Et voilà. Il suffit que je sois débordée pour que l’actualité m’agite sous le nez plein de sujets passionnants ! Je viens de recevoir un communiqué de presse m’annonçant que 13ème rue et Euro RSCG lancent un site du meilleur goût : jetueunami.com. C’est ici. Voyez le communiqué de presse pour comprendre de quoi il s’agit. Le pitch ? Vous choisissez un ami, vous envoyez sa photo et vous assistez à sa mort, virtuelle bien entendu, en direct. La victime est alertée par mail et invitée à découvrir qui l’a tuée. N’est-ce pas que c’est hilarant comme jeu ? Observons au passage qu’il s’agit d’un ami et non pas d’un ennemi, la différence étant susceptible, je suppose, de nous garantir l’aspect ludique de la chose et d’éviter surtout aux concepteurs du projet d’avoir affaire à la justice (à mon avis, il y a quand même un risque juridique là-dedans, ne serait-ce que dans les dérives auquel le “jeu” peut donner lieu). N’envoyez donc pas la tête de votre chef de bureau, à moins qu’il ne soit votre “ami”. Nous avons là un bel exemple de “coup marketing” conçu pour déclencher un buzz sur fond de polémique relative à la pertinence de cette création. D’aucuns mettront sans doute en cause Internet. Disons que celui-ci facilite techniquement ce genre de jeu douteux. Mais j’y vois au moins autant l’imprégnation de la culture trash de la télévision. A l’évidence, même si je n’entends pas jouer à ça, j’ai cédé au piège du buzz dès lors que j’ai choisi d’en parler. Voyez à ce sujet le billet d’un spécialiste du marketing ici. Il est assez révélateur de l’empreinte de l’idéologie technique sur Internet. On se félicite de la qualité technique du site, on salue la performance marketing et on oublie au passage l’aspect éthique un tantinet contestable, ou plutôt, on n’envisage celui-ci qu’en tant que facteur déclencheur de buzz. L’échange entre l’auteur du billet et un commentateur nommé Stéphane est particulièrement édifiant à ce sujet….
27 octobre 09
23 octobre 09
Jean le Petit
Figurez-vous qu’en feuilletant hier le dernier numéro de Courrier International qui titre en Une “Quelque chose de pourri au Royaume de France” et propose un dossier complet sur les retentissements de l’affaire Jean dans la presse internationale, j’ai trouvé un savoureux papier d’encouragement à notre Dauphin. Eh oui ! Il s’agit d’un article de Lucy Jones publié dans le Daily Telegraph. L’auteur rappelle que la principale attaque contre Jean réside dans sa jeunesse et son inexpérience. Or, souligne l’article, c’est oublier que Mozart a composé son andante en do majeur à 5 ans (qui l’oublie, c’est le truc le plus tarte à la crème que je connaisse), que Cléopâtre est devenue reine d’Egypte à 18 ans, qu’Alexandre le Grand est monté sur le trône de Macédoine à 19 ans et qu’Orson Welles a réalisé Citizen Kane à 26 ans. Evidemment, dans ces conditions, présider l’Epad à 23 ans, c’est rien moins que naturel pour un génie de la politique. Ce qui amène l’auteur à cette conclusion : “Il est des hommes qui sont, par naissance, destinés au pouvoir. Nous ne devrions pas essayer de les faire trébucher sous le coup de reproches jaloux et mille fois ressassés”. Amen. Le Prince Jean ayant renoncé hier au trône de l’Epad malgré son âge déjà très avancé par rapport à ses illustres prédécesseurs, il faut se rendre à l’évidence, il a gagné son surnom de Jean Le Petit.
A lire, ce billet désopilant sur la probable future nomination, pardon, ELECTION, à la tête de la SPA. En plus sérieux, voir l’intéressant debriefing de l’affaire sur le monde.fr.
18 septembre 09
Un mot, au vol
Suivez-vous l’affaire Treiber sur Marianne2 ? Si ce n’est pas le cas, précipitez-vous, c’est diablement intéressant. La défense de Dupond-Moretti, avocat que je porte aux nues, m’a fait sourire. “Jean-Pierre Treiber ne lit pas Houellebecq, certes. Mais ce n’est pas un imbécile”. Pourquoi Houellebecq et pas Shakespeare, Cervantès, Proust ou Dante ? Je gage que ce choix n’est pas innocent et qu’il a vocation à chatouiller la communauté intellectuelle snobinarde paristico-journalistique.
Toujours est-il, que ça m’a rappelé une anecdote. Il y a quelques années de cela, j’avais conseillé à Monsieur Aliocha de lire Plateforme. Convaincu par mon enthousiasme littéraire débridé pour la chose, il s’était jeté sur une aimable vendeuse de ce que les d’jeuns appellent la Keufna en lui demandant avec une fébrile impatience, dissimulée sous son sourire le plus ravageur (l’infâme !) : “où puis-je trouver Plateforme de Houellebecq ?”
“ Vous n’allez tout de même pas lire cette M….. ! “ lui répondit, outrée, cette gracieuse conseillère de clientèle. Comme quoi, il a peut-être raison, Treiber, de ne pas lire Houellebecq…
7 septembre 09
Le nouveau Libé est arrivé !
C’est aujourd’hui que Libération lance sa nouvelle formule. Nouvelle maquette, nouvelle manière de traiter l’actualité, nouvelle offre éditoriale, le quotidien fait entièrement peau neuve. Je l’ai acheté mais je n’aurai pas le temps de le lire attentivement avant ce soir. On en reparle demain ? En attendant, à vos kiosques, je pense que c’est l’occasion rêvée pour ouvrir un débat ici sur l’avenir des quotidiens et ce que les lecteurs souhaitent y trouver.
Attention, le premier numéro d’une nouvelle formule est toujours un collector, n’attendez pas ce soir pour aller le chercher, vous ne le trouverez plus !
19 mai 09
Jouons un peu…
Ségolène Royal a, semble-t-il, définitivement investi son nouveau terrain politique : la politesse. Et comme ses deux pardons successifs lui ont valu quelques succès médiatiques, elle a décidé d’expérimenter de nouveaux mots : “merci” et “s’il vous plaît”. Souhaitons-lui qu’ils soient aussi rentables que le pardon africain et les excuses à Zapatero.
Le jeu du jour : trouvez d’autres mots exprimant la politesse et imaginez à qui la candidate socialiste pourrait les adresser (niveau 1). Pour les plus aguerris, imaginez ensuite qui pourrait s’excuser de ses excuses, remercier de ses remerciements et ainsi de suite (niveau 2). Et si vous avez l’âme d’un(e) grand(e) communiquant(e), identifiez, en vous appuyant notamment sur le caractère de Nicolas Sarkozy, le prochain terrain d’attaque de Ségolène Royal (niveau 3). Je vous donne un indice : cherchez du côté de l’opposition des valeurs masculines et féminines.
Bonne journée (tiens, en voilà déjà un) !
15 mai 09
Justice pour de Fillipis
Vous vous souvenez bien sûr du scandale qui avait agité la toile il y a quelques semaines lorsque l’ancien directeur de publication de Libération, Vittorio de Fillipis, s’était retrouvé fouillé à corps dans des conditions aussi scandaleuses que rocambolesques. Eh bien @si nous apprend que la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris vient d’annuler la procédure, estimant que les conditions de l’interpellation n’étaient pas proportionnées à la gravité de l’infraction (sans blague !) et que l’interrogatoire immédiat par la juge d’instruction ne s’imposait pas.
13 mai 09
News en vrac
Le rapport annuel de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse dans le monde est sorti. La France se classe au 35ème rang sur 173. Pas de quoi pavoiser. RSF note à ce sujet :
“Tensions entre la presse et les autorités de la République, pressions accrues sur les journalistes afin qu’ils révèlent leurs sources, réforme de l’audiovisuel public : la situation de la liberté de la presse en France se dégrade depuis quelques années”.
C’est ici.
Par ailleurs, David de Revue d’actu vient de m’alerter sur le fait que c’est une journaliste de XXI, Sophie Bouillon, qui décroche cette année le prestigieux prix Albert Londres. Chapeau !
Fantasme de kiosquier
Je viens de découvrir en lisant le Monde d’hier (oui j’ai du retard, je sais) que notre ministère de la Justice, grâce lui soit rendue, dépensait annuellement 159 252 euros pour l’achat de journaux soit, tenez vous bien, 436 euros par jour (chiffres portant sur l’exercice 2007). Allons, je vous entends penser “c’est Rachida Dati qui achète tous les jours la presse pour voir ce qu’on dit d’elle, plus les titres féminins pour suivre la mode, quelques magazines de déco, un peu de voyages et hop, c’est bouclé”. Je vous accorde que la presse papier est un tantinet plus chère que le web (et pour cause), mais quand même…le kiosquier le plus fou n’oserait rêver d’une pareille cliente ! Ce d’autant plus que cette somme ne comprend pas l’abonnement à l’AFP, ni la veille presse (489 015 euros), ni l’abonnement aux “bases de données de l’information” . Entre nous, la presse juridique est très onéreuse, ceci explique donc peut-être cela (à moins qu’elle ne soit déjà incluse dans l’intitulé “bases de données de l’information”). Toujours est-il que je rends hommage à l’intérêt que porte notre garde des Sceaux à notre humble métier.
Si vous voulez en savoir plus, la réponse de la Chancellerie aux questions indiscrètes du député René Dosière sur ses dépenses est ici. Vous y découvrirez la taille de l’appartement de fonction de la ministre, ses frais de communication etc. Un régal pour les curieux, un grand pas pour la démocratie. René Dosière a procédé à l’exercice pour une vingtaine de ministères et secrétariats d’Etat.
23 avril 09
Un document important
Je vous avoue qu’ignorer le contenu précis de la fameuse lettre de Ségolène Royal à Zapatero suscitait chez moi une effroyable frustration. Jean-Michel Aphatie en publie le fac simile ce matin sur son blog. Rien ne vaut la possibilité de se faire une opinion “sur pièce”. J’ignore s’il est le premier ou pas à publier la chose, toujours est-il qu’elle est là.
21 mars 09
La CGT “agresse” Libération
Certains ont sans doute cherché désespérément leur quotidien favori ce matin. Libération n’est pas sorti. Le syndicat du livre a décidé de bloquer sa distribution pour soutenir la grève de la faim de la salariée dont je vous ai parlé ici. Heureusement, le numéro d’aujourd’hui est accessible en ligne. Indépendamment du coût financier que représente l’impossibilité pour un journal de sortir, c’est tout le travail des journalistes qui est foutu en l’air, je vous assure que ça fait mal.
Dans son dernier numéro, l’excellente revue Médias publie une interview du dessinateur Plantu (courez voir le dernier dessin du jour du 18 mars, il est brûlant d’actualité !). Le journaliste lui demande :
“D’autres sujets que le conflit israélo-palestinien vous valent-ils des lettres de protestation ?”
Réponse de Plantu : “La CGT ! Critiquer les ouvriers du Livre m’est interdit. Il sont intouchables. Leur mouvement, évidemment corporatiste, est inattaquable. Je ne remets pas en cause leur droit de grève ; je pense simplement qu’on ne dénonce pas assez le boulet qu’ils représentent pour un journal. Qu’ils fassent grève, c’est une chose, mais pourquoi n’aurais-je pas le droit de les critiquer ? Si je le fais, ils prennent les imprimeries en otage…”.
Puisque je vous parle de Médias, le webmaster du site de la revue a dû s’endormir car le dernier numéro est en kiosque avant que son sommaire soit en ligne. C’est donc le numéro 20 dans lequel vous trouverez une excellente interview de Plantu (il est en portrait crayonné en Une) intitulée “L’époque est à la trouille”. Il y décrit une inquiétante progression de la censure en France. Je rappelle à cette occasion que Plantu a créé Cartooning for peace à l’instigation de Kofi Annan, nous en avions parlé ici. Par ailleurs, il annonce dans l’interview la création prochaine d’un blog dédié à cette association. Médias publie également une interview portrait de Aphatie, (si, si ! Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur lui sans jamais oser lui demander), un dossier sur Sarkozy et l’audiovisuel ou encore un bon papier de Laurent Mauduit sur l’absence d’indépendance de la presse économique en France.
Bonne lecture et bon week-end !