La Plume d'Aliocha

30/10/2008

A propos d’une non-affaire

Filed under: Eclairage — laplumedaliocha @ 11:21

Certains lecteurs n’ont retenu qu’une chose du billet précédent, que je plaidais pour le droit de la presse à l’incompétence. Rien n’est moins vrai. Mais il faut avouer que j’ai parlé de la forme en omettant d’argumenter sur le fond. J’aurais aimé passer à autre chose car cette querelle, quoique nécessaire, n’en est pas moins lourde à porter. Il n’empêche, je vous dois une explication technique sur les raisons de cette divergence fondamentale de vues entre l’avocat et la journaliste.  L’affaire de l’homme qui quitte son procès avant sa condamnation à 10 ans de prison pour viol en réunion ne méritait en rien de mettre la presse en accusation. Nous avons ici un concentré classique de toutes les raisons qui mènent à détester les journalistes, le tout présenté avec un admirable sens de l’argumentation. Normal, un bon avocat doit être en mesure de soutenir avec la même aisance une chose et son contraire. Je le sais, je l’ai fait durant trois ans. Le jeu est amusant, mais il est dangereux car il finit parfois par brouiller les lignes entre le vrai et le faux, le juste et l’injuste, l’important et l’accessoire. Voici donc ma réponse au fond, sous la forme d’une foire aux objections. 

Les journalistes, fidèles à leur réputation de charognards, traquent systématiquement les erreurs judiciaires.

Faux. En réalité, les journalistes s’intéressent depuis toujours à la justice et pas seulement dans les moments où elle va mal. Ce n’est pas à des juristes que j’apprendrais ce que la justice peut avoir de passionnant, ce qu’elle nous enseigne sur l’homme et sur la société. Il ne faut pas s’étonner qu’elle interpelle ceux qui font profession d’observer le monde.  S’agissant des erreurs et dysfonctionnements, il se trouve que c’est l’un des rôles de la presse que de les révéler au public. Ce qui explique en grande partie l’irritation qu’elle suscite. Personne n’aime les messagers de mauvaises nouvelles, encore moins ceux qui sont directement concernés. Ce point est capital car il explique en grande partie la colère suscitée par l’affaire qui nous occupe. Dans un contexte de révolte judiciaire, une première affaire d’erreur de plume aboutissant à la remise en liberté d’un homme accusé de viol est suivie par une deuxième affaire cette fois de fuite en plein procès. La loi des séries sans doute, mais on attendait les journalistes au tournant. Si la première faute était incontestable, la deuxième ne devait pas passer. Et pour sauver la justice, on discrédite les journalistes sur le mode : ce n’est pas un problème de justice, c’est une incompétence de journaliste. On est habitués, tous ceux qu’on dérange nous traitent d’imbéciles. N’empêche, il y a des limites.

Ce n’était pas le moment d’en parler, les journalistes l’ont fait exprès, ils ont été manipulés par le pouvoir pour contrer la révolte des juges.

Je ne crois pas un instant à la thèse de la manipulation. Il y a beaucoup de risques qui pèsent sur l’indépendance de la presse, mais ils se traduisent en pratique par une censure, rarement, voire jamais par un article téléguidé. Quant à imaginer que la Chancellerie ait pu attirer l’attention d’un journaliste sur le sujet, avouons que ce serait un jeu dangereux. J’ignore qui a alerté la presse dans cette affaire. Il y avait peut-être un journaliste à l’audience, à moins que ce ne soit l’un des avocats de la partie civile. Un article évoque une source policière. En tout cas je suis persuadée qu’elle est sortie le plus naturellement du monde. Sur la question de l’opportunité de révéler une information, c’est malheureusement une difficulté récurrente pour la presse et qui se pose souvent dans des circonstances autrement plus graves que celle-ci. Attaquer un homme politique c’est mettre en péril la raison d’Etat, révéler un scandale dans une société cotée, c’est menacer son cours de bourse, ramener des photos de talibans, c’est faire mal aux familles des soldats tués en Afghanistan. Pourtant, il faut toujours sortir un article, même s’il dérange, surtout s’il dérange, ça veut souvent dire qu’il est essentiel. Car si un journaliste vient à prendre en considération d’autres intérêts que l’information, fut-ce pour les raisons les plus louables, il entre dans un processus de manipulation. Or, nous savons tous que la vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain, que ce que l’on croit juste à un moment donné pourrait bien ne plus l’être ensuite. 

La presse s’est intéressée à une non-affaire.

Nous voici au coeur du sujet. Vu par un juriste, peut-être. Mais il se trouve que le journaliste est en dehors du système et qu’il l’observe. Le problème, hélas classique en matière de presse, c’est que chaque spécialiste a tendance, même inconsciemment, à se sentir détenteur exclusif de son domaine de prédilection. De fait, l’expert vit particulièrement mal qu’un non professionnel ose entrer dans sa sphère et prend comme une offense la moindre approximation. Si l’on ajoute à cela qu’un journaliste est tenu professionnellement, je dis bien tenu, de vulgariser, le conflit devient inévitable. C’est une autre raison pour laquelle les journalistes sont critiqués. Tout le monde ne supporte pas la vulgarisation. Les juristes y sont particulièrement allergiques. Objectivement, on ne peut pas dire ici qu’il s’agisse d’une non-affaire. Mais alors pas du tout.

Peut-être, mais ce n’est pas un dysfonctionnement de la justice.

Voilà une objection intéressante.  Il n’y a pas eu de dysfonctionnement mais la stricte application de la loi, donc il n’y a pas de problème et pas de sujet d’article.  Nous touchons ici à un malentendu que je qualifierais de culturel entre le juriste et le journaliste. Pour le juriste, dès lors qu’il y a application correcte de la loi, la situation envisagée est irréprochable. Le journaliste, lui, pense par définition, par nature, par réflexe professionnel qu’aucun système n’est irréprochable. C’est comme ça, et je ne crois pas que ce soit plus condamnable que la position inverse. Notre métier nous impose cet esprit critique, cette distanciation, cette capacité à douter. Donc le journaliste, en voyant qu’un homme quitte son procès juste avant d’entendre sa condamnation, s’interroge sur le système judiciaire. Est-ce une si terrible offense ? Est-ce réellement une faute impardonnable ? Est-ce, comme on a tenté de le faire croire, la preuve d’une ignorance crasse ? Non, c’est un réflexe professionnel. Un réflexe qui nous rend particulièrement détestables aux yeux de ceux qui ont le sentiment que le système qu’ils défendent se porte mal. Et l’on nous dit : « en vertu de la loi du 15 juin 2000, on n’oblige plus celui qui comparait libre à se constituer prisonnier,  il est libre de partir, par conséquent il n’y a pas eu dysfonctionnement ». Certes, celui qui n’est pas en détention provisoire comparait libre. Et justement cet homme a été en détention provisoire avant d’être libéré sur décision de la chambre de l’instruction. Et c’est bien cela qui dérange, c’est cela qu’on ne veut pas entendre. Loin de moi l’idée d’accuser les juges de laxisme. Loin de moi l’idée de dire quand l’accident se produit « allons, c’était évident qu’il fallait le maintenir en détention, la preuve ». Pour autant, les faits sont têtus, s’il n’y a pas eu faute, si on ne peut pas demander aux juges d’êtres des voyants extra-lucides, si on ne peut tout à la fois les taxer de laxisme et les accuser de sévérité excessive,  il y a bien eu un problème. C’est ennuyeux, mais c’est ainsi. S’il avait été en détention provisoire, il n’aurait pas comparu libre et n’aurait pas pu partir. Outreau nous empêchera à jamais de plaider pour la détention provisoire systématique. Oui la liberté doit être le principe et oui cela comporte des risques et oui aussi il vaut mieux un coupable dehors qu’un innocent en prison. Mais pourquoi refuser de dire les choses simplement ? Pourquoi traiter les journalistes d’imbéciles parce qu’ils se penchent sur l’affaire et aller jusqu’à dire que c’est une non-affaire ? Par ailleurs, je découvre dans une interview du procureur général de la Cour d’appel de Montpellier, ici, que c’est le troisième cas de ce type dans cette juridiction depuis l’entrée en application de la loi. Tiens, ça pose peut-être question, ça, non ? Pourquoi nier que cela puisse faire l’objet d’un débat ? Parce que, me répondra-t-on, on va jouer sur les peurs, risquer un durcissement de la réglementation. C’est possible, mais alors il faut museler les journalistes parce que notre démocratie est trop immature pour discuter intelligemment d’un sujet ? Je crains malheureusement que nous en soyons là.

Les journalistes ont mal présenté la situation et utilisé un vocabulaire approximatif.

Ah bon ? Ils ont écrit en effet qu’un violeur s’était enfui lors de son procès. Et le juriste méticuleux intervient pour préciser de manière fort légitime que l’homme comparaissait libre et qu’il était par ailleurs encore présumé innocent lorsqu’il est parti. Parfait, la précision est très intéressante. Le résultat de tout ceci n’est-il pas qu’un homme condamné pour viol est dans la nature ? La conclusion judiciaire n’est-elle pas le lancement d’un mandat d’arrêt européen pour le retrouver, ce qui montre que la justice elle-même trouve qu’il y a un problème ? Où est donc l’erreur impardonnable des journalistes, quelle mauvaise idée ont-ils mis dans la tête du public ? Quelle abominable faute ont-ils commise ? Je regrette, mais je n’en vois pas. La situation lorsqu’ils l’ont décrite était bien qu’un homme condamné pour viol était dehors au lieu d’être en prison ainsi que l’avait décidé la Cour. Il était libre et innocent quand il est parti ? En langage humain cela s’appelle néanmoins s’enfuir. Je conçois la nécessité de la précision technique, je n’aime pas qu’elle débouche sur la négation de la réalité.


Au fond, ce qui dérange dans cette affaire, c’est que sa révélation puisse peser un peu plus sur l’image de la justice, c’est que le gouvernement s’en saisisse pour contrer les juges, ou bien encore qu’elle inspire des tentations de placement en détention provisoire. Ce serait regrettable en effet, mais si cela devait arriver, nous n’y serions pour rien. Ce qu’on nous reproche, c’est de ne pas assortir chaque nouvelle judiciaire d’un long plaidoyer sur la qualité des magistrats français et d’un réquisitoire tout aussi détaillé sur les insupportables politiques qui les étouffent sous un flot de textes incohérents et les asphyxient par manque de moyens. Tout le monde rêve d’un journalisme dévoué à sa cause. Et quand on ne répond pas à ce fantasme, on est voué aux gémonies, traité d’imbécile ignare. Une erreur de vocabulaire, une imprécision dans le récit des faits, une contradiction ? Victoire on tient la preuve que nous avons tort et l’on peut ainsi enterrer le débat ! C’est classique, lassant et dangereux pour la démocratie.


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86 commentaires »

  1. Boujour,

    À mon tour de me faire l’avocat du diable…

    – Pourquoi cette affaire est-elle une goutte d’eau qui fait déborder le vase ? Peut-être parce qu’il est plein. Je me demande si certaines réaction ne sont pas dues à une susceptibilité légitimement à fleur de peau… En deux semaines : le classement des justices européennes, le refus de Dati de venir à l’AG de USM, la convocation dans la nuit d’un substitut, … Après ça, la moindre critique peut mal passer.

    – D’autant que le droit a été appliqué. Pourquoi ne pas se tourner vers les parlementaires qui ont voter la loi ?

    – Il y a aussi une constante. Les media parlent, il me semble, le plus souvent de la justice quand ça va mal. Or il y a des centaines de décisions qui sont prises chaque jour sans qu’il y ait scandale. Peut-être est-ce le rôle de la presse de parler de choses qui vont mal ? Je pense que les juristes aimeraient que l’on parle d’eux quand ça va bien (enfin, pas trop mal, vu les circonstances). On en revient à l’éducation. Les Français ne connaissent pas leurs institutions. Est-ce à la presse de leur faire connaître ? Peut-être. Mais dans ce cas il y a quelque chose qui reste à faire (et encore, je me souviens d’un double cahier du Figaro magazine sur la justice. 1996 ou 1997).

    – Enfin, il est vrai que certains juristes (magistrats ou avocats) ne sont pas au dessus de tout soupçon. Je pense qu’il en va de même pour les journalistes. Certains font leur travail, d’autres non. On ne peut exclure des comportements préjudiciables à l’ensemble d’une profession.

    Aliocha : Vous n’imaginez même pas le nombre d’articles que j’ai écrits sur les difficultés financières et morales de la justice, ils se comptent par dizaines. Je comprends parfaitement cette souffrance. Mais je ne pense pas que ce soit en tapant inutilement sur la presse qu’on résoudra la difficulté. Nous sommes face à une défaillance des mécanismes démocratiques, une invasion de la communication et du marketing politique, une crise de conscience dans l’opposition, si pour résoudre cela on n’ambitionne qu’une chose c’est faire taire la presse, je pense qu’on a tout faux. C’est pour cela que je m’obstine à tendre la main aux détracteurs de la presse, pour cela que je dépense un temps fou sur un blog à essayer de montrer que nous ne sommes ni si bêtes ni si paresseux qu’on veut bien le supposer. Cette image a été largement diffusée par des communicants qui ont intérêt à nous faire passer pour des imbéciles de même que le pouvoir a intérêt à faire passer les juges pour fautifs, quand cessera-t-on ces mauvais procès pour s’attaquer aux vrais problèmes ? A mon sens, cela commence par appeler les choses par leur nom et prendre les difficultés à bras le corps, pas l’inverse. L’inverse, c’est faire le jeu de l’ennemi.

    Commentaire par pollicarpe — 30/10/2008 @ 12:16

  2. « Une erreur de vocabulaire, une imprécision dans le récit des faits, une contradiction ? Victoire on tient la preuve que nous avons tort et l’on peut ainsi enterrer le débat ! C’est classique, lassant et dangereux pour la démocratie. »

    Compte tenu du pouvoir et de l’influence considérable des médias dans notre Société, il est heureux qu’à chaque imprécision, erreur de vocabulaire, et contradiction, la presse soit fustigée!!! et elle doit l’être.

    Le débat ne s’en trouve pas enterré, au contraire, il est recentré, ajusté et les citoyens n’avalent pas bêtement les propos journalistiques…

    Vous trouvez cela « classique, lassant et dangereux pour la démocratie ». Je trouve cela au contraire nécessaire et indispensable dans une démocratie.

    A la lecture des commentaires tant sur votre blog que sur celui d’Eolas, je suis au contraire ravie de voir que les citoyens conservent leur esprit critique à l’égard de la presse, qui, comme vous le savez, est parfois qualifiée de « quatrième pouvoir ».

    Commentaire par SR — 30/10/2008 @ 12:31

  3. C’est malin, j’étais d’accord avec Me Eolas avant de lire votre article, et maintenant je suis d’accord avec vous !
    Sur l’affaire en question, il est sûr que le « mis en cause » ne pouvait être qu’en détention provisoire, ou libre, lors de son procès. Il a été les deux, successivement; et il a mis à profit la seconde situation.
    Cela montre qu’il n’existe pas de guide infaillible pour déterminer quand appliquer l’une ou l’autre.
    Sur le fond de la querelle, je pense que ce qui agace les professionnels du droit, c’est que l’on pose toujours la même question à laquelle il est impossible de donner cette réponse infaillible.
    Et qu’on la pose inévitablement à chaud, ce que ne doit pas ignorer tout journaliste, avec tous les effets qui l’accompagnent. Et on retourne rarement une opinion publique avec un démenti ou des précisions que personne ne veut plus entendre ou comprendre.

    Commentaire par pseudo.do — 30/10/2008 @ 12:33

  4. @ pollicarpe :

    Je ne trouve pas correct de dire que la presse parle plus souvent de la justice quand elle va mal que quand ça va bien. Je crois plutôt qu’on retiens plus les articles où ça va mal que les articles où ça va bien. J’en veux pour preuve : dans Le Monde, on parle très souvent des procès médiatisés en cours pour une raison X ou Y, et c’est souvent pour dénoncer une erreur. Ensuite, pour prendre deux quotidiens régionaux, l’Ouest France et le Dauphiné Libéré parlent tous deux des procès en cours dans leurs régions respectives, lorsqu’il s’agit de faits-divers dont ils ont déjà parlé. (Exemple : un braquage ayant eu lieu il y a quelques années, un verdict dans un procès pour viol, etc etc…)
    Bon, certes, rarement ces articles font plus de 5 ou 6 lignes. Néanmoins, ils en parlent.

    « Enfin, il est vrai que certains juristes (magistrats ou avocats) ne sont pas au dessus de tout soupçon. Je pense qu’il en va de même pour les journalistes. Certains font leur travail, d’autres non. On ne peut exclure des comportements préjudiciables à l’ensemble d’une profession. »

    Tout à fait. C’est même ce qu’Aliocha dit dans son article précédent je crois.

    Commentaire par Triskael — 30/10/2008 @ 12:35

  5. « Ce qu’on nous reproche, c’est de ne pas assortir chaque nouvelle judiciaire d’un long plaidoyer sur la qualité des magistrats français et d’un réquisitoire tout aussi détaillé sur les insupportables politiques qui les étouffent sous un flot de textes incohérents et les asphyxient par manque de moyens »

    Non, le problème n’est pas là. Je pense que ce qui chiffonne les juristes, c’est que les journalistes ne rédigent pas leurs articles « à charge » et « à décharge »
    Certes, qu’une personne sur le point d’être condamnée puisse s’enfuir avant le verdict, suscite des questions, on le conçoit.
    Qu’on ne vienne pas, en revanche, préciser tout les tenants et les aboutissants (et notamment les dispositions légales qui ont concouru à la situation) mais qu’on laisse ce point en suspension pour (et vous ne me ferez pas croire le contraire) permettre au lecteur de laisser libre cours à son imagination et notamment imaginer que ce serait « encore » la faute des juges, ce n’est pas de l’information, c’est faire du sensationnel
    Si en revanche, dans un article, vous dites : il est parti avant sa condamnation pour viol mais il en avait parfaitement le droit car juridiquement, etc, etc…. et qu’ensuite le lecteur dise : « m’en fous de l’explication juridique, c’est la faute à la justice », là, aucun reproche ne saurait être fait au journaliste

    Aliocha : En effet.Vous observerez que les articles que je mets en lien en effectué ces précisions. Vous observerez aussi qu’au fond, la justice s’en sort bien et que le parquet a admirablement communiqué puisque tout le monde s’est concentré sur la loi du 15 juin et personne sur la question de la détention provisoire qui aurait sans doute soulevé celle de la lenteur de la justice française. Les journalistes qui ont soulevé la question sans y répondre ont sans doute mal fait. J’aurais aimé cependant qu’on ne parle pas d’une non-affaire alors que c’en est une et qu’on ne donne pas le sentiment que toute la profession s’était fourvoyée dans une fausse nouvelle mais que certains journalistes avaient été insuffisants. Est-ce trop demander ? Quant au sensationnel, je voudrais apporter une nuance. Le journalisme est un métier d’adrénaline, il est vrai que nous aimons l’excitation de l’information inédite, du scoop, de l’événement qui sort de l’ordinaire, ce n’est pas un goût malsain comme on le croit souvent, juste un excitation liée à la nouvelle, quand on a de la bouteille on apprend à la distancier parce qu’elle est dangereuse et peut conduire à commettre des erreurs. Il ets vrai que certains n’ont pas cette prudence.

    Commentaire par Tinkerbell — 30/10/2008 @ 12:49

  6. Quelques réflexions en vrac.
    *Si les journalistes n’ont pas été manipulés, il faut tout de même se questionner sur le fait que les « affaires » sortent souvent à point nommé. Que ce soit pour briser un mouvement et le décrédibiliser, pour faire passer une loi purement médiatique en préparation, ou pour prévenir le brave citoyen du danger qu’il court en sortant de chez lui, quelques semaines avant une échéance électorale importante.
    *La vulgarisation : passe-t-elle nécessairement par la simplification et la déformation ? Ou la voie de l’explication, de l’analyse et de la pédagogie est également envisageable ?
    *Lorsque la justice applique strictement une loi et que cette application vous semble avoir des résultats néfastes, que vous en concluez à un dysfonctionnement, pourquoi l’imputer à la justice, et non au législateur ? Jusqu’à preuve du contraire, les lois ne sont pas l’oeuvre des juges.
    *Par ailleurs, votre plaidoyer pour la détention provisoire systématique (vous vous en défendez pour couvrir vos propos, il n’empêche que c’est bien ce que vous laissez entendre, ou alors ça n’en est pas très éloigné) me laisse franchement perplexe.

    Aliocha : vous démontrez mieux que je n’ai su le faire que le journaliste écrit ce qu’il peut et que le lecteur lit ce qu’il veut. Si je dis que je suis contre et que vous en déduisez que je dois donc être pour, qu’y puis-je ?

    Pour ce qui est du vocabulaire, il me semble que le jugement n’est pas encore passé en force de chose jugée. Il conviendra donc de ne pas mépriser la présomption d’innocence dont il pourrait bénéficier lors d’un éventuel procès d’appel. Par ailleurs, d’autres l’ont dit avant moi, même si vous semblez ne pas vouloir le comprendre, il ne s’est pas « enfui », il a exercé la liberté qui était la sienne, point. Je me demande bien sur quoi se base votre « langage humain » pour vous permettre de modifier à votre guise le sens des mots.

    Aliocha : je maintiens « enfui », sur le reste vous avez raison, mais vous observerez que je tais le nom de la personne ce qui me permets un peu de souplesse. Je sais, une souplesse parfaitement inadmissible, j’ai bien compris

    Un jugement, peut-être hâtif et certainement très personnel, sur votre blog et les raisonnements que vous tenez, pour finir : vous me semblez bien peu encline à vous remettre en question, même lorsque votre argumentation est, sur certains points, bien faible en comparaison à celle que développe votre ami avocat. Faites preuve d’un minimum d’ouverture, par pitié… il n’y a pas grand chose de plus insupportable que les avis définitivement arrêtés qui font fi de toute contradiction.

    Aliocha : à voir comment vous lisez « blanc » quand j’écris « noir », je déduis du fait que vous me trouver obtue que je dois au contraire être assez ouverte.

    Commentaire par Maxime — 30/10/2008 @ 12:53

  7. « Si la première faute était incontestable, la deuxième ne devait pas passer ».
    Mais précisément, il n’y a pas eu faute dans le deuxième cas. Personne ne pouvait empêcher cet homme de partir. La loi est mauvaise ?… et bien que les médias zooment sur ce point. Or, dans le cas présent la façon de présenter les faits, le choix du vocabulaire, laisse à penser qu’il y a eu faute. C’est ce qu’Eolas critique dans son billet et dans sa réponse à votre commentaire, lorsqu’il décortique l’article de Maud Pierron du JDD. Je ne comprends pas que vous ne le compreniez pas.

    Aliocha : OK et je le dis en-dessous que ce n’est pas une faute donc faites moi la grâce d’y voir une erreur de vocabulaire. Je sais, elle est impardonnable, je vais finir par comprendre que nous sommes tous impardonnables, à force.

    « En tout cas je suis persuadée qu’elle est sortie le plus naturellement du monde. Sur la question de l’opportunité de révéler une information, c’est malheureusement une difficulté récurrente pour la presse et qui se pose souvent dans des circonstances autrement plus graves que celle-ci. »
    et puis plus loin
    « Par ailleurs, je découvre dans une interview du procureur général de la Cour d’appel de Montpellier, ici, que c’est le troisième cas de ce type dans cette juridiction depuis l’entrée en application de la loi »

    Tiens donc, il y avait eu 2 cas identiques dans cette juridiction, sans doute d’autres dans d’autres juridictions, mais seul ce dernier « sort naturellement », en pleine grogne des magistrats. Il faut être un suppôt de Thierry Meyssan pour y voir autre chose qu’une coïncidence.

    Aliocha : ou considérer que celui-ci était particulièrement choquant, d’ailleurs il semble qu’il y ait eu une émeute dans la salle d’audience, ce qui expliquerait qu’il soit sorti.

    Une présentation approximative d’un fait, qui laisse supposer une faute, avec un fort écho médiatique que des faits similaires n’ont pas suscité par le passé, en plein affrontement entre le gouvernement et les magistrats…
    Dites Aliocha, peut-on être naïf et bon journaliste ?

    Aliocha : la paranoïa n’est pas bonne conseillère.

    Je ne pense pas que votre stratégie de défense, aussi bornée qu’un avocat blogueur, serve vraiment la presse.
    Vous devriez demander conseil à un bon avocat…

    Aliocha : les positions radicales suscitent toujours des réactions radicales, je n’aime pas ça mais c’est ainsi. Je n’espérais pas non faire comprendre à tout le monde qu’on peut avoir un autre regard sur les choses. Quelques uns peut-être tenteront l’expérience de changer d’angle de vue, qui sait ?

    Commentaire par Thau — 30/10/2008 @ 13:05

  8. @ Maxime (6) :
    Je crois que le fait que les affaires sortent à point nommé n’est en effet pas un hasard, mais ça n’est à mon avis pas non plus une manipulation : c’est simplement que, quand un sujet fait le devant de l’actualité, les gens sont plus intéressés à des sujets connexes. Quand on parle du malaise de la justice, les gens s’intéressent plus aux événements judiciaires. Je ne sais pas si c’est le cas, mais je ne serais pas choqué d’apprendre qe le journaliste qui a sorti l’article initial aurait écrit exactement la même brève il y a quelques mois, mais simplement, là, tout le monde s’est jeté sur cette brève et a demandé plus d’infos. C’est flagrant dans toute l’actualité… au moment du Grenelle de l’Environnement on a beaucoup parlé d’OGMs, d’énergies renouvelables, etc. et maintenant on en parle moins, pas parce que ça pose moins de questions mais parce que ça n’est pas sur le devant de la scène. Et il y aurait bien d’autres exemples.

    C’est un reproche que je vois assez souvent fait aux journalistes, d’empiler sujet sur sujet sur un thème alors que la veille personne n’en parlait. Je ne sais pas ce qu’en pense Aliocha, mais pour moi je pense qu’au delà d’un certain souci de « ne pas rater le train », ou à la limite de faire une belle une, il y a surtout une demande des gens. Un article de fond sur, je ne sais pas, la formation des joueurs de tennis en France, par exemple, passera presque inaperçu en Décembre, mais sera lu par tout le monde en Juin. Les journalistes ne peuvent pas trop changer celà…

    Sur la vulgarisation, je soupçonne que ce soit en fait une des sources majeures de la mauvaise vision des journalistes (en plus de leur tendance à annoncer les mauvaises nouvelles qui ne font pas plaisir !). Je ne suis pas journaliste, mais scientifique, et j’affirme que oui, la vulgarisation passe par une simplification, et que celle-ci est difficile à faire sans déformation. Toute la difficulté consiste à déformer au minimum, et à faire comprendre à l’interlocuteur qu’on ne lui donne pas une description parfaite mais uniquement un aperçu. Le problème, c’est qu’il extrêmement dur de faire de la vulgarisation qui satisfasse un professionel et qui soit compréhensible par le grand public, et pour y arriver, il faut souvent être soi-même un expert, pour bien comprendre les implications des simplifications qu’on énonce.

    Un journaliste, qui n’est en général pas expert d’un domaine (ou même si il est expert, qui n’est pas un praticien actif), passant par le filtre d’un ou plusieurs experts qui sont plus ou moins bons pour rendre leurs idées compréhensibles, doit, à mon sens, à la fois décrypter ce que lui disent les gens, s’en faire une idée assez complète et exacte pour pouvoir en parler, puis simplifier et clarifier pour rendre compte à des gens qui ne connaissent pas du tout. Déjà que faire soi-même de la vulgarisation est complexe, mais là… Ça ne m’étonne pas que chacun (sans forcément avoir jamais tenté la démarche soi-même, d’ailleurs !) trouve que les journalistes ne rendent pas bien compte de son domaine !

    À noter (je dévie, je dévie…) que ce blog a aussi un intérêt supplémentaire, en plus de son but annoncé : il permet de voir comment un(e) expert(e) du domaine journalistique voit a manière dont les autres parlent de sa propre profession. Finalement, Aliocha est tout aussi victime que n’importe quel autre domaine de la difficulté de la vulgarisation, et ce qu’elle reproche aux détracteurs de la presse n’est pas toujours si loin de ce que beaucoup de spécialistes reprochent aux journalistes qui abordent leur domaine ! L’arroseur arrosé, en quelque sorte… Mais au delà de l’ironie de la situation, cela force à des réflexions fort intéressantes.

    Aliocha : je désespérais de lire une position aussi sereine et objective sur la presse, merci Rémi.

    Commentaire par Rémi — 30/10/2008 @ 13:16

  9. Tiens… C’est curieux…

    Pourquoi est-ce que je préfère ce billet-ci? 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 30/10/2008 @ 13:22

  10. « « Normal, un bon avocat doit être en mesure de soutenir avec la même aisance une chose et son contraire. Je le sais, je l’ai fait durant trois ans »

    « Pour le juriste, dès lors qu’il y a application correcte de la loi, la situation envisagée est irréprochable. Le journaliste, lui, pense par définition, par nature, par réflexe professionnel qu’aucun système n’est irréprochable »

    Ah…

    Bon…

    Vu comme ça…

    Vous êtes passé à côté de la meilleure partie de la profession d’avocat et de tout ce qui fait son intérêt !!!

    Commentaire par Hapax — 30/10/2008 @ 13:23

  11. Aliocha, je crois encore que vous vous méprenez.
    Je m’inscris dans la même ligne que Thau.
    Au lieu de point des « dysfonctionnements » de la justice française, il faut peut être pointer les aberrations votées par les différents gouvernements.
    Cette fameuse schizophrénie que dénonce la magistrature à qui l’on reproche d’appliquer la loi, cette même loi qui oscille entre le tout-répressif et le respect de la présomption d’innocence.
    Les lois et décrets en vigueur sont le fruit de la collaboration du législatif et de l’exécutif.
    Le judiciaire ne fait que les appliquer.

    Alors, lorsqu’un mouvement de colère jaillit de la magistrature qui dénonce cette culpabilisation constante à son endroit par les pouvoirs politiques et médiatiques, je pense qu’il est extrêmement malvenu de publier un article mettant en exergue un prétendu dysfonctionnement de la justice, tout à fait inexistant, lorsqu’il s’agit d’un dysfonctionnement de la législation votée par nos chers politiciens qui cèdent chaque jour au populisme ultra-répressif ou à la surprotection des accusés au gré des faits divers.

    Donc, de deux choses l’une: soit le journaliste se contente d’observer et rapporte des faits bruts sans les orienter dans leur présentation, « par exemple: un prévenu comparaissant libre ne se présente pas à la déclaration de condamnation…(bien moins glamour, n’est-il pas) soit il en fait une analyse plus profonde en pointant les incroyables incompatibilités poursuivies entre les différentes législations surabondantes depuis à peu près dix ans et leur impossible combinaison.

    Ceci, il convient de le faire dès le premier article.
    Mais encore une fois, on parle d’un phénomène global connaissant fort heureusement des exceptions.

    Commentaire par Nemo — 30/10/2008 @ 13:36

  12. Pardonnez moi d’être en désaccord avec vous chère Aliocha (tout en appréciant votre blog qui effectivement donne une version intéressante de votre métier)

    Je reçois vos arguments et suis d’accord avec votre première partie de billet.
    Vous avez parfaitement raison de considérer que cette information était digne d’intérêt ou que le fait de savoir que cela s’est déjà déroulé trois fois et intéressant et mérite débat.

    Je crois cependant que le problème n’est pas là. Vous éludez un peu rapidement deux questions majeures qui sont pourtant à mon sens le coeur des reproches.
    Premièrement que les termes employés ne sont jamais neutres et véhiculent à leur insu un message.
    C’est je crois le gros reproches que vous éludez en vous réfugiant (vous aussi dirais-je 😉 ) dans l ‘exactitude des termes violeurs ou enfuir.

    Je vais prendre mon cas personnel, ni juriste, ni journaliste.
    La première fois que j’ai eu connaissance de cette information j’ai entendu :
    « Un violeur s ‘enfuit  de son procès»
    Dit comme ça déjà moi j’ai peur, parce que dans mon inconscient plein de préjugés, un violeur est un monstre sanguinaire, le croquemitaine de nos sociétés. (si ça se trouve il est pédophile parce que violeur, pédophile c’est un peu pareil…)
    Donc si il s’est enfui c’est qu’il est là à errer dans nos rues à chercher sa prochaine victime.
    Et qui plus est s’il s’est enfui c’est donc qu’il était en captivité. Donc que quelqu’un la laisser s’échapper.
    L’impression première que j’ai donc eu est que la justice a laissé s’échapper par négligence un fou dangereux qui va bientôt perpétuer un autre crime.
    Je suis d’accord, vous pouvez blâmer mon inconscient qui faire dire aux mots ce qu’ils ne disent pas mais bon c’est mon inconscient à moi. Et lorsqu’un message est mal compris il y a de la responsabilité et du récepteur et de l’émetteur.
    Vous admettrez par exemple que pour décrire la même information si on m’avait dit « un homme refuse de se présenter à la suite de son procès », je n’aurais pas eu la même réaction.

    La deuxième question est de savoir ou non si il fallait sortir l’information ou se taire
    Je pense que oui mais il y a une interrogation que vous éludez trop facilement.
    Vous ne prenez pas assez en compte que l’information n’existe pas en tant que telle mais bien parce que des journaliste opèrent un choix et un tri pour la présenter.
    Vous l’avez dit vous même il y a déjà eu deux autres cas de ce types dans cette juridiction et l’information n’est pas passée. Pourquoi maintenant ? Aucun complot et les chemins pour qu’une information se crée sont tortueux.

    Mais vous ne pouvez nier que c’est bien parce qu’il y a un contexte anti-justice qu’il est possible plus facilement que se crée la chaîne qui part de l’informateur qui décide de communiquer maintenant cette information à un journaliste qui décide d’en faire un article qui sera accepté par le rédacteur qui sera plus tard repris et amplifié par les autres journaux et trouvera échos dans l’opinion publique.
    Et ce qui est en question (sans pointer de bouc émissaire ou jouer les victimes, juste en discussion), c’est bien la part d’un journaliste dans un phénomène d’emballement médiatique.

    Commentaire par Duncan — 30/10/2008 @ 13:48

  13. Que disent les fondamentaux? (puisque nous sommes sur une question de vocabulaire) :

    Pour l’internaute-Dictionnaire
    s’enfuir : verbe pronominal
    Définition
    Sens Se sauver, prendre la fuite. Anglais to run away
    Synonymes
    s’enfuir : 12 synonymes.
    Synonymes décamper, décaniller, déguerpir, détaler, fausser compagnie, fuir, plier bagage, se barrer, s’échapper, se débiner, se sauver, se tirer.

    Pour le Larousse : s’enfuir
    verbe pronominal
    Quitter volontairement, rapidement et le plus souvent subrepticement un lieu, prendre la fuite : Il s’est enfui de prison.
    Littéraire. Passer, s’écouler, s’évanouir, disparaître : Ma jeunesse s’enfuit.

    Tiens donc, mais alors lorsque je ne suis pas aux arrêts je peux bien m’enfuir, comme le facteur face au chient taquin qui veut jouer avec ses pantalons, comme ma fille qu’en d’aventure, elle fait une bêtise sonore, qui me fait accourir…

    On peut très bien s’enfuir lorsque l’on est libre et encore plus lorsque l’on se sait coupable, sur le point d’être découvert…
    …Ou bien se brave re-présumé-violeur, innocent, sur le point de se voir injustement condamné, cour chercher les preuves qui le disculperons (vous savez comme dans ce film, le fugitif, sauf que pour le coup lui été incarcéré, mais innocent, mais coupable).
    En fait on peut dire et reprocher beaucoup de chose en partant de pas grand chose! Chacun (l’avocat et le journaliste) voit le sens qu’il veut bien reconnaître dans le vocabulaire employée par l’autre. Le bon sens des lecteurs ne suffirait-il pas à débrouiller le nœud?

    Je soutient que cette affaire n’est pas une « non-affaire », que l’on doit porter le débat sur la place publique et que celui-ci peut avoir lieu sans forcément mettre en accusation les juges ou les journalistes.

    De ce que j’attends de la presse et des journalistes, c’est surtout qu’ils me renseignent sur l’insolite, ce qui sort de l’ordinaire, l’alerte, l’interroge, pique sa curiosité (et je ne parle pas ici des frasques du Président Français, ou de sa ministre, sa femme…).

    Le reste, le bon travail des magistrats comme des autres professions relève plus de la communication et si un journaliste peut traiter ces sujets, pour moi ce n’est pas la priorité, même si sa fait partie de leur métier.

    A ce sujet : pourquoi les journalistes ne traitent que les grèves de la SNCF et pas la propension des trains français à arriver à l’heure (miracle s’il en est lorsque l’on voir le système de réservation internet de la-dite société).
    🙂

    Commentaire par Manu — 30/10/2008 @ 13:54

  14. @Rémi
    Je parlais de manipulation pour éviter d’employer le terme de collusion. Ca a le mérite de laisser aux journalistes le bénéfice du doute quant à leur honnêteté. Je suis par ailleurs certain que la plupart ne se font « que » manipuler. Soupçonner une simple demande des lecteurs quand un sujet sort et qu’il est par la suite avéré que le battage médiatique profite au pouvoir, qui soit préparait une loi qui aurait eu des difficultés à passer sans une opinion publique formatée, soit avait des difficultés dans un conflit social ou politique, ou soit avait besoin de l’appui des médias pour mettre en valeur tel ou tel point d’un programme électoral.. c’est être naïf. Songez aux intérêts communs que peuvent avoir patrons de presse et pouvoir politique, et aux enjeux que représente une discrète et efficace collaboration.
    Par ailleurs, est-ce que la demande des gens doit guider le professionnel dans sa démarche de sélection des sujets à traîter ? Dans une optique marchande, la réponse est évidemment positive. Dans une optique d’information, je serais un poil plus réservé. Ce n’est pas au lecteur de décider de l’actualité. De plus, un sujet de fond (on me rétorquera qu’ils sont peu nombreux, je ne peux hélas qu’acquiescer) peut à mon humble avis être traité avec bien plus de rigueur et de sérieux en dehors de toute passion et de toute urgence de publication.
    Quant à la vulgarisation : il m’est arrivé d’être très agréablement surpris par la qualité de certains articles de presse, merveilleusement documentés et limpides malgré une complexité certaine de l’affaire en question (j’ai notamment en tête un bon article sur le projet de création d’un délit d’avortement involontaire, dans le Monde, qui était complété par une analyse d’un professeur de droit). C’est pourquoi, même si la tâche est évidemment loin d’être aisée et qu’il convient pour cela de maîtriser un minimum son sujet (je pense que le problème se situe ici, d’ailleurs), je suis persuadé qu’il est possible de proposer un article très précis sur un sujet pointu, tout en restant largement compréhensible par les lecteurs.
    Je ne sais pas ce qu’il en est pour les sujets scientifiques, mais croyez-moi, il n’est pas si compliqué que ça de vulgariser le droit.

    Commentaire par Maxime — 30/10/2008 @ 14:02

  15. Je rebondis sur le commentaire de Duncan.
    Aliocha, expliquez nous un peu l’envers du décor : comment un sujet est-il sélectionné en comité de rédaction ?

    Aliocha : Prenons l’hypothèse d’un quotidien. Tous les chefs de service (société, politique, économie, sport etc…) se réunissent en conférence de rédaction le matin et chacun vient avec son menu. Le menu contient son programme du jour c’est-à-dire tous les événements dont on sait qu’ils vont avoir lieu dans la journée et qui seront donc dans le journal du lendemain : réunion ministérielle, suivi d’un procès important, épreuve sportive etc. Il y a aussi les sujets dits « froids » que préparent les journalistes, enquêtes, reportages, interviews. Le rédacteur en chef pilote la réunion et donne son avis sur le menu. On y discute de l’importance des sujets, on choisit ce qui va monter en une, on tri s’il y a trop d’informations. En cas d’information importante, on discute de la manière dont elle va être traitée, de son sens, de la place qu’on va lui accorder etc. Puis chacun retourne à son travail, durant la journée, des imprévus peuvent survenir, on modifie alors les plans, on abandonne un sujet pour le nouveau et ainsi jusqu’à l’heure du bouclage en fin de journée. Il est difficile de détailler ici la manière d’apprécier l’importance d’un sujet. Parfois, elle saute aux yeux, c’est le cas de la crise financière, parfois elle mérite un débat au sein de la rédaction, l’avis de spécialistes etc. Le choix s’opère au regard de son importance par rapport au restant de l’actualité, de son lien avec les questions de société du moment, sur ce point l’analyse de Rémi est parfaitement juste.

    Commentaire par Phedra — 30/10/2008 @ 14:03

  16. @Aliocha
    Si vous écrivez « Evidemment que je ne veux pas dire noir, mais je veux parler d’une absence de couleur, tout l’opposé du blanc, les composantes (0,0,0) dans l’espace RVB », je ne peux hélas qu’écarter la première proposition de mon raisonnement dans ma réponse, vous le comprendrez bien. C’est sûr que si vous affirmez tout et son contraire, votre défense s’en trouve grandement facilitée. Que cela ne vous empêche pas de vous prononcer sur autre chose que les points qui vous arrangent.

    Commentaire par Maxime — 30/10/2008 @ 14:15

  17. @ Triskael

    Effectivement, j’avais oublié la presse régionale. Dont Acte.
    Mais on en revient au même point. Ce dont parle la presse régionale, ce dont parle la presse nationale à travers les « grandes affaires » (qui sont particulières), c’est de la justice pénale.
    Quand je dis que les media ne parlent pas de la justice quand ça marche à peu près, je pense à la justice civile. Et même pour la justice civile, à bien y regarder, on en parle jamais, ou presque.
    De la même manière, la justice administrative est méconnue.
    Bon, il y a des raisons à cela. Le droit pénal définit plus sûrement notre échelle des valeurs. Il y a aussi le côté solennel des cours d’assises auquel personne, pas même les avocats, n’est indifférent.

    Et sur le fond, je pense que nous sommes plus ou moins d’accord. L’heure est au muselage de la magistrature, du barreau et de la presse (je doute qu’il y ait grand chose à attendre des états généraux de la presse). D’où la nécessité de ne pas se distraire inutilement.
    Une dernière remarque (ou plutôt une interrogation). Je me demande si ceux qui critiquent la presse le plus durement ne consacrent pas beaucoup de temps à la lire.
    Même critiquée, elle serait indispensable.

    Commentaire par pollicarpe — 30/10/2008 @ 14:15

  18. @ Maxime
    Si ce n’est pas au lecteur de décider de l’actualité, il influe bien sur son traitement, sa sélection à travers les titres de presse, ou les sites qu’il visite, et pour lesquels donc, il contribue financièrement ou par la notoriété qu’il rapporte (pour internet).

    Le choix des lecteurs de lire , commenter certains sujets ont tendance certainement à orienter les choix des rédactions vers les sujets vendeurs, au moins pour faire une accroche? Choix que l’on peut difficilement reprocher au journaliste qui voit son article retoqué.

    Commentaire par Manu — 30/10/2008 @ 14:17

  19. Je note au passage, avant de retourner vaquer à mes occupations, qu’une réflexion « sereine et objective » sur votre profession est nécessairement celle qui vous sera favorable. C’est intéressant. Je comprends mieux, désormais, le conflit quasi-permanent entre presse et justice.

    Aliocha : Lisez bien, elle n’est pas favorable, elle est objective et modérée, on peut y relever plein de points critiquables, mais des vrais. La presse n’est pas et n’a jamais été l’hydre infernale et monstrueuse que d’aucuns décrivent ici. Ce n’est pas une furie décidée à détruire la justice, ni une courtisane cédant aux mille et uns désirs du politique, ni un ramassis d’ignares bavant devant des scoops. Arrêtons la caricature, lisez mes précédents billets, vous en trouverez des critiques sur la presse.

    Commentaire par Maxime — 30/10/2008 @ 14:20

  20. @Aliocha
    « OK et je le dis en-dessous que ce n’est pas une faute donc faites moi la grâce d’y voir une erreur de vocabulaire. Je sais, elle est impardonnable, je vais finir par comprendre que nous sommes tous impardonnables, à force ».

    Ce n’est pas qu’une simple erreur de vocabulaire. Quoi que vous disiez plus bas, vous sous entendez clairement que « on » (qui au fait ?) attaque les journalistes pour masquer cette deuxième faute. Vous êtes pardonnable, à condition d’assumer vos erreurs et approximations, sans jouer si facilement au Caliméro (même si ça change de Jiminy).

    « Aliocha : la paranoïa n’est pas bonne conseillère. »
    Certes, mais on peut aussi rester tout simplement lucide, et considérer que votre explication (« celui-ci était particulièrement choquant ») est un peu courte.

     » Je n’espérais pas non plus faire comprendre à tout le monde qu’on peut avoir un autre regard sur les choses. Quelques uns peut-être tenteront l’expérience de changer d’angle de vue, qui sait ? »
    Vous voulez dire que je ne dois pas renouveler mon abonnement au Plan B ? … vous m’en demandez beaucoup…

    Commentaire par Thau — 30/10/2008 @ 14:33

  21. @ Maxime (14) :
    Dire que n’importe quel pouvoir essaie de manipuler les journalistes, c’est assez évident, oui. Quant à savoir si ça marche… Je maintiens que la sélection des sujets traités doit à mon avis bien plus à l’actualité et à la demande du public qu’à une manipulation ou collusion. Il arrive certainement parfois qu’il y ait manipulation, mais je doute (et c’est un euphémisme…) que tous les journaux français, quelque soit leur sympathie politique, se laissent manipuler aussi facilement et au même moment !

    Pour continuer sur l’exemple qui fait parler, Aliocha dit que deux autres cas ont eu lieu : je ne serais pas étonné que ces deux cas aient donné lieu à une brève dans le journal local, ou même dans un journal national. Peut-être même qu’un politicien a réagi. Et puis… et puis rien du tout. Ça n’a pas fait réagir plus que ça. Oh, bien sûr, les journalistes auraient pu insister, lancer de grands débats, aller interviewer tout le monde qui a son mot à dire (ou pas, d’ailleurs…). Mais les journaux n’ont qu’un nombre de pages limitées, les journalistes n’ont qu’une seule vie, et au même moment, il y avait une famine, un projet de loi, un évenement sportif, un tremblement de terre, une guerre ou un sommet international : si ils n’avaient pas parlé de ça mais qu’ils avaient insistés sur ce fait divers juridique, je doute qu’on leur aie tressé des couronnes…

    Les journaux sur internet et les blgos permettent assez facilement de mesurer cet effet : des chroniques judiciaires (par exemple), ou un blog, reçoivent combien de visites quand l’actualité est judiciaire, et combien quand elle ne l’est pas ? Alors faire des articles de fond quelque soit l’actualité, c’est très bien, mais il faut aussi tenir compte du fait que, oui, un journal a besoin de lecteurs et que indépendamment de l’intérêt intrinsèque de tel ou tel sujet, le moment où il est publié le rendra plus ou moins intéressant. Dans une certaine mesure, oui, je suis convaincu que la demande des lecteurs doit contribuer à orienter le choix des sujets d’un journal (peut-être pas d’un journaliste, mais au moins des rédacteurs en chef — et comme il faut bien que le journaliste vende ses papiers…). L’information n’existe pas par elle-même, elle n’existe que si il y a quelqu’un pour la recevoir (et c’est aussi à mon sens extrêmement important dans sa formulation).

    Après, il y a aussi des hebdomadaires ou des mensuels, qui peuvent plus se permettre de parler de tout et n’importe quoi. Et même comme ça, ils ont bien souvent un domaine relativement bien défini, parce que les articles de fond ne vont statistiquement pas intéresser beaucoup de monde. Mais on ne parle pas de la même presse, là…

    Pour la vulgarisation : je ne dis pas qu’il n’est pas parfois possible de vulgariser sans simplifier. Mais c’est à la fois difficile, coûteux, et relativement rare (je veux dire par là qu’un certain nombre de sujets, scientifiques en tout cas, ne sont pas vulgarisables sans simplification, parce que les principes mis en jeu ne sont pas du tout intuitifs). Bien sûr, c’est le rôle des journalistes de faire ce travail. Mais il est aussi bon que les spécialistes, avant de râler qu’une vulgarisation est mal faite, se posent deux questions :
    – qu’auraient-ils dit à la place, auraient-ils pu faire mieux ? (quelque soit la réponse, ça oblige à se rendre compte que ça n’est pas si facile)
    – et surtout, quel est le défaut de cette vulgarisation ? Est-ce grave si le lecteur n’est pas à même de comprendre le mécanisme (par exemple une nouvelle procédure judiciaire, pour rester dans ce domaine) mais qu’il comprend la raison et le but de ce mécanisme, à quoi il sert, quelle conséquences il va avoir ? Oui, pour un expert, ça fait bondir de voir des étapes supprimées, des rôles simplifiés, ou des erreurs de détail. Oui, quelqu’un qui se sert d’un tel article pour se passer d’avocat va avoir de biens mauvaises surprises. Mais si ça permet à quelqu’un qui sinon ne se serait jamais penché sur la question d’avoir une idée de quel est le problème, et bien cela peut faire une bonne vulgarisation.

    Maintenant, je lis aussi (dans mon domaine, forcément 🙂 ) des articles que je trouve trop simplificateurs, où je me dis que même avec ces deux questions en tête, franchement, c’est exagéré et mauvais. Et certainement, les journalistes pourraient faire mieux. Mais d’une part je crois que la plupart essaient de faire bien (avec plus ou moins de bonheur) et d’autre part, quand l’article ne contient pas de contresens majeur, ma foi, il vaut toujours mieux une analyse un peu fausse que pas d’analyse du tout, au moins le problème est évoqué — et si les gens sont attirés par cette analyse incorrecte, ils liront d’autres articles ou chercheront sur internet (ou ailleurs), et ils tomberont rapidement sur des choses correctes. Si ils ne sont pas capables d’analyser ce qu’ils lisent et qu’ils prennent tous les journaux pour parole d’évangile… et bien ça n’est pas vraiment la faute de la presse non plus !

    Commentaire par Rémi — 30/10/2008 @ 14:41

  22. @ Maxime (19) :
    Bah, il est assez évident que, quelque puisse être son ouverture d’esprit, Aliocha aime son métier et a forcément un a priori favorable envers celui-ci. Ça vaut pour la plupart des professionnels-bloggeurs, Eolas, le professeur Rolin et autres. Oui, il y a certainement un peu de corporatisme, et il y a évidemment un parti-pris favorable. Mais bon, c’est leur blog et on ne peut pas être à la fois animateur d’une discussion et participant sans que ça introduise un biais. Il est illusoire (qui parlait de naïveté ? 😉 ) de croire qu’un blog puisse être totalement objectif…

    Ça ne veut pas dire qu’ils n’acceptent pas les critiques, au contraire je trouve la plupart des blogs très ouverts (beaucoup moins pour les blogs politiques-militants). Mais il faut bien se douter que si on vient ici avec une diatribe anti-presse, il ne faut pas s’attendre à être accueilli à bras ouverts. C’est du bon sens, si je rentre dans un café du coin en disant haut et fort au patron que sa déco est pourrie, je ne m’attends pas à ce qu’il m’offre la tournée, hein. Je ne me taierais pas forcément pour autant, ni lui ferais des courbettes, mais je ne serais pas étonné si il me répond vertement.

    Commentaire par Rémi — 30/10/2008 @ 14:52

  23. @Maxime:

    Il est difficile de vous suivre lorsque vous dites qu’il n’est pas difficile de vulgariser le droit. Ce qui représente une difficulté toute particulière pour le non juriste, c’est que le droit recourt au langage ordinaire dans un sens technique, ce qui peut prêter à des confusions…

    Surtout, je voudrais m’arrêter un moment sur la précision sémantique à laquelle les juristes accordent tant d’importance:

    Je suis toujours fatigué d’entendre les juristes s’insurger d’un mauvais usage des termes tel que que « la loi stipule »… alors que nos professeurs nous serinent dès la première année qu’une « loi énonce » et les clauses d’un contrat « stipulent » (de même qu’un traité). Bien évidemment, ce n’est pas qu’une coquetterie de style, cela repose sur des présupposés théoriques fondamentaux.
    MAis les medias n’ont pas la prétention de faire un cours de droit, mais de véhiculer une information auprès d’un public non initié qui n’entend rien aux nuances entre stipulation et énonciation. Peu importe que le journaliste écorne cette distinction, ce qui compte c’est que l’on comprenne que la loi « dit » quelque chose…
    Dans un autre genre, la presse ne mérite pas non plus les foudres de la critique lorsqu’elle évoque les « lacunes du droit » (idée à laquelle Maître Eolas est farouchement opposé): ce ne sont pas les termes qui comptent, mais l’idée qui les sous-tend… Quand quelqu’un, faisant un usage ordinaire de la langue, évoque les « lacunes du droit », il ne se positionne pas dans le cadre d’un débat théorique sur la réalité des lacunes en droit (question sur laquelle la doctrine n’est d’ailleurs pas unanime), mais il ne fait que relayer un sentiment, partagé par un grand nombre de personnes, qu’il faudrait légiférer dans tel ou tel domaine.
    Les juristes doivent cesser de se crisper sur l’usage ou le mauvais usage de certains termes par les journalistes… Qu’ils relisent donc Wittgenstein!

    J’ai l’impression que bien souvent la stigmatisation visant les journalistes, de la part des membres de la communauté universitaire, ou de toute communauté d’experts, relève d’un procédé de différenciation à des fins identitaires : les journalistes sont des nuls, nous comprenons ce qu’ils ne comprennent pas… Dès la première année, les profs inculquent à leurs étudiants le mépris du journalisme, tellement approximatif, et les étudiants s’en retournent chez eux définitivement pénétrés d’un sentiment de supériorité vis à vis du sens commun et de son représentant sur terre : le journaliste.

    Ce qui est essentiel : LEs journalistes s’adressent au grand public et non pas seulement à des universitaires.

    Cela dit, j’apprécie beaucoup le blog d’Eolas, mais là n’est pas la question…

    merci aliocha

    Commentaire par holden — 30/10/2008 @ 15:02

  24. A propos de vulgarisation, je me suis fait la réflexion qu’en science, plus l’ennoncé est « simple » en français, plus il faut d’outil raffinné pour maîtriser le concept.

    Un exemple: La mécanique céleste ptolémaïque est un engrenage d’une complexité effroyable pourtant la trigonométrie suffit pour la faire tourner.
    La mécanique newtonnienne est basée sur le principe d’inertie et d’action à distance. Ca à l’air simple mais il a fallu inventer le calcul différentiel, les intégrales et j’en passe pour mettre en musique tout cela. Les fluxions originelles n’étaient qu’un pâle essai devant les raffinements des Leibnitz et des Laplace.
    La relavitité générale s’exprime en un mot « équivalence » des lois de mère Nature. Pourtant, il y faut de la topologie et du calcul tensoriel pour la rendre opérative.
    Fermez la parenthèse!

    Un grand vulgarisateur est donc un esprit qui arrive à tirer la substantifique moëlle d’un sujet fort complexe. Il faut arriver à quitter la gangue du jargon pour atteindre l’essentiel. L’appareillage complexe de la profession doit céder le pas devant la lumineuse compréhension des contradictions. Ceci n’exclut pas la subtilité bien au contraire.

    Dans l’actualité, c’est le dur métier du journaliste qui doit, par dessus le marché, le faire en temps réel. Autant le praticien prendra le temps de former une doctrine, autant le journaliste porte l’information dès qu’elle est établie.

    Je rejoins l’opinion de Rémi sur le temps de l’information à ceci près que c’est à peu près le temps de la justice. Il y a toujours une affaire dans le placard prête à enflammer les foules.

    En démocratie, la presse a pour rôle d’informer l’opinion, celle-là même qui ira imprimer sa marque à la législation. Dans l’affaire qui occupe nos esprits, on se rend compte d’une difficulté entre concilier respect de la défense et sûreté de la procédure. Les termes du débat posés, reste au journaliste de relayer voire d’animer le débat public. Le peuple a en effet le droit de faire le procès de la loi qu’on applique en son Nom.

    Commentaire par PEB — 30/10/2008 @ 15:24

  25. je ne rentrerais pas dans le détail mais il me semble qu’il est un point essentiel à noter : le traitement des faits de police et de justice est totalement différent selon le support et si j’avais un classement à faire dans l’ordre de qualité, j’écrirais : presse écrite, radio puis télé (je fais vite mais ça tient à la place accordée (temps ou nombre de ligne), à la richesse à dénicher (mot, son et images) pour enjoliver le compte-rendu de l’info, au temps de réflexion disponible (direct ou pas pour la télé et la radio – le papier est peut-être le plus tranquille sauf si internet)).
    le deuxième point qui me parait essentiel à noter en ce qui concerne la radio et la télé, c’est qui parle ? le présentateur balance une phrase choc (et là adieu présomption d’innocence, rigueur des mots, etc) et ensuite le reporter corrige, nuance, précise.
    dans cet esprit, un très bon reportage peut-être saccagé par un mauvais lancement qu’on aura peut-être plus tendance à retenir.

    Commentaire par david — 30/10/2008 @ 15:25

  26. « La presse n’est pas et n’a jamais été l’hydre infernale et monstrueuse que d’aucuns décrivent ici. Ce n’est pas une furie décidée à détruire la justice, ni une courtisane cédant aux mille et uns désirs du politique, ni un ramassis d’ignares bavant devant des scoops. ».

    Je vous mets au défi de trouver dans les commentaires précédents quelqu’un critiquant la presse en ces termes… si vous n’aimez pas la caricature, ayez l’intelligence de ne pas caricaturer les critiques qui s’expriment ici…

    Aliocha : Ah ! vous m’en voyez fort aise. Pourtant, j’ai lu ici sous le billet précédent et beaucoup chez Eolas bien des attaques sur la bêtise des journalistes, je suppose que vous ne me contredirez pas. J’ai lu aussi beaucoup d’opinions sur notre passion du scoop qui nous égarait (personne au passage ne semblant savoir ce qu’est un scoop, passons), ou bien encore sur sa prétndue puissance dévastatrice qu’elle utilise à tort et à travers. Il n’y a nulle part le mot hydre, je vous l’accorde, disons que j’ai traduit, ce qui, je le crains, va faire rebondir la discussion sur des querelles sémantiques.

    Autre chose, lorsque vous évoquez la Presse, vous parlez uniquement des journaux papiers ou des médias en général ?. Parceque me concernant, ma régulière consternation devant le travail fourni par les médias découle en grande partie de l’écoute de la radio et de la télé (où les formats ne sont pas les mêmes).

    Aliocha : je parle en m’appuyant sur mon expérience du papier, la seule que je connaisse, mais les problématiques de base du journalisme sont communes à tous les supports. Avec une aggravation du risque « rapidité » et du risque « synthèse » à la radio et à la télévision par rapport à l’écrit. Sans compter la pression du direct à la radio au moins, car à latélévision, ça devient rare.

    Ceci dit, j’ai le sentiment que LA Presse, ça n’existe pas. Des journaux « courtisans » ou « bavant devant des scoops », on en trouve non ? peut-être de plus en plus. Ils ne sont pas toute LA Presse, mais ils en sont une partie non ? de même que vous.

    Aliocha : Comprenons-nous bien. Je ne dis pas que la presse est parfaite, surtout pas en ce moment, je ne dis pas que toutes ses erreurs, fautes et approximations sont excusables, j’ai simplement été choquée depuis des mois de voir sur les blogs la piètre opinion qu’avaient les gens de la presse. J’ai vu beaucoup de malentendus, de jugements hâtifs, d’incompréhension, de méconnaissance du métier, je n’ai pas reconnu dans ce portrait ce que je vivais au quotidien avec mes confrères, je n’ai pas compris le décalage entre le mal qu’on se donnait, l’amour qu’on portait à notre métier et la manière dont nous étions perçus. D’où mon envie d’essayer de faire comprendre ce qu’est un regard de journaliste. On verra bien.

    Commentaire par Thau — 30/10/2008 @ 15:27

  27. @Manu 13:54
    Le hic, c’est que justement, les notions et définitions juridiques ne se basent pas nécessairement sur le Larousse. La Justice fait partie de ces professions qui ont des us et coutumes et un langage particulier.
    C’est là que je rejoins Aliocha lorsqu’elle souligne la difficile tâche de vulgarisation du journaliste.
    (Si vous voulez un exemple, regardez la définition de « Liberté » dans le dictionnaire juridique de S.Cornu)

    @Aliocha
    Mes opinions divergent par contre sur d’autres points, je pense qu’effectivement les journalistes sont manipulés … par l’opinion publique.

    Aliocha : C’est la thèse de Bourdieu en effet, mais vous avez Chomsky à l’opposé qui pense au contraire que les médias manipulent le public, Kant qui estime qu’ils l’éclaire, Le Bon qu’ils vulgarisent et donc dévaluent la science, Marx qu’ils devraient lui ouvrir les yeux, Foucault qu’ils ouvrent les lieux de savoir et de pouvoir. Je crains que vous ne veniez d’ouvrir la boite de Pandore, non 😉

    Si la presse était indépendante au sens absolu et ne remplissait que sa mission première de dispenser de l’information, nous ne pourrions avoir plus de mauvaises nouvelles que de bonnes, et ce quel que soit le sujet abordé (je prends en compte ici la notion de rotation des sujets dont vous faites mention plus haut).
    Sinon, c’est que Pavlov se serait lourdement trompé -ou que nous sommes plus idiots que des chiens, c’est selon-

    Force est tout de même de constater que les nouvelles sont quand même relativement déprimantes d’habitude, non ?
    De là à dire que les journalistes soient des charognards, il ne faut pas exagérer non plus, mais ils entretiennent avec complaisance un sentiment de voyeurisme un brin morbide du lecteur.

    Aliocha : Morbide Le Figaro, le Monde, la Tribune, les Echos ? Généralisation hâtive non ?

    J’ai vraiment du mal à saisir (d’ailleurs je ne le saisis pas) comment on peut parler d’indépendance à partir du moment où l’on doive satisfaire une clientèle.
    Si quelqu’un d’ailleurs daignait m’éclairer, je l’écouterais avec plaisir.

    Aliocha : demandez aux avocats, ils sont indépendants malgré leur clientèle.

    Je trouve en revanche votre avant-dernier point extrèmement intéressant.
    J’espère ne pas avoir lu de travers, mais j’y vois la sempiternelle notion d’opposition entre droit et morale.
    Ce qui est une non-affaire du point de vue de l’application du droit (car c’en est une d’un point de vue juridique) heurte la morale et devient une affaire sérieuse de ce point de vue-ci.
    La Justice jugerait en droit, la Presse en morale ?
    Il y aurait matière à dissertation sur ce dernier point …

    Aliocha : nulle morale là-dedans, une observation du fonctionnement du système.

    Commentaire par Ferdi — 30/10/2008 @ 15:39

  28. @holden
    Je me contrefiche, personnellement, que la loi stipule et ne dispose pas, dans un article de presse. Je ne remets pas en cause la nécessité de vulgariser, je critique la façon dont on vulgarise. Peu importe la sémantique juridique dans un journal, je n’ai jamais entendu professeur fustiger la presse pour une mauvaise utilisation des termes. Je ne demande pas à Julien Courbet de faire un cours de locutions latines. C’est le fond qui pose problème. Pour reprendre l’exemple désormais célèbre (ici, en tout cas) d’Eolas : si on dit qu’un « violeur » « s’enfuit » alors qu’un « accusé » « quitte la Cour d’Assises », on ne parle tout simplement pas de la même chose, il ne s’agit plus de chipoter sur des termes. Et ne me dites pas que la seconde proposition est moins intelligible que la première pour le lecteur lambda.
    Il est très possible, avec des mots simples, d’expliquer en quelques mots des notions fondamentales de droit afin d’éclairer une décision de justice ou un fait divers. On ne demande pas un cours, les exceptions, les applications particulières, les spécificités d’un régime juridique… juste les grandes lignes. Le droit, c’est surtout du bon sens et de la logique, ça n’a pas grand chose de compliqué (c’est d’ailleurs pour ça qu’on utilise des mots compliqués, sinon comment justifier des années d’études ?), surtout en matière pénale où seules quelques notions assez simples gouvernement la plus grosse partie de la matière.

    Commentaire par Maxime — 30/10/2008 @ 15:40

  29. Donc en conférence de rédaction, « on y discute de l’importance des sujets, on choisit ce qui va monter en une, on tri s’il y a trop d’informations. En cas d’information importante, on discute de la manière dont elle va être traitée, de son sens, de la place qu’on va lui accorder etc ».

    Il ne faut pas être sociologue des médias pour comprendre que quelque part tout se joue AUSSI là. Dans cette conférence matinale qui va faire qu’un sujet sera monté en Une (ou en Page 3 !).
    Pourquoi un sujet passe et pas un autre ? Pourquoi comme ceci et pas comme cela ?
    Rémi écrit  » l’information n’existe pas par elle-même ».
    C’est juste…

    Aliocha, je vais être sévère : ce que vous expliquez c’est ce que l’on a montré à ma nièce lorsqu’elle a visité, avec sa classe, une rédaction!
    Une conférence de rédaction c’est un lieu stratégique où s’affrontent des personnalités, des pouvoirs ( petits et grands), des caractères. Cela influe nécessairement sur ce qu’on découvre le lendemain en buvant son café au comptoir. Vous n’êtes pas d’accord ?

    Aliocha : Attention Soop : les journalistes sont des humains ! ça méritait d’être rappelé. Pour le reste, un quotidien pourrait bien en ce moment titrer en une sur le problème des gitans qui chassent les hérissons pour les manger alors que c’est une espèce protégée, (véridique) mais je crains que les lecteurs lui rient au nez. Les faits sont têtus, et l’importance de certains événements incontournable et souvent indiscutable.

    Commentaire par Phedra — 30/10/2008 @ 15:45

  30. @Maxime 15:40
    Et selon vous, qui détermine ce qui est intelligible pour le citoyen Lambda ?

    Autant la première affirmation “violeur” “s’enfuit” a une forte connotation péjorative ;
    Autant votre suggestion “accusé” “quitte la Cour d’Assises” traduit une volonté d’arrondir les angles … suggéreriez-vous que tous les accusés sont vus de la même manière par le public ? (délit de voisinage, assassinat, même combat ?)
    Certes me direz-vous, « cour d’Assises », donc passible de plus de 5 ans … certes … mais dans la rue, qui fait le rapprochement ? ‘et là, je ne parle même pas du phénomène de correctionnalisation)

    N’est-il possible de voir ici que des rapports de force entre la volonté de minimiser l’incident, et celle de l’exagérer ?

    Commentaire par Ferdi — 30/10/2008 @ 16:02

  31. « oui aussi il vaut mieux un coupable dehors qu’un innocent en prison »> c’est votre opinion (que je partage a 100%).
    Mais ce n’est pas celle de nombre de personnes. Dans certains pays (pas si loin, il suffit de traverser la Manche), on détient pendant plusieurs semaines des gens de facon arbitraire. Certains des parlementaires (donc des représentants de la nation) veulent meme aller plus loin dans la surveillance et le controle. Et tout ca sous l’habituelle assertion: il n’y a pas de fumée sans feu.

    C’est donc loin d’etre une opinion acceptee… malheureusement.

    Commentaire par Vonric — 30/10/2008 @ 16:07

  32. @Aliocha
    Pourvu qu’on ne traite pas ce sujet de daube, Pas les hérissons. On va à coup sûr s’attirer la vindicte des spécialistes: « Lesjournalistes est un con, il n’est même pas capable de faire la différence entre hérisson à ventre blanc et Erinaceus concolor.

    Aliocha : Sans compter que ça pose des questions très chaudes sur l’assimilation, le respect des cultures, l’environnement, le développement durable, que ça mobilise les associations de défense des animaux. Moi en tout cas, je ne m’y collerai pas, impossible, je suis en conflit d’intérêt, j’avais une arrière-grand-mère gitane.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 30/10/2008 @ 16:15

  33. @Aliocha
    Il n’y a pas le mot hydre dites vous ?
    Il n’y a pas non plus les mots « furie décidée à détruire la justice », « ramassis d’ignare », etc… vous n’avez pas « traduit », vous avez caricaturé…
    Récapépétons : vous caricaturez les critiques à l’égard de la presse, en faisant ainsi des critiques caricaturantes (si je veux j’invente des mots), puis vous leur reprocher ce côté caricatural… certains ont eu la camisole pour moins que ça.

    Commentaire par Thau — 30/10/2008 @ 16:19

  34. « j’ai simplement été choquée depuis des mois de voir sur les blogs la piètre opinion qu’avaient les gens de la presse. J’ai vu beaucoup de malentendus, de jugements hâtifs, d’incompréhension, de méconnaissance du métier, je n’ai pas reconnu dans ce portrait ce que je vivais au quotidien avec mes confrères, je n’ai pas compris le décalage entre le mal qu’on se donnait, l’amour qu’on portait à notre métier et la manière dont nous étions perçus. D’où mon envie d’essayer de faire comprendre ce qu’est un regard de journaliste. On verra bien. »

    Vous pouvez appliquer votre sentiment à toutes les professions !! sauf que votre profession, comme d’autres, est plus exposée à la critique.

    Les profs, les magistrats, les Avocats, les Huissiers, les Notaires ect… que croyez- vous ? qu’ils sont compris et aimés du grand public?

    Quand on exerce ce type de métier, je m’étonne que l’on soit aussi agressive et péremptoire face la critique…

    Tous ont le sentiment que les citoyens ne comprennent pas toujours leur métier, leurs contraintes, que la critique n’est pas juste. Ils font pourtant leur métier aussi avec amour et dévouement.

    Alors, franchement, si vous souhaitez apporter des précisions quant aux réalités de votre métier, c’est très bien, mais cessez de soutenir que la Presse est injustement calomniée et que nous ne comprenons rien à rien à votre profession.

    Commentaire par SR — 30/10/2008 @ 16:27

  35. Bonjour à tous.

    Une simple remarque en forme de désaccord sur la conclusion de votre fort bon billet.

    « Au fond, ce qui dérange dans cette affaire, c’est que sa révélation puisse peser un peu plus sur l’image de la justice, c’est que le gouvernement s’en saisisse pour contrer les juges, ou bien encore qu’elle inspire des tentations de placement en détention provisoire. Ce serait regrettable en effet, mais si cela devait arriver, nous n’y serions pour rien. »

    Je n’en suis pas si sûr, justement. Ce que chacun (et surtout un journaliste) pense et écrit à des conséquences. Et chacun en a une part de responsabilité. L’assertion fataliste « Je n’y peux rien » m’apparaît un peu trop simpliste.

    Cordialement,
    Hobbes

    P.S.:(Re)lisez pour le plaisir « Les physiciens » de F. Dürenmatt, très bonne pièce de théatre :o)

    Commentaire par Hobbes — 30/10/2008 @ 16:29

  36. @Ferdi
    Mon assertion n’est ni plus ni moins qu’une description objective des faits : elle n’ajoute rien, mais n’enlève rien non plus. L’homme n’était pas un coupable ni un violeur, mais simplement un accusé : c’est un fait. Il se n’est pas enfui et n’a violé aucune loi, il a usé de son droit d’aller et venir. Il a donc « quitté la Cour d’Assises », ni plus, ni moins. Libre au journaliste de compléter, de préciser qu’il était accusé de viol, qu’il encourait tant d’années de réclusion criminelle… c’est même l’occasion, justement, de faire un peu de pédagogie et d’expliquer au lecteur que la Cour d’Assises est compétente pour juger des crimes, c’est à dire des infractions punies de plus de dix ans de réclusion. Ca ne mange pas de pain, et ça permet au lecteur de justement comprendre l’information qu’il vient de lire, sans que l’on puisse condamner le journaliste de vouloir minimiser quoique ce soit du fait de l’usage des termes « accusé » et « quitté la Cour d’Assises ».

    Commentaire par Maxime — 30/10/2008 @ 16:30

  37. D’un autre côté, avec un angle plus consensuel : « Comment cuisiner le hérisson », ça peut le faire. (« Comment cuisiner le Gitan » semble lui très très imprudent, et donc peu déontologique.

    Aliocha : merci de me faire rire, mais je crains que votre raccourci entre prudence et déontologie ne nous attire des ennuis, sans compter le sujet que vous évacuez bien entendu et heureusement.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 30/10/2008 @ 16:31

  38. Ce vaste débat entre la justice et la presse n’est pas prêt de s’éteindre…

    Selon que l’on est « professionnel » ou « profane », l’appréciation des faits est totalement différente.

    Prenons les 2 « dysfonctionnements » récents. L’opinion publique ne comprend pas que l’on puisse relâcher un violeur, au prétexte que l’on à écrit « infirme » au lieu de « confirme » dans un Jugement. De même, elle ne comprend pas qu’un prévenu puisse quitter l’audience avant l’énoncé du verdict.

    Les professionnels du Droit nous expliquent que tout est parfaitement normal…

    La presse s’empare de ces deux faits divers et les monte en épingle, juste après la manifestation des Magistrats en colère…

    La théorie de Chomsky se révèle ici dans toute sa splendeur !

    Qui profite de cette médiatisation ? Le Garde des Sceaux.

    Aliocha : je crains que non, elle est quand même à la tête du système, et on finit toujours par se demander quand un système a des ratés si ça ne viendrait pas de la tête.
    Qui est montré du doigt ? Le « laxisme » des Magistrats.

    Aliocha : dans l’espit des juristes oui, je n’ai pas vu cela dans la presse.

    Qui est manipulé ? L’opinion publique.

    Aliocha : je dirais plutôt qui se bât par médias interposés
    CQFD

    Commentaire par ramses — 30/10/2008 @ 16:41

  39. @Aliocha
    Il est trop tard de toute façon, nous avons déjà, été jugés sans appel, et nos mérites ont été trouvés légers. J’ai noté qu’en plus nous n’avions pas même le droit de nous défendre (c’est du corporatisme, de la mauvaise foi), qu’il fallait « fustiger » les journalistes, tous cons, vendus, paresseux, etc.
    Que nous reste-t-il ? Tendre l’autre joue, ce n’est pas trop ma tasse de thé. J’essaierai donc de nous défendre mais j’aurais bien du mal : nos critiques ne sont visiblement pas très sensibles aux arguments.
    @Rémi
    Merci.

    Aliocha : allons, vous aviez trouvé dans le post précédent et vous avez déjà oublié ? L’humour. Je teste ici mon cher, je regarde, je prends la mesure du malentendu, j’ai toujours été adepte de la stratégie des pieds dans le plat, ou du quitte ou double, bref, de ce qui avance. Ce qu’on lit ici fait mal mais c’est édifiant, demain on refermera le dossier et on passera à autre chose. Il faut dessiner l’avenir maintenant.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 30/10/2008 @ 16:51

  40. Je suis juriste, mais j’ai un souci avec la presse qu’elle traite ou non de mon domaine de spécialisation. Cela dit je ne pense pas forcément que cela vienne de la presse mais plutôt de moi. J’ai beaucoup de mal à développer un esprit critique vis-à-vis des journaux. Je pense qu’en fait, on ne nous apprend pas ou plus à avoir du recul sur l’information parue dans la presse. Ce n’est peut-être pas le rôle de la presse mais j’en viens à devenir une lectrice assidue de blogs au détriment des autres medias. Parce que j’y trouve de la ferveur, un engagement que je ne retrouve plus vraiment ailleurs. Et aussi de l’analyse, du recul, de la réflexion.

    Je suis aussi une enfant de la presse gratuite lue dans le tram avant d’aller sur les bancs de ma fac, ce qui rajoute au problème puisque ces journaux, il me semble, n’analysent rien mais reprennent la plupart du temps les dépêches. De l’info brute, juste pour me tenir au courant de ce qui se passe ailleurs que dans mes livres de droit. Je consomme mais je n’analyse pas.

    Est-ce à moi de faire l’effort, aux journalistes de nous en donner l’envie, à l’école d’intégrer l’analyse de l’information dans les programmes? Je ne sais pas, mais ce constat n’engage pas que moi. Autour de moi, mes amis étudiants réagissent de la même façon. J’y vois un potentiel danger pour l’avenir de la presse d’ailleurs un cercle vicieux; on ne lit plus les journaux, mais on les critique, les journalistes se sentent attaqués, finissent par perdre leur motivation, on lit d’autant moins les journaux etc…

    Tout cela pour vous dire qu’au-delà de cette affaire avec Eolas,qui déjà ne regarde que lui et vous, votre blog est devenu précieux pour nous faire comprendre de l’intérieur comment vivent les journalistes, comment ils ressentent leur métier.
    Alors merci d’essayer via ce blog de nous réconcilier avec la presse, ou du moins, d’essayer.

    Commentaire par Caroline — 30/10/2008 @ 16:58

  41. @Toto
    Un journaliste qui se plaint d’être critiqué, c’est quand même fort de café. Surtout quand on connaît le point de départ de la discorde actuelle entre presse et justice.
    Par ailleurs, si vous n’avez pas de « droit de réponse » sur un blog de journaliste, c’est à ne plus rien y comprendre… Si vos « arguments » n’ont pas une grande portée, ce n’est quand même pas de la faute de ceux qui vous critiquent (qui auraient très bien pu vous asséner la même remarque, d’ailleurs).
    Quant au corporatisme, n’est-ce pas ce dont vous accusez les professionnels du droit ? Dont vous fustigez une prétendue irresponsabilité, entre autres.
    Un minimum de dignité, acceptez la discussion et arrêtez de vous plaindre de devoir subir la critique, car c’est ce que vous imposez (et vous avez raison sur le principe) en permanence à beaucoup d’autres.

    Commentaire par Maxime — 30/10/2008 @ 16:59

  42. N’étant qu’un simple citoyen, je souhaite être informé. Il me manque quelques réponses :
    – quelle proportion d’accusés pour crime comparraisse-t-ils libres ?
    – quelle proportion s’enfuit avant son procés ( Gaydamack dans l’actuel procés de l’angolagate) ou avant le verdict ?
    – que peut-on attendre pour la suite ? Eolas arépondu : nouveau procés + appel.
    – quelle conséquence pour l’enfui ? Je ne parie pas 1 cent qu’il passe Noël en famille.

    Aucune question par contre sur le risque encouru par la société : si l’accusé était libre il y a un mois, sa cavale ne le rends pas monstrueux.

    La question détention préventive vs liberté règle générale datant un peu, il devrait y avoir un dossier fouillé constamment tenu à jour.
    SI …

    Commentaire par Pilou — 30/10/2008 @ 17:01

  43. « Aliocha : dans l’espit des juristes oui, je n’ai pas vu cela dans la presse. »

    Vous ne lisez pas Ouest-France ?

    Ici : http://www.ouest-france.fr/Le-violeur-presume-remis-en-liberte-par-erreur-a-ete-interpelle/re/actuDet/actu_3631-732358——_actu.html

    ou là : http://www.ouest-france.fr/Le-violeur-allait-etre-condamne-il-s-enfuit-du-tribunal-a-Montpellier/re/actuDet/actu_3631-730486——_actu.html

    Quand à la bénéficiaire de toute cette « salade », il suffisait d’écouter hier soir Rachida Dati
    au 20h de TF1 pour se convaincre que « la tête » avait récupéré l’évènement à son profit.

    Aliocha : Non, je ne lis pas Ouest France et vous non plus visiblement, le premier papier parle de l’autre affaire et le deuxième dit que tout ceci n’est pas bon pour la ministre, ce qui va plutôt dans le sens des juges. Dites, c’est parce que j’ai chahuté votre idole que vous hurlez avec les loups, pas très gentil ça mon ami.

    Malheureusement, « La fabrique de l’opinion publique » de Chomsky est actuellement introuvable en France, sauf pour les amateurs fortunés (un exemplaire d’occasion sur amazon.com au prix de… 90 €) !

    Aliocha : Ah ! Un penseur de gauche réservé aux gens riches, c’est piquant. Essayez Bourdieu, c’est moins cher, ou Muhlmann plutôt, elle les synthétise tous et plutôt très bien.Dans ces deux articles, le « laxisme » de la Justice est clairement montré du doigt.

    Commentaire par ramses — 30/10/2008 @ 17:11

  44. En voila un billet qu’il est bien mieux que le précédent : moins émotionnel et plus factuel.

    Sur le « choix » des sujets, il est évident qu’en dehors des « maronniers » (je laisse ALIOCHA expliquer ce que c’est aux mékeskidi), un sujet « dans l’air du temps » aura plus de succès qu’un article sur, par exemple, le report du démarrage du grand collisionneur de hadrons du CERN (bon, là c’est moi qui tente d’expliquer : http://public.web.cern.ch/Public/fr/LHC/LHC-fr.html )

    Sur le coté « on entend plus de mauvaises nouvelles que de bonnes » …
    Un commentateur a déjà écrit qu’on parle plus des trains en retard que de ceux à l’heure …
    Ceci dit, ça rejoint le commentaire sur le supposé atavisme morbide des médias.
    Comme j’aime beaucoup l’humour noir, je m’amuse, en regardant le 20h, à compter le nombre de morts annoncés…. On s’amuse comme on peut, mais faites l’exercice, et vous comprendrez !
    Je pense qu’il y a là une réflexion à creuser …

    Enfin, pour ce qui est le choix des mots et les connotations qu’ils véhiculent …
    Vaste sujet ! Car chacun d’entre nous possède en fait sa « grille d’analyse », et un même mot n’amène pas les même connotations suivant les gens.
    Bon vous allez me dire que je chipote, et que lire « un violeur s’enfuit du tribunal » c’est quand même différent de « un présumé innocent, comparaissant libre, part avant la fin de son procès » …
    M’oui … Mais comme l’a fait remarqué Aliocha, le jugement l’a rendu « coupable de viol », donc il est devenu « violeur » … Le raccourci, à postériori, est faisable (même si, comme tout raccourci, il ne présente pas toutes les subtilités du chemin complet).

    Et pour terminer, sur la NECESSAIRE vulgarisation.
    Un commentateur a déjà fait le parallèle avec la science.
    Je me dois d’enfoncer le clou avec un exemple que j’espère à la portée de tous :
    Chacun sait que les marées sont liées à l’attraction réciproque de la terre et de la lune. Donc en vulgarisant à l’extrême, la lune attire la terre (planète) et comme l’eau se se déplacer facilement, c’est elle que l’on voit monter avec le passage de la lune.
    Voilà pour le coté « vulgarisé » … Oui mais alors, pourquoi il y a 2 marées haute par jour alors que la lune ne passe au-dessus de nous qu’une fois par jour (par nuit) ??
    Voilà pour le coté limite, voire erreurs, lié à la vulgarisation et ses raccourcis !
    Pour en savoir plus, on doit faire moins de raccourcis. Par exemple comme ici :
    http://www.ifremer.fr/lpo/cours/maree/forces.html
    Mais même avec ces explications complémentaires, on ne comprend pas bien pourquoi il y a aussi amrée haute du coté opposé à la lune.
    Pour le comprendre, on est obligé d’en passer par des considération mathématiques (changement de référentiel, équation du second degré) … et là on commence à être loin de la vulgarisation !
    Ainsi l’article de Wikipédia, par exemple, n’est plus accessible au plus grand nombre. Celui-ci non plus : http://www.shom.fr/fr_page/fr_act_oceano/maree/origine.htm

    Mais bon, nous voilà loin du débat : les journalistes sont-ils des crétins, ou ne sont-ce pas plutôt leurs lecteurs ?
    Je plaisante, bien sûr 😉

    Commentaire par Yves D — 30/10/2008 @ 17:23

  45. @ Toto 39 : »Il est trop tard de toute façon, nous avons déjà, été jugés sans appel, et nos mérites ont été trouvés légers. J’ai noté qu’en plus nous n’avions pas même le droit de nous défendre (c’est du corporatisme, de la mauvaise foi), qu’il fallait “fustiger” les journalistes, tous cons, vendus, paresseux, etc.
    Que nous reste-t-il ? Tendre l’autre joue, ce n’est pas trop ma tasse de thé. J’essaierai donc de nous défendre mais j’aurais bien du mal : nos critiques ne sont visiblement pas très sensibles aux arguments. »

    Ce que vous lisez, Aliocha est  » édifiant » dîtes-vous…

    Ah bon… et bien ne vous inquiétez pas trop, si ce blog continue sur cette voie, vous vous retrouverez entre-vous et vous pourrez vous congratuler et parler entre gens qui se comprennent.

    Bonne continuation.

    Aliocha : oui, ça me renseigne sur ce qu’on pense de nous, ça vous choque, vous vouliez que je sombre dans le désespoir ou que je fasse dès demain matin un mea culpa ? Ce que vous aimez chez Eolas à dose pondérale vous déplait chez moi à dose infinitésimale (un off entre confrères de deux lignes)? Vous m’étonnez, aurais-je failli à mon rôle de victime expiatoire de toute la rage anti-journaliste ? J’ai ouvert ma porte, accepté de m’expliquer en toute transparence et je n’apercois que colère et grincements de dents, la moindre objection est corporatiste, la plus petite défense est forcément le fait de la mauvaise foi, on ne débat pas ici en ce moment, on essaie de me faire plier devant un réquisitoire à charge. Soit, j’assume, mais permettez-moi de ne pas me dissoudre sous les critiques, de ne pas me confondre en excuses d’exister, c’est pas mon genre.

    Commentaire par SR — 30/10/2008 @ 17:29

  46. @ Aliocha
    « demandez aux avocats, ils sont indépendants malgré leur clientèle. »

    C’est un appeau à troll ça ? 🙂
    Alors,
    Prenons comme hypothèse le fait qu’un avocat ne fait rien gratuitement ;
    Que si je désire avoir une réponse de sa part je doive le payer ;
    Que ce faisant je deviens son client ;
    Comment voulez-vous alors qu’en tant que client je lui demande s’il reste indépendant vis à vis de moi malgrè le fait que je sois son client ?

    Aliocha : il le reste parce qu’il peut refuser de faire ce que vous lui demandez et vous sortir de son cabinet, à condition bien sûr que vous ne soyez pas son seul client 😉
    Plus sérieusement, l’indépendance des avocats … indépendance par rapport à quoi ou par rapport à qui ?

    Attention je n’ai pas dit que les journaux étaient morbides, mais que la curiosité des lecteurs à un relent malsain dans le sens que si l’on en juge par les dépêches que l’on peut lire sur les sites de ces journaux -je ne lis hélas pas les versions papier-, une majorité est négative (scandales, attentats, problèmes en tout genre).
    Cependant, je vous laisse juge de ma tentative de généralisation … j’ai bien moins de recul sur ce domaine que vous, c’est surtout une forte impression dirons-nous.

    Aliocha : je sais, vous n’êtes pas fautif, c’est une idée couramment répandue. Mais allez au kiosque et regardez. D’un côté la presse people vous montre des gens riches et célèbres à la mine réjouie, de l’autre des quotidiens très sérieux vous parlent de choses trés savantes, (sauf Libé qui fait le malin), des hebdos d’actualité générale type Point Express pas franchement morbides, (Marianne aussi fait le malin mais il est racoleur, pas morbide). En fait, y’a quoi Détective et deux ou trois autres titres qui jouent sur ce créneau et Match parfois accusé de le faire quand il publie des photos un peu trop politiquement incorrectes. Nous avons surtout en mémoire le traitement de quelques grandes affaires judiciaires un peu trash autrefois, d’où cette impression, me semble-t-il…

    Commentaire par Ferdi — 30/10/2008 @ 17:35

  47. @Maxime
    Le journaliste partagerait donc avec le bon chrétien l’obligation de tendre l’autre joue ? Faut-il en plus remercier ?
    Je ne me plains pas des critiques fondées, au contraire je les encourage, et même je les réclame. Je me plains quand :
    1. Les critiques sont fondées sur une méconnaissance à peu près totale de la presse, du journalisme et, plus généralement, des mécanismes complexes qui fabriquent l’information « pointilliste » d’aujourd’hui.
    2. Quand les critiques bondissent trop rapidement d’un « petit fait » à un jugement général. Et ce d’autant plus quand j’entends qu’il me serait interdit d’y répondre.
    3. Quand les critiques se trompent de cible et s’attaquent à ceux qui, précisément, tentent de défendre leurs intérêts.
    4. Quand les critiques refusent d’entendre les arguments et reviennent toujours sur la même chose (c’est pas très dialectique).
    5. Sur la complète automaticité des critiques que je lis ici.

    Sans préjudice des n° 6, 7 et suivants…

    J’appelle la critique, même radicale, je la souhaite juste un peu plus informée, un peu moins répétitive (on a compris que Gérald X. à la Voix du nord s’était trompé sur un horaire de train…), un peu moins évidemment partiale et irréfléchie. Et je voudrais que, comme n’importe quel justiciable, j’ai droit à me défendre.

    Si c’est trop demander, dites-le moi

    Commentaire par Toto_SRàRien — 30/10/2008 @ 17:37

  48. J’ai beaucoup hésité hier à laisser un commentaire sous votre billet « Contre Eolas », d’abord parce que je laisse rarement de commentaire sur les blogs, et ensuite parce que je suis avocat et que je trouvais gênant de contribuer à instruire un procès, fût-ce à décharge, en dehors de la présence de l’intéressé. Je dirai seulement que, comme d’autres, j’ai trouvé que vous avez réagi de manière excessive et intempestive.

    Je saisis l’occasion que me fournit votre billet d’aujourd’hui de contribuer modestement à un débat qui me tient à coeur.

    Je vous donne raison sur un point : les juristes, à force de distinctions subtiles, finissent souvent par perdre le sens de la réalité : la loi n’est pas créée pour eux seuls mais pour l’ensemble des citoyens de sorte que comme vous, je considére qu’il y a matière à questionnement, chaque fois que dans ses prescriptions, dans son application ou dans son exécution elle choque ou elle heurte le « sens commun ».

    Oui il y a eu dysfonctionnement dans l’affaire du « libéré à la suite d’une erreur de plume », non il n’y a pas matière à faire le procès des journalistes parce qu’ils ont parlé de « la fuite du violeur », et oui la presse est dans son rôle lorsqu’elle s’en fait l’écho à cause ou malgré le contexte.

    Pour autant,le traitement de ces deux informations dans la presse a-t-il été satisfaisant ? Non mille fois non et elle mérite en effet d’être sévèrement critiquée.

    Vous écriviez hier que « le journalisme consiste à informer de l’actualité, lancer les débats, que le premier jet, la première dépêche est souvent un débroussaillage, qu’il faut ensuite en parler, approfondir et que les journaux le font très bien en se concurrençant entre eux, en éclairant le sujet dans les jours qui suivent, en ouvrant leurs colonnes aux experts. » Très bien pour la définition mais dans les faits ?

    Prenons l’affaire de l’erreur de plume :

    Cela fait une semaine que cette affaire tourne en boucle sur les radios et les sites d’information.
    Le libéré a été immédiatement présenté comme le « violeur présumé » (sous entendu, ce qui est douteux c’est son innocence, pas sa culpabilité) voire comme un « violeur relâché » ou encore un « violeur multirécidiviste » : les mots ont un sens et ces mots-là sont dans le domaine public, ils ne sont pas spécifiques à la langue des juristes. Ni les conditions matérielles de travail ni les délais très courts de publication qui vous sont imposés ne me paraissent pouvoir justifier une transgression si grave et si répétée de la presomption d’innocence. Mais dîtes-vous ça c’est le premier jet ensuite, la presse approfondit. J’écoutais hier Franc-Info où cette affaire a été maintes fois évoquée compte tenu des péripéties du jour ; au matin le libéré était qualifié de « violeur présumé » et le soir, lorsque j’ai coupé le poste, de « violeur multirécidiviste ».

    Aliocha : oui, là il y a un problème en effet. Je ne sais pas d’où vient ce raccourci qui donne en plus à la presse le sentiment de bien faire, entre nous, je ne suis pas sûre que ce ne soit pas une consigne de juriste plus ou moins bien comprise. Il faut que j’éclaircisse ce mystère. Je comprends que cela vous heurte mais les journalistes ont le sentiment en ajoutant « présumé » qu’ils soulignent bien que la personne n’est pas encore condamnée. Comme quoi, en discutant tranquilement, on avance. Je vais rechercher l’origine de cette chose-là.

    L’information des auditeurs-téléspectateurs-lecteurs est en marche en effet…

    Sur l’erreur, elle est incontestable, c’est entendu : le juge rédige une décision dans laquelle il expose tous les motifs qui justifient la « confirmation » de la première décision et il conclut à « l’infirmation », ce qui signifie en gros annuler la décision de mise en détention et ce qui doit provoquer la libération de l’intéressé que le juge n’a pas voulu. C’est la faute, la très grande faute du juge, du greffier, de la justice quoi. Lorsqu’on a dit ça, le débat est-il lancé, a-t-on fait le tour de la question ?

    La presse écrite est me semble-t-il particulièrement bien placée pour comprendre à quel point il est facile de laisser passer « des erreurs de plume » malgré des lectures et des relectures. Pas de problème, en cas d’erreur de plume, vite un rectificatif -immédiat sur le site internet, dans le prochain numéro pour la presse papier-. Facile. Pareil pour les décrets,les arrêtés, le journal officiel est plein de rectificatifs. Facile. Pour les lois, c’est à peine plus compliqué : une nouvelle loi dite interprétative. Facile.

    Mais au fait pourquoi les juges n’ont-ils pas rectifié leur décision ?

    On l’apprend par un communiqué de la Chancellerie, si je me rappelle bien : il y a bien un article 710 du code de procédure pénale qui est consacré à la rectification des erreurs matérielles des décisions de justice pénale mais le Procureur Général pense que compte tenu de l’interprétation de cet article par la Cour de cassation, notamment dans un arrêt de 1994 assez similaire,la requête en rectification n’aboutira pas : pour la cour de cassation, ce qui compte c’est la conclusion de la décision et rien d’autre.

    Ils sont psycho-rigides ces juges : sans doute, mais ils vous répondront qu’il y a également de graves inconvénients à laisser de trop larges possibilités de modifier après-coup des décisions de justice définitive.

    Tiens ça me rappelle quelque chose : il y a quelques mois un type à qui à l’audience on avait annoncé qu’il était condamné à X années de prison ; lorqu’on lui a notifié le jugement écrit, la peine avait augmenté ; la presse avait parlé à l’époque d’une rectification d’erreur matérielle et de ses difficultés.

    Vite Google mon ami « erreur matérielle justice prison peine ».

    Bingo, le premier lien : http://tf1.lci.fr/infos/france/justice/0,,3450523,00-condamne-ans-prison-risque-faire-.html : à l’audience, il est condamné à 2 ans de prison et la décision qui lui est notifiée porte 3 ans de prison. Le tribunal de Nanterre rectifie car sinon ce serait « inique » et « déloyal » ; le Procureur fait appel, la Cour de Versailles confirme ; le Procureur fait pourvoi en cassation ; mince l’article ne dit rien de la décision de la cour de cassation.

    Zou, sur le site de legifrance : jurisprudence judiciaire – recherche experte – arrêt de la chambre criminelle – sur un arrêt rendu par la cour de Versailles – « rectification erreur matérielle » comme expression « 2 ans » comme expression ; 5-6 résultats un seul arrêt de 2007.
    Bingo : http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechExpJuriJudi&idTexte=JURITEXT000017896080&fastReqId=653541425&fastPos=2
    Quoi ?!? la cour de cassation casse sans renvoi et dit en substance que ce type devra faire 3 ans et non 2 : ce qui compte c’est ce qui est écrit sur la décision, l’article 710 ne permet pas qu’il en soit autrement.

    ( temps total de recherche : 15 mn)

    Récapitulons : il est facile de rectifier un arrêté, un décret, une loi, un article de journal entâchés d’une erreur de plume ; mais pas une erreur de plume dans une décision de justice même quand elle conduit à aggraver la peine de prison effectivement prononcée et peut-être pas quand cette erreur -certaine- conduit à relâcher un accusé dont les juges auraient voulu qu’il comparaisse détenu, tout ça à cause de l’article 710.Il faudrait peut-être voir à modifier la rédaction de l’article 710.

    Je ne pense pas qu’il appartienne à la presse de répondre à la question mais je pense qu’il lui appartient de poser la question, de formuler ou de reformuler le problème. J’aurais bien vu la question de la rédaction insuffisante de l’article 710, qui en fait est celle de l’opportunité de casser la jurisprudence de la cour de cassation, posée à des parlementaires, ceux qui font la loi, par exemple et au hasard Monsieur Houillon (UMP) et Monsieur Vallini (PS), qui sont tous les deux d’anciens avocats (ça doit donc leur dire quelque chose)et qui ont tous les deux animé la commission parlementaire sur l’affaire d’Outreau (des spécialistes en dysfonctionnements judiciaires).

    Voilà pour moi comment la presse aurait pu en effet contribuer au débat mais je ne l’ai lu nulle part.

    Aliocha : si, 1 minute de recherche mais j’ai du travail, attention cependant il y a un présumé coupable à l’intérieur : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/10/25/01016-20081025ARTFIG00182-l-incroyable-scenario-d-une-liberation-par-erreur-.php

    Au lieu de ce débat, que voyons-nous ?

    La presse fait de cette affaire un véritable feuilleton :
    – les déclarations fracassantes et énergiques du Président de la République
    – le dépôt de la requête en rectification d’erreur matérielle et son audiencement très rapide
    – le placement en garde-à-vue du libéré à la suite de l’erreur de plus pour une affaire d’agression ancienne
    – à l’issue de cette garde-à-vue, et toujours pour cette affaire d’agression, la question de l’incarcération du libéré qui se posera si j’ai bien suivi, quelques heures avant que la chambre d’instruction ne rende sa décision sur la requête en rectification d’erreur matérielle.

    Bien sûr ces péripéties existent et bien sûr la presse se doit d’en rendre compte.

    Mais en désignant l’intéressé comme le « violeur présumé » ou « le violeur récidiviste », en faisant tourner cette information en boucle depuis une semaine, sans jamais élever le débat, croyez-vous que les juges qui vont être amenés à se prononcer dans les heures qui viennent le feront en toute sérénité ? Croyez-vous que l’intéressé aura droit à un procès équitable avec tout ce tapage médiatique non seulement quant à la question de sa possible réincarcération immédiate mais même quant à son procès devant la cour d’assises ?

    Aliocha : Le débat n’avance pas àla radio, quoique, je ne l’écoute pas, je suis sûre qu’en cherchant bien on a du avoir une interview d’avocat ou de juge là-dessus. Il avance mieux dans la presse écrite. Voyez google actualités.

    Quand je vois le traitement de cette affaire, je n’ai pas le sentiment que la presse informe l’opinion ni qu’elle contribue à « lancer le débat », mais plutôt qu’elle se contente de suivre ce qu’elle croit être l’opinion majoritaire, et je ne vois pas que la concurrence entre les organes de presse change quoi que ce soit à cette situation.

    Récapitulons : une erreur de plume imputable à la « justice » ; un emballement médiatique d’une semaine qui risque de compromettre et la sérénité des juges appelés à trancher dans les heures qui viennent et le droit à un procès équitable d’un accusé qui est délibérément privé de la présomption d’innocence… et toujours pas de débat.

    La presse dénonce les dysfonctionnements de la « justice », elle est bien sûr dans son rôle et elle n’a pas à tenir du contexte pour les dénoncer, je vous suis encore. Mais la presse est comptable de la manière dont elle traite l’information, sans pouvoir faire abstraction du contexte à peine de ne plus être neutre mais de provoquer événements ou d’y contribuer.

    J’espère que vous pardonnerez le ton un peu vif de ce commentaire, qui, je le crois sincèrement, est moins inspiré par ma qualité de juriste que par ma qualité de citoyen.

    Aliocha : si tous les « vifs » étaient comme vous, ces discussions seraient un plaisir et on avancerait. Je vous promets de trouver le fin mot de l’histoire sur « présumé ». Comme quoi on peut exprimer un désaccord sans s’écharper.

    Commentaire par ranide — 30/10/2008 @ 17:45

  49. @Ferdi (27)
    « Le hic, c’est que justement, les notions et définitions juridiques ne se basent pas nécessairement sur le Larousse. La Justice fait partie de ces professions qui ont des us et coutumes et un langage particulier.
    C’est là que je rejoins Aliocha lorsqu’elle souligne la difficile tâche de vulgarisation du journaliste. »

    Effectivement, mais les journaux ne sont pas rédigés et lu par des juristes!

    Et ce mot (comme d’autres) n’a pas la même résonance pour tous passé au filtre de notre « dictionnaire métier ». C’est ce que je voulais souligner en prenant cet exemple trivial. Je trouve la réaction disproportionnée lorsque l’on dis sur l’exemple qui nous préoccupe ici, que le journaliste à commis une faute ou cherché à faire du sensationnalisme. Il n’a fait qu’utiliser un mot qui pour le commun des mortels (les mons-juristes) était juste!

    Je les voit mal rédiger plusieurs versions d’un même article pour s’adapter aux vocables de chaque catégories socioprofessionnelles.

    On peut facilement qualifier de faute une attitude que l’on ne comprend pas, la moindre des choses est de le faire poliment et de reconnaître que l’on peu être dans l’erreur lorsque l’on porte cette accusation.

    Commentaire par Manu — 30/10/2008 @ 17:50

  50. @ Aliocha,

    je veux bien rigoler sur les hérissons, que j’adore, mais une autre fois.
    Là, avec votre réponse vous fermez la porte à la discussion.
    Je ne vous attaquais pas en parlant des conférences de rédaction. On peut en parlez non ? Ou c’est tabou ?
    Please, ne prenez pas tout mal si vous voulez qu’on comprenne ce dur mais passionnant métier qu’est le journalisme !

    Aliocha: pour la raison évoquée par Philarete en dessous, parce que vous dites « je vais être dure » et que vous partez sur l’idée qu’au fond, le journaliste choisit les sujets pour de mauvaises raisons. Et quand je fais de l’humour, ça vous heurte ! Ce qui dicte le choix des sujets, c’est l’actualité, et c’est le métier de la presse que de les choisir, de les hiérarchiser et de les présenter aux lecteurs en fonction de leur intérêt et de leur importance. Qu’il y ait des avis divergents, des querelles de chapelle (Le Monde ?) que chaque chef de service estime que sa rubrique est la plus importante, que le rédacteur en chef estime qu’un sujet n’a pas été assez fouillé et le refuse, qu’il en choisisse un autre plus intéressant, tout cela est vrai, c’est ça une conférence de rédaction un débat entre professionnels sur ce qu’ils vont mettre dans un journal.

    Commentaire par Phedra — 30/10/2008 @ 17:55

  51. Une remarque en passant.
    Un journaliste devenu patron de presse me racontait un jour ce qui l’avait le plus marqué quand il avait commencé, comme beaucoup d’autres, en couvrant des faits divers. Suite à son papier sur une affaire (sordide ou dramatique, je ne me souviens plus), son patron le convoque. Une simple question : « Est-ce que tu as pensé que la famille de ce pauvre type pourrait lire ton papier ? » Juste la question : pas de réponse requise, juste de quoi réfléchir. Ce n’était pas une incitation à la sensiblerie, seulement un rappel du fait élémentaire que les journaux rapportent des affaires dont les acteurs sont des êtres humains. L’ami qui me racontait cela en a tiré des conclusions sur son métier, et notamment l’idée que l’essentiel pour un journaliste c’est d’aimer la « pâte humaine », les êtres de chair et de sang (il évoquait alors Kessel capable de passer la nuit à boire avec un repris de justice, pour pouvoir vraiment aller au fond, être au plus juste en rapportant ce qu’il avait vu, senti, compris).
    Tous les journalistes ne fonctionnent sans doute pas ainsi, mais je crois que c’est une idée qu’Aliocha défend à sa manière.
    Or — c’est à cela que je voulais en venir — il me semble que la discussion en cours, qui est passionnante, gagnerait en sérénité si chacun s’efforçait de penser un peu à celui ou celle qui va le lire. On peut échanger des arguments sans chercher à blesser, sans être ironique ou méprisant, sans laisser le terrain difficile mais noble des idées pour chercher à toucher au cœur, là où ça fait forcément mal. Pourquoi faut-il que certains, entre 10 manières de dire une chose, choisissent la plus désagréable pour celui à qui ils s’adressent?

    Commentaire par Philarete — 30/10/2008 @ 17:55

  52. Ferdi, quels sont les critères de la bonne critique, celle que l’on a le droit de vous adresser ? Qui juge de la qualité de la critique qu’on vous oppose… vous ? Qui vous empêche d’y répondre, et comment y arrive-t-on (j’ose imaginer que vous ne faites pas votre caliméro et que si vous vous plaignez du fait qu’on vous interdit de répondre, c’est pour autre chose qu’un simple commentaire) ?
    Quels sont les fondements selon lesquels une critique devrait être impartiale ? Est-ce d’ailleurs possible d’émettre une critique impartiale ? D’ailleurs, qu’est-ce qu’une critique impartiale ? Qui juge de la partialité de la critique ? Sélectionner seulement les critiques qui vous semblent « impartiales » ne reviendrait-il pas à écarter toute critique qui ne serait pas absolument évidente ?
    Défendez-vous, on ne demande que ça. Défendez-vous, et arrêtez de pleurnicher sous prétexte qu’on vous empêcherait de vous défendre. Exposez votre point de vue, exposez vos arguments, confrontez-les, réévaluez-les, transformez-les, martelez-les, mais par pitié cessez de vous victimiser, c’est tout bonnement insupportable.
    Ou alors, dites franchement que vous êtes incapable de faire face à la critique, que vous n’avez pas envie de vous y opposer ou que vous y êtes insensible. Au choix. La première option, celle d’argumenter, me semble un poil plus digne.
    J’espère de tout coeur que ma critique sera approuvée par le comité de censure. Ha, ha, ha.

    Aliocha : Nous avons bien compris que tout ce qui n’était pas agressif, virulent, vous semblait relever du monde de Casimir. C’est une position que je ne partage pas, ce blog n’est pas une fosse aux lions, il me semble l’avoir déjà expliqué non pas en pleurnichant comme vous dites mais en parlant calmement. Vous me rappelez cette phrase de Cioran « N’avoir de goût que pour l’hymne, le blasphème, l’épilepsie ». C’est pas ici.

    Commentaire par Maxime — 30/10/2008 @ 18:26

  53. ok je conçois que j’ai été dure en disant je vais être dure.
    Mais là on avance, votre réponse donne une meilleure idée de ce qu’est une conférence de rédaction. Aucun journaliste ( salarié d’une rédaction) ne peut nier son importance. Il faut être bon, savoir vendre son sujet, etc.
    Si j’ai ajouté la parenthèse c’est que je crois qu’un pigiste ne vit pas forcément les choses de la même manière. Quand on est pigiste, on ne vit pas au jour le jour les pressions qui pèsent sur la rédaction.

    Commentaire par Phedra — 30/10/2008 @ 18:27

  54. @Aliocha, alors, je vous laisse à vos complaintes. Bonne continuation.

    Aliocha : Vous serez plus à l’aise chez Eolas, l’ambiance est, comment dirais-je, plus virile ?

    Commentaire par Maxime — 30/10/2008 @ 18:37

  55. @47 ranide
    « Le libéré a été immédiatement présenté comme le “violeur présumé” (sous entendu, ce qui est douteux c’est son innocence, pas sa culpabilité) voire comme un “violeur relâché” ou encore un “violeur multirécidiviste” : les mots ont un sens et ces mots-là sont dans le domaine public, ils ne sont pas spécifiques à la langue des juristes »

    Permettez-moi de mettre un bémol.
    Il est vrai qu’en théorie, c’est la culpabilité et non l’innocence qui est douteuse. En théorie. Mais dans les faits, en pratique, chaque fois qu’il y a détention provisoire, c’est l’innocence qui est douteuse aux yeux de la justice, et non la culpabilité. Dans le cas contraire, la détention provisoire n’aurait aucun sens.

    Commentaire par lambertine — 30/10/2008 @ 19:12

  56. @ Aliocha en 44:

    Mais c’est vraiment n’importe quoi!! Vous extrapolez et déformez les propos…
    je ne vois absolument aucun rapport entre mon commentaire en 44 et votre réponse faisant référence à Eolas….mais bon, le deuil semble difficile…

    Quant à votre commentaire sous 53, je le trouve affligeant.Je crois que là, nous sommes dans la réponse « caniveau ».

    Cette fois, c’est la bonne : Je vous efface de mes favoris et re : bonne continuation

    Aliocha : il est amusant d’observer la différence entre le ton que les lecteurs s’autorisent avec moi et ce qu’ils me permettent en retour. Sans doute une différence de sensibilité. J’aurais du sans doute subir sans ciller vos propos sur mon ton péremptoire et les harangues de Maxime. Comme je l’ai déjà dis je n’entends pas que ce blog devienne une fosse aux lions, par conséquent le départ des lions m’affecte peu

    Commentaire par NR — 30/10/2008 @ 19:15

  57. Chère Aliocha,

    quelques petites réflexions sur certains éléments de votre riche billet.

    Sur le fait que la « fuite » de l’accusé soit ou pas une « affaire », j’ai l’impression que c’est l’actualité qui fait l’actualité. Ce qui a été pour vous une « affaire » cette semaine aurait peut-être été une « non affaire » il y a deux mois. D’ailleurs, comme vous le rappelez, il y a eu des précédents, qui n’avaient pas autant attiré l’attention. Et ce qui paraît offusquer tout le monde aux assises se produit régulièrement en correctionnelle pendant le délibéré.
    Je ne veux pas dire par là que la presse aurait été manipulée pour se jeter sur cette histoire. Mais je pense que cette péripétie judiciaire a attiré l’attention essentiellement parce qu’elle est survenue en plein débat sur la justice après la mobilisation des magistrats et la remise en liberté sur faute de frappe.
    Et je suis persuadée qu’il y a un effet boule de neige : dès lors qu’un média national se fait l’écho d’un « événement », les chances pour que les autres le reprennent en fanfare sont démultipliées. On voit même dans les rapprochements faits par @SI qu’ils reprennent même parfois les mêmes intervenants, y compris les « anonymes ».
    Encore plus que le choix de considérer cette fuite comme une information capitale, c’est cet effet de masse qui m’inquiète.

    Aliocha : Bonsoir Dadouche et merci de votre visite. En effet, la presse s’empare de thèmes et les explore, entraînant par là même un effet amplificateur qui peut choquer ceux qui sont concernés. Vous avez le droit de trouver ce bruit assourdissant, voire disproportionné. Mais ne sous-estimez pas la capacité des médias, dont c’est le métier d’observer le monde, à identifier des thèmes de société importants. Nous faisons du bruit autour de la justice ? Certes, mais j’entends à longueur de discours lors des audiences solennelles à quel point la justice fait l’objet d’attentes de plus en plus fortes. J’ai lu ici et ailleurs que les journalistes faisaient le jeu des politiques en parlant en ce moment de la justice, mécaniquement peut-être, volontairement, je ne crois pas. La justice est sommée de répondre à toutes nos angoisses, chasser les pédophiles (la grande peur moderne, voir Garapon à ce sujet), indemniser les crimes de l’histoire, trancher des questions éthiques voire religieuses majeures, régler les rapports sociaux, familiaux etc….Certaines questions débordent largement sa mission et elle le dit. Les journalistes ne font que le constater.

    Sur les approximations de vocabulaire, bien sûr, mes oreilles de juristes tressaillent quand j’entends ou quand je lis « la loi stipule ». Mais, comme le fait remarquer un précédent commentateur, l’essentiel est finalement que l’idée qui sous-tend la phrase soit correcte.
    C’est pourquoi je suis beaucoup plus gênée de lire « le procureur a placé en détention », « le parquet a mis en examen » ou d’autres formules de ce type, qu’on trouve régulièrement dans la presse locale mais pas seulement, et qui faussent dans l’esprit du public les informations qu’on leur donne sur l’architecture et le fonctionnement de la justice. Là, l’idée qui sous-tend la phrase est fausse et donne en l’espèce une idée fausse de la répartition des compétences entre le siège et le parquet.
    Je pense que la presse a, dans son rôle d’information du public, un rôle d’éducation que ses contraintes notamment économiques, de temps et autres ne lu permettent plus de tenir. J’ai l’impression qu’il y a de moins en moins de journalistes spécialisés et que ceux qui sont amenés à traiter de sujets variés ne peuvent qu’effleurer les choses et sont de fait dépendants de leurs interlocuteurs soit-disant spécialisés quand ils traitent d’une information.

    Aliocha : voyez-vous même moi je butte sur le vocabulaire pénal car je n’en ai jamais fait. Mon domaine à moi c’est la finance, dès lors je ne sous estime pas la difficulté pour un journaliste non juriste d’utiliser le bon vocabulaire. Ce que je n’aime pas c’est qu’on attaque les journalistes en niant cette difficulté. Ce que je suis prête à admettre, c’est qu’on fasse un effort collectif, d’ailleurs, je vais peut-être m’y coller pour faire un lexique de base à l’attention des journalistes qui traitent de justice.

    Vous faisiez vous même remarquer que votre expérience d’avocat et votre formation de juriste faisaient qu’on ne pouvait pas vous faire avaler n’importe quoi. La formation de la plupart des journalistes les met-elle à l’abri de cet écueil ou au moins leur donne-t-elle les outils pour se mettre en position de l’éviter ? (c’est vraiment une question que je me pose et j’aimerais votre éclairage là dessus). Je repense à cet article de Libé qui m’avait conduite à faire un billet sur la procédure de placement provisoire et qui à mon sens donnait une fausse idée du déroulement général de telles procédures.

    Un dernier exemple pour le questionnement de ce qui fait ou pas une information. En écoutant ma radio un matin, j’ai appris que « le violeur libéré par une erreur de plume a été interpellé et placé en garde à vue dans le cadre d’une autre affaire ». Sans aucune autre précision. On peut se demander quelle est l’information portée ici à la connaissance du public :
    – il a commis une autre infraction depuis sa libération ?
    – c’est vraiment un multi-récidiviste ?
    – les dispositions ont été prises pour remédier à une fâcheuse erreur ?
    Il aura fallu quelques heures pour avoir les précisions sur la date des faits reprochés et sur le fait que ce n’était pas une affaire gardée sous le coude au cas où mais un dossier qui avait avancé grâce à la médiatisation de sa libération.
    J’ai conscience qu’il faut aller vite, particulièrement dans des médias immédiats comme la radio ou la télévision, mais il me semble que l’information n’était pas complète et a pu être, selon la perception qu’en ont eue les auditeurs, une fausse information.

    Aliocha : je vous comprends, j’ai ressenti cela en entendant sur i-télé que Kerviel allait être confronté aux comptables de la Générale, ce qui n’avait pas de sens, c’était aux commissaires aux comptes. Je ne nie pas ces erreurs, ni ce qu’elles ont de contraire à une mission disons pas idéale mais au minimum correcte d’information. Je suis seulement attristée quand c’est le prétexte pour stigmatiser toute une profession. Et j’ai alors envie de relativiser la violence des critiques autant que de contester la lourdeur de la peine.

    Commentaire par Dadouche — 30/10/2008 @ 20:10

  58. @55 ALIOCHA
    Nous n’avons pas le droit. Pas nous.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 30/10/2008 @ 20:11

  59. Je m’excuse par avance si je répète ce qui a sans doute été dit, mais je tiens à m’exprimer. En tant que simple auditrice, quotidienne, de la radio, j’ai été un peu choquée par le « matraquage » de l’info sur « la faute de frappe ».
    L’info a en effet été livrée de façon très répétitive, sans aucun commentaire visant à l’éclairer, en ouverture de journal…

    J’avoue que j’ai trouvé étrange cette insistance, surtout après la journée d’action du 23. La Chancellerie certes ne passerait pas un coup de fil, mais il y a bien des moyens pour….. enfin bref,je pense que vous me comprenez.

    Aliocha : ce n’est pas en donnant des consignes aux médias qu’on les manipule, le jeu est plus subtile que ça. Imaginer que le gouvernement appelle une radio pour dire à son patron, « demande à tes journalistes de matraquer l’info ça va m’aider à me débarrasser des juges », cela relève de la science fiction.

    Commentaire par anne — 30/10/2008 @ 21:29

  60. bonjour. billet interressant mais peu convaiquant car enfin qu’est qui empechait les divers journalistes d’crire d’emblee un article sur le probleme de fond (detention provisoire) en « expliquant » ou mieux en informant… le choix qui a ete le plus souvent retenue dans cette affaire fut de faire du sensationnel et non de l’informatif… et je crains que pour ma part c’est la raison pour laquelle je me detourne des medias classique … il est dommage que cela vous ne l’ayez pas develloper dans cet argumentaire purement defencif ..

    Commentaire par sandrine — 30/10/2008 @ 21:41

  61. Aliocha, Aliocha,
    mais ou est passé votre esprit critique ou alors vous avez changé d’avis.

    Comment pouvez vous écrire: « Je ne crois pas un instant à la thèse de la manipulation. Il y a beaucoup de risques qui pèsent sur l’indépendance de la presse, mais ils se traduisent en pratique par une censure, rarement, voire jamais par un article téléguidé. »

    Quelques phrases de vous, picorées ça et là sur votre blog :
    « Aliocha : Les journalistes manipuleront toujours moins que la communication, si vous saviez…… »
    Ailleurs : » Je ne nie pas que nous ayons notre part de responsabilité, mais j’aimerais aussi que les lecteurs comprennent à quel point on s’emploie à nous manipuler. »
    En tête de billet « Manipuler les journalistes est un sport qui pourra bientôt prétendre au rang de discipline olympique ».

    Vous avez changé d’avis ? Soit, j’en prends acte mais laissez moi une chance de vous faire changer d’avis à nouveau

    Evitons le terme de manipulation (même si certains n’en penseront pas moins), parlons simplement d’influence. Après tout la presse est un média et tout un chacun souhaite faire passer le message le plus favorable à ses intérêts propre. Soit. Mais tout le monde n’a pas le même pouvoir d’influence, et tout un chacun peut considérer comme illégitime certains intérêts particuliers

    Je vous conseille une lecture fort instructive : Il s’agit de l’étude de l’OMS sur l’opération Whitecoat. Il s’agit des actes (révélés par la justice américaine) commis par certains fabriquants de tabac pour influencer la presse (entre autre) et donc l’opinion publique. Bien sur tout cela est anecdotique et absolument unique.

    Aliocha : j’ai eu le triste privilège de rencontrer des lobbyistes travaillant pour l’industrie du tabac et de les entendre rire de leurs manipulations, notamment auprès des adolescents. je connais.

    Je me permets de vous laisser ci-dessous quelques extraits d’un document datant de quelques années. Il s’agit de la réponse d’une boite de com’ à un appel de d’offre d’un ministère. Ce document est intitulé « Proposition d’organisation d’une cellule presse pour la présentation au parlement de deux projet de loi (…) ».

    « Le traitement médiatique des projets gouvernementaux doit donc être prévu et organisé dès l’amont pour dissiper l’inquiétude de l’opinion et susciter son adhésion à (…). Dans ces conditions la mise en place, au Ministère (…) d’une cellule presse sera nécessaire (…) pour
    a)précéder par la pédagogie puis accompagner par l’explication (…)
    b)prévenir les risques de crise (…)
    c)atténuer les conséquences médiatiques d’une éventuelle crise sociale.

    « Le niveau d’expertise des journalistes sur les questions de (…) étant inégal, la cellule presse proposera à certains journalistes la constitution de dossiers d’information ad hoc et des contacts avec les experts.
    Elle traitera dans cette optique de façon particulière la presse spécialisée et la presse gratuite ainsi que (…) les radios et télévisions.
    La cellule presse rédigera tous les documents destinés à la presse : communiqués, dossiers d’information, (…) projets d’éditoriaux ou de tribunes (pouvant être demandés par la PQR et la presse politique et parlementaire)
    Elle assurera un suivi personnalisé des relations avec les journalistes

    Elle pourra conseiller le cabinet sur l’utilité pour le ministre de rencontrer « off », en tête à tête ou en petit groupe les journalistes clés.
    (…) définition et répartition des messages entre :
    -des portes paroles « officiels » clairement identifiés (…)
    -des tiers « officieux » (parlementaires, représentant de la société civile), susceptibles de porter et de démultiplier les éléments du discours officiel. »

    Vous maintenez votre « rarement, voire jamais par un article téléguidé » ?

    Aliocha : je connais tout cela par coeur, j’en ai parlé dans un billet. Et je connais aussi la Chancellerie, mais vous me direz, comme je refuse de participer à toutes ces sauteries où l’on fait croire aux journalistes qu’ils sont les favoris, j’ai peut-être loupé quelque chose. Cela étant, je ne crois pas à la manipulation, pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il ne faut pas être un grand stratège pour comprendre que c’est un jeu dangereux de signaler les erreurs de l’administration qu’on pilote. Ensuite, parce que ce n’est pas comme cela qu’on manipule, c’est techniquement comme il est écrit dans votre document, avec des chiffres, des statistiques, des explications compliquées qui ont l’air justes tellement elles sont incompréhensibles; c’est aussi depuis un an par le charme et la complicité entre une ministre femme et des journalistes femme. Je ne vois pas du tout un ministère appeler un journaliste même « ami » c’est-à-dire qu’on flatte et qui assiste à toutes les sauteries pour lui dire « ces juges font vraiment n’importe quoi, ils viennent encore de relâcher un violeur ». Vous savez pourquoi ? Parce que les politiques ont peur des journalistes aussi étonnant que cela paraisse. Et que le risque serait trop grand que la manipulation leur éclate à la figure. Le moyen parait disproportionné au regard de l’objectif. Je pense que Rachida Dati depuis le départ a été mise là pour faire le sale boulot et sauter ensuite, c’était la personne idéale pour mener la pire des réformes dans le pire des ministères, pas ou peu de passé politique, le sentiment d’être arrivée au faite de sa carrière quand des politiques plus aguerris n’y auraient vu qu’un redoutable piège…Du coup, malheureusement, tout le monde s’en fout de la justice. Mais ce n’est que mon avis.

    A part ça tout va bien personne n’essaye d’influencer (évitons toujours le terme manipuler) le travail des journalistes et ces derniers peuvent l’affirmer haut et fort en toute conscience puisque soit a) le journaliste en a conscience et ne se laisse pas faire, soit b) le journaliste (et le lecteur) n’en ont pas conscience !!!
    Aliocha, Aliocha,…

    Aliocha : vous pouvez dire manipuler, ça ne me dérange pas, sauf que je n’y crois pas. Encore une fois, et même si je le regrette, le problème est loin d’être assez important pour qu’on manipule autrement que classiquement, technique et charme.

    Commentaire par Noncompomentis — 30/10/2008 @ 22:14

  62. Bonsoir,

    c’est un tic de journaliste ou bien c’est une véritable conviction nihiliste : « nous savons tous que la vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain ». La vérité n’existe donc pas, puisqu’elle n’est pas mais change sans cesse – Voyez le Protagoras, le problème est dès lors qu’il devient impossible de tenir une telle proposition, puisque son résultat mine son présupposé. On croirait lire une mauvaise copie de terminale, c’est dommage car le reste est plutôt bien vu…

    Commentaire par Bardamu — 30/10/2008 @ 22:46

  63. Décidément, Aliocha, vous faite couler de l’encre virtuelle et provoquez le débât.

    Si je vous suis, quel est-il le débât? La presse pouvait-elle ou non sortir le lundi 27 octobre une histoire d’accusé de viol (en réunion, c’est pas beau, tout ça…) comparaissant libre qui prend la poudre d’escamptette avant le verdict?

    Avouez tout de même que le contexte général marqué par la remise en liberté à la suite d’une faute frappe d’une autre personne poursuivie pour viol ne pouvait qu’amener à faire le parallèle. Quelque soit la prudence avec laquelle ce fait insignifiant (un type qui est entré libre dans un palais de justice en sort tout aussi libre avant d’être envoyé en tôle) a été rapportée, vu le matraquage de l’info précédente – voulu ou non pour le pouvoir, peu importe, cela lui a bien servi et a permis à notre Président bien aimé de faire un petit sketche depuis la Chine et de déconsidérer un peu plus les magistrats – on ne pouvait penser, sinon à être bien informé de la procédure pénale – encore un juge qui a fait une c***ie.

    C’est ainsi. Le simple fait de reprendre ce fait et d’en faire une info ne pouvait qu’amener le lecteur à penser cela.

    Alors quand vous écrivez: « Au fond, ce qui dérange dans cette affaire, c’est que sa révélation puisse peser un peu plus sur l’image de la justice, c’est que le gouvernement s’en saisisse pour contrer les juges, ou bien encore qu’elle inspire des tentations de placement en détention provisoire. Ce serait regrettable en effet, mais si cela devait arriver, nous n’y serions pour rien », ben non, vous y êtes pour quelque chose.

    Le gouvernement n’a pas besoin de s’en saisir, il suffit que vous, journaliste, vous saisissiez de ce fait pour la transformer en information et pour faire, effectivement et objectivement, le jeux du gouvernement dans cette lutte d’image avec les magistrats. Alors qu’il aurait été si simple de préciser que depuis que la CEDH nous a tiré les oreilles, le prévenu comparaît effectivement libre et peut quitter la salle d’audience à tout moment jusqu’au moment de la cloture des débats. Mais en précisant cela, ce fait redevenait insignifiant et n’était plus une info.

    Car le débat de fond, la toile de fond qui fait de ce fait une info, c’est l’attitude des magistrats, leurs manières, leur façon de juger et d’emprisonner ou non les violeurs, les criminels dangereux. Or, dans ce fait, cette « non-affaire », les magistrats ne sont pas en cause, ni la police d’ailleurs. Seuls les principes et la convention européenne des droits de l’homme sont en cause puisque cette situation a été permise par l’application de cette convention. Or, il se trouve que l’application de cette convention y compris aux violeurs n’est pas l’objet du débât du jour. Ceci dit, ce serait intéressant qu’il le devienne… 🙂

    Commentaire par Légisphère — 30/10/2008 @ 22:48

  64. « Le résultat de tout ceci n’est-il pas qu’un homme condamné pour viol est dans la nature ? »

    Ben non, puisqu’il n’a jamais été condamné.
    Mis en examen, accusé, amené devant un juge, certes. Mais pas condamné !

    Comme quoi les raccourcis journalistiques…

    Commentaire par YR — 30/10/2008 @ 23:08

  65. Aliocha : « Il n’y a pas eu de dysfonctionnement mais la stricte application de la loi, donc il n’y a pas de problème et pas de sujet d’article. »

    Il y a à mon sens un problème, mais il n’est pas signe de dysfonctionnement de la justice, mais signe de manque de vision lors de l’élaboration de la loi. Le problème est du côté du législateur, à mon avis.

    Je ne suis pas du tout juriste, mais informaticien. Néanmoins, je je comprends qu’un juriste puisse être offusqué de voir reprocher à la justice une chose sur laquelle elle n’a aucun pouvoir. Tout comme je comprends qu’un journaliste puisse être offusqué quand on lui reproche de faire son métier de vulgarisateur.

    J’ai l’impression que le vrai débat qui serait à lancer suite à cette affaire, c’est les failles de la loi Guigou, et des possibilités de les combler, sans pour autant déroger aux libertés individuelles ?

    Pour revenir sur le traitement journaliste de l’affaire, qui est le sujet du blog, je m’interroge : Y a-t-il eu un article titré : « Conséquence de la loi Guigou : x% des accusés se sauvent en cours de procès » (question véritable et non réthorique : Je ne suis pas assez la presse pour avoir la réponse à cette question) ? C’est à dire justement un article qui au delà du fait divers tente de lancer le vrai débat ?

    Aliocha : ça viendra peut-être, en tout cas, c’était un sujet potentiel de « rebond » comme on dit, c’est-à-dire un encadré à côté de l’affaire pour éclairer une question connexe. Le problème, c’est que je doute qu’on ait des statistiques précises en la matière.

    Au sujet de la faute dans un jugement, je fais le parallèle avec l’erreur à mon sens bien plus grave (car elle ne remettait pas en cause le sort temporaire d’un accusé, mais les grands principes de notre démocratie) qui s’était glissée au journal officiel (http://maitre-eolas.fr/2008/04/18/928-de-la-hierarchie-des-normes-et-du-respect-des-institutions faute révélée par Gascogne, et corrigé par votre aide, Aliocha, le citoyen que je suis vous en remercie encore). Cette faute n’avait pas été je crois reprise dans les média classiques à l’époque (merci de me signaler si je me trompe). Je me demande pour quelle raison, car si on la compare avec l’erreur du jugement, elle est :
    – D’impact plus large sur tout un chacun
    – De nature à faire parler d’elle : Un gouvernement qui dit le contraire du conseil constitutionnel, c’est à mon sens de nature à parler même à un non juriste.

    Avez-vous une opinion sur ce qui a pu motiver une telle différence de traitement entre les deux cas ?

    Aliocha : La différence entre ce qui passionne une petite communauté de blogueurs spécialisés et ce qui intéresse le grand public. Les deux affaires récentes ont des conséquences réelles et pratiques, la remise en liberté de-« je-ne sais-pas-comment-les-appeler- pour-ne-pas-me-faire-tancer » enfin de ces « deux là », tandis que l’erreur de texte a été corrigée et n’a eu à ma connaissance aucune conséquence pratique.

    Commentaire par Gathar — 30/10/2008 @ 23:19

  66. Aliocha,
    vous avez raison de souligner le terme de non-affaire : ce qui est en cause dans la critique d’Eolas ce n’est pas simplement la précision du vocabulaire c’est aussi la sélection de l’information.
    si le journal avait suivi son avis, les lecteurs seraient passés à côté d’une histoire interessante et significative. cela montre que la rigueur juridique n’est pas pertinente pour la sélection des informations d’un quotidien mais aussi que prendre fait et cause pour quelqu’un vous amène logiquement à minorer les informations négatives le concernant.

    Commentaire par louis — 30/10/2008 @ 23:28

  67. Je ne suis absolument pas d’accord avec votre raisonnement des deux ou trois derniers paragraphes.

    OUI les journalistes pouvaient sortir l’info
    OUI ils sont tenus de vulgariser, sans déformer
    NON lancer un mandat d’arrêt européen n’est pas une preuve que « la justice trouve que quelque chose ne va pas », c’est normal, puisque l’on recherche un condamné enfui
    NON critiquer la justice au pretexte que le prévenu a eu la possibilité de s’enfuir n’est pas une bonne idée.
    OUI vous auriez dû centrer votre critique sur le parlement, car c’est lui qui a voté ces dispositions
    OUI la presse s’est faite instrumentalisée, j’en veux pour preuve les réactions de lecteurs enregistrées sous les articles du figaro, de libé ou du monde.
    Aucune de ces réactions ne fait les distingo que vous détaillez dans votre texte, ergo les journalistes n’ont pas été suffisamment clairs dans leur rédaction pour les faire passer à leurs lecteurs, autrement dit, le sujet a été mal traité.

    Enfin, il n’est nul besoin de suggérer un article à un journaliste pour orienter son travail dans le sens de la manipulation politique: il suffit de dissimuler les sources qui pourraient exister sur les sujets désagréables aux puissants et ne resteront par force que les sujets qui les arrangent. Le service public a ceci de bien que les données sont publiques, contrairement à un scoop sur le non paiement du SMIC par une société de grande distribution par exemple.

    Le journaliste moyen ayant envie de manger correctement et de payer son loyer à la fin du mois avec l’argent issu de ses articles, il ira naturellement vers les affaires plus rapides à trouver, donc ne fera pas d’enquête longue et difficile.

    En conclusion, vous faites un métier nécessaire, actuellement en grand danger, et ce danger vient autant de la paresse des acteurs que des pressions externes. Et cette affaire n’était pas bien traitée, du moins pas équitablement, et cela étant, favorise ainsi la politique d’un camp contre l’autre. C’est acceptable au figaro, plus gênant ailleurs.

    Commentaire par Javi — 30/10/2008 @ 23:34

  68. Merci de vos réponses.

    En ce qui concerne le sujet de votre billet, permettez moi de vous rappeler qu’au mois de juin, un médecin (libre à son procès) s’est enfui en Espagne (après le verdict). Nul esbrouffe de la part des politiques à ce momment là . En octobre, un fait similaire (mais non identique) survient, quel pataques !!
    Soit. Je ne suis pas sur que la différence des faits soit suffisante pour expliquer la différence de réaction par les politiques. (ni certaines reprises presse conséquentes)

    Commentaire par Noncompomentis — 30/10/2008 @ 23:44

  69. correction à mon post précédent:
    les affaires se ressemblent :
    le médecin s’est tiré en espagne en juin, le verdict a été rendu début septembre.

    Commentaire par Noncompomentis — 30/10/2008 @ 23:49

  70. Bon, je crois qu’on a fait un peu le tour de ce thème, certes très intéressant et même fondamental (de la crédibilité des journalistes, et de leur responsabilité dans la formation de l’opinion générale), mais ne pourrait-on pas faire un « retour sur image » à propos d’un autre sujet lié aux pratiques journalistiques :
    http://fr.news.yahoo.com/2/20081025/tbs-la-maison-de-retraite-filmee-par-fra-8bc7026.html

    Commentaire par Yves D — 31/10/2008 @ 00:06

  71. Aliocha : « Comme je l’ai déjà dis je n’entends pas que ce blog devienne une fosse aux lions, par conséquent le départ des lions m’affecte peu ».

    Vous avez bien raison, quand les lions auront disparu, Nicolas-César n’aura même plus à baisser le pouce pour livrer le condamné à une mort publique.

    Aliocha : vous êtes libre d’apprécier l’agressivité, moi pas.

    Je suis assez stupéfait que vous ne vous sentiez pas le jouet du Pouvoir, qui se sert de vous pour faire passer ses réformes, sous les applaudissements du public…

    Aliocha : la question n’est pas de savoir si nous sommes en général le jouet du pouvoir mais si dans cette affaire les journalistes ont été invités par le pouvoir à en faire état, et à cette question je réponds non, je ne le pense pas. Il est étonnant de constater à quel point lorsqu’un avocat parle de son métier on l’écoute religieusement et quand c’est un journaliste on imagine forcément qu’il ment ou qu’il est stupide.

    Rachida Dati restera en place tant qu’il plaira au détracteur du rite vaudou, soit lorsque la Magistrature aura plié le genou.

    Et jusque là, la Presse lui sera d’un grand secours.

    PS Arrêtez de porter le Saint-Graal, vous valez mieux que celà.

    Commentaire par ramses — 31/10/2008 @ 01:10

  72. Tiré chik en pié chyen, i ka mandé-re kouss kouri.

    Commentaire par madi972 — 31/10/2008 @ 01:17

  73. Bonjour,
    j’ai suivi, sur votre blog et sur celui d’Eolas, les différentes prises de position sur cette affaire. Et je crois que chacun de vous a partiellement raison.
    Accuser la presse à tous bout de champs est un peu rapide. Pour autant, une grande partie de la presse ne remplit plus son rôle d’information et d’analyse tel que vous le faites ici et ce vous ne pouvez le nier. C’est aussi un dysfonctionnement qui existe et qui il faut le dire lasse beaucoup.
    En ce qui concerne cette affaire il me semble que pour pouvoir soulever le dysfonctionnement que vous analysait et qui est réel encore faut-il avoir d’abord présenté la situation telle que l’a présentée Eolas, c’est à dire que l’accusé comparaissait libre. Or pour ce qui est de ce que, moi, j’ai entendu à aucun moment l’information a été présentée de la sorte. Je précise que je n’ai pas non plus compulsé toute l’information publiée sur cette affaire. Et là se situe le danger car si une vulgarisation est nécessaire et j’en suis convaincue, il ne faut pas non plus tomber dans la caricature au risque de faire un contresens et de passer à côté du vrai problème : permettre au gens de comprendre qu’il a eut dysfonctionnement du système parce q’un enchaînement de décisions légales et justifiées ont permis que cela arrive. Que parfois au risque de permettre à des coupable de se soustrair à la justice on garantit plus de « liberté » que d’autres fois au risque de condamner des innocents on garantit plus de sécurité. Ensuite il y a des choix de société à faire mais ceux ci ne peuvent être fait qu’en connaissance de tous les enjeux !

    Commentaire par marie christine — 31/10/2008 @ 08:26

  74. Il serait intéressant (mais vous y avez déjà certainement pensé!) de nous renseigner sur la formation des journalistes (Ecoles, passerelles,…).

    Commentaire par Maraudeur — 31/10/2008 @ 09:04

  75. Aliocha,

    Je vous lis depuis un moment sans réagir. En vous lisant, je me dis que les chants désespérés sont les plus beaux. Les causes perdues sont les plus belles à plaider; en ce sens, je vous admire.

    Commentaire par Mathaf Hacker — 31/10/2008 @ 09:15

  76. Aliocha,
    A propos d’indépendance de la presse vis à vis du pouvoir, quelle est donc votre position ? Je n’y vois vraiment pas clair.
    J’ai relu vos propres billets de septembre, celui sous forme de questions réponses sur la presse économique que vous écorchée pas mal, celui sur l’article du Point et le « sourire de diamant »…
    Vous n’étiez pas vraiment tendre, il me semble !

    Commentaire par Phedra — 31/10/2008 @ 09:27

  77. Je n’ai pas tout lu de cette « affaire » contre les journalistes et votre différence de point de vue avec Maître Eolas, mais ma première réaction, il y a plusieurs jours devant votre débat animé a été de me demander pourquoi vous défendiez à tout prix la Presse en générale alors qu’il me semble que vous fassiez du bon boulot et qu’une certaine presse en faisait du mauvais : quand une certaine presse parle de multirécidiviste qui s’est évadé du palais de justice, il est clair que l’utilisation de ces termes est sujet à critique.

    Aliocha : vous avez raison, ce n’est jamais la presse dans son entier qui fait mal mais quelques éléments isolés comme dans toute profession, même si c’est incontestablement plus visible chez nous. Simplement, j’observe depuis un an sur les blogs une fâcheuse tendance des blogueurs à se positionner comme des dispensateurs de vraie information contre une presse accusée dans sa globalité de n’être qu’erreur et manipulation. Je comprends fort bien ce mouvement de révolte, et il a même un petit côté révolutionnaire auquel j’adhère. Je crains cependant qu’il ne s’exerce contre un mauvais ennemi. Ces gens qui critiquent la presse, critiquent au fond ce qu’ils voient et ce qu’ils croient savoir d’elle. Or, la presse elle-même est bien placée pour savoir que le problème se situe en amont de son intervention. Ce n’est pas la déresponsabiliser que de dire cela. Oui, elle commet des erreurs souvent, oui, elle glisse dans la lâcheté parfois, c’est indéniable. Mais il se trouve que beaucoup de journalistes en souffrent et le dénoncent eux-mêmes. Par conséquent, il faut se demander, me semble-t-il, s’il n’y a pas un problème plus profond. Mon opinion est, comme je l’ai déjà dit, que nous sommes dévorés par une science de la communication de plus en plus puissante, offensive et développée. Or, ceci arrive au pire moment, c’est-à-dire au moment où la presse traverse une crise financière profonde et doit amorcer le tournant du web. Je n’entends pas ici nier les travers de la presse mais élargir la réflexion pour tenter d’identifier les causes. On peut décider demain de supprimer les journalistes. Que restera-t-il ? Des puissants qui communiqueront désormais en toute liberté sans que personne ne prétende relativiser, critiquer voire contrer leur message et une gigantesque jacquerie sur les blogs. Pourquoi pas, mais ensuite on fait quoi ?

    Pour moi il y a deux presses : l’une qui se renseigne, qui fouille, qui cherche à retranscrire au plus près la vérité, même si elle fait parfois des erreurs, mais qui ne fait jamais d’erreur ?
    L’autre qui ne cherche pas, qui ne fouille pas, qui cherche juste à faire du score et donc utilise des phrases chocs qui déforme la réalité jusqu’à devenir un mensonge. Et qui ne reconnaît pas ses erreurs.

    Aliocha : Je crains que cette distinction, qui fut vraie, est aujourd’hui dépassée. Toute la presse est embarquée dans le même navire en perdition (à l’exception de la presse spécialisée). Il me semble que tous les titres font du bon et du moins bon travail et gèrent comme ils peuvent les difficultés. Je trouve par exemple qu’il n’y a plus rien dans Libé, mais que Le Monde réussit mieux à tenir même s’il n’est plus ce qu’il a été. Que Les Echos continuent sur la voie de l’excellence technique, mais ne brille pas par son indépendance à l’égard du milieu économique. Que Le Figaro est plus gouvernemental qu’il ne l’a jamais été, si c’est possible. Que Le Point et l’Express se calcifient dans le conformisme bon ton avec quelques sursauts tristement racoleurs. Que Marianne a fait un bon pari en renouant avec l’insolence. Au fond, tous cherchent à survivre, et il y a dans chacun de bons et de mauvais papiers. C’est pour cela que je défends toute la presse.
    Je vous place dans la première catégorie et espère que vous défendez cette première catégorie, car défendre la deuxième revient à tuer la presse en lui collant une image de non-crédibilité.

    Commentaire par Matthieu — 31/10/2008 @ 09:37

  78. @Maxime #52 (18:26)
    « Ferdi, quels sont les critères de la bonne critique, (…) »

    J’ignorais que mon patronyme occupait vos pensées à ce point-ci. Je me suis un instant demandé ce qui, dans mes commentaires, m’aurait valu votre vindicte ;
    il s’agit en toute vraissemblance d’une réponse au numéro 47 dont je crains ne pas être l’auteur …

    Commentaire par Ferdi — 31/10/2008 @ 12:00

  79. @ Aliocha
    « j’ai toujours été adepte de la stratégie des pieds dans le plat, ou du quitte ou double, bref, de ce qui avance » dites vous.
    Les pieds dans le plat de semoule, ça va. Il arrive aussi que ce soit un plat de béton et là on avance plus on coule.
    Juste un souvenir de ce journalisme, certes étranger, mais de matrice et d’objectifs connexes, qui, à défaut de déclencher des flots de débats numériques, se trouve lui-même condamné à mort par des juges politiques.
    je préfère donc qu’un magistrat s’égosille contre un journaliste sur un blog plutôt que de le voir en mesure de lui trancher le coup, sans le moindre espoir de le voir à son tour, « crier maman, pleurer beaucoup »…
    A l’hypothèse du pire on choisit le désastre, certes ce n’est pas une position. Mais tant que les bavardages soulagent, c’est toujours ça.
    C’est pourquoi il n’est pas besoin d’en arriver à l’exclamation mécanique et répétitive d’un journaliste éthique perpétuellement « victimisé »
    , qui ne trouve grâce ni aux yeux du public, ni aux oreilles des juges. Soulever de la poussière est une chose, la maintenir en suspension en est une autre; la gravité est têtue.

    Commentaire par Thomas — 31/10/2008 @ 14:58

  80. Est-ce que c’est le même tableau dans tous les pays d’Europe ?
    Est-ce que cette crise de la presse ( votre réponse à Matthieu 77) s’étend ailleurs: en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Belgique, au Danemark, etc. ? Ou est-ce que le malaise est plus profond ici ?

    Commentaire par Phedra — 31/10/2008 @ 16:34

  81. « Il y a beaucoup de risques qui pèsent sur l’indépendance de la presse, mais ils se traduisent en pratique par une censure, rarement, voire jamais par un article téléguidé. »

    Je crois qu’il y a un autre cas qui menace l’indépendance de la presse, et qui est à mi-chemin entre la censure et le « téléguidage », sans être aucun des deux ; c’est lorsque les journaux sont la propriété de grands groupes et que les journalistes sont recrutés selon leur orientation politique. Dans ce cas, il n’y a pas forcement censure ou téléguidage, mais certaines tendances idéologiques peuvent pourtant occuper majoritairement le devant de la scène, sans qu’il y ait un complot des intéressés. Ceci peut conduire, pour certains sujets, à une complète déconnexion de la presse de la diversité des opinons d’un peuple. On a vu par exemple à propos des référendums européens ce qu’à donné l’indépendance de la presse.

    Commentaire par Pierrot — 31/10/2008 @ 19:51

  82. Il me semble qu’un accusé (pardon un présumé innocent), attrapé une première par la force publique (puisqu’il est devant les juges), fait plutôt preuve de bon sens en prenant la poudre d’escampette une deuxième fois quand les choses commencent à mal se présenter pour lui !

    La situation semble tellement ballote et banale que je me dit que ça ne doit pas être la première fois que ça arrive.

    Les journalistes auraient-ils donc fait preuve de négligence en ne nous parlant pas des fois précédentes ?

    Commentaire par Oeildusage — 01/11/2008 @ 00:57

  83. « D’abord parce qu’il ne faut pas être un grand stratège pour comprendre que c’est un jeu dangereux de signaler les erreurs de l’administration qu’on pilote » (in le post 61)

    Si le gouvernement veut réformer une administration il peut tout avoir intérêt à la déconsidérer, d’autant plus si cette administration fait preuve de résistance. De ce fait il a beau jeu de justifier sa réforme.

    « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ». C’est simple et efficace et à la portée de n’importe quel « statège », grand ou petit.

    Commentaire par jip — 01/11/2008 @ 09:36

  84. Vous parlez de la crise industrielle de la presse dans votre billet de ce jour (01/11), or j’ai posé il y a peu une question restée sans réponse :

    Est-ce que c’est le même tableau dans tous les pays d’Europe ?
    Est-ce que cette crise de la presse ( votre réponse à Matthieu 77) s’étend ailleurs: en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Belgique, au Danemark, etc. ? Ou est-ce que le malaise est plus profond ici ?

    Pour comprendre ce qui ce passe dans presse en France, essayer de l’analyser, etc, peut-être faut-il regarder ce qui se passe ailleurs chez nos voisins européens ? Alors mêmes causes, mêmes effets ? Ou y-a-t-il encore une « exception française » ?

    Aliocha : j’ai bien vu Phedra, mais votre question est complexe. Comme je l’ai dit, je ne suis pas spécialisée en médias, or c’est une vraie spécialité que de connaître l’industrie de la presse en France et dans le monde. J’ai commencé à travailler sur le sujet en ouvrant ce blog, tout en précisant que beaucoup de blogs et de sites étaient bien plus savants que moi. Vous pouvez lire ce billet https://laplumedaliocha.wordpress.com/2008/10/08/la-crise-de-la-presse-ecrite-en-quelques-chiffres/ pour en savoir un peu plus et surtout aller chez Narvic qui suit cela en expert http://novovision.fr/. Disons pour répondre à votre question en une phrase que la crise est générale mais plus marquée en France et aux Etats-Unis.

    Commentaire par Phedra — 01/11/2008 @ 13:48

  85. « Normal, un bon avocat doit être en mesure de soutenir avec la même aisance une chose et son contraire »
    ====> vous confondez avec les sophistes chère Aliocha

    « Je le sais, je l’ai fait durant trois ans »
    ====> je ne m’en serais jamais douté

    Un peu de statistiques :
    – nombre moyen de commentaire sur un billet « non-eolas » : 25 (je majore)
    –  »  »  »  »  »  »  » « Eolas » : 100 (+300%)
    Joli marketing.

    Dieu merci, la plume est belle et ma foi votre tout reste agréable pour une polémique

    Aliocha : vos renseignements ne sont pas complets, je vais donc les préciser. Quand j’ai ouvert ce blog, j’avais 35 visites jour. Lorsque, une dizaine de jours plus tard, Eolas a annoncé sa création, je suis montée à 6000. Puis redescendue à une moyenne de 1400 par jour. Le jour de la mise en ligne du « Contre Eolas », j’ai eu 4000 visites, le lendemain plus de 3000 et le surlendemain plus de 3000 aussi. On peut donc imaginer comme vous le faites que mon coup de colère était délibéré, on peut aussi considérer que cette augmentation des visites était une conséquence non recherchée. Vous observerez que tant que je continuais de commenter chez Eolas, j’oubliais la plupart du temps de mettre l’adresse de mon blog sous mon pseudo. Il me semble que c’est le contraire qu’on fait quand on va chez Eolas pour profiter de sa notoriété, non ?
    A propos des avocats, vous n’imaginez pas le nombre de fois où un avocat refuse d’être cité ou même de donner sa position sur un sujet de peur de se la voir opposée un jour dans un litige s’il venait à soutenir le contraire. C’est particulièrement vrai chez les fiscalistes. Je vous laisse la responsabilité de qualifier cela de sophisme. Ce travers ne concerne sans doute pas les pénalistes, il est en revanche courant en droits des affaires, le seul que je connaisse

    Commentaire par Max — 01/11/2008 @ 17:14

  86. 1400 visites/jour c’est déjà du sérieux. Pfiouuu!

    Commentaire par tschok — 05/11/2008 @ 20:09


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