La Plume d'Aliocha

19/02/2011

Les charmes de l’industrie alimentaire

Filed under: Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 11:33

Bon, délaissons un peu les frasques présidentielles, même si elles sont juteuses. Habituellement, nous recevons ici 1400 lecteurs par jour.

Depuis que je parle de notre président, nous frisons les 2000 visites. Le phénomène est amusant, mais il est temps de passer à autre chose. Je signale quand même qu’un producteur a tenté ce matin à l’ouverture du Salon de l’agriculture d’empoisonner notre président en lui faisant goûter, ah le facétieux, un morceau de Munster à 8h30  !

A propos de la grand-messe annuelle de l’agriculture justement, et au risque de gâcher la fête,  je voulais attirer votre attention sur la remarquable enquête diffusée mercredi soir dernier par France 3 intitulée "Manger peut-il nuire à la santé ?". Vous pourrez la visionner gratuitement sur Pluzz jusqu’à mercredi prochain. Les journalistes se sont penchés, en compagnie d’experts, sur l’élevage du porc, la culture intensive des pommes, le pain et le saumon. Le résultat est tout bonnement écoeurant. En voyant les conditions de "vie" de nos amis les cochons, j’ai songé avec amusement à tous les adversaires de la corrida. C’est vrai, ils ont raison. Il vaut mieux passer son existence dans une cage allongé sur ses propres excréments avant d’être abattu discrètement, pendu par un pied et égorgé, plutôt que de pâturer tranquillement et risquer de finir un jour dans un combat singulier au milieu d’une arène. Etonnante métaphore de notre société de consommation.  Je referme la parenthèse. Le reportage non seulement révèle de précieuses informations sur les dangers liés aux pesticides, mais donne des conseils pour tenter de corriger les effets néfastes de la nourriture industrielle.

Au-delà du problème sanitaire, l’émission nous interroge bien évidemment sur notre mode de vie et notre rapport à la nature, c’est-à-dire au fond, à nous-mêmes. En observant les délires de l’industrie alimentaire, je n’ai pu m’empêcher de faire le rapprochement avec des délires qui me sont plus familiers en ce moment, ceux de la finance. J’ignore comment nous allons nous sortir de nos erreurs, mais il est certain que c’est urgent.

A ne pas manquer.

Et pour ajouter un trait d’humour, car après tout, c’est le week-end, l’émission m’a rappelé ceci :

 

 

Mise à jour 18h35 : dans le même ordre d’idée, je recommande cette remarquable enquête d’Arte sur l’obsolescence programmée. Merci à Gilbert de l’avoir signalée !

About these ads

84 Commentaires »

  1. "En voyant les conditions de « vie » de nos amis les cochons, j’ai songé avec amusement à tous les adversaires de la corrida."

    Bon, ça c’est de l’appeau à troll ou je ne m’y connais pas! Vilaine. ;)

    PS : Dadouche (de chez Eolas évidemment) nous a rejoint sur twitter, étonnant non?

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 19/02/2011 @ 11:56

  2. Je me rappelle d’un documentaire sur l’élevage de la volaille en batterie, tellement gavée afin de produire plus de chair que leurs pattes se brisaient sous leur poids.

    @ Mussipont

    Merci d’être mon premier follower !

    Que diriez-vous d’ouvrir un compte pour Aliocha, avec l’email de contact de son blog ? Il suffit ensuite de lui communiquer le mot de passe qu’elle pourra changer à sa convenance, tout comme l’adresse email.
    De temps en temps, les filles, faut leur forcer un peu la main… Elles hésitent, elles renâclent, elles protestent un peu (beaucoup…) mais elles aiment bien aussi qu’on les prenne par la taille et qu’on les emmène… ;-)

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011 - 2ème bataillon) — 19/02/2011 @ 12:31

  3. Je suis révolté par la corrida ET par l’élevage industriel, avec la même intensité car les deux pratiques me sont tout autant répugnantes : cela ne me semble en rien un paradoxe, mais plutôt cohérent. Suis-je un monstre ? Dois-je me soigner ?
    Pire encore : malgré votre appétence revendiquée pour la barbarie en culottes roses (coup bas, j’adore), je reviens régulièrement vous lire avec plaisir. Serais-je bipolaire, psychotique ou plus grave encore : humain ?

    Commentaire par Serge — 19/02/2011 @ 12:41

  4. (petite parenthèse technique … Pluzz utilise Silverlight, et je n’ai jamais réussi à le faire marcher sur mon PC sous Linux : ouin, pas de reportage – qui avait l’air très intéressant, merci pour le lien – pour moi !)

    Aliocha : ni moi sur mon mac, mais je pensais que j’avais un problème de blonde. Suis pas forcément très dégourdie en informatique ;)

    Commentaire par SRG — 19/02/2011 @ 12:48

  5. Bon, puisque certains ont des problèmes techniques, je résume les points essentiels.
    – sur le blé et le pain : le problème réside moins dans les pesticides utilisés par les agriculteurs que dans la conservation du blé ensuite avant sa transformation en farine. C’est là qu’on balance le plus de pesticides, lesquels se retrouvent dans la farine et donc dans le pain. Le pain complet, fabriqué avec la cosse du blé est du coup le plus dangereux s’il n’est pas bio. Idem pour le soi-disant pain aux céréales, vérifier que votre boulanger fait son mélange lui même et qu’il n’utilise pas un mélange tout préparé, pas bon, bourré de saloperies (conservateurs et autres) et plus cher que les autres, bien entendu !
    – les pommes : à éplucher sur plusieurs millimètres si on veut éviter là encore de gober des pesticides, mais on perd les vitamines contenues dans la peau.
    – le cochon : élevé dans des cages, moins gras qu’il y a 40 ans à cause de "l’amélioration" du cheptel, mais privé de défenses immunitaires, enfermé dans des cages et nourri de façon douteuse. Les contrôles sanitaires durent quelques secondes pour chaque animal et consistent en un simple coup d’oeil du vétérinaire sur la carcasse et les viscères.
    – la saumon d’élevage : préférer le bio, nourri de manière plus orthodoxe que le non bio. Le reportage montrait que chaque pays exigeait une couleur de chair, l’éleveur manipule ses animaux pour fournir la nuance plus ou moins orangée qui convient. On croit rêver. Personnellement, bio ou pas bio, je n’aime pas le saumon d’élevage, l’odeur de graisse qu’il dégage me donne la nausée. Préférez le sauvage. C’est un animal qui doit bouger, sinon, il s’engraisse. Or dans les élevages, les poissons vivent les uns sur les autres. Aberrant.

    L’émission a fait le point aussi sur les fameux Oméga 3 recommandés par Servan-Schreiber. Notre organisme a besoin d’oméga 3 mais il ne les fabriques pas. Avant l’agriculture industrielle, on les trouvait dans la viande, le lait et les oeufs car les animaux mangeaient de l’herbe. Depuis qu’ils boulottent des granulés, ils n’en ont plus et nous non plus. D’où les recommandations de manger des poissons gras, saumon, sardine, maquereaux. Se méfier des grands poissons de fond type Thon qui sont chargés en mercure. On trouve des oméga 3 aussi dans les graines de lin (certains éleveurs de qualité les intègrent désormais dans la nourriture de leurs troupeaux), l’huile de colza et autres. Surfez sur le web, vous trouverez tout ça.

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/02/2011 @ 13:02

  6. Merci France Télévision.
    Microsoft Silverlight ou Windows média Player. Vive la fonction public, elle vous oblige à acheter américain !

    Sinon, très bonne vidéo, heureusement il y a VLC. Ça fait quelque temps que je mange pratiquement que bio, ça me conforte dans mon choix.
    Mon budget d’étudiant est passer de 100euro par mois pour la nourriture à 200euro mais quand je vois ce reportage, je ne le regrette absolument pas !

    Bonne journée.

    Aliocha : en effet, c’est plus cher. Mais vous vous économisez, ainsi qu’à toute la société d’importants frais médicaux dans 30 ans. Et puis rien ne nous empêche de manger moins pour manger mieux, ce qui économise ultérieurement des frais de régime, évite d’avoir à prendre des compléments alimentaires qui coûtent la peau des fesses et sont la plupart du temps inutiles, de consulter des diététiciens. Bref, le coût des choses mérite toujours d’être mis en perspective, il n’est jamais que relatif ;)

    Commentaire par Tairusu — 19/02/2011 @ 13:31

  7. @ Ferdyduke : je vous ai trouvé grâce à la twitpic postée sur le billet précédent ;) Quant à votre suggestion d’une incription forcée d’Aliocha je pense qu’elle risque d’apprécier moyennement, laissons la plutôt mijoter encore un peu tel un pot-au-feu…

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 19/02/2011 @ 13:32

  8. @ Mussipont

    Remarquez… on peut toujours mentionner votre tweet (celui qu’il ne faut pas répéter) pour la porter à ébullition. :D

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011 - 2ème bataillon) — 19/02/2011 @ 13:57

  9. @ Ferdyduke : ah oui, en effet, elle pourrait se mettre à bouillir et déborder de la casserolle… oups …

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 19/02/2011 @ 14:22

  10. Pft, suis partie pour cuisiner une pintade ce soir, rien ne saurait me distraire de mon ambition gastronomique, j’en salive à l’avance !

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/02/2011 @ 14:31

  11. @ laplumedaliocha (10)

    Vous avez ce soir un rendez-vous professionnel avec une attachée de presse ?

    Commentaire par Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011 — 19/02/2011 @ 14:52

  12. @ Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011

    Je m’associe – évidemment – à votre campagne (ça va finir en très long pseudo cette histoire…)

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon et Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, 2ème escouade, parce que ya pô de raison!) — 19/02/2011 @ 15:08

  13. Je crois qu’avant même la nourriture industrielle, la source de nos maux est là, dans l’obsolescence programmée. Dépêchez-vous de télécharger ce documentaire, "Prêt à jeter", dont l’obsolescence est programmée, elle aussi :

    http://www.dailymotion.com/video/xh1v71_pret-a-jeter_tv#from=embed

    Aliocha : Merci Gilbert, j’avait vu la mention de cette émission sur @si, mais j’avais oublié de la regarder. Elle est absolument remarquable. Je vais la mettre dans le billet.

    Commentaire par Gilbert — 19/02/2011 @ 17:28

  14. C’est toujours amusant de rencontrer quelqu’un qui a "le nom de l’emploi". Ce soir, conférence sur les alternatives à l’agriculture industrielle avec… M. Dufumier :

    http://www.demosphere.eu/node/22867

    Aliocha : une question quand même, Gilbert, sans insolence aucune de ma part : comment vous résolvez le problème des salariés si on produit moins ? C’est une vraie question que je me suis posée tout au long de l’émission. Je pense qu’on peut trouver d’autres choses intelligentes à faire, vivre autrement, mais tout cela est assez flou…

    Commentaire par Gilbert — 19/02/2011 @ 17:54

  15. @ Gilbert,

    j’ai vu ce documentaire sur Arte, à propos de l'"obsolescence programmée".

    Sans être un supporter de la décroissance, je suis un fervent partisan du moins-consommer. je n’ai pas de voiture et je fuis le superflu.

    Pourtant, j’ai trouvé ce documentaire manipulateur et simplificateur ; il surfe en outre sur l’attirance du téléspectateur pour les théories du complot. La thèse principale est d’ailleurs connue sur le web comme la "light-bulb conspiracy".

    Une recherche rapide m’a permis d’accéder au rapport de 1951 de la commission anti-trust britannique sur le cartel Phoebus et son successeur. Ce rapport met en évidence qu’il y a eu une entente sur les prix qui s’est traduite par un prix moyen exagéré pour le consommateur ; en revanche,il infirme l’accusation d’entente pour réduire la durée de vie des ampoules au détriment du consommateur. Il remarque que la durée de vie de 1000h est un compromis optimal pour le rendement de l’ampoule, durée préconisée par les organismes de normalisation (et toujours en vigueur). Le rapport : http://www.competition-commission.org.uk/rep_pub/reports/1950_1959/003lamp.htm

    En outre, L’ampoule "centenaire", qui nous est présentée comme une preuve qu’il était possible de réaliser des ampoules incandescentes à longue durée de vie, ne prouve rien en réalité : sa faible lumière orangée indique qu’elle est utilisée dans des conditions qui privilégient la durée de vie sur le rendement. Je vous renvoie aux équations qui régissent l’équilibre rendement/durée de vie des ampoules incandescentes : http://en.wikipedia.org/wiki/Incandescent_light_bulb#Voltage.2C_light_output.2C_and_lifetime

    Par ailleurs, le fil rouge sur l’imprimante Epson, élevée au rang d’icône de l’obsolescence programmée, n’est pas du tout pertinent : les fabricants ont une marge très faible – voire négative – sur l’imprimante : ils font leur profit sur les cartouches propriétaires qui sont le véritable scandale. Les fabricants n’ont donc aucun intérêt à ce que l’imprimante tombe en panne.

    Les inconvénients de la société de consommation sont réels, mais ils tiennent plus à notre comportement de consommateur qu’à une conspiration des fabricants, même si des abus peuvent exister, comme dans le cas de la première version de l’iPod. Par ailleurs, s’il est devenu très difficile de faire réparer, cela tient au décalage entre les coûts de main d’œuvre locaux, et les coûts de production des usines délocalisées.

    Commentaire par Tocquevil — 19/02/2011 @ 17:57

  16. @Tocquevil : je vous recommande la lecture de L’age de l’accès de Jérémy Rifkin. Il y explique qu’on ne vend plus aujourd’hui des objets, mais les consommables auxquels ces objets donnent accès. C’est pourquoi on vous vend peu cher, voire on vous donne les objets qui donnent accès à l’univers que l’on vous vend. Le plus bel exemple est Nespresso et je recommande au passage cet article de Cultural Gang bang : http://www.culturalgangbang.com/2011/02/leffet-nespresso.html . Mais il y a aussi le téléphone portable. Le mien a 4 ou 5 ans, un petit samsung à clapet. Quand je l’utilise en public, on me regarde comme si j’étais Gordon Gekko dans Wall Street 2 (la scène mythique où on lui rend son portable à la sortie de prison – remarquable !). Je m’en fous, c’est un acte de résistance. Je n’ai pas besoin d’internet sur mon téléphone, dès lors que je ne suis jamais très loin d’un ordinateur, pas plus que je n’ai besoin de lire mes mails au restaurant, ni dans le métro et moins encore dans mon lit ou à une conférence. Voyez le marketing Apple, leurs produits sont obsolètes au bout de six mois. Plus ils sont sexy et offrent de fonctionnalités, moins vous pouvez vous en passer et plus vous consommez les services associés. A mon avis, ils n’ont même plus besoin de mettre une date de limite de vie au produit, ils ont réussi à dresser le consommateur à changer pour un outil plus performant tous les six mois à un an. C’est précisément au moment de la sortie de l’i phone que j’ai décidé que je ne changerai mon téléphone portable que lorsqu’il tomberait en panne.

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/02/2011 @ 18:53

  17. Ce billet résume assez bien le livre "L’âge de l’accès" : http://www.paperblog.fr/1001086/l-age-de-l-acces-la-nouvelle-culture-du-capitalisme-jeremy-rifkin/
    C’est un ouvrage absolument indispensable à lire qui m’avait été recommandé par un professeur d’université spécialisé dans la régulation économique.

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/02/2011 @ 19:10

  18. @Aliocha,

    Tout à fait d’accord. En tant qu’homme de marketing, je considère Nespresso comme une remarquable réussite. En tant que consommateur, je résiste farouchement… même si c’est du très bon café, indubitablement.

    Commentaire par Tocquevil — 19/02/2011 @ 19:47

  19. L’oncle Vania est de retour! "Back to the trees"

    Commentaire par ideesmobiles — 19/02/2011 @ 20:53

  20. Chère Aliocha,

    Je trouve assez marrante votre réflexion: si on mange bio, ça coûte plus mais, après, devenu vieux par exemple, ça coûte mois cher parce qu’on aurait moins de dépense de santé à payer. Pas du tout. Vivre vieux coûte un max à la société. Economiquement parlant, on peut sans doute affirmer que l’idéal, c’est un fumeur(impôts, taxes) qui meurt dès qu’il prend sa retraite.

    Même chose pour les "décroissants" qui s’imaginent bosser moins. Certes, ils ne vont pas jeter leur téléphone portable qui fonctionne toujours. Mais la bouffe bio, les logements à haute qualité environnementale, la remise en culture des terres ingrates, les transports en commun partout et de bonne qualité, etc, ça demande énormément de travail. Surtout si les ex-pays du tiers-monde n’acceptent plus de travailler quasi-gratis et accèdent à la démocratie.

    Bien sûr, ceux qui s’imaginent que l’écologie consiste à ne pas laisser couler l’eau du robinet pendant qu’on se lave les dents tout en utilisant tout le temps des compagnies aériennes low coast n’ont pas encore compris que, bientôt, ils vont devoir reprendre le chemin des champs, des chantiers et des usines comme leurs parents.

    Commentaire par didier specq — 19/02/2011 @ 21:58

  21. @Aliocha :

    Les nouveaux modes de consommation – consommer moins, mieux, local, durable – ne sont pas synonymes de décroissance, au contraire : il y a là un véritable gisement d’emplois, comme le souligne Didier Specq.

    Par ailleurs La plupart des objets manufacturés ne sont pas produits en France donc la réduction de leur consommation aurait un faible impact sur l’emploi local.

    C’est d’ailleurs un des intérêts de la "TVA sociale" qui frapperait plus les importations que la production nationale.

    Commentaire par Tocquevil — 19/02/2011 @ 22:32

  22. Et comme didier specq, j’ai souri à la réflexion d’Aliocha sur les bienfaits de manger Bio, mais pas pour la même raison.

    En effet, la label Bio fonctionne un peu comme le label Apple : positionnement marketing et identification à une certaine image que l’on veut avoir de soi. Le bénéfice sur la santé n’est pas prouvé, d’autant que certains produits estampillés Bio sont du foutage de gueule.

    Certains nous promettent une baisse prochaine de l’espérance de vie, qui devrait toucher les baby-boomers élevés aux pesticides et à la dioxine, mais j’attends de voir. Pour l’instant je me sens plutôt bien.

    Aliocha : vous faites ce que vous voulez mon Cher. Moi je ne mange pas de la merde. Question de goût, tout simplement. Mais il est vrai que ce qu’on découvre aujourd’hui et qui devient à la mode, personnellement je le sais depuis 30 ans. Dès la naissance de l’agriculture industrielle, il y a des gens qui ont alerté sur le fait qu’on déconnait. Aujourd’hui, on a les preuves, mais il y en a toujours pour dire que tout va bien. Et pour cause, les intérêts économiques sont tellement immenses….

    Commentaire par Tocquevil — 19/02/2011 @ 22:52

  23. C’est juste le label Bio qui me chiffonne. Nous devrions pousser l’intégralité de notre agro-économie à se convertir à l’agriculture raisonnée, plutôt que de proposer quelques produits estampillés Bio, que seuls les bobos achètent. Mais vous avez raison de souligner qu’on ne convertit pas aussi facilement un système qui s’est construit sur un modèle productiviste à coup de subventions européennes.

    Commentaire par Tocquevil — 19/02/2011 @ 23:43

  24. Aliocha : "une question quand même, Gilbert, sans insolence aucune de ma part : comment vous résolvez le problème des salariés si on produit moins ? C’est une vraie question que je me suis posée tout au long de l’émission. Je pense qu’on peut trouver d’autres choses intelligentes à faire, vivre autrement, mais tout cela est assez flou…"

    Je n’ai pas plus de solution clef en main que les politiques des différents partis, y compris les Verts ou le PG qui disent qu’on ne peut plus continuer à consommer comme ça (je ne crois pas que les autres partis parlent de décroissance). En tout cas, je ne vois pas de solution dans le cadre du système capitaliste, dans lequel la plupart des partis s’inscrivent, vu que ce système repose sur toujours plus de croissance. Je ne crois pas non plus que les sociétés occidentales sont prêtes à retourner au niveau de consommation des années 60. Le problème se complique aussi du fait qu’on ne peut pas parler de décroissance dans une société avec autant de disparités. Allez donc parler de décroissance aux smicards, aux chômeurs et aux précaires. La première chose qu’il vont vous renvoyer à la figure, c’est : "faites d’abord décroître les inégalités. C’est pas à nous de nous serrer la ceinture".
    Idem pour les pays en voie de développement. Allez dire aux Chinois : "pas question que vous consommiez comme nous, au même niveau que nous, la planète ne le supporterait pas".
    En tous cas, je crois qu’il n’y a pas de solution viable en dehors d’un système économique planifié, avec une économie dirigée. Est-ce que parler d’économie de besoin au lieu d’économie de marché renvoie forcément aux soviets ? Ce serait une réponse un peu courte.
    À l’inverse, je ne crois pas que ceux qui pensent que la solution serait de continuer de la même façon, en se disant que l’équilibre va se rétablir tout seul, quitte à subir une catastrophe écologique, seront nombreux dans quelques générations pour raconter à leurs enfants l’histoire du (relativement court) passage de l’homme sur la terre.

    Commentaire par Gilbert — 20/02/2011 @ 02:19

  25. Une petite remarque sur la dichotomie corrida/élevage industriel : Je mange de la viande achetée au supermarché, et je n’aime pas la corrida. Mais je ne me sens pas en désaccord profond avec moi-même. En effet, ce qui me gêne le plus dans la corrida, ce n’est pas la condition de vie de l’animal, qui n’est probablement pas bien pire que celle d’un animal d’élevage. Globalement, cette condition de vie, je m’en moque un peu. Tout comme je me moque des guêpes dont j’ai détruit un nid dans mes volets, ou des virus de la grippe que j’ai entraîné mon corps à détruire sans pitié. Non, ce qui me gêne avant tout dans la corrida, c’est son aspect sur l’esprit humain, où l’on transforme en jeu, en sport, l’acte de tuer, et en plaisir et spectacle l’acte de regarder tuer. La corrida, c’est un peu la Communication qui s’invite dans la boucherie :)

    Pour l’aspect bio, il m’arrive d’en manger, non pas pour leur bienfaits supposés sur la santé, sur lesquels j’entretiens des doutes, mais dans l’espoir d’avoir des aliments qui auraient du goût. Parfois c’est le cas. Parfois… Mais je pense qu’il existe une niche marketing non exploitée pour des "tomates, bio ou non bio, mais qui ont un goût de tomate".

    Commentaire par Gathar — 20/02/2011 @ 13:56

  26. @Gathar : Revenons si vous le voulez bien sur les conditions de vie des animaux. C’est important. Les troupeaux de toros de combat paissent en liberté dans de gigantesques prairies. Toute leur vie. Certains d’entre eux, obéissant à des critères particuliers de taille, de poids, de courage seront sélectionnés pour aller dans l’arène dans le cadre d’un combat d’environ 15 minutes. Et y laisseront la vie dans la très grande majorité des cas. Leurs conditions de vie sont donc très supérieures à celle des troupeaux élevés en batterie. Vous savez pourquoi ? Parce que les amateurs de tauromachie aiment passionnément les toros. Eh oui, souvent plus d’ailleurs qu’ils n’aiment les toreros. Pourquoi l’homme tue-t-il ce qu’il aime ? C’est un mystère que je serais bien en peine d’éclaircir. Disons en l’espèce qu’il s’agit d’une sorte d’affrontement ancestral entre l’homme et ses peurs, entre l’homme et ce qu’il admire. Les amateurs de corrida admirent les toros, eh oui. C’est pour cela que c’est particulièrement paradoxal de voir les défenseurs des animaux s’attaquer à eux avec autant de virulence. Mais ça aussi, c’est humain, ça s’appelle l’incompréhension de l’autre. Face à cela, nous avons une industrie alimentaire qui élève des troupeaux dans des conditions indignes. Voyez-vous, moi qui appartiens à la catégorie sanguinaire des amateurs de tauromachie, je suis ulcérée qu’on laisse croupir des animaux sur leurs excréments dans des cages en fer où ils ne peuvent pas bouger, et sans jamais voir la lumière. Au surplus, je me demande quelles qualités nutritives il peut bien y avoir à consommer de telles bêtes. L’affaire de la vache folle nous a déjà montré le danger qu’il y avait à nourrir des herbivores avec de la viande, quelle nouvelle horreur va-t-on finir par découvrir à force de mépriser ainsi le vivant pour de simples questions de profit ? Au passage, les afficionados font moins de mal à regarder une corrida, que les éleveurs à risquer de nous empoisonner et nous tous à les encourager. Demandez-vous pourquoi les journalistes ont tant de mal à visiter des élevages et plus encore à entrer dans des abattoirs….
    C’est ce qui m’intéresse dans la comparaison entre la corrida et l’élevage industriel, il y a une barbarie du passé contre une barbarie actuelle. Je préfère celle du passé, elle s’enracine et révèle un mystère psychologique que je trouve plus intéressant et plus riche à tous les niveaux que le mépris du vivant qui caractérise l’élevage industriel sur fond d’indifférence, certes entretenue par l’industrie agroalimentaire, mais néanmoins coupable du consommateur.
    Maintenant, pourquoi y-t-il encore des gens pour aller voir des corridas ? Je l’ai déjà dit et je le répète, personne ne se réjouit de la mort du toro. Absolument personne. Mais tout le monde est fasciné par l’affrontement de l’homme et du fauve. A quoi cela nous renvoie-t-il ? Peut-être à la conscience profonde que la vie est une lutte permanente, à la peur de la mort dont le torero triomphe en tuant le toro et sans doute à des choses plus profondes encore. Sur la condition humaine, sur le rapport à la nature, sur eros et thanatos.
    Personnellement, la corrida m’effraie moins que l’abattage industriel. Et au bout du compte, le résultat est le même, l’animal sera mangé. La différence, c’est que dans un cas on l’a aimé et respecté. Dans l’autre, on a violé toutes les règles de la nature, pourri les animaux et fourni au consommateur de la m….. Certes, c’est pas cher. Mais ne l’est-ce pas déjà trop au vu de ce qu’on nous sert ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/02/2011 @ 14:45

  27. J’espère qu’on ne va pas refaire le débat sur la corrida, avec les mêmes arguments.
    Sinon je rejoins Tocquevil par rapport aux différents label Bio. Il y a du foutage de gueule. Les labels sont pour certains auto-décernés, les contrôles peu nombreux et pas toujours sérieux.
    Allez faire du bio lorsque vos terres sont entourées de cultures traditionnelles ? Vous avez tous les ruissellement de pesticides venant du voisin. Pratiquement, il n’y aurait que dans les zones de montagne qu’on pourrait en faire. De là à nourrir tout le monde… Bref, pour l’instant le bio est réservé à ceux qui ont des tunes. L’argument : "mangez moins mais mangez mieux" relève du mépris social lorsqu’il s’adresse aux clients de Lidl ou autres magasins pour pauvre qui n’ont qu’une obsession – compréhensible – remplir leur caddie au moindre coût.
    C’est de même nature que l’attitude de ce crétin d’Arthus-Bertrand qui passe son temps à culpabiliser les gens en leur faisant croire que la solution est dans le changement de comportement individuel.

    Aliocha : je n’ai pas dit "mangez moins mais mieux", j’ai dit mangEONS moins mais mieux. C’est très différent. Alors allez taxer d’autres que moi de mépris social. Merci. C’est une révolution de société qu’il faut accomplir, ce qui implique une prise de conscience collective et un changement de modèle. Mais vous pouvez continuer de casser le bio au nom de la lutte des classes, et applaudir des deux mains le fait que c’est précisément aux plus pauvres que l’industrie alimentaire refourgue ses pires saloperies pleines de sel de sucre et de graisses. Votre credo c’est "tous égaux dans la m…..", le mien c’est "on peut s’en sortir ensemble, suffit de vouloir". Chacun son truc.

    Commentaire par Gilbert — 20/02/2011 @ 17:28

  28. Un article de cafebabel.com sur le thème même dans un des pays les plus en pointe dans le domaine du bio, tout n’est pas très net

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon - Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie excessive de l'hôtesse) — 20/02/2011 @ 20:08

  29. Bonsoir Aliocha,

    Je recommande pour ceux qui ne l’aurait pas vu le documentaire "we feed the world" sur les agriculteurs et plus largement les pratiques des multinationales de l’agro alimentaire Nestlé en tête. Le film est ici : http://samesoule.wordpress.com/2011/02/09/we-feed-the-world-film/

    Lui de duo d’idées

    http://duodidees.wordpress.com

    Commentaire par Elle & Lui — 20/02/2011 @ 20:56

  30. A propos de l’obsolescence programmée.
    On se demande bien pourquoi il a fallu une prîme à la casse pour pousser les gens à changer de voiture…En fait nos voitures, nos frigos, nos TV, lave-linge, vaisselle etc… marchent mieux et plus longtemps que dans les années 60 ou 70. Mais on ne peut plus les réparer (rivetage, souvent), ce qui est agaçant, mais aucun artisan n’arriverait à facturer ses heures (emmaus à la rigueur). Ces appareils pourraient durer plus longtemps? Vous avez déjà essayé de donner à vos enfants votre antique appareil qui marche encore? On me dit même qu’on peut trouver des postes à galène…
    Les Bureaux d’Etude font une analyse de la valeur et le progrès technique impose la durée moyenne d’utilisation. J’ai changé de voiture pour en prendre une avec la clim quand j’en ai eu assez de crever de chaud en été en Bretagne. Je n’ai jamais vu dans l’industrie (automobile et électroménager) le type d’obsolescence programmée dont il est question dans le reportage.
    Quant à la tauromachie, je me garderais bien d’exprimer une opinion. Par contre, connaissant assez bien l’abattage, des porcs notamment, je signale que la viande d’un porc stressé étant "pisseuse" le process d’abattage est conçu pour lui éviter tout stress (mesuré par sa fréquence cardiaque, elle même mesurée par un cardiofréquencemètre de chez Décathlon à fond la forme, ceiturant le porc témoin). Il est anesthésié par choc électrique ou gaz puis égorgé encore vivant sinon il ne saignerait pas. Pas de sang pas de boudin…entre autre.
    Bon appétit.
    Et si vous croyez que le cochon égorgé dans la cour de la ferme est mieux loti ou que la chaine du froid y est bien respectée vous vous faites des illusions.

    Commentaire par araok — 20/02/2011 @ 22:29

  31. J’ai lu plusieurs fois dans des commentaires des gens qui parlent d’un rapport officiel (de la FAO ?) qui expliquerai que le monde aurai de quoi nourrir au moins 6 milliard de personne avec les surfaces actuelles cultivés et de manière durable.
    Quelqu’un connaîtrai-il pareil texte ? Une référence ?
    En somme, peut on tous vivre sur cette terre en mangeant bio ? Si la réponse est non, y’a t’il un compromis entre développement durable – bio – et production de masse pour que nous puisions tous vivre sur terre de manière descende pendant longtemps ?

    À vrai dire : le fait de manger bio ne m’importe que peu. Les pesticides ne me dérange pas plus que ça. Ce qui me dérange c’est qu’un produit puisse être crée sans perspective futur. Sur cela le reportage de arte à propos de l’obsolescence programmer (même si je ne crois pas à tout ce qu’ils racontent) me révolte. J’ai toujours luter pour utiliser mes ordinateurs jusqu’à la triste fin et je me révolte toujours de voir les gens jeter des téléphones portables ou des ordinateurs en parfait état parce que "ce n’est plus à la mode".

    Mais peut-on vraiment faire quelque chose ?

    Commentaire par Tairusu — 20/02/2011 @ 22:29

  32. Le rapport FAO sur la possibilité de nourrir la planète en bio, (en fait c’est plutôt un compte-rendu de conférence) : http://www.rue89.com/files/20070630rapportfao.pdf
    il est mis en perspective par Rue89 : http://www.rue89.com/2007/06/30/selon-la-fao-lagriculture-bio-peut-nourrir-la-planete
    sinon, ce papier du CNRS est pas mal : http://www2.cnrs.fr/presse/journal/4027.htm

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/02/2011 @ 23:37

  33. Merci beaucoup !

    Commentaire par Tairusu — 21/02/2011 @ 09:19

  34. @ araok,

    Ce concept d’obsolescence programmée recouvre au moins deux notions de portée et de nature différentes : l’obsolescence par défaillance technique planifiée et l’obsolescence par perte d’attractivité du fait de la concurrence de produits plus attractifs. Par exemple, il vaut mieux jeter son vieux frigo qui marche encore et le remplacer par un nouveau frigo classe A++, qui consomme moins (plus économique et… plus écologique !)

    La formulation de ce concept est donc ambigüe et non neutre puisqu’elle suppose une intention planifiée, voire conspirationniste. Les phénomènes qu’il prétend décrire ne sont qu’un des aspects de la dynamique naturelle du fonctionnement d’un marché ouvert à l’innovation et à la concurrence (qui n’est jamais parfaite), et il s’agit à bien des égards d’une grille de lecture dépassée. Aliocha pointe à juste titre les travaux de Jeremy Rifkin, qui montre que le marketing se structure autour d’autres paradigmes.

    Commentaire par Tocquevil — 21/02/2011 @ 11:24

  35. Le bio ne doit pas nécessairement être plus cher que le "conventionnel" (ou chimique, c’est selon…). En Allemagne ce n’est pas le cas, les Lidl, Aldi & co commercialisent les deux, côte à côte, la différence" de prix est négligeable voir inexistante.
    Parce que la culture bio là bas passe par exemple un tout : pas d’emballages non-nécessaires, design simple et surtout une production locale que nous n’avons plus.
    Dire que c’est un privilège de bobo est faux, c’est devenu un enjeu de santé et d’éthique aussi. Même un animal, même un cochon ne mérite pas d’être abattu comme ça, à titre personnel je refuse de cautionner ce mode de fonctionnement et ai du mal à avoir du plaisir à manger un bout de viande en sachant qu’il a été tué à rebours de la raison humaine. Ca me coupe tout bêtement l’appétit, c’est ma contribution….

    Commentaire par Anais — 21/02/2011 @ 14:10

  36. Excusez-moi Anaïs, mais voir Lidl, Aldi et "éthique" dans la même phrase, je tousse… L’éthique consiste d’abord à traiter décemment ses employés et ses fournisseurs. Le sort du cochon m’intéresse subsidiairement, et je continuerai à savourer mon pata negra sans arrière-pensée (oui, bon, on peut être frugal et s’autoriser des extra, non ?)

    Commentaire par Tocquevil — 21/02/2011 @ 14:33

  37. Bonsoir à tous

    Dans la lignée de ce billet, ce soir, la 2ème partie de "Mots croisés" est consacrée à "Du poison dans nos assiettes ?"

    avec

    Bruno LE MAIRE
    Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire

    José BOVE
    Député européen Europe Ecologie-Les Verts
    Vice-président de la commission Agriculture et développement rural au Parlement européen

    Marie-Monique ROBIN ******
    Journaliste d’investigation
    Auteur du documentaire "Notre poison quotidien", qui sera diffusé sur Arte le 15 mars à 20h40 et auteur du livre éponyme à paraître le 24 mars (Editions La Découverte) ******

    Jean-René BUISSON
    Président de l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA)

    Parce que le 1er débat "Sarkozy – DSK : tous les coups sont permis ?", on s’en fiche, bien sûr ;-)!

    Commentaire par gabbrielle — 21/02/2011 @ 18:39

  38. @ gabbrielle

    Bon sang, heureusement que vous êtes de retour, sinon j’aurais manqué ça. Merci à vous.

    Commentaire par Goloubchik — 21/02/2011 @ 19:11

  39. Pas eu le temps de lire les coms, mais dans le genre documentaire sur l’industrie alimentaire à l’échelle planétaire, je recommande We feed the world.

    Commentaire par Gwynplaine — 21/02/2011 @ 20:37

  40. Je signale la diffusion le 15 mars sur Arte à 20h40 di documentaire "Notre poison quotidien" par Marie Monique Robin.
    Plus d’info ? C’est ici : http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Notre-poison-quotidien/3673748.html
    Elle sort un livre sur le même sujet le 10 mars : http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Notre-poison-quotidien/3673748,CmC=3674010.html
    Cette journaliste a reçu le prix Albert Londres en 1995 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Monique_Robin

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/02/2011 @ 00:29

  41. Aliocha : "je n’ai pas dit « mangez moins mais mieux », j’ai dit mangEONS moins mais mieux. C’est très différent. Alors allez taxer d’autres que moi de mépris social. Merci."

    Pourquoi vous vous sentez visée ? Rassurez-vous, je ne pense pas qu’à vous.

    Aliocha : "C’est une révolution de société qu’il faut accomplir, ce qui implique une prise de conscience collective et un changement de modèle. Mais vous pouvez continuer de casser le bio au nom de la lutte des classes, et applaudir des deux mains le fait que c’est précisément aux plus pauvres que l’industrie alimentaire refourgue ses pires saloperies pleines de sel de sucre et de graisses".

    Quand on fait dire a quelqu’un le contraire de ce qu’il a précisément dit, ça s’appelle de la malhonnêteté intellectuelle. Où ai-je dit que j’étais contre le bio ? Je dis que ce qui est vendu comme du bio ne me parait pas toujours l’être vu la façon dont les labels sont établis. J’aimerais bien, pour ma part, ne manger que bio. Mon rêve est de pouvoir me tirer à la campagne, faire un jardin (avec du compost maison, en l’arrosant avec de l’eau de pluie récupérée), cueillir des fruits, des champignons (j’ai un copain en Dordogne qui a des chênes truffiers, vous voyez, je suis pas difficile), installer une petite éolienne, chauffer mon eau avec le solaire, chier dans la sciure (les toilettes sèches, c’est un grand progrès pour l’humanité)…

    Aliocha : "Votre credo c’est « tous égaux dans la m….. », le mien c’est « on peut s’en sortir ensemble, suffit de vouloir ». Chacun son truc."

    Tous ensemble, tous ensemble, ouais… Avez-vous seulement déjà participé à une action collective ? Vous croyez que lorsqu’on fait du syndicalisme, c’est pour tirer les collègues vers le bas ?

    Commentaire par Gilbert — 22/02/2011 @ 04:21

  42. @ Tocquevel & Anais :

    Ne vous étouffez pas cher Tocquevil, parce qu’Anais n’a pas mis éthique et Lidl dans la même phrase. Les deux phrases en question sont même séparées par un paragraphe entier. Anais dit qu’en Allemagne, même chez Lidl and co, le bio n’est pas réellement plus cher que le non-bio. Puis, plus loin, que cela tient à la culture du bio plus éthique là-bas, en Allemagne (i.e. à laquelle s’est adaptée la grande distribution, non pas qu’elle soit leader sur ce point);
    Cela tient au fait d’un positionnement du bio plus intelligent en Allemagne, car mieux à même de susciter l’adhésion du consommateur : si en France le positionnement du bio s’est fait sur la santé du consommateur (ce qui n’est pas négligeable, le reportage le montre semble-t-il mais continue à alimenter ce positionnement stratégique erroné selon moi), dans un pays où aujourd’hui bcp ne vont pas se soigner faute de moyens, en Allemagne il s’est fait sur le gain environnemental, l’amélioration ou la préservation de la qualité des sols, le gain agricole, etc. Du coup il fut pris en considération bcp plus tôt dans la chaîne agroalimentaire, dès la production (de masse ou de semi-masse, c’est-à-dire impliquant une large proportion des producteurs et non le fait de quelques-uns passant au départ pour des illuminés – voir ici par exemple dans la manière actuelle qu’on a encore de tourner en ridicule les pionniers de l’écologie -, et ne fut la fait d’un positionnement segmentant dont la production est vendue en magasin spécialisé, à côté du toffu, soja et autres articles estampillés "retour à la terre" et " médecine douce" propres à rebuter le consommateur de base. On en paie encore le prix avec le fameux "bobo-bio" parfaitement inepte (je parle de ce pseudo concept de "bobo" servi à toute les sauces pour masquer l’indigence de la réflexion).

    @ Aliocha (réponse en 22) :

    C’est marrant parce que j’ai mal lu votre réponse, j’ai compris qu’il y a trente ans des gens ont alerter sur le fait qu’on dé-connait. Et pourtant c’est pas faux : avec l’agriculture industrielle on s’est mis à dé-connaître des principes naturels que nos grands-parents avaient intégrés depuis longtemps. Comme l’association précise de certaines plantes dans un potager pour éviter à l’une une attaque de parasite prévenue par la présence de l’autre à ses côtés. Je ne suis pas un fervent du c’était mieux avant, mais Marc Dufumier déjà cité au-dessus l’explique pas mal dans cet entretien (extraits) :

    * "Quand vous voulez faire épiler des canards par des robots, il faut que les canards naissent tous identiques, donc clonés, nourris avec la même alimentation, apportés le même jour à l’abattoir qui doit les traiter d’une seule et même façon…"

    * "Au sortir de la guerre, on demande aux agriculteurs de développer des produits pour lesquels l’Europe était déficitaire : céréales, sucre, lait et viande. (…) Quand on est incité, par des prix garantis, à faire des céréales, du sucre, du lait et de la viande, il devient dissuasif de faire autre chose, c’est-à-dire des protéines végétales pour l’alimentation animale – le soja, la luzerne… – et pour les humains – pois chiches, haricots, fèves. Les agriculteurs ont abandonné ces productions que nous importons pour les trois quarts.

    Avec quelles conséquences ?
    Une vraie perturbation des cycles de l’azote, gaz le plus répandu dans l’atmosphère, qui permet la croissance des plantes. Pour le bétail, nous ne cultivons presque plus de luzerne, de trèfle, de lotier, de sainfoin, c’est-à-dire des protéines végétales riches en azote. A la place, nous importons des protéines de soja, donc de l’azote qui vient du Brésil. Et pour nos cultures, quand il s’agit d’apporter de l’azote aux céréales et aux betteraves, on le fait avec des engrais azotés de synthèse, coûteux en énergie fossile importée sous forme de gaz naturel russe et norvégien. Pour compléter le tableau, à cause de ces prix garantis, « rémunérateurs, incitatifs et stables », nous sommes devenus exportateurs de céréales, que nous bradons aux pays du Sud…"

    ***

    Enfin je reviens sur l’utilisation ici ou là du terme "bobo" pour systématiquement décrédibiliser la personne qui en est la cible ; rien ne m’agace autant que le prêt-à-penser (vous y ajouterez les expressions "anti politiquement correct", "bien-pensant" et "pensée unique", n’est-ce pas Aliocha ;)). Si je ne nie qu’il existe une consommation du bio (et des produits "commerce équitable") par une population aisée qui relève parfois de la posture, d’un effet de mode, la mise en avant systématique de cette extrême minorité de gens (ne serait-ce que parce qu’ils sont aisés ils sont minoritaires) y compris à mon avis au regard des chiffres de la consommation bio totale (mais je ne peux étayer cette intuition) pour s’affranchir d’une réflexion sur notre alimentation en disant soit "c’est trop cher" soit "je peux me le payer mais le bio est une posture bobo-intello-de-gauche, finissons cette soupe d’aileron de requin avant d’attaquer mon steak de bébé phoque", ça me hérisse tellement le poil que je n’oserais pas me promener en forêt en pleine saison de chasse.
    Le bobo est un être mythique élevé au rang de vérité sociologique, et comme in est toujours le con de quelqu’un je crois que de même on est toujours le bobo de quelqu’un. Ce qu’il existe réellement (et encore) c’est la haute-bourgeoisie, la classe moyenne haute et la classe moyenne basse. C’est dans ces deux dernières je crois que le bio trouve son coeur de cible, et le pouvoir d’achat relativement élevé de la classe moyenne haute ne doit pas occulter le fait que c’est bien souvent par une conscience aiguisé (et éduquée) des problèmes de société qu’on a cette "alter-consommation". Quabt à la classe moyenne basse, ses enfants auraient pu aspirer à passer de basse à haute, mais la conjoncture actuelle est plutôt à la tendance paupérisante qu’à la tendance "élévation du niveau social", et si consommation bio il y a (entre autres) c’est aussi par conviction, pas toujours en adéquation avec le portefeuille, conviction qui suppose donc un véritable engagement (parce que cela influe sur le mode de vie de manière non négligeable).

    Commentaire par Gwynplaine — 22/02/2011 @ 09:52

  43. @ Gwynplaine,

    Cela m’apprendra à faire de l’ironie…
    Sur votre défense de l’approche Bio en Allemagne, je suis d’autant plus d’accord qu’elle rejoint mon commentaire 23 : l’Allemagne a compris bien avant la France l’intérêt d’une conversion à l’agriculture raisonnée, et elle en recueille les fruits : en 2010, elle est devenue le premier exportateur agro-alimentaire européen, devant la France, ce qui est tout de même un comble. Et nous continuons à importer une part importante de notre propre consommation bio.

    Commentaire par Tocquevil — 22/02/2011 @ 11:03

  44. @gwynplaine : on déconne dans tous les sens du terme ;) Quant aux bobos, ce n’est pas parce qu’ils écoutent Mozart que je vais me priver de le faire aussi. Effectivement, c’est un concept creux à valeur de repoussoir.

    Sinon, personne n’a vu le débat de Mots Croisés hier ? Il était pourtant passionnant. Je retiens personnellement l’idée fort intéressante que les niveaux de pesticides jugés acceptables sont déterminés par les producteurs, qu’ils ne reposent sur rien et omettent une question essentielle, celle du cocktail ingéré par le consommateur qui ne se réduit pas à un seul produit et surtout qui s’accumule sur des dizaines d’années. Je crois que le scandale ne fait que pointer le bout de son nez…..

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/02/2011 @ 11:03

  45. @ Tocquevil :

    God damned ! Cela fait deux fois que je vous prends (en tout bien tout honneur cela va sans dire) au premier degré quand vous êtes déjà au second. Serait-ce de l’esprit d’escalier inversé ?

    Commentaire par Gwynplaine — 22/02/2011 @ 11:15

  46. @ Aliocha (#44)

    Ben dites donc, vous découvrez alors vraiment l’écologie, vous. Tout ça, je crois qu’on m’en parlait déjà en primaire.

    Faites encore un petit effort sur un point: quand ironisez gentiment sur l’illogisme (prétendu) des ennemis déclarés de la corrida, qui ne se gêneraient pas pour s’empiffrer de bœufs aux hormones ou de poulet élevés en batterie, vous êtes dans l’erreur. Ce sont ceux qui militent pour interdire les corridas qui protestent également le plus fort contre le sort réservé aux animaux de boucherie. Ce qui fait la différence entre l’impact politique de ces deux prises de position, c’est l’impact de la majorité molle, vaguement silencieuse, des "sans-conviction" – sinon "sans-opinion".

    Aliocha : c’est surtout le caractère mobilisateur de la cause retenue pour être la plus emblématique et le plus consensuelle. Du massacre des bébés phoques (Houuuuuu, les vilaines gonzesses riches qui tuent des bébètes pour se les coller sur le dos) à la tauromachie (houuuuuuuuuu, les ignobles sanguinaires qui aiment voir mourir les bébètes), même combat, faut pas faire de mal aux bébètes parce qu’elles sont plus sympa que les hommes, les bébètes. En fait, il faut savoir de qui on parle. De Brigitte Bardot faisant castrer l’âne du voisin parce qu’il fait la cour à sa jument (c’est pourtant la nature, non ?) ou des écolos inspirés qui ont une vision globale de l’homme au sein de la nature. Ce sont les premiers que je stigmatise, et tous les sans-opinions qui les suivent pour avoir une opinion à peu de frais.

    Commentaire par Fantômette — 22/02/2011 @ 12:18

  47. Tocquevil, com 43,

    Cette nouvelle-là (l’Allemagne dépasse la France dans ses exportations agro-alimentaires) elle en fout un coup!

    Autant la désindustrialisation ne fait broncher personne (grand mystère pour moi) autant le fait que les Boches nous piquent notre place de premier en Europe en exportations agricoles, alors ça, ça nous fiche la grogne.

    Vous savez que c’est un truc à perdre des élections?

    Si j’étais à la place de Sarko, je ferais très attention à ça et je me démerderais pour qu’en 2011 on ait récupéré la place en haut du podium et que ça se sache pour les élections de 2012.

    Et si j’étais à la place de DSK, j’insisterais très lourdement là dessus, vu que DSK et la France des terroirs ne se connaissent pas, dit-on, mais qu’il y en a deux dans l’affaire qui savent très bien faire des comptes (le paysan et le banquier partagent le même amour pour la calculette et l’épargne).

    Là, il y a un lièvre.

    Commentaire par tschok — 22/02/2011 @ 13:45

  48. @ tschok : attention, il s’agit bien d’agro-alimentaire, pas seulement de produits agricoles. On retrouve la puissance de Lidl et Aldi : si vous avez déjà fait vos courses dans ces enseignes, vous aurez noté que de nombreux produits alimentaires sont Made in Germany. En outre, l’Allemgane est le premier exportateur de… feta.

    C’est d’autant plus remarquable et rageant : l’Allemagne n’a même pas besoin de s’appuyer sur une tradition de "grande cuisine" pour nous passer devant, l’année même où le "repas à la française" est classé au patrimoine de l’humanité…

    La désindustrialisation de la France ne me choque pas, si nous sommes capables de nous convertir à une véritable économie post-industrielle, basée sur les nouveaux modes de consommation, les services et les biens culturels qui font partie de la "marque France". Or, la mondialisation est une formidable opportunité d’exporter l’art de vivre à la française, et pas seulement les parfums et les sacs Vuitton. Je nous trouve bien timorés pour exploiter cette opportunité.

    Commentaire par Tocquevil — 22/02/2011 @ 14:32

  49. Passionnant, le débat hier soir ? Heu, je l’ai trouvé finalement très consensuel. L’Europe nous l’a changé, le José Bové : il commence à avoir des manières d’énarque. Bon, dans le genre tristounet. il est encore loin de Bruno Le Maire. Ah, si Zemmour était là… :)

    Commentaire par Tocquevil — 22/02/2011 @ 15:02

  50. Tocquevil,

    je vous suis bien, mais à mon avis le problème est un poil plus complexe qu’une situation de transition à gérer entre un modèle économique et un autre.

    Je m’explique en reprenant votre exemple: exportons donc un art de vivre puisque c’est ça qui nous permettra de passer à cette civilisation post industrielle.

    Mais cékoi un art de vivre? Concrètement, comment on fait pour que des Brésiliens, des Américains ou des Chinois vivent à la française et donc nous achète de la richesse dont la valeur ajoutée aura été produite ici? Ben je vais vous le dire, et d’ailleurs vous le savez: à chaque fois que vous stabylobossez un passage qui vous plait dans un doc écrit, vous vivez à l’allemande.

    Oh, rien de très prégnant, rien de très envahissant: vous restez l’homme que vous êtes. Mais l’industrie chimique allemande a inventé une encre qui fashouille et c’est marrant et ça marche. Elle l’a mise dans un marqueur et elle l’exporte dans le monde entier. Vous me direz qu’en faisant cela elle n’exporte pas les vertus webérienne du goût pour l’épargne et du travail bien fait, quoique… Surligner le contenu d’un doc écrit, c’est un geste moderne qui signifie qu’on veut vite voir l’essentiel, donc qu’on veut travailler vite et bien.

    Pas si neutre que ça le geste, finalement. Très allemand, comme geste.

    A partir de là je crois que vous m’avez compris: exporter un mode de vie suppose de fabriquer les objets supports symboliques de ce mode de vie.

    Regardez l’american way of life: il s’est fait et se fait toujours essentiellement à travers des objets ou plus généralement des artéfacts (le chewing gum, la voiture, la cigarette, le bas nylon, l’ordinateur, les armes de guerre, le cinéma, les logiciels, la carte american express, etc).

    Tout ça, faut bien les fabriquer.

    Tout le paradoxe est là: la civilisation post industrielle implique une industrie… forte. Sinon, vous n’exportez pas de modèle de consommation ou d’art de vivre, et à partir de là votre ticket d’accès à la civilisation post industrielle n’est pas assuré.

    Regardez: la touriste chinoise ou brésilienne qui s’achète un parfum français à Paris va certes accéder à un modèle français de confort, d’élégance et de soin de soi qui peut être extrêmement porteur pour l’industrie cosmétique ou alimentaire. Tout ce qui comporte une idée de raffinement.

    Mais pour le reste, nada. Ca lui fera pas acheter une centrale nucléaire ou des Rafale. Alors que la qualité de fabrication universelle des produits allemands vous fait acheter un costume allemand, une voiture allemande, des armes allemandes, des machines outils allemandes, des feutres et stylos allemands et même… de la bouffe allemande (eh oui).

    Et je reviens à ce que vous dites: les produits agro alimentaires sont des produits transformés. Industrie donc. Tiens? l’Allemagne bat la France avec… la feta!

    Enrageant, hein? Non, logique. Nous on est des enfants du tertiaire. Il nous étaient d’autant plus facile de faire notre deuil de l’industrie que, socialement, on est les rejetons de ceux qui ont fui l’usine. Et on a cru que notre mode de vie serait duplicable à la planète entière alors qu’on a oublié ce qui l’a rendu possible chez nous: la production de richesses manufacturées.

    Et on se retrouve comme des cons à vouloir exporter un truc abstrait, sans rien derrière, ou pas assez: l’art de vivre à la française. A part le pinard, les fromages et les parfums, vous exportez quoi d’autre?

    Ah si! Le savoir faire français en matière de répression. Le commerce extérieur selon MAM…

    C’est pas tout à fait l’art de vivre à la française, à moins que le coup de matraque à la française ait quelque chose de mondialement connu (?).

    Commentaire par tschok — 22/02/2011 @ 15:26

  51. @ tshock,

    il est illusoire d’essayer de copier le modèle allemand. Pensez plutôt au modèle américain : leurs usines sont en voie de disparition, à part les semi-conducteurs, les avions et les armes. Outre ces derniers, ils exportent des biens immatériels : des logiciels, du cinéma, du coca, du MdDo… Oui, oui, le coca et le McDo, c’est de l’immatériel, du "way of life", de la franchise, des royalties. Ben nous c’est pareil : à part les semi-conducteurs, on a tout comme eux : du logiciel et des jeux video – on est parmi les tout meilleurs – du cinéma et du way of life, qu’il nous reste à développer. Ils viennent déjà chez nous ? On peut aller vers eux. Le Louvre à Doha, c’est un bon début.

    Pensez au Japon : la France a une énorme côte la-bas, et il n’y a pas de raison que le continent asiatique ne se convertisse pas au chic à la française.
    Mais avec notre Comité Colbert, on joue petit bras : l’ensemble de notre soft power doit être mis à contribution. Ce n’est pas le moment de restreindre le budget des ambassades.

    Commentaire par Tocquevil — 22/02/2011 @ 15:56

  52. @ Tocquevil :

    "Pensez au Japon : la France a une énorme côte là-bas…" On a exporté l’ascension du Tour Malet au Japon ? C’est pas con d’exporter le tour de France comme Way of life. Après le Paris-Dakar en Amérique latine, exportons le Tour de France au Japon, ça c’est du rayonnement !

    Commentaire par Gwynplaine — 22/02/2011 @ 16:13

  53. Damned, je fais trop confiance au correcteur hors taux gras figue !

    Commentaire par Tocquevil — 22/02/2011 @ 16:50

  54. @ Aliocha,

    Eh oh dites, je vous signale qu’il n’y a que vous, ici, qui avez endossé l’habit (de lumière) d’amie des bébêtes ("je t’aime, je te tue, je te mange" – c’est ça qu’on appelle "l’amour vache", je crois).

    Autant le dogmatisme insupportable de certains militants écolos peut être pénible, autant je n’ai jamais eu l’impression qu’ils faisaient le choix de la facilité en triant dans les causes celles qui seraient les plus mobilisatrices. Encore une fois, ceux qui ne portent pas de fourrure, militent pour la suppression des corridas et des élevages en batterie, veulent réintroduire l’ours dans les Pyrénées et le loup dans les alpes du sud, restreindre les périodes de chasse, créer d’avantage de zones humides propices à la biodiversité, diminuer les quotas de pêche, etc, etc, j’en passe un bon paquet… ce sont à peu près les mêmes. Vous les trouvez partout sur internet, en plus. Ils peuvent se concentrer sur une cause plutôt qu’une autre, pour des raisons personnelles, mais vous ne devriez pas souvent trouver un militant anti-corrida qui approuvera la chasse aux bébés phoques, à mon avis.

    Tenez, une végétarienne rigolote, par exemple, qui a résumé une fois pour toute la façon dont les débats sur la question du végétarisme et de la protection animale se déroulaient sur les forums, dans un billet aussi juste qu’hilarant.

    Commentaire par Fantômette — 22/02/2011 @ 17:16

  55. @ Tocquevil

    Perso, j’ai bien apprécié le débat hier soir, sous l’angle du spectacle.

    Surtout précédé de la mise en bouche du docu sur Audiard § Co et du hors-d’oeuvre sur le cas DSK (dont l’opération de com’ "I’ll maybe back" mériterait bien un billet, j’dis ça à tout hasard). Le duel Copé-Moscovici (sans surprise sur le fond) était pas déplaisant sur la forme avec Baqué au premier rang qui se fendait la poire comme au théatre et le camarade Cayrol qu’avait, pour une fois, pas l’air trop à l’aise dans ses baskets de shogun.

    Le Maire était très balai-dans-le-cul qui connaît son dossier, sérieux et tout (moi j’aime assez ce genre de ministre technique qui cherche pas trop à jouer de la petite phrase et s’abstient du dérapage). On sentait entre lui et Bové (qu’il s’est laissé aller à appeler José à un instant) un certain respect mutuel. J’ai justement écouté davantage Bové parce qu’il paraissait pas prêt à brûler le studio pour éliminer le bisphénol A des meubles. En revanche, la consoeur d’Aliocha m’a moins convaincu. Pas parce que je me suis en filigrane demandé toute l’émission si cette jolie femme brune s’était lavé les cheveux avec un shampooing biologique (je sais, c’est complètement con). Mais (si le problème est bien réel), l’avait l’air trop sûre de son scandale pour être suffisamment objective et l’alarmisme est rarement une façon de faire avancer le débat. Mort de faim mais pas des pesticides et fier de l’être, moyen bof. Sur le fond en France, le problème a été soulevé il y a déjà 40 ans par Pierre Fournier et sa Gueule Ouverte, poursuivi à d’autres niveaux par des assoss comme Que Choisir, le poulet aux hormones n’a plus la côte depuis Ferrat, on gagne 2-3 mois d’espérance de vie chaque année (avec une scandaleuse discrimination femmes-hommes), la mondialité du problème (que reconnaît le rapport de la FAO de 2007) interdit qu’on fasse notre truc dans notre coin. Alors faut causer calmement entre parties concernées, à commencer par les agriculteurs et ça, sans les présenter comme des tueurs.

    Commentaire par Goloubchik — 22/02/2011 @ 17:35

  56. @Goloubchik : eh bien voilà. Les journalistes bossent pas, on les traite au choix de feignasses ou de valets du pouvoir et/ou du Grand Capital. Ils bossent et on leur reproche de faire peur. Mais comme vous dites, ça fait des décennies qu’on sait tout ça et que rien ne bouge. Merci mon amie la com’ qui étouffe le truc. Alors pour le désétouffer le truc, faut frapper un grand coup, film, livre, interviews, bref alerte. Mais là, on nous dit que c’est pas bon non plus parce qu’on fait peur aux gens et qu’en plus on froisse nos amis les agriculteurs qui n’ont déjà pas la belle vie. Accessoirement, je ne serais pas surprise que l’on doute un peu de la crédibilité de cette journaliste, tant il est plus simple et plus réconfortant de croire les institutions qui ont pignon sur rue et qui, surtout, nous servent un discours rassurant. Public, mon ami, tu attends quoi exactement de tes journalistes ? Pourrons-nous jamais te satisfaire ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/02/2011 @ 17:44

  57. @ Goloubchik :

    oui, vous avez raison : le respect mutuel, évident, était le bienvenu, et donnait l’impression que sur certains dossiers, européens notamment, on peut avancer de façon pragmatique au-delà des clivages.

    Commentaire par Tocquevil — 22/02/2011 @ 17:58

  58. @ laplumedaliocha,

    Non.

    Il est faux de soutenir que "rien ne bouge". Demandez vous dans combien de pays dans le monde on ferme si rapidement un restau ou une cantine scolaire en cas de suspicion d’intoxication et si c’était déjà le cas en France il y a 40 ans. Et depuis la crise de la vache folle, la grippe aviaire et les milliers d’abattage de précaution auxquels elles ont donné lieu, il me semble qu’on a avancé en matière de traçabilité.

    Le comportement surprenamment posé de Bové hier soir me laisse justement à espérer que ça avance (trop lentement pour lui, certainement, mais en conscience de la complexité des paramètres du problème). Je ne crois pas qu’il aurait hésité de rentrer dans le lard de Le Maire s’il avait été convaincu que le ministre était vendu à l’industrie agro-alimentaire.

    Et bien qu’étant un super-benêt qui me satisfait de "croire les institutions qui ont pignon sur rue et qui, surtout, nous servent un discours rassurant", j’ai la faiblesse de penser que dans un pays qui a le plus fort taux de consommation d’anti-dépresseurs par habitant malgré un des meilleurs systèmes de santé au monde (oui, malgré le Mediator), ce n’est pas en affolant les gens en leur exposant aussi radicalement qu’ils donnent tous les jours à bouffer à leurs enfants de la merde dangereuse que l’intérêt général y trouvera son compte. Du 100% bio nickel-chrome pour tous et tout de suite, c’est impossible et vous le savez très bien. Jouer sur la peur des gens pour faire avancer le schmilblick, oui, ça me fait -au moins un peu- douter de la crédibilité de votre consoeur.

    Et ce que j’attends personnellement des journalistes, c’est qu’ils utilisent un shampooing avec volumateur quand ils passent à la télé, parce qu’autrement ça distrait mon attention.

    Aliocha : oui en fait faut ressembler à Paris Hilton, être intelligente comme Einstein et rassurante comme Mère Thérésa. Tout mon portrait quoi ;)

    Commentaire par Goloubchik — 22/02/2011 @ 18:53

  59. @ Juste en ce moment, chez Denisot, sont invités Le Maire, un agriculteur qui craque et un psy.

    Ca cause aggravation du taux de suicides dans la profession.

    Commentaire par Goloubchik — 22/02/2011 @ 19:13

  60. Aliocha,

    Remplacez Paris Hilton par Scarlett Johansson et vous avez tout bon ;-)

    Commentaire par Goloubchik — 22/02/2011 @ 19:15

  61. @ Tocquevil, votre com 51,

    Je ne dis pas qu’il faut copier le modèle allemand (on n’est pas de taille: croissance du PIB allemand en 2010=3,6; PIB français=1,5. Ca calme tout de suite). Nan, je dis que faire le deuil de l’industrie en se disant que c’est dans le cours des choses est, pour une pays comme le nôtre, une faute stratégique majeure que nous allons payer cher.

    Le profil économique de la France ne lui permet pas non plus de passer sur un modèle américain qui est lui aussi hors de portée, car il repose sur une financiarisation qui atteint des niveaux inconnus ici et qui a permis aux consommateurs américains de mobiliser l’épargne et le travail des Chinois pour financer leur mode de vie (et pour le plus grand profit des hautes bourgeoisies locales des deux côtés du Pacifique).

    En fait, les stratèges américains ont mis en place une pompe à fric de taille mondiale qui connecte l’Amérique à la Chine et à son immense réservoir de main d’œuvre et de perspectives futures (en bons du trésor US). Nous, on savait même pas que ça pouvait exister une chose pareille. On a des banques qui sont capables de participer à cette pompe à fric et de se gaver, mais en mettre en place une au profit de notre économie, même en plus petit, ça on sait pas faire.

    Par ailleurs, le modèle économique américain est souvent mal compris en France où on oublie qu’il reste quand même une industrie traditionnelle puissante (ne faites pas comme Sarko avec le Royaume Unis: ses bons mots nous ont fait découvrir que l’industrie britannique n’avait pas grande chose à envier à la nôtre), qu’il y a un secteur minier et pétrolier très important, et une agriculture forte. Bref, les fondamentaux de la puissance. Donc, pas seulement de la haute technologie ou du tertiaire pur fondé sur de la société de l’information à la Alvin Toffler.

    Parmi les surprises américaines, on découvre aussi qu’il existe un secteur public très important et que sa participation à la formation de la richesse nationale dépasse les 10% du PIB. Et on découvre quoi? Que l’économie américaine a un secteur mixte (public/privé)et qu’il est très actif dans quel domaine? Je vous le donne dans le mille: l’industrie.

    Donc, oui, j’y pense au modèle américain. J’y pense beaucoup. Parce qu’ils font de la stratégie, eux.

    La disparition des usines américaines, j’en entends parler depuis 25 piges. Pourtant il en reste encore, alors que notre production industrielle à base 100 en 2005 et aux alentours de 90 aujourd’hui (de mémoire). Et je comprends pas: tout le monde s’en fout ou trouve ça bien.

    je sais pas. Il y a un truc qui m’échappe.

    Ah oui! On va vendre des services, il parait. Par exemple servir un café à un consommateur assis à la terrasse d’un bistro donnant sur Notre Dame, mais le tout à Tokyo (miracle du virtuel). C’est vrai que ça s’exporte vachement bien les services. Et quand on les exporte, ce qui est le cas de l’ingénierie par exemple, on crée la valeur ajoutée oussa, rappelez le moi? Ben, là où on les rend (et ça suppose une population d’expatriés nomades: "bobo" ça vient de bourgeois bohème et ça s’appliquait pas aux gens qui changeaient d’arrondissement, mais à ceux qui vont d’un pays à un autre parce qu’ils ont des compétences "mondiales" et qu’ils suivent la croissance là où elle se trouve).

    Et les profits, keskon en fait? Ben on les localise sur une structure off shore.

    Et un jour, ici, on en voit la couleur? Ben ça dépend (plus de nous, oui).

    Putain de société de services. je crois que vous avez oublié de dire que dans le concept de société de services il y a une vague notion d’évasion fiscale (faut être mondial). Le chômage en France, ses richesses ailleurs, mais on a des bons fromages.

    C’est une putain de stratégie, ça. Je sens qu’on va redevenir les maîtres du monde… Obama est une tapette!

    PS Aliocha: désolé pour le HS.

    Commentaire par tschok — 22/02/2011 @ 20:27

  62. @ tschok,

    Je souscris à l’essentiel de ce que vous dîtes : je ne vois pas non plus notre outil industriel partir de gaité de coeur. Je me dis juste qu’on ne valorise pas assez nos atouts, qu’on ne voit que les contraintes de la mondialisation, et pas ses opportunités.

    Concernant le Royaume Uni, j’avais moi aussi réagi aux propos de Sarko : leur industrie s’est en réalité bien maintenue ces dernières années, notamment dans l’automobile, mais aussi l’armement.

    Commentaire par Tocquevil — 22/02/2011 @ 21:56

  63. Yeah!

    C’est cool, Tocquevil! Qu’est ce que je gagne?

    (nan parce que j’ai lu dans le journal qu’il y avait une machine à récupérer les gobelets en plastic, mais une étude marketing a montré que celle qui lui refile un bon cadeau, en contrepartie du dépôt par l’utilisateur de son gobelet, récolte trois fois plus de gobelets que celle qui ne lui en refile pas.

    (j’ai décidé de me mettre au marketing!)

    Bon alors, mon bon cadeau, iléou?

    Commentaire par tschok — 23/02/2011 @ 00:03

  64. @ Tocquevil et tschok

    Qué préservation de l’industrie en France ?

    Cela fait mille ans -au bas mot- que je lis que les Allemands nous enfoncent la gueule à l’export avec leurs machines-outil, avec la qualité et l’adéquation de l’apprentissage des jeunes sur le marché du travail, avec leurs PME performantes, avec le réalisme cogestionnaire de leur syndicats, avec leurs putains de portières de bagnoles qui claquent vachement mieux que celles de nos modèles haut de gamme. On le sait, le resait, comme on sait que la R&D c’est l’avenir, n’empêche, malgré trois-quatre créneaux où on arrive à vendre encore avec de gros transferts de technologie, on continue à ramer et là, on arrive à l’échouage.

    Houellebecq a raison, nous reste l’art de vivre, pas à l’export, mais chez nous, dans un Franceland transformé en parc de tourisme géant, une immense société de services en tous genres. Faut vite se mettre aux langues étrangères, et je vous fiche mon billet que dans 20 ans, on proposera dans les IUT un BTS prostitution. On est les rois déchus du pétrole vert, on sera ceux du pétrole blanc.

    Commentaire par Goloubchik — 23/02/2011 @ 01:28

  65. Notre complexe vis à vis des allemands ne doit pas non plus nous conduire au défaitisme… Airbus, PSA et Renault ont battu leurs records de vente en 2010. Et ont prévu d’embaucher en France en 2011. Et pi d’abord, ils deviennent une nation de vieux, nous on fait plein de petits nenfants qui paieront nos retraites (croisons les doigts).

    Quant à Houellebecq, j’ai trouvé sa vision un peu simpliste, et bourrée de clichés. Se mettre en scène, et mettre en scène Pernaut : la provoc n’est plus ce qu’elle était.

    Commentaire par Tocquevil — 23/02/2011 @ 07:55

  66. @ Tocquevil,

    Ce n’est pas être défaitiste que de comparer des balances commerciales et on devrait même pouvoir trouver une prophétie de Nostradamus qui valide mon propos ;-)

    Concernant vos exemples, je relève qu’Airbus est franco-…allemand, que PSA et Renault ont bien profité de la prime à la casse, qu’à l’export, notamment en Chine, on se fait enfoncer ( http://blog.lesoir.be/en-voiture-simone/2011/02/08/record-de-ventes-pour-les-voitures-allemandes-de-prestige/ ), et que, s’agissant du marché intérieur, les villes rejettent de plus en plus les autos vers les autoroutes et départementales où le prix du carburant ne permettra à terme même plus de rouler.

    Pour nos retraites, effectivement, je croise les doigts si fort que j’en ai les mains blanches. Mais étant fumeur, je ne devrais pas statistiquement, une fois l’âge venu, me soucier trop longtemps de la question.

    Pernaud, c’est le symbole d’une France qui croit en son immuabilité, laquelle se réduit désormais à l’art de vivre, lequel sauvera nos enfants de la famine.

    Commentaire par Goloubchik — 23/02/2011 @ 10:47

  67. @ Goloubchik,

    Vous continuez à ne relever que les raisons d’être pessimiste !
    Vous me citez Airbus, qui tire aussi la production allemande ; mais quand les ventes du groupe VAG augmentent, celles de son équipementier français Faurecia aussi.

    Quant à la prime à la casse, elle n’est pas la seule explication des bons résultats de nos constructeurs, qui sont tirés par les ventes sur les marchés émergents. Et PSA va passer la vitesse supérieure en Chine.

    J’ai bien vu le rôle que Houellebecq donne à Pernaut – j’ai aussi remarqué que son héros roule en "break de chasse" Audi – mais pour ce qui est de l’immuabilité, ce n’est justement pas mon crédo : nous devons nous adapter, mais en sachant capitaliser sur nos atouts. La mondialisation s’accompagne d’une recherche de sens et d’identité : la richesse de notre culture et de nos terroirs doit être vue comme un "asset", pas comme une crispation sur une France frileuse.

    Commentaire par Tocquevil — 23/02/2011 @ 11:39

  68. @ Tocquevil (65), Goloubchik (64), Tschok (61)

    Tous mes voyants s’étant allumés à la mention du mot "export" (pour changer…), je rebondis sur quelques-uns de vos propos respectifs.

    1/ Tschok : "on n’est pas de taille (croissance du PIB allemand en 2010=3,6; PIB français=1,5)"

    Si, on est de taille. Nous disposons largement du potentiel nécessaire pour accroitre nos exportations et au minimum s’approcher du niveau de performance allemand.
    Nous disposons d’un important tissu de PME, dans le secteur de l’industrie, de l’équipement, du luxe, de la haute technologie et des biotechnologies, entre autres. Nous disposons de pôles de compétitivité et d’un pool de pépinières d’entreprises innovantes et prometteuses. Nous disposons d’organismes institutionnels ayant pour rôle d’aider au développement export (Oseo, Ubifrance, les organismes régionaux comme ERAI en Rhône-Alpes, CCI international Nord Pas de Calais, Bretagne International, CCIP International, et cetera). Bref, de quoi faire.

    Sur le reste de votre commentaire, je suis en total accord avec vous.

    2/ Goloubchik : "les Allemands nous enfoncent la gueule à l’export avec leurs machines-outil, avec la qualité et l’adéquation de l’apprentissage des jeunes sur le marché du travail, avec leurs PME performantes, avec le réalisme cogestionnaire de leur syndicats."

    Vous avez parfaitement résumé ce qui fait la performance allemande à l’international. Tout est là…

    So what ? Pourquoi ne fait-on pas aussi bien en France ?

    3/ Tocquevil : "Airbus, PSA et Renault ont battu leurs records de vente en 2010"

    Cela illustre parfaitement cette communication qu’on nous vend : "Ah ben si Airbus, PSA et Renault explosent leurs scores, ya pas de souci. C’est qu’on est bon. Youpi, quoi. " Vraiment ?

    Outre les observations que formule Goloubchik en 66, je doute qu’Airbus, PSA et Renault, ou quelques autres grands groupes, suffisent à garantir la croissance du PIB. On pourrait y rajouter Areva et consorts que cela n’y changerait pas grand chose.

    Sans compter qu’une fois passé l’effet d’annonce des "glooooorieuses réussites de nos grandes entreprises à l’international", il suffit de continuer à suivre le sujet pour se rendre compte que tout n’est pas aussi glorieux et mirifique qu’on l’a prétendu.

    Quid des contrats Areva ? Quid du contrat Rafale (au rabais) avec le Brésil ?

    De même, c’est toujours bien joli d’afficher un chiffre d’affaires bien gras. Malheureusement, ce n’est pas le chiffre d’affaires qui définit le bénéfice. Il est toujours beaucoup plus judicieux pour mesurer la rentabilité d’une opération de s’intéresser à l’EBE ou au résultat net.

    Tout ça, c’est se faire passer du vent sous la queue. Une sorte de stratégie sous Viazac (le Viazac associe les principes actifs du Viagra et du Prozac. Ainsi grâce au Viazac, on ne bande toujours pas mais on a le sourire…)

    4/ Dernier point : la façon de travailler à l’international.

    Voici un article de l’Expansion et un article de Classe export illustrant parfaitement l’approche de l’internationalisation par les entreprises allemandes.

    Vous savez quoi ? Elle n’a rien d’exceptionnelle et n’est absolument pas hors de portée des entreprises françaises. C’est pure application du manuel du parfait exportateur : une affaire d’organisation du marketing au SAV, en passant par la logistique, la relation contractuelle, et cetera. Et de comportement avec les partenaires commerciaux (sujet sur lequel je ne m’étendrai pas, je risquerai d’être méchant…).

    Si vous voulez, je peux vous trouver des données plus complètes sur les performances à l’export des entreprises françaises et allemandes de moins de 250 salariés. Cela fait peur. Notons déjà qu’il y a moins de 100000 PME françaises qui exportent. Elles sont 300000 en Allemagne :

    "Les P.M.E./P.M.I., des piliers de l’économie (source Tatsachen über Deutschland (Allemagne, faits et réalités), lien en français)

    L’économie allemande se compose surtout de quelque 3,6 millions de P.M.E/P.M.I., professions libérales et travailleurs indépendants. Environ 99,7 % des entreprises relèvent de cette catégorie. Sont considérées comme P.M.E/P.M.I. les entreprises réalisant un chiffre d’affaires annuel de moins de 50 millions d’euros et employant moins de 500 personnes. Près de 70 % des salariés travaillent dans ce type d’entrepprise; 48,9 % des P.M.E./P.M.I. travaillent dans les services, 31,4 % dans la production et 19,7 % dans le commerce. La plupart des P.M.E/P.M.I. sont dirigées par leur propriétaire, c’est-à-dire que c’est souvent la même personne qui possède la majorité du capital et assure la direction de l’entreprise. Les entreprises familiales, généralement transmises d’une génération à l’autre, représentent près de 95 % de toutes les entreprises allemandes. Près d’une P.M.E./P.M.I. sur trois est aujourd’hui dirigée par une femme.

    Avec le premier et le deuxième programme de soutien à la conjoncture, le gouvernement fédéral finance un allègement des charges pour les P.M.E./P.M.I. en baissant leurs impôts et améliorant leurs possibilités de dégrèvement. Des crédits garantis par l’Etat sont également mis à leur disposition. Les atouts des P.M.E/P.M.I. : leur rapidité de transformation d’une idée en produits adaptés au marché, leur orientation internationale, leur grande spécialisation et leur aptitude à occuper des créneaux du marché. Ce sont ces qualités qui font de nombre de P.M.E./P.M.I. allemandes des leaders mondiaux de leur secteur."

    En conclusion, le jour où les politiques et autres acteurs, locaux comme nationaux, du développement économique arrêteront de se gargariser sur les (pseudo) performances de quelques grands groupes et commenceront vraiment à soutenir les PME/PMI, les choses changeront. Tenez, un exemple d’initiative allemande typique.

    Un autre exemple récent et bien français : la fin du soutien à la filière photovoltaïque. A qui cela profite-t-il ? A EDF-ERDF. Au détriment de qui ? Les PME du secteur (des fabricants aux distributeurs en passant par les bureaux d’études). Pendant ce temps-là, en Allemagne, en Espagne, aux Etats-Unis, en Israël, on avance…

    P*tain ! Même dans l’émirat d’Abu Dhabi, on travaille déjà à l’après-pétrole en investissant dans les énergies renouvelables. Là-bas a été entamé la construction d’une écoville Masdar City. Pendant ce temps, en France, on met des bâtons dans les roues des PME du secteur pour faciliter les affaires d’EDF-ERDF.

    On est très doué en France pour faire les yeux doux à quelques grands groupes et leur servir la soupe, probablement pour s’attirer leurs sympathies et bénéficier de leurs influences. Pendant ce temps-là, les PME galèrent et végètent. De l’autre côté du Rhin, elles se développent et contribuent donc au développement économique national et international du pays.

    On voit le résultat : Quand la crise financière s’est abattue sur l’Europe, en raison de l’effondrement de ses exportations, l’Allemagne a vu sa croissance chuter bien plus sévèrement que celle de la France. En deux ans, elle a retrouvé une croissance supérieure à celle de la France.

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon - Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie de l'hôtesse) — 23/02/2011 @ 14:50

  69. @ Ferdydurke :

    Je me doutais bien qu’on allait vous entendre sur l’Allemagne. Par contre, je croyais que le principe actif du Viazac c’était : je bande toujours pas mais je m’en cogne (ce qui est proche, mais pas tout à fait pareil. Oui, j’aime contribuer à faire avancer le débat).

    Commentaire par Gwynplaine — 23/02/2011 @ 15:35

  70. @Ferdy : vous faites comment pour placer le mot "bander" dans un commentaire pareil ? Faut vraiment le vouloir !Et je m’y connais, c’est un jeu dans les rédactions de se lancer ce genre de défi…
    @Gwynplaine : soyez gentil, ne provoquez pas Ferdy sur ce genre de sujet, ça va encore déraper grave ;)

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/02/2011 @ 15:40

  71. @ Aliocha "oui en fait faut ressembler à Paris Hilton, être intelligente comme Einstein et rassurante comme Mère Thérésa. Tout mon portrait quoi"

    + lettrée comme Mary Shelley

    + indépendante comme Olympe de Gouges (je suis fan !)

    + battante comme Angela Merkel (je suis fan aussi !)

    + experte comme Clara Morgane ou feu Karen Lancaume (lesquelles n’en sont pas moins battantes, indépendantes et quand même bien plus bandantes et sensuelles que cette truffe de Paris Hilton)

    Si le compte y est, je consens à vous offrir un verre… :-°

    Aliocha : vous me rappelez cette anecdote de je ne sais plus quelle belle actrice américaine qui avait dit à Orson Wells, "faisons un enfant, vous imaginez s’il avait ma beauté et votre intelligence" lequel avait répondu "et si c’était le contraire ?". Bref, je vous dis cela de mémoire, et je suis sûre que vous allez me corriger, mais c’est l’esprit. Donc imaginez un peu que j’ai le physique d’Angela Merkel et l’intelligence de Clara Morgane….

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon - Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie de l'hôtesse) — 23/02/2011 @ 15:47

  72. @ Gwynplaine

    Je le reconnais : j’ai modifié la blague pour souligner le côté plus ou moins euphorique.

    @ Aliocha (70)

    C’est tout ce que vous avez retenu de mon pavé ? C’était bien la peine que je sorte de mon registre habituel, tiens !

    "bander" est de toute façon un verbe tout ce qu’il a de plus neutre. Ex : bander un arc.

    (dire qu’en plus je récidive un peu plus bas)

    PS : attention à vous sinon je vous ouvre un compte twitter sous le pseudo très évocateur de The_Blonde_Next_Door (hé hé)

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon - Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie de l'hôtesse) — 23/02/2011 @ 15:56

  73. @ Aliocha

    Cet échange fut aussi attribué à Einstein et Rita Hayworth mais il s’agissait de Georges Bernard Shaw et (après vérification) d’Isadora Duncan.

    En tout cas, ce que vous dites n’est pas sympa pour Angela et Clara… ;-)

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon - Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie de l'hôtesse) — 23/02/2011 @ 16:07

  74. @ Ferdydurke,

    vous connaissez bien votre sujet ; c’est dommage que vous m’associez au procès d’intention que vous faites aux pouvoirs publics. Je suis quant à moi persuadé que c’est effectivement des PME que peut venir le salut. Et je vois avec plaisir que vous ne versez pas dans le pessimisme ambiant.

    Commentaire par Tocquevil — 23/02/2011 @ 17:06

  75. @ Tocquevil

    Vous vous méprenez. Désolé si j’ai manqué de clarté : je ne vous associe en rien à un éventuel procès (qui ne serait d’ailleurs pas d’intention) des pouvoirs publics. J’ai repris votre propos uniquement parce qu’il illustre la communication officielle, non parce que je pense que vous en êtes le "complice". Vous ne faites après tout que rapporter des propos tenus par d’autres.

    PS : je n’ai pas de raison de verser dans le pessimisme ambiant. D’une part, je pense sincèrement et pragmatiquement qu’il est possible de changer le cours des choses. D’autre part, égoïstement et toujours pragmatiquement, je peux me tirer de l’autre côté du Rhin (et je l’envisage d’ailleurs de plus en plus)… Surtout que je suis toujours en contact avec mes copines de l’école primaire et du collège, qui sont devenues de biens jolies Lorelei ;-)

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon - Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie de l'hôtesse) — 23/02/2011 @ 17:33

  76. @ Ferdydurke, votre com 68,

    Sur le tissu de PME, à quelque nuances près, je suis parfaitement d’accord avec vous. Mais ce que je voulais dire, en référence à ce que Tocquevil disait lui-même, c’est que copier le modèle économique allemand suppose de le concurrencer.

    Or, l’Allemagne a des domaines d’excellence où on n’est même pas dans la course.

    On a nos domaines d’excellence, et heureusement. Et dans ces domaines on est souvent meilleurs que l’Allemagne, qui est pourtant très concurrentielle (la construction ferroviaire haute vitesse par exemple). Mais là où elle est la meilleure, nous on est souvent rien du tout, purement et simplement. Même pas dans la photo, quoi.

    Cela dit, cela n’enlève rien au fait que lorsqu’on prend les entreprises du CAC 40 et qu’on regarde leur classement mondial, elles sont quasi toutes dans les 10 ou 15 premières, voire les 5 ou les 3.

    De la valeur, en France, il y en a. Mais faut être conscient des manques.

    Et moi aussi, sur le reste de votre com, chuis dac, en particulier sur ce que vous dites sur la culture du champion national, que j’ai moi-même employée dans ce com, au passage.

    A titre perso, je suis un fervent partisan de la grosse PME exportatrice façon allemande ou des rézos de PME à l’italienne. Mais ce double modèle n’est que partiellement transposable en France où l’entreprise standard est en réalité la TPE.

    On a un problème de taille et de dispersion qui est un casse tête que nous ne sommes pas parvenu à résoudre collectivement. Mais du potentiel, on en a, raison pour laquelle je n’ai pas d’inquiétude pour l’avenir.

    je suis comme Talleyrand: "quand je me regarde, je me méprise, quand je me compare, je m’admire".

    (Boris, c’est l’inverse)

    Commentaire par tschok — 24/02/2011 @ 15:22

  77. @ Ferdydurke, Tocquevil et tschok,

    Je tombe sur cet article, "faut-il vraiment réindustrialiser la France", publié sur Owni, et qui aborde justement le sujet de la réindustrialisation sous un angle intéressant.

    Commentaire par Fantômette — 27/02/2011 @ 18:29

  78. Bonjour Fantômette,

    Cet article veut mettre un bémol à ce qu’il considère comme un discours dominant (la désindustrialisation), alors que déjà le présupposé est discutable, de mon point de vue: qu’il y ait eu une initiative des pouvoirs publics pour la création des états généraux de l’industrie, c’est vrai, mais cela ne suffit pas pour faire un discours dominant.

    La réinductrialisation, en tant que décision stratégique, n’est pas gagnée d’avance: la France a une économie très tertiarisée. Revenir vers l’industrie est perçu comme une régression et ne donne lieu à aucun consensus, en réalité. Du reste, c’est tout à fait normal: à 80% de PIB pour le tertiaire, on se demande s’il ne vaut mieux pas tourner définitivement la page de l’industrie.

    Le deuxième thème de l’article, c’est la fameuse armées des ombres des "services à l’industrie" qui dissimuleraient de l’emploi industriel identifié à du tertiaire pour des raisons tenant aux nomenclatures administratives, ce qui fait dire à l’auteur de l’article qu’en réalité la désindustrialisation est un trompe l’œil.

    Il y a eu de vastes débats là-dessus. On en est revenu: au delà des classements administratifs, les services à l’industrie, qui constitue quasiment un secteur à part entière, ne sont pas des emplois industriels… lorsqu’ils ne correspondent pas à la production d’un bien manufacturé (tautologie).

    Or, on a les moyens de le savoir et quand on fait les comptes, on voit bien que dans cette catégorie des services à l’industrie, ce qui correspond à de la production de bien est minoritaire: comme leur nom l’indique, les services à l’industrie, ben c’est de la prestation de services (même si cette prestation n’est pas nécessairement purement intellectuelle et peut porter sur la réalisation d’un travail manuel).

    Donc, fin du rêve. Ou plutôt fin d’une confusion: une prestation de services, c’est aussi du travail manuel (les entreprises d’entretien ou de transport par exemple)

    Les autres thèmes sont classiques:

    – un bien est associé à un service. C’est pas vraiment nouveau comme conception: tous les 10 ans, on fait semblant d’en prendre conscience comme si on l’avait inventée la veille. Dans l’article on apprend que cette prise de conscience s’est opérée au niveau de l’aristocratie technocratique d’Etat. C’est plutôt une bonne nouvelle.

    – La distinction industrie/services est obsolète: c’est une conséquence de la précédente conception. Pas vraiment nouveau non plus. Mais pas vraiment vrai non plus: beaucoup de biens industriels, de consommation ou d’équipement, sont "pauvres" en services ou peuvent être dissociés du service correspondant. En clair, celui qui fabrique n’assume pas le service associé. Par exemple, la bagnole: même si la pub nous dit que tel constructeur est le mieux placé pour assurer l’entretien des voitures de sa marque, en réalité ce n’est bien souvent que du discours marketing qui ne correspond pas à une réalité, l’entité qui assume l’entretien du véhicule n’étant que franchisé et n’ayant aucune relation technique avec le constructeur.

    Idem en aéronautique: certains exploitants sont très proche du constructeur des avions de leur flotte et travaillent quasiment en interservice. D’autres non.

    – la politique des filières: ici pour le coup on est en face d’un effort de réflexion stratégique assez récent même si le vocabulaire ("filière") peut faire croire qu’on est dans une continuité ancienne. En fait l’auteur se demande dans l’article si la politique des filières est adaptée à l’industrie du numérique. C’est ça le vrai sujet de son article, il me semble, et c’est une vraie bonne question.

    La politique des filières, ce n’est pas les plans quinquennaux, mais c’est quand même une conception où on fédère des ensembles pour tendre vers un objectif défini par une instance qui se veut supérieure aux acteurs, mais qui ne va pas les commander. L’économie du numérique ne fonctionne pas comme ça. On peut donc se demander si l’outil est adapté.

    Mais sur ce point j’ai trouvé l’article trop court: j’attendais de l’info, mais finalement il y en a eu peu.

    Commentaire par tschok — 28/02/2011 @ 09:55

  79. [...] Un commentateur chez Aliocha permet de trouver la clé du mystère. Concevoir une ampoule électrique est un problème d’optimisation entre diverses qualités : la luminosité, la consommation, la durée de vie, la couleur. On pourrait ajouter qu’il y a de nombreux problèmes de standardisation : les culots d’ampoule doivent être identiques pour pouvoir passer d’une marque à l’autre; les couleurs doivent être identiques (un lustre avec des ampoules de luminosité différente est très laid et inconfortable, comme chacun peut le constater depuis que le Grenelle de l’environnement nous impose des ampoules à basse consommation qui n’éclairent pas), etc. Il n’est donc pas absurde que les entreprises du secteur aient coopéré pour établir des normes. [...]

    Ping par ExtremeCentre.org » Le mythe de l’obsolescence programmée: Blog Politique Francophone pour les Libertés Fondamentales et Contre Tous les Totalitarismes, qu'ils soient de Droite ou de Gauche — 21/04/2011 @ 21:28

  80. [...] Un commentateur chez Aliocha permet de trouver la clé du mystère. Concevoir une ampoule électrique est un problème d’optimisation entre diverses qualités : la luminosité, la consommation, la durée de vie, la couleur. On pourrait ajouter qu’il y a de nombreux problèmes de standardisation : les culots d’ampoule doivent être identiques pour pouvoir passer d’une marque à l’autre; les couleurs doivent être identiques (un lustre avec des ampoules de luminosité différente est très laid et inconfortable, comme chacun peut le constater depuis que le Grenelle de l’environnement nous impose des ampoules à basse consommation qui n’éclairent pas), etc. Il n’est donc pas absurde que les entreprises du secteur aient coopéré pour établir des normes. [...]

    Ping par “Prêt à jeter”: quand la nostalgie industrielle devient complotisme » OWNI, News, Augmented — 01/05/2011 @ 14:01

  81. [...] cause est entendue, relayée par des centaines de sites. Pourtant, un commentaire de "Tocquevil" cité dans l'excellent article de l'Econoclaste" démontant "Le mythe de l'obsolescence [...]

    Ping par La véritable histoire de l’ampoule de Livermore | Pourquoi Comment Combien — 16/10/2011 @ 11:20

  82. J’ai creusé la piste du commentaire de Tocquevil sur l’ampoule de Livermore, et ça donne ça : http://drgoulu.com/2011/10/16/la-veritable-histoire-de-lampoule-de-livermore/

    Commentaire par Dr. Goulu — 16/10/2011 @ 12:10

  83. [...] cause est entendue, relayée par des centaines de sites. Pourtant, un commentaire de “Tocquevil” cité dans l’excellent article de l’Econoclaste” démontant “Le mythe de [...]

    Ping par La véritable histoire de l’ampoule de Livermore | Pourquoi … | Merlin Tale — 17/04/2013 @ 15:14

  84. [...] cause est entendue, relayée par des centaines de sites. Pourtant, un commentaire de "Tocquevil" cité dans l'excellent article de l'Econoclaste" démontant "Le mythe de l'obsolescence [...]

    Ping par La véritable histoire de l’ampoule de Livermore | Pourquoi Comment Combien — 01/05/2013 @ 15:57


Flux RSS des commentaires de cet article. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Thème Rubric. Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 258 autres abonnés

%d bloggers like this: