La Plume d'Aliocha

15/10/2008

Merci confrères !

Filed under: Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 12:38

Convaincue de la pertinence de l’adage « un esprit sain dans un corps sain » (dans son acception actuelle), j’ai filé hier soir vers 21 heures à mon club de sport, histoire de me remettre les idées en place à l’issue d’une longue journée d’écriture. Je dois vous confier que j’ai toujours trouvé débilitant, voire décérébrant, l’exercice consistant à pédaler sur un vélo qui ne va nulle part ou encore à monter un escalier sans s’élever ne serait-ce que de quelques centimètres au-dessus du point de départ. J’avais donc emmené Marianne pour me soutenir dans l’effort. Que mes 45 minutes de steps ont filé vite !

Penser différemment

Commençons par la fin (eh, oui, il semblerait que les femmes commencent systématiquement la lecture d’un journal par la dernière page ; non Messieurs, pas pour y trouver l’horoscope, c’est un réflexe, nul n’a su jusqu’à présent m’expliquer pourquoi). Bref, la dernière page est occupée par un chroniqueur dont je ne manquerais les articles pour rien au monde : Alain Rémond. Il m’a offert ces dernières semaines des fou-rires inextinguibles dont je le remercie. Son regard décalé sur le monde et l’actualité, sa capacité à se saisir de détails de la vie aussi loufoques qu’édifiants m’enchante. Tenez, il y a quelques semaines il nous entretenait d’une étude scientifique très sérieuse sur le sens dans lequel les vaches se mettent pour brouter. Et il nous offrait un scoop : elles sont attirées par le Nord. Evidemment, une question surgit immédiatement à l’esprit : que se passe-t-il, sachant que les vaches aiment aussi regarder passer les trains, lorsque ceux-ci ne circulent pas vers le Nord et que les vaches veulent brouter en même temps qu’admirer les machines de la SNCF ?  Je vous laisse imaginer la manière dont une belle plume peut enchanter ses lecteurs en dissertant sur une question aussi fondamentale. Ses articles sont fins, désopilants et infiniment drôles. Sauf cette semaine où il évoque la crise sur un ton un peu plus sérieux, mais toujours aussi pertinent. Quelques pages plus loin, il y a un article de Joseph Macé-Scaron qui prend le parti de critiquer le dernier roman de notre tout nouveau prix nobel : Jean-Marie Le Clézio. Facile me direz-vous ? Je ne crois pas. On retrouve ici une démarche que j’aime bien chez Marianne : la volonté de s’émanciper du parisiannisme et de ses idoles, de rompre avec la pensée unique de l’intelligentsia.  A la rubrique Idées, un article de Philippe Petit, philosophe, journaliste à Marianne et animateur d’une émission sur France Culture apporte une éclairage intéressant sur la question des prisons, il est truffé de références bibliographiques et met parfaitement bien en perspective le sujet. Quelle heureuse idée de prendre ainsi du recul ! Vous y trouverez encore une rubrique que j’apprécie beaucoup « ils ne pensent pas forcément comme nous » dans laquelle la rédaction invite à s’exprimer des gens qui ne partagent pas forcément sa lecture de l’actualité. Cette semaine, c’est Denis Tillinac, chroniqueur à Valeurs actuelles. Saluons cette ouverture d’esprit. Il me semble que c’est une manière de faire passer le journalisme avant les idéologies, les clivages, les arrogances intellectuelles et tout ce qui peut, en fabricant des oeillères, nuire au regard que l’on porte sur l’actualité. Difficile de vous décrire ici l’intégralité du contenu du numéro de la semaine tant il est riche : un long dossier sur la crise, une enquête sur EADS, un article sur le projet de réforme des lycées, un autre qui se demande si Obama peut perdre parce qu’il est noir etc.

Fallait-il écrire cela ?

Au milieu de tous ces sujets dont la juxtaposition fait le charme et l’intérêt d’un journal, je retiendrai tout particulièrement deux articles. L’un parce qu’il m’a particulièrement touchée, l’autre parce qu’il me dérange. Commençons par le second. Il s’intitule « Banlieues, flics et jeunes, la guerre des mondes ». Ici les journalistes ont tenté une approche différente des reportages traditionnels. Leur idée ? Réunir une douzaine de policiers de différents grades et fonctions, et leur demander, en leur garantissant qu’ils ne seront pas identifiés par leur hiérarchie, de leur confier ce qu’ils pensent des jeunes. En parallèle, les journalistes ont rencontré une douzaine de jeunes pour recueillir leur avis sur les policiers. La suite de l’article est une série de témoignages livrés à l’état brut. Les journalistes ont prévenu qu’ils ne cautionnaient pas forcément les propos des jeunes. Et pour cause, l’un d’eux raconte que lors d’un contrôle, un policier lui aurait pris son walkman qu’il venait d’acheter 75 euros et jeté par terre en lui disant que, de toutes façons, il ne l’avait pas payé. Il accuse ensuite les policiers d’avoir, si j’ai bien compris, gardé sa carte d’identité puis de l’avoir molesté au commissariat où il était allé la rechercher, au point de l’obliger à se rendre un peu plus tard à l’hopital pour des nausées et un problème de dos. Je vous avoue que cet article me dérange. Non que je considère par principe que la police ne peut pas déraper, mais parce qu’il me semble que ce sont des accusations graves qui nécessitaient sans doute d’être approfondies. Je suppose que demander des explications au commissariat concerné aurait alerté celui-ci sur la parution d’un article et déclenché une série de tracasseries administratives pour les journalistes. On peut penser aussi que l’enquête sur ce point précis ne rentrait pas dans le cadre de leur papier. La mise en garde sur le fait qu’ils reproduisaient les porpos sans forcément y adhérer montre qu’ils ont aperçu le problème. Néanmoins,  cette présentation me heurte. Au surplus, elle déborde le cadre du simple regard que les uns portent sur les autres en évoquant des faits précis. Il me semble que cela méritait une enquête et, à défaut, devait être coupé. Mais ce n’est que mon avis.

Une autre vision du monde

Cela étant dit, passons au meilleur. A la rubrique « Coup de coeur », le journal publie un article signé par une journaliste brésilienne. Il s’agit d’un portrait de Joënia, la première avocate indienne au Brésil. On nous raconte que celle-ci se rend auTribunal fédéral suprême, la plus haute juridiction du Brésil, le visage recouvert de peintures de guerre et entourée d’une délégation d’indiens en costume traditionnel, c’est-à-dire a demi-nus mais couverts de bijoux et coiffés de plumes. Joënia vient au tribunal plaider pour le maintien de la réserve indigène de Raposa Serra Do Sol à la frontière du Vénézuela. L’objet du litige ? La réserve est contestée par « une poignée de riziculteurs blancs » qui veulent étendre leurs terres, malgré l’homologation du territoire par le président Lula. Et la journaliste d’écrire : « Elle a dix minutes pour convaincre, « dix minutes pour toucher au coeur », dit-elle, et montrer aux sages que la terre peut être perçue autrement que pour l’exploitation économique, qu’elle est source de spiritualité, que les indiens ne sont pas la cause du retard économique ainsi que les fermiers le prétendent ». Le juge rapporteur du dossier a pris fait et cause pour les indiens. Les autres ont réservé leur décision. Réponse dans quelques semaines.  En terminant l’article, je me suis dit qu’il apportait une bouffée d’oxygène salutaire au milieu de nos tracas financiers mondiaux. Qu’il venait à point nommé pour nous rappeler qu’il existe une autre manière de voir la vie que la nôtre, une manière si différente…

Vous voyez, c’est tout cela que j’aime chez Marianne. Observez ce journal attentivement, vous verrez que le traitement de l’actualité y est très différend. Je sais qu’il a des défauts, qu’on n’en peut plus de ses couvertures sur ou plutôt contre Sarkozy, qu’il racole un peu, qu’il se trompe parfois notamment dans ses prédictions économiques, mais malgré tout, il me semble qu’il ouvre la voie à un journalisme plus impertinent vis à vis des pouvoirs en place, plus original face à la pensée unique, plus ouvert au regard des clivages de pensée traditionnels en France. Bel effort.

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27 commentaires »

  1. Vous m’avez donné envie de l’acheter… Jamais lu véritablement, toujours dérangée par ce que vous appelez le ton racoleur, mais c’est vrai que c’est peut-être un peu réducteur. Alors zou, j’ouvre mon esprit et je me plonge dedans!

    Sur l’article jeunes/policiers, c’est peut-être aussi une manière de dénoncer ce qui se passe ou en tout cas la manière dont les comportements policiers peuvent déraper ou en être interprétés comme tels par les jeunes. Peut-être l’article en lui-même amènera à un début d’enquête. Parce que si les journalistes avaient enquêté sur ces faits, en allant au commissariat par exemple, n’auraient-ils pas, de ce fait, changé de point de vue? D’angle d’attaque de l’article? A la base, il semble que ce soit un « simple » recueil de témoignages, commencer une enquête sur ces faits aurait amené à un autre article peut-être.

    Mais justement, ce genre de reportages est-il spontané ou demandé par la rédaction? Dans ce cas le journaliste est-il libre de sortir du cadre plus ou moins imposé pour changer la manière d’aborder le sujet? Et couper ces paroles dans l’article n’aurait-il pas été une manière de décrédibiliser le jeune en question? De lui faire comprendre que sa parole n’est pas entendue ou ne mérite pas d’être relayée?

    Aliocha : c’est interactif, parfois les journalistes proposent un sujet, parfois c’est une idée de la rédaction en chef ou du chef de service. On ne peut pas parler, ou rarement, de sujet imposé par la hiérarchie. C’est l’actualité qui impose, le reste est discuté en conférence de rédaction et, à ma connaissance, on ne force jamais un journaliste à traiter un sujet qu’il ne veut pas faire. Une fois qu’on a défini le sujet, il faut s’y tenir, ne serait-ce que pour des contraintes de timing, sauf s’il se révèle sans intérêt ou mal pensé bien sûr. En l’espèce, vous avez raison, l’enquête n’était pas dans le sujet. Quant à décrédibiliser l’auteur du témoignage, peut-être, mais notre métier consiste à distinguer ce qui ets publiable et ce qui ne l’est pas, au risque de contrarier l’auteur d’un propos. C’est souvent beaucoup plus difficile qu’il y parait. Et contrairement à ce qu’on pense, ce sont des décisions qui ne sont pas prises à la légère. Ici, ils ont vu le problème et placé une phrase de mise en garde. En tant que juriste, ça me dérange, mais je ne prétends pas avoir raison. C’est surtout l’occasion pour moi de montrer les difficultés que nous rencontrons et qui n’apparaissent pas forcément au lecteur.

    Commentaire par Caroline — 15/10/2008 @ 13:05

  2. Je ne suis pas abonné à Marianne, mais je le lit de temps en temps, depuis ses début avec JF KAHN il y a déjà plus de 10 ans. Il m’arrivait d’ailleurs aussi de lire son prédécesseur L’évènement du Jeudi.

    Et j’avoue que moi aussi j’y retrouve ce ton indépendant (même s’il est nettement marqué « à gauche »), et qui va jusqu’à refuser le « sponsoring » publicitaire (comme le Canard Enchainé).
    Oui, ce magazine a des défauts … mais peut-être ceux-ci sont liés à ses qualités !

    Quant aux Unes raccoleuses, il ne faut pas oublier que ce n’est pas « un gratuit », et qu’en l’absence de pub’, seul ses ventes lui permettent de survivre, dans un monde où la presse écrite à de plus en plus de mal. Je lui pardonne donc ce défaut bien explicable !

    Aliocha : Bien dit, c’est aussi mon avis, mais j’ai essayé d’anticiper les critiques sur le racolage. Effectivement il faut vendre et la couverture ets là pour mettre l’eau à la bouche du lecteur. Dès lors qu’elle ne trompe pas sur le contenu, il ne me semble pas qu’il faille s’en offusquer.

    Commentaire par Yves D — 15/10/2008 @ 13:16

  3. Arrgh, « je le liS de temps en temps » … Faut vraiment que je me relise avant de cliquer sur « Soumettre » …
    Mais ça me fait penser que je trouve de + en + de fautes de grammaire dans les articles des journaux … et que c’est vraiment dommage !

    Commentaire par Yves D — 15/10/2008 @ 13:20

  4. Tout comme Caroline, vous m’avez donné envie de le lire… Quand j’aurais le temps, étant débordé cette semaine. ^^ Mais en tout cas, merci !

    (C’est le second « livre » que vous me donnez envie de lire, après certaines « Gourmandises »… 😉 )

    Commentaire par Triskael — 15/10/2008 @ 13:25

  5. J’adore Alain Rémond, étant lecteur de Télérama depuis ma tendre enfance, mais la couverture de la présidentielle par Marianne m’avait tellement déplu que j’avais laissé tomber ce journal. Puisque vous nous inciter à le lire, je vais essayer à nouveau.

    Aliocha : La mention de l’article sur les prions vous était tout spécialement destinée mon ami 😉 sur le site, ils ont fait quelque chose sur l’islamisation dans les établissements pénitentiaires.

    Commentaire par mussipont — 15/10/2008 @ 13:39

  6. « Commençons par la fin (eh, oui, il semblerait que les femmes commencent systématiquement la lecture d’un journal par la dernière page ; non Messieurs, pas pour y trouver l’horoscope, c’est un réflexe, nul n’a su jusqu’à présent m’expliquer pourquoi). », au Royaume-Uni, c’est l’inverse: Les hommes commencent toujours le journal par la fin, et pas les femmes. Pensez, c’est là que systématiquement on y met les informations les plus importantes: Les résultats du football. 😀

    Cat

    Commentaire par Cat — 15/10/2008 @ 14:17

  7. Aliocha : « La mention de l’article sur les prions vous était tout spécialement destinée mon ami »

    Vous croyez que j’ai mangé trop de vache folle? 😀

    Aliocha : Ou trop regardé passer les trains, allez savoir. Et arrêtez de me chahuter sur l’hortografe, vous allez m’attirer les contestataires professionnels 😉

    Sérieusement, je vais le lire avec intérêt, l’islamisation étant un sujet « chaud » en ce moment…

    Commentaire par mussipont — 15/10/2008 @ 15:03

  8. Encore un billet qui donne envie, je sens que je vais passer acheter Marianne en rentrant ce soir 😉 !

    En revanche, une question me vient à l’esprit :
    La première parution de Marianne datant de 97, le journal n’a jamais connu qu’une politique de droite, mis à part durant la cohabitation suite à la dissolution de l’assemblée par Jacques Chirac.

    Malgré le ton « racoleur » comme vous dites, il me semble, mais ça reste un avis personnel, que le journal à plutôt une sensibilité de gauche … D’après vous, saura t’il rester critique et indépendant, au même titre qu’un Canard Enchaîné par exemple, si la gauche parvient à accéder à la tête de l’état ?

    Aliocha : Il me parait en effet franchement à gauche. Mais à la différence d’autres journaux (de droite comme de gauche) cette sensibilité politique me parait chez eux dénuée de tout manichéisme et très peu sectaire, l’idéologie et même la simple sensibilité politique s’effacent aisément devant la curiosité intellectuelle, ou plus précisément la curiosité journalistique. C’est cela que je salue, il me semble qu’un changement de majorité ne devrait pas changer grand-chose, en tout cas je l’espère. D’ici là, profitons-en, quitte à dire un jour aux plus jeunes « Ah ! dans mon jeune temps, ce journal, c’était autre chose ! » Je vous dis cela avec d’autant plus de décontraction que je me suis toujours sentie plutôt de droite, même si j’ai horreur des cases et des étiquettes et que je revendique le droit de m’en émanciper dès que l’envie m’en prend. Cela étant précisé, il arrive que Marianne m’agace, mais journalistiquement, ce journal fait du beau travail et intellectuellement, je le trouve plus honnête que ses concurrents 😉

    Commentaire par Elhu — 15/10/2008 @ 15:36

  9. A propos du témoignage du jeune, je trouve que justement cela permet de se rendre compte de l’étendue du problème :
    -soit il relate des faits réels, et il s’avère donc que le recrutement de policiers doit être améliorer afin qu’on ne se retrouve pas avec des individus qui font passer dans l’exercice de leur fonction des comportements et préjugés qui leurs sont strictement personnels avant les comportements que devrait leur imposer leur fonction.
    -soit ce jeune a affabulé, et vu la gravité de ce qu’il a dénoncé, ce doit être tout de même symptomatique de la perception qu’il a des policiers, perception influée de quelles manières, par quels vecteurs, c’est à déterminer.
    Mais au moins on est assuré que le journaliste n’a commis aucune interprétation, la censure en est une, je pense, puisqu’elle peut donner un autre sens au contenu diffusé.

    Aliocha : Vous préférez prendre le risque qu’on vous relate un mensonge plutôt que de confier le soin au journaliste de vous présenter des faits vérifiés ? Je ne suis pas sûre de pouvoir vous suivre sur ce point. Vous dites vous-mêmes que l’article ne vous dit pas si ce jeune dit vrai ou pas, c’est quand même ennuyeux non ? Et vous en tirez la conclusion qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Ce qui est ennyueux aussi me semble-t-il, car encore une fois, ces accusations sont graves. Soit elles sont fondées et cela mérite un papier sur les violences policières dans les banlieues, soit elles ne le sont pas et c’est un problème de les relayer. Quant au sentiment qu’on tire de la lecteure de l’article sur l’incompréhension entre les jeunes et la police, les autres témoignages suffisaient à l’illustrer, il n’était pas nécessaire d’ajouter des faits graves et non vérifiés en se réfugiant derrière la parole d’un interviewé. Cela étant dit, c’est une décision rédactionnelle, elle vaut ce qu’elle vaut, je ne fais que donner un avis.

    Quant à l’affaire qui se déroule au Venezuela,moi ça ne m’évoque pas une bouffée d’oxygène, au contraire, puisqu’il est apparemment considéré comme admissible que des individus portent plainte alors qu’ils sont a priori en torts, ils revendiquent (implicitement) des pratiques sur des terres qui ne leurs appartiennent pas. Un comble, plutôt.

    Mais ce n’est que mon point de vue 🙂

    Aliocha : Disons qu’en ces temps troublés, j’aime me concentrer sur la bouteille à moitié pleine 😉

    Commentaire par DePassage — 15/10/2008 @ 15:48

  10. @Aliocha:
    Vous confortez mon impression, je voyais ce journal à gauche, je ne louche donc probablement pas 😉 !

    La curiosité est en effet un moteur de l’indépendance, d’ailleurs, l’inverse étant à mon avis vrai aussi, je pense que nous tenons là le secret du mouvement perpétuel :p !

    A ceux qui aiment les considérations délirantes et sans complexes, les grandes théories faites à partir de tous petits rien, comme le cas de la vache et du train (théorie qui à mon avis néglige une variable : la solidité des caténaire ^^), je vous encourage à vous documenter sur la lévitation félino-tartinique, ça vaut le détour !!

    Commentaire par Elhu — 15/10/2008 @ 16:11

  11. Bonjour
    je vous lis depuis pratiquement l’ouverture de votre blog (merci à Eolas) et j’apprécie beaucoup vos billets…
    Concernant le « non-sectarisme » de Marianne, je crois me souvenir qu’à l’époque du gouvernement Jospin ils avaient sévèrement critiqué les 35h (et en particulier leur financement)… ça se rapproche d’une preuve !
    C’est vrai que le ton « racoleur » m’avais un peu rebuté ces dernières années (ah, les dossiers spécial cul de l’été…) mais là vous me donnez envie de m’y remettre.
    Merci et bonne continuation.

    Commentaire par Chiara — 15/10/2008 @ 16:55

  12. Euh, en fait, vu que le cadre posé est : « on prend dix témoignages de … », je considère que ce qui est dit dans ce cadre appartient aux personnes qui disent, et non pas au journaliste qui porte à nos yeux ces dires. Je n’ai pas le sentiment que dans ce cadre il faille prendre pour argent comptant ce qui est retranscrit. En même temps, il est vrai que ce fameux jeune fait un hors-sujet, puisque dans ce passage il ne dit pas ce qu’il pense des policiers, mais ce qu’il a ou aurait vécu avec certains de leurs confrères.
    En fait, finalement, on dirait que ce papier ne sert pas à grand chose, Coluche parlait déjà de l’incompréhension entre jeunes et policiers, peut-être le terrain et la nature de l’incompréhension ont-ils changés, les acteurs aussi certainement, mais en fin de compte, ce papier seul n’apporte pas grand chose.
    Cependant, je crois que le « scandale » est nécessaire pour attirer l’œil, et peut-être la réflexion. Après tout, je ne connais pratiquement rien du monde des policiers, et pratiquement rien de ces jeunes là. Je me demande si ce qui ressort par ailleurs des autres témoignages n’est pas juste une confortation de ce qui est admis a priori sur ce sujet.
    Le risque que j’accepte de prendre me semble moins grand que celui de vouloir avaler tout cru tout ce que je vois et entend à la TV. Là on sait que ce sont des témoignages, et si on est pas trop idéaliste, on doit bien être capable de lire avec un certain recul, non ? Surtout lorsqu’on lit Marianne.

    Pour le verre, je le vois plutôt au quart plein, à peine, mais c’est déjà ça.
    Hier en conclusion du reportage montré par Arte sur la faim dans le monde : Sur les 30 Milliards de dollars nécessaires pour endiguer la « crise », 26 ont été alloués par les principaux Etats de la planète. Pour les finances, c’est plus de 1000 milliards (je crois).
    Avec un quart, je suis encore bien optimiste.

    Commentaire par DePassage — 15/10/2008 @ 16:58

  13. La question de la terre au Brésil est assurément un problème important : développement de l’agrobusiness (et maintenant des agrocarburants) notamment pour tirer les exportations, absence de réforme agraire d’ampleur, notamment dans le Nordeste qui reste très pauvre et latifudiaire, et expansion au détriment des terres amazoniennes.

    C’est d’autant plus comique qu’un sénateur du PT a encore cet été dit que la Guyane française était en situation coloniale.

    Il est très difficile pour nous européens d’évoquer ce dossier. Les discours étrangers sur l’Amazonie amènent fréquemment des réactions épidermiques des brésiliens, certains parlant de projets d’« internationaliser » la région, d’autres parlant de mettre dehors les ONG.

    Commentaire par DM — 15/10/2008 @ 17:31

  14. @DePassage: La question de la terre au Brésil, avec tous les problèmes de protection des tribus indiennes, les statuts plus ou moins anachroniques de la fondation pour la protection des indiens, les spoliations des petits propriétaires par les latifundia, et le quasi esclavage pratiqué sur certaines grandes fazendas, est suffisamment complexe pour suggérer la plus grande prudence avant de porter des jugements.

    Commentaire par DM — 15/10/2008 @ 17:33

  15. @ Cat

    Je croyais qu’au Royaume Uni, les lecteurs masculins du Sun commençaient toujours par la page 3?

    Commentaire par stellar — 15/10/2008 @ 18:33

  16. Tu me diras, ce n’est qu’un détail, mais j’aimerais bien connaître ta source pour ça :
    « (eh, oui, il semblerait que les femmes commencent systématiquement la lecture d’un journal par la dernière page ; non Messieurs, pas pour y trouver l’horoscope, c’est un réflexe, nul n’a su jusqu’à présent m’expliquer pourquoi) »
    Ça m’étonne un peu, je n’ai jamais remarqué ça chez d’autres femmes et je ne fais pas comme ça. 🙂

    Aliocha : j’ai des amis consultants dans la presse, c’est l’un d’eux qui me l’a dit, il semble que ce soit connu. Mais je n’ai guère plus de détails, c’est une vieille conversation qui m’avait marquée, je trouvais cela amusant.

    Commentaire par Anna — 15/10/2008 @ 19:34

  17. @ Anna et Aliocha

    On m’a raconté la même chose, et expliqué d’ailleurs qu’en conséquence, les pages de publicité – dans la presse féminine – étaient en générale situées à gauche de la double feuille, parce que c’est la page qu’on voit le mieux quand on feuillette à l’envers (ou m’avait-on expliqué que ces pages étaient plus chères ? J’ai un doute).

    Je peux théoriser une explication. Il m’arrive de feuilleter un magazine, et dans ce cas, je commence toujours à l’envers, car il me parait plus facile (en tout cas pour une droitière), de faire défiler les pages du pouce gauche, en feuilletant de bas en haut, que de faire défiler des pages du pouce droit, en feuilletant les pages de haut en bas.

    Ceci dit, je lis fréquemment les livres à l’envers aussi (sauf la fiction).

    Aliocha : Mais alors, tous les hommes seraient gauchers, ou moins pragmatiques que nous, c’est possible aussi ça 😉

    Commentaire par Fantômette — 15/10/2008 @ 20:06

  18. @ Fantômette: les mangas sont faits pour vous!

    Commentaire par Caroline — 15/10/2008 @ 20:22

  19. J’ai toujours vu mon père lire ses journaux à l’envers, i-e les commencer par la fin.
    Si mes souvenirs sont bon, c’est lors de mes études d’art qu’on m’a expliqué que comme l’ordre d’un journal est pensé dans l’ordre début -> fin, ce qui en soit est assez logique, le lire à l’envers c’est donc échapper à ce filtre…

    Personnellement en tant que femme je le lis dans le sens normal me disant qu’étant consciente de la-dîte construction début -> fin, je devrais pouvoir y échapper. Mais bon à bien y réfléchir, il n’y a pas de raison que je sois meilleure que les autres 🙂

    Commentaire par solisiter — 15/10/2008 @ 22:10

  20. Je suis sûr que personne n’a remarqué : ce soir, juste après la parution de son billet, alors que le CAC 40 accuse une chute de près de 7%, les ventes du journal Marianne explosent et son action crève des plafonds à la bourse !

    Quelle époque, même les humeurs d’Alliocha sur son blog ont une influence sur les cours de la bourse !

    Commentaire par Boursicaut — 15/10/2008 @ 22:21

  21. @ Caroline

    En fait, non, j’ai énormément de mal à lire un manga à l’envers (c’est-à-dire dans le bon sens) parce qu’en réalité, ce que j’aime, ce n’est pas tant lire à l’envers que lire dans le désordre (je réfléchis dans le désordre également), et que je suis du coup extrêmement perturbée de devoir lire un manga à l’endroit (c’est-à-dire dans le mauvais sens) pour en organiser (ou plutôt en désordonner) la trame de façon à m’en permettre une véritable compréhension je ne sais pas si je suis claire.

    Commentaire par Fantômette — 15/10/2008 @ 22:38

  22. @Fantômette

    Non, pas tellement, j’ai pas très bien compris en tout cas.

    Dans un journal, on peut picorer (lire un peu au pif), lire en fonction de ses centres d’intérêt, ou alors lire dans l’ordre des pages, ou hybrider ces pratiques. Ou lire dans l’ordre inverse des pages, aussi, je suppose. Ça peut valoir aussi pour certains livres.

    Quand on lit un roman, une bande dessinée, n’importe quoi qui a un ordre de narration, on n’a pas ce choix, ou très peu.

    Après, quand on lit un manga imprimé sans être inversé, bon, ça prend du temps pour s’adapter et il y a des gens que ça rebute, mais on s’y fait.

    Commentaire par Schmorgluck — 16/10/2008 @ 00:21

  23. Sympa ce blog. C’était la première fois que je voyais des journalistes en train de réfléchir, le choc est violent.

    Commentaire par Yann — 16/10/2008 @ 14:09

  24. Bonjour chère dame,
    Tiens, c’est intéressant ça, ça a l’apparence de la diffamation envers une institution publique, non ? Ils sont joueurs à Marianne ?
    Bon, d’un autre côté, je n’ai pas lu le journal, je me borne à lire votre commentaire, mais ça ressemble à une certaine affaire de question douteuse par SMS (relayée par la TV) et Dieudonné. Ca n’avait pas fini de manière très positive pour la chaine il me semble.

    .. ou alors je fais encore un amalgame malheureux entre deux affaires qui -en fait- n’ont rien en commun ?

    Commentaire par Ferdi — 16/10/2008 @ 14:58

  25. Le site en ligne de Marianne ne donne vraiment cette impression de qualité.
    Il est plutôt racoleur, le ton est outrancier et même provocateur,
    L’avez-vous testé ?

    Aliocha : En effet, mais il me semble qu’il renoue avec une vieille tradition de la presse française qui, jusqu’à l’avant-guerre était bruyante, impertinente, racoleuse et, entre nous, franchement plus agitatrice, plus amusante, plus dynamique que nos journaux actuels…
    Bravo pour votre blogue

    Commentaire par La Vieille — 16/10/2008 @ 15:39

  26. Bonjour Aliocha,

    Je me demande ce qui vous a poussé à nous éclairer (par deux fois) quant à votre sensibilité politique ? C’est une question que je me pose souvent : vaut-il mieux connaître ou non l’orientation politique d’un journaliste avant de lire. Oui : cela peut éclairer sur ses angles d’attaque. Non : cela biaise la lecture « objective » que l’on pourrait faire de ses articles. Certes on connaît généralement la ligne du journal que l’on lit, mais il pourrait y avoir des journalistes sensibilés à gauche au Figaro (d’ailleurs un ancien du Figaro n’écrit-il pas à Charlie Hebdo?) et inversement des journalistes sensibilisés à droite à Libé.

    Qu’en pensez-vous ?

    Aliocha : Je suis, depuis toujours, une chercheuse de vérité, j’aime comprendre, analyser, décortiquer, saisir l’essence des choses. Et pour y parvenir, il me semble qu’il faut être d’une absolue honnêteté intellectuelle. Par ailleurs, je sais, en tant que journaliste, à quel point il est facile de biaiser une présentation, parfois involontairement, simplement parce qu’on est convaincu d’avoir raison, parce qu’on est enfermé dans un système de pensée sans même le savoir. Voilà pourquoi il me semble que les lecteurs ont le droit de savoir que je suis plutôt de droite, même si j’ai horreur des étiquettes et si je fais en sorte que cette sensibilité influence le moins possible mon jugement. Si certains ici s’en vont en considérant a priori que je ne mérite pas d’être lue, je le regretterai, mais le plus important à mes yeux est d’être transparente. En France, les appartenances politiques des journaux sont suffisamment marquées pour que la question de la transparence ne se pose guère me semble-t-il 😉 J’ajoute, pour répondre précisément à votre question,qu’à tout prendre, il me parait préférable que ce soit le lecteur qui lise d’un oeil biaisé plutôt que le journaliste qui biaise son message sans que le lecteur puisse s’en apercevoir

    Commentaire par gwynplain — 16/10/2008 @ 18:45

  27. A propos des fonds débloqués pour résoudre les problèmes de notre monde, en rapport avec le reportage vu sur Arte :
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/10/16/compare-aux-plans-contre-la-crise-eradiquer-la-malnutrition-ne-couterait-presque-rien_1107875_3244.html#xtor=RSS-3208

    Commentaire par DePassage — 17/10/2008 @ 10:02


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