La Plume d'Aliocha

30/08/2010

Le choc des mots

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 15:59

En cette douce fin du mois d’août, l’activité reprend doucement. Bien trop doucement à mon goût.

Le journalisme sans l’adrénaline, l’urgence des bouclages, l’excitation d’une actualité trépidante, les rédacteurs en chefs hystériques, le téléphone en surchauffe, l’agenda organisé par tranches de 10 minutes, la caféine en intraveineuse et la cigarette fumée hâtivement sur le trottoir entre deux rendez-vous, ce n’est pas drôle. Je devrais y être habituée, depuis tout ce temps, mais non, chaque année entre fin août et mi-septembre, j’ai envie de changer de boulot, tant je m’ennuie.

Du coup, ayant du temps à perdre, ce qui est inhabituel, je me suis offert ce matin un luxe fou. J’ai pris un café en bas de chez moi en lisant un journal. Eh oui ! Vingt minutes de détente à  l’aube (enfin 10 h du matin) attrapées au vol juste avant d’enrouler la chaine du devoir professionnel autour de mon cou encore doré par le soleil. Je craignais un peu que la culpabilité ne m’étouffe dès la première gorgée.  Finalement j’ai découvert que j’aurais bien pu rester sur la terrasse jusqu’à l’heure du déjeuner, si je ne m’étais pas surveillée de près. Comme quoi, la paresse, c’est comme le reste, on s’y habitue très vite.

Ce d’autant plus que j’étais plongée dans le nouvel exemplaire de Polka, ce trimestriel créé par Alain Genestar à la suite de son éviction de Match et consacré au photojournalisme. J’adore ce magazine. Il respire la passion du métier, s’emploie à éloigner de toutes ses forces le spectre de la mort de la presse et offre pour notre plus grand plaisir de très beaux reportages. Enfin, beaux, entendons-nous bien. Ce n’est ni Géo, ni Gala. Parfois les images sont dures. Par exemple le reportage de Stanley Green intitulé « N’oublie pas Haïti ». Dans son éditorial, Alain Genestar explique  la conception qu’a ce journaliste du métier :  « ne jamais laisser tomber dans l’oubli – ce qui signifie souvent dans la misère, la maladie et la mort- ces survivants abandonnés pour cause de lassitude ». Un exercice pas toujours facile, car, comme le reconnait le boss de Polka : « cela nous arrive de dire, dans les rédactions en chef, à des journalistes et à des photographes que non, ils ne retourneront pas sur les lieux du drame, parce qu’il n’y a rien de nouveau ; comprenez : parce que le drame est entré pour des mois, des années, des vies, dans l’enfer de la banalisation, là où brûlent les passions oubliées ». Vous observerez au passage que je ne vous ments pas quand je prétends que les journalistes ne font pas toujours ce qu’ils veulent dans une rédaction. Heureusement, admet Genestar, certains d’entre nous parviennent à convaincre de l’intérêt de leur démarche. Ce fut le cas ici.

Et je regardais donc ces photos, à la fois dures et dignes, des victimes de la tragédie d’Haïti, lorsque la conversation de mes voisines de table m’arracha à mes réflexions.  « T’as pas bonne mine » s’inquiétait une dame un peu rondelette d’une soixantaine d’années. Ce à quoi l’autre, une jeune donzelle fringuante, répondit : « m’en parle pas,   je me suis fâchée avec mon coiffeur. C’est l’HOR – REUR ! ».

L’horreur, je l’avais sous les yeux, c’était Haïti.

Comme il était symbolique en somme, cet étrange décalage entre les images et le gentil bavardage qui leur tenait lieu de bande-son….

28/08/2010

Petite leçon de psychologie financière

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 14:51

Le diable se niche dans les détails, dit-on. Il m’arrive de penser que la vérité aussi.

Tenez par exemple, j’étais plongée hier dans un sujet ô combien passionnant, celui de la certification professionnelle dans la finance.

En 2 mots, depuis le 1er juillet dernier, tous les établissements financiers français (banques de détail, banques d’investissement, sociétés de gestion etc.) doivent faire passer un examen de culture générale financière et réglementaire à leurs nouveaux collaborateurs, dès lors que ceux-ci exercent des fonctions sensibles auprès de la clientèle (du guichetier à l’analyste en passant par le trader). L’objectif est double : mettre la place de Paris à niveau avec celles de Londres et New-York et préserver la responsabilité de ces établissements, laquelle s’est trouvée renforcée récemment en vertu d’une directive européenne (Mifid pour les connaisseurs). Cela suppose donc de recourir à un organisme de formation agréé par le gendarme de la bourse (AMF) ou,  à défaut, de mettre en place une formation interne. L’examen qui débouche sur la certification doit être passé dans les 6 mois suivant l’embauche et se présente sous la forme d’un QCM à choix ou réponses multiples de 100 questions. Il s’agit de tester non pas les compétences professionnelles du candidat, supposées avoir été appréciées par l’employeur, mais la connaissance qu’il a de son environnement global, c’est-à-dire du fonctionnement des marchés, des risques et de la réglementation.

Je vous ennuie ? Ramenez cela à l’actualité et vous allez voir que c’est plus intéressant qu’il n’y parait. L’affaire Kerviel, quoique l’on pense de son niveau de responsabilité, a révélé en tout état de cause un problème de formation des traders en France (il existe une carte professionnelle sanctionnant une formation délivrée par une association professionnelle, mais elle n’est pas obligatoire), et plus généralement, une décontraction vis à vis de la surveillance du respect des règles tout à fait inquiétante. Imposer donc à l’ensemble des collaborateurs d’un établissement, traders compris, de se former aux risques, aux réglementations et à l’éthique n’apparait pas totalement superflu.

Il faut savoir que les nouvelles règles de formation, rendues obligatoires dans le règlement de l’Autorité des marchés financiers, sont le produit de ce qu’on appelle dans leur jargon un groupe de place, c’est-à-dire un travail commun entre le gendarme de la bourse et les professionnels concernés, aboutissant à une réforme consensuelle censée acceptée par tous. Et pour cause. Paris peinant à rivaliser avec Londres et New-York, tout ce qui peut démontrer le sérieux de notre modeste place financière et donc attirer les investisseurs est bienvenu.

C’est au stade de l’application que ça se corse. On dit que les grands établissements bancaires français non seulement auraient accueilli cette nouvelle exigence avec joie mais qu’ils auraient même décidé de former plus de gens que nécessaire. Admettons. Mais alors, pourquoi peut-on lire dans ce document (PDF) tout à fait officiel par lequel l’AMF répond aux interrogations des banques sur la nouvelle réforme, des questions  démontrant, à tout le moins, le souci de s’émanciper le plus possible des nouvelles obligations de formation ?

Je reproduis ce-dessous mes trois questions préférées :

« Question 22/ Un PSI (NDLR : prestataire de service d’investissement, une banque par exemple) est-il obligé de vérifier qu’un stagiaire ou le titulaire d’un CDD qui n’a pas passé un examen certifié et qui envisage d’exercer une fonction-clé de moins de 6 mois a acquis les connaissances minimales prévu par le dispositif?

Réponse de l’AMF : Oui, si elle occupe une fonction-clé, cette personne, qui est placée sous l’autorité ou qui agit pour le compte d’un PSI, doit répondre à l’exigence d’acquisition des connaissances minimales nécessaires à l’exercice de sa fonction. Le PSI devra donc vérifier que cette personne dispose des connaissances minimales prévues par le présent dispositif et s’assurer, tant que la vérification des connaissances minimales n’est pas faite, que cette personne est supervisée de manière appropriée ».

(NDLR : Mince, on ne va pas pouvoir contourner la règle en embauchant des stagiaires, c’est balot !)

« Question 23/ L’évaluation interne des collaborateurs par les PSI peut-elle être faite sous une autre forme que celle de questions sur support écrit ou informatisé ? Un simple entretien avec un responsable hiérarchique peut il suffire? Les PSI « non certifiés » doivent-ils organiser des sessions d’examen avec 100 questions et disposer d’un stock de 600 questions ? (nouvelle question du 30 mars 2010)

Réponse de l’AMF : Le dispositif de vérifications des connaissances minimales s’inscrit dans le dispositif de conformité des PSI, qui depuis la directive MIF implique des obligations d’organisation sous forme de procédures, contrôlées et traçables (cf. en particulier les articles 313-1, 313-7 et 313-7-1 du règlement général de l’AMF). Les vérifications internes de connaissances doivent donc faire l’objet d’une trace écrite. Le FAQ publié en juillet 2009, précisait que les PSI peuvent procéder à cette vérification par tous moyens, à leur convenance, mais selon une procédure formalisée dont l’existence et l’application pourront être contrôlées a posteriori par l’AMF. Ainsi, que ce soit par un simple entretien ou par un examen, le PSI devra être en mesure de démontrer que les connaissances ont été vérifiées ».

(NDLR : Donc, on peut remplacer l’examen par  une petite discussion amicale sur le mode : « dis coco, tu me confirmes que tu connais par coeur la réglementation des marchés français, européens et internationaux ? Oui ? bon ben je te certifie, va en paix et copie moi 20 fois le règlement général de l’AMF au cas où on aurait un contrôle ». L’AMF en effet prévient : si elle ne peut pas vérifier le respect effectif des règles en matière de formation, l’établissement aura des ennuis. La menace est purement théorique, une petite amende indolore et hop, on passe à autre chose. Souvenons-nous que les défaillances graves du contrôle interne à la Socgen, révélées par l’affaire Kerviel,  se sont soldées par une amende de 4 millions d’euros (Décision de la commission bancaire PDF), autrement dit une paille pour un établissement de cette taille. Imaginez donc ce que peut coûter l’absence de formation d’un collaborateur….peanuts. )

Mais voici incontestablement ma question préférée :

« Question 30/ S’agissant des questionnaires à réponses multiples (QRM) ou des questionnaires à choix multiples (QCM), faut-il ne mettre aucun point à ceux qui cochent toutes les réponses pour être sûrs d’avoir au moins une bonne réponse. Faut-il ne mettre aucun point dès lors qu’une seule mauvaise réponse est cochée même si les autres bonnes réponses sont cochées ? (nouvelle question du 30 mars 2010)

Réponse de l’AMF : Oui, car le principe est le suivant : dans l’exercice des fonctions, une connaissance erronée peut être plus lourde de conséquences vis-à-vis d’un client et du PSI employeur, qu’une connaissance incomplète ».

(NDLR : aïe, il faut donc sanctionner les tricheurs, décidément, l’AMF met la barre très haut !)

Et voilà comment on nous annonce en grande pompe des réformes mirifiques pour sortir de la crise, tandis que notre amie la finance  s’amuse déjà à imaginer comment recueillir les bénéfices de la réforme en termes d’image tout en limitant au maximum le respect de son esprit et donc la condition de son efficacité. Au regard des enjeux attachés aux réformes en cours, ce dossier est un détail, je vous l’accorde. Mais il est infiniment révélateur, précisément parce qu’il est anodin et permet donc aux intéressés d’exprimer sans fard leurs intentions profondes. Je vous laisse imaginer la partie qui est en train de se jouer, notamment en Europe, entre les politiques et les banques sur les réformes imposées par la crise….

A lire …

Tant que je suis dans les sujets sérieux, je vous recommande chaudement le dernier livre de l’économiste américain Joseh E. Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001, intitulé « Le triomphe de la cupidité » (Editions Les liens qui libèrent 2010). L’auteur y décrit sans jamais jargonner la crise des subprime, révèle les mécanismes idéologiques qui nous ont mené là et propose des solutions pour remettre l’économie et la finance au service de la société. Pour lui, la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008 est au capitalisme ce que la Chute du mur de Berlin fut au communisme. L’ouvrage est pédagogique, intelligent et irrigué par une lucidité et un humanisme tout à fait réconfortants.

25/08/2010

Emotion

Filed under: Brèves — laplumedaliocha @ 23:52

C’est fou ce qu’on peut trouver sur Youtube. Figurez-vous que je regardais ce soir un film, au demeurant tout à fait distrayant, « Les invités de mon père », quand j’ai eu le plaisir d’entendre un morceau de Schubert qui me touche en plein coeur, l’impromptu D899. Et j’ai eu envie de le partager avec vous. Ce n’est pas n’importe quelle interprétation que je vous propose mais à mon sens la plus puissante, celle de Dinu Lipatti, un pianiste roumain mort prématurément à l’âge de 33 ans. Il faut entendre son interprétation de l’impromptu lors de son dernier récital à Besançon en septembre 1950. C’était un peu moins de trois mois avant sa disparition. Un ami raconte : « Les journaux avaient déjà donné les détails : comment il avait tenu à honorer l’engagement pris, malgré les transfusions, la fièvre, l’épuisement ; comment, face au public, il avait laissé courir, errer plutôt, les doigts sur le clavier un instant, non pas comme quelqu’un qui essaie le piano mais comme un homme qui doute, et même désespère de ses forces, et s’essaye lui-même, bravement, une dernière fois. D’ailleurs, il n’est pas allé jusqu’au bout. La valse en la bémol, programmée dernière des quatorze, il s’était dérobé devant. On l’avait emporté. Le public n’osait ni se lever à son tour, ni même respirer. On l’avait comme rapporté alors, et une dernière fois de ses doigts était monté le cantique, Jesu bleibet meine freude«  (André Tubeuf).

Bouleversant.

Le récital est disponible chez EMI Classics. Il comprend la partita n°1 en si bémol majeur de Bach, la sonate pour piano  n°8 en la mineur de Mozart, les impromptus D899 n° 2 et 3 de Schubert et 13 valses de Chopin. Il faut entendre aussi son exceptionnelle interprétation du concerto pour piano n°21 de Mozart, également chez EMI Classics.

Liberté, égalité, fraternité, Rolex ?

Filed under: Brèves — laplumedaliocha @ 23:11

Lu ce matin dans un article de Rue 89 consacré à la grande mutinerie des décorés de la République, cet extrait du discours de Nicolas Sarkozy remettant en 2009 la légion d’honneur à Dany Boon :

« Vous êtes fils d’un Kabyle, marié à une catholique picarde, d’un boxeur devenu chauffeur-routier à Armentières. Bon, ça commençait pas terrible, il faut bien reconnaître les choses. Heureusement, la République vous a ouvert les portes. Enfin, disons que question rêve, on part de loin. […] »

Quand la vérité profonde d’un être jaillit comme ça, spontanément, c’est un moment rare qui se passe de tout commentaire.

24/08/2010

Parlons donc du sexe des blogs

Filed under: Débats,détente — laplumedaliocha @ 00:26

Rien de tel qu’une bonne petite polémique pour se remettre en plume à la rentrée !

Juan de Sarkofrance m’en offre une occasion rêvée en m’incluant fort civilement dans sa « revue de blogs de filles » (sic).

Fichtre ! Heureusement que je l’ai rencontré lors d’une réunion de blogueurs et que je l’ai trouvé tout à fait charmant, sinon, je crois bien que je me serais agacée. De l’intérêt au passage de ne pas s’en tenir aux seules relations virtuelles. Elles possèdent, je vous l’accorde, une part de vérité parfois supérieure aux relations réelles car elles sont débarrassées des contingences matérielles, mais cet avantage souvent se retourne et peut nous mener, précisément parce qu’on discute sans pouvoir se regarder au fond des yeux, à de regrettables malentendus.

Bref, me voici donc cataloguée, ce qui en soi m’apparait déjà insupportable car je hais les étiquettes, et qui plus est embrigadée à l’insu de mon plein gré dans la catégorie des « blogs de fille », celle-là même que je fuis par-dessus tout. Entendons nous bien. Pour ceux qui l’ignoreraient encore, je suis une fille, étant précisé qu’à mon  âge, le terme de femme me paraitrait plus adéquat quoique sans doute légèrement présomptueux. « On ne nait pas femme, on le devient » observait fort justement Simone de Beauvoir. Pour couper court à tout débat inutile, disons donc que je suis, c’est indiscutable,  de sexe féminin. Il est un autre fait tout aussi avéré : ce lieu est bien un blog. Ce qui, au terme d’une équation un peu simpliste nous mène tout droit à ce résultat : blog rédigé par une fille = « blog de fille ».

L’ennui, vous l’aurez compris, c’est que « blog de fille » ne signifie pas exactement blog rédigé par une fille. Eh non, on sent bien en maniant l’expression qu’elle comporte un sens caché, pétri par des siècles de culture et, il faut bien l’avouer, de préjugés. Ainsi donc, il y aurait une catégorie générique, là comme ailleurs, masculine par défaut, et puis une catégorie spécifique, celle des blogs rédigés par des filles. Et l’on prétend que le web est en passe de créer un nouveau monde, foutaise ! Je sais déjà ce qu’on me répondra. Cela correspond à une réalité, la majorité des blogs sont tenus par des garçons ou des hommes, c’est selon. Mais comment le sait-on puisque tout le monde fonctionne sous pseudos, lesquels, le mien en est un exemple, ne renseignent pas toujours sur le sexe de l’auteur, voire jouent précisément à le dissimuler. Peut-être le découvre-t-on alors en raison des sujets abordés ? Qui parle couture, mode, cuisine, enfants est forcément une femme, politique, faits de société, sciences, forcément un homme ? La présomption est forte mais pas irréfragable comme en témoignent précisément les « blogs de fille » cités par Juan. Y-aurait-il alors une distinction plus subtile fondée sur des valeurs, une manière de penser, d’aborder les problèmes, de choisir les sujets ? Vaste question que je me pose depuis que je suis en âge de réfléchir et à laquelle je n’ai toujours pas trouvé de réponse satisfaisante.

Figure-toi, Cher Juan, que le choix d’un pseudo masculin ne fut pas de ma part totalement innocent. A l’époque où j’ai opté pour Aliocha, j’avais deux raisons de le faire. D’abord, je songeais que le plaisir du masque est d’autant plus grand qu’il nous permet d’endosser une personnalité imaginaire la plus éloignée possible de la réalité. Ensuite, je ne pouvais me défendre à l’époque de l’idée qu’une pensée fémnine était moins facilement prise au sérieux. Qu’elle ouvrait aux interlocuteurs masculins, selon les cas,  le réflexe de la condescendance, le goût du marivaudage, ou bien encore qu’elle pouvait susciter, chez les plus élégants, une retenue, une délicatesse, susceptibles de perturber le bon déroulement d’un débat.

Chassez le naturel, il revient au galop disaient les anciens. Mon masque a eu tôt fait de glisser du bout de mon nez, révélant ce que j’entendais cacher. Ce qui montre que l’on peut bien rêver de supprimer la distinction des sexes, elle s’empresse de se frayer un chemin et de réapparaître, entre nous soit dit pour mon plus grand plaisir. Car ce que je fuyais alors m’apparait aujourd’hui tout à fait amusant et parfois même délicieux. Si les idéalistes dans mon genre pouvaient vivre ne serait-ce qu’une seconde dans leur monde rêvé, je gage qu’ils reviendraient très vite à la réalité en la trouvant au fond pas si imparfaite que cela.

De là cependant à me retrouver cataloguée dans les « blogs de filles », avec tous les préjugés stupides mais bien réels qui s’y attachent,  il y a un pas que j’espérais ne jamais franchir.

Et c’est donc perchée sur mes Louboutin, la taille ceinte de mon tablier de cuisine que je viens de finir de broder avec amour et totalement affairée à la préparation du dîner, que j’entends crier ici haut et fort : ce lieu n’est pas un « blog de fille ». Le prochain qui s’avise de soutenir le contraire sera chassé sans pitié à coups de rouleau à pâtisserie ou de talons aiguille.

13/08/2010

Sarkozy voyou ?

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 10:02

Fichtre ! Marianne n’y est pas allé par le dos de la cuillère en titrant cette semaine sur Sarkozy « Le voyou de la République ». Certains lecteurs de ce blog me diront sans doute : « vous voyez Aliocha, quand on vous dit que leurs couvertures sont trop racoleuses à notre goût ». Et en effet quand on se plonge dans le long article de Jean-François Kahn qui justifie le titre de Une, on s’aperçoit que, paradoxalement, il s’agit presque d’une défense du chef de l’Etat, ce qui ne correspond pas exactement au titre. Kahn réfute  les accusations de « pétainiste » et de « raciste » à l’encontre de Nicolas Sarkozy pour expliquer en substance que ses préoccupations sont purement électoralistes, de sorte qu’on ne peut en tirer aucune conclusion sur ses convictions réelles, lesquelles iraient même à l’encontre de ses décisions. L’article est plutôt juste, même si on est tenté de se demander si Nicolas Sarkozy diffère beaucoup de ses collègues de droite comme de gauche sur pareil sujet. L’immobilisme de Jacques Chirac n’était-il pas lui-même le fait d’une volonté de se faire réélire ?

Toujours est-il que ce numéro s’est vendu à 160 000 exemplaires nous apprend @si, un record pour la saison. C’est donc que l’hebdomadaire a frappé juste pour réussir ainsi à secouer la torpeur estivale réelle ou supposée des français. Car voyez-vous, durant l’été, la presse française se repose, persuadée que les lecteurs ne s’intéressent à rien d’autre en juillet et surtout en août qu’au plaisir de consommer un rosé bien frais à l’ombre d’une tonnelle. Du coup, les journaux réduisent leur pagination et tout donne à penser que le monde s’arrête de tourner. Une idée typiquement de chez nous que ne partagent pas nos voisins européens si j’en crois la taille des quotidiens italiens ou espagnols qui reste la même durant les congés. Il se trouve que je séjournais à l’hôtel ces derniers jours et que j’ai pu constater l’épouvantable vacuité du Figaro qu’on nous offrait gratuitement tous les matins. A l’exception des pages saumon consacrées à l’économie, qui ressembaient encore à de la presse, le reste n’était que tissu d’âneries estivales, avec une mention spéciale pour la Der (la dernière page dans notre jargon), consacrée aux tribus de l’été et articulant en une poignée de phrases et un tableau, quelque comparaison sur le modèle êtes-vous juilletiste ou aôutien ?  Passionnant. Même un féminin n’aurait pas osé. Bref, tout cela pour dire que Marianne a eu le mérite jusqu’à présent d’offrir un vrai contenu, y compris durant les congés. Rien que pour cela, je dis Chapeau ! Quant à l’incontournable cahier estival censé distraire le lecteur sur la plage, il était de très bonne tenue.

Reste que le journal serait, dit-on, allé trop loin en traitant le Président de la République de voyou. Possible. C’est en tout cas mon opinion, ce qui ne m’empêchera pas de continuer à lire Marianne parce que son contenu de qualité m’incline à lui pardonner ses Unes racoleuses et ses attaques contre Sarkozy parfois limite. J’avais bien davantage été choquée par sa tentation fut un temps de se livrer à une psychanalyse sauvage de Nicolas Sarkozy pour déterminer s’il n’était pas fou. Il me semblait alors que l’exercice était déplacé et frisait la psychologie de comptoir. Au demeurant, comme l’avait souligné lors d’une émission d’@si une journaliste politique du Figaro dont j’ai oublié le nom, le fait de penser que l’on puisse diriger un pays n’est-il pas toujours le signe d’un déséquilibre psychologique ?

Surtout, dans un pays qui réclame le droit de se torcher avec le drapeau au nom de la liberté d’expression, je ne vois guère comment on pourrait reprocher à un journal de manquer de déférence à l’égard du Chef de l’Etat. On a la presse qu’on mérite et, plus profondément, celle qui nous ressemble. Les ventes de ce numéro de Marianne en sont la preuve. Jean-François Kahn a répondu aux critiques via un communiqué à l’AFP, Maurice Szafran, le directeur du journal a fait de même. Par ailleurs, il s’exprimera dans le prochain numéro du journal à paraître demain. Je gage qu’il rappellera à l’occasion ce qu’il a déjà plusieurs fois évoqué : quand un président traite avec la plus grande décontraction les journalistes qui lui déplaisent d’ « enculés », quand des ministres crient au fascisme parce que la presse s’empare de l’affaire Bettencourt,  il faut s’attendre à ce qu’en retour, les journalistes se débrident. Ce n’est pas forcément très sain pour la démocratie, mais il serait encore plus regrettable qu’on se laisse marcher dessus sans réagir.

Note du 14/08: les commentaires sont de nouveau soumis à modération préalable et ne seront débloqués que dans une semaine. A bientôt….

01/08/2010

A très vite !

Filed under: A propos du blog — laplumedaliocha @ 19:38

Eh bien voilà, il est temps d’éteindre l’ordinateur. A compter de ce soir, les commentaires seront soumis à modération préalable, vous pouvez donc les poster mais ils n’apparaîtront qu’à mon retour. Je pars retrouver l’amour de ma vie, l’Océan Atlantique, que j’ai trop longtemps délaissé pour les plaisirs plus suaves de la Méditerranée.

D’ici là, je vous laisse avec la chanson que j’écoute en boucle en ce moment. Parce que comme Zaz, c’est pas l’argent qui fait mon bonheur.

Je vous souhaite de la joie, de l’amour, de la bonne humeur…

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