La Plume d'Aliocha

30/09/2008

Rions un peu…..

Filed under: Dessins de presse — laplumedaliocha @ 16:26

Crise financière : l’orage éclate enfin !

Filed under: Eclairage — laplumedaliocha @ 10:13

Il était temps. Temps que la vérité éclate. Ce matin, ça y est. A la suite du refus de la chambre des représentants américains de voter le plan Paulson, le Dow Jones a perdu 6,98% et le Nasdaq 9,14%. On prononce enfin le mot terrible de krach et certains avancent que celui de 1987 n’est plus une référence dès lors que la chute de Wall Street hier est plus grave que celle d’il y a 20 ans. Les américains se rendent-ils compte qu’à refuser de réparer les bévues de la finance mondiale, ils risquent d’y laisser leurs retraites, leurs avoirs et même pour certains, leurs emplois ? Je l’ignore. Le gouverneur de la Banque de France tente de rassurer les épargnants français en avançant que notre système bancaire est un des plus sûrs du monde. Eric Woerth surenchérit.  Ils ont raison, raison de dire cela car savez-vous ce qui tient encore la finance debout ? Le sang froid des épargnants, ce sang froid précisément qui a fait si cruellement défaut aux professionnels de la finance. Que la panique s’empare d’eux, c’est-à-dire de nous, et je ne donne pas cher de l’avenir du système. Tandis que l’orage éclate, je me souviens des enquêtes que j’ai réalisées en octobre 2007. A l’époque, j’interrogeais les experts de tout poil pour essayer d’en savoir plus sur cette crise. Les discours étaient rassurants. Bien sûr, tous m’avouaient qu’ils avaient interrompu leurs vacances en plein coeur de l’été, qu’ils s’étaient rendus en urgence à Paris ou à Bruxelles pour tenir des réunions de crise, que l’inquiétude était forte, mais justement me disait-on, nous avons travaillé, étudié, et conclu que le système français n’était pas en danger. Ben voyons ! Dans les mois qui ont suivi, on a commencé à comprendre que ce n’était pas le cas. Ces experts m’auraient-ils menti ? Possible. Je crois surtout qu’ils se sont mentis à eux-mêmes, qu’ils n’ont pas voulu croire à ce qu’ils voyaient. C’est tout le problème dans ce genre de situation quand vous êtes journaliste. Il faut interroger celui qui sait, mais précisément, celui qui sait est partie prenante de la situation. Il est techniquement compétent, mais son objectivité et son indépendance d’esprit sont sujettes à caution.  Je me souviens pourtant qu’un de mes amis m’avait confié dès l’automne 2007 « je suis très inquiet ». Il a 60 ans, c’est un commissaire aux comptes issu de l’un de ces cabinets mondiaux qui auditent les plus grands groupes de la planète. Il n’est ni énarque, ni polytechnicien, il n’appartient pas à la catégorie des princes de la finance, il n’avait aucun outil pour mesurer mieux qu’un autre l’étendue et la gravité de la crise. Ou plutôt si, un outil bien connu dans la marine, l’expérience. On dit chez les marins que rien ne remplace la science d’un vieux loup de mer, que tous les indicateurs météorologiques peuvent être au vert, si un homme expérimenté dit qu’il ne faut pas sortir, dans la marine, on ne sort pas. Cet ami, c’est mon vieux loup de mer à moi. Il a du flair, une bonne connaissance du milieu économique et du bon sens.  Je l’ai cru, j’ai continué de chercher mais j’obtenais toujours les mêmes réponses : tout est sous contrôle. Tandis que le CAC 40 ouvre en baisse, j’éprouve ce matin un étrange soulagement. Celui qu’apportent les premiers coups de tonnerre à la fin d’une journée orageuse. Comprenez-moi bien, il ne s’agit pas d’un sentiment de vengeance vis à vis de ceux qui nous ont mené là  pas plus que que d’une revanche intellectuelle à l’égard de tous ceux qui se sont trompés dans leurs analyses. Non, c’est juste que je trouve salvateur que la vérité éclate enfin.  Suivez bien ce qui va se passerà partir d’aujourd’hui. C’est maintenant que les masques tombent.

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