La Plume d'Aliocha

12/05/2013

"Tous connectés" : l’éthique journalistique à l’épreuve de la toile

Classé dans : Comment ça marche ?,questions d'avenir — laplumedaliocha @ 19:20

9782830915112FSDaniel Cornu, journaliste, ancien professeur aux universités de Genève et Neuchâtel, vient de publier aux Editions Labor et Fides un nouveau livre consacré au journalisme, Tous connectés, Internet et les nouvelles frontières de l’information. Celui-ci s’inscrit dans le prolongement de Journalisme et vérité qui constitue une référence en matière de réflexion sur le rôle du journalisme en démocratie et l’éthique du métier. 

La Toile offre à l’information d’infinies possibilités de développement, mais elle bouleverse également les repères traditionnels de la recherche de vérité, de la vie privée, de la mémoire et de l’oubli, du respect de la personne etc. Dans ce nouvel écosystème, quelle place réserver à l’éthique des journalistes ? Ses règles sont-elles appelées à changer ou bien faut-il seulement les adapter ? Des questions d’autant plus cruciales que, pour Daniel Cornu, Internet lance un défi aux médias professionnels, celui de nourrir la réflexion déontologique pour montrer l’exemple à l’ensemble des acteurs de la Toile. 

 Aliocha : Dans  « Tous connectés, Internet et les nouvelles frontières de l’info », vous analysez les évolutions du journalisme à l’ère d’Internet. Quelle est la genèse de ce livre ?

Daniel Cornu : Il s’inscrit dans le prolongement de Journalisme et Vérité. Lorsque j’ai été nommé docteur honoris causa de l’université de Louvain en 2012, le thème de la promotion était « Tous connectés ». Le titre de mon essai est donc un clin d’œil. C’est aussi et surtout une suite de Journalisme et vérité inspirée par Benoît Grevisse, selon lequel cet ouvrage, dont la première édition date pourtant d’une vingtaine d’années, était une bonne clef pour comprendre les évolutions actuelles du journalisme sur Internet.

Précisément, vous dégagez les trois grandes valeurs éthiques du journalisme : indépendance/liberté, recherche de la vérité et respect d’autrui. Internet n’est-il pas en train de les remettre en cause ?

A partir du 18ème siècle et jusqu’au milieu du 19ème, c’est la revendication de la liberté qui prédomine. La liberté de la presse à l’égard de l’extérieur et son corollaire qui est l’indépendance du journaliste. Puis, sous l’influence du courant philosophique positiviste et des évolutions industrielles, la notion d’objectivité a fait son apparition. Pour toucher le plus large public possible, on s’est concentré sur l’information et la nouvelle. Jusque là, notamment sous l’influence de Milton, la vérité passait par le discours et l’expression de l’opinion. Au passage, nous avons évolué d’une prétention à la Vérité avec un grand V à la recherche de la simple vérité de fait. La troisième valeur éthique s’est affirmée dans le journalisme dès la fin de la seconde guerre mondiale. La découverte des horreurs nazies met désormais au premier plan le respect de l’autre, les droits de l’homme. Ces trois valeurs se trouvent exprimées plus ou moins fortement dans toutes les chartes déontologiques des journalistes. Ce qui se passe à l’heure actuelle sur Internet n’est pas une remise en cause de celles-ci mais plutôt un questionnement sur leur mise en œuvre effective. Il est notable d’observer que la liberté semble à nouveau s’imposer comme valeur première, ainsi qu’elle le fut au 18ème siècle.

N’est-ce pas le résultat de l’influence des internautes qui découvrent la liberté d’expression, comme les journalistes avant eux, et traversent donc les mêmes évolutions ?

Il est possible en effet de l’analyser ainsi. Cette liberté nouvelle peut effrayer, à juste titre parfois, mais il ne faut pas sous estimer la capacité qu’elle offre de proposer au débat public des sujets nouveaux, d’élargir les zones d’intérêt public face à une vision peut-être un peu sclérosée de celles-ci par les journalistes. L’internaute peut avoir conscience de l’importance d’un sujet qui aura échappé aux médias et ainsi ouvrir un nouveau champ d’information et de débat.

A vous lire, on comprend que vous observez Internet avec une certaine bienveillance, à une réserve près : l’anonymat… D’ailleurs, le blog du médiateur que vous animez pour le groupe de presse suisse Tamedia n’autorise pas les commentaires anonymes. A ce sujet, vous évoquez les débats qui ont eu lieu sur quelques blogs, ici, chez Philippe Bilger et chez Me Eolas.

Il est vrai que je suis parti d’une position très hostile à l’anonymat, car le fait de participer à un débat en démocratie sans dire qui l’on est et d’où l’on parle est une situation qui me dérange. Mais en réfléchissant, je suis arrivé à une position plus nuancée. J’admets l’utilité du pseudonyme, et j’irais même jusqu’à en recommander l’usage aux plus jeunes. Toutefois, je continue de penser que l’anonymat n’a pas sa place sur les sites de presse. Connaître ses commentateurs pour un média n’est rien d’autre qu’une déclinaison de l’obligation déontologique d’identifier sa source. En tant que médiateur, il m’est arrivé d’être interpellé avec une grande violence par des internautes auxquels il s’avérait impossible de répondre, car les adresses mail fournies étaient fausses. J’espère que dans un avenir pas trop lointain, les sites de presse donneront l’exemple de la rigueur à ce sujet et entraîneront les autres acteurs du web dans une spirale vertueuse. A tout le moins, si le site de presse admet les commentaires sous pseudonymes, il convient qu’il soit en mesure d’identifier les internautes par une procédure d’inscription préalable.

Vous croyez donc l’autorégulation possible ?

Il me semble surtout impossible d’imposer une concertation aux acteurs d’Internet, le réseau est trop vaste, les intervenants trop nombreux, les améliorations ne peuvent donc venir que de l’exemplarité des médias, de leurs sites et des journalistes eux-mêmes, qui opérerait en somme par capillarité.

Vous citez dans votre livre les travaux de deux universitaires québécois, Charron et de Bonville qui ont dégagé en 1997 le concept de journalisme de communication. Pour eux, il va prendre le relais des modèles que nous connaissions jusqu’ici, à savoir le journalisme d’opinion au 19ème , puis le journalisme d’information au 20ème. Qu’en est-il exactement ?

Cet article a été très critiqué. Les auteurs ont été soupçonnés de décrire un journalisme qui ne serait plus que l’organe de communication au service des intérêts politiques, économiques ou autres de ses sources. En réalité, ce n’est pas le sens de leurs travaux. Ils pensent à une communication conçue comme appliquant les 6 fonctions du langage dégagées par le linguiste américain Roman Jakobson. Nous connaissons déjà les fonctions d’expression de l’opinion et d’information, mais il y en a d’autres. Par exemple le talk show illustre la fonction phatique : le discours est vide, son objet n’est pas de véhiculer une information mais de retenir l’attention du téléspectateur pour ne pas qu’il zappe. Le journalisme de communication peut aussi avoir une fonction poétique. Je n’oublierai jamais la très belle Une de Libération au moment de la disparition du Commandant Cousteau. Elle présentait comme seule illustration un bonnet de marin breton et titrait : De profundis.

Dans leur article, les auteurs semblent considérer que l’éthique journalistique est relative, qu’elle s’inscrit dans une époque et en un lieu donné, en fonction des pratiques en cours. Faut-il en déduire qu’avec l’arrivée d’Internet, les trois principes éthiques fondateurs que vous évoquez sont amenés à changer ?

Je me rallie aux critiques qui leur ont été faites sur l’application du concept de paradigme scientifique en journalisme. C’est pourquoi je préfère celui d’idéal-type proposé par Max Weber, vers lequel d’ailleurs ont glissé Charron et de Bonville dans l’ouvrage paru en 2004. Autrement dit, il s’agirait moins d’une révolution radicale que d’une mutation. On peut donc soutenir que les valeurs fondatrices du journalisme, liberté, vérité, respect de l’autre, résistent aux changements, et même à celui provoqué par l’Internet. Ce qui change cependant, ce sont les rapports d’équilibre entre elles. Sous l’influence de la déontologie récente, il est évident que la valeur de respect de l’autre a pris aujourd’hui une grande place dans la délibération éthique, ce qui est souvent contesté par les partisans d’un journalisme plus offensif. Comme dans les premiers temps de la liberté de la presse, l’Internet tend à privilégier la liberté d’expression, ainsi que je vous l’ai indiqué. Les internautes s’en prévalent le plus souvent, d’où l’aspect libertaire de la Toile. Cela dit, ce n’est pas une raison suffisante à mes yeux pour jeter les valeurs de vérité et de respect de la personne par dessus bord… si l’on prétend faire du journalisme. Ce qui est certain c’est que les normes vont devoir s’adapter et répondre à des situations nouvelles. Par exemple, la frontière de plus en plus poreuse entre vie publique et vie privée invite la profession à s’interroger. Ce qui est visible sur Facebook n’est pas forcément « public » et n’autorise pas dans tous les cas une reprise dans les médias. Autre exemple de sujet de réflexion, les hyperliens. Il s’agit d’un outil fabuleux, mais qui nécessite une grande attention. Il faut s’assurer dans le temps qu’ils conservent leur pertinence et vérifier également que le document en lien ne renvoie pas lui-même à d’autres lieux douteux. Il en va de même en ce qui concerne le droit à l’oubli. Autrefois, c’est le journaliste qui en avait la maîtrise. Aujourd’hui, avec les moteurs de recherche, ce contrôle lui échappe, ce qui doit inviter à tenir compte de ce phénomène lors de la décision de publier une information.

Dans Journalisme et Vérité, vous évoquiez déjà les réflexions de ces deux auteurs et citiez le direct en télévision comme un exemple de ce journalisme de communication qui préfère faire vivre l’événement en direct au public, en exploiter le potentiel émotionnel, plutôt que de s’en tenir aux règles classiques de contextualisation…

La question du direct en télévision s’inscrit dans un contexte antérieur à l’Internet. Elle illustre l’irruption d’une pratique nouvelle à l’époque, qui remettait en cause des procédures éprouvées de traitement de l’information, authentification de la source, recoupement, vérification, et qui interpellait la déontologie : quelles normes définir qui permettent d’inscrire la recherche de la vérité dans le direct dont on sait qu’il peut offrir une vision trompeuse de la réalité et en favorise effectivement une perception émotionnelle ?

Toujours au titre des évolutions possibles du journalisme, vous évoquez les travaux d’une chercheuse de l’université de Louvain, Amandine Degand, qui développe le concept de « journalisme de pari », de quoi s’agit-il ?

Le journalisme sur Internet a ceci de particulier qu’il est en situation de bouclage permanent. Cette pression du temps incite à publier très vite en se disant qu’en cas d’erreur, Internet permet de corriger très facilement. Cela favorise une certaine légèreté à l’égard des règles classiques du journalisme qui exigent d’identifier la source, recouper l’information et en vérifier le contenu. Une source apparemment crédible, comme un autre média, paraît suffire. Le risque est celui d’une déresponsabilisation d’autant plus grave qu’on se retrouve alors dans le scénario de la rumeur…

Malgré votre attachement à une déontologie exigeante et les risques liés aux évolutions que vous décrivez, on vous sent résolument optimiste…

En effet. Je n’ai jamais aimé les discours catastrophistes sur l’évolution des médias. Ce livre paraît alors que le magazine XXI a ouvert un débat intéressant sur l’avenir du métier, à l’occasion de la publication de son manifeste Un autre journalisme est possible. Je rejoins nombre des constats des auteurs, même si les travers qu’ils dénoncent sont pour la plupart antérieurs à l’arrivée d’Internet. En revenant aux fondamentaux du journalisme, ils ont fait le pari d’un trimestriel sur papier, et c’est un succès. Toutefois, ce n’est pas la seule piste d’évolution possible pour la presse. Il me semble important de réfléchir sur l’avenir du journalisme là où il se développe en zone encore sauvage, autrement dit sur Internet. Je crois profondément que plus les journalistes s’attacheront à rester fidèles à leurs valeurs, à penser des nouvelles règles au fur et à mesure que se poseront des questions éthiques inédites, et plus ils seront en mesure de donner le ton et d’inspirer les autres intervenants du web. C’est un optimisme qui s’inscrit sans doute sur le long terme. Mais si l’on se souvient des fureurs de la presse révolutionnaire ou encore des périodes où le respect d’autrui ne comptait pas autant qu’aujourd’hui, on est en droit d’espérer que se corrigeront ou s’atténueront au fil du temps les défauts les plus dommageables observés aujourd’hui sur le réseau.

Note :  Daniel Cornu cite dans la partie de son livre consacrée à l’anonymat les blogueurs, mais aussi certains commentateurs, en l’espèce Tschok et Fantômette. Je rappelle au passage que nous avons déjà parlé des travaux de cet auteur sur ce blog, ici (discours de Louvain reproduit en intégralité) et  (à propos du livre Les médias ont-ils trop de pouvoir ?). 

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83 Commentaires »

  1. J’aime bien l’importance accordée par Daniel Cornu à la recherche de la vérité. C’est un véritable leitmotiv dans ses réponses. Mais pourquoi éprouve-t-il le besoin d’écrire : "Au passage, nous avons évolué d’une prétention à la Vérité avec un grand V à la recherche de la simple vérité de fait." ? Quelle différence y a-t-il entre vérité et Vérité ? Pourquoi cette réticence ? Pourquoi cette concession à l’air du temps et au refus moderne de tout absolu ? Au surplus la notion de "vérité de fait" est suspecte : il n’y pas fait sans recit, sans témoignage, sans interprétation. Limiter la vérité à la vérité de fait équivaut à la renier. Et donc revient à remettre en cause ses propres arguments en faveur de la recherche de la vérité.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 12/05/2013 @ 22:48

  2. @Denis : Daniel passera peut-être par ici pour répondre aux commentateurs. En attendant, je vous dirais que c’est un universitaire, il ne fait que décrire ce qu’il observe, ce qui ne préjuge pas à mon sens de son avis personnel sur la vérité. Ce qu’il dit c’est qu’on est aujourd’hui en matière de journalisme dans une quête modeste de vérité factuelle. Sauf erreur de ma part, sous l’influence en France d’Emile Girardin au 19ème s’ouvre le temps de la presse populaire, bon marché, qui raconte des histoires sans autre ambition que de toucher le plus large public possible : http://fr.wikipedia.org/wiki/Émile_de_Girardin

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/05/2013 @ 09:31

  3. C’est tout le sujet de Journalisme et Vérité, livre qui devrait vous plaire : quelle vérité (il explore tous les grands philosophes), pour quel public (là encore les visions sont différentes selon que l’on lit Kant, Foucault ou Bourdieu), selon quelles règles, dans quel objectif ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/05/2013 @ 09:33

  4. […] Daniel Cornu, journaliste, ancien professeur aux universités de Genève et Neuchâtel, vient de publier aux Editions Labor et Fides un nouveau livre consacré au journalisme, Tous connectés, Internet et les nouvelles frontières de l’information. Celui-ci s’inscrit dans le prolongement de Journalisme et vérité qui constitue une référence en matière de réflexion sur le rôle du journalisme en démocratie et l’éthique du métier.  […]

    Ping par "Tous connectés" : l'ét... — 13/05/2013 @ 10:13

  5. @ Aliocha

    Quelle vérité ? : disons quelle part de vérité ? quels sujets ?
    Quel public, quelles régles, quels objectifs ? : oui, vastes questions.

    Oui, je devrais lire son "Journalisme et vérité"

    Ce qui m’intrigue au plus haut point aujourd’hui, le journalisme y a sa part, c’est la façon dont certaines idées, aussi fausses soient-elles, ont en quelque sorte leur vie propre et se développent, deviennent vérité officielle, suscitent des lois, guident des décisions… sans qu’aucun raisonnement, aussi sensé soit-il, ne puisse les arrêter.
    Plusieurs exemples viennent à l’esprit mais prenez simplement l’euro. Idée folle par excellence. Rêve devenu réalité contre toute rationnalité économique et politique. Eh bien rien n’a pu l’arrêter. Désormais il est manifeste que c’est un fiasco. Et ça continue. Aucun constat de ce fiasco, il ne s’agit même plus de raisonner mais seulement de constater, ne peut l’arrêter. Il est question d’élargir la zone euro ! l’Estonie va bientôt y entrer ! Les bras vous en tombent…
    L’aveuglement n’est certes pas un défaut moderne. Il a toujours exister. Mais nous modernes qui nous croyons si rationnels, si objectifs, si "transparents"… comment se fait-il que nous persévérions à ce point ? Je crois que cela à voir avec otre refus de la vérité.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 13/05/2013 @ 12:44

  6. @Denis : vous croyez en une vérité révélée, moi aussi, enfin je pense. Mais on ne peut hélas réduire la pensée humaine à ceci (pour peu que le terme "réduire" soit bien choisi), surtout pas dans un travail universitaire. Donc l’auteur analyse le journalisme et ses évolutions à l’aune des grands philosophes passés et contemporains. Au demeurant, je ne pense pas que tout relève de la vérité révélée, l’observation des faits d’un point de vue journalistique se situe sur un terrain beaucoup plus modeste. Sur l’euro, c’est votre point de vue, et pour le coup la révélation n’y a pas sa place. Comme toujours Denis, vous situez toute réflexion sur le terrain spirituel, je ne vous le reproche pas, ça fait même du bien, mais je vous trouve parfois un peu trop dans le ciel et pas assez sur terre. Nous ne sommes pas que des âmes, même dans un univers dématérialisé comme Internet ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/05/2013 @ 13:40

  7. J’ai répondu un peu à côté (en raison de ce que je perçois depuis que vous commentez ici), donc je complète. Que nous soyons souvent en panne de bon sens, je vous l’accorde. J’y vois personnellement le symptôme bien connu de l’orgueil humain, en particulier en occident. Ce n’est pas nouveau, et ça continuera, c’est là que je vous rejoins d’ailleurs, je ne crois pas au progrès, mais simplement à des erreurs nouvelles chassant les anciennes…

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/05/2013 @ 13:50

  8. […] Daniel Cornu, journaliste, ancien professeur aux universités de Genève et Neuchâtel, vient de publier aux Editions Labor et Fides un nouveau livre consacré au journalisme, Tous connectés, Internet et les nouvelles frontières de l’info. Celui-ci s’inscrit dans le prolongement de Journalisme et vérité qui constitue une référence en matière de réflexion sur le rôle du journalisme en démocratie et l’éthique du métier.  […]

    Ping par "Tous connectés": l'éth... — 13/05/2013 @ 13:51

  9. @ Aliocha

    Je ne sais pas si je crois en la Vérité révélée. Mais si quelque chose a bien, un jour, enfin façon de parler ça ne s’est pas fait en un jour, et ce n’est pas achevé, loin de là, si quelque chose un jour a bien été révélé aux hommes (découvert par eux), c’est que le vrai est différent du faux, que la parole a cette vertu extraordinaire (sacrée ?) de nous permettre d’exprimer, autant que faire se peut, des fragments de vérité.
    N’est-ce pas ce que, consciemment ou non, nous faisons en permanence ? Il nous arrive de mentir sciemment, ou d’être hypocrites sciemment, c’est vrai, bien sûr, mais le plus souvent, notamment lors de discussions, nous nous efforçons, tous autant que nous sommes, non pas seulement d’imposer un point de vue mais d’exprimer ce qui nous semble vrai. N’est-il pas vrai ? Cela suppose implicitement que nous ayons bien, ancrée en nous, la notion que le mot vérité a un sens.

    Je ne crois pas que je me place à des hauteurs inaccessibles. J’essaie de prendre au sérieux ce que je lis et ce que j’écris. Il me semble que les circonstances l’exigent, plus que jamais.

    Sur l’euro, c’est mon opinion, oui, certes, mais elle est confirmée par de multiples analyses et par l’examen des faits. Tous les faits ont à être interprétés, comme dit plus haut, je ne l’oublie pas, et toutes sortes de choix sont encore possibles, mais personne ne peut nier que la croissance et la prospérité promises grâce à l’euro ne sont pas là, nul ne peut nier que nous faisons subir aux Grecs et à quelques autres un sort honteux et pourquoi ? pour le salut d’une vulgaire monnaie… Cette vérité toute simple n’a pas droit de cité. L’Idée est plus forte qu’elle.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 13/05/2013 @ 16:50

  10. […] Daniel Cornu, journaliste, ancien professeur aux universités de Genève et Neuchâtel, vient de publier aux Editions Labor et Fides un nouveau livre consacré au journalisme, Tous connectés, Internet et les nouvelles frontières de l’information. Celui-ci s’inscrit dans le prolongement de Journalisme et vérité qui constitue une référence en matière de réflexion sur le rôle du journalisme en démocratie et l’éthique du métier. La Toile offre à l’information d’infinies possibilités de développement, mais elle bouleverse également les repères traditionnels de la recherche de vérité, de la vie privée, de la mémoire et de l’oubli, du respect de la personne etc. Dans ce nouvel écosystème, quelle place réserver à l’éthique des journalistes ? Ses règles sont-elles appelées à changer ou bien faut-il seulement les adapter ? Des questions d’autant plus cruciales que, pour Daniel Cornu, Internet lance un défi aux médias professionnels, celui de nourrir la réflexion déontologique pour montrer l’exemple à l’ensemble des acteurs de la Toile…  […]

    Ping par "Tous connectés" : l'ét... — 13/05/2013 @ 18:07

  11. Un entretien très intéressant.
    Je trouve l’expression "journalisme de pari" particulièrement bien trouvée pour désigner une certaine dérive du journalisme sur internet dans sa course à l’information. En meme temps ca a commencé avant internet, je me rappelle il y a de ça quelques années David Pujadas annonçant à tort dans son journal le retrait de la vie politique d’Alain Juppé, alors même que ce dernier était interviewé sur TF1.

    Au fait, un lapsus amusant dans le commentaire de Daniel Schneidermann pour le papier précédent …

    Commentaire par Maelle — 13/05/2013 @ 19:03

  12. Bonsoir,

    je crois que internet comme le reste va suivre la même courbe que toutes les innovations ou révolutions (car je crois que c’en est une) : elle va/a suscité un enthousiasme de la masse, va servir d’arme de puissants contre le faible puis va retomber dans une utilisations plus classique avec une maîtrise de la grosse majorité en évitant les écueils (l’échelle de temps n’étant pas l’année mais quelques générations.) il est vrai qu’il y a mauvais fond dans quelques individus (que l’on trouve au sommet du réseau trophique humain) et que le libéralisme ambiant le laisse s’exprimer à plein régime, mais de temps en temps des têtes tombent et peut être qu’un jour le monde politique fera le travail pour lequel la population l’élit, on a le droit de rêver.

    Je suis plus mitigé sur le fait que ce qu’il y a sur faissebouque est du domaine du privé. Est-ce que vous considéreriez qu’un panneau d’affichage dans un super-marché c’est un endroit privé du moment que le dit supermarché le réserve à votre usage personnel ? Est-ce qu’il vous semblerait "illégal" qu’une conversation de bistrot entre 2 personnes que vous ne connaissez pas puisse reprendre ce que vous avez affiché en grand sur la devanture de votre maison, parce que c’est privé ? Pourquoi cette différence ? parce que c’est nouveau et qu’on veux lui imposer des règles ? on adore cela avoir des règles… d’ailleurs décidées et dictées par les mêmes du haut du réseau trophique.

    Enfin concernant l’anonymat sur internet
    - 1 personne n’est anonyme à moins d’être assez balaise, et c’est compliqué.
    - 2 chaque site fait ce qu’il veut, mais trouver qu’il est aberrant de ne pas savoir à qui on parle (dans les commentaires) et imposer l’inscription pour le contrer, est, à mon avis, du même acabit qu’annuler les soirée débat dans les salles communes et de spectacles ou alors de projeter le nom et le prénom de la personne qui parle sur un écran géant ; public et conférenciers.

    Commentaire par herve_02 — 13/05/2013 @ 20:43

  13. @Maelle : j’ai aussi accroché sur la notion de "journalisme de pari". Je pense que rien n’est totalement neuf mais le livre a le mérite d’identifier à mon avis parmi toutes les analyses du journalisme et de ses évolutions, celles qui sont les plus pertinentes sur le sujet qui nous occupe. L’universitaire qui a trouvé le journalisme de pari est partie, c’est important de le souligner, d’une enquête de terrain. Donc elle théorise sur la base d’éléments concrets.
    Le journalisme de communication, c’est intéressant aussi, notamment dans la fonction phatique du discours creux uniquement destiné à retenir l’attention…
    Pour Daniel, j’ai vu, mais je ne me permets pas de corriger les commentateurs, sauf quand ils me le demandent expressément… ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/05/2013 @ 20:45

  14. Bien que ca me démange, je vais résister à la tentation de rentrer dans la discussion sur le vrai et le faux, la croyance dans le progrès et le relativisme philosophique d’Aliocha pour qui une erreur nouvelle ne fait que chasser une erreur plus ancienne. :-)
    (taquinerie inside)

    Non, ce qui m’embête c’est cette histoire d’anonymat.
    Il y a une différence entre vous fournir (à vous Aliocha ou a un site de presse ‘sérieux’) mon identité ou une adresse mail dans un champs tagé strictement confidentielle)… et la fournir à tous ceux qui peuvent lire votre blog anonymement. Comme n’importe qui, j’exprime mon opinion d’une façon plus ou moins différente en fonction de la personne que j’ai en face de moi. Mon patron (par exemple) n’a pas besoin de connaitre mes opinions politiques, mon orientation sexuelle ou mes opinions sur tel ou tel sujet… ou alors, c’est parce que j’aurais décidé de lui fournir ces informations. donc cette volonté de supprimer l’anonymat ne pourrait conduire qu’à stériliser les débats sur internet… ce qui serait dommage (en plus d’être quasi impossible).

    On ne juge pourtant pas anti démocratique le fait de voter à bulletin secret. Pourtant cette opinion est exprimée de façon parfaitement anonyme. Le coup de la "source" journalistique est un peu tirée par les cheveux aussi… je suis une source si je fourni une "information", pas si je fourni une opinion. Et une information provenant d’une source anonyme ne me semble pas être très utile à un journaliste (?!) sauf si l’information est vérifiable… et à ce moment là, la connaissance de la source n’est pas vital non plus.Et si je suis une source, le journaliste devrait protéger le secret de mon identité, non ? Plutôt que de vouloir absolument la rendre publique?

    Pourriez vous clarifier ce point pour moi?
    Vous pensez qu’obtenir une adresse mail valide est suffisant pour ou vous voudriez qu’on en arrive a une situation ou tout commentaire permettrait de savoir *exactement* et par tous les lecteurs le "qui parle" ?
    Sachant que pour lever l’anonymat, les noms/prénoms ne suffisent pas?

    Commentaire par khazan — 13/05/2013 @ 21:14

  15. indépendance des médias : à écouter, les journalistes télé US sur un sujet économique :

    Je pense qu’il y a de l’écho.

    Commentaire par folbec — 14/05/2013 @ 00:24

  16. @Khazan @ Herve_02 : sur l’anonymat, lisez le premier billet en lien de ce passage, j’y défends justement l’anonymat en réponse à Philippe Bilger. Daniel Cornu souligne qu’il est parti d’une opposition radicale pour finalement en admettre l’utilité dans certains cas. Ces cas sont notamment ceux que j’évoque, c’est pourquoi il mentionne cette position ainsi que celle d’Eolas. Donner son identité renvoie moins à qui parle, question sur laquelle vos objections sont valables – dans une réunion on ne sait pas toujours tout de son interlocuteur – qu’à la capacité d’assumer ce qu’on dit. Je vous signale que dans une réunion physique, si vous traitez quelqu’un d’abruti, vous risquez plus que sur Internet sous un faux nom avec une adresse mail bidon. C’est pourquoi il cite la question des propos violents. Ne faisons pas semblant de ne pas comprendre le problème, il concerne les dérives sur Internet, c’est-à-dire insulte, diffamation, propos orduriers, incitation à la haine etc. Il est évident que l’anonymat facilite ce genre de dérapage. A l’inverse, beaucoup de gens masqués se tiennent correctement, à commencer par nous ;-) et portent un masque pour des raisons respectables. Donc la question mérite un peu plus d’attention que le simple slogan : liberté ! Mener une réflexion éthique sur ce type de sujet entraine forcément à envisager d’éventuelles limites, une organisation, bref, une solution permettant de préserver la liberté tout en évitant les travers. Daniel Cornu ne parle pas de loi, ni de sanction, ni de quoique ce soit de ce genre mais simplement de ce qu’on appelle en économie des "bonnes pratiques". Si vous n’avez rien à vous reprocher mais que vous entendez simplement ménager votre droit à l’oubli et participer à un débat sans que votre boss en ait vent, en quoi donner des coordonnées exactes à un site de presse puis commenter sous pseudo poserait-il un problème ? Au passage, il est paradoxal de voir les internautes se foutrent à poil sur Facebook et militer dans le même temps pour le droit à l’anonymat dans l’expression de leur opinion, mais bon, j’dis ça, j’dis rien ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/05/2013 @ 08:31

  17. "Personne n’est anonyme " dit Hervé 02 …mais qui peut se targuer de connaître quelqu’un ?

    Nous vivons dans l’apparence et rien n’est une vérité en soi. Dans la mesure où nous jouons un personnage il y a ce que nous paraissons ce que nous voulons être et ce que nous sommes et nous changeons suivant les interlocuteurs les circonstances et les intérêts.
    La vérité n’existe pas. Les faits seuls existent et nous les interprêtons en fonction de notre intellect notre culture et nos opinions.
    Partant de ce principe un internaute est virtuel mais ce qu’il exprime ne l’est pas et c’est ce qu’il dit à un moment précis qui a de l’importance et suivant ce que nous cherchons nous trouvons ou non une réponse qui nous accroche ou nous satisfait et suivant le cas permet soit un échange soit une avancée. Rien de plus et ça e borne là.
    Tout le monde avance masqué et peut-être plus encore celui qui se met à nu. Mettre un nom et construire un personnage derrière plusieurs écrits conforte notre goût pour le classement et les étiquettes mais nous ne connaissons qu’une parcelle d’un ensemble complexe d’une personnalité et encore ce qu’elle veut bien dévoiler .
    Internet est une vaste commedia del Arte à ne pas prendre au sérieux et une vitrine dans un monde d’apparences.

    Commentaire par Scaramouche — 14/05/2013 @ 11:40

  18. […] Daniel Cornu, journaliste, ancien professeur aux universités de Genève et Neuchâtel, vient de publier aux Editions Labor et Fides un nouveau livre consacré au journalisme, Tous connectés, Internet …  […]

    Ping par "Tous connectés" : l'ét... — 14/05/2013 @ 12:03

  19. Au sujet de l’anonymat ou du pseudonymat, une petite observation :

    La majorité, sinon la totalité des journalistes sont (mais peut-être me trompé-je) sur liste rouge. Leur numéro de téléphone de bureau n’est pas non plus diffusé publiquement; il y a un standard qui filtre. Par ailleurs, il me semble que certains médias sont disposés à soutenir leurs journalistes qui font l’objet de harcèlement ou de diffamation.

    Par comparaison, le simple particulier qui tient un blog, ou intervient par exemple sur Wikipédia, n’est en général pas sur liste rouge et, suivant son emploi, peut avoir un numéro de téléphone professionnel publiquement disponible. Il y a donc le risque de recevoir des coups de téléphones d’importuns chez soi ou sur son lieu de travail, voire d’être harcelé, ou tout du moins d’être diffamé. C’est arrivé à plusieurs personnes de ma connaissance. Il n’y a pas besoin pour cela d’écrire sur un « sujet sensible », juste d’être pris pour cible par un monomaniaque.

    Enfin, comme d’autres commentaires, je voudrais faire remarquer qu’une personne peut fort bien avoir des opinions politiques, philosophiques, etc., ou des centres d’intérêt dont elle n’a pas envie d’informer son employeur, sa famille, ses amis. À ce propos, rappelons que parmi les personnes qui traditionnellement interviennent dans le débat public, certaines ont un statut professionnel protecteur de leurs opinions : par exemple, les universitaires ont une liberté d’expression inscrite dans la loi et reconnue comme principe à valeur constitutionnelle ; les journalistes bénéficient eux aussi de garanties spécifiques (ils peuvent démissionner de leur emploi et bénéficier de l’assurance-chômage en cas de changement de direction). Rappelons également qu’un cadre de TF1 a été renvoyé pour avoir exprimé à titre privé des options politiques contraires à celles soutenues par son employeur (il a fini par gagner devant les tribunaux).

    Pour toutes ces raisons, je ne suis pas favorable à la levée du pseudonymat ou de l’anonymat.

    Commentaire par DM — 14/05/2013 @ 13:38

  20. @DM

    Avec ou sans raisons valables ou non notre désir devrait seul être respecté et notre intimité préservée quoi qu’il arrive cela fait partie de la liberté sinon c’est Big Brother et la porte ouverte à la dictature .

    Commentaire par Scaramouche — 14/05/2013 @ 14:53

  21. @ Scaramouche

    "La vérité n’existe pas." : cela signifie-t-il que tout est mensonge, faux-semblant, dissimulation ? Si cette phrase a un sens, elle n’est pas vraie, puique rien n’est vrai, et donc elle n’a pas de sens… A quoi bon parler, à quoi bon informer, à quoi bon discuter si on part du principe que rien n’est vrai ?…

    "Les faits seuls existent et nous les interprêtons en fonction de notre intellect notre culture et nos opinions." Et les sentiments, n’existent-ils pas ? et les plaisirs et les souffrances et les lois et la justice et les idées et les mots pour les dire… n’existent-ils donc pas ?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 14/05/2013 @ 17:09

  22. @ Denis Monod Broca

    La vérité est aveugle .elle est différente pour chacun de nous , c’est pourquoi dans un texte je ne vois pas ce que vous voyez et l’inverse ., chacun de nous apporte sa personnalité et c’est tout l’intérêt d’un échange.
    Je suis une adepte de Pirandello c’est ainsi qu’il fallait me comprendre je me référais à sa pièce . "A chacun sa vérité "
    Une information transmise n’a jamais le même visage suivant l’informateur , ce sont les faits stricts et sans fioritures sans préjugés qui sont proches de la vérité . Toute interprétation que nous en faisons s’en écarte .

    Bien sùr que les sentiments existent et ils sont notre essence et notre âme mais justement ils arrangent habillent déforment la vérité parce que nous la voyons à travers eux avec nos gênes notre éducation et ce que nous sommes et qui rend chacun de nous différent.
    Pour la vérité nue comme elle doit l’être il faut un regard froid et neutre , un regard clinique sans émotions .

    Commentaire par Scaramouche — 14/05/2013 @ 17:50

  23. @aliocha

    "Au passage, il est paradoxal de voir les internautes se foutrent à poil sur Facebook et militer dans le même temps pour le droit à l’anonymat dans l’expression de leur opinion, mais bon, j’dis ça, j’dis rien "

    -> Ce ne sont pas forcément les mêmes qui se mettent à poils sur facebook et qui dans le même temps militent pour le droit à l’anonymat.

    Bon après, moi ca ne me dérange pas de mettre une adresse mail… d’autant que je peut mettre absolument n’importe quoi (ce que je ne fais pas sur votre blog, elle est valide) mais que je fais très régulièrement sur d’autres sites/blog… Ne serait-ce que pour éviter le spam. En plus même mon adresse mail valide ne le reste pas éternellement (toujours à cause du spam). J’ai tendance à changer de temps en temps (et oui, c’est super pénible).

    "Ne faisons pas semblant de ne pas comprendre le problème, il concerne les dérives sur Internet, c’est-à-dire insulte, diffamation, propos orduriers, incitation à la haine etc."

    Je comprends tout à fait le problème mais, adresse mail ou pas, si je me lance dans ce genre de propos sur votre blog, je suppose que ce n’est pas mon adresse mail (surtout si elle est fausse) qui vous importe… mais plutôt le fait que wordpress/akismet vous permettra normalement de me bannir.

    De plus des commentaires de cette nature tombent (je suppose) sous le coup de la loi et pour le coup, là c’est plutôt mon adresse IP qui sera utile et c’est (un poil) plus difficile d’en fournir une qui ne permet pas de remonter jusqu’à vous (quoi que ce soit tout à fait possible mais ca commence à être un peu trop compliqué juste pour le plaisir d’insulter quelqu’un).

    Commentaire par khazan — 14/05/2013 @ 19:02

  24. @ scaramouche

    Quand vous dites que nos sentiments déforment la vérité, ce qui est indéniable, vous admettez bien implicitement que la vérité, non déformée, existe.
    Un regard peut être objectif sans être froid et neutre. C’est même plutôt le contraire. Il faut de la chaleur humaine et de l’implication personnelle pour rejeter toutes les fausses vérités qui ont cours…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 14/05/2013 @ 19:12

  25. @Scaramouche: Bien sûr. Je voulais dire qu’il y a des raisons parfaitement légitimes pour que de simples particuliers gardent l’anonymat, raisons qui ne s’appliquent pas forcément à des professionnels.

    D’ailleurs… certains professionnels n’opèrent-ils pas sous pseudonyme ou anonymement ? Laurent Joffrin est un pseudonyme, il me semble. Et essayez de faire rectifier une dépêche d’agence de presse (vécu, comme responsable associatif) : on va vous balader entre journalistes anonymes et pressés, aux qualifications incertaines (« si vous croyez que nous pouvons lire tout ce que nous devrions lire »), en expliquant que ce n’est pas la faute du bureau que vous contactez, mais la faute d’un autre service.

    Commentaire par DM — 14/05/2013 @ 20:15

  26. @DM : Daniel Cornu s’en tient aux pratiques des médias professionnels. Maintenant, je pense que nous sommes dans une phase transitoire, tout le monde teste l’outil internet en même temps que les nouvelles frontières de la liberté d’expression. Celle-ci ne fait que balbutier. Il n’est pas impossible qu’à l’état mature, elle ne trouve plus qu’un intérêt très résiduel à l’anonymat…Le seul problème à mon avis est celui du droit à l’oubli et des moteurs de recherche et c’est peut-être par là qu’on devrait aussi envisager la question de l’anonymat. En tout cas, c’est ce type de réflexion que l’on mène du côté de la justice et et des AAI type AMF. La publicité en soi ne peut se penser à l’heure d’internet qu’avec la question de la mémoire du web.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/05/2013 @ 20:50

  27. @laplume

    Ne vous méprenez pas sur nos intentions, nous comprenons parfaitement le problème qui est soulevé concernant l’anonymat : c’est la responsabilisation de la personne en tant que "je dis" et "je dis de ou je le dis". Mais n’est-ce pas une mauvaise réponse à un vrai problème ?

    On a l’habitude… regardez comment tourne la riposte graduée : une amende administrative fondée sur un listing
    d’ayant droit et une identification approximative par un fai. Ensuite je croyais que le délit était la mise à disposition et non le téléchargement ? les intellos de lescure nous prennent juste pour des cons. Un ayant droit qui pond un rapport sur la préservation des droits des ayants-droits : ils cherchent les moyens de se donner 170 milliards… même sarko n’en révait pas.

    Sur l’inscription, qui me donne l’assurance que le site de presse en question ne va pas vendre mes coordonnées à une liste de site/entreprise/individus qui aimeront bien pouvoir me scorer comme rebelle pour me vendre un truc, me tracer ailleurs, affiner un discours pour me séduire politiquement ou commercialement. Vous ? La loi ? quelle "punition" pour l’infraction à ce contrat tacite, quelle obligation légale les empêchera de ne mettre article 43ter alinéa 7 en caractères 8 de la 32 pages des CGU qu’ils ont le droit ? Qui me dit que l’information est suffisamment sécurisée pour que cela ne tombe pas aux mains de gens qui ont de mauvaises intentions ? qui contrôle ? qui punit ? qui décide ?

    Moi je suis ouvert à peut prêt à tout, à part être pris pour un con, par un plus con que moi. (récursivité intéressante) ah oui… et je ne veux pas donner mon nom (vous avez vu la symétrie), même si je sais que celui qui le veut, peut savoir qui je suis en moins de 5 minutes.

    Parce que vous pouvez arriver la bouche en coeur en disant il y a un problème : lequel ? que tartentpion puisse accuser trucmuche d’être un con et ? qui va faire quoi ? pouvoir porter plainte ? c’est possible même avec l’anonymat : il faut qu’une décision de justice demande au fai et à votre hébergeur de donner les informations suffisante pour retrouver la personne. Bien sur il faut que le "truc" en vaille la peine…

    Donc on veut juste que le site en question puisse LUI avoir les informations ?

    C’est hyper simple : il ferme les commentaires anonymes, oblige les gens à s’inscrire et envoi les informations de connexion par courrier postal, mais c’est juste sans moi. Pour info, je n’ai ni touiter, ni tumblre ni faissebouk ni rien…j’ai désaffecté les sites qui demandent une inscription. Regardez le contenu des commentaires rue89 : ils ne sont pas anonymes pourtant… ca change quoi ? même proportions de con qu’ailleurs, peut être plus même… bon le nouvel obs aussi ;-)

    Commentaire par herve_02 — 14/05/2013 @ 20:56

  28. @Khazan : je me doutais que quelqu’un distinguerait Facebook et le reste, vous avez raison. Je souligne le paradoxe au niveau macro, d’un côté on se déculotte de façon totalement inconsidérée, de l’autre on défend avec fureur le droit à l’anonymat, convenez que c’est piquant même si ça ne vient pas forcément des mêmes à l’échelon micro (et encore….ce sont quand même deux caractéristiques culturelles lourdes du web, l’exhibitionnisme et le masque).
    Pour le reste, vous avancez l’argument technique, il a le mérite d’être cohérent avec la culture de l’outil. J’entends votre observations. Mais on peut aussi prendre la chose par l’aspect éthique. Les deux se défendent. Soit on fait confiance au traqueur de spam préprogrammé pour évincer les commentaires orduriers et les noms et adresses des trolls, soit on invite chacun à assumer sa parole publique en s’exprimant à découvert. On verra bien, peut-être que la solution sera comme souvent un mélange de méthodes ;-) quant à l’adresse IP, mouais, même moi je saurais aller dans un cybercafé ou emprunter une bécane pour proférer des âneries, alors que dire des geeks capables d’égarer les recherches sans bouger de leur siège….je pense que bientôt nous serons presque tous assez habiles pour en faire de même.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/05/2013 @ 20:58

  29. @Herve_02 : bonne question en effet on peut redouter le transfert de fichier, mais entre nous, vous êtes déjà totalement à poil pour les pros du marketing, dès que vous ouvrez n’importe quoi, ils vous pistent, alors un peu plus un peu moins…si c’est pour la bonne cause. En plus, ça se résout assez simplement par une case à cocher du style : gardez mes coordonnées pour vous.
    Sur l’anonymat, il y a un problème d’ambiance générale qui se dégrade. Si vous aviez suivi les débats à l’assemblée sur le mariage homo via twitter, vous seriez effaré par la violence des insultes proférées par les twittos à l’endroit des députés, j’en étais ulcérée et désespérée sur la nature humaine. Si ces gens avaient commenté sous leur vrai nom, je gage que nous aurions eu 90% d’insultes en moins, et donc une ambiance générale beaucoup plus décente. Pour beaucoup hélas, la liberté d’expression se confond avec celle d’insulter. Alors je veux bien qu’on m’oppose tous les slogans de liberté, et même j’y adhère, mais je souscrits aussi à la réflexion éthique qui cherche le moyen d’organiser tout cela de façon douce avant que ça ne tourne très mal. L’éthique n’est pas un bâton entre les mains d’un tyran, c’est un outil à la portée de tous pour bien vivre ensemble. Une intelligence durable….

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/05/2013 @ 21:27

  30. mille fois d’accord avec vous. mais dans le combat de civiliser la civilisation, je ne sais pas si la priorité des priorités c’est de lever l’anonymat des touiter (vous remarquerez que j’en ai reçu aucun, de touit insultant)

    Sur la "loi" sur la mariage homo : c’est ce que ca fait lorsqu’on veut forcer des gens : ils se débattent et parfois avec violence, c’était et c’est toujours, une loi débile, mal faite, servant juste à masquer la continuité d’avec l’ère sarko.

    Ok, nous sommes à poil, alors vous en prem’s… expliquez nous en long, large et travers vos préférences sexuelles, vos ébats avec les fréquences … c’est pour la bonne cause. Et quelle bonne cause ? la même qui explique que les gens enfermés à guantanamo c’est pour la bonne cause ? celle qui donne au gouvernement le droit de vous suivre, vous filmer, vous engeôler sans procès pour la bonne cause (parlez-en aux épiciers de carnac), de vous rafler et vous parquer (mais pour la bonne cause aussi, parlez en au roms)…

    Des bonnes causes il y en a des milliers, et de vous à moi, puisque nous sommes à poil tous les deux dans le même endroit confiné : je préférerais que la bonne cause première soit les grecs qui crèvent de faim ou les enfants qui dorment dehors à paris plutôt que de pouvoir éviter qu’un député se fasse traiter de con (ce qui serait éventuellement faux), mais aussi de menteur, voleur, truand, vendu, ce qui serait presque à coup sûr vrai, d’autant plus que pour les touitos des téléphones portables c’est facile à retrouver le "propriétaire" en moins de 5 secondes… il n’ont qu’à porter plainte. Comme ont dit : quand le peuple n’est pas bon, changer de peuple.

    Êtes- vous prête à abandonner un peu de votre liberté(*) juste pour cela ? pour la bonne cause… et lorsque vals sera premier ministre et qu’il commencera à faire des fichiers d’informations tout ce qu’il y a de public quel sera le problème si vous n’avez rien à vous reprocher ? et si vos employeurs découvrent vos orientation sexuelles sur un blog autre ? vos appartenances politiques … mais c’est pour la bonne cause olivia. (excusez moi je n’ai pas pu m’en empêcher.)

    * je ne vous ferais pas l’affront de sourcer cette allusion, dans le fond je vous adore. (mais je me suis rhabillé pour vous le dire.)

    Commentaire par herve_02 — 14/05/2013 @ 22:12

  31. @Aliocha

    Je suis d’accord avec vous sur le constat… ne vous méprenez pas :-)
    Ceci étant… je diffère sur les conséquences à en tirer.

    Si vous avez suivi les débats à l’assemblé… vous aurez remarqué qu’un certain nombre de député étaient filmés, pas du tout anonymes et, qu’en plus de la violence verbale, ils en sont venus aux mains :-)
    L’anonymat n’est pas forcément responsable de tout :-)

    Si les twittos twittaient sous leurs vrais noms, il y aurait sans doutes 90% d’insultes en moins et sans doutes aussi très, très peu de twittos… je crains même que ce ne soit pas les twittos les plus insultants qui déserteraient le plus vite le navire.Et twitter sans twittos, c’est comme un journal sans lecteurs… ca met la clé sous le paillasson rapidement.

    Quand Blizzard a annoncé sa volonté de supprimer l’anonymat dans les forums de ses jeux vidéos… le tollé a été si énorme que moins de dix jours après l’annonce ils faisaient marche arrière (même pas eu le temps de mettre le truc en place). Un des arguments qui m’avait fait sourire étant: je ne veux pas que mon patron sache que je joue à World of Warcraft et que je poste des commentaires à 3h du matin alors que je bosse le lendemain. C’est ma vie privée.

    Le truc c’est qu’internet a créé un liberté qui n’existait pas auparavant. Cette liberté est intimement liée (je le pense) au relatif anonymat d’internet. Plus vous tenterez de faire reculer cet anonymat et plus vous détruirez internet. Et comme une liberté nouvelle (on en revient au mariage homo :-) ne se laisse pas détruire facilement, vous ne ferez que renforcer l’émergence de réseaux alternatifs plus anonyme qu’internet comme Tor par exemple (https://www.torproject.org/)… et là, à part interdire ces réseaux au motif que bon… ils sont quand même trop bien cryptés et que du coup c’est vraiment pas bien… etc…et que quand on a rien à cacher on n’a pas besoin de se protéger autant et bla bla bla :-)
    Vous voyez l’idée.

    N’oubliez pas aussi qu’internet est un endroit ou chacun a plusieurs identitées.
    Ici je suis Khazan mais sur linked’in j’ai mon vrai nom.
    Sur facebook aussi
    Et s’il me prenait l’envie de montrer mon anatomie intime à quelqu’un, j’aurais encore une autre identité;
    Quand je jouait à WoW j’avais une autre identité et s’il me prenait l’envie d’aller sur meetic j’en aurais encore une autre etc à l’infini.

    C’est cette liberté là qui ne disparaîtra pas… ou alors d’internet et juste pour réapparaître sur un réseau différent. Le vrai problème c’est qu’on aura beau faire, on ne pourra pas "décréer" ces usage qui plaisent tant.

    Commentaire par khazan — 14/05/2013 @ 22:39

  32. Enfin pour rire un peu…. à la une de pravda 890

    " Nouveau « tweet » d’ivrogne de Boutin, sur la mastectomie d’Angelina Jolie
    o Par Yann Guégan (Yann Guégan | red. chef adjoint)
    o 14/05/2013
    o 17H35 "

    vous voyez, même pas anonyme ils s’expriment… et ce n’est ni frais ni intelligent.

    Commentaire par herve_02 — 14/05/2013 @ 22:57

  33. @Herve_02 : quand je dis que nous sommes à poil, j’entends que notre navigation est espionnée en permanence, qu’il existe des millions de fichiers contenant un nombre incroyable d’infos sur vous, c’est la question cruciale de la protection des données personnelles. Quelques agitateurs sur le web dénoncent la CNIL en estimant qu’elle est un ennemi de la Nation parce qu’elle tente d’endiguer ce phénomène. Quels naïfs que ceux qui défendent une liberté qu’ils ont déjà perdue. Quand il ne s’agit pas de cynisme chez quelques marchands de soupe…Alors que Marianne, Libé, La figaro et l’Obs aient vos coordonnées, je vous assure que ça compte autant qu’une goutte d’eau dans la mer. Sauf que là ça pourrait être utile, ce qui serait totalement extravagant !

    @Khazan : c’est quoi la valeur d’une liberté qui doit se cacher pour exister ? Grave question, vous ne pensez pas ? Dans le billet déjà ancien que j’ai mis en lien "Impérieux anonymat", j’y défends l’anonymat pour les raisons que vous évoquez, mais vous ne m’ôterez pas de l’esprit que le web sera enfin mature et son intégration dans la société aussi, quand il sera possible de s’y exprimer sans se déguiser derrière un avatar rigolo et un pseudo plus ou moins clownesque (je parle de moi). Je trouve cela aussi amusant que ridicule, franchement. C’est pourquoi d’ailleurs j’ai laissé tomber le masque. Comme d’autres blogueurs d’ailleurs, dont Koz. A partir du moment où l’on a fini de tester Internet et le rapport que l’on entretient avec, on découvre que le pseudo cesse d’être vital.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/05/2013 @ 09:13

  34. @Herve_02 : Boutin a parlé trop vite, comme souvent. Je n’ai jamais dit que la véritable identité rendait intelligent, simplement qu’elle rendait responsable.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/05/2013 @ 09:15

  35. Samedi 25 mai 2013 à 9h, au College des Bernardins, colloque "Le système médiatique actuel sert-il le bien commun ?"
    communication@collegedesbernardins.fr

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 15/05/2013 @ 12:04

  36. @laplume…

    je vous adore… boutin à parlé trop vite…, mais guégan non, il ne fait juste que de la traiter d’ivrogne, mais lui il a le droit, la démocratie de la responsabilisation c’est juste pour robert qui commente sur le site du figaro.

    Vous savez je crois qu’en fait ils ont déjà gagné, les gens, sauf quelques activistes, ont acté que la vie privé ca n’existe pas, ou plutôt qu’à partir du moment ou on l’a dit à une personne, il est normal que ca puisse être répété à tout le monde. Il est "acceptable" que les sites en ligne aient nos coordonnées pour voir si ça changerait pas le comportement des gens. D’ailleurs pourquoi se limiter exclusivement aux sites de presses et que l’identification ne soit pas obligatoire à chaque connexion internet. Pourquoi faire les petits bras et ne pas faire envoyer par les préfectures une clé usb qui servirait d’identification personnelle à la navigation et qui marquerait chaque paquet transitant sur le net et chaque paquet non identifié ne serait pas routés par le réseau et tomberait. Parce que vous avez plus confiance en une industrie qui essaye de gagner de l’argent qu’en un état qui essaye de nous rendre la vie meilleure ? … ou pas en fait… ca ressemble à choisir entre la peste et le choléra.

    Qu’est-ce que ca changerait, de toute façon nous sommes déjà tracés, en plus il y aurait tout plein d’avantage : on pourrait prouver que le téléchargement de la dernière merde du dernier con ce n’est pas nous, que le prélèvement sur la carte bleu est indu car la demande n’est pas notre, plus besoin de se souvenir de millions de mots de passe, puisque nous serions identifié automatiquement. Un rêve d’expérience utilisateur simple et merveilleuse, un web sécurisé, bien moralisé avec chacun responsable de ses dire et actes. Pareil dans les réunions publiques, les assemblé générales d’actionnaires, les meeting politiques, les soirées débats, les salles de spectacle.

    Ouais, je suis partant. j’ai rien à cacher. Maintenant pour aller un peu plus loin, dans cette bonne idée. Je trouve qu’il serait normal que chaque article de journaliste soit signé de sa main, avec ses coordonnées trouvables facilement sur le site du journal car si on trouve normal que le journal ait les coordonnées de ses "contributeurs" je trouve qu’il serait symétriquement équilibré que le lecteur ait celles de celui qui écrit. Ensuite pour "responsabiliser" la profession, il faudrait également que les lecteurs aient les coordonnées des sources, cela les responsabiliserait également et le lecteur saurait d’ou elles parlent. Puis les coordonnées de celui qui a retouché l’article et/ou les photos….

    Et comme il n’y a pas de raison, il serait bien que les contributeurs aient également les coordonnées de ceux qui s’adressent à eux. Parce que dire que boutin est une ivrogne n’est pas plus grave que de dire que je suis un con. Donc je veux pouvoir retrouver celui qui me traite de con.

    D’ailleurs c’est une super idée d’interdire dans la rue tout truc qui empêche d’être identifié par les caméras de surveillance, non les caméras de protection plutôt… C’est une sacré société que vous désirez, ce que j’en pense.

    Un site de presse, arme de propagande dans les mains d’industriels qui ont acheté le pouvoir politique et vous pensez que ce serait une bonne idée qu’il aient les coordonnées de tous ceux qui écrivent chez eux ? et pour l’encadrement juridique, on verra bien au fil du temps s’il faut pas légiférer un peu dessus…

    Au fait je ne veux pas remuer la merde, mais il y a moins de flic pour encadrer les hooligans du psg que les versaillaises avec poussettes et enfants…. chacun ses priorités comme ont dit par chez nous.

    Commentaire par herve_02 — 15/05/2013 @ 13:15

  37. @Herve_02 : mais mon cher, c’est précisément à cela que sert l’ours d’un journal – et le "mentions légales" d’un site – c’est-à-dire l’encadré où vous trouvez le nom du directeur de publication, responsable légalement du contenu, l’adresse et le téléphone de la publication, le numéro de commission paritaire mais aussi les coordonnées du pdg, du directeur éditorial, du directeur marketing, du directeur technique, des rédacteurs en chef, rédacteurs en chef adjoint, chefs de service, secrétaire de rédaction etc…précisément pour la transparence et la responsabilité. Regardez donc, la prochaine fois que vous achèterez un canard ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/05/2013 @ 14:00

  38. Pour info : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ours_(imprimerie)

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/05/2013 @ 14:01

  39. @ Denis Monod Broca réponse à 24

    Mais quelle est donc votre définition de l’objectivité ? Qui ose se dire "objectif " du moment où il fait intervenir ses émotions et son jugement ?

    Bien sûr que la vérité existe mais elle est nue c’est pourquoi il ne faut pas l’habiller sous peine de la perdre ou de la masquer.
    Un fait ne se déforme pas au grê de vos émotions de votre idiosyncrasie ou de vos maux d’estomac. Il ne vous appartient pas et vous me parlez de vos émotions nécessaires pour faire jaillir la vérité . or c’est votre vérité qui jaillira pas la vérité universelle que tous reconnaitront.

    Je n’ai rien contre le journalisme d’opinion, les éditoriaux et les billets d’humeur mais ils sont censés vous influencer et vous manipuler et pas obligatoirement susciter votre imagination et encore moins votre réflexion ils n’ont rien de la vérité mais ils titillent la vôtre par d’excellents ou moins bons raisonnements.
    L’objectivité est la perfection ultime , infiniment rare parce que nous restons des humains justement avec nos émotions et nos opinions. .
    le journalisme annonçant les nouvelles devrait être strictement neutre .. Rien à voir avec un autre qui est didactique et impartial l’ autre oriente et prend parti .. Comme au royaume des cieux il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus du fait qu’il y a beaucoup de journalistes qui pratiquent chacun dans leur sphère un travail et une conception différente. L’ennui est qu’en France on mélange les genres et les nouvelles du jour sont présentées à partir d’opinions politiques ou autres et on a le goût du story telling.

    Si vous faites intervenir vos émotions dans un jugement vous obtenez VOTRE vérité qui n’est pas la mienne ou celle du voisin qui a d’autres émotions elle peut – être intéressante mais elle n’est pas objective car vous faites intervenir votre personnalité pas la mienne.

    La vérité est nue et ne s’habille pas. Elle existe à partir du moment ou elle est sans voiles , froide et neutre .

    Commentaire par Scaramouche — 15/05/2013 @ 14:17

  40. @laplume

    je sais très bien ce qu’est l’ours d’une publication… je côtoie des personnes travaillant en infographie.

    Pour mes coordonnées, je donnerais l’adresse ip fourniés par mon opérateur. et ma chère vous ne répondez pas du tout à l’objection, vous ne faites que bottez en touche en évacuant avec une pirouette… journalistique.

    Commentaire par herve_02 — 15/05/2013 @ 14:19

  41. @Herve802 : je ne botte pas en touche, je bosse et je réponds quand j’ai trois secondes sur le propos qui fait tilt

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/05/2013 @ 14:28

  42. ok, je ferais bien plus court pour ne pas avoir de tilt à la frange de mon questionnement.

    Commentaire par herve_02 — 15/05/2013 @ 14:42

  43. Je crois que je viens de toucher du doigt le problème : les gens sont globalement pointilliste et il faut "travailler" pour globaliser. Donc pour que les gens lisent, il faut des trucs tout court qui ne parle que d’un aspect du problème, de toute façon les gens se concentrent sur un point de détail pour réfuter l’ensemble du propos. le touite est le mode de communication par excellence de l’époque…. faire un article qui commente un touite doit être le niveau zéro de la réflexion.

    Ce n’est pas la mort du journalisme ou de la presse : c’est la mort de la réflexion dans son entièreté : l’avènement de la société parfaite faite de bœufs qui ne savent que bouffer et ruminer, attendant dans l’inconscience collective l’abattoir.

    Commentaire par herve_02 — 15/05/2013 @ 14:49

  44. Herve_02 : non, j’ai résumé la réponse, mais elle est sur le fond. La contrepartie de la liberté de la presse, c’est-à-dire de l’absence de contrôle a priori sur les publications, c’est la transparence qui permet en revanche une sanction a posteriori en cas de dérapage. C’est comme ça depuis 2 siècles. On a eu le temps d’essuyer les plâtres, de tester le système et de le trouver bon. Il ne s’agit pas sur Internet de pister tout le monde, mais d’étendre cette logique des médias professionnels aux médias amateurs puisque tout le monde aujourd’hui peut revendiquer d’être un média. Voilà, puisque vous êtes sur le mode "les gens" avec moi, je vous retourne le compliment "les gens" ont besoin qu’on leur coupe les poils de c…en 18 pour être bien sûr qu’on a bien répondu à la moindre subtilité de leur pensée. Seulement voilà, le journalisme a ceci de déformant c’est qu’il apprend à synthétiser ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/05/2013 @ 15:11

  45. ok, ce que vous dites c’est que les BLOGUEURS doivent donner leurs coordonnées, pas les lecteurs. A moins que l’on veuillent considérer qu’un commentateur soit un fournisseur de contenu devant donc alors partager les rémunérations directes et indirectes du site qu’il commente.

    Que marianne ait les coordonnées de chacun des blogueurs qu’ils reprennent cela me semble un minimum, c’est cela étendre aux médias amateurs : "les gens" ne s’en offusquerait pas, pas demander les coordonnées de tout ceux qui commentent. De plus c’est si simple de passer à la trappe ce que l’on n’a pas envie de voir, même autheuil le fait, donc demander TOUTES les coordonnées pour éviter CERTAINS trucs que l’on peut supprimer en 2 secondes, excusez moi moi faut couper en bien plus fin pour que ça passe sans trop racler sur les bords. C’est un peu l’idée de l’adéquation et la proportionnalité entre la chose et son combat.

    Mais dans l’absolu je m’en cogne, j’arrêterais de commenter, puis de visiter…

    Commentaire par herve_02 — 15/05/2013 @ 15:37

  46. @Herve_02 : on se calme. Je ne suis ni ministre ni député, il n’y a pas de projet de loi en vue, on discute, et en plus d’un sujet au demeurant assez anodin, donc rien ne justifie cette violence, surtout pas à mon endroit.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/05/2013 @ 16:19

  47. @ Scaramouche

    Je note que vous vous êtes rapprochée de mon point de vue, puisque vous admettez que la vérité puisse exister. Mais à condition, ajoutez-vous aussitôt, qu’elle soit "nue, sans voiles , froide et neutre". Nue et sans voiles d’accord, c’est en général comme cela qu’elle est symboliquement représentée. Mais, froide et neutre…, pourquoi ces épithètes dépréciatifs ? Est-ce une façon implicite et détournée d’admettre que la vérité, cette pelée, cette galeuse, fait peur ?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 15/05/2013 @ 16:24

  48. Quand l’affaire du Mur des cons vire à la pantalonnade : http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=15550

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/05/2013 @ 16:55

  49. je n’avais pas l’impression d’être violent, et ma dernière phrase relativise mon opinion et ne s’applique pas (je viens de re-re-re-lire et comprendre comment vous l’avez interprété) à votre blog mais à l’idée générale que j’ai de cette réflexion, car dans l’absolu je m’en moque de ce qui pourrait être appliqué. Que je ne puisse pas commenter des trucs sur certains sites m’indiffère au plus haut point et même si je ne pouvais plus y aller pour une quelconque raison cela ne changerait pas ma vie. je le redis : je ne fait pas une menace contre ma participation ici, je dis juste que j’arrêterais de commenter ou de fréquenter les sites si ce que l’on me demande me semble exagéré par rapport à ce que j’obtiens en retour.

    Je trouve juste, de mon point de vue, que ce "flicage", car c’en est un, est disproportionné par rapport à ce qu’il est "censé" apporter comme bonne cause : rien. Vous ne semblez pas le remarquer, peut être à cause de votre vie trépidante, en prise directe avec l’information qui change tout le temps, en plein coeur de la kapitale, mais s’il y a une "libération" individuelle, il y a un flicage de plus en plus généralisé de la population, par les officines publiques et privées avec interconnexions des fichiers dans l’indifférence la plus totale, une augmentation massive de l’objétisation de l’individu, une monétisation des fichiers publics (donnez votre immatriculation à votre garagiste et vous n’aurez pas besoin de connaître le modèle de votre voiture, mais ils connaîtra votre adresse et vos coordonnées, et ca marche également avec votre pas garagiste qui voit votre voiture garé chez un concurrent et peut décider de se renseigner sur vous pour vous démarcher commercialement.)

    Que l’inspecteur de police chargé de l’enquête puisse avoir le positionnement de mon téléphone mobile sur ordonnance d’un juge si je suis suspecté d’un crime ou délit, je trouve cela plutôt normal, qu’il puisse écouter/lire les messages que j’ai envoyé à la personne qui est victime/complice ne me dérange pas, qu’il puisse de loin en loin me cerner pour évaluer mon profil en fouillant dans ma vie ne me dérange pas car c’est un outils pour lui pour arrêter les coupables et nous sommes bien obligé de faire quelques sacrifices pour vivre en société, pour permettre d’atteindre des objectifs d’ordre généraux.
    Maintenant qu’un flic de base ou un fonctionnaire de préfecture ou un employé d’un magasin d’une chaîne appartenant à … puisse d’un click de souris obtenir toutes ses informations, plus mes commentaires dans les sites que je visite, ca me semble un poil exagéré… sauf si tout le monde peut le faire pour tout le monde. Cela ne me dérange pas que tous les commentateurs ici et vous même puissiez avoir ces informations sur moi, si je peux avoir les même sur vous. mais j’assume mon coté commère. Ce que j’ai du mal à accepter c’est que certains droits soient accordés à certains et pas à d’autres.

    Commentaire par herve_02 — 15/05/2013 @ 17:06

  50. @ Denis Monod

    Mais où donc avez-vous vu que j’ai dit que la Vérité n’existe pas puisque depuis le début je vous dit qu’elle se doit d’être froide lucide et neutre en un mot : pure. ? I
    Il y a là un paradoxe bizarre ou alors nous ne nous comprenons pas .

    Puisqu’elle sort du puits toute nue depuis des lustres elle existe donc mais à condition de la conserver dans l’état . On peut l’imaginer belle et radieuse mais elle peut aussi être laide suivant les cas ou celui qui la regarde.
    C’est notre idiosyncrasie notre personnalité nos motivations qui l’habillons et de ce fait nous la tuons ou nous la maquillons en fabriquant chacun la nôtre.
    Je ne saurai pas mieux dire depuis le début.
    Étre froid et neutre comporte je vous l’accorde une certaine dureté , la nudité est sans fards. .mais il y a aussi de la rigueur et de la lucidité ; chaque médaille a son bon côté, ainsi la poésie de l’imagination la gentillesse du mensonge pieux, le charme d’une politesse facilitant l’existence sont le bon côté des mensonges qui nous entourent quotidiennement. Il est vrai que la vérité n’est pas toujours tendre mais elle est sans maquillage c’est pourquoi nous essayons de la faire passer en l’arrangeant et en l’édulcorant un peu.
    J’ignore si de secs et froids bulletins des nouvelles de la nuit se retrouvant dans nos journaux le lendemain auraient beaucoup de lecteurs, nous aimons les histoires…

    La vérité fait-elle peur? Un bon sujet de dissertation .. et à en croire les mensonges la politesse les petits arrangements la mauvaise-foi l’imagination poétique et j’en passe , il est certain que nous aurions bien du mal à vivre dans un monde où le rêve engendré par les mensonges n’existerait pas.

    Vérité et mensonge ont leurs bons et mauvais côtés tout dépend des motivations qui les guident et je dirai pour conclure que nous avons chacun la nôtre .. Quant à savoir qui détient celle du puits c’est une autre chanson..

    Commentaire par Scaramouche — 15/05/2013 @ 19:27

  51. @Herve_02 : ce n’est pas que ça ne m’intéresse pas, c’est que je ne comprends pas que l’on tolère justement d’être fliqué pour de mauvaises raisons et que l’on s’insurge quand il s’agit d’adopter une démarche citoyenne. Je ne suis pas sur Facebook, ni Linkedn, ni aucun autre réseau sauf twitter qui ne demande qu’un mail, je n’ai pas d’adresse gmail parce que je n’aime pas ce qu’ils me demandent sous prétexte de me faciliter la vie, j’ai renoncé malgré les conseils des geeks à faire une manip ici pour twitter automatiquement mes billets parce qu’il fallait autoriser en même temps une tambouille soi-disant à mon avantage mais qui en réalité me ficelait dans le système, j’ai un passe navigo découverte pour ne pas être pistée par la RATP (la CNIL a gueulé sur leur dossier qui leur permettent soi-disant pour faire des statistiques de trafic de vous suivre à la trace : ils ont tous les détails sur vous et ils vous repèrent quand vous passez les portillons), je n’ai activé quasiment aucune fonction sur mon portable parce que je ne veux pas être localisée par je ne sais quel joujou (tout en sachant que je le suis quand même). Néanmoins, je sais que je figure à mon corps défendant dans tous les fichiers possibles et imaginables. Rien que mes commerçants physiques habituels savent tout de moi, depuis mon parfum, jusqu’à mes lectures, en passant par ce que je bouffe grâce aux foutues cartes de fidélité, et du coup, Internet n’est pas en cause. Mais sur INternet, c’est pire. Il suffit que je cherche une paire de draps à la Redoute pour qu’on me propose des draps pendant 10 jours sur tous les sites où je vais, idem pour les vacances, mon ile favorite apparait partout où je passe comme par miracle. La FNAC m’envoie des mails à mon vrai nom sur ma boite mail Aliocha en m’appelant Chère Olivia et en me proposant un polar parce que je viens d’en acheter un la veille. C’est foutu, Hervé. Totalement foutu. Même la CNIL n’y peut rien. Alors résister sur le seul truc un peu utile, ça me parait absurde. Mais bon, si ça vous plait….Mon point de départ n’est pas la naïveté mais une certaine forme de désespoir.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/05/2013 @ 20:47

  52. @laplume

    Oui vous avez entièrement raison, sauf que moi, en plus je n’ai aucune carte fidélité et j’ai quelques extensions firefox qui compliquent un peu la tâche. je n’achète pratiquement jamais sur les sites des grosses boites (qui ont les moyens de tracker) et à chaque navigation je pars sur un profil vierge. Je sais qu’il reste un moyen d’être pisté de manière plus large avec une empreinte du navigateur (car il s’identifie), l’os et la zone de connexion, mais j’ai la flemme de chercher à diminuer la chose (je pourrais facilement en faisant une petite extension qui change le nom du navigateur aléatoirement, mais il faudrait prendre des noms qui existent sans se tromper sinon je m’identifie de fait.

    Vous parliez de droits à l’oubli, d’effacement des historiques : c’est un mauvais combat parce que ceux qui le mène sont ceux qui veulent que les gens oublient ce qu’ils ont fait, le combat qui devrait être est d’empêcher l’accumulation de certaines données. C’est le combat majeur des années à venir, et non il n’est pas encore perdu : il faut former, former, former et éduquer à ne donner aucune vraie information à ces sites dont la marchandise c’est vous.

    Enfin vous dites que c’est désolant d’être traqué et votre proposition est de donner encore plus d’information. En quoi est-ce citoyen de décliner ses véritables coordonnées à un site _commercial_ d’une _industrie_ de la presse ? Les "chiens de garde" ne devraient-ils pas faire un papier par jour, des enquêtes sur l’utilisation des données, des reportages, des livres plutôt que de s’en servir comme les autres ?

    Je n’ai pas compris en quoi c’est utile, cela apporte quoi à la population ?

    Commentaire par herve_02 — 15/05/2013 @ 22:12

  53. @ Scaramouche

    Le 14 à 11h40, sur iPhone je n’ai pas le numéro du commentaire, vous avez écrit : "La vérité n’existe pas. Les faits seuls existent et nous les interprêtons en fonction de notre intellect notre culture et nos opinions." Alors j’ai réagi à cette phrase. Le fait que vous l’avez écrite. Je n’ai fait qu’un copier-coller. Mais il n’y a pas que les faits, il y a aussi leur interprétation. Je n’ai pas interprété votre phrase comme vous l’aviez vous- même pensée. Cela arrive.
    Et je suis d’accord la vérité n’est pas toujours bonne à dire.
    Mais la question n’est pas exactement là. Je m’élève contre la tentation, la tendance, à nier la vérité pour mieux asséner son opinion comme si elle était vérité, et par là-même à assimiler toute velléité adverse de s’approcher de la vérité comme une simple opinion personnelle. Alors il n’y à plus que rapports de force : "la raison du plus fort est toujours la meilleure".

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 15/05/2013 @ 22:44

  54. @Aliocha
    "c’est quoi la valeur d’une liberté qui doit se cacher pour exister ? Grave question, vous ne pensez pas ? "

    Ce qu’on cache est parfois honteux.
    Ce qu’on cache est parfois ce qui nous est le plus précieux.
    Grande est donc la valeur d’une liberté qui se cache pour exister :-)

    Votre question est mal formulée je pense.
    On vote à bulletin secret… pensez vous qu’un signe de maturité démocratique serait d’interdire tout vote anonyme ?
    Après tout, c’est quoi la valeur d’un bulletin de vote que l’on cache pour qu’il existe (soit valide) ? Grave question :-)

    Commentaire par khazan — 16/05/2013 @ 00:19

  55. @ Denis Monod Broca

    Oui en effet cela prêtait à confusion , je parlais de notre vérité pas de celle des anciens qui se cache dans un puits et que nous n’arrivons pas à atteindre , celle-là ne sort pas elle est trop bien cachée elle reste hors d’atteinte. Je dirai presque qu’elle est d’essence divine ! ( Je suis la Vérité et la Vie)

    En finale votre deuxième partie de post confirme ce que je pense et j’avais cité une fois dans ce forum cette phrase d’Alain que j’apprécie particulièrement parce qu’elle résume tout pour moi :

    " Toute vérité devient fausse dès l’instant que l’on s’en contente"

    Les rapports de force étant la base de toute vie en société chez l’homme comme chez l’animal la vérité et sa recherche n’interviennent qu’en second . En premier c’est une règle de survie il s’agit avant tout d’imposer à l’autre la loi ou l’opinion qui est la nôtre en propre tout comme une façon de penser pour le manipuler voire l’asservir.

    Etant le jouet de nos sensations nos éducations , notre culture , nos gênes etc c’est l’éducation , la politesse , la courtoisie, les règles de vie en société qui brident et canalisent nos instincts , sans ces bémols nous arriverions à une foire d’empoigne dans une jungle où comme vous dites le plus fort est gagnant ….mais la vérité ne connaît pas les émotions et en tant qu’entité reste dans son puits.
    Elle existe oui mais qui l’a vue et qui la détient ?

    Il y a celui qui sait qu’il vit dans l’illusion et le sachant nous assène une vérité à laquelle il ne croit qu’à moitié avec une parfaite mauvaise-foi pour des motivations personnelles , (on se rapproche des médias et des politiciens).
    Et l’autre , celui qui ne se pose pas de questions parce qu’il est persuadé être dans le vrai et qui est de loin le plus dangereux , car à celui qui croit savoir, tout progrès et toute avancée sont interdites.
    Nous oscillons parfois de l’un à l’autre .

    Commentaire par Scaramouche — 16/05/2013 @ 10:26

  56. @Herve_02 : dans le prolongement de notre discussion Big Brother…Me Mo ce matin publie une photo des playmobils qui ornent ses toilettes (voui, on s’amuse comme on peut sur Twitter, l’outil est un tantinet régressif), un geek a chopé les photos et lui explique par mail toutes les informations qu’elles comportent (bien qu’elles aient été retouchées). Flippant : http://ow.ly/i/27Xzb

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/05/2013 @ 11:48

  57. @laplume

    Non pas flippant du tout, il est de notoriété publique que de nombreux appareils incluent des informations dans les données des photos, la coordonnée gps est très très courante. Cela permet par exemple de les situer facilement sur google map.

    La question qui se pose est quel est l’intérêt de poster une photo perso au vue et sus de tout le monde ? Lorsqu’une minorité s’insurge de l’incursion dans la vie privé de la marque de la pomme, elle est renvoyée dans les cordes sous les quolibets d’obscurantistes. Il devrait être obligatoire d’intégrer dans les appareils une manipulation nécessaire à chaque photo pour intégrer ce genre d’information qui peuvent effectivement être utiles, mais en sachant exactement qui et quoi est dit et acter à chaque prise de vue que l’on veut bien les intégrer. Cela gâcherait effectivement l’expérience utilisateur du tout facile sans lire ni comprendre, mais c’est comme pour l’école, pour apprendre, il faut travailler.

    La question qui se pose : que fait le gouvernement d’un pays qui n’est pas capable de protéger la liberté de ses citoyens ? peut être utilise-t-il, lui ou ses amis se genre d’information et que la recherche de la liberté est juste "obligatoire" par l’environnement politique mondiale, mais l’effectivité de sa réalisation bien moins importante.

    Il existe des programmes informatiques "interdits" qui permettent de savoir avec une précision alarmante, la position du mobile gps d’une personne avec juste son numéro, sans avoir besoin de le faire sonner, on les trouve/trouvait sur internet. Peut être que vos/votre employeur est à même de vous positionner en ce moment. Ce qui est bien plus flippant car il n’y a aucune action de votre part.

    La capacité à fessebouc à vous retrouver par reconnaissance faciale sur des photos, par comparaison avec sa base de photo tagué est aussi bien plus inquiétant et tout le monde s’en cogne. Qui utilise cette information ? plutôt que de chouiner que le web n’oublie rien (enfin surtout les politiques qui y retrouvent leurs condamnations et les articles relatant leur exploits) peut être faudrait-il avant l’obliger à ne pas apprendre certaine chose ?

    Commentaire par herve_02 — 16/05/2013 @ 12:25

  58. @laplume
    Encore plus flippant…
    http://www.arte.tv/guide/fr/047954-000/une-contre-histoire-de-l-internet

    Commentaire par Le Pet Financier — 16/05/2013 @ 14:25

  59. Un médecin ayant eu son I Pad récemment volé en consultation a pu le retrouver très rapidement chez ses voleurs grâce à la géolocalisation.
    Le bon côté des choses ?
    Sinon quand on veut réellement échapper aux recherches ou brouiller les pistes sur soi et sa personnalité il est toujours possible de le faire lorsqu’on n’est pas un professionnel.

    Commentaire par Scaramouche — 16/05/2013 @ 17:39

  60. @scaramouche

    Si tout le monde est surveillé en permanence dans sa vie publique et privée on arrêtera toujours le coupable rapidement et on retrouvera toujours le voleur. le bon coté des choses ?

    je m’interroge réellement. est-ce que cet objectif vaut réellement le coup ?

    Commentaire par herve_02 — 16/05/2013 @ 18:46

  61. @scaramouche et @hervé je vous conseille vivement le docu d’arte cité en 58.
    Il ne restera pas visible longtemps.
    Vous y trouverez une réponse à vos questions et un abime de question sur cet outil.

    Commentaire par Le Pet Financier — 16/05/2013 @ 20:07

  62. "La cavale de John McAfee est bien terminée. La semaine dernière, le fondateur des solutions antivirus a été arrêté au Guatemala, où il sera renvoyé vers Belize. Les forces de l’ordre souhaitent l’interroger sur le meurtre de son voisin, retrouvé mort une balle derrière la tête. Au terme de 3 semaines de cavale, McAfee a été interpellé. La faute à une photo publiée par un journaliste de Vice, qui l’accompagnait dans son périple."

    http://www.journaldugeek.com/2012/12/12/john-mcafee-vice/

    Comme quoi faut faire gaffe… :-)

    Commentaire par khazan — 16/05/2013 @ 20:11

  63. @le pet

    je l’ai téléchargé et la regarderais à l’occasion. Internet est un peu mon métier depuis plus de 15 ans et l’abîme (le chapeau de la cime est tombé dans l’abîme) de questions je l’ai déjà et j’ai même quelques réponses que certains mettent en oeuvre.

    Mal taguer des photos sur faithbouc, donner des renseignements contradictoires sur les sites, changer d’adresse mail régulièrement, ne JAMAIS utiliser un web mail, éviter d’écrire à des adresses gmail etc…. j’en ait des tonnes comme cela…. donner de faux renseignements dans les mails etc….

    Commentaire par herve_02 — 16/05/2013 @ 21:00

  64. Ce que vous énoncez est un boulot à plein temps , en fait il ne faut utiliser le Net qu’au minimum d’où le fait évident qu’un particulier a plus de chance d’échapper au système de l’inquisition de Big Brother que les malheureux professionnels. Eux sont en première ligne et terriblement vulnérables.
    Eviter Face Book ou divers gazouillis me paraît judicieux et ne dire que ce quon veut bien perdre .

    Un bon truc c’est annoncer son àge.. Vrai ou faux c’est une bonne barrière. Essayez à partir de 80 ans et vous verrez que la société vous accorde déjà beaucoup moins d’intérêt . A vrai dire c’est plein de bons côtés .Pas de dragueurs éventuels, de propositions de vêtements, meubles, de voyages, de pétitions ou autres et même en politique vous n’avez pas beaucoup d’avenir à moins d’en faire partie …et comme il y a peu de places dans les maisons de retraite elles ne font pas de cookies ou pub diverses ,( je n’en ai encore reçu aucune des pompes funèbres..maiis là je ne désespère pas ..)
    Le Net devient alors de l’amusement pur un moyen de croire qu’on existe encore , le seul endroit où on ne voit pas la mine appitoyée de son interlocuteur quand on s’explique mal et pour ce qui est des injures on a 1fabriqué un cuir solide sinon on ne serait plus là depuis longtemps.
    Et puis ceux qui vous répondent s’intéressent quelquefois à ce que vous dites , non au cinéma qu’´ils se font sur ce qui se cache derrière un pseudo et là on est tout content ! (Lol )

    Commentaire par Scaramouche — 17/05/2013 @ 08:40

  65. Hors sujet : "au maléfice du doute" http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2013/05/15/proces-pip-le-beau-metier-de-defendre/
    quand une belle plaidoirie est racontée par une formidable plume

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/05/2013 @ 09:29

  66. @ Aliocha :

    D’accord à fond! j’ai lu hier soir la chronique de PRD… excellente! c’est ça que je cherche dans un journal. A relier à un de vos billets sur les procédures internes des entreprises… à relier aussi aux incantations incessantes qu’on nous sert en ce moment sur la compétitivité, et surtout sur l’absence de compétitivité au sein des entreprises françaises, avec les conséquences supposées en termes de destruction d’emplois… on en rirait si ce n’était pas aussi grave et triste.

    Commentaire par Zarga — 17/05/2013 @ 12:44

  67. Toujours cette éternel dilemne de l’obéïssance aux ordres. L’expérience trés connue des tortures administrées sur ordre auxquelles la plupart des candidats ont obéï en infligeant ( faussement à un comêdien ) des chocs électrics insoutenables. Est-on capable de s’opposer et de dire NON ?
    Peu l’ont fait . L’homme se tordait de douleurs simulées mais son bourreau l’ignorait et continuait à obéir aux ordres.
    Je pense qu’il est toujours possible de postuler ailleurs mais si la direction vous affirme que tout va bien qu’il n’y a aucun risque ..alors ?

    Non ce n’est pas hors sujet on est en plein dans la manipulation le mensonge les apparences , les rapports de force et la difficulté de porter un jugement.

    Commentaire par Scaramouche — 17/05/2013 @ 13:16

  68. @scaramouche

    A partir du moment ou les relations contractuelles sont déséquilibrées (et le monde du travail est l’exemple extrême) il est difficile de penser que le nombre régule. J’ai fait des choix il y a bientôt 20 ans, je ne les regrette absolument pas, mais la vie est un peu plus dure tout de même.

    Ceux qui ont une "situation", des enfants dans le privé, des amis, un train de vie, des habitudes et la certitude de ne jamais retrouver en étant une balance, faut sacrément en avoir et faire le choix d’entraîner sa famille dans les désagréments. Attention, je ne les excuse pas, et me connaissant, j’aurais fait un foin de la mort (mais je n’aurais de toute façon pas été recruté à cause de ce caractère "entier"), mais je tente de donner une piste : Des déséquilibre sociétaux important viennent directement de ce marché du travail que l’on maintient la tête sous l’eau pour avoir la main-mise sur le travailleur qui n’est plus un homme mais une simple variable d’ajustement.

    Pourquoi se faire chier à produire des trucs biens, à gagner normalement sa vie, avec une clientèle locale et employer les gens de votre village, si on peut s’en foutre plein les fouilles en vendant de la merde chinoise (en faisait un coef 10) à des gens qui n’ont de toute façon plus les moyens d’acheter autre chose, parce qu’on les a foutu dehors ? Z’ont même perdu la parcelle d’humanité qui leur donne mauvaise conscience, et les gouvernants en tout genre les reçoivent en grande pompe et demandent leur avis. Faudrait être con pour choisir une autre voie, ou humain, mais là c’est trop tard pour eux.

    Commentaire par herve_02 — 17/05/2013 @ 19:08

  69. oups j’ai oublié :

    "Il se décide à traîner
    Car il a peur d’annoncer
    A sa femme et son banquier
    La sinistre vérité.
    Etre chômeur à son âge,
    C’est pire qu’un mari trompé.
    Il ne rentre pas ce soir."

    C’était en 1992… 20 ans putain, 20 ans…. elle n’est pas d’hier la crise.

    Commentaire par herve_02 — 17/05/2013 @ 19:10

  70. @ Scaramouche :

    « Toujours cette éternel dilemne de l’obéïssance aux ordres. »

    Ce n’est pas que ça. Le renvoi qu’Aliocha nous propose vers le blog de Pascale Robert-Diard est lumineux à ce sujet. Qu’elle me permette de citer cet extrait :

    - Pourquoi est-ce qu’on ne dénonce pas son employeur? Parce que c’est son employeur. Parce qu’il y a 100 ou 120 personnes qui travaillent dans l’entreprise. Parce que derrière elles, il y a 100 ou 120 familles. Et que c’est lourd."

    Ce n’est pas que l’obéissance aux ordres, c’est aussi autre chose.

    Et chez Spanghero ? et chez Lur Berri ?

    Commentaire par Zarga — 17/05/2013 @ 20:38

  71. @zarga

    Vous avez raison et j’avais conscience que c’était réducteur mais je parlais d’un fait précis et d’une expérience faite dans le cadre de l’armée et n’incluant pas ces facteurs.
    Après la guerre on a cherché à comprendre pourquoi des gens " normaux " ont agi en tortionnaires ou se sont tus . .. Simplement pour sauver leur peau ? Banal me direz-vous .. et vous aurez raison car c’est bien plus complexe simplement parce que la nature de l’homme l’est infiniment et peut-être aussi parce que poussés et manipulés par le plus grand nombre on ne sait plus où est le bien et le mal.

    Chaque cas est un cas particulier, chaque cas a ses propres bonnes raisons .. ce que j’appelle sa " vérité" c’est pourquoi il est difficile de trancher ce que sont les réelles motivations d’une conduite qui nous parait ignoble lorsqu’on est placé dans un autre contexte.
    (J’ai failli faire partie d’un Jury et heureusement j’en ai été dispensée. Je dis " heureusement " car j’aurais été sans doute très perturbée )
    Difficile de se conduire en héros lorsqu’on n’en est pas le seul à en payer le prix, il faut pouvoir sacrifier un petit nombre pour en sauver un plus grand, c’est ce qu’on a dit pour justifier la torture en temps de guerre. Il y a toujours une plus ou moins bonne justification à tout mais prime à mon avis l’intérêt général.

    Commentaire par Scaramouche — 18/05/2013 @ 09:59

  72. Sur le papier de PRD, j’ai adoré l’expression "condamner au maléfice du doute", cela donnerait un joli titre de livre et c’est une très belle trouvaille d’opposer de manière induite maléfice à bénéfice (l’expression originale étant comme chacun sait "au bénéfice du doute"). Pour le reste, c’est l’éternel problème de la responsabilité de l’homme versus celle du système, de la résistance etc.

    Sinon, sur Big Brother, un papier bien savoureux : http://www.causeur.fr/smartphones-big-brother,22553

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/05/2013 @ 11:09

  73. En parallèle pour vous remonter le moral pensez au grand malheur de ceux qui n’ont pas d’identité et ceux auxquels on vole les papiers pour les utiliser à leur place .
    Pas de papiers pas d’existence
    C’était déjà le lot de nos ancêtres lorsqu’un pays avait le malheur d’être excommunié. Les registres étant tenus par les marguilliers dans les églises il n’y avait plus de naissances ni de morts inscrites officiellement et la plus grande pagaille s’ensuivait avec tous les crimes possibles.
    L’état civil s’est retrouvé ensuite dans les mairies avec cette menace en moins… Mais il y a une forte ingérence de l’Etat. Un pouvoir remplace toujours un autre et l’actuel prend de plus en plus de place dans la vie du citoyen.
    Vos papiers volés par votre voisin, vous n’existez que par lui et il agit en votre nom et place. Sur votre ordinateur n’importe qui autour de vous peut écrire n’importe quoi .. Est-ce une preuve tangible en justice ? On a reconnu que les enregistrements vocaux pouvaient être falsifiés , alors pourquoi prendre un ordi au sérieux ?

    Comme il y a toujours un bon côté avec le net : Il rapproche les familles les éloignés les séparés les enfants qui vivent loin et ne se voient qu’à travers un écran.Autrefois il fallait huit jours pour recevoir une lettre du Canada .. " causeur" a oublié ça !

    Commentaire par Scaramouche — 18/05/2013 @ 12:40

  74. @Aliocha

    Comment peut-on condamner si on doute ?
    que pensez-vous d’ Hanna Arendt ?

    Commentaire par Scaramouche — 18/05/2013 @ 14:24

  75. Les avocats pénalistes aiment les romans policiers, la formule est provocatrice digne d’un bon polar (Henri-Nova – Le maléfice du doute – 1962 ; Patrice Dard – Au maléfice du doute – 1977) et conduit donc, moralement, à la question philosophique du « que dois-je faire ? » car, en effet, Scaramouche, la « banalité du mal » est inhérente à la nature humaine !

    Ainsi, dans le raisonnement juridique, la corruption du vocabulaire mène à celles des idées : « Celui qui est resté passif sait qu’il s’est rendu moralement coupable chaque fois qu’il a manqué à l’appel, faute d’avoir saisi n’importe quelle occasion d’agir pour protéger ceux qui se trouvaient menacés, pour diminuer l’injustice, pour résister. Même lorsqu’on se soumettait par impuissance, il restait toujours du jeu permettant une activité, certes non exempte de danger, mais que la prudence pouvait pourtant rendre efficace ». (Karl Jaspers « La culpabilité allemande »)

    Or, la dyslexie morale c’est aussi que la personne qui s’enfuie avec ses doutes fait que le doute perdu peut devenir à jamais source de maléfices. Peut-on alors s’accommoder, systématiquement, du bénéfice du doute ? L’adage populaire dit : « au moindre doute pas de doute » ! Le prévenu relaxé (ou acquitté) au bénéfice du doute déroute car, parfois, il nous prive de comprendre la genèse de son acte en renonçant à rechercher les moyens de les prévenir.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 18/05/2013 @ 15:10

  76. @ chevalier Bayard

    L’adage populaire dit aussi " dans le doute abstiens toi "
    Peut-on vraiment comprendre la genèse d’un acte ? On peut comprendre comment se sont déroulés des faits et ce qui peut en advenir suivant les circonstances mais pas tout ce qui se passe dans un esprit humain et favorise tel ou tel comportement.
    Pour condamner efficacement il faudrait être sûr non pas seulement de la culpabilité mais de la connaissance que l’autre a de mal faire.
    C’est pourquoi je pense qu’il faut condamner non pas pour punir mais pour éviter une récidive.

    Commentaire par Scaramouche — 18/05/2013 @ 19:39

  77. @ Scaramouche : d’abord, les faits n’ont jamais que l’évidence qu’on leur prête si on évite de les mettre en perspective. Ensuite, vous avez raison scruter la conscience d’un individu relève de la pure spéculation, de la casuistique, c’est, effectivement, de l’ordre du divinatoire !

    Ici, il s’agit de savoir si la « directrice qualité » de PIP et, à ce titre, « gendarme interne de la société », comme le souligne le vice-procureur, ignorait ce qu’elle contrôlait ?

    Autrement dit, formée pour apprécier, notamment, la qualité des produits de l’entreprise, était-elle au courant de ce que vendait son employeur ?

    Qu’est-ce qu’il l’empêchait de dénoncer des actes répréhensibles que sa conscience pouvait lui dicter en raison de sa position dans l’entreprise ? Quel était le mobile ? Sa motivation ?

    Il est bien évident que le doute premier, c’est le doute sur soi, le sentiment de se fourvoyer, dont on ne peut ni donner la preuve ni la cause, et qui échappe à l’analyse. Le doute est une intuition déstabilisante. Le doute personnel est douloureux en ce qu’il est réflexif : le doute scientifique s’exerce sur des idées émises par d’autres, le doute intime sape obligatoirement la confiance, il influe sur le quotidien, sur la justesse des gestes, d’un travail ou d’un mot. La nature humaine le déteste car il fait entrer l’être dans un cycle instable, voire dangereux.

    Mais, dans le même temps, l’être à la faculté d’évoluer et le doute peut être positif dans cette évolution : sans question sur les certitudes de l’être, il ne peut y avoir aucune motivation, aucune critique digne… Le doute est alors le lieu même de l’épreuve qu’est l’évolution personnelle.

    Cela étant, en droit comparé anglosaxon, le juge fonde sa décision sur les preuves d’une culpabilité hors de tout doute raisonnable. Un doute raisonnable est ce doute qui demeure lorsque tout a été fait pour lever le doute, pour connaître la vérité. Cette notion de « doute raisonnable » n’est pas reconnue en droit français, sous lequel le juge est autorisé à statuer selon son « intime conviction » article 353 du Code de procédure pénale.

    En d’autres termes, cela signifie que la preuve de la culpabilité doit être établie. Et, en ce sens, l’avocat de la prévenue est cohérent car, comme vous le dites, très justement, comment condamner s’il y a doute ? L’expression « bénéfice du doute » en droit français n’est pas satisfaisante c’est ça le maléfice !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 18/05/2013 @ 23:36

  78. @ Chevalier Bayard

    C’est un bon exposé et une exellente conclusion , c’est vrai la nature a horreur du doute , en fait on dit "du vide" mais le doute n’est-il-pas le vide ? Aucune certitude quand on doute , rien de confortable.on flotte entre deux eaux, on est dans le vide…

    Vous parlez il me semble du "reasonable doubt" inscrit dans la justice américaine et qui a permis en son temps si je me souviens bien de relaxer O.J. Simpson que tout le monde savait coupable …
    Sans discuter de la justice américaine qui favorise par d’excellents avocats ceux qui en ont les moyens , on peut se reposer la question : " vaut-il mieux laisser courir un coupable que condamner un innocent " ,
    Eternel dilemne que se posent les malheureux en doute perpétuel et qui ont le malheur d’avoir une conscience qui les tourmente puisqu’ on ne juge pas que des faits mais aussi un être humain ses motivations et sa personnalité.

    Même si la "directrice qualité" était au courant de ce qu’elle vendait ,rien ne dit qu’elle ne croyait pas le big boss qui lui certifiait l’inocuité des produits ? Ce n’est alors plus rien d’autre pour elle que des produits génériques .. (pas tout à fait du Canada dry ).. Si on lui expliquait les choses de cette façon comme a tenté de le faire le patron incriminé lors de son procès .., était -elle aussi gravement coupable ? hors le fait de vendre ces produits pour une marque .?.
    .

    Commentaire par Scaramouche — 20/05/2013 @ 14:25

  79. @ Scaramouche : quand je lis la chronique de PRD et son récit sur le procès PIP qu’elle qualifie de « société avec son défilé d’humaines petites lâchetés » on est bien dans le concept de « banalité du mal » d’Arendt que vous-même avez convoqué…c’est d’une certaine manière à l’origine des actes transgressifs !

    A la question posée par la présidente à l’un des prévenus :

    - Avez-vous songé à faire une dénonciation ?
    - La dénonciation ne fait pas partie de mon vocabulaire.

    Ainsi, l’avocat des parties civiles à son tour insiste :

    - Et refuser des ordres illégitimes, y avez-vous songé ?
    - C’est vrai qu’on peut toujours être rebelle. Mais, non, je n’ai pas refusé.

    Quant à l’ingénieur chimiste : "Je savais que le gel utilisé n’était pas déclaré, mais je ne me suis pas posé de questions. Je faisais confiance aux équipes.

    La présidente lui demande :

    - Vous aviez donc connaissance de la fraude ?
    - Oui.
    - Avez-vous eu l’idée de la dénoncer ?
    - Non. je n’avais pas de raison de me douter de la dangerosité de ce gel. Je regrette de ne pas m’être posée plus de questions. Au lieu d’avoir la force de s’insurger, on se rassure comme on peut.

    Je ne connais pas le dossier mais apparemment dans cette société on savait : « L’existence du gel PIP était un secret de Polichinelle dans l’usine, les salariés dissimulant, avant chaque contrôle, les matières premières et la comptabilité.Après chaque audit du Tüv Rheinland, a dit une salariée, les services fêtaient ça en faisant un pot et ça repartait comme avant. Le mensonge était bien gardé, verrouillé par les colères noires d’un patron décrit comme – un petit dictateur -. L’utilisation de ce gel a généré pour la société PIP des économies estimées à un million d’euros par an. Le prix de revient du gel PIP oscillait entre 5,10 et 5,66 euros le kilo, contre 41,54 euros pour le Nusil ».

    Par ailleurs, tous reconnaissent avoir entendu les commerciaux de PIP rapporter les critiques que certains chirurgiens faisaient sur la qualité de ces prothèses. "Il y en avait même un qui était revenu en racontant que le chirurgien lui avait lancé, en lui rendant une prothèse défectueuse qui avait dû être explantée : "Tenez, récupérez votre merde !"

    Enfin,« Alertée fin 2009 par les signalements d’un chirurgien et un taux de rupture des enveloppes des prothèses PIP plus élevé que celles de ses concurrents, l’Agence française pour la sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) – devenue Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) – découvre, en mars 2010, chez PIP des matières premières qui ne correspondent pas à celles annoncées ».

    Alors ! Tous ni responsables, ni coupables ?

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 20/05/2013 @ 17:13

  80. A ce propos : "Vaut-il mieux laisser courir un coupable que condamner un innocent " ? Pour moi la question ne se pose pas ! Je n’ai aucun doute, précisément, car je privilégie toujours la première branche de l’alternative !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 20/05/2013 @ 17:39

  81. @Chevalier Bayard

    Responsables et coupables à la fois et à des degrés divers.
    Lâcheté avec auto-suggestion et manipulation de la direction supposée détenir la vérité…. ce que je vous disais lorsque une autorité supposée omnisciente vous oriente et vous certifie que tout va bien et qu’il ne faut pas s’inquiéter, la conscience humaine s’endort dans le confort.
    C’est l’histoire de l’armée et de la torture infligée sous vos yeux contre laquelle personne ne se rebelle , jusqu’à s’absoudre si on y participe…
    Oui c’est la banalité du mal à supposer qu’on ait conscience même que le mal existe et qu’on fasse la différence car par paresse ou lâcheté on se raconte à soi-même des histoires pour le rendre supportable .
    Ce que je crains voyez-vous c’est qu’à notre époque la frontière soit petite entre le bien et le mal et qu’à force de banaliser la souffrance et autres misères nous perdions l’affect qui est la base de l’empathie pour les autres . Je crains du fait de la mondialisation les moeurs n’étant pas partout les mêmes ni la religion ni les valeurs… que nous ayons d’autant plus de mal à expliquer nos différences et que s’installe un laxisme où chacun risque de se fabriquer sa propre morale.

    Vérité ici, mensonge au delà.

    Commentaire par Scaramouche — 20/05/2013 @ 18:54

  82. HS: pour info, sur la presse et l’impact d’internet, une tribune de Benoît Raphael http://benoitraphael.com/2013/10/pourquoi-le-batonnage-de-d%C3%A9p%C3%AAches-ne-sert-%C3%A0-rien-ou-presque.html

    Commentaire par Kaeldric — 22/10/2013 @ 11:49

  83. […] universitaire belge a dégagé récemment le concept bien intéressant de "journalisme de pari" (voir l’avant-dernière question de l’interview). En résumé, on lance […]

    Ping par Quand le journalisme dérape dans l’empathie | La Plume d'Aliocha — 11/12/2013 @ 15:20


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