La Plume d'Aliocha

05/11/2008

La féerie Obama

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 09:42

C’est étrange la politique. Il y a ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas. Ceux qui pensent qu’elle changera le monde et ceux qui regardent les programmes, mesurent les enjeux, soupèsent les réseaux, analysent les dossiers et votent finalement pour celui qui les gérera au mieux, souvent les moins populaires. Au final, c’est celui qui fait rêver d’une autre vie qui remporte la mise. Comme si un politique pouvait changer le monde, ou rendre la vie plus agréable. Quel terrible leurre. Les peuples le savent d’ailleurs. Nous le savons tous, la politique, c’est bien loin du rêve, c’est l’art de gérer un pays, pas de rendre ses habitants heureux. C’est affaire de compromis, de stratégie, de rapports de force.  Les promesses ne sont jamais réalisées, sans doute parce qu’elles ne peuvent pas l’être. Mais c’est tant pis, l’élection d’un nouveau président est toujours le temps d’un rêve partagé, puis de la liesse des uns et de la déception des autres. Bientôt vainqueurs et vaincus seront réconciliés dans une déception commune, et retourneront à leur quotidien, jusqu’à la prochaine élection, où tout se rejouera, l’espoir, la bataille électorale, la fête, la déception. J’aurais voté Obama. J’appartiens à mon corps défendant à la catégorie des incurables rêveurs, il me semble qu’il vaut mieux s’offrir une part de rêve, vite déçu, que de naviguer dans un cynisme qui n’attend rien et trouvera quand même des raisons de se lamenter. Mais je crains, je sais, qu’Obama ne changera pas le monde et pas même la vie des américains. On ne change jamais vraiment rien dans une démocratie, ça va juste un peu mieux ou un peu plus mal, selon le talent de l’homme qui est aux commandes. Même si l’on s’obstine à voter pour des lendemains qui chantent avec la même force d’espoir que ceux qui entreprennent de renverser un régime totalitaire.

Il subsiste néanmoins une victoire symbolique, indéniable, qu’il faut saluer, la victoire d’un homme noir à la présidence des Etats-Unis. Cela ne changera sans doute rien ou pas grand chose à la grande folie du monde. Mais le symbole est acquis, quoiqu’il arrive. On le tient celui-là et personne ne nous l’enlèvera. Obama peut bien décevoir, ne pas apporter le lots de rêves qu’on a placés sur ses épaules et qu’il a fait semblant, ou peut-être cru vraiment, pouvoir porter. Il est là. Et déjà on se demande comment il aurait pu en être autrement. Au fond, comme le pensait Romain Gary, nous ne sommes pas encore des hommes, la preuve, nous sommes surpris, heureux mais surpris,  qu’un noir puisse accéder à la présidence américaine. Quel vertige de penser qu’une couleur de peau puisse modifier en quoi que ce soit la valeur que l’on accorde à un homme, non ?  Quel vertige de songer que jusqu’à hier soir ce préjugé pouvait triompher ? Il est tombé cette nuit lors d’une élection présidentielle dans la plus grande puissance du monde…mais ailleurs, partout ailleurs, nous savons bien qu’il subsiste. Au fond cette victoire met l’humanité entière face à ses préjugés et lui montre le chemin qu’elle doit encore parcourir. Nous ne sommes pas encore des hommes mais qui sait, peut-être, un jour…

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89 commentaires »

  1. Je vous crois « camusienne », chère Aliocha…

    Le rêve, l’espoir, le symbole de la victoire d’Obama est peut-être celui d’une Amérique qui en a fini avec ceci, tout simplement :

    http://www.deezer.com/track/286244

    Southern trees bear strange fruit
    Blood on the leaves
    Blood at the root
    Black bodies swinging in the southern breeze
    Strange fruit hanging from the poplar trees
    Pastoral scene of the gallant south
    The bulging eyes and the twisted mouth
    The scent of magnolia sweet and fresh
    Then the sudden smell of burning flesh
    Here is a fruit for the crows to pluck
    for the rain to gather
    for the wind to suck
    for the sun to rot
    for the tree to drop
    Here is a strange and bitter crop

    Billie Holiday / Abel Meeropol

    Je me plais à le croire.

    Aliocha : ça se voit tant que cela, je veux dire l’influence de Camus ? 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 05/11/2008 @ 10:43

  2. « Il subsiste néanmoins une victoire symbolique, indéniable, qu’il faut saluer, la victoire d’un homme noir à la présidence des Etats-Unis »

    euh, chère Aliocha, je m’insurge devant ce racourci souvent utilisé parles journalistes. B.Obama n’est pas noir, il est métis. ce qui implique que pour les blancs, il n’est pas blanc, mais pour les noirs (et certains radicalistes) il n’est pas noir.
    et pour moi, c’est encore mieux: le métissage reste notre avenir (et ma belle fille malgache ne dira jamais le contraire!). mais arretons de présenter Monsieur Obama comme un simple noir. il représente bien plus dans son métissage, la réconciliation nationale qu’il appelle de ses voeux.

    et pendant ce temps, Brice Hortefeux se rend à Vichy pour le congres sur l’immigration. Maréchal nous voilà!! là encore tout un symbole qui passe inaperçu, l’actualité étant ailleurs.

    et comme vous je rêve d’un monde meilleur. comme vous je suis incurable.

    Aliocha : Votre précision est bien entendu exacte et utile. Elle soulève une fois de plus la question de la pertinence du message nécessairement synthétisé qu’on appelle information et que livrent les médias, selon un degré de synthétisation qui dépend du support. Très fort en TV et surtout radio, moins marqué en presse écrite. Il m’arrive de penser qu’une information est un peu comme un idéogramme. Mon dessinateur de presse favori, qui publie de temps en temps ici, me disait récemment qu’un dessin de presse c’est un idéogramme, la synthétisation d’une ou plusieurs idées force dans un dessin. Il me semble qu’une information livrée par la presse n’est pas loin de cela, en tout cas à travers les titres, les Unes, tout ce qui alerte et incite à se pencher sur le contenu. Or, ici qu’avons-nous comme vision majoritaire de l’événement ? L’élection d’un noir à la présidence des Etats-Unis. C’est ainsi me semble-t-il que l’événement a été perçu par la majorité, indépendamment de ce qu’en disait la presse qui a bien entendu eu l’occasion d’expliquer ce que vous rappelez. Le symbole, l’idéogramme, c’est l’homme noir à la tête d’un pays où l’enjeu était particulièrement crucial compte-tenu de son histoire. Alors on peut dire, et je vous rejoins, que c’est peut-être encore mieux que cela parce qu’il est métis. Mais pour beaucoup c’est surtout cela. C’est en ce sens que je dis qu’il y a un temps pour lancer une information brute qui correspond à la première perception que l’on en a et ensuite le temps du débat, de l’approfondissement, de la nuance, de la compréhension. L’idée de départ est inéluctable, je ne suis pas certaine que les médias doivent en être considérés comme coupables. Nous portons tous sur les choses un premier regard, susceptible ensuite de s’affiner et de se modifier. Je ferais bien entendu une exception sur le traitement d’une affaire pénale avant que les avocats ne viennent ici hurler. Car en effet dans ce domaine la marque d’infamie est impossible à effacer. Pour le reste, je crois qu’il faut admettre le lancement d’une première idée imparfaite qui suscitera le débat.

    Commentaire par leinad — 05/11/2008 @ 11:02

  3. Ce billet rejoins un peu mes pensées de ce matin, l’impression que quelque chose de très grand vient de se passer, mais un gouffre immense à nos pieds qui nous dit simplement : « Et maintenant ? »

    Obama est élu, mais les problèmes sont toujours là, et pourtant j’ai été surpris par l’euphorie mondiale à l’annonce de son élection. Chaque pays y va de son mot enchanté, comme si ce seul homme pouvait rectifier tous les torts.

    Ca fait presque peur de voir que l’espoir qu’il a apporté au peuple américain dépasse les frontières et touche même la politique internationale.

    Aussi ai-je pris plaisir à lire cette note plus terre à terre qui nous rappelle que le monde n’a pas changé en une nuit, mais qu’un petit pas a été fait.

    Et de finir en citant leinad ci-dessus :

    « et comme vous je rêve d’un monde meilleur. comme vous je suis incurable. »

    Commentaire par Vanni Fucci — 05/11/2008 @ 11:23

  4. N’empêche que l’élection de B.Obama nous prive du délicieux frisson d’imaginer Sarah Palin en présidente…

    Aliocha : Allons mon subversif ami, vous avez été décoré hier, vous n’entendez tout de même pas être promu aujourd’hui ? Quant au grand frisson, vous avez pensé à faire un tour dans les foires pour tester les manèges à sensation ?

    Commentaire par Mussipont — 05/11/2008 @ 11:30

  5. H.S. : un arrêt de la Cour de cassation risque de compliquer le travail du journaliste en matière d’interview : http://www.jurisexpert.net/diffamation-et-travail-du-journaliste/ Qu’en est-il de la responsabilité de l’interviewer face au propos de l’interviewé ?

    Commentaire par gwynplain — 05/11/2008 @ 11:46

  6. @gwynplain :

    Cet arrêt dit simplement qu’un journaliste doit faire son boulot, comme nous le répète constamment la maîtresse de ces lieux.

    Se contenter de retranscrire les mensonges et contre vérités émis par l’interviewé, c’est du (mauvais mais trop fréquent) journalisme politique, sans danger car les hommes politiques s’arrêtent avant la diffamation.

    L’ennui, c’est que certains interviewers ont pris de mauvaises habitudes…

    Commentaire par Le Bavard — 05/11/2008 @ 12:11

  7. « Quel vertige de penser qu’une couleur de peau puisse modifier en quoi que ce soit la valeur que l’on accorde à un homme, non ? » Cette pensée, raciste, semble de fait être le présupposé d’une partie des médias français, lorsqu’ils insistent lourdement sur la qualité de noir d’Obama (alors que métis en fait), et la révolution que cela soi-disant représente… surtout dans la mentalité française, semble-t-il… La vision journalistique de cette campagne m’est apparue ainsi extrêmement ambiguë, sans parler du fait que je n’ai vu nulle part évoquer qu’il y avait plus de deux candidats. Une couverture médiatique idéologiquement douteuse, donc, et objectivement foireuse.

    Commentaire par Paul — 05/11/2008 @ 12:49

  8. Un grand merci Aliocha pour cette note réaliste comme on aimerait en lire plus souvent! Sentiments mitigés pour moi au réveil ce matin: d’un côté la joie de voir Obama élu car je le tiens effectivement pour extrêmement compétent et sincère, mais aussi un grand sentiment de peur et de malaise reposant effectivement sur les espoirs insensés qui sous-tendent cette élection pour de nombreux Américains. Le réveil et la désillusion risquent d’être durs et de coûter très cher à Obama; et ce même s’il s’avère un excellent Président. Son discours mesuré et réaliste cette nuit semble d’ailleurs montre qu’il en est conscient.
    Alors, souhaitons lui bonne chance!
    Et merci à vous pour ce blog… un vrai régal quotidien!

    Commentaire par Anne — 05/11/2008 @ 13:03

  9. Les journalistes m’énervent, non seulement ils étaient partie pris mais en plus ils s’excitent alors meme que personne ne sait exactement ce que ce nouveau président va apporter au monde. je ne suis ni républicaine, ni démocrate, je suis apolitique, mais il faut arreter de faire comme si la face du monde avait changé sous pretexte qu’un homme métis (je suis d’accord avec cette précision) a été élu. ce n’est pas la couleur ou le xsexe d’un président qui fait qu’il tiendra ses promesses et qu’il ne se prendra pas pour le maitre du monde!
    en tout cas, merci messieurs dames les journalistes, nous n’avons jamais réussi a savoir ce que voulait proposer Mc Cain!

    Aliocha : Ah ? Internet n’existerait donc pas ? Il n’avait pas de site de campagne Mc Cain, pas de parti ? Il n’a rien écrit ? Aucune information n’était accessible nulle part sur son programme ? Fichtre, si on avait su, on aurait enquêté, c’était un coup à décrocher le prix Albert Londres 😉

    Commentaire par lisa — 05/11/2008 @ 13:33

  10. « Il y a ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas. Ceux qui pensent qu’elle changera le monde et ceux qui regardent les programmes… »

    Et Obama est quoi ? La rose ou le réséda ? 🙂

    Commentaire par Triskael — 05/11/2008 @ 13:34

  11. « Or, ici qu’avons-nous comme vision majoritaire de l’événement ? L’élection d’un noir à la présidence des Etats-Unis. C’est ainsi me semble-t-il que l’événement a été perçu par la majorité, indépendamment de ce qu’en disait la presse qui a bien entendu eu l’occasion d’expliquer ce que vous rappelez. »

    Je dirais même plus : plusieurs militants et citoyens américains votant républicain ont parlé de « nègre »… Heureusement, la victoire d’Obama montre que ce genre de personne est de moins en moins courante.

    Commentaire par Triskael — 05/11/2008 @ 13:45

  12. @ lisa : http://www.lemonde.fr/web/vi/0,47-0@2-829254,54-1087895,0.html
    programme des candidats sur le portail du Monde : ça fait des semaines que c’est en ligne, il suffit de lire. D’accord, c’est très résumé, mais c’est aussi le travail des journalistes de synthétiser.

    @ Aliocha : J’en profite pour vous laisser mon premier mot. Je vous lis avec plaisir depuis vos débuts, suite à la publicité que vous a fait Me Eolas. Et je continuerai.

    Commentaire par Alixe — 05/11/2008 @ 14:00

  13. @ aliocha : «Internet n’existerait donc pas ? Il n’avait pas de site de campagne Mc Cain, pas de parti ? Il n’a rien écrit ? Aucune information n’était accessible nulle part sur son programme ?»

    Vous pensez sérieusement que l’existence d’internet comme moyen alternatif d’information exonère toute critique sur les impasses des journalistes ?

    Le rôle des médias est de faire vivre la démocratie. Donc, et vous le dites vous-mêmes, pendant une canpagne électorale, ce n’est pas de relayer la com’ des candidats. Mais bien de proposer des analyses critiques des programmes, de faire vivre le débat d’idées à partir (ou non !) de leur contenu. De ce point de vue, la quasi impasse faite par les médias sur le programme des candidats ou des partis (déjà relevée pendant les campagnes françaises) est grave pour la démocratie. Les journalistes sont les premiers responsables (conscients ou non) de cet état de fait (puisque responsables du choix éditorial), avec la complicité (consciente ou non) des politiques que cette situation arrange (sans oublier celle, passive, du public citoyen).

    Commentaire par Gwen — 05/11/2008 @ 14:23

  14. Moi aussi je suis un doux rêveur!

    Et pourvu que sa dure. Ce rêve c’est de l’espoir. C’est la défaite de la résignation. Faudrait il accepter que rien ne change? Faudrait-il arrêter de voter puisque de toute façon les politiques n’ont plus de pouvoir et ne peuvent plus porter nos espoirs?

    Pour ma part, je veux croire! je veux rêver!

    Sinon que nous reste-t-il?

    Obama va décevoir, oui, retour à la réalité oblige, mais que va-t-il faire de beau aussi, ou tout simplement de nouveau? Qu’elles portes va-t-il ouvrir? Nul ne le sait. Il ne nous reste qu’à espérer.

    Je me réjouis pour les américains car ils ont fait un choix audacieux, ils ont osés… Et nous en France nous ne l’avons pas fait l’année dernière…

    En dehors des combats partisants sur Mme Royal ou Mr Sarkozy, leurs programmes, nous avons choisit la continuité, Nicolas l’avait bien annoncé, sont programme novateur était au mieux immobiliste voire rétrograde. L’homme, puisque nous parlons de symboles, ne portait pas grand chose, enfin si il est plus jeune que la moyenne. C’est tout.

    La femme qui lui était opposé était tout son contraire. Qu’importe maintenant, eux ont osé et pas nous. Et nous allons trouver encore beaucoup de bonnes raisons pour dire que nous avons fait le meilleur choix car décidément elle était incompétente, d’une expérience en politique étrangère très limite et de toute façon c’est pas le fait que ce soit une femme qui aurait fait d’elle une bonne présidente.

    Mais eux ont choisit de changer, et ce symbole est métis.
    nous aurions pu choisir aussi un symbole de changement, rien qu’un symbole d’accord, juste une femme…

    Eux l’on fait, ils veulent y croire, je les en félicite (pour ce que sa vaut…) et inch’allah!

    Commentaire par Manu — 05/11/2008 @ 14:25

  15. @Gwen:
    « Mais bien de proposer des analyses critiques des programmes, de faire vivre le débat d’idées à partir (ou non !) de leur contenu. »

    Vous avez rraison, c’est vrai que j’ai beau chercher, je n’ai vu aucun éditorial sur le programme républicain, ni d’ailleurs sur le programme démocrate, dans aucun de mes Cuisine Actuelle. Ah, ces journalistes ! 😀
    Blague à part, personnellement je n’ai eu aucun mal à lire des articles commentant le programme des candidats américains, à écouter des débats acharnés à ce sujet à la radio…

    Commentaire par Carol — 05/11/2008 @ 15:08

  16. « …programme des candidats sur le portail du Monde : ça fait des semaines que c’est en ligne, il suffit de lire. D’accord, c’est très résumé, mais c’est aussi le travail des journalistes de synthétiser. »

    Déjà, cette synthèse est mensongère dans son titre : programme DES candidats… ben alors, ils sont où les autres… Donc, super le travail de synthèse des journalistes !!

    Aliocha : La vôtre aussi est mensongère, le titre est « Obama/Mc Cain : comparez les programmes des candidats ». Soit vous débattez correctement sur le thème très intéressant de « quel traitement par les médias français de l’élection américaine » en vous appuyant sur des arguments, ce qui constitue un excellent sujet de discussion, soit vous préférez les accusations gratuites et dans ce cas je ne vous retiens pas.

    Commentaire par Paul — 05/11/2008 @ 15:25

  17. Ceux qui croient que ce sont les journalistes français qui attachent de l’importance au fait qu’Obama soit noir n’ont pas dû suivre d’un peu près la campagne américaine. Ce thème y a été très présent, et de bien des manières.

    Obama avait publié, en 1995, une autobiographie (Dreams from my Father, où la question raciale est omniprésente. Obama raconte comment il a pris conscience du racisme, comment il s’est « découvert » noir et a forgé sa destinée de futur leader de la communauté afro-américaine (réalisant ainsi le « rêve de son père »). C’est l’époque où il fréquente le pasteur noir Jeremiah Wright, un radical dont il dut se démarquer en avril dernier, après des déclarations particulièrement désastreuses de celui-ci. Politiquement, Obama avait déjà compris qu’il n’aurait pas de destin national s’il adoptait la posture revendicative et militante héritée des Black Panthers. D’où son grand et magnifique discours de mars 2008 (connu comme le « race speech »), où Obama met en avant son métissage comme métaphore de l’Amérique réconciliée. Le désaveu par Obama du Rév. J. Wright est d’ailleurs une victoire de McCain, qui avait dénoncé le racisme du pasteur.

    Enfin, nul ne peut douter que les premiers mots prononcés hier soir par Obama visaient précisément ceux qui pensaient que jamais un Noir ne pourrait être élu président des Etats-Unis. Il veut voir dans son élection, au contraire, la preuve que « tout est possible » en Amérique. Même cela.

    Maintenant, on peut (et peut-être doit-on) partager le scepticisme d’Aliocha : une élection ne change pas tout, un président n’est pas tout-puissant, les promesses sont faite pour ne pas être tenues, etc. Tout cela n’est que trop vrai. Mais quelque chose est néanmoins certain : un peuple dont, hier encore, on soulignait le racisme latent, au point d’y voir l’ultime obstacle à l’élection d’Obama, ce peuple a élu massivement quelqu’un qu’aucun d’entre nous, s’il le croisait dans la rue, n’hésiterait à désigner comme un Noir. Cela me remplit d’une immense fierté. C’est la preuve d’une ressource morale, d’une foi dans l’avenir et dans le pouvoir des hommes de le changer dont les démocraties donnent, de temps à autre, l’exemple.

    J’ai pensé aux lignes fameuses de Kant quand il apprit, à Koenisberg, le début de la Révolution française: ce sentiment de fierté qu’il éprouva envers l’humanité, devant un événement qui manifestait la capacité des hommes à progresser vers le mieux. Le parallèle peut sembler exagéré, mais je crois qu’il va pourtant assez loin. Kant lui-même hésitait sur le bien que pourrait faire la Révolution à la France, mais il ne doutait pas de ce qu’elle représenterait à l’extérieur. Il me semble qu’hier l’Amérique a donné au monde des raisons d’espérer, et qu’elle a confirmé qu’aucun système n’est capable, comme la démocratie, de révéler l’immense valeur des hommes ordinaires.

    Aliocha : Merci infiniment Philarete d’élever ainsi le débat, j’en viens à rougir de n’avoir pas fait preuve d’un enthousiasme plus franc, vous avez raison, il sera toujours temps de revenir à l’ordinaire. Et si en plus vous appelez Kant comme témoin, alors là……..mon bonheur est total.

    Commentaire par Philarete — 05/11/2008 @ 15:38

  18. « La vôtre aussi est mensongère, le titre est “Obama/Mc Cain : comparez les programmes des candidats”. »

    Oui, vous avez lu : DES candidats. Et non, par exemple, de DEUX candidats. CQFD.

    Aliocha : vous avez raison, les journalistes auraient du écrire : « des deux candidats précédemment évoqués et qui ne constituent pas la totalité de l’ensemble des candidats à la 56ème élection présidentielle de 2008 destinée à désigner le 44ème président des Etats-Unis, lequel prendra la suite des 43 précédents dont le dernier est Georges Bush, sachant qu’il ne s’agit ici que des deux principaux candidats mais que compte-tenu de l’emplacement limité qui nous est réservé dans l’espace d’un titre déjà largement occupé par les informations précédentes non exhaustives d’ailleurs, nous nous excusons par anticipation auprès des aimables lecteurs sourcilleux de ce que ce titre pourra leur paraître légèrement trop synthétique, nous comptons néanmoins sur leur bienveillance pour ne pas nous en tenir excessivement rigueur et les invitons à lire le dossier de 15 000 pages en annexe qui dresse un trop bref panorama d’un sujet infiniment complexe que nous ne manquerons pas d’approfondir heure par heure dans nos éditions suivantes à supposer que nous trouvions les 450 journalistes qui seront nécessaires pour satisfaire la curiosité paresseuse mais fort louable de nos aimables lecteurs ».

    Commentaire par Paul — 05/11/2008 @ 15:59

  19. Il est certain que cette élection marque un progrès dans l’acceptation des différences, raciales ou autres. Mais d’être là à faire le distinguo entre noir, métis, blanc ou autre… montre qu’il reste du chemin à faire.
    On peut rêver du jour où la couleur de peau d’un candidat, ou d’une candidate, n’aura pas plus d’importance que la couleur de ses cheveux ou de ses yeux…

    Commentaire par Maraudeur — 05/11/2008 @ 16:23

  20. Votre commentaire de mon commentaire est juste navrant… Donc, finalement, je ne me retiens pas.

    Aliocha : vous voyez qu’au fond, vous optez vous aussi pour la concision.

    Commentaire par Paul — 05/11/2008 @ 16:23

  21. @philarète
    Quand vous pensez à Kant, cela me fait pensez à Beethoven qui, en 1804, biffe le dédicataire de la 3ème symphonie…

    Aliocha : j’adorerais comprendre de quoi vous parlez, très savant commentateur, pouvez-vous m’éclairer ?

    Commentaire par antisthène — 05/11/2008 @ 16:43

  22. Je me réjouis également de la victoire d’Obama.

    A mon avis, ce n’est pas parce qu’il est métis qu’il a vaincu Mc Cain, mais simplement parcequ’il a su convaincre les Américains que son programme était meilleur pour l’Amérique que celui de son concurrent et qu’il avait beaucoup plus de charisme, de pragmatisme et d’intelligence que lui.

    D’autre part, n’oublions pas que les électeurs ont voté pour des « grands électeurs », qui eux-mêmes procèderont à l’élection du Président. A l’heure qu’il est, Obama n’est qu’un élu « virtuel » ! 338 Démocrates devraient se prononcer en faveur d’Obama, contre 163 Républicains pour Mc Cain.

    Les résultats définitifs ne sont pas encore connus, 3 Etats (Missouri, Indiana et Virginia) n’ont pas fini de décompter les votes. Le taux global de participation est d’ores et déja historique.

    Toutefois, d’ores et déja, les Démocrates ont la majorité au Sénat (56 contre 40) et à la Chambre (252 contre 172). Cela donnera les coudées franches à Obama pour mettre en oeuvre ses réformes.

    L’élection d’Obama va redonner un immense espoir à l’Amérique et au monde entier, que l’on n’avait pas connu depuis celle de J.F. Kennedy.

    Son premier « chantier » va être de résoudre la crise financière et vous serez surpris de la vitesse à laquelle l’Amérique va rebondir, contrairement aux autres pays, en particulier d’Europe, où la récession s’installera de manière durable.

    Un Obama blanc aurait aussi bien fait l’affaire, mais son concurrent Mc Cain est un homme du passé et les Américains veulent tirer un trait sur le passé, tandis que nous nous y complaisons.

    C’est, je crois, la véritable leçon qu’il faut tirer de cette élection.

    Commentaire par ramses — 05/11/2008 @ 17:20

  23. Je trouve quand même un peu fort que tout le monde se focalise sur le fait qu’un NOIR ait été élu président des États-Unis… Certes c’est un joli symbole. Mais je trouve que c’est faire affront aux américains que de ne retenir que cet aspect de l’élection.

    Obama comme Mac Caïn se sont soigneusement tenus le plus à l’écart possible de ce débat (l’un en évoquant une Amérique réconciliée, l’autre en défendant son adversaire lorsque certains de ses supporters l’attaquait sur ce sujet) et ont voulu se départager par leurs compétences. Quel dommage que de ne parler que de la teneur naturel en mélanine d’Obama.

    Certes ce débat à aussi été éviter par les candidats car particulièrement casse gueule, vu que celui qui aurait tiré un argument de la race d’Obama se serait vu traiter au choix de communautariste ou de raciste…

    Réjouissons nous plus-tôt d’avoir élu un homme qui n’est pas un va-t-en-guerre (le seul élu américain à s’être opposée à la guerre en Irak dès 2002), et dont les idées politiques semblent plus raisonnables….

    Commentaire par adrien — 05/11/2008 @ 17:22

  24. Oulala, mais quel ton dans ces réponses, et dans ses reply de réponses…
    Moi j’ai juste pleuré devant cette image : Obama et sa famille saluant la foule hier tard dans la nuit.
    Une image très forte qui restera sans doute dans toutes les mémoires comme un symbole.
    L’Histoire ne s’écrit pas toute seule. Ce sont les hommes qui la font.
    (Les évidences sont parfois bonnes à rappeler… 🙂 )

    Aliocha : si vous faites allusion à mon échange avec Paul, disons qu’il me semble avoir été claire sur l’ambiance pacifique que je voulais donner à ce blog. Certains en ont déduit que j’étais un bisounours, grave erreur, mon esprit est au moins aussi acéré que celui d’Eolas, simplement je n’aime pas la guerre. Mais fermons cette parenthèse et profitons de cette belle journée.

    Commentaire par Phedra — 05/11/2008 @ 17:42

  25. @ antisthène : pour l’instant, Obama est au Pont d’Arcole. « Pourvou que ça dourre »!

    @ Aliocha : chacun réagit différemment… Vous faites votre travail en analysant et en vous projetant dans l’avenir, je n’ai fait qu’essayer de réfléchir sur l’émotion que j’ai éprouvée au petit matin, en me jetant sur la radio. Même maintenant, les images de foules en liesse, ou la vidéo du premier discours d’Obama me bouleversent. Il faut dire que c’est la première fois que j’ai l’impression d’avoir gagné une élection: et il faut que ça tombe sur une élection où je n’étais pas électeur!
    Je suis reconnaissant à l’Amérique pour cela, mais il y a des chances que votre texte ne vous fasse pas rougir dans quelques années, alors que le mien…

    Aliocha : si vous deviez rougir de citer Kant, alors il me faudrait à jamais poser la plume pour avoir eu l’outrecuidance de donner mon humble avis sur un tel événement 😉

    Commentaire par Philarete — 05/11/2008 @ 17:49

  26. @Adrien : 23

    Certes Obama, n’est pas que noir (métis), il à prouvé qu’il avait un programme plus intéressant, qui proposait du changement, il a montré son acuité intellectuelle, son esprit.

    Mais il reste, malgré tout le symbole, bien visible par sa couleur de peau, d’un changement de mentalité, et je ne suis pas sûr que nous soyons capable d’un tel changement, nous, aujourd’hui!

    Je me réjouis qu’un autre peuple l’ai fait!

    Commentaire par Manu — 05/11/2008 @ 19:24

  27. Effectivement, Obama n’est pas que noir, il est noir, il est blanc, il est américain mais il a vu du pays, il a dans sa famille des bigots et des athées, des chrétiens et des musulmans, il est vraiment très jeune (47 ans). Alors peu importe son talent véritable, son élection est le symptôme d’une puissante volonté de changement chez les américains. Changement de rapport au monde extérieur, changement interne même si la carte du vote McCain décalque peu ou prou celle des états confédérés (ou des territoires qui n’étaient pas encore des états) de la guerre de sécession, preuve que certaines choses ne sont pas réglées 150 ans plus tard. Mais même McCain avait l’air de vouloir voter Obama (pourquoi choisir une co-listière qui fait fuir ceux qui apprécient son côté républicain modéré sinon ?). J’ai vu un électeur républicain à la télé qui disait : « je suis déçu mais le peuple est souverain… Maintenant j’espère qu’Obama tiendra ses promesses ». Étrange réflexion.
    Donc les américains veulent du changement, c’est ça l’information du jour finalement, et ça ne peut pas être une mauvaise nouvelle.

    Commentaire par Jean-no — 05/11/2008 @ 19:49

  28. Bonsoir Aliocha?

    Oh mais que vois-je? Vous vous êtes fait un nouveau petit copain?

    Sacré Paul.

    Commentaire par tschok — 05/11/2008 @ 19:57

  29. @tschok : en fait, le blog voisin sur la fessée, c’est aussi un blog d’Aliocha… 😀

    Commentaire par Mussipont — 05/11/2008 @ 20:39

  30. la libération de N.Mandela puis son élection; la chute du mur et les élections de V.Havel et L.Walesa ,l’élection de F.Mitterand, celle d’Obama aujourd’hui;

    tous ces moments de démocratie donnent du plaisir et de la confiance en soi , pas en ces hommes politiques , que vous posez comme porteurs de rêves ,

    non, les rêves , ce sont les nôtres et nous les réalisons ou les perdons…

    mais, quand même, quel merveilleux moment qui remplit une vie, le bonheur de se dire : j’ai assisté à ça, je l’ai vu se faire;

    comme le premier homme sur la Lune, totalement inutile mais tellement nécessaire.

    Commentaire par didier — 05/11/2008 @ 21:32

  31. SR donc, je rappelle que le magnifique discours sur le races, prononcé à Philadelphie, porte aussi le titre de « For a better union ». Espérons que c’est vrai.
    une autre citation, généralement inaperçue, mais que je crois vraie, c’est le disque de Horace Silver : « Song for my father ». Il y a notamment dedans un truc admirable : « The natives are restless tonight ».
    OK, c’est un peu mystérieux. J’assume.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 05/11/2008 @ 21:39

  32. En tout cas, ça fait bien longtemps qu’on a pas vu un homme d’état avec un tel charisme. Obama est le premier président américain qui donne une impression d’honnêteté et d’humanité. On aimerait bien avoir le même à la maison.

    Ceci dit, cette campagne est encore pleine de paradoxes : si j’ai bien compris, Obama à la tête d’une fortune colossale suggère de faire payer les riches pour donner aux pauvres. A l’inverse, Mc Cain qui ne détient pas le centième de la fortune de son rival proposait de ne pas toucher à la fortune des riches… pffou, c’est pas simple la politique !

    Commentaire par Oeildusage — 05/11/2008 @ 21:55

  33. « More perfect union ». Désolé.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 05/11/2008 @ 21:59

  34. Obama doit quand même une fière chandelle à GW Bush.Grâce à lui, même d’invétérés républicains ont voté démocrate.
    Bon d’accord… la crise, les guerres, la sécurité intérieur, les abus, la corruption, la pollution, … ça fait beaucoup de choses à revoir, mais Obama a déjà réussi a créer une unité nationale.

    Au fait, où il est passé l’ancien (GW Bush) ? On ne le voit plus et on ne l’entend plus !

    Commentaire par Oeildusage — 05/11/2008 @ 22:20

  35. @aliocha (votre question sous 21)

    Beethoven avait dédicacé sa 3ème symphonie à Bonaparte. Quand ce dernier se fit sacrer empereur (en 1804), le compositeur retira cette dédicace.

    Désolé pour ma remarque trop allusive sans doute, je vous l’accorde.

    Commentaire par antisthène — 05/11/2008 @ 22:22

  36. Qu’Obama soit afro-américain, latino-américain, sino-américain, ou ce-que-vous-voulez-américain est en fin de compte secondaire. Même si l’histoire des États Unis d’Amérique, les luttes et déchirements qu’elle a connus, sont de nature à donner un poids particulier à l’élection d’un afro-américain à la Maison Blanche, la portée symbolique de sa victoire est avant tout dans le dépassement des préjugés, favorables ou défavorables, et des rancunes, sans distinction. C’est tout le sens de du discours d’Obama, ainsi que le rappelle Philarete en 17.

    J’ai le souvenir de l’histoire d’un grand-père français pour qui les Allemands restaient des « boches », des « frisés » depuis la débâcle de 1940. Un jour – enfin – il accepta de rendre visite à la famille de son fils, expatriée en Allemagne (plus exactement sa moitié appelée RFA à l’époque). Un soir fut organisé un repas où furent invités des amis allemands… Ce fut – évidemment – par le plus grand des hasards que ce couple d’amis vint accompagné de leur vieux père… le « boche » d’en face à une autre époque, lequel n’en pensait pas moins du vieux français… L’on fit asseoir ces deux messieurs l’un à côté de l’autre et un adolescent de 11 ans fut affecté à la traduction simultanée. Chacun des deux anciens soldats mit un point d’honneur à faire goûter et apprécier, l’un une bière de Bavière, l’autre un vin de Bourgogne, fruits de leurs terres d’origine à l’un et l’autre. C’était un bon début…

    Cet adolescent eut la chance de voir ces deux vieux messieurs, qui arboraient des airs si fiers qu’on les aurait crus à la parade et qui se jaugeaient du coin de l’œil, se prendre les mains pendant qu’ils se racontaient leurs anecdotes d’anciens combattants, les yeux rougis, riant parfois, le ton plus grave à d’autres moments. Deux vieux hommes, jadis ennemis du fait des décisions d’autrui, séparés par les couleurs des uniformes qu’ils portaient alors, se découvraient semblables. Deux vieux hommes, lourds de leurs passés respectifs, l’emportaient ensemble sur quarante années de rancune…

    Ce fut un autre bel enseignement pour cet adolescent qui fut pendant six ans un petit étranger parmi d’autres venus du Japon, d’Iran, d’Afrique, des Amériques, d’un peu partout, un petit étranger n’apprit pas seulement des grossièretés dans dix langues différentes mais comprit le sens de cette parole de Saint-Exupéry « Ce qui diffère de moi, loin de me léser, m’enrichit ». Il ne l’a toujours pas oublié, au fil de ses relations, d’ici ou d’ailleurs.

    Au-delà des réalités politiques, des couleurs de peaux, des parcours respectifs, de la victoire des démocrates sur les républicains, des tâches à mener, des difficultés et des désaccords à venir, des déconvenues prévisibles, il y a dans cette victoire d’Obama, quelque chose comme la poignée de main d’Arafat et de Rabin (et les paroles qu’il prononça ce jour-là), quelque chose comme Mandela et de De Klerk côte à côte, quelque chose comme la chute du mur de Berlin. Ce que la volonté des hommes fait parfois naître : la faculté de se réunir au-delà des divergences pour ouvrir la voie à l’espoir.

    C’est pour moi ce que nous offre cette mobilisation du peuple américain : non seulement une leçon riche d’enseignements sur la valeur de la démocratie, mais aussi le fruit d’un long travail de dépassement des préjugés et des rancœurs. Le début d’un après…

    Commentaire par Ferdydurke — 05/11/2008 @ 22:46

  37. @34,suite… je l’ai retrouvé, il est là : http://monzoeil.unblog.fr/2008/11/05/les-policiers-sont-parfois-nos-amis/

    Commentaire par Oeildusage — 05/11/2008 @ 22:49

  38. La presse a déjà abordé la question de déterminer si Obama devait être considéré comme métis ou noir.
    La réponse était que les américains, comme Obama lui même, considèrent que Obama est noir. La notion de métis ne semble pas être présente outre-atlantique.
    Dans ces conditions, parler de premier Président noir des Etats-Unis me parait totalement justifié.
    Les journalistes ont fait ce choix, justifié et expliqué, en connaissance de cause.

    Commentaire par Bruno — 06/11/2008 @ 00:35

  39. Une autre question plus intéressante est de savoir s’il est correct de le qualifier d’Afro-Américain, vu ses origines très particulière.

    Si je devais résumer en une phrase le fait de très grande portée qui pousse les journalistes à parler encore beaucoup de sa couleur de peau, je le dirais ainsi :
    « Et là, soudainement, ça n’avait plus (tellement) d’importance. »
    C’est un évènement en soi.

    Quant au prétendu manque de visibilité du programme de McCain dans la presse française, il n’est pas exclusif à la France et est dû aux caractéristiques de la campagne des Républicains, qui a dérapé assez loin dans l’infâmie. Difficile d’entendre des propositions quand elles sont noyées dans le bruit des invectives, allusions perfides, voire pures et simples calomnies.

    Commentaire par Schmorgluck — 06/11/2008 @ 03:12

  40. Rien ne peut changer la vie des hommes dit-on, sauf parfois des lois de rupture et des actes à la résonance longue : droits de vote, traités de paix et de coopération, etc.

    La lucidité sur la faiblesse des Hommes n’est pas synonyme de scepticisme systématique quant à leur impuissance qui serait totale.

    Commentaire par WebOL — 06/11/2008 @ 07:57

  41. C’est amusant ce débat persistant sur la véritable couleur d’Obama !
    Alors, on le sait maintenant… Obama, il est blanc foncé ou noir clair ?

    Plus sérieusement, une remarque fort juste entendue ce matin aux infos : à la différence des politiques français Obama fait des discours qui vont à l’essentiel et qui restent dans le réel et le concret. En France les discours se perdent en des dissertations abstraites qui vous endorment et vous égarent dans des concepts obscures.

    …Et une autre dernière petite remarque : Obama possède un formidable charisme. Habituellement quand on parle de charisme c’est pour évoquer une forte personnalité qui s’impose par une ferme autorité naturelle. Chez Obama le charisme c’est d’abord une immense empathie et un grande écoute.

    Espérons que nos politiques saurons en prendre de la graine et que nous aurons prochainement la version française de ce grand personnage politique.

    Commentaire par Oeildusage — 06/11/2008 @ 09:31

  42. Je suis effectivement très content que Mr Obama est put être élu indépendemment du facteur « couleur de peau ».
    Mais je ne suis par contre vraiment pas sur que ce soit effectivement le sujet du débat pour les américains, pour beaucoup d’entre eux en tout cas, et c’est une bonne nouvelle. Mc Cain défendait quand même les couleurs du parti qui a mis en responsabilité Mr Powell et Mme Rice…

    Ce qui est nettement moins ravissant, c’est que le fait qu’Obama est « l’air musulman » (pour son deuxième prénom et être passé par l’Indonésie!) ait pu constituer un argument contre lui. J’espère que nous n’avons pas simplement un débat de retard en nous enthousiasmant sur cette victoire contre les préjugés.

    Par ailleurs, j’ai plutot tendance à m’identifier à la figure du vilain technocrate partisan du pragmatisme moche. Mais quand un homme compétent qui est élu est en plus porteur d’espoir et de valeurs, on ne va pas bouder son plaisir, non? Et l’enthousiasme, c’est aussi une énergie, renouvellable en plus. J’ai trouvé « The Economist » très interessant dans son explication de leur soutien à Obama. Et eux on ne peux vraiment pas les accuser d’essayer de vous vendre du rêve 🙂

    Commentaire par Vivien — 06/11/2008 @ 10:24

  43. Le physique d’un grand adolescent mature et adulte, un visage qui ne laisse que très rarement afficher une esquisse de sourire et qui inspire malgré tout une grande confiance, la voix chaude et grave d’un chanteur de gospel, des discours débordants de sincérité, d’humanisme et d’empathie, une simplicité et une décontraction apparente qui n’ont d’égal que sa profonde loyauté et sa clairvoyance sur la difficile mission qui l’attend… c’est ça « la féerie Obama » !

    Allez, je m’en remets une louche : http://www.barackobama.fr/

    Commentaire par Oeildusage — 06/11/2008 @ 10:33

  44. Ce qui m’amuse dans les discussions sur la couleur de peau de M. Obama, c’est que ceux qui contestent qu’il soit noir semblent admettre implicitement qu’il existe une définition claire (si j’ose dire…) de « noir » ou « blanc ». Des races parfaitement définissables sur des critères physiques, quoi. Ce qui est amusant parce que ce sont souvent les mêmes personnes qui sont aussi fortement anti-racistes, ce qui n’est pas incompatible, mais ironique. Il me semble clair que, en particulier aux USA où la communauté noire a une identité bien marquée, dire que quelqu’un est noir ou blanc est au moins autant une question de couleur de peau qu’une question culturelle.

    Plus largement, ce genre de remarques ouvre des questions qui me semblent intéressantes sur le rôle de la presse internationale : si les américains, médias et citoyens, disent que M. Obama est noir, les médias français (par exemple) doivent-ils reprendre l’info telle quelle ? Ils n’ont bien évidemment pas une vision aussi détaillée sur la société américaine que les médias américains et donc de ce point de vue, il est logique de reprendre l’info sans hésiter. D’un autre côté, d’une part ils ont un recul sur les USA que les médias locaux ne peuvent pas avoir et d’autre part les lecteurs français, qui n’ont pas le filtre culturel américain pour comprendre sans explications, peuvent légitimement se poser la question de ce qui fait qu’il est qualifié de noir, puisque sa couleur de peau n’est pas suffisante : n’est-ce pas le rôle des médias de fournir ces explications ?

    En d’autres termes et de manière plus générique, dans les affaires internationales, quel est l’intérêt de rapporter « brut de fonderie » des informations qui, au final, non seulement ne sont pas vraiment compréhensibles sans explications culturelles, économiques ou politiques relativement poussées, mais risquent d’être mal interprêtées par les lecteurs qui utilisent leur propre culture comme référence ? Par exemple, l’article du Monde sur les programmes électoraux dit « taxer les délocalisation » : ça a un retentissement particulier en France, c’est très connoté à gauche par rapport aux programmes électoraux français, presque extrême gauche (c’est le genre de propositions qu’on s’attend à voir dans un tract LCR ou PC. Éventuellement un discours de certains socialistes, mais pas la « ligne officielle ». Et certainement pas à l’UMP). Et pourtant, les démocrates et M. Obama n’ont pas grand chose à voir avec la gauche française.

    Est-ce que les médias sont dans leur rôle d’information lorsqu’ils fournissent une information sans précision sur son contexte d’interprétation ? Certes, les analyses viennent après les faits brut et journalistes ont d’autres sujets à traiter que les élections américaines, mais quand le risque est que les lecteurs fassent un contre-sens… Quel est votre avis (Aliocha, mais aussi les autres lecteurs) ?

    Aliocha : Passionnante question Rémi. Vous me laissez un peu de temps pour y réfléchir ?

    Commentaire par Rémi — 06/11/2008 @ 11:17

  45. @Rémi : Ben oui, « noir » ou « blanc », aux États-Unis notamment, ça a un sens au niveau sociologique. Peu importent les fondements biologiques que certains se plu amusés à inventer et qui buttent rapidement sur des questions de logique ou sur des constats scientifiques. Le mot « race » décrit bien le problème : une race (Labrador, épagneul, charolais) ça se fabrique, c’est quand on oblige certains individus d’une même espèce à développer certains caractères précis. Cela se trouve spontanément dans la nature (une espèce de singes séparée par la naissance de mers fera développer des caractères particuliers aux uns et aux autres selon les conditions géographiques).
    On peut craindre que d’utiliser les mots « noir », « blanc », « métis » sans pincettes soit une manière de valider des injustices sociales, en même temps que faire ? Les races, c’est comme Dieu, l’appartenance nationale (en tant qu’autre chose qu’une question administrative) ou les Pokémon : on sait bien que ça n’existe pas mais s’il y a plus de gens qui y croient que de gens qui n’y croient pas, les faits donnent raison à ceux qui y croient indépendamment de l’existence de l’objet, puisque ceux qui croient font en sorte de donner une influence à ce en quoi ils croient.
    Mhhh je ne dois pas être très clair.

    Commentaire par Blogueur influent — 06/11/2008 @ 11:33

  46. Si je regarde mon environnement professionnel proche, il n’y a aucun enthousiasme perceptible.

    Et si Obama était un Sarkozy US? Je m’étonne qu’aucun journaliste français n’ait osé le rapprochement.

    Vous me direz que le petit Nicolas n’a pas la même allure triomphante et tout, ce qu’on appelle la classe, n’en déplaise à William Abitbol, l’homme le plus classe du monde. Et vous aurez raison.

    Cependant, il y a des point commun. Déjà dans leurs histoires:
    – Ce sont des fils d’immigrés et ont des origines multiculturelles.
    – Leur père était absent. Ils ont élevés par leur mère ou grand-mère.
    – Ils sont jeunes pour leur haute magistrature.

    Elus sur la base d’une crise de déréliction nationale et de la déroute idéologique du camp adverse, ils ont eu recours aux mêmes slogans. Prenez l’antienne « we are all Americans » (paraphrase de la devise du grand Sceau « e pluribus unum », « un dans la pluralité ») et le répons « Yes, we can! » Ils ne vous rappellent rien, pas même le « Ensemble, tout devient possible » de 2007?

    Son discours d’union nationale laisse à penser que, malgré et contre sa majorité démocrate, il aura sans doute une politique de consensus bipartisan. Son Jean-François Copé sera sans doute Nancy Pelosi président de la Chambre.
    Sa présidence de la Harvard Law Review a été marquée par la frustration de ses camarades progressistes libéraux qui enrageaient de le voir s’acoquiner avec des élèves brillants mais conservateurs libertariens. Gouvernant avec ce genre de « modérés », il devrait donc en étonner plus d’un. Cela n’est pas sans rappeler l’ouverture de 2007, destinée à syphonner la gauche de ses éléments modérés.

    Après l’hystérie collective, la douche froide s’annonce sévère. Les marchés qui dégringolent ces derniers jours le pressentent. N’oublions pas que, sans la crise, McCain aurait été élu. C’est bien la crise et l’enthousiasme catartique qu’elle produit en faveur du premier venu qui a voté. En réalité, il est venu pour sauver le Système et son idéologie américaniste à laquelle il s’est référé lors de son premier discours présidentiel.

    Ce vote fut aussi sans doute racialiste, voire raciste: impossible pour un noir de s’afficher favorable à McCain. De toute façon, cette situation, venant d’un pays d’immigration de plus en plus éloigné de ses racines britaniques, n’est pas transposable à notre continent dont l’Histoire millénaire s’est construite sur une identité affirmée gréco-romaine et judéo-chrétienne: pensons à Charles Martel, à la Reconquista, à la glorieuse bataille de Lépante et à la prise d’Alger.
    Si une personne compétente peut occuper chez nous autres des positions éminentes compte tenu de ses compétences et non de ses origines, la démocratie n’en est pas moins représentée par une projection du peuple dans ses représentants. Nos bons vieux peuples sont-ils prêts à se dissoudre dans le n’importe-quoi mondialiste?

    Espérons tout de même que cette nation, qui ne ressemble à aucune autre, saura se rassembler autour de son nouveau leader.

    Commentaire par PEB — 06/11/2008 @ 11:59

  47. @ PEB

     » Cependant, il y a des point commun. Déjà dans leurs histoires:
    – Ce sont des fils d’immigrés et ont des origines multiculturelles.
    – Leur père était absent. Ils ont élevés par leur mère ou grand-mère.
    – Ils sont jeunes pour leur haute magistrature.  »

    Question : et il a aussi été fêté sa victoire sur le yacht de Bolloré ( après une soirée en bonne compagnie et bien arrosée au Fouquet’s ) ?

    Commentaire par Phedra — 06/11/2008 @ 12:43

  48. Obama, comme Sarkozy (et plus que Sarkozy), représente une nouvelle génération. Mais ils n’ont pas fait leur carrière pareil du tout : l’un a été un étudiant brillant, l’autre un intrigant formidable, un traitre total et sans vergogne. L’un comprend très bien l’économie et a été élu sur cette base, l’autre a profité que les français sont franchement à la ramasse dans le domaine et n’ont pas vu à quel point il était dogmatique et idéologue (ils ont même cru le contraire). En revanche, il y a un autre lien : chacun a profité du fait qu’il est encore plus difficile de voter pour une femme que pour n’importe qui, Ségolène Royal, Hillary Clinton ou Sarah Pallin ont été d’extraordinaires épouvantails.

    Aliocha : Vous êtes libre de vos opinions mais j’aimerais que l’on évite les accusation du type NS est un traître. Les attaques ad hominem n’apportent guère au débat.

    Commentaire par Blogueur influent — 06/11/2008 @ 12:46

  49. Le 25 août 2008, Le Monde a publié un article expliquant pourquoi Obama se définit comme noir :
    http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/08/25/pourquoi-le-metis-obama-se-definit-comme-noir_1087624_829254.html

    La presse (en tout cas celle que je lis) a donc parfaitement fait son travail d’explication. Si personne ne le lit, c’est un autre problème !

    Aliocha : C’est souvent le problème de ce qu’on appelle La Presse, ceux qui la critiquent ne sont pas forcément ceux qui la lisent, merci de l’avoir relevé 😉

    Commentaire par Bruno — 06/11/2008 @ 12:52

  50. Bien sûr Aliocha, prennez le temps que vous voulez pour réfléchir ! Je pose une question qui m’est venue à l’esprit en lisant divers articles ou commentaires récents, mais elle me tourne dans la tête depuis un moment (à peu près depuis que je vis à l’étranger et que je vois la perception biaisée que les français peuvent avoir de ce qui se passe chez moi — et pour autant, en tant que français, je sens bien que je ne comprends moi-même pas tout !). Je n’ai pas de réponse, je ne m’attends pas à ce que la réponse soit simple 🙂

    @ Blogueur influent (45) :
    Ce qui m’amuse, c’est que d’un côté des gens veulent lutter contre le racisme, c’est à dire le fait de mettre les gens dans des cases à priori, en fonction de leur origine uniquement et que de l’autre côté ces mêmes gens se retrouvent parfois à défendre ces mêmes cases, en disant que non non, il est metis et pas noir, ce qui revient à admettre que la case « noir » est bien définie. Mais je comprends le raisonnement, je fais juste un peu d’ironie facile.

    Sur la question du vocabulaire… je n’ai pas d’avis tranché, la question est complexe ! En effet, jusqu’où un terme, parce qu’il est utilisé couramment et a une acceptation populaire, peut être utilisé quelque soit ses sous-entendus ? Finalement, c’est un peu la question du politiquement correct qui revient…

    Commentaire par Rémi — 06/11/2008 @ 13:07

  51. je fête, tu fêtes, il fête, il a fêté, il a été fêter…
    désolée pour cette nieme coquille ( ah vive les relectures sur le papier! :-))

    Commentaire par Phedra — 06/11/2008 @ 13:54

  52. @Phedra: Ce sont les riches donateurs qui iront souper à la Maison Blanche.
    A votre avis, d’où viennent les centaines de millions d’US dollars de la campagne la plus chère de tous les temps?
    L’argent va au pouvoir et le pouvoir va à l’argent.

    Ce que je voulais dire, c’est que Nicolas comme Barrack se sont forgé un peu tout seul leurs identités propres. Ce sont des hommes sans racines profondes. Les Bush, les Clinton, les Kennedy, les Chirac, les Chodron de Courcel, les Mitterrand, les Giscard sont des maisons de vieilles souches. Les Sarkozy de Nagy-Bocsa sont bien extraits de la petite noblesse hongroise mais qui a été précisément déracinée suite à la dernière guerre. Le cosmopolitisme de la famille a été accentué par les noces succesives du président français et celui de son fils. De la même manière, Barrack est Kenyan par son père, WASP par sa mère, Indonésien d’adoption, Afro-Américain chicagolais par sa femme et Américain par la Grâce de Dieu.
    En cela, il devient facile de se projeter sur (ou contre?) ces « homines novi » car leur personnalité incertaine reflète les désirs les plus fous de n’importe qui.

    Attention donc aux miroirs aux allouettes. (suit ici un air connu).

    Aliocha : Entre nous, je leur trouve aussi des points communs, en termes d’image, de pouvoir de séduction, d’âge, de dynamique. Je me souviens d’ailleurs d’avoir entendu un de mes mais me dire que les français n’éliraient jamais Sarko en raison de ses origines.

    Commentaire par PEB — 06/11/2008 @ 14:13

  53. @Aliocha: « traitre » est un mot émotionnellement chargé et très négativement connoté, effectivement. Il ne correspond pas, entendu de cette manière, à mon opinion qui est plutôt admirative : Sarkozy, Chirac ou Mitterrand sont trois exemples d’hommes qui n’ont jamais hésité à traiter leurs amis politiques comme leurs adversaires (sens de l’équité) tant que cela servait leur ascension (ils savent ce qu’ils veulent). C’est une attitude plus rationnelle que la sensiblerie et l’affectivité. Et au moins ces trois-là ne se sont jamais trahis eux-mêmes, je me vois donc forcé de retirer le mot « traitre » qui n’était que partiellement pertinent.

    @Remi: oui il existe un racisme inverse, une manière de vouloir rétablir l’équilibre : « je déteste le racisme, j’adore les noirs »… L’antiracisme le plus logique serait d’être capable de détester autant un noir qu’un blanc ou que quiconque. Mais ce serait possible dans un monde sans racisme justement. De même qu’on pourrait décréter la nullité du billet de banque si on n’était pas le seul à le savoir.

    @PEB : homines novi ou mais pas homines ovni quand même. Obama a un père qui a été quasi-ministre et certains ont refusé de voter pour lui parce qu’il représentait l’establishment (Harvard,…). Sarkozy, en n’ayant pas vraiment brillé à l’école, est peut-être plus original. Par contre comme Nicolas Sarkozy (pour aller dans le sens d’un rapprochement), Obama a un statut religieux intéressant : père athée musulman animiste, mère agnostique chrétienne, et lui-même utilise le mot « dieu » au minimum possible pour un américain. De même notre président est issu de deux religions, se vante d’être chrétien mais est aussi pratiquant (et sans doute aussi croyant) que Siné.

    Commentaire par Blogueur influent — 06/11/2008 @ 14:36

  54. Bonjour

    j’apporte de l’eau au moulin des avis non partagés ici, sur cette élection US :
    http://pushsv2.wordpress.com/2008/11/06/pourquoi-je-ne-suis-pas-une-obamaniaque/

    Commentaire par wildo — 06/11/2008 @ 14:39

  55. @53: Je plussoie en indiquant que ses futurs petits-enfants seront, légalement par leur mère, des Juifs éligibles au « retour » sur la terre d’Israël (joli imbroglio diplomatique en perspective).
    Nicolas comme Barrack représente aussi l’Etablissement: natif de Neuilly-sur-Seine, avocat d’affaires, ami personnel des grands industriels.

    Pour les études, tout le monde ne peut pas avoir la classe (pas celle de Fabrice).

    Commentaire par PEB — 06/11/2008 @ 15:25

  56. La question de la couleur de B. OBAMA a été traité (je trouve) de très bonne façon par Guillemette Faure dans Rue89:
    http://www.rue89.com/explicateur/2008/06/07/etats-unis-pourquoi-barack-obama-est-il-noir

    Commentaire par Jak — 06/11/2008 @ 15:54

  57. @PEB

    Vous avez beau comparer les deux Cvs ( ceux de BO et NS) sous toutes les coutures…à l’arrivée, il y a quand même deux personnalités fort différentes.
    On compare aujourd’hui* BO à JFK, pas à NS…!

    * lire par ex, le dernier Hors Série de « Courrier international »

    Commentaire par Phedra — 06/11/2008 @ 18:12

  58. @Phedra: Je compare ce que je connais. Je n’étais pas né en novembre 1960.

    Je sais que ces deux personnages sont très différents par leur personnalité et leur allure.

    Cependant, il me semble que ces deux hommes d’Etat, élus une année après l’autre, ont des points communs frappants:
    – Leur histoire
    – Leur campagne électorale basée sur le volontarisme mais ancré sur le désarroi et la peur d’une civilisation occidentale en crise
    – Leur environnement politique: un mélange étrange de progressistes libéraux et de conservateurs libertariens, de gauchiste et de droitiers au grand dam de leur majorité politique. Cette piste serait à creuser par les journalistes car elle éclairerait le lecteur sur les équilibres politiques à venir.

    Si j’ai fait ce rapprochment, disai-je, c’est pour percevoir la manière dont la nouvelle administration va gérer les affaires publiques. Or, il me semble que le dirigeant occidental lui ressemblant le plus est, quant à la stratégie politique de ces deux dernières années, notre président bien-aimé.

    Notons qu’en 2002, Nicolas Sarkozy était un personnage assez obscur (ministre du budget et de la comm du gouvernement Balladur, dirigeant ephémère du RPR humilié par les électeurs, maire de la plus bourgeoise des banlieues…). Parasitant, après la réélection de Chirac, le thème de la campagne de 2001-2002, il finit par se faire un nom puis à s’élever sur la plus haute marche du pouvoir. Il se fit élire sur le thème du pouvoir d’achat.
    Pour Barack Obama, le parcours fut plus rapide. A la base, il devint la campagne de Kerry en 2004 puis la crise du crédit (et donc du pouvoir d’achat) l’élit quatre ans plus tard.

    Je suis plutôt pessimiste sur l’avenir des USA et, en tout cas, très réservé sur le délire cosmo-planétaire autour d’un nouveau soi-disant messie. Je me demande d’ailleurs si, devant la duplicité du personnage, on ne va pas regretter la clareté du projet politique de W.

    La girouette McCain et la matrone Clinton n’auraient sans doute pas été aussi brillants que lui mais la bulle médiatico-politique a choisi le plus « Bisounours » de la bande.

    PS: J’ai le droit d’avoir un autre avis qu’une revue sinistro-libérale-libertaire « progressiste ».

    Commentaire par PEB — 06/11/2008 @ 19:00

  59. Imaginez quand 2000 Al gore fût élu président des États Unis, il n’y aurait vraisemblablement pas eu de guerre en Irak, un capitalisme mieux encadré, un pays plus ouvert sur le monde, etc… C’est pour cela que je crois que l’élection d’Obama va nous conduire dans un monde autre que celui de Bush. Le choix qu’ont fait les Américains est plus important que ce que vous ecrivez dans « La féérie Obama »
    Mespech

    Commentaire par LE BAS — 06/11/2008 @ 19:29

  60. @ Phedra en 57

    Je vous propose de dire que Barack Obama est comparé au Kennedy de légende car la comparaison avec la réalité serait beaucoup moins « politically correct ».

    Du coup, je me demande si rapprocher NS avec Kennedy ne serait pas plus judicieux… Mais ce serait faire du mauvais esprit et offenser le chef de l’Etat… Remarquez, si cela ne coûte que 30 euros, pourquoi pas? ^_^
    Je n’ose pas mettre de lien vers un billet qui lance un appel aux dons, il est situé en territoire « ennemi » 😛

    Aliocha : Alors, c’est moi-même qui le mettrai le lien, Eolas n’est pas mon ennemi : http://maitre-eolas.fr/2008/11/06/1199-t-as-pas-trente-euros-que-j-offense-le-president

    Commentaire par Ferdydurke — 06/11/2008 @ 20:45

  61. @ PEB

    « J’ai le droit d’avoir un autre avis qu’une revue sinistro-libérale-libertaire “progressiste”.  »

    Oui vous avez tous les droits, mais là la comparaison ne vient pas d’un journaliste américain mais de Theodore Sorensen qui fût longtemps le collaborateur de JFK. C’est lui qui signe l’article.

    Vous trouvez comme point commun entre BO et NS « Leur campagne électorale basée sur le volontarisme mais ancré sur le désarroi et la peur d’une civilisation occidentale en crise »

    T.Sorensen écrit entre autres à propos de BO et JFK  » les deux hommes prêchent (et incarnent) la politique de l’espoir contre celle de la peur, qui caractérisait le discours républicain de leur temps. »
    ( article paru dans The New Republic)

    Franchement achetez cette revue avant de la dénigrer arbitrairement ( tous les articles de courrier international sont des traductions d’articles des meilleurs journaux du monde entier).

    Commentaire par Phedra — 06/11/2008 @ 21:42

  62. @ PEB 52

    J’avais sauté cela :
    « Ce sont les riches donateurs qui iront souper à la Maison Blanche.
    A votre avis, d’où viennent les centaines de millions d’US dollars de la campagne la plus chère de tous les temps?
    L’argent va au pouvoir et le pouvoir va à l’argent.  »

    Pour soutenir cela sauriez-vous m’expliquer en détail les règles de financement de la campagne américaine ? Et en quoi elle permettrait comme vous dites « aux riches donateurs d’aller souper à la Maison Blanche » ?

    Commentaire par Phedra — 06/11/2008 @ 22:10

  63. Suite à un « Accident très grave de voyageur », je me suis trouvé hier soir, longuement, dans un assez sinistre bar-tabac du Vésinet, en terrasse, là où l’on fume et cause. Il y avait là un certains nombre de jeunes Marocains (entre 20 et 30 ans). Ils ne parlaient que d’Obama. L’un d’entre eux a dit ceci : « C’est la meilleure nouvelle depuis le 11 septembre. » Je n’ai pas compris. Je vous le livre tel quel.

    Aliocha : « Plateforme » de Houellebecq explique cela assez bien. Je me souviens que je venais juste de l’achever quelques jours avant le 11 septembre. Il m’a semblé alors que ces événements n’étaient que le prolongement naturel du roman. C’était assez troublant. Disons qu’il faut se mettre dans la peau des gens qui souffrent dans une grande partie du monde, puis dans la peau de la proportion plus réduite de ceux qui tentent de trouver un responsable et identifient les Etats-Unis comme coupable idéal. Alors les attentats prennent la valeur symbolique d’une révolution susceptible d’entraîner un basculement de l’équilibre du monde. Pour les mêmes, l’élection d’Obama devient une revanche des opprimés sur les oppresseurs.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 06/11/2008 @ 22:29

  64. @ Aliocha sous 60 : Les guillemets étaient apparemment une précaution insuffisante. Cela m’apprendra à tenter de concurrencer Mussipont dans son rôle de « jeteur d’huile sur le feu »! ^_^

    @ Peb et Phedra

    Dons de particuliers : plafonds à 2 300 dollars pour un candidat, 38 500 dollars à un parti sur une année et 5 000 dollars par an à une association politique
    Political Action Comitees (organismes créés par des entreprises, des syndicats et des groupes de pression) : Plafonds à 7 300 dollars par candidat, 15 000 dollars à un parti sur une année et 10 000 dollars à toute association politique.

    Je ne suis pas convaincu qu’un don de 10 000 $ suffise pour aller diner à la Maison Blanche et je suis encore moins convaincu qu’un riche donateur ou personnage influent ait besoin d’ouvrir son portefeuille pour y être invité…

    Le « Center of Responsive Politics », organisme indépendant y compris dans son financement, publie toutes sortes de statistiques et analyses. Concernant la campagne de Barack Obama : http://www.opensecrets.org/pres08/summary.php?cycle=2008&cid=N00009638

    Commentaire par Ferdydurke — 06/11/2008 @ 23:48

  65. Tout d’abord remercier Maître Eolas de m’avoir découvrir votre magnifique plume…

    Ensuite, contrairement à vous et à beaucoup des commentaires écrits ici ou là, je ne sais pas si Obama est noir (par son père), blanc (par sa mère), alsacien (par un de ses 512 aieuls – ai-je cru entendre d’une oreille distraite le commentaire d’une radio…), sûrement métis (comme nous le sommes tous!). Je ne peux pas m’empêcher de trouver cette dimension de la couleur de la peau extraordinairement réductrice (surtout lorsque l’on revient au noir et blanc!), perpétuant d’une certaine façon les préjugés racistes que nous prétendons combattre, obligeant à cataloguer et à cocher la petite case correspondante que la société vous assigne. Je me rappelle avoir été choqué il y a quelques années (vivant à New York en 2000), en remplissant les fiches du recensement américain où il faut marquer que vous êtes blanc, noir, hispano, asiate, native american… (et où il n’était pas possible de marquer que vous pouviez être tout cela à la fois – je me rappelle avoir écrit rageusement que j’étais seulement Français).

    Je sais que tout cela est fait avec les meilleures intentions du monde (l’affirmative action, dont justement Obama n’est pas un des plus grands fans), que rien ne saurait excuser le crime contre l’humanité qu’a pu constituer l’esclavage ou les errements du colonialisme, que certains Etats américains du Sud, à rebours de la tendance générale (comme la Louisiane), ont accordé moins de voix à Obama qu’à Kerry il y a quatre ans (bizarre non?), mais désolé je n’arrive pas à me sentir totalement à l’aise avec cette projection. Je ne peux pas me résoudre à qualifier quelqu’un par la seule couleur de sa peau (« le premier Président noir… »), son sexe ou tout autre caractéristique physique (Sarkozy… le plus « petit » Président français jamais élu au suffrage universel!). Ce qui m’intéresse (et qui me semble autrement plus fondamental dans la conduite des affaires d’un pays), ce sont ses idées (son conservatisme ou son progressisme), son sens des valeurs, sa capacité de jugement et son aptitude à faire bouger les choses, son charisme et la confiance que je peux ou non lui accorder pour assurer la défense des intérêts de mon pays et faire progresser l’humanité dans le bon sens.

    Commentaire par Jmc — 07/11/2008 @ 00:34

  66. @ Jmc

    Certes, mais la couleur de peau est aussi un repère, au même titre que le sexe, la position sociale, l’âge, la nationalité, le cursus, l’histoire familiale, la religion, et cetera : en somme, tout ce qui forge l’identité d’un individu, dont ses valeurs et ses croyances. Ces caractéristiques prennent d’ailleurs tout leur sens et leur utilité dès qu’on dialogue avec quelqu’un de différent, lequel vous trouve lui aussi différent.

    Etant en relation constante, à titre professionnel et personnel, avec des gens qui me sont – au début du moins – aussi étrangers que je le suis pour eux, je peux vous assurer que ces repères sont des facilitateurs et des référents indispensables à l’établissement d’un dialogue, d’une véritable compréhension de l’autre et d’une entente réciproque. Ce sont, par exemple, des indicateurs sur les gestes à faire ou ne pas faire, les mots à dire ou ne pas dire, le mode de vie, les habitudes de travail, les centres d’intérêts, les préoccupations, et cetera. Tout ce qui fait l’autre…

    Aimeriez-vous qu’on vous parle sans tenir compte de votre identité? Ne serait-ce pas négliger ce que vous êtes, d’où vous venez, ce que vous aimez (et n’aimez pas), et cetera ? A titre personnel, quand je dois indiquer ma nationalité dans un formulaire quelconque, écrire « français » m’ampute au bas mot de six années on ne peut plus fondatrices (voir commentaire 36)!

    Ce n’est pas en écartant les caractéristiques individuelles de chacun qu’on peut se comprendre, s’adapter, échanger, partager, construire, dialoguer mais en les reconnaissant. Il est indispensable de considérer l’autre autant pour ce qu’il est que ce qu’il fait si l’on veut dépasser les divergences, les incompréhensions, les préjugés, les malaises, les désaccords, en résumé toutes les barrières qu’il peut exister entre deux individus. Si le mot « interculturel » apparait désormais aux côtés des mots « management » et « négociation » c’est qu’il a été compris qu’évaluer quelqu’un sur ses seules compétences, idées et connaissances est limitant voire contre-productif.

    Obama se revendique américain (et bien au-delà) mais aussi noir (et non métis, terme qui ne s’utilise pas aux USA). Le discours qu’il a tenu à Philadelphie le 18 mars 2008 est éclairant sur ce point.
    Pourquoi donc ne pas le voir ainsi puisqu’il le veut lui-même? Après tout, c’est son droit et sa liberté d’individu. Ne serait-ce pas le nier dans ce qu’il est alors qu’il le revendique, l’assume et en est fier?

    Je crois que la normalisation d’un individu, même pour des motifs louables comme l’égalité des chances et la lutte contre les discriminations de toutes sortes, peut être aussi néfaste que son exclusion. Je précise, afin d’éviter tout malentendu, que je ne vous reproche pas de verser dans l’un ou l’autre : je ne vous reproche rien du tout.

    A mon sens, la meilleure façon de qualifier et de valoriser l’autre se trouve dans l’exercice de l’altérité, laquelle se définit par la reconnaissance de l’autre dans ses différences, laquelle se fonde sur le principe que l’autre doit être reconnu dans son droit d’être lui-même, tel qu’il se définit. C’est, à mon avis, la seule façon – bien plus que la tolérance qui ne pose que des limites – d’accepter l’autre,de le connaître et de le respecter en tant qu’individu.

    C’est aussi très bon pour l’humilité!

    Commentaire par Ferdydurke — 07/11/2008 @ 02:30

  67. N’allez pas chercher midi à quatorze heures…

    L’élection de Barack Obama est l’expression d’un rejet massif des Américains de la politique catastrophique de George W. Bush pendant 8 ans.

    L’Amérique a honte de l’image qu’elle a renvoyée au monde pendant ces 8 longues années, où elle s’est demandée s’il y avait un pilote dans l’avion (y compris le 11 septembre).

    « The game is over ». John Mc Cain n’avait aucune chance dans ce combat, son principal défaut étant d’être « Républicain ». Si Hillary Clinton avait remporté les primaires, elle aurait été élue dans les mêmes conditions.

    L’image d’Obama est bien plus proche de celle de J.F. Kennedy que de Nicolas Sarkozy.

    Ne serait-ce que parce que les deux premiers sont des Démocrates…

    Là où le Président américain voit des opportunités de véritable changement, le nôtre se comporte en opportuniste.

    Commentaire par ramses — 07/11/2008 @ 03:06

  68. @ Remi
    je ne pense pas, pour ma part, qu’il y aitune définition de « noir clair », ou de « blanc foncé ». je pense plutot qu’il y a une notion de métissage qui représente la voie naturelle à l’évolution de l’homme. c’est pour moi et depuis longtemps, la seule issue à la disparition des notions fausses de races comme l’expliquait si bien Albert Jacquard. avec le danger actuel pour les métis d’être victimes d’un double racisme. mes beaux petits enfants (les petits enfants de ma compagne) sont mi-coréens, mi-poitevins. croyez vous qu’ils soient l’un ou l’autre? non. mais pourtant je vois, à travers eux, et à travers l’election de Monsieur Obama l’espoir d’une abolition naturelle des discriminations. independament des charges culturelles propres à un pays.
    mais ensuite, qu’un métis se sente plus proche d’une communauté ou d’une autre, c’est un autre débat.
    mais j’irais jusqu’à dire que présenter B.Obama comme noir, c’est peut etre communautariser cette election (ça se dit ça?) plutot que le contraire. et c’est dommage.

    Commentaire par leinad — 07/11/2008 @ 08:37

  69. @ Ramses

    « N’allez pas chercher midi à quatorze heures… » On ne cherche plus, on l’a trouvé sur un autre fuseau 😉
    Me permettez-vous d’ajouter arriviste à opportuniste? Obama = Kennedy, Sarkozy = Rastignac et Chirac = Le père Goriot ? O_o

    @ leinad

    Les deux liens proposés par Bruno en 49 et Jak en 56 illustrent bien que présenter Obama comme noir n’a rien de dommage, de réducteur ou pire encore. Il le revendique lui-même (mais pas seulement cela), en explique très bien le sens, la valeur et la portée dans son discours de Philadelphie, lequel vaut vraiment la peine d’être lu : http://philippe-boulet-gercourt.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/03/20/l-integrale-du-discours-d-obama-en-francais.html

    J’aurais aimé y assister.

    Pour la suite, wait and see…

    Commentaire par Ferdydurke — 07/11/2008 @ 09:13

  70. Pour moi l’élection d’OBAMA est d’autant plus intéressante qu’elle interroge notre société : on se met à regretter qu’il n’y ait pas un OBAMA au PS, on fait mine de découvrir le peu de noirs et d’enfants de l’immigration aux postes stratégiques ( en politique mais aussi dans les hautes sphères économiques), etc.
    Un phénomène Obama est-il aujourd’hui possible en France ?
    J’en doute. Trop d’obstacles !
    Par ailleurs, je crois que la comparaison NS/Obama ( cf. les commentaires précédents dont 52) tourne court : NS baigne dans la politique et les milieux industriels depuis très très longtemps. De ce que j’ai pu lire, c’est tout le contraire pour Obama. Il n’y a pas si longtemps le nom de Barack Obama était inconnu de la plupart des Américains.
    En France, les politiques qui occupent les postes stratégiques ont des milliers d’heures de vol derrière eux !

    Commentaire par Phedra — 07/11/2008 @ 09:41

  71. @ Aliocha sous 1

    Je viens juste de voir votre commentaire. Disons que se penser soi-même « camusien » aide autant à sentir cette influence chez vous que la lecture et la relecture de ses chroniques et articles (si ça ce n’est pas du compliment vitaminé pour une journaliste… de quoi pouvoir tenir la dragée haute à tous les avocats fesseurs de la place de Paris… 😉 ). De plus, quand on sait l’importance des Frères Karamazov et des Possédés dans la construction de la pensée de Camus (la situation absurde de l’homme et sa révolte contre cet état) même s’il diverge de Dostoïevski dans ses conclusions (la foi en l’homme substituée aux principes religieux), votre pseudonyme prend un sens particulier. Camus n’y est peut-être pas étranger.

    Aliocha : Joli le « Camus n’y est peut-être pas étranger » 😉 j’ai toujours pensé en effet que Camus était un Dostoïevski sans dieu mais qu’il partageait la même vision de l’homme que son maître russe. Les romans m’intéressent peu, mais Les justes, Caligula, le mythe de Sisyphe et l’Homme révolté sont des oeuvres immenses.

    Commentaire par Ferdydurke — 07/11/2008 @ 10:18

  72. @ leinad (68) :

    Ne le prenez pas mal, mais votre commentaire illustre exactement ce que je pointais (ou que j’essayais de pointer) dans les miens : d’une part la réticence à admettre que la distinction noir/blanc puisse avoir un sens, en en restreignant la définition à un critère purement physique (ce qui est l’essence même du racisme) — alors que pour les américains, il a un sens social et culturel très fort, au dela de l’aspect physique. Et d’autre part, l’effet pervers sur notre perception des évenements à cause des médias français qui utilisent le terme « noir » avec tous les sous-entendus qu’il a dans notre société alors que le terme « black » (ou african-american) renvoie à une image sociale totalement différente aux USA : non, présenter M. Obama comme noir n’est pas communautariser l’élection, c’est simplement rendre compte d’une distinction sociale très pertinente aux USA.

    Par ailleurs, on peut discuter de la communautarisation (?) des USA par le simple fait que ces distinctions raciales (au sens anglais du mot, bien moins péjoratif qu’en français) aient une telle importance pour tout le monde là-bas. Mais est-ce que la France, où il est interdit par la loi de faire ce genre de distinctions, est pour autant protégée du communautarisme ?

    Commentaire par Rémi — 07/11/2008 @ 10:37

  73. Je lis à l’occasion Courrier international. J’en fus même un des premiers lecteurs. C’est une bonne revue mais, et elle l’assume, qui a quelques partis pris idéologiques. Le témoignage de cette éminence de 1961 est sans doute remarquable de justesse. Je préfère toutefois utiliser un élément de comparaison contemporain. Le monde a évolué en 42 ans et je ne sais pas combien de lecteurs de ce bloc peuvent se la rémorer clairement.

    Pour les dons, je ne sais pas. J’ai sans doute péché par naïveté. Cependant, le plafonnement ne peut-il pas être contourné?
    En tout cas, le futur chef de cabinet Rahm Emmanuel a eu un passé de banquier d’affaire. Ceci signifie que Barack Obama est très à l’aise avec les gens d’argent. Harvard n’st pas non plus un repaire de va-nu-pied. Si l’étudiant Barack n’était pas le plus riche, il cotoya la fine fleur de la jeunesse dorée de la côte Est.

    La campagne d’Obama usa du thème de la rupture (« We can change ») chère à notre président, rupture par rapport aux pesanteurs de la vie politique et économique.

    Si W. représenta la terreur face à la terreur, Barack Obama fut le candidat de la crainte face aux lendemains qui déchantent, son grand électeur étant la crise en personne. Les élections de cette semaine ont été une bonne cuite collective, histoire d’oublier ses malheurs. McCain avait, en revanche, cette foi optimiste en l’avenir de la nation, alliée au bon sens positif américain qu’incarnait à merveille sa colistière.
    Nicolas Sarkozy parla du pouvoir d’achat. Il sentit que les Français réclamait des moyens d’existence décents. Cette intuition fut renforcer par l’érosion générale de la finance qui débuta six mois après son élection. Les marchés français, à la différence du Dow Jones, ne s’étaient pas remis de l’éclatement de la bulle du printemps 2000.
    Il me faut bien concéder cette différence notable entre les deux présidents qui est que l’un est un président de pré-crise l’autre celui de la crise.

    Bref, cette comparaison, qui n’est pas raison, avait pour but non pas de dire: « Barack est le le petit Nicolas en plus grand, » mais de montrer les similitudes des histoires des deux dirigeants. L’analogie n’a pas de force démonstrative per se mais elle permet de s’interroger sur un avenir plus qu’incertain.

    Commentaire par PEB — 07/11/2008 @ 10:46

  74. @remi 72

    très juste la fin de ce commentaire!

    @ pEB

    Que le futur chef de cabinet « Rahm Emmanuel ait eu un passé de banquier d’affaire ». Que Barack Obama soit « très à l’aise avec les gens d’argent »…J’ai envie de dire tant mieux. Il n’est pas totalement là par hasard ! 🙂

    Maintenant dans le  » We can change » il y a le « We » interprété plus comme le symbole de la « réconciliation » ( c’est le pouvoir des messages), que comme le signe d’une « rupture » à la NS…
    Parenthèses : c’est aujourd’hui que la « rupture » se manifeste dans les discours de NS ( c’est le pouvoir de la crise).

    Commentaire par Phedra — 07/11/2008 @ 11:56

  75. @Aliocha :

    Je remarque que vos articles, ma chère, attirent de plus en plus de monde, vous êtes déjà à 75 commentaires… 🙂

    Commentaire par Triskael — 07/11/2008 @ 13:16

  76. PEB semble souffrir de Sarkozyte aigüe !

    Mais je partage avec PEB plusieurs point communs dont l’usage du français, la culture française, l’intérêt pour l’économie et la finance.

    La comparaison me semble assez étonnante et drôle. 😀
    « Oh, my god! » a dit ma conjointe canadienne.

    Obama a sévèrement critiqué la politique géopolitique, économique et sociale de Bush avec qui le petit Nicolas a fait plusieurs ronds de jambes alors même que la grande majorité des américains ne le supportaient plus. Son thème le changement est un thème assez classique pour un politicien de l’opposition. C’est plus surprenant quand le candidat français fait partie du gouvernement. Quand à la réconciliation d’Obama, il n’a pas parlé de karcher me semble t’il.

    Les humoristes québécois ont imité ce petit guignol avec De Funes. Que pensez vous PEB de la comparaison ?
    Sarkozy : La Crise au Québec… pauvre con [Video]
    😀

    Commentaire par paul2canada — 07/11/2008 @ 14:02

  77. @ Rémi
    non seulement je ne le prends pas mal mais je trouve votre propos tres bien construit et illustré, et cette distinction culturelle entre nous et les américains n’est pas sans interet. mon point de vue était plus orienté justement socio-culturel, mais d’un point de vue européen, certtainement, car je le soulignais avec Albert Jacquard, la distinction physique est infondée.
    et le communautarisme en france est beaucoup plus malsain.
    et j’ai lu avec interet la traduction du discours d’Obama, et il est un petit passage que je savoure:
    « Mais c’est une histoire qui a gravé au plus profond de moi l’idée que cette nation est plus que la somme de ses parties, que de plusieurs nous ne faisons qu’un. »
    en somme, c’est la théorie de la forme: une entité n’est pas faite par l’addition des éléments qui la compose, mais par la relation qui existe entre ses éléments.
    du coup mes propos étaient plus génériquement philosophiques que contextuels. enfin j’éspère…
    en tous cas, merci, Rémi de cette possibilité de débattre de la sorte, et merci à Aliocha d’en offrir la trame et le terrain.

    Commentaire par leinad — 07/11/2008 @ 14:06

  78. @Paul:
    Merci pour votre soutien moral.
    En fait, la comparaison du grand et beau Barack avec le petit Nicolas m’est venu après les élections. C’est le discours de Chicago qui m’a mis la puce à l’oreille ainsi que l’excellent documentaire passé sur Arte le 04/11 à 21 h. Il y avait là un passage sur sa présidence d’ouverture de la Harvard Law Review.

    Je crois que notre président était toutefois mieux armé que le nouvel élu pour entamer son mandat. Il avait une grande expérience des ministères et de la gestion du secteur public local (Neuilly-sur-Seine, les Hauts-de-Seine). La situation mondiale était plus facile il y a 18 mois.

    Je ne sais pas comment Obama va gouverner mais je pressens que cela ne va pas être facile de diriger une nation en état de choc.

    Je suis content d’avoir fait rire de l’autre côté de l’Océan. 😉

    Pour parler d’autre chose, quelque part le « bronzato » de Berlusconi, personnage haut en couleur de la comedia del’arte moderne, est assez juste. Je ne vois pas en quoi on en fait tout un plat. Comme dirait Molière, « ce bronzato est heureux, il vaut toute une pièce! »
    Qualifier Obama de « bronzato », c’est lui dénier sa qualité de nègre (j’emploie ce mot à dessein avec toute sa charge esclavagiste) revendiquée par une partie de ses supporters et le faire entrer dans la cour des dirigeants blancs mais bronzés comme l’est l’excellent Cavaliere après des vacances sardes bien méritées. Obama est fondamentalement un blanc teinté de noir africain. Son lignage paternel est une succession de Kenyans de condition aussi libre que celle des Pères pélerins. Sa négritude américaine, c’est Michelle qui lui a donnée.
    Les masques commencent à tomber et pourtant non inita est fabula.

    Commentaire par PEB — 07/11/2008 @ 16:22

  79. Article plutot juste.

    Obama ne va pas soigner le cancer, ni supprimer la faim dans le monde, mais bon.
    Celà devrait raviver la flamme des américains concernant leur pays, qu’ils croyaient en profond déclin. Et en effet, le symbole est acquis, la porte est maintenant grande ouverte.

    Je ne sais pas si cette vidéo/musique est connue, mais la réalisation est vraiment réussie, n’hésitez pas à y jetter un coup d’oeil : http://owshitz.wordpress.com/2008/11/07/obamania/ . Une ôde au président du monde.

    Commentaire par NeoOoeN — 07/11/2008 @ 16:52

  80. @PEB
    L’ouverture c’est un peu moins pratiqué que le thème du changement mais ça reste un classique en politique qui est assez bien perçu dans l’opinion publique. Il faut voir si la motivation derrière est sincère, positive et bénéfique dans l’intérêt général. Ensuite il faut regarder les actions et résultats réels.
    Grande expérience ne signifie pas grande compétence, loin s’en faut quand on regarde notre actualité.

    Je partage avec Berlusconi la langue italienne mais là s’arrête la comparaison.

    Pour revenir a Obama, espérons qu’il sera le nouveau Rooselvelt dont a besoin l’Amérique en ces temps difficiles.

    Commentaire par paul2canada — 07/11/2008 @ 17:19

  81. Oups une erreur de frappe.

    Franklin Delano Roosevelt

    Commentaire par paul2canada — 07/11/2008 @ 17:25

  82. le 11 septembre 2001, j’étais au bureau, rue des petites écuries à Paris et soudain une clameur s’éleva autour de moi, elle grandissait avec le nombre des personnels qui s’y interessait soudain. Lorsque j’ai su ce qui se passait, je n’ai pas souhaité me mettre devant l’écran d’ordinateur qui diffusait les images. Je n’ai jamais vu ces images

    .Je suis retournée dans mon bureau, me disant, ceci devait arrivé, depuis quelques temps déjà le malaise grandissait. Nous parlions alors volontiers de l’arrogance des états unis, la Rome des temps moderne.

    Ce fut bien entendu une horreur, mais dans l’échelle de l’horreur il y eut bien pire. Je n’ai pas vraiment compati, je le reconnais. Pourtant je ne suis pas quelqu’un d’insensible ou d’indifférent. Je crois seulement que le fruit était bien mur et que quelque chose devait se passer pour mettre un coup d’arrêt au cynisme.

    G.W BUSH le chrétien, a tranché pour la guerre, il a mis toute sa haine, toute la foi de sa religiosité apre et sectaire dans un combat contre le mal, il a fait le malheur du monde, tué des innocents, enfermés des hommes sans procés, profité de la situation pour réduire les libertés individuelles et installé la rancoeur au fond des entrailles des peuples musulmans. Il a mis en danger la planète pour un temps qui est loin d’être passé.

    J’aurais bien voulu que les circonstances soit différentes, mais les tours ont explosées et des humains ont perdu la vie pour payer le tribu du mépris, de l’impérialisme, du cynisme, des decenies d’abus de pouvoir, de spoliation, de stratégie capitaliste conduisant à introniser des pouvoirs opportunistes dans des régions du monde qui avaient peut être seulement besoin pour apprécier la démocratie, de temps, d’évolution des moeurs et des mentalités comme ce fut le cas pour nos vieilles démocraties. Le temps de regarder autour de soi, de réfléchir et de choisir. Mais non il fallait aller plus vite, quitte à déstructurer complètement des régions entières de la planète, à les saigner de leur culture, à les culpabiliser de n’être pas encore ce que nous sommes.

    Bref, ces temps oeuvrent toujours aujourd’hui, et il faut apaiser les rancoeurs pour reconstruire des relations audibles et sensibles.

    Le peuple américain, défait, déchiré, économiquement ruiné, s’est soulevé et a dit : yes we can, et finalement yes we did.

    Il fallait au moins cela pour redonner au monde du sens, pour répondre à l’attente de millions d’individus dans le monde qui regardait le ciel en se disant : quand se passera t il quelque chose, quelque chose de beau, enfin ?

    Ce n’est finalement rien ce qui s’est passé, seulement un homme qui a pris la parole et qui a dit autre chose aux gens, qui a parlé à la grandeur de chacun d’entre nous, qui lui a rappelé que sa vie d’homme n’est pas si petite et insignifiante qu’on voudrait bien lui faire croire. Je suis heureuse de cet évènement, il ne changera pas la face du monde mais il a changé la race des hommes au pouvoir pour un temps, la partie un peu plus lumineuse de l’humanité à la charge aujourd’hui de restaurer l’image même de notre humanité, et de permettre à nouveau à l’humanisme de se manifester.

    amicalement
    fable de venise

    Commentaire par fabledevenise — 07/11/2008 @ 18:17

  83. Et si l’on parlait un peu de l’avenir ?

    La véritable révolution américaine aura lieu dès la prise de pouvoir de Barack Obama, en janvier, avec une Equipe complètement renouvelée.

    Mais une première mesure interviendra dans les prochains jours, un « gel » de 90 jours des expulsions des emprunteurs incapables de rembourser leurs crédits immobiliers « subprimes ».

    Puis un autre « gel » du plan Paulson de 700 milliards € au profit des Banques. Ce « trésor de guerre », voté par le Congrès et le Sénat, permettra d’aider tous ceux qui sont en difficulté (Particuliers, Entreprises) et fera repartir l’Economie, en créant du pouvoir d’achat. Les Banques devront se débrouiller seules… Nombreuses absorbtions/fusions et quelques faillites en perspective.

    Pendant ce temps, l’Europe, avec à sa tête notre cher Président jusqu’à la fin de l’année, va essayer de trouver un consensus avec l’Amérique (réunion du G20 dans 8 jours à Washington), sur l’encadrement du système financier international… Problème, leurs interlocuteurs seront George W. et sa clique (Paulson, Bernanke, etc…), qui ne seront plus en fonction dans deux mois… A part quelques agapes, je ne vois pas ce que les Européens peuvent espérer de ce déplacement à grands frais !

    Bref, un fossé considérable va se créer des deux côtés de l’Atlantique et l’on assistera à un rebond de l’Economie américaine, tandis que nos « vieux pays » s’enfonceront dans une crise profonde… A moins que notre plan d’aide aux Banques ne se transforme à son tour en un plan d’aide à l’Economie, mais il ne faut pas trop rêver…

    L’ère Obama nous réserve pas mal de surprises. Voilà un bon sujet pour la Presse économique 😉

    Commentaire par ramses — 07/11/2008 @ 19:39

  84. Ca y est… je l’ai retrouvée! http://www.grey.com . Dans le diaporama qui défile en bas de page, il est une image créée par cette agence de communication new-yorkaise, laquelle incite à la réflexion sur la couleur de peau de chacun des deux ex-candidats majeurs… Pour ma part, je trouve cette vision plus en accord avec leurs parcours respectifs… Je propose donc d’échanger un préjugé contre un autre… 😀

    @ Aliocha sous 71 : Merci. Le jeu de mots était facile… Peu de goût pour les romans de Camus? Pourtant – et j’enfonce une porte ouverte après que vous m’ayez retenu de passer par la fenêtre – Camus a organisé les cycles de son oeuvre sous forme de triptyques théâtre/essai/roman (le malentendu et Caligula / Le mythe de Sisyphe / l’étranger pour l’absurde, Les Justes et L’état de siège / L’homme révolté / La peste pour la révolte prométhéenne). Ceci dit, j’abonde dans votre sens : Camus est un Dostoïevski sans dieu. Son recueil de nouvelles « L’exil et le royaume » regorge de cette vision d’homme sans dieu. Belle formule, Aliocha.

    J’ai envie d’ajouter un homme qui finit par s’avouer vaincu dans sa quête du bonheur de l’homme. C’est La Chute, qui n’est ni associé à une pièce de théâtre ni à un essai. Une exception pour en finir… une fausse exception car La Chute est à la fois oeuvre théâtrale, roman et essai. Son héros joue un rôle, la forme narrative est théâtrale et ce livre présente le dernier stade de la pensée de Camus : la chute. Celle de l’homme, quasiment christique, ainsi qu’il y est présenté via son héros Jean-Baptiste, juge et pénitent, lequel se croyait réalisé et se découvre bas, tel qu’il est vraiment.

    Après Sisyphe et Prométhée, on pourrait penser à Icare, l’homme qui chute pour avoir voulu s’approcher de la lumière. Je crois que pour Camus le constat est pire : il n’y a même pas de lumière accessible à l’homme. La chute de Jean-Baptiste Clamence, c’est la triste confession qu’il n’y a pas de bonheur possible, pas d’espoir possible dans la vie. Que la lumière n’existe pas.

    Commentaire par Ferdydurke — 07/11/2008 @ 20:01

  85. par rapport au plan de sauvetage des banques lire l’article de naomi klein

    http://pushsv2.wordpress.com/2008/11/07/naomi-klein-lultime-pillage-de-bush/

    Commentaire par wildo — 07/11/2008 @ 23:45

  86. « Je suis heureuse de cet évènement, il ne changera pas la face du monde mais il a changé la race des hommes au pouvoir pour un temps, la partie un peu plus lumineuse de l’humanité à la charge aujourd’hui de restaurer l’image même de notre humanité, et de permettre à nouveau à l’humanisme de se manifester. »

    Non ça ne changera rien – tu confond ton propre désir d’humanité avec celui d’une image montée de toutes pièces. C’est tout à ton honneur d’avoir toi ton désir d’humanité. Mais ce n’est pas Obama qui l’incarne juste son image … tu comprends – alors que toi tu semble sincère …

    Commentaire par wildo — 07/11/2008 @ 23:48

  87. @ Wildo

    Merci pour ce lien. Je n’avais pas connaissance du rapport de Naomi Klein lorsque j’ai posté à 19:39, mais nos opinions se rejoignent…

    J’ai par contre suivi attentivement la conférence de presse de Barack Obama en direct de Chicago. Certes, il n’a pas dévoilé ses plans, en rappelant « qu’il ne pouvait y avoir qu’un Président à la fois », mais je suis persuadé qu’il va geler le plan Paulson, qui est à ce jour pratiquement intact. Ses conseillers vont « auditer » tous les responsables de la Maison Blanche, en attendant la prise de pouvoir officielle en janvier.

    Il a dit ce qu’il fallait en 7 minutes, ni trop, ni trop peu. Ce qui a fait dire sur LCI à une Prof d’Economie de Dauphine qu’il n’avait pas dit grand chose et qu’il paraissait fatigué ! On mesure le fossé qui sépare Harvard de Dauphine 🙂

    Le but de cette conférence inédite pour un Président fraîchement élu est, à mon sens, de mettre en garde l’Administration Bush contre tout « pillage » avant sa prise de fonction. Le cas échéant, George W. aura des comptes à rendre.

    Il a également fait savoir, dans un communiqué, qu’il ne participerait pas au sommet du G20 à Washington dans 8 jours. La Loi ne le lui permet pas, car il ne sera investi qu’en janvier. Ce sommet n’a donc aucun sens, comme je le disais plus haut. Nicolas Sarkozy entend faire « rendre gorge » aux Américains, qu’il juge avec raison responsables de la crise financière… Son « timing » (fin de la Présidence Française de l’UE au 31/12) ne correspond malheureusement pas avec celui de Barack Obama ! Il propose d’ores et déja un 2ème sommet 90 jours après l’investiture, mais j’ai le sentiment que Barack Obama aura mieux à faire à ce moment là.

    Bref, on se retrouvera seuls à gérer la crise 😉

    Commentaire par ramses — 08/11/2008 @ 01:17

  88. Hier soir, le président élu, malgré ses précautions oratoires, vient de prendre discrètement le pouvoir.
    Comme disait les journalistes, les orientations de Barack sonnent comme des ordres à la Maison-Blanche.

    Les USA bénéficieront d’un plan de relance keynesien avec:
    – attention portée aux chômeurs
    – relance de l’industrie automobile en développant des voitures moins gourmandes en carburant
    – sauvegarde des moyens d’existence de la classe moyenne
    – préservation du système financier américain et mondial
    – à terme, réforme majeure de la santé et de l’éducation
    Il a ajouté que ça ne va pas tout de suite être drôle.

    Ce plan doit être exécuté dès avant l’inauguration de sa présidence. Cela explique la mise en place dès aujourd’hui de ses politiques.

    Commentaire par PEB — 08/11/2008 @ 17:16

  89. Revenons sur les évènements.

    George Walker Bush fut, en 2004, le candidat de la guerre globale contre la terreur.
    Barack Hussein Obama était celui de la peur face à la crise. Une fois élu, la crise a pris le pouvoir et a confié dès le petit matin blafard de mercredi les rennes de l’Etat. Les protestations constitutionelles de l’impétrant n’y feront rien, le sortant n’est plus que l’ombre de lui-même, comme une marionnette entre les main du nouvel élu.

    Car, dans cette affaire, il n’y a au fond qu’un seul Grand Electeur, Madame la Crise.

    Commentaire par PEB — 09/11/2008 @ 01:28


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