La Plume d'Aliocha

01/10/2008

Ces choses qui nous énervent…

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 10:03

Ainsi va l’actualité, parfois elle énerve. J’écoutais ce matin François Rebsamen, fraichement élu sénateur, interviewé par Laurent Bazin. Ce-dernier lui demande s’il ne serait pas temps en France de pratiquer l’union sacrée face à la crise, comme le font les américains. Et que croyez-vous que l’interviewé répondit ? Allons, je vous aide, c’est un homme politique français appartenant pour l’instant à l’opposition. Oui, vous y êtes. Il a rétorqué en substance, et sans surprise, que l’agitation du gouvernement autour de la crise n’était qu’une manière de dissimuler son incompétence à gérer les problèmes des français. Et le sénateur de préciser que les banques de détail n’étaient pas touchées. Ah bon ?  Moi il me semblait qu’elles avaient passé de drôles de dépréciations, mais bon. Un grand penseur contemporain me confiait il y a peu que les français ne savaient pas débattre, que nous nous en tenions à des discussions abstraites, universalistes et bien pensantes au lieu d’avoir l’humilité d’observer la réalité. Comme il a raison. J’y ajouterais cependant l’idéologie qui perturbe tout, l’idéologie qui pousse à considérer que l’adversaire a forcément tort puisqu’il n’est pas de votre camp. Ce qui met fin à toute discussion. Les politiques se rendent-ils compte à quel point cette rhétorique est usée, lassante ? Je crains maheureusement que non.

Quelques minutes plus tard, j’entends que François Fillon a décidé de puiser dans le livret A pour remettre la finance à flots. Que c’est beau, on se croirait dans du Balzac. Je ne sais pas pourquoi mais cette annonce m’a rappelé la Cousine Bette. Vous vous souvenez ? L’un de ses neveux, joueur, buveur et coureur de jupons invétéré lui vole ses économies sous son matelas à la fin du roman. La pauvre femme qui jouait la même martingale à la loterie depuis 20 ans ne peut acheter son ticket ce jour-là, et, forcément, c’est le jour qu’avait choisi le sort pour faire sortir sa combinaison. Où est le rapport me direz-vous ? Disons que c’est un peu la fable de la cigale et de la fourmi, en plus cruel. Bref, aller puiser dans ce que les français ont de plus cher, leur petit bas de laine à 4% soigneusement mis à l’abri par le gentil petit écureuil pour réparer les bévues d’une tripotée de sur-diplômés qui ont dérapé sur les montages piégés de leurs camarades d’Outre-Atlantique, c’est tout de même piquant ! Sans compter que, si je ne m’abuse les fonds récoltés au titre du livret A servent en principe à financer les HLM ? Sacré clin d’oeil, vous ne trouvez pas ? Combien de fois ai-je entendu d’éminents financiers se plaindre que les français n’avaient aucune culture économique, qu’ils économisaient trop et n’investissaient pas assez, notamment sur les marchés. Entre nous, l’actualité nous donne plutôt raison ces dernières années, il faut le reconnaître. Vous voyez Messieurs les financiers que nos petites économies finalement on a bien fait de les garder ? Tout ceci me fait penser à une scène maintes fois vue dans des films de série B où un enfant brise sa tirelire et vient apporter dans sa menotte tremblante, le sourire aux lèvres, ses petites économies à l’adulte qui pleure parce qu’il a des problèmes d’argent.  Voilà Messieurs les grands banquiers, les traders, et autres génies en costume rayé et voiture de sport, on va casser notre petit cochon de porcelaine et vous donner nos sous. Ces économies ridicules que vous avez tant méprisées, vous les seigneurs internationaux de la Haute Finance. C’est pas beau la solidarité ?

 

Correctif du 3/10/2008 : Carol vient de me faire observer avec raison que le roman de Balzac que je cite est La Rabouilleuse et non pas la Cousine Bette. Toutes mes excuses pour cette confusion et merci à Carol d’avoir rétabli la vérité. 

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52 commentaires »

  1. Mince, Aliocha vient de prendre sa carte au PCF… 😉

    J’en ris mais ce n’est pas drôle du tout en fait.

    Aliocha : Mais non Mussipont, mais non. J’observe l’actualité et je vous raconte ce qu’elle peut avoir de symbolique à mes yeux, c’est tout. Cela étant, il est vrai qu’en ce moment j’écoute Jean Ferrat en boucle pour la beauté des textes, et leur côté rebelle qui me détend 😉

    Commentaire par mussipont — 01/10/2008 @ 10:28

  2. l’idéologie existe? c’est nouveau? des que l’ivresse du pouvoir pointe son nez, il n’y a plus d’idéologie mais que des idées creuses et sans fondement (Shan Lobaar, l’art du néant). l’opposition systématique est un fondement de la politique française. la seule union sacrée fut autour de la constitution européenne rejettée par le referendum, donc par les français.
    quand aux financiers en costumes rayés, ça me rappelle ce semi-patron de société qui ne comprenait pas pourquoi les gens achetent des voitures à credit.
    et le livret A qui emmerde les financiers, donc les politiciens à leur botte, c’est un moyen detourné d’ajouter des taxes supplémentaires pour palier aux insuffisances politiques. alors, les 11 euros que chaque foyer fiscal devra donner à Bernard Tapie dans l’affaire du crédit lyonnais vont paraitre ricicules.
    à quand une taxe sur les bénéfices bancaires (et petroliers)? ah? on ne peut pas? étrange…..

    Commentaire par leinad — 01/10/2008 @ 10:40

  3. Si j’avais un livret A, je songerais à sortir mon fric au plus tôt pour le planquer sous mon matelas. Je ne suis pas sûr que cette annonce de F. Fillon soit bien faite pour créer la confiance.

    Commentaire par Toto_SRàRien — 01/10/2008 @ 10:42

  4. Mais au fait. J’ai un Livret A ! Dois-je mettre au chaud mes 145,63 euros (plus quelques années d’intérêts)?

    Commentaire par Toto_SRàRien — 01/10/2008 @ 10:46

  5. Bonjour,

    J’aime bien le rapprochement avec la cousine Bette. Ces dernières années m’ont fait pensée à la curée.

    Dans l’interview donnée ce matin aux Echos, FF disait à peu près ceci : « il y a des excédents de la collecte du livret A par rapport aux besoins du logement social qui doivent pouvoir être réaffectés ». Affectés à quoi ? Vu le contexte, il semble s’agir du financement des PME pour contribuer à pallier les effets du credit crunch en ce qui les concerne.

    J’avoue m’être posé deux questions sur cette annonce.

    Primo, puisque le montant de ces excédents serait fonction des « besoins du logement social », peut-être y aura-t-il tentation de réduire l’appréciation de ces besoins de manière à libérer plus de fonds pour les PME… Ce serait un peu le sapeur Camembert.

    Secundo, du point de vue des épargnants, prêter des fonds issus à un office d’HLM ou à une PME potentiellement en difficulté financière présente peut-être des niveaux de risque différents. Il faudrait alors que quelqu’un (la Caisse des dépôts ?) se substitue aux épargnants pour supporter ce risque…

    Commentaire par Sébastien — 01/10/2008 @ 10:46

  6. La solidarité c’est beau, c’est juste qu’il y en a qui sont plus solidaires (à l’insu de leur plein gré) que d’autres.

    Commentaire par Catherine — 01/10/2008 @ 11:25

  7. Et si, toujours pour rigoler, on montait un buzz sur internet qui explique qu’avec cette manoeuvre les gens vont perdre leurs petites économies parce que les grands méchants vont les sacrifier pour éviter de faire une vrai réforme qui va les toucher eux, les politiques et les nantis ?

    Aliocha : on aurait tort Hervé de faire cela. La grande finance a cru qu’elle pouvait s’émanciper de l’économie, cesser de la servir et ne plus s’occuper que d’elle. Résultat, elle s’effondre, car elle n’est rien déconnectée de l’économie réelle. On va donc utiliser nos petits bas de laine pour faire son travail à sa place, c’est-à-dire faire tourner la vraie économie, celle qui produit des biens et des services.

    Commentaire par herve_02 — 01/10/2008 @ 12:01

  8. Donc toutes les personnes ayant par solidarité ou conviction financer les HLM avec leur livret A vont maintenant financer des PME (certainement innovantes mais là n’est pas le problème).

    Par contre le jour ou cette personne ce mettra sur la liste des demandeurs de logement HLM et ne verra rien venir. Es ce qu’on taxera les PME (ou quelqu’un d’autre après tout) pour financer les HLM? Me dites pas j’ai déjà deviner qui payera…

    Commentaire par nyquist — 01/10/2008 @ 12:06

  9. En ce qui concerne les banques de détails, il est vrai que les institutions financières s’appuyant sur des réseaux de banque de détail sont moins touchées que les banques d’investissement qui sont immédiatement fragilisées par le credit crunch.

    Pour le reste… ayons une pensée pour le paquet fiscal, probablement la chose la plus urgente que devait faire Sarkozy une fois élu, et qui allait sauver la France !

    Commentaire par Vonric — 01/10/2008 @ 12:15

  10. Qu’est-ce que je vous disais ? Le dégoût…

    Commentaire par Emmanuel — 01/10/2008 @ 12:35

  11. « En ce qui concerne les banques de détails, il est vrai que les institutions financières s’appuyant sur des réseaux de banque de détail sont moins touchées que les banques d’investissement qui sont immédiatement fragilisées par le credit crunch. »
    Vonric, commentaire numéro 9

    C’est tout à fait vrai, mais de là à affirmer qu’elles ne sont pas exposées à la crise, il y a un pas qu’on n’ose franchir qu’avec une dose de mauvaise foi toute politicienne.

    Pendant ce temps, de plus en plus de gens dans mon entourage me demandent si je serai au chômage demain. Non seulement ça m’énerve, mais en plus, ça commencerait presque à me faire douter.

    Commentaire par Oph — 01/10/2008 @ 13:30

  12. vous allez voir qu’on va finir par louer les villes qui ne construisent pas assez de logements sociaux au motif qu’elles concourent plus à financer l’économie. on leur donnera des médailles.

    Commentaire par david — 01/10/2008 @ 13:41

  13. «l’idéologie qui pousse à considérer que l’adversaire a forcément tort puisqu’il n’est pas de votre camp»

    À propos d’idéologie, il en est une autre tout à fait intéressante, qui est de disqualifier toute critique, avant même de savoir si elle est fondée, sous le prétexte subtil qu’elle vient de l’opposition-qui-de-toutes-façons-s’oppose-systématiquement. Parfois au nom du «pragmatisme». Ou de l’«union sacrée».

    Cette idéologie est d’essence totalitaire.

    Aliocha : je vois que vous maitrisez le sujet. Vous avez donc du remarquer que c’était un travers commun à l’ensemble de la classe politique ou presque. Droite et gauche confondues. Pourtant je devine à votre ton que vous me faites un procès d’intention. Si vous saviez à quel point vous vous trompez. Cela étant, si je ne vous plait pas, il ne faut pas vous faire du mal en venant ici.

    Commentaire par Gwen — 01/10/2008 @ 14:04

  14. «Vous avez donc du remarquer que c’était un travers commun à l’ensemble de la classe politique ou presque. Droite et gauche confondues.»

    J’ai surtout remarqué que, si les gens sont organisés en «droite» et «gauche», c’est qu’ils avaient des idées différentes. Qu’ils adhéraient à une idéologie différente. Pour faire simple – mais c’est bien plus complexe -, les premiers sont pour le libéralisme économique, les seconds sont contres. De chacune de ces deux idéologies, découlent un ensemble cohérent de mesures, dont une partie n’est pas (du tout) consensuelle : c’est fort logiquement sur cette partie que se base le débat démocratique. Par suite, quand les représentants d’une de ces deux idéologies sont au pouvoir, ils appliquent les mesures découlant de leur idéologie. Pas celle des autres. Mais alors, l’opposition trouve ces mesures en désaccord avec leur idéologie ; et ils le disent. En proposant l’inverse, qui est en accord avec leur idéologie, mais en désaccord avec celle au pouvoir. C’est la démocratie. Vous ne pouvez contraindre une partie à adhérer à l’idéologie de l’autre (la réciproque étant vraie) : c’est cela qui est d’essence totalitaire.

    «je devine à votre ton que vous me faites un procès d’intention»

    Cette phrase vaut son pesant de mise en abyme… Où ça, un procès d’intention ? Ah, vous le «devinez» ? En filigrane ? J’aurai eu en quelque sorte l’«intention» de vous faire un «procès d’intention» ?

    «si je ne vous plait pas, il ne faut pas vous faire du mal en venant ici»

    Moi ça va, la contradiction je supporte, merci. Pour vous, je ne me fais pas de souci : quand vous en aurez marre de moi, vous saurez bien me censurer ; comme vous l’avez déjà fait sur un autre fil.

    Aliocha : ah, c’était déjà vous ? Oui en effet, j’ai ôté une phrase de conclusion dans laquelle vous évoquiez les difficultés gastriques que vous inspiraient mes propos. Sous un autre billet, j’ai en revanche laissé une grossiereté à mon endroit. Je pensais que vous apprécieriez. J’aimerais que mon blog soit un lieu de débat et non pas un déversoir à bile. Je pense qu’on peut être en désaccord poliment et respectueusement, mais ça doit être mon côté totalitaire qui m’inspire ces mauvaises pensées.

    Commentaire par Gwen — 01/10/2008 @ 14:35

  15. Votre style à vous, c’est le journalisme d’insinuation ?

    Merci de ne pas m’attribuer tous les propos que vous avez censuré. Je n’ai absolument jamais évoqué de «difficultés gastriques». Le commentaire entier que vous avez censuré ne contenait strictement aucune grossiereté ; à moins que ce que vous trouviez «impoli», ce soit de vous apporter la contradiction. Merci dans ce cas de prévenir.

    Commentaire par Gwen — 01/10/2008 @ 15:05

  16. oui moi aussi cette esprit d’opposition aveugle et non constructive m’énerve.

    Commentaire par Thanos — 01/10/2008 @ 15:23

  17. Le blog d’Aliocha est devenu populaire !

    Il a son premier troll !

    Félicitations !

    😎

    Cat

    Commentaire par Cat — 01/10/2008 @ 15:24

  18. Aliocha,

    Vous l’ignorez peut-être, mais Gwen est un maso… Il ne peut plus se faire taper dessus chez Eolas, alors il vient chez « Maîtresse » 🙂

    Commentaire par ramses — 01/10/2008 @ 15:36

  19. C’est assez étrange, en effet, qu’on envisage d’affecter une partie de la collecte du Livret A au financement des PME… J’avais cru comprendre qu’on manquait de logements sociaux donc, logiquement, l’excédent de collecte devrait permettre d’en mettre plus en chantier ?

    C’est comme le financement du RSA… On nous explique que ça va permettre aux RM’istes de retrouver un emploi… Fort bien, mais qui payait le RMI ? L’Etat… (enfin, nos impôts). En transférant le coût du RMI aux contribuables par le biais d’un nouvel impôt sur les revenus du capital pour financer le RSA, l’Etat va donc récupérer des excédents… A quoi seront-ils employés ? Figurent-ils au Budget 2009 ?

    La Comptabilité publique devient aussi opaque que le ciel chinois 🙂

    Commentaire par ramses — 01/10/2008 @ 15:46

  20. J’ai 2 questions naïves et innocentes :

    – Du fait de la crise, aux USA il manque quelques 1000 milliards de dollars, en Europe la BCE annonce une perfusion de 120 milliards d’euros, en Fance, entre Dexia et les autres, les milliard d’euros commencent à pleuvoir ou plutôt s’évaporer… Si on fait l’addition, il y a des milliards, voir des billions d’euros et de dollars qui se sont volatilisés !

    Question naïve n°1 : Mais où sont donc passés tous ces sous ?

    – Dans la suite logique de la question 1, ça fait maintenant quelques années qu’on annonce des bénéfices records pour la plupart des grands groupes industriels et bancaires. De ces 2 constats, le citoyen naïf et innocent que je suis en conclue que l’argent qui manque dans ma question 1 se trouve très probablement dans la poche de ceux que je viens d’évoquer !

    D’où ma question naïve n°2 : Pourquoi donc, au lieu de demander au citoyen de base qui a déjà les poches vides, ne demande-t-on pas à ceux qui ont les poches pleines de les vider un peu ?

    Commentaire par Oeildusage — 01/10/2008 @ 16:30

  21. Autre question naïve : comment ce fait-ce que la première mesure prise soit une mesure de… dérégulation ?

    http://www.lesechos.fr/info/finance/300297549-les-autorites-financieres-americaines-assouplissent-la-regle-du-mark-to-market-.htm

    Commentaire par Gwen — 01/10/2008 @ 16:36

  22. Mes 2 questions naïves précédentes m’ont donné une idée : le gouvernement français (et pourquoi pas l’EU) pourrait faire une « loi rétroactive à application immédiate » pour taxer les profits records de ces dernières années.

    Commentaire par Oeildusage — 01/10/2008 @ 16:38

  23. puisqu’il est aussi question de dessins de presse sur ce blog, noter que ceux de Willem dans Libé et de Pancho dans Le Monde sur cette crise financière sont particulièrement savoureux.
    ainsi aujourd’hui, Pancho, deux banquiers :
    – « l’Etat ne couvrira que partiellement nos pertes…
    – voilà ! encore une fois, l’inefficacité de l’Etat ».

    Commentaire par david — 01/10/2008 @ 16:38

  24. « Voilà Messieurs les grands banquiers, les traders, et autres génies en costume rayé et voiture de sport, on va casser notre petit cochon de porcelaine et vous donner nos sous. »

    Mais Aliocha, donnez donc ! Donnez généreusement pour que nous autres banquiers puissions continuer a maintenir notre train de vie ! Donnez a pleines mains, nous savons bien que vous avez peu, presque rien, mais si tous donnent, cela fera beaucoup et nous serons sauvés ! Quel bonheur que la solidarité nationale !
    Et rassurez-vous bien, Aliocha, même si je vous devine peu inquiète sur le sujet, nous n’aurons pas un mot de remerciement pour vous. Puisque nous autres bourreaux capitalistes, nous méprisons tout et tous ! C’est désormais une certitude depuis que je lis votre blog. Merci de m’avoir éclairé !

    Commentaire par henri — 01/10/2008 @ 16:46

  25. Bonjour
    En ce qui concerne le degré d’exposition des banques de détail, je n’ai aucune compétence pour répondre à la question.
    Par contre j’aimerais vraiment comprendre pourquoi la gauche et le centre devraient, au nom de l’union nationale, s’allier à une politique qui n’est pas la leur et qui montre aujourd’hui très clairement ses limites.

    Commentaire par Mestizaje — 01/10/2008 @ 17:05

  26. Concernant l’«union sacrée», je voudrais juste clarifier les choses.

    Je suis membre d’un parti d’opposition. Nos propositions pour réglementer le capitalisme sont publiques et facilement accessibles. On peut en débattre. Mais je peux vous assurer que si demain, le gouvernement les reprend, alors comme par miracle, l’«opposition systématique» s’arrêtera, et Sarkozy aura toute la gauche derrière lui (du moins, sur ces mesures-là). Nul besoin d’appeler à l’«union sacrée» : il suffit de passer aux actes.

    Aliocha : eh bien mettez-le en lien, je suis toujours avide de débattre si on le fait posément.Quant à votre commentaire, il était dans la boite à spam, j’ignore pourquoi. Je vais le lire pour voir ce qui a choqué ma machine et le mettrai en ligne si la machine a eu tort. Je n’ai jamais censuré personne ici, que ce soit clair.

    Commentaire par Gwen — 01/10/2008 @ 17:37

  27. Allons-y donc (je mets des mesures générales, pas d’un parti en particulier).

    1) Taxe Tobin

    (pas besoin de lien ?)

    2) SLAM (Shareholder Limited Authorized Margin) : limitation des dividendes à 6% du capital investi.

    http://www.monde-diplomatique.fr/2007/02/LORDON/14458

    3) dédoublement du taux d’intérêt : un taux (bas) pour l’économie réelle, un taux (haut) pour la spéculation

    http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/LORDON/15165

    4) création d’un pôle financier public avec des banques et sociétés d’assurances nationalisées (pour orienter le crédit vers l’emploi, la formation, l’économie réelle)

    5) revenir sur l’indépendance de la BCE, sur le pacte de stabilité

    6) revenir sur les exonérations fiscales, sur le bouclier fiscal, taxer vraiment les revenus du capital (ils sont taxés à 11%, les revenus du travail à 50… cherchez l’erreur)

    Commentaire par Gwen — 01/10/2008 @ 18:28

  28. L’économie de tous les paradoxes…

    Sans entrer dans le premier des paradoxes actuels des entreprises qui annoncent des bénéfices en même temps qu’un plan de licenciement de masse, qui peut m’expliquer les paradoxes suivants :

    – On apprends que les banques d’épargne ont quelques problèmes… puis on nous annonce qu’on va puiser dans les réserves du livret d’épargne pour juguler la crise financière.

    – Depuis quelques années les bénéfices affichés par les grands groupes industriels et surtout bancaires dépassent des records historiques (autrement dit des réserves solides), puis du jour au lendemain c’est le gouffre.

    – Les masses financières (perdues) annoncées se chiffrent en milliards. Je ne suis pas spécialiste mais j’avais vaguement compris que le principe de la bourse était en quelque sorte une masse financière mouvante qui changeait de main au gré d’investissements judicieux ou perdants. Or jusqu’à maintenant la crise semble toucher tous les secteurs, toutes les économies et tous les pays, comme si l’argent perdu des uns ne se retrouvait nul part ailleurs. Il y a bien des gagnants quelque part ?…

    – Etc…

    Depuis quelques jours les annonces, interviews, débats et déclarations de spécialistes en finance et en économie apportent leurs lots de contradictions… ça devient difficile à comprendre et surtout pénible !

    Commentaire par Oeildusage — 01/10/2008 @ 19:02

  29. bonsoir,

    comme dis notre « cher » gouvernement il n’a toujours pas de probleme et pourtant je cite :
     » Le montant des pertes cumulées liées à la crise financière a connu une forte inflation au cours des derniers jours, pour s’établir à 590,3 Milliards de Dollars, selon le pointage mis à jour en temps réel par Bloomberg.

    Sur ce total, 56,6% trouvent leur origine chez les établissements nord-américains, 39,2% en Europe et 4% seulement en Asie.

    Un total de 433,8 Mds$ a été levé depuis le début de la crise pour renflouer les caisses d’un secteur qui a supprimé 130.000 emplois dans l’intervalle, dont 71% aux Etats-Unis.

    Le roi de la part s’appelle Citigroup, avec 60,8 Mds$ de dépréciations, devant Wachovia (52,7 Mds$) et Merrill Lynch (52,2 Mds$), deux établissements avalés par d’autres structures depuis.

    Première banque européenne du classement, UBS figure au 5ème rang avec 44,2 Mds$ (mais la banque n’a pas encore publié ses comptes trimestriels).

    HSBC, avec 27,4 Mds$ de dépréciations, pointe à la 6ème position.

    La première banque française est au 17ème rang avec 8,8 Mds$ de dépréciations, devant la Société Générale (6,4 Mds$) et Natixis (5,3 Mds$).

    Malgré sa recapitalisation en urgence ce matin, Dexia était en fond de classement à 1,6 Md$ de dépréciations, soit la 50ème position de ce triste classement. »

    De plus notre epargne sert au PME !!!

    MA conclusion il est urgent de retirer ses maigres economies avant le naufrage total (attention je ne parle pas de cette compagnie qui va tres bien merci pour elle)

    Commentaire par peter — 01/10/2008 @ 19:16

  30. à les noisettes deposées chez l’ecureuil (ou autres) 😀
    quasiment tout le monde est persuadé de pouvoir retirer illico et en especes sonnantes et trébuchantes.

    peu de personnes connaissent pourtant cette disposition du CMF
    bon c’est évident que si un décret devait être pris c’est que là on sera vraiment dans la m…e 😀

    Article L221-2

    Les caisses d’épargne peuvent rembourser à vue les fonds déposés [b]mais les remboursements ne sont exigibles que dans un délai de quinzaine.[/b]

    Les délais supplémentaires sont fixés par décret pour les opérations nécessitant l’intervention d’un bureau ou d’une caisse situé en dehors de la France continentale.

    [b]En cas de force majeure, un décret en Conseil d’Etat pris sur le rapport du ministre chargé de l’économie et du ministre chargé de La Poste peut limiter les remboursements par quinzaine à 2 % du maximum autorisé des dépôts sur le livret A[/b]. Les dépôts postérieurs au décret sont libérés de la clause de sauvegarde.

    Commentaire par draftbold — 01/10/2008 @ 19:20

  31. Imaginons un scénario catastrophe : la crise s’aggrave, les systèmes bancaires s’écroulent, les économies s’effondrent, …

    Finalement pour le citoyen de base et désargenté que je suis et qui n’a plus grand chose à perdre, cela ne permettrait-il pas de tout remettre à plat et de redistribuer un peu les cartes ?

    Il y a toujours une façon positive de voir les choses.

    Commentaire par Oeildusage — 01/10/2008 @ 19:28

  32. Merci pour l’information.

    Perso comme j’ai solde le mien il y a quelques annees pour acheter une maison.

    Je n’ai plus de tresorerie hormis des « boyards » sur un CEL que je vais d’ailleurs solder rapidement car les banquiers sont comme nos politiques …

    Bref pas confiance du tout

    Bon courage a tous en tout cas

    Commentaire par peter — 01/10/2008 @ 19:39

  33. Aliocha, vous ne trouvez pas que c’est marrant de voir comment le phénomène de destruction monétaire suscite quasi automatiquement dans notre esprit un fantasme d’écroulement du système bancaire?

    Commentaire par tschok — 01/10/2008 @ 21:54

  34. @ tschok

    Et c’est marrant de voir que certains redoutent cet écroulement du système bancaire, tandis que d’autres l’appellent de leurs voeux 😉

    La vraie inquiétude dans cette affaire est que les Américains sortiront par le haut de cette crise en un temps record, alors que l’Europe n’y sera pas encore vraiment entrée… On a un cyclone de retard… Tandis que les Américains déblaient, on en est à calfeutrer les portes et les fenêtres… J’observe par ailleurs que pour lever des fonds, le Congrès et le Sénat sont priés de donner leur avis… Chez nous, l’Etat trouve en catimini un milliard € pour soutenir Dexia… J’avais cru comprendre que les caisses étaient vides ? C’est magique 🙂

    Commentaire par ramses — 01/10/2008 @ 23:28

  35. « Voilà Messieurs les grands banquiers, les traders, et autres génies en costume rayé et voiture de sport, on va casser notre petit cochon de porcelaine et vous donner nos sous. Ces économies ridicules que vous avez tant méprisées, vous les seigneurs internationaux de la Haute Finance. »

    J’adore la fin de cet article, qui illustre avec une grande clarté ce que je pensais si confusément. C’est comme une fin de fable de La Fontaine !

    Commentaire par UnFrançaisDeToutEnBas — 01/10/2008 @ 23:59

  36. @Aliocha: Sans vouloir me faire l’avocat de François Rebsamen, je pense qu’il y a une façon d’interpréter ses propos qui pourrait vous agréer. Les problèmes budgétaires de la France (déficit chronique de l’État et de la Sécu…) ne datent pas de la crise ; il est possible, du moins c’est ce que certains disent, que ces problèmes aient été aggravés par les décisions du présent gouvernement et du précédent, découlant notamment de certaines promesses électorales.

    Toute cette agitation au sujet des subprimes et de la crise financière ne devrait donc pas nous faire oublier qu’indépendamment de ces évènements, les finances publiques françaises vont mal.

    Commentaire par DM — 02/10/2008 @ 05:37

  37. Bon… maintenant qu’on s’est tous exprimés sur les injustices, les abus, les privilèges, les mensonges, les pillages et gaspillages, les promesses non tenues, les forfaitures et j’en passe et des meilleures, même si ça calme un peu, ça ne fait pas avancer les choses !

    Je constate d’ailleurs que les lieux d’expression et de protestation fourmillent à la tv, à la radio, dans la presse, sur le net et ailleurs mais ne changent rien… comme si cela permettait de gérer et canaliser pour mieux étouffer en douceur toute velléité populaire de révolte.

    Concrètement, quelles actions possibles nous reste-t-il, à nous les populeux de base, pour rétablir un peu le rapport de force et nous éviter d’assister une fois de plus au pillage de nos économies et à la détérioration de notre déjà petit niveau de vie ?

    Les pétitions si ça marchait ça se saurait, les grèves c’est plus trop à la mode, les manifs, entre les casseurs violents d’un côté et le CRS bourrus de l’autre, ça devient risqué,…

    Quelqu’un a une idée ?

    Commentaire par Oeildusage — 02/10/2008 @ 10:10

  38. @oeildusage

    Rassurez-vous, en France, tout finis toujours sur une barricade…. La question est quand? Je crains que ce ne soit pas pour tout de suite…

    Commentaire par Adrien — 02/10/2008 @ 10:22

  39. Pour ce qui me concerne, je ne cesse de m’interroger sur l’utilisation des fonds des livrets A pour financer certaines actions liées à la crise.

    Il y a plusieurs axes, bien entendu contradictoire, que je n’arrive pas bien à mettre en place. Peut-être qu’en l’écrivant ici ça va aller mieux.

    Premier point: il faut sauver le système bancaire. Oh, pas les banquiers, ça fait bien longtemps que je suis convaincu que les requins de la finance sont dangereux et fous. Mais voilà, le système bancaire c’est ce qui fait la monnaie (je sais, ça peut surprendre, mais c’est comme ça) et c’est la confiance dans la monnaie (ou dans les banques, c’est pareil) qui fait qu’il y a une économie. Donc, on ne peut pas laisser s’effondrer le système bancaire. Et, le sauver, ça passe par le fait de débloquer des fonds. Dans mon esprit, certainement pas débloquer à perte, au strict minimum, débloquer avec contre-partie (prise de participation, voire prise de contrôle).

    Second point: les fonds du livret A se portent bien parce qu’ils sont bien gérés. Ils ne correspondent pas à des placements spéculatifs avec des rendements annoncés comme mirifiques, notre petit cochon de porcelaine est solide, parce que géré à la papa, sans risque. C’est donc relativement logique que ce morceau là survive à la crise. Et qu’on puisse envisager, un temps, transitoirement, pour passer la période de crise, de s’en servir pour éviter des naufrages. Ceci dit, ils sont gérés à la papa parce que la règle du jeux dit que le livret A, c’est pas pour boursicoter, c’est pour construire, de la pierre. Or, en disant qu’on va s’en servir pour entrer dans la danse (et essayer de l’arrêter) des boursicotages, on met en péril ces fonds.

    Troisième point: il m’avait semblé, mais j’ai sans doute mal lu, qu’on avait un problème de crise du logement, et en particulier du logement social, en France. Comment c’est possible? Il y a du pognon en trop, qui déborde de la caisse, à tel point qu’on peut s’en servir pour autre chose, alors qu’il n’y a pas assez de logements. C’est qui, le minable qui pilote ça? J’aurai tendance à croire que c’est au gouvernement que ça se passe, mais je me trompe peut-être. L’Abbé Pierre en serait malade, heureusement qu’il n’est plus là pour le voir.

    Enfin, quelques bribes de réponse, avec les deux doigts de finance que j’ai compris, pour éclairer certains commentaires.

    Idée fausse: quand on perd en bourse, quelqu’un d’autre doit gagner. C’est bien entendu faux. Quand j’ai acheté mon action, en temps calme, elle valait 100, c’est-à-dire que pour l’acheter, il fallait débourser 100. Maintenant, pour mille raisons, souvent psychologiques, personne ne veut l’acheter. C’est comme ça, elle n’est pas jolie, les gens ont la tête à autre chose, bref, personne ne veut l’acheter. Pour la vendre, il va falloir la brader. La vendre 30. Les 70 d’écart? Ils ne sont dans la poche de personne.

    Moi, j’ai déboursé 100 pour acheter, mais c’était il y a longtemps. Pendant longtemps, quand je faisait le compte de ma fortune, je comptais mes billet, mes pièces, et 100 pour une action. Bien, maintenant, cette action elle s’échange à une valeur de 30. Objectivement, si je fais le compte de ma fortune aujourd’hui, je dois compter l’action comme valant 30, par comme valant 100. Ma fortune a donc bien diminué de 70, comme si j’avais brûlé 7 billets de 10 euros. Mais personne ne m’a rien pris, mon action, je l’ai toujours, elle est intacte, les souris ne l’ont pas mangé. Simplement, elle a moins de valeur.

    Pourquoi j’en viens là? Simplement parce que, du coup, la caractéristique d’une crise comme celle-là, c’est que beaucoup de produits financiers (actions, obligations, produits dérivés divers) ont un valeur très fluctuante, et plutôt à la baisse. Donc, le trésor de guerre des banques diminue, mécaniquement. Même si elles ne font rien. Comme si les billets de banque se volatilisaient. Personne ne gagne, personne ne vient piller les coffres forts, simplement, cet argent que sont les actions est en train de se détruire. Du coup, les banques se retrouvent avec un trésor de guerre trop petit (obligation légale d’avoir en caisse un pourcentage donné de ce que les gens ont placé à tout instant), donc elles doivent faire rentrer dans le trésor l’équivalent de la valeur qui s’est détruite. Comment faire? Il faut trouver de l’argent frais, soit sous forme d’actions qui ne vont pas se dévaluer tout de suite (pas facile ça en cette saison), soit en vrai argent.

    Autre point qui a été soulevé. Tout ce joli monde de la finance fait depuis des années des milliards de benef, des sommes indécentes. Y’a qu’à taper dedans. Pas si simple. Il est où, l’argent de ces gens-là? Pas en billets de banque sous le matelas. Il est placé. En actions (ou autres) qui rapportent un max. Qui sont précisément celles qui sont risquées. Qui d’ailleurs sont celles qui chutent en ce moment. Leur prendre leur fausse monnaie dévaluée pour reboucher le trou laissé par la même fausse monnaie dévaluée? Ca va pas être simple…

    L’erreur fondamentale a été de ne pas différencier la vraie monnaie de la fausse, et d’accorder une vraie valeur là où il n’y avait qu’une valeur de spéculation. Autrefois, pour éviter ça, on utilisait l’or, la monnaie internationale était l’or, ou toute monnaie convertible en or, donc le dollar qui était la seule monnaie convertible. On a supprimé ce point fixe du système, et du coup tout le monde additionne la vraie monnaie avec la fausse sans faire la différence. Il me semble qu’il serait de bon ton de ré-introduire un point fixe, sans pour ça qu’il soit besoin que ce soit de l’or. Une monnaie de référence, qui n’aurait d’existence que dans le système bancaire, et dont l’émission serait très rigoureusement contrôlée au niveau mondial, pourrait tenir le même rôle (en prenant moins de place dans les coffres).

    Commentaire par Benjamin Bayart — 02/10/2008 @ 14:15

  40. @ Benjamin Bayart

    La « monnaie de référence » que vous voulez inventer, elle existe déja, c’est le dollar US… D’ailleurs il remonte fort ces derniers jours, faisant baisser mécaniquement la valeur de l’euro.

    La véritable spéculation au niveau mondial se fait autour du dollar US. En ramenant sa valeur proche de celle de l’euro, les Américains feront payer leur crise financière par les Européens… Les 700 milliards $ du « plan Paulsen » ne sont qu’un jeu d’écriture, c’est l’euro qui en fera les frais 😉

    Commentaire par ramses — 02/10/2008 @ 14:34

  41. benjamin @39

    il y a une erreur dans votre jugement sur le marché des actions. Lorsque vous achetez des actions 100, quelqu’un a bien encaissé 100 lorsque vous les avez décaissés.
    On va simplifier, pour le raisonnement, en prenant 2 joueurs : A achete à B une action pour 100 euros et X mois plus tard B revend cette action à A pour 30 euros A a gagné 70 euros : avant l’opération elle avait une action, après l’aller-retour, elle a une action et (100-30) euros. Ainsi même si on met un troisième joueur dans la partie C, alors B aura toujours perdu 70 euros qui seront répartis entre A et B et si on met xxx joueurs, nous aurons la même chose. La bourse est à somme nulle lorsque l’on fait les comptes (c’est à dire que l’on liquide ses positions), l’argent ne fait que changer de main.
    Dans la crise financière actuelle : l’argent n’a pas disparu, ce qui a disparu c’est la valeur spéculative de l’argent. les crédit que la banque a fait existent toujours, les maisons qui ont été achetés aussi, les dettes correspondantes aussi.
    C’est la valeur qu’on leur attribue qui est fausse et qui se volatilise. Lorsqu’on fait acheter une maison à un homme en lui prétant pour XXX milliers de $, on valorise sa capacité de remboursement à cette somme. Et là 2 possibilités, soit c’est vrai et l’on obtiend bien le remboursement in fine, soit c’est faux et on a créé du ‘faux argent’. Que l’on titrise ce ‘faux argent’ ne le rend pas plus vrai : Il n’existe pas. Le garde-fou contre ce ‘faux-argent’ est que les établissements financiers ne peuvent préter au delà d’un certain seuil, et que chaque ‘faux-argent’ est (approximation) garantie par du vrai (en clair c’est du faux vrai-argent mais qui sera vrai in-fine, [car les gains sur la totalité des en-cours est supérieur aux pertes sur certaines – le vrais faux-argent -, c’est le travail des scoring financiers de s’en assurer.])
    Ainsi les ‘milliards’ qui manquent sont les milliards de faux-argent (les faux vrai-argents). Renflouer les caisses revient à la même chose que de demander aux États de transformer ce ‘faux vrai-argent’ en vrai-argent. Ainsi, si actuellement personne n’a gagné sur ce faux vrai-argent car il n’existe pas (car les positions ne sont pas liquidées), lorsque demain l’état va distribuer le renfoulement nombre de personnes vont ‘liquider leurs positions’ et véritablement gagner de l’argent sur cette création pure. C’est pour cela qu’il ne faut pas renflouer.

    – la monnaie de référence est, malheureusement le USD depuis Bretton Woods en 44, déjà c’était une erreur (théorie des n+1 monnaie), et il y avait parité à l’or comme garde-fou. Sans parité c’est un boulevard pour devenir très très avantagé dans une économie mondialisé.

    Ensuite de manère plus générale, j’ai lu cela quelque part :
    « Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au magazine Time, et aux autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque quarante ans Il aurait été pour nous impossible de développer notre projet pour le monde si nous avions été exposés aux lumières de la publicité durant ces années. Mais le monde est aujourd’hui plus sophistiqué et préparé à l’entrée dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale des siècles passés.
    — David Rockefeller, s’adressant à la Commission Trilatérale, 1991  »

    Si c’est exact, je dois avouer que la responsabilité des journalistes est très importante, je suis un brin terrorisé et je comprends mieux la dérive a-démocratique des sociétés occidentales. Et je comprends d’autant la peur de laisser s’exprimer des gens comme Rouilland.

    Commentaire par herve_02 — 02/10/2008 @ 15:29

  42. Aliocha
    > Je pense qu’on peut être en désaccord poliment et respectueusement, mais ça doit être mon côté totalitaire qui m’inspire ces mauvaises pensées.

    😀

    J’adore ! De l’humour n’a jamais fait de mal.
    Pour le côté totalitaire il est probablement stimulé par la justice, son code et sa psychologie induite bien particulière.
    Ça me fait penser à Jacques Dutronc: Les gens sont fous, les temps sont flous.

    Commentaire par paul2canada — 02/10/2008 @ 15:51

  43. @herve_02

    Sur le jeu à somme nulle, vous faites une erreur de raisonnement. Effectivement, lors d’une transaction, on ne modifie pas la somme, elle reste nulle. Il y avait une action d’un côté, et 100 euros de l’autre, à la fin, il y a les mêmes choses, mais en échangeant les détenteurs.

    Mathématiquement, ça en fait un jeu à somme nulle, jusque-là.

    Mais il se trouve que ça ne se passe pas comme ça, en vrai. Deux points clefs: la valeur de l’action change dans le temps, et chaque transaction fait changer cette valeur.
    Dans votre calcul, vous mélangez les 100 d’il y a longtemps avec les 30 qui restent aujourd’hui, c’est une erreur.

    Le mode de fonctionnement est plus voisin de celui qu’on connait dans les enchères, par exemple quand on vend/achète une maison. Ce n’est pas le catalogue chez Carrefour, c’est la mise à prix « je veux une action, j’en donne 90… personne? 95…. personne? 100 ».

    Un autre moyen de s’en convaincre. On est le jour de la crise, tôt le matin. La bourse ouvre. De manière surprenante (supposons) il n’y a pas de transaction. Je suis détenteur d’une action, réputée valoir 100, qui fait qu’il y a 100 d’écrit dans mon bilan, d’ailleurs c’est la cote de cette action sur le marché.

    Subitement, on apprend que la société est pourrie (Enron, pour faire simple). Là, je veux vendre mon action, pour rire (tant que je ne la vend pas, elle n’a pas de prix, puisque les enchères n’ont pas commencé). Les enchères commencent là où s’étaient arrêtées les anciennes. 100, personne n’en veut, 95 toujours pas, etc. Et au final je vend à 30.

    Maintenant, l’action vaut 30. Tous les gens qui avaient cette action doivent passer une perte de 70 en comptabilité, leur fortune est réduite. Nous n’avons fait qu’une seule transaction portant sur une seule action. Pourtant, des comme elle, il en existe un milliard (c’est une grosse boite).

    Et, avec une transaction, on vient de faire disparaitre 70 milliards. Dans la poche de qui sont-ils allés? Personne.

    On peut dire qu’il y a erreur: on avait évalué à 100 en compta, et on s’est gourré, la valeur était 30. Ou 42, parce que la prochaine transaction sera 42, ou n’importe quelle autre valeur.

    Tant qu’on considère que cette action est une monnaie, ce qu’on fait en pratique, et que la valeur de cette monnaie n’est arimée à rien, toutes ces valeurs sont fantasmées, elles peuvent apparaitre et disparaitre, sans forcément entrer dans un jeu à somme nulle.

    La seule somme constante, c’est la masse monétaire en circulation, mais on peut manipuler beaucoup de biens avec peu de monnaie, c’est courrant (j’achète du pain, le boulanger achète de la viande, le boucher achète un pantalon, le tailleur achète un meuble, le menuisier rachète du pain, etc, et tout ça avec le même billet de banque). Et ça ne reflète pas la fortune des gens (ma maison est construite en briques, pas en billet de banques, et elle a une valeur).

    Bref, la bourse n’est pas un jeu à somme nulle. C’est un jeu qui fait apparaître ou disparaître de la valeur. Quand il en fait apparaître, on dit que le marché va bien, que le marché vous emm… etc. Et quand il en fait disparaître, on regarde qui est ruiné, et si c’est grave, l’état renfloue.

    Plus les sommes imaginaires sont grandes, et plus les sous-jacents (fausses monnaies utilisées) sont instables, plus il y a de chances que ça parte en vrille, dans un sens comme dans l’autre.

    C’est, cependant, le principe de tout marché, donne, temporairement, une valeur aux choses.

    Tant qu’on utilise le marché pour acheter des produits dont on va se servir (du pétrole à rafiner, du cuivre pour des usines, etc), c’est assez calme et ça se passe gentiment. Quand on utilise le marché pour spéculer, il y a trop de mouvements, trop erratiques, qui créent des aberrations.

    Une des visions proposées de la crise est de dire que le système est en train de corriger brutalement une aberration (l’immobilier US). Mais cette correction crée de tels remous qu’elle crée d’autres aberrations locales (manque de liquidité sur les marchés, besoin de vendre, donc obligé d’ultra-brader, donc cours qui s’effondre anormalement, etc).

    C’est l’idée de base de la taxe Tobbin: taxer légèrement chaque transaction. Celui qui veut du cuivre pour son usine sera à peine concerné, celui qui veut vendre et acheter des tonnes de cuivre en étant propriétaire d’un PC portable et d’une chaise sera plus embêté.

    Parce que ça reste un problème de fond: on sait que les marchés libres sont erratiques et aberrants. Mais on n’a pas d’autre système permettant de donner une valeur aux choses.

    Les frais de notaire, c’est une taxe Tobbin avant l’heure 🙂

    Commentaire par Benjamin Bayart — 03/10/2008 @ 00:04

  44. @Benjamin :

    Si, le marché est un jeu à sommes nulle. Ce qui n’est pas à somme nulle, c’est la « valorisation » des actifs en compta, c’est ce qui affole tout le monde en ce moment (et vous remarquerez qu’il va y avoir assouplissement des processus de valorisation pour permettre de faire pire la prochaine fois [1]). Ainsi il est illusoire de penser que cette « valorisation » est une valeur, d’ailleurs s’il y a 2 mots c’est que ce sont bien 2 choses différentes. [Lisez aussi le pdf fournis un peu plus haut dans un de mes commentaires, il explique la même chose.] La valorisation est un _avis_ de valeur qui dépend des méthodes comptables (fifo, lifo, nifo, average …)

    D’ailleurs vous expliquez très bien le phénomène, la valeur d’une action se fait au moment de la vente. Et à chaque transaction le gain/perte est soldé, _l’argent_ change de main. Mais il est faux de dire que parce que vous avez vendu votre action 30 que toutes les actions valent 30. D’ailleurs ce n’est pas le cas, puisqu’il n’y a pas eu de transaction à 30, cela veut dire qu’elles ne les valent pas.

    Les 100 d’avant et les 30 d’aujourd’hui sont les mêmes (sauf inflation). Ce n’est pas parce qu’ils ont changé plusieurs fois de main qu’ils sont différents.

    Si vous possédez XXX action de la sociétés trucMuche vous possédez un % de la société trucMuche qui ne change pas de valeur du jour au lendemain. Elle ne vaut pas 100 aujourd’hui et 50 la semaine prochaine, puis 130 la semaine d’après, et 35 la suivante. C’est le fantasme du spéculateur qui prend ses valeurs.

    La seule ‘tricherie’ sur la valeur, c’est le retrait du titre sur le marché. Par exemple FT qui émet des actions wanadoo puis au bout d’un certain temps les retire du marché _a une valeur inférieur au cours d’émission_ Là il y vol et celui qui retire gagne cette différence perdue par ceux qui sont _obligé_ de vendre. Ainsi FT a « volé » celui qui a acheté des actions sans vouloir spéculer. Ils ont vendu des actions 100 et racheté 50 : c’est du vol car ils ont obligé les gens à leur re-vendre : l’argent n’a pas disparu, il a été pris par FT au moment de l’émission des titres.

    Maintenant, il est exact que pour les théoriciens qui veulent _vendre_ la recapitalisation des sociétés aux frais du contribuables, on peut toujours expliquer que en fait de l’agent se perd. MAIS le jeu est à somme nulle, in fine. Lorsque les banques ont vendu des créances merdiques : elles ont arnaqués les acheteurs. Elles ont vendu 100 ce qui valait 30, elles ont _gagné_ _véritablement_ à ce moment là 70. Maintenant celles qui ont les titres qui ont été achetés 100 et qui valent 30 imaginent que les 70 ont disparus, non il sont dans la poche des vendeurs. Il y a écrit 100 sur le billet, mais il vaut 30, depuis le début. Le phénomène est complexe à cause du croisement des transactions, du nombre de joueurs, et du volume de transaction, mais c’est aussi simple que cela.

    Pour illustrer d’un exemple, c’est comme si je vous vends ma maison 100 000 brousoufs et comme j’ai une bonne tête vous l’achetez. Le lendemain vous désirez la vendre et vous vous apercevez que dans le coin elle « vaut » [ce que les gens veulent payer pour l’avoir] 30 000 brousoufs. Vous pouvez vous dire que le marché a englouti l’argent, que 70 000 brousoufs ont disparus, mais les 70 000 brousoufs n’ont pas disparu, ils sont dans ma poche.

    Lorsque l’état va racheter les créances, il va effectivement _créer_ de l’argent, mais cet argent avait déjà été faussement créé par les banques qui ont mangé avec, qui l’on vendu, dépensé, alors qu’elles ne l’avaient pas, Il est _stupide_ et _malhonnête_ de les renflouer. Ne vous trompez pas, on nous vend de la peur, la fin du monde, la crise, l’apocalypse, mais c’est un hold up planétaire de quelques personnes pour quelques personnes. L’argent va être « re-donné » à quelques uns, l’autre qui a disparu est bien caché quelque part, chez courant_clair ?

    [1] Pour le moment cela ne touche que la finance par ce que les entreprises sont obligés de ‘valorisé’ à la valeur du marché leurs créances, ainsi elle ne peuvent pas trop descendre en dessous de leurs actifs et tous les ans il y a une photo de ce qui se passe. Lorsqu’elle auront le droit de tricher légalement avec la valeur des créances, il n’y aura plus de photos annuelles, justes une ‘suggestion de présentation’ et nous arriveront à des nouveaux Enron : La banque ‘bouffée’ jusqu’au trognon.

    Commentaire par herve_02 — 03/10/2008 @ 10:34

  45. Je comprends que le couplet « la victoire de la veuve de Carpentras sur le gros financier au cigare » est tentant. Las, il est faux comme une image d’Épinal.

    Le livret A est un piètre placement. Il évite au mieux que l’inflation ne mange les fonds, le taux servi étant généralement 1 point au dessus de l’inflation. Bref, un placement à 1%, net d’impôt. Un placement à vue, ce qui en fait un premier produit d’épargne idéal : sans risque, on peut récupérer les fonds à tout moment.

    Voilà ce qu’on reproche souvent aux investisseurs particuliers en France : l’aversion au risque qui conduit à refuser les placements les plus rémunérateurs, ou placer en bourse que sur des actions que l’État recommande (Dame ! C’est lui qui les vend) et qui sont tout déconfits quand ça baisse.

    Parce que les fonds du livret A, ils sont placés de manière à rapporter bien plus que le misérable taux servi. Bref, ils servent à enrichir des établissements financiers, à commencer par la Caisse des Dépôts.

    La crise actuelle, de ce que l’on peut en juger (je pense qu’il faudra attendre qu’elle soit passée pour savoir ce qui s’est exactement passé) est une crise du crédit, de l’incertitude, qui fait que les banques ont un manque terrible de liquidités puisqu’elles ne se prêtent plus entre elles (ce qui est la base de la finance). D’où nécessité de liquider des actifs en urgence, d’où chute des cours.

    Les fonds du livret A ne vont pas être apportés dans un geste magnifique par la Veuve de Carpentras. Ils vont être saisis par l’État qui a besoin, lui aussi, de liquidités, mais n’en a pas, faute de politique budgétaire rigoureuse depuis trente ans, qui a conduit à ne plus avoir la moindre marge de manœuvre. Bref, non seulement elle est veuve, mais elle est cocue : elle ne s’enrichit pas, d’autres s’enrichissent avec son pécule, mais en plus elle vole au secours de ceux qui ont pris des risques inconsidérés.

    Pas plus qu’en droit, la morale n’a sa place en économie ; mais de là à applaudir…

    Aliocha : Ah! Je reconnais bien là votre esprit méticuleux et votre goût de la précision mon Cher Maître. En tant que journaliste, je ne saurais prétendre à la même exactitude, mon métier n’est pas une science exacte, il n’est même pas une science, contrairement à votre discipline. Mais il a une grande force, celle de se fonder sur l’observation, et là-dessus, nous sommes aux premières loges avec vue sur la scène et vue sur les coulisses. J’ai livré ici un sentiment ou plutôt un dégoût. Dégoût d’entendre depuis des années les mêmes discours de patrons de banque regrettant le manque de culture économique et financière en France, l’aversion au risque que vous évoquez à juste titre, bref, la bêtise du français moyen. Voilà le discours au journaliste. Mais quand vous avez dans le même temps des amis financiers qui se lâchent en ne voyant plus que l’amie et en oubliant la journaliste, ils vous disent qu’il faut être fou quand on est un particulier pour venir se colleter sur les marchés avec les grands de la finance internationale. Car il y a déséquilibre d’information, déséquilibre de moyens techniques, déséquilibre de moyens financiers, bref, déséquilibre de tout. Peut-être pas sur les actions, encore que, il y aurait beaucoup à dire sur les analystes et la presse financière, mais sur des produits comme les warrants. Oui c’est risqué, oui il faut le savoir, oui il faut accepter de perdre, mais qui le dit ? Pas ceux qui rédigent des prospectus dans un langage qu’ils sont les seuls à comprendre et qui synthétisent ensuite ces infos légales dans un dépliant commercial parfaitement attractif sur le mode : quoiqu’il arrive votre capital ne sera pas entamé (sauf ….en tout petit et en jargon anglo-juridico-chiffré-siglé). Ce n’est pas un éminent juriste comme vous qui contestera le fait qu’en toute chose, il faut jouer à égalité des armes ou s’en rapprocher le plus possible. C’est si vrai que toute la régulation financière, je ne parle pas de celle des banques mais de celle des marchés, cette régulation donc est entièrement fondée sur l’égalité d’accès à l’information. Et les 3 grandes infractions pénales boursières sanctionnent précisément une rupture de l’information : fausse information financière, délit d’initié, manipulation de cours. Sur les marchés financiers, en l’état, il n’y a pas égalité des armes entre un actionnaire individuel et une banque. Mais le pire, c’est que les actionnaires individuels l’ignorent. En raison précisément de ce manque de culture. Il faut dire qu’on ne les aide pas. Rien à l’école, peu de choses ensuite à moins de suivre un cursus spécialisé. Il ne reste plus que les recommandations des conseillers de clientèle dans les banques. Parlons-en. Qui n’a pas été conseillé d’acheter Thomson, Vivendi ou plus récemment Natixis ? Et ce sur la base d’une ambiguïté fondatrice : le client croit à un conseil de professionnel, le conseiller applique une consigne commerciale. Quand on aura revu tout cela, quand il existera une vraie régulation financière mondiale intelligente et efficace, une vraie réglementation de la commercialisation des produits financiers en France, et une culture économique acceptable chez nos concitoyens, je reviendrais peut-être sur ma position, mais pas avant. En l’état, les marchés financiers ne sont rien d’autre pour la majorité des particuliers qu’une boite d’allumettes dans les mains d’un enfant. Je ne suis pas une fanatique du recours aux pouvoirs publics, mais là, c’est un problème d’éducation au lycée et un problème d’encadrement de l’information aux particuliers.
    Sur le reste, nous sommes d’accord 😉

    Commentaire par Eolas — 03/10/2008 @ 13:44

  46. Au fait Eolas, savez vous d’où vient l’expression « veuve de Carpentras »?

    Cette veuve est une véritable légende urbaine.

    Je connais au moins une version de l’origine de cette légende.

    Aliocha : Seriez-vous en train de vous faire prier gentil Albatros ? Si c’est le cas, je vous prie de nous livrer cette merveille….

    Commentaire par tschok — 03/10/2008 @ 14:46

  47. Le « mark-to-market », mesure prudentielle de transparence, devait être abandonné en raison de ses effets pro-cycliques. L’opacité permettrait de dissimuler aux yeux du marché l’état des actifs lorsqu’ils ne sont pas vendus. On en revient à la règle traditionnelle comptabilisant les actifs à leur valeur d’acquisition. Ici, le vice est, macro-économiquement parlant, plus sûr que la vertu!

    Le livret A est un produit obligataire garanti et opérant sur le marché de la construction sociale. Le problème, ce qu’on a un excès de liquidité du côté des promoteurs HLM. En d’autres termes, malgré la crise du logement, le programme immobilier des bailleurs sociaux ne permet pas d’absorber les liquidités que les épargnants leur offrent. Donc que faire de tous ses sous? On peut prêter à l’Etat pour financer la dette. On peut aussi réorienter les sommes vers le secteur fragile des PME.
    L’artisanant et de la petite industrie n’arrivent pas toujours à investir faute de soutien financier adéquat, les banques françaises étant réputées pour leur frilosité -je ne vous dis pas en temps de crise!-. L’idée est donc de les remettre à flot pour que le tissu économique ne s’effondre pas.
    Un fond où elles vont pouvoir emprunter sur nos bas de laine va sans doute être créé. Le risque sera mutualisé et ainsi maîtrisé sous réserve de règles de gestion prudentes. La garantie légale ne tombera pas et l’emploi (plus ou moins captif) de millions de nos compatriotes sera sans doute préservé.

    Aliocha : si je puis me permettre PEB quoique n’étant ni comptable ni banquière, le mark to market est un principe comptable d’évaluation des instruments financiers à la valeur de marché introduit en Europe en 2005 avec les IFRS (ex-IAS). Faute de marché, la norme comptable internationale IAS 39 dont il est question ici autorise à recourir au mark to model, c’est-à-dire à une évaluation sur la base d’un modèle mathématique. Il est exact que les banques hurlent parce que, en France, cela les empêche de faire de la macro-couverture et parce que ça fait varier les bilans en fonction des évolutions du marché. De là à dire qu’il faut revenir au coût historique, ça se discute. Le coût historique n’avait pas grand sens puisqu’il évoquait une valeur passée et arrêtée à un instant t. C’est moins les IFRS que leur combinaison malheureuse avec les règles prudentielles, ici Bâle 2, qui est en cause. Les régulateurs ne s’étant pas concertés pour harmoniser la comptabilité et le prudentiel, nous aboutissons à des effets procycliques néfastes qui s’auto-alimentent et aggravent sans doute la crise. L’idée du moment consiste non pas à revenir au coût historique mais à repenser la coordination du comptable et du prudentiel. Par ailleurs, il faut préciser les règles d’application d’IAS 39. Cette norme est encore trop jeune pour que l’on sache à partir de quand un marché n’est plus pertinent et impose de passer au mark to model. Autre difficulté, les fameux modèles mathématiques utilisés actuellement lorsqu’un produit n’a plus de marché n’ont pas été éprouvés et sont donc sujet à caution. Là encore, il va falloir réciser les règles. Mais encore une fois, il n’est pas envisagé de mettre le tout à la poubelle pour revenir au bon vieux coût historique. On en est même très loin.

    Commentaire par PEB — 03/10/2008 @ 18:01

  48. Juste une petite correction : le neveu qui pique dans le matelas de la vieille Descoings, je crois bien que c’est dans la Rabouilleuse, pas dans la Cousine Bette 🙂

    Aliocha : En effet, Carol, merci d’avoir corrigé les errements de ma mémoire défaillante !

    Commentaire par Carol — 03/10/2008 @ 22:56

  49. @herve_02, 44 : Tiens, c’est vrai ça !… et Golf-Clair, comment vit-elle la crise ?
    Ne serait-ce pas un bon placement aujourd’hui, sûr et digne de confiance pour qui veut (gagner des millions) protéger ses économies ?

    @Eolas, 45 : « …une crise du crédit, de l’incertitude, qui fait que les banques ont un manque terrible de liquidités puisqu’elles ne se prêtent plus entre elles ».

    Cette remarque me fait imaginer un petit jeu où tous les joueurs sont sûr de gagner.
    On peut même jouer à 2 seulement : je te donne 1 euros et tu t’engages à m’en rendre 2. Tu vas le faire sans crainte car tu sais que si toi aussi tu me donnes 1 euros, je t’en rend 2 après !
    Si chaque joueur accepte les règles du jeux, nous sommes tous sûr de toujours gagner toujours plus…

    J’ai un peu l’impression que les banques ont joué à ce petit jeu digne des bacs à sable de la finance !

    Qui veut jouer avec moi ?…

    Commentaire par Oeildusage — 04/10/2008 @ 14:03

  50. Ha j’oubliais…
    Qui peut me prêter le premier euros pour je puisse commencer à jouer à mon jeu ?

    Commentaire par Oeildusage — 04/10/2008 @ 14:07

  51. @ tschok

    J’ai appris quelque chose qui m’a fait penser à vous aujourd’hui : saviez-vous que les mots « argent » et « argument » avait une origine commune ? Le Dictionnaire historique de la langue française renvoie à la racine « arguus », qui signifie « éclat », blancheur », d’où vient le verbe « arguerer », archaïquement « faire briller, éclairer », puis au figuré « démontrer, convaincre », et qui a donné argument, arguer. Et arguus a évidemment donné aussi argent, métal brillant.

    Intéressant, non ?

    Et je n’ai pas compris si la monnaie était une richesse ou son unité de mesure.

    Aliocha : Tiens, vous étiez là Fantômette, je ne vous avais pas vue. En effet, c’est une bien intéressante découverte !

    Commentaire par Fantômette — 04/10/2008 @ 21:39

  52. Oui, tout à fait.

    Je savait qu’un argument pouvait valoir de l’or mais j’ignorais qu’il avait une origine commune avec l’argent.

    Monnaie: les deux mon capitaine.

    Commentaire par tschok — 06/10/2008 @ 19:47


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