La Plume d'Aliocha

17/02/2012

Carla for ever….

Classé dans : Coup de griffe — laplumedaliocha @ 21:58
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Et voilà ! C’est toujours pareil. Un dérapage sur les homosexuels, et tout le monde hurle au scandale. Idem pour les atteintes réelles ou imaginaires à la dignité des femmes, au respect de ceux que l’on nomme "étrangers" (concept flou qui mériterait d’être précisé), des handicapés (quand même moins bruyants que les autres), des religions, des victimes de ceci ou de cela etc….Dans tous les cas cités, les consciences sont maintenues en éveil par des associations. En revanche, il n’existe pas à ma connaissance d’association de défense de l’intelligence collective. Et donc personne pour s’indigner des interviews de Carla Bruni-Sarkozy suite à l’annonce de la candidature présidentielle…aux prochaines présidentielles.

Non, je ne suis pas en campagne pour Hollande, ni en crise d’anti-sarkozysme aigu. C’est en citoyen consommateur d’information et potentiel électeur que je réagis. Depuis des jours, ça hurle à tout va contre Guéant sur les civilisations, Vanneste sur les homosexuels, Hollande sur la finance. D’accord. Mais pourquoi personne ne hurle-t-il contre les interviews de Carla Bruni-Sarkozy ? Vous me direz, ce sont les minorités qui protestent, la majorité est silencieuse. Admettons donc qu’il y a dans ce pays une majorité très large d’individus intelligents. Mais alors le crime est encore plus grave, car le nombre de victimes est immense. Comment peut-on supporter de lire des âneries pareilles ? Franchement ?

A côté de ces déclarations insipides, le "qu’ils mangent de la brioche" faussement attribué à Marie-Antoinette semble tout droit inspiré de Machiavel. Ce que j’ai lu est une honte. Une honte orchestrée par la communication et  relayée docilement par les médias. "J’ai décroché une interview de la Première Dame, chef ! …..Elle ne dit rien dans cette interview, coco. Ben ouais, et alors ? Elle m’a parlé, tu ne voulais pas non plus qu’elle m’improvise une analyse de  la critique de la raison pure, tout de même ?! Non bien sûr, mais enfin, bon, là…..Remarque, t’as raison, on publie, ça va attirer le chaland et puis de toute façon on n’a pas le choix, on risquerait de vexer en mettant la chose au panier".

Je vous propose, puisque c’est la mode, de décerner un prix à cette interview. Celui de la "bulle d’or". Bulle comme vide et éphémère, gracieux et sans intérêt. Bulle comme zéro. Zéro intérêt, zéro valeur, zéro décence,  zéro contenu, zéro déclaration, zéro conscience, zéro information. Pourtant, le confrère s’est donné du mal, il a posé des questions dérangeantes. Mais rien. On imagine les réponses vides susurrées d’une voix mielleuse à vous en faire grimper le taux de sucre dans le sang, sous la haute surveillance d’une armée de communicants, sur place ou dans la pièce d’à côté.

Notre président peut bien faire ce qu’il veut de sa vie privée, mais par pitié, qu’il nous épargne les déclarations de son épouse. Il y a des mots qui ne valent que sur l’oreiller, des suavités qui n’ont pas leur place dans les médias, et moins encore dans une campagne présidentielle en pleine crise économique. Des niaiseries qui, sorties de leur contexte intime, font frémir. Des images volées de baisers que l’on préférerait ignorer…

Puisqu’il est devenu à la mode (aussi) d’être une victime, alors je me proclame officiellement victime de cette interview. J’estime que c’est une insulte à mon intelligence. Et je proteste avec la plus extrême virulence contre l’inanité du propos qu’on m’inflige. Attirée par le titre, j’ai lu l’article et m’y suis blessé l’esprit. J’invoque une incapacité temporaire de travail de 8 jours en raison du choc psychologique, assortie d’un incapacité partielle permanente à la consommation des médias. Je n’aurais qu’un mot : réparation !

C’est quand même fou que tous les crimes de parole dans ce pays fassent réagir, excepté un seul : le crime contre l’intelligence. Celui-la prospère à tous les niveaux dans la plus parfaite impunité. Mais il est vrai que la majorité est silencieuse…Sauf dans les urnes, bien sûr.

Fichus anglais !

Classé dans : Débats — laplumedaliocha @ 11:07
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Pauvre François Hollande !

Il se confie à quelques journalistes britanniques et voici que tous ses supporters hurlent à la trahison. Il faut dire qu’il y est allé fort. D’abord, il déclare qu’il n’y a plus de communistes en France. Un véritable provocation à mélenchonnade. Et ça n’a pas loupé, le candidat de gauche s’est immédiatement insurgé.  Ensuite, il en rajoute en rappelant que c’est la gauche elle-même qui a appuyé sur le champignon du libéralisme à l’époque où elle était aux affaires. Et là c’est l’appeau à chroniqueurs politiques en mal d’inspiration.

Deux petites phrases, d’un coup. Quelle jouissance ! Un truc à vous faire oublier celle de Guéant sur les civilisations et même à occulter les frasques de Vanneste à propos des homosexuels, pourtant juteuses si j’en crois l’aiguille de mon gueulomètre. A propos, vous avez vu ? Il pourrait être viré de l’UMP,  le Vanneste.  Il y a des gens qui ont un don certain pour se glisser dans le costume du bouc-émissaire. Sortir une connerie médiatique pareille au moment où, après avoir brièvement roulé des hanches devant les électeurs du FN, l’UMP se sent obligé de rassurer tous ses autres électeurs potentiels….L’innocent ! Il s’y est mis tout seul sur l’autel du sacrifice.

Mais revenons à notre Hollande national. Autrefois, on lisait l’avenir dans le marc de café, aujourd’hui on analyse la politique dans les résidus de discours et les déchets de conversation.

Faisons quand même une tentative de remise en contexte. Londres, c’est La grande place financière européenne. Et pour cause, nos amis anglais ont réorienté leur économie sur la finance, il y a déjà plusieurs décennies. Alors vous imaginez bien qu’il ne faut pas trop les taquiner là-dessus. Même le nez dans la m…. pardon, dans le rosbif à la confiture de menthe – et dieu sait qu’ils l’ont en ce moment  -  ils continuent de crier que c’est de la rose. Comprendre que les marchés financiers sont l’avenir de l’humanité, en tout cas de tous les peuples qui auront l’intelligence de suivre l’exemple de Wall Street, splendidement dupliqué par Londres. Autant dire que les gaulois dans l’histoire sont sujets à caution. Eux qui n’aiment ni l’économie, ni la finance. Eux qui surtout, depuis la crise de 2008, s’obstinent à brandir des projets de réglementation des marchés financiers à Bruxelles.  Les français veulent réguler, les anglais disent non. A tout. C’est si répétitif que ça en devient comique.  Non à la taxe sur les transactions financières (même s’il en ont une), non à un renforcement de la réglementation des marchés financiers en Europe, non à la création d’un gendarme boursier européen. Prenez n’importe quel projet actuel et demandez à un spécialiste où se situe le rapport de force. Réponse : entre Londres et Paris. Les anglais veulent conserver une marge de manoeuvre totale sur leur industrie de la finance.  Sur le fronton des banques, j’écris ton nom, Liberté ! Au point qu’on finit par en avoir marre des anglais, en particulier à Bercy. Je me demande même si Nicolas ne fricotte pas avec Angela, et réciproquement, pour le seul plaisir d’embêter les grands-bretons.

Comment s’étonner dès lors que François Hollande se soit cru obligé de rassurer mes confrères d’Outre-Manche, et à travers eux la finance nationale et internationale, en rappelant que le socialisme ne signifie pas forcément l’instauration immédiate et sans retour des kolkhozes ? Cela me parait plutôt bien vu de sa part. J’ose croire que personne en France ne pensait jusqu’ici qu’il avait à l’esprit d’interdire la finance dès son accession au pouvoir. Quant à la sortie sur la disparition des communistes, il s’agirait d’une imprécision de traduction. Fichus anglais !

Seulement voilà,  l’étude des petites phrases ne s’embarrasse pas de contexte ni de nuance. C’est une déclinaison de la voyance. Dès que la chose est proférée, il est impératif d’en rechercher le sens, non pas dans le propos plus vaste qui la contenait, ni dans le contexte où elle a été prononcée, mais à l’aune des intentions supposées cachées et donc nécessairement mauvaises de son auteur. Nos tarologues amateurs ont retourné la carte du diable et glosent à l’infini sur la longueur de sa queue. L’occasion est trop belle d’agiter la grande machine à polémique !

Notez, l’affaire est déjà éclipsée par la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy. A droite, on hurle de soulagement, tant le suspens était insuportable. A gauche, on rivalise de déclarations fielleuses. Sur BFM TV hier matin, les journalistes ponctuaient leur récit de "sans surprise" qui en disaient long. En effet, la machine  est lancée. On connait déjà le scénario et les dialogues par coeur. Du coup, on en viendrait presque à espérer le prochain dérapage, histoire de s’aérer un peu. Car c’est sans doute là que se niche la joie mauvaise de la petite phrase, dans ce couac réel ou imaginaire qui rompt l’infernale mélopée orchestrée par les spécialistes de la communication. Une pause fugace et réjouissante dans le ronronnement aseptisé du discours politique. Ainsi la communication, à force de nous proposer des mises en scène lisses comme des spots publicitaires finit-elle pas déclencher un effet pervers. Quand le vernis craque, on cherche avec frénésie la preuve du mensonge et de la rouerie. Comme si le masque angélique ne pouvait dissimuler qu’une charogne remplie de vers. La réalité est, hélas, bien plus médiocre.

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