueurs. Et ceux-ci d’ouvrir des yeux émerveillés devant cette reconnaissance aussi inattendue que flatteuse. Ah vanité humaine…Cela étant, il faut bien avouer que c’est particulièrement bien joué. L’idée sous-jacente est magnifique : les médias étant soi-disant fascinés par Sarkozy (ça va faire rigoler chez Marianne, au Canard, à l’Obs et à Libé), il ne reste plus qu’un lieu de résistance : le web. Et les blogueurs sont appelés à devenir les nouveaux chiens de garde de la démocratie. Je félicite au passage le conseiller en communication génial qui a préparé ce « coup bloguesque » au terme d’une étude savante et certainement fort rémunératrice de la blogosphère. Pour un politique, c’est du velours. Internet a déjà la réputation d’être un lieu de vérité contre l’intoxication des médias dits « officiels ». Les blogueurs ont déjà le fantasme d’opposer aux journalistes de métier, manipulés pensent-ils par le pouvoir, une contre-information révélant l’exacte nature des choses. Prenez les deux, secouez le tout et vous avez un public acquis à vos théories, éperdu de reconnaissance à l’idée de devenir l’interlocuteur privilégié des politiques, dénué de la méfiance journalistique de base à l’égard du politique et marqué du sceau de la vérité bloguesque contre les mensonges véhiculés par les médias traditionnels. C’est du pain béni. Le numéro plein à la roulette, la quinte flush au poker, le deux cent de valets à la belote !

Le journalisme est un vrai métier

Entre nous, on pense ce qu’on veut des journalistes, mais je vous assure que dans leur majorité ils cultivent une saine méfiance à l’égard du pouvoir. Bien sûr, il y a des amitiés qui ne devraient pas exister, des manipulations et des compromissions, mais regardez les Unes des journaux, vous verrez que le pouvoir est chahuté. Et si vous n’en êtes pas convaincus, imaginez un instant ce ton journalistique transposé en Chine par exemple, vous verrez qu’il est assez insolent pour mener en prison. Nous pourrions être encore plus critiques, plus intelligents, plus techniques, plus indépendants, mais par rapport à des gens non aguerris à la presse, je gage que vous allez vite faire la différence. Lorsqu’un jeune journaliste rencontre pour la première fois un ministre, il est impressionné, c’est vrai. Au bout du cinquième, ça ne lui fait plus ni chaud ni froid, c’est du quotidien. Il a compris que le politique était un séducteur par nature et qu’il convenait de s’en méfier. Au besoin, le rédacteur en chef est là pour tempérer un enthousiasme excessif et les concurrents ne loupent pas le titre un peu trop servile. Je crains que les blogueurs ne mettent plus de temps à saisir cette vérité, si jamais ils l’appréhendent un jour.

Allons, qu’ils aillent à la rencontre des politiques, qu’ils le racontent ensuite sur leurs blogs si ça leur chante. J’espère seulement qu’ils se rendent compte que le ver de la communication officielle est en train de s’attaquer au fruit jusqu’ici réputé intact de la blogosphère. Après tout, il faut peut-être qu’ils en passent par cette expérience pour comprendre que le journalisme, c’est un vrai métier.

 

(1) Mise à jour du 9 novembre : A la suite du commentaire 21 rédigé par le directeur de la rédaction de Vendredi, Jacques Rosselin, j’ai modifié la phrase initiale qui qualifiait Vendredi de « journal dédié au Web », pour écrire plus exactement que Vendredi est dédié « à l’actualité traitée par le web ».

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34 commentaires »

  1. Je ne suis pas sur de pouvoir vous suivre dans toute votre analyse, non pas que je la trouve fausse mais plutôt incomplète:

    Les media « habituels » connaissent une crise de lectorat et dans le même temps d’autre media surgisse. Il me semble alors cohérent de la part des « pros de la com' » de s’adresser aux « nouveaux » media , avec les mêmes objectifs et les mêmes techniques.

    Cela étant dit, les blogueurs, leur lectorat, tout comme n’importe quel récepteur d’information ,doit savoir user de sens critique (et pas qu’un peu, le doute est de rigueur), préférer les faits aux déclarations d’intentions, varier et croiser ses sources, poser des questions (même les plus simplistes),etc.

    (…et puis recracher le tout de manière compréhensible, en x signes et pour hier!)

    Commentaire par antisthène — 07/11/2008 @ 17:54

  2. ce qui va poser problème, plus que la naïveté, c’est la rentabilité ;

    du coté de l’émetteur: pour toucher un large public, il vaut mieux un court passage au 20h que des heures de connexion pour communiquer avec x centaines de lecteurs de blogs;

    du coté du transmetteur: journaliste, c’est un métier, comme vous l’écrivez si bien, et normalement ,c’est fait pour gagner sa vie;

    et le lecteur: entre l’amateurisme, le bénévolat et la pub, il va s’y retrouver comment ?

    Commentaire par didier — 07/11/2008 @ 18:18

  3. imaginez un instant ce ton journalistique transposé en Chine par exemple, vous verrez qu’il est assez insolent pour mener en prison.

    C’est triste d’avoir besoin de la Chine …

    Maintenant comment vous réconforter ?
    Un ton plus critique auprès du pouvoir et un journalisme d’investigation plus prononcé n’entraine pas nécessairement et automatiquement un résultat dans l’opinion publique. D’ailleurs les journalistes font partie de la population avec sa culture et sa mentalité. il y a aussi besoin d’un électeur instruit, curieux de la chose politique et suffisamment bon critique pour faire un bilan éclairé.
    Le seul « avantage » au Canada, c’est que les leaders politiques ne s’accrochent pas aussi fort comme en Europe à leur fauteuil quand l’opinion leur montre la porte de sortie.

    > Gare à la manipulation

    Oui bien sur 🙂 mais un blog c’est aussi un ensemble avec un auteur principal et des commentateurs. Les erreurs sont potentiellement plus vite corrigé exceptés si les gens baignent tous dans une désinformation, illusion nationale entretenu par les média de masse populaire. C’est la qu’interviennent les français expatriés.

    Mais réveillez-vous, bordel !

    😀

    Commentaire par paul2canada — 07/11/2008 @ 18:34

  4. Hmmm… Que les politiques draguent les blogueurs ne m’étonne malheureusement pas, ces petits êtres ayant tant besoin de reconnaissance et d’attention… Il est certain qu’ils trouveront un terrain plus favorable chez les blogueurs que chez les journalistes que l’on peut supposer plus imperméables aux manoeuvres séductrices et suffisamment entourés pour que soient préservés leur sens critique et leur distance journalistique. Cependant, je crois qu’une majorité d’internautes a conscience que l’Internet est le support d’autant de vérités que d’erreurs et de mensonges, ne serait-ce qu’en raison de l’absence de vérification et de contrôle de l’information qui y est diffusé, contrairement à ce que peuvent (et savent) faire un journaliste et la rédaction de son journal (quand ils le veulent).

    C’est une des vertus de l’Internet que d’inciter le lecteur à développer son sens critique. C’en est une autre que d’offrir une multiplicité de sources d’information que l’internaute peut croiser pour valider ou rejeter ce qu’il a lu. Enfin, les « dérapages », volontaires ou non, sont d’une part rapidement et durement sanctionnés par les lecteurs, d’autre part ils se diffusent sur la Toile à une si grande vitesse qu’ils sont difficilement rattrapables. Je crois que les blogueurs les plus soucieux de préserver leur audience, leur influence, leur notoriété et la qualité de leur discours sont conscients de ces risques et s’astreignent en conséquence à avoir une forme de déontologie. Du moins ceux qui sont intègres, qu’ils soient partisans ou non.

    D’ailleurs, y a-t-il des blogueurs qui draguent les politiques?

    PS : j’ai relevé « maîtrisse » au lieu de « maîtresse », « flusch » au lieu de « flush » et « belotte » au lieu de « belote ». Sorry to point this out, dear Aliocha, please don’t flush with anger against me. I know you can! 😉

    Aliocha : Oups, merci. Ah ! ces journalistes, nuls en hortaugrafe vous dis-je !

    Commentaire par Ferdydurke — 07/11/2008 @ 18:51

  5. Oups… diffuséE… J’ai intérêt à faire gaffe maintenant que j’ai relevé des coquilles dans le billet de notre hôtesse… Le commentateur doit avoir la même rigueur rédactionnelle que l’auteur : lui aussi s’expose sur la place publique! CQFD?

    Aliocha : Mais non, tant que les choses sont dites gentiment je n’ai aucune raison de m’en offusquer au contraire et je ne laisserai personne vous chercher des noises sur vos propres fautes. Je sais que mon espace de commentaire n’est pas très confortable et qu’on ne dispose pas d’aperçu avant publication. Je crains malheureusement de ne rien pourvoir y faire…

    Commentaire par Ferdydurke — 07/11/2008 @ 19:00

  6. C’est clair: la blogosphère se fait draguer de toute part. Par les politiques mais pas seulement ! Justement j’ai lu il y a quelques jours sur un blog une très jolie fable sur la « fin de la blogosphère ». Impossible de retrouver sa trace. Si quelqu’un peut m’aider…merci !

    @aliocha 5

    Oh oui si on pouvait avoir un aperçu de son commentaire avant publication, ce serait super !

    Commentaire par Phedra — 07/11/2008 @ 19:26

  7. @ Phedra en 6 et Aliocha

    Oui! Un aperçu! On veut un aperçu! Quelqu’un sait-il comment organiser une web-manif? O_o

    Commentaire par Ferdydurke — 07/11/2008 @ 20:07

  8. Bonjour Aliocha,

    La blogosphère est constituée de milliers de petites sphères très différentes les unes des autres. Que certaines (influentes?) soient approchées par des politiques est parfaitement normal. Que le simple particulier se sente ainsi investi d’une mission journalistique aussi.

    Si les lecteurs suivent, grand bien leur fasse. Après tout, ce sont des électeurs.

    Mais que l’avis et l’attitude de quelques unes de ces petites sphères soient assimilés à ceux de l’ensemble des sphères me semble dépasser votre pensée.

    La blogosphère n’a pas de représentant.

    Je suis et reste une petite sphère indépendante !
    Et vous aussi j’en suis sur.

    Aliocha : J’ai adopté il est vrai un ton un peu vif. Mais c’est qu’en écrivant, je songeais à la rébellion anti-journaliste que j’observe depuis un an sur les blogs ou plutôt, certains blogs. Si on rapproche ce phénomène de la nouvelle que je commente, on est tenté de rire…un peu jaune, car les journalistes sont bien placés pour mesurer les dangers et les ravages de la communication officielle. Que celle-ci s’invite sur la blogosphère m’inquiète sincèrement, et en tant que journaliste, et en tant que blogueuse. Le première sait que la liberté de ton de la deuxième est comptée. J’entends liberté au sens d’émancipation de la pression de la communication. Celle-ci est corrosive comme l’eau sur le métal, elles modifie insidieusement la perception que nous avons des choses. Les journalistes ont déjà du mal à y résister, j’ai peur que les blogueurs n’en mesurent pas le danger. Aucune des petites sphères ne me semble à l’abri.

    Commentaire par Zythom — 07/11/2008 @ 20:24

  9. @ Phedra

    Est-ce cela que vous cherchiez? http://www.dailymotion.com/video/x13471_la-fin-des-blogs

    Commentaire par Ferdydurke — 07/11/2008 @ 23:18

  10. @ Ferdydurke

    Amusant !
    Non ce n’était pas une vidéo mais un récit avec des Indiens.
    Merci pour votre aide 🙂
    Je continue la recherche de mon côté…

    Commentaire par Phedra — 07/11/2008 @ 23:55

  11. Quand on est journaliste, c’est vrai que c’est agaçant, cette ambiance anti-presse. Dans les sondages, pire que la justice, au niveau crédibilité, il y a la presse… acoquinée avec le pouvoir, aux ordres du grand capital etc. Et donc, seule la blogosphère est libre. Soit. C’est un débat stérile dès le départ. Il n’y a pas UNE presse, en France. Quels rapports entre Arlette Chabot et, par exemple, Marianne ? Entre les honnêtes soutiers de la presse de provinces qui, au quotidien, se battent localement pour éviter les dérives des barons en leurs fiefs (ça existe…) et les peremptoires éditorialistes qui ne sortent plus de leur bureau depuis des siècles ? Globalement, la presse ne va pas bien, mais à Paris comme dans le reste du pays, sur les ondes comme sur le papier – un peu moins à la télé – des hommes et des femmes « font le job ». La différence notoire c’est qu’un bloggueur va rarement se colleter à la réalité. Le journaliste – enfin, celui qui fait bien son boulot – va dans les usines ; rencontre les rmistes ; va interviewer, chercher, fouiner. Le bloggueur est souvent un archiviste qui synthétise des sources diverses, pour arriver à illustrer une thème présupposée. Or, la grandeur du métier de journaliste est de n’avoir pas d’idées préconçues à la base, ou du moins de pouvoir en changer à l’épreuve des faits et à la confrontation avec la réalité.
    Ceci dit, les bloggueurs jouent plus le rôle des pamphlétaires d’autrefois, avec leur talent et leurs mauvaises fois. Ils sont totalement indispensables, mais mieux vaut en connaître les limites…

    Commentaire par walter — 08/11/2008 @ 09:18

  12. @walter : autant je suis d’accord avec vous sur la première partie de votre propos sur la diversité de la presse autant je suis en désaccord avec votre avis sur ce que sont les blogeurs : Authueil, Bilger, Eolas, Aliocha, Jules des archivistes synthétiseurs de sources sans aucun contact avec la réalité ? Mais c’est tout le contraire puisque ce sont des professionnels bien au contact d’une certaine réalité, la leur, qui nous font partager leur point de vue et apporte des points de vue différents.

    La blogosphère n’est pas à opposer à la presse, elle lui est complémentaire.

    Commentaire par Mussipont — 08/11/2008 @ 10:41

  13. Tous font face à une « réalité ». Seulement les journalistes, pigistes ou salariés, ont toujours des deadlines. Ils ont un temps donné pour traiter d’un sujet donné, ensuite ils doivent respecter des règles : nombre de signes, etc. Le blogueur ( journaliste ou non) est totalement libre. S’il n’a pas envie d’écrire, il n’écrit pas. Et personne n’ira lui dire ( sauf ses lecteurs) « mon ptit gars, ça va pas, y a encore du boulot ! ». Il est son propre rédac chef ! Bref, le journaliste est « encadré », pas le blogueur. Ou du moins pas encore…

    Commentaire par Phedra — 08/11/2008 @ 12:16

  14. Comme dit Mussipont: journalistes et blogueurs sont complémentaires, donc pas question que l’un remplace l’autre.
    Je ferais un pas de plus, en passant par une constatation qui n’est pas une attaque, Aliocha:
    une exclamation vient souvent à celui qui lit un article sur un sujet qu’il connait bien « mais où est-ce qu’il s’est renseigné?? », variante: « il pourrait un peu se renseigner, avant d’écrire? ».
    Et oui: les journalistes, me semble-t-il, font un travail : source/analyse/synthèse/rédaction. On peut trouver qu’à telle ou telle occasion ce travail n’est pas bien fait, mais au moins on attend ce travail, et on le critique.
    Les blogueurs « de qualité », cités par Mussipont, sont très différents je crois:leur source, c’est leur propre expertise! Certes, ils se » renseignent », souvent à partir justement de la presse, mais aussi parfois de leur propre expérience. Puis ils passent au crible de leur expertise, assez impressionnante puisque très pointue. Et ils rédigent, eux aussi, certains avec talent.
    Au total, ça peut ressembler à du journalisme « libéré », mais ça n’en est pas, la recherche n’est pas la même. Les blogueurs sont leur propre objet, même si ils dialoguent aussi volontiers qu’Aliocha, je pense que « Aliocha-journaliste » est plus tournée vers les sources, pour les travailler ensuite à la lumière de ses compétences. Ce qui peut faire des blogs un nouveau type de source, pourquoi pas. Mais d’ici à les croire plus proches de la « réalité », non, je ne crois pas: ce serait un peu comme dire que les documents historiques et les vestiges seraient plus « vrais » que l’élaboration d’un historien, par exemple. Bien-sûr que l’historien peut se tromper, ou faire un travail théorique pas terrible, ou contestable . Mais qu’on pourrait se passer de ce travail pour revenir à une « authenticité », c’est un leurre, qui présente le gros inconvénient de laisser le champ à la manipulation et à l’erreur, le lecteur lui-même ayant l’esprit critique peut-être émoussé par cette impression d’authenticité… et par la virtuosité aussi.

    Commentaire par Doc — 08/11/2008 @ 14:26

  15. Entièrement d’accord avec Mussipont sur la complémentarité journalistes/blogueurs. Par contre, je ne partage pas le point de vue de la vidéo proposée par Ferdydurke sur « la fin des blogs ». Je note d’ailleurs que les blogueurs « anonymes » ont une meilleure résilience que ceux qui affichent leur image (exception faite de Philippe Bilger, sans doute).

    L’intérêt d’un blog est de pouvoir mieux se projeter dans l’analyse d’un évènement que ne le ferait un journaliste. Celui-ci hésite souvent à se livrer à une prospective, qui lui nuirait en cas de prévision inexacte. Personnellement, c’est ce qui me passionne… Je suis beaucoup plus intéressé par l’avenir que par le présent et je n’ai pas la vocation d’un historien. L’histoire se répète rarement. Pourtant, je ne suis pas fervent de science-fiction.

    Par exemple, ce qui m’intéresse chez Obama, ce ne sont pas les raisons profondes de son élection, qu’il soit métis ou noir, peu m’importe. J’essaie d’imaginer ce qu’il fera de sa Présidence, les enjeux économiques mondiaux qu’elle sous-tend. C’est dans ce domaine que le blogueur rejoint le politique (« Gouverner, c’est prévoir »). Quand à l’appel d’offres du SIG, il me fait doucement rigoler ! J’attends impatiemment le jour où je serai « approché » par un politique 😉

    Un nouveau job se dessine peut-être… Conseiller du Conseiller (spécial) 🙂

    Commentaire par ramses — 08/11/2008 @ 15:16

  16. @ ramses

    Euuuh… Avec tout le respect que je dois à vos bandelettes (et malgré ma crainte d’une malédiction bien sentie), cher pharaon, je ne suis pas convaincu que l’objet de la vidéo proposée soit de donner un point de vue… 😉

    Ceci étant dit, même s’il est vrai que le blogueur a l’avantage que vous décrivez du fait de sa position, elle l’expose aussi à des réactions vives et rapides de la part de ses lecteurs et concurrents en cas de faux-pas ou de dérapage. Cela peut inciter à la vigilance.

    Commentaire par Ferdydurke — 08/11/2008 @ 15:50

  17. @doc

    Tout historien s’appuit sur des documents ( archives, interviews, films, etc.) Or les blogs sont bien des documents. A partir de là rien n’empêche d’imaginer qu’en 2080 des historiens se mettent à travailler sur le début du XXI eme siècle en incluant dans leurs sources de travail les billets des blogs d’aujourd’hui, non ?
    Une question en + : qu’entendez par « blog de qualité » ?

    Commentaire par Phedra — 08/11/2008 @ 16:30

  18. enfin un point ou tout le monde semble d’accord : la complémentarité des media!
    J’ajoute que dans l’évolution historique des media chacun peut constater que rarement (sinon jamais) un nouveau media n’a remplacé (ou tué) un « ancien ».

    Journaux (papiers) et blogs ont chacun des avantages relatifs mais il me semble vain de déduire des différents type de media (et de leur avantages relatifs) des différences systèmatiques dans la qualité du contenu.

    en faveur des media d’informations traditionnels, je retiens que ce sont des medias de masse : à ce jour, seul ces derniers peuvent délivrer, chaque jour, une quantité variée et importante d’informations dans un bref délai.

    Je ne sais si il existe beaucoup d’agrégateurs de blogs, mais j’imagine qu’ils doivent vite trouver leurs limites économiques si ils ont la volonté d’atteindre la même quantité d’information qui est délivrée par les media de masse(sauf à abandonner la gratuité et suivre, par exemple, le modèle ohmynews). http://english.ohmynews.com/

    Commentaire par antisthène — 08/11/2008 @ 16:38

  19. @ Phedra : Ce que j’entend par « blog de qualité »?
    Difficile à définir…
    Un blog susceptible d’intéresser quelqu’un qui n’est pas simplement un proche du blogueur, notamment parce que des idées y sont développées et articulées . Et que l’on ne s’y adonne pas à la pente classique depuis des millénaires , disponible aussi sur les nouveau médias: haine de ce qui est différent, paresse, ignorance.
    Ca vous va?

    Commentaire par Doc — 08/11/2008 @ 17:46

  20. @ Doc

    pas mal 🙂
    Ne faut-il pas ajouter :

    un blog où les billets sont écrits par des auteurs qui ont une légitimité sur les sujets qu’ils abordent.

    Si oui, la question qui suit est :
    comment savoir si les auteurs du blog ont une légitimité sur les sujets qu’ils abordent ?

    Commentaire par Phedra — 08/11/2008 @ 18:54

  21. L’article d’Aliocha commence par une info inexacte : le journal Vendredi n’est pas « un journal dédié au web », mais un journal dédié à l’actualité. Mais il est effectivement réalisé à partir d’articles publiés sur le web par des blogueurs ou des sites d’info.

    Vendredi a effectivement été fondé sur l’hypothèse suivante : l’impertinence, la contestation, le débat, la polémique et l’indépendance ont peu à peu déserté les médias classiques et se sont réfugiés sur le net.

    On pourrait dire que l’internet est aujourd’hui une sorte de tiers-Etat de l’info, dont on connaît bien la noblesse et le clergé.

    Jacques Rosselin
    du journal Vendredi

    Commentaire par Rosselin — 08/11/2008 @ 19:29

  22. Au fait, vous pouvez lire dans le même numéro de Vendredi « L’oeil du Mulot » (en page 8) sur le même sujet, mais cette fois sur l’invitation des blogueurs au congrès du PS.

    JR

    Aliocha : Fichtre, voici que le pauvre journaliste de base se fait tancer jusque sur son modeste espace de liberté par un directeur de rédaction, c’est décidé, je m’expatrie en Terre de feu ! Plus sérieusement, mes hommages Monsieur le directeur de la rédaction et pardon pour ce raccourci si atrocement journalistique, je fais amende honorable 😉

    Commentaire par Rosselin — 08/11/2008 @ 19:31

  23. @ Phedra (17)
    On peut raisonnablement penser que des historiens se pencheront sur les blogs. Encore faut-il qu’ils soient archivés quelque part. La BnF pratique déjà ce qu’on appelle improprement le « dépôt légal du web », mais je ne sais pas si elle s’intéresse aux blogs, et si oui auxquels.

    Sinon, il me semble qu’il y a encore une différence fondamentale entre journaliste et blogueur : le premier a comme retour sur son travail les commentaires de son chef, de ses collègues peut-être, tandis que le second a constamment ceux de dizaines de personnes pour la plupart inconnues, avec lesquelles il discute de sa publication. Un blogueur « acheté » par le pouvoir politique aura souvent des commentaires d’internautes d’un autre camp, prêts à relever la moindre erreur, la moindre approximation…

    Commentaire par Louxhor — 08/11/2008 @ 20:07

  24. @ Louxhor
    votre remarque sur l’archivage des blogs est bien pertinente et j’aimerais en savoir plus…

    @ Ferdydurke
    J’ai retrouvé la trace du billet sur la  » mort de la blogosphère ». Le voici :
    http://enikao.wordpress.com/2008/11/02/de-little-big-horn-a-wounded-knee/

    @ aliocha (22)

    ça y est vous aussi vous êtes espionnée !

    Commentaire par Phedra — 08/11/2008 @ 23:54

  25. @ phedra
    un article de 01net sur « l’archivage du web » par la BN et l’INA

    http://www.01net.com/editorial/298265/l-ina-et-la-bnf-prets-a-archiver-le-web-francais/

    sinon il existe au moins un site d’archive internet : http://www.archive.org/index.php

    je ne sais si il en existe d’autres

    Toutefois l’archivage des contenus du web (ou les contenus numériques en général) posent des problèmes liés à la pérennité des lecteurs (tant du point de vue du hardware que du software) ainsi que des supports.
    Si aujourd’hui, il est toujours possible de lire (et aussi de comprendre) les tablettes d’argiles gravées datant de l’époque Sumérienne (- 3300 EC), il n’est pas acquis que dans un futur plus ou moins proche, il existe toujours des lecteurs, des programmes et des machines pour lire les différents supports qui se sont succédés depuis l’apparition des technologies numériques, Il faut aussi que le support ne soit pas trop altéré par l’usage ou par le temps (e.g.: la démagétisation des K7 et des disk(ette)s)
    Les difficultés liées à la conservation ne sont pas nouvelles pour les historiens ou pour les archéologues mais je crois que c’est la première fois qu’il existe une difficulté de conservation/lecture des documents (à long terme) du fait de la nécessité de conserver et le support et les appareils de lecture (e.g. : le format betamax pour la vidéo).
    Bon, tout cela est long et hors sujet, mil excuses.

    Commentaire par antisthène — 09/11/2008 @ 01:05

  26. « L’article d’Aliocha commence par une info inexacte… »

    Et le commentaire de Monsieur Rosselin se poursuit par une info incomplète.

    « Vendredi a … été fondé sur l’hypothèse suivante : l’impertinence, la contestation, le débat, la polémique et l’indépendance ont peu à peu déserté les médias classiques et se sont réfugiés sur le net. »

    L’impertinence, la contestation, le débat, la polémique et l’indépendance se seraient réfugiés sur le net… où ils seraient – apparemment – laissés à la libre disposition de qui serait à la recherche d’un tel contenu.

    What a piece of luck.

    Et je vois des journalistes pigistes applaudir à la création d’un journal dont les portes se ferment aussitôt devant eux, qui exigeraient d’être rémunérés pour y écrire – à moins que je ne me trompe ?

    Mais avec un peu de chance, ce billet d’aliocha, qui gagne sa vie en tentant de vendre des articles, sera gratuitement publié dans le prochain Vendredi.

    Waow.

    J’irai sûrement l’acheter.

    Après, par acquis de conscience, j’irai relire l’article L 122-4 du code de la propriété intellectuelle, et puis le suivant L 122-5 du même code, en me posant vaguement la question de savoir dans quelle catégorie d’exception rentre cette activité.

    Commentaire par Fantômette — 09/11/2008 @ 17:07

  27. @ antisthène

    merci pour ces infos et les liens…
    Et vive l’éphémère!

    @ Fantômette

    Vous ouvrez là tout un débat.
    Il y a qq billets de cela, je m’étais demandé si les blogueurs étaient rémunérés. Réponse de quelqu’un de la rédaction : ils reçoivent un forfait. Je ne suis pas juriste…

    Commentaire par Phedra — 09/11/2008 @ 18:01

  28. J’ai toujours un peu de mal lorsque l’on s’évertue à vouloir opposer blog à journalisme.

    Ce sont deux exercices ô combien différent et les deux devraient coexister car lorsque l’un est une vitrine de l’opinion de son auteur et parfois une fenêtre sur l’opinion publique, l’autre s’astreint à la diffusion de l’information en vertu de règles déontologiques et professionnelles.

    Plusieurs remarques en vrac:
    1. Aliocha, vous n’évitez pas l’écueil de « corporatiser » la blogosphère, en parlant des « blogueurs » en général et en les affublant d’une quelconque cohérence de pensée et d’action. Rappelons ce truisme qui ne vous aura pas échappé: sur Internet comme sur les blogs, il y a à boire et à manger.

    Aliocha : que voulez-vous, pour discuter il faut toujours s’en rapporter à des catégories, fussent-elles contestables. Votre position consistant à en nier l’existence est plus confortable, je ne suis pas certaine qu’elle soit plus juste. Les lecteurs auront compris que je ne songe pas aux babillages sur la vie et les choses des blogueurs qui ne font que publier leur journal intime mais bien de ceux qui revendiquent ou possèdent une influence en commentant l’actualité.

    2. Que des blogueurs soient éperdus de reconnaissance témoigne simplement de cette attraction tout humaine vers le « pouvoir ».

    Aliocha : En effet, et quand j’observe dans la société civile tel président fraichement élu d’une association ou d’une profession, je souris en voyant le décalage entre le discours contestataire qu’il tient à ses troupes et l’attitude servile qu’il adopte lorsqu’un ministre tout sourire lui dit qu’il est heureux de le rencontrer. Par conséquent, je me méfie de cette danse du ventre auprès des blogueurs. L’attraction humaine envers le pouvoir est bien réelle mais elle est très dangereuse dès lors qu’elle influence une manière de penser.

    3. Le reproche communément fait au journalisme n’est pas tant qu’il soit servile face au pouvoir politique, mais plus généralement un manque de professionnalisme des grands médias institutionnels qui font primer le sensationnel au mépris de leur devoir premier: informer.

    Aliocha : Je ne serais pas aussi catégorique que vous sur ce point. Sur le sensationnel, c’est une idée communément admise mais qu eje trouve de moins en moins vrai. Sauf à s’en tenir à la lecture des magazines people ou à songer à la télévision. Le sensationnel des grands titres genre l’Express, le Point, Le Monde et autres ne m’apparait pas. Le manque d’indépendance vis à vis du pouvoir est plus criant, non pas ne général, mais dans certains cas.

    4. Prendre la Chine en référence est la théorie du pire: parce qu’il y a pire ailleurs, cela signifie-t-il pour autant que tout va bien ici?
    J’aurais presque tendance à dire que si on en arrive à se comparer à la Chine, c’est que quelque chose ne tourne pas rond.

    Aliocha : J’ai pris cet exemple non pas pour dire « il y a pire ailleurs » mais pour créer un effet de contraste entre un pays qui bénéficie de la liberté de la presse et un autre où ce n’est pas le cas. Il me semble qu’il faut parfois mettre les choses en perspective pour s’apercevoir de leur existence et de leur valeur.

    5. Je vous rejoins sur cet écueil qu’il convient d’éviter: un blogueur n’est pas un journaliste mais un journaliste peut être blogueur.

    Bien cordialement,

    Commentaire par Nemo — 10/11/2008 @ 12:55

  29. Aliocha,

    Je ne nie pas l’existence d’un groupement de « blogueurs influents » qui parfois confine au corporatisme, mais j’invite simplement à plus de prudence dans le maniement de la notion du terme « blogosphère » et des personnes qui la compose. Les amalgames sont si vite assimilés par « l’opinion publique ».

    Je comprends que votre billet ne concerne au final que les seuls « blogueurs qui se prennent pour des journalistes ou pour des leaders d’opinion ». Mais j’irais plus loin que vous en soulignant que l’absence de réelle cohérence de la blogosphère, d’unité de fonctionnement renforce le risque de voir certains de ses éléments phares se rapprocher du pouvoir…sauront-ils garder leur indépendance d’esprit?

    En tout état de cause, je vous rejoins aussi sur le sensationnalisme moins omniprésent dans la presse écrite (malheureusement pas toute!). En revanche, on ne peut en dire autant des grandes chaînes télévisées dont l’influence, malheureusement prime.

    Commentaire par Nemo — 10/11/2008 @ 13:31

  30. Devenir un blogueur influent/Mode d’emploi :

    http://www.lemonde.fr/technologies/article/2008/11/10/profession-blogueur_1116906_651865.html

    Aliocha : Et voilà, on est pile dans ce que je crains.

    Commentaire par Phedra — 11/11/2008 @ 00:24

  31. Attention danger.

    Un journaliste est protégé et couverts par son entreprise contre les attaques judiciaires diverses et variées.
    Un bloggeur non: des qu’il devient suffisamment lu pour inquiéter, on peu aisément le faire taire a coup de procès(pensons a http://www.monputeaux.com/)

    Que les procès soient gagnés ou perdus, justifiés ou pas ne change rien: le cout des avocats aura tôt fait de calmer impertinent.

    Aucun bloggeur ne pourra jamais se payer le luxe d’être aussi impertinent que le Canard et ses réserves financières impressionnante qui le met a l’abri de ce genre de pressions.

    De plus je ne pense pas que le bloggeur « accrédité » qui cesserai de soutenir « l’accréditeur » garderai longtemps son accréditation.

    C’est donc grosso-modo d’une invitation a servir la soupe dont il s’agit.

    Aliocha : je ne vous le fais pas dire…

    Commentaire par Humaniste — 11/11/2008 @ 10:39

  32. @ Nemo, com 28, votre point 3,

    Il me semble bien, mais je vous parle de mémoire, que ce qui est majoritairement reproché par le public aux journalistes est précisément leur servilité réelle ou supposée aux pouvoirs politiques ou économiques.

    Je me réfère à une enquête d’opinion qui avait été réalisée voilà quelques années maintenant dans plusieurs pays occidentaux et dont je n’ai malheureusement pas conservé la référence.

    Son intérêt, dans mon souvenir, était de montrer que la méfiance du public à l’égard des médias était non seulement généralisée dans l’ensemble des pays occidentaux, mais également en vie d’accroissement.

    En clair, le solde de crédibilité des médias se dégrade fortement, c’est un phénomène général, il est ancien, il évolue, mais vers le moins bien, voire le pire.

    Commentaire par tschok — 11/11/2008 @ 15:11

  33. @Humaniste
    > Aucun bloggeur ne pourra jamais se payer le luxe d’être aussi impertinent que le Canard et ses réserves financières impressionnante qui le met a l’abri de ce genre de pressions.

    Sur quoi repose cette jolie et belle affirmation ? 😀
    Et si le blogeur est riche, expatrié et anonyme ?
    D’ailleurs pas besoin d’être expatrié et anonyme, la preuve avec Beppo Grillo qui dénoncent la mafia et la corruption politique en Italie.

    Le journaliste d’investigation français Denis Robert a plié sous les procès à répétition des avocats de l’entreprise financière Clearstream.
    Affaire Clearstream : « Je jette l’éponge »
    Ironie Le Canard enchainé dont vous parlez a donné via son rédacteur en chef le coup final.

    Commentaire par paul2canada — 17/11/2008 @ 15:49

  34. […] espace, ce “label qualité” , cet “institut du journalisme” , peut être restreint à ceux qui gagnent leur vie à travers leur publication, ou à tous en retenant uniquement des crit…. De même, il ne se glorifiera pas d’être l’unique, le “precious” , mais […]

    Ping par [12-2008] Crise du journalisme et des médias : 2 - Regagner la confiance | Miscellanée de réflexions — 08/06/2011 @ 17:18


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