La Plume d'Aliocha

10/09/2011

"Sous le soleil noir de la guerre"

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 13:32

Ce blog a fêté ses trois ans le 5 septembre dernier. Je dédie ce billet anniversaire, un peu tardif, à Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, ainsi qu’à tous les reporters de guerre qui, comme eux, prennent des risques pour informer. La très longue captivité des deux journalistes de France 3 aura eu le mérite de lever un coin du voile sur le travail de ces professionnels et, je l’espère, d’attirer l’attention du public non pas sur eux, ce n’est pas cela l’important à leurs yeux, mais sur les images, les films et les récits qu’ils nous rapportent.

Car leur objectif est là, témoigner, documenter, recueillir des preuves, pour alerter. Encore faut-il qu’on prête attention à ce qu’ils nous disent. Or, les conflits sont souvent loin de chez nous et tout aussi loin de nos préoccupations. Et puis on ne sait pas toujours regarder les images, entendre les récits, identifier même l’information importante, fondamentale, au milieu du brouhaha médiatique.

Justement, la Maison européenne de la photographie, rue de Fourcy à Paris, a eu la bonne idée de rassembler quatre-vint dix photos de guerre, sur une période qui commence en 1936 et s’achève en 2007. Intitulée "L’ombre de la guerre" l’exposition, qui dure jusqu’au 25 septembre, présente chaque photo accompagnée d’un texte qui la replace dans son contexte et explique à grands traits qui en est l’auteur.  L’occasion de voir ou revoir le célèbre milicien républicain de Capa, la petite fille brûlée au napalm de Nick Ut, et bien d’autres photos qui ont marqué le siècle. C’est aussi et surtout une opportunité de comprendre le travail des photoreporters, comparer le regard qu’ils portent sur la guerre, identifier ce qui les motive, partager leurs doutes, leur émotion, leur colère.

J’ai extrait du catalogue de l’exposition quelques citations susceptibles de nourrir la réflexion. Le lien sous le nom renvoie à la biographie du photographe dans wikipedia, le lieu et la date font référence à la photo présentée dans l’exposition (mise en lien quand je l’ai trouvée sur la toile) :

"Je voudrais que mes photographies ne soient pas simplement la documentation d’un fait divers, mais un acte d’accusation contre la guerre et contre la violence brutale et dépravée qui affecte les esprits et les corps des hommes. Je voudrais que mes photographies soient aussi un puissant catalyseur émotionnel et qu’elles puissent ainsi contribuer à éviter qu’une telle folie criminelle et lâche ressorte à nouveau"

Eugène Smith (Japon 1944)

"J’ai vu et photographié des amoncellements de cadavres nus, des lambeaux de peau tatouée utilisés comme abat-jours, des squelettes humains dans les fours, ainsi que des squelettes vivants qui d’ici peu seraient morts d’avoir trop attendu la libération. Ces jours-là, l’appareil photo était un soulagement, il interposait une mince barrière entre moi et l’horreur qui me faisait face. Bien que ces événements soient difficiles à raconter et à photographier, nous les photographes, nous avons nos devoirs. Nous sommes dans une position privilégiée et dérangeante. Nous nous déplaçons sur la quasi-totalité du globe et nous avons le devoir moral de le raconter aux autres".

Margaret Bourke-White (Buchenwald 1945).

Ce jour-là à Chypre, en voyant des gens perdre leurs pères ou leurs fils, j’ai senti que je pouvais faire mienne cette expérience : ma compassion cessait d’être personnelle et devenait universelle…Je me suis découvert capable de partager les émotions de ceux qui m’entouraient, de savoir les vivre avec eux dans le silence pour les transmettre ensuite à d’autres…J’ai commencé à penser que ma responsabilité envers le genre humain était celle de montrer à quel point la guerre que je documentais était terrifiante et sans merci".

Don McCullin (Chypre 1964)

"Ce qui me permet de surmonter les obstacles émotionnels inhérents à mon travail, c’est de penser que quand quelqu’un sera confronté  à des images comme celles-ci, il participera d’une façon ou d’une autre à un dialogue ; et peu importe que ce dialogue soit provoqué par la colère ou par la frustration qu’il éprouvera à leur vue".

James Natchwey. (Rwanda 1994)

Celui qui prend le risque de se planter au beau milieu d’une guerre pour communiquer au reste du monde ce qui s’y passe, est un individu qui, au fond, négocie pour la paix. Et c’est profondément pour cela que ceux qui fomentent les guerres n’aiment pas les photographes qui leur tournent autour".

James Natchwey. (Afghanistan 1996)

"La vérite la plus inquiétante est qu’à la fin du siècle du "Plus jamais ça" l’on puisse encore assister à des génocides."

Gilles Peress (Bosnie 1996)

"Je me demande pourquoi je prends des photos pendant les guerres. En réalité, je ne sais pas répondre. Je ne sais répondre à aucune des questions importantes comme "que faisons-nous là ?"…Je peux seulement dire ceci : j’ai la possibilité de raconter ces grands bouleversements et je veux documenter les événements de l’époque que je suis en train de vivre".

Alex Majoli (Kosovo 1999)

Ainsi, de 1936 à aujourd’hui, plusieurs générations de photoreporters partagent la même obsession d’alerter le public, de rapporter des preuves, d’éveiller les consciences. Tous estiment accomplir un devoir. Cela implique, je crois, un devoir réciproque de la part du public que nous sommes, celui d’être attentif à leur message. Et de réfléchir un peu, avant de les accuser comme je le lis ou l’entends souvent, de choquer volontairement pour faire grimper les ventes.

Note : le titre de ce billet est emprunté à Christine Spengler, l’une des photojournalistes exposées. L’exposition est dédiée à Tim Hetherington et Chris Hondros, deux photojournalistes morts à Misrata le 20 avril dernier. Tim a participé à la préparation de l’exposition.

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58 Commentaires »

  1. Et puis il y a cette autre guerre, chez nous : http://www.marianne2.fr/Pierre-Louis-Basse-quitte-Europe-et-prend-le-maquis-ici-l-onde_a210085.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/09/2011 @ 14:25

  2. ya des fois, ça fait chier de pas habiter Paris (en plus, en même temps, y a une expo de photos de J-E Atwood, qui, notamment, a fait un travail magnifique sur les femmes en prison)….Bon, savez pas si cette expo va tourner en Province ? j’ai pas vu sur leur site.

    Commentaire par Jalmad — 10/09/2011 @ 14:33

  3. Je ne connaissais pas M. Louis Basse. Un bonheur de lire sa colère. A-t-il un blog ou un journal ou une émission ?

    Commentaire par Clafoutis — 10/09/2011 @ 16:40

  4. Merci de cette information. J’habite en Provence et l’exposition se termine le 25 septembre….Donc, difficile d’aller la voir sinon votre présentation donnait envie de le faire.

    Vous avez raison de défendre le travail des photoreporters. Toutefois une photo est comme un texte, elle a du sens. C’est donc un point de vue sur le réel. Ce point de vue peut être contestable. Hélios

    Commentaire par Hélios — 10/09/2011 @ 18:03

  5. Je retiens la remarque de Margaret Bourke White exprimant que son appareil interposait comme une barrière entre elle et l’horreur qui lui faisait face.
    Nous savons que la guerre est une horreur. Cela ne nous empêche pas de nous lancer encore et toujours dans des expéditions guerrières. Et donc d’être les auteurs ou les complices de toutes sortes d’horreur.
    Et je me
    demande parfois si le spectacle que nous nous donnons à nous-mêmes de ces guerres, par photos et vidéos interposées, n’est pas une habile façon d’interposer une semblable barrière entre nous et ces horreurs. Et donc de ne pas vraiment percevoir notre responsabilité. Et donc d’être prêts à recommencer…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 10/09/2011 @ 20:34

  6. [...] « Sous le soleil noir de la guerre » [...]

    Ping par « Sous le soleil noir de la guerre » | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it — 10/09/2011 @ 21:43

  7. @Jalmad : aucune idée, au pire, il vous reste le catalogue…

    @clafoutis : là encore aucune idée, je le découvre en même temps que vous. Marianne papier a repris son coup de gueule cette semaine. Je vous accorde que c’est rafraichissant de voir des journalistes se mettre en colère. Son discours n’est pas sans rappeler l’excellent Philippe Muray.

    @Hélios : en effet, une photo c’est un discours. "Le colonel a tué le prisonnier. J’ai tué le colonel avec mon appareil photo. Les photographies constituent l’arme la plus puissante qui soit au monde. Les gens croient en elles. Mais les photographies peuvent mentir, même lorsqu’elles ne sont pas manipulées. Au fond elles n’expriment que des demi)vérités". Eddie Adams, à propos de cette photo http://www.google.fr/imgres?q=eddie+adams&um=1&hl=fr&sa=N&biw=1280&bih=664&tbm=isch&tbnid=JKPjkJXbDE9fpM:&imgrefurl=http://rapporteursphoto.com/archives/1838&docid=LaYfObJVLfOsOM&w=650&h=469&ei=c_hsTs2_FsLm4QSSkqmQBQ&zoom=1&iact=hc&vpx=409&vpy=142&dur=1677&hovh=191&hovw=264&tx=122&ty=104&page=1&tbnh=161&tbnw=207&start=0&ndsp=17&ved=1t:429,r:1,s:0 qu’il a prise au Vietnam en 1968

    @Denis Monod-Brocas : tout dépend des images. Si l’on s’en tient à la communication officielle de l’armée, au mythe des frappes chirurgicales et des guerres propres, alors oui, nous sommes dans l’interposition déresponsabilisante. D’ailleurs, en y pensant, je ne crois pas qu’il y ait de lieu où la tromperie de la communication soit plus choquante. Le travail de ces reporters va à l’encontre de cela, et c’est alors qu’on leur reproche de rapporter des images insoutenables et de se complaire dans l’horreur pour attirer le lecteur…quel terrible malentendu !

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/09/2011 @ 20:09

  8. En cherchant la photo de Eddie Adams évoquée ci-dessus, je découvre ce blog pas mal du tout : http://rapporteursphoto.com/

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/09/2011 @ 20:12

  9. En cherchant un peu, j’ai trouvé quasiment toutes les photos, donc j’ai rajouté des liens. Tant que j’y suis, mes deux préférées, qui ne sont pas citées dans le billet, celle de Paolo Pellegrin prise au Liban en 2006 http://www.aufeminin.com/dossiers/rsf-magnum-photos-2010-d13328c207418.html et celle de Georges Merillon, Kosovo 1990 http://www.georgesmerillon.com/index.php?option=com_content&view=article&id=54&Itemid=58

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/09/2011 @ 20:30

  10. Beaucoup d’interrogations sur l’utilisation de cette photo d’Eddie ADAMS : où et comment a-t-elle été utilisée, si toutefois elle l’a été ?

    Quel est le but d’un journal en la publiant ? Elle provoque forcément une réaction "affective" très forte. Cherche-t-on encore à informer ? Est-ce de l’information ?

    Ce billet va finalement loin. Très intéressant. Merci Aliocha.

    Commentaire par Hélios — 11/09/2011 @ 21:29

  11. La photo du site rapporteurs photos représentant cet amas de ruines avec cet homme au centre (que fait-il ? Que cherche-t-il ?) là c’est de l’expression artistique tout comme celle, magnifique, du Kossovo, presque biblique…..avec cette énorme Mater dolorosa occupant le centre de l’image.

    Là on n’est plus dans l’info, ces images sont belles et c’est un peu ennuyeux.car…l’émotion esthétique domine…en tout cas, c’est ma réaction personnelle.
    Merci de ces superbes images, Aliocha.
    Hélios

    Commentaire par Hélios — 11/09/2011 @ 21:46

  12. @Hélios : je m’étais posée la question de l’esthétisme devant les photos d’Henri Huet sur la guerre du Vietnam, il avait reçu une formation d’artiste peintre de sorte que ses photos sont d’une composition remarquable. De fait, il rend la guerre belle, en quelque sorte, ce qui est très perturbant. Les deux que j’ai retenues soulèvent la même interrogation. Celle de Georges Merillon ressemble de façon troublante à une toile du Caravage. Contrairement à l’artiste, le photoreporter n’a pas le droit de transformer la réalité, il s’efforce juste d’en rendre compte, de la manière la plus fidèle et le plus expressive possible. Et il arrive que certaines photos effleurent quelque chose d’essentiel. Je suppose que c’est cela qui les rend belles. Maintenant, cette beauté est-elle un moyen privilégié de toucher le spectateur ou au contraire un élément qui distrait l’attention du message, en ce qui me concerne, je serais tentée d’opter pour la première réponse. Je vous accorde que c’est un vrai sujet, et une question passionnante.

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/09/2011 @ 22:53

  13. @ Aliocha
    Je cherchais le nom du peintre. Oui, c’est Le Caravage. Si je prends l’exemple de cette photographie, je suis touché par la beauté et je ne vois plus la guerre. Ensuite, le photographe évidemment n’a rien modifié de la réalité mais il la saisit au moment où la lumière fait ressortir des couleurs et cette lumière est presque divine. Donc, là, veut-il nous parler de la guerre au Kossovo ? Ici, le thème est éternel, c’est la douleur d’une femme, d’une famille devant la mort. Merci vraiment de cette superbe image et du coup, vous me donnez envie d’aller voir cette exposition…..Hélios.

    Commentaire par Hélios — 11/09/2011 @ 23:34

  14. @Helios : Oui, une photo est un message, et son esthétique y contribue. Entre l’image capturée et l’image publiée, il y a un travail de mise en forme. Ce peut être un recadrage, un jeu sur les couleurs, sans parler des retouches lourdes (effacer un objet/personnage). Le simple choix de passer sur un noir et blanc typé Sépia plutôt qu’en couleur est un choix esthétique, qui partiellement raconte une autre histoire. Sous réserve d’avoir un compte Google+, vous trouverez ici (https://plus.google.com/photos/100073645661563176484/albums/5649667396734547073?hl=fr) des photos dons seule la colorimétrie a été altérée. Ce qu’elle disent est différent.

    La beauté de l’image contribue fortement à la force du message. Le fonds et la forme ne peuvent pas complètement être dissociés, ils renvoient l’un à l’autre.
    La force de ces photos n’est pas seulement ‘unitaires’. Cette expo montre la diversité des regards. Ces photographes ont des approches radicalement différentes. Au coeur de l’action, au bien en retrait complet… Une vision analytique, politique ou bien sensible… C’est la diversité de leur regards qui nous informe, cette capacité à fournir une image différente, hors de nos stéréotypes, qui nous fait voir le monde autrement.

    Juste pour illustrer comment un sujet peut donner deux images radicalement différentes. Il s’agit dans les deux cas de photos de "combattant en dehors du combat"; un marines pendant la guerre du Vietnam (http://www.guardian.co.uk/artanddesign/2010/feb/07/don-mccullin-shaped-war-review#zoomed-picture) et un soldat anglais en Irlande du Nord (http://www.artnet.fr/artwork/426151014/89028/philip-jones-griffiths-soldier-seen-through-shield-northern-ireland.html). Un seule thème: portrait frontal de combattant, deux traitements formels : elles renvoient deux images de l’absurde.

    Commentaire par kaeldric — 12/09/2011 @ 09:21

  15. @Kaeldric
    Merci beaucoup pour votre commentaire très riche et passionnant. Je me suis reporté évidemment aux liens que vous avez bien voulu mettre. Je reviendrai à tête reposée sur ces images et vos commentaires qui méritent d’être lus.
    Hélios

    Commentaire par Hélios — 12/09/2011 @ 09:44

  16. Merci d’insister là où cela fait mal, où, drapés que nous sommes de fausses informations il convient de revenir à la réalité le plus souvent possible : la faim, la soif, la guerre, l’oubli des autres et l’absence de partage. Je lis en ce moment "Qu’ai-je fait ? " d’Anna Politkovskaïa sur les guerres Tchetchènes et ne peux que conseiller cette lecture âpre – parmi tant d’autres sur les guerres et sujets douloureux, à l’image de Blaise Cendrars et sa "Main Coupée", d’Hemingway ou d’Albert Londres – mais qui nous rapproche des victimes. Outre les atrocités racontées avec pudeur mais a priori honnêteté, elle démontre surtout quelle difficulté représente pour un(e) journaliste le fait d’enquêter pour imposer la vérité au-delà de la propagande des bras armés. Des photos, écrits, reportages plus que nécessaires car ils démontrent que l’horreur n’appartient malheureusemet pas au passé.

    Commentaire par Magfuel — 12/09/2011 @ 17:46

  17. @magfuel : disons qu’il y a un moment où il faut arrêter de se plaindre de manquer d’information et chercher où en trouver. Il y a plein de journalistes – et pas seulement des journalistes d’ailleurs – qui font un boulot formidable. A nous d’écarter le superficiel pour trouver les pépites. Evidemment, ces sujets sont durs, mais j’ai tendance à penser qu’il est bien plus angoissant de fermer les yeux que de regarder les choses en face.

    Commentaire par laplumedaliocha — 12/09/2011 @ 18:58

  18. Mais oui bien sûr ! : http://www.lepoint.fr/societe/l-avenir-predit-par-ordinateur-12-09-2011-1372486_23.php

    Commentaire par laplumedaliocha — 12/09/2011 @ 19:30

  19. @magfuel

    Je ne sais pas si, comme vous l’écrivez, nous sommes "drapés" dans de "fausses informations". Rares, sont vraiment les "fausses" informations. En revanche, c’est la manière dont on présente ces informations et les hierarchise qui peut poser problème.

    Le journaliste n’est pas un électron libre. Ce qui, souvent, est contestable c’est la manière dont l’information est faite. Le web, les réseaux sociaux jouent un rôle dans la diffusion de l’information sans qu’il y ait eu un travail d’investigation, de recoupements, de critiques. Ensuite, un journal est un produit qui dépend d’un marché et évidemment des informations "se vendent" mieux que d’autres.

    J’ai entendu le directeur de Libération dire l’importance des ventes de ce journal au moment de l’affaire DSK. De fait, ce journal a accordé beaucoup d’importance à cette affaire en termes du nombre de pages qui y étaient consacrées. Pourtant d’autres informations pendant la même période auraient pu être mises en exergue plutôt que l’affaire DSK.

    Commentaire par Hélios — 12/09/2011 @ 20:52

  20. Sur le 11 septembre, à lire cet article de Jean-Paul Mari, grand reporter à l’Obs et auteur d’un livre magnifique dont j’avais parlé ici "Sans blessures apparentes" : http://www.grands-reporters.com/Les-quatre-avions-de-l-apocalypse.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 12/09/2011 @ 22:47

  21. Aliocha l’article du Point que vous mettez en lien renvoie, au-delà de sa présentation sensationnaliste, à des choses qui valent un peu plus d’attention qu’une simple moquerie. On n’en est pas aux équations psycho-historiques d’Asimov mais il est évident que la technologie peut permettre, à travers l’analyse de l’immense quantité d’information disponible sur les réseaux, de cerner une multitude d’indicateurs communs préalables à certains événements passés et ainsi de "prédire", avec une probabilité varaible selon l’identité et le nombre des indicateurs, des événements similaires.

    Commentaire par gh — 13/09/2011 @ 11:08

  22. @gh : en réalité, tout m’intéresse, y compris ce dont apparemment je me moque. La moquerie est née ici du lien que j’ai immédiatement fait avec les marchés financiers et leur prétention à modéliser l’inmodélisable. Si on lisait la presse, tout simplement, au lieu de la transformer en marc de café pour prédire le passé ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/09/2011 @ 12:35

  23. Bonjour Aliocha,

    Visiblement (et heureusement), vous n’êtes pas seule dans votre combat. Voilà qui devrait vous réjouir: http://penseesdoutrepolitique.wordpress.com/2011/09/13/les-ficelles-de-linfo-15-faire-court-cest-faire-con/#more-2709.

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 13/09/2011 @ 12:47

  24. @H : merci, on est au moins deux !

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/09/2011 @ 12:55

  25. Toujours concernant les questions de fond du journalisme, Macé Scaron "condamné" à faire du journalisme de terrain en guise de sanction du plagiat. Quel symbole ! http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=12013

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/09/2011 @ 15:04

  26. @Aliocha
    Les documents relatifs à cette affaire Macé-Scarron, que vous proposez, sont très intéressants. J’abordais dans mon commentaire (19) cette question.
    Il est vrai que, de plus en plus le commentaire de l’information prend le pas sur l’information elle-même, le fait établi, analysé, décrit avant d’être commenté. Vous l’aviez dit vous-même d’ailleurs dans l’un de vos billets précédents. Il est évident que l’établissement d’un fait ne permet aucun copié/collé..!
    Mais l’activité du lournaliste c’est bien d’abord d’établir des faits donc d’enquêter, de vérifier ses sources, d’en faire la critique avant de les commenter qui relève davantage de la ligne éditoriale du journal. Je trouve que la distinction de deux conceptions du journalisme ( le "latin" et le britannique ou anglo-saxon est stimulante. Correspond-elle à la réalité, je ne saurais le dire.
    Vous avez des documents forts intéressants, Aliocha, merci. Hélios

    Commentaire par Hélios — 13/09/2011 @ 15:40

  27. J’ajouterais, en lien avec mon commentaire précédent que ce serait bien de voir la relation texte-image dans la presse écrite. Chaque journal, je pense à Libé, La Croix, a une manière bien particulière d’utiliser la photographie.
    Souvent pour La Croix par exemple, une photographie à la Une qui illustre la thématique forte du journal pour le jour. Photo d’une salle de classe par exemple avec des articles de fond voire un dossier sur l’Education dans le journal. Dans ce cas-là, la photographie joue un rôle majeur. Mais il est d’autant plus difficile de la choisir. Elle doit illustrer mais aller plus loin que la simple illustration. Elle doit entraîner des questions chez le lecteur. Le style des photos de Libé est très différent. La photo dramatise l’évènement, le met en scène. Hélios

    Commentaire par Hélios — 13/09/2011 @ 16:08

  28. Il y a enfin titre et photographie.

    Voir la Une très intéressante, je trouve, d ‘Aujourd’hui en France de lundi 12 septembre.
    La moitié de la page est occupée par la photo d’une femme à qui on essaie d’arracher son sac. Elle s’aggripe à son sac et, du coup, à ce mouvement du corps est associé le mouvement de ses cheveux qui masquent son visage. La scène se passe sur le quai du métro……Et le titre, sur le haut de la photo: DELINQUANCE
    Le plan de lutte
    contre les jeunes
    Roumains l’ angle de vue choisi par le photographe est de mon point de vue remarquable. Il y a la main qui arrache, les mains qui retiennent le sac et une rame de métro sur l’autre quai. Bravo le photographe.

    Commentaire par Hélios — 13/09/2011 @ 16:24

  29. DS excellent comme toujours : http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#12018

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/09/2011 @ 09:26

  30. @28 outre le titre nauséabond qui se passe de commentaire, la première caractéristique de la photo que vous trouvez "remarquable" c’est qu’il s’agit d’une mise en scène et non d’un cliché pris dans l’instant…

    Commentaire par gf — 14/09/2011 @ 09:29

  31. @gh

    Dans le commentaire que j’ai écrit, je ne me suis pas attaché au "fond" donc au titre. Vous avez le droit de le juger "nauséabond". Je persiste à trouver cette photo remarquable avec la remarque dont vous me faîtes part.

    Maintenant avec l’exemple que j’ai pris et votre très intéressant commentaire, gh, nous sommes au coeur du sujet proposé par Aliocha. Un blog est un lieu où l’on échange et où l’on s’enrichit ensuite vous êtes libre de penser ce que vous voulez et je respecterai vos positions mais, s’il vous plait, n’assénez pas votre point de vue. Merci de votre attention et surtout de votre commentair et ceci dit sans agressivité. hélios

    Commentaire par Hélios — 14/09/2011 @ 12:02

  32. @Aliocha commentaire 29

    Arrêt sur images intéressant avec le point de vue d’ACRIMED sur la Une d’Aujourd’hui en France.
    Je me suis situé sur la seule analyse de l’image. Ensuite chacun a le droit d’être ou non d’accord avec le traitement de l’information. On est au coeur du sujet. Merci. Hélios

    Commentaire par Hélios — 14/09/2011 @ 12:10

  33. @Helios : inutile de signer vos commentaires puisque votre pseudo apparait déjà en signature automatique. Sinon, j’ignore d’où vient cette photo, mais on est assez loin du travail salué dans ce billet. Je soupçonne comme gf un montage. Quant à la Une, elle se passe de commentaires. Tout ceci est au journalisme ce que le fast food est à la vraie cuisine.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/09/2011 @ 13:14

  34. Oups, j’ai du retard
    Bon anniversaire de blog !
    Merci pour avoir poster les quelques mots des reporters photos, qui nous permettent de mieux les comprendre. :-)

    Commentaire par Ceriat — 14/09/2011 @ 14:38

  35. @ Aliocha

    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous, si vous me permettez.
    Il est vrai que le travail que vous saluez a une autre envergure et tout comme vous j’ai été sensible à la qualité et à la beuaté des images. Dans mes commentaires, j’ai cité trois quotidiens: La Croix, Libération et Aujourd’hui en France. Je n’ai pas jugé ces journaux. Je ne suis pas lecteur (sinon occasionnel) de "Aujourd’hui en France" et je ne méprise pas ceux qui le lisent. Je peux vous dire qu’ils sont nombreux que cela plaise ou non. Donnez-moi la preuve que la photo dont j’ai parlé est un montage. Une chose est de "soupçonner", autre chose est d’affirmer comme le fait gh. Si cette photo est un montage, eh bien nous sommes au coeur du sujet de la vérité de l’information. C’est un vrai débat. Le photographe qui a pris la photo est un professionnel que je respecte. Ensuite, il y a une ligne du journal qui va exploiter d’une certaine manière cette image. Merci de votre attention.

    Commentaire par Hélios — 14/09/2011 @ 14:44

  36. Hors Sujet: quand l’indépendance Rédaction/Régie Pub est rompue… http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=12019

    Commentaire par kaeldric — 14/09/2011 @ 14:46

  37. @31 oh je ne prétends pas vous donner de leçon, vous avez tout-à-fait le droit de qualifier cette image en faisant abstraction du contexte, du titre, de l’objet du cliché et de ses conditions probables de réalisation – au mieux une mise en scène, au pire un montage comme le suggère Aliocha. Au final j’hésite même à qualifier cette image de "photographie" mais cela n’engage que moi évidemment. Si vous y trouvez votre compte…

    Commentaire par gh — 14/09/2011 @ 14:46

  38. @35
    Précision : contrairement à vos propos je n’ai pas affirmé qu’il s’agissait d’un montage, même si c’est possible, en revanche j’affirme qu’il s’agit d’une mise en scène et il me semble que cette affirmation n’est pas précipitée puisque la société des rédacteurs du Parisien Aujourd’hui elle-même l’a formulée hier.

    Commentaire par gh — 14/09/2011 @ 15:18

  39. @gh

    . .
    Ne faisant pas partie des lecteurs habituels du Parisien, je ne "trouve aucun compte" dans la photographie en question. Mais le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle fait débat puisque vous évoquez vous-même la position de la société des rédacteurs du Parisien. Ceci dit je respecte les lecteurs du Parisien comme ceux des autres journaux. C’est la liberté de la presse.
    En tout cas je tiens à vous remercier pour vos deux réponses.A bientôt.

    Commentaire par Hélios — 14/09/2011 @ 15:46

  40. @kaeldric

    Même si votre arrêt sur images est hors-sujet, comme vous l’écrivez vous-même, le dossier est fort intéressant sur les liens entre presse et publicité à partir du fait dont il est question.

    Commentaire par Hélios — 14/09/2011 @ 15:59

  41. @gf : nous sommes d’accord, ma plume a ripé, suis débordée en ce moment…
    @helios : je n’ai aucun mépris pour le journal, en revanche, je trouve cette Une lamentable. Quant à la photo, si j’ai bien compris le communiqué des journalistes, c’est une mise en scène et donc pas une vraie photo prise sur le vif

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/09/2011 @ 17:16

  42. @ Aliocha

    J’ai lu le communiqué de la SDJ du Parisien-Aujourd’hui en France.
    La photo est une vraie photo prise sur le vif mais pas forcément sur un vol de "Roumain" et exploitée dans le cadre de ce dossier. Les articles sont des articles de journalistes. C’est le montage de l’ensemble qui est contesté par la SDJ.
    Il est impossible qu’un tel document résulte d’une mise en scène et non d’une réalité vraie si j’ose dire. Je vois mal une équipe photographiant une telle scène, d’autant que la photo a un auteur. Un tel évènement se produit souvent dans le métro. Des "Roumains" ont pu en être les auteurs. Ce qui est grave c’est de faire une généralisation dangereuse. C’est ce que contestent les journalistes du Parisien.

    Commentaire par Hélios — 14/09/2011 @ 19:41

  43. @ Aliocha

    Je voulais dire: je vois mal une équipe photographiant une telle mise en scène ( non une telle scène). 5ème ligne

    Commentaire par Hélios — 14/09/2011 @ 19:45

  44. @42 et 43

    Dans le communiqué de la société des rédacteurs du Parisien il est écrit :

    "Par ailleurs, la photo choisie pour la Une est une mise en scène qui n’a pas lieu d’être utilisée avec ce type de sujet."

    Une mise en scène, c’est écrit en toutes lettres, j’ai donc du mal à comprendre que vous affirmiez le contraire.

    Commentaire par gf — 14/09/2011 @ 20:30

  45. @g f

    Dîtes-moi svp avec "quel type de sujet" cette "mise en scène" peut être "utilisée" ? Je vous remercie.

    Commentaire par Hélios — 14/09/2011 @ 21:37

  46. @gf

    Sur un sujet aussi "explosif", je vois mal le directeur du journal, utiliser une photo "en bois"….. La photo, prise par un photographe dont le nom figure à côté du cliché, a sans doute été "retouchée" avec véritablement un souci de "mise en scène" . On ne voit par exemple que le bras tendu de l’agresseur qui pouvait être un "Roumain", un "Belge"…..un "Hongrois".
    Dans son commentaire 14, Kaeldric présente bien les procédés techniques qui permettent de donner une autre "tonalité" à une photo.
    Tout ceci nous incite à être très critique par rapport à la presse comme aux autres médias.

    Commentaire par Hélios — 14/09/2011 @ 22:12

  47. Le billet de Renaud Revel citant le communiqué de la société des journalistes pour les lecteurs qui veulent comprendre la discussion : http://blogs.lexpress.fr/media/2011/09/13/quand-le-parisien-cible-une-jeunesse-roumaine/

    @Helios : j’ignore ce qui’l en est exactement de cette photo, quand j’ai regardé le sujet, j’ai été choquée par les raccourcis et les amalgames. La lecture du communiqué de la SDJ confirme que les journalistes ne reconnaissent pas leur travail. Alors où est le problème ? Le problème c’est que la titraille et les illustrations peuvent faire dire à un article ce qu’il ne dit pas, et même le contraire de ce qu’il dit. J’ai le souvenir d’avoir écrit un jour un papier disant qu’une boite allait très mal. Toutefois, j’avais appelé le président de ladite société pour lui permettre de s’expliquer, et j’avais cité ses propos qui tendaient à minimiser les problèmes. L’article était donc équilibré et le lecteur était libre de se faire son opinion en fonction des faits que j’avançais et des explications que le responsables donnait. Sauf qu’on avait illustré l’article sans me demander mon avis par une photo dudit président arborant un sourire radieux. Ce qui au final donnait le sentiment qu’il n’y avait pas de problème. La déclaration et la photo souriante pesaient soudain plus lourd que les faits. Voilà pourquoi la forme d’un article est indissociable du fond, le tout créant une impression générale sur le lecteur. Et voilà pourquoi la SDJ du Parisien gueule, estimant que titraille et photo créent une impression générale selon laquelle tous les roumains seraient des délinquants alors que ce n’est visiblement pas l’esprit du papier.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/09/2011 @ 22:39

  48. @Helios : esprit d’escalier : au final ce n’est pas la photo qui est en cause, mais l’usage qui en est fait.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/09/2011 @ 22:41

  49. @Helios : Une photo est une forme d’expression, comme un texte. Donc oui, il est parfaitement possible de mentir avec une image tout comme avec des mots. Il faut donc rester prudent. Mais a contrario, c’est justement le rôle des journalistes collecter puis vérifier les faits, les contrôler, puis ensuite les mettre en perspective pour enfin proposer des analyses. La crédibilité est leur seule arme. c’est ce qui rend les soupçons à leur égard destructeur envers leur profession.
    Sans connaître les détails sur cette photo du Parisien, pour que la société des rédacteurs du journal rende publique une protestation, on peut raisonnablement supposer que si elle illustre la ligne politique choisit, elle ne le fait pas forcément de la manière la plus honnête. Une rédaction ne se désolidarise pas de son journal par caprice.

    Commentaire par kaeldric — 14/09/2011 @ 22:49

  50. @46

    Le communiqué est on ne peut plus clair : la photo est une "mise en scène". Sauf à remettre en cause le sens des mots, cela signifie qu’il ne s’agit pas de la photographie d’une véritable agression.

    Je ne vois vraiment pas pourquoi vous tournez autour du pot.

    Commentaire par gf — 14/09/2011 @ 23:45

  51. @45

    Les mises en scènes sont fréquentes : par exemple on illustrera un article lambda sur le couple avec une photographie de deux modèles prenant la pose enlacés sur un banc, sous les platanes du square.
    C’est une "mise en scène" fréquemment "utilisée" avec "ce type de sujet" et qui ne provoque pas l’ire des journalistes.

    Espérant vous avoir éclairé.

    Commentaire par gf — 14/09/2011 @ 23:50

  52. Billet à venir dans une minute ! (il est minuit, c’est l’heure du teasing ;-) )

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/09/2011 @ 00:03

  53. @ Aliocha

    Merci pour vos réponses. Je vois que votre nouveau billet utilise cette photo du "Parisien". Bonne journée à vous….

    Commentaire par Hélios — 15/09/2011 @ 04:43

  54. @kaeldric

    Merci pour vos riches commentaires.

    Commentaire par Hélios — 15/09/2011 @ 04:45

  55. @gf

    Oui, oui. En me levant, je vois qu’Aliocha a utilisé la fameuse photo du Parisien dans son nouveau billet………………! Merci de vos interventions.

    Commentaire par Hélios — 15/09/2011 @ 04:48

  56. « À droite et à gauche, aussi loin que l’œil pouvait atteindre, s’allongeaient, comme les remparts du monde, les lignes d’une falaise horriblement noire et surplombante, dont le caractère sombre était puissamment renforcé par le ressac qui montait jusque sur sa crête blanche et lugubre, hurlant et mugissant éternellement » Tiré – d’une Descente dans le Maësltrom d’Edgar Allan Poe – traduction de Beaudelaire

    Amer Basse ?

    C’est vrai que Field à votre place

    Depuis le buffet du Costes c’est plutôt palace !

    Vous me manquerez Monsieur Basse même si vos « plus près du micro » m’agaçaient…

    Spéciale dédicace au réalisateur pour l’intro d’une vos émissions :

    Enfin, avec Debord et ses Commentaires je vous rejoins :

    "Le gouvernement du spectacle, qui a présent détient tous les moyens de falsifier l’ensemble de la production aussi bien que de la perception, est maître absolu des souvenirs comme il est maître incontrôlé des projets qui façonnent le plus lointain avenir. Il règne seul partout ; il exécute ses jugements sommaires".

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 16/09/2011 @ 18:01

  57. Je n’ai commenté que très rarement ici.

    Ce billet et une coïncidence de lecture m’amène à le faire.

    Je viens de lire "mon pays n’est pas sûr", de Simone Fluhr, éd. Scribest, 128 pages, 12euros.
    http://nouveautes-editeurs.bnf.fr/annonces.html?id_declaration=10000000044446&titre_livre=MON_PAYS_N%27EST_PAS_S%DBR

    Ce n’est ni du photojournalisme, même s’il y a des photos, ni de la guerre, du moins pas de façon directe. Il s’agit de la façon dont sont traités les demandeurs d’asile arrivant en France, à Strasbourg plus précisément. Une grande partie d’entre eux fuit la guerre, les guerres. Ils en racontent des bribes, insoutenables. Mais surtout, ils peuvent en arriver à dire, comme un Tchétchène : « Pour nous, la guerre n’est pas finie », tellement est inhumaine la machine française à chasser les étrangers, demandeurs d’asile en particulier. Certains passages sont insupportables. Ils n’ont pas lieu en Tchétchénie, en ex-Yougoslavie, ou au Sri Lanka. Ils concernent des gens qui ont fui ces pays, mais ils ont lieu en France. En notre nom.

    Aussi, ce livre entre directement dans le cadre de ce que vous dites : « Car leur objectif est là, témoigner, documenter, recueillir des preuves, pour alerter. » Il s’agit d’une suite de témoignages factuels. Le minuscule biais par lequel les guerres nous touchent directement, et qui nous convoque à prendre position, pas uniquement par télé ou diplomates interposés, ce sont ces quelques centaines de réfugiés qui décident de fuir, y parviennent, et viennent nous demander l’asile. Eh bien ils arrivent, et nous les broyons.

    Tant que cela, qui ne concerne que quelques milliers de personnes -donc une goutte d’eau, sur 65 millions d’habitants en France- restera inaperçu, cela continuera.

    Je vous encourage donc à lire ce petit livre. Sa diffusion est faible : je crains qu’il ne faille le commander, en librairie. Les demandeurs d’asile, ce n’est pas un bon plan com’.

    Quelque chose de notre société, de nous-mêmes, se dit dans cet écrasement administratif des rares réfugiés qui arrivent chez nous. Je ne sais pas exactement quoi, mais je sais qu’il est important de le regarder en face.

    note : de la même auteure, je signale le film "Les éclaireurs" : http://www.dorafilms.com/fr/films/175

    Commentaire par Charles — 19/09/2011 @ 14:18

  58. [...] temps de les écouter, ces reporters ? Leur avez-vous demandé pourquoi ils faisaient ce métier ? Ce qu’ils vous auraient répondu sans doute vous aurait [...]

    Ping par Ne déshumanisons pas le journalisme « La Plume d'Aliocha — 02/03/2012 @ 11:28


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