La Plume d'Aliocha

18/05/2010

Le photographe, ce héros

Filed under: Invités,Salon littéraire — laplumedaliocha @ 08:27

Par Gwynplaine

Depuis maintenant quelques temps que je traîne mes guêtres par ici, la plupart d’entre vous ont dû s’apercevoir que je suis passionné de BD. Mais, sauf à venir vous les briser dès qu’un album m’enthousiasme, bien peu combinent à la fois qualité et sujet susceptible d’intéresser les lecteurs de céans[1] (ou du moins de coller au centre d’intérêt de ce blog). C’est le cas ici, voilà donc pourquoi je m’autorise de nouveau à solliciter Aliocha afin qu’elle m’offre un espace en ce lieu. Et si vous me lisez, c’est qu’elle a accepté, je l’en remercie de tout cœur.

Il est des livres dont on remet toujours la lecture à plus tard, tout en sachant qu’ils revêtent un fort potentiel et qu’ils ont toutes les chances de vous plaire. Le Photographe n’est pas à proprement parler une actualité[2], puisqu’il est paru en trois tomes entre 2003 et 2006, c’est dire s’il m’a fallu du temps avant d’y plonger. C’est qu’en matière de bandes dessinées, il faut que le dessin m’accroche dès le début pour me jeter sur un titre, et ce ne fut pas le cas ici. Le premier feuilletage, ce premier contact charnel que je m’octroie avec le livre avant de savoir si oui ou non il finira dans mon escarcelle, ne fut pas concluant. Pourtant tout le monde, partout, jusque dans les colonnes des plus grands médias (ce qui n’est pas fréquent en BD – mais qui n’est pas une garantie pour autant), mes prescripteurs les plus fiables, en faisaient l’éloge. Mais rien à faire, il ne m’attirait pas : l’impression que ce mélange de photos et de récit dessiné était factice, surfait.

Pourquoi nous boursoufle-t-il le cortex avec ce livre s’il ne lui a pas plu, vous dîtes-vous ? Et sinon pourquoi cette longue introduction propre a nous en dégouter ? La réponse tient à ceci : ce livre ne m’a pas plu, non, il m’a happé, il m’a littéralement transporté. Tout en lui, dessin, forme du récit, originalité de la narration, concourt à une seule chose, qui fait la force des grands livres : raconter cette histoire de la meilleure manière possible, la rendre lisible en faisant oublier au lecteur le travail de la forme pour accéder au cœur de l’humain. Et de l’humain, ce livre en regorge, il en transpire à chaque page. Voilà pourquoi cette introduction, pour exhorter ceux qui auraient le même mouvement de recul à passer outre, pour ne pas passer à côté d’une œuvre aussi forte.

Didier Lefèvre, photographe

Didier Lefèvre était[3] un photo-reporter ayant promené son objectif aux quatre coins du globe, de Peshawar à Bougainville. Fin juillet 1986, il part en Afghanistan à la demande de Médecin Sans Frontières, pour réaliser son premier “grand reportage” sur une des missions de l’O.N.G., en plein conflit entre soviétiques et Moudjahidin.

C’est ce voyage qui nous est conté dans Le Photographe, par sa voix, ses yeux, son objectif. Cette découverte du “plus beau pays du monde”, selon les membres de la mission qu’il accompagne.

En mission en Afghanistan.

Le premier tome raconte les préparatifs à Peshawar (la scène du marchandage au marché à bestiaux est un vrai régal), la prise de contact avec l’équipe que dirige Juliette Forot (une femme chef, qui a dû s’imposer parmi les afghans, sans heurter leurs coutumes), puis le voyage vers la vallée de Yaftal pour rejoindre l’hôpital de campagne. Trois semaines à marche forcée au milieu d’une caravane de Moudjahidin (MSF préfèrerait un convoi sans armes, mais il n’y en a pas : si l’on passe du Pakistan en Afghanistan c’est pour alimenter la résistance aux soviétiques), à franchir les cols de nuit pour éviter les bombardements, à peiner derrières de véritables montagnards, avec deux cœurs et trois poumons, des hommes armés pas tous très sympathiques… Une épreuve, mais également un choc face à tant de beauté.

Le deuxième tome s’attache aux conditions d’intervention des médecins sur place, au milieu de nulle part, avec le minimum de matériel et le maximum de fatigue. Les blessés de guerre forment le gros des patients (attention, certaines images sont dures, voire très dures, sans jamais être obscènes), mais les équipes soignent aussi les accidents du quotidien, celui de la vie âpre des paysans du coin. Il faut faire avec le manque de moyens, mais aussi avec le poids des traditions, témoin cet homme qui refuse qu’on soigne la plaie ouverte de son frère avant que le rebouteux fasse son office. Après force négociations, le médecin se voit obliger de céder et assiste impuissant à l’inévitable : le rebouteux explose irrémédiablement le genou du blessé.

Il y a, dans ce deuxième tome, un passage qui mérite attention, surtout en ce moment. Il s’agit d’un dialogue entre Juliette Forot et Didier Lefèvre. Juliette vient de lui raconter une anecdote, celle d’un couple qui, dans un pays où les mariages arrangés sont nombreux, s’est marié par amour. Elle les a laissés jeunes mariés, complices et friands des petites espiègleries des jeunes couples amoureux, et elle les retrouve quatre ans plus tard avec une nouvelle épouse. Elle demande alors à la femme : “Comment ça se fait que ton mari ait pris une deuxième femme ?” Et la femme de répondre : “C’est moi qui l’ai trouvée.” C’est alors qu’intervient ce dialogue qui, pour avoir censément eu lieu il y a plus d’une vingtaine d’années, n’en fait pas moins écho à l’actualité la plus brûlante :

Didier – C’est marrant, parce que ce n’est pas du tout l’idée qu’on se fait chez nous de la vie conjugale en Afghanistan.

Juliette – Mais elle est fausse, l’idée qu’on se fait chez nous !

D. – Nous, ce qu’on voit, c’est toujours la même pauvre gonzesse sous son chadri.

J. – Franchement, tu en as vu beaucoup, des chadri, depuis qu’on est ici ? A part ceux qu’on s’est mis sur le dos pour passer la frontière ?

D. – Non, pas beaucoup.

J. – Le chadri, d’abord, c’est un phénomène essentiellement urbain[4]. Dans un petit village, tout le monde est de la même famille. Pas besoin de se voiler. En plus, ça coûte cher, un chadri. Une paysanne en voudrait un qu’elle ne pourrait pas se le payer. Ensuite, il faut savoir que le chadri, c’est assez récent. A peu près un siècle. Auparavant, beaucoup de femmes des villes, de toute leur vie, ne mettait pas le nez hors de leur maison.

D. – C’est vrai ?

J. – Bien sûr que c’est vrai. Dans une grande ville, une femme est vouée à côtoyer des inconnus. C’est pour ça que l’invention du chadri a été un gain d’autonomie et de liberté. Elles ont pu enfin sortir de chez elles. De toute manière, on en fait un symbole exagéré et idiot, de ce chadri. Les vraies priorités, pour les femmes, c’est l’accès aux soins, à l’éducation, au travail et à la justice. Pas les fringues.

C’est, entre autres, ce genre de passage qui en fait un grand livre, un de ceux qui (me) permettent de changer de regard sur le monde.

Enfin le troisième tome est celui du retour de Didier qui, fatigué par la vie de groupe et pressé de retourner en France, ne rentre pas avec l’équipe MSF, parce que celle-ci doit encore faire un détour pour visiter le lieu d’établissement d’un prochain hôpital de campagne. Il se fait donc accompagner par quatre clampins, alors qu’il ne parle que quelques rudiments de la langue et qu’une courante foudroyante l’a affaibli, et a déjà retardé son départ d’une journée. L’insouciance des premiers jours – la liberté retrouvée, les paysages incroyables, la vie au grand air – va vite faire place à un calvaire où le photographe fera l’amère expérience de la plus totale solitude, entre le désespoir, la folie qui guette, puis l’abandon. “Je prends une dernière photo pour que l’on sache où je suis mort.” Des moments d’une rare intensité, dignes des plus grands romans d’aventures, quand le héros se retrouve aux prises avec une nature implacable et toute puissante (voir les Croc blanc, Arthur Gordon Pym et les livres de Jules Verne), la dimension héroïque en moins et l’aspect “vécu” en plus.

Emmanuel Guibert, dessinateur

Emmanuel Guibert est un auteur prolifique, sans doute l’un des plus intéressants de la BD française actuelle. Grand ami de Didier Lefèvre, il a su très tôt, en écoutant celui-ci raconter l’un de ses périples – Didier Lefèvre était paraît-il un conteur hors-pair –, qu’ils feraient un livre ensemble. Guibert a alors fait parler son ami, a recueilli son histoire, puis l’a adaptée à ce qu’il savait faire : de la bande dessinée. Mais ce livre, c’est autre chose, un petit plus par rapport à une BD traditionnelle. Il est né du constat qu’après chaque reportage photographique, ne sortent dans la presse que quelques tirages, les plus marquants. Toutes les histoires contenues dans les autres restent dans l’ombre, elles ne vivent plus que pour leur auteur, puis elles s’oublient dans une boîte à chaussure, chassées par de nouvelles photos, de nouveaux reportages. Ici ces photos qui restent habituellement au rencard trouvent une seconde vie – et quelle vie ! – s’imbriquant singulièrement avec les dessins de Guibert, qui en racontent le hors-champ.

Frédéric Lemercier, graphiste-metteur en scène, coloriste

Le coloriste est un des acteurs de la BD qui restent le plus souvent dans l’ombre (à son grand dam, une des revendications des coloristes aujourd’hui étant d’être reconnus en tant qu’auteurs). Et il faut rendre hommage au remarquable travail de Frédéric Lemercier qui donne à cette histoire une ambiance particulière, toute en nuances de terre (beaucoup) et de verdure (parfois), toute en tons pastels qui se marient à merveille avec le noir et blanc des photos.

Son travail ne se limite pas à la couleur, car c’est lui aussi qui monte les pages, qui met en scène. Cette œuvre donne une puissance singulière aux photographies, qui sont utilisées ici à la manière des cases et s’inscrive sans heurts dans le fil narratif. Elles font sens les unes avec les autres, les une par rapport aux autres et par rapport au dessin, et rendent palpable les ambiances, les situations, les caractères. Singulièrement, on peut se rendre compte de celles qui n’ont été retenues pour les reportages parus dans la presse.

Le tout, l’alliance de ces trois talents, donne un livre comme on n’a pas l’habitude d’en lire. De ceux dont il vous reste toujours quelque chose.

Le photographe, Dupuis, collection Aire libre, en 3 tomes ou en version intégrale.


[1] Si cela vous intéresse, je pourrais vous en faire le détail à l’occasion.

[2] Même s’il reste d’actualité, parce que sélectionné aux Eisner awards (prix BD outre-Atlantique) – catégorie “Best Graphic Album” et “Best U.S. Edition of International Material” , parce qu’il parle du pays de la fameuse burqa, parce qu’il offre un regard plus qu’intéressant sur un pays – l’Afghanistan – et ses habitants dont on entend beaucoup parler mais que l’on connaît assez peu dans l’ensemble.

[3] Depuis la parution des livres, Didier Lefèvre a malheureusement succombé à une crise cardiaque.

[4] Ce qui contredit la fiche Wikipedia mise en lien, qui affirme que le “Tchadri est le vêtement des femmes afghanes  en ville comme à la campagne (sauf dans certaines tribus nomades où les femmes ne portent qu’un foulard sur la tête). C’est le vêtement traditionnel des femmes afghanes depuis plus d’un millénaire; on le trouve aussi au Pakistan et en Inde.”

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33 commentaires »

  1. J’ai eu l’occasion il y a quelques années de lire le premier tome de la série. Effectivement le style n’accroche pas tout de suite mais dès qu’on s’y est fait l’alternance des dessins et des photos a un effet formidable.

    Commentaire par Marco — 18/05/2010 @ 09:54

  2. moi aussi j’avais été happée par cette BD, et je suis bien heureuse de ce petit coup de projecteur.

    dans un style très différent, mais un travail qui fait également le lien entre BD et journalisme, cette BD qui m’a happée dernièrement (même si, comme vous, et comme pour le Photographe, on ne peut pas dire que le dessin m’avais séduite au prime abord) : Gaza 1956 de Joe Sacco.

    Par ailleurs, je signale que Guibert continue à produire le même type de travail remarquable, cette fois avec le photographe Alain Keler, pour la revue XXI.

    Bref, vive le journalisme, la photo et la BD.

    Commentaire par jalmad — 18/05/2010 @ 10:02

  3. Bonjour Gwynplaine,

    Je plussoie avec enthousiasme. J’avais acheté le premier tome à peu près à sa sortie, sur les conseils d’une amie férue de bande dessinée, et je n’ai pas regretté. De la photographie au dessin, du dessin au texte, et du texte à la photographie de nouveau, l’ensemble des moyens utilisés donne au lecteur l’expérience – littéralement – d’une multiplicité de « façons de voir » l’histoire, qui enrichit considérablement la compréhension que l’on en a.

    Commentaire par Fantômette — 18/05/2010 @ 10:34

  4. Merci pour le coup de coeur ! Je ne suis pas très étonné non plus de voir que c’est publié dans la collection Aire Libre : de manière générale, elle contient plein de petits bijoux, pas toujours faciles à lire, mais souvent passionnants. J’adore en particulier « SOS Bonheur » (Van Hamme démontrant que, quand il ne fait pas du Thorgal ou du Largo Winch pour payer ses factures, il est un excellent scénariste), vision sombre de ce vers quoi notre société pourrait dériver en matière de fichage et de dictature « douce », avec une conclusion courue d’avance… mais pas que !

    Jalmad m’a grillé, mais je crois que pour ceux qui aiment la BD et le journalisme, toutes les oeuvres de Joe Sacco sont à lire. « Footnotes in Gaza » (qui a du être traduit en « Gaza 1956″, je crois — désolé, là où je suis je me les procure en anglais, je ne sais pas qu’est-ce qui a été traduit en français ni sous quel titre…), en plus d’une réflexion sur la situation palestinienne actuelle, est une discussion très intéressante sur les sources du journaliste, la mémoire, l’impartialité, le choix des événements à rapporter… Ses autres livres, « Palestine », « Safe Area Gorazde », « The Fixer » sont à mon sens un peu moins réfléchis mais offrent une vision du journaliste de terrain absolument captivante.

    Commentaire par Rémi — 18/05/2010 @ 10:40

  5. @ Rémi :

    Je ne suis pas sûr que Van Hamme fasse ça uniquement pour payer ses factures, je crois qu’il aime ça. Et je nuancerais votre propos, parce que même si c’est pas tellement ma came, Thorgal (les premier tomes au moins) c’est plutôt bien scénarisé, surtout quand on compare au nombre de sombre bouses qui se font dans le style.
    Mais SOS bonheur à l’air d’être effectivement dans ce qu’il a fait de mieux (encore un qu’il me reste à lire), je me souviens qu’Aliocha l’a déjà chaudement recommandé ici-même.

    @ Rémi et Jalmad :

    Joe Sacco est effectivement le premier auquel je pensais quand j’ai fais ce subtil appel du pied en note 1 sur le mode « s’il vous plaît demandez-moi d’étaler ma science, que je vous fasse une liste » (j’adore faire des liste, j’ai la passion des listes – si vous saviez combien de fois je suis parti sur une île déserte avec 10 bouquins, 10 disques, 10 films… J’ai pas l’air con moi maintenant, sur mon île sans électricité. J’aurais mieux d’emmener ma guitare, du papier et un crayon, tiens). J’ai encore rien lu de lui, mais ça ne saurais tarder. Deux autres « documentaires » (terme que je préfère à reportage ou journalisme en matière de BD) que je lirai bientôt sont ceux d’Etienne Davodeau (qui excelle dans la peinture du quotidien) sont ses Rural et Les Mauvaises gens. Et dessiné par le même Davodeau et dessiné par Kris, le formidable Un homme est mort qui fait revivre un documentaire disparu de René Vautier sur les mouvements de grèves à Brest en 1950, qui vont voir de violents affrontements lors des manifestations.

    Commentaire par Gwynplaine — 18/05/2010 @ 21:23

  6. bonsoir Gwynplaine

    allez-y, étalez votre science. J’adore lire ce genre de liste, et, comme en toute matière d’ailleurs, je suis une dilettante en BD.

    Commentaire par jalmad — 18/05/2010 @ 22:03

  7. @ Gwynplaine

    Vous me connaissez un peu, en matière de BD, j’y capte pas un beignet de homard (sauf Gotlib, que je vénère de longue date, et Marc-Antoine Mathieu, que j’ai découvert grâce à vous).

    Je me considère donc, par avance, comme valablement exonéré de l’accusation de hors-sujet.

    Les feuilletonnistes du XIXème siècle étaient payés à la page.

    Ponson du Terrail a enchanté mon enfance. Pressé par l’obligation de production quotidienne à la ligne et sans bénéficier du confort d’un correcteur, ce type a écrit recta, concernant un de ses personnages éventré par un sanglier, « Lorsqu’il se releva, il était déjà mort. » J’adore.

    Et imaginons qu’Aliocha vous rémunère de vos diligences au pourcentage de commentaires émis.

    Comme je vous apprécie, vous que tschok a couronné comme le plus intelligent d’entre nous (ce que j’approuve pleinement mais qui vous rapproche insidieusement d’Alain Juppé), j’en ajoute un, pour faire nombre.

    J’y ajoute en présent la référence à un blog que, théoriquement (et si bien sûr vous ne connaissez déjà) vous devriez apprécier.

    Une autre meuf, qui elle aussi dépote grave: http://foodamour.free.fr/

    Y’a même des dessins.

    PS: causant de dessinateurs, z’auriez pas des nouvelles de XAV’? Moi, il me manque un peu.

    Commentaire par Goloubchik — 19/05/2010 @ 00:22

  8. Cher Gwynplaine,

    Très peu porté sur la BD, j’avais pourtant suivi votre conseil en lisant « Dieu en personne » que vous chroniquâtes naguère ici même et, je dois vous dire que je n’avais pas regretté ce voyage philosophico-graphique. Je vais donc suivre à l’occasion ce nouveau conseil de lecture…

    Commentaire par Mussipont — 19/05/2010 @ 09:24

  9. @ Gwynplaine (5) :

    Je suis d’accord, j’étais un peu rude avec Van Hamme. Il n’empêche, autant les premiers Thorgal, XIII ou Largo Winch, dans leur style, sont agréables à lire, autant par la suite, il se laisse aller à certains, disons… « vides scénaristiques ». Vu par ailleurs le battage médiatique qui a pu être fait autour de la sortie de certains albums, il est logique de se demander, et j’ai entendu des rumeurs allant dans ce sens, si Van Hamme prenait vraiment plaisir à les faire ou si il répondait seulement à une commande de son éditeur. Mais je ne demande pas non plus à auteur de ne produire que des chefs d’œuvre et, tout en faisant le tri, je le considère comme un très bon scénariste et je recommande chaudement certaines de ses œuvres (dont SOS Bonheur) !

    Pour le reste, je n’ai rien à ajouter pour l’instant. Joe Sacco, j’ai eu du mal à accrocher à son graphisme (ce style que je qualifie de « indie américain », j’ai du mal) et sa narration est parfois faible, mais il y a d’excellents morceaux. Étienne Davodeau, oui, il a aussi fait quelques très bons « documentaires », même si personnellement je n’accroche pas trop. Dans un genre similaire, je suppose que vous connaissez déjà « le combat ordinaire », de Manu Larcenet ?

    Commentaire par Rémi — 19/05/2010 @ 11:04

  10. Parlant de Guibert, voir aussi « La guerre d’Alan » :

    http://www.bedetheque.com/serie-1682-BD-Guerre-d-Alan.html

    Commentaire par Glouglou — 19/05/2010 @ 12:19

  11. @ Rémi :

    Je souscris totalement (sauf pour le style indie ricain, que perso j’aime bcp – enfin j’en aime bcp certain ;) )

    I’ll be back, then you’ll get a list (gniark gniark gniark).

    Commentaire par Gwynplaine — 19/05/2010 @ 13:02

  12. @ Gwynplaine,

    J’aurais tant souhaité faire un commentaire érudit et sensible, tout en restant sobre et équilibré, sous un billet dont vous être l’auteur.

    Malheureusement mes goûts sont beaucoup moins éclectiques que les vôtres et ils se cantonnent à une production de bien moindre valeur intellectuelle (Kid Paddle… Eh oui…).

    Je déclare donc forfait, ce qui me laisse tout le loisir d’explorer les quelques pistes de lecture que vos très cultivés commentateurs proposent, en plus des vôtres.

    Commentaire par tschok — 19/05/2010 @ 13:28

  13. @ Gwynplaine : I long, I long.

    Commentaire par jalmad — 19/05/2010 @ 14:15

  14. A la demande unanime de jalmad, voici ma liste BD qui colle au sujet de ce blog. Il ne s’agit pas uniquement de BD-journalisme (si ça existe vraiment) ou BD-reportage, mais de documentaires, fictions et témoignages qui racontent tour à tour la guerre, les gens, des pays, la montagne ou l’hôpital psychiatrique sous des angles inhabituels.
    Au passage, plutôt que journalisme ou reportage en BD, je préfère personnellement parler de documentaire donc, parce que très souvent le narrateur s’y mets en scène d’une manière qui s’éloigne de la nécessaire quête d’objectivité journalistique (même si inatteignable – qui même si elle existait dans la narration, serait ruinée par le fait que le dessin et la mise en page sont trop personnels pour prétendre à l’objectivité).

    Enfin, cette liste est tellement chronophage que je la publie en deux parties au moins. La première, celle qui concerne la guerre.

    Guerre et conflits

    Will Eisner

    Mon dernier jour au Vietnam (Delcourt) – Pas lu. Will Eisner, précurseur des BD autobiographiques, y raconte, comme l’indique le titre, son Vietnam comme dessinateur pour l’armée américaine.
    Pour l’anecdote, Eisner est l’inventeur du terme “roman graphique” : pour être pris au sérieux, et alors qu’il voulait publier une BD d’un format inhabituel pour un ouvrage de sous-culture pour ado attardés, il a été obligé d’inventer un terme plus noble que “comic book” pour ne pas effrayer les éditeurs potentiels. Aujourd’hui le terme fait florès pour toute BD qui dépasse 100 pages, parce que BD ça vous a toujours un petit goût bas de gamme…

    Gipi

    Notes pour une histoire de guerre (Actes Sud BD) – :) :) :) Dans un pays indéterminé, qui pourrait très bien être l’Italie come ce pourrait être partout ailleurs, Gipi nous fait le récit magistral des petites combines de trois copains à peine sortis de l’adolescence pour assurer la vie quotidienne dans un pays en guerre.

    Emmanuel Guibert

    La Guerre d’Alan (L’association, 3 tomes) – Pas lu. Davodeau a fait la connaissance d’Alan Cope, vétéran de la seconde guerre mondiale. Il recueille ses souvenirs et les retranscris dans cet album à partir des enregistrements de leurs conversations (Alan Cope est mort avant la parution du livre).

    Emmanuel Guibert / Didier Lefèvre / Frédéric Lemercier

    Le Photographe (Dupuis, 3 tomes) – :) :) :)

    Goran Josic / Zoran Penevski

    Des rivières sur les ponts (Delcourt). :/ La vie quotidienne de trois amis à Belgrade pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Si les dessins (en couleur directe, c’est-à-dire peints directement à l’aquarelle) sont très beaux, le scénario souffre de faiblesses, est parfois un peu embrouillé. Il est notamment difficile de différencier les deux protagonistes masculins dans certains passages. Mais la BD mérite quand même l’attention.

    Joe Kubert

    Yossel, 19 avril 1943 : une Histoire du soulèvement du ghetto de Varsovie (Delcourt) – Pas lu. Tout est dit dans le titre.

    Jung Kyung-a

    Femmes de réconfort : esclaves sexuels dans l’armée japonaise (Au Diable Vauvert / 6 pieds sous terre). Pas lu – Il s’agit d’un (ou une, j’ignore) manhwa, une BD coréenne. L’histoire des coréennes qu’on obligeait à se prostituer pour le compte des soldats japonais.

    Hector Oesterheld / Hugo Pratt

    Ernie Pike (Casterman, 5 tomes) –  Ernie Pike, reporter de guerre de fiction imaginé d’après la figure d’Ernie Pyle (qui a réellement existé), se “balade” sur tous les fronts de la seconde guerre mondiale. Par courts récits dessiné de la plume encore jeune de Prat, Oesterheld nous raconte ce que Pike voit en tant que reporter de guerre, quels histoires il rapporte. L’avantage de cette BD est qu’elle ne prend aucun partie, montrant que, de quelque bord qu’ils soient, les belligérants sont avant tout des hommes.

    Joe Sacco

    Gaza 1956 : en marge de l’histoire (Futuropolis) – Pas lu. Joe Sacco enquête sur un moment du conflit israëlo-palestinien habituellement relégué en note de bas de page des manuels.

    Art Spiegelmann

    Mauss (Flammarion, 2 tomes) –    La seule BD qui a obtenu le pris Pullitzer (1992). Chef-d’œuvre d’Art Spiegelmann, qui recueille les souvenirs de son père sur les camps. Plus qu’une histoire de la shoah, il s’agit également du récit du rapprochement entre un fils et son père, fils qui n’a trouvé que ce moyen pour opérer ce rapprochement et comprendre un père au caractère difficile.

    Pour ceux qui veulent aller plus loin voir le documentaire d’arte La BD s’en va-t-en guerre

    http://www.arteboutique.com/detailProduct.action?product.id=432221

    Commentaire par Gwynplaine — 20/05/2010 @ 08:46

  15. Maus est vraiment un chef d’oeuvre!

    Commentaire par Mussipont — 20/05/2010 @ 09:09

  16. Rectif’ :

    Les  dans Oestterheld/Pratt et Spiegelmann correspondent à des :), leur nombre indiquant mon appréciation qualitative du livre.

    Commentaire par Gwynplaine — 20/05/2010 @ 09:56

  17. @ Tschok :

    Mais mais mais, c’est vachement bien Kid Paddle (même si je n’en connaît que la version animée). Ne cantonnons pas la BD à l’intellectuel, ce serait un comble.

    Sinon, avez-vous déjà essayé Calvin & Hobbes ? Je suis sûr que ça vous plairait bien ça.

    Commentaire par Gwynplaine — 20/05/2010 @ 13:08

  18. Bonjour Gwynplaine,

    bon, juste pour vous remercier pour la liste, jeté un oeil vite fait et contente de voir qu’il y en a au moins 3 ou 4 titres/auteurs que je ne connais pas et que je vais pouvoir découvrir. Mais pas trop de temps là, je reviendrai plus tard.

    Commentaire par jalmad — 20/05/2010 @ 15:13

  19. Oh yessss, Calvin & Hobbes. Une de mes images préférées :

    Commentaire par Fantômette — 20/05/2010 @ 19:20

  20. Oups :

    Commentaire par Fantômette — 20/05/2010 @ 19:21

  21. The list, part II.

    Voici donc la suite de ma liste. J’ai omis de préciser que si je n’ai pas lu la plupart de ces livres, ils font quand même parti de mes “à lire”, qu’ils me paraissent tous dignes d’attention.
    J’ai classé les livres selon des catégories toutes personnelles, il va sans dire qu’elles sont hautement discutables et critiquables.

    Séquelles

    Art Spiegelman

    A l’ombre des tours mortes (Casterman) – :) :) :) Art Spiegelman travaille et vit à Manhattan. Il y était le 11/11/2001. pour évacuer ce traumatisme, il se plonge dans la lecture des vieux comics de sa collections. Il en tire un ouvrage où se mêlent personnages de ces comics et actualités, un livre-objet traversés des angoisses et doutes de cet américains qui publie là un des tous premiers livres critiques sur l’action américaine post 11 septembre.

    Keiji Nakazawa

    Gen d’Iroshima (Vertige Graphic, 10 tomes) – Pas lu. L’histoire d’une famille (ou ce qu’il en reste) ayant survécu à Baby-boy.

    Documentaires

    Etienne Davodeau

    Les Mauvaises gens : une histoire de militants (Delcourt) – Pas lu. Davodeau a eu des parents militants. C’est à eux et à l’histoire du syndicalisme ouvrier dans le Maine-et-Loire que cet album rend hommage.
    Rural (Delcourt) – Pas lu. Histoire de trois associés au sein d’un GAEC (Groupement agricole d’exploitation en commun) qui ont fait le pari de l’agriculture biologique. Davodeau les as suivi pendant un an.

    Etienne Davodeau/Kris

    Un homme est mort (Futuropolis) – :) :) :) (cf. com’ 5)

    Histoire

    Will Eisner

    Le complot (Grasset) – Analyse du livre Le complot des sages de sion sur lequel se basent la plupart des théories du complot juif du XXe siècle.

    Nikolaï Maslov

    Il était une fois la Sibérie (Actes Sud BD, 1 tome paru sur 3 prévus) – Pas lu. L’histoire de la Sibérie (et à travers elle celle de la Russie) ainsi que celle de ses habitants (dont fait partie la famille de Maslov). Le récit mêle ainsi grande et petite histoire.

    Société et politique

    Christophe Blain / Abel Lanzac

    Quai d’Orsay (Dargaud, 1 volume paru) – Pas lu. Premier volume d’une série dont le héros, Alexandre Taillard de Worms rappelle fortement un autre diplomate à particule ayant occupé le qui d’Orsay avec comme fait d’arme d’avoir prononcé le discours de refus d’engagement de la France dans la guerre en Irak. Un album où il est question du bon usage des mots en politique. A suivre, Christophe Blain étant un dessinateur des plus excitants.

    Manu Larcenet

    Le Combat ordinaire (Dargaud, 4 tomes) – :) :) :) Un photographe se cherche. Il vient de déménager à la campagne, décide de faire un pause, ne plus partir à l’autre bout du monde pour photographier les pays en guerre. Entre doutes, angoisses, hauts et bas de la vie de famille et amoureuse, une œuvre riche et subtile.
    Dallas cow-boy (Les Rêveurs) – :) :) :) Larcenet se souviens de son service militaire, une épreuve douloureuse qui lui laisse des traces indélébiles. Un témoignage forts, une mise à nu comme on en voit peu.

    Lisa Mandel

    HP. Tome 1 : l’asile d’aliénés (L’association, 1 volume paru) – :) :) :) Lisa Mandel recueille les souvenirs de ses parents et des leurs copains, infirmiers psychiatriques en hôpital dans les années 70-80 et livre un témoignage sur la pratique psychiatrique à l’époque où les neurodépresseurs commencent tout juste à apparaître.

    Nicolaï Maslov

    Les fils d’octobre (Denoël Graphique)- :) :)
    Une jeunesse soviétique (Denoël Graphique) – :) :) :) Dans cet ouvrage l’auteur narre par tranches sa jeunesse sibérienne.

    Sylvain Savoia / Marjena Sowa

    Marzi (Dupuis, 5 tomes ou 2 intégrales) – :) Marjena Sowa, dans ces albums jeunesses, raconte son enfance en Pologne communiste.

    A la découverte de l’Autre

    Cette rubrique regroupe les récits de vie et témoignages de gens originaires ou ayant séjourné dans des pays qui, pour être des sujets d’actualité, n’en reste pas moins inconnus du pékin moyen que je suis.

    Guy Delisle

    Le québécois Delisle voyage souvent à la suite de sa compagne appelé en mission pour MSF. Il en revient avec des impressions fugaces des pays qu’il a traversés.

    Chroniques Birmanes (Delcourt) – :)
    Pyongyang (l’Association) – Pas lu.
    Shenzen (L’association) – Pas lu.

    Marjane Satrapi

    Persepolis (L’Association, 4 tomes) – :) :) :) Marjane Satrapi raconte sa jeunesse dans l’Iran post révolution islamique, puis son exil européen, loin de sa famille restée au pays. Un livre qui a été mis au programme de l’Académie de Wespoint pour que les futurs officiers de l’armée américaine apprennent à connaître le Pays (aaah ces ricains, il leur faut des illustrés pour la jeunesse pour qu’ils se documentent sur les pays étrangers).

    Nicolas Wild

    Kaboul disco (La boîte à bulle) – Pas lu. Nicolas Wild part en 2005 à Kaboul, chargé de dessiner une adaptation de la constitution afghane puis de travailler sur la campagne de recrutement de l’armée. Il est ainsi témoin privilégié de la précaire reconstruction du pays.

    Montagne

    Jirô Taniguchi

    Le sommet des dieux (Kana, 5 tomes) – :) :) :) Un journaliste croit être entré en possession de l’appareil photo de Mallory, un montagnard britannique disparu avec son compagnon de cordée, Irvine, alors qu’ils tentaient d’atteindre le sommet de l’Himalaya. Ils auraient été les premiers. Une histoire magnifique sur la montagne et l’obsession des hommes à atteindre des sommets.

    Commentaire par Gwynplaine — 20/05/2010 @ 23:02

  22. Damned, ma fonction *souligner* marche pas, du coup ça foire tout ma belle mise en page!

    Commentaire par Gwynplaine — 20/05/2010 @ 23:04

  23. Et enfin, pour ceux que ça intéresse, la revue books a publié un formidable hors-série(HS n° 2, avril-mai 2010) consacré à la BD autour du monde. Voir ici pour un article très juste sur ce hors-série.

    Commentaire par Gwynplaine — 21/05/2010 @ 09:13

  24. @ Gwynplaine (21) :

    Merci pour cette liste ! Il y a pas mal de choses que je ne connais pas, je note, je note…

    Ceci dit, personnellement, je n’ai pas trop aimé « le complot » de w. Eisner. Je l’ai trouvé un peu trop simpliste dans sa narration, un peu trop… scolaire, en quelque sorte : un récit de la genèse du « protocole… « , d’accord, mais sans vrai élan ou énergie. Je préfère largement « A Contract with God » (et les autres histoires du recueil), dans un style « tranche de vie ».

    Pour G. Delisle, Pyongyang est très bien, mais Shenzen m’a laissé sur ma faim. Peut-être parce qu’il n’y a pas vraiment le « suspense » et le petit frisson de la dictature franche ?

    Commentaire par Rémi — 21/05/2010 @ 10:43

  25. @ Gwynplaine, com 17,

    Oui, très chouette. Le tigre imaginaire, nounours dans la réalité, un enfant au milieu, des parents autour, ça me fait marcher.

    La seule référence que j’ai lue dans ce que vous proposez (aucun reproche là dedans) c’est Ernie Pike, Hugo Pratt. Ancienne, j’ose même pas le dire.

    Outre la BD belge, monumentale, j’ai collé aux comics dans leur forme la plus commerciale (strange, super strange, etc) qui leur est la plus naturelle.

    Un jour, il y a de ça longtemps, je me suis mis dans une fnac et, devant l’abondance extraordinaire, je me suis dit que je n’allais pas m’en sortir. Alors, j’ai épluché tout, en me disant que je n’en retiendrai que trois, des séries, que je ferai l’effort de suivre, et en fondant ma préférence sur ce qui allait me plaire spontanément à la lecture des premières pages (avec cette idée: si je n’ai pas envie de tourner la page suivante, alors, je change).

    Puisque au fond, en tant que lecteur j’étais considéré comme un consommateur, alors, j’ai joué le jeu, en me fiant à un jugement assez instinctif. J’ai fait un choix que je n’ai pas regretté mais qui reste assez « primal ».

    Ensuite, j’ai poursuivi sur les mangas. Avec des trucs super, qui m’ont bien fait triper.

    Maintenant, j’ai une certaine difficulté à passer à la BD plus introspective, plus romanesque, alors que par ailleurs, en matière de livres je colle plutôt à la SF et à la fantasy et à des trucs un peu inclassables comme Jasper FForde et les aventures de Thursday Next, ou des trucs de ce genre, et également Terry Goodkind, idéologiquement connoté.

    Pour moi la BD est un art naïf, alors quand elle se met à devenir du roman, je perds pied.

    Chuis pas armé pour ça.

    Par ailleurs, l’essentiel de mes lectures est technique.

    Commentaire par tschok — 21/05/2010 @ 12:21

  26. @ Tschok :

    AAAh, Strange. J’ai un poteau qui en avait toute une collec’, et qui l’a refilée à son petit cousin, aujourd’hui il en est vert. Saleté d’altruisme familial (« Tu pourrais quand même les donner à Kevin, ça lui fera teeellement plaisir » – tu parles, même pas sûrqu’il ait dit merci le petit con !).

    Si vous avez des références mangas à me filer, suis preneur, parce pour le coup, là, c’est moi qui m’y perds, et j’ose pas m’aventurer dans les longues séries populaires. Du coup je ne lis que ceux qui arrivent à percer dans les milieux plus intellectuels (Taniguchi surtout) et je perds ce qui en fais l’essentiel selon moi.

    Si vous êtes branché comics, je vous conseille les BD scénarisées par Alan Moore, Watchmen, V pour Vendetta et From Hell en tête. Et la série des Hellboy.

    Commentaire par Gwynplaine — 21/05/2010 @ 13:13

  27. Bon, voilà, j’ai repris vos listes. Encore merci, il y a des tas de trucs que je connaissais pas, je vais noter.

    j’ajoute un titre que vous n’avez pas cité, soit que vous ne connaissez pas, auquel cas ça pourrait vous intéresser, soit que vous n’avez pas aimé, mais ça m’étonne.

    Medz Yeghern, de Paolo Cossi, sur le génocide arménien. J’ai tout aimé là dedans : dessins (glauques au demeurant, mais en même temps…), façon dont les récits s’enchevêtrent, etc…On reste juste sur sa faim parce que c’est trop court en fait. Du coup ça donne envie d’aller lire d’autres choses sur le sujet, et si y a bien un truc que j’aime, c’est qu’un bouquin ou une BD me donne envie d’en lire plein d’autres.

    Commentaire par Jalmad — 21/05/2010 @ 13:44

  28. Calvin et Hobbes, yes, mais pour Tschok, j’aurais bien vu aussi le Génie des Alpages.

    Commentaire par Jalmad — 21/05/2010 @ 13:48

  29. @ Jalmad,

    Ah ah ah! J’échappe à l’autolyse de peu, et déjà vous m’envoyez aux sommets. Arf!

    @ Gwynplaine, à part Naruto, qui occupe à mon siège de lecture une place de choix, avec quelques autres, j’en ai deux.

    L’une assez bluffante, mais si connue que je ne vous apprendrai rien: « Death Note » de Ohba et Obata (ils ont des blases à coucher dehors, mais fait s’y faire) et qui a donné lieu à une adaptation en dessin animé.

    Je crois que nous tenons là un authentique mythe moderne, du même type que ceux que la littérature anglaise a su en produire fin XIXième siècle. Très en avance.

    L’autre, un poil plus germanopratine: Golgo 13, Saito Takao. Une histoire de tueur, tireur d’élite, dépourvu de scrupule, toujours très renseigné. Un Fantômas japonnais. Brrrr!

    Très années 70. Un peu suranné, quoi.

    C’est les deux que j’ai retenues. Mais tout dépend des sensibilités. Entre les deux, j’ai rien d’autre que la consommation courante.

    Commentaire par tschok — 21/05/2010 @ 15:43

  30. Tiens, rien de J. Sfar?

    Moi, j’aime bien.

    « Greffier« , dessiné et rédigé pendant le procès des caricatures de Mahomet, est peut-être l’œuvre qui a le mieux réussi, à mon avis, à rendre l’atmosphère d’une audience correctionnelle (même si ce procès là n’est pas le plus typique ou le plus représentatif de la justice pénale quotidienne). La solennité, les petits moments de flottement, les bavardages, les chuchotements des avocats, l’attention des magistrats… J’ai d’ailleurs appris dans ce livre que le père de J. Sfar avait été avocat et que J. Sfar l’ayant de temps à autre accompagné aux audiences, il s’agissait d’un monde qu’il connaissait plutôt bien.

    La série du « chat du rabbin« , évidemment.

    Et aussi, dans le domaine du fantastique, « les aventures du Professeur Bell« , personnage à la Sherlock Holmes, crépusculaire, inquiétant, chirurgien de la reine, hanté par les monstres.

    Sinon, Boulet forever, of course.

    Une découverte récente, dans le genre littéraire: Cinq mille kms par seconde, de Maneule Fior, intimiste, très bien écrit et de très belles couleurs, qui raconte l’histoire croisée de trois jeunes italiens de l’adolescence à l’âge adulte – les voyages, les amours, de légers regrets et de petites trahisons.

    Dans le genre SF, une amie m’a offert quelques tomes de Leo, sa série Antarès. Je n’aurais certainement jamais acheté la bd par moi-même, je n’ai pas franchement flashé initialement sur les dessins, d’un style ligne clair assez vieillot. Mais en fait, j’ai bien accroché à l’histoire, et la juxtaposition d’un style de dessin classique et d’un univers exotique à l’atmosphère à la fois lumineuse et étrange m’a beaucoup plu, finalement.

    Ah oui, et les Cosmonautes du Futur, aussi, par Trondheim et Larcenet. Pour avoir à nouveau 10 ans, et se demander si on ne serait pas, par hasard, le seul être humain dans un monde artificiel peuplé de robots et/ou d’extra-terrestres. Fantastique et très, très drôle.

    Commentaire par Fantômette — 21/05/2010 @ 18:30

  31. @ Rémi :

    Pas lu Le complot mais je veux bien vous croire. J’ai Le pacte avec Dieu sur ma table de chevet, il paraît qu’il est terrible celui-là. J’avais bien aimé ce qu’il avait fait avec Fagin le juif, tentative de réhabilitation du méchant d’Oliver Twist.

    @ jalmad :

    Bon sang, mais c’est bien sûr ! Que n’y ai-je pensé moi-même ? Pour Tschok c’est définitivement Le génie des alpages qu’il faut. Et peut-être aussi les bd de Fred – Le petit cirque, les Philémons, Le corbac aux baskets.

    Merci pour Medz Yeghern que je ne connais pas, je vais aller y jeter un oeil. Il y a forcément des oublis dans ma liste, même dans ma bibliothèque j’ai deux livres dont je n’ai pas parlé, un qui est bien, Seules contre tous (une mère et sa fillette juives en Hongrie en 39-45) de Miriam Katin, et un autre que je n’ai pas encore lu, Tsiganes : 1940-1945, le camp de concentration de Monteruil-bellay de KKrist Mirror.

    @ Tschok :

    Et bien figurez-vous que si, vous m’apprenez. J’ai bien vu Death Note sur les étals, mais jamais m’y suis risqué. Yapuka. Quant à Golgo 13 ça me dit qq chose, mais pas plus que ça, als pareil, m’en vais régler ça d’ici peu. Du coup dans le style (70’s et tueur) vous avez lu l’excellent Lady Snowblood personnage ayant inspiré celui d’O-ren Ishii.

    Et si vous êtes branché Fantasy, essayer l’excellente série Donjon : tout un univers qu’on suit sur 3 époques (potron-minet – la genèse avec une sorte de Zorro appelé « La chemise de la nuit », zénith – l’apogée, où le donjon est une entreprise d’entertainment en proie à diverses crise, et crépuscule – époque où la planète s’est arrêtée de tourner, les gens sont obligés de vivre sur la bande de terre entre le jour – brûlant et désertique – et la nuit – glaciale), des spin-off où les aventures sont celles des personnages secondaires des série mères, et une série parallèle dont les aventures se déroule chronologiquement entre le tome 1 & 2 de la série zénith. Un univers foisonnant et décalé, hilarant, où l’on retrouve explosés les codes de la fantasy. Scénarisée par Trondheim et Sfar, dessinée par une multitude (Blain, Boulet, Sfar, Trondheim, Larcenet… mention spéciale à l’épisode de Blutch).

    @ Fantômette :

    Non rien, de Sfar, j’ai cherché et pas trouvé ce qui pourrait aller avec le blog. Greffier, bien sûr, au temps pour moi.
    Quant au Chat du rabbin, j’ai hésité, puis je me suis dit que ça irait mieux dans une liste pour Philarête. Non que ça ne peut pas intéresser ici, mais j’ai essayer de me cantonner aux « alentours » du journalisme.

    Il m’est arrivé exactement la même chose que vous avec Aldébaran, la série mère d’Antarès.

    En SF, un truc formidable que j’ai lu, qui change du tout au tout par rapport à ce qui se fait dans le genre, c’est Lupus de Frédéric Peeters. S’il ne doit en rester qu’un, que ce soit Peeters (lire ses Pilules bleues également, sur l’amour au temps du sida).

    + 1 pour Les cosmonautes du futur, dont je me demande s’il ne va pas être adapté en animation un jour.

    Commentaire par Gwynplaine — 21/05/2010 @ 20:56

  32. […] en d’épisodiques billets à la faveur d’un ouvrage abordant plus ou moins la question du journalisme. Nous voilà revenus au bercail, pas moyen de s’échapper, d’aller voir ailleurs si j’y suis. […]

    Ping par L’hommage de la BD à la littérature « La Plume d'Aliocha — 31/07/2010 @ 08:55

  33. […] me connaissent pour avoir commis par le passé quelques billets (ici, là, et puis là ou encore ici, sans oublier celui-ci et le tout premier de la série)  principalement sur la bande dessinée, […]

    Ping par La bande dessinée du réel | La Plume d'Aliocha — 02/04/2013 @ 13:30


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