Entre les cochonnailles littéraires et la cérémonie des Oscars, il s’est passé des choses infiniment plus importantes et donc bien moins médiatisées, chacun ayant saisi que la médiatisation d’un évènement tend à devenir inversement proportionnelle à son intérêt. Nous en prendrons une, pas tout à fait au hasard : la mort d’Olivier Voisin, photoreporter. Blessé en Syrie jeudi dernier, il a succombé dimanche à ses blessures. Il avait 38 ans. Je laisse le grand reporter Jean-Paul Mari, auteur notamment d’un très beau livre sur les traumatismes de la guerre, raconter en quelques phrases combien il est dur de vivre de ce métier et comment on peut en mourir. En annexe à son article, il publie une lettre d’Olivier Voisin datée de février dans laquelle celui-ci raconte ce qu’il observe au quotidien. Cela vaut bien les confidences d’une nonne déjantée, non ? Pourtant, cette histoire-là ne fera pas la Une. Pour un éditeur de presse, la guerre, c’est invendable…
Mise à jour 20h30 : la lettre que j’évoque – en réalité un mail – reproduite d’abord sur le Huffington Post puis le lendemain dans le prolongement de l’article de Jean-Paul Mari a été retirée à la demande de la famille. J’ai eu le temps de la lire, elle racontait la Syrie, elle était très belle. Je profite de cette mise à jour pour renvoyer au site d’Olivier Voisin.
Tweeter la guerre ?
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Mais si, c’est possible de parler d’autre chose que de l’UMP. Tenez, hop, je le fais, pour vous conseiller ce billet de Sara Hussein, journaliste à l’AFP, qui raconte l’utilisation qu’elle a fait de Twitter à Gaza et s’interroge sur les avantages et les inconvénients de l’outil. Tant que j’y suis, je vous recommande d’explorer le blog "Making off" de l’AFP qui raconte le quotidien des agenciers. Parmi les billets en prise immédiate avec l’actualité, un photographe raconte son travail à Notre-Dame-des-Landes, un reporter vidéo se demande jusqu’où il est possible de filmer l’insoutenable spectacle de la guerre, deux journalistes vous emmènent visiter les coulisses médiatiques de l’audition de Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bettencourt. Un autre regard sur l’actualité, hors format imposé, plus personnel dans le ton et fort intéressant. En lisant ces récits, on mesure l’écart entre leur travail et ce qu’on en perçoit dans le brouhaha infernal des médias. C’est à se demander parfois s’il ne faudrait pas envoyer valser tout ce qu’on fait aujourd’hui pour laisser libre cours à ces récits-là…ou, à tout le moins, leur accorder davantage de place.