La Plume d'Aliocha

22/02/2012

La jeune fille et la maison close

Classé dans : Mon amie la com' — laplumedaliocha @ 17:35
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C’est amusant l’art que l’on cultive aujourd’hui de jouer avec le sens des mots.

Avez-vous regardé les reportages que consacrent mes confrères aux maisons closes sur fond d’affaire du Carlton de Lille ? Vous devriez. Ils sont riches d’enseignements. Par exemple, on y apprend que dans certains pays, le fait d’aller tous les matins travailler dans un claque est aussi ordinaire que de se rendre au bureau. Il parait même que certaines pensionnaires sont mariées et ont des enfants.

Après tout, pourquoi pas. Je ne suis pas totalement convaincue que se prostituer soit un métier comme un autre, mais si les intéressées l’affirment…Toujours est-il que dans l’un de ces reportages, en Espagne je crois, la tenancière du bordel – pardon, la chef d’entreprise – nous expliquait entre autres comment les "jeunes filles" géraient les clients. Oui, j’ai bien écrit "jeunes filles" car c’est ce qui a été dit. D’ailleurs cette dame n’est pas la seule à employer ce vocabulaire, c’est aussi celui de Dodo La Saumure. Du coup, je me demande si l’utilisation de cette expression relève de la pudeur face aux caméras et de la volonté de dédiaboliser ce business discutable, ou si on l’utilise au quotidien pour inciter les clients à croire qu’ils trouveront dans un bordel ce qu’il est convenu en principe d’appeler une "jeune fille".

Toujours est-il qu’il me paraissait utile de vous alerter sur le nouveau sens de " jeune fille" : personne de sexe féminin, célibataire ou mariée, parfois mère de famille,  proposant des services sexuels tarifés à titre professsionnel. Prenez garde la prochaine fois que vous vous adresserez à une adolescente, une lycéenne ou une  étudiante. Si vous l’appelez "Jeune fille" vous risquez fort de l’offenser.

Dans le même esprit, vous noterez la délicatesse avec laquelle mes confrères évoquent certains épisodes de l’affaire du Carlton. Ah ! Les soirées libertines. Les parties fines.  Comme c’est joliment dit. Il parait que la presse américaine appelle cela des "orgies". Quand le légendaire pragmatisme anglo-saxon s’allie au puritanisme, on sombre vite dans la caricature. Car dans cette affaire, comme nous l’avons vu, il n’y a pas de putes mais des "jeunes filles", pas de sexe mais du libertinage.

Au fond, je me demande si DSK ne participait pas en réalité à  des veillées de prière. Si ça se trouve, on est en plein malentendu…

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