La Plume d'Aliocha

27/10/2008

Le JDD met Rachida Dati sur le gril

Filed under: Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 09:57

J’ai beaucoup lu dans les commentaires chez Eolas que le mouvement des juges n’avait pas été entendu par les journalistes, qu’il avait été mal relayé. J’attire donc votre attention sur l’interview de la ministre parue hier dans le JDD. Vous observerez que l’essentiel des questions porte sur le mouvement des magistrats et que les journalistes ne lâchent pas un pouce de terrain. Les questions sont directes, presque « brutales ». Par exemple, « vous les aimez vos juges ? », la ministre répond oui. Les journalistes rétorquent « mais les juges ne vous aiment pas » et plus loin « ils disent que vous menacez leur indépendance », puis « vous avez été traitée de lâche au congrès de l’USM ? ». Bref, une interview sans complaisance. Cela méritait d’être souligné. Ne serait-ce qu’au nom du fait que la communauté juridique, si soucieuse de contradictoire, semble étrangement oublier ce grand principe dès lors qu’elle parle de la presse…J’aimerais qu’on arrête cet insupportable procès contre la presse. Un procès qui a l’étrange caractéristique de se fonder non pas sur des faits mais sur une vague impression, non pas sur pièces mais sur des on-dit, un procès instruit uniquement à charge, dans lequel la défense n’a jamais la parole, où chacun s’auto-propulse procureur et où la condamnation est toujours prononcée par anticipation et sans appel.

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35 commentaires »

  1. Désolé, chère Aliocha, mais je vais encore égratigner la presse aujourd’hui, qui relaie complaisamment et sans s’informer de son côté (un comble) l’info de cet accusé qui a pris la fuite peu avant d’être condamné à 10 ans.

    La riposte médiatique contre le mouvement des magistrats était prévisible. Exploiter l’erreur de traitement de texte, c’est de bonne guerre. Mais arriver à faire répéter à la presse que cette fuite est un dysfonctionnement de la justice alors qu’un accusé libre est… libre, et ce depuis la loi du 15 juin 2000, je constate une fois de plus qu’une info est relayée sans que personne ne se soit demandé : « mais c’est vraiment anormal ? Qu’aurait-il dû se passer ? Les juges auraient-ils dû violer la loi et ordonner la séquestration arbitraire de ce monsieur ? Expliquons à nos lecteurs ce que les juges auraient dû faire, et ce que la loi leur permettait de faire. »

    Aliocha : Fort bien, on comparait libre et quand le procès tourne mal on s’enfuie, c’est peut-être juridiquement correct mais voyez-vous, bien qu’étant juriste, ça me pose un problème. Qu’en tant qu’avocat, vous vous en félicitiez, je le conçois fort bien, mais vous avez une fâcheuse tendance à ne pas très bien distinguer ce qui vous est plaisant de ce qui est souhaitable. Ce n’est peut-être la faute de personne, il n’y a sans doute aucun dysfonctionnement au vu de l’état de la législation, mais de là à prétendre qu’il n’y a pas de problème, c’est un peu fort

    Alors aujourd’hui que Rachida Dati est lâchée par le président, que sa disgrâce est consommée, que ses jours sont comptés, un journaliste du JDD a trouvé le courage de ne plus avoir de complaisance envers elle dans une interview.

    Fort bien.

    Mais ça fait un peu trop résistant du 7 mai 1945 pour que j’applaudisse.

    Aliocha : Et qui vous dit qu’elle est lâchée par le président ? Le fait que l’USM soit reçue à l’Elysée ? Mais Cher Eolas, c’est ainsi depuis le début, demandez à vos bâtonniers, ils vous expliqueront d’où est venue l’idée de la grande profession du droit. La définition de la politique en matière de justice a toujours été décidée au chateau, le ministère ne fait que l’exécuter dans la grande majorité des cas. Ce n’est un scoop pour aucun journaliste et c’est même parfois la presse qui informe la chancellerie de ce qui a été décidé plus haut, quand ce ne sont pas les professionnels eux-mêmes. Quant au JDD il fait du bon boulot depuis longtemps, il sort des scoops et pratique un journalisme courageux. Seulement comme son nom l’indique, il sort le dimanche, par conséquent il a fallu attendre dimanche pour qu’il s’exprime sur l’actualité de la semaine. Là encore vous infligez à la presse le même traitement que celui qui vous scnadalise pour la justice. Les juges sont selon les cas trop durs ou trop souples, ils n’ont jamais raison. Ici des journalistes ont bien fait leur travail et au lieu de les féliciter on prétend qu’ils ont simplement anticipé que le vent tournait. Cette accusation est parfaitement infondée et je la trouve même injurieuse.

    Commentaire par Eolas — 27/10/2008 @ 10:52

  2. Bonjour Aliocha,

    Je n’aime guère la presse « de façon générale » tant je trouve qu’il y a de journaux médiocres.

    Par exemple, sur cette question du relais, quand j’entends sur Europe1 un auditeur à qui on donne la parole, dire que les magistrats devraient faire leur travail au lieu de critiquer leur ministre, je trouve que le choix rédactionnel est un peu facile.

    Mais je reconnais qu’il y a des professionnels du journalisme qui honorent la mission qui est la leur et le font avec talent. Ce sont eux que je lis, et vous en faite parti. J’ai la chance de pouvoir faire la part des choses et faire l’effort de faire le choix.

    Mais combien de personnes regardent TF1 uniquement parce que c’est la première chaine qui s’affiche sur leur téléviseur au moment où ils l’allument.

    J’ai parfois l’impression que les journalistes disposent d’un immense pouvoir et que tous ne s’en rendent pas compte.

    Aliocha : la question du pouvoir de la presse est passionnante. Je ne peux pas l’aborder en quelques lignes, voici quelques idées. Quand nous rédigeons un article, nous faisons des recherches, nous interrogeons des gens, nous travaillons sur la synthèse, la présentation, l’exactitude, le style etc…derrière nous, d’autres gens travaillent pour mettre en page, imprimer. Le résultat est lu d’un oeil distrait et finit le soir à la poubelle ou bien sert à sécher les chaussures qui ont pris la pluie. Mais des mois plus tard, le même article est devenue une référence quasi-historique que l’on va rechercher et qui fait foi sur ce qui s’est passé le jour en question. Voilà qui a toujours reflété à mon avis la valeur à la fois grande et dérisoire du métier. C’est une leçon d’humilité autant qu’un rappel de l’importance de ce qu’on écrit. Vous posez la question sous-jacente de la responsabilité liée à ce pouvoir. Là encore elle est à la fois puissante et dérisoire. Quand on dénonce un scandale politico-financier et qu’il fait à peine frémir le public, on se demande à quoi l’on sert. Quand on commet une erreur et que l’on entend ce même public s’indigner, on se demande ce que l’on attend de nous exactement. Et quand il arrive que la presse fasse vraiment mal en salissant une réputation ou en rendant compte de manière erronée d’un événement, on découvre alors qu’on a un pouvoir plus grand qu’on ne l’imaginait. La question est infiniment complexe quand on s’y plonge, mais se résoud très facilement, nous avons un pouvoir en effet, même s’il est fort difficile à évaluer, et comme tout pouvoir il doit être utilisé avec prudence et déontologie.
    Quant au choix des titres, radios et télévisions disons qu’il est laissé à la liberté de chacun et au fond c’est heureux. Ce serait même idéal si les élèves de lycées étaient éduqués à « consommer » la presse et si le public, en ces temps de crise, s’obligeait à voter avec ses pieds. Une chaine est mauvaise ? On la boycotte, une autre est bonne, on la récompense en la regardant. Un journal vous plait ? Achetez-le, mieux abonnez-vous, boycottez les autres, c’est peut-être ainsi qu’on montrera enfin aux éditeurs de presse ce qu’il faut faire pour renouer avec les ventes.

    Commentaire par Zythom — 27/10/2008 @ 12:50

  3. Oups…à nouveau de l’eau dans le gaz entre Eolas er Aliocha?
    Alors, au fait, à quand ce billet sur la grande profession du droit?

    Commentaire par Fred — 27/10/2008 @ 12:58

  4. @Aliocha

    En ce qui concerne l’affaire de la personne qui s’est enfuie, je crains fort qu’Eolas ait raison. On crie à la surpopulation des prisons, et on crie chaque fois qu’un juge se plante alors qu’il aurait du embastiller…

    Il me semble évident qui si une personne est condamnée à 10 ans de prison, elle s’enfuira à la moindre occasion. C’est humain.

    Cela dit a chaque fois qu’on décide ou non d’une détention provisoire, on prends un risque, un coupable qui en profitera pour s’échapper ou un innocent qui perdra son boulot parce que « voyez ma bonne madame Michu il n’y a pas de fumée sans feu… »…

    A-t-on déjà oublié cet ado qui s’est suicidé, « injustement emprisonné? » En deux semaines on vient de dire tout et son contraire, c’est à la limite du Busiris ça…

    Quelle que soit la politique décidée, on aura des coupables en liberté, ou des innocent en prison, à nous de choisir ce qu’on veut…

    Par contre maître Eolas, je vous trouve injuste, voir limites quand à l’article du JDD (en considérant acquis la qualité de l’article, je ne l’ai pas lu, j’avais pas de lien).
    Soyons raisonnable, contentons nous d’exiger des journalistes qu’il fasse bien leur travail, réjouissons nous quand ils le font. Et tant qu’ils le font, ne nous demandons pas pourquoi…

    Commentaire par Adrien — 27/10/2008 @ 13:31

  5. Merci Aliocha pour votre réponse.

    Elle m’amène finalement à me poser deux questions: comment un individu se forme-t-il une opinion, et quel est le poids des journalistes (presse, tv, radio…) dans la formation de cette opinion?

    Quand j’ai une opinion ferme et bien assise, je suis toujours désagréablement surpris de constater que les journalistes ne relaient pas correctement MON opinion (qui est bien entendu la bonne). C’est le cas aujourd’hui sur l’effondrement de la justice.

    Quand je n’ai pas d’opinion, j’écoute et je lis celle des autres et me forge petit à petit une intime conviction. Les journalistes ne relayant pas que des faits, mais également des opinions (les leurs ou celles de leurs invités), ils contribuent fortement à ma prise de position.

    Sauf que depuis qu’il y a Internet, j’ai accès aisément aux opinions d’autres personnes, pour ma part aux travers des blogs.

    Mais je pense que je m’écarte du sujet de votre billet. Bravo aux journalistes du JDD (que j’avais lu sur Internet, via la « revue de presse » de Google… C’est dire:).

    Commentaire par Zythom — 27/10/2008 @ 13:33

  6. « …non pas sur des faits mais sur une vague impression … »

    Pourtant, les exemples de lèche-bottage du pouvoir ne semblent pas être exclusivement un vague fantasme de spectateurs du journal de tf1.

    Commentaire par Pierrot — 27/10/2008 @ 15:00

  7. Bonjour Aliocha, et merci pour votre blog.

    On se demande vraiment de quoi se plaignent les magistrats !
    Au moins la presse a parlé de leur manifestation, au lieu de se taire comme pour la grève de deux jours (16 et 17 octobre) des médecins hospitaliers.
    Et puis subir un emballement médiatique au sujet d’une « toute petite » erreur de frappe, ça peut être considéré comme un « tout petit » retour de flamme après les emballements que certains d’entre eux n’hésitent pas à faire sur des dénonciations calomnieuses juste pour « faire le beau » devant une assemblée de journalistes à la chasse au scoop (je pense à l’urgentiste de Valence, d’autres penseront au malheureux prof de Saint Michel)

    Commentaire par Le Bavard — 27/10/2008 @ 15:04

  8. Bonjour Aliocha,

    Je vois que vous avez occupé votre week end à de saines lectures qui, hélas, n’ont pas procuré à tous la même satisfaction.

    Une lutte s’est engagée, je crois, entre la presse et la justice. Eolas a pris le parti de la justice et vous êtes au milieu.

    Aliocha : en effet, et c’est dommage, nous avions mieux à faire que de nous battre.
    Il va vous falloir sortir casquée et solidement emmitouflée dans votre gilet par balle car les coups vont pleuvoir.

    Bonne chance Aliocha 🙂

    Commentaire par tschok — 27/10/2008 @ 16:08

  9.  » Un procès qui a l’étrange caractéristique de se fonder non pas sur des faits mais sur une vague impression, non pas sur pièces etc….  »

    Hum… ça me rappelle les charges contre les magistrats, et précisément, attention, Alliocha, on va vous dire que le corporatisme vous gagne !! ;-))

    Plus sérieusement, sur l’accusé parti avant que la Cour d’Assises ne statue, je suis évidemment d’accord avec Eolas. Et note qu’il n’y a rien à y faire : il aurait pu ne pas comparaitre du tout !

    Ce que vous avez l’air de souhaiter est qui est la seule solution serait de revenir à l’obligation de se constituer prisonnier avant le procès… Je doute du progrès.

    Ou alors, allons au bout du raisonnement et dès que vous êtes accusé d’un crime, la Bastille !

    Sur la seule foi de la gravité reprochée à défaut de celle des faits, cela va sans dire.

    Aliocha : je ne demande qu’une chose, que les querelles techniques ne soient pas systématiquement l’occasion de mettre la presse en accusation. Elle relaie un événément, on en discute entre gens civilisés, chacun donne son avis, précise que finalement ce qui est apparu choquant ne l’est pas, fort bien. Mais pourquoi faut-il que tout cela vire systématiquement chez Eolas au lynchage de la presse ? Pourquoi tous le sproblèmes judiciaires sont-ils peu ou prou le fait de l’incompétence supposée de la presse ? C’est cela, mon problème, rien que cela.

    Commentaire par Hapax — 27/10/2008 @ 17:15

  10. Chère Aliocha,

    Ce qui pose problème n’est sans doute pas tant que la presse se fasse l’écho de dysfonctionnements (qui pour certains n’en sont d’ailleurs pas vraiment, je ne sais pas si vous avez idée du nombre de prévenus qui n’attendent pas le résultat du délibéré du tribunal correctionnel quand le parquet a requis un mandat de dépôt…) que cette façon, pour aller plus vite, plus fort que les autres, de vous reprendre les uns les autres, de tous vous précipiter en même temps là où on a fort obligeamment envoyé un gros os bien alléchant avec un peu de viande autour que tous vont se disputer.
    Certes Claude Askolovitch a posé des questions pertinentes à la ministre (à laquelle, si ceux qui se sont tapé la lecture de « Je vous fait juges » et m’en ont fait un résumé n’ont pas été trop partisans, il a auparavant plutôt servi la soupe). Mais il ne me semble pas que les réponses aient été franchement discutées, alors qu’elles pouvaient paraître discutables ou à tout le moins un peu courtes (comme dirait mon ami Philippe H.). C’est sans doute lié au format nécessairement restreint de ce type d’exercice.
    Il me semble que vous aviez aussi trouvé méritoires les efforts d’Arlette Chabot pour poser certaines questions, alors que, je vous le confesse, elle m’avait plus fait penser à un caniche qui venait mordiller les lacets qu’à un berger allemand qui attendait des réponses.
    Je m’aperçois d’une fâcheuse tendance de ma part à faire des métaphores canines s’agissant des journalistes. N’y voyez aucune connotation péjorative, mais peut être la conviction que les journalistes font partie, comme les magistrats, des chiens de garde de la démocratie et que les voir, les uns et les autres, se transformer en bichons maltais (voire en « la voix de son maître ») n’est pas rassurant.
    La responsabilité en revient d’ailleurs certainement plus aux patrons de presse qu’aux journalistes, ça n’en est pas moins regrettable.

    Aliocha : Certes, Dadouche, mais ce n’est pas en nous divisant que nous avancerons. Et puisque vous êtes ici je vous pose la question suivante : quelle profession subirait sans dommages le regard perpétuel de milliers, voire de millions de paires d’yeux sur ce qu’elle fait quotidiennement ? La vôtre ? Nous savons vous et moi que non. Celle d’Eolas, pas davantage. Je suis lasse de ces critiques perpétuelles qui ne font pas l’effort de comprendre le métier, de ces moqueries arrogantes, de ces charges injustes. Charges d’autant plus injustes que lorsque j’observe les avocats travailler j’ai du mal à les supporter ensuite en donneurs de leçons.
    Je me souviens de celui qui m’avait envoyé un article deux fois trop long et me recommandait avec une infinie commisération d’allonger la page. J’aurais du le dire à l’imprimeur, ça l’aurait fait rire. De celui qui voulait à toute force être interviewé sur une nouvelle loi qu’il n’avait pas lue, qui m’avait raconté des âneries, ignorant que j’étais juriste et que j’avais lu le texte,et me priait instamment de le citer dans mon article. De cet autre qui m’avait confié sans que je lui demande rien que le montage qu’il avait fait pour un client ne tenait pas la route mais qu’il voulait que je l’interviewe et que bien sûr il ne dirait pas où était le problème mais expliquerait simplement qu’il avait réussi ce qu’un autre de ses confrères avait échoué. Je précise que comme il m’avait cité le confrère, il était simple pour moi d’aller le voir et de démolir son client. De cet autre encore qui, parce que j’avais refusé de publier un de ses articles consistant en une longue publicité pour son client sans aucun contenu juridique, jugea nécessaire de m’envoyer une lettre d’insulte de 3 pages sur le papier à en-tête de son cabinet pour faire mieux et surtout pour me faire peur. Et de celui qui avait ajouté en bas de son interview « merci à Me untel pour la qualité de ses réponses » estimant que les journalistes devaient apprendre à remercier les avocats et que cela devait figurer dans le texte imprimé de l’article. Et d’un particulièrement charmant qui, parce qu’une de mes consoeurs, docteur en économie, avait modifié le titre trop long de son article lui avait adressé une lettre commençant par « votre incompétence n’a d’égal que votre impolitesse mais je n’ai malheureusement pas le temps de faire votre éducation ». Et je vous épargne la très longue série des soi-disants spécialistes qui ne connaissent strictement rien à la matière qu’ils traitent mais sont persuadés que l’imbécile de journaliste n’y verra que du feu. Et je devrais accepter que mes confrères soient moqués pour des questions de vocabulaire par ces gens-là ? Je devrais me taire quand cette éminente profession nous fait passer pour des imbéciles et qu’on se gausse en coeur sur un blog de ces pauvres journalistes franchement trop nuls en droit et en tout le reste. Allons Dadouche, ce n’est pas possible. C’est trop révoltant.

    Commentaire par Dadouche — 27/10/2008 @ 19:13

  11. non pas que mon opinion ait valeur de sondage, mais voici l’essentiel de ce que je reproche à la presse.

    d’abord la qualité du rédactionnel
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    entendons nous bien, je ne suis pas du genre à hurler et réclamer au moins une troisième guerre mondiale à la moindre virgule oubliée. Je parle de tout autre chose: la façon dont la publicité influe sur le rédactionnel.
    que TF1 ne diffusera jamais une émission sur le travail au noir dans les chantiers de construction est une chose qu’à la limite je peux comprendre.
    Seulement le vrai problème est qu’à force de lisser un article pour être certain qu’il ne va pas irriter tel ou tel gros annonceur on finit par arriver à des articles lisses, incolores, inodores et sans saveur et qui finalement n’intéresse que… vos annonceurs.

    la recherche du scoop
    ————————
    votre argument choc pour « justifier » la sortie d’un article un peu prématuré est: la recherche du scoop.
    en quoi est-ce différent que de dire carrément: « nos articles sont bidons jusqu’à preuve du contraire »?
    Je m’en fiche du scoop. La presse est sensée m’aider à m’informer, à réfléchir pour finallement me permettre d’effectuer mon devoir de citoyen. Quel est l’intérêt d’aller payer pour un journal s’il m’appartient d’aller vérifier l’existence même de l’info mentionnée?
    Vous viendrai t’il à l’idée de payer votre plombier et faire vous même la réparation?

    complaisance?
    ——————————-

    soyons clair, la vulgarité déguisée en impertinence n’est pas à mon sens un signe de grand journalisme. Je n’ai quasiment aucune chance en tant que citoyen d’interviewer tel leader d’opinion. Mais vous si et c’est même votre métier. Alors j’attends que l’on pose des questions que j’ai vraiment envi de poser.
    Entre les questions cirage de pompe et l’agression gratuite j’imagine que l’on doit pouvoir poser le curseur quelque part. Est-ce déshonnorant de reposer, voire préciser, une question à une réponse confuse? Est-ce d’ailleurs déshonnaorant de dire clairement que l’on ne souhaite pas répondre (mais c’est un autre débat).
    Au dela de ça, j’attends aussi de l’analyse.
    Je n’aime pas le canard pour une raison précise: ils partent de l’unique postulat que l’action politique n’est que du calcul machiavélique de gens qui ne cherchent qu’à nuire.
    Ce n’est pas entièrement faux, mais ce n’est pas toute la réalité. Le politique doit aussi tenir compte de rapports de force, on et en démocratie après tout. Est-ce déshonnorant d’expliquer cela? Lesquels? Est-ce déshonnorant de dire qu’à telle question, un premier ministre en exercie peut difficilement apporter tel genre de réponse? Expliquer c’est cela aussi votre travail.

    l’effet contre pouvoir
    ———————-

    terme faute de mieux. J’en ai simplement marre de voir des anonymes faire la une de certains journaux pour des affaires qui les dépassent, auxquels ils sont étrangers.. mais que le journaliste à déjà jugé. J’en ai marre parce qu’une fois le pot aux roses découvert je pense pouvoir affirmer que le nombre de fois ou un mea culpa ait été formulé par la presse tient sur les doigts d’UNE main depuis au moins 20 ans.
    Oui mais le monsieur restera le coupable, celui qui devra toute sa vie se justifier de telle ou telle coupure de presse.
    Annoncer avec des titres d’une même épaisseur que vous vous excusez, c’est la moindre des choses.

    les publi reportage
    ————————
    lorsqu’un article qui est une quasi copie d’un texte en provenance directe de telle société ou telle association est publié en l’état sans mentionner ce « détail », ben dites, faites, racontez ce que vous voulez, cela ne s’appelle pas du journalisme, mais du publi reportage et devrait être mentionné comme tel.

    le partie prit
    —————–
    qu’un journal affirme son orientation politique ou autre ne me pose aucun problème. la neutralité objective, j’attends encore que l’on me montre comment on fait.
    Mais tout de même, et c’est un partisan du OUI à un certain référendum qui écrit, lorsque l’unique média dans lequel les nonistes ont pu s’exprimer sans être caricaturés est internet. Ben il y a un problème. Une information tronquée délibérément cela porte un nom: propagande.
    Et quand j’ai entendu France Inter faire une spéciale depuis Limoges pour essayer de comprendre les raisons du non avec sur le plateau exclusivement des gens ayant appelés au oui, je me suis demandé dans quel monde ont vit. En tout cas j’aurai pas été fier d’être journaliste de cette vénérable maison.

    L’affaire Genestar
    ————————–

    Voilà un exemple intéressant. Lors d’un « accrochage » avec Eolas vous nous avez dit que lors de l’éviction de Genestar persone n’a bronché.
    C’est exact, à l’époque je me suis même étonné d’être le seul de mon entourage à manifester mon indignation et c’est précisément une des raisons pour laquelle Sarkozy n’aura jamais ma voix.

    Mais détrompez moi si je m’abuse, elles sont où les protestations de vos confrères?
    Un vague communiqué peut sans doute être trouvé en cherchant bien, mais le point de vue de M. Apathie sur l’émission « les infiltrés » a à ce jour fait couler autrement plus d’encre. Le sujet est intéressant, une réflexion sur la déontologie journalistique tout de même, je suis d’accord avec aucun de ces arguments et c’est ce qui m’intéresse le plus dans son argumentation. Mais savoir qu’en France, un homme chef d’un parti politique peut faire virer quelqu’un sur un simple coup de fil. J’ai tendance à dire que c’est préoccupant.
    Surtout qu’il y a récidive.

    En espérant que la volée de bois vert ne vous déprimera pas trop. Il y a parfois de bons journalistes; mais si peu et tellement de gens qui n’ont rien à faire dans ce métier.

    Commentaire par Fred — 27/10/2008 @ 20:28

  12. Aliocha, je vous trouve étonnamment virulente, on se croirait chez Eolas, à moins que mon expertise à votre sujet ne soit trop limitée et que votre calme habituel ne masque une certaine propension à l’agacement 😉
    J’aime votre blog aussi pour le ton que vous y maintenez, qui justement tranche avec l’ambiance « cassage » du blog d’Eolas, qui fait que je n’y lis presque plus les commentaires.
    Alors je vous en supplie, soyez gentille avec Fred :p

    à Fred justement: pour la campagne du referendum sur le TCE, vous oubliez quand même la moitié de l’histoire là. Je me rappelle très bien avoir vu Clémentine Autain expliquer, sur france 5, que le traité permettrait d’interdire l’avortement puis confesser qu’elle ne l’avait pas lu, le traité, parce qu’elle était comme la majorité des Français et qu’elle n’y comprenait rien (c’était tellement beau, j’en ai pleuré). Je me rappelle aussi avoir vu et entendu jusqu’à la nausée Fabius-un-jour-je-serai-Président, le facteur qui a aujourd’hui exprimé son grand sens démocratique sur lemonde.fr, et aussi l’imbécile-qui-prend-le-métro-comme-les-vrais-gens-dans -la-vie alias Mélenchon.
    Certes, c’était dans un second temps, mais ç’a été assez efficace si ma mémoire est bonne, et assez long pour me marquer durablement en tous cas (et me convaincre d’aller voter d’ailleurs)

    Aliocha : Rassurez-vous, je suis d’un naturel calme, mais cela n’interdit pas les emportements, surtout quand Eolas fait absolument tout pour déclencher ma colère. Fort heureusement, il est jusqu’ici le seul capable de me faire perdre mon calme légendaire.

    Commentaire par Braillard — 27/10/2008 @ 20:53

  13. @Aliocha : …et qu’on se gausse en coeur sur un blog…

    Je crois que l’honneur de la Presse vous tient trop à choeur. 😉

    Commentaire par Mussipont — 27/10/2008 @ 21:41

  14. @ Braillard,

    En fait, Eolas n’est pas le seul à pouvoir faire perdre son calme à aliocha, je vais peut-être avoir l’occasion de vous le démontrer.

    @ aliocha

    Vous êtes injuste envers Eolas, et franchement, qualifier son billet de « lynchage » est pour le moins excessif. Il y écrit même que ce « haro sur le baudet » est de bonne guerre. Il fustige par contre, à juste titre, l’emploi du terme « récidiviste », qui n’est pas le terme le plus technique du monde, et dont on peut espérer qu’il soit à peu près maitrisé par des journalistes, même dépourvus de toute connaissance juridique, lorsqu’ils traitent de la chose judiciaire.

    Beaucoup de magistrats se sont posés la question de savoir si le timing de cette histoire n’était pas un peu trop précis pour être honnête. Il semblerait que non. Mais qu’un effet d’opportunité ait pu jouer, allez-vous le contester ?

    N’avez-vous pas maintes fois expliqué que les journalistes étaient soumis au dictat des communicants, et instrumentalisés par ces derniers, à qui ils ne servent plus, bien souvent, que de chambres d’écho ? Et si cela avait été le cas en l’espèce ? Je ne dis pas que ça l’a été, je n’en sais rien, mais quid si cela l’avait été ? Si des coups de fil avaient été passé dans les rédactions ? Si d’habiles encouragements avaient été opportunément prodigués ? Il faudrait laisser vos confrères, reproduire sans désemparer les commentaires persifleurs de ceux qui trouvent un avantage à persifler, et ne pas pointer du doigt les erreurs, car dans le fond ils font un travail formidable ?

    Bêtises que tout cela.

    J’aime penser qu’un procès, comme un article de journal, ont ceci en commun qu’ils sont des lieux où il importe d’établir la vérité. L’effort est immense, il est incompatible avec toute forme d’erreur. Je ne déduis pas de leur existence que les journalistes sont des incapables, pas plus que je ne pense que le greffier qui a utilisé la mauvaise trame, ou inscrit le mauvais terme en est un. Je ne crois pas pourtant pouvoir éviter le terme d’erreur, dans un cas, comme dans l’autre.

    Je sais que vous en avez après le pointillisme exigeant des experts. Je me demande si à trop vous laisser agacer par leurs excessives rigueurs, vous ne laissez pas passer une chance de vous en faire des alliés, contre la simplicité biaisée, partiale et trompeuse de ces as de la communication, que vous pourfendez par ailleurs.

    Aliocha : Eolas vient d’écrire le dernier mot chez lui sur cette polémique. Réjouissez-vous, vous pourrez désormais attaquer la presse en toute tranquillité, je ne viendrai plus vous déranger. Je le « lâche » comme il m’en prie si élégamment.

    Commentaire par Fantômette — 27/10/2008 @ 22:26

  15. Chère Aliocha,
    Vous êtes décidément trop sympathique, trop honnête, trop sincère, trop exigeante, trop « Aliocha Karamazov », en un mot, pour qu’on ne se sente pas injuste, cruel et quelque peu morveux de profiter de votre blog pour critiquer la presse de façon unilatérale. Vous vous trouvez à peu près dans l’inconfortable position du guichetier de la Poste qui essuie toute la vindicte des usagers un jour de grève, justement parce qu’il se trouve là et ne fait pas la grève (et que le bureau de poste, forcément, est plein à craquer de citoyens ulcérés). D’ailleurs, étant prof moi-même, je crois que je réagis à peu près comme vous lorsque ma profession est attaquée (nuls, toujours en vacances, et en grève le reste du temps, démissionnaires, tire-au-flanc, syndicalistes, cramponnés à leurs privilèges). Avec les journalistes, je crois que nous pourrions fonder un syndicat (idée de prof, évidemment) des mal-aimés.
    N’empêche. Lorsque je critique la presse, je pense à ce que je vis comme enseignant. C’est un métier passionnant, exaltant, épuisant, que font des milliers de personnes extraordinaires, dans des conditions dont la plupart de nos concitoyens n’ont pas idée. Et pourtant, je suis le premier à penser que, malgré tous ces profs dévoués et compétent, l’Education nationale va très mal, qu’elle ne peut pas remplir actuellement son rôle et que nous, profs de base, ne pouvons rien contre « le système » : toute notre bonne volonté est impuissante à éviter un immense gâchis. Je dirais même, en forçant à peine le trait, que notre système éducatif semble conçu pour déjouer les effets bénéfiques des bonnes volontés.
    Il n’y a pas d’autres raisons à la déprime qui nous saisit presque tous, même si nous l’analysons et l’exprimons de manières différentes.
    Lorsque l’optimisme reprend le dessus, je me dis que ce sont les êtres humains qui comptent, et que la somme des bonnes volontés réunies peu à peu finira pas changer « de l’intérieur » la grosse machine que nous voyons chaque jour abimer les jeunes qui nous sont confiés. Le reste du temps, je crois qu’il n’y a d’autre espoir que de rebâtir, à côté du monstre, d’autres centres d’enseignement : solution qui hélas répugne profondément à mon amour pour l’école et mon métier de fonctionnaire, et dont les conditions heurtent de toute façon mon sens de la justice. En attendant, je ne vois d’autre voie que de continuer à faire mon métier du mieux que je peux, heureux lorsque j’ai l’impression d’avoir un peu contribué à « sauver » quelques élèves, et bêtement très heureux lorsque l’un ou l’autre en témoigne même quelque reconnaissance (c’est rare et je ne m’en offusque pas — je n’ai fait que le métier pour lequel l’Etat m’a permis de me former et pour lequel il me paye désormais).
    Voilà, en ce qui me concerne, la base, l’expérience à partir de laquelle il m’arrive de réfléchir au rôle de la presse aujourd’hui.

    Commentaire par Philarete — 27/10/2008 @ 22:31

  16. aux donneurs de leçons:
    quand la presse relaie les propos déplacés, erronés , voire manipulateurs, d’un procureur ou d’un avocat (exemples que je prend comme ils se présentent ) , je voudrais bien savoir: est-ce les journalistes, et uniquement eux, qu’il convient de fustiger?

    Commentaire par Doc — 27/10/2008 @ 22:42

  17. Je sens que votre courroux vous emporte. Je comprends, j’en passe régulièrement par là.
    Si l’on reprend les choses, ce n’est pas « les avocats » mais Eolas qui a fait part de son point de vue désapprobateur sur le traitement journalistique de certains événements récents liés à l’actualité judiciaire.
    Moi aussi je peux vous en citer, des journalistes qui assènent sur un ton sentencieux des « vérités » définitives sur la justice (sur le mode « tout le monde sait très bien que »), des localiers qui flinguent des enquêtes, des mal-comprenants qui vous citent à l’envers (et vous font accessoirement passer pour une cruche). D’accord ça nous défoulera, mais ça ne fera pas beaucoup avancer le schmilblick.

    Il me semble que nos professions respectives traversent, avec d’autres, une crise similaire : manque de confiance de l’opinion publique alors que notre crédibilité fait notre force, méconnaissance des principes et réalités inhérents à nos fonctions, perte subreptice d’indépendance, que nous dénonçons dans le désert. Je suis d’accord avec vous sur de nombreux points, et notamment celui-ci : ce n’est pas en nous divisant que nous avancerons. Et il est vrai que la tentation est grande pour les journalistes de taper sur une cible facile et dans l’air du temps et pour les magistrats de dire « c’est la faute à la presse qui abêtit l’opinion publique si nous ne sommes pas compris ».

    Je ne pars pas bien loin, et je serai ravie de rediscuter avec vous de cette question de l’emploi des termes juridiques (qui interroge notamment sur le rôle que pourrait/devrait jouer la presse dans l’éducation à la citoyenneté), quand on aura tous pris une petite verveine et fait un bon dodo.

    Commentaire par Dadouche — 27/10/2008 @ 23:17

  18. @Aliocha : « Eolas vient d’écrire le dernier mot chez lui sur cette polémique. Réjouissez-vous, vous pourrez désormais attaquer la presse en toute tranquillité, je ne viendrai plus vous déranger. Je le “lâche” comme il m’en prie si élégamment.  »

    Ah non pas ça! Il faut impérativement continuer à vous défendre chez Eolas et ne rien laisser passer! Il veut la bagarre, pointez les incohérences des avocats!

    Commentaire par Mussipont — 27/10/2008 @ 23:23

  19. @Doc : tout à fait, bien souvent la presse ne fait que reprendre les arguments d’une des parties, souvenons nous de cet avocat qui complaisament avait indiqué à la presse que son client avait soi-disant été sélectionné pour être dans le jury de son propre procès : il était le premier à savoir que la procédure empêchait ce genre de choses mais n’a pas pu résister à l’envie de se faire mousser dans les médias et était donc le premier responsable de la cacophonie médiatique qui s’en est suivie.

    Allez Aliocha, j’espère que la nuit vous permettra de retrouver votre sérennité, le blog d’Eolas ne serait plus le même sans vous. Il peut se passer d’Augustissime mais pas d’Aliocha.

    Commentaire par Mussipont — 27/10/2008 @ 23:29

  20. @ aliocha
    Je viens de lire votre commentaire sur le blog d’Eolas, suite au billet « Au secours ! Un homme libre s’est évadé ! »
    Eolas cite l’article de Maud PIERRON pour le JDD intitulé: « Au procès, un violeur s’enfuit », à charge contre votre thèse sur l’impartialité au moins supposée de la presse. Vous citez la conclusion du journaliste, notant qu’il n’y a aucune erreur de la Justice. Pour autant, comment reconnaitre, dans le même texte, qu’un homme est à la fois libre et en cavale, violeur avant d’avoir vu sa culpabilité prononcée?
    Je comprends que vous défendiez votre profession, elle en a besoin, quand les puissances politiques et financières sont à deux doigts du coup de grâce de transformer l’information en relais communicationnels. Elle doit être défendue a fortiori, non par les professionnels, mais l’ensemble des individus qui savent ce qu’un pays devient lorsque les médias sont asservis aux seuls intérêts politiques.
    Cet article contient trop de contradictions pour être ou sérieux, ou honnête. Et ce n’est pas en défendant ce genre de papier que vous défendez au mieux, de mon modeste point de vue, votre profession.
    Vous connaissez forcément la prégnance du symbolique sur le sémantique et n’ignorez pas qu’un titre accrocheur vaut 100 conclusions détaillées. A quoi bon titrer:  » le violeur s’enfouit », si c’est pour expliquer ensuite qu’au moment où il ne s’enfuyait pas, il n’avait pas encore été reconnu coupable?
    De l’explication il ne restera que la part de miettes laissée par l’impact du titre, qui aura fait son travail. Et c’est bien dans ce titre qu’est contenue toute la part de communication, de la campagne de communication, orchestrée par des professionnels qui usent des journalistes comme les plumes de leurs volontés.
    Ce n’est pas que les journalistes soient des imbéciles, loin s’en faut à quelques exceptions près, c’est qu’ils sont simplement humains et que certaines qualités sont rares.

    Commentaire par Barbecane — 27/10/2008 @ 23:37

  21. Franchement Aliocha, l’entretien du JDD n’est pas d’une rare pugnacité envers la Garde des Sceaux. Poser des questions utiles c’est un bon début, mais on reste quand même loin de JMA.

    Barbecane (ci-dessus) a raison, vous n’avez pas choisi le meilleur cheval de bataille pour polémiquer avec Eolas. La période est propice à tous les excès et fatigues des deux côtés, Internet a toujours exacerbé les passions et mène parfois les esprits les plus équilibrés à poster dans l’émotion des mots qu’ils peuvent regretter très longtemps.

    Évitez de gâcher vos talents respectifs dans un affrontement stérile, vos professions et lecteurs ont trop besoin de vous en ce moment.

    Commentaire par Kemmei — 28/10/2008 @ 00:14

  22. Après réflexion, on voit que le journaliste fait de gros efforts, et puis le JDD n’est pas Rue89. Mon premier paragraphe est un peu injuste.

    Du coup mon commentaire sert principalement à prouver comment on peut dire des bêtises trop vite… Manque une fonction « Edit » sur les blogs. 😦

    PS : Fantômette explique bien aussi.

    Commentaire par Kemmei — 28/10/2008 @ 00:27

  23. @Aliocha

    Il est évident que le très cher maitre a manqué d’élégance à votre égard.
    Peut-être est-ce lui le premier qui a perdu son flegme.
    A mon avis il vous doit un bouquet de fleurs (au moins…).

    Commentaire par Eric Moget — 28/10/2008 @ 01:18

  24. @ Aliocha

    J’en suis à mon 6eme AR entre votre blog et celui d’Eolas.
    Cette querelle est un peu stérile, non ?

    d’autres débats qui ont pris place ici me semblent infiniment plus intéressants (papier vs web, la place des blogs perso dans les sites web des journaux, le pouvoir des communicants, etc. )
    On vous attend aussi ( et oui!) sur l’analyse critique du traitement de l’actualité. Un décryptage devenu + que nécessaire avec la multiplication des supports d’information.
    Bref, un temps plein ! 🙂

    Commentaire par Phedra — 28/10/2008 @ 03:27

  25. bonjour

    halte au feu : c’est vrai que les deux mondes souffrent d’une grave crise de confiance mais enfin ces deux blogs sont quand même au dessus du lot

    alors discutez, asticotez vous, mais maintenez le dialogue

    a+

    Commentaire par rafale — 28/10/2008 @ 09:25

  26. @ Aliocha :

    Ah, la tirade sur les avocats sous le commentaire de Dadouche, un régal !

    Comme le disait un célèbre avocat pénaliste, « les juges nous prennent pour de riches prétentieux ! Riches ? Non… » 

    Cela étant, je suis franchement d’accord avec Eolas sur ses coups portés contre vos confrères… je n’ai jamais trouvé ça démérité dans les articles attaqués.

    Au-delà du fait que pour le spécialiste, la vulgarisation est toujours une trahison et qu’en matière judiciaire les contresens sont faciles, quand vous avez l’esprit rigoureux – et Eolas l’a – vous attendez la même qualité des personnes qui viennent regarder votre travail ou le monde professionnel où vous évoluez.

    Et, franchement, ça fait défaut. Mon expérience de la presse est assez simple à résumer : quand vient le tour des plaidoiries de la défense, les journalistes sont rentrés chez eux (il est tard), et le compte rendu de l’audience que vous lirez le surlendemain sera à l’aune des réquisitions : à charge. Et la décision de relaxe ne sera pas connue.

    Dans un autre cas, j’ai souvenir d’un de vos Confrères qui n’avait assisté à rien sauf au prononcé du délibéré et qui malgré la relaxe, interroge, péremptoire : « que votre client ait été poursuivi, c’est bien la preuve qu’il y a eu des dysfonctionnements au sein de ses services, et dont il était responsable ? »… c’est sûr c’était vendeur… la réponse avec au milieu un incoupable « pour dire cela, vous ne connaissez pas le dossier » l’était moins.

    C’est cela qui énerve : entendre parler de choses tronquées et mal connues.

    Evidemment il y a des nuances : les journalistes qui portent des affaires, assistent à toutes les audiences, écoutent, et sont prêts à rectifier dans leur journal le papier de la veille.

    Mais voyez vous, Aliocha, lire la presse présenter des procès est parfois comme voir les films ou téléfilms qui touchent le domaine du judiciaire… que ne se sont-ils faits conseiller ! Rien de pire que de regarder un film et que le dénouement soit en pratique impossible. On a l’impression d’être floué.

    L’information entraine une attente supérieure, évidemment.

    Et puis, bon, comme d’habitude, comment voulez-vous aller tresser des louanges à des Robert-Diard ou des Durand-Souffland ?

    C’est tellement plus intéressant de les lire…

    Commentaire par Hapax — 28/10/2008 @ 11:05

  27. Au fait, Aliocha, j’allais vous dire qu’avant de prononcer des mots définitifs, il fallait prendre en compte le stress de l’avocat (l’espèce d’état de choc qui vous saisit quand vous vous prenez une claque judiciaire dans la figure).

    Or, je vois qu’Eolas aborde le sujet dans un post dernièrement publié.

    Je dis ça comme ça, naturellement.

    Commentaire par tschok — 28/10/2008 @ 16:31

  28. Bonsoir tschok, bonsoir aliocha

    J’allais peu ou prou écrire la même chose, c’est devenu doublement inutile.

    Je retourne au charbon, la tête froide et les mains brûlantes – à moins que ce soit l’inverse.

    Commentaire par Fantômette — 28/10/2008 @ 16:47

  29. Je me joins aux autres: ne renoncez pas à vos débats avec Eolas ! ils sont passionnants.
    Une bonne nuit de sommeil, quelques jours de vacances (?) et ça ira mieux. Beaucoup de métiers sont difficiles, mais ils offrent parfois de beaux moments…

    Commentaire par Billevesée — 28/10/2008 @ 18:09

  30. Bonsoir Fantômette,

    Moi c’est fini pour aujourd’hui. Ce soir, je rentre tôt, j’en ai ma claque.

    Il va falloir que je réfléchisse à tout ce (bordel) qui vient de se passer.

    Puisque cela traduit des choses plus profondes.

    Et marcher dans les rues de Paris, même sous la pluie, est propice à la réflexion.

    Commentaire par tschok — 28/10/2008 @ 19:04

  31. Marcher dans les rues, même sous la pluie. Surtout sous la pluie. Je vous rejoins – par la pensée.

    Je vous ai posé beaucoup trop de questions chez eolas, je vous prie de bien vouloir m’en excuser. Ne répondez que si vous le souhaitez et que votre emploi du temps vous le permet.

    Commentaire par Fantômette — 28/10/2008 @ 20:15

  32. Un point me gène dans ce billet. L’article du JDD ne me déplaît pas, mais ce qui me choque est que le ton employé le soit suffisamment rarement pour que ce soit remarqué et félicité. Il me semblerait qu’un ton de ce genre, courtois mais sans concessions, devrait être la norme.

    La dernière fois encore que j’ai vu une interview à la télévision, c’était :
    1 – le journaliste pose une question,
    2 – l’interviewé répond à côté de la plaque,
    3 – le journaliste passe à la question suivante.

    Quel est dans ce cas la plus value du journaliste dans l’interview ? Il pourrait généralement être remplacé par une liste de question écrites, préparées à l’avance (peut-être par l’interviewé lui même ?). Un journaliste, même à la télé, n’est pas sensé être un simple animateur.

    Je me souviens de votre billet : « Les talons aiguille de Rachida ». Vous y dénonciez la main-mise des communicants, et le découragement des journaliste résignés. J’y étais particulièrement choqué par le comportement passif des journalistes. Ce n’est pas parce qu’elle répond moins bien qu’un de ses collaborateur qu’il faut arrêter de lui poser des questions, y compris des questions qui font mal (tout en restant courtois, l’un n’empêche pas l’autre).

    Dans un autre article, vous dites : « Un journaliste, c’est un esprit libre. On ne se lève pas devant un ministre, on n’applaudit pas à la fin d’un discours, on ne s’incline devant rien ni personne. » Et on ne pose pas de questions ?

    « Les pressions, les attaques, les menaces, les chantages sont notre lot quotidien. On s’en moque, mieux, on y prend souvent plaisir, par nature nous sommes un gigantesque pied de nez à toutes les formes de tyrannie. »

    Il y a peut-être un grand problème de compréhension, ou bien le combat est-il peut-être déjà perdu, et ce qui vous semble une grande victoire n’apparaît peut-être pas souvent de manière visible et mesurable à un simple lecteur, mais je ne reconnais pas en général les journalistes que j’ai pu lire dans cette description (La principale exception que je connaisse est le Canard, il y en a peut-être d’autre, et je serais heureux de les lire).

    Commentaire par Gathar — 29/10/2008 @ 00:05

  33. @ Fantômette,

    Huuuh?

    Oussa?

    Je débarque, là.

    J’vais voir.

    Mais avant, un com à déposer sous le post « contre Eolas ».

    Commentaire par tschok — 29/10/2008 @ 11:25

  34. Hello tschok

    Vous m’attrapez au vol, je repars plaider dans une petite demi-heure, et puis après, hop, en prison.

    (Un jour, j’appelais un client institutionnel pour annuler un rendez-vous suite à obligation impérative professionnelle m’obligeant à me déplacer en maison d’arrêt, et j’entends mon interlocuteur dire très sérieusement : « d’accord, je préviens Monsieur le directeur que vous ne pourrez pas assurer le rendez-vous cet après-midi car vous êtes sur le point d’être incarcérée ». J’ai laissé planer un léger silence, le temps de savourer l’admirable flegme de mon interlocuteur, avant de préciser qu’il s’agissait simplement de remplir une obligation professionnelle, mais que je devrais être admise à sortir rapidement).

    Heuuuu, où ça chez eolas, excellente question : il me semble que c’est sous son dernier billet (le transfert de charge, la satellisation de l’avocat par rapport à son client).

    Commentaire par Fantômette — 29/10/2008 @ 11:39

  35. Au fait,Fantômette,

    Avec tout ça j’ai oublié de vous dire: vous avez naturellement remarqué que cette affaire de faute de frappe est encore un lamentable accident provoqué par le contrôle séquentiel.

    A archiver, donc, dans la catégorie sous les mots clés « faute de frappe », « erreur matérielle ».

    PS: savoureuse votre histoire.

    Commentaire par tschok — 29/10/2008 @ 12:31


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