La Plume d'Aliocha

15 octobre 08

Merci confrères !

Classé dans : Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 12:38

Convaincue de la pertinence de l’adage “un esprit sain dans un corps sain” (dans son acception actuelle), j’ai filé hier soir vers 21 heures à mon club de sport, histoire de me remettre les idées en place à l’issue d’une longue journée d’écriture. Je dois vous confier que j’ai toujours trouvé débilitant, voire décérébrant, l’exercice consistant à pédaler sur un vélo qui ne va nulle part ou encore à monter un escalier sans s’élever ne serait-ce que de quelques centimètres au-dessus du point de départ. J’avais donc emmené Marianne pour me soutenir dans l’effort. Que mes 45 minutes de steps ont filé vite !

Penser différemment

Commençons par la fin (eh, oui, il semblerait que les femmes commencent systématiquement la lecture d’un journal par la dernière page ; non Messieurs, pas pour y trouver l’horoscope, c’est un réflexe, nul n’a su jusqu’à présent m’expliquer pourquoi). Bref, la dernière page est occupée par un chroniqueur dont je ne manquerais les articles pour rien au monde : Alain Rémond. Il m’a offert ces dernières semaines des fou-rires inextinguibles dont je le remercie. Son regard décalé sur le monde et l’actualité, sa capacité à se saisir de détails de la vie aussi loufoques qu’édifiants m’enchante. Tenez, il y a quelques semaines il nous entretenait d’une étude scientifique très sérieuse sur le sens dans lequel les vaches se mettent pour brouter. Et il nous offrait un scoop : elles sont attirées par le Nord. Evidemment, une question surgit immédiatement à l’esprit : que se passe-t-il, sachant que les vaches aiment aussi regarder passer les trains, lorsque ceux-ci ne circulent pas vers le Nord et que les vaches veulent brouter en même temps qu’admirer les machines de la SNCF ?  Je vous laisse imaginer la manière dont une belle plume peut enchanter ses lecteurs en dissertant sur une question aussi fondamentale. Ses articles sont fins, désopilants et infiniment drôles. Sauf cette semaine où il évoque la crise sur un ton un peu plus sérieux, mais toujours aussi pertinent. Quelques pages plus loin, il y a un article de Joseph Macé-Scaron qui prend le parti de critiquer le dernier roman de notre tout nouveau prix nobel : Jean-Marie Le Clézio. Facile me direz-vous ? Je ne crois pas. On retrouve ici une démarche que j’aime bien chez Marianne : la volonté de s’émanciper du parisiannisme et de ses idoles, de rompre avec la pensée unique de l’intelligentsia.  A la rubrique Idées, un article de Philippe Petit, philosophe, journaliste à Marianne et animateur d’une émission sur France Culture apporte une éclairage intéressant sur la question des prisons, il est truffé de références bibliographiques et met parfaitement bien en perspective le sujet. Quelle heureuse idée de prendre ainsi du recul ! Vous y trouverez encore une rubrique que j’apprécie beaucoup “ils ne pensent pas forcément comme nous” dans laquelle la rédaction invite à s’exprimer des gens qui ne partagent pas forcément sa lecture de l’actualité. Cette semaine, c’est Denis Tillinac, chroniqueur à Valeurs actuelles. Saluons cette ouverture d’esprit. Il me semble que c’est une manière de faire passer le journalisme avant les idéologies, les clivages, les arrogances intellectuelles et tout ce qui peut, en fabricant des oeillères, nuire au regard que l’on porte sur l’actualité. Difficile de vous décrire ici l’intégralité du contenu du numéro de la semaine tant il est riche : un long dossier sur la crise, une enquête sur EADS, un article sur le projet de réforme des lycées, un autre qui se demande si Obama peut perdre parce qu’il est noir etc.

Fallait-il écrire cela ?

Au milieu de tous ces sujets dont la juxtaposition fait le charme et l’intérêt d’un journal, je retiendrai tout particulièrement deux articles. L’un parce qu’il m’a particulièrement touchée, l’autre parce qu’il me dérange. Commençons par le second. Il s’intitule “Banlieues, flics et jeunes, la guerre des mondes”. Ici les journalistes ont tenté une approche différente des reportages traditionnels. Leur idée ? Réunir une douzaine de policiers de différents grades et fonctions, et leur demander, en leur garantissant qu’ils ne seront pas identifiés par leur hiérarchie, de leur confier ce qu’ils pensent des jeunes. En parallèle, les journalistes ont rencontré une douzaine de jeunes pour recueillir leur avis sur les policiers. La suite de l’article est une série de témoignages livrés à l’état brut. Les journalistes ont prévenu qu’ils ne cautionnaient pas forcément les propos des jeunes. Et pour cause, l’un d’eux raconte que lors d’un contrôle, un policier lui aurait pris son walkman qu’il venait d’acheter 75 euros et jeté par terre en lui disant que, de toutes façons, il ne l’avait pas payé. Il accuse ensuite les policiers d’avoir, si j’ai bien compris, gardé sa carte d’identité puis de l’avoir molesté au commissariat où il était allé la rechercher, au point de l’obliger à se rendre un peu plus tard à l’hopital pour des nausées et un problème de dos. Je vous avoue que cet article me dérange. Non que je considère par principe que la police ne peut pas déraper, mais parce qu’il me semble que ce sont des accusations graves qui nécessitaient sans doute d’être approfondies. Je suppose que demander des explications au commissariat concerné aurait alerté celui-ci sur la parution d’un article et déclenché une série de tracasseries administratives pour les journalistes. On peut penser aussi que l’enquête sur ce point précis ne rentrait pas dans le cadre de leur papier. La mise en garde sur le fait qu’ils reproduisaient les porpos sans forcément y adhérer montre qu’ils ont aperçu le problème. Néanmoins,  cette présentation me heurte. Au surplus, elle déborde le cadre du simple regard que les uns portent sur les autres en évoquant des faits précis. Il me semble que cela méritait une enquête et, à défaut, devait être coupé. Mais ce n’est que mon avis.

Une autre vision du monde

Cela étant dit, passons au meilleur. A la rubrique “Coup de coeur”, le journal publie un article signé par une journaliste brésilienne. Il s’agit d’un portrait de Joënia, la première avocate indienne au Brésil. On nous raconte que celle-ci se rend auTribunal fédéral suprême, la plus haute juridiction du Brésil, le visage recouvert de peintures de guerre et entourée d’une délégation d’indiens en costume traditionnel, c’est-à-dire a demi-nus mais couverts de bijoux et coiffés de plumes. Joënia vient au tribunal plaider pour le maintien de la réserve indigène de Raposa Serra Do Sol à la frontière du Vénézuela. L’objet du litige ? La réserve est contestée par “une poignée de riziculteurs blancs” qui veulent étendre leurs terres, malgré l’homologation du territoire par le président Lula. Et la journaliste d’écrire : “Elle a dix minutes pour convaincre, “dix minutes pour toucher au coeur”, dit-elle, et montrer aux sages que la terre peut être perçue autrement que pour l’exploitation économique, qu’elle est source de spiritualité, que les indiens ne sont pas la cause du retard économique ainsi que les fermiers le prétendent”. Le juge rapporteur du dossier a pris fait et cause pour les indiens. Les autres ont réservé leur décision. Réponse dans quelques semaines.  En terminant l’article, je me suis dit qu’il apportait une bouffée d’oxygène salutaire au milieu de nos tracas financiers mondiaux. Qu’il venait à point nommé pour nous rappeler qu’il existe une autre manière de voir la vie que la nôtre, une manière si différente…

Vous voyez, c’est tout cela que j’aime chez Marianne. Observez ce journal attentivement, vous verrez que le traitement de l’actualité y est très différend. Je sais qu’il a des défauts, qu’on n’en peut plus de ses couvertures sur ou plutôt contre Sarkozy, qu’il racole un peu, qu’il se trompe parfois notamment dans ses prédictions économiques, mais malgré tout, il me semble qu’il ouvre la voie à un journalisme plus impertinent vis à vis des pouvoirs en place, plus original face à la pensée unique, plus ouvert au regard des clivages de pensée traditionnels en France. Bel effort.

26 septembre 08

Mince Augustissime boude !

Classé dans : Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 14:30

Je crois que je serais à vie une des plus grandes fans d’Eolas. Ne voyez dans ce billet aucune forme de racolage ou de volonté de parasiter la célébrité de mon illustre Maître. Pas plus qu’un copinage. J’ai hésité avant de l’écrire. Tant pis. Je me risque, il faut bien que je vous explique ce que j’ai sur le coeur, le drame qui m’occupe en ce moment. Il fait beau, c’est vendredi, on a le droit de se détendre. Voilà, pour les rares qui ne seraient pas au courant : il semblerait qu’Augustissime ait décidé de ne plus commenter chez Eolas. Je ne sais pas vous, mais moi, ça me désespère. Combien de fous rires magnifiques m’ont-ils offert tous les deux. L’un drapé dans sa robe et son immense science, l’autre braqué dans ses convictions, l’un jouant de son humour assassin, l’autre assénant avec une certaine habileté un flot d’arguments inextricables. Le point culminant de tout ceci a sans doute été l’invention géniale d’Eolas sur la “Mémé à moustaches”. Dans ces circonstances, les adieux fracassants d’Augustissime résonnent comme un tocsin. Celui qui marque la fin d’empoignades aussi légendaires que drôlissimes. Avouez que nous les attendions tous ces affrontements. Avouez qu’on se précipitait en salivant sur les réponses en rouge du Maître. Avouez qu’on n’a jamais si bien provoqué Eolas et que celui-ci n’a jamais sans doute été aussi génial dans ses réparties que face à cet incurable contestataire. Imaginer que tout ceci puisse s’arrêter, c’est comme si on m’annonçait que Roger Moore et Tony Curtis cessent de se chahuter dans Amicalement vôtre, ou bien que les enregistrement du Muppet Show sont désormais introuvables. Comme si on me privait à vie de ma collection de films d’Audiard. C’est tout bonnement insupportable. J’ignore tout de leur fâcherie et ne veux pas m’en mêler. J’espère seulement qu’elle n’est que provisoire et en attendant je leur dis à tous deux : Chapeau Messieurs, vous m’avez fait tellement rire !

15 septembre 08

Gourmandises

Classé dans : Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 14:19

J’aime bien la librairie Delamain. Vous savez,  c’est celle qui se trouve en face de la Comédie française. Contrairement aux grandes enseignes de distribution, les librairies comme celles-ci n’ont pas tout. Faute de place, elles doivent se concentrer sur le meilleur et c’est bien ainsi. Combien de trésors ai-je découvert en flânant chez ces libraires qui m’auraient sans doute échappés dans les temples modernes de la culture où l’on vous inflige avec une exhaustivité parfaitement ennuyeuse les nouvelles parutions par piles de 100 exemplaires ? Dans ces endroits-là, tout est sur le même plan et par conséquent plus rien n’a d’importance. Les mémoires d’une obscure starlette voisinnent avec une nouvelle traduction du Guépard au rayon littérature tandis que l’étal spiritualité mêle joyeusement les élucubrations d’un bidulologue avec les très sérieux écrits des pères de l’église.

Bref, en flânant à la librarie Delamain vendredi soir, j’ai trouvé un trésor: la “Petite anthologie des mots rares et charmants” de Daniel Lacotte. Je vous avoue que je ne connaissais pas cet auteur, j’ai donc, de retour à la maison,  fureté sur Internet. Wikipedia m’apprend que Daniel Lacotte est un poête qui a eu la chance de côtoyer Prévert et Soupault. C’est aussi un homme de presse. Il a été directeur pédagogique au Centre de formation  des journalistes de Paris et rédacteur en chef de plusieurs grands journaux.  Son anthologie est un bijou. On y trouve tous ces mots un jour croisés chez les grands écrivains d’antan et qu’on a fini par oublier, faute de les utiliser. Tenez par exemple, qui traite encore un enfant de “sacripant” ? Avez-vous récemment qualifié une rencontre de passage de “mijaurée”, de “freluquet”, ou de “mirliflore” ? Non bien sûr, d’ailleurs, mon correcteur d’orthographe vient de souligner le mot en rouge. Il ne le reconnaît pas. Voyons la définition qu’en donne Lacotte : “Jeune, maniéré et imbu de sa personne, le mirliflore se pique d’une élégance parfaite. Il ressemble comme deux gouttes d’eau aux infatués freluquets et autres gandins dont la suffisance n’a d’égale que l’insuffisance”.  N’est-ce pas  savoureux ? Et tant que nous y sommes,  savez-vous ce que signifie “clabauder”, “endêver” ou encore “riboter” ? Désolée, je ne vous le dirai pas. Il me faudrait pour cela résumer les définitions de l’auteur et elles perdraient tout leur charme. Allons, un petit cadeau quand même. A propos du verbe tintinnabuler, Daniel Lacotte nous explique  qu’il évoque  “les délicieuses sonorités acidulées d’une clochette secouée avec précaution par une main délicate et experte”. Et l’auteur de mettre en garde : il ne faut surtout pas confondre le doux son de la clochette avec “le cliquetis métallique du grelot”. La première  produit une sonorité argentine lorsque son battant frappe ses parois en bronze, quand le grelot, lui, se contente d’agiter une petite bille à l’intérieur d’une boule creuse. Et dire que j’ai confondu les deux durant tant d’années !

Puisqu’on nous interdit désormais de fumer, de boire et même de manger, sous peine d’encourir les pires maux, voici enfin un plaisir auquel on peut se livrer sans modération !  Je me dois juste de vous mettre en garde contre un effet secondaire un peu gênant mais sans danger : vous risquez durant quelques jours de vous exprimer bizarrement. Ils sont si savoureux ces mots-là, on est si heureux de les retrouver ou de les découvrir, qu’on ne peut s’empêcher de les glisser dans la conversation. Par pure gourmandise.

A propos, quand je vous dis qu’il y a des professionnels épatants dans la presse, vous voyez bien que je ne vous raconte pas de carabistouilles !

Daniel Lacotte “Petites anthologie des mots rares et charmants” Albin Michel 2007, 297 pages, 12 euros.

12 septembre 08

Le juste ton

Classé dans : Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 16:59

La chaine i-télé lance aujourd’hui sa nouvelle formule. Et ça tombe bien parce que j’avais envie depuis longtemps de lancer un coup de chapeau. Pas à la chaine, que j’apprécie au demeurant, mais à un journaliste qui y travaille : Laurent Bazin. Vous le trouverez tous les matins du lundi au vendredi entre 6h et 9h. C’est lui qui présente la matinale que je regarde tous les jours depuis 2 ans. Deux ans que j’entends ce journaliste interviewer des politiques et deux ans que je me dis qu’il a la plus précieuse des qualités  : le juste ton.

L’interview est un art

C’est un exercice difficile l’interview. Dans les écoles de journalisme, on vous apprend qu’il faut poser trois types de questions : celles qu’on a envie de poser en tant que journaliste, celles que le public attend et, enfin, celles que l’interviewé a envie qu’on lui pose. Un peu simpliste omme approche, mais nous y reviendrons. Toujours est-il qu’avec cette méthode, l’apprenti-journaliste n’est pas sorti d’affaire. Car il reste à savoir ensuite quel ton adopter. Vous avez sûrement remarqué que certains de mes confrères optent pour la franche agressivité. Ils en sont fiers d’ailleurs, ça les valorise sur le mode du “moi je suis journaliste, on ne me la fait pas”. Le problème avec ce type d’interview, c’est qu’on comprend bien ce que pense le journaliste, mais on a peu de chances de savoir en revanche ce qu’avait à dire l’interviewé. Car soit c’est un timide (on n’interviewe pas que des politiques !) et il n’arrive pas à parler ou craint de le faire, soit c’est un habile et il déjoue les pièges au lieu de répondre, soit enfin c’est une grande gueule et la discussion tourne au pugilat. Il y a ensuite la catégorie des journalistes courtois (majoritaire). Ceux-là ont peur de dire une bêtise, redoutent de fâcher et, souvent, passent à côté de l’interview. Et puis il y a une dernière catégorie, celle des vicieux. Ils sont tout sucre mais leurs questions sont empoisonnées.   Du coup, celui qui est en face passe plus de temps à essayer de déjouer les pièges qu’à répondre aux questions. Bref, chacun sa stratégie. Mais justement, si la vraie stratégie était de ne pas en avoir ? Si l’interview consistait tout simplement à travailler et à poser de vraies questions, celles qui ont surgi naturellement tandis qu’on planchait sur le dossier ? C’est ce que fait Laurent Bazin, en toute simplicité. Il questionne sincèrement, sans a priori, et si on ne lui répond pas, il repose la question,  jusqu’à ce qu’il obtienne l’information. Futurs journalistes, oubliez les leçons de l’école et regardez-le travailler, vous apprendez bien davantage.

Petits secrets entre amis

Comme j’avais décidé de vous parler de Laurent Bazin aujourd’hui, j’ai fait quelques petites recherches, histoire d’étayer mon jugement avant de vous le livrer. Et j’ai appris qu’il avait tenu un blog pendant…4 mois. Ouvert en octobre 2006, fermé en janvier 2007. C’est court, qu’a-t-il bien pu se passer ? Dans son dernier billet, il  explique  : “Il m’est en effet impossible de continuer l’exercice de transparence que je m’étais imposé le 16 novembre dernier en entamant ce dialogue avec vous. Je réalise aujourd’hui, sans doute trop tard, qu’en vérité on ne peut pas “tout publier”. Formidable naïveté de ma part, presqu’inquiétante diront certains après vingt ans de métier”. http://canalplusblog.typepad.com/bazin/.Voilà, il a essayé de raconter les coulisses de l’information et ça n’a pas plu. Dommage. Car en faisant cela, il rappelait une règle de base qu’on a tendance à oublier ces derniers temps : les journalistes sont au service de l’information et au service de ceux à qui ils s’adressent, qu’ils soient lecteurs de presse écrite, téléspectateurs, auditeurs de radio ou internautes. Dès lors, la presse ne devrait rien avoir à cacher, elle devrait elle aussi s’imposer cette transparence qu’elle exige si souvent des autres. Las ! Admettre cette transparence, c’est accepter de révéler les petits compromis et les grandes lâchetés qui font aussi ce métier. Visiblement, certains n’y sont pas prêts. Auraient-ils quelque chose à cacher ?

Cette affaire de blog m’a confortée dans mon idée, Laurent Bazin fait bien son travail. Il a su se tenir éloigné de bien des pièges du métier, le star système qui transforme les journalistes TV en pipoles vaniteux, l’ambition effrenée qui incite certains  à plier l’échine pour plaire aux puissants, l’agressivité stérile qui console ces mêmes ambitieux une fois arrivés d’avoir, pour réussir, accepté tant de compromis et de reniements. Allez donc sur i télé, vous ne serez pas déçus.

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