La Plume d'Aliocha

31/10/2010

Y’a plus de saisons !

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 00:19

Savez-vous que les livres fleurissent en automne ? Eh oui. Ils bourgeonnent à la fin de l’été lors de ce que l’on nomme la "rentrée littéraire", puis, dès la fin du mois d’octobre, ils entament une splendide floraison sur les étals des librairies et plus particulièrement dans les grandes enseignes de produits culturels. Je flânais cet après-midi dans l’un de ces temples mercantiles, lorsque je tombai nez à nez avec ce qu’on appelle des beaux livres. Ils formaient ici des piles, là des colonnes, presque des pyramides. Après un instant d’incompréhension, la lumière se fit dans mon esprit : mais bien sûr, voici déjà venu le temps des cadeaux de Noël. Enfin dans la logique perverse des marchands, parce que, pour ce qui me concerne, octobre s’achève à peine et Noël me semble encore bien loin. Aussi je n’achetai rien, par mesure de rétorsion. En sortant de ce lieu de débauche, je me retrouvai dans un marché, en quête d’un repas du soir. "Les dernières framboises de la saison" s’égosillait une marchande sur ma droite tandis qu’à ma gauche l’un de ses collègues me tendait "deux melons pour 3 euros". Bon sang de bonsoir, songeais-je, il n’y a pas deux minutes le marchand de produits culturels m’annonçait Noël et voici que ces deux brigands tentent de me faire croire que nous sommes encore en été. Fort heureusement, quelques cèpes vinrent me faire de l’oeil. Braves champignons, admirablement de saison, réconfortants de pertinence au milieu de cette folie de consommation qui se joue du rythme des choses et finira bien un jour par nous faire perdre la raison. C’est ainsi que je rentrai de ma balade dans la douceur d’une fin d’après-midi ensoleillée avec des cèpes, mais sans framboise, ni melon, ni cadeaux de Noël. Et tout en longeant un parc  où flamboyaient les couleurs de l’automne, je me récitais ces vers de Lamartine, "Ô temps, suspends ton vol, et vous heures propices, suspendez votre cours, laissez-nous savourer les rapides délices des plus beaux de nos jours".

28/10/2010

La "vérité" d’Hugues Le Bret sur l’affaire Kerviel

Filed under: Affaire Kerviel — laplumedaliocha @ 11:08

En tête des ventes, le livre d’Hugues Le Bret sur l’affaire Kerviel ! Avouons que la presse est  bonne fille. Voilà un ancien directeur de la communication qui explique en détail la manière dont il a "préparé" l’information pour qu’elle soit la plus acceptable possible par les journalistes et limiter autant que faire se pouvait la déflagration médiatique, et nos confrères, loin de s’émouvoir d’être présentés comme les dindons de la farce,  y vont à grand renfort d’articles élogieux sur l’auteur.  Splendide illustration des relations incestueuses entre presse et communication. Passons.

Gare aux prismes !

Le livre de Le Bret mérite-t-il vraiment d’être lu ? Pourquoi pas, si l’affaire vous passionne. Quel témoignage de première main, songez-vous, voilà un homme qui a vécu la crise de l’intérieur, au sein même de la direction. Tempérons quelque peu cet enthousiasme. S’il est vrai qu’un témoignage est par nature toujours empreint de subjectivité, celui-ci souffre en plus de nombreux prismes dont il convient de se méfier.

D’abord,  on ne dit jamais à un directeur de la communication que ce qu’on veut bien lui dire, et surtout ce qu’on lui demande de rendre public. Il faut donc éviter toute confusion entre "sa vérité" et "la vérité". Un responsable de communication ne sait pas tout, loin de là. Ainsi découvre-t-on dans le livre que sa réaction en apprenant les faits fut la même que celle de tout le monde : c’est impossible qu’un homme seul ait trompé à la fois sa hiérarchie et tous les systèmes de surveillance mis en place dans le cadre du contrôle interne. La direction de la banque lui répond qu’il s’agit d’une incroyable défaillance de la chaine de management, il le répète fidèlement à la presse. C’est son boulot. Mais ça ne fait guère avancer la compréhension du dossier. Sauf à tenter d’en tirer les conséquences. Soit personne n’a compris au sein du comité de direction ce qui s’était exactement passé et cela soulève alors une angoissante question sur le management des grandes banques françaises. Soit on a très bien compris et donc, mais on s’en doutait un peu, on ne nous dit pas tout. Toujours est-il que l’explication est un peu courte.

Incroyable révélation, les costumes de Daniel Bouton sont moches !

Ensuite, il ne faut pas oublier le caractère infiniment sensible de l’affaire qui rend peu probable le grand déballage de vérité qu’on prétend nous offrir. Certes, Hugues Le Bret nourrit son récit de détails sur les affreux costumes de Daniel Bouton et sur son caractère difficile qui donnent un joli accent de vérité à son histoire. Mais à dire vrai, toute personne ayant un jour croisé Daniel Bouton sait qu’il n’est pas forcément sympathique au premier regard et que ses vêtements ne viennent pas de chez le meilleur tailleur du moment. Voilà bien le genre de détails qu’on se plait dans l’univers de la communication à mettre en avant pour donner le sentiment – parfaitement erroné – qu’on sait beaucoup de choses et qu’on les dit sans langue de bois. Entre nous, en quoi les costumes de Daniel Bouton renseignent-ils sur ce qui s’est vraiment passé lors de ce fameux week-end des 19 et 20 janvier 2008 ? Simple poudre aux yeux.

La crédibilité de la "source" pose question

Rappelons à ce stade que la plus grande incertitude règne sur les circonstances de la parution du livre. La thèse officielle, c’est qu’Hugues Le Bret aurait démissionné de la présidence de Boursorama, filiale de la Société Générale, pour publier sa prose en toute liberté. Evidemment, cette jolie histoire donne du crédit à son témoignage. C’est donc qu’il dit vrai et qu’il dit tout puisque son auteur a eu le courage de lui sacrifier sa carrière. On aimerait croire à ce courage, mais il se heurte à des objections de bon sens. Quand on est ancien journaliste reconverti dans la communication, qu’on a gravi tous les échelons jusqu’à la tête du groupe Société Générale, puis qu’on se retrouve président d’une filiale de la Société Générale, on ne démissionne pas pour publier un bouquin d’actualité qui est à l’information sur une affaire médiatique ce que l’horoscope du Parisien est à l’astronomie. D’ailleurs, les journalistes (hors presse économique visiblement aux ordres dans cette affaire) qui ont un peu enquêté sur le sujet ont rapidement découvert qu’Hugues Le Bret aurait en réalité été remercié (voir les références dans le billet cité plus haut). Ce "détail" revêt une double importance. D’abord, il sème un doute légitime sur la parole de l’auteur dès lors que celui-ci manque à tout le moins de transparence sur les circonstances exactes de son départ. Ensuite, cela change considérablement le sens du livre. Car si Hugues Le Bret l’a écrit et publié en pensant réellement qu’il pourrait rester ensuite dans le Groupe Société Générale, c’est qu’il a forcément censuré son propos. Tout au plus, la folie régnant autour de cette affaire lui aura-t-elle sans doute fait prendre quelques risques inconsidérés, notamment en évoquant la colère de Nicolas Sarkozy de n’avoir pas été informé immédiatement que le système financier français avait été sur le point d’exploser ou bien encore en décrivant les "manoeuvres" de BNP Paribas pour prendre le contrôle de sa concurrente en difficultés. Voilà qui expliquerait que l’auteur ait été remercié par son conseil d’administration. Dans la finance, l’omerta est de mise. Malheur à celui qui la brise, même s’il ne révèle absolument rien de stratégique.

Quand la finance s’émancipe de la démocratie

Précisément sur la colère de Nicolas Sarkozy, Hugues Le Bret nous explique que la banque a attendu le mercredi matin, avec l’accord de l’Autorité des marchés financiers et du Gouverneur de la Banque de France, pour délivrer à Christine Lagarde d’abord, puis à l’Elysée ensuite, une information que sa direction détenait depuis le dimanche précédent. Et l’auteur de justifier ce secret sur une information aussi capitale par la nécessité d’éviter les fuites. Les bras vous en tombent. Ainsi donc, la "fraude" imputée à Jérôme Kerviel a failli mener la Société Générale à la faillite, entraîner par conséquent la panique de la finance mondiale et déclencher, nous dit-on, une crise similaire à celle de 1929, mais on décide de tenir les politiques à l’écart. Pourquoi ? Un peu de droit s’impose à ce stade. Une société cotée, ce qui est le cas de la Socgen, est obligée de livrer au public immédiatement toute information susceptible d’avoir un impact sur le cours de bourse (article 223-2 du règlement général de l’AMF). Transparence oblige. Cette règle souffre toutefois une exception dans le cas où l’annonce est susceptible de "porter atteinte aux intérêts légitimes de l’émetteur", comprendre d’aggraver inutilement la situation. En l’espèce, si la banque avait informé le marché le lundi matin qu’elle était engagée à hauteur de 50 milliards (la position par définition n’était pas débouclée et le marché ce jour-là était dans un état catastrophique), et qu’elle avait en plus enregistré une perte de 2,2 milliards sur les subprime, elle pouvait mettre la clef sous la porte. Non seulement elle était fichue, mais en plus elle aurait déclenché un gigantesque séisme sur les marchés. Il était donc judicieux de lui laisser le temps d’abord de déboucler sa position, ensuite d’organiser une solution pour reconstituer son ratio de fonds propres (ce sera l’augmentation de capital), bref pour annoncer au marché la solution en même temps que le problème et atténuer ainsi la brutalité de la nouvelle. Mais les textes précisent également que la société en question ne peut retenir l’information que si elle est en mesure d’en garantir la confidentialité absolue, ceci pour éviter les délits d’initiés. Et c’est cette raison qu’invoque la banque pour expliquer son refus de prévenir l’Elysée. L’information aurait forcément fuité. Légendaire arrogance de la finance qui, visiblement, imprègne également ses autorités de contrôle (AMF et Banque de France) puisque celles-ci, prévenues dès le dimanche, ont validé le scénario. Ainsi donc, l’Elysée ne serait pas capable de tenir un secret ? Voià qui est fort inquiétant. Quid de notre sécurité nationale par exemple,  si la présidence de la République est dans l’incapacité de veiller à la confidentialité d’une information sensible ?

Il est pour le moins surprenant qu’une telle attitude n’ait déclenché aucune émotion dans le public. Elle est pourtant très révélatrice de la psychologie du monde financier, lequel s’est visiblement émancipé depuis longtemps non seulement de la tutelle du politique mais aussi, et c’est beaucoup plus grave, du simple respect dû aux représentants des citoyens. S’il est bien une indignation que l’on devrait pour une fois partager avec Nicolas Sarkozy, c’est celle-ci. De fait, le livre de Le Bret est intéressant, à condition de savoir le lire avec un oeil critique…

26/10/2010

L’affaire Bettencourt sème la zizanie dans la presse

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 13:21

Sacré dossier Bettencourt ! Après avoir déclenché un séisme politique majeur en pleine réforme des retraites, puis mis le feu à la justice et troublé plus discrètement le monde économique en l’incitant à s’interroger sur l’avenir de l’Oréal, voici qu’il déclenche la guerre entre les journalistes. Quand on songe que tout ceci part d’un simple désaccord entre une mère et sa fille….

Une "campagne insidieuse" contre Mediapart

Toujours est-il que ce matin, Daniel Schneidermann, patron d’Arrêt sur images et ancien journaliste au Monde, s’en prend à Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire célèbre au quotidien du soir, à propos d’une interview du président du Tribunal de Nanterre parue dans le journal daté de ce jour. La faute ? Le Monde est soupçonné de nourrir une "campagne insidieuse" contre Mediapart à travers la publication de cet entretien. Le président du tribunal y exprime en effet  ses regrets que des enregistrements pirates de conversations privées se soient retrouvés dans la presse. Et le chroniqueur matinal d’y lire avant tout une nouvelle condamnation des méthodes du site d’information que la classe politique n’avait pas épargné avant l’été. Pourtant, rappelle Daniel Schneidermann, le TGI de Paris a estimé que les informations publiées par Mediapart relevaient de l’intérêt général et que les journalistes n’avaient commis aucune faute. En effet.

Est-ce réellement faire insulte à la liberté de la presse que de s’inquiéter de voir un procès  se tenir davantage dans la médias que devant les juges ? De telles inquiétudes ne sont pas nouvelles. Loin de là.  Plus profondément, cette affaire soulève la question du journalisme d’investigation. Pascale Robert-Diard, on le sait, avait refusé de prendre les enregistrements, n’imaginant pas à l’époque qu’au-delà des conservations privées de la milliardaire à son domicile se dissimulait l’amorce d’une affaire d’Etat mettant en cause le ministre Eric Woerth. C’est ainsi que les documents se retrouvèrent sur le bureau de l’ancien directeur du Monde, Edwy Plenel. Comme par hasard…

Le journalisme d’investigation en question

Fallait-il les publier immédiatement ou enquêter et les replacer dans un contexte plus équilibré ? La presse doit-elle accepter de n’être qu’un pion sur le grand échiquier judiciaire ? Est-ce cela qu’est devenu le journalisme d’investigation : une simple caisse de résonance pour avocats jouant des médias comme d’un chapitre supplémentaire du code de procédure pénale qu’ils auraient eux-même rédigé  ? Telles sont quelques unes des questions soulevées par cette affaire. Il n’existe sans doute pas de source plus fiable pour un journaliste qu’un avocat. Soumis à une déontologie très stricte, intellectuellement formé à la précision et à l’exactitude, comptable de sa réputation professionnelle devant son ordre, il délivre forcément des informations crédibles. Mais aussi par définition orientées.  Car l’une des obligations professionnelles majeures de l’avocat, si ce n’est la principale, c’est de servir les intérêts de son client. Tous les chroniqueurs judiciaires le savent, de même que leurs humbles collègues de la presse spécialisée. Dès lors, il est fortement recommandé lorsqu’on prête l’oreille à l’un d’entre eux, d’écouter aussi son adversaire. Question d’objectivité. Evidemment, dans une affaire pareille, attendre avant de publier, effectuer des vérifications et des recoupements, c’est prendre le risque d’alerter les parties prenantes au dossier, et donc d’être entravé dans la publication du scoop, voire  de se faire doubler par la concurrence. Mais peut-être cela en vaut-il la peine…déontologiquement ?

Le prix d’un scoop

Voici un extrait de l’interview de Pierre Péan, célèbre journaliste d’investigation, publiée dans le dernier numéro de la revue Médias : "le site (Mediapart) a certes provoqué un énorme buzz, comme on dit aujourd’hui, mettant le feu à la sphère médiatico-politique. Mais je ne vois pas en quoi il aurait contribué à la manifestation de la vérité. Il a certes joué un rôle important pour transformer une affaire familiale sordide en affaire d’Etat. Mais à quel prix ? Le coût le plus exorbitant est la décision de publier des écoutes volées. Difficile de comprendre la logique d’un homme (Edwy Plenel) qui a exprimé publiquement ses souffrances après la publication des écoutes de l’Elysée, a fait un procès aux exécutants de celles-ci et a longuement argumenté sur la violence de telles pratiques et qui, aujourd’hui, décide et légitime la publication d’interceptions illégales. Mediapart prend de surcroît fait et cause dans un conflit familial en privilégiant la version d’une source payée par l’une des parties sans prendre le temps de croiser les informations de celle-ci".

De fait, on peut très bien imaginer que Le Monde donne des leçons de déontologie à Mediapart pour dissimuler sa profonde frustration d’avoir loupé le scoop de la décennie, même si le quotidien du soir s’est fort bien rattrapé depuis. A l’inverse, on peut aussi concevoir que les anciens du Monde nourrissent une rancoeur à l’égard du quotidien du soir. Ou bien encore que les sites d’information prennent plaisir à chahuter cette presse papier dont ils considèrent, à tort ou à raison, qu’elle les méprise. Quitte à explorer les âmes…Mais il serait dommage que ces querelles éludent les questions de fond. L’évolution récente du rapport entre la justice et les médias appelle à la réflexion toutes les parties concernées, avocats, juges et journalistes.  Ce n’est pas autre chose que signifie le président du tribunal de Nanterre dans l’interview. Accepter de débattre de ce sujet ne signifie ni accorder une quelconque légitimité aux attaques parfaitement déplacées des politiques à l’encontre de Médiapart, ni remettre en cause la liberté de la presse, mais simplement prendre le temps de réfléchir sur un journalisme responsable.

23/10/2010

Qui a peur des journalistes ?

Filed under: Brèves — laplumedaliocha @ 14:02

Augustin Scalbert, journaliste à Rue 89, revient dans un long article sur les difficultés rencontrées par les journalistes pour couvrir les manifestations en France à l’heure actuelle. Dans le prolongement des débats agités que nous avons eus ici cette semaine sur le sujet, je vous invite chaudement à lire son papier. Vous observerez au passage le soin qu’il met à montrer qu’il ne s’agit pas pour la presse de protéger un quelconque privilège, mais de mettre en garde contre des atteintes répétées au droit à l’information du public. Peut-être que cette fois, grâce à lui, nous serons enfin entendus et surtout compris !

20/10/2010

Kiejman 1, Metzner 0

Filed under: Eclairage — laplumedaliocha @ 22:09

Un avocat peut-il tout dire dans les médias ou risque-t-il d’être condamné pour diffamation s’il dépasse les bornes ? Telle était la question posée au tribunal de grande instance de Paris dans l’affaire opposant deux ténors du barreau parisien, Olivier Metzner, avocat de Françoise Bettencourt et Georges Kiejman, avocat de Liliane Bettencourt. Le premier accusait le second de diffamation, à la suite d’une interview accordée par Georges Kiejman au JDD  le 20 juin dernier dans lequel il accusait Olivier Metzner d’être le cerveau et le complice des écoutes pirates réalisées par le maître d’hotel de Liliane Bettencourt. L’article objet de la querelle est ici. Le récit de la savoureuse empoignade à l’audience a donné lieu à de nombreux articles, ou encore . Je vous invite également à lire l’historique de la relation entre les deux hommes qui permet de mieux comprendre l’affaire.

Immunité médiatique ?

Pour sa défense, Georges Kiejman, défendu par Richard Malka, avançait notamment  que ses déclarations à la presse ne contenaient rien d’autre que ce qui avait déjà été énoncé dans les discours ou écrits produits devant les tribunaux et qu’elles bénéficiaient de ce fait de l’article 41 alinéa 3 de la loi du 29 juillet 1881 selon lequel : "Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage, ni les discours prononcés ou les écrits produits devant les tribunaux". En d’autres termes, il plaidait pour une extension aux déclarations à la presse de l’immunité dont bénéficie l’avocat dans les salles d’audience dès lors qu’il s’agit simplement de répéter aux journalistes ce qu’on a déjà dit  la justice.  Plus généralement, il s’agissait de tenir compte de l’évolution de la défense depuis la loi de 1881, laquelle s’exerce aujourd’hui également dans les médias, ce qui suppose d’accorder aux avocats une certaine liberté de ton. Le tribunal  a refusé d’emprunter cette voie. "Le souhait exprimé de Georges Kiejman de voir évoluer la notion d’immunité de la l’article 41 de la loi sur la presse "à la réalité actuelle et aux nécessités des droits de la défense", lesquels s’exercent, que l’on s’en félicite ou que l’on le déplore, de plus en plus fréquemment en direction de l’opinion, ne saurait aboutir à une totale irresponsabilité des conseils à raison de leurs déclarations publiques hors de l’enceinte judiciaire".

Le jugement se poursuit par l’analyse des propos incriminés afin de déterminer si les faits imputés par Georges Kiejman à Olivier Metzner portent atteinte à l’honneur et à la considération.  Oui, répondent les juges. Accuser quelqu’un d’être à l’origine d’enregistrements clandestins, c’est diffamatoire tant à l’endroit de l’avocat que de sa cliente.

La bonne foi de Georges Kiejman

Toutefois, le tribunal écarte la diffamation et rejette en conséquence la demande de dommages-intérêts d’Olivier Metzner et de Liliane Françoise Bettencourt, (qui réclamaient tout de même 100 000 euros chacun !), en retenant la bonne foi  au bénéfice de Georges Kiejman:

-  d’abord le tribunal constate l’existence d’un faisceau d’indices de nature à convaincre Georges Kiejman du bien fondé de ses accusations,

-  ensuite, il relève que "si les propos de Georges Kiejman manquent incontestablement de mesure alors qu’ils ne reposent, pour l’essentiel, que sur des déductions soutenues par sa propre conviction, ils émanent d’un avocat passionné qui consacre toute son énergie à la défense de sa cliente et ne saurait restreindre sa liberté d’expression au seul motif qu’il évoque sa cause devant des journalistes au lieu de s’adresser à des magistrats".

- Enfin le tribunal replace les faits dans le contexte de cette affaire très exceptionnelle : "dans une telle situation conflictuelle, ainsi que l’observe le défendeur, tout concourait "entre personnages balzaciens, intérêts financiers gigantesques et conflits judiciaires sans pitié(…) au caractère exceptionnel de ce dossier", de sorte que le mode d’expression utilisé par Georges Kiejman doit être considéré comme relevant du droit à la polémique non exclusif de la bonne foi".

Au final, le jugement renvoie les deux hommes dos à dos, non sans avoir précisé au passage que l’immunité des salles d’audience s’arrêtait aux portes…des salles d’audience. L’affaire Kerviel nous avait déjà magistralement démontré que les juges n’appréciaient pas le cirque médiatique, cette décision à mon sens le confirme (sous réserve de l’avis des éminents juristes fréquentant ce blog), même si elle s’abstient de condamner Georges Kiejman. Au demeurant, l’ancien président du TGI de Paris, Jacques Degrandi, avait déjà lancé une sévère mise en garde à ce sujet en janvier dernier (1). Avec le recul, celle-ci se révèle prémonitoire.

Journalistes, n’imitez pas Kiejman !

J’attire l’attention de mes confrères sur un attendu du jugement qui nous concerne : "Il est rappelé que les imputations diffamatoires sont, de droit, réputées faites avec intention de nuire, mais qu’elles peuvent être justifiées lorsque leur auteur établit sa bonne foi, en prouvant qu’il a poursuivi un but légitime, étranger à toute animosité personnelle, et qu’il s’est conformé à un certain nombre d’exigences, en particulier de sérieux de l’enquête ainsi que de prudence dans l’expression, ces critères devant être appréciés en fonction du genre de l’écrit en cause. Il doit également être précisé que ces critères s’apprécient avec une moindre rigueur lorsque l’auteur des propos diffamatoires n’est pas un journaliste qui fait profession d’informer, mais une personne impliquée elle-même dans les faits dont elle témoigne".

Ce n’est pas nouveau en soi, mais ça mérite d’être rappelé.

(1) Voyez à ce sujet cet article de Rue 89. Ayant assisté à l’audience au cours de laquelle cette allocution a été prononcée, je trouve la position de l’auteur de l’article un peu excessive, je vous invite donc à lire le discours du magistrat qui, à mon sens, ne vise pas exclusivement les journalistes, mais tout le personnel judiciaire, avocats compris.

18/10/2010

Libération inscrit ses célèbres portraits dans le marbre

Filed under: Salon littéraire — laplumedaliocha @ 23:24

Tous les vrais amateurs vous le diront, il ne faut jamais entrer dans une librairie pour y acheter un livre mais pour y chercher un trésor, guetter la rencontre inattendue, parfois le miracle. Flaner le long des rayons, effleurer les couvertures du regard, s’approcher, toucher, retourner le livre, le feuilleter, le respirer et puis s’en saisir…ou le reposer. Ma moisson du week-end fut heureuse. Parmi les trouvailles qui s’empilent comme autant de promesses sur le bar de ma cuisine américaine, entre une plante dont j’ignore le nom et un bordeaux, lui,  parfaitement identifié, figure à la place d’honneur le recueil tout juste sorti de l’imprimerie des célèbres portraits publiés par Libération en Der, comme on dit dans le jargon de la presse, autrement dit en dernière page.

3000 portraits en l’espace de 16 ans

Luc Vaillant, responsable de la rubrique, raconte ici l’histoire de ce rendez-vous devenu au fil du temps incontournable. Tout commence en 1994. A l’époque, la Der ne sert plus à publier en urgence les dernières informations de la journée. La voici donc..libérée, mais que pourrait-on bien en faire de cette grande page blanche ? L’idée des portraits est lancée, elle donnera lieu à 3000 rencontres avec des stars ou des inconnus, 3000 véritables enquêtes dans l’entourage des personnages observés, loin des attachées de presse et de leurs bagout de marchandes de vent, pour cerner une personnalité, analyser une psychologie, à la frontière souvent ténue entre vie publique et vie privée. Au final, cela donne une sorte de who’s who qui se serait émancipé des CV pour se concentrer sur les âmes.

"Rocco Siffredi, la bite humaine"

Les voici donc rassemblés tous ces portraits, enfin les meilleurs d’entre eux, avec les photos qui les accompagnent, décalées, impertinentes, provocatrices, jamais anodines. Le tout en 400 pages bien troussées par les éditions de la Table Ronde. On y flâne avec délices, découvrant ici Mademoiselle Mireille Matthieu qui, nous explique-t-on, n’a jamais fait la cuisine de sa vie, là Dieudonné, Hondelatte, Guillon saisis à des moments charnières de leur vie. On bondit de Derrida à Lanzmann en passant par Rouart. Il y a beaucoup de célébrités bien sûr, mais aussi des anonymes, puisque c’est l’esprit de la rubrique.  On s’amuse aussi de ces titres qui ont fait la réputation du journal. Le 4 août 1997, Libération publie un portrait de François-Marie Banier d’une lucidité prémonitoire "le bouquet de narcisse", un an plus tard, c’est un très brutal "Michel del Castillo, mon père ce zéro" ou bien encore "Derrida, le bel et différent". Et quand Libé se se penche sur Rocco Siffredi en 1999, le décrivant comme un amoureux des femmes qui a simplement décidé d’en faire un métier, ça donne : "Rocco Siffredi, la bite humaine". Eh oui, il fallait oser !

Fleurs et couronnes ?

En feuilletant le livre, on ne peut s’empêcher de réfléchir à cette nouvelle mode qui s’est emparée de la presse écrite. Chaque grand titre publie désormais ses meilleurs reportages, ses chroniques des grands procès, ses récits de faits divers, ses Unes, ses illustrateurs, bref, on exploite un filon qui n’est pas à dédaigner dans le contexte actuel de crise qui frappe durement le secteur. Tant mieux pour les lecteurs qui bénéficient ainsi du meilleur de notre travail. Un bel article dans un journal, c’est une émotion trop vite oubliée, quelques feuilles de papier qui serviront à allumer le feu, emballer on ne sait trop quoi ou sécher des souliers. Le livre offre à ces portraits une seconde vie qu’on espère un peu plus longue que la première. Il les extrait de l’actualité nécessairement périssable pour les faire entrer dans une autre dimension, plus pérenne, celle de la mémoire et de l’histoire. Un changement de dimension qui modifie leur saveur de la même façon que la photo d’un instant heureux peine à restituer les délices d’une émotion passée. Qu’importe, le plaisir est bien réel. Tout au plus se demande-t-on, à voir ainsi nos grands journaux inscrire leur talent dans le marbre, s’ils ne s’empressent pas de témoigner de ce qu’ils furent avant de disparaître.

Mais ce n’est sans doute qu’un mauvais rêve…

16/10/2010

C’est ta liberté que tu piétines, camarade !

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 13:57

Lettre ouverte à mon collègue blogueur et ex-confrère JBB

Salut à toi, camarade,

J’ai lu attentivement ton billet sur le journaliste matraqué. Quelle hargne, dis-moi.

Il faut dire que tu as raison. Un journaliste qui brandit sa carte de presse devant des CRS sur le point de charger, c’est vraiment scandaleux. Comment, il refuse de se prendre des coups de matraque ? Mais quelle honte ! La gueule en sang sur le trottoir, le journaleux, comme les autres. Pas de discrimination. E-ga-lit-é ! Entre nous, tu ferais mieux d’exiger que personne se fasse tabasser dans une manif’ plutôt que de réclamer que tout le monde y passe, mais ce n’est que mon avis.  Tu oublies surtout une chose, toi qui as été journaliste, c’est qu’un journaliste, sur un lieu de manifestation, ça bosse. Ben oui, comme les pompiers qui étaient venus éteindre le feu, comme le SAMU qui vient récupérer les blessés. Tu ne crois pas qu’on a le droit de bosser sans se faire tarter ? Ah mais me diras-tu, il était là à titre privé. Un journaliste sur le théâtre de ce genre d’opération, c’est jamais là seulement à titre privé. Il y a des métiers comme ça qui ne s’arrêtent pas au seuil du lieu de travail, qui ne connaissent ni horaires, ni jours chômés.  Le journalisme en fait partie. Tu imagines un médecin qui voit un type s’écrouler dans la rue et qui dit : "mince, 17h05, j’peux pas le soigner, j’ai fini mon boulot". Journaliste c’est pareil, t’es là, dans une manif’ et puis soudain ça tourne mal. Tu te barres pas en courant, au contraire, tu regardes, parce que c’est ton boulot d’observer et de témoigner. C’est inscrit dans tes gènes, même si tu voulais pas, tu le ferais quand même. D’ailleurs, on sait que ce confrère prépare un sujet sur l’extrême-gauche, donc il avait d’autant plus de raisons de s’approcher pour y voir de plus près.

Tes camarades nous confondent souvent avec des flics, dis-tu. Je vais te dire quelque chose, ils sont vraiment cons tes potes, tu leur diras de ma part. D’un côté ils s’indignent parce que les-médias-à-la-botte-du-grand-capital ne parlent pas assez d’eux aux 20 heures, de l’autre ils sont prêts à casser du journaliste en manif’. Tu ne trouves pas que ça pose un léger problème de cohérence ?

C’est la faute à nos privilèges, dis-tu. Mais quels privilèges ? Celui, en l’espèce, de pouvoir bosser sans se retrouver à l’hosto ? Celui de dire aux CRS : "stop, si on s’approche de vous c’est qu’on vient voir de près ce qui se passe, on n’a pas de pavé dans les poches, on vous veut pas de mal, on regarde". C’est pas un privilège ça, camarade, c’est un problème de sécurité au travail. Et ça devrait t’interpeller si tu défends les travailleurs. Mais j’oubliais, on est des richards dans la presse, le coeur à gauche mais le portefeuille à droite. Allons, t’aurais pas tendance à confondre Laurence Ferrari dans son joli fauteuil de présentatrice vedette et le reporter de terrain ? Faut pas tout mettre dans le même panier, tu sais. Lis les journaux, tu verras que la presse c’est une peu comme la sidérurgie il y a quelques années, c’est en train de crever. Pas de quoi parler de privilège, crois-moi. Si tu veux t’en convaincre, jette un oeil sur les statistiques du SNJ relatives à nos rémunérations, tu verras si on touche des salaires de traders.

Ce qui te choque le plus, dis-tu, c’est qu’on ne parle pas des manifestants qui se sont fait matraquer aussi. Allons donc. D’abord tu sais, toi, s’il y avait des journalistes témoins des bastonnades que tu évoques ? Et tu sais s’ils ont pu ramener des photos ou des films de ces scènes ? Et tu t’es demandé si le rédac’chef, quand ils sont rentrés, a pensé qu’il y avait matière à faire un sujet ou si, au contraire, il les a envoyés paître ? Ca en fait des inconnues, tu ne trouves pas ? Surtout que tu sais très bien qu’on court précisément après ce genre de scènes sensationnelles, on nous le reproche assez. Comment peux-tu oser soutenir, sans rire, que ça nous intéresse pas des manifestants frappés par la police ? Absurde.

Ah, mais on s’indigne du traitement qui nous est réservé. On devrait pas. Eh bien je vais te dire, bien sur que si, on doit s’en indigner. Et même drôlement plus fort que ce qu’on a fait. Pas pour nous, tu as raison sur ce point, mais pour ce qu’on représente et qui dépasse largement nos petites personnes. T’as remarqué que quand un régime politique déconne, c’est généralement à la liberté d’expression qu’il s’attaque en premier ? Ben voilà, c’est pour ça qu’on gueule. Parce que si les CRS se mettent à casser du journaliste, ça veut dire qu’on tolère, voire qu’on souhaite nous empêcher de faire notre boulot, et ça vois-tu, c’est un vrai souci. Pas pour nous, pour tout le monde. Et même pour toi. Surtout pour toi, le manifestant qui descend dans la rue pour crier ta rage contre l’injustice. Tu crois qu’il sera entendu ton message s’il n’y a plus de journalistes pour témoigner ?

Le comportement de mon confrère t’a choqué ? Eh bien je vais te dire, moi c’est le tien qui me choque. Il vient te voir, il s’excuse, il dit qu’il a eu un coup de chaud, qu’au fond il a fait ça pour aider et tu lui pilonnes la gueule sur ton blog. C’est pas très élégant, moralement, et c’est pas très juste non plus. Vois-tu, moi je le crois ce journaliste quand il dit qu’il a voulu apporter son aide. Tu sais pourquoi ? Parce qu’on est tous persuadés, à tort peut-être, que quand on est là, qu’on regarde, qu’on filme, eh bien les flics font gaffe à pas déraper pour ne pas se retrouver le soir à la télé et le lendemain avec une inspection de l’IGS aux fesses. C’était ça, qu’il voulait faire. Je crois que tu l’aurais compris si tu n’avais pas été aveuglé par ta foutue lutte des classes et tes idées fausses sur les privilèges des journalistes.

Au fond, je vais te dire, en crachant sur ce confrère et plus généralement sur les journalistes, c’est la liberté d’expression que tu piétines, la mienne, la tienne, la nôtre à tous dans ce pays, et c’est pas très malin.

Note : mes excuses au lecteurs fidèles de ce blog. Je sais qu’on en a parlé très longuement de cette affaire et que tout a été dit. Mais comme le billet de JBB a été repris par Marianne 2 et qu’il a donné lieu à la traditionnelle montée de bile contre les journalistes dans les commentaires, je ne pouvais pas me taire.

14/10/2010

Et maintenant on nous matraque !

Filed under: Brèves — laplumedaliocha @ 08:26

Décidément, la sarkozie n’aime guère les journalistes !

L’explication est chez l’excellent Augustin Scalbert de Rue 89

13/10/2010

Un volcan financier

Filed under: Brèves — laplumedaliocha @ 13:58

Désolée, je sais que j’ai promis un billet sur la com’ de la Socgen à travers le livre de Le Bret, mais je suis en reportage et j’ai par ailleurs de très gros chantiers à terminer d’ici vendredi. En attendant, je vous invite à lire sur le site de l’Obs cette excellente interview de Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers, sur la crise et l’état actuel du système financier. Entre nous, la presse économique reconnait, je crois de façon unanime, que c’est un homme courageux et doté d’un vrai sens de l’intérêt général. On l’a vu à plusieurs reprises tenir tête aux poids lourds du CAC 40, en particulier sur des questions de gouvernance et de rémunération des dirigeants. S’il accepte de s’exprimer sur le site internet d’un hebdomadaire d’informations générales et dans des termes aussi inquiétants, c’est que la situation est grave.

12/10/2010

Hugues Le Bret peut dire merci à ses potes journalistes

Filed under: Mon amie la com' — laplumedaliocha @ 13:49

C’est fou ce que les journalistes aiment Hugues Le Bret, l’ancien directeur de la communication de la Société Générale devenu entre temps Président de Boursorama (filiale de la Socgen). Et en particulier le site challenges.fr. On aimerait bien comprendre les raisons de cet étrange engouement.

Le lundi 4 octobre, on apprend officiellement que le président de Boursorama quitte ses fonctions. Challenges.fr nous en informe d’abord rapidement avec l’AFP, puis dans un article plus détaillé qui évoque  son livre sur l’affaire Kerviel et conclut qu’il lui a coûté sa place (les dates à prendre en compte sont celles figurant en bas des articles).

Le 5 octobre, dans un retour sur l’actualité de la semaine, on l’installe en bonne position.

Le 7 octobre, on nous propose un long article sur son livre, sorti la veille. Notez, c’est le moment puisque le jugement rendu deux jours avant dans l’affaire Kerviel occupe tous les esprits.

Le 8 octobre, on y va plein pot : une interview vidéo intitulée "Pourquoi j’ai quitté la Société générale" réalisée par le directeur délégué du site en personne. Serait-ce pour contrer les mauvaises langues du Monde (4 octobre) , du Point (5 octobre) et de France Soir  (8 octobre) qui parlent de révocation ?

Notez, en aurait tort de jeter la pierre à Challenges.fr, Le Figaro n’est pas en reste. C’est même lui, semble-t-il, qui a annoncé la démission du patron de Boursorama et la sortie à venir du brûlot, dès le dimanche 3 octobre à 17h05. Brûlot dans lequel précisément l’auteur raconte un déjeûner avec un rédacteur en chef du Figaro qu’il décrit comme un ami de 20 ans.  Mais ça n’a sans doute aucun rapport avec la fuite d’une information qui a donné le ton officiel de la campagne de presse …Laquelle au passage a été confirmée par l’intéressé lui-même sur son compte twitter le 4 octobre à 1 heure du matin, sauf erreur de ma part.

Résumons-nous : Hugues Le Bret annonce qu’il sort un livre et démissionne de ses fonctions pour exercer pleinement sa liberté d’expression.  Le Point, Le Monde et France Soir (j’en oublie peut-être d’autres) soutiennent qu’en réalité il a été remercié, son livre ayant  déplu en interne. Mais alors il ment, songez-vous indigné ! Absolument pas. Il a bien démissionné en raison de la sortie de son livre. Maintenant que vous compreniez "démission" comme une démarche forcément volontaire, c’est votre problème. Bienvenue dans l’univers de la communication où, par exemple, au hasard, un "j’ai été viré pour avoir osé sortir un livre sur ma boite" devient "je démissionne pour exercer pleinement ma liberté d’expression" !

Comme disait Proust, quand on sait dire, on peut tout dire…

Et si en plus on a des potes journalistes pour relayer le message, alors là, c’est Noël.

Page suivante »

Thème Rubric. Propulsé par WordPress.com.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 257 autres abonnés