La Plume d'Aliocha

03/04/2012

Le bel esprit français

Classé dans : Coup de griffe — laplumedaliocha @ 22:08
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Cette campagne présidentielle est une pure horreur médiatique. Assurément, on l’étudiera longtemps dans les écoles de journalisme. Je gage même que nous aurons les honneurs de la curiosité internationale sur ce sujet. Ce n’est pas tous les jours qu’on observe un cas pathologique aussi édifiant. Je le sais, le public le sait, les médias eux-mêmes en sont conscients, et pourtant, ça continue. Comment expliquer pareil mystère ?

Tenez, à l’instant, @si m’informe que François Hollande a trouvé un nouvel angle d’attaque contre Nicolas Sarkozy. Croyez-vous qu’il s’agisse de la dette, du modèle social français, du bilan du président sortant sur un point précis ? Pas du tout. Il le coince sur l’infantilisme. Oui. C’est relevé par Le Monde, considéré comme "Bien vu" par @si, bref, ça fascine les meilleurs d’entre nous. Qui sait si l’on ne va pas très vite évoquer un tournant majeur dans la campagne ? Les spécialistes sont à l’oeuvre, nous attendons leurs conclusions avec une impatience frénétique. Mais déjà l’on s’interroge : par quels éléments de langage, l’UMP va bien pouvoir rétorquer ?

Pendant ce temps, The Economist tire la sonnette d’alarme. Le très sérieux journal anglais nous dit : attention chers français, vous oubliez les sujets importants ! Et pour qu’on comprenne bien, il nous colle en illustration de couverture Sarkozy et Hollande dans une parodie horrifique du déjeuner sur l’herbe. Foutus anglais ! Qu’ils se dévorent entre eux avec leur libéralisme. Cela mis à part, ils n’ont pas tout à fait tort.  Comment ? Nous, oublier l’essentiel ? Vous n’y êtes pas, confrères d’Outre-Manche. Vous n’avez rien compris à la subtilité intellectuelle française. Et moins encore à son cynisme. On le sait qu’on est foutu, n’oubliez pas que nous sommes la lumière du monde. Notre lucidité est si vive qu’elle fait de nous les premiers consommateurs au monde d’antidépresseurs. C’est dire ! Alors à ce stade, tout ce qu’on souhaite c’est élire le chef vénéré qui nous accompagnera dans le désastre de la manière la plus agréable possible. Comme l’écrivait Gabriel Matzneff dans Combat, "les anciens grecs, dit-on, priaient debout. Imitons-les. Soyons désespérés et magnifiques !"(1). La seule inconnue est : choisirons-nous le bon ou le mauvais ? Car voyez-vous, une fois qu’on a eu la sagesse d’écarter les questions de fond, aussi insolubles qu’ennuyeuses, il s’agit de se pencher sur les qualités de la bête et sur leur capacité à combler nos attentes du moment.

Evidemment, la question n’a pas le même sens selon le côté où l’on se place, ce qui accroit l’intérêt du jeu. Le suspens est si insoutenable que les journaliste politiques soudain transformés en sorciers inspirés, observent le marc de café, auscultent la boule de cristal, consultent les grimoires à la recherche de précédents, écoutent avec avidité les oracles des sondages, et palabrent à l’infini sur les plateaux de télévision, se disputant l’interprétation des humeurs du bon peuple (hier soir chez Calvi et partout ailleurs, tout le temps).  Les plus investis sortent scandales et affaires. Voir, au hasard,  le numéro de Marianne de cette semaine,  en collaboration avec Mediapart. Puisque l’adversaire résiste, tentons donc de l’empoisonner et assurons ainsi la victoire de notre candidat bien aimé. Parce que ça milite les journalistes en France, voyez-vous. Avec le succès que l’on sait depuis un certain référendum sur un Traité européen. En tout état de cause, on polémique, jusqu’à l’épuisement. Vous voulez nous comprendre, amis anglais ? Alors relisez Rabelais, "les uns parlaient en mourant, les autres mouraient en parlant"…C’est cela, le génie français. En tout cas son génie médiatique.

 

(1) Gabriel Matzneff – Le Sabre de Didi – La Table Ronde 1986. Il s’agit du recueil de ses articles publiés dans Combat. Un bijou de culture, d’intelligence et de liberté d’esprit. 

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91 Commentaires »

  1. J’adore votre lucidité cinglante… en même temps, tout ce que vous décrivez est inhérent à notre système démocratique inadapté et perverti par nos hommes politiques actuels… c’est pourquoi, effectivement, nous assistons au plus bas niveau du plus bas niveau politique : des combats de personne, du psychologisme mal digéré, … des conséquences directes de notre système présidentiel, … et nous n’aurons rien sur le fond des problèmes…

    Il n’y a qu’une chose, où je ne vous suis pas, c’est quand vous dites : "… aussi insolubles qu’ennuyeuses…" ; justement, il n’y a rien d’insoluble, sauf qu’une grande partie du problème provient du fait, qu’envers et contre tout, nos politiques continuent inlassablement à nous promettre des lendemains meilleurs, à éditer des livres d’analyses et de promesses qu’ils ne tiendront jamais, à discutailler sur les raisons de ce qui va mal ; sans jamais douter, sans jamais se demander si, au fond, ce n’est pas eux le problème insoluble qui empêche tout changement… et pourtant, il y en a des solutions…

    Commentaire par Incognitototo — 03/04/2012 @ 23:42

  2. On n’est pas non plus obligés de se laisser imposer les thèmes de campagne par un journal libéral british.

    Commentaire par Gilbert — 04/04/2012 @ 01:21

  3. La tendance est donc de dire à chacun ce qu’il veut entendre (cf Hollande sur la Culture, suivant qu’il parle aux internautes ou aux industries culturelles, ou Le Pen sur l’Internet, suivant qu’elle parle aux catholiques anti-pornographie ou aux internautes).

    Dès que l’un des protagonistes annonce des mesures ou même simplement des tendances, il y a une levée de boucliers par ceux qui s’estiment lésés, ou qui estiment bafoués leurs principes moraux ; voir par exemple les polémiques contre Hollande au sujet du « respect de la vie » (expérimentations scientifiques, euthanasie).

    Le mieux est donc de ne rien annoncer de concret et de se battre sur des images.

    Notez qu’aux USA, la campagne est pire encore… mais peut-on se sentir mieux parce qu’ailleurs cela va encore plus mal?

    Commentaire par DM — 04/04/2012 @ 07:52

  4. @Aliocha : Je pense que vous faites une erreur d’interprétation sur le "bien vu" d’@si. Ce qui est bien vu, c’est l’observation par le Monde de l’élément de langage, distillé par plusieurs soutiens, à plusieurs endroits. Comme on dirait "bien vu" à quelqu’un qui réunit 4 pièces éparpillées d’un même puzzle. Au contraire, @si dénonce cet élement de langage et reproche au Monde de ne pas en faire autant en le qualifiant généreusement d’angle d’attaque.

    @Incognitototo : le souci, c’est que pour arriver en situation de pouvoir, il faut sélectionner parmi les prétendants des qualités de compromissions qui sont antinomiques avec la mise en place de vraies solutions. C’est pour cela que les idées nouvelles viennent davantage de petits partis, ou l’ascension est moins longue et nécessite moins de compromissions.

    Commentaire par kuk — 04/04/2012 @ 09:10

  5. @Kuk : hélas…vous trouvez que le métaoutrage de diptère est intrinsèquement différent de l’outrage de diptère tout court ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/04/2012 @ 09:29

  6. @aliocha : oui, un peu. Surtout que dans la rubrique vite-dit, l’objet n’est pas l’analyse de fond mais le pointage des petites complicités, des éruptions du subconscient de nos medias.

    Commentaire par kuk — 04/04/2012 @ 10:18

  7. Il y a un candidat qui sort du lot, un candidat qui dit que, pour commencer, la France doit se libérer, c’est Dupont-Aignan. Je crois qu’il a raison. La France doit se libérer des chaînes de l’euro, cette invention purement idéologique qui a d’ores et déjà fait la preuve de son inanité, se libérer des chaînes de l’Europe telle qu’elle se construit, bureaucratie à la solde des lobbies mondialisés, se libérer des chaînes de l’OTAN, cette organisation d’un autre âge et qui n’a plus d’autre raison d’être que de défendre la vision américaine du monde. Je crois que Dupont-Aignan a raison mais il n’est pas pris au sérieux. À la discussion de ses idées on préfère les disputes de cour de récréation auxquelles se livrent les champions des sondages, comme si cela c’était sérieux. Consternant en effet !
    Il est vrai que la liberté, c’est difficile, c’est exigeant, c’est angoissant…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 04/04/2012 @ 10:49

  8. Il me semble que cette absence de campagne résulte également du mode de scrutin et des hyper pouvoirs du président élu quel qu’il soit. Le scrutin majoritaire à deux tours garantit la victoire d’un des deux candidats des partis centraux historiques. Je ne me souviens pas avoir été emballé par la campagne précédente, ni par celle d’avant, le "travailler plus pour gagner plus" n’étant qu’un slogan efficace servant à cacher au peuple les vrais bénéficiaires du programme proposé.

    L’issue du scrutin ne pouvant être que Sarkozy ou Hollande, il est logique que la stratégie de chacun de ces deux candidats vise uniquement à contrer l’autre et à affaiblir ses soutiens (c’est à dire à choper les voix du centre). Pas besoin de déployer des monceaux d’idées, lesquelles peuvent donner des prises à l’adversaire. On peut regretter cette frilosité, mais l’important pour les partis n’est pas la manière, seulement la victoire.

    Commentaire par kuk — 04/04/2012 @ 11:06

  9. Je ne puis m’empêcher de ne point être d’accord avec vous.
    Nos amis anglais ne devraient point relire Rabelais qui n’avait pas tout à fait tort, mais plutôt Rostand.
    Car les français sont plus proche je pense de ce cher Hercule-Savinien de Cyrano de Bergerac, qui fut tout et ne fut rien.
    Et c’est dans sa mort que nous le suivons, tristes moutons que nous sommes.
    Cependant une dernière fois, aux anglais nous rappelons :

    Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose
    Que j’emporte, et ce soir, quand j’entrerai chez Dieu,
    Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
    Quelque chose que sans un pli, sans une tache,
    J’emporte malgré vous, et c’est [c'est ?]
    Mon Panache !

    Commentaire par Beldom — 04/04/2012 @ 11:44

  10. C’est à cause de ce manque de sujets que des candidats qui attaquent les sujets de Fronts comme Mélenchon font aujourd’hui 15% + dans les sondages.

    Commentaire par rdutertre — 04/04/2012 @ 13:29

  11. "ils n’en mourraient pas tous, mais tous étaient atteints" comme écrivat Jean de La F….
    Lambda

    Commentaire par Lambda — 04/04/2012 @ 14:42

  12. Quelle plume !
    Article incisif, lucide.

    Le fond, la forme, chapeau bas …

    Commentaire par patrickc — 04/04/2012 @ 16:27

  13. Je pense que vous surestimez les campagnes électorales des autres pays.
    J’ai la chance de pouvoir en suivre certaines dans le texte, et c’est rarement flatteur. Un exemple accessible? La campagne US.
    Alors les leçons de morales du Financial Times…

    Commentaire par Javi — 04/04/2012 @ 18:50

  14. Tiens, tiens, une leçon de journalisme infligée à Aphatie : http://www.rue89.com/2012/04/04/le-fils-deva-joly-fait-la-lecon-apathie-par-lodeur-du-sang-alleche-230848

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/04/2012 @ 20:00

  15. "n’oubliez pas que nous sommes la lumière du monde."

    Comment dit-on outre manche, déjà ? Ah, oui : "we think the sun shines out of our arses" !

    Très imagé, comme expression, n’est-il pas ?

    Commentaire par Zarga — 04/04/2012 @ 20:42

  16. [...] Salon Beige , le 4 avril 2012 à 19:47   J’ai apprécié le ton hélas réaliste de cet article :« Cette campagne présidentielle est une pure horreur médiatique. Assurément, on [...]

    Ping par En battant la campagne… | Chrétienté Info | Eglise Catholique — 04/04/2012 @ 21:47

  17. Bonsoir aliocha,

    Décidément, vous n’aimez pas Calvi et ses pythies ! Moi, dans cette émission, j’ai particulièrement aimé les premières minutes : A la question "pourquoi la campagne stagne ?", la réponse la plus pertinente, me semble t-il, a été "comme il est impossible de respecter l’égalité de temps de parole entre les 10 candidats, autant ne rien faire. Je trouve cela un peu désolant".

    UN PEU DÉSOLANT ?!? Vive le journalisme ! Et après on essaye de savoir pourquoi les français s’intéressent de moins en moins à l’élection. Remarquez, c’est comme l’heure d’été ou les Francs-maçons, ça meuble.

    Commentaire par Ctpjano — 04/04/2012 @ 21:50

  18. La France et ses politiques sont en plein déni économique.
    The Economist dénonce à juste titre ce déni économique des différents candidats et des politiques français en général alors que la campagne ennuyeuse a atteint sa vitesse de croisière.
    –>

    .

    Commentaire par kurgan314 — 05/04/2012 @ 10:25

  19. ouais, The Economist se paye la tronche des Français. Très bien, même si c’est un peu facile, cela pourrait être utile.

    Mais pour dire quoi ? Certainement pas qu’on devrait essayer de changer un peu la politique économique de l’Europe dont l’Allemagne est le fer de lance, évidemment pas. Mais pour accuser les deux candidats principaux, même Sarkozy, de n’être pas assez libéraux et de ne pas prendre assez modèle sur l’Allemagne justement, sa baisse des salaires et l’augmentation considérable des temps partiels, avec pour résultat la proportion de pauvres encore plus élevée qu’en France, The Economist qui accuse encore le fait de taxer les très hauts revenus à 75% au-delà de 1 million d’euros : faut pas car ça sert à rien -évidemment la référence à quelques principes et en particulier à la morale, est tout à fait superflue pour The Economist- et qu’il faudrait sans doute prendre modèles sur l’Angleterre qui décide de baisser les impôts des + riches .etc

    Pourquoi The Economist ne se paye-t-il pas la tronche de l’Eglise orthodoxe grecque si puissante et si riche, qui ne paye pas d’impôts et tient des discours hypocrites sur la pauvreté, qui impose sa vision du monde par imprégnation de la société, aux media afin que ceux-ci ne fassent pas trop de bruit autour des suicides qui se multiplient dus à la désespérance de certains tombés dans la grande pauvreté, car la dite Eglise refuse l’enterrement religieux aux suicidés ?

    Où sont les archaïsmes et les discours vides de sens ?
    Et accessoirement, où est le cynisme ?

    Commentaire par salomé — 05/04/2012 @ 12:52

  20. Voilà bientôt 4 ans que j’explique ici que les journalistes sont les premiers à souffrir de la dinguerie médiatique : http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#13557
    Voilà une info qui confirme cela. Alors, on arrête quand ?
    (je fais allusion au Neuf-Quinze de ce matin et à la journaliste faisant inutilement le planton devant l’hopital de Delon, si quelqu’un a le bon lien, je suis preneuse….)

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/04/2012 @ 13:54

  21. @Salomé : je l’ai dit, non, que leur critique libérale il pouvait se la coller où je pense. Il n’empêche, ils ont raison sur un point, on n’aborde que très accessoirement le fond. L’essentiel de la campagne se résume à une lutte du bien contre le mal, à la gueule du client, des gentils contre les méchants etc. C’est d’une nullité absolue. Pourquoi à votre avis ? Parce quo’n arrive au bout de la dérive médiatique. Au bout du : il faut faire simple et con. Envoyer aux électeurs des messages aussi chatoyants et creux que des spots publicitaires. Les sujets de fonds ? Trop compliqués, trop longs à expliquer, trop fatigants pour les journalistes à explorer, trop négatifs pour les politiques à énoncer. Le fond a été décrété non compatible avec l’état actuel de l’exercice médiatique. Songez donc, on en est arrivé avec Twitter à raisonner en 140 signes. Et derrière les journalistes tentent de rivaliser en rapidité et en briéveté. A part en recourant aux techniques de la BD, je ne vois pas comment on pourrait s’en sortir. Une photo et une phrase dans une bulle.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/04/2012 @ 14:16

  22. Pour vous servir
    http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4829

    Commentaire par kuk — 05/04/2012 @ 14:38

  23. Aliocha, d’accord avec vous, la course de vitesse que représente Twitter qui fait tenir un message en très peu de signes, c’est la mort de toute distance, de toute pensée, du réactif pur, et simple, simplificateur. Il n’y a de pensée que dans la complexité des choses, qui inclut les contradictions et les nuances. C’est l’information à son degré le + bas, du factuel, de l’anecdote, pas d’arguments, pas d’analyse, le tout pris dans divers fantasmes dont la pensée est exclue par définition, se résumant au fantasme de tout sur tout, tout suivre, tout savoir, des faits minuscules, l’un chassant l’autre .

    Ni pensée ni mémoire, mais l’affolement permanent.

    Commentaire par salomé — 05/04/2012 @ 15:11

  24. Salomé : "Pourquoi The Economist ne se paye-t-il pas la tronche de l’Eglise orthodoxe grecque si puissante et si riche, qui ne paye pas d’impôts et tient des discours hypocrites sur la pauvreté"

    En matière d’hypocrisie, les orthodoxes russes ont l’air de valoir les grecs :
    http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=13560

    "L’Eglise orthodoxe russe a présenté ses excuses pour avoir publié sur son site une photo retouchée de son patriarche. Il s’agissait de faire disparaître une montre de luxe du poignet du responsable religieux lors d’un entretien avec un ministre russe.
    Ce sont des blogueurs qui ont signalé la disparition de la montre Breguet (dont le reflet sur la table vernie n’avait pas été effacé lors de la retouche) d’une valeur d’environ 23 000 euros attachée au poignet gauche du Patriarche".

    Commentaire par Gilbert — 05/04/2012 @ 18:04

  25. Hollande est foutu, Patrick Bruel le lache ! Que c’est passionnant….http://www.lepoint.fr/politique/patrick-bruel-prend-ses-distances-avec-hollande-05-04-2012-1448850_20.php

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/04/2012 @ 20:35

  26. @ Gilbert

    Ça me rappelle l’image d’une publicité Citroën pour un nouveau modèle de 2ch. Le sens d’ouverture de la porte avant avait changé et donc aussi la position de la poignée. L’image était une photo retouchée sur laquelle la poignée avait été déplacée mais son ombre, elle, était restée en place…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 05/04/2012 @ 21:24

  27. "Cette campagne présidentielle est une pure horreur médiatique [...] Ce n’est pas tous les jours qu’on observe un cas pathologique aussi édifiant. Je le sais, le public le sait, les médias eux-mêmes en sont conscients, et pourtant, ça continue. Comment expliquer pareil mystère ?"

    Il y a une explication à ce mystère, une explication assez simple à formuler, si ses conséquences sont moins simples. Nous sommes face à ce que les philosophes appellent des apories, à des contradictions insolubles. Nous voulons à la fois consommer plus (pour la croissance, l’emploi…) et consommer moins (pour la préservation de la nature). A la fois conserver l’euro (pour la solidarité intra-européenne) et supprimer l’euro (qui est cause de déséquilibres insupportables). A la fois défendre la vie humaine (nous avons aboli la peine de mort) et éliminer ceux qui y portent atteinte (nous bombardons ici et là des populations innocentes). Etc. Etc. Placés face à ces apories, nous n’osons pas trancher; C’st bien ce que montre l’actuelle campagne. Les candidats nous amusent avec leurs tours de passe-passe et la médias suivent, que pourraient-ils faire d’autre ?…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 06/04/2012 @ 10:00

  28. @Denis Monod-Broca : la société de consommation nous a dévorés. Ce que vous décrivez pourrait être analysé sous un autre angle : caprice de consommateurs. On veut le meilleur rapport qualité/prix. Je crois aussi qu’inconsciemment chacun devine que le pouvoir des politiques nationales s’est réduit comme peau de chagrin. Non seulement en raison de l’Europe, mais aussi de la mondialisation. A part la justice, la police et l’impôt, plus rien ne relève des frontières. Et surtout pas l’économie qui domine nos vies. Alors les agitations des candidats apparaissent bien futiles. Dès lors, choisissons à la tête du client. D’un côté le président déjà éprouvé, irritant jusqu’à la nausée mais fort et habile. De l’autre, le gentil, chargés de toutes les valeurs qui font défaut à l’autre, mais au caractère incertain dans la tempête. Et pourtant, il y avait une chance de faire jaillir un vrai débat, en posant les problèmes sur la table. Seulement voilà, les problèmes, ça ne cadre pas avec la société de consommation et le monde de bisounours dans lequel nous enferme ce que Muray appelait la civilisation de l’homo festivus.

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/04/2012 @ 10:21

  29. "La société de consommation nous a dévorés".
    Une certaine partie d’entre nous en tout cas. Au moins un cinquième des Français ne cherche à consommer que pour pouvoir vivre décemment : se loger, se nourrir, se chauffer, vivre sans dette, pouvoir payer les études et les vacances de ses enfants. Si c’est cela que vous appelez une consommation dévorante…

    "Non seulement en raison de l’Europe, mais aussi de la mondialisation. A part la justice, la police et l’impôt, plus rien ne relève des frontières"
    Si à l’échelle du monde, nous ne représentons plus grand chose, à l’échelle de l’Europe nous avons des leviers d’action. Sé résoudre à l’impuissance, c’est une forme de choix politique.

    Commentaire par kuk — 06/04/2012 @ 11:45

  30. @Kuk : Je vous recommande chaudement "Le divin marché" de Dany-Robert Dufour ou encore "L’âge de l’accès" de Jeremy Rifkin sur la dénonciation de la société de consommation. Je n’évoque par des comportements individuels mais un climat général, une pression à la consommation. D’ailleurs, ce n’est même plus une pression, c’est une tyrannie.
    Pour le reste, bien sûr que nous avons des leviers d’action, et surtout un modèle à défendre face au tsunami ultra-libéral anglo-saxon, et d’ailleurs on le fait, contrairement à ce qui ressort du discours médiatique. Et pas seulement au niveau européen mais mondial, à travers le G20. Simplement, on ne décide plus tout seul mais à plusieurs et ça, c’est un changement très profond…

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/04/2012 @ 12:12

  31. A mon avis, l’épisode médiatique le plus fascinant du moment http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Edouard-Martin-le-revolte-des-hauts-fourneaux-de-Lorraine-_EP_-2012-04-05-786596
    Belle gueule, beau combat, belle personnalité pour ce qu’on en sait, le reportage diffusé hier chez Envoyé spécial était passionnant. Comme quoi, les médias, c’est aussi et surtout ce qu’on en fait.

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/04/2012 @ 14:32

  32. Aporie comme dit D M-B, soit aveu d’ignorance.
    Ou plutôt je dirais difficulté à décider qui tourne à l’impossibilité de décider tant les contradictions du système capitaliste sont profondes et semblent insolubles à moins de changer complètement de paradigme. A moins d’une révolution qui transforme les choses de fond en comble.
    Tant qu’on est dans la réforme on ne sait trop quoi faire, dans quel sens pencher. Et en attendant, il faut bien suivre le cours des choses, voter, débattre, défendre des idées, malgré tout.

    Difficulté à décider car non seulement nous sommes traversés de désirs contradictoires -qui ne se bornent pas à la consommation, loin de là- , mais aussi et surtout nous sommes confrontés à des nécessités contradictoires qui pourraient se résumer à :

    D’un côté augmenter la croissance pour tenter de réduire le chômage, garantir les salaires, les retraites etc. et contradictoirement agir pour l’écologie, contre l’industrialisation destructrice, telle par exemple l’industrie agro-alimentaire qui détruit la planète, affame et empoisonne les uns pour nourrir les autres -pour nourrir nos animaux fournisseurs de viande nous transférons sur d’autres continents les cultures réalisées dans des conditions ultra-polluantes du fait de l’usage inconsidéré de pesticides, qui ruinent les petits paysans locaux et empoisonnent les populations ; puis ayant fait, nous produisons en Europe, des viandes à bas coûts, en batteries, dans des conditions qui frisent l’horreur et la monstruosité pour les animaux, et à tellement bas coût que nous les exportons vers le continent le plus pauvre du monde, l’Afrique, où là nous ruinons les petits paysans éleveurs.

    D’un côté exploiter le monde entier ou presque, souvent au prix de guerres -et pratiquer la lucrative vente d’armes accessoirement-, pour maintenir notre niveau de vie , qui en passe par notre Etat-providence, sécurité sociale, retraites, aides et allocations diverses et lutter contre la pauvreté qui s’étend dramatiquement en Europe, de l’autre défendre les droits de l’homme, et un certain nombre de valeurs politiques de liberté et d’égalité, soutenir l’émancipation des peuples… et se retrouver confrontés à l’islamisme, d’où soutien à certaines guerres etc.

    D’un côté défense du système capitaliste durant les 30 Glorieuses aussi longtemps qu’il a assuré un progrès dans le bien-être, de l’autre se retrouver plongés dans une crise destructrice.

    D’un côté faire avec Melenchon comme si on pouvait retourner 30 Glorieuses -mensonge horriblement démagogique- de l’autre ne pas savoir comment sortir de cette crise si on veut être sérieux et éviter de marcher dans la démagogie et donc ne pas non plus marcher dans la démagogie nationaliste-protectionniste que vante Le Pen.

    D’un côté on veut l’Europe, nécessité rationnelle incontournable, de l’autre on ne la veut pas, car on ne la veut pas neo-libérale, on vote contre. Ce n’est pas pour autant donc qu’on cèdera aux sirènes du nationalisme. On essaiera d’agir au niveau de l’Europe néanmoins où la politique a encore peut-être une place, si la gauche gagne les élections, si elle est poussée en ce sens …

    D’un côté on sait que la mondialisation est une réalité dont on ne peut s’abstraire par magie, de l’autre on constate qu’elle organise la ruine des salariés, aussi bien des milieux populaires que des classes moyennes, soit la part de la bourgeoisie petite et moyenne qui bénéficie d’un reversement d’une partie de la plus -value …

    Que faire ?

    Pas mieux en politique internationale : soutenir l’émancipation des peuples, certes, mais se retrouver confrontés à l’islamisme et au milieu Sarkozy, ce dangereux irresponsable, qui ne cesse d’agiter l’épouvantail de l’autre, étranger, Arabe ou Africain, musulman, sur lesquels il jette le discrédit, les menace et les met en insécurité en permanence, assure que l’immigration est un danger après avoir le contraire si ça se trouve, les stigmatise et les discrimine, il cultive tout ce qui divise et ce qui sépare et entretient la merde dans la tête des gens par des confusions inadmissibles (musulmans d’origine, musulmans d’apparence) , et après il faudrait leur apprendre à l’école à ces jeunes que la citoyenneté républicaine est une chose formidable et notre pays de même, l’égalité de tous devant la loi etc.

    Résultat de toutes ces confusions et de cet horrible populisme xénophobe et pré-facho, la merde dans la tête des jeunes de culture plus ou moins musulmane -qui conservent une différence culturelle de ce fait, faut pas raconter d’histoire- plus ou moins aculturés et paumés, pour pas mal d ‘entre eux peut-être aussi, qu’il faut soutenir ; et résultat toute une partie de la gauche et de l’extrême-gauche ayant perdu son objet fétiche, le prolétariat révolutionnaire s’en trouve un autre, l’Arabe et le musulman, nouvelle figure révolutionnaire soi-disant, surtout s’il est supposé être l’image du palestinien et réanime l’antisémitisme avec un anti-sionisme hystérique etc. etc. etc.

    Alors qu’est-ce que vous voulez ? Que les grands candidats réaniment toutes les passions qui divisent autour de ces questions ? Sarkozy le fait suffisamment. Hollande ne peut que jouer le personnage qui rassemble et défend la République. Faut pas rêver, il ne peut faire mieux.

    Pour l’économie qui nous met dans la m… jusqu’au coup, qu’est-ce que vous voulez ? Que les grands candidats nous disent qu’ils ne peuvent pas faire de miracles et ne changeront pas le système qui obéit à une logique que tout le monde voit à découvert maintenant, au grand jour, sans avoir lu Marx, mais tout le monde -manière de dire- comprend l’impasse ? Faut pas rêver, ils ne vous le diront pas ouvertement. si on laisse de côté les démagogues JLM et MLP qui racontent n’importe quoi, et esssayent de faire rêver, les autres essayent de faire comme si de rien n’était : Sarkozy bien sûr évite complètement le sujet, à partir de son bilan évité à tout prix, et raconte des histoires, à la marge, pour ne pas dire qu’il continuera en pire.
    Et Hollande essaye de proposer qq réformes, sur la fiscalité, le droit, l’école et au niveau de l’Europe, seuls domaines sur lesquels il est possible d’agir.

    Sinon, pour faire plus et mieux, -sans se contenter de discours démagogiques et en évitant le pré-fasciste à la Sarko- il faut changer de paradigme économique et tenter le dépassement du capitalisme et du recours à la technique illimitée.

    Vaste programme.

    Et les media qu’est-ce qu’ils font ? Ils suivent, répercutent l’information. Jusqu’à preuve du contraire ce ne sont pas eux qui décident de la politique, ni au gouvernement, ni du côté du peuple et de ses éventuelles insurrections, ni eux qui pensent et forment de nouvelles pensées pour contribuer à un monde nouveau, ni même à la critique de l’actuel.

    Ils suivent, de manière servile en servant plus ou moins la propagande du système de domination, -ça fait aprtie du système de domination, d’avoir une caisse de résonnance- ou d’un point de vue critique, et en cela ils sont précieux, extrêmement précieux, car ils défendent une liberté fondamentale, liberté d’expression et d’information. Mais ils ne peuvent sauter par-dessus leur temps.

    Excuses, ce fut un peu long.

    Commentaire par salomé — 06/04/2012 @ 14:55

  33. Joli mot que celui que nous propose Denis Monod-Broca. Je le mettrai en miroir avec celui-ci : impéritie… dont fait preuve notre monde politique.

    Commentaire par Zarga — 06/04/2012 @ 21:14

  34. @ laplumedaliocha

    "La société de consommation nous a dévorés" : oui, si vous voulez, mais la société de consommation, c’est nous. Nous nous abandonnons à notre besoin d’avoir, d’avoir plus, toujours plus (d’argent, de biens, de considération…). Cela peut paraître cynique de dire cela alors que nombreux sont ceux qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts et que la misère gagne, mais je crois que c’est fondamentalement et globalement vrai, que posséder est le ressort de notre société et que ce ressort, naturel, venu du fond des âges, est devenu, à force, pour nos societes qui se veulent civilisées, source de toutes les dérives.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 06/04/2012 @ 22:36

  35. @ Kuk

    "Si à l’échelle du monde, nous ne représentons plus grand chose, à l’échelle de l’Europe nous avons des leviers d’action."
    Pourquoi répéter à l’infini que la France ne représente plus grand-chose, ou qu’elle ne compte plus, ou qu’elle n’est plus rien ? Premièrement ce n’est pas vrai, deuxièmement, cela fut-il vrai, cela ne nous autoriserait en aucune manière à baisser les bras, à renoncer à penser, parler et agir.
    Cette justification de l’Europe par l’insignifiance de la France me hérisse le poil !
    Ah qu’il est confortable de se pelotonner sous l’aile protectrice de l’Europe ! Mais c’est bien là, pour le coup, le plus sûr moyen de perdre toute influence.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 07/04/2012 @ 08:52

  36. @ Denis Monod-Broca : Sans doute me suis-je exprimé de manière ambigüe. Je dis qu’une action unilatérale de la France envers la communauté internationale, sans être insignifiante, n’aurait pas beaucoup d’impact sur celle-ci, que ce soit à l’OMC, à l’ONU ou dans les autres instances internationales. Voyez comment Sarkozy a réussi à réformer le capitalisme (bon, ce n’est peut-être pas le meilleur exemple). Alors que si les Etats-Unis ou la Chine veulent obtenir quelque chose à l’échelle mondiale, ils ont le poids nécessaire pour y parvenir.

    Je ne justifie pas l’Europe par l’insignifiance de la France, il y a certainement beaucoup justifications possibles à l’Europe sans qu’il soit nécessaire d’invoquer l’insignifiance de la France. Par contre, il me semble que l’Europe a comme la Chine, les Etats-Unis, un jour l’Amérique du Sud et on l’espère l’Afrique, la dimension nécessaire pour peser dans les relations internationales. Or la voix de l’Europe sera celle de ses puissances dans lesquelles nous figurons aux premiers rangs.

    Il n’est pas question de se pelotonner sous son aile protectrice, on a bien vu qu’elle ne protégeait pas tant que ça. Je vois plus l’Europe comme un amplificateur de la voix des peuples européens. Si l’Europe décidait de mettre une taxe douanière à ses frontières, cela aurait autrement plus d’impact sur les échanges internationaux que si la France, en en sortant, décidait de cela unilatéralement. Ce n’est qu’un exemple.

    Commentaire par kuk — 07/04/2012 @ 12:14

  37. @Denis Monod-Broca : je n’aime pas dire "c’est la faute à l’autre", mais on peut quand même se demander si on ne nous "aide" pas à adopter cette logique. Que le goût de posséder, j’allais dire "la névrose", fasse partie de l’éternel humain, je n’en disconviens pas. Mais il me semble, peut-être à tort, que nous avons connu des époques où d’autres aspirations rivalisaient avec celle de posséder. Aujourd’hui, je n’en vois plus aucune. Pourtant, il en existe bien sûr, simplement, elles ont disparu du discours. Quand le syndicaliste de Florange, Edouard Martin, parle avec lyrisme de la beauté des hauts-fourneaux et de sa fierté au pied de la Tour Eiffel de savoir que son acier vient de Lorraine, il ouvre une fenêtre étroite dans les médias sur ces "autres valeurs". Ce qui le rend à mes yeux magnifique. Seulement voilà, ce discours est récupéré par les politiques et sera invalidé malheureusement à plus ou moins court terme par la course au profit…Et cette course au profit sera validée par le plus modeste des épargnants désireux de sécuriser le petit produit financier que lui a vendu son conseiller clientèle, par son souci de consommateur de payer le moins cher possible, par les discours sur la compétitivité dans la mondialisation etc…Comme je l’ai déjà dit à Kuk, deux livres m’ont ouvert les yeux sur ce sujet (il doit y en avoir beaucoup d’autres), Le divin marché du philosophe Dany-Robert Dufour et L’âge de l’accès de Rifkin.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/04/2012 @ 12:14

  38. @Denis Monod-Broca : tenez par exemple, hier, je terminais un article très savant sur le rapport annuel de la cour de cassation, je regarde mes mails, et je découvre que le très sérieux magazine Elle me pose cette question abrupte : où en êtes-vous avec la sodomie ? Euhhhh, comment te dire, gentil magazine…Qu’y a t’il derrière cette interrogation cavalière ? Le besoin d’un site féminin d’attirer l’attention et de faire du buzz. Et plus profondément, il y a quoi ? La tyrannie des annonceurs qui paient des emplacements publicitaires en fonction du trafic du site considéré. Et si l’on cherche plus loin encore, il y cette même tyrannie qui s’exerce sur le contenu éditorial. Il faut vendre des fringues, des bijoux, des sex toys, des sacs, des chaussures etc… Et pour faire tout cela, il faut y attacher les concepts d’épanouissement, mais aussi agir sur l’un des ressorts les plus puissants, le sexe. Et voilà comment, au final, le discours médiatique dont on sait qu’il a envahi la quasi-totalité du discours public, assène de nouvelles "valeurs" dont l’unique objet est de vendre. N’ayant pas l’âme d’un censeur ou même d’un redresseur de tort, je ne m’en offusque pas plus que cela, simplement en tant qu’observateur, je trouve que ça interpelle.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/04/2012 @ 12:36

  39. @ Aliocha
    Comme dit un de mes amis, "Elle" est au féminisme ce que la musique militaire est à la musique. Il n’y a rien à attendre de ce torchon qui n’a pour vocation que de faire consommer les femmes soumises au culte de la mode et de la consommation. Contrairement à ce qu’il prétend, ce magazine perpétue et même renforce les inégalités hommes-femmes :
    http://www.acrimed.org/article3794.html

    Commentaire par Gilbert — 07/04/2012 @ 14:38

  40. @Aliocha (mince, je me parle à moi-même maintenant, manquait plus que cela !) @Gilbert (donc) : entre nous, je crois que c’est celui que je déteste le plus tant il sue, que dis-je, il dégouline de pouffiassitude enveloppée des oripeaux d’un intellectualisme de pacotille. La logique c’est : je m’achète un Prada mais je me renseigne en même temps sur ce qu’il faut dire dans les dîners en ville du dernier Beigbeder (ô misère littéraire absolue, dandysme de supermarché) et je pleure sur le sort des femmes afghanes qui, elles, ne peuvent entrer dans une boutique pour choisir un sex toy comme toute femme devrait avoir le droit de le faire dans un monde civilisé. Désolant de niaiserie et de vanité. Notez, pour résumer l’article que vous mettez en lien, le but du journal est de toucher les CSP+ pour leur vendre les produits des annonceurs. Tout le reste en découle.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/04/2012 @ 15:03

  41. @ laplumedaliocha

    "… le très sérieux magazine Elle me pose cette question abrupte : où en êtes-vous avec la sodomie ?"
    Quand je lis ça, cette impudeur tendance, cette obscénité mise sur le devant de la scène, cet anticonformisme sur papier glacé… je comprends ceux qui se réfugie dans l’intégrisme religieux.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 07/04/2012 @ 18:22

  42. J’apprends maintenant qu’un des grands enjeux de cette élection présidentielle, ce sont les modalités du permis de conduire…

    Commentaire par DM — 08/04/2012 @ 09:27

  43. @DM : L’enjeu est de se faire élire en de distiller quelques mesures stratégiques à des cibles électorales bien précises. Quand le politique s’essaie au pointillisme, le résultat global ne ressemble pas à grand chose.

    Commentaire par kuk — 08/04/2012 @ 11:27

  44. @kuk: Je ne nie pas que ces problèmes soient réels pour les personnes concernées, mais ça manque grandement de vue d’ensemble sur les grands enjeux (économie, énergie, jeunesse).

    Commentaire par DM — 08/04/2012 @ 12:36

  45. La Politique, c’est comme la Cuisine, et cette campagne présidentielle est une horreur sans goût, dites-vous Aliocha…

    Certes, et ça fait tellement longtemps qu’on nous gave d’une politique si insipide et si indigeste qu’on en a maintenant la nausée. D’ailleurs ce n’est même pas sûr qu’une bonne campagne savoureuse, digne d’un grand chef, nous aurait redonné l’eau à la bouche et envie d’en reprendre. On a perdu le goût des bonnes choses.

    Après au moins 5 ans d’un régime à base de chips grasses, de cacahuètes défraichies, de fast-food dégoulinants, de bibine fadasse,… même un repas dans une brasserie de luxe n’a plus la même saveur.

    D’ailleurs Nicolas l’a bien dit : "si je gagne cette année, je ne retournerai pas au Fouquet’s" !…

    Commentaire par Beurk — 08/04/2012 @ 22:21

  46. @laplumedaliocha 40
    "Elle me pose cette question abrupte : où en êtes-vous avec la sodomie ? Euhhhh, comment te dire, gentil magazine…Qu’y a t’il derrière cette interrogation cavalière"

    En la matière, en général on sait assez vite ce qu’il y a derrière…

    Bon, je sors…

    Commentaire par araok — 09/04/2012 @ 09:39

  47. Pour les cruciverbistes, sodomie, en 3 lettres :

    aïe

    Bon, chère hôtesse, c’est terminé, promis.

    Une derniere réflexion, quand même, pour la route: Gabriel Matzneff chez Pivot dans les années 70 se félicitait hautement "d’initier" les adolescents. Et je me souviens de Denise Bombardier invitée elle-même, justifiant son nom, lui disant tout le bien qu’elle en pensait.
    Il parait qu’elle n’avait rien compris…
    http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/CPB90002010/la-fidelite.fr.html

    Commentaire par araok — 09/04/2012 @ 10:56

  48. @Denis Monod Broca : c’est exactement mon avis. Mais vous avez noté à quel point l’Occident fait la leçon au reste du monde. A quel point nos pires délires nous paraissent des progrès de civilisation magnifiques, simplement parce que ce sont les nôtres….Personnellement, ils me font frémir.

    @araok : je me souviens très bien de cette émission. Pour avoir rencontré Matzneff, il y a fort longtemps, je crois qu’il y a une part de provocation dans ses écrits sexuels. Je rappelle également qu’il ne faisait que s’inscrire dans l’esprit de l’époque. En tout état de cause, j’ai toujours aimé ses articles dans Combat et ses essais. Ce qu’il fait de ses fesses le regarde ainsi éventuellement que la justice, mais cela ne change rien au fait qu’il écrit bien, que j’aime sa culture russe et son dandysme autrement plus cultivé et intéressant que celui de Beigbeder.

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/04/2012 @ 09:49

  49. Oui, l’esprit de l’époque…la provoc, Cohn-Bendit sa braguette et les petinenfants et la réaction de Bombardier (pas Beigbeder et la vie du rail, bien dans l’époque aussi…) était rafraichissante (comme Melanchon ce matin mettant P Cohen en face de ses approximations douteuses sur France Inter).

    "ainsi éventuellement que la justice" oui, laissons faire la justice, je ne me prononce pas sur une affaire en cours d’instruction…Mais chère aliocha quelle est la durée moyenne de l’instruction et du jugement définitif d’une affaire sensible?
    Autrement dit pendant 10 à 15 ans il faut la boucler?
    Mais vous suivant depuis longtemps je ne vous ferai pas ce procès. Votre amour de la culture russe vous égare, c’est tout.
    A propos de fesse, le silence des medias…
    http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#13579
    Bien dans l’époque, aussi?
    Bonne journée à tous.

    Commentaire par araok — 10/04/2012 @ 10:56

  50. @araok : je vous remercie de vous préoccuper de ma santé intellectuelle mais s’il y a bien une chose que je me suis toujours gardée de faire, c’est de juger un écrivain à l’aune de sa vie privée et d’exiger un brevet de vertu délivré par les autorités morales du moment avant que de le lire. Quant à l’hypocrisie de la société, elle me fait hurler de rire. Entre nous, je préfère un type sulfureux qui a du talent à une grenouille de bénitier qui donne des leçons à tout le monde et dont on découvre invariablement ou presque qu’elle a l’âme plus noire que celui qu’elle vilipende. Contrairement aux snobs, le vice n’est pas à mes yeux une condition du talent, mais il n’est pas non plus exclusif du talent.

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/04/2012 @ 11:29

  51. Chère hôtesse, je retire "égarer" qui était évidemment inapproprié. Je lui substitue "aveugler".
    http://tolerance.over-blog.net/photo-1282616-Grenouille-de-benitier_jpg.html
    Ah, non! pas encore sur la tête. Je fais ce que je peux pour vous être agréable.
    Ah, les filles…

    Commentaire par araok — 10/04/2012 @ 13:32

  52. Un certain nombre de journalistes ont inventé un nouveau journalisme : le journalisme du journalisme. Ça consiste à faire des articles sur soi en train de faire du journalisme. Dans le cas de cette campagne, bien des journalistes se regardent en train de se mettre en scène en tant que journalistes suivants la campagne… et la campagne devient ça, c’est-à-dire ce reflet du vide narcissique du journalisme d’aujourd’hui.

    Commentaire par Alfred — 10/04/2012 @ 19:50

  53. @ laplumedaliocha

    Eh oui, j’ai noté, comme vous dites, que nous avons une fâcheuse tendance à faire la leçon au monde entier, et aussi que, le contenu de la leçon étant ce qu’il est, il y a parfois de quoi frémir.
    Le plus absurde étant que, adeptes comme nous le sommes de la transgression, nous faisons et la leçon et la contre-leçon, que nous professsons et la règle et la désobéissance à la règle.
    Cela est terriblement inquiétant et il est honteux de notre part d’être aussi irresponsables.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 10/04/2012 @ 20:05

  54. @Alfred : hélas, si le vide narcissique n’affectait que les journalistes. Le problème que vous évoquez m’obsède depuis quelques semaines, et je suis en train de me demander, en regardant autour de moi, si le vide narcissique ne serait pas par hasard le fléau du moment. On s’étale sur Facebook, on se répand sur Twitter, on se contemple dans l’écran de son smartphone. J’ai l’impression qu’il existe un lien aussi secret que terrifiant entre hyptertrophie du moi et nouvelles technologies. Extension du domaine de l’ego….

    @Denis Monod Broca : je dirais plutôt "aveugles" qu’irresponsables, mais à ce détail près, nous sommes d’accord ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/04/2012 @ 21:09

  55. @DMB: C’est exactement mon avis. L’agitation autour des faits divers et l’évocation fréquentes de nouvelles lois pénales s’expliquent tout simplement parce que le droit pénal est un des domaines où s’exerce encore la souveraineté nationale (et encore, avec la CEDH…), et qu’il ne coûte rien (du moins dans l’immédiat) de changer la loi dans cette matière, tandis qu’on sent immédiatement la différence si on touche aux aides sociales, à l’éducation ou aux impôts!

    L’étape suivante — et ça a déjà commencé avec les querelles sur l’avortement et l’euthanasie — c’est la campagne autour de sujets de mœurs et de valeurs morales et religieuses, comme aux États-Unis avec Santorum.

    Commentaire par DM — 11/04/2012 @ 07:32

  56. La CEDH, voila une réussite de l’Europe, n’en déplaise à Denis Monod-Broca.

    Commentaire par kuk — 11/04/2012 @ 09:48

  57. « si le vide narcissique ne serait pas par hasard le fléau du moment. »

    Je ne crois pas. Ce n’est pas une mode.

    Cela touche bien d’autres domaines que le journalisme, comme vous le dites. Cela touche aussi par exemple la religion et la personnalité de notre grossier président. C’est la modernité qui est construite ainsi, et ça, ça remonte à la Renaissance, à Descartes, puis à l’idéalisme, à la démocratisation de la culture, à l’industrialisation, etc. Après la plus ou moins complète abolition d’une réalité objective et fiable, nous nous sommes construit un monde fermé sur la subjectivité, donc un monde qui ne peut que se nourrir de lui-même, de sa propre substance. C’est pourquoi autant de choses sont-elles liées aujourd’hui, et d’ailleurs souvent nous ne nous en rendons même plus compte : le prétendu subjectivisme du jugement esthétique, la destruction de la planète, la virtualisation des rapports humains… tout cela a le même son vide. Le journaliste partisan qui ne se préoccupe que de sa mise en scène en relation avec le pouvoir n’a lui aussi plus aucun souci de la vérité et du réel : tout est média, image, bullshit (cf. Harry Frankfurt). L’ego étouffe l’intellect, c’est-à-dire que notre sentiment de nous-même, que la modernité a exacerbé depuis des siècles, nous empêche désormais d’entrer en contact avec les choses. L’invention d’une langue orwellienne en témoigne aussi. On ne dit pas « tromperie », comme on le devrait, quand on parle de la « stratégie de communication » des candidats à une élection. Se présenter comme on n’est pas, c’est en effet une tromperie, cela implique intrinsèquement de mentir, d’être malhonnête, de vouloir que l’image soit plus réelle que la personne réelle afin de duper les électeurs. Ce type de mensonges n’est-il d’ailleurs pas devenu très commun dans les réseaux sociaux et les forums où l’on peut s’inventer autrement que l’on est ? un tel se prend pour un spécialiste en politique, l’autre pour un physicien réfutant Einstein… Combien d’internautes ne sont-ils pas certains d’avoir leur mot à dire sur tout sujet, sans rien connaître ? Le sentiment de sa propre conviction remplace l’usage de la raison. Le journaliste-Narcisse n’est pas différent de ce charlatanisme qui implique paradoxalement beaucoup de renoncement à soi : renoncement à son indépendance, à sa fierté, au libre exercice de sa raison.

    Commentaire par Alfred — 11/04/2012 @ 11:56

  58. @ Kuk

    La CEDH, réussite de l’Europe ?

    Premièrement "réussite" ça se discute, car que vaut cette justice hors sol, hors peuple ? est-elle justice véritable ou justice idéologique ? La discussion mériterait d’être au moins ouverte sur ces questions.

    Deuxièmement "de l’Europe" certainement pas, tout du moins de l’Europe telle qu’on l’entend habituellement, c’est-à-dire de l’Union européenne, puisque la CEDH est une émanation du Conseil de l’Europe et non de l’UE…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 11/04/2012 @ 14:43

  59. @ Alfred

    J’adhère à votre analyse.
    Pour parvenir à, ou se rapprocher, d’une vision objective du monde et de soi-même encore faut-il avoir un point de vue surplombant. Point de vue qu’on peut appeler dieu, mais, quand on ne veut plus, pour rien au monde, d’un quelconque dieu, on se condamne à la subjectivité, à l’irrationalité, et à leurs dérives…
    C’est malheureusement plus grave qu’une simple mode.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 11/04/2012 @ 14:58

  60. @Alfred : voilà un diagnostic qui me parait fort juste. Entre nous, je ne songeais pas à une mode mais plutôt à une évolution de fond. Mais ne soyons pas entièrement peessimistes. Rifkin, mon maître à penser du moment, décrit à peu près le même phénomène dans Une nouvelle conscience pour un monde en crise, de façon un peu plus positive. Il ne part pas de la philosophie mais de l’économie. Pour lui, chaque civilisation s’est développée grâce à la découverte d’une nouvelle source d’énergie. Elle a entraîné avec elle un élargissement des moyens de communication et donc de la conscience. Pour lui, l’apparition du roman signe l’amorce d’une introspection, d’une découverte des émotions et d’un élargissement de la conscience à la conscience de soi. Pour lui, si ma mémoire est bonne, cela mène au développement de l’empathie. Du coup, j’ai le sentiment qu’il existe deux mouvements contradictoires, l’élargissement de l’ego n’est que la face sombre d’un élargissement de la conscience et de la communication avec les autres. Si on observe par exemple Twitter, on voit bien que certains en font un outil de communication et de découverte quand d’autres préfèrent l’utiliser pour faire leur promotion. Souvent, les utilisations sont conjointes, dans des proportions qui dépendent de chacun. Accessoirement, mais ce n’est que mon avis, il me semble que Freud, ou à tout le moins l’utilisation qu’on a fait de son travail, a fait beaucoup de mal sur la question de l’hypertrophie de l’ego, l’observation passionnée de soi…Et pour ne revenir au journalisme, les journalistes qu’on voie sont ceux qui se montrent et ceux qui se montrent sont précisément ceux qui sont victimes de la tyrannie de leur ego. Ne faisons pas de quelques cas pathologiques une généralité ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/04/2012 @ 16:13

  61. @Denis Monod-Broca.

    Effectivement, le terme Europe a été source de quiproquo dans la discussion, car mon modèle d’Europe est très éloigné de l’actuelle UE. Les critiques présentes de Dupont-Aignan, Mélenchon ou d’autres à son encontre ne peuvent être écartées d’un revers de main.
    La CEDH, justice hors sol…national est chargé de faire respecter les traités que les adhérents eux-mêmes ont signés. Si un jour vous vous retrouvez accusé par erreur, vous devrez à de simples citoyens de l’Europe orientale lointaine de pouvoir être assisté d’un avocat. Mais libre à
    chacun d’appeler ça succès ou échec.

    Sinon, j’espère que vous ne faites pas de l’irrationalité, une conséquence de la subjectivité. Pour avoir une vision objective du monde, il faut surtout confronter sa vision subjective à celle des autres, car n’est objectif que ce qui peut être commun à plusieurs hommes.

    Commentaire par kuk — 11/04/2012 @ 16:38

  62. Je ne connaissais pas Rifkin. J’ai regardé ce qu’il a écrit et je pense que je vais prendre le temps de lire quelque chose de lui.

    @ kuk : je pense que Denis Monod-Broca suggère que l’irrationalité découle d’une subjectivité qui s’est coupée de toute possibilité d’objectivité. Ça ne veut pas dire que l’irrationalité soit nécessairement une conséquence de la subjectivité. En fait, la subjectivité dont il est question ici est-elle même irrationnelle ? Peut-elle l’être s’il n’y a pas de référent reconnu qui servirait de critère à la rationalité ? Je soupçonne qu’il en va ici comme pour la vérité, le mensonge et le « bullshit » évoqués par Frankfurt : le menteur n’est pas étranger à la vérité ; en revanche, le charlatan (par exemple tel journaliste, politique ou même philosophe) est étranger à la vérité et au mensonge, car tous les moyens sont bons pour persuader, se mettre en scène, se donner en spectacle, et on peut mélanger vérité et mensonge sans se soucier de ce qui est vrai ou faux. C’est plus de l’ordre du simulacre que du mensonge. Par analogie, il est possible que la subjectivité en question tende plutôt vers l’a-rationalité. En ce sens, on peut se demander si ce n’est pas cela qui fait qu’elle se dissout en elle-même, de son propre mouvement, comme en témoignerait le sentiment de vacuité que donnent assez souvent les médias. Il n’est pas impossible également que les charlatans deviennent les victimes de leur propre fascination pour l’image qu’ils veulent se donner, alors que le menteur doit toujours resté conscient de la distinction entre vrai et faux.

    Commentaire par Alfred — 11/04/2012 @ 18:57

  63. oups, « resté conscient » > « rester conscient ».

    Commentaire par Alfred — 11/04/2012 @ 18:59

  64. Je recommande un spectacle que je suis allé voir sur recommandation de Paul Jorion (pauljorion.com/blog/) : "comment épouser un milliardaire" d’Audrey Vernon au théâtre du Gymnase à Paris, ou comment rire – jaune – des excès et des horreurs de notre cher capitalisme…
    Ça se joue encore jusqu’au 25 avril.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 12/04/2012 @ 08:34

  65. @Alfred : j’en ai lu 2. L’âge de l’accès, publié en 2000 qui décrit le fait qu’on ne vend plus des produits mais l’accès à des univers (Apple, Nespresso en sont deux bons exemples) et montre au passage l’importance de l’économie qui est entrée dans tous les aspects de nos vies (le centre commercial qui remplace la place du village, les réseaux sociaux qui prennent en charge nos relations avec les autres….), passionnant. Et puis Une nouvelle conscience pour un monde en crise, sorti en 2011. C’est une fresque qui décrit toute l’histoire de l’humanité à l’aune du tryptique énergie-communication-conscience pour tenter de résoudre la question de savoir si nous saurons survivre à l’épuisement de nos énergies fossiles et gérer le risque du réchauffement climatique. Pour Rifkin, la situation d’épuisement des ressources n’est pas nouvelle, toutes les civilisations l’ont connues, elle est simplement plus grave. Mais en dressant l’histoire parallèle de la conscience et en s’appuyant sur les dernières recherches qui démontrent que l’homme est naturellement empathique (cellules miroir du cerveau), il estime que cette conscience élargie nous offre la possibilité de résoudre les difficultés auxquelles nous sommes confrontés. C’est brillant, foisonnant d’informations, et au final plein d’espoir, ce qui nous change des discours catastrophistes du moment ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 12/04/2012 @ 09:34

  66. @Denis Monod-Broca : merci pour l’info, j’en avais entendu parler mais je me demandais si ça valait le coup.

    Commentaire par laplumedaliocha — 12/04/2012 @ 09:36

  67. Je trouve que la campagne prend une tournure intéressante :

    - le front de gauche lance un sympathique slogan : "Si tu veux voir mes nichons, vote Mélanchon" sur fond de brochette de jolies nymphes dénudées http://www.7sur7.be/7s7/fr/1504/Insolite/article/detail/1418675/2012/04/04/Si-tu-veux-voir-nos-nichons-vote-Melenchon.dhtml

    - le NPA reprends le concept de "Question pour un champion" pour un clip très humoristique qui va faire très mal aux autres candidats,

    - Cheminade, veut révolutionner la finance mondiale et envahir la lune et mars…

    J’attends avec impatience les réactions des candidats des grands partis pour revenir au premier plan. J’espère qu’ils oseront l’humour et l’originalité !

    Commentaire par Oeil-du-sage — 12/04/2012 @ 13:34

  68. …et j’allais oublier Eva Joly qui n’a pas hésité à se jeter dans les escaliers pour revenir au devant de la scène ! ;)

    Commentaire par Oeil-du-sage — 12/04/2012 @ 13:36

  69. @Oeil-du-sage : la même Eva Joly a troqué ses lunettes rouges contre des lunettes vertes, apprenait-on hier dans Des Paroles et des actes, en référence à l’écologie. Entre nous, je me demande où se trouve le laboratoire ultra-secret ou des savants fous dessinent le profil de l’électeur de base pour le compte des partis politiques qui taillent ensuite leurs programmes et leurs discours sur-mesure pour ledit électeur. Je cherche désespéremment où se trouve le mètre-étalon de ce con splendide, que dis-je, emblématique qui est supposé souscrire aux propos qu’on nous tient. Quand on pense que les candidats croient sincèrement que nous ressemblons à l’idée qu’ils se font de nous, j’en frissonne… ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 12/04/2012 @ 13:46

  70. @ Aliocha, n° 71,

    Vous oubliez deux données assez incontournables :
    - 40 % des téléspectateurs croient que ce qu’ils voient à la télé est vrai,
    - de mémoire, plus de 60 % des personnes testées, dans l’expérience de Milgram, obéissent aveuglément à l’autorité et appuient sur le bouton qui donne la mort…

    Le con que vous ne trouvez pas existe bel et bien, il est même majoritaire… et ce n’est pas l’éducation nationale actuelle, et encore moins le brouhaha médiatique, qui nous permettront d’en diminuer le nombre…

    Je pense que les politiques parlent surtout pour cette population-là, parce qu’ils savent bien que le reste ne peut pas être dupé.

    Commentaire par Incognitototo — 12/04/2012 @ 14:06

  71. @Aliocha, vous vous demandez :"où se trouve le laboratoire ultra-secret ou des savants fous dessinent le profil de l’électeur de base pour le compte des partis politiques qui taillent ensuite leurs programmes et leurs discours sur-mesure pour ledit électeur".

    Une information qui provient de personnes proches de ceux qui savent (ou croient savoir), annonce que le service communication du Président (un laboratoire caché de l’Elysée) va lancer une opération de communication redoutable pour contrer les actions des concurrents à la présidentielle : en effet, il est prévu que Nicolas Sarkozy, très prochainement, annonce qu’il va sauter dans les escaliers de l’Elysée, vétu d’une sorte de costume spacial digne des envahiseurs de l’espace, avec de grosses lunettes vertes, en hurlant : "Si vous votez pour moi, Carla enlève le bas…". ;)

    Commentaire par Oeil-du-sage — 12/04/2012 @ 18:29

  72. @Oeil-du-Sage : allons mon ami, par ces temps de crise, je vous trouve bien dispendieux sur la mise en scène. Plus simple : il sort nu de l’Elysée avec une pancarte : si vous votez pour moi, je remets le bas.

    Commentaire par laplumedaliocha — 12/04/2012 @ 19:48

  73. D’autant que Carla enlève le bas…. déjà fait.

    Commentaire par kuk — 12/04/2012 @ 20:00

  74. @Aliocha: Sur votre héros ;-) F. Lenglet, j’ai trouvé un petit article qui pointe mieux que j’aurais pu le faire les réserves que j’ai face à lui. Je crois en effet qu’il est intoxiqué par sa propre formation éco (probablement de tendance libérale), ce qui le conduit à des "erreurs", en espérant qu’elles ne soient pas volontaires.

    http://www.marianne2.fr/hervenathan/Presidentielles-J-10-Francois-Lenglet-se-plante-devant-Philippe-Poutou_a172.html

    Commentaire par javi — 13/04/2012 @ 09:22

  75. @Javi : ce n’est pas mon "héros", je vous signale même que lorsqu’on a commencé à l’appeler star, j’ai mis en garde en soulignant qu’il bossait, tout simplement. Et ça ne loupe pas, dès qu’il y a star, il y a déboulonneur de star. Si on pouvait sortir de ce délire permanent…C’est pour ça que je lève la plume en ce moment, j’ai horreur des ambiances d’hystérie collective ;-) bref, j’ai lu ça hier. Toutes les données économiques sont toujours discutables parce qu’elles dépendent du choix des paramètres. Seulement au lieu de discuter calmement, non, il faut hurler au complot, à la malhonnêteté, vous m’excuserez, mais il n’existe pas à l’heure actuelle dans ces présidentielles un seul débat d’un intérêt acceptable à mon avis. Tout n’est qu’insulte, mensonges et arguments de pacotille. Un biais idéologique chez Lenglet ? Oui, et alors, il y a aussi un biais idéologique à gauche. Il y aurait donc des biais idéologiques vertueux et d’autres diaboliques ? On ne m’entrainera pas dans ce délire. Si je votais encore, ce qui n’est pas le cas, savez-vous pour qui je voterai ? Pour la droite. Et vous savez pourquoi, alors que je glisse lentement à gauche depuis quelques années ? A cause de la gauche justement, politique et médiatique, à cause de son insupportable certitude d’être du côté du coeur et de l’intelligence. Juste pour lui tarter la gueule. Parce que je peux vous dire que mes copains de gauche, ils sont assez puants, bien plus que mes potes de droite. Et pour en revenir à Lenglet, il a une formation littéraire. C’est ensuite qu’il s’est intéressé à l’économie. Il bosse, il a des convictions, elles ne sont pas d’extrême gauche, elles ne sont pas ultra-libérales non plus. Qu’il ne soit pas mélenchonniste n’en fait ni un con, ni un salaud, n’en déplaise à la gauche.

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/04/2012 @ 09:47

  76. @Aliocha : vous auriez pu ajouter : ni un original. Donc vous voteriez pour la droite car vous n’aimez pas recevoir de leçons, être culpabilisée. Car la droite ne donne pas de leçons et ne culpabilise personne.

    Commentaire par kuk — 13/04/2012 @ 12:19

  77. @Aliocha: justement, pour Lenglet, c’est le fait d’y être venu sur le tard qui me gêne: il n’y a pas besoin d’être mélechonniste pour trouver qu’il n’est pas (encore?) au point. Lors de votre dernier billet sur le personnage, quelqu’un avait raconté dans les commentaires que FL avait présenté des graphes avec des problèmes d’échelles. J’avais dit, et je maintiens, que c’est typique d’une tentative de biais des données. Si Lenglet avait eu une vraie formation scientifique, ça ne l’aurait pas rendu plus honnête, mais il aurait au moins eu conscience que certaines façons de présenter des données étaient orientées.

    Le souci, c’est qu’en lisant votre billet d’il y a quelques temps, j’ai acquis une quasi certitude que Lenglet est "honnete" dans le sens où ses orientations idéologiques sont parfaitement inconscientes et qu’il n’a pas conscience de tricher. Les scientifiques ne sont pas tous honnêtes bien sûr, mais ils sont mieux à même de détecter ces biais: c’est le grand jeu lors de la lecture des articles en peer review.

    Et c’est bien à le problème! Lenglet, comme la plupart des journalistes issus de formations plutôt littéraires, savent écrire, attirer l’oeil et l’attention, mais n’ont pas la (dé)formation qui leur ferait voir instantanément les biais de présentation. Est-il même possible de communiquer sur des mécanismes précis alors que le public en face n’a lui non plus aucune formation scientifique?

    Quand à votre jugement sur la gauche… je me garderai bien d’en discuter avec vous, surtout que je pense qu’on ne fréquente pas la même: votre milieu social et professionnel me semble assez éloigné du mien. Je me contenterai de dire que les puants, on en trouve partout, et qu’il faut beaucoup relativiser pour y survivre, de là à faire de la puanteur un objectif au prétexte qu’on ne peut l’empêcher… :-)

    Commentaire par Javi — 13/04/2012 @ 16:59

  78. "à cause de son insupportable certitude d’être du côté du coeur et de l’intelligence".
    Euh, c’est pas propre à la gauche. La charité bondieusarde des dames patronnesses, qui montrent leur cœur comme d’autres montrent leur cul (piqué à Guy Bedos un jour où il était en forme), c’est la droite. Et c’est pas plus supportable que la gauche morale. Des cons, il y en a dans tous les milieux. Choisissez mieux vos amis…

    Commentaire par Gilbert — 13/04/2012 @ 18:23

  79. @Javi : j’étais cet après-midi à une séance de sanction de l’AMF, on y examinait le cas d’une société de gestion qui avait conseillé à ses clients d’investir dans un produit émis par une banque islandaise en 2007….Octobre 2008, la banque fait faillite. Montant des pertes, 8 millions. Quand vous entendez le rapporteur présenter le dossier, vous songez : la boite est cuite, quels voyous ! Et puis vous écoutez les professionnels se défendre, et là vous entrez dans ce que la justice fait de mieux et dont le journalisme ferait bien de s’inspirer, le contradictoire, c’est-à-dire la capacité offerte à chaque partie d’exprimer son opinion et de l’argumenter, dans un débat poli, calme et serein. Documents à l’appui. Eh bien voyez-vous quand on a été formé à cela, ce qui est mon cas, on ne supporte pas un instant les procès d’intention et les débats biaisés. On sait aussi la gragilité des arguments, on apprend la modestie dans l’expression d’une opinion, le penser contre soi. En admettant que les graphs de Lenglet traduise une orientation, consciente ou non, – je souligne au passage qu’il les prépare avec des sources officielles et considérées comme des références fiables – qu’est-ce qui empêche de discuter calmement ? Pourquoi soupçonner la manipulation, se mettre à hurler au complot ou à l’incompétence selon les cas, parfois même aux deux ? Je regrette Javi mais personne ne m’entraînera là-dedans. C’est précisément pour cette raison que le débat présidentiel est aussi minable, parce qu’il se réduit à des invectives, des querelles idéologiques où l’on dénigre l’autre pour ce qu’il est au lieu de le contredire sur ce qu’il dit.

    Quant à mes "potes" de gauche, je vous parle en effet de décideurs, c’est d’autant plus fâcheux, vous ne trouvez pas ? Ce que je dénonce, ce ne sont pas les idées de gauche – au contraire, j’y adhère – c’est l’effroyable hypocrisie de ceux qui les portent. Notez, je pense que c’est une question de génération, en tout cas je l’espère.

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/04/2012 @ 18:29

  80. Vous aimez le contradictoire? Mais depuis quand (et où) les journalistes de chaines généraliste, type Lenglet, ont-ils donné la place à du contradictoire? A chaque fois que je regarde, j’ai l’impression d’être à la corrida. Le gauchiste ;-) est placé dans l’arène, et les journalistes le harcèlent de banderilles, sans attendre de réponse structurée: "et pour qui vous désisterez vous au second tour?" et "votre programme n’est pas réaliste!" On s’en fout! Laissez le (la) causer!
    Personnellement, j’ai commencé à refuser de suivre les théories éco à la Touati lorsque je me suis rendu compte que la lecture d’un discours de Pompidou (sans le nom de l’auteur) leur ferait se dresser les cheveux sur la tête, au vu de la prééminence accordée à l’Etat en terme d’aménagement publics ou d’investissement long terme! Moi aussi j’aime le débat avec des arguments. Le souci c’est quand, comme aux USA, on finit par avoir une droite (appellée libérale par la gauche chez nous) qui serait capable de prétendre que le ciel est vert du moment qu’elle garde le pouvoir.

    Un exemple US:
    http://krugman.blogs.nytimes.com/2012/04/12/the-mendacity-is-the-message/
    Coté français, la tentative de NS de se présenter comme "l’homme nouveau" et le challenger à cette élection me semble un excellent exemple…

    Tout ça est d’autant plus dommage que certaines valeurs "de droite" sont parfaitement respectables en soi (je pense par ex. au fait de préserver la liberté de l’individu, d’éviter le surplus de règles inutiles, choses qui sont parfaitement "libérales"). Mais le respect ne doit pas être à sens unique, comme trop souvent dans nos médias depuis que j’ai l’âge de les lire: le contrôle ultime de l’économie par le politique (élu) en est une à mes yeux… ;-)

    Commentaire par Javi — 13/04/2012 @ 19:17

  81. @ Aliocha :

    J’ai moi aussi lu le billet de Nathan hier soir. Je ne lui ai pas trouvé un ton particulièrement « déboulonnant » à l’égard de Lenglet. Hervé Nathan a juste fourni un angle différent de celui de Lenglet. Les deux se complètent, je ne vois pas pourquoi on cherche à les opposer.

    Ce qui m’avait plu dans la prestation de Lenglet face à Sarkozy, c’est la courtoisie et la maitrise dont il avait fait preuve. Une vraie prouesse, quand on connait la bête de scène qu’est Sarkozy.

    Ce qu’il convient d’interroger à nouveau, selon moi, c’est le format de l’émission « Des paroles et des Actes ». J’en veux pour preuve la pantalonnade à laquelle s’est livré Giesbert : qu’attendre d’autre comme conséquences, quand on privilégie le spectacle au fond ?

    Commentaire par Zarga — 13/04/2012 @ 19:18

  82. @Javi : c’est marrant, pour les gens de droite, les médias sont de gauche, pour ceux de gauche, ils sont de droite.

    En réalité, si au lieu de s’écharper et de se victimiser (des deux côtés), on discutait sagement, on s’apercevrait que les deux "camps" ont raison. Mais comment est-ce possible, me direz-vous ? Je suis bien placée pour savoir que 80% des journalistes sont de gauche (outil de mesure : le pifomètre, c’est-à-dire ce que j’ai vu en 17 ans, et encore, dans la presse économique, c’est dire….). Ne bondissez pas. Tous les journalistes économiques que je connais sont de gauche, à de rares exceptions près. Ce qui ne les empêche pas de tenir un discours d’adhésion au système dans leurs articles qui s’explique, dans des proportions qui restent à déterminer chez chacun, par une trop grande proximité avec l’objet qu’ils observent et le souci de maintenir le système qui les nourrit. Toujours au pifomètre, je vous dirais que le premier motif est le principal, je crois vraiment qu’ils ou plutôt que nous ne nous en rendons pas compte (sauf que moi, j’étais de droite, donc j’étais cohérente avec moi-même). Mais ça a changé avec la crise de 2008, je ne suis pas la seule à avoir écrit ici qu’on ne m’y reprendrait plus avec le discours "c’est trop compliqué mais c’est sous contrôle", deux de mes confrères ont sorti un bouquin sur le sujet (oublié leur nom et le titre, mais ça doit se retrouver, c’est récent).

    Passons à ceux qui pensent que les médias sont de droite. Ceux-là ne regardent pas les journalistes, mais le système. Et ils en déduisent que les médias aux mains du grand capital défendent le système qui les nourrit. Cette critique là n’est pas infondée mais peut-être un peu simpliste, à mon avis. Disons que dans les grandes lignes elle est cohérente. Les médias reflètent forcément, plus ou moins consciemment, l’idéologie dominante. Ce n’est même pas de l’ordre du complot ou de l’action volontaire et militante, c’est pavlovien.

    Ajoutez à cela la jolie observation de Willkie Collins (auteur anglais du 19ème inventeur du thriller juridique, je recommande absolument "Sans nom" un chef d’oeuvre de suspens) "Les mots sont des géants quand ils nous blessent et des nains lorsqu’ils doivent nous servir" et chaque camp souffre d’un effet loupe sur la manière dont on le traite et se juge victime soit "des ces chevelus de journalistes de gauche" (UMP), soit de "ces médias à la botte du grand capital" (plutôt gauche tendance dure).

    Désolée pour ce diagnostique un peu long et très personnel donc discutable, mais je pense que si on discute en ayant cela présent à l’esprit, on se comprendra mieux. J’ajoute que quelqu’un qui a des convictions de droite n’est pas forcément un salaud d’exploiteur. Cela peut être aussi quelqu’un qui bosse très dur et qui pense, parce qu’il a la chance, – en plus des efforts fournis – se s’en sortir provisoirement, que tout le monde peut y arriver. J’ai pensé longtemps comme ça, et puis j’ai changé au fil du temps. Je ne croit pas être un monstre ;-)

    Par ailleurs, je ne suis pas une grande théoricienne politique, mais je ne pense pas qu’on puisse assimiler totalement la droite au libéralisme. Quand je lis ou que j’écoute mes potes de gauche, je les trouve souvent plus libéraux que moi sur le terrain économique. Les gens de droite modérée sont très partisan d’une régulation forte de la finance et parfaitement conscients des dérives du système. Simplement ils pensent, souvent avec regret d’ailleurs, qu’il n’en existe pas de meilleur. Cela reste mon avis. Sauf si on fait un grand bond dans l’écologie, c’est-à-dire si on parvient à changer les valeurs et à sortir totalement de la dialectique exploiteurs/exploités. Entre nous je crains que si, en l’état, les travailleurs (vous et moi) prenaient le pouvoir, ils engendreraient les mêmes dérives que l’ancien système, mais je peux me tromper. Tandis que si on évolue vers le respect de la planète et donc de l’homme (j’ai une vision très Romain Gary de l’écologie), alors là, on peut s’en sortir.

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/04/2012 @ 19:54

  83. @Javi : pour être complète sur la première partie, si les journalistes éco cautionnent largement le système, les autres sont à mon sens très critiques vis à vis de la droite.

    @Zarga : je suis d’accord, le titre était en décalage avec le contenu, c’est le titre qui m’a agacée. Pour le reste, si on le déifie, on va irriter, à juste titre, en lui donnant plus d’importance qu’il n’en revendique et en agitant les fantasmes de manipulation. Il pose des questions à des politiques chevronnés parfaitement en mesure de se défendre et même mieux, rompus à l’art de rouler les journalistes dans la farine. On nous reproche assez d’être nuls en face d’eux. Donc je maintiens que lorsqu’un journaliste bosse, il ne devient pas un dieu infaillible, mais il permet un débat plus intéressant. Il nous donne une chance de sortir des arguments marketing pour engager un débat de fond. C’est tout ce qu’on devrait reconnaître à Lenglet. Et c’est déjà beaucoup.
    Quant au spectacle…Hélas, je crois que sur ce terrain là, c’est foutu ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/04/2012 @ 20:41

  84. "Sauf si on fait un grand bond dans l’écologie, c’est-à-dire si on parvient à changer les valeurs et à sortir totalement de la dialectique exploiteurs/exploités"

    Seriez-vous pour une sortie du capitalisme ? J’aurais alors le grand plaisir de vous annoncer que vous n’êtes pas de droite ! Parce que tant que l’on reste dans un système productiviste (et certaines productions sont bien nécessaires), et que l’outil de production reste la propriété de celui qui amène le capital initial, alors vous ne sortirez jamais de cette logique exploiteurs / exploités.

    Même si vous parliez du débat journaliste de droite / ou de gauche, je vous rejoins : il n’y a pas une vérité mais seulement des intérêts divergents et donc un rapport de forces. Nier ce rapport de forces ou vouloir le supprimer est tout simplement malsain, cela voudrait dire qu’il existe une solution optimale. Or il existe seulement des solutions qui favorisent plus un groupe qu’un autre. La question est de choisir lequel.

    Etre de droite ne fait pas de vous un monstre, d’autant que vous vivez (et faites vivre) de votre production. Vous ne vivez pas de celle de subordonnés ou stagiaires payés au lance-pierre. Il y a des patrons plus soucieux du bien être de leurs employés que d’autres, mais il restent dans une logique qui permet à d’autres moins scrupuleux de profiter de l’axiome que tout pouvoir tend à s’auto accroitre.

    Commentaire par kuk — 13/04/2012 @ 21:09

  85. @Kuk : je ne pense pas que l’on puisse sortir du système de propriété ni de celui permettant à celui qui investit de toucher les dividendes de son capital (je ne parle pas des LBO quaternaires, c’est-à-dire des effets de levier délirants de gens qui dépècent des boites et les revendent à prix d’or après avoir emprunté pour les acheter, le tout se jouant 3 ou 4 fois de suite, je parle de l’investisseur qui croit dans un projet et y risque son argent). Je n’y crois pas parce que je pars de l’humain, d’une vision réaliste, ni un dieu ni un monstre, et je pense que si on casse le rapport investissement/récompense, on va dans le mur. En revanche, si on arrive à imposer progressivement de nouvelles valeurs, une nouveau rapport à la planète et à l’autre, alors on corrigera naturellement ce qu’on veut corriger, autrement dit pas le système en soi, mais ses dérives mortelles. L’ennui, c’est que le personnel politique fonctionne encore sur les anciens schémas, aucun des candidats à mon avis n’a saisi cette évolution là, sauf peut-être les verts mais eux-mêmes semblent se sentir victimes d’une sorte de plafond de verre. Et pourtant les deux crises que nous venons de traverser ont bien préparé le terrain. La prochaine génération, peut-être…

    Sur les gentils et les méchants patrons, pensez-vous que le criminel jette l’opprobre sur l’humanité entière ? Ce n’est pas parce qu’il y a des voyous que cela signifie que le système est mauvais. Cela veut juste dire qu’il y a des voyous. Et si on va plus loin, que le système ne sait pas endiguer suffisamment ses dérives. Donc, à mon avis, que les incitations à la dérive (liées au système je vous l’accorde) sont trop puissantes et que les garde-fous sont insuffisants. Je propose de corriger les incitations par un changement de valeurs de société et de renforcer les garde-fous.

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/04/2012 @ 21:30

  86. @Aliocha : C’est l’american dream, celui qui prend des risques récompensé après avoir envoyé all-in. Dans le même genre, on a le discours traditionnel sur le mérite. Si seulement le monde marchait ainsi. Dites moi juste quels risques prennent les grands patrons qui siègent aux conseils d’administration des copains pour justifier leur milliers de SMIC mensuels ? Quel travail peut justifier qu’il rapporte à une personne en un mois ce que d’autres ne gagneront pas en une vie, et comment est-ce possible, si ce n’est en agrègeant le fruit du travail de milliers de personnes sur une seule ? Les héritiers jouent au contraire sans risque, avec rendement garanti, en profitant de ceux qui sont dans la nécessité, au moyen du chantage social. Prenez les logements à Paris : vous avez du capital, achetez à Paris et louez le votre, la pression en logement est telle que vous allez culbuter entre 5 et 10 ans. Et pour quel risque, pour quel travail ? Un système qui permet l’accumulation infinie des fruits du travail d’autres aboutit forcément à des distorsions insupportables, sans même parler de la dérive financière ni des mafia au sommet des état pour soustraire ce beau monde à l’impôt, moyennant soutien aux élections.

    Alors on peut appeler ça dérive du système, manque de garde-fous. Entre exploiteur et criminel, il y a une différence de taille : l’une des deux activités est légale. Mais vous avez tout à fait raison, je n’ai pas prouvé que le système était irréparable. Le système dysfonctionne, tout le monde en convient. Il est cependant amusant de noter que beaucoup de ceux qui voudraient le réparer balaient d’un revers de main l’idée de rendre aux salariés la maîtrise de leur outil de production, au prétexte que le communisme a dysfonctionné quand il a été essayé.

    Commentaire par kuk — 14/04/2012 @ 02:10

  87. @Aliocha: merci pour le rappel sociologique sur les journalistes… je connaissais :-) Je suis assez d’accord avec votre vision d’une dichotomie "institution médiatique/personnel médiatique". Un bémol cependant: je ne crois pas qu’on puisse l’appliquer à la télé: les journalistes qu’on y voit sont des stars. Je serais curieux de voir une étude sur la répartition des votes droite/gauche en fonction du salaire du journaliste…

    Je ne parle pas de complot, mais vous suis sur le pavlovien: c’est ce qu’on appellerait, en termes marxistes, la conscience de classe, non?

    Une autre réflexion (désordonnée): ceux qui renvoient les journalistes et médias à leur gauchisme supposé leur reproche souvent un trop grand respect de ce qu’on appelle les droits de l’homme, mais pas leurs conceptions économiques. Le pen reproche aux journalistes leur trop grande mansuétude supposée avec les minorités arabes ou noires de ce pays, pas leurs préceptes éco (la conversion du FN au nationalisme économique me semble hautement douteuse, elle n’existait pas il y a un an).

    Enfin, en ce qui me concerne, je suis convaincu que les mécanismes éco de marché existent, et, s’ils ne tendent pas vers l’équilibre de l’offre et de la demande dans toutes les circonstances, ils sont néanmoins utilisables pour atteindre certains optimums. Mais ce ne sont que des moyens d’atteindre un optimum, en fonction de variables (ex le taux d’inflation souhaitable, le niveau de chômage acceptable…) qui doivent être fixées par le politique, car le but de la société doit, à mon sens, être décidé de façon démocratique entre les citoyens, qui se donnent ensuite les moyens de l’atteindre.

    Le choix du "bon" but à atteindre est largement culturel: je pense que le souci d’universalisme et d’égalité des chances français est très local, au sens où je pense qu’un pays de culture radicalement différente peut très bien s’accommoder par exemple d’un libertarisme extrême. La façon de penser des américains par ex. me semble très éloignées de la notre, malgré un vocabulaire parois identique, qui ne fait qu’apporter des confusions, car le sens des mots est différent. On parle de La Liberté en France, des libertés en Angleterre, ce n’est pas anodin. Et nous sommes là dans des cultures encore relativement proches.

    Dans le domaine écologique que vous évoquez, on peut très bien imaginer atteindre certains objectifs majeurs à travers des mécanismes de marché bien réglés. C’est la tentative de marché carbone de l’UE: les écolo (au niveau UE) font avec une idéologie du moment très pro-libérale, anti-étatique. Ils réussissent à convaincre du bien fondé d’un effort sur les émissions de carbone, mais doivent accepter un mode de régulation qui choque les verts français (mais pas certains écolo anglo-saxons): la marchandisation de droits à polluer. D’un strict point de vue économique, ça pourrait parfaitement fonctionner, à condition que le deus ex machina, en l’occurrence les Etats, donc le politique, définissent correctement le périmètre (le nombre total de crédits carbone alloués) en fonction d’une conviction écologique. Or le rapport de force n’est pas en faveur des écolos, donc ils perdent sur ce point et on obtient une grande machinerie totalement inutile pour la réduction des émissions car submergées sous les crédits carbone gratuits. Un détail (le lobbying sur les états et le rapport de force défavorable) vient de discréditer définitivement un mécanisme. Le jour où l’impératif de réduction des émission carbone deviendra suffisamment apparent, le retour de bâton réglementaire sera extrêmement violent (il faudra rattraper + part de vengeance, classique lorsque le rapport de force s’inverse) et causera sans doute quelques faillites.

    Dans l’affaire, les "libéraux" font comme si ils ne savaient pas que leur système sera contourné du fait des rapports de force du moment, et les "gauchistes étatistes" sont ensuite heureux de discréditer l’ensemble du mécanisme plutôt que le facteur "crédit carbone gratuits trop nombreux".

    On retrouve ce genre de problèmes dans énormément de domaines: en 1950 les états étaient très dominateurs, et les mouvements alternatifs pouvaient être "libéraux" (à la mai 68: vivent les coopératives et les mouvements alternatifs, contre la planification soviétique). Aujourd’hui, les libéraux ont gagné la bataille idéologique (lire Krugman sur le non-enseignement de Keynes en fac d’éco aux USA! D’après mon frère, qui en sort, on a la même chose à sciences po: l’objet d’étude Marx a disparu corps et biens depuis les années 95-2000). Les états non seulement sont empêchés de remplir leur rôle d’acteur économique, mais également d’agir comme arbitre et régulateur! L’exemple type est la multiplication des organismes pseudo public de "haute autorité" ou de machin "indépendant". L’indépendance devient vite de l’irresponsabilité. L’Europe est particulièrement touchée car la construction UE fait travailler ensemble des états qui ont toujours été en concurrence pour l’hégémonie sur le continent (All. UK et Fr, mais d’autres aussi). Le libéralisme devient alors une sorte d’idéal pour une structure supra-étatique sans perte de souveraineté telle que l’UE: plutôt que de m’obliger à m’entendre et à convenir d’une politique de développement commune avec le pays voisin, je vais démanteler tout pilotage politique, le mien mais surtout celui du voisin, et faire confiance à un être supérieur: la main invisible.
    C’est particulièrement visible en matière industrielle: là où airbus est issu d’une collaboration, avec ses compromis parfois boiteux (les sites de production répartis partout) datant des années 60-70, la (non) politique de l’énergie UE est l’histoire de la divergence entre les égoïsmes étatiques: là où des grands monopoles étatiques étaient seuls capables de mobiliser les capitaux nécessaires au développement du nucléaire, ou à la stabilisation du prix du gaz à un niveau moyen, l’UK, les pays-bas, assise sur un gisement de gaz "gratuit", pouvaient se permettre de pousser à la dérégulation, pour vendre leurs ressources plus cher, et développer les centrales à gaz (faciles à faire financer par le privé, du fait d’une structure de coût adaptée à des retours rapides sur investissements.). Le libéralisme devient là une arme politique, parfaitement assumée comme telle, contre la France.

    D’où un sentiment parfois de voir quelques "idiots utiles" quand un journaliste va défendre ce genre de mécanisme à la télé…tout notre développement des années 60 ayant été construit à l’initiative de l’État.

    J’ai été très long, peut-être un peu confus et je m’en excuse. j’espère que ça reste compréhensible: je n’ai pas la formation littéraire qui me permettrait de faire passer aisément des idées dans les médias… ;-)

    Commentaire par javi — 14/04/2012 @ 13:52

  88. Au passage: je pourrais parfois avoir une lecture nettement moins bienveillante du niveau des journalistes en éco ;-) :
    http://blogs.univ-poitiers.fr/o-bouba-olga/2012/04/14/dis-les-echos-cest-quoi-un-taux-de-chomage/

    Commentaire par javi — 14/04/2012 @ 14:54

  89. l’abstentionnisme français commence jeune :

    Commentaire par Oeil-du-sage — 16/04/2012 @ 23:24


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