La Plume d'Aliocha

23/10/2008

Silence les Tartuffes !

Filed under: Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 15:55

Ah, bon sang ! Je voulais aujourd’hui laisser la place aux magistrats. En plus j’ai beaucoup de travail. Mais je viens de lire qu’un syndicat de journalistes, le SNJ, demande l’arrêt immédiat des Infiltrés, dont le premier numéro, consacré à la maltraitance dans les maisons de retraite, a été diffusé hier sur France 2. Au nom de la déontologie, disent-ils. Mais laquelle ? Celle que la profession est incapable d’adopter et de faire respecter ? Allons, laissez moi rire. Et penchons-nous sur ce que nous avons vu hier.

Indispensable caméra cachée

D’abord 45 minutes de reportage en caméra cachée sur une situation à vous donner la nausée. Je suis restée fascinée, incapable de m’arracher de l’écran, sentant bien que, pour une fois, nous avions de la vraie information et qu’il ne fallait pas en perdre une goutte. Je songeais aussi que ça faisait mal. Infiniment mal, il faut dire que dans notre monde aspetisé, on n’a plus l’habitude n’est-ce pas de voir des choses comme celles-là. Scandaleuse la caméra cachée ? Allons, soyons sérieux. Non seulement elle n’était pas scandaleuse mais elle était journalistiquement indispensable. C’était le seul moyen de savoir ce qu’il se passait dans cette maison de retraite. Quant au comportement de la journaliste, je l’ai trouvé exemplaire.  Avouez qu’il faut avoir le coeur bien accroché pour faire ce qu’elle a fait.

Un débat parfaitement mené

Ensuite, nous avons assisté à un excellent débat. La secrétaire d’Etat à la solidarité, Valérie Létard, a lancé immédiatement qu’elle allait porter plainte contre cet établissement. Et David Pujadas de lui rétorquer « nous ne vous donnerons pas les coordonnées de l’établissement, ce n’est pas notre rôle ». Voilà une affirmation qui mérite le débat. Je ne suis pas certaine que ce secret soit pertinent dès lors que la sécurité des personnes est en jeu. Or, c’est cela entre autre qu’a révélé le reportage. Puis les autres invités, tous professionnels dans ce domaine,  ont expliqué que le reportage n’était pas une surprise à leurs yeux, qu’ils dénonçaient cet état de fait depuis des années. Oui, mais qui les entendaient ? Moi qui ne connaissais rien de ce dossier, j’ai obtenu des réponses à toutes mes questions grâce à un débat parfaitement bien mené par David Pujadas. Et le plus terrible, c’est que la secrétaire d’Etat a appris autant des choses que les téléspectateurs. Je la crois sincère. L’émission était donc d’autant plus nécessaire. Il serait trop long ici de résumer toutes les informations essentielles que le reportage a permis de mettre à jour. Je relèverai néanmoins le fait que nombre d’intervenants se sont plaints des contrôles officiels qui ne permettaient de révéler que des maisons modèles. Forcément. De même qu’un reportage réalisé avec l’autorisation de l’établissement concerné n’aurait pu montrer qu’un paradis sur-mesure. Enfin,  je n’oublirais pas la dernière question de David Pujadas qu’il semblait avoir lue dans mon esprit :« ne sommes-nous pas tous responsables de cet état de fait, n’avons-nous pas au fond un manque de considération pour les personnes âgées? ».  En ce sens, l’émission ne nous a pas seulement révélé l’état des maisons de retraite en France, elle nous a également placés face à nous-mêmes. Douloureux et salutaire.

Tartufferies déontologiques

Et journalistiquement me direz-vous ? A la fin du reportage, je suis restée bouche bée. Il fallait que j’assimile ce que j’avais vu. Cela tranchait tellement avec le joyeux monde de Disney dans lequel on nous donne à chaque instant l’illusion de vivre. Quand j’ai eu repris mes esprits, j’ai songé : tant de scandale médiatique pour ce travail ? Tant d’indignation déontologique ? Mais de qui se moque-t-on ? Où étaient les tartuffes le soir où nous avons vu un reportage sur la presse féminine et ses dérives ? Où sont-ils ces valeureux moralistes quand chaque jour, à chaque instant, la déontologie est mise à mal par la communication et la publicité ? Par les cadeaux, voyages de presse et autres petits arragements entre amis ? Je ne les entends pas sur ces sujets-là. J’en déduis que l’on peut se faire acheter dans ce métier sans que personne ne soit choqué, mais qu’on ne peut pas en revanche avancer masquer pour faire son travail. En d’autres termes, il vaut mieux être un faux journaliste officiel qu’un vrai journaliste infiltré ? Si ce n’est pas de la tartufferie…

Pour le premier numéro des Infiltrés, je vous dis bravo Monsieur Pujadas. Vous avez fait un pari difficile, risqué, j’espère que vous parviendrez à tenir votre ligne rédactionnelle.

D’ici là, laissons les Tartuffes s’indigner, ça les occupe. Et vive le journalisme !

 

NB : Je vous recommande l’article de Rue 89, sa position est plus modérée que la mienne. Vous trouverez en lien sur ce site le communiqué du SNJ.

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19 commentaires »

  1. Bonsoir aliocha
    J’apprends à l’instant que la maison de retraite dont il est question dans le reportage a été investie par la police (source France 3). Alors voilà, des mesures seront prises contre cette institution – qui servira de bouc émissaire et de cache sexe – et c’est fini ? tant pis pour les 70 % qui posent problème ?

    Aliocha : On ne va pas se plaindre que l’Etat agisse dans ce dossier. Et je ne pense pas qu’on puisse en déduire a priori que ce sera la seule réaction. En revanche, cela met à mal une des défenses de l’émission qui consistait à préciser que les journalistes ne dénonceraient pas. Qu’ils aient cédé ou que la ministre ait trouvé toute seule, de toutes façons, l’argument tombe et cela risque de faire le bonheur des détracteurs de Pujadas. Cela étant, la position consistant à refuser de donner une information cruciale pour la sécurité des personnes n’était sans doute pas tenable.

    Commentaire par mahel — 23/10/2008 @ 19:25

  2. > »la position consistant à refuser de donner une information cruciale pour la sécurité des personnes n’était sans doute pas tenable »

    Sans doute d’un point de vue juridique pour une personne lambda … mais là il s’agit de journalistes qui, me semble-t-il, ont le « droit » de protéger leurs sources ?

    Aliocha : la maison de retraite ici n’est pas une source mais l’objet de l’enquête. La source, c’est celui qui les a alertés que cette maison était un lieu d’horreur (salarié, parent d’un pensionnaire…).

    Car celà risque bien de signer l’arrêt de mort de cette émission, bien que ce ne soit pas sûr.

    Si elle se popularise, bientôt tout stagiaire ou nouvel arrivant va être suspecté de faire de l’espionage.
    Alors, me direz-vous, si vous n’avez rien à vous reprocher, pourquoi s’inquiéter …

    Parceque les risques de dérapage sont nombreux !

    Aliocha : C’est pour cela que j’attendais de voir afin de me faire une opinion. Je vous ai fait part de mes doutes dans unbillet précédent, donc je ne suis pas inconsciente ou totalement étrangère à l’idée de déontologie. Je trouve ici que tout a été parfaitement contrôlé avec un grand sérieux. Maintenant que des organes comme le SNJ y voient un risque de dérapage si d’autres journalistes moins professionnels reprennent le concept, je le comprends fort bien. Mais on ne va pas arrêter de travailler tant qu’on n’aura pas d’instance déontologique. Si la profession a peur des voyous dans ses rangs, c’est à elle de prendre ses responsabilités. Nous avons tout à y gagner. Si elle préfère continuer de s’auto-censurer, et mal en plus, on n’ira pas loin.

    Et qu’il faut donc un « pilote » hors pair pour éviter les sorties de route. Pujadas semblait être celui-ci, mais si la police est effectivement intervenu, alors je comparerai ça à avoir renversé un bidon d’huile sur sa route !

    Aliocha : encore une fois, ce n’est pas une source. Par ailleurs, des reportages qui donnent lieu ensuite à des sanctions contre ceux qui y ont été dénoncés, il y en a tous les jours. Par exemple, beaucoup d’affaires d’entente entre le sentreprises faussant la concurrence sont révélées aux autorités par des reportages télé. L’émission que j’ai commentée dans un précédent billet sur les mannequins a mis la puce à l’oreille à un inspecteur du travail sur l’emploi illicte de mineurs, on le voyait dans le reportage lui-même. C’est notre boulot de dénoncer les scandales et je ne m’explique pas cette pudeur de Pujadas sur le sujet

    Oui, cette maison de retraite mérite qu’on y remette de l’ordre …
    Mais le débat a montré qu’il s’agit avant tout d’une question de moyen et de personnel qualifié en nombre suffisant. Pas une question de descente de police !

    Aliocha : je vous rappelle qu’un pensionnaire est mort faute de soins, il ne s’agit pas de punir des contrevants mais d’assurer la sécurité de personnes agées.

    Les infiltrés utilisent des méthodes d’investigation policière.
    Mais ce ne sont pas des policiers. Juste des dénonciateurs au public et aux pouvoirs publics, pour qu’ils prennent conscience de ce que l’on cache et qu’ils agissent pour améliorer … et pas seulement pour punir !

    Aliocha : Bilan provisoire de l’émission, une secrétaire d’Etat mobilisée, un public désormais parfaitement informé du scandale et une maison dangereuse identifiée. Moi j’appelle cela de l’excellent journalisme.

    Je rejoins donc le commentaire de Mahel ci-dessus.

    Commentaire par Yves D — 23/10/2008 @ 19:58

  3. Beaucoup d’histoires ne sont sorties que grâce au travail sérieux et acharné d’excellents journalistes, la plus célèbre étant – je pense – celle du Watergate. Ce n’est pas tant l’intervention de la police qui me dérange, au contraire. C’est plutôt, comme je disais, la possibilité que cette intervention soit la seule réponse au vaste problème des maisons de retraite ; notre gouvernement nous a malheureusement habitués à ces opérations coup de poing qui font plus de bruit que de résultats. Mais vous avez raison Aliocha : attendons de voir…
    En ce qui concerne l’attitude de Pujadas, si elle ne manque pas de panache, elle était déplacée étant donné les graves manquements qu’avait révélés l’enquête.

    Aliocha : sans gorge profonde, ils n’auraient été nulle part et on n’a pas toujours une gorge profonde sous la main….

    Commentaire par mahel — 23/10/2008 @ 20:46

  4. Pas d’accord.

    Nul besoin de se cacher pour avoir des informations de première main sur les conditions dans les maisons de retraites ! Interrogez les familles, les employés, et vous aurez vite une idée de ce qui se passe dans beaucoup de ces établissements… Aller ensuite interroger les dirigeants de ces mêmes établissements en évoquant les exemples donnés par les sources diverses : voir la porte se refermer est une information tout aussi intéressante !

    Aliocha : d’abord, je vous signale que parfois, il n’y a pas de famille, quand elles existent, elles ne sont pas informées, aucun témoignage n’aurait permis d’obtenir un résultat équivalent et le silence, même parlant, crie moins fort qu’une image. A une autre époque j’aurais été d’accord avec vous, mais pas aujourd’hui. Pas dans ce monde de pub, de marketing et d’endormissement généralisé. Il faut que nous adaptions nos méthodes.

    Le concept de l’émission est de scotcher le spectateur avec des images « volées ». Cela fonctionne : tant mieux pour Pujadas.

    Mais ce n’est pas du journalisme. Et il y a danger à ce que cette méthode prolifère…

    Enfin, sur l’intervention policière dont vous parlez : nul besoin d’un scandale à la télé pour déposer une plainte ! Le simple fait de savoir (même sans les images) que quelqu’un est laissé en danger suffit à faire ouvrir une enquête.

    Aliocha : et vous croyez vraiment que votre plainte aurait déclenché une intervention dès le lendemain de son dépôt, j’aimerais vous croire, mais j’ai du mal. Par ailleurs, vu l’état de l’établissement, qui ne datait pas du jour de l’arrivée de la journaliste, le simple fait qu’il soit encore ouvert à ce moment là montre que vous n’avez pas forcément raison.

    Commentaire par YR — 23/10/2008 @ 22:56

  5. Lorsque j’écrivais que je rejoignais le commentaire de Mahel, c’est sur l’aspect « la possibilité que cette intervention soit la seule réponse au vaste problème des maisons de retraite ».

    David Pujadas l’exprime bien à la fin de l’interview que l’on peut voir dans le lien vers l’article de Rue89 qu’Aliocha a donné: « l’objectif n’est pas de faire de la provocation, ni de piéger les individus, et de fait, leur anonymat est respecté. Il s’agit de mettre en exergue des systèmes de fonctionnement, pas des individus. [Le but du reportage en caméra cachée est de] poser des questions et derrière le débat est là pour y répondre.

    Or la première réaction de la Secrétaire d’Etat a été de dire: on va porter plainte, et de demander le nom de l’établissement fautif, car c’est forcément (malheureusement) un cas exceptionnel.

    C’est, dans cette intervention, sous couvert de responsabilité (corriger une infraction à la loi, et protéger des personnes en danger), une double attaque sur le concept même de l’émission.
    On « personalise » le cas, en le rendant particulier, et donc on critique la qualité du concept (« vous ne montrer qu’un cas particulier pour l’ériger en règle générale »). Or le débat montrera vite qu’au lieu de ne représenter que 4 des établissements, ce genre de dysfonctionnement existerait dans près de 70% d’entre-eux …
    Et puis on escamote le principe du débat, en recherchant les coupables de ce qu’on a vu à l’instant. La caméra caché nous a levé un beau lièvre … ou plutôt un beau bouc (émissaire) … bas les masques, donnez-le nous qu’on le cloue au pilori !

    Je comprend donc que Pujadas est rétorqué comme il l’a fait. Ce n’était pas de la non assistance à personne en danger.
    C’était à la fois protéger son émission, et éviter que le débat soit faussé, éviter qu’en « punissant » cette maison de « retraite », on laisse des dizaines d’autres continuer à maltraiter leurs pensionnaires.

    Mais je souhaite aussi répondre à Aliocha sur l’aspect « un pensionnaire est mort faute de soins ».
    Il ne faut pas être non plus naïf. De telles maisons de retraites sont aussi des mouroirs ! Il ne s’agit pas d’hopitaux, où on essaie de sauver des vies, mais bien d’endroits où on doit rendre la fin de vie la plus digne possible.
    Ce n’est donc pas tant la mort qui est tragique dans ces lieux, mais le manque de respect, la déhumanisation des personnes qui y vivent encore.
    Comme le dit si bien une pensionnaire: « on n’est plus utile à rien, mais on n’est pas des chiens quand même ».

    Alors fallait-il utiliser le procédé de caméra cachée ?
    Ou, comme le suggère YR dans son commentaire ci-dessus, se baser sur les témoignages ?

    D’abord il s’agit d’une émission de reportage TV. Il faut donc du visuel, du « vu à la TV », pour tous les bons St Thomas que nous sommes.
    Se contenter de témoignages, c’est un peu écouter les récits de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours !

    Or il est clair que ce genre d’image, choquantes, mais qui sont là pour mobiliser, en les touchant, les téléspectateurs, ne pouvait être obtenu qu’en caméra caché.

    Là encore, David Pujadas s’en explique très honnêtement.

    Commentaire par Yves D — 24/10/2008 @ 00:09

  6. Arrgh, que de fautes, même de grammaire (« … que Pujadas ait rétorqué… »). Bon comme punition, je ne commenterai plus jusqu’à lundi.

    Commentaire par Yves D — 24/10/2008 @ 00:12

  7. On peut peut-être discuter la méthode…Mais il faut parfois taper fort.
    Les vraies questions ont été posées, à une heure de grande écoute, sur un sujet tabou en France : le devenir des vieux.

    Après ce reportage, on s’interroge…

    – comment se fait-il qu’il n’y ait pas de véritables contrôles ?
    – pourquoi on en arrive à une aide soignante pour 18 « résidents » ?
    – Pujadas donne le prix moyen d’une maison de retraite : 1700 euros. Il faut savoir que lorsque la maison est médicalisée, le tarif moyen pour quelque chose de décent ( en province) est plutôt de 2500 euros…et encore.
    Si vous voulez que votre parent dépendant soit traité normalement, comme un être humain avec son histoire, son caractère, ses habitudes, si vous voulez pour lui autre chose que simplement une chambre + une aide à la toilette…il faut plutôt compter 3500 euros par mois! Pourquoi de tels tarifs ? Qui peut se permettre cela, aujourd’hui en France ?

    Commentaire par Phedra — 24/10/2008 @ 00:29

  8. Bonjour,

    Deux remarques en passant:

    1) La methode utilisé et le sujet abordé n’ont rien de révolutionnaire. En septembre 2003, « Lundi investigation » a fait la meme chose. Mais l’impact de l’emission probablement moindre.
    « Personnes âgées : le business des mouroirs », sur « ces vieux qu’on ne veut plus voir ».

    2) Que la secretaire d’Etat prétende découvrir la situation est plutot incroyable et inquiétant.
    Comme le dit un commentaire plus haut il suffit d’interroger les familles et personnes travaillant la pour connaitre la réalité.
    De nombreux livres et articles sont deja parus:
    Existe t-il un plan antivieux, 2007
    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=24388

    N’y a t-il pas d’hypocrisie dans tout cela ?

    Aliocha : Peut-être, ou simplement une relative impuissance. Les moyens de contrôles ne sont jamais aussi performants qu’on le souhaiterait, c’est pourquoi la presse est utile tant aux citoyens qu’aux politiques. C’est là qu’elle joue réellement son rôle de porter l’information dans le débat public au lieu de se contenter de relayer l’information officielle que les uns ou les autres ont envie de communiquer. Et c’est pour cette raison que j’applaudis cette émission.

    Commentaire par Scribe — 24/10/2008 @ 00:38

  9. On peut dire que David Pujadas fait debat en ce moment : http://teleobs.nouvelobs.com/rubriques/derniere-minute/articles/arlette-chabot-enfonce-les-journalistes-de-france-2?idfx=RSS_notr

    Finalement, la reaction du SNJ est peut etre un garde-fou necessaire pour eviter les derives liees a une generalisation du procede. Faudrait pas qu’on soit envie par des emissions de Julien Courbet en permanence non plus.

    Commentaire par Stephane — 24/10/2008 @ 01:32

  10. Autant j’ai trouvé cette émission très bien menée -et que le sujet nécessitait une caméra cachée- autant j’ai un poil peur pour la suite. J’espère qu’ils ne vont pas nous faire une magnifique sortie de route dans les coulisses des maisons closes 😉

    Aliocha : en principe, il y a 7 émissions et c’est tout, consacrées à des lieux fermés. Or il est vrai qu’au chapitre des lieux fermés, vos maisons closes entrent doublement dans le sujet 😉

    Commentaire par lucasbfr — 24/10/2008 @ 11:20

  11. Cracher sur l’extrème gauche au nom d’une prétendue théorie du complot, puis sur les syndicats traités de Tartuffes (et que vous appelez à réduire au silence… au nom de la liberté d’expression ?) : au moins, on ne peut vous reprocher votre incohérence.

    Avez-vous au moins lu le communiqué ? Pour la transparence du débat, j’en reproduis l’argument principal (ce que vous n’avez pas fait) :

    «Oui il est possible de recueillir des informations par des moyens détournés, quand il n’y a aucune possibilité de faire autrement. Mais il ne doit s’agir que d’exceptions à l’exercice quotidien de la profession, exceptions encadrées et expliquées aux téléspectateurs.

    Bâtir un concept d’émission sur des exceptions est à la fois dangereux et choquant.»

    Ça me paraît plutôt raisonnable, comme «indignation».

    Ensuite, vous écrivez :

    «Où sont-ils ces valeureux moralistes quand chaque jour, à chaque instant, la déontologie est mise à mal par la communication et la publicité ?»

    Ils sont là :
    http://www.snj.fr/article.php3?id_article=71
    http://www.acrimed.org/article2303.html

    «Par les cadeaux, voyages de presse et autres petits arragements entre amis ?»

    http://www.acrimed.org/article2523.html
    http://www.acrimed.org/article2886.html

    «Je ne les entends pas sur ces sujets-là.»

    Il suffit d’écouter au bon endroit. Après, se pose la question de leur audibilité ; mais peut-être que si ces personnes sont inaudibles, c’est que… les journalistes ne font pas leur travail ? À propos de travail, c’est quoi le votre, déjà ?

    Aliocha : Votre ton est toujours aussi charmant. Sur le fond, vous avez raison, faisons le lit de la communication, jouons les gentils petits soldats, demandons des autorisations de filmer, laissons un délai de trois mois à ces institutions pour se faire une beauté et montrons cela aux téléspectateurs. Comme ça on leur mentira tranquillement et déontologiquement, le gouvernement pourra dormir tranquille, les mahonnêtes mener leurs petites affaires. Dormez braves gens. Je suis contente que vous me trouviez cohérente, j’ai du mal en revanche à vous retouner le compliment. Le malheur quand on a une vision par trop politisée de l’existence, c’est qu’on ne voit plus bien clair. Le confort, c’est qu’on croit parfaitement bien identifier où sont les gentils et les méchants. C’est si simple, n’est-ce pas ?

    Commentaire par Gwen — 24/10/2008 @ 12:08

  12. @ Aliocha : j’ai posté un commentaire avec plus de deux liens. Pourriez-vous aller le récupérer au fond de votre poubelle ? Merci d’avance.

    Commentaire par Gwen — 24/10/2008 @ 12:10

  13. Aliocha nous dit, en réponse au communiqué du SNJ : «faisons le lit de la communication, jouons les gentils petits soldats, demandons des autorisations de filmer, laissons un délai de trois mois à ces institutions pour se faire une beauté et montrons cela aux téléspectateurs»

    Or le communiqué dit :

    «Oui il est possible de recueillir des informations par des moyens détournés, quand il n’y a aucune possibilité de faire autrement. […] Bâtir un concept d’émission sur des exceptions est à la fois dangereux et choquant.»

    Je ne crois pas que ni le SNJ, ni d’ailleurs Acrimed, ne prône le modèle de «gentils petits soldats». Avez-vous lu par exemple «Les petits soldats du journalisme», de François Ruffin ? «Les nouveaux chiens de garde», de Serge Halimi ?

    Je passe sur les «gentils et les méchants», qui relève du pur procès d’intention. Étonnez-vous que je sois «charmant» après cela. Par ailleurs, si le clivage «gentil/méchant» qu’on nous prête à tort n’est pas pertinent, le clivage «tartuffes/pragmatiques clairvoyants» ne l’est pas plus.

    Aliocha : Et on demande l’arrêt d’une émission qui a permis d’identifier une maison dangereuse et de créer une électrochoc tant du côté du gouvernement que du côté des citoyens. Au nom dela déontologie journalistique. Logique. Entre nous, c’est marrant, tous mes confrères à qui j’en parle, et qui ont vu l’émission, je veux dire les vrais journalistes, ceux qui n’en peuvent plus de la communication officielle, eh bien ils me disent qu’ils ne voient pas les raisons de tout ce barouf et qu’ils ont trouvé l’émission très bien faite et utile. Mais ce ne sont que des journalistes de base, des petits, des sans-grades, ceux qui font du journalisme par amour du métier.

    Commentaire par Gwen — 24/10/2008 @ 14:28

  14. LES TARTUFFES ONT ENCORE FRAPPÉ!

    Je ne peux m’empêcher de penser à un deuxième incident sur France 2 où Pujadas était encore impliqué, mais cette fois ci de l’autre côté.
    Il s’agit du « reportage » sur les banques Luxembourgeoises et de la réaction de Jean-Claude Juncker.
    Il y a certainement beaucoup à dire sur le secret bancaire au Luxembourg et nous nous porterons tous mieux quand il sera aboli, mais le reportage en cause a touché le fond de la médiocrité et de la bêtise. Aucune explication, aucun fait précis, rien qu’une illustration grotesque et enfantine. Degré zéro du journalisme télévisuel.
    Les excuses d’Arlette Chabot s’imposaient…et la réaction du syndicat des journalistes de France 2 ne s’est pas faite attendre.

    Aliocha : Pardonnez-moi mais j’ai du mal à pleurer sur le sort d’un paradis fiscal en ce moment. Vous vous êtes demandé si les excuses d’Arlette Chabot n’avaient pas été suggérées par l’Etat compte-tenu des négociations actuelles au sein de l’Union ? Les journalistes ont ceci de commun avec les juges c’est qu’ils font d’admirables bouc-émissaires.

    Commentaire par Léo — 24/10/2008 @ 15:07

  15. Ah la la que de barouf pour un reportage !
    Finalement tant mieux: c’est que tous, vous, moi, eux, ceux pour, ceux contre, avons été interpelé par le reportage, chatouillés dans un de nos inconscients. Après, c’est bien, c’est pas bien,… chacun pensera ce qu’il voudra en son âme et conscience.

    La chose qui me dérange c’est que certains syndicats se jettent dans le débat avec des méthodes plus violentes que les mots. Quel est leur intérêt ?

    Une dernière réflexion qui me préoccupe : si les pressions poussaient Pujadas à arrêter son émission, que pourrait-on faire pour soutenir son travail ?

    (J’ai pensé infiltré le SNJ ou France 2 pour faire pression de l’intérieur. Quelqu’un a des tuyaux pour m’aider ?)

    Aliocha : pour l’infiltration-pression, il faut voir avec les trostkystes, moi je ne sais pas faire cela 😉

    Commentaire par Oeildusage — 24/10/2008 @ 18:30

  16. @gwen

    Si vous voulez vraiment faire bouger les choses au niveau national sur une sujet pareil, il faut des preuves, des témoignages. Pour les témoignages qui respecteraient ce que vous appelez la « déontologie » journalistique », il va falloir vous lever tôt. Parce que ce n’est pas le personnel qui va dénoncer ( où alors à visage flouté et encore), et que le témoignage d’une ou deux familles n’aura jamais autant d’impact en termes de preuve que ce que nous avons vu l’autre soir. Impact sur le téléspectateur mais aussi sur la secrétaire d’Etat qui – communication oblige – a reçu des consignes d’en haut. Et là – pour une fois- la communication elle a servi à quelque chose…au moins pour ces dizaines de personnes maltraitées depuis des années dans cet établissement.

    Commentaire par Phedra — 24/10/2008 @ 19:43

  17. Il faut voir avec les trotkystes ?… Vous avez des noms, Lionel peut me conseiller ?
    …et comme le disait Edouard B., « Trotsky tue le ski », enfin lui, il parlait des impôts je crois.

    Bon, il se fait fatigue, je vais me coucher.

    Commentaire par Oeildusage — 24/10/2008 @ 21:21

  18. @ Oeildusage, en 15. L’infiltration de France2 a déjà eu lieu. Elle a été menée par William Karel, certes pas en caméra cachée, mais avec talent et grand intérêt tout de même.
    Ca s’appelle « Le journal commence à 20 heures », fiche technique là : http://www.artepro.com/programmes/28523/presentation.htm

    Commentaire par Cassandre — 25/10/2008 @ 16:18

  19. […] à l’avenir d’un débat pourtant fondamental. Je sais, j’ai été violente dans ce billet, plus mesurée dans celui-ci. Cela étant, même au moment où j’évoquais les Tartuffes, je […]

    Ping par Le débat qui tue « La Plume d’Aliocha — 15/11/2008 @ 10:29


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