La Plume d'Aliocha

17/09/2008

Crise des subprimes : la presse économique en question ?

Filed under: mea culpa — laplumedaliocha @ 09:52

Un coup d’oeil sur Boursorama m’apprend que le CAC 40 amorce un rebond à la suite du sauvetage d’AIG. Mais pour combien de temps ? La crise n’est pas soldée. Elle a déjà fait bien du dégât depuis l’été 2007. Elle en fera encore.  Une terrible question rôde dans mon esprit : et si la presse économique avait manqué à ses obligations ? Et si nous, journalistes spécialisés étions coupables de n’avoir pas suffisamment dénoncé les errances du système ?  

Ce que nous savions

Aux lecteurs qui se demanderaient si nous savions que cette crise allait survenir, la réponse est non. Nous ne savions pas que les crédits hypothécaires américains allaient, par un effet de domino, engloutir la finance mondiale dans leur naufrage.  Nous ne pouvions pas le savoir. Pour une raison simple : elle a pris de court les professionnels eux-mêmes, banquiers, économistes, régulateurs etc.  Mais il y a une chose en revanche que les journalistes économiques savaient, et depuis longtemps. C’est que la finance était en train de devenir folle. En se déconnectant de l’économie qu’elle est censée servir pour se mettre à fonctionner de manière autonome, elle a versé dans la spéculation pure. Et l’immense édifice, bâti sur du sable, voire du vent, ne pouvait que s’effondrer. Quand une entreprise est rachetée 4 fois de suite par des fonds différents qui s’offrent à chaque fois une belle culbute financière via le mécanisme dit du « LBO » (pour leverage buy-out : un rachat de société par endettement), on se dit que quelque chose ne va pas. Quand les jeunes loups de la finance qui pilotent ces opération touchent des millions d’euros de bénéfice alors qu’ils n’ont rien créé, ni richesse économique, ni emplois, on se dit que ça ne peut pas durer très longtemps. Voilà, ça nous le savions, c’était un peu maigre, mais nous le savions. Ce qui pose une autre question.

L’a-t-on assez dit ?

Voilà une question délicate qui nécessite d’expliquer comment fonctionne la presse économique. La plupart des journalistes sont des spécialistes des matières qu’ils traitent. Certains simplement diplômés d’économie, d’autres anciens traders, auditeurs, contrôleurs de gestion, bref, on ne s’improvise pas journaliste économique, il faut une formation spécifique et parfois même une expérience professionnelle. Et pour cause, l’économie et la finance ont atteint de tels seuils de complexité  qu’il faut nécessairement des spécialistes pour en parler. D’ailleurs, cette presse là est rarement accusée d’incompétence, elle est même plutôt respectée. Là où le bât blesse, c’est sur le plan de l’indépendance. Vous vous souvenez de la vente de La Tribune il y a quelques mois par Bernard Arnault qui avait décidé de racheter Les Echos ? Les journalistes ont tenté alors d’attirer l’attention sur les dangers pour un journal économique d’appartenir à un groupe industriel, qui plus est de cette dimension. Sans succès. Dommage, car la question était d’importance : peut-on admettre qu’un journal économique soit détenu par l’un des plus puissants groupes français, peut-on affirmer que cela ne nuira pas à son indépendance ?  Mais l’actionnaire principal est loin d’être la seule menace qui pèse sur l’indépendance d’un journal économique. Un journal vit aussi de publicité. Or, qui fait de la publicité dans les pages des titres économiques ? Les acteurs dont cette presse a vocation à parler.  Il y a en a encore une autre menace. Un journal économique peut-il prendre le risque de se fâcher avec les principaux acteurs de son secteur d’intervention ?  Si l’on veut de l’information, il faut entretenir de bons rapports avec ceux dont on est amené à parler. Sinon, ils ne disent rien, ou vont s’exprimer ailleurs. Prendre le risque de la critique n’est pas aisé, il faut être sûr de soi, courageux et techniquement irréprochable. 

Indépendance intellectuelle ?

La question de l’indépendance économique se double de celle de l’indépendance intellectuelle. Au fond, c’est peut-être là que se situe le coeur du problème. Face à l’incroyable complexité des sujets que l’on traite, notre degré de compréhension se limite bien souvent à la théorie. Ce qui nous oblige à faire confiance aux spécialistes ultra-diplômés auxquels nous nous adressons. Et le recoupement de l’information me direz-vous ? Oui, mais auprès de qui ? Quelle banque nous dira que le produit concurrent est trop complexe alors qu’elle prépare le même ? Quel fond s’indignera du comportement prédateur de son voisin alors qu’il s’apprête à déchiqueter lui-même une entreprise ? Restent les économistes. Mais vous connaissez la définition qu’en donnait Pierre Desproges :  un économiste, c’est un expert qui saura vous expliquer demain pourquoi ce qu’il avait prédit hier ne s’est pas produit ajourd’hui. En cas de difficultés, ils se séparent en deux groupes, les pessimistes qui annoncent les pires catastrophes et les optimistes qui rassurent tout le monde. Dans ces conditions, que peut-on faire de mieux que de relayer les deux théories? Ce qui n’avance pas à grand chose, nous sommes d’accord. En réalité, le monde financier n’a pas de vrai contre-pouvoir. Tout au plus des gardes-fous. Il y a bien en effet les autorités boursières et les régulateurs du secteur banque-assurance qui tentent d’encadrer ces activités, mais les acteurs qu’ils surveillent sont puissants, habiles à surmonter les obstacles réglementaires et puis ils ont un argument de poids : « n’entravez pas nos activités, répètent-ils à l’envie, vous risquez de nuire à notre développement, de freiner notre créativité, d’entraver notre compétitivité ». C’est ainsi que ces autorités passent leur temps à arbitrer entre la sécurité du système et sa compétitivité. Quant aux politiques, ils commencent seulement à se dire qu’ils doivent se mêler de tout cela. Gageons que dès qu’ils auront remis de l’ordre et seront passés à d’autres sujets, tout recommencera. 

Mais, me direz-vous, quel rapport avec la crise des subprimes et le rôle de la presse économique ? C’est que nous avons répété, avec conviction, qu’un produit financier complexe n’était pas forcément dangereux, c’est que nous avons cru que le système bancaire était infaillible. Songez donc, les génies de la mathématique financière que nous avions en face de nous ne pouvaient pas se tromper, pas plus que les polytechniciens et les énarques qui occupent les postes clefs. C’est que nous avons pensé que le système financier mondial était sous contrôle. Et pour cause, vous n’imaginez pas l’avalanche réglementaire qui se déverse tous les jours sur le monde économique et financier, principalement en provenance de Bruxelles. Les acteurs de marché avaient beau jeu d’attirer notre attention sur ce phénomène et de crier à l’étouffement administratif ! Fumisterie. On sait aujourd’hui que c’est l’absence de réglementation d’une partie du secteur du crédit aux Etats-Unis qui a permis ce gigantesque dérapage.  La sophistication du système nous a impressionnés et débordés comme elle a débordé ceux qui l’ont élaboré et en ont joué. Du coup, nous avons fait taire la petite voix qui nous disait que quelque chose clochait, par manque d’assurance et d’indépendance.

 

Faut-il boycotter la presse économique ?

Non bien sûr. Mais il faut en la lisant, garder présent à l’esprit que son indépendance est toute relative. Techniquement, elle est de haut niveau. Mais elle est moins un témoin objectif et critique du système qu’une émanation de ce système. Aujourd’hui que tout va mal, elle se complaît dans la description et l’analyse de la crise. Les mastodontes qui l’impressionnaient tant sont à terre, on peut les achever sans risque. Quand les marchés repartiront à la hausse, elle se félicitera avec les acteurs financiers d’assister à la fin de la tourmente. Je gage qu’elle ne verra pas venir la prochaine crise. Ce qu’on ne saurait vraiment lui reprocher. En revanche, n’est-il pas temps de tirer les leçons des subprimes et de relativiser sérieusement la crédibilité des acteurs de l’économie et de la finance ? De prendre ses distances et de développer un peu d’esprit critique ? Je crois que si.

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77 commentaires »

  1. orthographe : à l’envi.

    Et merci pour cette note. Il est difficile de croire, avant la crise, que « la finance est devenue folle » quand seules les Cassandre professionnelles le répètent. Quand la crise arrive, la presse économique semble discréditée. Je comprends mieux à présent sa position un peu difficile.

    Commentaire par Charles — 17/09/2008 @ 14:04

  2. Welcome on the blogosphère aliocha!

    Commentaire par Audrey — 17/09/2008 @ 15:45

  3. Le monde de la finance est un club fermé, secret, où il est inconvenant d’annoncer les « mauvaises nouvelles » avant qu’elles ne produisent leurs effets.

    Un indice : l’affaire « Kerviel / Société Générale ». Les dirigeants savaient qu’ils allaient essuyer des pertes, dans les « subprimes ». Non seulement ils ne les ont pas rendues publiques, mais ils ont tenté de se « refaire » par des prises de positions hasardeuses, en « fermant les yeux » sur les engagements exhorbitants du trader. L’enquête en cours révèlera cette situation, je n’en doute pas un instant. De plus, en vendant massivement au mauvais moment, ils ont eux-mêmes concrétisé des pertes colossales, dont ils essaient de faire porter le chapeau au « lampiste ».

    Pour les spécialistes, dont vous êtes, il était évident depuis plusieurs mois qu’une crise financière majeure se profilait aux Etats-Unis. Personne n’en a parlé, car ce n’est pas « politiquement correct » de s’exprimer sur ces sujets.

    Je ne me fais aucune illusion, la règle d’opacité ne changera pas à l’avenir, car les Banques sont devenues des Casinos, où l’on a toujours l’espoir de revenir à meilleure fortune. Lorsque les enjeux sont trop importants, personne ne veut prendre le risque de jouer les Cassandre et de se retrouver sous les feux des projecteurs… « Et si ça n’arrivait pas, de quoi aurais-je l’air » ? La presse économique préfère, pour les raisons que vous exposez (contrôle de fait des grands groupes industriels), s’en tenir à la bonne vieille formule « wait and see » !

    Commentaire par ramses — 17/09/2008 @ 16:28

  4. Bonjour et bravo pour ce nouveau blog que je découvre au détour de votre commentaire sur celui d’Eolas.

    Je viens de lire les premiers articles et le dernier m’inspire prosaiquement la devise de ce brave Maugrey : vigiliance constante ! et même à l’égard de la presse. Je sens que nous allons découvrir que le quatrième pouvoir est autant que les autres traversé d’humaines imperfections sans qu’il ne soit fait que de maux non plus.

    Commentaire par Jul Earthwalker — 17/09/2008 @ 16:38

  5. Bravo et merci pour ce blog, que je découvre aussi grâce à votre « pub » chez Eolas.

    J’apporterais un « bémol » à votre propos, si vous permettez : autant la presse économique n’a pas vu venir la crise des subprimes avant qu’elle ne commence, autant ne s’est elle pas privée de relayer les propos de nombreux analystes / décideurs / économistes qui nous répètent depuis maintenant plus d’un an que « le pire est encore devant nous ». DSK aujourd’hui encore.

    Par ailleurs, la presse économique me semble être plus une presse « technique » (information, analyse) qu’une presse d’opinion : ses prises de positions sont nuancées, probablement parce que cela correspond à l’attente de ses lecteurs. Cela dit, je n’en ai qu’une vision partielle et peux me tromper sur ce point.

    Bon vent sur la blogosphère !

    Commentaire par Hub — 17/09/2008 @ 18:06

  6. « La plupart des journalistes sont des spécialistes des matières qu’ils traitent. »
    Peut-être, mais en tout cas, cela ne vous empêche pas de mélanger les genres…

    Vous citez les opérations de LBO comme l’un des exemples de cette folie de la finance. Et assénez quelques lignes plus loin que la raison pour laquelle la presse n’en a pas parlé avant, c’est la collusion d’intérêt.
    Pourtant, le lien est plus que ténu entre Bernard Arnault et les grands acteurs du Private Equity… entre le patron d’un grand groupe coté et une multitude d’acteurs spécialisés dans le domaine des sociétés privées…
    En vérité, quel profit Bernard Arnault pourrait-il tirer de la non-publication d’une telle information par La Tribune ou les Echos, lui qui tire sa richesse de son empire du luxe qui a tout intérêt a une croissance stable plutôt qu’a la crise que nous traversons ? C’est facile de semer le doute sur la base de l’entente entre les puissants et les riches, mais comment l’étayer ?

    Ce qui m’interpelle dans votre billet, c’est le procès d’intention envers la presse économique (est-ce encore du journalisme puisqu’elle a renié son indépendance ?). Comme si cette presse n’avait pas reflété elle-même la diversité des opinions économiques d’avant la crise ? Et c’est aussi la détestation évidente de ceux qui ont mis leurs compétences dans la finance (comme il est heureux que les énarques et les polytechniciens se soient trompés ! comme il est certain que ces jeunes loups de la finance n’ont créée aucune richesse économique !).

    « n’est-il pas temps de […] de prendre ses distances et de développer un peu d’esprit critique ? Je crois que si. »
    Je vous entièrement sur ce point : commençons d’ailleurs par un tel exercice avec la lecture de votre billet.

    Commentaire par henri — 17/09/2008 @ 18:13

  7. @Hub : En effet. Mais elle le dit depuis que la crise a éclaté, avant, elle se taisait. Or, une poignée de mes confrères sentait le vent venir. Nous sommes des observateurs privilégiés mais nous restons des observateurs. Il est sain que nous ayons l’humilité et la prudence de mesurer nos propos et c’est en effet ce que les lecteurs attendent.Je ne parle pas d’annoncer de grandes catastrophes financières, au risque de se tromper, comme a pu le faire par exemple Marianne. Je parle d’avoir un peu plus de jugement critique au quotidien. Prenons l’exemple de la Générale. Elle est depuis des années un modèle de gouvernance et de contrôle interne, même moi, j’étais impressionnée. Elle incarne aussi depuis le 24 janvier le plus splendide échec en matière de contrôle des risques qu’on ait vu depuis longtemps. Allez donc voir sur le site de la banque le document de l’inspection interne publié en février sur l’affaire Kerviel : 75 alertes en un an avant que quelqu’un ne réagisse ! Voilà de quoi développer à l’avenir une vision plus critique, plus incisive des choses, de quoi aussi démystifier les soi-disants génies de la finance. Mon propos n’est pas de transformer Les Echos ou La Tribune en une sorte de Canard enchaîné. J’aimerais simplement qu’ils s’affranchissent un peu de la domination du monde économique. Et je crois que c’est l’occasion.

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/09/2008 @ 18:31

  8. bonne chance à votre site

    juste pour sgnaler qu’en dehors de la presse économique il y a aussi les essais qui permettent à des journalistes et des financiers d’avoir une meilleure liberté de parole.

    Et là pour le coup on peut difficilement prétendre que les alertes n’étaient pas là. Il y a au moins trois ans que le nombre de livres alarmistes sur une catastrophe en devenir se multiplient. Je sais bien que ce genre de livres vos collègues en font rarement la promo si ce n’est des commentaires à la Sylvestre pour décréter que ce n’est pas rationnel.

    Oui rationnel, c’est le mot que je cherchais

    Commentaire par Fred — 17/09/2008 @ 18:45

  9. Bon alors là ma productivité va en prendre un sacré coup puisque je vais devoir jongler entre Aliocha et Eolas. Mon dieu et mes dossiers.

    P.S. Mussipont ne va plus savoir où donner de la tête.

    Tous mes vœux pour votre blog

    Commentaire par indi — 17/09/2008 @ 18:47

  10. @henri : Je regrette mais j’ai ouvert ce blog pour discuter, pas pour polémiquer avec quelqu’un qui mélange toutes mes phrases pour me dire ensuite qu’elles n’ont pas de sens. J’ai autre chose à faire.

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/09/2008 @ 19:06

  11. bonjour et bon courage, en espérant que vous ayiez moins de mépris qu’éolas pour certains commentaires jugés non conformes.

    La titrisation, ce découpage de créances en mille morceaux, n’est pas une mauvaise idée: le banquier reçoit en échange de l’argent frais et recommence à prêter, ce qui est son métier. Mais quand la base de ce qui allait devenir la crise des subprimes était aussi minée – prêts ninja à des taux impossibles à rembourser pour les pauvres (c’est un euphémisme) bougres – ce que vous appelez des polytechniciens sont tout simplement des bandits et je suis convaincu qu’il y aura sous peu des suites judiciaires à ce pillage…n’oublions pas les salaires et les (sub)primes extravagants perçus par ceux-ci, ces dernières années.

    Commentaire par atao — 17/09/2008 @ 19:32

  12. @atao : Rassurez-vous, je n’ai rien contre la critique, au contraire, elle fait évoluer, mais ce que je n’aime pas c’est la polémique, c’est-à-dire la discussion de mauvaise foi avec quelqu’un qui trahit vos propos délibérément.Par expérience je sais que ça ne mène nulle part.
    Sinon, je suis entièrement d’accord avec vous. Loin de moi l’idée de stigmatiser la finance dans son entier. J’ai simplement été obligée de résumer. Et résumer c’est trahir. J’observe toutefois qu’à partir d’un certain niveau de complexité des produits et des circuits, plus personne ne maîtrise rien. Il faut donc se doter au minimum des outils de surveillance appropriés. Le problème, c’est que la finance court plus vite que les normalisateurs….

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/09/2008 @ 19:50

  13. Pardonnez-moi Aliocha, mais discuter et non polémiquer est précisément ce que j’ai moi-même en tête en postant mon commentaire.
    Et a ce titre je vous souhaite, très sincèrement, beaucoup de succès dans votre entreprise, je serai heureux de rajouter votre blog a mes lectures.

    Ceci étant posé, je souhaiterai toutefois préciser deux choses.

    La première, c’est que votre billet sur la presse économique est lui-même empreint d’un certain esprit de polémique. Les termes utilisées pour décrire les intervenants du système financier sont systématiquement négatifs ou ironiques. Ne vous étonnez pas s’il provoque a son tour une réaction a connotation polémique.

    La seconde, c’est qu’il me semble que vous glissez d’un exemple particulier a une généralité: d’un fait avéré (la finance est en crise) a une conviction (l’indépendance du journalisme économique est remis en question par son actionnariat ou par ses sources de revenus, et sa capacité a dire la réalité en est de fait limitée). Mon problème est que ce glissement ne me semble pas étayé.
    Il ne me semble pas appuyé par l’exemple que vous citez en matière de LBO et de Bernard Arnault. Tout simplement encore, il ne m’apparaît pas que les banques d’affaires qui payent aujourd’hui le prix de leur excès réels des dernières années soient les propriétaires de journaux économiques ayant recommandé l’achat de placements risqués a des investisseurs plus ou moins avertis.

    En un mot, je ne crois pas que l’absence de critique des excès des derniers années soit lié a une remise en question de l’indépendance du journaliste économique.
    Mais a la difficulté même de comprendre cet univers complexe et aux difficultés de le réguler, comme vous le soulignez vous-même très clairement.

    Bon courage pour votre blog. J’attends bien impatiemment votre prochain billet économique.

    Commentaire par henri — 17/09/2008 @ 20:06

  14. Bien reçu et merci de pouvoir encore – le succès, très bientôt, vous en empêchera – répondre.
    Je peux vous assurer qu’en toutes choses, la complexité n’est mise en avant que quand il y faille, la plupart du temps humaine: les produits français ont été ainsi titrisés depuis des années (les fameuses « grosses » transmissibles par endos des notaires qui permettaient un refinancement immédiat);comme vous,je consulte boursorama et j’en apprends bien plus que par les journaux économiques que j’apprécie par ailleurs; si je peux vous indiquer ainsi qu’à vous lecteurs un site d’information – à objet un peu commercial, j’en conviens – pour comprendre ce qui se passe depuis le début des « subprimes »:
    http://www.la-chronique-agora.com/

    Commentaire par atao — 17/09/2008 @ 20:08

  15. Je vous remercie de votre chronique et de l’honnêteté dont vous faîtes preuve pour évoquer votre profession.
    Mais en tant que qu’ancien journaliste (et peut être nos expériences sont différentes) je suis plus dur que vous et je me permets d’apporter un ou deux commentaires ou ajouts à votre description.
    * influence de la publicité et du propriétaire : il ne s’agit pas de menace potentielle à l’indépendance. Certains sujets ne sont tout simplement pas envisageable, ni envisagé ou alors édulcoré, du fait des propriétaires ou de la puissance des plus gros annonceurs (considérés individuellement ou en tant que secteur économique). Il ne s’agit pas nécessairement de censure directe mais d’autocensure de la part de la rédaction. Et l’inverse peut être tout aussi vrai. Un sujet peut être directement ou indirectement « placé » dans un journal. Un exemple historique : Le ministère français des affaires étrangères publiait, la période m’échappe, des chroniques dans « Le Monde » (à moins que ce ne fut dans « Le Temps » son prédécesseur) signé Albert Duquai (d’Orsay of course), Petits sujets de recherches : 1/ d’ou et de quelle époque provient l’expression « caviardage » (censurer un texte); 2/ replongez vous dans les archives de la presse « senior » de l’été 2003. Comptez et analysez les articles sur la canicule.
    * la pression des interlocuteurs: que faites vous (surtout si vous débutez ou si vous travaillez dans un petit journal) si l’un de vos interlocuteurs (un dir com’ d’une grosse boite par exemple) vous menace de poursuite en diffamation ? La phrase, le paragraphe, passe à la trappe… à moins comme vous l’écrivez d’être « sûr de soi, courageux et techniquement irréprochable ». Et d’être soutenu par votre red’ chef, voir même le directeur de la publication (responsable juridiquement).
    * la proximité avec les interlocuteurs habituels : voyage de presse, cadeau, petites confidences pour entretenir les bonnes relations. D’un strict point de vue psychologique, toute personne sera favorablement disposée envers qui lui fera un cadeau, sans oublier le beau buffet et du champagne. De mémoire, il me semble que l’agence de presse UPI avait interdit à ses journalistes de recevoir le moindre cadeau. Et je ne parle pas des « ménages ».
    *Je serai plus nuancé que vous concernant l’indépendance intellectuelle. J’ai pour ma part, sans compétence particulière, travaillé dans un domaine pointu à destination d’un lectorat professionnel. Du fait de mon ignorance je m’étonnais plus facilement que d’autres et j’ai assez vite appris à ne rien tenir pour acquis de ce qu’on me disait. La proximité intellectuelle ne favorise pas nécessairement le recul, le regard critique que doit avoir un journaliste. Cela dit, j’ai du pas mal potasser et ramer sur certains sujets et je ne prétends pas m’être jamais planté. Pour le reste je vous rejoints quand vous constatez qu’il est parfois difficile de trouver un « expert indépendant » ou éloigné de vos interlocuteurs habituels et vérifiez ses dires ou explications…Je dois ajouter que les journalistes ne sont pas tous des foudres de guerre. Hormis les grands évènements qui ameutent les foules, les conférences de presses ont rarement été pour moi l’occasion de constater « l’éveil » de la majorité des collègues. Mais ce n’est pas nécessairement dans les conférences de presses qu’on fait du bon boulot.
    * 2 derniers points, dont un que vous avez omis peut être parce que vous travaillez dans la presse spécialisée (?): les lecteurs et les conditions de travail…
    * Pour la presse quotidienne ou généraliste, les études de lectorat montrent que les lecteurs ne lisent pas les articles dans leur intégralités, ni qu’ils s’en souviennent beaucoup. La lecture de la presse non spécialisé ou non professionnel (et encore) relève le plus souvent du divertissement et du loisir et non de la volonté d’obtenir des informations utiles dans un but précis. Observez d’ailleurs l’évolution récente du contenu de certains journaux généralistes (plus de photos de plus grandes tailles notamment).
    * Coté condition de travail, un journaliste doit rassembler, analyser, ordonner dans un écrit un certain nombre d’information dans un espace limité (parfois réduit) et un temps limité. Il n’est pas toujours évident de faire à la fois lisible, complet et profond. Et quand le journaliste est pigiste (payé -souvent mal, sauf pour la comm’ – à l’article )…
    Pour la presse spécialisée le lectorat est plus exigeant et un article doit lui apporter des informations utiles.
    Je n’évoque ni la radio, ni la télé.
    Voila je m’arrête là, je suis long. J’avais d’autres remarques à faire sur l’aspect économique de votre article et certaines de vos affirmations. Peut être plus tard. En attendant de revenir vous lire, bon vent à votre blog et merci

    Commentaire par Eaque — 17/09/2008 @ 21:39

  16. Excellente analyse.
    Je lisais dans les Echos il y a quelques jours un article de K. Rogoff dont le titre était « La fin du triomphalisme financier ». Il faut le reconnaitre, cette crise a au moins le mérite de remettre à leurs places certains financiers trop surs d’eux et de leurs idéologies.

    Commentaire par Jaï — 17/09/2008 @ 23:12

  17. N’ayant pas trouvé d’endroit où vous contacter sans ennuyer vos lecteurs de mes considérations et en l’occurrence de mes félicitations, je me fais commentateur sur e blog auquel je souhaite longue vie.

    Bon ben y’a pas beaucoup de suspens, j’ai beaucoup apprécié les premier billets que vous avez publiés. Comme beaucoup j’ai été attiré par le billet que Maître Eolas a publié à votre sujet, mais aussi parce que, bien que ne les lisant pas tous (en fait principalement ceux auxquels il faisait réponse) j’appréciais déjà vos commentaire sur le blog précité.

    Voilà je fais en général partie de la majorité silencieuse des blogs, mais je pense que je continuerais fidèlement et avec plaisir à vous lire…

    Commentaire par Mick — 17/09/2008 @ 23:17

  18. Oui.. à lire ce billet on pourrait que la presse économique est là pour sauver la veuve et l’orphelin . La finance et les revenus qui s’en dégagent, d’une manière générale, n’ont rien à faire avec la morale, n’est-ce pas aliocha ? Cela n’empêche pas beaucoup de gens de s’y intéresser, d’y participer et entre autres d’avoir envie de lire sur le sujet : la presse éco est la pour eux, pour répondre à la demande de ces personnes qui de fait ont choisis, ont admis de mettre leur esprit critique de côté. Quand bien même l’analyse, la prévision exacte d’une telle crise aurait été publiée, cela aurait-il changé le cours de l’histoire ? Les spéculateurs auraient-ils modifié leur pratique, certes non, ils auraient au mieux trouvé d’autres moyens d’arriver à leur fin – ce à quoi ils réfléchissent actuellement j’imagine …
    Heureusement, vous nous dites quand même que la presse économique est bien une émanation du système et non pas un organe indépendant qui pourrait devenir une sorte de contre-pouvoir.
    Cela va sans dire qu’il y a des crises structurelles à répétition dans le système financier actuel, nul besoin d’avoir fait des études poussées en économie pour cela, ni même de faire appel aux plus grands spécialistes supposés à mon sens. Le cours de la bourse n’a jamais été un long fleuve tranquille et pour cause …Alors je rejoins votre conclusion, s’il y a quelque chose à décrire, ce n’est pas le détail de la crise qui éclate ou de la prochaine, c’est bien les mécanismes systématiques qui sont en cause avec des bulles de spéculation à répétition qui nous éclatent à la figurent tandis que d’autres savourent des bulles de champagne

    Commentaire par courbet — 18/09/2008 @ 00:00

  19. Bonjour Aliocha et longue vie à votre blog,

    A propos de presse économique, j’ai l’impression que en France, la fonction est divisée en 2 catégories:
    -la presse boursière, dont la lecteur est le petit ou moyen épargnant qui veut gérer son portefeuille lui-même. On a beaucoup de titres, comme « La vie française », « Le revenu », « Investir »
    -la presse d’information économique dont la cible est le citoyen qui cherche une information générale, mais plus orientée sur l’activité économique au sens large et pas uniquement financière. On peut citer: « La tribune », « Enjeux les echos », « L’expansion », « Alternatives ». J’en ai surement oubliés, et d’excellents, que vous connaissez mieux que moi.

    Il me semble que pendant que le 2eme groupe fait bien son travail, souvent pour les mensuels avec un bon sens critique et une vue assez large, le 1er groupe pêche par courte vue et alignement sur les idées des intermédiaires financiers, qui sont leurs principaux ou exclusifs pourvoyeurs de revenus publicitaires. Le problème est grave lorsque banques et intermédiaires financiers n’ont pas intérêt à dire la vérité et je connais plusieurs personnes agées qui ont été trompées en écoutant simplement les conseil du journal boursier auquel elles étaient abonnées.

    N’y a t-il pas-là un problème de déontologie? Comment vos collègues et amis qui travaillent pour ces titres le vivent-ils?

    Commentaire par XS — 18/09/2008 @ 00:09

  20. Merci Aliocha pour cette critique de la presse économique.

    Beaucoup de commentaires ici, et votre billet aussi, soulignent la complexité croissante des instruments financiers (titrisation, etc) qui, en rendant difficile à analyser (ou à estimer) certaines transactions, ont été à l’origine de la crise actuelle.

    Cependant, et ce n’est pas pour me vanter, mais il y a bien plus d’un an que je me doutais que cet édifice allait s’écrouler !
    Comment ? Simplement en ayant lu, il y a 2 ans, des informations sur cette mode des « crédits hypothécaires » qui soutenait les achats aux USA … et en ayant une réflexion de « bon père de famille » !
    La consommation de nombreux ménages américains reposait en effet sur un endettement de plus en plus important, rendu possible par l’hypothèque que le prêteur posait sur un bien immobilier. Jusque là, rien de bien « complexe ».

    Or ce système est la base des « subprimes », cette dette étant ensuite transformée (titrisée) pour être revendu à d’autres.
    Pour que « ça marche », il faut soit que les emprunteurs remboursent intérêt et capital « rubis sur l’ongle », soit que la valeur de l’hypothèque augmente régulièrement.
    Or dans le premier cas, on est face à un fort risque de surendettement … et donc de non remboursement.
    Dans l’autre cas, c’est supposer que l’immobilier voit sa valeur augmenter avec un taux supérieur aux taux de crédit et cela indéfiniment … Or les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel …surtout à une époque où toutes les banques centrales essaient de juguler l’inflation !!

    Le système était donc vicié à la base !
    Et l’excuse de la complexité des instruments financier qui a aveuglé tout le monde me semble un peu oiseuse …

    Commentaire par Yves D — 18/09/2008 @ 01:13

  21. @Henri.

    La mauvaise couverture des journaux economiques participe a donner une image respectable a certain discours politique sur les bienfaits d’une pensee economique, celle des marches libres et parfaits. Il me semble juste qu’Aliocha s’interroge sur le role qu’elle a pu jouer en validant ce discours, puisqu’elle avait connaissance de limites dans le systeme qu’il defendait, comme celle des LBOs. En ce sens, les liens entre groupes de presse et groupes d’affaire ne sont pas directs comme la juxtaposition entre les LBOs et le rachat des Echos pourrait le laisser entendre. S’ils existent, ces liens seront difficiles a reveler; il n’empeche que les cassandres n’ont pas eut le droit a la parole.

    Commentaire par Un Estran Avec Vue — 18/09/2008 @ 05:20

  22. @Henri : J’allais vous répondre puisque vous adoptiez un ton plus pacifique mais je crois qu’Eaque en 15 l’a fait de manière exhaustive. Je confirme en tous points son analyse. Bien sûr, il n’y avait pas de lien entre Arnault et la crise des subprime, il s’agissait pour moi d’aborder l’indépendance et j’ai donc balayé les questions qu’elle soulevait. Quand je suis entrée il y a quelques années dans un quotidien économique, j’ai été frappée de stupeur de voir mes confrères se battre pour participer à des voyages de presse organisés par de grandes banques françaises. L’acceptation de ces voyages étaient si institutionnalisée que le rédacteur en chef devait faire en sorte que chaque journaliste de l’équipe ait droit à son voyage. Vous croyez que ces journalistes pouvaient garder leurs distances, préserver leur indépendance, leur jugement critique dans ces conditions ? Le souhaitaient-ils seulement ? Ma formation initiale d’avocat m’a sensibilisée aux questions d’indépendance et de conflits d’intérêts, mais combien de mes confrères n’aperçoivent même pas qu’il puisse y avoir un piège ? Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Oui la complexité participe de la difficulté de traitement de l’information économique mais bien souvent comme un cache sexe. Combien de fois m’a-t-on dit : « on ne peut pas vous expliquer dans le détail, trop technique, mais croyez-nous, tout est sous contrôle ».

    @Yves D. : Je suis d’accord. Il me semble néanmoins que la complexité des produits puis de leurs circuits a participé à diffuser la crise et surtout à faire qu’aujourd’hui personne n’est en mesure d’identifier où sont les risques et de les évaluer. D’après les experts que j’ai interviewés, tout le monde s’en fichait, la question étant : à qui vais-je refiler ces créances pourries ? Pourvu que je ne sois pas le dernier de la chaîne, celui qui paiera les pots cassés !

    @XS : Tous les titres de la presse économique sont confrontés aux mêmes problèmes d’indépendance et pour tout vous dire, je songeais essentiellement aux quotidiens car c’est eux que je connais le mieux. Souvenez-vous de l’affaire Vivendi, la révélation que les comptes étaient faux n’est pas sortie dans cette presse mais dans Le Monde. J’étais au courant un mois avant ce journal, on m’a interdit de sortir l’affaire. J’ai donné le scoop à un excellent journaliste d’un titre conseillant des investissements que vous mentionnez, il m’a dit qu’il ne pouvait rien faire…..Je vous assure que ça fait mal. Bref, les hebdos de conseils en investissement ont en effet le problème supplémentaire que vous évoquez et je n’aimerais pas être à leur place en ce moment, je ne vois vraiment pas ce qu’ils peuvent conseiller…..

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/09/2008 @ 08:28

  23. Bonjour, et tout d’abord merci et bravo pour ces premiers billets — je « m’abonne » !
    Concernant votre analyse de la cécité de la presse économique, bien que tout à fait d’accord avec les points que vous évoquez, je m’étonne que vous n’évoquiez pas le poids possible d’une certaine idéologie inconsciente… Que la finance internationale soit prise dans une spirale infernale, on peut le lire avec illustrations a l’appui tous les mois dans le Monde Diplomatique ! Sans nier que cette publication fasse usage d’une grille d’analyse sur la teinte idéologique de laquelle il est impossible de se méprendre, force est de reconnaître qu’elle n’est pas non plus écrite par des imbéciles. Que cette prise de position, que cet avertissement paraisse dans un journal et pas dans l’autre, c’est un parti pris de la part tant des uns que des autres.

    Commentaire par Mathias — 18/09/2008 @ 09:33

  24. Bonjour,
    Parmi tous ces prosélytes et prédicateurs spécialistes de la finance moderne, n’y a-t-il pas un agnostique courageux pour reconnaître que finalement tous ces mécanismes et effets financiers imbriqués dépassent ce que le plus brillant des esprits financiers peut appréhender et anticiper ?

    Commentaire par Oeildusage — 18/09/2008 @ 09:44

  25. Grâce au coup de pub de Maître Eolas (j’espère que vous allez rester indépendante de lui …)je découvre avec plaisir et interêt votre blog ?
    Si vous persistez dans la qualité de ces analyses, je parie que cet endroit va très binetôt devenir une source d’information et de débat dont parfois le net à le don de faire naître.

    Commentaire par Guess Who — 18/09/2008 @ 10:06

  26. Bonjour chère plume,

    Certains économistes outre atlantique -sans doute parmi ceux que vous qualifiez de pessimistes dans votre article- n’hésitent pas à faire un rapprochement entre la crise actuelle et celle de 29.

    Mes connaissances ridicules dans ce domaine me montrent en effet certaines corrélations (bourse uniquement spéculative, …).
    (Soit dit en passant, j’ai cru entendre feu mon professeur d’histoire et d’éco l’espace d’un instant).

    Existe-t-il à l’heure actuelle des éléments différents entre ces deux crises qui montreraient le peu de crédit sinon l’absurdité de tels propos ?
    … et accessoirement me feraient passer pour Oracle à la pause café de tantôt 🙂

    Merci par avance d’alimenter mon égo surdimensionné,
    En revanche, mes plus sincères félicitations pour ce blog.

    Commentaire par Ferdi — 18/09/2008 @ 10:07

  27. @Ferdi : Comparaison n’est pas raison. Je ne suis pas certaine que le fait de savoir si la crise est comparable ou non à celle de 29 nous avance beaucoup. Le spectre de 1929 revient à chaque coup de grisou sur la bourse. Il n’explique rien. En revanche, si vous voulez jouer les pythies, disons que le rythme des crises financières mondiales s’accélère et que leur gavité va croissant. Parmi les analyses les plus intelligentes que j’ai entendues, je retiens que l’économie souffre de gigantisme (taille des groupes industriels internationaux, des banques, montant des flux de liquidités) ce qui fait peser un doute sérieux sur la capacité humaine à la gérer et surtout à la surveiller, c’est-à-dire à assurer une relative sécurité. Les autorités de marché restent nationales tandis que la finance est depuis longtemps mondialisée, les réglementations sont nationales, au mieux régionales (l’europe est en train d’achever l’harmonisation de la réglementation des marchés financiers au sein de l’Union), les policiers et les juges s’arrêtent aux fontières, les régulateurs bancaires eux-même n’ont, me semble-t-il, pas la même approche des ratios de solvabilité d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique etc….Voilà à mon sens un vrai sujet de réflexion 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/09/2008 @ 10:46

  28. Je suis à la limite de verser une larme. Ce mea culpa tardif est assez consternant lorqu’un simple citoyen, comme je le suis, semble mieux informé sur la finance mondiale qu’un journaliste économique. Quid des travaux d’ATTAC, de la Fondation Copernic, des économistes repentis comme STIGLITZ ? Franchement, cela fait presque 10 ans que la sonnette d’alarme est tirée par les milieux militants et vous êtes là, à vous poser la question de l’indépendance de la presse économique et de la pertinence de ses analyses.
    Je prendrais une phrase de Bernard CASSEN, l’un des fondateurs d’ATTAC, qui aimait à rappeler aux militants que le meilleur moyen de s’informer sur la folie du capitalisme et de la financiarisation de l’économie mondiale, était de lire la presse économique. He oui, vous avez été les vecteurs principaux de cette folie, vous vous dites journalistes alors que vous n’êtes que les auxiliaires de la classe dominante. Franchement, si cette crise pouvait vous balayer comme elle balaye des milliers de salariés depuis des années, ce ne serait pas une grosse pour l’humanité.
    (Aliocha : dernière phrase supprimée : je suis pour la liberté d’expression mais contre l’insulte et la grossiereté. A bon entendeur !)

    Commentaire par MARION — 18/09/2008 @ 11:29

  29. Aliocha, votre blog existe depuis moins d’un mois et vous avez déjà besoin d’un Troll Detector (TM), félicitations ! 🙂

    Commentaire par mussipont — 18/09/2008 @ 11:51

  30. Pour une analyse précise et étayée de cette question récurrente de l’indépendance de la presse économique, voir l’ouvrage de Julien Duval qui décrit l’espace de la presse et ses transformations depuis les années 1950: Critique de la raison journalistique, les transformations de la presse économique en France, Seuil, Paris, 2004.

    Enseignant à Dauphine, je suis sidéré par l’absence de culture en histoire économique des étudiants, et qui n’est que le résultat d’un enseignement économique orthodoxe a-historique et d’une spécialisation/technicisation de nos futurs traders, gestionnaires…
    La théorie de la régulation, l’économie marxiste et keynésienne ont au moins le mérite de replacer les logiques d’accumulation financière dans des logiques sociales qui animent le capitalisme (Oh le gros mot). Et donc d’armer notre regard critique face à ce type de conjonctures.

    La dichotomie entre économistes optimistes/pessimistes dans votre papier fait ainsi preuve de simplisme, et dépolitise complètement la question.
    La crise réalise et met en évidence certaines dynamiques et contradictions sous-jacentes à un système économique qui ne se voit même plus critiquer a minima par les socio-libéraux. (pauvres Delanoë et autres Manuel Vals)

    Et on rêve d’une presse économique qui fasse systématiquement le lien entre prédation financière et exploitation (2e gros mot) forcenée des populations, ou qui informe ou mette en débat des techniques de régulation du marché (le SLAM de Frédéric Lordon par exemple) au lieu de se gargariser de « transparence » et d' »éthique ».
    [Je vous conseille d’ailleurs d’aller faire un tour dans une bibliothèque universitaire, le rayon « Ethique financière » occupe presque autant de rayons que ceux qu’on trouve en philosophie dans la case « Morale-Ethique ». Il faut créer les conditions sociales contraignantes (et si) pour rendre les financiers vertueux malgré eux. Toutes les conditions sont réunies aujourd’hui pour qu’il fasse et continue ce qu’ils font. On interdit bien aux agriculteurs certains pesticides (et encore avec quelles difficultés), on doit interdire aux financiers certains produits financiers et certains rendements.]

    Mais informer sur ces questions là, ne trouve ni l’intérêt du lectorat de la presse économique (CSP ++ qui boursicotent volontiers; alors c’est vrai que là ils l’ont un peu mauvaise, mais s’étant bien gavé ces derniers temps, la pilule passera) et des annonceurs, ni celui de ses journalistes peu familiers des luttes sociales et peu sollicités pour les couvrir. Les cloisonnements en rubriques et entre services sont à cet égard très instructif sur les manières de penser pratiquement l’économie (Finances, International, Société, Social), et de rompre la chaîne de causalité. Dans le livre de Duval il y a une analyse de l’émission Capital sur M6 qui montre assez bien comment elle arrive sous couvert de dévoiler certaines pratiques cachées (et qui s’apparente parfois à une défense des consommateurs; mais rarement) à dépolitiser ou à non- ou dés- informer sur les logiques de l’économie réelle.

    Ce qui est magnifique dans la situation du jour est quand même cette socialisation des pertes (c’est à dire par nous tous in fine) et la phase précédente de privatisation des profits. Comme le dit Lordon, qui va sortir un ouvrage sur la question: « jusqu’à quand? »

    Commentaire par Han — 18/09/2008 @ 12:09

  31. Bonjour Aliocha, ça fait plaisir de voir que vous vous lancez dans la « blogosphère »! 🙂
    Comptez-vous comme le Maître (j’espère qu’on finira par arrêter d’y faire référence en passant ici, mais j’ai l’impression qu’il est une passerelle vers ce lieu pour beaucoup d’entre nous) vous munir d’une sorte de Troll Detector?
    Le commentaire de Marion n’entrerait pas forcément dans son champs d’action hein, mais c’est juste au cas où…
    A propos Marion, permettez-moi de vous dire que votre fin de commentaire est également à gerber. Je ne me prononce pas sur le reste, d’autres s’en occuperont sans doute beaucoup mieux que moi.

    Commentaire par the_duck — 18/09/2008 @ 12:10

  32. @tous : je ne maîtrise pas encore la « correction » de commentaires. Il aurait été plus simple pour moi de supprimer le commentaire de Marion. Il se trouve que je suis attachée à la liberté d’expression. La parenthèse à la fin de son commentaire est de moi (il faut que je trouve un moyen de le faire apparaitre clairement). Je n’ai fait que supprimer une insulte qui n’apportait rien à son propos et même le discréditait.

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/09/2008 @ 12:46

  33. Même si les propos de MARION sont teintés d’agressivité voir de vulgarité et de nature à choquer les susceptibilités de beaucoup, on ne peut reprocher la colère débordante et sans discernement du citoyen lambda qui au final subit les conséquences de la folie d’un système duquel il est complètement exclu, ou au mieux spectateur, et de surcroît qui a permis aux nombreux responsables et partie prenantes de ce système fou de s’enrichir tout en appauvrissant le reste de la population.

    Mon éducation me retient de pousser une gueulante grossière comme MARION… et puis de toutes façons, le système est fait aussi pour étouffer et ignorer les protestations et plaintes qui viennent d’en bas.

    Commentaire par Oeildusage — 18/09/2008 @ 12:48

  34. « Aux lecteurs qui se demanderaient si nous savions que cette crise allait survenir, la réponse est non. Nous ne savions pas que les crédits hypothécaires américains allaient, par un effet de domino, engloutir la finance mondiale dans leur naufrage. Nous ne pouvions pas le savoir. Pour une raison simple : elle a pris de court les professionnels eux-mêmes, banquiers, économistes, régulateurs etc. »

    Mais quel gros pipo! Bien sur que si on le savait!
    Ca fait plus de deux ans que des professionnels et des économistes tiraient la sonnette d’alarme. On savait depuis longtemps que que ce qui se passait sur le marché immobilier était la plus grosse bulle spéculative jamais vue tous marchés confondus!

    Vous êtes spécialiste de quoi pour dire qu’on ne pouvait pas le prévoir? C’est vraiment prendre les gens pour des imbéciles.

    Et puisque travaillant dans le secteur bancaire, je vais vous donner un super scoop: après la crise liée aux crédits hypothécaires, viendra la crise liée aux crédits à la consommation. Autant vous dire que le pire est à venir. Et venez pas me dire dans un an que vous ne pouviez pas le deviner.

    Commentaire par corbex — 18/09/2008 @ 12:50

  35. @corbex : Vous oubliez qu’entre ce qu’on se raconte à la machine à café et ce qu’on dit à un journaliste, il y a une marge. Combien de « grandes gueules » se sont dégonflées devant mes yeux alors qu’on m’avait dit qu’elles avaient plein de choses à dire. Combien d’observateurs visionnaires du monde économique m’ont assurée deux mois après le début de la crise que la France passerait à travers. Combien de régulateurs ont gardé un silence pesant pendant des mois, eux qui surveillent les marchés pourtant. Parce qu’ils n’avaient rien à dire, parce qu’ils ne comprenaient pas grand chose, parce qu’ils craignaient le pire. C’est facile de dire maintenant « on savait ». La vérité c’est que comme toujours on savait que ça aller craquer mais on ignorait où et quand. Et vous le savez fort bien.

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/09/2008 @ 13:00

  36. Travaillant moi aussi dans le secteur bancaire, mais dans une « fonction support » éloignée des bruits qui courent du côté de la finance, j’ai bien eu l’impression, que ce soit au niveau des informations qu’on nous donnait ou des orientations de la gouvernance, que si « on » se doutait que la bulle allait éclater, « on » n’avait en revanche aucune idée de la date de la crise ni de son ampleur. Ou alors, nos dirigeants ont fait preuve d’une certaine dose de masochisme.
    En d’autres termes, nous voilà les premiers surpris de voir qu’on offrira bientôt une action de chez nous en cadeau pour chaque Malabar acheté à la boulangerie au coin de la rue.

    Commentaire par Oph — 18/09/2008 @ 13:06

  37. Histoire de rajouter de l’eau dans le gaz du débat, je note, Aliocha, que vous admettez que « La vérité c’est que comme toujours on savait que ça aller craquer mais on ignorait où et quand ».
    Ca, c’est comme une cocotte minute qui monte en pression : s’il n’y a pas de sécurité ça va péter ! Maintenant c’est facile de dire que ne sachant pas quand ni par où la cocotte va péter, j’attends…

    Sur le fond, je suis quand même d’accord avec vous sur le constat qu’un journaliste, aussi expert soit-il, ne peut que parler d’une situation, l’expliquer voir la dénoncer. Ca ne fait pas encore de lui un acteur influent.

    Commentaire par Oeildusage — 18/09/2008 @ 13:21

  38. …et j’ajoute, le pire c’est que probablement les responsables de cette débâcle sont sincères quand ils disent qu’ils ne savaient pas et qu’ils ne voulaient pas.

    C’est un peu comme Bernard Tapis devant les parlementaires à l’assemblée nationale pour justifier la décision de la commission d’arbitrage à son avantage. Quand il déclare, en essuyant la petite larme qui coule sur sa joue, « j’ai fait confiance à ma banque et elle m’a piqué tout mon argent… », il est sûrement sincère.
    Désolé Aliocha, je crois que je trolle un peu le sujet de votre billet mais c’est juste pour imager la situation.

    Commentaire par Oeildusage — 18/09/2008 @ 13:32

  39. Aliocha,

    je persiste et signe: les banques savaient, les banques centrales savaient, les gouvernements auraient pu savoir s’ils réfléchissaient.
    Aux USA, les particuliers recoivent gratuitement des cartes de crédit dans leur boite aux lettre. Et quand tous ces consommateurs ont commencé a s’endetter avec ces cartes pour pouvoir payer le crédit de leur maison, personne n’a rien dit. Et aujourd’hui personne ne dit rien sur ces credits a la consommation qui sont bien plus importants que les crédits immobiliers.

    Quand vous dites, qu’on savait mais qu’on ne pouvait pas prévoir, c’est un peu trop facile. Vous pouviez dire que le secteur bancaire allait dans le mur, que les analystes qui étaient à acheter ou a surpondérer les bancaires mentaient et se couvraient (en 2007 Lehman Brothers étaient a surpondérer sur Natixis). Mais vous ne l’avez pas fait. S’il y a une chose de sur en économie, c’est bien qu’une bulle spéculative finit toujours par exploser. Combien de journalistes « spécialistes » nous l’ont rappelé ces dernières années? Zero. Mais ils étaient tous à dire qu’il n’y aurait pas de baisse de l’immobilier.

    Les banques savaient, mais étaient dans l’incapacité de refourguer leurs produits liés aux subprimes. Ils savaient que cela allait se terminer en eau de boudin, alors ils ont joué la montre pour retarder l’échéance. Mais nous y voila.

    Commentaire par corbex — 18/09/2008 @ 14:10

  40. Etant un peu de la partie, je partage les nuances d’Aliocha. Se doutait-on que quelque chose allait clocher ? Fondamentalement, bien sûr sur oui. Le poids de l’endettement dans le financement de la croissance (notamment US, mais pas seulement) depuis 10 ans était flagrant et aberrant, autant qu’il était flagrant que cela ne pourrait continuer indéfiniment.

    Maintenant qu’on a dit cela, en déduire les dates et les modalités de la crise est une toute autre affaire. Même ceux qui pestaient contre la finance US depuis des années (quelqu’un parle d’Agora, au dessus) n’ont pas vu venir ce qui arrivait, quand et comment c’est arrivé.

    Autre chose, comme le dit Aliocha : dans le monde bancaire, on trouve pas mal de gens qui étaient conscients des faiblesses du système. Mais eux aussi s’autocensurent : les Cassandre sont rarement populaires parmi leurs pairs. Si la source s’autocensure, que dire du journaliste qui la traite ? D’autant que la presse économique se veut plus sérieuse que les autres. Elle a donc moins tendance à céder à la tentation catastrophiste que les autres.

    Un autre exemple : le rôle de la demande financière dans la hausse des cours des matières premières. Il est devenu évident… maintenant que la bulle s’est en partie dégonflée. A mon sens, cela l’était déjà bien avant. Il suffisait de confronter l’évolution des fondamentaux et des cours ces dernières années pour se poser des questions. Et de constater parallèlement la démultiplication des produits financiers qui permettent à n’importe quel utilisateur de Bourso de jouer n’importe quelle matière première – alors que ces produits n’existaient pas voilà dix ans. Facile à voir, ça. Et ça en disait long sur ce que pouvaient faire les institutionnels…

    Pour autant, allez donc trouver un spécialiste bancaire qui vous confirme ces soupçons. Vu que son employeur participe, plus ou moins directement, à la fabrication et à la commercialisation des produits financiers qui permettent de « jouer » les matières premières, il a intérêt à donner dans la dénégation. Quand on écrivait « évidemment que la demande financière (plus classe et plus précis que spéculation) joue un rôle important dans la formation des prix actuels », le lecteur vous prenait pour un hurluberlu, voire pour un populiste en chasse de méchants spéculateurs. Et qu’importaient vos arguments. Mais même en sachant cela, prévoir la date de l’explosion de la bulle était une toute autre affaire.

    D’autant que les autorités de régulation (cf. CFTC pour les matières premières US) n’ont là encore servi à rien : la CFTC dit maintenant, sur le pétrole, « non, y’a pas de rôle spéculatif, c’est d’ailleurs pour cela qu’on renforce les contrôles et qu’on décide d’embaucher 30 personnes » – juste après la sortie d’un rapport à charge commandé par le Congrès. Hasard ?

    Totalement largués par l’innovation financière et par les volumes en jeu, les régulateurs n’avaient (c’est une hypothèse) peut-être pas non plus intérêt à tarir l’une des dernières sources de profits des banques d’affaires. D’ailleurs, la bulle a fini par exploser en plein vol… en bonne partie sous la pression des politiques aiguillonnés par des électeurs vociférant contre le prix de l’essence. Ah, l’autorégulation…

    Commentaire par Le Nonce — 18/09/2008 @ 14:19

  41. la vérité, c’est que sur un tel sujet, on a tout et son contraire.
    un exemple : deux points de vue dans Le Figaro d’aujourd’hui disent qu’il y a un pilote dans l’avion (Bouzou et Touati – qui, soit dit au passage, sont de ces bons clients qui apparaissent partout) et un autre dans Le Monde d’hier daté d’aujourd’hui qui affirme le contraire à savoir qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion (
    trois avis divergents sur l’action de la FED dans la crise. tous sont économistes et sans doute compétents.
    alors au journaliste, que reste-t-il ?
    et pourquoi pas s’en tenir aux faits plutôt que tenter de les analyser, les commenter, les faire commenter.
    rapporter les chiffres, les évolutions, les tendances… expliquer les mécanismes, les concepts… présenter les attitudes, les options choisies, les politiques menées… revenir à l’essentiel. pas forcément plus facile que mener une interview ou se rendre à une conférence de presse parce qu’il faut se documenter, vérifier, douter…

    Commentaire par David — 18/09/2008 @ 14:19

  42. « Aux lecteurs qui se demanderaient si nous savions que cette crise allait survenir, la réponse est non. » (…) « Et l’immense édifice, bâti sur du sable, voire du vent, ne pouvait que s’effondrer. »

    Je comprends pas…Vous ne pouviez pas savoir que la crise allait survenir, mais vous saviez que le système ne pouvait que s’effondrer? ne faudrait-il pas alors, dire que ce que vous ne saviez pas, c’est « quand est ce que la crise allait survenir »?

    Commentaire par bert — 18/09/2008 @ 14:59

  43. @david : Vous avez théoriquement raison. Mais des faits, nous n’en avons guère. Ou plutôt si, cette incertitude des observateurs qualifiés est un fait en soi (sacré Touati, j’admire son optimisme, et même je salue son calme malheureusement, les marchés sont à l’opposé de toute rationnalité, en tout cas vu d’en bas), bref, ces observateurs montrent que personne ne maîtrise rien. C’est ça, la réalité. Quant aux chiffres et autres évaluations, allez interroger les comptables, vous verrez comment ils s’arrachent les cheveux sur la valorisation de ces produits qui n’ont plus de marché et donc plus de valeur, ou seulement une valeur théorique, modélisée, parfaitement abstraite.
    @le Nonce : à la suite d’Enron, les comptables ont compris qu’il falait mettre fin à l’auto-régulation, ils fonctionnent désormais en régulation partagée (ils intègrent dans leur structure de surveillance dans des proportions qui varient, des non comptables). Il est peut-être temps que les autres professions économiques et financières acceptent cette réforme aussi.
    @corbex : Dans ce cas, la prochaine fois, renseignez un copain journaliste, montez un blog, alertez. Nous, on a le droit de rencontrer que les présidents de banque accompagnés de leurs service communication. Et ils nous parlent de leurs perspectives de développement pas de la crise qui va les foutre par terre. Je trouve un peu fort que vous accusiez la presse de ne pas dénoncer un système auquel vous appartenez et que vous n’avez vous-même pas dénoncé visiblement. S’il vous révolte, c’est à vous de bouger. L’information, on ne l’invente pas, il faut bien qu’à un moment donné quelqu’un parle.

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/09/2008 @ 15:36

  44. Nous prenez-vous pour des demeurés? la presse finanicère ne fait pas son travail et ne le fera jamais. La crise financière ne fait que commencer ! Août 2008 est la tranche suivante où les contrats subprimes sont réévalués. C’est à dire qu’en Août 2008 intervient l’augmentation suivante (prévue dans le contrat) des taux d’intérêt variables pour les particuliers US ayant empruntés. Beaucoup qui payaient leurs crédits jusqu’à présent, ne vont plus pouvoir faire face et d’autres faillites bancaires retentissantes vont intervenir dans les mois qui viennent!
    Quels sont les journalistes qui en parlent? personne !

    On nous répète à l’envie : en France pas de risque, de plus même en cas de faillite le fonds de garantie remboursera à autour de 70000€ par épargnant.
    Foutaises, ce fonds ne dispose que de 2 milliards d’euros, 35€ par français !
    Si une seule banque française tombe, toutes vont tomber, le fonds de remboursera rien, il n’en aura pas les moyens !

    Quel journaliste en parle? Personne !

    Cette crise sera pire que la crise de 1929, tous les indicateurs le montrent, mais pour le gouvernement : pas de risque, Tchernobyl s’arrête à la frontière !

    Alors Aliocha ne vous faites par rire en vous présentant comme de pauvres petits êtres qui n’y peuvent rien, si les grands méchants de la finance vous mentent !

    Commentaire par AndreRequin — 18/09/2008 @ 15:42

  45. eh bien oui Aliocha, voilà sans doute les faits que tout journaliste devrait traduire à ses lecteurs ou auditeurs ou téléspectateurs : les observateurs sont incertains, personnes ne maîtrise rien, les comptables ne savent valoriser les produits que de manière abstraite. ça en éclairerait plus d’un.

    Commentaire par David — 18/09/2008 @ 15:44

  46. plutôt que de laisser un observateur incertain déverser ses certitudes, quelqu’un qui ne maîtrise rien nous expliquer comment il dirige le système ou un comptable déblatérer sur les performances économiques de son entreprise quand, comme vous le soulignez, une partie de la valorisation est parfaitement abstraite.

    je reconnais que ce n’est pas simple, et même très difficile, de dire ce qui est juste et faux. c’est pourquoi je pense que le plus simple est de s’extraire de cet aspect des choses en revenant aux faits.

    Commentaire par David — 18/09/2008 @ 15:50

  47. Des bruits courent que la Chine rachèterait massivement des « fonds pourris américains » pour soutenir le Trésor… Vous confirmez ?

    Si c’est bien le cas, ça ne manque pas de sel… L’Empire communiste volant au secours du « grand Satan » 🙂

    Mais ce serait dans la logique des choses… Si l’occident capitaliste s’effondre, à qui les Chinois vont-ils vendre leurs produits frelatés (voir le scandale du lait contaminé, entre autres, sans parler des jouets pour enfants).

    Nos édiles multiplient les déclarations apaisantes, pour faire croire que la France est à l’abri de la tempête… Si c’était bien le cas, le CAC ne perdrait pas 3 à 5 % par jour, non ? Il devrait monter, au contraire !

    Je rejoins le point de vue d’autres commentateurs sur la crise en cours : le pire est à venir, car on n’a pas encore abordé le sujet du « crédit à la consommation ». La Société américaine est sur-endettée, et pas seulement les classes moyennes. Ces centaines de milliers de jobs perdus à 100.000$ + annuels vont avoir un impact sur les remboursements… Sans parler de la consommation.

    En France, lorsque quelqu’un n’est plus en mesure de rembourser ses crédits revolving aux « Cetelem » et autres vampires, un Juge les décharge de leur dette. Aux USA, ça n’existe pas… Votre « cote de crédit » disparaît des ordinateurs… Vous êtes virtuellement mort… Vous avez 2 heures pour quitter votre maison et c’est le sherif qui fait changer les serrures !

    Dernier épisode collatéral : la cote d’Obama monte en flèche, après cette débacle financière.

    Commentaire par ramses — 18/09/2008 @ 15:50

  48. A nos journalistes économiques la devise de Socrate: « tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien »

    D’un autre coté, il serait opportun de revoir la place prise par l' »économie » dans l’imaginaire collectif, depuis la duperie du « prix nobel » qui n’en est pas un jusqu’à la présentation au grand public d’une supposé science « dure » ayant ses règles immuables et son « état naturel ». l’économie est une science sociale, entièrement créée par l’homme, dont les règles dépendent du comportement de la société. ne pas confondre mathèmatiques et économie.

    Commentaire par bert — 18/09/2008 @ 15:54

  49. tous les journaux toutes les publications vivant de la publicité de grands grooupes ne sont pas indépendants .chaque info est à prendre avec des pincettes.
    pour ma part je ne lis que le Canard Enchainé , seul journal indépendant en France .

    Commentaire par zorg — 18/09/2008 @ 16:02

  50. @andrerequin : OK et vous faites comment vous, pour les faire parler, ceux qui savent ou croient savoir mais n’ont surtout pas envie et surtout pas intérêt à parler ? Un couteau sous la gorge ? Un cambriolage de nuit au siège de la banque ? Cela fait des années que les jounalistes français dénoncent l’emprise de la communication, les atteintes à l’indépendance de la presse et tout le monde leur rit au nez. Qui s’est indigné quand les Echos ont appelé à la prise de conscience lors de leur rachat ? Personne. Et vous m’attaquez maintenant parce que vous vous apercevez que ça pose problème ? Et vous m’attaquez moi parce que je lance le sujet ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/09/2008 @ 16:02

  51. Chère Aliocha,

    Si vous continuez à ce train (un commentaire à la minute), vous allez pulvériser le record d’Eolas sur la virginité 🙂

    Ceci dit, j’observe que vous cristalisez la rancoeur de chacun à propos de la crise financière actuelle… Il ne faudrait pas se tromper de cible 🙂

    Un journaliste n’est pas un acteur économique, il ne fait que commenter des informations… Il n’a pas à les inventer.

    Commentaire par ramses — 18/09/2008 @ 16:02

  52. @zorg : vous pouvez ajouter Marianne, ça vous fera deux hebdos 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/09/2008 @ 16:04

  53. @ramses : ah mon ami ! vous savez ce qu’on faisait aux messagers de mauvaises nouvelles sous l’antiquité. J’assume et puis la présence de fidèles comme vous me réconforte. (ce qui vaut pour Mussipont et pour tous les fidèles d’Eolas qui ont eu la gentillesse de me suivre ici, qu’ils en soient remerciés, je suis touchée.)

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/09/2008 @ 16:07

  54. «Même si les propos de MARION sont teintés d’agressivité voir de vulgarité et de nature à choquer les susceptibilités de beaucoup, on ne peut reprocher la colère débordante et sans discernement du citoyen lambda»

    Ce que je trouve personnellement vulgaire, et ce qui «choque ma susceptibilité», ce sont pour ma part les commentaires qui nient toute raison d’être au commentaire de Marion.

    Pour rappel, dans le corps de son commentaire, Marion donnait des références sérieuses et raisonnables (et certes partisanes) : les travaux d’Attac, de la Fondation Copernic, de Joseph Stiglitz. Un peu facile de traiter cela de «Troll» ! Encore plus facile de parler de «colère débordante et sans discernement». Évidemment, c’est intellectuellement confortable et ça évite de se poser des questions. Attention, on est au bord du totalitarisme : toute critique un peu radicale est bien sûr autorisée au nom de la «liberté d’expression», mais rapidement neutralisée en faisant passer ceux qui s’expriment ainsi pour fous/irraisonnables/trolls/complotistes/grossiers/vulgaires/antisémites… Toute proportion gardée, c’est un peu ce que faisaient les soviétiques en enfermant les opposants trop dangereux pour eux dans des asiles psychiatriques.

    À bon entendeur…

    Commentaire par Gwen — 18/09/2008 @ 16:44

  55. Bonjour Aliocha,

    Ravi de vous rencontrer ici, chez vous.

    Merci pour la référence de votre blog.

    🙂

    Commentaire par tschok — 18/09/2008 @ 16:54

  56. @gwen : vous observerez que j’ai laissé son comentaire car je le trouve intéressant. Je regrette seulement qu’il ne soit pas plus calme et plus étayé.
    @Tschok : je vous avais donné un scoop, vous arrivez après la bataille, jusqu’à avant-hier, c’était fort calme ici……

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/09/2008 @ 17:24

  57. @aliocha : sur le site d’Acrimed (www.acrimed.org), vous trouverez beaucoup de raisons pour lesquelles les militant-e-s de gauche peuvent parfois perdre leur calme quand on parle de presse et de débats économiques. Les raisons sont multiples :

    – traitement journalistique du débat politique quasi systématiquement par le biais de la politique dite «politicienne», autour des tactiques de personnes, au détriment du fond et du débat d’idées (cf l’université d’été du PS, traité ici : http://www.acrimed.org/article2964.html) ;

    – marginalisation systématique des idées et propositions de la gauche radicale (voire de la gauche dès qu’elle est plus à gauche que Delanoe/Royal/Aubry, ce qui laisse une grosse marge) : cf la rhétorique modernes/archaïques des éditorialistes, qui se retrouve très souvent sous la plume des journalistes politiques ;

    – les «experts», économistes, acteurs économiques invités pour les débats «de fond» sont presque toujours «orthodoxes», libéraux pur jus (économistes libéraux, chefs d’entreprises). Quasiment jamais d’économistes d’Attac, d’économistes marxistes (il y en a au PCF ou à la LCR), d’économistes de syndicats (pourquoi seul le medef peut donner son avis sur la politique économique ?) voire de syndicalistes eux-mêmes. Et quand ils sont invités, c’est dans des conditions qui ne leur permettent pas de s’exprimer dans de bonnes conditions (un «contre» plusieurs, parfois même «contre» l’animateur du débat). Il y a ainsi assez souvent des débats avec pour seuls intervenants des «orthodoxes» ; jamais le contraire. cf par exemple : http://www.acrimed.org/article2914.html

    Alors, quand on nous sert pour la n-ième fois la soupe de l’introspection critique, en ignorant encore et toujours nos arguments (il ne s’agit pas de les appliquer, mais au moins de les verser au débat), alors il arrive qu’on perde patience. Je ne sais même pas si j’en suis désolé.

    Commentaire par Gwen — 18/09/2008 @ 17:46

  58. En résumé …
    L’une des origines majeures de cette crise est le surendettement des ménages, et surtout l’aspect crédit hypothécaire qui fondait le système sur la croissance des prix immobiliers … Ca c’est simple.

    L’autre origine est l’invention récente de mécanismes financiers (titrisation, etc) qui ont transformé cette dette en d’autres produits financiers et l’a propogée à l’ensemble du système financier mondial en masquant la base (extrèmement) risquée de départ. Ca c’est plus complexe.

    On tend aujourd’hui à nous dire que d’une part :
    On savait que la base était pourrie et risquée (bulle immobilière vouée à éclater), mais on ne savait pas quand ni avec quelle intensité ça allait se « retourner ».
    D’autre part que :
    comme le rappelle Aliocha, un « jeu du Mistigri » s’est organisé entre les acteurs du marché financier. On prend des produits qui rapportent à court/moyen terme, mais avec un certain risque … alors on les dilue dans d’autres produits, et on vend le tout en espérant empocher le bénef tout en s’éxonérant du risque. C’est un peu caricatural, mais en gros c’est ce qui s’est passé.

    Et les journalistes dans tout ça ?

    La semaine dernière, j’étais à Istanbul. Quel rapport ?
    Hé bien tous les grands spécialistes de géophysique disent que le prochain Grand Tremblement de terre que va subir la Turquie va avoir lieu à Istanbul …
    Enfin, presque tous: certain disent que l’épycentre sera dans le Bosphore en plein milieu d’Istanbul, d’autres que ce sera au large, à 80 km dans la mer de marmara, et ne devrait pas trop détruire Istanbul.
    Et puis quand ? Certains disent d’ici 2010, d’autres vers 2020, et d’autres encore dans le prochain demi-siècle !

    Et que se passe-t-il à Istanbul en ce moment ? Les gens sont-ils sous leur table, avec des oreillers autour d’eux ? Les journaux mettent-ils en une chaque jour l’annonce de la prochaine destruction de l’ex Constantinople ?

    Non, les gens continuent de vivre, et de nouvelles habitations, de nouveaux centre commerciaux sortent de terre. On peut juste espérer que ces constructions neuves respectent les normes anti-sismiques les plus sévères …

    Tant que tout va bien … tout va bien !
    Est-ce de l’aveuglement ?
    Non, car les leçons de la crise de 1929 (pour revenir au sujet initial) ont été retenues (car la crise actuelle n’a pas la même cause que celle de 29), de la même façon que les séismes anciens ont, dans une certaine mesure modifié les façons de construire.

    On m’accusera de dépolitiser le débat …
    Ce n’est pas mon objectif, car je pense que les crises financières ne sont quand même pas comparables aux séismes naturels. Les choix politiques permettent d’augmenter ou de diminuer l’impact d’une crise économique.

    Mais j’avais commencé ce commentaire par « en résumé » …
    Et ce que je voulais démontrer c’est qu’en effet, il est difficile pour des média de prophétiser régulièrement une catastrophe … même si on sait qu’elle va arriver.

    Commentaire par Yves D — 18/09/2008 @ 18:06

  59. Ben planquez la vaisselle fragile, on va mettre de l’animation.

    Pour le scoop, ça me touche.

    Sauf que cette semaine, j’ai piqué son costard au petit lapin blanc d’Alice et je viens seulement de le lui rendre.

    Voilà mon agenda perso du moment:

    – régler son compte à un rapport sur des subprimes pour vous en dire trois mots
    – explorer votre blog
    – ne pas oublier une promesse complètement présomptueuse de ma part faite à Fantômette dans un moment d’égarement à propos d’un avis du CSM
    – lire le tome VI de l’Epée de Vérité de terry Goodkind que cet âne que j’éduque comme mon fils vient de me passer
    – prendre 5 minutes pour réfléchir au dernier discours du pape, qui se prend pour jean paul II
    – Lire un truc que voltaire a écrit à propos du bouquin de beccaria (ça fait plus de deux siècles que ça attend, c’est pas urgent)
    – changer l’ampoule du couloir
    – trouver une connex internet qui marche partout (genre business everywhere)

    Allez zou!

    Aliocha : Et à part cela, vous travaillez ?

    Commentaire par tschok — 18/09/2008 @ 18:18

  60. @ Aliocha. Bravo pour votre succès, votre blog attire déjà bien des commentateurs !

    Je souhaite réagir a votre commentaire poste sur le numéro 50. Si je comprends bien, en réponse a Andrequin qui prétend que la presse économique n’a pas fait son travail, vous répondez que la presse économique ne peut pas faire son travail, pour des raisons d’indépendance (laquelle tient autant de l’actionnariat des journaux, de la communication rodée des grandes banques, ou encore de l’omerta qui portent sur les participants).

    Pour travailler dans le domaine de la finance, je pense connaître le sujet (lire la presse économique fait partie de mon travail) et cette idée me semble erronée. Je crois pour ma part que la presse économique a fait son travail. La non-annonce de la crise n’est pas liée a la non-indépendance du journalisme économique, mais au fait que celui-ci n’a jamais fait que refléter l’opinion des acteurs du secteur. Si tout le monde savait a l’avance que la crise allait éclater, les banquiers ne seraient pas fait prendre les doigts dans le pot de confiture (ou plutôt dans la porte, compte tenu des nouvelles de ces derniers jours).

    La réalité, c’est en fait que la presse économique a simplement répercuté que beaucoup d’acteurs restaient euphorique jusqu’à encore peu de temps (l’été 2007 en gros). Même s’il y avait déjà quelques personnes qui tiraient la sonnette d’alarme bien avant (je pense a ce professeur de la NYU, Roubini, mais il y avait d’autres économistes qui prédisaient un crise comme lui). Bref, c’est précisément cette proportion d’euphorie injustifiée que le journalisme économique a reflété.

    Un fait viendra confirmer cette idée : la plupart des commentateurs de ce billet ont l’air de présupposer que l’argent (indument gagnés par les loups de la finance, 🙂 ) ne se gagne que dans une spirale haussière. C’est une erreur. Avec les outils financiers actuels, on peut faire autant d’argent dans une tendance haussière que baissière. Il n’y avait pas donc de malédiction a poursuivre cette hausse, qui s’avère a postériori, une erreur colossale.

    Bref, le débat sur l’indépendance de la presse économique me parait plus que fondé en soi (avec un débat sur l’éthique du journalisme qui serait a mettre en parallèle avec celle des banquiers). Mais il me semble que la crise actuelle n’en est une bonne illustration.

    Enifn, Aliocha, entendons-nous bien, je trouve votre conception du journalisme hautement honorable, puisqu’il sous-tend que le journalisme est celui qui va éveiller les consciences citoyennes a un danger ou une injustice. En ce sens, elle doit donner plus de place au doute que la majorite, ce qui me confirme son roel democratique majeure.
    Mais j’ai un peu peur que cette concetion soit en fait davantage proche d’un rôle politique (au sens étymologique du terme). Un rôle complètement dévalorisé aujourd’hui et plus que jamais nécessaire. Vous seriez surpris de connaître le nombre de banquiers qui appellent de leur vœux des règles efficaces et claires, édictées par le pouvoir politique.

    Commentaire par henri — 18/09/2008 @ 18:25

  61. Aliocha, je vous cite : « @andrerequin : OK et vous faites comment vous, pour les faire parler, ceux qui savent ou croient savoir mais n’ont surtout pas envie et surtout pas intérêt à parler ? Un couteau sous la gorge ? Un cambriolage de nuit au siège de la banque ? »

    Excusez-moi de vous demander pardon, mais un journaliste n’est alors rien d’autre qu’un secrétaire? il écoute simplement ce que dit une personne et le retranscrit? s’il n’y a personne pour parler, le journaliste n’a rien à dire?
    il ne peut pas faire des recherches par lui-même ? comme par exemple sur le site de la banque de france :
    http://www.banque-france.fr/fr/supervi/regle_bafi/comment/regle3.htm

    Lire ce que cette dernière indique : »A fin 2003, le montant global du fonds de garantie atteignait l’équivalent d’environ 1,45 Milliards d’euros (1050 Millions d’euros au titre des cotisations et 500 Millions d’euros de certificats d’association). »

    et faire un article qui explique que si le fonds de garantie des dépôts ne disposait que de 1,45 milliards d’euros en 2003, il ne pourra jamais faire face à la faillite d’une grande banque française et que par conséquent lorsque le gouvernement dit que personne ne risque rien, il ment ?

    Commentaire par AndreRequin — 18/09/2008 @ 18:46

  62. @Yves D : Vous dites qu’il est difficile de prophétiser une catastrophe pour la presse. Je suis d’accord. D’ailleurs je conclus qu’on ne pourra pas nous reprocher de louper la suivante. Et je dis aussi que nous avions trop peu d’éléments pour annoncer celle-ci, ce que certains contestent. je maintiens néanmoins. En réalité, il me semble que cette crise devrait simplement développer chez nous un regard un peu plus distancié et un peu plus critique. Moins pour annoncer la prochaine catastrophe, ce qui ne me parait pas possible (certains s’y sont essayés chez Marianne et ils se sont plantés, mais je salue l’effort de ce journal que j’aime beaucoup), que pour contribuer au débat public. Je m’inscris dans une logique de qualité. Techniquement on est bons, mais en termes de recul, d’analyse, de mise en perspective, bref d’indépendance intellectuelle vis à vis de la matière qu’on traite et des gens dont on parle, on pourrait mieux faire. Il est là mon propos.
    @henri : Vous savez, ma conception du journalisme est simple, il s’agit d’informer. Quand on revient aux fondamentaux, tout s’éclaire généralement. Or, je n’ai pas lu beaucoup d’articles s’interrogeant sur la création d’une industrie financière (tout un symbole cette appellation, vous ne trouvez pas ? Elle résume à elle seule la crise que nous vivons). Je n’ai pas lu avant tout ce qu’on dit aujourd’hui sur la titrisation, sur les agences de notation, sur le contrôle des risques dans les banques. Ces problèmes existaient avant que la crise n’éclate, pourquoi n’en parle-t-on qu’aujourd’hui ? C’est bien que l’information a fait défaut, non ?
    @Andrerequin : Il y en a peut-être un qui l’a fait. Cela étant, je suis obligée de vous avouer que quand je fais une interview sur la parution d’un livre ou d’un rapport et que je dis que je l’ai lu avant, généralement, l’auteur tombe des nues….Sur la paresse, je ne peux pas vous donner tort. Cela étant, il n’y pas des rapports gentiment à disposition sur tous les sujets, qu’il suffirait de lire pour tout savoir. Ce serait trop simple.

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/09/2008 @ 20:59

  63. Pouvait-on prévoir la crise ? Les journalistes en ont-ils assez parlé ? Ont-ils utilisé les bons termes ? Ont-ils fait preuve de naïveté voir d’hypocrisie complice en relayant les déclarations de ceux qui expliquaient qu’il ne fallait pas s’inquiéter ?…

    Toutes ces questions n’ont finalement pas beaucoup d’intérêt car c’est dans la nature humaine que de toujours aller au plus loin de son absurdité.

    On peut faire ce constat tous les jours en suivant l’actualité : l’humanité fonce tête baissée dans le mur en ce qui concerne l’environnement, et là pour le coup, journalistes, experts, spécialistes et scientifiques sont unanimes et le crient haut et fort… Cela n’empêche pas les gouvernements, les industries et autres lobbies de continuer comme si de rien n’était.

    L’homme ne sait reconnaître son erreur et réagir que lorsqu’il s’est tapé la tête dans le mur.

    Aliocha : Vous auriez pu le dire plutôt, ça m’aurait épargné un billet 😉

    Commentaire par Oeildusage — 18/09/2008 @ 22:31

  64. Bonjour,
    Trader pour mon compte, je me permets d’intervenir.
    La premiere chose que j’ai apprise, c’est que l’information est dans la statistique et le bon sens :

    – Une croissance basée sur le crédit (crédit classique, mais aussi déficit des états, inflation par la création monétaire etc.) est une croissance qui n’est pas solide (c’est valable depuis 30 siècles, deja les romains…),
    – Il faut regarder le passé pour comprendre l’avenir : la crise de 1929 n’est devenue une grande dépression qu’a cause du new deal et de l’intervention a contre-courant du gouvernement US)
    – Les financiers d’aujourd’hui ne sont pas responsables parce qu’ils ne seront pas ruinés par cette crise (ils ont eu leurs bonus, et croyez moi, ils ne remettent pas cet argent sur le marché et parce qu’ils savent que les états remboursent et renflouent (cf crédit lyonnais entre autres).

    Bref, tout cela est prévisible avec un peu de culture économique et historique, pour autant, tout journaliste qu’on est, on a pas le droit de tout écrire, c’est ainsi…

    De là, j’arrive à une vérité absolue : les marchés quels qu’ils soient (de la bourse de new york jusqu’au marché de la voiture d’occasion en lozere) ne sont que des environnements. je m’explique :
    Ce qui compte n’est pas que le marché monte ou baisse, vite ou lentement, ou que la météo change, ce qui compte c’est que VOUS faites dans ce marché.

    Bizaremment, les plus responsables dans cette affaires sont ceux qui perdent le moins c’est-à-dire ceux qui gerent leur risque, un portefeuille doit etre équilibré, le bon sens encore, on ne met pas tous les oeufs dans le meme panier.

    Pour ma part, depuis la crise des dotcom (comment peut-on sérieusement acheter des actions d’une société qui ne vend rien ?????), la seule chose que j’achete c’est du placement pour le long terme et que j’arrive a comprendre (et pour ca il faut étudier).

    Pour revenir au sujet, les journalistes économiques sont une source d’information point ! une bonne source, parce qu’elle défini l’état de l’environnement et le sentiment général de la vie économique : euphorie, inquiétude, débacle, irrationnalité etc…
    Comme toutes les sources d’information, elle doit etre étudiée, et ne constitue pas un blanc-seing pour aller placer ces economies dans des placements qu’on ne comprend pas.
    Et comme pour toute information, il faut aller chercher des divergences de point de vue pour comprendre le sens caché des choses.

    Les journalistes sont responsables de ce qu’ils écrivent et JAMAIS de ce que les gens font de leur écrits.

    De grace, c’est de la responsabilité et de l’éducation économiques des lecteurs qu’il faut se préoccuper :

    « Les usagers reconnaissent et acceptent que par leur nature même, tout investissement dans des valeurs mobilières revêt un caractère aléatoire et qu’en conséquence, tout investissement de cette nature constitue un investissement à risque dont la responsabilité revient exclusivement à l’usager. Il est précisé que les performances passées d’un produit financier ne préjugent en aucune manière de leurs performances futures. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter. »
    Tout est dit par la réglementation : acheter des actions, des titres et meme de l’assurance-vie est un risque individuel…

    Aliocha : En effet, les marchés sont risqués. Mais pour tout vous dire je pense que l’inégalité entre un professionnel et un épargnant est telle que c’est de la folie pure pour un actionnaire individuel de « jouer » en bourse. Quand vous perdez l’argent de vos banques et éventuellement vos primes, ils perdent leurs économies, ça fait une sacrée différence, non ? Et je ne parle même pas du décalage de culture, d’information et de capacité d’investissement. Vous maîtrisez, que dis-je, vous faîtes le marché quand ils ne font que le subir. Dès lors, la bourse me paraît beaucoup plus risquée pour eux que pour vous. Vous évoquez à juste titre la culture économique en France. Il est temps en effet de la développer notamment à l’école. L’AMF s’en préoccupe et il me semble qu’un budget à cet effet a été prévu dans la loi de modernisation de l’économie. Cela étant, la presse peut avoir aussi un rôle à jouer en la matière. Et notamment, en n’attendant pas la survenance d’une crise pour découvrir que le fonctionnement des agences de notation pose problème, que la complexité d’un mécanisme financier qui découpe le risque et le disperse, mêlant ainsi du sûr avec du très risqué, est forcément dangereux, pour s’indigner de la responsabilité des rémunérations pousse au crime des gens qui font votre métier….Je pensais moins aux épargnants en écrivant ce billet qu’au système économique mondial en train de chanceler à cause d’une poignée d’apprentis-sorcier encouragés par une défaillance de la régulation.

    Commentaire par Nicolas — 18/09/2008 @ 23:47

  65. Derniere idée, vous voulez moraliser la finance ? faites comme les suisses.

    Dans plusieurs banques suisses, les dirigeants sont responsables sur leurs biens propres de la bonne gestion de leur banque, si la banque coule, ils sont ruinés et parfois emprisonnés…

    Commentaire par Nicolas — 19/09/2008 @ 00:04

  66. […] Crise des subprimes : la presse économique en question ? Un coup d’oeil sur Boursorama m’apprend que le CAC 40 amorce un rebond à la suite du sauvetage […] […]

    Ping par Top Posts « WordPress.com — 19/09/2008 @ 02:05

  67. Chère Aliocha,
    A mon grand regret, je ne « fais » pas le marché, je suis un individuel (je traite pour mon propre compte), je suis un petit. je subis comme nous tous les errements de la « crise ».

    Je ne suis pas d’accord sur le fait que les traders d’institutions financières « jouent » les économies des petits épargnants, c’est un raccourcis simpliste, par exemple le livret A n’est pas placé sur les marchés boursiers.

    Aliocha : ce n’est pas ce que j’ai dit. J’ai dit que ces traders jouaient avec l’argent de leur banque, pas avec le leur, ça détend, quan dil faut prendre des risques et qu’on sait qu’un ne perdra rient à titre personnel si on perd mais qu’en revanche on gagnera beaucoup en cas de succès.

    « Dès lors, la bourse me paraît beaucoup plus risquée pour eux que pour vous. »
    Oui, c’est pour cela que je le redis, quand on ne sait pas, on ne fait pas. Je ne joue pas avec un semi-remorque sur l’autoroute des vacances alors que j’ai pas le permis poids lourd ….

    Je vais redire les choses de manière à me faire mieux comprendre :
    Je ne connais aucun banquier qui veuillent rendre ses clients riches, il veut l’argent de ces clients et si l’objectif annuel qui lui est fixé et de vendre du PEA, il vendra du PEA meme aux gens qui ne connaissent rien… Que diable, arrétons l’angélisme, vous avez deja vu un banquier qui vous veut du bien ? il veut ses coms, c’est un vendeur, pas un philantrope…, et peronnellement, je fais jamais confiance à un vendeur…

    Aliocha : Nous sommes d’accord, mais combien de gens font confiance au Banquier ? Combien de gens pensent qu’il sait de quoi il parle ? A juste titre d’ailleurs, car si ce n’est pas vrai, ça devrait l’être et tout est fait pour inciter à le croire.

    Quant au probleme des agences de notation (et de la fed) c’est le conflit d’interets (auquel vous etes sensibilisé, c’est tellemen rare pour un journaliste, c’est une grande qualité de savoir distinguer ce genre de probleme et de savoir se retirer quand on est pas a sa place) : la fed est un consortium de banque (avec JP morgan en tete), les agences de notation doivent travailler avec eux et sont tributaires de la fed et des banques, la séparation des pouvoirs est une des bases d’un contrôle efficace, jamais juge et partie…

    Remarquez-vous d’ailleurs que les cycles de hausse et de baisse se succèdent et créés des empires chaque décennie… c’est comme si l’on prennait un marché, on le monte, monte, monte , on se gave a bloc et on explose la bulle, … , et on trouve un autre marché, on le monte etc… explose la bulle…
    c’est comme si le marché créait sa propre volatilité pour améliorer ses rendements, et meme si ce n’est pas concerté, c’est extremement pratique pour tout le monde (y compris les petits épargnants avisés, qui suivent les gros et font de très bonnes affaires…)

    Aliocha : Que l’économie soit cyclique et qu’on n’y puisse rien, je suis d’accord. Mais le problème avec celle-ci est autre : nous voyons trembler le coeur du système, le secteur de la banque-assurance. Ce qui pose la question de la survie du système.

    Enfin, en ce qui concerne le « systeme économique mondial », la vérité c’est que si les états laissaient les mauvais banquiers déposer le bilan au lieu de les renflouer, il y aurait moins d’escroc sur le marché et les gens ne se diraient pas qu’ils peuvent fuire leur responsabilité. C’est la volonté de sauver le systeme qui fait perdurer la crise et qui transforme un coup de froid en pneumonie.
    L’assainissement d’une bulle est d’autant plus douloureux que l’on ne laisse pas le balancier revenir à l’équilibre…

    Les investisseurs malins sont en train de faire « les soldes », la fed fera tout pour relancer la croissance aux US, c’est dans les 4 ou 6 mois qui viennent que les meilleures affaires sont a faire… quand tout le monde vend achetez 🙂

    Aliocha : ne donnez pas de mauvaises idées à mes lecteurs. Bien malin celui qui saura quand nous serons au creux de la vague.

    Commentaire par Nicolas — 19/09/2008 @ 09:52

  68. à la lecture de tous ces posts autour de la question « les journalistes ont-ils fait correctement leur boulot et bien informé sur la crise financière, les risques encourus, la solidité du système, la maîtrise de ses acteurs… » me vient la question – et peut-être Aliocha, je vais attraper un de vos chevaux de bataille : est-ce que les lecteurs font correctement leur boulot pour être bien informés ? je ne parle pas du lecteur curieux ou intéressé qui fouille partout, lit, regarde, consulte. je pense à la majorité des lecteurs-auditeurs-téléspectateurs, ceux qui découvrent l’effarante chute des indices boursiers dans le 13 heures de Pernaut sur TF1, ceux qui tous les matins s’arrachent (un peu moins maintenant semble-t-il) les gratuits où les publireportages le disputent aux photos maxi-format et où les articles rapetissent à l’info à la taille d’une brève, laïus pour l’enrobage, ceux qui prennent leurs sources dans les émissions où ce sont les auditeurs qui causent… certes, il y a des journaux de qualité mais pas beaucoup, pas tout du long et pour quel tirage ? non, les journalistes ne se moquent pas de leurs lecteurs. mais, il faut qu’ils en aient et en nombre (sinon, ils vont les chercher et pour ça, c’est pas le plus dur : des personnalités, du ragot, du sein dévoilé, des faits divers, un peu de programme télé).
    en résumé, pour l’info de qualité il faut un journaliste et des lecteurs qui lui donnent, par leur contribution, les moyens économiques de faire son boulot correctement, et mieux si possible.

    Aliocha : je n’aurais pas mieux dit cher David, c’est pour cela qu’il me semble important de lever le voile sur le fonctionnement de la presse, de l’expliquer, pour que les lecteurs puissent la « consommer » avec discernement. Et de la faire aimer aussi…

    Commentaire par david — 19/09/2008 @ 18:18

  69. Plus je lis les commentaires, plus je me dis que la bourse a besoin de petits épargnants comme l’armée a besoin de chair a canon.

    Commentaire par Oeildusage — 19/09/2008 @ 23:30

  70. Il semblerait qu’en France,un bon journaliste(surtout de télévision et de radio)ne puisse être que de gauche.Voir actuellement,le grand blablabla sur la finance folle.Heureusement,comme une fleur dans la neige,percent des articles comme celui de PA Delhommais du Monde,qui appuie où ça fait mal à la bien-pensance:Freddy Mac et Fanny Mae sont deux bons gros golems créés par l’Etat,servant à acheter une clientèle électorale à des politiciens et leur assurant de confortables rentes,à eux,à leurs copains,à leurs familles(ex. fiston Cuomo).Cela me ferait presque regretter de m’être désabonné!Han,c’est vrai,vous enseignez les théories marxiste,keynésienne la lutte de classes en tant qu’enseignant d’économie?J’en déduis qu’on doit enseigner le créationnisme,à Dauphine…

    Aliocha : On estime la proportion de journalistes de gauche à environ les 2/3 de la profession.

    Commentaire par rocardo — 20/09/2008 @ 00:26

  71. Les journalistes de la presse spécialisée en économie sont compétents… mais qu’en est-il des « journalistes économiques » de la presse grand public ?

    (La raison de ma question est que j’ai constaté, à répétition, que les journalistes soit-disant spécialisés « sciences et techniques » de la presse grand public semblent ne franchement pas maîtriser ce dont ils parlent : confusions entre concepts enseignés au lycée voire au collège, etc., sans parler du fait qu’il semble qu’on utilise les mêmes personnes pour couvrir des sujets aussi divers que la biologie, la cryptographie ou le droit applicable à Internet, sujets qui n’ont en gros rien à voir entre eux.)

    Parce que bon, il ne faut pas se leurrer : l’écriture à destination d’un public choisi qui lit des magazines sérieux et spécialisés a forcément une portée politique limitée. Quand le citoyen vote dans des élections nationales, son vote est en bonne partie influencé par l’opinion qu’il a des propositions économiques des uns et des autres. Il serait donc regrettable qu’il soit mal informé.

    Commentaire par DM — 22/09/2008 @ 10:08

  72. Mon grand-père, courtier en chevaux dans un coin reculé du Finistère (« maquignon » disait-on autrefois…) avait coutume de dire :  » Il faut lire entre les lignes « … Ce à quoi je m’attache depuis toujours. En langage élitaire, on parlerait plutôt de « sens critique ». Donc, je lis le supplément économique du Monde, attentivement, depuis des années. Il m’arrive d’expédier à mes grands enfants quelques coupures annotées par mes soins. Les catastrophes d’aujourd’hui, et de demain, y figurent. Je ne prétends pas être Georges Soros :  » pile je gagne, face tu pleures (ou tu meurs…), ni Madame Soleil ! simplement un lecteur perspicace. Vous voulez connaître la suite, je parle de la crise américaine ? Eh bien, il est probable que l’Etat fédéral, au train où il mène les choses, va lui-même vers la faillite. Les ménages américains n’ont plus d’argent ; l’Etat américain n’a plus d’argent ; ceux qui en ont encore ne savent plus à quel saint se vouer, où le mettre si vous préférez. Pourtant, on aligne 750 milliards pour arrêter la crise ! Où sont-ils ces milliards, dans la poche de la Chine. Relisez la cigale et la fourmi, – tout y est.
    Un peu d’une autre littérature, pour vous changer les idées ? Venez me voir sur L’Amour délivre. Merci pour cet article vraiment intéressant.

    Commentaire par Joël Bécam — 22/09/2008 @ 11:10

  73. Dans le registre « on savait » et « je vous l’avais bien dit », votre billet m’a rappelé l’existence d’un article paru dans le Monde Diplomatique en Octobre 2006 (c’était il y-a deux ans déjà), et intitulé « une économie d’apprentis sorciers ». Je l’ai relu avec intérêt, pour me retrouver… en octobre 2008.
    Il me semble, mais c’est mon avis à moi, que tous les journalistes qui parlent d’économie n’ont pas la même cécité, volontaire ou subie, concernant le fonctionnement de l’économie. La crise que nous subissons était prévisible, mais le système financier, couvert par une presse et un personnel politique de complaisants a, je le crains, préféré maximiser ses profits en attendant que les finances publiques des états viennent le sauver de la noyade. (A qui les citoyens demanderont-ils des comptes pour ce grand gaspillage ?)
    Vous êtes dans le vrai, appelons à un retour à l’esprit critique dans le journalisme, et appelons également les citoyens à bien s’informer…
    Pour info :
    Vous retrouverez dans l’article auquel je fais référence ci-dessus, beaucoup des mécanismes et des causes de la crise actuelle du système financier international (on s’y croirait presque !). Je vous invite à en prendre connaissance à l’adresse suivante http://www.monde-diplomatique.fr/2006/10/KOLKO/13992

    Aliocha : Merci, c’est article est franchement prémonitoire. Il montre au passage que l’aveuglement nait aussi d’une approche trop franco-française des sujets dans bien des cas. La dérégulation de la finance mondiale est passée relativement inaperçue en France à cause du phénomène de « regulatory fatigue » né du cumul de Sabanes Oxley Act, de la LSF, de l’entrée en application des IFRS en 2005, et de la transposition des directives du PASF (Transparence, prospectus, abus de marché, marchés d’instruments financiers etc…). On voit aujourd’hui à quel point cette avanlanche de textes a pu dissimuler la réalité de la situation. A moins qu’elle ne témoigne d’une régulation à la fois pléthorique et inadaptée.

    Commentaire par Alexandre Bonnamour — 22/09/2008 @ 16:07

  74. Bonjour,

    Je vous prie de m’excuser. Je n’ai malheureusement pas trouvé comment vous contacter autrement que par commentaire.

    Je souhaitais vous faire découvrir le service Paperblog, http://www.paperblog.fr dont la mission consiste à identifier et valoriser les meilleurs articles issus des blogs. Vos articles sembleraient pertinents pour certaines rubriques de Paperblog.

    En espérant que le concept de Paperblog vous titille, n’hésitez pas à me contacter pour toutes questions ou renseignements…

    Adeline
    Responsable communication

    Commentaire par Adeline — 22/09/2008 @ 16:56

  75. « Mais, me direz-vous, quel rapport avec la crise des subprimes et le rôle de la presse économique ? C’est que nous avons répété, avec conviction, qu’un produit financier complexe n’était pas forcément dangereux, c’est que nous avons cru que le système bancaire était infaillible. »
    Comme vous le dites très bien « nous avons cru » et non pas pensé et c’est donc bien cela le fond du problème. Et ne me répondez pas que je joue sur les mots, auquel cas je vous offre un dictionnaire de 15 pages !
    Par ailleurs, il y a « des journalistes [qui] sont des spécialistes des matières … » (version simple) et puis il y a des « spécialistes ultra-diplômés auxquels nous nous adressons » (version ultra).
    Bref, une question. Ça sert à quoi d’être « spécialiste » si on ne peut penser par soi-même ? Ça sert à poser une seconde question.
    Bref, donc une seconde question. C’est quoi un « spécialiste ultra » ? Réponse : un bouc émissaire facile pour le simple spécialiste. Oléééééé ! (cf. votre billet du 29 février 2009 intitulé Oléééééé !)
    Le problème se résume donc en un mot : véhicule. Oh non, pas ceux que l’on retrouve dans le bouddhisme, mais bien plus certainement ceux qui s’incarnent la titrisation financière (CDS, CLN, CDO, CLO, CBO …). Sans le savoir donc, vous étiez une sous-traitante de l’industrie financière, puisque vous participiez de la construction de la renommé de leurs produits et de leur valeur sur un mode prophétique auto-réalisateur. Mais les temps sont durs pour les sous-traitants de tous types, n’est-ce pas ?
    « Du coup, nous avons fait taire la petite voix qui nous disait que quelque chose clochait, par manque d’assurance et d’indépendance ». Ah si vous pouviez appliquer ce sage adage aux réformes en cours dans l’enseignement supérieur et la recherche, ce serait, à n’en pas douter une victoire contre l’obscurantisme.
    Restant toujours votre serviteur,
    Meilleures salutations
    Pierrot

    Commentaire par Pierrot — 10/04/2009 @ 16:08

  76. Quelle joie, enfin un commentaire de ma part qui ne suscite aucune critique acerbe. Il faut bien avouer que je le suis aussi. Mais bon, je pense qu’Aliocha a fini par jouer la carte de l’indifférence, ce qui me convient fort bien en fait. Question d’habitude !
    Restant toujours votre serviteur.
    Meilleures salutations
    Pierrot

    Aliocha : ça va ? Vous vous amusez bien tout seul sous un vieux billet ?

    Commentaire par Pierrot — 10/04/2009 @ 20:34

  77. Ben, il n’y a pas que les jeunes. Les vieux aussi peuvent-être sympathiques !
    J’espère que vous n’allez pas m’expulser du coin douillé que j’ai trouvé. Ok, je me l’approprie un peu, mais bon, je ne suis pas un casseur, et je cherche à me cacher des gardes mobiles.
    Et puis, ça fait plaisir d’être lu que par un nombre réduit de personne. Car les pages de commentaires des billets de une, c’est souvent très violent. Alors, parfois il faut regagner ses tranchés, ou un trou, si la tranchée est trop éloignée, pour espérer se requinquer un peu.
    Enfin, j’ose pas l’avouer, mais je suis un répondeur anonyme. Dans notre jargon on appelle cela un RA. Alors je tente de me soigner en triturant la page de réponse d’un vieux billet. C’est pas terrible, je sais, mais bon, j’ai craqué ! Hé, on est pote, vous ne le répétez pas aux autres hein ?!

    Restant toujours votre serviteur.
    Meilleures salutations
    Pierrot

    Commentaire par Pierrot — 11/04/2009 @ 03:28


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