La Plume d'Aliocha

13/03/2012

Pool de privilèges

Classé dans : Coup de griffe — laplumedaliocha @ 21:23
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Le site Arrêt sur Images relate une bien intéressante querelle en ce moment autour de la notion fort contestable de pool de journalistes. L’expression désigne les journalistes triés sur le volet (le volet de quoi, on se le demande ?) qui ont le droit d’assister à un événement. La polémique a été lancée par une correspondante belge à Paris. Sur son blog, elle se moque des journalistes politiques embedded dans la caravane Hollande. S’en suit une réponse fort bien tournée d’un confrère du Figaro. L’affaire en serait restée là si une autre journaliste, cette fois du site Boocan.com, n’avait rebondi en reprochant à Manuel Valls de lui avoir interdit l’accès à une réunion de François Hollande au motif qu’elle ne faisait pas partie du fameux "pool de journalistes".

Les privilèges sont toujours justifiés pour ceux qui en bénéficient et toujours injustes aux yeux de ceux qui en sont exclus. C’est humain. Mais entre nous, refuser l’accès d’un journaliste à une manifestation ouverte (dédiée ?) à la presse ne peut s’expliquer que pour une seule raison : la volonté de contrôler ce qui sera ensuite relaté dans les médias. On appelle ça un plan de communication. Cela consiste à choisir les journalistes en fonction de leur média, de leur réputation et souvent aussi de raisons moins avouables. Ainsi s’assure-t-on que la couverture médiatique de l’événement sera sérieuse, ciblée et globalement prévisible et maîtrisée. Que les confrères semblent le découvrir et dansent d’un pied sur l’autre en se demandant s’il faut s’en offenser ou non a tendance à me faire hurler de rire. Tout ceci obéit à des règles non écrites dictées par des communicants à qui nous avons tout bonnement abandonné le pouvoir de décider à notre place de la manière dont nous devions faire notre travail. Et bêtes comme nous sommes, nous les respectons ces règles. Mais révoltons-nous bon dieu !

Note : Merci à Gabbrielle de m’avoir signalé le savoureux et rafraichissant blog Pèèèris !

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38 Commentaires »

  1. Et encore s’agit-il de politique… J’ai cru comprendre que les attachés de presse / communicants de certaines vedettes du show-business exigent que les photographes de presse les laissent sélectionner les photographies qu’ils pourront reproduire. Ainsi, plus de « mauvais profil », de minimiques embarrassantes, etc.

    Commentaire par DM — 13/03/2012 @ 21:46

  2. A mes yeux les communicants qui pratiquent encore cet ostracisme sont des dinosaures ! Blacklister un journaliste (sauf à ce qu’il y ait un motif sérieux – ca peut parfois arriver) revient à exarcerber la colère (et donc l’hyper-subjectivité) et l’orgueil des interdits du "embedded" ! Avec les réseaux sociaux et l’écho qu’ils peuvent fournir, c’est ouvrir la porte à des polémiques à la c.. ! Excusez du terme mais c’est vraiment cela dont il s’agit. Autant aller au contact, y compris avec les "antis" ou supposés comme tels et les laisser faire leur reportage.
    Tout comme est déplacée la réaction énervée d’un Nicolas Sarkozy lorsque laurence Ferrari l’interroge sur un supposé financement de Kadhafi de sa campagne de 2007. A lui de répondre, voire de démentir mais en aucun cas morigéner sans rien d’autre. Bref quand journalistes et communicants/dirigeants comprendront que c’est du dialogue que naît la diffusion intelligente des idées et des débats, chacun aura progressé ! Sinon on restera dans ces postures crispés où chacun se méfie de l’autre

    Commentaire par Olivier C — 13/03/2012 @ 21:46

  3. Une autre façon de voir très intéressante :
    http://www.superception.fr/2012/03/13/la-qualite-premiere-dun-communicant-est-tout-sauf-naturelle/

    Commentaire par Olivier C — 13/03/2012 @ 21:49

  4. Donc Hollande a encore des progrès à faire pour ce qui est de l’indépendance des médias. Voilà ce que c’est que de choisir un mec de droite comme chargé de communication. ;-)

    Sinon pour ce qui est de l’interdiction de l’accès à des journalistes, je vois au moins un contre-exemple qui me semble justifié, c’est quand Méluche refuse l’accès au Petit journal de C+: http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4628
    Enfin bon, en même temps, le Petit journal est au journalisme ce que le fromage en tranche d’un burger de fast-food est au camembert au lait cru AOC à 23 euros le kilo en promo, donc pas sûr que l’exemple soit si pertinent…

    Commentaire par Jor — 13/03/2012 @ 22:13

  5. @DM : ça contribue à un climat médiatique général de plus en plus éloignée de la réalité, mais en même temps, ce n’est pas le plus grave sur le terrain de la liberté de la presse ;-)

    @Olivier C : ah, si tous les communicants pouvaient penser comme vous …. Sur Sarko, j’ai failli m’étrangler, notez, chacun voit midi à sa porte. J’ai pensé en tant que juriste qu’il faisait tout pour ne pas nier, des fois qu’on trouverait le moyen de le confondre dans quelques mois. Mais je dois le surestimer sur ce coup là, car lorsque j’y réfléchis, la réponse sous forme de souverain mépris, c’est un truc de base des politiques et Sarkozy n’est pas le dernier à recourir au coup de pied sous la ceinture. Qu’est ce que j’en ai pris moi aussi des remarques comme celles-là. D’ailleurs, quand les gens commencent à répondre sur ce ton, c’est presque toujours parce qu’on a touché juste.

    @Jor : j’allais faire le lien en effet avec Le Petit journal, mais en même temps, il y a différence de nature, du coup je me suis abstenue. Allez voir chez Olivier C, il a une analyse différente mais fort bien argumentée sur le sujet : http://www.leblogducommunicant2-0.com/2012/02/26/petit-journal-de-canal-et-si-on-arretait-le-bal-des-faux-culs/

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/03/2012 @ 23:17

  6. Bonjour Aliocha,

    J’ai été le témoin direct, il y a de cela quelques années et pendant plusieurs années, de ce que dénonce cette journaliste belge sur son blog "Nihil novi sub sole" comme disaient les romains en ce qui me concerne mais ce qui était facilement tu autrefois et de fait soigneusement étouffé l’est désormais beaucoup moins. Je me suis rendu compte, en ces multiples occasions, de l’imposant pouvoir attracteur et corrupteur que constituait l’alliance d’une coupe de champagne, de petits-fours (excellents au demeurant) et de la fréquentation "intime" des puissants de ce monde. La servilité n’est pas un mot vide de sens. Heureusement, Internet est passé par là et au-delà des réactions salutaires que l’on rencontre çà et là, on peut se poser la question si on n’assiste pas à la fin d’une certaine conception du monde.
    L’excellent Hashtable consacre son billet quotidien à ce sujet crucial: http://h16free.com/2012/03/14/12851-quelle-politique-pour-le-xxieme-siecle. Sa réflexion rejoint tout ou partie de vos réflexions, qui sont aussi celles de vos lecteurs. Je crois que la lecture de ce billet vous intéressera.

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 14/03/2012 @ 09:29

  7. Les pools de journalistes ne devraient pas poser de problème à partir du moment où ils sont fréquemment renouvelés. Comme en science dure, l’objet ou le sujet étudié peut biaiser l’observateur / expérimentateur à plus ou moins long terme. On demande également aux policiers de changer de secteur géographique tous les je ne sais plus combien d’années, pour éviter que se nouent des liens de personnes pouvant entraver leur mission.

    Commentaire par kuk — 14/03/2012 @ 10:24

  8. Ce que vous appelez "com" c’est de la politique. Condamner la "com" en général évite de la qualifier politiquement, de voir ce qu’elle a de politique, c’est à dire de distinguer s’il s’agit de stratégie (normale , on n’est pas dans un monde de bisounours) ou de propagande et de manipulation.

    Par exemple mettre sur le même plan le fait que les candidats privilégient les grands media pour assurer que leur message soit répercuté, ou le fait qu’il y ait une équipe de terrain réduite (le pool) car on ne peut se déplacer avec une ou des centaines de journalistes en permanence et que cette équipe de terrain qui recueille l’information la transmette aux autres journalistes, et d’autre part le fait que Sarkozy, pour prendre l’exemple le plus significatif, pour sa campagne, laisse de côté son parti et ses responsables, ses élus, l’équipe gouvernementale, ses collaborateurs, pour s’en remettre à deux personnages d’extrême droite (Patrick Buisson et Franck Louvrier) hommes de l’ombre, qui sont responsables du choix des thèmes du candidat au vu des sondages indiquant les thèmes populaires et qui payent, ne pas faire la distinction entre les deux, est une erreur qui évite d’analyser et d’apprécier le contenu politique de ce qui est communiqué.

    Le rôle des media c’est la communication de l’information. On parle de media. Ne pas oublier que le terme désigne les moyens de communication. Les moyens de communication servent à communiquer, jusque là c’est pas une découverte. Ils sont donc par définition d’abord et essentiellement un relai pour les hommes politiques leurs discours, leurs idées, leurs actes et sont censés informer de la vie politique. Dans une démocratie ils ne sont pas une simple chambre d’écho, ce serait sinon une logique de propagande et de manipulation, mais ils ont un pouvoir critique afin d’éclairer le public par la sélection des informations et par des analyses. Ce qu’on appelle le 4° pouvoir pour cette raison qui existe à la mesure de la garantie de la liberté d’expression et du droit à la protection des sources des journalistes.

    Tous les media ne remplissent pas un rôle critique et de véritable information, c’est évident, les gratuits, Match et la presse people, une bonne partie la presse régionale, une bonne partie de la Télévision et de la radio, mais l’autre partie des media, elle ne permet pas de s’informer ? ? ?

    Le problème apparaît quand les media sont utilisés à des fins de manipulation, instrumentalisés, contrôlés de manière abusive dans une démocratie. Par exemple les directeurs des chaînes de l’audiovisuel nommés par le Président, ses journalistes menacés de perdre leur poste s’ils osent certaines questions (Laurence Ferrari lors du dernier passage de N.S. sur TF1), l’espionnage de journalistes d’investigation par les services secrets, les journalistes sous surveillance et faisant l’objet de menaces…

    Le problème aujourd’hui, c’est à dire depuis Berlusconi et Sarkozy, est quand la politique est réduite à de la démagogie populiste et utilise les moyens de la publicité (Franck Louvrier aux manettes) et de la propagande. Là, les media utilisés à des fins de propagande ou de coup mediatiques, là est le problème .

    Exemple le fameux sondage de "croisement des courbes" relayé par toutes les chaînes de l’audiovisuel et par Le Figaro qui exulte en Une et les autres media bien obligés de suivre ce qui était le "buzz" du jour. Un sondage qui vient opportunément valider cette annonce de "croisement des courbes" rabâchée du côté de l’UMP depuis l’entrée en campagne de son candidat , et supposée devenue réelle par l’effet d’un unique sondage.
    Pourtant http://www.observatoire-des-sondages.org/La-supercherie-de-l-Ifop.html.

    Là les journalistes se sont bien fait avoir, grâce aux relais dans les media du dit candidat, dont on voit qu’ils sont considérables, entraînant les autres bien obligés d’en parler puisque tous en parlaient et qui font aujourd’hui leur auto-critique. Ce fut un grand moment de manipulation.

    Pour moi ce sont des dangers et pratiques dont il convient de s’alarmer et d’informer le public, car autrement plus réels qu’une équipe de terrain réduite, inévitable, dont kuk a dit fort justement (7) que la seule chose souhaitable est qu’elle soit renouvelée régulièrement.

    Entièrement d’accord.

    Commentaire par Salomé — 14/03/2012 @ 12:05

  9. Pourquoi les journalistes français ne s’inspirent-ils pas de leurs homologues espagnols, et ne lancent-ils pas un boycott de ces pratiques?

    Pourquoi ne pas aussi s’inspirer de ces reporters FTP de la première guerre du golfe, dont j’avais entendu parler dans "Photo" à l’époque, et dont on retrouve les échos ici ? : http://www.grands-reporters.com/Fuck-the-Pool.html

    On peut aussi rêver d’un mélange des deux actions, avec battage à l’appui, pour rendre les coups que nous assène la com’ politique.

    De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace!

    Commentaire par Zarga — 14/03/2012 @ 12:26

  10. intéressant à lire ça aussi, sur les moeurs politiques de ceux qui nous gouvernent et leur rapport aux media

    http://www.observatoire-des-sondages.org/Tentative-de-putsch-sondagier.html

    les media, c’est le relai, la cause -de la propagande- elle est ailleurs

    Commentaire par Salomé — 14/03/2012 @ 12:28

  11. @ jor et Aliocha
    Effectivement, le différent entre Mélenchon et le Petit Journal est d’une toute autre nature. D’abord, il faut bien préciser que le Petit Journal n’a pas été interdit de meeting ni de conférence de presse de Mélenchon (Arrêt sur images explique très bien que la journaliste du Petit Journal fait semblant d’interpeller Mélenchon dans le couloir, au moment où il s’en va, alors qu’elle était au 1er rang pendant la conférence de presse et n’a posé aucune question). Simplement, elle a été écartée d’une réunion avec des chômeurs et précaires. Il faut rappeler qu’il n’y a aucun droit particulier pour les journalistes d’assister à une réunion privée, qui relève du bon vouloir des organisateurs.
    Pas d’accord, bien sûr, avec l’article qu’Aliocha donne en lien d’un type qui défend le Petit Journal comme si c’était son impertinence qui était mise en cause alors que ce sont ses méthodes crapuleuses et ses nombreux bidonnages qui sont dénoncés. Le Petit Journal était très bien quand il ne durait que 10 minutes et n’avait pas l’importance qu’on lui accorde aujourd’hui. En 10 minutes, c’était assez facile de trouver des séquences rigolotes démontant les trucs des politiques (comme la répétition du même discours par Sarkozy). Avec le double de durée et le fait d’en faire une émission en soi, le Petit Journal est obligé d’en rajouter et même d’inventer ce qu’il n’a plus aussi facilement sous la main. D’où les manipulations dénoncées notamment par Dupont-Aignan, David Douillet, Mélenchon… qui ont fait l’objet d’une émission d’ASI (accès payant) et d’un article d’Acrimed allant dans le même sens :
    http://www.acrimed.org/article3779.html

    Commentaire par Gilbert — 14/03/2012 @ 19:04

  12. Je croyais qu’un "pool" de journalistes etait un groupe de journalistes qui realisent qu’ils ne peuvent pas tous couvrire un evenement en personne (Pas assez de place pour faire entrer tous le monde par example) et donc en designent quelques uns qui ensuite partage les informations (photos, citations, bande audiovisuelle etc) avec le reste. Mais peut etres que c’est une utilisation anglo-saxonne du mot.

    Sinon, il ne faut pas confondre manque de transparence et atteinte a la liberte de presse/censure. La censure/atteinte a la liberte d’expression c’est quand on vous interdit de parler ou d’obtenir une information dans un lieu publique. Quand quelqu’un refuse l’acces a un evenement qu’il organise, c’est peut etres une mauvaise chose, ca manque de transparence, mais ce n’est pas de la censure. La liberte d’expression est intacte dans cette histoire.

    Commentaire par PrometheeFeu — 14/03/2012 @ 21:21

  13. Sur Marianne, un interview de Charline sur le buzz crée par son billet et l’annonce d’un prochain billet sur le Sarkotour http://www.marianne2.fr/Comment-Charline-Vanhoenacker-a-cree-le-buzz-sur-Hollande-et-les-journalistes_a216443.html?preaction=nl&id=5916201&idnl=26654&

    pour sourire un peu, n’oubliez pas de lire sur son blogs les anciens billets dont le très drôle sur le "ouit" de nos amis belges

    Commentaire par gabbrielle — 15/03/2012 @ 08:47

  14. Je me trompe peut-être mais j’ai l’impression qu’auparavant c’était des raisons techniques qui justifiaient le partage entre journalistes de la même communication. Par exemple, au lieu de tendre 10 micros avec 10 nagras au bout, les enregistreurs étaient reliés les uns aux autres et tout le monde avait le même son. C’était une pratique assez courante. Dès lors qu’il s’agit non pas d’audio ou de vidéo, mais de notes, ça me semble plus problématique. Contrairement au stupide micro, chaque journaliste ne retient pas la même chose de ce qu’il entend. Le journaliste de l’Huma n’entend pas la même chose que celui du Fig Mag. Je me demande, vu l’état de la presse écrite, vu qu’il y a de moins en moins de correspondants, d’envoyés spéciaux, etc, s’il si ce ne sont pas tout simplement des raisons économiques qui poussent au pool…

    Commentaire par Gilbert — 15/03/2012 @ 15:51

  15. @Gilbert : entre nous, on s’en tape. Le fait est que nous nous laissons dicter nos règles par d’autres. Toi tu entres, ah ben non, toi t’es pas invité. A partir de là, vous imaginez le potentiel de manipulation, sous couvert – comme d’habitude – de soi-disant contraintes objectives de ceci ou de cela. Vous ne voyez pas que la com’ a inversé le rapport de force ? Avant, on nous craignait, aujourd’hui, on nous utilise. Pour un fidèle lecteur d’Acrimed, votre modération sur ce sujet m’étonne.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/03/2012 @ 15:56

  16. @laplume en 15

    Je crois avoir bien compris le problème. Mais est-ce que ca ne perdure pas aussi parce que ceux qui sont "out" courbent l’échine en espérant devenir "in" plus tard ?

    Est-ce que vous ne pensez pas que le dénoncer en plein page de couverture avec un article/dossier sur comment on s’est fait sortir, comment le service d’ordre nous a jeter, qui on a laissé entrer et démonter le contenu de la com de ceux qui ont pu entrer, un peu à la ASI, sur un dossier de fond, par exemple reprendre l’article du journal invité en mettant en regard le bilan politique _réel_ du candidat en face de chaque paragraphe.

    A mon avis, 2 ou 3 épisodes comme cela et les portes s’ouvriront, c’est obligé. Il est vrai qu’il faut en avoir un belle paire pour aller au conflit plutôt que de faire des ronds de jambes, mais sinon faut pas venir se plaindre… de la fuite des lecteurs….. et puis il "suffirait" de rapatrier quelques journalistes de guerre, qui doivent avoir un peu plus de virilité que nos habitués des dîners mondains.

    Le bilan politique est _vraiment vraiment_ merdique, du bilan économique même pas la peine d’en parler, de la caricature de princident (on se croirait dans un tintin tellement c’est grotesque, pas loin d’un général Tapioca), comment peut-il rester des personnes qui arrivent encore à faire des courbettes ?

    Ce cinquénat restera gravé dans l’histoire comme le pire depuis……

    Il n’y a que notre "presse" (ce que vous appelez les chiens de gardes – des caniches en peluche dirait mélenchon) qui ne s’en aperçoit pas et continu à faire semblant (en prenant même bien soin de relayer les mensonges alors qu’une simple recherche gogol à la porté d’un gamin de 4ème donne la vérité.)

    Ce n’est pas un problème de com, c’est un problème d’absence de travail journalistique. Et sans vouloir paraître trop mutin, je ne comprends pas trop la peine de se retrouver à un meeting politique fassenheim pour faire un travail sérieux sur l’état de la centrale. Et ensuite un coup de fil à un conseiller com pour savoir ce que le candidat compte faire de la centrale. C’est vrai, ca manque de petits fours, de coupe pleine de bulles et de cette fausse considération qui vous font sembler important mais qui ne sont que les preuves de votre état de carpette : troquer un vrai travail contre un open bar, c’est juste un truc d’alcolo.

    Commentaire par herve_02 — 15/03/2012 @ 22:17

  17. Modéré, moi ? Qu’est-ce que vous croyez ? Que je vais faire le boulot à votre place ? Certainement pas. Je ne suis pas concerné par vos histoires de poules. Je vous regarde caqueter… et je me bidonne. Je ne vais tout de même pas monter au créneau pour avoir le privilège de recopier un dossier de presse. en même temps que mes camaros. Si les journalistes mangent dans la main de la puissance invitante, qu’y puis-je ?

    Commentaire par Gilbert — 16/03/2012 @ 04:58

  18. je ne comprends pas cet énervement contre la communication qui oublie que les media sont avant tout et essentiellement des moyens de communication.

    Avec les media et le journalisme on est dans la communication, par définition. C’est leur rôle, leur fonction.

    La question est cependant politique pour les journalistes qui ont une conscience professionnelle et un talent : qu’est-ce qu’on communique ?

    comme dit Hervé en 16 : Ce n’est pas un problème de com, c’est un problème d’absence de travail journalistique.

    Problème déjà soulevé par vous à propos de la nullité des journalistes économiques , à quoi j’avais répondu que s’ils ne vont pas au-delà des économistes qui occupent l’espace mediatique, soit les économistes neo-libéraux, forcément ils sont nuls car ils répètent de l’idéologie qu’on essaye, à tort, de faire passer pour de la science;

    S’ils travaillent, ils iront voir du côté des autres.

    Bref, que les media reflètent, reproduisent et diffusent les idées dominantes, l’idéologie du pouvoir, et soient objet de pression de la part de celui-ci n’est pas vraiment une nouveauté. Comme on dit, c’est de structure. Il est vrai qu’avec Sarkozy ça a été jusqu’à la caricature, et il a été trop mauvais à placer ses hommes et ses affidés partout, car ça s’est vu. Mais vu l’importance des media pour former l’opinion, jamais ils n’ont été à l’abri du pouvoir.

    Pour échapper à cela, càd. à la reproduction des opinions courantes, de ce qui fait consensus et de préférence inconsciemment, des croyances partagées et généralement admises, des représentations majoritaires et de ce que "tout le monde" pense bref, de l’idéologie dominante, les journalistes qui travaillent toujours dans l’urgent du présent, pour ne pas dire du moment, ne peuvent QUE se tourner vers les penseurs véritables, les études et travaux fruits d’un long travail et d’une réflexion qui a eu le temps de se dérouler et qui étudient vraiment les sujets de sorte qu’ils échappent à cette idéologie dominante.

    Pour prendre juste un exemple le travail de Catherine Herszberg, enquête sur la pauvreté , que j’ai entendue à France-culture [http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-comment-lutter-efficacement-contre-la-pauvrete-2012-03-12] dans son livre "Mais pourquoi sont-ils pauvres ?" , montre d’abord que la représentation de la pauvreté est indissociable d’une représentation (complètement fausse, idéologique et réactionnaire, moralisante) qui consiste à accuser les pauvres d’être responsables de leur situation en les rejetant pour ce faire dans des catégories négatives permettant de les accuser eux et non le système économique et l’organisation du travail : c’est parce qu’ils sont fainéants (demandez-vous pourquoi Sarkozy cultive ce thème à 250%), bêtes, incultes, peu éduqués etc. Bref, c’est leur faute. Voilà ce qu’a entendu Catherine Herszberg au cours des enquêtes qu’elle a menées.

    Alors ou les media -journalistes- reproduisent cette représentation et ces idées dominantes, ou ils la déconstruisent. Pour ce faire, ils doivent s’appuyer sur les travaux de fond qu’ils n’ont pas le temps de réaliser, eux… puisqu’il ne font que de l’information et de la communication. Comme, dans l’exemple pris , une émission de France-culture qui invite et donne la parole à l’auteur d’un travail qui montre, pour le déconstruire, ce que pensent les gens, majoritairement et pourquoi : parce que leur a été instillée cette idée bien entendu, parce que leur a été soufflée cette idée, répétitivement, que les pauvres sont pauvres par leur faute car ils sont fainéants;

    Cette idée, ils ne se la sont pas fabriquées tous seuls, elle leur a été suggérée et enfoncée dans la tête répétitivement. Comment ? Par les idéologues qui nous gouvernent actuellement , disons les hommes politiques tenant du neo-liberalisme -que représente la tendance Sarkozy- et leurs auxiliaires, soit les idéologues, les pseudo-économistes et autres pseudo-intellectuels, et les journalistes qui les servent, pour des raisons diverses , car ils faut bien croûter et qu’ils appartiennent aux media les plus serviles, ou par idéologie, ou… par ignorance et manque de travail.

    Commentaire par Salomé — 16/03/2012 @ 08:24

  19. @Gilbert : baissez d’un ton voulez-vous. Moi non plus je ne suis pas concernée par les pools, figurez-vous que dans mon domaine, y’a pas de conférence de presse, pas de voyage de presse. C’est à moi de me bouger pour identifier les sujets que personne d’autre ne traite.Quant aux cocktails, je les boycotte depuis fort longtemps, les pince fesses remplis de gens à l’ego surdimensionnés qui se font rutiler la légion d’honneur ça m’ennuie quand ça ne me donne pas la nausée. Et alors ? ça vous surprend qu’on puisse essayer d’avoir une réflexion globale sur un sujet ? Sorti du périmètre de votre nombril, le reste vous semble relever du grand reportage dans les steppes d’Asie centrale ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/03/2012 @ 10:38

  20. Intéressante rencontre sur Rue 89 : http://www.rue89.com/2012/03/16/guerre-dalgerie-arthur-smet-photographe-inconnu-et-oeil-de-bigeard-229666
    En plus, j’aime bien le format : article + photos + document sonore (le photographe explique ses photos)
    comme quoi, quand le journalisme va chercher des inconnus, se creuse le crâne pour faire un travail multimedia, et sort du fait divers et des présidentielles, ça fait du bien ! Sans compter le plaisir d’entendre parler les anciens qui délasse de l’hystérie contemporaine….et de la superficialité, aussi.

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/03/2012 @ 21:10

  21. Oui, ce photographe nous montre, que cette guerre, n’a pas été :
    la responsabilité en commun
    la décision réfléchie
    le réel affronté ensemble
    Elle a été un déni d’autrui :
    du semblant
    de la manipulation
    la pure et simple conquête du pouvoir par une clique, grâce à la confiscation de l’info par la presse jacques a dit (pure et simple propagande)

    La doxa dit que l’homme du peuple doit être manipulé et non pas informé.
    La doxa, c’est un système, cela dépasse les gens, c’est une logique implacable. Vous pouvez dire ce que vous voulez, il y a des points qui ne bougeront pas. Ce n’est pas une affaire de volonté.

    On y trouve l’idée de bande qui font la loi (comme dans une cour où faire la loi signifie, en fait, faire régner la terreur),
    l’idée du fondement du pouvoir dans la volonté d’un seul (et de sa "clique", de sa "bande" soumise à un code qui la singularise), l’idée que le pouvoir est un exercice qui consiste à casser autrui, à lui couper l’air qu’il respire pour l’attendrir, et enfin l’idée que les bandes s’affrontent pour prendre le contrôle du territoire et gagner le "droit" de le mettre en coupe réglée.
    Il faut distinguer la loi, dont on sent qu’elle nous précède et qu’elle nous humanise, des hommes (de loi) qui gravitent autour d’elle pour mieux la connaître (curiosité ou désir de maîtriser l’origine ?) et de ceux qui, sans ambage, se prétendent "législateurs" (ils se croient tels). Le prince doit être cynique et renoncer à la loi, il doit la faire tomber au rang de simple moyen pour imposer sa volonté, alpha et omega du réel. Tout est moyen pour lui, et puisque le voilà né en démocratie, il lui faut donc faire du peuple un moyen de conquérir le pouvoir. Tout ce qu’il fait, a, à son dénominateur, sa volonté, là où il "devrait" y avoir le souci de la vérité "commune", respectant autrui, c’est-à-dire nous.

    Je préfère quelqu’un comme DSK qui sépare vie privée (avec des prostituées) et vie publique (le boulot et le bien public) à tous ces personnages "entiers", princes, saints, héros, martyrs et pervers : tous amoureux d’eux-mêmes, tous fadats, tous dans le miroir, dévalant le toboggan de la démesure, tous dans la tragédie en permanence. Ils me gonflent.

    La servitude volontaire.
    C’est une partie de la doxa.
    Chacun pense qu’il peut laisser à ses supérieurs le soin de décider de choses dont il n’a pas à se mêler. La société se cloisonne ainsi. Chacun ne veut rien savoir de ce qui ne le regarde pas. Il s’épargne ainsi la responsabilité, la décision, la confrontation à l’ignorance. Quand il veut reprendre sa liberté, il lui faut payer le prix.

    La presse est prise dans cette doxa de la manipulation nécessaire du peuple ( les indigènes que nous sommes). Les journalistes pensent comme tout le monde que l’info est une arme, un moyen de manipuler autrui, de le nier, de le tenir à distance, en respect, de donner et de ne pas donner, qu’elle est un moyen que l’on peut confisquer, tronquer, défigurer, s’approprier, qu’elle est une jouissance, une chose, alors qu’elle relève de la vérité, de la culture dont on a besoin comme de l’air qu’on respire. Ils pourraient savoir plein de choses sur les dessous des cartes des cliques qui s’octroient, à tour de rôle, le pouvoir ici et là (où souvent comme en Algérie, personne ne les a sifflés). Ils ne regardent pas (sauf Médiapart, mais c’est pour embêter la droite, donc ça ne compte pas) . Ils préfèrent prendre partie pour le prochain président. Ils ne sont pas là pour informer le peuple mais pour le manipuler, le domestiquer, lui élever l’âme (lui faire passer les étapes de la civilisation) et faciliter l’exercice du pouvoir. Ils ne décrivent pas le pouvoir pour éclairer le lanterne du quidam, non, ils ont trop peur, ils se mettent au service du pouvoir, ils manipulent le savoir du quidam de base et lui obscurcir le comprenoir, lui mettre des oeillères et lui montrer le bon chemin (les "chemins battus").
    Pourtant la vérité est nécessaire à l’homme, n’est-elle pas est la condition de la parole, ne serait-ce que pour mentir et pour tromper les "méchants terroristes" qui "avaient tout pour être bien. Ils ne cherchaient même pas plus de liberté. Les enfants allaient à l’école, il n’y avait pas de discrimination"

    Commentaire par Bray-Dunes — 16/03/2012 @ 23:48

  22. "@Gilbert : baissez d’un ton voulez-vous". "Et alors ? ça vous surprend qu’on puisse essayer d’avoir une réflexion globale sur un sujet ?"

    Ta gueule toi-même. Je ne fais que répondre à votre agression. Je participe gentiment à la discussion et vous me sautez dessus en me disant "on s’en tape" et en m’imputant une soi-disant modération pas digne d’un "fidèle lecteur d’Acrimed". D’abord, parlez pour vous, dites "je m’en tape". Deuxio, je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas faire preuve de modération sur un pareil sujet. Il y a plus grave que la soumission des plumitifs, non ? En plus vous m’agressez gratuitement parce que, d’une part, je ne vous ai même pas contredit (j’ai juste rappelé un vieux souvenir de journalistes de radio qui branchaient leur magnéto en série), et d’autre part il n’y a rien qui montre que je me désintéresse du sujet. La preuve, je participe à l’échange. Faudrait voir à vous calmer si vous voulez que je baisse d’un ton.

    Commentaire par Gilbert — 17/03/2012 @ 02:10

  23. L’éditorial inédit de Camus publié par Le Monde hier mérite un billet de laplumedaliocha. Qu’en pensez-vous ?
    Ce texte est remarquable. Et d’une actualité brûlante : une fois "guerre" remplacée par "mondialisation libérale" et "censure" par "credo libre-échangiste", sa conception de la liberté de la presse est toujours aussi juste.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 17/03/2012 @ 10:02

  24. @Gilbert : Tssssss, simple malentendu. Excusez-moi, je croyais que vous parliez des contraintes de la com’. Lu trop vite. Et de toute façon, le "on s’en tape" ne vous visait pas vous mais ce que j’ai cru lire. Désolée. Surmenage et irritation globale depuis quelques jours contre la campagne électorale. Il y a des moments où je ne supporte plus ni les médias, ni les outils de communication, d’où d’ailleurs mon relatif silence cette semaine ;-)

    @Denis Monod-Broca : je l’ai loupé, vais voir s’il est disponible sur le site. Sinon, je prépare la publication de quelque chose qui devrait vous plaire…

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/03/2012 @ 11:17

  25. moi ce que je trouve vraiment grave c’est la campagne de bourrage de mou systématique de l’équipe Sarkozy qui durant une ou deux semaines nous rabat les oreilles avec le "croisement des courbes" qui va venir , la prédiction est lancée, l’annonce est faite à tous les coins de rue, pendant que Sarkozy est partout dans tous les media et fait son grand show de Villepinte. Celui-ci à peine terminé sort une "étude" d’un institut de sondage qui annonce le miraculeux "croisement des courbes" (avant d’être contredit qq heures + tard par un autre sondage).

    Tous les media aussitôt ne parlent que de cela "croisement des courbes", "croisement des courbes", c’est un grand événement ! la campagne est révolutionnée, le cours des choses a changé. Tous les media sont réquisitionnés pour répercuter ce grand événement et parler "croisement des courbes" et deux pleines pages sont retenues dans le Monde pour les considérations prophétiques du conseiller de campagne facho de N.S., le fameux Patrick Buisson. Seuls le Canard et Mediapart ne se font pas la chambre d’écho de Patrick Buisson et de son fameux "croisement des courbes". Libé garde une certaine réserve.

    Mais tous les media ne bruissent que des moindres faits et gestes de Sarkozy et répercutent ses attaques contre Hollande, ses insultes diverses et ses thèmes de propagande. En // on a maintenant les photos de Carla dans Match, soit disant "volées". La propagande et la manipulation vont bon train, parce que ce que fait et dit Sarkozy est mise en scène et organisation du spectaculaire. Plus spectaculaire que Hollande, c’est sûr. On retrouve la problématique du succès fascistes : contre la raison la passion est toujours plus forte. Sarkozy avance avec des arguments qui visent les tripes, excitent les passions et moquent la raison afin d’empêcher que soit audible le moindre raisonnement de Hollande. C’est Copé face à Hollande lors du débat dur Fr 2 : l’empêcher de parler par tous les moyens, le harceler, interrompre toute explication, toute tentative de poursuivre un raisonnement continu.

    Pourquoi tous les media ou presque marchent-ils dans le truc ? Le spectaculaire avant tout retient l’attention, ça fait parler, ça occupe les esprits autant que les media. A supposer que les derniers "coups" de Sarkozy retiennent plus l’attention et frappent plus les esprits et les imaginations que les pâles raisonnements posés de Hollande. Sarkozy joue le chef viril d’une France forte, contre Hollande le faible (impuissant, sans couilles), féminisé, ridiculisé et objet d’une campagne de dénigrement systématique de sa personne. Voilà l’essentiel, résumé, de Sarkozy : de nous deux le mec qui n’a pas froid aux yeux et surtout qui a des couilles, c’est moi. l’autre il n’en a pas.
    Le calme posé de Hollande qui essaye de faire appel à la raison, contre l’agitation décomplexée, de l’autre pour qui tous les coups sont permis (on s’en doutait, cela dit).

    En revanche ce qui n’était pas assuré d’avance c’est que tous les media ou presque, marchent dans le truc, pour répercuter et amplifier sa campagne, plus spectaculaire que celle de son principal challenger, parce que lui son style se résume à "descends ici si t’es un homme".

    Maintenant le dernier truc est de faire monter Mélenchon pour qu’il prenne des voix à Hollande. En jouant aussi sur le fait que Mélenchon, c’est un homme, il en a lui !

    Au milieu d’un tel bruit, et de tels "arguments" est-il permis de réfléchir et de comprendre ?

    Commentaire par Salomé — 17/03/2012 @ 12:54

  26. @ laplumedaliocha

    C’est dans le supplément culture du Monde Week End qui reste en vente tout le week-end si je ne me trompe.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 17/03/2012 @ 14:03

  27. @Denis Monod-Broca : ah, merci, je vais l’acheter (et subir M, mais bon, c’est pour Camus, et je ferais n’importe quoi pour lui ;-) )

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/03/2012 @ 14:50

  28. @ Aliocha
    Malentendu dissipé. On oublie tout… et à bas la com’ lorsqu’elle prend le pas sur le journalisme.

    Commentaire par Gilbert — 17/03/2012 @ 17:56

  29. Il semble que même "accrédité", même faisant parie d’un "pool", les dérapages restent possible ;-)
    http://www.ozap.com/actu/une-photo-peu-avantageuse-de-francois-hollande-dans-liberation-suscite-la-polemique/439903

    Commentaire par Yves D — 17/03/2012 @ 18:20

  30. Pourquoi tous les media ou presque marchent-ils dans le truc ?

    Ce que vous voyez, Salomé, comme le nez au milieu de la figure, ce nez de menteur cousu de joli fil doré, cet enchaînement dont un enfant de maternelle verrait la trame, tellement elle est grossière et tellement on sent la puanteur et la présence proche des sales manipulateurs, et bien oui, ce n’est pas ce qu’analyse la presse.
    La presse n’analyse pas le fond, elle ne veut pas voir ce qu’elle a le devoir de mettre au jour : la manipulation, le machiavélisme, la puanteur. C’est là sa tartufferie. Elle se contente des faits : mais pas tous. La presse c’est du photoshop : elle choisit un fait et elle le monte dans un cadre (en cachant le sein) (vous dites Sarkozy, je trouve que Sarkozy n’est pas, en 2012, choisi par la presse comme ça a été le cas en 2007, [que je me demande comment cette presse n'est pas à l'heure actuelle MORTE de honte quand on la voit faire, mutatis mutandis, la même chose avec Hollande]).
    Ce qu’il faudrait, salomé, c’est que la presse fasse ce que vous tentez de faire et que tant de gens sur Internet tentent de faire aussi, tellement ça ne peut plus durer comme ça : enlever le masque des imposteurs. Il lui faudrait une conversion, qu’elle soit toucher par la grâce, que ses yeux lui servent à voir et qu’elle se détourne de ce qu’elle croit être sa fonction (participer à la vie politique) et qu’elle cesse de se mettre au service du futur roi pour le porter au pouvoir. Elle doit (re)devenir ce petit enfant qui voit la nudité et les ficelles du roi et qui ose, en toute inconscience, le dire tout haut, quitte à se prendre une claque en retour et pour cela et c’est le plus difficile, c’est l’impossible même, elle doit renoncer à sa grassouillette bedaine de chien de meute, enchaîné par l’argent, la notoriété, le goût de la place et de la hiérarchie. Qu’un journaliste politique ose prétendre le contraire ! Mais, autant parler à des murs (seuls les internautes se répondent entre eux) et autant en emporte le vent, ils s’en battent les couilles et filent la queue entre les jambes car c’est l’heure de la soupe. (j’espère ne pas vous fâcher Aliocha, mais ne pensez-vous pas que la presse et les politiques sont pris dans une sorte d’autisme, un monde fermé sur soi qui s’auto-engendre, qui se fait se défait et que personne n’est capable, à l’heure actuelle de comprendre et qui fonctionne comme un couvercle sur une cocotte minute, à l’intérieur de laquelle on bout).

    Commentaire par Bray-Dunes — 17/03/2012 @ 19:44

  31. @salomé

    Un truc qui serait couillu serait de mettre sarko et méluche en face à face pour un débat de 2h30…..

    ca occuperait les foules et je crois que ce serait un grand moment de télévision.

    Commentaire par herve_02 — 17/03/2012 @ 21:12

  32. coucou, un débat mélanchon serge juliard qui parle, entre autre, de la presse

    http://www.dailymotion.com/video/xgia8r_le-peuple-a-t-il-toujours-raison-3-3_news1
    :
    à 8:30 pour la presse (c’est dailymotion, mes condoléances)

    Commentaire par herve_02 — 17/03/2012 @ 22:31

  33. @ Bray-Dunes #30

    J’ai du mal à vous suivre : à quel argent les médias doivent-ils renoncer ? Je crois plutôt que c’est le manque d’argent qui met la presse et les médias (les deux sont à séparer pour moi) dans une situation de dépendance face à la com’.

    J’en reviens à la phrase attribuée à Xavier Niel au sujet des « canards » au sein desquels il prend une participation pour faire taire toute critique… pour qu’on puisse appliquer une telle stratégie (ou absence de stratégie, là c’est la méthode gros sabots !) il faut en face un manque d’argent manifeste, fondamental.

    Pareil pour le retour à grâce que vous appelez de vos vœux : nous sommes nombreux parmi les posteurs à souhaiter cela, mais le gros bâton que tous les gros menteurs, bonimenteurs et autres falsificateurs jettent dans les roues des quelques candides qui officient encore s’appelle asphyxie par excès de procédure judiciaire. Il n’est que voir ce qu’a subi Denis Robert au cours de son enquête sur la chambre de compensation Clearstream.

    http://www.rue89.com/2012/02/28/dissolution-dans-la-joie-du-comite-de-soutien-denis-robert-229770

    Pour les salonnards que vous dénoncez, il y a longtemps que le mot « presse » n’est plus qu’une étiquette d’un vieux pull, qui gratte un peu si elle n’est pas bien rabattue.
    Tiens, ça me rappelle ce que j’ai ressenti lors d’un reportage déjà ancien sur Dominique Strauss-Kahn : dans son bureau de l’époque, il avait derrière lui, au mur, une photo de Jean Jaurès… pour le vernis, pour la com’, mais pas pour les convictions, tout sûr. Pfff, Jaurès… pourquoi pas Jules Guesde, tant qu’on y est ?

    Commentaire par Zarga — 18/03/2012 @ 00:45

  34. Zarga, je reconnais que je ne lis, ni ne regarde la presse dans ce qu’elle nous sort on ne sait d’où et à flot continu et que donc mon opinion est fantaisiste. Je réagissais à l’effort hautement louable de Salomé d’essayer de se dépêtrer de cette "boue" qui nous asphyxie, en tentant de l’expliquer, de lui donner un sens, de la mettre en perspective …bref d’en parler, ce que font tous les internautes, maladroitement, paranoïaquement, et de faire ce que devrait faire la presse si ….si quoi ?
    1- si elle était intelligente ? donc si la presse suit les moindres faits et gestes de sarko et se fait l’écho répété un million de fois du moindre mot de Sarkozy, si la presse se fait l’exégète de chacun des états d’âme du pauvre, du merveilleux, du prodigieux et néanmoins normal petit nicolas, c’est qu’elle est tout simplement un vide, un trou sans fond. Il lui manque une case. Elle n’existe littéralement pas. Elle est la bêtise, le perroquet, le jacquot, le porte voix qu’utilise le plus fort, celui qui a le pouvoir de se la faire, certes pas Dupont d’Aignan ou Villepin ou Joly qui n’ont pas droit à un milliardième de ce que s’octroie sarko par l’opération d’on ne sait quel esprit, pas le sien, il n’en a pas, il suffit de le voir, de l’entendre pour se demander pourquoi c’est lui qu’on voit et pas les autres, alors qu’il est tellement évident que ce type est le plus vain de tous, le plus cabot, passant son temps à jubiler on ne sait trop de quoi ni pourquoi, parce qu’il est là peut-être, simplement en vue dans la lumière et qu’on lui pose des questions ; il doit bien y avoir une raison à ce fait extravagant (celui de l’omniprésence du plus vide de tous), mais quelle presse libre tente d’en produire un savoir? AUCUNE, donc, la presse est d’une bêtise crasse, incapable de voir que Sarko la tient suspendue par les pieds, incapable donc de pouvoir se demander comment il réalise ce prodige. Mais, je ne crois pas que ce soit une question d’intelligence. C’est un problème autrement plus difficile à formuler, ce qu’on pourrait appeler le nihilisme de notre belle civilisation.

    2- et si la presse n’avait pas une conscience claire de ce qu’elle est ? je pense que là où il y a une conscience, argent ou pas argent, procédures judiciaires ou pas, ça passe et ça casse la coquille. Pensons aux Viets dont on parlait récemment et qui ont, avec rien que leur décision, botté le cul des rois de la terre et qui ne se sont pas embarrassés des procédures judiciaires qui font partie intégrante du pouvoir (le pouvoir, c’est un système, un "tout" qu’il faut sans cesse analyser et comprendre).
    Quant à l’argent, il me semble logique que celui qui fait ce qu’il fait "pour" l’argent, perd le sens de ses actes et le désir qui le lie à ce qu’il fait. C’est valable pour les artistes, les artisans, les journalistes. L’argent corrompt, il ne faut pas compter sur lui et si l’on compte sur lui, c’est qu’on est cuit, on est dans la marmite.

    La presse est bête, parce qu’elle ne sait pas où elle habite, elle ne sait pas pourquoi elle est là. Elle est comme ces anciens philosophes sans idées, les purs collectionneurs de phénomènes, qui à la Renaissance, s’obstinaient à s’en tenir aux faits dans l’espoir d’en voir surgir, par on ne sait quel miracle, la lumière, la raison d’être du grand tout. La presse ne réfléchit pas, elle ne médite pas, elle n’ose pas parler du "sens", car ça relève du possible (elle s’en tient au doigt plein de confiture et préfère, paresseusement, ne pas regarder la lune, sa face cachée, trop loin et il faut faire le tour). Elle s’en tient à ce qui se touche, comme si la vérité n’était pas aussi affaire de recherche par la "conceptualisation" (ce que disait Gil contre tous ceux qui se croient quitte avec la vérité, grâce à un photo-montage d’une semaine mené tambour battant, par une équipe qui risque stupidement sa peau, qui s’héroïse et se martyrise pour la Cause, celle de la Révolution, de la démocratie, de la liberté, dont, si on lui demandait en quoi elle consiste, serait bien en peine de sortir un mot, ce qui résume parfaitement la situation de la presse, sa superficialité volontaire, son ignorance, sa tartufferie, son imposture, à l’image de celui qui nous dirige, comme quoi se vérifie l’adage que le maître se met à ressembler à son chien et vice versa).

    Commentaire par Bray-Dunes — 18/03/2012 @ 09:07

  35. La presse, c’est une belle cire vierge, chaude et odorante. Sarkozy, c’est un marchand roublard qui tient à la main un sceau. Le rapport de Sarkozy à la presse en général serait celui de l’imposition d’un sceau sur de la cire molle : un pur signe pour dire "moi" sur un support qui n’a aucune activité, pure passivité. Comment une telle chose est possible? Elle ne l’est que parce que Sarkozy a analysé le fonctionnement de la presse, qu’il en a tiré un savoir, grâce auquel il agit, exactement comme un horloger démonte une horloge, repère les mécanismes et peut ainsi agir sur eux pour donner l’heure à sa volonté. Tant que la presse sera ainsi manipulée par cet horloger machiavélique, tant qu’elle dormira confiante en son mécanisme, tel un coffre fort à l’intérieur duquel le voleur entre et sort sans un bruit, tant que le chat dormira …la petite souris gourmande viendra lui faire la nique…

    Commentaire par Bray-Dunes — 18/03/2012 @ 12:27

  36. Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi les JOURNALISTES parlent matin midi et soir de Twitter ? J’y ai fait un tour et j’ai trouvé que c’était assez médiocre : primo, un nombre énorme de journalistes et d’élèves-journalistes (y en a même une de l’institut européen de journalisme qui explique que dans les écoles de journalisme on leur apprend que c’est une "faute professionnelle" pour les élèves-journalistes de ne pas être sur Twitter !). deuxio, beaucoup de ces journalistes tweetent des trucs ne présentant pas d’intérêt fondamental ou des tweets qui consistent à donner un lien sur la page d’un site qui, lui, propose un "vrai papier". troisio, j’ai l’impression que les tweets de journalistes les plus prisés par les journalistes et donc retweetés sont ceux qui "tapent" sur Sarkozy ou qui font des commentaires politiques. quatrio : il n’ya personne dans mon entourage familial ou professionnel qui va sur Twitter alors qu’à la manière d’en parler des journalistes on a l’impression que la France entière est connectée. Du coup j’ai l’impression que pour beaucoup de journalistes (guy birebaum en tête) c’est sur twitter que l’élection va se jouer (est-ce que celle de 2007 s’est vraiment jouée sur Facebook ?). Surtout, j’ai vraiment l’impression que pour beaucoup de journalistes, twitter leur sert à faire leur propre com, ce qui me ramène à un problème souvent posée par Aliocha : la com ! la com ! D’où ma question : quelle crédibilité peuvent avoir tous ces journalistes qui font en réalité leur propre com sur twitter pour critiquer après la com des politiques, des banquiers, des acteurs ?
    Autre chose : j’ai vu au Grand Journal "la star de Twitter", vincent Glad. Si j’ai bien compris, c’est en tant que "star de twitter" qu’il est devenu chroniqueur au Grand Journal de Canal Plus. Diable ! Comment peut-on être "star de twitter" et du Grand Journal en étant aussi creux ? J’ai lu dans Libé le papier de Pierre Marcelle sur ce fameux Vincent Glad et sur son "sissiphe" (sisyphe). Et j’ai vu son échange avec Sarko à propos du fils de Sarkozy : j’ai été effondré par sa remarque sur le fait qu’un enfant qui lance des billes ou je ne sais plus quoi à une policière c’est la preuve que ses parents (Sarkozy) ont "raté son éducation" !

    Commentaire par Effen — 18/03/2012 @ 15:39

  37. @Effen : figurez-vous que c’est précisément le sujet qui m’a inspirée ce matin….

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/03/2012 @ 12:20

  38. [...] Ça fait quelques semaines que j’ai envie d’écrire ce billet, par manque de temps mais aussi par flemingite aiguë, je n’avais rien fait jusque là. Entre temps, la question des « pools de journalistes » a été abordée par différents confrères. Une journaliste du Soir tout d’abord puis un autre du Figaro et enfin Aliocha. [...]

    Ping par Regardailleurs » Les pools de journalistes vus par les péquenots — 25/03/2012 @ 19:40


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