La Plume d'Aliocha

17/10/2008

Rachida, marquise des anges

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 12:20

Or, donc, nous venons d’assister à la prestation télévisée de la Ministre de la justice sur France 2. Dadouche chez Eolas m’a devancée, son billet est en ligne depuis hier soir. Il faut dire qu’elle est propulsée par la colère, quand moi je suis effondrée à l’idée que la communication a, une fois de plus, mis KO le journalisme. Pourtant, Arlette Chabot au début a attaqué fort, je l’ai trouvé directe, mordante,  insistant sur les questions  qui fâchent et en particulier les relations tendues avec les magistrats. N’hésitant pas à demander à Rachida Dati si elle leur parlait bien aux juges, si elle n’était pas trop dure. 

Un conte de fée

Las ! Quand nous sommes arrivés au chapitre de la vie personnelle, j’ai su que tout était perdu. Car c’est le terrain de prédilection de la jolie ministre, quoiqu’elle s’en défende. C’est là que se trouvent les racines du mythe, la source du conte de fée. Il était une fois donc, une petite fille née dans une famille nombreuse d’origine marocaine. Ils n’étaient pas très riches, mais ils s’aimaient très fort.  Parmi les nombreux enfants, il y avait Rachida qui rêvait quand elle serait grande de réussir sa vie pour rendre toute sa famille heureuse. Elle a eu sa première fiche de paie à 16 ans et n’a jamais cessé de travailler depuis (moi aussi et beaucoup de citoyens d’ailleurs) et puis elle a aperçu en Nicolas Sarkozy l’homme politique qui incarnait ses convictions, elle a insisté pour le rencontrer et c’est à cet instant précis, que la belle histoire s’est transformée en conte de fées. Je m’arrête là parce que, à plusieurs reprises dans l’émission, on a entendu que les attaques contre la ministre étaient dues à ses origines, c’est même Jacques Attali qui l’a dit. Possible, moi je n’ai pas cette impression, en tout cas ce n’est pas ce qui suscite mon irritation, bien au contraire, cela déclencherait plutôt chez moi une sincère admiration, mais bon, s’il le dit. A  cela s’est ajoutée une solidarité inattendue de la part d’Elisabeth Guigou au sujet de sa grossesse. Entre nous elle est vache, Elisabeth Guigou, quand je l’ai entendu commencer ainsi, je me suis dit, aïe, nous allons assister à une attaque nucléaire, et Rachida Dati pensait de même, ça se voyait dans ses yeux. D’ailleurs, ça n’a pas loupé. Ce doit être courant en politique de se dire qu’on s’estime avant de se pulvériser devant des millions de téléspectateurs. Mais cet intermède presque politique allait me faire oublier les soeurs de la ministre, présentes dans le public et filmées en gros plan à chaque fois que Rachida Dati soulignait l’importance à ses yeux de la famille. Que c’était émouvant, j’en aurais pleuré.

Et la politique ?

Eh bien voyez-vous, de toute l’émission, il ne me reste que cela. Avouez que c’est irritant. Je me préparais à l’entendre sur la politique judiciaire, je sais qu’elle en a parlé, mais impossible de me remémorer quoique ce soit de concret. Ou si peu. Un message fort et récurrent comme un refrain sur la lutte contre les dangereux criminels, ça je m’en souviens, un autre  sur le fait que la justice n’est pas une affaire d’experts et que les français ont le droit de comprendre. Je me rappelle aussi d’un mineur au palmarès de condamnations impressionnant. Et puis je sais désormais qui si les juges sont fâchés, c’est que la réforme de la carte judiciaire les bouscule dans leurs habitudes, mais ça va passer. Pourquoi est-ce que je vous raconte ce qui reste dans mon esprit ? Parce que c’est le coeur de la communication d’essayer d’imprimer des messages simples et forts. Je me suis donc laissée faire pour mesurer les effets de l’exercice et je trouve le résultat hautement concluant.  J’ai été séduite et émue par la ministre, sincèrement, et j’aurais été presque convaincue par les messages politiques si je n’étais pas spécialisée dans les questions de justice depuis trop longtemps pour me contenter de quelques slogans.

Indomptable Rachida

Entre nous, ceci n’est pas de la grande politique. Et par conséquent, cela ne permettait pas du grand journalisme. C’est toute la difficulté de notre métier. Nous dépendons des personnes que nous avons en face de nous. Si elles ont décidé de ne rien dire, nous sommes démunis. Le score du grand match communication contre information ici est sans appel : 1 à 0. Du coup, je me demande s’il ne serait pas temps que les politiques fassent machine arrière et acceptent de s’émanciper des spécialistes de la communication pour relever le niveau du débat. Je suis persuadée que Rachida Dati avait des choses intéressantes à dire mais qu’on lui a recommandé, à elle comme à tous ses collègues en charge des affaires de l’Etat, de faire simple. On n’est pas si bêtes tout de même. A force de simplifier le discours, on sombre dans le slogan publicitaire. C’est fâcheux. Il n’y a pas que cela qui m’a irritée. La volonté du gouvernement de rompre avec l’ancienne politique dominée par des énarques très sérieux en costume gris n’est pas idiote en soi. Le problème, c’est que nous flirtons avec une mise en scène du bonheur, de la beauté, de l’intelligence et de la réussite qui me fait penser aux faste de la Cour de Versailles. Vous ne trouvez pas ? Encore un dérapage de communication. D’ailleurs, cette émission m’a rappelée une vieille série mythique. Vous savez celle des « Angélique » avec Michèle Mercier. Rappelez-vous, elle était belle, rebelle, courageuse, elle luttait contre l’injustice, elle fascinait les hommes jusqu’au roi Louis XIV lui-même, au grand désespoir de la Montespan. Comme j’aimais la voir manier son destin avec un mélange de grâce et de volonté farouche, chevaucher cheveux au vent, défier du regard les puissants, apprivoiser l’inoubliable et cruel émissaire indien incarné par Sami Frey, bouleverser le poête joué par Jean-Louis Trintignant, dresser un sauvage prince polonais pour finir par reconquérir sa fortune, son rang et même sont merveilleux Joffrey. Hein, tout de même, « y’a comme un cousinage », nous dirait Audiard s’il était là, non ?

Ah ! Tapie

Fort heureusement, la deuxième partie m’a réconciliée avec tout,  l’émission, la politique, le journalisme, la crise financière, le capitalisme, le Lyonnais. Ah Bernard Tapie, mais que ferait-on sans lui ? Je ne l’aime guère en tant que comédien. Quoiqu’on en dise, ce n’est pas un professionnel, il a sans doute les qualités nécessaires, mais il faudrait qu’il travaille. Cela étant, sur un plateau de télévision, quel talent ! Je ne sais pas trop à quoi j’ai assisté hier soir, une émission d’actaulité, un show, une comédie, mais après tout peu importe mes amis, quel spectacle ! Lorsqu’il a raconté ses mésaventures avec le Lyonnais, pour un peu j’aurais appelé France 2 pour les prévenir que je lui faisais don de mes petites économies, histoire de réparer le préjudice qu’il avait subi (ce qui ne l’aurait pas avancé à grand-chose, mais bon, c’est l’intention qui compte). Et Domenach qui n’arrivait pas à en placer une et observait la scène avec un amusement désabusé. Et le public secoué de rires quand Tapie répond à Chabot, « la politique pour moi, c’est fini, sauf si Bayrou se représentait parce que, quand même, on ne peut pas laisser sérieusement cet homme-là briguer la présidence », et encore écroulé de rire quand l’homme-d’affaires-chanteur-comédien-ancien-patron-de-l’OM dit qu’il ne peut pas être ami avec Nicolas Sarkozy, eh non, impossible, songez donc, le président soutient le PSG, et ce même public secoué de spasmes quand il dit qu’il faut être fou pour s’entêter dans le socialisme aujourd’hui compte-tenu de ceux qui l’incarnent, avant d’annoncer pour conclure, patelin et sûr de son effet, qu’il va jouer bientôt dans un film consacré à Arsène Lupin. Nous avons assisté hier soir à du très, très grand Tapie. Et si Lucchini avait été là, il aurait sans doute dit : « vous allez plus loin que Sarkozy, vous êtes plus fort que Sarkozy, c’est énooorme! ». Ben oui, c’est Tapie.

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38 commentaires »

  1. je n’ai assisté qu’à la fin du tapie-show, avec le tacle d’Arlette, repoussé par BT.
    quand à la première partie, je n’ai pas envie de regarder des lechages de bottes au service de la majorité. franchement, la politique m’ennuie, mais encore plus quand il s’agit de mettre de la confiture sur le beurre.
    entre Patrick Sebastien et Arlette Chabot, il n’y a que le nombre de numéros d’equilibristes qui changent. manque plus que Drucker dans les emissions « politiques ».

    Commentaire par leinad — 17/10/2008 @ 12:37

  2. Vous souhaitez des solutions pour faire face à la crise financière internationale:

    Aujourd’hui il faut comprendre et agir vite !

    Faites appel à Cheminade !!!

    Depuis 1995, Jacques Cheminade l’avait dit!!! Aujourd’hui Jacques Cheminade propose ses solutions!!!

    Vite demandez un VRAI Nouveau Bretton Woods !!!

    Nous avons fait le bon diagnostic, en regardant la réalité en face l’hiver dernier. Maintenant, soutenez avec nous ces mesures : c’est le médecin qui fait le bon diagnostic qui rédige la meilleure ordonnance.

    David C.
    david.cabas.over-blog.fr

    Commentaire par David C. — 17/10/2008 @ 13:13

  3. « C’est toute la difficulté de notre métier. Nous dépendons des personnes que nous avons en face de nous. Si elles ont décidé de ne rien dire, nous sommes démunis. »

    N’est-ce pas le rôle du journaliste que de faire dire à l’interviewé ce qu’il a décidé de taire ? Effectivement, face à des gens de plus en plus rompu à la communication, l’exercice de l’interview devient difficile, mais je me demandais : les journalistes ne pourraient-ils aborder ça sous l’angle de la déconstruction ? Je m’explique, à chaque réponse « communicante », un journaliste ne pourrait-il pas prendre le contre-pied de l’interviewé en montrant en quoi sa réponse n’est que de la communication, plutôt que de jouer le jeu ?
    Je précise que mon but n’est pas de donner des leçons (je serai bien mal placé, je n’ai pas mon comptoir à portée de coude), ce sont vraiment des questions que je me pose, auxquelles je n’ai pas de réponse. Serait-ce possible ou non ? Et pourquoi ?

    Aliocha : Chabot l’a fait, au moins au début. Quand elle a demandé à Rachida Dati si elle parlait bien aux magistrats, la ministre a répondu oui. Et Chabot a rétorqué « oui mais bien chez vous ça veut dire durement ». La ministre a répondu « je leur ai bien parlé ». C’est ce que j’appelle personnellement la stratégie du caterpillar, répéter inlassablement la réponse comme si c’était l’interlocuteur qui n’avait pas compris et non pas la réponse qui était mauvaise. On me le fait souvent. Si on respecte la politesse de base qui préside aux relations humaines, on ne peut pas faire grand chose. Si on tombe dans l’agressivité, on peut facilement se le faire reprocher et victimer l’interlocuteur, autrement dit, le renforcer. Dans le système actuel, on est bloqué. Mais je ne désespère pas que la situation bascule. Il me semble que nous avons atteint les limites de la communication.

    H.S. : à propos de la Montespan, avez-vous lu le réjouissant « Le Montespan » ? Si oui et que vous avez aimé, je vous conseille du même auteur « Je, François Villon », à mes yeux encore meilleur. Et si non, je vous conseille les deux, allez, soyons pas chien.

    Commentaire par gwynplain — 17/10/2008 @ 13:35

  4. Hé, oh, c’est pas bientôt fini les affiches publicitaires pour Cheminade ?!

    Certes, quelques idées de l’Enarque Cheminade (et de son alter-égo américain Lyndon LaRouche) ne son pas forcément idiotes, mais j’ai quand même l’impression que son « parti » Solidarité et Progrès ressemble plus à une secte qu’à un parti politique …

    D’ailleurs la répétition de messages invitant à « le rejoindre » et en le présentant comme un Messie de la finance et l’économie me conforte dans cette opinion.

    Commentaire par Yves D — 17/10/2008 @ 13:40

  5. Quoi qu’on pense du bonhomme, il faut reconnaître quelque chose a Tapie. Dans l’énumération « l’homme-d’affaires-chanteur-comédien-ancien-patron-de-l’OM » il manque taulard et homme politique. Il a tout fait ! Rien que pour ça, respect ! 😉

    Commentaire par Vonric — 17/10/2008 @ 13:41

  6. Bonjour Aliocha!

    Je reviens de chez Dadouche justement.

    J’ai pas eu le courage de regarder la prestation de Madame Dati. Je savais que je louperais quelque chose, mais j’ai pas pu. La crainte des courants d’air m’a fait renoncer, sans doute.

    Votre post me rappelle une blague sur les blondes: aujourd’hui j’ai discuté avec une blonde et on a échangé quelques idées. A la fin de la conversation, j’avais la tête un peu vide.

    Ca vous a fait cet effet là à vous aussi?

    Aliocha : Je suis BLONDE ! Pas conséquent, je ne goute absolument pas les blagues de blondes, sacré Tschok

    Commentaire par tschok — 17/10/2008 @ 14:22

  7. En allant dans le sens de gwynplain, le journaliste ne peut-il pas faire apparaitre clairement quand la réponse a été apportée avec la langue de bois, quand l’imprécision en est une, lorsque la réponse est hors-sujet par rapport à la question, ou bien encore laisser le silence se poser une bonne dizaine de secondes ?
    A noter que je suis dans la même situation que gwynplain vis-a-vis du journalisme, et que je suis la même démarche.
    🙂

    Commentaire par DePassage — 17/10/2008 @ 14:26

  8. j’ai regardé
    j’ai tiqué lorsqu’elle a affirmée que seul les mineurs criminels était en prison, sur le moment je me suis dit : « mon pauvre garçon ça ne te sert à rien de lire les billets d'(chez) Eolas, tu n’es toujours pas capable de comprendre la différence entre délits et crimes » !
    Ce matin je m’apprêtais à tenter compulsivement de fouiller sur le net pour essayer de comprendre où étais mon erreur, je n’imaginais pas un ministre de la justice pouvoir se tromper/déformer à ce point.
    Le billet de Dadouche m’a heureusement évité d’approximatives recherches et redonné le sourire au moins en ce qui concerne ma capacité de compréhension.

    Ha ! LE Bernard quel Renard !
    entre les deux sujets, l’image fugace de lui attendant derrière le rideau comme un félin prêt à bondir promettait bien ce qui a été tenu 😉
    Ce n’était pas du moulin à vent mais du moulin à baffes !

    (je sais qu’un renard n’est pas un félin 😉 )

    Commentaire par draftbold — 17/10/2008 @ 14:48

  9. Je voudrais soumettre aux journalistes de télévision l’idée suivante, inspirée de je ne sais plus quelle émission de divertissement dans laquelle l’animateur est relié par oreillette avec un panel d’ami(e)s de l’invité.
    Remplaçons le people par un homme (ou une femme) politique, le panel par un aréopage de spécialistes, chargé de guider le présentateur dans le choix de ses questions, de ses remarques, de ses réactions.
    Je vois la tête de l’invité se faisant reprendre sans tarder à sa première imprécision, à sa première erreur ou à sa première contradiction…
    Bon, il est certain que cette émission serait vouée à l’échec, plus aucun politique n’acceptant d’y participer après qu’un ou deux d’entre eux ne s’y soient fait laminer…

    Aliocha : Vous présupposez que les journalistes ne connaissent pas assez le dossier et que des experts pourraient les aider. C’est vrai dans certains cas, mais je vous assure que la langue de bois, c’est comme les cafards, ça résiste à tout. J’en veux pour preuve la manière dont les politiques s’écharpent entre eux, les arguments de mauvaise foi, les techniques pour mettre les rieurs de leur côté, la capacité à parler beaucoup pour ne rien dire mais égarer son adversaire tout en occupant le temps de parole. J’en ai parlé récemment avec un universitaire spécialisé en langue de bois (je veux dire qu’il étudie la langue de bois, pas qu’il la pratique), ça donne le vertige…

    Commentaire par Maraudeur — 17/10/2008 @ 15:14

  10. Puis-je me permettre un petit Hors Sujet … mais comme c’est vendredi et que je viens de le recevoir par e-mail … Histoire de se détendre pour le WE, je ne résiste pas au plaisir de le partager …

    La crise expliquée de façon simple !

    Voici une explication très simple pour ceux qui essayent de comprendre:

    Mme Ginette a une buvette à Bertincourt dans le Pas de calais. Pour augmenter ses ventes elle décide de faire crédit à ses fidèles clients tous alcooliques et presque tous au chômage de longue durée.
    Vu qu’elle vend à crédit, Mme Ginette voit augmenter sa fréquentation et en plus, elle peut augmenter un peu les prix de base du « calva » et du ballon de rouge.
    Le jeune et dynamique directeur de l’agence bancaire locale pense que les ardoises du troquet constituent après tout des actifs recouvrables et commence à faire crédit à Mme Ginette ayant des dettes des ivrognes comme garantie.
    Au siège de la banque des traders avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CNO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autre sigles financiers que nul n’est capable de comprendre.
    Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent au NYSE, à la city de Londres, à la bourse de Francfort, et de Paris etc… à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (c.à.d. les ardoises des ivrognes de Mme Ginette)
    Ces dérivés sont alors négociés pendant des années comme si il s’agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays.
    Jusqu’au jour ou quelqu’un se rend compte que les alcoolos du troquet de Bertincourt n’ont pas un rond pour payer leurs dettes.
    La buvette de Mme Ginette fait faillite et le monde entier a la gue… de bois !

    Commentaire par Yves D — 17/10/2008 @ 15:32

  11. Aliocha…

    Désolé.

    Aliocha : Bon, vous êtes pardonné !

    Commentaire par tschok — 17/10/2008 @ 16:19

  12. En toute honnêteté, nous savons que l’argument n°1 de la communication de notre Garde des sceaux est qu’elle est avant tout très belle. Et surtout qu’elle le sait.

    Aliocha : En effet, mais serais-je la dernière en France à considérer qu’un poste de ministre, c’est important ? Ou bien faut-il admettre que ça n’a plus aucun sens

    Commentaire par Moi — 17/10/2008 @ 17:16

  13. Belle, belle, il ne faut rien exagérer!

    Elle n’est pas blonde par exemple.

    Aliocha : Tiens donc, vous fayotez maintenant ?

    Commentaire par tschok — 17/10/2008 @ 17:42

  14. @Aliocha : En effet, mais serais-je la dernière en France à considérer qu’un poste de ministre, c’est important ? Ou bien faut-il admettre que ça n’a plus aucun sens

    Ben, en ce moment on un présinistres omniscient, pas besoin d’intelligence on peut choisir pour le physique, même se marier avec.

    Commentaire par herve_02 — 17/10/2008 @ 18:29

  15. Moi aussi je suis beau. Je veux un portefeuille, n’importe lequel, même les anciens combattants…

    Commentaire par Toto_SRàRien — 17/10/2008 @ 21:52

  16. Depuis que je commente chez eolas, j’ai développé une certaine intolérance à l’égard de tout évènement médiatisé dont la nature ne me permet pas d’y mettre mon grain de sel, ou mieux, d’aller expliquer en quoi et pourquoi je ne suis pas d’accord.

    J’ai donc logiquement tenu quelques 15 minutes hier soir devant la télé, et puis après, j’ai décidé de faire quelque chose de constructif, et j’ai été expliquer (sur votre blog) à Benjamin Bayart pourquoi je n’étais pas d’accord avec lui (ça m’a rasséréné).

    Je plussoie la remarque de Gwynplain. Je veux croire qu’il y a quelque chose à faire contre la technique du caterpillar. Je ne sais pas quoi, mais on atteint un tel vide dans la construction du discours, qu’on se dit que ça doit pouvoir se dénoncer d’une façon ou d’une autre.

    Alors Rachida Dati, en bonne communicante, indique qu’elle parle « bien » aux magistrats. Arlette Chabot remarque assez finement que dans le vocabulaire du ministre, « bien » semble plus ou moins équivalent à « durement » (étant ici précisé que dans le vocabulaire de la journaliste, « durement » semble plus ou moins équivalent à « comme à des chiens »).

    Et si les journalistes étaient piégés par l’idée qu’il faut poser des questions, plutôt que faire des commentaires (je ne parle que de l’hypothèse où on leur sert une communication plutôt qu’une argumentation) ? On pose des questions lorsque l’on attend des réponses. Quand ce n’est plus le cas, quel intérêt ? C’est un peu comme dans le billet où vous racontiez la conférence de presse du GdS : face à une communication aussi efficace, poser des questions n’a aucun sens.

    Donc on cesse d’en poser.

    Donc on a le choix entre parler pour affirmer, ou se taire.

    Comme le choix du silence est peu envisageable (quoique… j’adorerais voir ce moment de télévision là… un long silence symbolique, en hommage aux paroles creuses, révélatrices d’une pensée vide, qui l’ont précédé), je suppose qu’il faut parler. Et comme poser des questions est vain, il faut affirmer.

    « Il est vrai que vous ne pouvez guère admettre leur manquer de respect, ce serait d’ailleurs un comble pour un GdS, qui plus est elle-même ancienne magistrate. » C’est juste assez odieux pour ne pas rester sans réponse, tout en étant suffisamment vrai pour dissuader de s’y attarder, non ?

    Non j’ai tort, je le sais, sans savoir pourquoi, mais vous allez m’expliquer, chère aliocha…

    Aliocha : On ne peut pas commenter au lieu d’interviewer, car une interview, c’est de la maïeutique, il faut accoucher l’autre de ce qu’il a à dire. Le problème c’est que nous n’avons plus de vrais interlocuteurs en face de nous mais des politiques déjà naturellement habiles, entraînés par des professionnel de la communication à l’exercice de la langue de bois. Plus j’observe les réactions ici, plus je suis persuadée que ce que les lecteurs-auditeurs-téléspectateurs détestent, ce n’est pas la presse contrairement à ce qu’ils croient, mais la communication. La communication qui a envahi toutes les sphères de l’existence et vidé les messages de leur contenu. Et toujours quand j’y réfléchis, je m’aperçoit que toutes les anciennes analyses de Bourdieu à Chomsky sont dépassées, la presse n’est plus en cause, ce sont les agences de communication qui dévoient l’exercice journalistique. Nous en avons eu ici un exemple criant : une ministre enceinte et donc sympathique (registre émotionnel), entourée de ses soeurs pour marquer son attachement à la famille (encore le registre émotionnel), défendant les citoyens contre les méchants (toujours l’émotionnel), c’est-à-dire les criminels dangereux et les mineurs multirécidivistes (émotionnel de la peur collective). Le terrain politique a été presque entièrement sorti du débat. La question est : à partir de quand la communication n’est plus un exercice consistant à permettre de transmettre un message le mieux possible, mais devient une manipulation pure ? A partir de quand passe-t-on de la sincère expression de soi à la fabrication d’une image médiatique sensée coller au plus près aux attentes des téléspectateurs ? Face à cela, nous allons devoir entièrement repenser notre métier car il me semble que toutes les règles sont faussées.

    @ tschok (#13)

    Non mais dites voir, cher confrère, auriez-vous quelque chose contre les brunes ?

    Commentaire par Fantômette — 17/10/2008 @ 22:34

  17. @tschok

    Bon ben entre Aliocha et Fantômette, bon courage… 😉

    P.S. Vivent les rousses!!

    Commentaire par Adrien — 17/10/2008 @ 23:29

  18. Rachida Dati n’a pas participé à cette émission pour répondre à des questions, mais pour entretenir son image de marque. C’était une opération de comm’, elle était plus soucieuse des commentaires ultérieurs du Président que de l’avis des spectateurs, qui lui sont en grande majorité acquis sur ses deux thèmes fétiches : répression et docilité des Magistrats. Elle a même cherché à gommer son image « Miss Dior » (cette couv’ de Paris-Match, c’est 10 minutes dans ma carrière…) J’ai trouvé qu’Elisabeth Guigou avait été spécialement indulgente à son égard, ça m’a surpris… Un deal ?

    Bernard Tapie a été au meilleur de sa forme. Il a promis de consacrer les 50 millions qui vont lui rester à ses « écoles de vente », qu’il avait commencé à mettre en oeuvre juste avant ses ennuis judiciaires. Et si ça contribuait à diminuer la délinquence ? Dati/Tapie, même combat ? Il a même expliqué pourquoi l’Etat avait préféré un arbitrage, plutôt qu’une condamnation de la CEDH pour « lenteurs inadmissibles dans la procédure ».

    Trop fort, Nanar 🙂

    Commentaire par ramses — 18/10/2008 @ 04:09

  19. @ Aliocha,

    Oui, je fayote. Mais avec une blonde, cela ne prête pas à conséquence, car 5 mn plus tard, elle a tout oublié.

    Aïe! Pas la tête!

    @ Fantômette,

    Contre les brunes, rien. Pourquoi voulez vous que j’aie quelque chose contre les brunes, les blondes, les unes ou les autres. Pour se moquer, faut un peu aimer, non?

    @ Adrien,

    Ah, les rousses!

    Merci pour vos encouragements, je me sens comme un navire de la flotte française à Trafalgar: pris entre deux feux. Fluctuat nec mergitur… (faut le dire vite tant que je flotte encore).

    Aliocha : Voudriez-vous vous tenir tranquille. Ici vous faites des blagues de blonde et vous courtisez Fantômette, sous un autre billet vous chahutez mes gentils lecteurs parce qu’ils discutent plomberie. Je ne sais pas si je vais ouvrir une rubrique à brac mais ce dont je suis sûre, c’est que j’ai trouvé ma coccinelle 😉

    Commentaire par tschok — 20/10/2008 @ 20:28

  20. Mézofait, Fantômette!

    Je manque à tous mes devoirs!

    Félicitations! Pour votre nom dans le journal. Vous voilà célèbre… mais inconnue (c’est l’inconvénient du pseudo).

    🙂

    Commentaire par tschok — 20/10/2008 @ 20:31

  21. Merci !

    Je suis d’un naturel discret, mais en même temps, j’aime bien être reconnue, Eolas a donc résolu pour moi la quadrature du cercle.

    Il avait raison, le fabuliste. Pour vivre heureux, il faut vivre caché. Mais caché intelligemment, c’est-à-dire caché dans le monde, donc.

    Commentaire par Fantômette — 20/10/2008 @ 21:22

  22. Je me sens donc un peu comme la fiancée du soldat inconnu.

    Commentaire par Fantômette — 21/10/2008 @ 15:31

  23. Ou la petite soeur du gars debout sur la plateforme de l’omnibus de Clapham Junction.

    Commentaire par Fantômette — 21/10/2008 @ 15:35

  24. Ou la fille de la veuve de Carpentras.

    Aliocha : eh bien, un petit coup de blues Fantomette ? C’est le contrecoup de votre célébrité anonyme ? ça va passer et puis l’Albatros va venir vous consoler avec ses envolées lyrico-juridiques, tiens je me demande d’ailleurs où est passée cette fichue bestiole ? Sûrement en train de nous pondre chez Eolas un de ses commentaires de 200 000 signes avec un saut de ligne à chaque phrase qui me donne le tournis 😉

    Commentaire par Fantômette — 21/10/2008 @ 15:36

  25. Je courtise Fantômette?!

    Jamais je n’oserais faire une chose pareille!

    Bon évidemment, si elle a un coup de blues, je me porte volontaire pour la consoler, confraternellement.

    PS: Vous trouvez vraiment que je fais des envolées lyrico-juridiques?

    Aliocha : Allons, je vous taquine, c’est à cause de la blague de blonde, je pardonne tout mais je n’oublie rien 😉 Sinon, je trouve que vous avez une façon très originale de développer vos commentaires et je confirme avoir observé chez vous une forme de lyrisme au demeurant sympathique. En vous lisant, j’ai toujours la même image, celle d’un avocat en robe déclamant sa plaidoirie. Avouez que c’est amusant à quel point un style peut faire naître des images plus ou moins justes sur son auteur….
    (et moi qui essaye d’être sérieux…)
    Aliocha : je n’ai jamais sous-entendu que vous n’étiez pas sérieux, sauf bien sûr quand vous jouez délibéremment la coccinelle de Gotlib.

    Commentaire par tschok — 21/10/2008 @ 16:55

  26. Trouvé à mon dictionnaire personnel, cette définition :

    « courtiser » : plus joli mot de la langue française.

    Bizarrement, etc etc

    🙂

    Ceci dit, aliocha, je dois à l’honnêteté de vous préciser que tschok est pour ainsi dire tenu par les termes de son serment de me courtiser. Si si, entendue dans son acception, heu… byzantine (de mémoire) le devoir de confraternité s’entend notamment ainsi, eh oui. C’est un fait peu connu, je vous avouerai, et c’est bien dommage. Il implique également de communiquer ses pièces AVEC DES FLEURS, théoriquement, et il est bien dommage également que cette belle tradition du barreau se soit quelque peu perdue.

    O tempora o mores comme dirait la coccinelle.

    Commentaire par Fantômette — 21/10/2008 @ 17:47

  27. Alors là je fonds.

    Et j’ajoute: si une coccinelle pouvait ronronner, je le ferais.

    Commentaire par tschok — 21/10/2008 @ 18:17

  28. @ Fantômette,

    Tout à fait exact. On peut même préciser que chaque fleur correspond à un code.

    Ce n’est d’ailleurs par pour rien que le marché aux fleurs est installé en face du palais de justice.

    Commentaire par tschok — 21/10/2008 @ 18:24

  29. Oui.

    Le marché aux fleurs avait d’ailleurs l’antériorité d’emplacement.

    C’est la Justice qui s’est installé là, après avoir vainement cherché un chêne sur l’Ile de la Cité.

    A l’époque, Gaubert vendait surtout des vases.

    Commentaire par Fantômette — 21/10/2008 @ 19:16

  30. Vous savez que le chêne n’est pas l’arbre de justice.

    En principe, c’était l’orme (d’où l’expression « attendre sous l’orme » pour signifier à quelqu’un que le différend se règlerait devant un juge).

    Mais l’orme a disparu, victime de maladies, alors le chêne a pris la relève.

    Lorsque le chêne a disparu, vers la fin du XXIième siècle, on l’a remplacé par le médium, d’où l’expression « attendre chez Ikéa ». C’est pratique d’ailleurs, on peut mettre les gosses à la garderie et il y a un resto.

    Cette innovation a fait naître un concept moderne: faire un procès en faisant ses courses.

    Mais nous n’en sommes pas encore là.

    Commentaire par tschok — 21/10/2008 @ 20:05

  31. Bonsoir tschok,

    Votre commentaire m’a permis de rencontrer l’expression « l’avocat sous l’orme », qui désigne hélas un mauvais avocat. C’est regrettable, j’ai trouvé l’expression fort jolie. Merci. Ne vous en faites pas pour les coups de blues (je retiens néanmoins votre confraternelle proposition).

    Commentaire par Fantômette — 22/10/2008 @ 19:05

  32. Aliocha : message personnel

    Commentaire par Toto_SRàRien — 22/10/2008 @ 19:23

  33. téléphoneS, youp.

    Aliocha : je me demande bien pourquoi ce billet est devenu une sorte de lieu de conversations privées, le titre sans doute 😉 N’est-ce pas Tschok et Fantômette ? Allons, je vous taquine, vous êtes mes invités permanents, je disparais sur la pointe des pieds.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 22/10/2008 @ 19:27

  34. @ Aliocha: c’est ça le miracle des blogs. Ca peut fuser dans tous les sens.

    Mais surtout, ne disparaissez pas. C’est bien plus marrant quand vous êtes là.

    Commentaire par tschok — 22/10/2008 @ 20:05

  35. si je vous répond que je veux organiser un déjeuner avec l’Empereur, c’est assez ?

    Commentaire par Toto_SRàRien — 22/10/2008 @ 20:06

  36. @ Fantômette,

    A votre dispo.

    Commentaire par tschok — 22/10/2008 @ 20:07

  37. Je crois savoir que l’Empereur est mort, sa place est donc libre. Vous vouliez l’emmener déjeuner où ?

    Commentaire par Fantômette — 22/10/2008 @ 20:09

  38. Private joke…

    Commentaire par Toto_SRàRien — 22/10/2008 @ 20:10


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