La Plume d'Aliocha

28/10/2008

Contre Eolas

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 13:42

Lorsque j’ai découvert le blog d’Eolas, il y a environ 3 ans, j’ai été surprise et séduite par la qualité de ses articles, leur fréquence, leur haute tenue, leur valeur pédagogique, leur style… Il y a un an j’y suis revenue, j’y ai trouvé les mêmes vertus et le blog m’a « attrapée ». Très vite toutefois, j’ai observé que ce lieu de débat devenait régulièrement un arène où tous les coups étaient permis, les propos durs, les jugements sans appel. Et puis j’y ai vu autre chose aussi. Un communautarisme juridique que je ne connaissais que trop bien et que je trouvais là exacerbé jusqu’à son paroxysme bien que le blog se soit fixé pour objectif de vulgariser. Celui qui comprenait, adhérait, félicitait était adoubé. Mais malheur au contradicteur, à celui qui doutait ou peinait à comprendre. Malheur surtout à celui qui tentait d’expliquer à son tour sa logique à lui. Elle n’était pas juridique et donc ne pouvait être que nulle et non avenue. La petite communauté alors faisait bloc et le lynchage n’était jamais loin. J’avoue avoir pris plaisir à ces empoignades, j’aime les bons mots et puis dans bien des cas, les fessées publiques étaient objectivement méritées. En tant que juriste, j’y ai fait ma place, trouvé un rôle, au point d’oublier certaines de mes valeurs, mais j’y reviendrai. Disons que j’ai été durant quelques mois, sans m’en apercevoir, une journaliste sur le terrain, je me suis fondue dans le paysage et j’ai observé, par réflexe professionnel, ça laisse des traces. Parfois la brutalité des réactions était si hors de proportion que je me suis révoltée au risque de rompre la fragile concorde entre le Maître et moi. D’ailleurs avant de me battre avec Eolas pour défendre la presse, je l’ai fait pour me défendre, puis défendre les victimes inutiles de ses saillies. Je trouvais tellement dommage que certains se détournent de lui pour une réflexion trop vive, un mouvement d’humeur. Au fond, je crois maintenant que ce mode de fonctionnement m’a toujours choquée, mais l’intérêt que je trouvais à le lire méritait bien de supporter quelques inconvénients. Je m’étais peut être aussi laissée contaminée. C’est toujours ainsi la vie, un subtil équilibre, rien n’est jamais parfait mais on s’accomode, on s’adapte. Sauf qu’hier cet équilibre a dérapé. Pourquoi ?

Un esprit libre

Sans doute à cause d’un effet d’accumulation. D’abord, je n’aime pas les arènes, et si je sais combattre je ne le fais que rarement, ce n’est pas dans mon caractère, c’est encore moins dans ma philosophie de l’existence. A mes yeux la violence, fut-elle seulement verbale, ne doit être que l’ultime recours, lorsque toutes les autres solutions ont été épuisées. Au surplus, je doute que les affrontements à mort puissent avoir une quelconque vertu intellectuelle. On ne convainc pas en agressant, on n’évolue pas sur le chemin de la connaissance en massacrant ses interlocuteurs, on ne se fait pas comprendre en humiliant. On ne fait tout au plus qu’affirmer sa supériorité intellectuelle. Triste victoire.  La polémique qui m’a opposée ces derniers mois à Eolas, je la connais par coeur. Depuis 12 ans j’affronte régulièrement les spécialistes dont je parle dans mes articles.  Tous ont une bonne raison de mépriser les journalistes. J’ai fait ma place, travaillé jour et nuit pour exercer mon métier le mieux possible, fini dans bien des cas par connaître les dossiers mieux que ceux que j’interviewais. Dans ces moments-là, journalistes et experts sont enfin réconciliés dans un quête commune du savoir. Ce sont de beaux moments, je vous assure. Parfois, j’ai tendu la main à mes détracteurs les plus virulents, je les ai fait entrer dans mon métier et ils ont appris à en mesurer la difficulté et les contraintes, à le comprendre, puis à l’estimer. Quand je suis arrivée chez Eolas, j’ai pensé qu’il était possible de faire de même, que sa rage contre les journalistes n’était pas incurable. J’étais persuadée qu’il suffisait de dialoguer pour se comprendre et s’apprécier. Ce d’autant plus que nous partagions lui et moi une culture juridique commune. Elle devait immanquablement nous rapprocher. Je me suis trompée, ou j’ai échoué. Cette main tendue est restée dans le vide. Au fond je crois savoir pourquoi, la petite communauté eolassienne a voulu me récupérer dans ses rangs, elle a rêvé que je me joigne au grand concert des détracteurs de la presse. J’aurais pu le faire, voilà qui aurait flatté ma vanité. Imaginez le rôle de journaliste privilégiée que j’aurais obtenu en tapant sur mes confrères. En pointant des erreurs que les juristes eux-mêmes n’apercevaient pas, en dénonçant telle mécanique secrète de la presse qui aurait amplifié le scandale et la rage. Ah ! la belle place que j’aurais eue. Le malheur, c’est que je suis une journaliste, une vraie, que je ne cherche ni le pouvoir, ni la gloire, ni la satisfaction d’appartenir à une communauté d’élites. Tout ce qui m’intéresse c’est de découvrir, de comprendre et de raconter. Un journaliste, c’est un esprit libre. On ne se lève pas devant un ministre, on n’applaudit pas à la fin d’un discours, on ne s’incline devant rien ni personne.  Pour nous le savoir n’est pas un pouvoir, ce n’est pas non plus un temple sacré à protéger, c’est une richesse à partager avec le plus grand nombre. Les pressions, les attaques, les menaces, les chantages sont notre lot quotidien. On s’en moque, mieux, on y prend souvent plaisir, par nature nous sommes un gigantesque pied de nez à toutes les formes de tyrannie. C’est difficile  à expliquer, cela paraîtra sans doute incroyable à ceux qui nous lisent et nous écoutent, encore plus à ceux qui nous jugent médiocres, lâches, paresseux et futiles, mais c’est bien cette petite flamme qui anime tous ceux qui font le métier de journaliste. Même les moins bons, même ceux qui ont renoncé, même ceux qui cirent les pompes du pouvoir ont cet état d’esprit, c’est le métier qui veut ça. Il suffirait, pardon, il suffira d’un rien, bientôt, j’en suis sûre, pour que la petite flamme redevienne un grand feu, chez nous tous.

Les jeux du cirque sont terminés

Et c’est précisément cet esprit journalistique qui hier s’est révolté.  Il y a un conflit insurmontable et profond entre Eolas et moi. Ce n’est pas de ma part du corporatisme, je ne pense pas que ce le soit non plus chez lui. C’est juste l’affrontement de deux caractères irréconciliables. Et de deux visions du savoir aussi. J’ai entendu parler d’une république des blogs. Fort bien, mais quelle est sa vertu si elle aussi devient la victime des jeux de pouvoir, si les lieux de débats se transforment en arènes sanglantes, si le partage du savoir n’est plus qu’un tyrannie des sachants ? Eolas ne cessera jamais d’attaquer la presse et c’est bien parce que je l’ai compris que pour moi la bataille s’arrête ici. Je m’en excuse auprès de tous ceux qui appréciaient nos échanges. Les jeux du cirque sont terminés. Il protège son système, c’est son droit. Il se braque sur ses convictions, refuse d’entendre d’autres logiques que la sienne et chasse sans pitié ses contradicteurs, c’est un style, je le respecte, mais je n’y adhère pas. Car ce faisant, il attaque mon métier sur des vétilles, niant sa mission, refusant de comprendre que le journalisme consiste à informer de l’actualité, lancer les débats, que le premier jet, la première dépêche est souvent un débroussaillage, qu’il faut ensuite en parler, approfondir et que les journaux le font très bien en se concurrençant entre eux, en éclairant le sujet dans les jours qui suivent, en ouvrant leurs colonnes aux experts. Non, pour Eolas, la première faute, fut-elle d’un seul, est mortelle, la presse envoyée au box des accusés, moquée, décrédibilisée, condamnée à mort. Elle a offensé la science, violé le sens des mots, trompé le public. Comment lui expliquer, moi qui ai fait son métier, à quel point la presse est différente du métier d’avocat ou de juge ? Comment lui expliquer que l’écrit n’a pas la même valeur, que l’article de presse ne fait que lancer une nouvelle dans l’espace public à charge pour celui-ci de l’évaluer, la discuter, l’admettre ou la réfuter quand l’acte  judiciaire peut ouvrir ou fermer la porte d’une prison, ruiner ou au contraire enrichir, changer à tout jamais le cours d’un destin. Je ne parviendrai pas à lui faire entendre cela parce qu’il s’y refuse. Il n’est pas le seul, mais il est celui qui s’emporte le plus violemment, qui condamne sans appel, moque, ridiculise, jette aux chiens. Tout cela va trop loin.

Un blogueur d’exception

Fidèle à mes convictions, je finirai cette critique par un éloge. Le blog d’Eolas est d’une qualité exceptionnelle, Eolas lui-même est un des meilleurs juristes que j’ai rencontré. Il me semble qu’en tant que blogueur il ouvre une voie nouvelle, c’est un pionnier. Tout le monde dit qu’il faut faire court sur Internet, il écrit des articles très longs et les lecteurs suivent. Quand le débat public dérape il est souvent le premier à oser le recadrer et il ne se trompe pas. Si nous ne nous étions pas disputés, j’aurais écrit un billet sur la révolution journalistique que constitue le fait de citer une source anonyme issue d’Internet et de montrer ainsi qu’on lui accorde la même foi qu’à un expert connu et identifié du monde réel. C’est une double victoire pour Eolas. J’aurais aussi écrit, suivant en cela Narvic qui a été le premier à identifier le phénomène, que son appel à témoignages de magistrats était une révolution. Mais au fond je suis lasse de toujours entendre, essayer de comprendre et de n’avoir jamais droit à une quelconque réciprocité parce que mon métier est présumé coupable et que cette présomption là est irréfragable.

On peut dans la vie s’obstiner à ne voir que ce qui ne va pas et on peut s’y épuiser. Il n’y a qu’un pas vite franchi entre Cyrano et Don Quichotte. C’est ce que je risque si je continue à polémiquer avec Eolas. Au fond, Philarete a raison, on peut aussi regarder ce qui va bien, continuer d’espérer, garder les yeux fixés sur son étoile. La presse aujourd’hui s’interroge, elle souffre, pour des raisons bien plus profondes que des querelles sémantiques de spécialistes. Ces critiques là, elle les subit depuis sa naissance, elles font partie de son quotidien, elle y a survécu et elle continuera d’y survivre.  J’aurais aimé qu’Eolas et moi parvenions à les surmonter pour avancer ensemble. Il ne l’a pas souhaité. Tant pis. La phase de doutes que traverse ma profession est autrement plus importante à mes yeux. Il y a donc des combats plus importants à mener. Des vrais.

Publicités

138 commentaires »

  1. Il nous restera à lire le blog d’Éolas ET le vôtre.
    Cordialement

    Commentaire par Lindir — 28/10/2008 @ 14:00

  2. Je pense qu’éolas est assez ouvert d’esprit, et j’ai perçus dans ses dernier billets une volonté de ne pas accuser la presse dans son ensemble, mais bien ceux qui font la faute (par exemple ceux qui ajoutent « multi-récidiviste » quand même la récidive simple n’est pas avéré, et qu’il s’agit d’un délit différent), bref je pense qu’il ne cherche pas a décrédibiliser la presse.

    Ce que je pense par contre, c’est qu’il a du mal a traiter les discussion autrement que les procès, c’est un réflexe d’avocat, tout argument non juste (sur le fond mais surtout sur la forme) est condamné d’entrée de jeu, ainsi une question éventuellement pertinente, mais ou le commentateur ne diras pas ce qu’il croit dire (et donc une annerie) parce qu’il n’est pas juriste, seras « débouté », comme dans un procès. Je pense que ça fait tellement partie de la formation et et du shémat de pensée d’un avocat, qu’en sortir, même dans la vie courante, est difficile, surtout pour un « bon » juriste, (techniquement pointilleux).

    Enfin je trouve ça dommage de se brouiller, j’espère que l’échange d’idée continueras en bon termes, et que plutôt que de se facher, la presse réussira sa métamorphose vers plus de qualité, il y as de la qualité, il faut juste en augmenter la part, ce n’est pas le bon journaliste qui est en cause, mais le mauvais qu’il faut combattre, et je pense qu’éolas s’attaque surtout au maljournalisme, un peu comme @si, qui est un média non « contre » les média, mais pour une qualité de journalisme.

    Oh, j’ai toujours un petit problème de « forme » avec votre blog, je ne sais pas bien quoi, un peut la longueure des phrases (je ne suis pourtant pas un exemple), un peu le « je » omniprésent… Vous êtes libre de votre forme bien sur, mais de la part d’une journaliste ça me fait bizarre.

    Aliocha : moi aussi le « je » me choque, pour tout vous dire il me fait horreur, mais il est parfois incontournable. Soit parce que je ne suis pas d’accord avec une analyse et que malheureusement il ets difficile de dire « nous » quand on ignore où est le « nous » et même s’il existe, soit comme ici pour ne pas donner à une critique une universalité qu’elle ne mérite pas. J’ajoute qu’il existe plein de sites savants sur la presse et de blogs qui font un travail scientifique sur la presse de très bonne qualité. Dire « je » me permets de relativiser mon opinion par rapport à celles de mes confrères spécialisés des médias. Il a l’apparence de l’égocentrisme ce « je », en réalité c’est un « je » de modestie. Pour souligner que ce n’est QUE mon avis.
    au plaisir de vous lire, tout de même 😉

    Commentaire par tshirtman — 28/10/2008 @ 14:10

  3. Bonjour Aliocha,

    Il semble que vous ayez raison. J’espère par contre qu’il y aura d’autre détracteur sur le blog d’Eolas. J’ai toujours pensé que vous comme Augustissime apportiez une valeur ajoutée à ce blog…

    Commentaire par Adrien — 28/10/2008 @ 14:45

  4. Il fallait lire « contradicteur » au lieu de « détracteur » bien sûr…

    L’émotion sans doute…

    Commentaire par Adrien — 28/10/2008 @ 14:47

  5. C’est dommage, parce que vos commentaires chez Eolas avaient une autre vertu que d’éclairer sur le métier de la presse ; avec vous disparaît chez Eolas jiminy « aliocha » cricket et sa faculté à ramener cette sacré tête de bois à de plus juste proportions quand il se laisse emporter par sa faconde.

    Commentaire par gwynplain — 28/10/2008 @ 14:52

  6. Eolas, mais tout le monde le voit, a une propension certaine à vouloir faire rire aux dépens des autres, et à oublier que sur internet aussi, l’humiliation abaisse bien plus celui qui la provoque que celui qui subit.
    Cela étant, il est brillant, indéniablement, et je pense que son blog finira par évoluer vers plus de paix, parce qu’il se fatiguera de ne lire que des commentaires laudatifs, sur l’air « ôôô maître, merci d’avoir une fois de plus éclairé ma lanterne de pauvre mékeskidi ».
    Je pense aussi que le fait qu’il n’ait, probablement, qu’un temps limité à consacrer au Journal d’un Avocat a une part importante dans ses réponses à l’emporte-pièces.
    Mais il est vrai que ses réponses aux commentaires informent de moins en moins, et semblent n’avoir plus pour objet que d’humilier les contradicteurs en faisant rire les autres.
    Son blog me fait parfois penser à une cour où chacun a sa place.
    Néanmoins, je n’ai jamais pensé, moi, qu’un blog valait surtout par ses commentaires, et ses billets, comme ceux de ses « commensaux » ont une qualité qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.
    C’est un peu décousu ce commentaire mais -vous le dites vous-même- ça fait un moment que c’est comme ça, en fait moi j’ai connu ce blog comme ça, et ça fait quelques mois que j’y erre.
    Cela dit grâce à lui j’en ai appris plus sur le droit des étrangers que je ne l’aurais jamais fait seul, et j’ai pu me faire une opinion sur des sujets où, me sachant manipulé par tous les bords possibles, je ne savais que penser.
    Et tant que vous continuez à bloguer dans votre coin, ma foi, nous aurons le caustique et la soie.

    Commentaire par Braillard — 28/10/2008 @ 14:59

  7. C’est vraiment dommage, car vous identifiez bien certains défauts d’Eolas (même si, présentés comme tels, dans cette note, cela met tous les torts de son côté -mais bon, vous êtes sur votre blog). Et votre capacité à le contredire ou à approfondir son point de vue sur certains aspects était à mon avis très utile à la bonne tenue des discussions du « Journal d’un avocat ». Cela dit, vos derniers échanges laissaient craindre une rupture assez radicale. L’échange des points de vue est une composante essentielle des blogs, et je trouve dommage que ce soit l’échange verbal, échange rompu d’après vous, qui conduise à cette rupture.
    Dans ce que vous dites présentement, il y a quelques points qui, immédiatement, m’amènent quelques réflexions.

    Tout d’abord, vous dites ne pas goûter les arènes et la violence verbale. Je ne puis qu’abonder en votre sens. C’est ce qui m’a retenu bien des fois d’intervenir sur le blog d’Eolas. Le problème, c’est que tous les blogs ayant une portée médiatique suffisante, donc qui attirent suffisamment de personnes d’origines variées, risquent d’être confrontés à ces « jeux du cirque ». En particulier, sur des sujets pouvant prêter à polémique (qui sont pléthore sur le blog d’Eolas comme sur d’autres blogs), les réactions et les discussions expriment bien souvent le ressentiment, l’animosité, ou simplement l’envie de prouver à l’autre qu’il a tort. On n’est pas dans l’échange réglé, policé, entre personne courtoises et de bonne volonté. La discussion sur les blogs n’a souvent guère de règle: de la critique on passe trop facilement au dénigrement, ou on reste trop facilement dans l’approbation et les tapes dans le dos. Je suis souvent resté dégoûté par les réactions de certaines personnes sur de nombreux blogs traitant de sujets d’actualité. On voit si bien les jalousies, les rancoeurs, les peurs, les haines, et trop peu la fraternité (oui, on peut rêver) et l’envie d’avancer. Bref, les blogs deviennent trop facilement l’arène que vous dénoncez; et Eolas n’est pas responsable à lui seul de ce fait. Souvent il prend de haut ses détracteurs. C’est sans aucun doute un mécanisme de défense maladroit, un défaut dans sa manière de gérer les échanges. Mais quand on lit certains commentaires, on se demande si certains ne font pas qu’exacerber ce mauvais penchant d’Eolas. Moi, à sa place, je n’aurais même pas eu envie de répondre à certains (qui après iraient d’ailleurs revendiquer l’absence de réponse…).
    Bref, les blogs sont un espace de libre expression, mais comme les participants ne savent pas tous s’auto-réguler, loin s’en faut, cette liberté devient bien souvent un affrontement déréglé de forces, au-delà, et bien loin, d’une volonté de réconcilier des points de vue. Cela ne concerne que certains échanges, mais c’est déjà peu plaisant à lire, et ne contribue à ramener, par exemple, un Eolas à un ton moins hautain.

    Ensuite, vous présentez votre profession de manière bien iddylique. Je ne doute pas que cela corresponde à une conviction profonde de votre part. Eolas défend la responsabilité des magistrats. Vous défendez celle des journalistes. Néanmoins, j’ai tendance à trouver (et je crois ne pas être le seul) que l’immense pouvoir des médias sur l’opinion leur impose une responsabilité énorme. Or, on nous envoie l’image de médias sous pression de puissances financières, parfois en cheville avec le pouvoir politique, donc des médias dont l’indépendance ne paraît pas toujours aussi avérée qu’on pourrait le rêver. Et je ne peux pas croire que tous les journalistes soient par nature absolument objectifs dans leur travail. On trouve une telle diversité dans ce métier (on n’a pas les mêmes objectifs quand on veut devenir journaliste sportif, journaliste chez « Closer », journaliste spécialisé dans la culture et journaliste envoyé permanent en pays étranger) que la flamme que vous décrivez, au moins, ne peut se manifester chez tous de la même façon. J’ai donc du mal à croire que tous soient mus par la seule volonté de partager le savoir, ou alors, il faudrait préciser de quel savoir il s’agit.

    Surtout, le problème, dans cette histoire, c’est que les journalistes qui font le travail le plus sérieux (il y en a beaucoup, heureusement) devraient avoir pour devoir de chercher à tout prix à fournir l’information la plus objective, avant surtout de penser aux délais de publication ou autres enjeux extérieurs. Sinon, le public sera mal informé, et son opinion, au final, déformée, manipulée. Vous dites que les journalistes ne s’inclinent devant rien. Mais en reprenant de manière discutable une information sans en explorer les tenants et aboutissants, c’est ce qu’ils font; ils servent ceux qui pourront utiliser cette version de l’information au mieux de leur intérêt.
    Vous écrivez: « l’article de presse ne fait que lancer une nouvelle dans l’espace public à charge pour celui-ci de l’évaluer, la discuter, l’admettre ou la réfuter quand l’acte judiciaire peut ouvrir ou fermer la porte d’une prison, ruiner ou au contraire enrichir, changer à tout jamais le cours d’un destin ».
    Cela me fait peur de penser qu’un journaliste puisse écrire cela. Quand vous lancez une nouvelle dans l’espace public, ne vous sentez-vous pas responsable de l’impact qu’elle va produire? L’information peut ne pas être neutre du tout. Vous me direz qu’elle ne l’est jamais tout à fait? Ce n’est pas une raison pour ne pas s’en faire le vecteur le plus objectif possible.
    Ainsi entre « Au procès, un violeur s’enfuit », et « Un prévenu quitte la salle d’audience », il y a une grande différence de connotation. Le premier titre est, il faut le reconnaître, bien plus accrocheur. Bref, on ne devrait pas jeter une information au public comme une pâtée à des chiens. Vous dites que la charge d’évaluer l’information revient au public. Mais à partir de quels moyens? Et que doit-il évaluer? Doit-il à chaque fois évaluer l’évaluation supposée du journaliste, pour ensuite se faire une évaluation propre qui ne soit pas trop biaisée? Si tous les journalistes étaient parfaitement objectifs, le public pourrait librement se faire idée. Quand la présentation est déjà biaisée, les actes de réfutation ou d’admission le sont eux aussi.
    C’est pourquoi Eolas me semble parfois justifié dans ses griefs. Un journaliste doit informer le public, et de ce fait, contribuer à l’éducation de son jugement. Quand l’information qu’il transmet est déformée de manière telle que cela puisse altérer le jugement du lecteur ou de l’auditeur, il y a un problème.

    Donc les journalistes devraient souvent faire bien plus attention à ce qu’ils écrivent. Ils ont, eux aussi, un pouvoir énorme. Et parfois, on a l’impression qu’ils n’ont pas d’autre but que d’en jouer. Quand on compare le JT de TF1, ou la une du Figaro, au JT de Arte, ou à la une de Libération, on se dit que ces journalistes ne doivent pas parler de la même chose. Et pourtant si.
    Le savoir est supposé être objectif. Jusqu’à quel point les journalistes sont-ils prêts à aller, et ont-ils les moyens d’aller, dans cette quête de savoir?

    Commentaire par Philonous — 28/10/2008 @ 15:03

  8. Finalement, de mon point de vue extérieur (n’étant ni dans le journalisme, ni dans le droit), je trouve que la réaction de Maître Eolas est, sinon justifiée dans son ampleur, juste.

    Je m’explique: si l’on se place d’un point de vue purement juridique, la justice n’est pas en tord. Aucune loi n’a été enfreinte mais, suite à l’actualité de ces derniers jours, la presse décide d’en parler. S’ensuit naturellement un amalgame avec l’histoire « infirme/confirme ». Hors, si ces deux faits sont chronologiquement proches, sachant qu’en plus il se trouve que la justice fait régulièrement parler d’elle avec sa grogne actuelle, il est avéré que ces faits n’ont rien à voir. Ni par le lieu, ni par les personnes, ni par le type du fait divers (erreur d’une part, stricte application de la loi de l’autre).

    Mais alors pourquoi en parler? Parce que deux coupables (présumés ou non) se retrouvent dans la nature. En rappelant l’erreur judiciaire, ou en précisant que cela va relancer la polémique des dysfonctionnements de la justice (comme le fait le JDD, par exemple), on « trompe » le lecteur en l’incitant à croire que la justice fait mal son travail.

    Donc, si un journaliste se permet faire penser que « la Justice » fait mal son travail, je ne vois pas pourquoi il faut tenir rigueur à Maitre Eolas de démontrer, textes à l’appui, que « la Presse » fait mal son travail.

    Aliocha : simplement parce qu’il s’emploie en cas de bévue judiciaire à montrer que c’est exceptionnel et à en démontrer les raisons mais qu’il n’entend pas ces arguments quand ils viennent des journalistes.

    Commentaire par Ryuu — 28/10/2008 @ 15:05

  9. Mouaif… Croyez-vous réellement que quand Eolas tape sur un article ses lecteurs pensent que toute la presse doit avoir mal à la tête ?

    J’ai l’impression que vous sur-réagissez (en bon français dans le texte) et je vois un autre décalage entre Eolas et vous : là où lui n’évoque pas même un bloc constitué de tous les avocats, vous désirez, vous, défendre tous les journalistes… Vaste programme !

    Pour le reste, je n’ai jamais accroché aux querelles dans les commentaires et savoir que vous déconnectez encore plus vos propos des siens est… réjouissant ?

    Non… c’était déjà heureusement le cas ici ! 🙂

    PS / accrocheur, le titre… !

    Commentaire par Hapax — 28/10/2008 @ 15:07

  10. Je pense que, comme Eolas parfois, vous vous laissez entrainer par l’énervement du moment. C’est le propre du web, on réagit à chaud. Je pratique l’Eolas depuis moins longtemps que vous mais j’ai déjà eu une fessée publique mémorable (Encore merci pour les sorcières), mais je ne le prend pas mal.

    Je pense qu’Eolas n’argumente qu’avec les gens qu’il pense assez intéressants pour ça. Sa critique de la presse ne dénote , à mon sens, qu’un énervement contre la paresse supposée de gens qui pourrait faire mieux. S’il la détestai vraiment ou la pensai perdue, il ne se fatiguerai pas à en parler.

    Bien sur, il peu blesser certains, emporté qu’il est par la tentation du bon mot et de l’argument massue, mais il ne le fait pas méchamment. Il me rappelle ces professeurs qu’on a tous connu: ils donnent toujours l’impression d’être énerver de se trouver devant une telle classe de cancre quand, dans le fond, ils sont surtout énervé de ne pas s’être fait comprendre.

    Allez, réconciliez vous autour d’un thé….. jusqu’à la prochaine joute.

    Commentaire par Humaniste — 28/10/2008 @ 15:09

  11. Je trouve que vous faite un mauvais procès à Eolas qui ne cherche qu’a parfaire la qualité de la presse dans son ensemble en pointant du doigts les imperfections ponctuelle de celle ci. Effectivement quand l’article est bon il n’a rien a dire et se tait.
    Quand je vois la qualité de certain article dans ma propre « spécialité » je me doute que les imperfections doivent être du même ordre dans d’autres domaines. Le journaliste est un blogueur avec 1000 mégaphones. Il doit prendre 1000 fois plus de précautions dans ce qu’il écrit.

    Aliocha : Il y a façon et façon, je n’aime pas la sienne. Quant à nous, des précautions on en prend, simplement ça ne se voit pas et les erreurs ont une résonnance énorme. Imaginez que vous ayez mille, dix mille, cent mille témoins constamment penchés sur votre épaule quand vous travaillez.

    Commentaire par Dam_ned — 28/10/2008 @ 15:17

  12. Bizarre ce besoin d’une décision à chaud et irrévocable…

    Comme s’il n’était pas concevable de laisser à l’autre la possibilité de se racheter, de mettre de l’eau dans son vin. Il est vrai que ce n’est pas le genre d’Eolas, mais qui sait ?

    Il me souvient d’un jour pas si lointain, sur ce blog, où vous essayâtes de me moucher (ou tout au moins l’ai-je ressenti comme tel) suite à une réaction de ma part que vous aviez prise comme une agression. Plutôt que de vous répondre et d’envenimer les choses, j’ai préféré attendre. Peu de temps après, vous avez eu la bonne idée (l’élégance ?) de me faire un appel du pied qui nous permettait à tous les deux de reprendre langue sans perdre la face. Nos échanges sont infiniment moins intenses et fréquents que ceux que vous entreten(i)ez avec Eolas, et, en l’absence d’historique, aucun traumatisme n’était à craindre. Mais j’apprécie de vous lire et de pouvoir commenter chez vous à l’occasion, aussi avais-je jugé utile de laisser tomber la tension, ce que je n’ai pas regretté par la suite.

    Je trouve respectueusement que votre rapidité à réagir est malheureusement de l’ordre de ces jeux du cirque que vous n’aimez pas et auxquels vous souhaitez mettre fin. A moins que, vraiment, vous estimiez vous être fourvoyée chez Eolas pendant tout ce temps.

    Au plaisir de vous lire.

    Aliocha : vous avez raison cher Hub, sauf qu’une nuit pour une journaliste, c’est une vie, nous avons un rapport étrange au temps, c’est une déformation professionnelle. J’ai fait en sorte de montrer que je n’avais rien contre Eolas sauf une chose, pas bien grave objectivement mais décisive à mes yeux, il donne une vision que je juge erronée de mon métier. Et j’en ai assez, c’est tout.

    Commentaire par Hub — 28/10/2008 @ 15:18

  13. Il y a aussi une certaine déformation professionnel: un avocat est payé pour n’avoir jamais tort et trouver la faille dans l’argumentaire adverse en toutes circonstance. Cet état d’esprit, bien adapté dans l’exercice de leurs fonction, peut être lassant en dehors…

    Ce qui ne remet pas plus en cause l’intérêt de son blog que du votre, et encore moins celui de la contradiction du premier par le deuxième et réciproquement…

    Commentaire par PetitPiteux — 28/10/2008 @ 15:23

  14. Aliocha

    volontairement je vous ai envoyé sur le blog de Maitre Eolas un commentaire un peu serré et ce pour vous faire réagir!!
    il est vrai que le blog d’eolas est de moins en moins un lieu d’échanges avec la convivialité qu’il se doit
    c’est un lieu de débat entre spécialistes ce qui peut nuire à la volonté première de vulgarisation du droit.

    je connais bien le milieu des avocats et des magistrats pour en avoir fait partie .
    c’est un milieu assez fermé ou chacun se targue du bon savoir et campe sur ses positions .
    la tolérance n’est pas l’apanage de ces professions
    on parle de divorce entre le monde la justice et le public ce divorce existe et je dirai m^me hostilité et je pense sincèrement que tout ce petit monde a construit à force de distance voulue de divorce

    concernant les interventions et les billets de Maitre Eolas je me demande s’il n’a pas plusieurs mains …
    je me demande également s’il n’est pas victime ( consentante ou non) d’une instrumentalisation politique
    j’ai des doutes sérieux et en tant que journaliste il serait opportun de gratter la question qu’en pensez vous Aliocha?

    Aliocha : Lui et moi nous connaissons, on s’est rencontrés, on s’est parlés. Je crois profondément que c’est quelqu’un de bien, je ne pense pas qu’il soit instrumentalisé par autre chose que par son oeuvre et l’amour de son métier. Notre conflit est professionnel, c’est sans doute aussi un conflit de caractères rien de plus.

    Commentaire par voixlibre — 28/10/2008 @ 15:27

  15. Merci de votre réponse
    je pense qu’il devrait alors être plus prudent dans ses initiatives car il fait le jeu de certains enfin ceci est une autre histoire

    vous faites encore partie de sa blog roll alors je pense que tout n’est pas tranché entre vous et eolas car si vous pensez sincèrement que sa démarche est telle qu’il l’a présente ce serait vraiment dommage
    car l’enrichissement des uns et des autres vient des différences et de la confrontation des idées dans un climat de respect

    Commentaire par voixlibre — 28/10/2008 @ 15:41

  16. Ce billet trouverait plus sa place dans la catégorie ‘Blessure d’orgueil’ que ‘Débats’.

    Aliocha : alors il faudra aussi classer dans votre catégorie tous les billets de magistrats qui en ont assez qu’on traine leur métier dans la boue.

    Commentaire par Blackstone — 28/10/2008 @ 15:42

  17. « Il nous restera à lire le blog d’Éolas ET le vôtre »

    pas mieux

    et donc réorganiser nos marque pages

    Commentaire par rafale — 28/10/2008 @ 15:50

  18. Lectrice du blog d’Eolas de longue date, j’ai eu bien du plaisir à découvrir et lire les premiers billets de votre blog.

    Je trouve néanmoins très inquiétante votre compréhension d’un journalisme, qui « consiste à informer de l’actualité, lancer les débats » et où « le premier jet (…) est souvent un débroussaillage, qu’il faut ensuite (…)approfondir (…) en éclairant le sujet dans les jours qui suivent, en ouvrant leurs colonnes aux experts ».

    Il me semble en effet évident que les atteintes à l’honneur, à la réputation et à la personnalité que peut susciter un article de presse erronné sont bien trop graves pour qu’un journaliste puisse se permettre de « lancer le débat » sans vérifier méticuleusement ses faits et leur analyse. On sait de plus très bien que le premier article à scandale (« un violeur s’enfuit ») sera bien davantage lu et mémorisé par le public que tous les avis d’experts qui viendraient rectifier son contenu dans les semaines suivantes.

    Salutations,

    Commentaire par Inascori — 28/10/2008 @ 15:52

  19. Bonjour Aliocha,

    Là, je tombe des nues.

    Bien sûr vous êtes totalement libre de vous fâcher avec qui vous voulez.

    Mais je regretterais quand même une certaine complicité entre vous.

    C’est le genre de détail qui rend moins impersonnelle la fréquentation d’internet.

    Ca rend les choses plus agréables quoi.

    Commentaire par tschok — 28/10/2008 @ 15:55

  20. Eolas ne critique pas votre profession en général, il essaie de nous informer sur les questions de justice dans les cas où le public a été désinformé ou mal informé (en l’occurence, deux affaires récentes, celle dite de la « coquille » et celle du violeur qui s’est enfui). or qui nous informe? l’Etat et les journalistes. vous êtes ridicule à en faire une affaire personnelle (surtout si vous n’avez écrit aucun des articles incriminés), insinuant qu’Eolas cherche à discréditer les journalistes dans leur ensemble. je suis scientifique et avant de publier quoique ce soit, nous vérifions non seulement la validité de nos résultats mais aussi celles de nos informations (contexte de la recherche recherche publiée, citation des travaux de mes collègues). j’attend la même rigueur de tout journaliste. oui des erreurs peuvent arriver, mais il est rare de voir un journaliste de la presse écrite s’excuser d’une erreur sauf dans le cas où il est menacé de poursuites…les journalistes concernés par le sujet (je dis bien concernés et non les journalistes en général) doivent accepter la critique lorsqu’ils ont commis une erreur dans les faits qu’ils rapportent. d’autre part, je trouve les réflexions de Philonous sur le travail de journaliste très pertinentes. peut-être daignerez-vous nous faire partager votre point de vue là-dessus.
    là où je respecte votre opinion, c’est en ce qui concerne le débat qu’il peut y avoir autour d’une loi et de ses interprétations ou bien autour d’une décision de justice. mais là, une fois que les vrais faits sont établis, il s’agit d’un tout autre sujet, qui ne vous concerne plus en tant que journaliste mais bien en tant que citoyenne.

    Commentaire par turquoise — 28/10/2008 @ 15:59

  21. J’aimerais pouvoir dire sans faire ridicule que ce billet est si beau qu’on se sent meilleur de l’avoir lu.
    Rousseau dit quelque part, dans Emile je crois, que l’on ne peut découvrir le cœur d’un homme de bien sans sentir en soi-même se réveiller un sens moral qu’on ignorait peut-être, mais qui vous fait sentir la grandeur irréfutable de la vertu. Enfin, c’est dit mieux que cela, et de toutes façons ces mots du dix-huitième siècle sonnent désormais un peu étrangement à nos oreilles. Toujours est-il que, si impressionné que je sois par l’intelligence d’Eolas, et bien que convaincu qu’il soit profondément un homme de cœur, je lis ce billet d’Aliocha en éprouvant la honte et la gratitude en même temps de voir si précisément nommées les impressions fugaces, les réactions trop vite étouffées, la jubilation malsaine qu’on éprouve de voir humilier un imbécile, qui viennent si souvent abaisser la qualité morale de notre plaisir de lecture.
    Il faut croire que « la république des blogs » n’a pas encore vraiment trouvé sa constitution. Naguère, un autre maître-blogueur, Jean-Dominique Merchet, qui anime le blog « Secret Défense » hébergé par Libération dut prendre la décision de fermer les commentaires, où se déchaînaient trop souvent les imprécations bilieuses et les règlements de compte au-dessous de la ceinture. Son blog, sans commentaires désormais, reste la référence absolue en matière de questions de défense (et, je le dis en passant, Merchet est assurément l’un de ceux qui font absolument honneur au grand métier de journaliste, alliant la précision des informations, l’humilité, la classe, une honnêteté à toute épreuve, bref tout ce qu’Aliocha estime devoir définir la presse à son meilleur).
    Chez Eolas, me semble-t-il, le niveau n’est jamais aussi bas qu’il l’a été sur « Secret Défense » (on peut supposer que les juristes sont plus policés, d’habitude, que les militaires — mais au fond les problèmes sont fort semblables). Mais on se heurte pareillement aux limites de l’expression libre : elle fait surgir le meilleur comme le pire.
    Cela ne nous empêchera pas de continuer de fréquenter chez Eolas, ni d’avoir de la peine que les joutes entre Aliocha et lui aient tourné au vinaigre.
    J’ai conscience d’y avoir été, moi aussi, de mon couplet contre « la presse en général ». Je ne le ferai plus ici, promis. Je vais, comme dit si bien Aliocha, « garder les yeux fixés sur l’étoile ». Et puis, si j’avais le courage, je devrais peut-être faire comme Aliocha, ouvrir un blog pour écrire ce que j’aimerais trouver dans les journaux. À force de jeter des cailloux dans l’eau, on finit toujours par faire émerger un gué — même si l’on jette certains de ces cailloux pour amocher les vilains « canards ».

    Aliocha : merci, votre commentaire d’hier m’a fait du bien. Je crois que nous partageons la même vision des choses….les mêmes tracas aussi 😉

    Commentaire par Philarete — 28/10/2008 @ 16:01

  22. Lectrice assidue du blog de maître EOLAS et depuis peu du vôtre, je me permets d’attirer votre attention sur une autre approche :
    EOLAS continue à vulgariser et à permettre à des lecteurs non initiés à apprendre, comprendre et se faire une opinion. Il s’engage souvent et sans concession. il n’est pas élitiste et sait reconnaitre et dénoncer les dysfonctionnements qui l’interpellent.Il casse les clivages et innove.
    Le vôtre prend le même chemin avec sa volongé affichée d’une déontologie journalistique, d’une authenticité de l’information et de sa transmission.
    Vous avez réagi très vivement à son billet qui dénonçait,avant tout, les raccourcis trop accrocheurs des « unes »
    et lui a répondu avec la même impatience à votre stigmatisation du journalisme toujours agressé.
    Mine de rien ça fait avancer tout cela.

    Commentaire par La Vieille — 28/10/2008 @ 16:04

  23. « Aliocha : simplement parce qu’il s’emploie en cas de bévue judiciaire à montrer que c’est exceptionnel et à en démontrer les raisons mais qu’il n’entend pas ces arguments quand ils viennent des journalistes. »

    En gros: Eolas défend les bévues judiciaires en disant que c’est exceptionnel et attaque systématiquement les journalistes; alors que les journalistes regrettent l’erreur ponctuelle tout en donnant de la visibilité à des faits divers qui n’ont pas vraiment d’intérêt si ce n’est mettre en cause la justice.

    Moi j’appelle ça un dialogue de sourd.

    Commentaire par Ryuu — 28/10/2008 @ 16:09

  24. Vous avez tous deux des arguments à faire valoir dans cette bataille à propos du rôle joué par la presse aujourd’hui, et le débat est loin d’être clos. Ici, on a plutôt l’impression d’une réaction à chaud, d’une volonté de tout envoyer balader – enfin, surtout un certain avocat – alors qu’il reste encore beaucoup à faire pour convaincre les spécialistes (et surtout les non-spécialiste comme moi) que la presse dans son ensemble est un VRAI contre-pouvoir et qu’elle mérite d’être sauvée.

    Sur la violence verbale qui se dégager parfois des propos d’Eolas, je trouve que le travail énorme qu’il doit abattre pour répondre autant que possible à toutes les objections, et faire vivre le blog sans négliger ses clients mérite largement qu’on la lui pardonne. Son humour à froid un peu particulier est formidable, mais il peut facilement dévier et être interprété comme du mépris, ses jugements sont sans appel, mais il reconnait aussi ses erreurs quand elles arrivent (trop rarement pour lui imposer de l’humilité, j’en conviens).

    A propos d’une hypothétique république des blogs, il en serait surement le plus mauvais représentant. Je l’imagine plus en dernier seigneur féodal, régnant d’une main de fer sur son fief prospère et entouré de douves et de murailles. Avec des dizaines de portes, mais toutes gardées par un Troll Detector vigilant. ^^

    Amusant, votre article peut un peu se lire comme une histoire de coeur qui aurait mal tourné… « J’ai été séduite, et j’ai cru que je pourrais le changer. Je me trompais. » Vivement la saison 2, où viendra (peut-être) le temps de l’apaisement et de la réconciliation.

    Commentaire par Kemmei — 28/10/2008 @ 16:10

  25. Ma chère Aliocha,

    Je suis d’avis que si vous décidiez de ne plus commenter sur le blog d’Eolas celui-ci se retrouverait amputé d’un membre. Vous êtes la commentatrice qui avez le plus contribué à faire vivre ce blog car vous faites partie de ceux qui donnent du relief au débat. Pour ma part, et je pense que c’est le cas de beaucoup d’autres personnes, j’attache autant d’importance aux billets d’Eolas qu’à ses commentaires car ils sont une source d’enrichissement intellectuel et pédagogique, une véritable valeur ajoutée.
    Eolas est un homme intelligent, très cultivé, un éminent juriste dont l’humour et les qualités de pédagogue permettent à un « keskidi » comme moi de s’intéresser au droit et d’apprendre beaucoup de choses. Néanmoins, il a aussi ses défauts. Un pseudo de viking, la bière et le rugby… il en faudrait peu pour se l’imaginer comme une armoire à glace barbue avec des manières de bûcheron (l’intéressé appréciera mais je taquine).
    Ce qui est très fort, c’est qu’il a réussi à instaurer sur son blog, un espace virtuel donc, la même austérité qui pourrait régner dans une salle d’audience, mais cela est à double tranchant. Le côté positif se retrouve dans la qualité des commentaires qui est toujours tirée vers le haut. Contrairement à beaucoup d’autres blogs, chez Eolas (que dis-je, chez Maître Eolas) le vouvoiement et la courtoisie (de façade peut-être) s’imposent, chacun essaie de faire le moins de fautes possible et d’argumenter au mieux ses propos, comme si un respect – mais aussi une distance -s’imposait naturellement. D’un autre côté, il apparaît des réactions qui peuvent être interprétées comme hautaines, voire parfois méprisantes à l’égard de certains, c’est vrai… et je pense que cela dissuade beaucoup de monde de participer aux débats, de peur de poser une question « bête » ou d’émettre un avis qui ferait rire l’assemblée.
    Convenons qu’il ne peut pas répondre à chacun, mais là où je pense qu’il a beaucoup de respect envers vous et là où il apporte beaucoup de crédit à vos propos – que ça lui plaise ou non – c’est qu’à vous, il vous répond pratiquement toujours, alors que bon nombre de commentaires ne suscitent chez lui aucune réaction. S’il se montre si dur parfois, c’est parce qu’il place LA presse au même niveau que LA justice, c’est-à-dire sur un piédestal. Lui-même a écrit un jour que c’est parce qu’il a une très haute opinion de la presse qu’il se permet d’être intransigeant avec elle… oui… sauf qu’à mon sens il manque souvent de nuance et qu’il a trop tendance à mettre tout le monde dans le même panier.
    Aussi, comme l’a souligné Tshirtman il est victime de déformation professionnelle. Il pense comme un juriste, il ne connaît que le langage de juriste et réagit souvent comme un juriste à qui l’on fait une objection. Lorsqu’il publie un billet, c’est avant tout le maître qui s’adresse à ses élèves, parce que c’est son rôle, et lorsqu’on lui oppose des contradictions, il reste dans son rôle de défendre son billet. Il serait bien en effet qu’il mette un peu d’eau dans son vin parce que même derrière un langage châtié, ses pics sont toujours perfectibles, là encore un réflexe d’avocat je présume.
    En tout cas, n’oubliez pas qu’il n’y a pas que lui qui lit vos commentaires, mais surtout un nombre insoupçonné de lecteurs et lectrices qui se nourrissent de vos interventions et qui savent malgré tout faire la part des choses !

    Cela me gêne qu’il vous ait blessée parce qu’on le ressent, mais e lâchez pas l’affaire Aliocha ce serait vraiment dommage. 🙂

    Commentaire par GreG — 28/10/2008 @ 16:14

  26. A Inascori en n°18:
    Je suis bien d’accord avec vous.

    Aliocha, ne trouvez-vous pas inacceptable que sous prétexte de « lancer un débat » sur la place publique, des articles puissent verser dans l’approximation?

    Si la justice a entre les mains la vie d’êtres humains, le journaliste exerce quant à lui une extraordinaire influence sur l’image, l’honneur et la réputation du quidam.

    A mon sens, la responsabilité d’Outreau est autant à verser au compte des médias qu’à celui des politiques et de la justice française.
    Personnellement, le journalisme de qualité existe (fort heureusement) mais en termes de quantité, j’ai bien peur qu’à ce jour il ne fasse pas le poids au journalisme « TF1 », populiste, sensationnaliste, voire nauséabond.

    Je note cependant une certaine amélioration, notamment dans la presse écrite : on peut gager du meilleur pour l’avenir. Du moins, je le souhaite avec force.

    Vous me permettrez d’espérer ne plus voir des « présumés meurtiers » ou des « présumés violeurs » dans la presse de masse car loin d’être anodines, ces approximations mettent bien trop souvent l’huile sur le feu ou véhiculent une image qu’il est illusoire de vouloir redorer.

    Pour conclure, j’ai notamment trouvé ordurières les manoeuvres de certains journalistes se complaisant dans un haro orchestré de la magistrature lors de l’affaire d’Outreau (qui finalement leur a servi d’alibi dans cet exercice maintes fois répété) sans s’interroger une seule seconde sur l’influence que ces mêmes journalistes avaient eu sur la pression qui s’était exercée sur la justice, faisant des accusés, des condamnés avant l’heure.

    Vous savez comme tout un chacun que cela prend 5 minutes pour ruiner la réputation ou l’image d’une personne…et des années pour s’en bâtir une autre.

    Je rêve que le journalisme retrouve majoritairement sa pleine indépendance et sa rigueur…à l’instar de la justice française.

    Commentaire par Nemo — 28/10/2008 @ 16:49

  27. Chère Dame,

    Je ne prétend ici parler pour personne d’autre que moi-même, mais profite de ce débat pour apporter ma pierre à cet édifice.

    Je me souviens étant jeune avoir suivi les informations d’un journaliste que j’ai trouvé d’une qualité exceptionnelle (j’ignore son nom, c’était en Alsace il y a plus de vingt ans).
    Sa procédure était remarquable: dans un premier temps il s’efforçait de ne présenter que les faits, rien que les faits, et dans un second temps, il proposait à ses auditeurs une explication ;
    Vous pouviez très bien, si le coeur vous en disait, éteindre votre poste à l’issu de cette première partie, y réfléchir un peu par vous-même, et ensuite le rallumer afin d’en entendre une explication au cours de la plage horaire suivante.

    A l’heure actuelle, je ne puis trouver ce genre d’informations « épurées » qu’en glanant par moi-même, en écoutant les différentes versions, en recoupant, et en essayant d’en extraire la substance … et je maudis régulièrement les journalistes qui reprennent des dépêches en changeant un mot par-ci, un mot par-là … et me font croire qu’ils ont en fait tiré leur papier d’une autre source que celle que je connaissais.

    Comprenez-moi bien, j’entends bien les contraintes de temps qu’ont vos confrères, les pressions subies de la hiérarchie, le besoin de faire du chiffre (audience / scoop / sensationnel); je comprends également la facilité d’avoir accès à une si grande quantité d’information en si peu de temps …
    -Le journaliste alsacien que je citais tantôt n’aurait pas pu en publier ne serait-ce qu’un dixième dans le même temps-

    Mais ce n’est pas le travail que j’attends d’un journaliste. Je préfère la qualité d’un papier neutre et fidèle; à l’accroche volontairement brute de certains par des mots qui frappent mais qui sont parfois mal choisis et détournent le sens.
    Vous me rétorquerez peut-être qu’il s’agit de second degré, de jeux de mots ironiques et que je serais trop obtu pour les saisir ;
    Mais comment voulez-vous donner crédit à un texte ambigu qui pourrait, suivant le sens que l’on en considère, dire des choses absolument contradictoires.
    « Aio te, Aecida, Romanos vincere posse »

    Selon certains le terme « évasion » ne doit être utilisé strictement que lorsqu’il y a privation de liberté; d’autres l’utiliseront en synonyme de fuite pour faire un jeu de mots dans le champ lexical du carcéral.
    Le problème est que si l’on écrit dans le domaine du carcéral en utilisant le champ lexical du carcéral … on peut s’attendre à ce que les termes soient correctement choisis, non ?
    Ne risqueriez-vous pas de vous mettre les professionnels de ce domaine à dos, en piétinant leur plates-bandes de la sorte -même si vous ne souhaitez nullement causer du tort, j’en suis persuadé- ?

    Au risque de paraître ridicule (en fait, non, ça c’est déjà fait) avec un plaidoyer décousu comme à l’accoutumée ;
    je vous en conjure, réglez votre conflit passionnel, et ramenez la joute au niveau d’un conflit de principes plutôt que d’en faire une guerre de clochers.

    Commentaire par Ferdi — 28/10/2008 @ 16:51

  28. Chère Aliocha,

    On hésite, en vous lisant, sur le grief que vous faites au blog d’Eolas.

    S’agit-il de l’illustration d’un conflit latent entre spécialistes et journalistes, dont l’approche est généraliste par vocation, sinon par nécessité ?

    Ou est-ce la rigidité de la défense d’Eolas lorsqu’on lui oppose d’autres logiques ?

    Ou est-ce encore son goût pour la dénonciation de la mauvaise presse — que vous jugez exagéré ?

    Sur chacun de ces points, si vous le voulez bien, une réponse en forme de défense, car j’ai — comme vous le savez, les mêmes travers que vous reprochez à Eolas — avec peut-être des réponses moins lapidaires.

    1. – Sur la querelle des spécialistes et des journalistes, il me semble que l’on se plaint moins, du côté des spécialistes, de l’incomplétude du travail journalistique que des imprécisions qui orientent le débat public.

    Pour l’exemple du billet litigieux d’Eolas, la question de la prétendue évasion d’une personne jugée pour crime laisse imaginer quelque dysfonctionnement des administrations publiques et suscite le vœu d’une sanction.

    En quoi le « débroussaillage » que vous évoquez peut difficilement se permettre l’erreur, sauf à orienter significativement le débat public.

    Aliocha : Il y a plusieurs temps dans l’information, l’annonce, le débat, l’expertise, la réflexion, les conclusions qu’on tire. Le premier temps est celui du chaud, il va vite, c’est la nature de la presse, on ne la changera pas. Imaginez un jour vos kiosques ne vous offrant plus que de très savants semestriels, ou bien vos quotidiens vous parlant de la semaine passée. Vous pensez que ce serait mieux, permettez-moi puisque c’est mon métier de vous dire qu’il n’en est rien. Des sociologues se sont penchés sur le sujet et ont évoqué le sentiment du lecteur de quotidien d’appartenir à une communauté, ils ont aussi observé que c’était l’un des attraits d’un journal et qu’il disparaissait au bout de quelques heures. Ne vous en déplaise, il faut du quotidien et même aujourd’hui du plus rapide. Si décidément cela vous heurte c’est que vous n’aimez pas la presse, mais n’imaginez pas qu’un jour elle cesse de traiter l’actualité. Cela n’arrivera pas. Les journalistes ne sont pas plus intelligents que les autres, il leur faut aussi du temps et ils comprennent moins vite que les experts. Donc les erreurs sont possibles, voire inéluctables. Nous sommes les premiers à le regretter. Mais nous aimerions qu’on fasse l’effort de comprendre notre métier avant de le condamner. Ensuite vient le temps du « froid » où l’on analyse, rectifie au besoin. Ceux qui sont curieux trouveront l’information qu’ils cherchent. Et si madame michu s’en tient à ses mauvaises pensées, c’est dommage, mais on ne peut pas l’obliger à suivre les dossiers

    2. – Ce qui conduit à la dénonciation de la mauvaise presse.

    Si, comme je le suppose, vous défendez votre profession, ce n’est pas tant pour ce qu’elle est que ce qu’elle devrait être. Une approche que partage Eolas, et à laquelle je m’associe.

    La mission de la presse est si importante qu’il peut être exigé d’elle qu’elle l’accomplisse avec la plus grande rigueur. Ce qui n’est pas toujours le cas.

    Il n’est pas illégitime d’en pointer les difficultés et les tensions, mais cela n’interdit pas de pointer les erreurs.

    Ajoutez à cela que la presse est prescriptive dans le débat public et se veut souvent moralisatrice et l’on concevra qu’on lui passe moins aisément ses écarts.

    Par ailleurs, les blogs — et Eolas en fait partie malgré son grand succès — ont une force de frappe bien moins importante que la presse ; de sorte qu’une erreur diffusée à merci tord le débat public au lieu de l’éclairer.

    Aliocha : Je suis d’accord mais ensuite tout est question de ton et d’approche. Je continue de ne pas comprendre pourquoi on s’en tient à une global « les journalistes sont des imbéciles » à chaque erreur de la presse. Je le trouve un peu court ce jugement et pour tout dire pas dignes de ceux qui le profèrent. Pour la énième fois quel métier survivrait à une observation quotidienne par des millions de gens de son fonctionnement ? Cela crée un effet loupe désastreux et conduit à disqualifier toute une profession. En outre, cela nous affaiblit et fait le jeu des puissants que nous devrions contrer. Tout le monde est perdant. Comme dans toutes les guerres d’ailleurs. Nous faisons plus de bruit que les blogueurs ? Voilà un argument qui m’ouvre des horizons, c’est donc bien un combat, mais alors si vous vous battez pour la vérité et si vous nous faites la grâce de penser que nous aussi, pourquoi nous affronter ? Est-il aberrant d’espérer que nous puissions faire cause commune ? La presse ne donne-t-elle pas l’exemple en faisant confiance aux blogueurs comme elle l’a montré avec Eolas ? Pourquoi faut-il qu’en retour elle n’ait droit qu’à une volée de bois vert ? Est-ce vraiment juste ? Est-ce utile ?

    3. – J’en viens à la vigueur d’Eolas et son refus d’entendre d’autre logique que juridique.

    Il se trouve que le droit fait l’objet d’un traitement étrange dans la presse et dirais-je, dans le débat public. On en parle sans cesse — lois, décisions de justice — et l’on n’entend que fort rarement l’analyse du juriste qui a quelque crédit à faire valoir.

    Venir lui reprocher de se prononcer en juriste sur une question juridique a quelque chose d’étrange, si vous me le permettez.

    En particulier lorsque l’autre logique se prévaut d’une forme de supériorité morale. En substance : « vous, les juristes, êtes bien insensibles à la douleur/état/sentiments de ceux dont vous parlez ici. »

    Bref, je ne vois guère pourquoi la logique juridique devrait s’incliner devant l’autre logique, en particulier lorsque le sujet et son traitement sont juridiques. Mais c’est une question de chapelle, direz-vous.

    Aliocha : je ne lui reproche pas de se prononcer en juriste sur une question de juriste mais de le faire avec une brutalité inutile et dans un esprit de dénigrement qui ne me plait pas. Moi aussi je suis juriste, il arrive que mes confrères viennent m’interroger pour comprendre ou utiliser le bon mot, je ne les rudoie pas, je leur explique. Et quand je lis un erreur dans la presse, je ne pousse pas de cris d’orffraie, je me contente de me souvenir qu’il y a moi aussi une infinité de choses que j’ignore.

    Pour finir, en vous priant de pardonner ce trop long commentaire, une remarque.

    La République des blogs est une réunion physique de blogueurs qui, pour être informelle, ne connaît guère de jeux de pouvoirs, car il n’y a pas de pouvoir à conquérir. L’on y discute fort civilement avec chacun, en dépit des débats parfois animés qui ont pu naître sur les blogs.

    Je ne puis que vous convier à en faire l’expérience. C’est demain 29 octobre.

    Commentaire par Jules (de diner's room) — 28/10/2008 @ 16:53

  29. Sortie moi-même d’une école de journalisme, je comprends plutôt bien tes récriminations. Et il est agréable que des professionnels du métier aient à coeur de défendre leur éthique, leurs méthodes, leurs efforts.

    Le conflit avec Eolas n’a pas grande importance et je pense aussi qu’il n’est pas utile de poursuivre ces escarmouches avec le Maître bretteur. Nous ne cherchons pas à savoir si la plume d’Aliocha est plus acérée que l’épée d’Eolas.

    Souvent Eolas relèvera un faux pas médiatique et, avec d’amples mouvements de manches, rectifiera ce qui devrait l’être. En général, comme tu le soulignes, une grande part du tort aura été sémantique, et la correction sera bienvenue. Ce n’est certainement pas à partir de cela que l’on peut condamner la presse dans son ensemble.

    Ce qui importe vraiment, à mon sens, c’est cette révolution des idées que tu évoques. D’autres résument mieux que moi en quoi Le journal d’un Avocat et son évolution sont un phénomène socio-culturel très prometteur. Je ne doute pas que la Plume d’Aliocha, en tant que blog donc, ait aussi un potentiel extrêmement intéressant. Et ce qui nous intéresse, c’est ce qu’il y a au bout des tunnels que vous êtes en train de creuser avec la complicité de milliers de lecteurs.

    J’ai dit que j’avais suivi des études de journalisme, j’ajoute que l’alchimie ne s’est pas faite entre le métier et moi et que je suis aujourd’hui animatrice socio-culturelle. Pour autant, je reste très attachée à la profession et cela se traduit notamment par une lecture assidue de sites comme http://www.acrimed.org, dont le travail analytique des médias peut remettre en perspective les petites remarques d’Eolas. Je souhaite ainsi que la rupture que tu annonces dans le billet d’aujourd’hui soit la fin des petites querelles, mais pas celle des réflexions critiques sur la presse. Et j’ai confiance.

    Commentaire par Annie — 28/10/2008 @ 16:56

  30. Eolas recommande votre blog et fait un meaculpa…..

    Commentaire par Humaniste — 28/10/2008 @ 16:58

  31. « la première dépêche est souvent un débroussaillage, qu’il faut ensuite en parler, approfondir et que les journaux le font très bien en se concurrençant entre eux »

    Ceci j’avoue m’a fait rire.
    Enfin, merci pour le blog, ça pourra peut-être me réconcilier avec le monde de la presse dont j’ai tendance à me méfier.
    Et même si ce texte fait un peu trop tempête dans un verre d’eau pour moi, je vous souhaite bonne continuation.

    Commentaire par le toulousain fou — 28/10/2008 @ 17:10

  32. Bon, je vois que tout ce que je dis a déjà été dit. Mais je le mets quand même.

    Enfin du débat un peu radical.
    Vous êtes chauds comme la braise, Eolas et vous. On dirait que vous vous disputez la garde du chien. Cela dit j’approuve ce que vous dites quand vous notez qu’Eolas ne comprend pas vraiment la presse – ce n’est pas son métier – et qu’il emploie un ton parfois blessant qui ne fait pas avancer le débat.
    Mais quel débat ? Le problème d’Eolas n’est pas le problème des professions de la presse, c’est celui des professions juridiques et des justiciables. Il pense devoir les défendre, et plus largement défendre l’institution de la justice, peut-être le droit lui-même, d’abord contre une politique judiciaire contradictoire menée n’importe comment, mais aussi contre un « désamour » qu’il estime trop complaisamment et imprécisément relayé par la presse.
    Avec la quantité de journaux, gratuits ou non, de sites Internet et de radios disponibles, il a beau jeu de trouver, sur chaque affaire, un papier qui dit n’importe quoi, et il monte la mayonnaise de petits faits singuliers. C’est un polémiste, il travaille sans doute trop, ça le rend irritable.
    Ce qui est en revanche curieux dans son attitude, ce qui dénote le mieux sa méconnaissance et surtout son peu d’intérêt pour les affaires de la presse, c’est qu’il se trompe de coupable en parlant des journalistes.
    C’est en fait une erreur très commune : à chaque fois qu’on lit une critique contre la presse, généralement pour relever une erreur de fait, elle s’adresse non au journaliste particulier qui a merdé, mais plutôt aux journalistes « en corps ». Cela prend la forme d’un : « Les-journalistes a dit une connerie, c’est vraiment un con ce Les-journalistes. »
    En pratique cet être collectif n’existe pas. Il y a des journalistes très divers qui sont intégrés à de grosses structures de presse et d’Internet. Ces structures présentent de plus en plus rapidement aux lecteurs une quantité d’information toujours plus importante, elles sont soumises à une concurrence toujours plus aigue, à un rythme toujours croissant, à une interpénétration et à une automatisation croissante, le tout dans une période de vache maigre.
    Dans cette situation, ce n’est plus seulement le journaliste qui produit l’information. Sur Internet, c’est un flux continu d’informations, émiettées, diluées et non hiérarchisées, un peu comme la pluie. Peut-être ne faut-il pas confondre cet incessant défilement de dépêche avec le vrai travail du journaliste.
    Ainsi, cette façon de taper sur les journalistes (comme ailleurs sur les juges) n’est rien d’autre qu’une façon d’éluder les vrais problèmes, d’éviter de les comprendre. C’est à cela traditionnellement que servent les boucs émissaires.
    Un message personnel pour terminer : il faudrait qu’on arrête de me traiter de journaleux dans les dîners en ville. D’abord parce que je crois avoir montré que c’est con, et ensuite parce que ça me gonfle. La prochaine fois, je me venge en renversant mon verre de rouge sur la nappe.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 28/10/2008 @ 17:30

  33. @30 : je ne vois pas où Eolas fait un mea culpa ?
    @ aliocha : meme si la forme des reflexions d’Eolas peut être très limite, notamment dans ses commentaires de commentaires (et la violence de son propos suite à votre intervention d’hier est un exemple criant), il n’en demeure pas moins, comme le dit très bien Jules de Diner’s room que la presse a une influence enorme et partant une responsabilité tout aussi importante et se doit d’écrire des exactitudes et non pas des approximations, soit parce qu’il n’y a pas verification, soit pour faire un titre accrocheur. Meme si cette façon de faire doit être – je pense – tout à fait minoritaire dans votre profession, elle doit néanmoins être dénoncée et pas seulement par d’autres professions.
    Je pense que l’on est toujours gagnant à rechercher l’excellence dans ce que l’on fait.

    Commentaire par fred — 28/10/2008 @ 17:44

  34. c’est bien d’être insoumise, quelle liberté !
    libre de ne pas polémiquer !
    libre de ne pas s’enfermer dans un débat stérile
    libre de rompre l’absence de dialogue.
    bref larguer la chaleur moite de la vague tribu…
    « ni dieu, ni maître »
    excitant !

    Commentaire par massalien — 28/10/2008 @ 17:50

  35. C’est pas une plume, c’est un stylo bic en haut à droite… encore un titre accrocheur mais factuellement faux. tssss

    Aliocha : juste une crise économique dans la presse, mais nous allons la surmonter 😉

    Commentaire par Thau — 28/10/2008 @ 17:52

  36. La forme est belle, le fond est intéressant, le tout est raisonnablement polémique : voilà un billet bien rédigé, sur un sujet si fortement vendeur qu’il saura vous apporter une quantité de visites appréciable.

    Nul ne doutait que vous fussiez journaliste, d’un certain talent en outre, mais vous voilà de plus douée d’un sérieux sens du marketing. Mes compliments et mes encouragements

    (Je n’ai aucune réplique du « Président » de Verneuil pour conclure comme il se doit, je gage que mes lettres ne sont point au niveau des vôtres)

    Aliocha : ce ne sont pas les fenêtres publicitaires qui polluent la lecture me semble-t-il….

    Commentaire par Max — 28/10/2008 @ 17:57

  37. Au-delà de ses opinions sur la presse, je me demande s’il n’y a pas quelque part un automatisme de blogueur à grosse audience, habitué à gérer des centaines de commentaires, dont une certaine proportion de vomissage de préjugés et de critique imbécile, dans le peu de temps qu’il peut se permettre d’accorder à cette activité. Le sarcasme est souvent plus simple que l’argumentaire et a surtout le mérite de ne pas trop nourrir le troll.

    La nature didactique du Journal d’un avocat est d’ailleurs moins propice à la critique, même constructive, que par exemple un blog d’opinion, comme feu chez Versac, puisque ce qui est offert n’est pas une réflexion personnelle mais une expertise.

    D’une façon plus générale, je suis très sceptique sur la capacité du support blog à être le lieu d’un débat contradictoire qui va au delà du simple question-réponse, surtout quand les commentaires sont très nombreux. Parce que les louanges, les contre-avis et les trolls sont placés au même niveau ; et parce que l’hôte, qui doit souvent faire la police, instaure un rapport entre lui et ses convives qui tient plus de la position du maître d’école que de la discussion entre adultes.

    Commentaire par Morm — 28/10/2008 @ 17:59

  38. Bonjour,

    je dois dire que le coup du « débroussaillage » me choque un peu : il ne me semble pas qu’un journaliste qui écrive un article doive faire la même chose qu’un quidam au café du commerce : lancer un sujet, une rumeur, quelque chose qu’il n’a pas réellement étudié ou approfondi et puis… voir les réactions.

    Quand je parle de journaliste, je remarque tout de même que lorsqu’Eolas s’attaque à des articles, ce sont des articles de journaux censés être d’information (et pas l’équivalent des « tabloïds »).

    On attend du journaliste que l’information qu’il nous livre soit vérifié voir même (mais j’en demande peut être un peu trop…) analysée, mise en perspective pour permettre au lecteur de se faire son opinion et de « décrypter » l’information.

    Dans le cas où il s’agit de relater des « on-dit », des « rumeurs » le journaliste peut s’entourer au minimum de précautions de langages.

    Et les dénonciations d’Eolas concourent, ce me semble, à ce que les journalistes soient plus exigeants dans le cadre de la rédaction de leurs articles.

    Sinon le risque est que l’on se passe des journalistes et que l’on s’informe autrement… c’est à mon avis déjà le cas sur certains sujets, puisque (par exemple), de nombreux lecteurs d’Eolas indique que grâce à son éclairage (qui est parfois un travail journalistique : relater des faits et les expliquer) ils ont mieux pu comprendre un sujet, remettre les choses en perspective, éviter des gober des boas… ;o)

    Le citoyen souhaite une information de qualité et, à mon sens, Eolas dénonce le fait que certains journalistes ne font pas l’effort de donner cette information de qualité. Que volontairement ou par paresse intellectuelle, ils utilisent des raccourcis, reprennent des « petites phrases » qui font des titres fracassants… mais qui après avoir été un minimum analysé… ne riment finalement à rien…
    Et le débroussaillage ne serait alors jamais fait… parce que l’on sera déjà passé à autre chose.

    J’ai toujours gardé en mémoire la phrase de Mitterrand sur l’honneur d’un homme qu’on avait jeté aux…

    Et je pense que la presse vaut mieux que cela.

    Et qu’Eolas par ces critiques contribue à ce que la presse s’impose une exigence de qualité.

    m’enfin,
    @+
    PS : vous dites ne pas aimer la « violence » mais l’échange sur les blogs permet d’affronter les problèmes et d’éviter un « consensus mou ». Je reste même persuadé que de cet « affrontement » sortiront des analyses et une réflexion intéressante.
    PPS : et en plus Eolas vous aime bien… ;o) cf. ses derniers messages…

    Commentaire par nap1128 — 28/10/2008 @ 18:05

  39. Il s’agit forcément d’un malentendu: je ne pense pas une seconde qu’Eolas mette tous les journalistes dans le même sac, pas plus qu’Aliocha ne met tous les juristes dans le même sac.

    Il suffit de se souvenir de quelques épisodes:
    http://www.maitre-eolas.fr/2008/08/29/1062-la-faute-du-pere-est-elle-la-faute-du-journaliste
    http://www.maitre-eolas.fr/2008/06/12/990-le-rapport-lamanda-publie

    Allez, lequel passera un coup de fil à l’autre en premier pour qu’à nouveau Aliocha soit « contre Eolas »… tout contre.

    Commentaire par Sartorius — 28/10/2008 @ 18:09

  40. Bonjour,

    je dois dire que le coup du « débroussaillage » me choque un peu : il ne me semble pas qu’un journaliste qui écrive un article doive faire la même chose qu’un quidam au café du commerce : lancer un sujet, une rumeur, quelque chose qu’il n’a pas réellement étudié ou approfondi et puis… voir les réactions.

    Quand je parle de journaliste, je remarque tout de même que lorsqu’Eolas s’attaque à des articles, ce sont des articles de journaux censés être d’information (et pas l’équivalent des « tabloïds »).

    On attend du journaliste que l’information qu’il nous livre soit vérifié voir même (mais j’en demande peut être un peu trop…) analysée, mise en perspective pour permettre au lecteur de se faire son opinion et de « décrypter » l’information.

    Dans le cas où il s’agit de relater des « on-dit », des « rumeurs » le journaliste peut s’entourer au minimum de précautions de langages.

    Et les dénonciations d’Eolas concourent, ce me semble, à ce que les journalistes soient plus exigeants dans le cadre de la rédaction de leurs articles.

    Sinon le risque est que l’on se passe des journalistes et que l’on s’informe autrement… c’est à mon avis déjà le cas sur certains sujets, puisque (par exemple), de nombreux lecteurs d’Eolas indique que grâce à son éclairage (qui est parfois un travail journalistique : relater des faits et les expliquer) ils ont mieux pu comprendre un sujet, remettre les choses en perspective, éviter des gober des boas… ;o)

    Le citoyen souhaite une information de qualité et, à mon sens, Eolas dénonce le fait que certains journalistes ne font pas l’effort de donner cette information de qualité. Que volontairement ou par paresse intellectuelle, ils utilisent des raccourcis, reprennent des « petites phrases » qui font des titres fracassants… mais qui après avoir été un minimum analysé… ne riment finalement à rien…
    Et le débroussaillage ne serait alors jamais fait… parce que l’on sera déjà passé à autre chose.

    J’ai toujours gardé en mémoire la phrase de Mitterrand sur l’honneur d’un homme qu’on avait livré aux…

    Et je pense que la presse vaut mieux que cela.

    Et qu’Eolas par ces critiques contribue à ce que la presse s’impose une exigence de qualité.

    m’enfin,
    @+
    PS : vous dites ne pas aimer la « violence » mais l’échange sur les blogs permet d’affronter les problèmes et d’éviter un « consensus mou ». Je reste même persuadé que de cet « affrontement » sortiront des analyses et une réflexion intéressante.
    PPS : et en plus Eolas vous aime bien… ;o) cf. ses derniers messages…

    Commentaire par nap1128 — 28/10/2008 @ 18:12

  41. Il est vrai que maître eolas a souvent un ton, dirons nous, virulent contre ceux qui le contredisent. C’est en partie pour cela que j’ai commencé à suivre son blog, car les discussions, en commentaires ne tournaient jamais à l’affrontement idéologique ou à la récitation d’âneries (« tous les juges sont des cons », « Sarko est un fasciste et un nazi » etc. Il y avait là une certaine mesure, qui me plaisait beaucoup.)

    Mais ce qui est sûr, c’est que la qualité d’un blog réside aussi dans le débat qu’il peut accueillir, et il ne peut y avoir débat s’il n’y a pas contradiction.
    C’est pour ça qu’à mon sens, vous devriez revenir lui porter la contradiction. Le ton qu’il utilise pour « moucher » ses contradicteurs, lorsque ceux-ci ne font pas dans l’extrémisme idiot, le décrédibilise lui plus qu’il ne devrait vous blesser.
    je lis votre blog régulièrement, et continuerai à le continuerai à le faire. mais vous apportiez sur son blog une contradiction, un débat, qu’il était toujours très intéressant de lire, tout particulièrement parce que vous êtes à cheval sur ces deux mondes, et avez donc une meilleure compréhension des deux.
    En un mot: revenez :p

    Commentaire par Bziaou — 28/10/2008 @ 18:18

  42. « Les jeux du cirque sont terminés. Il protège son système, c’est son droit. Il se braque sur ses convictions, refuse d’entendre d’autres logiques que la sienne et chasse sans pitié ses contradicteurs, c’est un style, je le respecte, mais je n’y adhère pas. »> Qui aime bien chatie bien, dit-on ? Oui le Maitre est dur, mais il est chez lui, et il assume. Bien sur je comprends votre argumentaire, j’ai moi meme commenté sur son billet d’hier. Mais je dois avouer que sa réponsecinglante a votre commentaire , citant le JDD était appropriée. Je suis aussi moi meme le premier a tirer sur les journalistes (d’ailleurs ca va encore arriver en fin de semaine), mais je critique certains comportements, pas de globalisation.
    Et puis regardez: le site arretsurimage sert lui aussi d’aiguillon sur les médias, propre a relever les incohérence. C’est peut etre cela la lecture critique ?

    Aliocha : je ne dis pas le contraire mais justement, plus on critiquera la presse sur de mauvais sujets, plus on l’affaiblira inutilement. Vous voyez des erreurs parce qu’il vous montre des erreurs et qu’il argumente magnifiquement bien, mais ce ne sont pas toujours des erreurs. Il y a aussi des efforts de vulgarisation indispensables qui aux yeux d’un juriste précis et méticuleux passent pour des monstruosités, à tort. Par ailleurs, suite à la fronde des magistrats, certains en avaient tellement après la presse qu’ils l’ont crue manipulée lorsqu’elle a sorti l’affaire des « deux que je ne dénommerais pas pour qu’on me tombe dessus », disons des « innocents en vadrouille ». C’est pour cela que je dis que ça va trop loin. Et quand des journalistes font une bonne nterview et qu’on les traite de résistants de la dernière heure, ça va encore trop loin. Je sais qu’Eolas ne mesure pas sa force, je lui ai souvent dit, il y a un moment où c’est trop. Par ailleurs, j’en ai assez de cette lutte des blogueurs contre les journalistes, elle est stérile. On serait tellement plus efficaces ensemble. D’ailleurs la presse elle l’a compris.

    Commentaire par Vonric — 28/10/2008 @ 18:27

  43. Bonjour Aliocha,

    Je regrette un peu l’évolution des derniers jours sur votre blog: si vous me pardonnez, je dirais que vous donnez l’impression de vous monter la tête avec des réactions d’Eolas sur la presse. Je n’en avais pas la même lecture que vous, et même si je peux être d’accord avec vous pour plaindre les journalistes aux prises avec des difficultés importantes (le phénomène de la com’, les pressions diverses et variées…) je ne vous suis absolument pas sur votre lecture des deux derniers faits divers: un coup d’oeil sur les articles du figaro et du monde, et surtout sur les commentaires des lecteurs, donnent un bon aperçu de comment ces incidents ont été traités et comment ce traitement a été perçu par les lecteurs (pas forcément aussi subtils que les journalistes auteurs des articles): dans tous les cas, les réactions de critique des magistrats corporatistes et gauchistes sont majoritaire…

    Si le traitement de l’info avait été réellement efficace dans ses nuances, ne devrait on pas avoir un partage 50/50 entre les lecteurs? cette proportion correspond grosso modo à la ligne de fracture gauche droite de ce pays…

    Bonne suite malgré tout, et faites nous bien d’autres articles pour montrer votre travail…

    Commentaire par Javi — 28/10/2008 @ 18:37

  44. je viens de lire la dernière note de Maitre Eolas
    il ne fait pas son méa culpa il indique seulement en réponse à un commentaire que la plume d’Aliocha est digne d’intérêt »
    il annonce également son silence pendant plusieurs jours car il vient je le cite de « prendre une claque judiciaire qui l’a sonné »

    je reviens sur ce que vous disiez concernant la presse , Aliocha, j’adhère à vos propos qu’il est facile de généraliser et de mettre en exergue telle ou telle erreur pour discréditer toute une profession

    il n’empêche que cette attitude est commune et on assiste à une cassure une fracture pour reprendre un mot à la mode entre le public le monde de la justice et celui des journalistes

    pour s’en convaincre il suffit de surfer sur le web et de lire les commentaires ou les billets postés dans certains « médias citoyens »

    il serait intéressant de se pencher sur ce phénomène pour y remédier car à mon sens il est la le danger le manque de crédibilité que porte de plus en plus de personnes au niveau et de la justice et de la presse

    personne n’est gagnant bien au contraire
    concernant la presse c’est un affaiblissement du contre pouvoir qu’elle représente
    pourquoi cette crise majeure ?
    ne pensez vous pas que la concentration de la presse entre les mains de grands groupes financiers n’a pas fait perdre de cette crédibilité aux yeux du public?
    ne pensez vous pas que cette main mise de la finance sur la presse

    Commentaire par voixlibre — 28/10/2008 @ 18:41

  45. suite ( pardonnez mon erreur j’ai envoyé trop tot mon commentaire)
    ne pensez vous pas que cette main mise de la finance sur la presse nuit sévèrement à son indépendance?
    ne pensez vous pas que le public fait un amalgame facheux entre la presse télévisuelle et ses figures emblématiques qui font partie d’un microcosme parisien et le reste de la profession?

    LA CRISE DE CONFIANCE EST A MON SENS SEVERE
    cette crise de confiance participe à l’affaiblissement de la démocratie et c’est le simple citoyen qui va en patir

    Aliocha : je réponds oui à tout vos arguments. Mais du coup je songe que nous traversons une crise financière mondiale, une crise de la justice, de la presse, sans doute aussi de l’éducation et de bien d’autres choses encore. Peut-être une crise de civilisation….

    Commentaire par voixlibre — 28/10/2008 @ 18:50

  46. Ah mais chère Aliocha, je disconviens.

    L’exigence de rapidité n’impose pas le soin de ne pas commettre des erreurs.

    Il ne s’agit pas de nourrir une première information de mille explications et éclairages, mais d’éviter qu’elle se corrompe d’une inexactitude et corrompe le débat public qui s’engage immédiatement. Si vous me dites qu’il s’agit d’une exigence que l’on ne peut former à l’endroit de la profession, il me semble alors que c’est bien la profession dans son ensemble qui devrait mériter critique.

    Concernant le rapport de confiance entre presse et blogueur, je disconviens encore.

    Il me semble que la presse ne devrait pas suivre sans précaution le propos d’un blogueur, mais ne pas hésiter à rechercher confirmation de ce qu’il a pu soutenir. Il y a tout de même une marge entre ignorance des informations et suivisme aveugle.

    Nous n’ignorons pas la presse, loin s’en faut. Comme vous ne manquez pas de le noter, c’est même notre principale source d’information. Mais cela ne signifie pas qu’elle doivent échapper aux commentaires et corrections que nous pouvons apporter.

    En fait de collaboration — qui est toujours possible, mais individuelle — je pencherais plutôt pour une prise en compte réciproque des informations que les uns et les autres délivrent. Une prise en compte qui n’a pas nécessairement à être indulgente. Qu’il lui suffise d’exister.

    Aliocha : je sais que vous disconvenez, tout comme Eolas, et pour les mêmes raisons. Allons, ce blog n’a même pas deux mois, voyageons un peu ensemble et qui sait, peut-être, un jour…..

    Commentaire par Jules (de diner's room) — 28/10/2008 @ 19:03

  47. les civilisations naissent grandissent et meurent tout comme nous
    alors de l’humilité encore de l’humilité de l’empathie et tout le monde s’en portera mieux
    il fait gris je vais prendre un bouquin tenez Marie Antoinette …une coincidence peut être???
    bonne soirée à tous

    Commentaire par voixlibre — 28/10/2008 @ 19:33

  48. (je n’ai pas lu tous les commentaires au dessus)
    Je voulais juste dire que les lecteurs aiment les « bons » blogs, être une fidèle lectrice d’eolas (en fait je le suis plus par intermittence, certains de ses articles restent quand même difficilement digeste pour le profane) n’empêche pas d’apprécier (bien au contraire) votre blog.

    Commentaire par Capu — 28/10/2008 @ 19:40

  49. Chère Aliocha (si vous me le permettez, pour ma première intervention),

    Le feu couvait…

    Me Eolas a été blessant. Non dans sa critique d’un mauvais journalisme, bien réel, à laquelle vous avez répondu en soulignant l’existence d’un bon journalisme, bien réel lui aussi. Cela relève du débat d’opinions dont l’expression est permise, tout comme le désaccord est permis. Il n’y a là aucune médisance : Il y a un monde entre la critique, voire le reproche, qui permettent de construire et le dénigrement qui ne vise qu’à abattre.

    Il vous a mise en colère et il y a de quoi l’être. Son « Lâchez-moi » est abrupt et offensant. Probablement sous l’effet de la blessure et d’un historique intense, vous réagissez à chaud et vous voilà, à l’assaillir à votre tour, à entrer dans cette arène que vous détestez, à vous justifier (je… je…), à vous braquer vous aussi et à vous défendre. Contre quoi ? Me Eolas vous accuse-t-il ? Vous attaque-t-il ? Vous méprise-t-il ?

    A vous lire, j’ai vraiment le sentiment que c’est l’être plutôt que la journaliste qui rédigea le présent billet. Le titre par lequel vous entamez votre texte le proclame : vous ne réagissez pas à son propos mais contre lui. Il me semble que vous prenez pour vous une critique d’un mauvais journalisme, laquelle ne vous vise pas et que tout s’y mêle, auto-défense, riposte, attaques ad hominem, malgré votre éloge final. Vous le dites : vous êtes en révolte… vous faites feu de tout bois et cela s’entend !

    Je voudrais donc vous inviter à relire la dernière phrase de sa réaction au dernier commentaire que vous avez laissé sur son blog « SI ça, c’est pour vous un exemple de bon journalisme, nos points de vue sont irréconciliables. » L’emploi du « SI » exprime-t-il une supposition, voire un doute, ou une accusation portée contre vous ou contre le journalisme en général ? Ne dit-il pas qu’il existe un « bon journalisme » ?

    Me Eolas a un peu ce côté « vieux prof », aussi condescendant que savant, amateur de cette méthode un peu surannée qui utilise la saillie et le sarcasme pour stimuler la réflexion et le débat, pour convaincre, non une assemblée de courtisans ou de disciples, mais un auditoire. Comme dans un prétoire.
    J’avoue que je suis loin d’être partisan de ce genre de technique, loin s’en faut. Je suis d’accord avec vous : il conçoit le débat plus comme un duel que comme un dialogue.
    Il en use (en abuse ?) d’autant plus ardemment qu’il est bon rhéteur (bretteur ?), qu’il sait d’expérience s’engouffrer dans la moindre brèche et y trouve probablement un certain plaisir. C’est le genre de professeur dont on apprécie autant le savoir qu’on déteste parfois sa manière, aussi tatillonne que caustique et rugueuse … Il ne s’en montre pas ouvert d’esprit, à l’écoute des commentateurs et contradicteurs, disposé à expliquer, de même que prompt à se remettre en question et à se corriger.

    Aliocha : sans doute, c’est pour cela que ma colère est contenue (vous n’imaginez même pas ma fureur tant il m’irrite depuis des mois à s’appuyer sur de soi-disant erreurs de la presse pour déployer son talent), mais je continue de ne pas aimer la méthode.

    Néanmoins, ne pensez-vous pas qu’il y a dans ce « nos points de vue sont irréconciliables. », un début d’appel du pied à la réconciliation ? Quelque chose comme la tentative discrète d’un avocat un tantinet orgueilleux mais loin d’être un mufle doublé d’un sot, d’appeler aux retrouvailles quelqu’un dont il sait les qualités ?

    Aliocha : alors nous dirons qu’il est si clair quand il attaque qu’on s’étonne de le trouver si flou quand il…quand il quoi d’ailleurs, je n’en sais rien mais je ne suis pas docteur en psychologie, ni voyante.

    En fin de compte, ne s’agirait-il pas d’une querelle entre un BON juriste et une BONNE journaliste, tous deux fiers de leurs métiers respectifs et de la façon dont ils l’exercent ? Métiers qui les exposent et les engagent, avec les risques et le pouvoir que cela implique au quotidien, avec les exigences et les responsabilités que cela sous-tend et enfin la considération que leurs acteurs sont en droit d’attendre.

    Ne s’agirait-il pas d’une simple querelle de dignes représentants de leurs professions dont… j’ose le dire… les amours-propres respectifs ont été froissés ? Vous avez sans doute un peu tort tous les deux…

    Mais se frotter peut avoir du bon… Cela a le mérite de vous offrir l’opportunité d’avoir raison ensemble, contre tous ceux qui dénigrent vos métiers respectifs et se réjouissent déjà à l’idée de vous balancer du « journaliste, avocat, même vanité, même esprit corporatiste » sans oublier de convoquer les magistrats à cette assemblée aussi caricaturale que désobligeante… Tant qu’à faire !

    En rester à ce point « irrévocable » serait une bien triste défaite, à l’heure où les acteurs de la Justice et ceux qui, comme vous et comme Me Eolas, peuvent et savent en parler pourraient travailler de concert – sans rien perdre de leur esprit critique et de leur liberté de ton – afin en améliorer le fonctionnement quotidien et le faire savoir, cela au bénéfice de ce « public » qui leur est commun.

    Car, après tout, ne dites-vous pas les mêmes choses ? N’apportez-vous pas des regards complémentaires par vos expertises ? Ne défendez-vous pas les mêmes choses ? N’avez-vous pas des aspirations semblables concernant votre propre profession et celle de l’autre ?

    Moi qui n’aime pas non plus les arènes et les jeux du cirque, je ne peux que vous souhaiter une belle réconciliation et d’enrichissants débats ! Pour vous comme pour nous.

    Aliocha : ce n’est pas faute d’avoir essayé d’éviter le clash.En tout cas merci pour votre explication. Nous avons mauvais caractère tous les deux, j’en conviens

    PS : Remarquable billet, ceci dit. Aussi émouvant par la force de sa conviction que par sa belle sincérité et sa profonde sensibilité. Merci.

    Commentaire par Ferdydurke — 28/10/2008 @ 20:06

  50. En tant que juriste (du moins futur je n’en suis qu’au master) il me semble humblement que le conflit entre la presse et les médias ne sera pas résolu sont travail

    Les missions de la presse d’une part et des juristes d’autre part sont, selon moi, quasi-inconciliables. La presse est là pour informer une masse sur un sujet déterminé, dans des efforts de sélection, de condensation et de simplification de l’information. Les juristes sont là pour appliquer le droit, rien que le droit et tout le droit.

    Le droit est une matière compliquée, même pour les juristes eux-mêmes. Le droit n’admet pas de certitudes mais uniquement des vérités provisoires, uniquement applicables à un instant T et un endroit Y. Et les juristes adorent se disputer entre eux pour savoir qui interprète le mieux la vérité du moment.

    Je pense pour ma part que le blog d’Eolas réussi un exploit. Celui de faire un blog sur le droit compréhensible aux non-juristes. Et pour cela, Eolas ne fait que dans le très concret. Il dit tout (sur le sujet dont il traite)sans en dire plus. Il fait preuve en la matière d’un véritable travail de journaliste, même si celui n’est pas tenu par les mêmes obligations qu’un journaliste professionnel.

    Dire moins que ce qui a déjà été résumé par Eolas, c’est une approximation au mieux, au pire un contre sens. En tout cas, on ne se situe plus dans le juridique.

    Les juristes détestent les approximations. Parce qu’un procès peut en dépendre. Alors, à chaque fois que le non-juriste journaliste nous sort une ânerie, le juriste crie souvent haro sur le baudet. Parce que la presse et les médias ont le pouvoir, sur qui n’a pas d’esprit critique, d’établir une « vérité ». Ce que les juristes n’ont pas. Et parce que notre cher président et notre chère ministre font dans la démagogie souvent, dans le juridique jamais. Et pourtant ceux-ci sont respectivement avocat et magistrat. Et lorsque ces propos sont relayés par une partie des médias sans vérification de l’exactitude des propos tenus (heureusement tous les médias et tous les journaux ne sont pas comme ça, c’est comme les chasseurs il y les bons et les mauvais), et bien le juriste en devient parfois parano et à besoin de passer ses nerfs. Le clash est donc quasi inévitable.

    Alors comment la presse et autres médias peuvent ils parler de droit et le faire bien, eux qui sont tenus par l’impératif de l’actualité et de la lisibilité ?

    Peut être en faisant plus attention lorsque des journalistes emploient des termes juridiques. Peut être en laissant plus de plus à l’avis de spécialistes, ne serait-ce que sur leurs sites internet. Ou pourquoi pas faire une section/chronique consacrée au droit fait à quatre mains entre un juriste et un journaliste, comme je me suis laissé dire qu’il en existait dans certains journaux américains.

    Ces voies ne sont peut être pas la solution. Mais ce qui ne résoudra certainement pas le problème des relations entre les médias et la presse, c’est quand chacun reste dans son camp en s’ignorant l’un et l’autre et en ne communiquant pas. Les juristes ont besoin de s’exprimer pour être compris, les journalistes ont souvent besoin de conseils.

    Les deux points de vue que vous et Eolas défendez sont certes très différents mais pas de la à ne pas entamer un dialogue, et surtout pas de la à le suspendre à la moindre critique de l’un sur l’autre. il faut mieux un dialogue, même de sourd que pas de dialogue du tout.

    Aliocha : votre diagnostique est parfaitement exact. Peut-être que votre génération sera plus compréhensive….Quant au dialogue, ça fait un an que je le mène à sens unique, ma patience a des limites. Pour dialoguer, il faut que chacun fasse un petit bout de chemin vers l’autre 😉

    Commentaire par Flo — 28/10/2008 @ 20:24

  51. Allez, la recréation est terminée!!! On pourrait avoir de l’info maintenant? 😉

    Je partage 1000 fois votre analyse concernant le blog de maitre Eolas.
    Personnellement je ne m’y retrouve plus. J’avais découvert son blog durant ma formation en droit et il m’avait énormément apporte! Tant au niveau du savoir qu’au niveau du sourire! Aujourd’hui, on ne rigole plus beaucoup sur son site…
    Je vous propose donc de reprendre vos travaux; et de le faire en toute sérénité!
    Je ne ferai pas comme mes petits camarades de classe, qui semblent désespérer a l’idée de votre « séparation », et ne vous suggérerai donc pas la réconciliation! Il est parfois des divorces salvateurs…

    Bon vent chère Aliocha, longue vie a votre blog! Et de grâce, un peu d’information!!!!

    Commentaire par Aurelien — 28/10/2008 @ 20:35

  52. lire « plus de place » au lieu de « plus de plus » évidemment…

    Commentaire par Flo — 28/10/2008 @ 20:37

  53. un commentateur précédent évoque la dureté d’Eolas dans ses réponses aux commentaires en emettant l’idée qu’il aimerait faire rire aux dépens de certains. c’est possible mais je me demande si cela ne traduit pas une forme de modération par anticipation. On sait que dans le succès d’un blog est la capacité de faire vivre une communauté. cela vient souvent de l’implication de l’auteur dans les réponses aux commentaires. cette implication a une vertu régulatrice en ce qu’elle signale au commentateur qu’il ne peut pas écrire n’importe quoi sous pretexte d’anonymat. On peut naturellement être en désaccord avec la manière ou l’orientation des thèses défendues, mais la « présence » du maitre des lieux évite qu’un blog traitant de sujet polémique ne vire au grand n’importe quoi.
    ceci étant dit le caractère rituel des remarques contre la presse finira bien par perdre de son intérêt (on ne peut tout de même pas écrire vingt fois le même billet)

    Commentaire par xtph — 28/10/2008 @ 21:08

  54. Merci pour ce billet. Outre que vous abandonnez le débat avec Eolas, je vous y sens également un peu blessée, et c’est dommage. Eolas, quand il pense avoir raison (et dans son domaine c’est le cas 99 fois sur 100), peut être très cassant envers la contradiction. J’y vois une sorte de déformation professionnelle : il est une sorte de guerrier du verbe, un professionnel dont le métier est de se battre sur le terrain de l’argumentation.
    Curieusement, votre réaction désamorce pour moi le côté guerrier de ce débat sur la presse (et une guerre tranche deux camps), cela m’ouvre à plus de compréhension de votre profession (sur laquelle je reste cependant toujours très critique). Votre argument sur le fait que votre métier est soumis à regard public constant est pertinent, je ne m’étais pas fait cette réflexion. Pour une bévue relevée dans le traitement immédiat de l’actualité judiciaire (et il y en a, des difficilement excusables), il faudrait aussi voir combien d’autres faits judiciaires, sans doute nombreux, ont été rapportés, sans éclat, avec simple professionnalisme.
    Je note enfin, cependant, qu’Eolas a de multiples fois invité son lectorat à l’écoute de reportages ou documentaires télé sur la justice, conseils que j’ai suivis avec toujours beaucoup de profit. Cela aussi est du journalisme, même si pas du journalisme d’actualité directe. Il a également parlé de Pascale Robert-Diard de façon élogieuse, et bien avant que celle-ci ne parle de lui. Eolas n’est donc pas entièrement du côté obscur…

    Et toujours merci pour votre blog.

    Ah, et pendant que j’y suis (hs): j’aurais un rêve de presse. Un journal européen, qui paraîtrait simultanément en plusieurs langues, en différents endroits de l’UE. Peut-être un simple supplément commun à plusieurs quotidiens qui s’associeraient, je ne sais pas. Il y a bien une télé européenne, même si elle demeure confidentielle.
    J’ignore s’il y aurait une demande pour un tel objet. Sans doute cela demanderait un investissement lourd : traductions, mise en place d’un travail commun, avec des gens de traditions nationales différentes …
    La construction européenne, à long terme, passe par la construction d’un sentiment commun, d’une connaissance réciproque. Or je mesure combien, au quotidien, ma connaissance de l’actualité reste terriblement française, dans son contenu (j’habite Srasbourg, et connais mieux l’actu de Marseille ou la dernière petite phrase d’untel que la vie du Baden Wurtemberg tout voisin ou l’ambiance politique générale à 10 minutes de chez moi, de l’autre côté du Rhin), et surtout dans sa sensibilité : j’ignore presque tout du « ressenti », ou plus simplement de l’abord, allemand, anglais, espagnol, polonais ou hongrois de la vie du monde, de notre actualité européenne ou des grands événements nationaux qui les affectent.
    Bien sûr, l’info nationale reste importante : l’Europe unit les nations, elle ne les dissout pas.
    Mais je ne vois pas comment on pourra bâtir une vraie communauté de vie, en Europe, sans une information partagée. Le problème de la langue est certes coûteux à surmonter, mais cela vaudrait le coup (et pas par le biais de l’anglais : l’Europe est aussi sa diversité linguistique).
    S’informer prend du temps. Je pourrais lire la presse anglaise et allemande : je le fais peu.
    Un tel journal serait salutaire.

    Aliocha : C’est une vieille idée qui rôde dans la presse. Certains pensent que c’est la fausse bonne idée et que l’Europe n’intéresse personne, d’autres y croient. A ma connaissance, il y a au moins un projet sérieux en cours.

    Commentaire par Charles — 28/10/2008 @ 21:19

  55. La vision idéalisée que vous avez du métier de journaliste est tout bonnement incompatible avec la vision idéalisée que Maître Eolas a de sa profession.

    Si tous les journalistes et tous les avocats étaient aussi compétents que vous deux vos professions s’entendraient très bien.

    Commentaire par Bertaga — 28/10/2008 @ 21:25

  56. Il y a un point sur lequel je ne puis être d’accord avec vous : C’est quand vous dites que c’est au lecteur de trier l’information, de la confronter, de revenir dessus dans des analyses ultérieures (si elles existent, combien de sujets tombent dans l’oubli sans avoir jamais été clarifiés). N’étant pas professionnel de l’information, je n’ai pas 3h par jour à consacrer à cette activité. Si j’achète un journal, c’est parce que je fait confiance à ses journaliste pour faire ce travail à ma place.

    La presse quotidienne, vous dites, ne peut se payer le luxe d’une telle analyse. Dans ce cas, elle n’a pour moi aucune valeur (et de fait, il faut remonter à très loin pour me voir acheter un quotidien). Elle présente pour moi un autre problème, elle a tendance à noyer le lecteur sous une masse d’information bien trop importante, dont au final seul un très faible pourcentage se révèle avoir encore de l’intérêt ne serait-ce qu’une semaine plus tard.

    La presse quotidienne va mal, économiquement parlant (et par conséquence, idéologiquement parlant), mais je me demande si au final ce n’est pas lié en partie à ce sentiment d’inutilité que je lui associe. Je serais curieux de savoir comment se porte la presse hebdomadaire ou mensuelle.

    Commentaire par Gathar — 28/10/2008 @ 23:37

  57. Toutes les histoires d’Amour peuvent un jour se terminer …

    Car, ne connaissant rien au contexte, ni ce maître Eolas, votre billet se lit comme une rupture affective, l’émotion est palpable, le lecteur tenu en haleine. Quel billet !

    Mais, est-ce définitif ? Il est des Amours qui ne s’éteignent jamais.

    Aliocha : Je crains que vous ne vous trompiez d’objet, mon coeur bât pour mon métier.

    Commentaire par Roméo — 29/10/2008 @ 00:04

  58. J’aime bien le style et du blog et du contenu de l’article. Je parle du contenu et pas du titre que je trouve légèrement arbitraire ou tout du moins négatif et ne vous faisant pas honneur.
    Je ne parlerais pas du fond (j’en suis incapable) mais de la forme.

    Personnellement je reviendrais sur l’idée de « l’arène » ou de la « joute » que vous mettez en avant. Pour une arène ou une joute il faut obligatoirement deux adversaires mais aussi des spectateurs. Or là est le problème.
    Le « combat » ou le « duel » que vous avez désormais avec votre maître (car un mentor ou un maître le reste toujours même après l’envol ou le désaveu de l’élève ou du disciple), du fait que votre désaccord est avant tout « public ».

    Les récriminations que vous vous lancez sur un sujet particulier sont donc à la vue et des lecteurs du blog d’Eolas et du votre.
    Cela alimente d’ailleurs le combat (enfin ici principalement) dans le sens ou, à votre propre discours ou débat, se rajoute les impressions de tierces qui sans être dénuées d’intérêt, ne concerne pas les intéressés eux-même.

    Je pense que lorsque deux personnes qui à l’origine s’apprécient et se respectent mutuellement, ne peuvent plus se sentir suite à une prise de tête sur un sujet quelconque cela relève de la rupture (même si la cause de la rupture est faite en public).
    Et les « ruptures » amoureuses ou non c’est de l’ordre du personnel et seuls les deux protagonistes devraient pouvoir en discuter (par mail, msn, irc, bière, thé).

    Alimenter un tel sujet de manière public au travers d’un blog relève à mon sens dans sa forme de la presse people. Régalons nous les yeux de ce crêpage de blog!!
    Il aurait été tellement plus simple et plus crédible de replacer le débat sur les attaques envers les médias (vu que vous avez largement fait leurs critiques auparavant) sans le moindre pathos lié à la réflexion certes malheureuse d’Eolas.

    Finalement je me sent rassuré dans le sens ou au final que vous soyez journaliste ou juriste (je parle aussi bien d’Aliocha que d’Eolas) le fait que vous soyez des adultes ne vous empêche pas aujourd’hui d’être infantile (j’espère que cela ne relève ni de la diffamation, ni de l’insulte).

    D’un côté comme de l’autre je suis légèrement déçut que vous n’ayez pas tourné sept fois (au minimum) vos phalanges avant d’appuyer sur touche valider le commentaire.

    Bonne nuit. ^^

    Aliocha : Eolas tourne mon métier en ridicule, aucune défense n’est admissible à ses yeux, soit. Je mets donc les pieds dans le plat. Ce conflit nous dépasse et de loin, il est celui des experts contre la presse, il est celui de la haine de la vulgarisation, il est celui plus profond de la colère que suscite les journalistes contre eux lorsqu’ils révèlent un dysfonctionnement. Je n’aperçois rien de personnel dans ce conflit.

    Commentaire par shine — 29/10/2008 @ 00:21

  59. Bon alors, on arrête les transactions ?
    Bientôt Bruel comme correspondant en direct de la bourse de Paris ?
    xas

    Commentaire par xas — 29/10/2008 @ 00:23

  60. Je découvre votre billet tard ce soir.
    Vous avez titré  » Contre Eolas ».
    Avec ce titre agressif ( et légèrement people), vous avez voulu frapper fort. Bien vu (plus d’une cinquantaine de réactions).

    « Qui aime bien châtie bien » : il me semble que c’est plutôt l’esprit d’Eolas lorsqu’il critique le travail d’un journaliste ou lorsqu’il dénonce une mauvaise interprétation. Non et non je ne sens pas chez lui de « mépris ».

    Alors ce soir en découvrant votre billet, j’ai juste envie de dire « quel dommage ».
    En effet, la justice et la presse ont un dénominateur commun : l’indépendance. Et cette indépendance se trouve aujourd’hui menacée.
    Vous quittez le navire Eolas ? Il est probable que nous allons tous y perdre un peu, nous tous vos fidèles lecteurs (juristes, journalistes et autres « kesskidi »).
    Je vais essayer de me consoler en pensant que vous aurez plus de temps pour votre propre blog !:-)

    Aliocha : Je n’ai pas voulu frapper fort au sens où vous l’entendez, d’ailleurs, au grand désespoir de mes rédacteurs en chef, je suis nulle en titres. « Contre Eolas » signifie contre une brutalité qui a fini par me lasser au fil des mois, contre ma profession lâchée aux chiens pour le plaisir d’un rectificatif de technicien qui a trop tendance à voir des fautes où il n’y en a pas, contre Eolas c’est aussi contre une forme d’autisme qui consiste à accuser sans jamais entendre la défense ce que je trouve assez fort pour un avocat. Contre Eolas c’est contre une forme de débat que je trouve pervertie par le communautarisme et l’agressivité vis à vis des éléments extérieurs à la communauté juridique. Seulement voilà, même en colère je ne conçois le conflit qu’élégant et respectueux de l’adversaire, alors j’ai pris soin de dire AUSSI tout le bien que je pensais de lui, ce qui brouille le message, tant pis.

    Commentaire par Phedra — 29/10/2008 @ 00:53

  61. Ah ben ça !

    Comment la personne classée N°1 au « Top Commentator » du blog d’EOLAS peut-elle être autant fâchée ?
    Comment, en évoquant une brouille définitive (bon d’accord, c’est EOLAS qui a parlé de « point de vue irréconciliable », mais votre billet semble enfoncer le clou), « notre » Aliocha Gamini criquet prend la même direction qu’Augustissime mémé à moustache ?!?

    Hypothèse 1 : vous ne supportez vraiment plus … le changement à l’heure d’hivers !
    Hypothèse 2 : vous êtes avant tout des personnes passionnées et entières.

    En fait, je pense qu’il y a un peu des deux. Je m’explique.

    Mon hypothèse 1 a l’air ridicule.
    Mais elle est là pour rappeler l’humour qui reste une marque de fabrique de vos 2 blogs respectifs. Un humour parfois acide de la part d’Eolas mais c’est son style.

    En fait, mon Hypothèse 1 est aussi à interpréter comme suit: un passage à vide, un moment de stress plus fort, un peu plus de fatigue, et de « nerfs à fleur de peau ».
    C’est en tout cas ce qu’Eolas explique (sans le dire explicitement à propos d’Aliocha) dans son billet de ce jour. je cite : « Je ne voudrais blesser personne et vous n’êtes pas là pour que je me passe les nerfs sur vous (sauf clems, qui est le bouffon officiel de ce blog). »
    Ce n’était sans doute pas non plus le « bon jour » pour Aliocha ?

    Quant à mon hypothèse 2, elle est souvent indissociable d’un certain talent.
    En tout cas elle justifie vos blogs.

    Pour prendre un peu de recul, je vais maintenant vous citer (dans votre réponse àau commentaire #41 ci-dessus) : « plus on critiquera la presse sur de mauvais sujets, plus on l’affaiblira inutilement ».

    J’analyse les critiques d’Eolas sous un point de vue parfaitement parallèle : selon lui, la mauvaise image de la justice est aussi liée aux mauvais traitements qu’en fait la presse, qui, au lieu de vulgariser en restant rigoureuse, fait dans le populisme en qualifiant de « violeur » quelqu’un qui n’était pas encore jugé, etc.
    Bref, il pense que la presse affaibli la justice en traitant mal ces sujets.

    Il souhaite plus de rigueur de la part de la presse, car la justice est un sujet très sensible à cette rigueur.
    La preuve, une simple faute de frappe, et on vous libère ou on vous envoie en prison !

    C’est bien, finalement, ce que vous dites aussi : « quand l’acte judiciaire peut ouvrir ou fermer la porte d’une prison, ruiner ou au contraire enrichir, changer à tout jamais le cours d’un destin ».

    Vos points de vue ne me semblent pas si irréconciliables !

    Je ne souhaite pas faire ici un panégyrique des billets d’Eolas, et je trouve qu’il fait parfois très mal à l’arrière train des diptères (par exemple lorsqu’il distingue « itérer » de « réitérer ») …

    D’un autre coté je vous trouve par trop indulgente avec la presse. Certes, ce n’est pas elle qui met en prison, mais, par ses écrits, elle peut y contribuer fortement. Dans un sens comme dans l’autre !
    L’expression « lynchage médiatique » veut bien dire quelque chose, non ?
    Et l’article paru dans l’Aurore du 13 janvier 1898, sous le titre « J’accuse », d’un certain E. Z. a sans doute fait beaucoup pour la réhabilitation d’un certain capitaine D.

    Ce n’est pas à vous que j’apprendrai l’importance de la « première impression ». Or un article trop vite rédigé, avec un vocabulaire tendancieux … et c’est toute une partie du lectorat qui se trouve induit à penser qu’untel est blanc ou noir !

    J’espère donc que vous vous réconcilierez. Car l’intérêt d’un blog est aussi dans les commentaires qu’on y trouve.
    Si tel n’est pas le cas (car, si une brouille orale peut « s’envoler », un brouille écrite risque de « rester »), tant pis … ça ne m’empêchera pas de continuer à vous lire.

    Commentaire par Yves D — 29/10/2008 @ 00:56

  62. Etudiant en droit et fervent lecteur du blog d’Eolas, bien que n’y ayant jamais posté.
    J’ai pratiqué un peu les journaux (régionaux), j’ai été contraint d’y travailler afin de financer mes études.
    J’ai également souvent fréquenté les tribunaux, et j’y ai croisé des « collègues » journaleux, qui se prévalaient du titre pompeux de « chroniqueur judiciaire ».
    J’ai toujours été très étonné qu’on confie à ceux qui maîtrisaient le moins bien leur sujet la mission de disserter sur les faits divers sous l’angle juridique.
    Je crains que j’ai compris, depuis : on a la volonté de se rabaisser au niveau du lecteur moyen, de l’accrocher, le provoquer au « risque » (bien mesuré) de tronquer et de fausser l’information. Et pour satisfaire le besoin primaire qu’a le lecteur de se révolter, de stigmatiser, de caricaturer, on n’a encore jamais trouvé mieux que la démagogie et l’ignorance.
    Ma pauvre Aliocha, vous servirez votre profession quand vous vous serez employée à la sortir du caniveau dans lequel elle se trouve, mais je crains que votre de démarche de revendiquer le droit à une presse ignorante et superficielle ne soit quelque peu contre-productif.

    Aliocha : Jamais je n’ai revendiqué une chose pareille. En revanche, je suis lassée des attaques de spécialistes qui rêvent que n’importe quelle information juridique ou judiciaire soit traitée dans la grande presse comme elle le serait au Dalloz. Et qui, parce que que ça n’est évidemment pas le cas, voue la presse aux gémonies.

    Commentaire par Maxime — 29/10/2008 @ 01:33

  63. @ maxime

    votre intervention me parait teintée de mépris
    est ce un défaut de jeunesse ou d’inexpérience ?
    que l’expérience de la vie vous apporte plus de tolérance
    votre plume n’en sera que plus agréable à lire

    Commentaire par voixlibre — 29/10/2008 @ 02:02

  64. L’intensité et la fréquence des saillies de Maître Eolas envers les journalistes ne s’expliquent que par l’importance considérable qu’il accorde à leur métier. Il n’y a qu’à lire ces quelques lignes pour s’en rendre compte :

    « Le rôle de la presse […] est de rechercher où est l’anomalie, quelle erreur a été commise, et qui l’a commise. Cela fait partie intégrante de l’info qui ne peut être comprise sans cette mise en perspective. Sinon, c’est une information partielle qui est relayée et qui peut alimenter les préjugés des lecteurs. Or le rôle de la presse est, par l’information, l’analyse, l’éclairage qu’elle fournit, entre autres d’aider le citoyen à lutter contre ces préjugés. »

    Source : http://maitre-eolas.fr/2008/10/27/1191-au-secours-un-homme-libre-s-est-evade

    Maître Eolas ronge sa déception en aiguisant sa plume.

    Et ce n’est pas ça qui va le calmer (et moi avec) :

    « il attaque mon métier sur des vétilles, niant sa mission, refusant de comprendre que le journalisme consiste à informer de l’actualité, lancer les débats, que le premier jet, la première dépêche est souvent un débroussaillage, qu’il faut ensuite en parler, approfondir et que les journaux le font très bien en se concurrençant entre eux, en éclairant le sujet dans les jours qui suivent, en ouvrant leurs colonnes aux experts. »

    En tant que citoyen et acheteur de presse, je confie au journaliste la responsabilité de m’informer. Concrètement, j’attends d’eux qu’ils fassent ce que je n’ai matériellement pas le temps de faire moi-même : rechercher l’information, la vérifier, la synthétiser, l’expliquer et la mettre en perspective. C’est en suivant méticuleusement ces 5 étapes qu’un journaliste gagne mon attention, puis mon admiration. Tous les autres, c’est-à-dire tous ceux qui font le choix de s’affranchir de ces exigences de précision, de pédagogie et de vérité ne sont que des usurpateurs. Dès lors, qu’ils ne s’étonnent d’être reçus avec des épines!

    Commentaire par c0wb0yz — 29/10/2008 @ 02:27

  65. Chère Aliocha,

    Une escapade de 8 jours m’avait éloigné de votre blog. Cette brouille m’attriste…

    Comme Eolas, vous aimez passionnément votre métier et ne supportez pas qu’on le critique. Cependant, en dénonçant de mauvaises pratiques journalistiques, Eolas ne fait qu’abonder dans votre souhait d’une presse de meilleure qualité.

    Je ne l’ai jamais surpris dans une attaque « ad hominem » en ce qui vous concerne. Je pense au contraire qu’il a pour vous beaucoup d’estime, à la fois pour votre personne et pour la manière dont vous faites votre métier.

    Vous quittez son blog avec éclat, mais il vous fait un compliment à 15h45 avec un lien sur votre billet…

    « Je t’aime, moi non plus » ou « Amour des feintes » ? Ca me rappelle Serge et Jane…

    En tous cas, je continuerai à vous lire fidèlement l’un et l’autre.

    Commentaire par ramses — 29/10/2008 @ 04:13

  66. En informatique, en sciences, en histoire, les journalistes aussi font enrager.

    Je trouve intéressante la distinction entre le temps court : de l’actualité et le temps long : le dossier, mais je la crains inopérante dans la réalité.
    En effet, ce n’est certainement pas la faute des journalistes si les dossiers, souvent les plus creux, sont présentés comme de l’actualité brûlante sur les kioskes à journaux ;
    sans doute pas la faute des journalistes si la quête du sensationnel et la course au scoop nous valent parfois de magnifiques approximations (et pire : un mot qui sonne bien sera parfois utilisé massivement contre son sens) ; c’est encore moins la faute des journalistes si le lecteur moyen préfère l’actualité superficielle à de profondes analyses des trois derniers mois bien vulgarisées (du coup plus rares à trouver, alors que les fils d’info clones les uns des autres sont pléthore).

    Peut-être bien sont-ce les non journalistes de la presse qui sont responsables du mélange d’informations, d’événements fabriqués pour la diffusion et de non informations et d’obéir plus ou moins aveuglément à la loi du marché. Les effets délétères sur les décideurs, soit qu’ils agissent mal documentés (tous les décideurs n’ont pas un cabinet), soit qu’ils cherchent à faire seulement l’actualité, puisque le fond et le long terme ne comptent pas.

    La presse n’est pas le seul organe social malade, c’est évident ; telle qu’elle est, elle favorise le populisme, l’oubli et les mauvaises décisions.

    Les experts attaquent la presse, sans distinction, mais vous, l’experte de la presse, avez-vous raison de vous en offusquer _sans_ désigner le vrai responsable au sein de cette entité opaque pour le public qu’est la presse ?

    Commentaire par unread — 29/10/2008 @ 08:14

  67. Bonjour,

    J’ai découvert le blog d’Eolas depuis peu, et ne travaillant pas dans le droit, j’espère qu’on va pas me taxer de défendre soit l’individu, soit la profession. Je me dois cependant d’intervenir sur le fond du message que vous passez, malgré toute la retenue et la bonne volonté dont vous faites preuve

    En effet, comment ne pouvez vous pas comprendre que « la première dépêche » qui est pour vous qu' »débroussaillage, qu’il faut ensuite en parler, approfondir » est celle qui aura le plus gros impact sur 80% de votre lectorat et que c’est cette information qu’ils retiendront.

    Je ne nie pas le travail sans doute de fond qui s’ensuit, de correction parfois… je ne nie pas que certaines informations très urgentes doivent être servies « à chaud ». Mais pour le sujet du billet concerné, ou est l’urgence qui a valu un tel manque d’enquête et d’information avant de publier l’information. Qu’est-ce qui justifié que celle-ci soit servie brulante avec son lot d’erreur ou d’approximation ? A part la recherche du sensationnel ?
    Et même si cette transmission « brute » de la presse était justifiée par une quelconque urgence (autre que vite faire le gros titre avant les confrères), pourquoi ne pas indiquer au lecteur le manque de fiabilité de l’information en étant moins catégorique et en utilisant pas plus le conditionnel ?

    De plus ce qu’Eolas constate pour son domaine de compétence, je le partage totalement pour le miens. Je pense vraiment qu’une information moins « brûlante » et plus vérifiée et formulée devrait être la motivation des journalistes d’aujourd’hui, sous peine de perdre toute crédibilité et reconnaissance pour leur travail pourtant vital à la société.

    Commentaire par ilmir — 29/10/2008 @ 08:31

  68. Supplément (erratum ? 😉 à mon commentaire 65.
    Je me dois de rendre justice à l’auteur de ce blog, qui passe tellement de temps à dénoncer ceux qui flétrissent sa profession. Ma remarque ne valait que pour le présent billet.

    [Pour un bouton « visualiser le commentaire »]

    Commentaire par unread — 29/10/2008 @ 08:50

  69. Bonjour,

    j’ai profité du passage sur votre blog… pour cliquer sur le lien sur le blog de M. APHATIE…

    et j’y ai donc lu son message sur les « défaillances de la justice » du 27 octobre.

    Ce billet est fort bien rédigé… mais est tourné dans un seul sens… apparemment M. APHATIE n’a pas lu le blog de Me Eolas… n’a pas réellement entendu le message des magistrats…

    C’est dommage… il « cherche » des responsables, sans s’interroger sur le coût d’une expertise ADN et le fait de savoir si un magistrat peut raisonnablement faire des tests ADN sur tout ce qu’il souhaite sans prendre en compte le budget. Le fait de faire des expertises très poussées sur un scooter qui a eu un choc avec une voiture…. est réservé aux situations exceptionnelles ! ;o)

    m’enfin,
    @+
    PS : vous ne pourriez pas lui envoyer l’adresse du blog de Me EOLAS… pour qu’il lise des « vrais » témoignages de magistrats ? ;o)

    Aliocha : M. Aphatie et moi n’avons pas les mêmes convictions sur bien des points, je suis en désaccord avec son billet sur la justice comme je le suis avec son opposition à l’émission les Inflitrés.

    Commentaire par nap1128 — 29/10/2008 @ 09:31

  70. Avec votre billet, vous avez grillé Augustissime, le pauvre… A moins que, à moins que Aliocha et Augustissime ne fassent qu’un (ou qu’une)… une sorte de jiminy criket à moustache, une mémé tootsie amazone… étrange bestiole.

    Aliocha : voilà qui mérite un dessin !

    Commentaire par Thau — 29/10/2008 @ 09:38

  71. Très chère Aliocha,

    Je regrette profondément votre prise de bec avec Eolas et je me garderai bien de porter un jugement là dessus parce que je vous apprécie tout les deux et qu’il est m’est pénible de voir deux personnes que j’estime se déchirer.

    Quand j’ai découvert Eolas, j’avais énormément d’a priori sur la Justice et depuis mon regard a profondément changé.

    Grâce à vos interventions sur son blog et maintenant grâce au présent blog, mon regard sur la presse, qui était très négatif je dois vous l’avouer, est en train de changer car je comprends mieux les contraintes de votre métier.

    Comme l’ami Ramses, je continuerai bien sûr à vous lire tout les deux, à poster des bêtises en commentaires (je tiens à rester dans le Top Commentator d’Eolas!) et à espérer une réconciliation car je dois vous avouer qu’en fait je suis un bisounours. 😉

    PS : Et j’exige un long billet sur Dostoïevski!

    Commentaire par Mussipont — 29/10/2008 @ 10:14

  72. Pour avoir suivi la querelle de ces derniers jours sur le blog de Me Eolas, je trouve que vous en faîtes singulièrement trop. Ne dramatisez-vous pas à outrance, alors que votre « adversaire » a pour lui de savoir rester froid et factuel ?
    Par ailleurs, je prends le pari que nous aurons encore le plaisir de lire vos commentaires pertinents sur son blog.

    Aliocha : je respecte votre opinion mais ne la partage pas. Cette colère est ancienne, elle a des mois, je n’ai jamais très bien compris pourquoi il fallait taper sur la presse pour sauver la justice. La justice française n’est pas malade de la presse mais des politiques. Par ailleurs, c’est parce que je connais bien la justice et depuis des années que je sais qu’il y a toujours un moment où il faut se révolter, dire bien haut et bien fort ce que l’on pense, au risque de faire un clash, au risque de déranger et même d’être moqué. Malheureusement, les juges sont coincés par leurs fonctions, il leur ets difficile de se rebeller. Nous voyons aujourd’hui le résultat. La presse de son côté a tellement l’habitude d’être maltraitée sans réagir que je ne vois partout que mea culpa affligeants, que des gens qui baissent la tête, perdent confiance et n’osent plus faire leur métier. Il est vrai que la presse est sans doute aujourd’hui le dernier et le seul intérêt privé qui n’attaque pas en justice pour injure ou diffamation.Elle est victime de toutes les censures mais elle doit baisser la tête devant ses contradicteurs. Je trouve que ça suffit.

    Commentaire par steph — 29/10/2008 @ 10:31

  73. faites attention de ne pas détourner tous les posteurs d’Eolas, on risquerait de vous taxer de concurrence déloyale…c’est de mauvais goût, j’en conviens.

    Commentaire par mytho — 29/10/2008 @ 10:32

  74. Bonjour,

    je voulais juste indiquer qu’un journal européen existe: http://www.cafebabel.com/fre/

    et que je râge tous les jours contre certains journalistes (sur le Monde.fr par ex) qui délivrent des informations erronées, jamais corrigées: je ne peux m’en rendre compte que sur les sujets que je connais très bien, mais que penser des infos sur les sujets que je ne maîtrise pas et dont je ne peux vérifier l’exactitude?

    cordialement,

    Eric

    Commentaire par Eric Streit — 29/10/2008 @ 10:35

  75. Aliocha,

    Je crois que beaucoup dont moi peuvent comprendre l’urgence permanente dans laquelle les journalistes doivent servir l’information ainsi que l’approximation intrinsèque qui l’accompagne.
    Toutefois, ce qui m’apparaît inacceptable (et il semble que je ne sois pas le seul à le penser) est que sachant cela, celle information-minute devrait être accompagnée avec encore plus de rigueur et de réserve, ce qui est bien trop rarement le cas.

    Au lieu de cela, sous couvert de dénicher un scoop, de délivrer une information immédiate, voire de donner dans le sensationnel, beaucoup se contentent de relayer une dépêche AFP/Reuters et consorts lorsque d’autres affirment sans vergogne des faits comme établis alors qu’ils n’ont pu les vérifier ou les confronter à la réalité ni aux hypothèses contradictoires.

    Pour ce qui est de la virulence de Maître Eolas, je ne crois pas qu’il ait besoin de cogner sur les « journalistes » pour sauver la magistrature, mais que la grande majorité des médias participent à cette cohue organisée faisant de la justice française le bouc-émissaire de tous les maux de notre société, sans réfléchir un instant à son propre rôle, est une posture moralisatrice inacceptable.

    Bref, je crois que le problème est l’indépendance même du journaliste. Comment feindre d’ignorer les connivences avec le monde politique lorsque la plupart des médias de masse sont détenus par les plus gros fournisseurs de l’Etat?
    Bolloré, Lagardère, Bouygues, etc…

    En d’autres lieux, cette situation est tout bonnement illégale.

    Enfin, comment ignorer l’influence de ces grands industriels, à l’image de TF1, prompt à servir de l’info-spectacle juste pour gonfler l’audience (ou le lectorat)?

    Heureusement qu’il existe de vrais journalistes mais qu’il est difficile pour eux de trouver leur place dans le paysage médiatique. Soyez sûre que je le déplore fortement.

    Commentaire par Nemo — 29/10/2008 @ 11:23

  76. Bonjour Aliocha,

    Trois mots à vous dire, et plus si vous le désirez.

    Il se trouve que je suis en plein accord avec vous sur le sujet dont vous parlez et ce qui forme le nœud de votre désaccord avec Eolas.

    Mais, il y a un mais : vous vous êtes trompée de cible.

    Ce n’est pas avec Eolas qu’il faut vous fâcher.

    C’est avec Jules de Diner’s Room.

    L’ennemi que vous combattez (intellectuellement parlant, bien sûr) est ce qu’on pourrait appeler le « formalisme englobant ».

    C’est à dire la critique de pure forme qui s’inscrit dans une logique englobante, donc autobloquante.

    Cela étant dit, je vous répète que vous êtes libre de vous fâcher avec qui vous voulez.

    Commentaire par tschok — 29/10/2008 @ 11:31

  77. Il y a des moyens plus élégant pour régler de tels conflits que ce type de billet d’humeur nauséabond.
    Je lis et apprécie votre blog ainsi que celui d’Eolas, et je comprend tout à fait que vous n’ayez pas le même point de vue. Mais cette dénonciation, ce lynchage, ce réglement de compte, n’est pas digne de la qualité à laquelle vous nous avez habitués.
    Il me semble que vous avez écrit ce billet sous le ocup de l’émotion, en tous cas je trouve pas cela très sympa et réfléchi de taper sur ses camarades bloggeurs comme cela. D’aucun y verront une tentative de profiter de la notoriété médiatique récente du blog d’Eolas.

    Aliocha : D’aucuns penseront mal. Ce blog est anonyme, il ne me rapporte rien, il n’est qu’une charge supplémentaire à des journées déjà trop longues et trop difficiles. Je suis une passionnée, je défends mon métier, c’est tout. Parce que je fais partie de ces gens pour qui gagner de quoi manger ne suffit pas à remplir une vie, parce que j’ai besoin de défendre quelque chose de plus grand que mon petit confort, de rêver d’autre chose que de m’acheter un sac à main. Et si pour cela il faut déranger la belle ordonnance de la blogosphère, tant pis. J’y ai réfléchi, j’ai hésité, mais je l’ai fait, et je l’assume.

    Commentaire par my_life_for_aiur — 29/10/2008 @ 11:33

  78. Aliocha,
    Tout le monde a déjà lu un article de journal sur un sujet qu’il maîtrisait un minimum, et tout le monde s’est déjà dit « mince, le journaliste est quand même mal informé ! ». Ca vaut pour les juristes, mais ne faites pas l’erreur de croire que nous sommes les seuls à remarquer l’incompétence de certains auteurs de presse. Je vous invite à passer cinq minutes dans n’importe quelle salle de pause, de n’importe quelle entreprise qui met à la disposition de ses salariés le canard local, et de tendre l’oreille aux moqueries de vos lecteurs.
    J’ai travaillé dans un journal (comme correspondant de presse) et, à votre décharge, je sais que vous faites un métier extrêmement éprouvant nerveusement, du fait notamment des délais de publication. Il n’empêche que la presse a un devoir d’informer correctement son lecteur et par conséquent d’analyser et d’approfondir, et qu’il vaut mieux parfois s’abstenir que d’écrire n’importe quoi (oui oui, n’importe quoi). Je me souviens du temps lointain où j’étais en première année de droit (je vois dans vos yeux une certaine déception, voixlibre, je ne suis peut-être pas aussi jeune et inexpérimenté que vous sembliez le fantasmer), et déjà à l’époque mes compagnons et moi-même disposions des connaissances, pourtant basiques, nécessaires à critiquer des papiers particulièrement bâclés (il sont légions). En première année.
    Si les journalistes (a forciori ceux qui bénéficient d’une certaine audience, comme vous) savaient mettre de côté l’espace d’un instant leur corporatisme pour remettre en question leur profession et la façon dont ils l’exercent, je suis convaincu que le journalisme y gagnerait. Car si la presse est en crise, elle l’est en partie par votre faute. Et nous, citoyens, ne pouvons que déplorer qu’un tel contre-pouvoir potentiel se laisse aller à tant de facilités sous le prétexte d’une volonté de vulgariser…

    Commentaire par Maxime — 29/10/2008 @ 11:33

  79. Si je ne suis pas pour moi-même, qui le sera?
    Et si je ne suis que pour moi-même, qui suis-je?

    Commentaire par hillel — 29/10/2008 @ 11:44

  80. @ Aliocha (59)

    Je comprends mieux ce titre maintenant…
    Vos rédacteurs en chef se trompent sur vous : vous n’êtes pas nulle en titres !

    Commentaire par Phedra — 29/10/2008 @ 11:52

  81. Aliocha, mais arrêtez de vous poser en victime, bon sang!!! ce que vous faîtes est tout à votre honneur, vous avez le courage de faire ce que peu de gens ont, et vous avez la chance d’être passionnée, quelle chance, mon Dieu…vous êtes dans une bulle de rêve. Quant à Eolas, ce qui est agréable avec lui c’est que même s’il peut être tranchant, (c’est le défaut des juristes, ils tranchent, forts de leurs règles qui les encadrent et qui les protègent mais il ne font partie d’aucune chapelle et montent à l’échaffaud la tête haute), il ne se pose jamais en victime et il se bat tous les jours pour essayer de montrer que le droit n’est pas qu’une matière austère et incompréhensible. Toutefois, il ne peut tomber dans la vulgarisation et dans l’approximation, sinon ses commentaires n’auraient aucun intérêt. et c’est ce qui fait la VALEUR de son BLOG.
    Toutefois, vous êtes admirables tous les deux de partager votre savoir avec d’autres niais comme nous qui n’avons pas ce courage, mais ne tombez pas dans la « victimisation » à outrance…ce qui est bien chez Eolas, c’est qu’il a la distance et la légèreté des grands juristes, l’humour tranchant des grands, il faut assister à des conférences d’agrégation pour voir que ces juristes, ces grands maîtres, sont des gens hors normes avec un esprit et une culture impressionnante…restez là haut et ne descendez pas…remontez vite.

    Commentaire par mytho — 29/10/2008 @ 12:06

  82. Désolé, mais je ne peux pas vous suivre dans votre colère. Il y a un vrai souci de traitement des informations, et un vrai souci sur la responsabilité des journaux (écrits et parlés) dans le « formatage » de l’opinion publique. On l’a constaté lors de l’élection présidentielle de 2002 où le véritable « matraquage » de faits divers par la presse, et en particulier (mais pas seulement) de TF1 n’a pas été neutre dans le résultat du premier tour de cette élection-là.

    Actuellement, le « focus » sur les fautes réelles ou supposées des magistrats, qui font écho au lynchage véritable du juge Burgaud il y a quelques années est tout aussi critiquable, car ce n’est plus de l’info, mais de la désinformation: la justice est montrée du doigt, responsable de tous nos maux et notamment de l’insécurité. Qu’un fait divers, fait particulier et qui plus est exceptionnel, soit ainsi monté en épingle au moment où les magistrats par une action inédite font entendre leur malaise réel, cela est malgré tout troublant. Le souci ne résulte pas, à proprement parler du fait que cette information ait été rendue publique, mais bien plutôt par la place qui lui a été donnée, le niveau auquel cette information a été hissée, allant jusqu’à provoquer une intervention présidentielle depuis la Chine! En revanche, il est regrettable qu’un tel sensationalisme n’ait pas été donnée aux informations relatives au classement de la justice française parmi celles des pays du Conseil de l’Europe.

    L’impression qui s’en dégage pour une personne qui n’est pas journaliste est celle d’une meute de chiens courants à laquelle on lâche un fait et qui le reprend de place en place (journaux gratuits, journaux pas gratuits, presse télévisée) sans esprit critique, avec une présentation sommaire et orientée de ce fait. Une presse globalement qui fait le jeux d’intérêts qui ne sont pas les siens.

    Une personne poursuivie et dorénavant accusée (puisqu’elle est renvoyée aux assises) de viol avec menace d’une arme et de sequestration, dans cette loghorée devient un « violeur présumé », ce qui est presque « violeur » tout court, déjà jugée par les journaux. Pourquoi ne pas écrire deux mots de plus et la qualifier de « personne poursuivie pour viol »? ce serait déjà plus exact. Une personne qui comparaît libre et s’éclipse avant le verdict (comme elle en a le droit) devient un « dysfonctionnement judiciaire ». C’est cela qui met Eolas en colère, et je comprend sa colère. Alors, certes, je comprend également la votre. Je ne vous connaît pas autrement que sous votre pseudo Aliocha, je ne peux donc savoir comment vous, dans votre organe de presse, traitez les informations, mais ce même caractère sommaire et/ou partial, je le rencontre également dans mon domaine qui est celui du droit de la protection de l’environnement, où les informations sont reprises souvent sans discernement et avec, souvent également, parti pris.

    Je conçois que la manière souvent pertinente et parfois cinglante qu’à Eolas de remettre les inforamtions en perspective et de les restituer dans leur contexte juridique et judiciaire, la fonction qu’il assume de dénonciation de mauvais journalisme puisse vous déranger. Je suis certain que ses traits ne sont pas dirigés contre vous, mais bien plutôt contre une manière d’exercer votre métier qui n’est certainement pas la votre (en tout cas je vous le souhaite).

    A cet égard, son blog est indispensable puisqu’il donne à connaître une version des informations judiciaires différente, et ma foi, souvent plus précise et plus exacte que celle qui est présentée dans les médias.

    Maintenant, sur le fond, il reste le grave problème posé par l’actuel gouvernement qui « casse » peu à peu les corps intermédiaires, qu’il s’agisse de la presse ou des magistrats – éventuellement des syndicats neutralisés, de l’opposition paralysée. Soyez tranquilles, les avocats ont également leur lot dans ce mouvement – en particulier le projet de « grande profession du droit » qui à mon sens aura pour effet de diluer l’identité forte des avocats dans un ensemble plus mou,et bientôt il ne restera plus que le Président en face à face avec une opinion publique modelée par une presse (je ne parle pas de vous) qui semble, globalement, manipulée.

    Commentaire par Légisphère — 29/10/2008 @ 12:40

  83. Aliocha,
    C’est mon premier commentaire chez vous, mais je lis ce blog depuis ses débuts.
    Comme beaucoup ici, je vous ai découverte chez Eolas. Aujourd’hui j’ai lu ce billet, et je me suis comme souvent retrouvée dans ce que vous dites. J’aime les billets d’Eolas, je les lit avec intérêt, toujours. Mais je n’ai jamais aimé sa façon de renvoyer les uns et les autres chez eux, ni la cour qui l’applaudit a chaque mot. Tout cela me laissait un goût assez amer, mais heureusement, vous étiez là pour le remettre un peu à sa place. Il vous respectais, et parfois vous écoutais.
    Dommage pour Eolas, la qualité de son blog risque de s’en faire ressentir.
    Je continuerais à vous lire tous les deux, mais je voulais vous dire que je trouve votre réaction normale et légitime, tant parfois le mot « dialogue » avec Eolas perd son sens, on ne peux pas vous reprocher de ne pas avoir essayé.

    Commentaire par Amandine — 29/10/2008 @ 13:24

  84. Cher Aliocha,

    Je ne suis pas venu commenter vos différents avec Mr Eolas. Mais sur le fait que je ne pense pas qu’il soit le seul à penser que la presse n’est plus ce qu’elle était. Cela n’a rien de personnel, je ne vous connait pas et j’apprécie votre blog. Mais en lisant la presse je remarque beaucoup de non dit, beaucoup de questions qui restent en suspend, voir même des flous volontaires, je ne parle pas de désinformation, mais plutôt d’une informations trop légèrement traité, et choisit pour leur éclat médiatique.
    Trop souvent après avoir lu un article dans la presse, j’ai eu besoin de rechercher des informations complémentaires sur le net.
    Et malheureusement je ne pense pas être le seul dans ce cas.
    Bien sur, n’y voyez rien de personnel, je vous fait juste partager une opinion (qui n’est peut-être que mienne) pour faire avancer le débat.

    Cordialement,

    PS : pendant que j’écrivais ce commentaire, je suis tombé sur : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=46448

    Commentaire par Thanos — 29/10/2008 @ 14:26

  85. Aliocha, merci pour cette note claire et.. courageuse (puisqu’après tout, j’ai bien l’impression qu’une grande partie de vos lecteurs viennent de la communauté éolastique, au passage c’est mon cas).
    Je partage tout ce qui a déjà été dit: sur le côté brillant d’Eolas, sa force rhétorique, sa manière de concevoir la discussion comme un procès etc… mais un autre élément me semble devoir être pris en compte: combien de blogs avec une audience comparable peuvent-ils se targuer d’avoir des commentaires LISIBLES? La poigne de fer d’Eolas est aussi le prix à payer pour ça. Un petit tour sur les commentaires du blog d’Aphatie devrait vous en convaincre…

    Commentaire par QIAH — 29/10/2008 @ 14:30

  86. Moi, je dis, les juristes n’ont qu’a se créer une emission de télé à eux …

    🙂

    Commentaire par Ferdi — 29/10/2008 @ 14:33

  87. Priviet Aliocha

    @ Mais au fond je suis lasse de toujours entendre, essayer de comprendre et de n’avoir jamais droit à une quelconque réciprocité parce que mon métier est présumé coupable et que cette présomption là est irréfragable.

    vous etes vous aussi tombée dans le gouffre de l’esprit de caste, toujours la defendre quelles que soient les
    bourdes.
    C’est finalement pas loin « d’outreau »

    perso je suis bien connaisseur du domaine aéronautique, si vous saviez le nombre de fois où j’ai bondi par ce qu’un journaliste pressuré par son « chef » lors d’un incident/accident/catastrophe ne prend même pas la peine de se documenter à minima sur l' »avion », le vocabulaire technique et les procedures sectorielles, il lui faut faire dans le grave en urgence, surtout être le premier à annoncer UN nombre de morts, quitte à ce que celui-ci soit drastiquement révisé ensuite heureusement à la baisse ou malheureusement à la hausse.
    Eolas baffe facilement, c’est vrai, mais quand il baffe c’est dirigé toujours vers une cible précise, dans votre différend, il ne baffe pas le journalisme, il baffe en pointant du doigt un(des) propos de journaliste
    écrit à « la va comme je te pousse ».

    en ce qui concerne la presse ecrite
    il y a encore 3/4 ans je dépensais par jour (ramenés aux quotidiens/hebdo/mensuels/specialisés)
    plus de 7 euros/jour
    aujourd’hui et ce n’est pas du à la « crise » mais d’un constat ancien, c’est 1.20 le mercredi et c’est tout !
    le pire c’est que je me sens pas plus mal informé qu’avant!

    Commentaire par draftbold — 29/10/2008 @ 14:55

  88. Ferdi : et un journal (ou plusieurs – juristes de droite/juristes de gauche, juristes pénalistes/juristes des affaires, etc.).

    un carton ce billet Contre Eolas. quelle renommée, celui-là !

    Commentaire par david — 29/10/2008 @ 14:58

  89. Merci pour votre info sur le journal européen. Je ne suis donc pas complètement un alien.

    Commentaire par Charles — 29/10/2008 @ 15:03

  90. @ aliocha et Toto_SRàRien : s’il ne faut pas confondre « un journaliste » et « les journalistes », s’il existe évidemment de bons journalistes (mais les commentateurs ont l’air de penser qu’ils sont plus rares que les mauvais, et qu’il n’y a que « bons » ou « mauvais », pas d’intermédiaire) et s’il est vrai qu’on peut acheter un journal sur une seule signature, la question que je me pose est pourquoi les journaux ne mettent pas plus en avant leurs plumes (reconnues ou non) ?
    Aliocha, vous dites régulièrement qu’il faut savoir reconnaître une bonne plume (c’est à dire – pour moi – un journaliste rigoureux doublé d’un bon écriveur, agréable à lire), mais une chose m’a souvent frappée c’est qu’une fois reposé mon journal je ne sais plus qui j’ai lu. Je lis le journal souvent en fonction des infos qui m’intéressent, vous avez l’air de faire une lecture en fonction des signature, sachant à l’avance que vous trouverez une info soignée. Mais cette lecture est plus difficile à faire, il faut repérer ceux qui nous plaise puis les traquer dans le journal.
    Les journaux ne gagneraient-ils pas à mieux identifier leurs journalistes, avec un genre de sommaire par exemple. Vous allez me dire que ça ne convient pas au format quotidien, et que les hebdos le font… Peut-être y a-t-il (et non pas y a t’il – cet usage apparaît de plus en plus à l’écrit, et il m’agace profondément) une autre idée à trouver, mais je me dis que mieux identifier les journalistes contribuerait peut-être à critiquer tel ou tel sans que les reproches (ou les éloges, mais ne rêvons pas trop) ne s’adressent aux journalistes quand ils devraient ne s’adresser qu’à un seul.

    Commentaire par gwynplain — 29/10/2008 @ 15:15

  91. Bonjour,

    « Contre Eolas », ça rappelle furieusement « Contre Sainte-Beuve »… Ou comment mêler critique et admiration, en trouvant sa propre voie… Il est peut-être des divorces salvateurs, comme j’ai pu le lire dans certains commentaires, il n’empêche que l’on reste perplexe et attristé.

    Je m’étonne de la réduction du débat. On parle de « la presse », des « média » (sans « s » si on est puriste), des « juristes », des « magistrats ». Chacunes de ces catégories sont censées être homogènes, ce qui est très loin d’être le cas. Il y a du coup une simplification des termes du débat.
    Dire « les journalistes » (ou les magistrats) sont incompétents » relève, à l’évidence, de la généralisation abusive.
    Toutefois, il faudrait se demander pourquoi cette généralisation devient intellectuellement possible. Je me demande si l’on n’est pas rentré dans une sorte « d’ère du soupçon », où l’on recherche des boucs-émissaires par catégories. C’est très flagrant avec les immigrés, et nombre d’observateurs ont noter que les politiques (encore une généralisation !) ont tendance à désigner une catégorie à la vindicte populaire.

    Commentaire par pollicarpe — 29/10/2008 @ 15:18

  92. Et bien jolie Plumette ! Tu as raison, Eolas a parfois la dent dure, mais reconnais qu’il ne mord que rarement…Simplement, réduire le débat et te réduire au silence sous prétexte que son blog serait une arènes sanglante revient, à mon avis, à réduire l’objet même de son blog : dénoncer pour expliquer la Justice. Je pense que le Journalisme a sa place dans ce débat et qu’il devrait en sortir grandi. Prends le temps de digérer, affute tes griffes et vient lui montrer de quel bois se chauffe la journaliste et fine plume que tu es…

    Commentaire par Abadir — 29/10/2008 @ 15:44

  93. @ pollicarpe : une pinaillerie inutile, mais si on est puriste, les media sans « s » ne prend pas non plus d’accent (c’est un latinisme), si on met l’accent, on met le « s ».

    Commentaire par gwynplain — 29/10/2008 @ 15:45

  94. Chère Aliocha,

    Le juriste voit en ce moment toutes ses traditions bousculées. Ses horizons deviennent nébuleux devant tant de réforme. Son rapport au temps vient à en être bousculé puisqu’il devient celui du politique et le politique court devant le journaliste qui lui-même à du mal à suivre l’évènement.
    L’homme de Loi, conservateur par essence, vit donc dans la peur des nouvelles neuves du monde.

    D’un autre côté, il voit son travail bousculé par des non-experts. Cependant, le travail de l’homme de plume, n’est-il pas de pointer du doigt le scandale de tel ou tel état de fait dans toute son humanité? N’oublions pas que la Révolution fut initié notamment par des journalistes intègres mais passionnés comme Camille Desmoulins au funeste destin.

    L’avocat et le journaliste se rejoignent sur divers points: leur indépendance d’esprit, leur liberté otonlongique, leurs épousailles avec les thèses qu’ils défendent et leur attachement au bien commun.

    Maître Eolas, par sa position de praticien, a pu recevoir la confiance de plus de 70 magistrats et consorts. Je ne sais si un journaliste aurait pu le faire. Ce travail peut devenir une mine, certes subjectives, pour tous ceux qui s’intéressent à l’état d’un service public peu ou prou à la dérive. Ces témoignages ne peuvent-ils être le début d’une enquête journalistique sérieuse? Cette expression rare et, à ma connaissance, inédite est la preuve de la crédibilité d’un blog professionnel de vulgarisation.

    Cependant, il n’est pas, loin s’en faut, journaliste. Le journaliste pourra décrire l’émotion populaire qui participe à l’évènement. La Cour fuira comme la peste l’irruption de l’opinion publique dans le prétoire. Le journaliste la fabrique et la plante aux portes du tribunal.

    Retenons de l’affaire Outreau le phénomène d’auto-entrainement entre les deux machines que sont la presse et la justice. Apprenons à mesurer le « doute raisonnable ». In dubio pro reo.

    Commentaire par PEB — 29/10/2008 @ 15:49

  95. @ gwynplain
    Mince, j’ai été rattrapé par la modernité !

    Commentaire par pollicarpe — 29/10/2008 @ 15:54

  96. Bonjour,

    Bien sur, un jounaliste peut ne pas être expert en tout, ne pas vouloir utiliser un jargon, être amené a appeler accusé un prévenu etc…
    Mais je ne peux que soutenir Eolas dans le cas présent, au regard de la matière en cause, le droit pénal. Et ce pour plusieurs raisons.

    Premièrement, le droit pénal est mû par un principe de plus en plus souvent bafoué, celui de la présomption d’inocence, bafoué par les politiques en premier lieu, par certains journalistes en second lieu, il n’est pas rare d’entendre dans un exposé de fait divers, « il tue ses enfants » ou « double meutre » avant même que l’enquête de soit ouverte. Ce sont des faits. Ce principe impose la prudence, qui devrait être plus que l’effet d’annonce le priorité.

    Deuxiemmement, le droit pénal au moins en ses principes et règles fondamentales ne devrait pas être considéré comme un droit d’expert, à la vulgarisation, préférez la pédagogie, plus que dans une autre matière, « le jargon » y a un sens concret, combien de fois est-il utilisé à mauvaise escient par des journalistes qui veulent « faire expert »?

    Enfin, c’est pour l’intérêt suprème des présumés inocents parce que leur vie est en jeux, que ces deux principes de rigeur et de prudence doivent être respectés.

    Pour finir, je noterais que bien évidemment des articles de fond d’excellente facture sont réalisés, mais qu’une dépêche AFP doit rester une base à un article et non pas en devenir un! ^Les faits bruts ne sont que rarement des informations et sont toujours sujet à interprétation, leur présentation n’est jamais neutre, il appartient au journaliste de part leur formulation d’en temperer la porté à charge le plus souvent.

    Deuxiemmement,

    Commentaire par Mon nom est obligatoire — 29/10/2008 @ 16:11

  97. Au fait aliocha,

    j’ai vu dans le Télérama de cette semaine le portrait de l’écrivain allemande Juli Zeh, dont la phrase d’accroche m’a fait fortement penser à vous : « Si ces maîtres sont Balzac ou Dostoïevski, cette jeune femme a l’obsession de questionner notre monde contemporain. » Qunad on sait que cette jeune femme fut spécialiste en droit (public international), la ressemblance est troublante.

    Commentaire par gwynplain — 29/10/2008 @ 16:32

  98. Je n’ai jamais commenté ici, et peut-être une toute petite fois chez Eolas. Je lis très rarement les commentaires du Journal d’un Avocat, car cela prend bien trop de temps. Je vous lis avec un très grand plaisir.
    Voici pour l’appel à la bienveillance, voilà pour le reste :

    Ce billet d’Eolas m’a choquée. J’en ai lu les premières lignes avec surprise, puis me suis dit qu’il fallait ouvrir son esprit, et essayer de comprendre. J’ai bien compris qu’il y avait un problème de moyens dans la justice française, et que c’était la principale explication …
    Cependant, j’ai compris aussi qu’Eolas,sur ce coup, a défendu l’indéfendable, estimant qu’il était fait un usage médiatique de cette affaire dans le contexte d’un dialogue entre les magistrats et le pouvoir où lui-même s’est impliqué.
    Je ne sais pas s’il était rhétoriquement possible de souligner l’abus qu’il y a à salir la justice toute entière à partir de cette faute grave et inexcusable, sans pour autant diminuer en aucune façon le caractère grave et inexcusable de cette faute. Il me semble qu’il n’y est pas parvenu, et par conséquent, ce billet est choquant. Paradoxalement, c’est l’implication même du blog d’Eolas dans la première phase du jeu médiatique, qui le rend encore plus choquant.

    Cela dit, on s’emporte quand on se sent attaqué, et l’immédiateté est souvent mauvaise conseillère : je peux donc comprendre la réaction d’Eolas, toute primairement corporatiste qu’elle soit.
    Savez-vous à quoi cela me fait penser? A la fusillade de Carcassonne. Une faute grave et inexcusable. Compréhensible seulement dans la mesure où l’on comprend qu’une Nation a peut-être l’armée qu’elle mérite. Et pourtant, à l’annonce de cette nouvelle, la même armée a pu penser que le Président n’aurait pas dû les traiter d’amateurs… parce que l’annonce de cette fusillade était un traumatisme en soi, et qu’ils auraient eu besoin d’être rassurés sur la confiance que leur faisait le pays par ailleurs.

    Je crois que cette histoire en dit long sur l’Etat de notre pays, soit dit en passant. L’armée, la justice, l’information (et ça fait quelques mois qu’il n’y a pas eu d’erreur médicale grave, tiens). Des secteurs souffrant d’un sous-investissement dramatique, dont le rôle est essentiel, vital. Qui en sont réduits à se battre entre eux pour obtenir des miettes budgétaires (s’agissant des administrations), et à qui on demande la perfection professionnelle sans reconnaître jamais leur importance pour la Nation et l’Etat, ni socialement, ni financièrement ni même, et c’est plus nouveau, symboliquement.

    Tout ça, faut dire que c’est que des cons.

    Je pense qu’on ira loin les z’enfants, youpi.

    Commentaire par Lisette — 29/10/2008 @ 16:36

  99. J’ai vraiment du mal à comprendre comment vous pouvez parler du corporatisme d’Eolas, avocat de son état, à l’égard des magistrats, qui bien que se retrouvant dans le prétoire, ne font pas partie du même corps !
    Il s’agit bien de l’intérêt de tous et d’une justice de qualité, indépendante, respectée et respectable dont il est question, pas d’une querelle de chapelle !

    Commentaire par Nemo — 29/10/2008 @ 16:50

  100. @Wynplain
    D’habitude les papiers sont signés… On ne va pas signer toutes les brèves ou coller la photo de l’auteur quand même ?

    Commentaire par Toto_SRàRien — 29/10/2008 @ 16:50

  101. Permettez un complément à mon Com #60.

    On arrive ici à près de 100 commentaires. Fichtre, presque autant qu’un billet « moyen » chez EOLAS, qui vous avait offert une tribune (billet chez lui dont vous étiez l’auteur), et dont la participation à son blog vous avait donné l’envie d’ouvrir celui-ci.

    J’ai donc un peu de mal à croire que ce soit vraiment CONTRE EOLAS que vous en avez, même si vous le qualifiez (à demi-mot) d’autiste ou d’incapable d’une vraie écoute des arguments de la défense (de votre profession).

    Alors pourquoi ce billet, pourquoi ce titre ?

    >J’y ai réfléchi, j’ai hésité, mais je l’ai fait, et je l’assume.

    OK, revenons en au débat donc. Quel est-il ?

    D’un coté des magistrats qui font des erreurs (il suffit de lire les derniers journaux) et qui se sentent mal aimés, même de leur représentant ministériel.

    D’un autre, des journalistes qui font des erreurs (il suffit d’attendre d’en savoir un peu plus, sur les affaires judiciaires récentes, pour s’en rendre compte), et qui se sentent menacés, dévalorisés, bref, mal aimés !

    Et si le fond du problème était notre manque de tolérance ?
    De capacité à relativiser ?
    D’intelligence ?

    Pourquoi Bouygues, qui a fait sa fortune avec des commandes d’états, a acheté TF1 ?
    Pourquoi Lagardère, qui pilote un empire industriel dépendant de commandes publiques (espace, militaire, etc) investi dans les journaux et magasines (mais s’est débarrassé des livres) ?

    Les blogs échappent à ces luttes de pouvoir.

    Mais la justice en est le neoud gordien. Pourquoi Nico Sarko, lui-même avocat, est-il si sévère avec la justice ? Et si ami avec les patrons des médias traditionnels ?

    Je pense que ces questions méritent réflexions, et de la part d’Aliocha, et de la part d’Eolas.

    Commentaire par Yves D — 29/10/2008 @ 16:58

  102. @ Toto_SRàRien (dites, il est pas facile à recopier votre pseudo) : certes non, je me faisiait la réflexion après les remarques d’aliocha disant qu’il fallait retenir les bonnes signatures. Réflexion qui constatait que, sans effort particulier, je ne retiens le nom des auteurs des papiers que je lis (en y réfléchissant, je ne sais même pas si je les lis). C’est pourquoi je me demandais si le nom des journalistes ne gagneraient pas à être mis encore plus en valeur. Mais c’est paresse de ma part (comme quoi il n’y a pas que les journalistes qui sont paresseux, ;)) que de ne pas faire l’effort de retenir ces noms. La presse demande un effort, bien souvent le lecteur semble l’oublier et voudrait que tout lui soit prémaché.

    Commentaire par gwynplain — 29/10/2008 @ 17:01

  103. Mettre le nom du journaliste en gras et noir en titre et le corps de l’article en tout petit après, ce serait une idée.

    Commentaire par david — 29/10/2008 @ 17:06

  104. Vous devriez signer la paix des braves avec Eolas. Je pense en effet que ses paroles ont dépassé sa pensée (en témoigne ses articles des derniers jours qui font allusion à son humeur désagréable). Même si les attaques de celui-ci ne sont pas toujours justifiées, je pense que la richesse de vos échanges est un plus pour la blogosphère. Ne l’en privez pas. Vous etes tous deux trop brillants pour vous en arreter a des mesquineries.

    Commentaire par Xa — 29/10/2008 @ 17:45

  105. Je rejoins le commentaire n°71 ; je trouve cette réaction excessive.
    D’une part je ne reconnais pas la nature des interventions d’Eolas (et de celles de ses colocataires) dans le vocabulaire que vous utilisez pour les qualifier. « Brutalité », « Lynchage », « Fessée » sont des mots trop forts, là où je l’ai trouvé le plus souvent juste abrupt. Par rapport à ce qu’on trouve sur les sites de beaucoup de grands médias généralistes depuis qu’ils ont ouvert les commentaires aux lecteurs (et pas seulement ceux qui postent sur figaro.fr, le running-gag en vogue sur le blog d’Eolas) c’est limite le monde des bisounours. Je ne sais comment vous auriez qualifié certaines empoignades sémantiques auxquelles j’ai assisté (voire participé, mais chut), en d’autres lieux et d’autres temps en une douzaine d’années d’usage d’internet, mais vous auriez courru le risque d’être à court de superlatifs pour décrire la « violence » des « débats ».
    En outre je trouve votre dossier d’accusation un peu léger, il me semble qu’Eolas attaque sur des points précis – peut-être sans concession – mais on ne peut à mon sens (ou alors il faudra dire où et quand) l’accuser de tirer à vue sur tous les porteurs de la carte de presse pour cette seule qualité.
    Je lis assez régulièrement le blog d’Eolas et y met des commentaires occasionnellement. Ces quelques commentaires sont souvent rédigés à la vite, mal écrits (voire mal orthographiés dans le pire des cas), laisser le temps d’une rédaction soignée ôterait vite toute spontanéité à la discussion : j’entend bien la difficulté de votre activité à rédiger dans l’urgence une information précise mais concise, exacte mais accessible. Cependant faut-il renoncer à pointer des erreurs (pas si rares), des imprécisions sur l’essentiel (passablement courantes) et le manque de volonté pour corriger ou donner la même visibilité à la correction que l’erreur initiale (déjà vu …) ?
    Je ne me souviens pas avoir participé à l’admonestation de la presse dans les commentaires du blog d’Eolas. N’étant pas juriste, je ne suis pas le mieux placé pour porter un jugement à priori sur le traitement de sa matière par les journalistes ; mais je m’étais promis de venir le faire chez vous quand Eolas vous a fait de la publicité (et puis j’ai pas eu le temps…) j’espère que j’ai pas laissé trop de temps et qu’on aura toujours la possibilité de venir chez vous casser du sucre sur le dos des journalistes, car voyez-vous j’ai moi aussi quelques spécialités sur le traitement desquelles on peut trouver à redire 😉
    Et cette critique même difficile à supporter, est la nécessaire contrepartie de ce qui est tout de même un vrai pouvoir.

    Commentaire par OuvreBoîte — 29/10/2008 @ 18:14

  106. @Aliocha sous 48 (et un peu ailleurs aussi…)

    Même si vous m’en remerciez, mon intention n’était pas de vous donner une explication. Si vous l’avez perçu ainsi, je vous prie de m’en excuser. Je n’exprimais qu’un point de vue, une réflexion assortie de quelques questions et hypothèses, étant simple observateur et non acteur de la situation… Encore moins psychologue ou voyant… Gasp… 😉

    Je vous suis quand vous attaquez Me Eolas sur sa manière de faire. Si une fessée, appliquée à propos et avec mesure peut être éducative, la gifle n’est qu’agression et humiliation. Tous les enfants en conviendront… Je ne peux donc que vous réaffirmer que votre colère est tout ce qu’il y a de plus légitime et saine. A mon humble avis, la colère est toujours l’expression d’une blessure qu’il convient de ne pas taire faute de quoi elle ne guérit pas, ne cicatrise pas et se gangrène. Qu’elle touche au personnel ou au professionnel, d’ailleurs.

    Cependant, je persiste à dire que Me Eolas ne s’attaque pas à votre métier mais à ceux qui l’exercent mal, ni plus ni moins, de son point de vue. Il en a le droit, ce d’autant plus qu’il le fait exclusivement dans le cadre de son champ de compétences. Il n’est pas pour autant détenteur de la vérité (si elle existe et qu’elle est unique). En débattre avec lui est donc légitime et bénéfique, d’autant plus que vous apportez une double expertise en journalisme et en droit. Mais le compter au nombre de ceux qui dénigrent en bloc les journalistes et les résument à des incompétents (sans oublier irresponsables, corrompus, corporatistes, etcetera) reviendrait à adopter le comportement qui vous révolte, à se détourner de ce qui fait réellement débat, à vous priver d’un allié et à ne plus défendre votre métier.

    Quant à ce qu’il adviendra… bof… mon « expertise » personnelle d’un doux volcan et de ses éruptions m’a montré que ses coulées de lave, pourtant brûlantes quand elles se répandent, créent de belles terres fertiles qui ne demandent qu’à être cultivées, une fois refroidies.
    Si Me Eolas sait abandonner la robe pour revêtir les habits d’un humble cultivateur, vous aurez fait œuvre utile. Bottez-lui le train à loisir, il en restera quelque chose…

    Ceci dit, chacun est libre d’œuvrer sur ses propres terres, sans se soucier de ce qui se passe dans le champ du voisin.

    PS : je ne vous trouve pas un mauvais caractère, mais du caractère : comme tout être parlant avec conviction, sincérité et sensibilité de ce qu’il aime, de ce qui le touche, de ce qui l’anime. La passion de votre métier dites-vous… N’est-ce pas une vertu indispensable à l’exercice rigoureux et talentueux de tout métier ? Il existe donc de bons journalistes ! Merci d’en attester. CQFD

    Commentaire par Ferdydurke — 29/10/2008 @ 22:18

  107. Vous savez, Eolas n’est qu’un avocat parmi tant d’autres, qu’un juriste noyé dans la masse de juristes.

    bref, contrairement à ce que vous dites, il n’est pas, et ne sera jamais le meilleur.

    Pour autant, je partage son point de vue sur l’analyse que la presse fait de certaines affaires: Il y a souvent une volonté de surenchérir et de se ranger du côté de la polémique. Ce n’est pas qu’une guerre de clochet, mais bien un enjeu démocratique. Vous avez tenté parfois de convaincre, non sans mal et sans mérite, que parmi les magistrats pouvait se trouver de vilaines brebis galeuses. Sachez reconnaitre qu’il y en aussi chez vous….

    Commentaire par Guile — 29/10/2008 @ 22:32

  108. Bonjour,

    Sans vouloir entrer dans la querelle qui vous oppose à Eolas (je lis vos deux blogs avec autant de plaisir), je voudrais ajouter deux mots sur la vulgarisation et sur le « conflit » qui existe entre journalistes et spécialistes.

    Je ne suis ni juriste, ni journaliste, mais jeune chercheur en informatique (tiens, encore une profession à laquelle le grand public ne comprend pas grand chose et à qui on reproche d’être repliée sur elle-même, inefficace, etc). Quand je lis un article scientifique dans un journal, 4 fois sur 5 je vois des fautes, parfois grossières, énervantes, et qui induisent en erreur le lecteur lambda. Et si de telles erreurs dans les journaux ne portent pas à conséquence dans mon domaine (au pire elles contribuent à l’inculture scientifique de la population moyenne), je comprends l’énervement du spécialiste juridique devant les approximations ou les erreurs du journaliste.

    Je comprends aussi que les journalistes ne peuvent pas être spécialistes en tout, qu’ils ont des contraintes d’espace et de temps, je sais bien que la vulgarisation est un art très difficile. Je sais qu’il existe aussi de bons articles, mais si je peux comprendre les erreurs des journalistes, je ne les excuse pas. On peut pardonner les simplifications et les omissions, pas les erreurs, pas les contre-vérités.

    Comment améliorer les choses ? Une solution serait de faire relire chaque article par un « spécialiste », mais c’est matériellement impossible, il y a trop de contraintes de temps. Une autre serait de faire plus souvent des « dossiers d’actualité » où le lecteur peut trouver des avis ou des interviews de spécialistes. Le rôle du journaliste serait, dans ces dossiers, d’expliquer les notions employées par les uns et par les autres, et éventuellement de faire une synthèse/un éditorial. Naturellement, de tels dossiers demandent de la place et du temps, donc un journal plus cher. Mais peut-être qu’en fournissant une information de meilleure qualité, il y aura aussi plus de lecteurs intéressés.

    Vous allez me dire, ce que je propose semble déjà exister: il est courant que, pour accompagner un article, on interviewe un ou deux spécialistes, ou on laisse s’exprimer une personnalité. Ce que je propose, c’est de renverser ce schéma: au lieu d’avoir l’avis d’un spécialiste qui illustre/accompagne un article, on aurait une synthèse qui résume/accompagne l’avis d’un ou plusieurs spécialistes. Mais cela suppose un changement radical du rôle du journaliste. Les journalistes accepteraient-ils de se voir reléguer au second plan dans leur propre journal ?

    Commentaire par Tristan — 29/10/2008 @ 23:26

  109. Franchement vous dites être blessé par les attaques contre la presse.
    Que doivent dire les avocats qui sont traités d’escrocs, de menteurs, de défenseurs du viol et du vice, d’incompétents, et j’en passe…

    En réalité, la seule attaque valable contre la presse, c’est celle qui agace le plus tout journaliste: vous n’avez pas assez approfondi votre article, vous avez fait dans le populisme…

    Pourtant, quand une personne experte en son domaine, voit un article qui concerne sa matière, elle a toujours la même réaction: c’est insuffisant, cela manque de précision..

    Aliocha, si vous réagissez comme cela à chaque fois qu’un « expert » vous taxera d’insuffisance d’analyse, vous allez au devant de graves désillusions.

    Finalement, Eolas est agaçant parfois, mais vous venez de démontrer que vous savez décevoir aussi…

    Commentaire par Guile — 30/10/2008 @ 09:33

  110. Aliocha, comme d’autres je trouve votre acte d’accusation déconnecté de la réalité des propos tenus et des positions exprimées par Eolas, dans ses billets ou dans ses réponses aux commentaires, que ce soit à vous ou à d’autres journalistes qu’il épinglait et qui réagissaient en commentaires.
    Peut-être devriez vous relire les échanges que vous avez eu avec lui sur son blog.
    Quand au ton qu’il adopte parfois et que vous dénoncez, il me semble que vous vous êtes réjouie à l’occasion des réponses qu’il faisait à Augustissime, au point d’évoquer l’idée d’en publier un recueil.

    Aliocha : en effet et je pense aujourd’hui que j’ai eu tort car au fond, je n’aime guère la dérision avec laquelle le spécialiste peut parfois traiter le non spécialiste. Mais c’est un détail. Eolas montre magistralement bien le fonctionnement judiciaire, c’est très utile, très bien fait, très intelligent. Mais en tant que journaliste je peux vous dire que les défauts de vision qu’il corrige sur la justice, il les commet sur la presse. C’est ce contraste violent, incompréhensible et injuste qui me met en colère. je crois qu’il faut être journaliste pour le comprendre mais je ne désespère pas de parvenir à le démontrer à de non-journalistes. Le problème de la presse est inverse de celui de la justice. La justice parait compliquée inaccessible et puis quand on l’éclaire on la trouve bien faite, intelligente. La presse parait simple vue de l’extérieur, tout le monde se pense potentiellement journaliste, tout le monde juge le travail fourni mais sans savoir qu’en réalité c’est un métier compliqué qui a ses obligations, ses techniques, ses contraintes, qui obéit à une logique bien spécifique. On croit savoir et on ne sait pas, alors on condamne, non pas en s’appuyant sur les règles de la presse mais à l’aune de l’idée qu’on s’en fait et qui n’est pas toujours exacte.

    Commentaire par Thau — 30/10/2008 @ 10:36

  111. La règle du jeu

    Octave : Tu comprends, sur cette Terre, il y a quelque chose d’effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons.

    Jean Renoir : « J’ai voulu faire un film agréable mais qui soit en même temps une critique d’une société que je trouvais comme résolument pourrie. »

    la liberté engendre la guerre mais une bonne discorde verbale est préférable à l’absence de liberté. Et si la liberté engendre la guerre, l’absence de liberté l’engendrera également.

    Commentaire par ceriselibertaire — 30/10/2008 @ 11:13

  112. Je n’étais lecteur d’Eolas que depuis peu de temps, mais j’avais eut l’occasion de le fréquenter vraiment assidument au cours d’un stage qui me laissait de nombreux trous de cinq minutes avec un ordinateur à proximité…
    Je suis vraiment triste de voir que la querelle ait put en arriver là, j’en étais venu à croire que vous faisiez partie des meubles sur son blog.
    Mais bon, je suis d’accord avec vous sur quelques points: le coté courtisan du blog, la violence parfois un peu gratuite du maitre des lieux.. Je rajouterai une tendance au militantisme événementiel qui s’accéllère avec sa prise de notoriété, alors qu’il dénonce souvent si bien lui même ce type de comportement. Ce que vous n’évoquez par contre peut être pas assez pour lui faire justice, c’est qu’il n’a pas forcément souhaité en arriver là, à un tel niveau d’audience.
    J’ai l’impression qu’il est pris dans une contradiction, désormais: il se sent investi (et on l’investit) d’une mission de défense du Droit et de tout ces acteurs, mais il reste un blogueur amateur qui garde la nostalgie d’un public amical, restreint, et éclairé. Il vise désormais autant à écarter les « facheux » parfois vraiment facheux qu’à attirer les lecteurs. Qu’il est le flingue facile n’a donc rien d’ettonant, et j’ai peur qu’il n’y ait plus qu’à s’éloigner de sa ligne de mire.
    Au plaisir de vous lire dans tous les cas…

    Commentaire par Vivien — 30/10/2008 @ 12:46

  113. Vous devriez echanger vos metiers un petit mois.
    Le temps pour vous de « vivre » a nouveau le droit (je pense au choc ressenti lors d’un jugement defavorable) et de vous retrouver simple lectrice de journaux pour « sentir » si oui ou non la presse maltraite le troisieme pouvoir, le temps pour Eolas d’apprendre a rediger un article de presse.

    Commentaire par Humstel — 30/10/2008 @ 13:29

  114. Je vais tenter de justifier la réaction d’Éolas.

    Il me semble important de savoir quel but poursuit un journaliste quand il travail. Pourquoi informer les gens est-il important ? Pour moi, le journalisme n’est intéressant que comme quatrième pouvoir. En informant la population de ce qui se passe, le journaliste prévient certaines dérives du pouvoir. Le devoir du journaliste devrait aussi être de protéger les faibles des abus de pouvoir des forts en leurs offrant l’occation de s’exprimer.

    Aliocha : Non, le journaliste ne protège personne, il informe.

    Or, ce qui met Éolas en colère, c’est que « les journalistes » vont dans le sens du puissant.

    L’un des billets publié le 23 octobre dernier sur le blog d’Éolas mentionnait la situation absurde dans laquelle se trouve la justice. Soit elle est vraiment indépendante, soit elle est placée sous la tutelle du pouvoir. En réalité, elle est un peu des deux. Je pense que du point de vue du citoyen, la première alternative est la plus souhaitable alors que la second a la préférence du puissant.

    Maintenant, comment les pouvoir éxécutifs et législatifs peuvent-ils forcer la justice à se soumettre. C’est très simple, il faut s’arranger pour faire de la vie des « rebels » un enfer. Éolas relate régulièrement des manœuvres dans ce sens (voir par exemple http://www.maitre-eolas.fr/2008/10/03/1100-la-revolte-des-petits-pois). Il est beaucoup plus facile de ne rien faire et de laisser expulser illégalement des personnes que de d’agir et faire respecter la loi.

    Or non seulement « les journalistes » ne dénoncent pas cette attitude du pouvoir mais ils concourent fortement à la schizophrénie ambiante que dénoncent les magistrats et en cela, ils aident les pouvoir exécutifs et législatifs. Chaque nouveau « disfonctionnement » est l’occasion de rajouter une procédure, de changer un texte, bref, de rendre le travail de la justice plus difficile.

    Aliocha : Si vous saviez le nombre de gens qui espèrent qu’on se taise. Tenez, ce soir c’est ce que ressentent les députés.

    C’est d’autant plus regrétable que les dirigeants sont maintenant des experts en communication et qu’ils arrivent souvent très bien à manipuler « les journalistes » alors que les magistrats sont à l’opposés.

    Pour résumer, alors que les pouvoir exécutifs et législatifs font tout pour casser la justice, « les journalistes » qui devraient défendre la justice et qui auraient les moyens de le faire s’assoient sur les épaules de la justice pour lui maintenir la tête sous l’eau. Ce n’est sans doute pas conscient mais ça peut ressembler à ça. Dans ces conditions, la réaction d’Éolas me semble plus que compréhensible.

    Aliocha : Votre accusation est dénuée de fondement, elle est également insultante, mais à votre décharge, je pense que ce n’était pas votre intention.

    Cordialement,

    Frédéric

    Commentaire par Frédéric — 30/10/2008 @ 16:05

  115. Bonjour,

    Tout d’abord, j’aime beaucoup votre plume.
    J’ai apprécié cet écrit parce qu’il montre combien l’affectif ici aussi prend le pas sur la raison.
    Je vois à vous lire une confusion entre le blog d’Eolas et son ton (cette manière de répondre qui ne vous donne pas envie si vous n’êtes pas assez sure de vous de faire un commentaire, il est pour moi trop agressif dans ses réponses, mais je suppose qu’il s’agit moins d’être élitiste que sélectif… même si l’on perd finalement une part de doute qui rendrait plus humain le propos…) et la personne qui est derrière ce blog. Dommage aussi, que vous fassiez une confusion entre le journalisme que vous défendez qui ne vous éloigne en aucun cas d’Eolas et celui qu’il critique avec virulence (et j’ajouterais à juste titre). Vous dites ceci : « Quand je suis arrivée chez Eolas, j’ai pensé qu’il était possible de faire de même, que sa rage contre les journalistes n’était pas incurable. J’étais persuadée qu’il suffisait de dialoguer pour se comprendre et s’apprécier. Ce d’autant plus que nous partagions lui et moi une culture juridique commune. Elle devait immanquablement nous rapprocher. Je me suis trompée, ou j’ai échoué. Cette main tendue est restée dans le vide. »
    Je suis persuadée que quand vous serez moins blessée, moins excédée, vous vous amuserez du ton de cet écrit et de son coté catégorique. Car au fond je pense que vous savez bien que c’est faux ; mais ce qui vous lasse c’est peut-être le manque de reconnaissance (d’ailleurs à ce sujet votre propos regorge de dénégations) que vous percevez chez Eolas de votre métier dans ce qu’il a de noble et donc de vous peut-être… Or vous n’incarnez pas à vous seule le métier de journalisme dans ce qu’il a de noble et de moins noble.
    J’ai souri à lire ceci « Il y a donc des combats plus importants à mener. Des vrais. » Vous avez raison puisque me semble t-il Eolas était déja convaincu par ce dont vous vouliez le persuader… à savoir qu’il y a aussi une bonne presse.
    Il vous reste donc à vous apaiser et à faire un écrit qui serait moins à fleur de peau pour vous excuser de vous êtes autant emporter à l’égard d’une personne qu’au demeurant vous appréciez et qui semble vous le rendre aussi… Je plaisante à peine… (sourire)

    Cordialement et au plaisir

    Commentaire par Ourseline — 31/10/2008 @ 13:45

  116. Chère Aliocha,
    J’aimais bien vos courants d’air frais aux effluves d’ailleurs.
    Nous (les jurisites-juristes)sommes un peu corporatistes? Il y a tellement de sous corporations que je ne sais pas si cela a grande force. Vous êtes un peu coporatiste aussi. Je n’ai jamais senti la « communauté » des juristes-juristes faire bloc contre vous ou d’autres parce que pas juristes-juristes.
    Vous avez sur-réagi comme a dit un des premiers intervenants de ce thème.
    Je ne partage pas toutes les opinions d’Eolas et je trouve aussi qu’il est parfois inutilement saignant (sur l’Europe et les traités … alors que sur ces questions je partage ses opinions, il s’égare dans ses réactions). Il a l’air d’être jeune. Il doit être encore un peu chien fou.

    Un juriste pas brillant.

    Commentaire par GRANTUMU — 02/11/2008 @ 22:37

  117. Je reviens chez vous, trop longtemps, sûrement, après la bataille. Ce temps-là m’était nécessaire tant j’étais en colère contre vous, je ne chercherai pas à le cacher. Le temps a calmé la colère, et n’a laissé qu’un peu de peine.

    J’ai appris en lisant votre billet, celui-là sous lequel je poste, que je faisais partie d’une « communauté » violente, injuste et méprisante. Ceux qui lynchent qui n’est pas comme eux, ne pense pas comme eux. Je fais partie de cette communauté, sourde et aveugle à ce qui n’est pas la défense de ses propres intérêts. Moi qui ne fait que défendre l’intérêt d’autrui, jour, après jour, après jour. Comme Eolas.

    La Justice est un monde qui n’est ni connu, ni compris du grand public. Eolas a décidé d’ouvrir son blog pour que ceux qui le veulent puissent entendre la voix de quelqu’un qui fait partie de ce monde auquel il attache, comme moi et d’autres que vous avez pris le risque de blesser, beaucoup d’importance. Un monde dans lequel, pour reprendre la formule d’un de vos confrères qui admirait les miens, il voit plus de chose à admirer que de choses à mépriser.

    Là où vous avez vu « rage » et « mépris » de sa part, j’ai vu l’intransigeance de celui qui sait ce dont la presse est capable et n’accepte pas facilement qu’elle se satisfasse de moins.

    J’admire cette intransigeance. Cette même intransigeance, qu’il s’applique et nous applique à tous, qui lui a fait écrire : « Que nous, avocats, exigions le meilleur des juges implique que prenions soin de viser rien moins que l’excellence ». Viser rien moins que l’excellence. Quel programme, n’est-ce pas ? Oh, viser n’est pas encore atteindre sa cible. Mais tous les jours, j’ai l’œil sur la cible. Je vise. L’excellence.

    Vague après vague, chez Eolas, des commentateurs viennent reprocher à la Justice son fonctionnement opaque, ses rites incompréhensibles, ses procédures absconses. Je mesure chaque jour un peu plus ce qu’un justiciable m’a lancé à la figure, comme pour m’insulter, « la Justice, c’est l’usine à gaz. On n’y comprend rien ». Je me dis qu’il en va pour partie de ma responsabilité et de celles de mes confrères. Les juges n’ont pas le temps d’expliquer leur décision, et dans bon nombre de cas, je dirai qu’ils n’ont pas plus vocation à le faire. On explique, on ré-explique. Parfois on répond de travers, parce qu’on est énervé, parce que les reproches faits à l’institution, une nouvelle fois, révèlent surtout l’abyssale ignorance de ceux qui critiquent. Qui critiquent sans savoir, et sans savoir qu’ils ne savent pas.

    Alors, oui, lorsque je vois une approximation ou une erreur, commise par la presse, sur un sujet judiciaire, je sais que cette erreur va doucement venir se déposer sur un sédiment d’idées fausses et de préjugés qu’un jour je tenterai de racler péniblement, peut-être sans succès, parce que ce sera un client, ou un commentateur qui m’aura interpelé, moi ou un autre. Et ça me navre. Et je me dis que si vous souhaitiez qu’un journaliste fasse comprendre avant que de faire savoir, vous seriez d’accord avec moi. Mais je n’en suis plus si sûre.

    Aliocha : Si vous ressentez de la colère, alors vous êtes en mesure de comprendre la mienne.

    J’allais m’en tenir à cette seule réponse, mais elle est insuffisante. La justice est incomprise dites-vous, Eolas l’explique. Fort bien. Il le fait en démolissant la presse et votre réponse sous-entend sans même que vous vous en aperceviez que la presse est responsable de cette ignorance. Allons Fantômette, je sais que nous avons bon dos mais tout de même. Est-ce notre faute si les citoyens ne comprennent pas la justice ? N’est-ce pas plutôt celle de l’éducation qui omet cet élément fondamental dans le parcours scolaire. D’ailleurs vos confrères qui vont l’expliquer dans les écoles ont bien compris que c’était là qu’il fallait être. Et pour avoir assisté à l’une de ces séances, je peux vous dire que c’est très intelligent et que je salue les avocats qui donnent de leur temps pour raconter la justice aux collégiens.

    J’ai parlé de communautarisme en effet et je maintiens. D’ailleurs, une des raisons de cette rupture, c’est qu’à force d’observer le fonctionnement intransigeant que vous évoquez avec admiration, je finissais pas détester la justice, moi qui n’ai fait que la défendre depuis que je suis journaliste. Vous êtes jeune sans doute, moi beaucoup moins, je comprends votre goût de l’intransigeance, mais je vous mets en garde, l’intransigeance à le défaut de radicaliser les comportements. Voyez, quand exceptionnellement j’en fais preuve, la colère que je suscite, y compris chez vous. Ainsi donc vous auriez le droit de défendre la justice y compris en humiliant la presse et vous m’interdiriez de défendre mon métier, mais de quel droit ?

    Quoiqu’on en dise, Eolas a un problème avec la presse. Sinon, comment expliquer qu’il tourne en ridicule une journaliste qui lui demande de résumer la colère des juges en une phrase ? Cette critique servait-elle sa cause, permettait-elle de mieux faire comprendre la justice ? Sincèrement ? Je n’ai pas été la seule à être choquée, souvenez-vous. C’est une pique parmi des dizaines d’autres depuis un an qui se surajoutent à des critiques réellement fondées. Et d’ailleurs, pensez-vous qu’elles auraient perdu en force si les billets avaient commencé par « la presse dit que…en réalité c’est plus compliqué que cela, je vais vous éclairer » ? Qui sème le vent récolte la tempête Fantômette.

    Vous dites que la justice va mal. Sachez que mon métier aussi. Vous êtes libre de songer que c’est mérité, de rêver de notre disparition, mais permettez-moi de m’exclure alors du groupe, je n’ai rien à y faire. Ou plutôt si, j’avais à y faire tant que j’avais l’espoir que l’on accepte de faire l’effort de dépasser les préjugés pour entendre mes explications. Quand j’ai compris que ce n’était pas envisageable, je n’avais plus d’autre choix que de partir. Mais qui aurait compris si je l’avais fait en silence ? On aurait pensé que je boudais pour des motifs personnels. Il fallait donc que je m’explique. Je l’ai fait. C’est triste, mais j’ai considéré que je n’avais pas le choix

    Commentaire par Fantômette — 02/11/2008 @ 22:38

  118. @ Fantômette: Bonjour,
    vous n’imaginez pas à quel point j’ai été stupéfaite d’avoir suscité tant d’ironie mordante de la part d’Eolas, et surtout un procédé qui m’a semblé largement similaire à ce qu’il dénonce régulièrement sur son blog.
    Je sais, vous avez déjà signalé que mes petits commentaires, qui se voulaient sympathiques (raté!) , étaient intempestifs. Mais j’avais bien regardé: il n’était inscrit nul part  » pas de commentaire si vous n’avez pas fait 5 ans d’étude de droit » ni « toute évocation d’ effet non bénéfique du fonctionnement de la justice sera considéré comme une attaque niant qu’elle puisse aussi avoir un effet bénéfique ».

    C’est là qu’est intervenu ce procédé déloyal auquel je ne m’attendais pas, étant donné le niveau et la haute tenue de ce que j’avais lu (avec respect) en arrivant sur le blog d’Eolas:
    1- en donnant quelques exemples bien sanglants, la « preuve » est donnée : un médecin mis en cause , ce n’est certes pas pour rien, c’est qu’il a causé des dégâts terribles!
    C’est faux. Des milliers de contre -exemples peuvent être donnés.
    C’est pas énervant, pour vous, quand on agite quelques  » cas  » comme s’ils étaient représentatifs de ce qui se passe dans les tribunaux?
    2-Les médecins mis en cause, c’est la plupart du temps parce qu’ils n’informent pas correctement leurs patients.
    Alors là, il y a quelques chose qui me semble assez juste, mais qui entre en contradiction avec le 1-. D’autre part, le question de l’information donnée aux familles est une question bien plus complexe que la caricature que livre Eolas, peut-être de bonne foi, je n’en sais rien. Mais tout comme il ne suffit pas d’être justiciable pour comprendre le fonctionnement de la justice, il ne suffit pas d’être un patient pour tout saisir instantanément et en balayant par le mépris ce qu’un praticien pourrait expliquer.
    3-Enfin, les procès aux médecins seraient nécessaires car ils permettent à des familles durement éprouvées de toucher de l’argent.
    Là encore, ça n’a plus rien à voir avec le premier point.
    Comme cette affirmation est appuyée par un fort appel à la sensibilité, et aucune au raisonnement (là encore, procédé qu’Eolas désapprouve fortement ailleurs) difficile de répliquer. Pourtant, il est possible de comprendre que la systématisation de ces procédés comprend des inconvénients certains: quid des familles qui ne peuvent mettre personne en cause, malgré le malheur qui les frappe?
    N’est-il pas dommage que ce type de solidarité passe par les assurances, les avocats, qui les uns et les autres font un métier utile et respectable, mais loin d’être gratuit?

    Donc , oui, il me semble évident que Eolas croit non pas seulement à « l’excellence », ce qui serait tout à son honneur, mais aussi à la perfection, ce qui est une erreur redoutable.
    La justice n’est pas parfaite. C’est une impasse de croire qu’elle pourrait l’être , et que tout ceux qui prennent la parole pour souligner tel ou tel danger sont soit des idiots ignares, soit malveillants et malhonnêtes . Que tout ce qui serait défaut viendrait de l’extérieur (journalistes, législateurs, gouvernants, etc…).

    Je vous assure, personnellement , je suis non seulement persuadée que la médecine n’est pas parfaite , mais j’espère même vivement que cela se sache!
    Et en tant que médecin, je ne cherche pas à être parfaite, je cherche à faire de mon mieux : toujours et sans relâche, et sans ménager ma peine, mais seulement de mon mieux, car la perfection n’est pas de ce monde.

    Je trouve même que c’est un message intéressant quand on a la charge d’élever des enfants: « je ne te demande pas d’être parfait. Je te demande de toujours faire de ton mieux! »

    Votre Eolas, c’est sans doute quelqu’un de bonne volonté d’une part, et brillant d’autre part. Et puis il a rencontré le Droit.

    Et tous ces excellents ingrédients donne un résultat que je trouve effrayant.
    Etonnant, non?

    Commentaire par Doc — 03/11/2008 @ 10:12

  119. Bonsoir Fantômette,

    Euh…

    Vous, en colère? Je le crois pas!

    Commentaire par tschok — 03/11/2008 @ 19:14

  120. « Au fond, je crois maintenant que ce mode de fonctionnement m’a toujours choquée, mais l’intérêt que je trouvais à le lire méritait bien de supporter quelques inconvénients. »
    Tout y est dit je crois.

    Personnellement, j’apprécie les qualités intellectuelles d’Éolas, et plus encore sa plume brillante qui sait les mettre en valeur. J’apprécie aussi sa générosité, qui transparaît à travers ses articles fouillés gracieusement offerts à la lecture, mais aussi par certaines de ses convictions. L’homme est un humaniste.

    Dès lors, je me garde bien de poster des commentaires sous ses articles, et je fais mine de ne pas voir son fâcheux penchant pour la flagornerie, et son refus de la contradiction… jusqu’à parfois friser l’absurde.
    Regrettant pour ma part que le réel plaisir intellectuel à le lire soit teinté d’une pointe de culpabilité, en ayant l’impression de cautionner ainsi tacitement une certaine arrogance malvenue.

    Commentaire par fraspi — 04/11/2008 @ 00:34

  121. Bonjour aliocha,

    J’ai beau regarder, je ne vois pas où dans mon commentaire, je fais endosser à la presse la responsabilité de l’ignorance de nos concitoyens en matière juridique. N’ai-je pas écrit, par contre : « Je me dis qu’il en va pour partie de ma responsabilité et de celles de mes confrères » ?

    Je n’ai pas dit que la presse était la cause de tout. Je ne le pense pas. Je pense le plus souvent que la presse n’est la cause de pas grand chose, elle est plutôt une conséquence.

    L’Education nationale pourrait inclure dans ses programmes une initiation au droit. Je vous rejoins sur ce point. Je suis certaine que lorsque vous faites cette suggestion, vous ne sous-entendez nullement que « L’Education nationale est la seule responsable de cette ignorance ». Vous vous dites simplement qu’après tout, si l’objectif d’informer les citoyens sur le droit est un objectif digne d’être poursuivi, l’Education nationale pourrait y contribuer. Et vous ne comprendriez pas vraiment qu’un professeur des écoles intervienne furieusement sur votre blog au prétexte « qu’il faut arrêter de tout mettre sur le dos de l’Education Nationale ». Il ne s’agit pas de désigner des responsables. Il s’agit de comprendre d’où vient le problème – si l’on accepte de le qualifier ainsi -pour tenter de le corriger. Ni plus ni moins.

    De la même façon que l’on peut confier une partie de la solution à l’Education Nationale, une partie de la solution au milieu judiciaire (la majeure partie pour ce dernier), je pense que l’on peut également confier une partie de la solution aux media. Et je ne vois pas ce que cela a d’insultant pour ces derniers. Mais cela implique que l’on distingue entre les moments où les media contribuent à la solution, et les moments où ils contribuent au problème. Ni plus, ni moins.

    Et, j’insiste encore sur ce point : la mainmise des communicants sur le discours public contribue (si je vous ai compris) à la crise actuelle que traverse votre profession. Celle-ci se retrouve coincée entre deux catégories de discours : le discours vide et lisse de ces communicants, et le discours âpre et complexe des experts. Je ne crois pas que vous ayez à gagner à simplement les disqualifier par principe. Il faut vous y attaquer à ces discours. Il est là, le domaine d’expertise d’un journaliste, à mon sens. Dans la maitrise qu’il doit avoir de TOUTES les catégories de discours, quitte pour sa part, à un créer une autre, qui lui sera propre. Et qui n’aura ni le simplisme du premier, ni la rigidité du second.

    @ tschok

    Ah bon ? Déçu ? Ou rassuré ?

    Mes colères sont rares, c’est vrai. La dernière remontait à l’été 1995 (elle fut nettement plus redoutable, car j’étais armée d’une raquette de tennis, et l’objet de mon couroux était à portée de tir).

    Je n’ai pas ( pas encore ?) votre estomac, ni votre faculté de résilience instantanée. Ceci dit, je suis d’un naturel indubitablement plus calme qu’aliocha (je n’ai jamais sérieusement cru qu’on pouvait être d’un naturel calme et aimer la littérature russe).

    Aliocha : Touchée et coulée par votre dernière observation chère Fantômette (si je puis encore me permettre de vous appeler « chère »). Et coulée comme j’aime, c’est-à-dire dans les règles et sans brutalité aucune, juste pas une vérité décidément incontestable même si je ne fais, à chaque instant, que tenter de la corriger cette réalité-là. Par ailleurs, je suis en accord avec l’essentiel de votre réponse. A cette réserve près que je continue d’affirmer que la brutalité d’Eolas, dans le petit monde des blogs, fait inutilement tort à la presse. Je conçois qu’il se sente bien seul et bien mal armé contre la tonitruante presse qui agite le monde réel. Et qu’il se sente obligé de frapper très fort pour contrer la force supposée des journalistes. Mais d’abord cette puissance est très sur-estimée, croyez-moi. Ensuite, sur le petit monde des blogueurs qui sera peut-être l’essentiel du monde de demain il alimente une méfiance voire une haine naturelle des journalistes qui me semble dangereuse. Tout est relatif, contre le monde réel il ne peut pas grand chose, quoique, il y fait doucement sa place, oserais-je dire grâce aux journalistes ? Sur le monde des blogs, il a une influence énorme et, sur l’image du journalisme, franchement redoutable.

    Commentaire par Fantômette — 04/11/2008 @ 10:22

  122. Rassuré.

    Je préfère les femmes en colère, ça me repose.

    PS: je suis encore loin de la capacité de résilience instantanée. Moi, c’est plutôt les portes qui s’en prennent plein la figure.

    Commentaire par tschok — 04/11/2008 @ 11:14

  123. Bonsoir aliocha,

    Je ne crois pas que l’effet des blogs sur la réalité relève de l’influence.

    Je ne vous autorise à m’appeler « chère fantômette » qu’à la condition expresse (je ne plaisante pas) que vous le pensiez sincèrement, au moins au moment où vous l’écrivez.

    Bonsoir tschok,

    Ah, les portes. Elles sont contrariantes. Elles vous reviennent dans la figure, ou restent bloquées en position fermée, c’est le problème (en tout cas c’est le mien. Enfin, c’était le mien. Depuis, j’ai arrêté avec les portes).

    Ceci dit, c’est étrange, mais vous imaginer schooter une porte de colère est effectivement apaisant.

    Aliocha : Je suis bien incapable de faire quoique ce soit d’insincère Chère Fantômette, mais j’aurais compris que vous m’en vouliez trop pour m’autoriser à votre endroit ce genre de marque d’affection.

    Commentaire par Fantômette — 04/11/2008 @ 19:03

  124. Ouep, enfin apaisant n’est pas le bon terme vu que ma dernière porte m’a pété la main. Mais disons que ça soulage.

    Vous avez bien fait d’arrêter les portes. J’essaye moi aussi et je me suis même patché pendant un moment. Mais c’est plus fort que moi, j’y reviens toujours.

    Souvent, je me dit qu’on a tous quelque part une porte qui nous attend, prête à claquer, à sortir de ces gonds à notre place (c’est beau hein?).

    Bon allez, c’est l’heure du péro.

    Commentaire par tschok — 04/11/2008 @ 20:05

  125. Oui tschok. Très très beau.

    (Allez y mollo sur l’pero).

    PS : les patch, c’est pas la solution. Il faut investir dans un surveillant pénitentiaire. Ils gardent les portes comme personne.

    Commentaire par Fantômette — 04/11/2008 @ 20:20

  126. @ Aliocha

    « La sincérité est la forme la plus parfaite de l’illusion. Quand celle-ci est morte, défaite, il ne reste que la lucidité ».

    Bien à vous.

    Commentaire par Fantômette — 04/11/2008 @ 20:26

  127. Je ne sais pas si on va faire des stats à la fin de qui est d’accord, qui n’est pas d’accord, etc.

    Pour planter le contexte :
    Je n’ai jamais osé posté sur le blog d’Eolas … ça montre peut-être ma couardise face à cette « arène » comme vous l’appelez. Mais j’ai souvent été d’accord aux propos développés par le maître des lieux …. ce n’est peut-être pas que de la couardise mais aussi une sorte de « rien à ajouter »…

    Vis-à-vis de votre réaction : je suis dans le camp « je la trouve disproportionnée ».

    Et je ne comprends non plus les nombreux posts de gens parlant du « sang chaud » de vous et Eolas. Je pense que le problème, c’est justement qu’il a le sang froid.
    Je peux me tromper, mais j’ai toujours senti que son blog…. ben, c’était un blog. Ce n’est pas sa vie, ce ne sont pas des plaidoiries. Il y a un recul certains dans ses argumentaires et un jeu encore plus évident sur la façon de démonter les remarques…. pour moi, ce ne sont pas des faiblesses, ce sont des mots calculés au plus juste ; contrairement à vous qui me rappelez grandement : http://xkcd.com/386

    Et, je me permets de réagir aussi parce que je ne suis pas d’accord que défendre le journalisme = défendre les journalistes = défendre les articles. Les circonstances atténuantes de la difficulté du métier n’expliquent pas tout, et le monde des médias a quand même quelques travers.
    Je ne suis pas sûre que les travers viennent des gens mais peut être du système… mais le problème n’est pas là. Eolas critiquent les articles, pas les gens.

    Et y’a pire que lui dans la critique, et dans vos rangs qui plus est … ou alors « Arrêt Sur Images » sont aussi des imbéciles, des renégats, des salauds quand ils remarquent les limites du journalisme actuel ?? Moi perso, leurs arguments me touchent.

    Bon courage pour vous en remettre malgré tout.

    Commentaire par Mess — 04/11/2008 @ 20:38

  128. Et, tschok ?

    Ce n’est pas parce que l’on a deux mains, qu’on en a une de rechange.

    Commentaire par Fantômette — 04/11/2008 @ 22:55

  129. Fantômette,

    C’est ce que j’ai découvert, à mes dépens.

    Commentaire par tschok — 05/11/2008 @ 12:34

  130. Bonsoir Aliocha,

    Un commentaire bien tardif, et qui ne sera donc probablement lu par personne.

    Votre billet m’a pris un temps considérable à lire. J’ai de vrais problèmes de lecture: j’essaye, autant que possible, de lire de gauche à droite, et de haut en bas, en n’omettant pas de ligne, ou le moins possible. Et en essayant de comprendre ce que ça raconte. Ça prend un temps considérable, contrairement à la lecture en diagonale.

    Ce qui me frappe, à propos de ce billet, c’est l’opposition entre le billet et les commentaires. J’ai eu le sentiment que deux sujets fort différents étaient abordés.

    Le billet parle du comportement d’Eolas, qui me rappelle celui de la Cour. J’aime les références simples (en dehors des mathématiques et de l’informatique, je suis un garçon trop simple pour les références compliquées), et celle qui me vient est le film « Ridicule ». On est bien en cour pour avoir sorti un bon mot sur le dos d’un sot, et n’est plus en cour pour un ridicule, ou pour avoir été la cible d’un bon mot.

    C’est vrai que le blog d’Eolas m’a souvent fait cet effet-là. Il m’est arrivé, rarement, d’aller y commenter quand il s’aventurait sur un terrain qui est le mien, par exemple dans ses textes sur la loi DADVSI. Or, aller commenter chez lui est une plaie. Je sais, et ne peux me tromper, que sur ce sujet par exemple, j’ai des compétences indéniables. Sur le plan juridique, sans être complètement crasse, j’ai peu de compétences, que je compense en lisant les textes à l’appui d’un solide bon sens. Mais voilà, aller expliquer à Eolas où il se trompe dans sa lecture, non pas dans le sens juridique du texte (il est meilleur que moi là-dessus) mais sur ses implications techniques, dans la vraie vie, c’est prendre le risque d’une réponse expéditive, d’un mot d’esprit désobligeant, et par la suite de l’halali des commentateurs habituels.

    Là-dessus, je vous rejoint. Et ce d’autant que je sais me servir de ce procédé. Je n’en suis pas un grand fan, mais je sais faire, démolir un adversaire en usant d’une position favorable (dans son cas, c’est son blog, il est le Maître des lieux, dans mon cas, je m’en suis servi en conférence par exemple, étant le conférencier) et de quelques mots d’esprits, faciles, vifs, blessants, et permettant d’esquiver les questions de fond.

    Je comprend votre colère, et d’ailleurs elle m’étonne. C’est ce comportement qui fait que j’évite autant que possible de commenter les billets d’Eolas.

    De l’autre côté, il y a les commentaires du billet, qui parlent de tout à fait autre chose, à savoir si la couverture d’un fait précis par la presse était bonne ou pas. À la limite, ce n’est pas la question. On peut critiquer cette couverture, sans pour autant user de méthodes dialectiques trop simples, et rester sur les arguments de fond.

    Je partage par exemple l’opinion d’Eolas, parler de fuite, et de coupable, alors que l’homme qui ne s’est pas présenté était supposé innocent, et libre, c’est une faute de journaliste. Je partage aussi l’opinion du simple citoyen, qui est ennuyé qu’un homme soit condamné, et ne soit pas incarcéré parce qu’il comparaissait libre. Mais je partage encore le point de vue d’Eolas, ce n’est pas choquant que la liberté soit le principe, avec le risque que ça présente. Bref, je me débrouille entre ces deux idées simples, je n’aime pas qu’un coupable soit en liberté, mais l’idée qu’un innocent soit en prison me répugne. Alors on reste entre les deux, et on cherche le bon compromis.

    Et c’est vrai, objectivement, que souvent la presse fait du sensationnel à partir de faits qui, s’ils étaient expliqués complètements, ne seraient pas spécialement sensationnels.

    Tout ça pour dire que je comprend votre colère contre le comportement blessant d’Eolas, et que je suis surpris que vous ayez passé tant de temps à commenter chez lui.

    Ah, et, une précision: je commente peu chez lui, je lis rarement les commentaires, sauf quand l’odeur du sang me fait envie. Mais je lis ses billets systématiquement, parce qu’ils apportent du savoir (souvent, pas toujours), qu’ils sont bien construits. Je n’aime pas sa façon de débattre, mais je le trouve fort pédagogue, et très savant dans sa partie.

    Et j’ai cru comprendre que là-dessus nos opinions concordent.

    Il faudrait que je fasse un autre commentaire, sur le débat experts/journalistes, parce que le sujet m’intéresse (je me classe dans les experts, et j’ai fort à dire, en mal, sur les journalistes).

    Aliocha : eh si, vous voyez, moi je vous ai lu. je ne vais pas reprendre l’ensemble de mon explication, disons que les critiques d’Eolas à l’égard de ma profession me sont toujours apparues trop brutales et pratiquant une généralisation hâtive. Par ailleurs, quand on critique, il faut le faire au regard des règles du métier concerné et non pas à l’aune des siennes propres. Or, Eolas critique la presse parce qu’elle ne fait pas un travail de juriste. C’est une erreur fondamentale. Cela étant précisé nous sommes d’accord sur son talent, et en tant que juriste moi-même je peux vous dire que c’est l’un des plus brillants que je connaisse. Il a véritablement l’instinct du droit, celui qu’on n’acquiert pas à l’université même en travaillant comme une brute, on l’a, ou on ne l’a pas. Lui, il l’a.

    Commentaire par Benjamin Bayart — 11/11/2008 @ 12:31

  131. Bonjour,

    Il me semble que Karl Kraus était en son temps beaucoup plus radical et plus virulent contre la presse que Maître Eolas… De surcroît, il s’y connaissait puisqu’il était lui-même auteur-éditeur (à ses frais) du journal « Die Fackel » qu’il a tenu pendant une quarantaine d’années.
    Et je partage l’avis de Jacques Bouveresse (Schmock ou le triomphe du journalisme, Seuil) lorsqu’il pense que la presse ne s’est certainement pas améliorée depuis, bien au contraire, pour toutes les raisons que l’on sait (collusion avec la finance et tout ce que ça implique nécessairement, entre autres).
    Je me permets de vous conseiller ce livre (ainsi qu’à ceux qui fréquentent ce forum), car il pose un certain nombre de questions auxquelles je n’ai pas trouvé jusqu’à présent de réponses satisfaisantes… dans la presse !

    Petite citation :

    Si l’on pouvait encore être honnête dans l’exercice d’un métier menteur [le journalisme], on proclamerait en fait sans détours culturels que ce dont on se soucie n’est pas tant le bonheur ou le malheur de l’humanité ou de la population que le sien propre.

    Karl Kraus, Die Fackel, 544-545,1920, p. 4-5

    Salutations

    Commentaire par Pierre M. Boriliens — 17/11/2008 @ 01:01

  132. A part ça il ne faut pas se méprendre. Eolas, qui se gargarise de liberté d’expression, choisi en réalité soigneusement les commentaires qu’il publie (son Troll Detector n’est qu’une imposture). Si son contradicteur lui oppose un argument qui ne lui donne pas l’occasion de monter sa supérioroté il se garde bien de le publier. La censure est invisible mais féroce chez le Maître.

    Aliocha : ce qui signifie qu’il opère ce choix en une fraction de seconde (temps d’apparition moyen du commentaire sur le blog une fois posté) et que s’il censure beaucoup, ce ne sont pas 300 commentaires qu’il reçoit mais 3000, fichtre ! je le savais brillant mais là c’est carrément du génie.

    Commentaire par Foxapoildur — 17/11/2008 @ 16:15

  133. Franchement Foxapoildur, j’ai pas eu l’impression de subir une censure chez Eolas, et pourtant je ne me prive pas de contester ses positions comme bon nombre de commentateurs.

    Vous lui prêtez là de bien vilaines intentions que mon expérience personnelle ne confirme pas.

    Vous êtes libre de dire des âneries, mais tâchez au moins de ne pas donner l’impression de trop y croire vous même, on pourrait penser que vous êtes un âne et pas un troll.

    Commentaire par tschok — 17/11/2008 @ 17:18

  134. J’arrive ici pour la première fois par un lien trouvé ailleurs, et j’ai à l’occasion parcouru/lu les écrits d’Eolas sur son site sans faire partie des réguliers. Aussi je me permets de faire remarquer une dfférence majeure entre les articles d’Eolas et celui-ci: Eolas utlise les hyperliens pour faciliter la compréhension du texte et permettre d’accéder a certaines références qui me font défaut au moment de la lecture.

    Ici c’est proche du néant au niveau des liens, et si ce texte est facile d’accès pour ceux qui ont suivi l’histoire de manière assidue, pour moi c’est une autre paire de manches aussi j’attendais comme c’est l’usage sur le web des liens qui renvoient vers les sites/évènements/références auxquels il est fait allusion.

    A quoi bon publier sur le web si c’est pour rester coincé dans le carcan des limites traditionnelles des formats papiers ?

    Commentaire par nom — 18/11/2008 @ 00:11

  135. Est-il utile d’apporter un commentaire?

    Je fréquente, et apprécie vos 2 blogs. Je sens une forte estime réciproque entre vous et un certain nombre de points communs.

    Sur le ton d’Eolas : il peut effectivement être sarcastique. Cela semble résulter de plusieurs facteurs.
    Une déformation professionnelle d’avocat-bretteur peut-être.
    Le souci d’éviter que le blog devienne n’importe quoi et aussi une réelle attention aux commentaires, dont la lecture est enrichissante. Cela le distingue par exemple de Ph Bilger, qui répond aux commentaires en privé et laisse donc les habitués débattre en eux (il lance un sujet puis le laisse évoluer tout seul) ou de JM Apathie, où les commentaires n’ont aucun intérêt. Je préfère une discipline certaine à la pétaudière (qui est le risque qui menace tous les blogs connus).
    Il y a aussi sans doute la fatigue et la charge de travail, le découragement parfois lorsqu’on s’apperçoit qu’un intervenant ne tient pas compte des messages précédants et répète inlassblement la même chose, voire réagit à un billet qu’il n’a fait que survoler. Vous commençez à découvrir cela (votre commentaire à ausgustissime au N° 30 https://laplumedaliocha.wordpress.com/2008/11/18/mariage-annule-la-presse-a-fait-son-travail/#comment-2256 ). La tentation est alors de lui assener un coup droit foudroyant.

    Je crois qu’il accepte les « mekeskidi » mais n’apprécie pas qu’ils débarquent en voulant donner des leçons. Les questions du style « je n’ai pas que compris cette décision ou ce raisonnement » passent beaucoup mieux que « Les français n’acceptent pas que « … Est-on obligé de l’approuver pour pouvoir commenter? Je ne crois pas, mais plutôt de se placer sur le même terrain que lui.

    J’ai connu plus rude comme bizutage, comme par exemple sur l’ancien forum des CDG, où on était invités à ne pas poster avant d’avoir lu attentivement les discussions des 6 derniers mois plus certaines jugées de base. Les échanges étaient parfois sanglants.

    Est-il possible qu’il atténue ses défauts sans perdre ses qualités et celles de son blog? Je le souhaite.

    Sur sa critique du journalisme.
    Je pense aussi qu’il est exigeant vis-à-vis des journalistes. Ses critiques ne visent pas le journalime ni les journalistes mais des cas précis. Il ne suppporte pas qu’un journaliste donne des informations erronées et influençant l’opinion alors par exemple que la vérification des faits (qui est une des missions d’un journaliste) l’aurait évité.

    Pour le passage que vous avez critiqué, cela ne me semblait pas mériter votre réaction mais je crois que ce fut pour vous la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

    Pour mon opinion là dessus (qualités et défauts de journalistes), je crois que je tenterais de l’exprimer une autre fois et sous un autre billet. Je découvre aussi avec vous les contraintes propres au métier.

    Aliocha : j’entends bien Stellar et d’ailleurs, nous nous sommes réconciliés. Pour autant, je continue de penser qu’il y a une difficulté méthodologique dans la manière dont Eolas critique la presse : il le fait à l’aune de l’idée qu’il en a et de la manière dont lui, avocat blogueur, traite l’actualité juridique, flirtant ainsi avec le journalisme. Voilà deux prismes déformant que je conteste. Aucun métier ne supporterait d’être jugé à l’aune de l’idée que l’on s’en fait. D’ailleurs, lorsque les juges doivent se pencher sur le cas d’une profession, ils le font à l’aune des règles de cette profession et non pas de l’idée qu’ils se font d’un professionnel idéal. En ce sens, Eolas dans sa crétique de la presse est pire qu’un juge, c’est à dire indiscutablement trop exigeant. Cela étant, comme j’aime mon métier et que j’ai par ailleurs un tempérament ambitieux, je ne lui en voudrais pas, si le maître étalon de ses jugements n’était en partie erroné. Qu’on le veuille ou non, la presse a un rôle vulgarisateur. Fut-elle spécialisée et non grand public, qu’elle doit encore présenter une information fiscale de manière à être comprise par un spécialiste du droit commercial ou un comptable. Il n’y a que le srevues scientifiques destinées aux publications savantes des universitaires qui échappent à cela, mais alors nous ne sommes plus dans la presse. Eolas ets avocat, qui plus est, il ets brillant, il en saura donc toujours plus sur le droit que les journalistes et trouvera toujours à redire à une information traitée journalistiquement. Mais pas au nom des règles du journalisme, au regard des siennes propres, qui ne sont pas celles de la presse. Il est très précisément là, le problème. Et il est particulièrement important car avec la complexité actuelle du monde, les eolas se multiplient dans toutes les disciplines et avec eux les attaques contre la presse. Or, je ne crois pas que mon métier mérite tant de rage. Je pense en outre qu’il est plus que jamais nécessaire et qu’il est donc important qu’il soit critiqué à bon escient. Dans le cas contraire, ses vrais travers, ses difficultés économiques et les critiques erronées qu’on lui inflige pourraient bien finir par le tuer.

    Commentaire par stellar — 19/11/2008 @ 23:27

  136. […] usage disons peu judicieux de la possibilité laissée au lecteur de commenter – cf. 3/ – , et d’une certaine susceptibilité face aux écrits, il est vrai souvent fort peu tendres avec … . La contrainte ici est qu’il va falloir vous y faire, et que si je peux tout à fait […]

    Ping par [10-2008] Crise du journalisme et des médias : 1 - S'approprier internet | Miscellanée de réflexions — 08/06/2011 @ 17:10

  137. […] cela implique d’imperfections, même si ces derniers exercent une activité essentielle – et donc jugée avec sévérité, tout comme les juges, les hommes politiques, la police, l’armée… – à toute […]

    Ping par [12-2008] Crise du journalisme et des médias : 2 - Regagner la confiance | Miscellanée de réflexions — 08/06/2011 @ 17:30


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :