La Plume d'Aliocha

18/03/2009

Pitié pour les journalistes

Classé dans : Débats — laplumedaliocha @ 18:52

Allons, bon. Voici qu’Eolas s’en va joyeusement taper sur ma profession pour protéger son église, qui est aussi la mienne. Ce qui me place dans l’obligation aussi ferme qu’amicale d’animer le débat en le contredisant. Allez donc lire son billet , si ce n’est déjà fait, et revenez. Quand je l’ai lu moi-même, j’ai songé, "voilà des éclaircissements intéressants et bienvenus sur ces trois affaires". Pour autant, était-il nécessaire de taper sur la presse, je le pense pas.

Moi aussi j’ai été irritée ce matin d’entendre sur BFM la déclaration du Pape sur le préservatif suivie d’une réaction indignée de je ne sais plus qui. Et moi aussi j’ai songé intérieurement que mes confrères synthétisaient à l’extrême. Mais au fond, pouvaient-ils faire autrement que de relater cette déclaration et de faire réagir un contradicteur ? Deux logiques s’affrontent ici, l’une spirituelle proposant une solution de nature religieuse, l’autre pragmatique, prenant acte d’un problème concret et y apportant une réponse concrète. La déclaration du Pape est totalement incompréhensible sauf à l’interpréter comme elle doit l’être, c’est-à-dire comme une invitation à la fidélité et à l’abstinence. Je doute que le fond du message ait échappé à qui que ce soit. La vraie question consiste à se demander s’il est judicieux en l’état de lancer ce message tel quel et s’il ne vaudrait pas mieux dire que le préservatif est impératif mais que, idéalement, il faudrait surtout progresser dans l’approche de la sexualité. C’est le débat qu’a lancé le Pape et qu’a relayé la presse en rendant compte de ses propos, je ne vois pas en quoi elle a mal fait. Bien sûr, l’opinion majoritaire s’accordant à considérer que l’urgence est d’enrayer l’épidémie grâce au préservatif, le fait que les journalistes citent une position contraire de Benoît XVI va forcément irriter bien des esprits contre l’Eglise. Et c’est la crainte de cette irritation qui incite à en vouloir à la presse. Comme d’habitude, on s’en prend au messager et on le soupçonne de lancer un procès là où il ne fait que lever un débat. Allons, personne n’a forcé le Pape à tenir ces propos, les journalistes n’ont rien inventé, qu’on leur fiche un peu la paix.

Voyons maintenant le cas de la petite fille brésilienne, l’évêque a bien prononcé des excommunications or, que je sache, il est un représentant de l’Eglise. Que ces excommunications aient été annulées ensuite ne change rien à la première information qui était juste et qui, surtout, méritait d’être diffusée non pas pour booster les ventes, cher Eolas, rompez donc avec cette vision caricaturale de notre métier, mais parce que l’une de nos missions  consiste à  dénoncer ce qui nous parait injuste. Or, là, question injustice, il me semble que nous étions servis ! Imaginez un instant que cette affaire soit demeurée secrète, qui nous dit que ces excommunications auraient été levées ? Le fait que cette triste affaire  fasse vendre, ce qui reste à démontrer, est-il plus choquant que de voir un avocat gagner sa vie en défendant des délinquants ? Dira-t-on de ce-dernier qu’il se nourrit du crime ? Reprochera-t-on au médecin de bâtir sa fortune sur la maladie ? Ah, mais me direz-vous, la presse ne s’est pas empressée de réhabiliter l’Eglise, c’est bien la preuve qu’il est  plus vendeur de l’attaquer que de la défendre ! Non, c’est simplement que notre fonction première est de révéler les injustices pour que d’autres que nous puissent agir. Une fois que c’est fait, nous passons à autre chose. Il y a tant à faire.

Reste l’affaire Williamson et notre avocat préféré d’entrer avec bonheur dans une explication détaillée de la réalité, que je salue au passage. Seulement voilà, de là à dire que c’est pour "faire un tabac sur le lectorat juif" que la presse a sorti le dossier, non, mille fois non.  J’ose espérer que cet argument n’est que le signe d’un regrettable emportement. Au demeurant, on pourra bien m’opposer toutes les analyses juridiques les plus fines, il n’en demeure pas moins que, bon an mal an, cet individu a bien proféré des propos négationnistes et a bien été inclus dans un mouvement que je qualifierais de "rapprochement", ne sachant trop quel mot utiliser pour éviter les byzantinismes interprétatifs. Qu’il soit évêque ou non, ne change rien, dès lors qu’il s’est présenté comme tel dans le cadre d’un schisme aujourd’hui en passe d’être surmonté. Et ça pose tellement question que vous-même qualifiez l’Eglise de "maladroite et imprudente".  

Evidemment, par trois fois l’image de l’Eglise a été écornée. C’est fâcheux, mais il aurait été encore plus fâcheux de taire la vérité. Notre vocation est de soulever des débats, dénoncer des injustices, alerter sur des scandales, pas de protéger ou redorer le blason de telle ou telle institution. Quant au traitement de ces affaires, les journalistes doivent être brefs, rapides et compréhensibles par tous, n’en déplaise aux intelligences immenses qui ne trouvent pas leur compte dans ces simplifications. Elles devraient au moins être heureuses d’avoir de quoi gloser. Aux spécialistes ensuite de se lancer dans des débats et des exégèses sans fin que la presse ne manquera pas de relayer. Même si tout le monde alors sera passé à autre chose, y compris ceux qui lui reprochaient de ne pas avoir approfondi les différents sujets qu’elle avait levés.

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51 Commentaires »

  1. Comment dire… le contre-feu aliochéen était prévisible, non? Je crois toutefois qu’il faut bien reconnaître qu’il y a beaucoup d’exemples de réactions dans la presse et parmi les politiciens (Cohn Bendit et son "meurtre prémédité") qui sont nettement outrancières. Pourtant, le propos du Pape est suffisamment grave (au moins dans sa formulation si ce n’est dans son intention) en cela pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en ajouter.

    Ceci dit, Eolas défend sa paroisse comme un avocat défend son client et pour mieux l’ériger en victime charge allègrement la mule…

    Aliocha : ai-je l’air d’une mule, franchement, aimable et fidèle lecteur ?

    Commentaire par Ferdydurke — 18/03/2009 @ 19:19

  2. Gloups… *l’aimable et fidèle lecteur frémit au contact glacial du fil de l’épée qui se promène sur son cou frêle* Heuuu… Non?

    Je crois toutefois comprendre où vous voulez en venir. Cela n’est pas agréable d’être chargé comme le serait une mule.

    Je persiste à vous répondre, au risque d’y laisser des plumes, qu’Eolas procède comme l’ont fait certains journalistes, membres d’ONG et politiciens qui se sont exprimés sur ce sujet, ce qui ne justifie pas qu’Eolas s’en prenne uniquement et avec la même outrance à la presse qui en majorité ne fait que relayer une information et des réactions. Quant à savoir si ce sont ses tripes de croyant qui le font parler ainsi, ça…

    Je maintiens aussi que le propos du Pape n’avait nul besoin de cela pour qu’on réalise sa gravité. Sans compter que les communicants papaux enfonce le clou. Quand je lis dans le monde que le porte-parole du Vatican déclare que "L’Eglise estime que développer une idéologie de confiance dans le préservatif n’est pas une position correcte car elle ne met pas l’accent sur le sens des responsabilités", je me dis "Ah bon, de quoi font-ils donc preuve ces amants qui utilisent le préservatif pour se protéger et protéger leur(s) partenaire(s) sinon de sens des responsabilités?"

    Commentaire par Ferdydurke — 18/03/2009 @ 21:07

  3. Désolé pour la faute (enfonceNT) et l’oubli de majuscules à Le Monde. Ceci dit, l’exposé de Me Eolas sur le fond est quand même très instructif et juste. A ceci près qu’il n’aborde pas la seconde partie – celle qui est réellement grave – du propos du Pape sur le préservatif ("Au contraire, cela aggrave le problème") car il faut bien reconnaitre qu’on ne peut "pas régler le problème du SIDA avec la distribution de préservatifs". Avec un traitement curatif oui, mais pas par le préservatif, la fidélité, l’abstinence ou un vaccin dont la fonction sont d’être préventifs.

    Commentaire par Ferdydurke — 18/03/2009 @ 21:22

  4. Aliocha. Je comprends parfaitement la position d’Eolas, et était de ce fait préssé de vous lire :-)
    Il y a eu ces derniers temps (ici le sujet est l’Eglise, mais j’en ai au moins un autre en tête la semaine dernière) un emballement fait autour de nouvelles pour le moins approximativement relayées. Il semble qu’en tant que catholique, Eolas y est été sensible. Et puis il est avocat, comment résister à défendre une cause si facilement plaidable? Les faits qu’ils citent ne sont pour la plupart pas relayés, seuls leurs prémices l’ont été. Il s’en prends donc aux journalistes qui n’ont pas fait leur travail, plus exactement qui ne l’ont pas fait complétement.
    Ce n’est pas une attaque contre le journalisme, mais contre certains journalistes. Dans son blog, il est aussi très critique envers les avocats (que n’a-t-il pas dit sur ceux qui citent Outreau toutes les cinq minutes!). Il ne s’en prends pas à une profession que pourtant il chérit.
    A titre personnel, ou je suis déçu. J’attends d’un journaliste un travail de qualité. Mais si cette information exacte, plus complète m’est connu, je n’oublie pas d’ou elle vient: d’un autre journaliste qui lui à fait son travail, et bien. J’imagine que pour celui-ci, entendre ces critiques doit être particulièrement dur. Comme dans toutes les professions, les moins bons éléments nuisent à tous leur collègues, et décrédibilisent des efforts collectifs. Critiquer ces éléments, c’est aussi contribuer à faire monter le niveau, et au moins symboliquement, montrer l’attachement à l’idéal que l’on s’en fait. Rien ne serait pire que l’indifférence.

    Commentaire par Aegor — 18/03/2009 @ 22:37

  5. J’espère que l’on ne va pas vers une réouverture des hostilités avec Eolas ;-)

    Aliocha : du tout, vous aurez observé que j’y ai placé "amical" et puis vous me connaissez, quand je suis en colère, ça se voit, non ?

    Cette fois, chère Aliocha, je prends le temps d’une réponse un peu développée, y a urgence et le clavier me démange… Je reprends donc votre billet, je vais essayer de la faire didactique et calme à la fois (de fait, je ne suis pas du tout énervé, promis).

    Aliocha : Heureuse de vous lire sur ce sujet, pour tout vous dire, j’attendais votre éclairage tout en redoutant de me faire corriger, mais bon ;)

    1) La vraie question consiste à se demander s’il est judicieux en l’état de lancer ce message tel quel et s’il ne vaudrait pas mieux dire que le préservatif est impératif mais que, idéalement, il faudrait surtout progresser dans l’approche de la sexualité. C’est le débat qu’a lancé le Pape et qu’a relayé la presse en rendant compte de ses propos, je ne vois pas en quoi elle a mal fait.

    Je vais laisser de côté la presse, vous la défendez fort bien toute seule. Je laisse aussi de côté la question de l’opportunité de la déclaration du pape, c’est mon pape et je ne me sens pas le droit de le juger, surtout maintenant. Sur le fond, donc, je soutiens que le pape a raison, et que ce n’est pas une bonne piste que de mettre en premier le préservatif, et ensuite d’annoncer l’idéal (ou supposé tel). Quand on présente un message, le plus important doit venir en premier, sinon on croit que c’est juste en option. Or, en l’occurrence, le plus important pour faire reculer le sida en Afrique c’est de changer le comportement sexuel. Le préservatif a un impact sur l’épidémie, mais un impact limité. Présenté comme seule solution, il est contre-productif, et les faits sont là pour l’établir. Alors que la maladie continuait de gagner du terrain dans les pays voisins, l’Ouganda a fait passer la prévalence du sida de 20% (= 20 cas sur 100 personnes) à 6 ou 7% en dix ans, grâce à la campagne dite "ABC": Abstinence, Be faithful, use Condom. Dans cet ordre. La maladie chute lorsque le nombre de partenaire diminue, ça c’est mathématique. Elle ne baisse pas lorsqu’on prône uniquement le préservatif, parce que son taux d’efficacité ne compense pas l’effet des conduites à risque. Traduit en termes pontificaux, cela veut dire que le préservatif n’est pas la solution, et qu’à lui seul il aggrave le phénomène. Non?

    Aliocha : voilà qui est fort intéressant. Toutefois, je ne suis pas convaincue que la population concernée ait forcément suivi cet ordre à la lettre, tout ce que ces chiffres montrent c’est l’intérêt de cumuler les deux démarches. Par ailleurs, comment comprendre cette recommandation sachant que parallèlement on dit l’église opposée au préservatif ?

    2) Voyons maintenant le cas de la petite fille brésilienne, l’évêque a bien prononcé des excommunications or, que je sache, il est un représentant de l’Eglise. Que ces excommunications aient été annulées ensuite ne change rien à la première information qui était juste

    L’affaire est lamentable, soit. Mais l’évêque n’a nullement prononcé d’excommunication, je suis formel. «En soi», l’avortement est un cas d’excommunication automatique. Elle n’a pas besoin d’être prononcée, et l’évêque, justement parce qu’il est un légaliste obtus, mais légaliste quand même, le savait parfaitement. Tout ce qu’il a fait, c’est dire que ceux qui participeraient à cet avortement seraient "automatiquement" excommunié. N’importe qui aurait pu le dire à sa place, l’effet aurait été le même: c’était un rappel de droit. La faute de l’évêque, c’est 1°) d’avoir pris la parole et 2°) l’ayant prise, d’avoir omis de préciser que le cas concret était tellement inouï et tellement dramatique que, bien entendu, les conditions pour que la loi s’applique n’étaient sans doute pas réunies. Le droit canonique est explicite sur ce point: pas d’excommunication automatique si la personne est mineure, si elle agi par crainte ou sous l’effet de pressions, si elle ignore qu’elle encoure une excommunication, bref si son consentement n’est pas parfaitement éclairé. Or qui peut prétendre que le cas était clair? L’évêque aurait dû fermer sa gueule, mais il n’a excommunié personne. Il a été stupide et maladroit au point de donner cette impression, je ne l’excuse pas, mais sa faute n’est pas celle que l’on dit.

    Aliocha : mais alors sa faute est plus terrible encore puisqu’il choisit le cas le plus "pardonnable" pour indiquer que précisément il entre malgré tout sous le coup de l’excommunication (en tout cas pour la mère et les médecins). J’entends bien que juridiquement il n’y a pas lieu de prononcer l’excommunication dès lors qu’elle est automatique – ce que j’ignorais je l’avoue – mais rappeler cela sur un cas pareil, n’est-ce pas nier la possibilité de pardon qui précisément était offerte et donc….excommunier.

    3) Sur Williamson, pas d’objection majeure à vous faire, sinon à tomber dans le byzantinisme… Je suis juste sceptique sur le fait que le schisme soit en passe d’être surmonté. Une très lourde sanction a été levée (la plus lourde possible), pour permettre la reprise d’un dialogue. Le pape a l’air de penser que le dialogue est préférable au gourdin, et qu’un geste humble de pardon peut favoriser les bonnes dispositions de ceux qui en bénéficient. Je pense que c’est exemplaire de sa part. Il a fait le même geste, au fond — mais sans que les media (désolé) estiment utile d’en parler — avec les catholiques chinois de l’Eglise patriotique, dont la situation est la même que celle des intégristes. Sauf qu’ils sont au moins 3 millions. Dans les deux cas, la route de la réconciliation sera longue. Mais, dans l’Eglise, à part qu’on a l’éternité devant soi, on ne conçoit pas la réconciliation sur le mode du compromis. On considère que si quelqu’un dit A et un autre dit le contraire de A, l’un des deux a forcément tort. Alors on va parler avec lui jusqu’à ce qu’il comprenne son erreur. On va même essayer de comprendre avec lui pourquoi il a fait l’erreur, et s’il avait des excuses. Mais au bout du compte, si celui qui dit A est l’Eglise universelle (c’est le cas dans un concile), on sait d’avance qu’il a raison, et on n’en bougera pas d’un millipoil.

    Donc j’ai confiance.

    Et en même temps, évidemment, je suis triste, et j’espère que des leçons seront tirées, dans l’Eglise aussi, de ces histoires dont la responsabilité n’incombe pas "que" à la presse.

    Aliocha : Comment ça "pas que" ? Je suis toujours amusée d’observer que les critiques contre la presse ne portent pas sur les faits qu’elle rapporte mais sur quelque finesse de raisonnement ou de vocabulaire sur des soupçons de mauvaises intentions ou de fausses interprétation qui, une fois les cris de rage passés et la polémique éteinte, s’évanouissent pour rendre leur place aux faits initiaux, tels que décrits par la presse et finalement exacts

    Il y a une surprise dans cet article, on va voir si vous la trouvez ;-)

    Aliocha : oui, j’ai trouvé et après une visite, j’ai surtout vu que vous aviez attendu 1 mois et demi pour me le dire, me voilà bien contrariée et j’assume au risque que Ferdydurke vienne me dire encore une fois que, sans doute, je suis possessive

    Commentaire par Philarete — 18/03/2009 @ 22:44

  6. Le soucis avec l’église, c’est qu’il faut faire la différence entre le troupeau et ses bergers.

    A partir du moment ou les ‘bergers’ cherchent à devenir berger, le départ est déjà mauvais. Ratzinger c’est placé politiquement pour être pape depuis bien des années, cela ne peut que ME le faire rejeter.

    Ensuite sur le cas Eolas, à partir du moment ou la raison devient foi, il ne sert à rien de discuter, mieux vaut passer son temps à autre chose de plus constructif. La foi c’est comme un présupposé de départ, nul besoin de démontrer, nul besoin de prouver, nul, même, besoin de vérité, il suffit que ce soit dit.

    Mais ce n’est pas l’objet du débat. L’église c’est un peu faite ce que je dis et pas ce que je fais.

    Commentaire par herve_02 — 18/03/2009 @ 23:58

  7. Mais pourquoi diable Eolas ne peste-t-il pas contre tous ces éditeurs de livres d’histoire qui ne présentent la Saint-Barthélémy que comme un massacre sanguinaire d’innocents protestants ?
    Voilà bien un mauvais procès qui est fait à l’Eglise catholique, non ?

    Commentaire par Yves D — 19/03/2009 @ 01:11

  8. bonsoir Aliocha

    je mets ce lien video des déclarations du pape dans l’avion
    http://www.dailymotion.com/video/x8pa7i_benoit-xvi-estime-que-le-preservati_news

    je ne comprends pas la virulence d’eolas dans son billet il n’empeche que de prêcher l’abstinence sur le continent africain et de dire que le préservatif n’est pas la solution à ce fléau alors que ce continent est le plus touché par le sida relève d’une méconnaissance des traditions et de la culture africaine

    le pape est à coté de la réalité et il est là le problème
    qu’eolas s’agite dans son billet me fait doucement sourire
    qu’il s’en tienne à ses commentaires juridiques la il est bon tres bon mais pour le reste qu’il s’abstienne ( sans jeu de Mô)

    Commentaire par artemis — 19/03/2009 @ 02:31

  9. je voulais faire un commentaire sur son blog mais apres reflexion cela n’en vaut pas la peine
    eolas devient lassant avec les prix busiris de Rachida Dati et des articles comme celui que je viens de lire

    Commentaire par artemis — 19/03/2009 @ 02:36

  10. finalement j’ai fait un commentaire sur son blog
    il m’a encore une fois énervée avec un billet plus que contestable
    il est meilleur quand il dessine!!!!

    Commentaire par artemis — 19/03/2009 @ 02:52

  11. @ philarete
    Je vais laisser de côté la presse, vous la défendez fort bien toute seule. Je laisse aussi de côté la question de l’opportunité de la déclaration du pape, c’est mon pape et je ne me sens pas le droit de le juger, surtout maintenant. Sur le fond, donc, je soutiens que le pape a raison, et que ce n’est pas une bonne piste que de mettre en premier le préservatif, et ensuite d’annoncer l’idéal (ou supposé tel). Quand on présente un message, le plus important doit venir en premier, sinon on croit que c’est juste en option. Or, en l’occurrence, le plus important pour faire reculer le sida en Afrique c’est de changer le comportement sexuel.

    pourquoi ne pas juger le pape c’est un homme avant tout et non un dieu vivant
    " il est vrai que la bulle du pape est infaillible"
    je suis terrifiée de voir à quel point toute religion anéantie l’esprit critique des individus
    et par provocation j’ajouterai c’est pour cela qu’elles ont été utilisées pendant des siècles par les pouvoirs en place.

    Commentaire par artemis — 19/03/2009 @ 03:08

  12. Les journalistes n’ont pas fait que "confronter les contradicteurs" : j’ai entendu hier soir sur France Inter un journaliste mentionner les réactions d’Alain Juppé, Cohn-Bendit, etc., puis dire que Mgr Potdevin, porte-parole de l’Eglise de France, "bottait en touche" (expression du journaliste) en demandant de remettre la phrase du pape dans son contexte.
    L’expression du journaliste dénigrait par avance la nuance justifiée de l’évêque, qui voulait signaler (comme le dit Eolas) que le Pape n’a pas dit : "Mettre des préservatifs aggrave le fléau du sida".
    Donc il y avait réellement un parti pris de sa part, et nulle objectivité.
    De manière plus générale, inviter les auditeurs a comprendre les phrases dans leur contexte est plutôt une réaction intelligente, et le journaliste aurait dû l’admettre et l’encourager.
    Non ?

    Aliocha : problème de communication, quand on nous répond cela au lieu d’argumenter, on en déduit qu’on refuse de nous répondre. Le fait est que le sujet suscite la polémique et que si on reste sur le bord au lieu de s’expliquer, on s’expose alors à ce genre de réaction de la part du journaliste. Imaginez qu’un politique qui vous irrite réponde sur un autre sujet "il faut replacer la phrase dans son contexte", vous seriez satisfait ? Vous trouveriez que c’est une réponse ?

    Commentaire par Lully — 19/03/2009 @ 09:27

  13. Je crois comprendre la réaction de Maître Eolas sur ce coup là car j’ai entendu sur Canal + dans le cadre du journal de la mi-journée, ce devait être mardi, dans un court reportage consacré aux paroles du Pape relatives au préservatif, le commentateur faire un bref résumé des "casseroles" que traînaient le Pape et l’Eglise concernant Williamson, la petite brésilienne de 9 ans et quelques autres affaires. Ce commentateur devait s’être levé du pied gauche ce matin là car il a accumulé inexactitudes et erreurs dans les quelques phrases qu’il a prononcées, la plus importante ayant été de dire que la gamine avait été excommuniée…
    Erreur d’un journaliste, certes. Doit-on à partir de ce simple exemple généraliser à l’ensemble de la profession, certainement pas.
    Mais on attend quand même d’un journaliste, même de Canal +, qu’il fasse preuve d’un peu plus de rigueur lorsqu’il s’exprime dans le cadre d’un "journal"…

    Aliocha : je ne connais pas le journal de la mi-journée, mais s’il est fidèle à l’esprit de la chaîne, il mêle information et spectacle sans que l’on parvienne très bien à distinguer les deux. Il faut donc distancier ce qu’on y entend, ou s’abstenir de regarder ;)

    Commentaire par Maraudeur — 19/03/2009 @ 09:46

  14. J’approuve votre combat pour plus d’éthique au sein du monde journalistique mais la polémique née autour des propos ou des décisions prises par Benoît XVI est emblématique des dérives que je reproche à votre profession.

    "Et moi aussi j’ai songé intérieurement que mes confrères synthétisaient à l’extrême. Mais au fond, pouvaient-ils faire autrement que de relater cette déclaration et de faire réagir un contradicteur ?". Je pense qu’ils pouvaient faire autrement surtout sur un sujet aussi grave. La bien-pensance n’est décidément pas du côté que l’on croit. La moindre des choses est de rapporter les propos ou faits exacts, du Pape en l’occurrence. Ces propos sont certes totalement critiquables mais pas au prix d’une communication orientée (pourtant, il me semble, à vous lire, que vous n’approuvez pas la dérive communiquante de notre civilisation).

    Aliocha : je n’ai entendu l’info que sur BFM, n’ai rien lu d’autre, et je ne m’estime pas désinformée par ce que j’ai entendu, je regrette.

    "Deux logiques s’affrontent ici, l’une spirituelle proposant une solution de nature religieuse, l’autre pragmatique, prenant acte d’un problème concret et y apportant une réponse concrète." Ces propos n’engagent que vous. La réponse de l’Eglise sur ce sujet dérange à l’évidence mais je fais mien les propos d’Ivan Rouffiol qui sur son blog le 18 mars (http://blog.lefigaro.fr/rioufol/) déclare: " Assurer que le préservatif ne règle pas le sida semble être une évidence. Soutenir, trop brutalement certes, que son utilisation aggrave le problème fait comprendre que ce recours contraceptif peut amener à la déresponsabilisation des comportements et à la multiplication des risques. Arguments discutables, mais pas scandaleux."

    "La déclaration du Pape est totalement incompréhensible sauf à l’interpréter comme elle doit l’être, c’est-à-dire comme une invitation à la fidélité et à l’abstinence. Je doute que le fond du message ait échappé à qui que ce soit." Vu la façon dont "l’information" a été rapportée, je doute très fort du bien-fondé de votre deuxième phrase. Si ça ne s’appelle pas de la désinformation!!!!

    Aliocha : mais enfin rapportée, où, par qui, comment ? Vous êtes sûr que vous ne prenez pas les gens pour des imbéciles à qui il faut expliquer tout dans le détail pour être bien sûrs qu’ils comprennent ? Vous êtes sûr aussi que vous ne percevez pas de la désinformation là où il y a seulement un traitement de l’information qui ne va pas dans votre sens ? Réfléchissez bien.

    "La vraie question consiste à se demander s’il est judicieux en l’état de lancer ce message tel quel et s’il ne vaudrait pas mieux dire que le préservatif est impératif mais que, idéalement, il faudrait surtout progresser dans l’approche de la sexualité. C’est le débat qu’a lancé le Pape et qu’a relayé la presse en rendant compte de ses propos, je ne vois pas en quoi elle a mal fait." Tout à fait d’accord avec votre première phrase. Vos collègues auraient très facilement pu rendre compte de cette information, comme beaucoup d’autres, de façon beaucoup plus nuancée. Dans un premier temps, nous avons besoin de "l’information" non de son interprétation.

    Aliocha : et justement, l’info ici, c’est la déclaration brute, pas les finesses d’Eolas.

    "Bien sûr, l’opinion majoritaire s’accordant à considérer que l’urgence est d’enrayer l’épidémie grâce au préservatif, le fait que les journalistes citent une position contraire de Benoît XVI va forcément irriter bien des esprits contre l’Eglise. Et c’est la crainte de cette irritation qui incite à en vouloir à la presse. Comme d’habitude, on s’en prend au messager et on le soupçonne de lancer un procès là où il ne fait que lever un débat. Allons, personne n’a forcé le Pape à tenir ces propos, les journalistes n’ont rien inventé, qu’on leur fiche un peu la paix." Si, les journalistes ont déformé, sciemment?, ses propos. C’est en cela qu’ils sont critiquables. Il est un peu facile de se dédouaner à si bon compte. Je vous rassure, je vais de pas faire brûler des cierges à leur intention auprès de Saint Hypocrite.

    Aliocha : admettons mais alors donnez-moi vos sources sur cette désinformation.

    "Notre vocation est de soulever des débats, dénoncer des injustices, alerter sur des scandales, pas de protéger ou redorer le blason de telle ou telle institution." Je croyais innocemment qu’un journaliste se devait seulement de rapporter des faits étayés. La dimension quasiment spirituelle dont vous vous prévalez m’avait jusqu’à présent échappé. Permettez moi alors de fustiger "les injustices" dont vos collègues font trop souvent preuve quelque soit le domaine considéré. Je reconnais bien volontiers un rôle d’éducation au journalisme mais pas ce rôle de "nouveau gardien moral" qu’il se plaît tant à fustiger chez d’autres!

    Aliocha : nulle vocation spirituelle, mais un rôle démocratique. Et ce n’est pas moi qui le dis mais la Cour européenne des droits de l’homme qui nous qualifie de chiens de garde de la démocratie. Cela implique de dénoncer scandales et injustices, ne vous en déplaise. Le tout est de le faire sur la base de faits objectifs et étayés. Mais il faut bien à la base une analyse pour estimer qu’une situation doit être dénoncée.

    Relisez, si vous ne l’avez déjà fait, "la ferme des animaux" de cet excellent Georges Orwell. Tout y est dépeint. Et s’il est un paradigme dont votre profession devrait faire sien, c’est bien celui de ne pas servir de marche-pied à tous les cochons qui voudraient bien s’emparer de la ferme.

    Aliocha : non je ne l’ai pas lu, mais si vous voulez dire que les journalistes font le jeu délibérément des détracteurs de l’Eglise ou de son Pape, vous vous trompez. Ils soulèvent des questions de société et il se trouve que la position de l’Eglise pose des questions, ce n’est pas une insulte ou un parti-pris de les relayer, sauf, bien sûr, aux yeux de ceux qui préféreraient que l’on se taise pour ne pas nuire à l’image de leur église. Il y a quelques temps de cela, un avocat d’affaires faisait observer lors d’un colloque que les journalistes racontaient n’importe quoi sur la rémunération des patrons français en faisant croire qu’elle était illégale et soulignait que, au contraire, celles-ci étaient actées dans des contrats parfaitement en règle. Un de mes confrères lui a répondu fort justement que les journalistes ne soulevaient pas la question de la validité juridique de ces rémunérations mais de leur pertinence en temps de crise. Cela s’appelle un débat de société, tant pis si ça dérange.

    Commentaire par H. — 19/03/2009 @ 09:51

  15. Chère Aliocha,

    Le problème soulevé à mes yeux par Eolas est simple, et son diagnostique est bon. Je m’explique: n’étant pas catholique, et ne lisant pas autre chose que les gratuits du métro et la presse en ligne (et, a l’occasion, le canard enchainé), force m’est d’admettre que je n’ai eu sur ces trois affaires que deux types d’informations:

    -les brêves de journalistes, très courtes et non explicatives (en gros: "levée d’excommunion sur un négationiste récidiviste", "l’église excommunie une fillette de 9 ans, sa mère et des médecins suite à l’avortement lié à au viol par son beau-père", et enfin "le préservatif n’est pas la solution, il aggrave le problème, dixit le pape"). Pas d’explications, au lecteur de comprendre.

    -En second, les commentaires d’articles, et les blogs, fait par des non-journalistes, Eolas en tête. Il dit, en moins de 2000 mots, tout ce qu’il faut savoir pour remettre les trois affaires dans leur contexte. Philarete apporte également quelques précisions ici sur l’excommunication de la fillette. Pourquoi lis-t-on cela dans les blogs et non dans la Presse? Ca m’interresse de comprendre, mais n’étant pas catholique, j’ai besoin d’un minimum d’éxplication, que la Presse n’apporte pas.

    Commentaire par Ryuu — 19/03/2009 @ 10:13

  16. @ Aliocha

    je ne suis pas convaincue que la population concernée ait forcément suivi cet ordre à la lettre, tout ce que ces chiffres montrent c’est l’intérêt de cumuler les deux démarches. Par ailleurs, comment comprendre cette recommandation sachant que parallèlement on dit l’église opposée au préservatif ?
    D’accord, les chiffres montrent l’intérêt de cumuler les deux démarches. Et aussi le danger de n’en garder qu’une seule. Je propose une analogie, un peu brutale peut-être. On sait que dans les armées d’invasion, on distribue généralement des préservatifs aux soldats. Le but est évidemment d’éviter des contaminations (et aussi des conceptions). Mais le message implicite est évidemment que les soldats vont pouvoir "s’amuser" avec les femmes du pays envahi. Maintenant, si l’Eglise s’oppose à cette distribution de préservatifs dans l’armée, ce refus est inséparable d’un autre refus, plus fondamental: celui du viol et du vagabondage sexuel sous prétexte d’invasion militaire. Il paraîtrait totalement hypocrite, je pense, de soutenir que l’Eglise est responsable de la contamination des soldats sous prétexte qu’elle leur a défendu le préservatif! Le problème, c’est le viol utilisé comme arme de domination — et c’est évidemment plus grave, pour l’Eglise, de violer quelqu’un que de mettre une capote.

    Aliocha : j’adhère entièrement, mais j’avoue en tant que pro de la communication, que l’Eglise devrait faire des efforts de pédagogie, elle sait que ce sujet est mal compris et devrait donc être plus attentive quand elle s’exprime dessus. Je n’adore pas les contraintes du jeu médiatique, malheureusement, elles existent et il me semble parfois que l’Eglise en souffre en raison de son habitude de vouloir susciter l’adhésion sur la base d’un discours qui ne souffre pas la contradiction. Et ne souffrant pas la contradiction, il s’exonère de l’argumentation. Mais je me trompe peut-être, c’est une simple idée…

    Sur l’affaire brésilienne: je vous concède le point. Ça montre seulement qu’il y a des cons partout (mais on le savait déjà). Ce n’est tout de même pas une surprise énorme de constater que même des évêques font des erreurs… Les leurs sont peut-être plus graves du fait de leur responsabilité; mais au fond, ce qui est fou dans cette histoire est que l’évêque finit par apparaître comme coupable d’un plus grand crime que le beau-père incestueux…

    Aliocha : ce n’est pas ainsi que je l’ai perçu, en revanche, j’ai trouvé que cet évêque ferait un formidable personnage de roman. Je vous avoue éprouver une étrange fascination pour tout ce qui ressemble au "grand inquisiteur" de Dostoïevski.

    «Pas que»: oui, vous avez raison.

    Sur le blog: mon excuse, c’est que je suis toujours "en rodage", et attend d’avoir trouvé l’angle et le ton justes. Ça reste donc confidentiel, une sorte de gros bac à sable grandeur nature. Jusqu’à avant-hier, j’avais maxi 10 visites par jour (en général des gens qui tapent "escalier" sur Google, en quête d’un menuisier…).

    Aliocha : vous êtes pardonné ;) je m’en voudrais de jouer les évêques brésiliens sur ce coup-là !

    @Artemis
    J’ignorais que les catholiques prissent le pape pour un dieu vivant.
    Et pour ce qui est de l’esprit critique, je ne sais pas où il se trouve en ce moment. Quand je vois l’hystérie collective sur cette affaire, je n’ai pas exactement l’impression d’être le moins aveuglé par la passion, en tous cas. Tous ceux qui se sont fendus d’une déclaration outrée contre le pape, ils ont passé combien de temps à se renseigner sur l’état actuel du sida en Afrique? sur les données scientifiques concernant la fiabilité du préservatif? sur ce que disent les gens engagés sur le terrain?
    Et quand, plus haut, vous parlez vous même d’une «méconnaissance des traditions et de la culture africaines», c’est quoi, votre idée "critique"? Que les noirs ne peuvent pas s’empêcher de baiser comme des lapins? C’est cela, votre idée de la culture africaine?
    Pardonnez-moi si je m’échauffe, mais je ne peux m’empêcher de constater un racisme larvé dans beaucoup de réactions autour de cette affaire. Un racisme qui n’est pas sans connivence avec celui des grosses multinationales qui ont inondé l’Afrique de préservatifs, convaincues que les Africains étaient de gros enfants immatures incapables d’être éduqués.

    Commentaire par Philarête — 19/03/2009 @ 10:43

  17. Chère Aliocha,

    Le problème, à mon avis, est tout autre, il réside dans la différence d’approche des diverses personnes.

    Certaines, en effet vont lire un article, alors que d’autres se cantonneront au résumé succint, voire au seul titre (qui comme vous nous l’avez si bien expliqué peut n’avoir pour objet qu’un bon trait d’humour et déformer la réalité s’il est pris seul).

    J’ai été très surpris du billet d’Eolas en me demandant comment diable il avait pu croire que des gens aient interprété ces articles ainsi … il a vraiment fallu que je suive les liens qu’il a fourni pour m’assurer que ces interprétations (lamentables) avaient effectivement été faites.

    Je gage (sans toutefois y mettre ma tête à couper ceci dit) que les personnes à l’origine de ces déclarations (Cohn-Bendit et consorts) se sont contentées des titres ou résumés succints. Personnellement, sur la plus insignifiante des dépêches AFP que j’ai reçu dans mon aggrégateur contentait toutes les informations nécessaires pour avoir un minimum de recul sur l’affaire.
    … mais il fallait lire au delà du titre …

    Sur la question de savoir qui a tort maintenant … chacun peut prêcher pour sa paroisse je suppose.
    L’un dira que les autres n’ont qu’à lire l’article et qu’il fait du résumé "choc" dans le titre s’il veut … et l’autre de répondre qu’il n’a pas le temps de lire l’article et que le premier n’à qu’a faire un titre objectif.

    Boaf, en vrai, je m’en fiche bien tant que je peux trouver une information relativement fidèle à la réalité si je la cherche.

    Aliocha : merci de mettre le doigt ainsi sur le problème essentiel : le journaliste écrit ce qu’il peut, le lecteur lit ce qu’il veut, avec ses connaissances, ses préjugés, les intentions qu’il prête au journaliste etc….Depuis que j’ai ouvert ce blog, je m’aperçois bien de la différence entre ce que j’entends exprimer et ce que les lecteurs lisent. Mon obsession est de réduire le plus possible ce gap pour parvenir à exprimer le plus exactement possible ce que je souhaite communiquer et faire ainsi mon boulot au mieux. Mais je sais qu’il y aura toujours un décalage irréductible lié à la manière de lire des lecteurs et à leur subjectivité. Quant aux réactions des politiques, elles sont consternantes. Il y entre je crois un excès de précipitation mais aussi un calcul peu honorable : sujet médiatique, prise de position flattant l’opinion générale et hop, une petit coup de com’ réussi. Au final, on aboutit à des débats imbéciles et à l’abrutissement généralisé, mais ça ne dérange personne…

    Commentaire par Ferdi — 19/03/2009 @ 10:52

  18. Il y a eu pourtant dans la presse (payante ou en ligne) des articles bien plus détaillés que les simples brèves que vous mentionnez, Ryuu. Par exemple, dans le Libé d’aujourd’hui, deux pages d’analyse sur la sortie du Pape, qui ne cherchent pas à prétendre autre chose que ce qu’a vraiment voulu dire Benoît XVI : hors l’abstinence et la fidélité, point de salut.
    Les gratuits du matin ont pour but de faire un rapide tour d’horizon de l’actualité, surtout pas d’approfondir quoi que ce soit. Faute d’explications, c’est toujours une aventure quand une conversation au bureau commence par "Tu as lu, dans le 20 Minutes de ce matin…?"

    Commentaire par Oph — 19/03/2009 @ 11:27

  19. "Aliocha : je ne connais pas le journal de la mi-journée, mais s’il est fidèle à l’esprit de la chaîne, il mêle information et spectacle sans que l’on parvienne très bien à distinguer les deux. Il faut donc distancier ce qu’on y entend, ou s’abstenir de regarder"

    Bien sûr Aliocha, c’est Canal+ ! Mais même sur cette chaîne dite "décalée", ce qui relève du spectacle peut être déformé, détourné, glosé, que sais-je… mais ce qui relève de l’information, et présenté comme tel, doit être exact! Je ne crois pas que l’on puisse justifier le comportement de ce journaliste au simple exposé du media sur ou dans lequel il s’exprime.

    Aliocha : nous sommes d’accord, c’est pour cela que je n’aime pas tellement cette chaine. Souvenons-nous quand même des conneries de Karl Zéro dans l’affaire Baudis.

    Commentaire par Maraudeur — 19/03/2009 @ 11:35

  20. Aliocha,

    Je vais commencer à croire qu’Eolas et vous-même vous inspirez de mes propres billets pour trouver matière à sujet. (Je plaisante bien évidemment mais la coincidence par deux fois est cocasse).

    Un point sur lequel je suis fondamentalement en désaccord avec vous, le devoir du journaliste lorsqu’il informe à charge est de diffuser l’information à décharge une fois qu’elle est connue. Votre démarche protectrice à l’égard de votre profession est compréhensible mais elle devrait tout de même reconnaître la tendance accusatrice de celle-ci à l’égard de la seule Eglise catholique à laquelle vous et moi sommes apparemment fidèles. Je passerai outre le fait qu’en période de Carême, ces attaques sont d’autant plus difficiles à accepter.

    Aliocha : quand je disais que le journaliste écrit ce qu’il peut et que le lecteur comprend ce qu’il veut. Vous avouez vous-mêmes que le débat vous heurte tout particulièrement parce que c’est le Carême. C’est donc qu’il existe une très forte subjectivité dans la perception du travail effectué par les journalistes. Je n’entends pas ici protéger ma profession à toute force, mais simplement rendre le débat sur la bêtise supposée des journalistes un tantinet contradictoire. Ce qui suppose de faire connaître les règles du métier, qui sont très particulières et souvent ignorées, mais aussi d’attirer l’attention du public sur ses propres contradictions. Je rappelle au passage qu’on doit toujours juger un professionnel non pas tant sur ce qu’on attend de lui que sur le respect de ses règles professionnelles.

    Je ne comprends pas que l’on puisse déformer autant le sujet sur le préservatif par exemple.
    Une certaine presse ne comprend pas que l’Eglise catholique et le Pape lui-même ne peuvent prôner l’usage du préservatif dans la mesure où cela reviendrait à tolérer ou accepter une forme d’infidélité ou de non-abstinence avant mariage.
    L’acte sexuel s’inscrit dans une relation d’amour dans un couple marié et monogame, point final. En outre, par les temps qui courrent, il s’avère que c’est aussi le moyen le plus efficace de prévenir la propagation du SIDA. C’est conforme au dogme catholique. Que l’on puisse être en désaccord soit mais cela s’inscrirait dans un débat théologique.

    Aliocha : Voyez comme soudain vous devenez dogmatique….que cela vous plaise ou non, le sujet fait débat et la presse relaie ce débat. Elle est peut-être sous l’influence de l’opinion majoritaire, qui n’est pas celle du Pape, on peut le regretter, mais je pense qu’il y a suffisamment de sources d’information pour que peu à peu le débat s’affine et que chacun y trouve sont compte. Il y a toujours un temps entre l’effet d’annonce et la réflexion, il est ineluctable et personnellement, il ne me choque pas. Le journalisme n’est pas une science exacte.

    A aucun moment, le Pape ne dit et ne saurait dire "n’utilisez pas de préservatifs dans vos relations hors mariage".
    L’information relayée n’en est pas une mais une déformation visant à créer de la polémique, polémique permise par une Eglise pacifique, tolérante et ouverte.
    On se demande encore pourquoi on ne relaye pas avec la même véhémence ce type d’informations provenant de tel imam ou de tel Grand Rabbin.
    Certes, l’institutionnalisation de l’Eglise et le fait que nous ayons un représentant principal "uniformise" l’information et la rend plus facilement accessible…mais vous ne m’oterez pas de l’esprit que le relais de la déclaration du Pape par une certaine presse relève d’un fainéantisme inadmissible.

    Aliocha : mon dieu, pauvre église, vous ne croyez pas qu’elle souffre davantage de sa manière de communiquer que du harcèlement des médias ? Ayant passé toute ma scolarité dans une école religieuse, j’ai été consternée par la bouillie qu’on me servait, je rêvais de théologie et n’ai entendu que d’insuportables niaiseries dogmatiques auxquelles j’étais sommée d’adhérer par principe. Et pourtant combien l’église compte-t-elle de penseurs, de philosophes d’exception ! Quel dommage.

    Dès lors, lorsque vous déclarez:
    "Mais au fond, pouvaient-ils faire autrement que de relater cette déclaration et de faire réagir un contradicteur ?"

    Grand Dieu, je l’espère !
    L’information telle qu’elle aurait dû être à mon sens: le Pape rappelle qu’il faut préférer l’abstinence hors mariage et la fidélité au sein du couple à l’utilisation du préservatif surtout dans le cadre de la lutte contre le SIDA.
    Le débat qui s’en suivrait opposerait certainement dogmatisme et pragmatisme et serait certainement intéressant.
    Mais prêter à ces déclarations des sous-entendus qui n’existent pas…c’est l’exemple typique des errements de journaliste qu’il faut dénoncer car au final, l’information du public est biaisée.

    Que vous prêtiez une intelligence particulière au lectorat qui saura décrypter n’est pas une excuse pour que le journaliste se contente de si peu.
    Chacun y doit mettre du sien, journaliste comme lecteur.

    Bref, toute la presse n’est pas à critiquer mais les brebis galeuses doivent être dénoncées avec force.

    Aliocha : Certes, mais quelle brebis galeuse dénoncez-vous ici avec son nom, l’article ou la citation à l’appui ? Aucune, vous visez la presse en général et dieu reconnaîtra les siens, c’est contre cela que je m’élève. Ce procès éternel qui ne prend la peine ni de juger sur pièce, ni de démontrer objectivement et preuve à l’appui où est la faute.

    Commentaire par Nemo — 19/03/2009 @ 12:49

  21. Merci de défendre une profession malmenée (mais qui tend souvent les verges pour se faire battre), car il me semblait bien que sur ces trois affaires, les médias, dans leur ensemble, avait plutôt bien fait leur boulot.

    M’enfin, le commentaire de Ryyu (en 15) me semble symptomatique du malaise actuel de la presse française : plus personne ne la lit et pourtant, tout le monde a un avis sur ce qu’elle écrit ! C’est tellement énorme que j’ai dû relire plusieurs fois ce commentaire : "je ne lis que les gratuits (qui ne font que des brèves) et les sites Web et… je dis merci à Eolas de m’apporter les explications que la presse ne m’apporte pas." Eh oui, quand on ne veut plus faire l’effort de sortir son porte-monnaie pour s’informer, on est très bien placé pour dénoncer la vilaine presse.

    Commentaire par Obi-Wan Kenobi — 19/03/2009 @ 13:00

  22. Bonjour Aliocha,

    A lire le billet d’Eolas, puis les nombreuses réactions qu’il a suscitées (souvent tranchées) et enfin ses propres réponses (souvent crispées), un constat s’impose : son billet est celui d’un croyant, voire d’un militant, avant d’être celui d’un avocat. Son habituelle rigueur en a souffert.

    Inutile de revenir sur chacun des points qu’il a soulevé : il y a plus de 400 commentaires sur son site qui s’en sont chargés.

    Mais puisqu’ici on parle de presse, un bref commentaire sur le traitement médiatique de ce qu’il est à présent convenu d’appeler l’affaire des préservatifs.

    D’abord, il n’existe pas "la presse", une et indivisible, parée de toutes les vertus ou chargée de toutes les turpitudes. Je sais, j’enfonce une porte ouverte, mais il faut le redire.

    Ensuite, à lire et relire à la fois la déclaration papale et les commentaires qui en ont été fait, je ne crois pas que l’on puisse critiquer la couverture qui en a été faite. Car le pape a bel et bien dit (sauf à taxer de mensonge les innombrables verbatims concordants), que la distribution de préservatifs aggrave le problème du SIDA.

    Formulée ainsi, cette phrase n’est pas un point de foi, mais elle contient une affirmation de santé publique.

    Et c’est là qu’est tout le problème.

    Que le pape rappelle la doctrine de l’Eglise, c’est non seulement son droit mais son devoir, tout comme c’est le droit de tout un chacun de n’y prêter aucune attention.

    Mais qu’une personne qui représente encore, qu’on le veuille ou non et qu’on y adhère ou non, une autorité spirituelle majeure, vienne affirmer que l’un des remèdes au mal aggrave ce mal, c’est objectivement scandaleux. Car le mal est mortel, et le discrédit jeté sur l’un des moyens de s’en prémunir est irresponsable et dangereux.

    L’affirmation papale, lue sous l’angle de la santé publique, est non seulement fausse factuellement, mais extrêmement dangereuse (je n’irais pas jusqu’à dire "criminelle" comme on a pu l’entendre ici ou là, mais je comprends l’usage de ce terme).

    Alors franchement, dans ce contexte, la couverture médiatique de cette question, même au prix de quelques raccourcis ici ou là, est bien en ligne avec la gravité du sujet.

    Commentaire par Nemyo — 19/03/2009 @ 13:44

  23. Les journalistes ont toujours raison. Penser le contraire relève d’une corruption intellectuelle inquiétante.

    Commentaire par Baltar — 19/03/2009 @ 13:45

  24. Chère Aliocha,

    En réponse à votre commentaire en 17, je me suis souvent posé la question de l’opportunité politique d’une opération de com’ que pouvaient afficher certaines ‘icones’ françaises.

    Cependant, je n’arrive pas toujours à demêler l’inextricable question dite de "la poule ou l’oeuf ?" … et c’est le cas présentément.

    En effet, pour qu’un politique fasse un usage circonstancié de son discernement, il faut qu’il ait connaissance du fait que (1) le sujet a valeur médiatique et de (2) l’opinion publique sur le sujet.
    Or, il m’avait semblé dans cette affaire que le buzz était parti des politiques eux-mêmes, ce qui me semblait exclure l’opportunité politique (à moins que la personne soit joueuse mais ça me semblait aller à contre-sens d’un bon pragmatisme politique).

    Peut-être avez-vous connaissance d’un historique que j’ignore ?
    … ou les politiques seraient-ils préscients ?

    Commentaire par Ferdi — 19/03/2009 @ 14:55

  25. "Aliocha : admettons mais alors donnez-moi vos sources sur cette désinformation."

    Les voici (Florilège trouvé sur http://www.carnetsliberaux.fr/index.php?post/2009/03/18/Carnet-n%C2%B010-Qui-cherche-des-poux-%C3%A0-l-%C3%89glise#comments. J’avoue honteusement que cela vient d’un affreux blog libéral. Cependant, bien que je ne sois pas journaliste, j’ai vérifié un par un tous les liens):
    Sté­pha­nie Le Bars, « Sida : Benoît XVI ren­force la posi­tion de l’Église con­tre le pré­ser­va­tif », Le Monde, 18 mars 2009.
    - Rédac­tion en ligne, « Le Pape mis à l’index après ses décla­ra­tions sur le pré­ser­va­tif », Libé­ra­tion, 18 mars 2009.
    - Rédac­tion en ligne, « Le pape con­teste l’effi­ca­cité du pré­ser­va­tif », L’Express, 17 mars 2009.
    - Flore Galaud, « Pour Benoît XVI, le pré­ser­va­tif “aggrave le pro­blème” du sida », Le Figaro, 17 mars 2009.
    - Rédac­tion en ligne, « Le pape en Afri­que con­tre le pré­ser­va­tif », Ouest France, 18 mars 2009.

    Tous ces propos peuvent être lus sur des sites ou parutions qui ont pignon sur rue en France et qui ont été repris sur toutes les radios et télé nationales : désinformation ou incompétence?

    Et voici les propos réellement tenus par le Pape (L’intégralité de l’interview est consultable sur le site http://zenit.org/article-20479?l=french.):
    "Phi­lippe Vis­sey­rias, France 2 : Saint-Père, parmi les nom­breux maux dont souf­fre l’Afri­que, il y a en par­ti­cu­lier la pro­pa­ga­tion du sida. La posi­tion de l’Église catho­li­que sur les moyens de lut­ter con­tre le sida est sou­vent con­si­dé­rée irréa­liste et inef­fi­cace. Allez-vous abor­der ce thème durant votre voyage ?

    Benoît XVI : Je dirais le con­traire. Je pense que l’entité la plus effi­cace, la plus pré­sente sur le front de la lutte con­tre le sida est jus­te­ment l’Église catho­li­que, avec ses mou­ve­ments, avec ses réa­li­tés diver­ses. Je pense à la com­mu­nauté de Sant’Egi­dio qui fait tel­le­ment, de manière visi­ble et aussi invi­si­ble, pour la lutte con­tre le sida, je pense aux Camil­liens, à tou­tes les sœurs qui sont au ser­vice des mala­des… Je dirais que l’on ne peut vain­cre ce pro­blème du sida uni­que­ment avec des slo­gans publi­ci­tai­res. S’il n’y a pas l’âme, si les Afri­cains ne s’aident pas, on ne peut résou­dre ce fléau en dis­tri­buant des pré­ser­va­tifs : au con­traire, cela ris­que d’aug­men­ter le pro­blème. On ne peut trou­ver la solu­tion que dans un dou­ble enga­ge­ment : le pre­mier, une huma­ni­sa­tion de la sexua­lité, c’est à dire un renou­veau spi­ri­tuel et humain qui impli­que une nou­velle façon de se com­por­ter l’un envers l’autre, et le second, une ami­tié vraie, sur­tout envers ceux qui souf­frent, la dis­po­ni­bi­lité à être avec les mala­des, au prix aussi de sacri­fi­ces et de renon­ce­ments per­son­nels. Ce sont ces fac­teurs qui aident et qui por­tent des pro­grès visi­bles. Autre­ment dit, notre dou­ble effort pour renou­ve­ler l’homme inté­rieu­re­ment, don­ner une force spi­ri­tuelle et humaine pour un com­por­te­ment juste à l’égard de son pro­pre corps et de celui de l’autre, et notre capa­cité à souf­frir, à res­ter pré­sent dans les situa­tions d’épreuve avec les mala­des. Il me sem­ble que c’est la réponse juste, l’Église agit ainsi et offre par là même une con­tri­bu­tion très grande et très impor­tante. Remer­cions tous ceux qui le font."

    Etonnez-vous après cela du succès de certains blogs! Je suis persuadé que beaucoup de journalistes sont compétents et honnêtes mais désolé, ils se font suffisamment et trop rares dans les grands médias. Ce n’est pas en enfilant des perles que la démocratie, par ailleurs bien fragilisée, va progresser. Pour l’instant, et ce, en dépit de la CEDH, les chiens de garde s’apparentent plus aux moutons, voire au cochon Brille-Babil et ses collègues, de la Ferme susnommée, qu’aux chiens qu’ils prétendent être. La désaffection dont est victime la presse écrite en est la plus éclairante démonstration.

    Aliocha : vous oubliez celui-ci "Pour le Pape, le préservatif n’est pas une solution aux maux de l’Afrique" dans………La Croix, qui ne comprend rien non plus à l’Eglise, je présume ? C’est ici . Extrait pour les paresseux qui ne cliquent pas : "Non seulement le pape a expliqué que la distribution des préservatifs n’était pas une « solution » mais, au contraire, a-t-il ajouté, « cela ne fait qu’augmenter le problème ». Une petite phrase qui attristera sans doute les catholiques sur le terrain qui cherchent à lutter contre le fléau en tenant compte de la réalité des mentalités et des comportements".

    Commentaire par H. — 19/03/2009 @ 15:18

  26. @ Aliocha sous n°20:

    "Aliocha : quand je disais que le journaliste écrit ce qu’il peut et que le lecteur comprend ce qu’il veut. Vous avouez vous-mêmes que le débat vous heurte tout particulièrement parce que c’est le Carême. C’est donc qu’il existe une très forte subjectivité dans la perception du travail effectué par les journalistes. Je n’entends pas ici protéger ma profession à toute force, mais simplement rendre le débat sur la bêtise supposée des journalistes un tantinet contradictoire. Ce qui suppose de faire connaître les règles du métier, qui sont très particulières et souvent ignorées, mais aussi d’attirer l’attention du public sur ses propres contradictions. Je rappelle au passage qu’on doit toujours juger un professionnel non pas tant sur ce qu’on attend de lui que sur le respect de ses règles professionnelles."

    Le débat me heurte en tant que catholique, et particulièrement en cette période de Carême, j’en conviens aisément.

    J’ai la faiblesse de penser que cela n’altère pas ma capacité de jugement ni ne m’empêche d’être outré face à ce que je considère comme des articles et/ou des titres biaisés.
    Il existe 10.000 bonnes raisons de critiquer objectivement l’Eglise (la communication en est une comme vous le souligner justement, sauf peut-être dans l’exemple qui nous intéresse où le problème est que certains souhaitent faire dire au Pape et à l’Eglise ce qu’on a envie d’entendre d’elle (oui au préservatif) et non pas ce qu’elle est supposée dire (oui à l’abstinence et à la fidélité) ce qui provoque une réaction épidermique parmi certains journalistes et politiques).

    Il n’est nul besoin d’inventer des raisons fallacieuses pour ce faire ou de grossir le trait jusqu’à la déformation la plus totale.
    J’ai pris l’exemple du préservatif volontairement car je trouve que les deux autres exemples sont moins évidents.
    Je vous invite cependant à lire mon propre billet sur l’acharnement dont fait preuve Rue89.com par exemple à l’égard de l’Eglise catholique.
    Cela n’ôte pas la qualité d’autres articles.

    Sur vos autres remarques notamment sur l’appréciation objective du travail du journaliste à l’épreuve de ses règles professionnelles, vous conviendrez qu’en l’absence de code de déontologie obligatoire et sanctionnable, c’est pour le moment une belle utopie (que je partage néanmoins).
    En outre, les articles pointés par Maître Eolas sont un bel exemple de travail bâclé et donc préjudiciable à l’Eglise.
    Permettez-moi de penser déjà que la simple utilisation de ces titres racoleurs mais surtout calomnieux ne respecte pas la déontologie.
    Ex: France Info: SIDA : le pape conteste l’efficacité du préservatif

    Comment pourrait-on ne serait-ce que cautionner l’utilisation d’un tel titre?
    Comment pourrait-on ne serait-ce que sous-entendre sans une once de mauvaise foi ou de subjectivité que le Pape contesterait l’efficacité du préservatif dans la prévention du SIDA?
    Ce titre ne reflète pas la réalité du message du Pape et de sa déclaration.
    Et pour que vous ne bottiez pas en touche en répondant "qu’auriez-vous écrit", c’est simple quitte à en faire une information:
    Le Pape rappelle que l’abstinence et la fidélité prévalent sur le préservatif.
    ou
    Le Pape rappelle que la distribution du préservatif invite à tolérer les rapports sexuels hors mariage
    ou
    Le Pape rappelle que la distribution du préservatif n’est pas l’idéal dans la lutte contre le SIDA
    ou quitte à faire concis
    SIDA: le Pape pour l’abstinence et contre le préservatif

    Les contenus des différents articles lus (LeMonde.fr, Rue89.com, FranceInfo…) sont quant à eux trop souvent légers sur la véritable teneur du message de l’Eglise.

    Bref, il y a une certaine teinte anticléricale qui choque.
    Autre exemple dans l’Edito du Monde.fr:
    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/03/18/le-pape-et-le-sida_1169472_3232.html#ens_id=1168534
    Passage intéressant:
    "Pour la première fois depuis le début de son pontificat, il y a quatre ans, Benoît XVI a explicitement parlé du sida. "On ne peut pas résoudre le problème du sida avec la distribution de préservatifs, a déclaré aux journalistes l’évêque de Rome. Au contraire, cela augmente le problème." Nul n’a jamais prétendu que le préservatif était "la" solution pour lutter contre le sida. Mais affirmer qu’il aggrave la pandémie est gravissime et irresponsable. Son prédécesseur Jean-Paul II n’avait jamais été aussi loin."

    Je vous invite aussi à parcourir les différents liens mis en avant sur chaque article relatif à l’Eglise, le thème y est commun et le message unanime.

    Ce n’est pas l’idée que je me fais du journalisme. C’est ici que se niche la pensée unique du "politiquement correct".
    On ne relaie que les opinions convergentes…et n’allez pas prétendre qu’il n’en existe pas de divergente, ce serait une contre-vérité.

    Aliocha : allons, Nemo, je vous assure que vous lisez tout cela avec des lunettes déformantes, mais je ne vous critique pas, nous en avons tous les lunettes comme ça,je passe mon temps à essayer de me les ôter du nez, en m’exerçant à penser contre moi-même, y compris quand je défends la presse. Mais là franchement, France Info titre "le Pape conteste l’efficacité du préservatif" et France Info à mon avis a tort, le Pape ne la conteste pas, il la nie cette efficacité, pire, il estime que le préservatif aboutit au résultat opposé à celui recherché. Il suffit de s’en rapporter au texte de sa réponse : il n’y a que deux solutions contre le sida, pas trois, deux : humanisation de la sexualité, amitié vraie vis à vis des malades. Ne venez donc pas me dire que la presse n’a pas compris, elle a fort bien compris au contraire, et même La Croix a compris, je ne pense pas que La Croix souffre d’anticléricalisme, si ? Voyez-vous Nemo, j’ai toujours pensé à titre personnel que l’abstinence et la fidélité constituaient la meilleure prévention, de même que j’ai toujours considéré que la sexualité était le rapport le plus sacré que l’on pouvait avoir avec l’autre, il n’en demeure pas moins que le propos, tel qu’il a été tenu et dans les circonstances actuelles, témoigne à mon sens, d’un dogmatisme irresponsable.

    Commentaire par Nemo — 19/03/2009 @ 15:46

  27. @Nemyo (#22)

    Je disconviens, respectueusement, mais sérieusement tout de même.
    Vous reprochez à certains leur manque de rigueur (sans toutefois donner autre chose que de vagues justifications empiriques comme arguments), et vous tombez dans le même travers en feignant ignorer l’antithèse du propos que vous défendez.

    Je tente une synthèse:

    ***

    Hypothèse : la distribution de préservatifs aggrave le problème du SIDA.

    ***

    Postulat 1 : "le problème du SIDA" dont il est fait question est en fait la faculté de propagation de la maladie et non la maladie en elle-même.

    Postulat 2 : une relation protégée emporte 0% de chances transmission de la maladie (je sais, cette affirmation est fausse dans l’absolu, mais ne venez pas me chipoter pour la malheureuse fraction de pourcentage qui est négligeable au vu des autres chiffres ici)

    Postulat 3 : la distribution de préservatifs dans un pays n’a jamais conduit à réduire à 0 le nombre de relations non protégées.

    ***

    Argument contre (l’opinion publique) : le préservatif empêche la transmission du virus, distribuons des préservatifs pour empêcher sa propagation.

    Argument pour (le pape) : la distribution de préservatifs désinhibera les personnes (de leur peur de la maladie), le nombre de relations extra-conjugales augmentera, et par la force des choses le nombre de relations non protégées aussi.

    ***

    La question que je vous pose : dans ces pays qui ont des valeurs et des moeurs différentes des notres, pouvez-vous affirmer avec certitude que la hausse du pourcentage de relations extra-conjugales conséquence de la distribution de préservatifs (argument du pape) sera compensée par la baisse du nombre de relations non protégées (argument du peuple) afin que dans l’absolu on assiste à une baisse de la transmission du virus ?

    Moi, je ne dispose que de mon opinion personnelle et malheureusement d’aucun chiffre … mais si vous en avez, je suis preneur !

    Commentaire par Ferdi — 19/03/2009 @ 15:50

  28. Intéressante cette histoire. avec les précisions d’Eolas.

    Williamson, je crois que j’ai compris. En fait, Williamson n’est pas celui qu’on croit qu’il est. quand le pape raccroche les wagons pour lancer sur le grand convoi de l’église sur les voies de l’avenir, il enquille les voitures pour passagers avec au milieu des fourgons à bestiaux et des plateaux chargés de bagnoles. les journalistes, mal fournis en lunettes, n’y ont vu qu’un train. tagué sur un wagon. ils ont dit les trains sont sales dans la chrétienté. maintenant, quand on dételle dans la zone de débarquement, on met pas les voitures avec le fourgon ni le plateau. avec un peu d’observation, on voit bien que les trains sont propres. et les voitures polluantes. et les bestiaux crevés.

    l’affaire de la petite brésilienne. là, j’ai du confronter avec les précisions d’ici pour me faire une idée. d’une part il y a la loi qu’au brésil tout le monde doit connaître à part les violeurs apparement. mais enfin, plutôt que, devant une affaire sordide et dramatique, regarder de côté et faire la sourde oreille en laissant le vent souffler, y’en a un qu’a jugé bon de la rappeler, cette loi (peut-être dans le même élan a-t-il annoncé la création d’un fichier des excommuniés ? les journalistes qui font mal leur travail ne le disent pas). heureusement qu’il n’est que curé et pas juge ou sherif ou président. et puis, il a été désapprouvé par ses pairs, on n’en parle pas assez. c’est marrant, j’ai eu vent de l’histoire en partant de la fin : désapprobation puis excommunication puis avortement puis viol.

    enfin, le pape. là, j’ai bien compris le propos, l’enseignement de l’église, la polémique et l’indignation, mais je ne sais pas quoi dire, moi qui suis chaste dans le mariage mais non marié et fidèle, surtout le dimanche, et qui mets quand même des capotes parce que les petits picots dessus de temps en temps je trouve que c’est amusant.

    bref, d’accord avec vous Aliocha.

    en même temps, si les médias arrêtaient de sauter sur les faits divers comme la puce sur le chien, on ne parlerait plus du catholicisme (smiley qui cligne de l’oeil, smiley qui sourit, smiley qui prie, mains jointes, genou à terre : je plaisante, évidemment).

    Commentaire par david — 19/03/2009 @ 15:53

  29. @Obi-Wan Kenobi,

    "Eh oui, quand on ne veut plus faire l’effort de sortir son porte-monnaie pour s’informer, on est très bien placé pour dénoncer la vilaine presse"

    Aurai-je alors l’illusion de la qualité seulement? Le fait est que je lis d’une part les gratuits que je trouve sur mon chemin (chemin qui ne croise aucun kiosque a journeaux, a moins de faire un détour, que je fais parfois pour le canard quand j’ai le temps), et d’autre part, en ligne, les sites tels que Rue89, lemonde.fr et marianne2. Mince, malgré leur gratuité, j’aurai pensé qu’être adossé à de grands quotidiens (pour le monde par exemple) assurait un minimum de qualité. On m’aurait menti?

    Commentaire par Ryuu — 19/03/2009 @ 16:00

  30. Dans son édition disponible aujourd’hui en ligne gratuitement (http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20090319/1169928_c26f_090320.pdf), Le Monde publie page 16 une tribune de Frédéric Lenoir, présenté comme philosophe et écrivain, mais également si j’en crois Wikipédia sociologue des religions, chercheur associé au Centre d’études interdisciplinaires du fait religieux et directeur de la rédaction du Monde des religions, intitulée : "Il faut excommunier Jesus. Un schisme silencieux menace l’église sur sa gauche". Tribune qui au passage reprend honteusement bien des imprécisions commises par les journalistes et dénoncées par Eolas. De l’intérieur maintenant, où va-t-on ?

    Commentaire par david — 19/03/2009 @ 16:18

  31. Même s’il y a sans doute quelques approximations, on ne peut pas dire que les journalistes aient déformé significativement ces trois affaires dont on peut dire qu’elles résument hélas les travers de l’église catholique.

    On pourrait rêver d’une église qui, même en maintenant ses positions sur l’avortement, n’excommunie pas les personnes qui en réalisent comme elle n’excommunie pas les assassins.

    On pourrait rêver d’une église qui cesse enfin de montrer une certaine tolérance pour l’antisémitisme.

    On pourrait rêver d’un pape qui continue à prôner la chasteté mais qui cherche aussi à sauver des vies et qui admette qu’il vaut mieux un préservatif que rien du tout.

    Sur son blog catholique, Eolas essaie de défendre l’indéfendable, ce qui n’a rien de surprenant quand on connaît son esprit de système et son hermétisme aux opinions contraires. Mais il n’est pas le seul.

    Beaucoup de catholiques voient dans la position de la presse une persécution. Ils ont tort. Si le message de l’église était clair sur ces différents sujets, il n’y aurait pas de scandale.

    Aliocha : Ah ! cher Augustissime, à la première lecture, je me suis dis mince, nous sommes d’accord, c’est pas drôle, et puis en relisant, j’ai retrouvé votre esprit farceur toujours prompt à semer des petites bombes remplies de vrais morceaux de polémique à l’intérieur. Je ne suis pas sûre par exemple qu’on puisse qualifier le blog d’Eolas de blog catholique. Pour le reste, je laisse les lecteurs vous répondre, s’ils le souhaitent ;)

    Commentaire par Augustissime — 19/03/2009 @ 16:48

  32. @ Aliocha sous n°27:
    Je veux bien convenir avec vous que mes lunettes déforment ma vision, laissons-donc une bonne nuit de repos passer par là afin de dépassionner le débat. ;-)

    Restera la question en suspens: pourquoi donc une telle surexposition médiatique du Pape et de l’Eglise?
    Comment se fait-il que (sauf l’argument de l’institutionnalisation de l’Eglise que ne connaîssent pas toutes les autres religions) les déclarations du Pape aient le droit à tant d’espace médiatique?
    Comment surtout se fait-il que l’on ne laissât pas plus de place à une vraie tribune de l’Eglise en contrepartie (ce qui aurait pour mérite d’équilibrer les débats)?

    Cordialement,

    Commentaire par Nemo — 19/03/2009 @ 17:51

  33. @ Ryyu :
    Toutes mes excuses, je me suis emporté. Puisque vous vous dites lectrice du Monde.fr, vous aurez nécessairement lu cet article : http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/03/18/sida-benoit-xvi-renforce-la-position-de-l-eglise-contre-le-preservatif_1169489_0.html avant de poster votre message sur ce blog. Parce que cet article rapporte exactement les mêmes propos que le blogueur Eolas. Que les commentaires de l’un ou de l’autre autour de cette info soit différents, cela n’a rien d’incroyable. Mais il est un peu facile d’en déduire que le journaliste du Monde est forcément un gros nul, puisqu’Eolas dit que…

    @ Aliocha :
    Je ne sais pas si c’est une première, mais Eolas vient de fermer les commentaires sous son billet. Motif : ils volaient trop bas à son goût. Pour ma part, je trouve surtout que mon blogueur favori a été mis en difficulté comme rarement et qu’il a choisi la fuite. Bref, cela nous montre que les blogueurs sont tout aussi faillibles que les journalistes professionnels qu’ils se plaisent souvent à décrier. Fort instructif cet épisode !

    Aliocha : il me semble que le premier billet fermé par Eolas est survenu lors de l’affaire de la virginité-nullité, en raison du nombre de commentaires et de la violence de la polémique.

    Commentaire par Obi-Wan Kenobi — 19/03/2009 @ 18:11

  34. Nemo> « Comment surtout se fait-il que l’on ne laissât pas plus de place à une vraie tribune de l’Eglise en contrepartie (ce qui aurait pour mérite d’équilibrer les débats)? »

    Parce que une position _dogmatique_ ne justement en contradiction avec la simple notion de *débat*, tout simplement ?

    Commentaire par furax — 19/03/2009 @ 18:31

  35. Désolé, en remaniant la phrase pour la rendre un peu moins incisive, j’ai commis une erreur :

    (…)_dogmatique_ /ne/est/ justement (…)

    Commentaire par furax — 19/03/2009 @ 18:34

  36. Pensées de fin de journée.

    L’Eglise a-t-elle un problème de communication?
    Ben, ça dépend. Si le message du pape à l’Afrique était de dire: « Attention, les enfants, ce n’est pas avec des capotes que vous allez vous débarrasser du sida », eh, bien! finalement et plus j’y réfléchis, je pense que le message est passé. Il a dit ce qu’il voulait dire, et d’après des nouvelles d’Afrique reçues tout à l’heure (en direct de la Côte d’Ivoire), ça n’a pas fait trembler les foules, ce message.

    Le pape devrait-il dire que, tout de même, le préservatif est bien utile si on ne peut pas s’abstenir ou être fidèle?
    Là je demande: c’est son rôle, au pape, de dire ça? Quand Jésus dit «Aimez-vous les uns les autres», est-ce qu’on va lui reprocher de prêcher un idéal inaccessible? de faire comme si c’était fastoche, que tout le monde était gentil, de toutes façons, et que nous étions tous portés naturellement à la charité fraternelle? Est-ce que Jésus aurait dû dire: «commencez par arrêter de vous entretuer, et quand vous aurez progressé, je reviendrai vous donner la suite du message?»

    Si ce n’est pas le pape qui dit «la sexualité humaine ne reçoit son sens authentique que dans des relations fidèles au sein du mariage monogame», qui c’est qui va le dire? Parce que, pour faire la publicité de la capote, il y a quand même des milliers de gens qui s’y consacrent, et des millions de dollars qui sont investis dans sa diffusion, avec le soutien de la plupart des Etats. Et si, demain, tout le monde, pape compris, se met à faire le même job, il y a un truc de sûr, c’est que plus personne ne sera là pour parler du sens authentique de la sexualité. Le pape ne serait plus crédible. C’est comme si Jésus s’était mis à mettre au point des armes de précision, pour qu’on commence par épargner les dommages collatéraux.

    Aliocha : le problème n’est-il pas dans le mélange d’autorité politique et religieuse de sa fonction, qu’on retrouve d’ailleurs dans cette déclaration. Pourquoi ne s’en tient-il pas à sa partie, à quoi bon attaquer sur le terrain de l’action politique et de santé publique à travers le préservatif ? A supposer que ce ne soit pas son rôle en effet de plaider pour le préservatif, au moins pouvait-il s’abstenir de le dénigrer non ? Et dire simplement, le meilleur des remèdes c’est de découvrir la dimension spirituelle de la sexualité et de respecter les préceptes de l’Eglise.

    Commentaire par Philarête — 19/03/2009 @ 18:36

  37. Bonjour Aliocha,

    Ce qui me frappe le plus dans les déclarations du pape sur le préservatif est qu’elles sont évidemment équivoques, c’est à dire qu’elles ont un double sens, qui a été abondamment discuté sur le blog d’eolas.

    La petite phrase en question est la suivantes:"On ne peut pas résoudre le problème du SIDA avec la distribution de préservatifs ; au contraire elle aggrave le problème."

    Au sens strict, c’est à dire prise en faisant abstraction de tout contexte, cette phrase signifie très exactement ce qu’elle veut dire (pardonnez moi cette tautologie): la distribution de préservatifs nuit à la lutte contre le sida et ne constitue donc pas une solution. C’est donc une contestation formelle de l’efficacité du préservatif contre lequel l’église catholique semble être entrée en guerre, puisqu’il faut voir dans cette phrase ce qu’on appelle une offensive en règle.

    Ce sens là est indéniable: on ne peut tricher sur le sens des mots. C’est bien ce qu’ils veulent dire.

    Donc, les journalistes sont parfaitement fondés à retenir ce sens là.

    Mais la phrase a également un autre sens par rapport au contexte sémantique qui est le sien et qui trouve sa source dans la doctrine de l’église. Au regard de cette doctrine, le sens de la phrase est alors différent: loin d’inviter les gens à ne pas mettre de préservatif, le pape attire leur attention sur le fait qu’un comportement chrétien en matière sexuelle est fait d’abstinence et de fidélité dans le cadre du mariage, alors que selon lui la solution au problème du sida est double.

    C’est la suite de la petite phrase: "la solution est double : d’abord, une humanisation de la sexualité, un renouveau spirituel, humain, intérieur, qui permet ainsi de se comporter différemment avec les autres (en clair: l’abstinence et la fidélité). Et deuxièmement, une amitié, une disponibilité pour les personnes qui souffrent (en clair: l’amour du Christ pour les malades du sida) ."

    Ce second sens, non exclusif du premier, est lui aussi parfaitement recevable: il existe bien dans la phrase sans qu’on ait besoin, pour l’extraire des mots employés, de se livrer à une extrapolation abusive ou exagérée.

    Dès lors, un catholique comme eolas, ou un autre peu importe, est parfaitement fondé à ne retenir que celui-là plutôt que le premier, puisque ce sens là est en harmonie avec la doctrine de l’église alors que l’autre n’a pas de lien logique avec cette doctrine (le premier sens n’est que l’expression d’une position idéologique de l’église qui découle de l’application de la doctrine à l’usage des préservatifs).

    Conclusion: est équivoque le propos qui parle de deux voix égales, qui dit deux ou plusieurs choses en même temps de façon équivalente.

    Est ambigu le propos qui contient deux ou plusieurs propositions contraires, inconciliables ou incompatibles. Tel est bien le cas ici: le premier sens, le sens strict, induit que l’église ne se soucierait pas des malades du sida et qu’elle leur préfèrerait une application stricte de la doctrine, ce qui revient donc à dire que l’église aurait un comportement anti chrétien. Au contraire, le second sens renvoie explicitement à la doctrine dans l’intention de placer la sexualité dans le cadre d’un comportement chrétien, tel qu’il est défini par la doctrine.

    Les deux sens sont donc antithétiques: ils sont porteurs d’un conflit.

    Le procès fait aux journalistes est donc injuste car on ne peut légitimement leur imputer une quelconque déformation du sens de la phrase ou une volonté de désinformer dans de telles conditions.

    Si le pape ou les catholiques souhaitent ne pas être critiqués, il leur appartient de tenir un discours non équivoque et non ambigu, surtout sur des sujets aussi sensibles que celui-là. Si vous tenez un discours à facettes, à tiroirs ou à sens caché, il est tout à fait normal et de bonne guerre qu’un interlocuteur ne retienne qu’un de ces sens pour y focaliser sa critique, s’il estime devoir en porter une.

    C’est pourquoi au final je vous trouve bien bonne d’admettre sans trop la discuter la thèse selon laquelle les journalistes auraient au moins commis une erreur consistant dans un excès de synthèse, ou une synthèse extrême pour reprendre vos mots: la phrase en question contient bien une critique de l’usage du préservatif et elle s’inscrit bien dans le cadre de la lutte idéologique que mène l’église contre l’usage de ce dispositif de protection, qui est clairement contraire à sa doctrine.

    Il est d’autant moins légitime de critiquer les journalistes qui n’ont retenu que ce sens là que la position idéologique de l’église sur l’usage du préservatif est parfaitement assumée de son côté et elle n’en fait pas mystère.

    Par ailleurs, il faut bien comprendre que dans les pays où l’église catholique a conservé une forte influence sur la société, cette position idéologique est de nature à retarder ou entraver la mise en place des politiques sanitaires de prévention contre le sida, qui constituent à ce jour, avec les trithérapies, le seul rempart contre la maladie.

    Cette position idéologique a donc un coût humain.

    Mourir du sida n’est pas une sinécure.

    Alors que propose l’église? Ni plus ni moins que l’amour du Christ. C’est certes beau, mais il faut également bien prendre conscience que si l’amour du Christ peut être considéré comme un puissant psychotrope, ses vertus antalgiques sont nulles, si bien que ceux qui n’auront d’autre choix que d’avoir l’amour du Christ pour seule protection courent le risque de passer de vie à trépas dans d’atroces souffrances. Ce sur quoi le pape ne fait aucune déclaration.

    Aliocha : j’ai un peu de mal à comprendre ce que la deuxième interprétation a de différent de la première, vous planez trop haut pour moi sur ce coup là Tschok !

    Commentaire par tschok — 19/03/2009 @ 18:48

  38. C’est entendu la position dogmatique du Pape se comprend et se défend.

    Et, comme Apulée il faut être un magicien ou un "Salaud Lumineux" pour défendre l’indéfendable.

    Au-delà du "métalangage" papal, il reste que : "Ce qui n’est pas humain n’est pas divin !"

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 19/03/2009 @ 19:58

  39. @ Aliocha

    Pardon? Ah ben tiens, c’est bien la peine de défendre la presse face aux attaques dont elle est l’objet et de militer pour un code de déontologie si c’est pour verser vous-même dans la désinformation et le travestissement de mes propos… Tout cela pour pleurer ensuite toutes les larmes de votre corps dès qu’on vous le reprochera et ainsi mieux délester vos lecteurs de quelques chocolats, je parie… ;-)
    Après vérification, j’ai dit : "possessive, peut-être?" Ce n’était qu’une question, assortie d’un prudent "peut-être", snif, snif.

    Me voici désormais contraint de faire preuve de ce "gentil machisme" que vous m’avez jadis collé sur le dos : "Un homme a toujours deux caractères : le sien et celui que sa femme lui prête", Camus ;-)
    Ne voyez cependant pas dans le "sa" une quelconque velléité de possession à votre endroit : étant possédé corps et âme, je ne suis plus maître de rien.

    Bon, je n’ai plus qu’à me plonger dans la lecture des commentaires. Bien à vous!

    Aliocha : Et alors, poser une telle question, c’est y répondre, non ? ;)

    Commentaire par Ferdydurke — 19/03/2009 @ 20:22

  40. @ Obi-Wan Kenobi (#33)

    Tout comme Aliocha, je ne vois pas, dans la fermeture des commentaires sur le blog d’Eolas, un signe de "mise en difficulté" et encore moins de "fuite".
    Il est sur SON bllog, ce qui implique qu’il est libre de clore un débat quand bon il lui semble, mais aussi ce qui lui impose une responsabilité éditoriale, et donc une vigilance (le "Troll Detector" étant essentiellement manuel).
    Vous vous sentez capable de gérer plus de 300 commentaires, tout en vous occupant de votre famille et de votre métier ?

    De plus, au bout d’un certain nombre de commentaires, le débat n’avance plus vraiment. Il a donc eu la sagesse de le clore.

    @ Augustissime (#31)

    Tiens, vous ici ? Revenu du zoo donc ;-)
    Et vous nous écrivez : "Si le message de l’église était clair sur ces différents sujets, il n’y aurait pas de scandale."

    Or il semble que la thèse défendue par Eolas (et il n’est pas le seul, son "confrère de province" a la même, et dans une certaine mesure, je pense que le philosophe de ce blog aussi) est que justement, au moins depuis Vatican II, le message de l’Eglise est, sinon clair (c’est à dire compris par tous) au moins constant.

    Ne pas être d’accord avec ce message ne veut pas dire qu’il n’est pas clair !

    Je passe rapidement sur l’excommunication (voir chez Philarète), mais sur la différence de traitement entre une personne ayant provoqué un avortement (systématiquement excommunié) et un meurtrier : l’Eglise condamne les 2, et même si la personne que vous tuez, c’est vous-même (le suicide est un pêché grave).
    "Tu ne tueras point" !

    Là où il peut y avoir débat, c’est dans le fait que les "pro-life" sont souvent (mais pas tous) favorables à la peine de mort …
    Mais il ne s’agit pas de la position de l’Eglise Catholique actuelle.

    Nous sommes cependant de façon évidente sur un terrain hautement polémique … qui a conduit à bien des schismes !

    annonce de "

    Commentaire par Yves D — 20/03/2009 @ 00:03

  41. @ Tschok (#37)

    Je n’ai pas pris le temps de lire tout votre commentaire … MAIS, attention quand même à votre hypothèse de base :

    1. Les propos du Pape ont été tenus en Italien. Êtes-vous sur que la traduction sur laquelle vous vous basez est la bonne ?

    2. Ces propos ont été tenus suite à une question d’un journaliste qui n’avait PEUT-ETRE pas été préparée à l’avance par les "services communication" du Pape. Sa réponse n’est donc peut-être pas si "élaborée" que ça. D’un autre coté, elle reflète peut-être plus sa pensée propre que celle "plus politiquement correcte" d’un "communiqué de presse".

    Aliocha : pour la traduction, c’est celle que j’ai lue dans La Croix, je suppose qu’elle est soignée. Quant à la question, elle a été sélectionnée par le service presse du Vatican.

    Commentaire par Yves D — 20/03/2009 @ 00:11

  42. @ Aliocha (sous #26)

    "j’ai toujours considéré que la sexualité était le rapport le plus sacré que l’on pouvait avoir avec l’autre"

    C’est beau (aussi) :-)

    Commentaire par Yves D — 20/03/2009 @ 00:17

  43. Pour rester dans le seul sujet du billet, à savoir surtout la réaction de la presse, voyez, si je comprends très bien que Benoît XVI ne fait pas montre d’une grande habileté, s’il semble se moquer (en partie – seulement – à tort) du fonctionnement médiatique, il y a aussi ceci qui me chagrine dans l’affaire de Recife :

    - qui est allé à la source des déclarations de l’évêque, sur l’excommunication ? Je ne dis pas ça pour l’excuser (quoiqu’il ait fourni dernièrement des explications (en portugais et ici en français) qu’il faut aussi prendre en compte) mais parce que c’est une démarche qui me semble d’une rigueur minimum.

    - qui a fait état de l’article de Mgr Fisichella "Della parte de la bambina", dans l’Osservatore Romano, à part La Croix ? On a pourtant là une réaction officielle du Vatican, mais elle n’a intéressé personne. Je sais bien : ce n’était plus l’actualité, il y en a d’autres qui viennent prendre le relais. Mais on aimerait parfois un peu plus de suivi dans l’info.

    Aliocha : Le fameux droit de suite, je sais bien. C’est une vraie question. Cela étant, pour l’avoir exercé une fois ici, j’ai eu la confirmation de ce que je subodorais, journalistes comme lecteurs s’intéressent avant tout à la nouveauté, or le droit de suite n’est souvent qu’une ressucée d’un fait déjà dépassé qui n’intéresse plus grand monde. Mon billet droit de suite n’a intéressé personne. L’exemple le plus flagrant est celui de la mise en examen suivie, des mois ou des années plus tard, d’un non lieu ou d’une relaxe. Les intéressés se lamentent, et je les comprends, de ce que leur innocence fasse moins de bruit que le soupçon de leur culpabilité. C’est regrettable mais à mon avis insoluble, sauf par la prévention, c’est-à-dire par la plus grande prudence lors de l’annonce de la mise en examen puis tout au long de l’affaire. On n’intéressera jamais personne autant sur une relaxe que sur une mise en examen. Quoiqu’on fasse.

    Commentaire par koz — 20/03/2009 @ 10:05

  44. Au sujet de la "remise en contexte" : ce que je voulais rappeler, c’est que le Pape ne s’est pas adressé aux utilisateurs de préservatifs pour leur dire de ne pas en mettre.
    Il a dit que la distribution de préservatifs n’était pas la solution ultime. Il a raison sur deux points :
    1. de son point de vue religieux, le salut (seul but ultime légitime) ne peut être acquis comme ça, au prix d’une vie déchue (appuyée sur la parole de Jésus : "Qui veut sauver sa vie la perdra")
    2. d’un point de vue pratique, le problème du Sida en Afrique passe AVANT TOUT par une éducation sur les modes de propagation (qui nous semblent évidents) de l’épidémie. Il y a encore des gouvernements africains qui nient (ou ne font aucune diffusion sur) les ravages du Sida dans leur pays.
    En ce sens, la formation (qui pousse à une plus grande responsabilisation) est la meilleure réponse. La distribution de préservatifs, en tant que telle, risque aussi de donner bonne conscience à ceux qui les distribuent sans être suffisante pour autant.

    Commentaire par Lully — 20/03/2009 @ 15:53

  45. @Yves D

    Avant de défendre la position de l’église, essayez de la comprendre un peu mieux : l’aide à l’avortement est une cause d’excommunication, pas l’assassinat, même si l’église condamne les deux.

    Commentaire par Augustissime — 20/03/2009 @ 16:03

  46. @ Aliocha:

    Juste pour savoir, vous l’avez lu le communiqué de l’épiscopat de Recife ? Communiqué qui modifie tout de même un peu le point de vue qu’on pourrait avoir au prime abord.

    Aliocha : je l’ai lu, mais en journaliste qui se respecte, j’ai lu aussi énormément de déclarations d’ecclésiastiques français qui allaient dans un sens opposé, sans compter la tribune du dignitaire romain dont j’ai oublié le nom et auquel votre communiqué répond, laissant entendre au passage que ledit dignitaire n’a pas pris le temps de se renseigner avant de réagir. Ce qui, connaissant la prudence politique du Vatican dans sa communication, me semble parfaitement inenvisageable. En revanche, ce qui est intéressant, c’est qu’on comprend que cette gamine est devenue l’otage d’une querelle politique entre des religieux et des laïcs sur fond de réforme de l’avortement au Brésil. Les premiers s’étaient investis dans l’histoire et n’ont pas supporté qu’elle leur échappe. Ce que je comprends compte-tenu des enjeux, mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils avaient raison.

    Commentaire par Polydamas — 21/03/2009 @ 00:58

  47. Et je tenais à dire que je l’ai vu NULLE PART dans la presse. Vous croyez pas que c’était son boulot de le relayer ?

    Commentaire par Polydamas — 21/03/2009 @ 00:58

  48. @ Polydamas

    Le communiqué de l’épiscopat, si j’ai bien compris, indique clairement que l’excommunication doit être prononcée dans tous les cas d’avortement, sans exception (et que dans le cas qui nous interesse elle a été prononcée la veille de l’avortement).
    Ce qui rejoint donc les dernière déclarations du pape sur le sujet lors de son séjour en Afrique.
    Quelles que soient les conditions, l’avortement reste un crime pour l’Eglise Catholique.
    Mais j’attends toujours de voir un exécuteur des hautes oeuvres excommunié pour avoir sciemment ôté la vie…

    Commentaire par Kharkov — 21/03/2009 @ 10:38

  49. Je suis un peu ennuyé. Ce matin, en lisant un de ces journaux gratuits distribués dans les transports en communs, je tombe sur l’intertitre suivant: "On ne doit être ni criminel, ni suicidaire et on doit utiliser un préservatif", dans la bouche de Mgr DiFalco, évèque de Gap. (source: http://directmatin.directmedia.fr/v1/Pages-Presse/Archives-Telechargement.aspx – édition du 23/03, page 10).

    Sauf que la citation complète, plus bas dans le texte, dit très exactement (après un rappel sur l’idéal de la fidélité chrétienne): "Dans la réalité, si on n’arrive pas à vivre la situation telle qu’il² la propose, on ne doit être ni criminel, ni suicidaire et on doit utiliser un préservatif".

    Dans un cas, on présente la position e Mgr Di Falco comme opposée à celle du Pape, alors que dans le second, on se rend compte qu’elles n’ont rien d’opposé. Alors quoi? Petit coup de flemme du rédacteur (ce qui commence à faire beaucoup, quand même, sur le sujet…)? Volonté de choquer (quitte à trahir un propos)? Ou désinformation voulue?

    Il y a des jours, comme ça, où je me demande vraiment si certains journalistes se rendent compte de ce qu’ils écrivent…

    Regards,
    Skro

    ²ndlr: Benoit XVI

    Aliocha : Non, non et encore non. Les journalistes ont sorti une phrase d’exergue pour attirer l’attention des lecteurs sur la déclaration que chacun attendait. Or, l’emplacement d’une phrase d’exergue est restreint, ils l’ont donc raccourcie pour des raisons TECHNIQUES. Je ne vois écrit nulle part que Di falco serait contre le Pape, vous faites dire à cette phrase ce qu’elle ne dit pas. Les journalistes n’ont aucun intérêt à faire passer Di Falco pour un opposant au Pape, ils ont autre chose à foutre. Par contre, c’est important pour eux de montrer ce qui leur parait être une précision nécessaire et attendue. Ils vont dans le sens des catholiques et du Pape en soulignant que le Pape n’est pas un dingue irresponsable qui interdit le préservatif en toutes circonstances et on fait encore passer les journalistes pour des gens de mauvaise foi. Franchement, c’est lassant, vraiment lassant.

    Commentaire par Skro — 23/03/2009 @ 09:28

  50. @ Yves D (#40)
    Eolas mis ou non en difficulté ? ça reste une appréciation subjective. Je le sens beaucoup plus à l’aise sur les questions de droit que sur la question religieuse, voilà tout.
    "Il est sur SON blog, ce qui implique qu’il est libre de clore un débat quand bon il lui semble, mais aussi ce qui lui impose une responsabilité éditoriale, et donc une vigilance (le “Troll Detector” étant essentiellement manuel). Vous vous sentez capable de gérer plus de 300 commentaires, tout en vous occupant de votre famille et de votre métier ?" Complètement d’accord ! Je constate juste que ceux qui voient dans les blogs la panacée en terme de débat et même un excellent produit de remplacement de la presse traditionnelle devraient méditer sur cet épisode. Même les meilleurs blogueurs (et je place Eolas très haut dans la hiérarchie) peuvent tomber dans les travers des médias et faire preuve de mauvaise foi ("c’est MON blog", "MOI, J’estime que les commentaires sont nuls et n’avancent à rien", "Si t’es pas content, t’as qu’à partir".).

    Commentaire par Obi-Wan Kenobi — 23/03/2009 @ 12:40

  51. [...] en deux questions, un blog arrive à en ramener un autre que l’on avait longtemps considéré comme brillant à ses soudain [...]

    Ping par Blogs: Pourquoi moi non plus je ne lis plus Eolas (Never a poet has more freely interpreted nature than a jurist reality) « jcdurbant — 22/12/2010 @ 01:22


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