La Plume d'Aliocha

22/10/2008

Les Infiltrés, c’est ce soir…

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 16:59

Le premier numéro de l’émission de David Pujadas, Les Inflitrés, sera diffusé ce soir à 22h35 sur France 2. Le thème ? La maltraitance dans les maisons de retraite. Une journaliste s’est infiltrée pendant plusieurs semaines dans une maison de retraite publique en se faisant passer pour une stagiaire et a filmé en caméra cachée. Le reportage dure 45 minutes, il sera suivi d’un débat. Pour ceux qui auraient loupé la polémique, le fait que le concept de l’émission s’appuie sur la technique de l’infiltration, c’est-à-dire la dissimulation par le journaliste de sa véritable qualité, et que le reportage soit entièrement réalisé en caméra caché a délenché l’ire d’une partie de la presse. Vous pouvez lire notamment à ce sujet les nombreux articles de Jean-Michel Aphatie qui fait partie des plus violents opposants à l’émission.  La question est : peut-on recourir à n’importe quel moyen pour aller chercher l’information ?  Lorsque nous en avons discuté sur ce blog, les avis étaient clairement répartis entre les journalistes, méfiants, et les non-journalistes qui semblaient considérer en majorité que tout allait dépendre de la qualité de l’émission. Après mûre réflexion, je me range à cette opinion que je juge finalement pleine de sagesse. Attendons de voir, ensuite nous jugerons. A vos postes, donc !

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15 commentaires »

  1. Nous verrons bien, en effet.
    Juste une remarque en passant: j’ai lu grâce à votre lien un ou deux textes de JM APHATIE. C’est un journaliste que j’écoute régulièrement le soir sur Canal+. Et en lisant, j’avais l’impression de l’entendre. Il parle exactement comme il écrit. Il y a pourtant le plus souvent un décalage entre le langage parlé et le langage écrit, et de brillants écrivains n’ont pas toujours la même facilité dans l’élocution…
    Apprendrait-il ses textes par coeur? 🙂

    Commentaire par Maraudeur — 22/10/2008 @ 17:19

  2. @Maraudeur : concernant JMA, son orthographe me donne à penser que c’est plutôt l’oral qui précède l’écrit 😦

    Commentaire par Hub — 22/10/2008 @ 17:39

  3. Ce soir c’était aussi Droit d’Inventaire sur France 3 consacré à la liberté des journalistes et leur rapport avec le pouvoir en place (ou qui va l’être lors des élections).
    Il y avait aussi un documentaire sur la crise sur ARTE à 21h00 …

    Et puis, en ce moment, sur F2 donc, l’agonie d’un petit vieux « qui se vide complètement » … C’était un peu « cru » …
    Ma grand-mère est morte il y a bientôt 2 ans. La mort l’avait attaqué peut après Noël, en commençant par le système digestif. Heureusement, elle était chez mes parents, et ma soeur est infirmière.
    Mais un jour je serai vieux (enfin j’espère) … et comment serais-je traité …

    Bon, sinon, pour finir sur une note plus sympa:
    ALIOCHA devient presque aussi célèbre qu’EOLAS !!
    Voir ici:
    http://www.20minutes.fr/article/265662/Television-Un-syndicat-de-France-2-veut-interdire-la-nouvelle-emission-de-David-Pujadas.php

    Aliocha : Fichtre, j’en rougis, merci, je n’avais pas vu.

    Commentaire par Yves D — 22/10/2008 @ 23:25

  4. Oups … « peu après » …

    Belle « attaque » de la Ministre (porter plainte contre cet établissement) … belle défense de Pujadas (nous ne sommes pas des auxiliaires de police) …

    Bon alors, « cas d’école » ou pas ??

    Aliocha : je ferais un billet demain, mais je peux déjà vous dire que ce sera un coup de chapeau….

    Commentaire par Yves D — 22/10/2008 @ 23:30

  5. 70% des établissement… personne ne découvre

    A propos, je viens de recevoir les nouvelles sorcière de Salem

    Aliocha : j’ai trouvé ce livre passionnant et je connais un des auteurs, Antoine Garapon, pour l’avoir interviewé plusieurs fois, c’est un grand penseur contemporain. Vous me direz ce que vous en avez pensé ?

    Commentaire par Humaniste — 22/10/2008 @ 23:47

  6. Sans me prononcer sur le fond, le sujet traité, dans la forme cette émission ressemble à TOUTES les autres du même genre. Finalement on a fait tout un pataquès pour pas grand chose.

    On a beaucoup parlé d’un nouveau concept choquant (le journaliste qui cache sa qualité) mais la technique de la caméra (très) discrète pour faire la lumière sur un problème que tout le monde connait et que personne ne veut voir est devenue un grand classique. On l’accepte visiblement plus volontier quand il s’agit des journalistes qui couvrent les guerres, les guérillas, la mafia, les escrocs chez Julien Courbet, JP Pernod ou dans toutes ces émissions qui dénoncent des abus dans la consommation, mais là ça semble poser un problème.

    Aliocha : entre nous, je n’ai pas compris non plus. Que la question se pose a priori, c’est possible, il faut toujours se poser des questions et puis notre profession souffre tellement qu’elle en devient paranoïaque, mais j’ai entendu dimanche la patron de Télé7 jours qui avait vu l’émission s’indigner et là je ne comprends plus, ou trop bien : « cachez ce sein que je ne saurais voir ».

    En somme, si le journaliste travaille de l’extérieur, tout lui est permis, caméra, micro, téléobjectif, espion,… S’il travaille de l’intérieur, c’est un scandale !

    Je ne comprends vraiment pas cette ire d’une partie de la presse… A moins que ce tapage soit une publicité déguisée ?

    Commentaire par Oeildusage — 23/10/2008 @ 00:55

  7. “cachez ce sein que je ne saurais voir”… mais montrez-moi donc l’autre que je n’ai pas bien vu ! 😉

    Aliocha : voilà qui n’est pas digne de votre pseudo, reprenez-vous que diable 😉

    Commentaire par Oeildusage — 23/10/2008 @ 01:00

  8. « Oeil » est au singulier. Par sagesse je garde toujours au moins un oeil fermé.

    Commentaire par Oeildusage — 23/10/2008 @ 01:05

  9. Il est des terrains et des individus qui ne sont pas accessibles par les moyens, je dirais, traditionnels du journalisme. Si l’on avait pris ces aides soignantes face caméra, les violences infligées à ces personnes âgées n’aurait jamais été montré, ou évoqué. En revanche, il faut veiller à ne pas verser dans le côté raccoleur. Le principe d’infiltration ne me gêne pas outre mesure …

    Commentaire par lecinematographe — 23/10/2008 @ 08:47

  10. L’ÉTABLE DES MORT-VIVANTS

    (Texte biographique.)

    Midi sonne dans la salle à manger de l’hospice.

    Le centre est spécialisé dans le « traitement » de la vieillesse défaillante. Pour dire la vérité, c’est tout simplement l’antichambre de la mort. On est loin des refuges dorés pour vieillards fortunés. Ici on accompagne les grabataires, pour certains démunis. Ou presque.

    C’est l’heure du déjeuner, midi sonne disions-nous.

    Moi, jeune stagiaire de vingt-cinq ans qui découvre sur le tas le métier d’auxiliaire de vie, j’observe. Je suis nouveau, inexpérimenté, curieux. Resté à distance dans un angle de la vaste salle à manger de l’hospice, j’observe la scène qui -je ne le sais pas encore à cet instant- me marquera profondément pour le reste de mes jours.

    Le spectacle qui est en train de se dérouler sous mes yeux est pour moi seul : le reste du personnel soignant, que je suppose habitué à la chose ou tout simplement bien trop pris dans son labeur pour prêter attention à ce genre de vision subtile et fulgurante, me semble parfaitement étranger à ce que je considère encore aujourd’hui comme la plus impressionnante « pièce de théâtre grandeur nature » à laquelle j’ai pu assister de toute ma vie. Les soignants font d’ailleurs eux-mêmes partie intégrante du tableau.

    Je suis donc le seul pour qui la scène se joue. A l’insu de tous.

    Lentement, progressivement, la scène apparemment anodine se construit, s’élabore pour prendre bientôt des allures magistrales, dantesques, quasi bibliques. Et ce n’est plus un simple fait du quotidien que je vois, ce n’est plus une scène banale, insignifiante qui s’offre à ma vue…

    C’est un drame. C’est une toile de Caravage. C’est une leçon de vie et de mort.

    Effaré, ému, subjugué, incrédule, découvrant un aspect inconnu de l’existence humaine, je reste dans mon coin à observer.

    Voilà ce que je vois :

    Comme surgit de nulle part, au son de la cloche une troupe claudicante de petits vieux décharnés s’avance avec mollesse, désespoir, infinie lenteur vers les tables… Un sombre, funèbre, sépulcral cortège de vieillards en « expédition alimentaire ».

    Certains cheminent affaissés dans leur fauteuil roulant d’un autre âge, poussés par des infirmiers ou secondés par leurs compagnons d’infortune eux-mêmes invalides, d’autres -avec ou sans béquilles- arrivent au bras d’un infirmier. Rares sont ceux qui marchent sans aucune aide. Tous sont voûtés, sinistres, saisis de stupeur.

    Que le chemin est long pour aller se restaurer !

    Vue cauchemardesque sur le monde de la vieillesse ! Des visages à faire peur, des corps usés, un rythme au ralenti extrême. Une marche solennelle et pitoyable de centenaires avec leurs petits pas de reptiles ridés… Une procession de morts-vivants convergeant vers les assiettes fumantes… (L’image, effroyable, romantique, cruelle mais aussi profondément humaniste restera à jamais gravée en moi.)

    Le tout dans un silence de mort.

    C’est cela le plus impressionnant, c’est le silence. Ce silence -terrible, effrayant- qui n’est que l’écho atténué du Silence qui bientôt viendra refermer les yeux de ces tortues ternes et tristes qui se meuvent avec une mortelle léthargie.

    Fantômes hors du temps, oubliés du reste du monde, ces êtres font partie d’une autre réalité, tragique, universelle, où l’ombre de la mort recouvre plus de la moitié de leur face. Et qui fait qu’ils deviennent invisibles à notre monde.

    Et comme je suis le seul à les voir, ces êtres devenus invisibles au monde, je continue de les observer au fond du réfectoire, fasciné, muet, interdit.

    Ces ruines de chair et épaves d’esprit ignorent qu’en retrait dans un coin de la salle une jeune âme émotive mais lucide qui a toute sa vie d’homme à faire les regarde se traîner lamentablement vers leur destin finissant, enregistre l’instant pour toujours…

    Comment pourrais-je, en effet, oublier cette marche cérémonieuse et misérable, pittoresque et macabre de gérontes boiteux et accablés vers un repas sans joie ?

    Raphaël Zacharie de Izarra

    Commentaire par Raphaël Zacharie de Izarra — 23/10/2008 @ 11:05

  11. Tiens, à propos d’émissions fort criticables, lu ce matin dans « La Lettre du Moniteur »:

    Immobilier : des agents très spéciaux
    Le CSA enquête sur un reportage « bidonné » de TF1.

    Le sujet , diffusé le 1er octobre dans le journal de 13 heures de la UNe, montrait un jeune homme en quête d’une première acquisition immobilière. Or, l’association de critique des médias, Acrimed, a révélé que l’homme était un agent immobilier, jouant un rôle devant un autre agent immobilier, qui est en vérité son chef d’agence…

    (20/10/2008)

    Commentaire par Yves D — 23/10/2008 @ 11:26

  12. La question qui devrait être sur toutes les bouches ce matin après cette diffusion salutaire, c’est :

    POURQUOI l’Etat a-t-il failli à sa mission ?
    POURQUOI préfère-t-il lâcher des milliards aux banquiers malhonnetes plutôt que de donner de vrais moyens aux hôpitaux français ?

    Mais la question s’est transformée en « Cette émission est-elle mauvaise ? » Tu m’étonnes, un truc qui démasque la faillite de l’Etat ne peut qu’être mauvais…
    Cette polémique est une manipulation gouvernementale… Cette émission n’a pas le panache d’un « Là bas si j’y suis », mais elle a le mérite d’exister.

    Allez, bien à vous.

    Commentaire par Dynamo — 23/10/2008 @ 11:31

  13. Je n’ai pas vu l’émission, je ne peux donc en parler. J’espère que le procédé, au delà de la nouveauté et de la garantie d’un bon audimat, sera utilisé intelligemment. C’est à dire pas, comme c’est trop souvent le cas, pour stigmatiser une particularité, partir d’un fait isolé pour en faire une généralité et générer ainsi, de toute pièce, une vision anxiogène. La télévision agit souvent de la sorte, cette émission saura-t-elle éviter cet écueil ? J’ai ma petite idée la dessus mais ma grande pudeur m’interdit de laisser apparaître un pessimisme trop cru 🙂

    Lors d’un billet précédent, vous avez laissé entendre que la propension des services communication à se jouer de la presse, à s’en servir, voire à la manipuler vous avait fait revoir votre sentiment premier (le rejet), sur le principe d’une caméra cachée et votre idée était séduisante. Reste à savoir si le courage des journalistes (et des chaînes) permettra à cette émission d’aborder la criminalité en col blanc ou si l’on se contentera de taper sur qui ne peut répondre.

    Commentaire par Laurent — 23/10/2008 @ 11:56

  14. L’Etat a failli a sa tâche, il est enfin démasqué et rien que pour ça cette émission vaut le coup.

    http://mirabelle.lorraine-cafe.fr/?post/2008/10/23/On-vieillit-mal-en-Lorraine

    Commentaire par Lorraine — 23/10/2008 @ 13:10

  15. LA PREUVE PAR L’ANGE

    Je vis descendre un oiseau de bon augure. C’était un ange. Il m’adressa la parole en ces termes :

    – Raphaël, tes ailes sont blanches mais tes pages sont pleines de noirs écrits.

    – L’ange, lui répondis-je, c’est que l’encre de ma plume vient du fond de la terre et non de la pointe des sommets. Ce qui coule des hauteurs est clair comme l’eau des montagnes, mais ce qui remonte des profondeurs est dense comme l’huile de roche. L’éther venu d’en haut y remonte bien vite, ne laissant nulle empreinte sur le papier, tandis que le charbon imprime partout et durablement la trace de son passage. Vois-tu l’ange, ce qui marque les hommes ça n’est pas le paradis mais l’enfer.

    – Raphaël, tes ailes sont supérieures mais ta plume demeure humaine. Si tu veux toucher le coeur des hommes et non pas simplement leur imagination, en vérité je te le dis, vole à ma hauteur au lieu de ramper dans la poussière d’en bas.

    – Ta noblesse est-elle au moins accessible aux mortels ? Le langage des ailés n’est pas celui des gens convaincus de sciences, sais-tu…

    – Adresse à tes semblables égarés des discours moins psychologiques et plus poétiques Raphaël. Par exemple, tu leur rapporteras ces présents échanges. Par la Poésie tu triompheras de toute hérésie. Elle seule sauvera ce monde du prosaïsme.

    – Tu crois vraiment que raconter cette histoire d’ange descendu jusqu’à moi saura ranger à ma cause les ennemis de la Poésie ?

    – Raphaël, la retranscription fidèle sur une de tes pages de cette seule conversation suffira à les convaincre. Tu n’auras rien d’autre à ajouter que ta signature. Ceux qui te liront jusqu’au bout, je te le promets, par ces mots seront touchés en plein coeur.

    Raphaël Zacharie de Izarra

    Commentaire par Raphaël Zacharie de Izarra — 20/12/2008 @ 10:39


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